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Full text of "Dictionnaire étymologique de la langue française"

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DICTIOMIRE 1TT10L0GIQDE 

DB LA 

L^NGUE FRANCHISE 



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AUTRES OUVRAGES DU MEME AUTEUR 



GRAMMAIRE HISTORIQUE de la langue franchise avec 
une Preface par E. Littre, de l'Academie franchise. 
15* edition. Hetzel. — Prix, broch6, 3 fr. ; cartonne 
Bradel, 3 fr. 25 c. 

Ouvrage couronne enl870 et 1872 par l'Academie francaise, 
l'Academie des inscriptions et la Societe pour 1 instruction 
elementaire (grande medaille d'argent). Ce hvre forme 
avec le Dictionnaire etymologique un cours complet 
d'histoire de la langue francaise. 

A HISTORICAL GRAMMAR of the French Tongue, 

by Aug. Brachet, translated by W. Kitchin. M. A. 

-~ Oxford, at the Clarendon Press. 1868. In- 12. — 

3 sh. 6 d. 
NOUVELLE GRAMMAIRE FRANQAISE a l'usage des eta- 

blissements destruction secondaire. 1872.Hachette. 

— in-18. — 1 fr. 50. 

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depuis le ix e siecle jusqu'au xvi% avec introduction, 
notes et glossaire. 1873. Hachette. — Un fort vol. 
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DICTIONNAIRE DES DOUBLETS ou Doubles Formes 

DE LA LANGUE FRANQAISE. 1868. FRANCK. — In-8. 

— 2 fr. 50. 

Ouvrage couronne par l'Academie des inscriptions en 1869. 
DU ROLE DES VOYELLES LATINES ATONES dans les 
langues Romanes. Leipzig, Brockhaus. 1866. In-8. 
STUDE SUR BRUNEAU DE TOURS, trouvere du xnf 

siecle. 1865. Franck. — In-8. 
GRAMMAIRE COMPARfiE DES LANGUES ROMANES, par 
. Frederic Diez, traduite par A. Brachet et G. Paris. 
L'ouvrage complet formera trois volumes in-8. 



Typographie Lahure, rue de Fieurus, 9,. a Paris. 

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fa 4.J/a*u. 



GOURS COHPLBT 

D'HISTOIRE DE LA LANGUE FRANgAISE 

Conforme a la circalaire ministerielle du 28 septembre 1872 





DE LA LANGUE FRANGAISE 

PAR 

AUGU8TE BRACHET 

Ancien exarainateur et Professeur a l'&cole polytechniqae 
Laureat de l'Institut, etc. 

PREFACE PAR E. EGGER, DE L'iNSTITUT 



Neuvieme edition 
Ouvrage couronne par V Academie francaise 




BIBLIOTHEQUE D 'EDUCATION 

J. HETZEL ET C le , 1 8, RUE JACOB 

PARIS 

Too» droits da traduction et da reproduction reserr& 

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K>.«r*«' :> 



«f-3X/ 



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PREFACE 



Le livre et Pauteur que je suis pri6 d'introduire devant 
le public n'ont guere besoin de ma recommandation. Tout 
jeune encore, M. A. Brachet s'est fait apprfcier par deux 
publications, qui lui ont valu Testime des connaisseurs ■ : 
une Grammaire historique de la langue frangaise, deja 
parvenue chez nous a sa troisieme Edition, d£ja traduite en 
anglais, et cela par PUniversit6 d'Oxford, puis un m6- 
moire savant et methodique sur ce qu'on est convenu d'ap- 
peler, chez nous, en £tymologie, les Doublets, ou doubles 
formes, sont des garanties suffisantes pour le nouveau Dic- 
timnaire Hymologique de la langue frangaise : on salt 
d'avance par quels travaux Tauteur s'est prepare a ecrire 
ce livre, avec quel excellent esprit de critique il a du le 
rediger. II est done superflu d'insister ici sur des merites 
que reconnaitra facilement tout lecteur attentif. Mais il 
peut etre opportun de presenter un aper$u des progres les 
plus recents de la science mSme dont ce manuel repr^- 
sente, sous une forme tres-simple et presque elementaire, 

1. Ces deuxouvrages ont obtenu de PAcademie des Inscriptions et 
Belies- Lett res une mention honorable, dans le concours de 1869, pour 
les Antiquites de la France. 

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PREFACE. 



l'£tat le plus availed. C'est ce que je me propose de faire 
en quelques pages. I/occasion m'est bonne, et je suis heu- 
reux qu'on ait bien voulu me l'offrir, de fixer, surtout en ce 
qui touche la France, les principaux souvenirs d'un moUve- 
ment d'&udes auquel, depuis trente ans, j'ai pris tout juste 
assez de part pour le bien connaitre, trop peu pour Tap- 
precier avec la preoccupation d'un sentiment personnel. 

L'&ymologie, e'est-a-dire Implication du vrai sens des 
mots par leur histoire, est une des sciences les plus ancien- 
nes a la fois et les plus neuves dans les £coles de l'Europe 
eiviliaee. C'est une des plus anciennes, car les Grecs s'y 
sont essayte de trts-bonne beure, et les Romain* 1'ont 
cultiv£e apr&s las Grecs, les peuples modernes apr^s leurs 
mai tree grecs at remains. C'est une des plus neuves, car k 
m&hode, qui seule constitue vraiment una science, a'a a*6 
qua tout r&emment appliqula kcesrecherehes. Chez nana, 
an particuliar, jusqu'k la fin du dix-huitifcme si&cle , l'lty- 
mologie n'&ait gu&re qu'una sorte da divination, pratiqmSe 
avec plug ou moine da bonheur par das asprits ingfoieux 
qui n'y suivaient aucu&e rtgle precise : Tordre, s'ils y mat- 
taient qualqua ordre, Itait celui qu'impose aux fait* la 
conception abstraita d'un systeme. Chaque etymologise , 
ob&ssant k una H6e pr4con$ua, y xamenait boa gc& mal- 
gri Taxplication des mots : nul concert, nul accord entre 
les savants, point da risultats qui fussent communement 
acoept6s. La public, impartial at judicieux, frapp^ da cas 
contradictions, prenait la parti d'en rire, et e'etait justice. 
L'art Itymologiqua, comma on Tappelait volonUera alors, 
restait frapp^ d'un discredit trop legitime. 

La bon sans d'un philosophe et d'heureuses decoavertes 
arrivant a propos ont enfin amen6 une rtforme salulaire et 



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PREFACE. 



qu'on pent appeler definitive. Dans Particle tlymologie de 
['Encycloptdie, Ttirgot, avec une sagacity remarquable, d6- 
montra que Porganisme des mots, comme tout organisme 
naturel, doit fetre observ e sans esprit de systfeme, que, daos 
cette analyse, les radicaux et les termintisons doivent fitre 
etudies avec une attention egalement scrupuleuse, que l'his- 
toire extirieure des langues eclaire celle de leurs Evolu- 
tions grammaticales, etc, C'etait fonder vraiment la science 
etymologiqne, et, du mfeme coup, raffennir, en les eiargis* 
sant, les bases de la Ghrammaire generate, qui jusque-Ut 
reposait sur les speculations de la logique plutdt que sur 
Fobservation des phenom&nes. 

Pen de temps aprfcs, la decouverte du Sanscrit nous fai- 
sait voir une langue oh les grammairiens, moins occup^s de 
la logique abstraite que de l'analyse des radicaux et des 
flexions, avaient apporte k Petude des mots une finesse et 
une precision merveilleuses. Ge devait fetre pour nos gram- 
mairiens routiniers de POccident une veritable relation ; 
ce devait fttre Porigine d'une reforme feconde. 

Le profit de ces conseils et de ces exemples s'est pour- 
tant fait attendre, et il a &t& d'abord plus sensible pour la 
theorie comparative des idiomes de PInde et de PEurope 
que pour la philologie romane. 

Par Peffet d'une ambition bien naturelle k Pesprit hu- 
main, on voulut d'abord trop embrasser, au risque de mal 
etreindre. Les rapports intimes d'etymologie entre le Sans- 
crit et les principaux idiomes de l'Europe etaient k peino 
signals que la curiosite des philologues s'y attacha et les 
fit ressortir, avec Pensemble des consequences qui en de« 
coulent poiv Phistoire des races d'origine aryenne. Puis, 
d'une generality trop large et par cela m6me superficielle, 



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PREFACE. 



on se rlduisit & des Etudes plus speciales. On isola, dans la 
grande famille aryenne, des groupes de langues, pour en 
etudier comparativement 1'organisme. C'est ainai que Las* 
sen et Eugene Burnouf rapprocherent le Sanscrit des dia- 
lectes populaires qui en sont derives dans la presqu'ile de 
T^nde (1826-1827); c'est ainsi qu'Eugene Burnouf demon- 
tra les rapports du Sanscrit avec le plus ancien 
idiome de la Perse, tel qu'on le trouve dans les livres du 
Zend-Avesta (1833 et anne'es suivantes). Les idiomes ger- 
maniques furent soumis par J. Grimm k la plus pe'ne- 
trante analyse, qui en degagea les lois d'une phonetique 
rtguliere dans ses process instinctifs (1819 et annees sui- 
vantes). Raynouard esquissa d'une main dejfc ferme, mal- 
gri quelque inexperience, sa Grammaire comparee des lan- 
gues de V Europe latine dans leurs rapports avec la langue 
des troubadours (1821). 

Sous la direction ou plutdt encore sous Timpulsion du 
vif esprit de Raynouard, la philologie romane a pris chez 
nous d'assez rapides accroissements, auxquels contri- 
buerent, pour une part et dans des conditions inegales, 
l'Ecole des Chartes, TUniversit^ et la science que je puis 
appeler libre en ce sens du moins qu'elle ne releve d'au- 
cune tradition scolaire. 

Gr&ce k des cours spe*ciaux pour le dechiffreinent des 
vieilles ecritures, pour l'e'tude du latin barbare et du fran- 
$ais naissant que nous pre'sentent les dipldmes du moyen 
age, l'£cole des Chartes, depuis l'organisation de 1829, a 
developpe* chez nous le sentiment historique dans I'&ude 
des langues. D'excellents mattres y ont forme* des disci- 
ples, dont quelques-uns sont devenus aujourd'hui leurs ri- 
vaux, dans Tart d'&udier les varies successives des mots 



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PREFACE. a 

et la logique secrete qui dirige leurs Evolutions gramma- 
ticales. L&, on s'est habitue* a considlrer avec le m£me 
respect et la mfone curiosite* les premieres Ebauches et les 
formes les plus parfaites de notre langue; on a rEfate* pour 
toujours Terreur qui faisait dater du seizieme siecle notre 
av6nement k la vie litteraire; on a montre* que le moyen 
age, du onzieme au treizieme siecle, eut une brillante flo- 
raison po^tique, que le fran$ais et meme plusieure dialec- 
tes fran^ais s'y epanouirent de^ik re'guliers, dejk riches, 
dej^L brillants. La Bibliotheque de VEcole des Chartes (1839 
et annEes suivantes), surtout remplie de documents et de 
dissertations historiques, ne donne qu'une idie imparfaite 
des savants cours de philologie neo-latine qui ont si large- 
ment contribue* k l'&lucation de nos jeunes archivistes. 
G'est dans les Editions de vieux textes fran$ais et dans de 
trop rares opuscules publics par M. Guessard, par M. J. 
Quicherat, par leurs Aleves, MM. Gaston Paris .et Paul 
Meyer, que Ton peat apprecier les heureux effets d'un 
tel enseignement. 

A ces etudes pourtant manque parfois une suffisante 
connaissance de l'antiquite gre'co-latine, c'est-a-dire du 
fond de culture savante, unie aux traditions indigenes, sur 
lequel s'ope'ra le developpement des langues et des litera- 
tures du moyen &ge. Sous ce rapport, l'Ecole normale, ou 
les lettres anciennes sont plus specialement enseignees, 
pouvait, par la comparaison du grec et du latin classiques 
avec le fran$ais, apporter quelques elements k la critique 
dansl'e'tude des idiomes neVlatins. Par malheur, la gram- 
maire n'y fut, pendant longtemps, enseign^e qu'en vue 
de la pratique, en vue de Implication des auteurs. M. Eu- 
gene Burnouf avail £t£ appeie a faire dans cet &ablisse- 



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PREFACE. 



ment (1829-1833) tin cours de grammaire compare, qui 
fat, en son genre, le premier dans notre pays. L'essai, 
trop vite interrompu, ne reussit qu'imparfaitement. Im- 
minent linguiste fut, dit-on, gfcni par un rfcglement trop 
pen liberal dans oette laboriense et difficile experience : il 
n'osa pas rompre aveo la grammaire gtn&rale telle qu'on 
l'entendait au dix-huitifcme sifccle; on dn moins, il n'eut 
pas le temps de developper ce que son Erudition et sa cri- 
tique avaient de plus original. Les redactions de son 
cours sont resides dans 1'iEcole un pr^cieux souvenir de 
ses efforts, plutdt que le monument d'une doctrine dura- 
ble. Repris, six ans plus tard, aveo un zfele qui suppieait, 
autant que possible, k Pinferiorite du savoir et du talent, 
l'enseignement de la grammaire k l'ficole normale, *e per- 
fections, durant plus de vingt ans, se rattachant de mieux 
en mieux au principe de la comparison historique des 
langues. On en peut juger par le manuel que le professeur 
charge de cet enseignement publia, en 1853, sous le titre 
de Notions Mmentaires de grammaire comparie^ et qui s'a- 
meiiora sans trop s'ltendre dans plusieurs editions succes- 
sives. Le maftre actuel de la Conference de grammaire, 
M. Gh. Thurot, n'en a certes pas amoindri les doctrines; 
il les a plutftt etendues et affermies. II est, d'ailletirs, bien 
seconde, & cet egard, par plusieurs de ses coll&gues dans 
les autres conferences. 

De 1841 It 1843, les conferences d'idlemand avaieflt re$u 
dans le mfime sens une heureuse impulsion. M. Ad. Re- 
gnier, qui, comme helieniste edairt par la science da 
Sanscrit, venait de nous donner pour la premifefe fois une 
bonne theorie de la formation des mots grecs (1840)* ap- 
pliqua, mais pendant trop pen de temps, sa mithode si 



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PREFACE. 9 

claire et si sftre h la langue allemande rapprochfe de sea 
principals soeurs dans la famille germanique. 

Toutefois, les fruits de ces divers enseignements se pro-* 
duisirent lentement au dehors : chaqne annle, quelques 
jeunes professeurs partaient de lTScole pour rlpandre dans 
les lycees les lemons de leurs maltres, selon la mesure ap- 
propriee aux besoins des classes. Parmi eux, on petit nom- 
bre se basardaient a approfondir les doctrines recueillies 
dans nos conferences, a les appliquer au renouvellemeot 
des livres classiques : quelques Editions de textes plus cor- 
rects et mieiix annoys, quelques grammaires oil l'innova- 
tion utile pinfetre pen a peu, mais timidement encore, sont 
les seuls fcSmoignages publics d'un travail qui n'a pas i\A 
sterile, mais dont le profit se renfermait dans l'enceinte 
m6me de nos lycees. Le nouveau Manuel des radnes grec- 
ques et latines, par M. Anatole Bailly, est le premier ou- 
trage considerable qui se rattache a l'enseignement de l'fi- 
cole normale. Je n'ose pas faire.remonter si loin la louable 
pens^e d'un cours d'histoire de la langue fran$aise au col- 
lege Ghaptal, pensde dont M. Monjean, le directeur, par- 
tagea lTionneur avec le professeur, M. Pellissier. Ce der- 
nier, qui a r£sumi son cours dans un int&ressant Tableau 
Mstorique de la formation et des progrfes de notre langue 
n'avait passd que quelques mois a FEcole normale. II n'a 
. gu&re trouv£ que dans les livres la tradition des logons que 
je commensals Fannie mfcme oh il entrait comme ilfeve dans 
cet 6tablissement. On sign ale rait plus justement dans les 
profonds traVaiix de M. Lafaye sur les synonymes franca is 
(1841 et 1858), le souvenir du cours, qu'il avait pu enten- 
dre, de Tillustre Eug. Burnouf. Mais surtout Tficole doit 
mppeler avec satisfaction que c'est dans ses conferences que 



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PREFACE. 



se dlcida la vocation de M. Michel Br£al, traducteur de 
la Grammaire comparie de F. Bopp (1866 et annees sui- 
vantes) et d&jk maitre lui-mSme dans la science compara- 
tive des langues. 

Mais ces Etudes ont eu d'autres representants que les 
disciples et les maltres des ecoles dont je viens de parler. 

Fauriel, par ses lemons a la Faculte des lettres sur la lit- 
erature proven$ale (1831 et annees suivantes, lemons pu- 
blics en 1846); J. J. Ampere, par ses lemons au College de 
France et par son livre sur la formation de la langue fran- 
$aise (1841), marquent tantdt un progrfcs certain sur les 
theories et la m&hode de Raynouard, tantdt un effort 
meritoire pour attirer et diriger l'attention publique vers 
les problemes de la grammaire historique, et pour accredi- 
tor chez nous les travaux des AUemands, surtout ceux du 
c&febre Diez, sur les idiomes n^o-latins. C'estleur exemple, 
c'est leur succfcs qui devait, plus tard, sugg6rer & M. For- 
toul la creation d'une chaire de langue et de literature ro- 
mane au College de France (1852) et faire appeler a cet 
enseignement un veteran de r erudition en ces matieres, 
M. Paulin Paris. Dun autre cdt£, M. Littre* prenait libre- 
ment sa place k cbti et souvent au-dessus de ces heureux 
initiateurs, par ses m^moires successivement publics dans 
le Journal des savants, et qui forment aujourd'hui une juste 
Histoire de la langue frangaise, et par la laborieuse entre- 
prise de son Dictionnaire. Tous ces noms c&febres ne doi- 
vent pas faire oublier des noms plus modestes : M. Obry 
d* Amiens, qui sur le sujet du participe passt, nous adonn6 
le premier modele, et un modeje excellent, de ce que les 
botanistes appellent une monographic (1851); M. Edel. Du 
Meril, auteur de YEssai philosophique sur la formation de 



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PREFACE. 



la langue frangaise ( 1852); enfin Abel de Chevallet, qui 
m^rita, en 1850, le prix Volney et phis tard Yna des prix 
Gobert, pour le livre, alors si neuf et tou jours recomman- 
dable, qu'il a intituW Origine et formation de la langue 
frangaise. Ges livres ont beaucoup servi k ceux qui de- 
vaient un jour les depasser, par exemple, k M. Camille 
Chabanneau, auteur d'une si pen&rante etude sur 17/w- 
Wire et la theorie de la conjugation frangaise (1868). 

La mention du prix Volney me rappelle a propos cette 
fondation (1821), confine k une commission mixte ou sont 
en majorite les membres de 1'AcadEmie des belles-lettres. 
Le programme du concours avait iti d'abord inspire par la 
philosophic du dernier sifecle; il a it& judicieusement rao- 
difi6 par la suite, et il ne pouvait manquer de l'6tre, sous 
peine de demeurer sterile pour l'encouragement des Etudes 
que le fondateur voulait promouvoir. La serie m£me des 
ouvrages envoyfe et des ouvrages couronn^s k ce concours 
marqoerait clairement aux yeux, si je la pouvais reproduire 
ici, la vari&e, la continuity, et quelquefois, il faut le dire, 
l'in£galite des progres de la linguistique dans son domaine 
immensement agrandi depuis cinquante ans. 

L'Acad^mie frangaise ne devait pas rester 6trangfere a 
ce mouvement d'active curiosite. En provoquant, k propos 
de Pascal, la revision de nos classiques, M. Cousin faisait 
rentrer la recension critique des textes dans notre Educa- 
tion litteraire, ou elle etait depuis longtemps oubli£e ou ne- 
gligee. En mettant au concours la redaction de Lexiques 
sp£ciaux de Gorneille et deMmede S6vign£, 1'AcadEmie 
poussait les esprits studieux dans la mSme voie. Elle pr£- 
parait pour les hommes de gout, pour les lexicographes et 
pour les historiens de notre langue, elle se pr£parait a elle- 



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j PREFACE. 



mime d'exoellents matiriaux pour l'oeuvre de son Diction- 
naire, ceuvre volontairement doubWe, en 1858, par Ten-* 
treprise de son Dictionnaire historique. 

G'est k la mime classe de materiaux patiemment recueil* 
lis et judicieusement contrdtes qu'appartient le riche Glos- 
savre du centre de la France, par le comte Jaubert, d&jfe 
parrenu (1864) k une seconde Edition qui fait esplrer en- 
core d* utiles accroissements. 

Rien qu'k parcourir les travaux qui se sucefcdent, en ce 
genre, durant les trente dernifcres annles, on est frapp6 
du progrts rapide et stir qui s'est accompli. Sauf de rares 
exceptions, la linguistique s'est definitivement affranchie 
des vaines ambitions qui l'egaraient autrefois, et, sur le 
terrain oil elle se renferme, elle a marque sa t&che avec ri~ 
gueur et precision ; elle ne slpare plus r&ymologie de la 
phon6tique ou science des sons; elle les folaire et les con- 
firme Tune et l'autre par l'&ude des variations de l'ortho- 
graphe. Ainsi elle penetre de mieux en mieux dans la con- 
stitution organique des mots; elle r£ussit k les classer se- 
lon leurs origines diverses et selon les dates de leur entree 
dans l'usage; cbaque jour, elle riduit le nombre de ceux 
qui insistent k toute explication parce qu'ils r&istent a 
toute analyse. D n'y a plus un bon esprit qui puisse m6- 
connaitre ce progr&s. 

Le nonveau livre de M. Brachet affermira, j'en suis str, 
la confiance du public dans les precedes qu'applique d6- 
sormais la science des langues : il en accriditera plusieun 
risultats nouveaux et ddrjk incontestable!; oar, en les r£su- 
mant tons, nouveaux ou anciens, avec ordre et clartl, il 
les rend tous abordables et k la jeunesse de nos ecoles et 
aux gens du monde que leur inexperience* en ces matiferes. 



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PREFACE. k 

rapproebe quelqnefbis de la jeunesse. Je m'abstiendrai de 
donner des examples a l'appui de ce jugement; le leoteur 
a'aura qn'k tourner quelqnes pages pour les tronver dans 
i'Avant-propos et dans Y Introduction de M . Brachet; il 
n'auraqu'aoiivrir le Lexique pour appre*cier d'un coup d'oeil 
1'heureux efiet des seines m&hodes. Cost vraiment plaisir 
de Toir comment Tanalyse &ymologique des divers &6ments 
de notre langue se trouve en donner Thistoire mime; comr 
ment eette analyse distingue le plus souvent avee certitude 
les problems* insoluble! de cenx qui peuvent recevoir une 
solution, indique les conditions de<es derniers, circonsorit 
I'lnconnu et ie resserre, pour ainsi dire, par des rapproche- 
ments qui deviennent des deeouvertes. Le doute railleur 
n'a plus de prise sur la science ainsi constitute, aiasi 
pourvue de ses instruments legitimes, pas pins qu'il ifoi a 
snr la physiologic et sur k botanique : il £ant que les risers 
en prennent leur parti. 

D'ei>aui*s, la curiosity pour pen quelle soit s&ieuse, 
irmivera dans les etudes grammaticales renouvel^es par le 
perfectionnement des methodes autant de charme et d'ai~ 
trait qu'en eurent jamais pour l'imagination de nos ance- 
tres les reves d'une ^tymologie aventureuse. L'&ude seule 
de notre idiome, avec un guide aussi sur que M. Brachet, 
conduira sans effort a celJe des langues anciennes de la 
m§me famille. Le latin, en effet, et leslangues qui en d£- 
rivent, offrent pour nous TmterSt particulier d'une famille 
ou la langue mere (c'est-a-dire le latin du temps de l'Em- 
pire) et celles qu'elle a produites sont egalement bien con- 
nues, ou les temoignages abondent pour marquer, stecle 
par siecle, les caractfcres gen&raux et les varietes de l'evo^ 
lution linguistique aujourd'hui arretee en Europe par Tim- 



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PREFACE. 



primerie et par rautorite* des grandes litteratures classi- 
ques. Familiarise d'avance avec les principes de F analyse 
comparative par Tapplication qu'ils re^oivent dans le riche 
domaine de la philologie neVlatine, tout homme studieux 
aura moins de peine a les appliquer au grec et au latin, a 
d'autres idiomes plus eloign^s de nous, plus Strangers a. 
nos habitudes; a des idiomes dont la filiation et la parente, 
toujours £videntes, sont pourtant moins faciles a d^finir. 
Ainsi, par un retour heureux, la lumiere qui nous est ve- 
nue de l'Orient, se refletera jusque sur les langues orienta- 
les de la famille indo-germanique : celles-ci nous semble- 
ront moins la matiere d'une erudition privil^gi^e; nous les 
aborderons toujours avec prudence, mais avec s^curitd, sa- 
chant d'avance qu'elles nous presenteront des pWnomenes 
grammaticaux, r^gis par des lois analogues k celles dont 
nous avons eprouv6, pour les langues romanes, la rigueur 
et la certitude. 

G'est Ik encore un heureux progres des esprits auquel 
M. Brachet aura trop contribute pour n' avoir pas le droit 
de s'en applaudir. 



E. EGGER. 



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TABLE DES MATURES 



Avart-Propos 



in 



INTRODUCTION. 

LIVRE I. 

DES REGLES A SUIVRE DANS LA RECHERCHE 
DES ETYMOLOGIES. 

Chap. I. Phonetique e xiv 

— II. Histoire xvi 

— III. Comparaison zix 

— IV. Etude des sens xxi 

— Y. Conclusion « xxvii 

LIVRE II. 

£l£mENTS ETYMOLOGIQUES DU FRANCAI8. 
PARTIE I. 

tiMments d'origine popvlaire , *.. xxx 

Chap. I. Element Latin .... xxz 

— II. Element Celtique xxxiv 

— III. Element Germanique xxxvin 

— IV. Element Grec , « xlii 

PARTIE II. 
tUments ffiorigine savante « xltc 

PARTIE III. 

Elements d'origine tilrangere * xlvii 

Chap. I. Mots d'origine Provencale • • xux 

— II. Mots d'origine Italiennc. * • " 

a 



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ii TABLE DKS MATI&RES. 

Chap, III. Mots d'origine Espagnole lv 

— IV. Mots d'origine AUemande . lyii ' 

— V. Mots d'origine Anglaise Lvni 

— VI. - Mots d'origine Slave ux 

— VII. Mots d'origine Semitique „...,... lx 

— VIII. Mots d'origine Orientale. A lxi 

— IX. Mots d'origine Americaine lxu 

PARTIE IV. 

Elements d'origine Diverse Lxm 

Chap. I. Mots d'origine Historique . lxhi 

— II. Onomatopees lxv 

— III. Mots d'origine Inconnue lxvi 

— IV. Statistique Etymologique du francais lxx 

LIVRE III. 

£TUDE DBS SONS OU PHONETIQUE. 

PBEUMINAIHES LXXH 

PARTIE I. 
Principes gentraux 9/ . ,..**. lxxiv 

PARTIE II. 

fitude des Voyelles Lxxvm 

Chap. I- Voyelles accentuees Lxxxn 

— II. Voyelles atones , lxxxvii 

Section 1. Atones simples lxxxvii 

— 2. Atones composes lxxxvw 

PARTIE III. 

titude des Consonnes xcn 

PARTIE IV. 

Exceptions d la phone'tique. Part de la corruption civ 

Ltste des Abreviations — cxi 

DlGTIONNAIRB ETYMOLOG1QUB DE LA LANODB FHAMgAISB 1 



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AVANT-PROPOS 



Ce Dictionnaire £tymologique est la suite natarelle de 
la Grammavre Historique que je publiai Tan dernier. J'a- 
vais trac£ dans ce livre l'histoire des formes grammaticales 
du fran^ais; pour completer cette oeuvre, et embrasser le 
cycle complet d'une histoire de notre langue, il me restait 
a 3crire l'histoire de notre vocabulaire : c'est l'objet du 
present travail, et le Dictionnaire fitymologique continue, 
en la compl&ant, Toeuvre que j'ai entreprise, de r^pandre, 
parmi le public lettre, les beaux r^sultats de la science 
philologique, confines jusqu'ici dansle cercle restraint des 
savants spdciaux. 

Cen'est point que les recherches ^tymologiquesaientfait 
defaut a notre langue depuis trois sifecles. Dans la p^riode 
anarchique qu'a traversee la philologie depuis le seizieme 
sifccle jusqu'a nos jours, et pendant laquelle cette branche du 
savoir ne constituait gufere qu'un amas d'aberrations erudi- 
tes, nous trouvons deja deux Dictionnaires fitymologiques, 
celui de Menage, public en 1650, et celui de Roquefort qui 
paruten 1829. Sept ans apr&s, Tillustre FWd^rio Diez pu- 
bliait a Bonn le premier volume de sa Grammaire des Ian* 
gues Romanes (1836), bistoire comparee des six langues 
fiUes du latin; il montrait dans ce livre, suivant quelles 
lois invariables le latin s'dtait d£compos£ en frangais, en 
italien, en espagnol, en portugais, en valaque, et il cr^ait du 
m&me coup r histoire scientifique de notre langue. Dfcs lors, 
la philologie fran$aise se transformait, et comme au dix* 



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nr AVANT-PROPOS. 



huitifeme sifcole, la chimie s'etait degagde de Falchimie, 
l'foude de notre langue se constituait en une science d'ob- 
servation 4 , et dont les progr&s allaient etre d'aulant plus 
rapides, qu on lui appliquait un esprit d'investigation plus 
rigoureux; dernifcre venue de nos sciences explrimentales, 
elle devait les depasser toutes ( la chimie exceptee) par la 
rapidite et la succession ininterrompue des d£couvertes. 
Tous ces r&ultats nouveaux sont enregistr^s successive- 
ment dans trois Dictionnaires Etymologiques qui s'eche- 
lonnenta quelques annees d'intervalle ; en 1853 M. Diez 
publie son Etymologisches Wdrterbuch, en 1862 parait le 
DictimnairedfaymologiefrangaisedeM. Scheler, en 1863 
M. Littr£ fait paraitre les premieres livraisons de son admi- 
rable Dictionnaire de la langue Francaise* . 

Ces trois livres r^sument toutes les decouvertes delaphi- 
lologie francaise depuis trente ans, et l'abime qui les se- 
pare des reveries de Manage et de Roquefort ne peut fore 
compare qu'a celui qui existe entre la chimie de Lavoisier 
et les divagations des Raymond Lulle, des Nicolas Flamel, 
et des Yan-Helmont. Des lors il peut sembler inutile d'aug- 
menter les catalogues philologiques d'un Dictionnaire nou- 
veau; je me suis cependant determine a ecrire ce livre pour 
combler une lacune qui a toujours existe en France ; en 
mati&re de science , il y a place pour deux sortes de li- 
vres, ceux qui enseignent la science faite, qui transmet- 
tent le d£p6t des connaissances acquises — et ceux qui 
laissent de cftt£ les decouvertes anciennes, pour tenter 



1. II est juste de dire qu'un Francais, Raynouard, avait deja prepare 
la voie par la comparaison des six langues neoiatines; c'est neanmoins 
a M. Diez que revient Phonneur d'avoir cr6e" cette science, par llntro- 
duction dans les recherches de philologie francaise, d'une precision 
jusqu'alors inconnue. 

2. Get ouvrage excellent est publie mainlenant (1868), jusqu'a U 
lettre 0. 



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AVANT-PROPOS. 



de nouvelles recherches, pour exposer la solution ou la dig- 
cussion de" certains problemes jusque-14 non 6tudi6s ; un 
traite de zoologie, s'il s'adresse au grand public, pas- 
sera sous silence toutes les questions douteuses ou non 
r£solues (rorigine des especes, etc....), pour se renfermer 
dans la demonstration minutieuse de toutes les verites ac- 
quises ; — si, au contraire, ce traits n'est destine qu'au pu- 
blic special et restreint des naturalistes, il se bornera k 
Enoncer les faits connus (en sous-entendantleur demonstra- 
tion), et s'attacbera de preference k Eclaircir par des re- 
marques ou des hypotheses nouvelles, tous les probl&mes 
encore pendants. 

Cette distinction s'applique egalement bien aux diction- 
naires £tymologiques, suivant qu'ils s'adressent aux seuls 
philologues ou bien k la classe plus nombreuse du public 
lettre ; dans le premier cas, l'auteur d'un semblable dic- 
tionnaire devra chercher uniquement k resoudre les pro- 
blemes etymologiques encore indEcis, — et se borner k 
enoncer les etymologies deja connues sans s'attarder k les 
dlmontrer. ^G'est ce qu'ont fait MM. Diez, Scheler et 
Littre, qui s'inqutetent plus de dEcouvrir ou d'explorer de 
rouvelles regions, que de d£crire les regions conquises.) — 
Mais & cdte de ces livres, qui supposent chez le lecteur l'e- 
tude anterieure des principes phuologiques et la connais- 
sance prealable de T£tat de chaque question, il y a place 
pour un autre dictionnaire qui prendra la science dans son 
e*tat present, regardera provisoirement comme inconnue 
retym.nlogie de tous les mots dont Torigine est encore dis- 
ease," et se renfermant dans la demonstration des Etymolo- 
gies ant&rieurement d£couvertes, developpera, k leur pro- 
pos, sons les yeux du lecteur, tous les principes philolo- 
giques sur lesquels s'appuient ces interessants resultats; 
c'est ce Manuel de la science &ymologique que j'ai tent6 
de faire, persuade que, dans son imperfection m6me, il 



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vi AVANT-PROPOS. 



peut encore rendre k notre enseignement superieur quel- 
ques services. 

Pour mieux faire ressortir la difference qui separe la 
methode employee ici de celle des dictionnaires anterieurs, 
prenons pour exemple les deux mots rnarcassin et pourrir: 
P&ymologie du premier est inconnue ; tandis que M, LittrS 
etM. Diez discutent les hypotheses emises sur Forigine de 
ce mot et en presentent de nouvelles, je me borne k consta- 
tercette lacune de la science et je passe outre; c'estsur- 
tout dans l'enseignemfent que le doute est pire que l'igno- 
rance et que la maxime in dubiis abstine trouve son appli- 
cation *. 

Au mot pourrir dont Tetymologie est connue (putrere), 
MM. Littre* et Scheler rapportent simplement le mot latin 
et ne s'attardent point k l'expliquer; mais l'etymologie 
n'est qu'enoncee, il reste ila demontrer; ilfaut expliquer 
comment pvtrere a donne pourrir. Pourquoi ce change- 
ment? les lettres latines se sont-elles transformers au hasard 
en lettres fran^aises ou ont-elles adopte un mode invariable 
de changement? Putrere est-il devenu tout d'u/i coup pour- 
rir, ou bien le changement n'a-t-il eu lieu pour chaque 
lettre que successivement, et peut-on fixer toutes les Stapes 
de ce voyage dans le temps 1 ? • 

1. M. Breal professeur au, college de France signalait excellemment 
les perils « d'une methode qui pretend tout expliquer et ne sait point 
se resoudre a l'ignorance de beaucoup de choses. » Dans l'enseigne- 
ment, rien ne nuit a 1'autorite d'une science comme une discussion 
sans conclusion. 

2. Les remarques qui precedent sur les trois dictionnaires de 
MM. Diez, Littr6 et Scheler ne doivent pas toutefois donner le change 
sur l'estime quMl faut faire de ces livres excellents ; loin d'incriminer 
leur methode, je l'approuve en la constatant; les methodes doivent 
varier avec le but qu'on se propose et le public auquel on s'adresse. — 
Je profite de cette occasion pour reconnaltre hautement ce que je dois 
a ces mattres de la science, et a lean travaux. 



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AVANT-PROPOS vn 



Autant de questions qu'un dictionnaire qui a la preten- 
tion d'enseigner aux Imques (comme disent les Allemands) 
a science liymologique, ne peut esquiver : 

c L'&ymologie scientifique, a dit un philologue distin- 
gue ', ne consiste pas a indiquer vaguement l'affinitl qui 
peut exister entre deux termes, il faut qu'elle retrace, lettre 
pour lettre, l'histoire de la formation d'un mot, en r&ablis* 
sant lous les intermediates par lesquels il a passe. » 

II faudra montrer, par exemple, que Yu de putrere est 
devenu ou (pourrir), comme dans ours de t/rsus, soiird de 
surdus, tour de twrris, — que le tr latin (pu/rere-poumr) 
s'est change* en rr y comme dans larron de latronem, nouv- 
rvr de nutrire, noumture de nutritwra, — enfin que Ye 
long de putrere est devenu t en francais (pourrir) 7 t£moin 
tenvr de tenere, abolir de abolere, avertir de avertere, etc. 
Arrive a ce point, le philologue n'a rempli que la moitie* de 
sa tache, il a montre" que pourrir correspond lettre pour 
lettre a putrere; il lui reste a montrer comment ce change- 
ment s'est op^rf ; nous n'avons ici que les deux anneaux 
extremes de la chaine ; il faut retrouver les anneaux inter- 
mediaires qui les relient 1 un a r autre ; pour passer de la 
chenille aa papillon, le naturaliste doit noter tous les di- 
vers £tats de la chrysalide; entre le francais et le latin, 
nous trouvons le bas latin d'une part, l'ancien francais de 
Tautre : putrere h'a pas saute* brusquement a pourrir; les 
textes latins des temps me>ovingiens nous montrent que ce 
mot est d'abord devenu putrire, plus tard pudrire qui nous 
amene au plus ancien francais podrir, auquel succedent la 
forme yorrir, et post£rieurement le mot pourrir; on voit 
quelles modifications lentes et presque insensibles le mot 
latin a subies pour devenir un mot francais : tr s'est suc- 
cessivement adouci en dr, puis en rr; it a passe* par o pour 



1. M. Br6al. 



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viii AVANT-PROPOS. 



venir kou: et, comme on peut le constater par les interm£- 
diaires, le mot latin n'a jamais accompli qu'tm seul de ces 
cbangements k la fois ; c'est ainsi qu'en penetrant par une 
analyse rigoureuse dans Torganisationrntime du langage, 
on voit que les langues se transformed tant qu'elles vivent, 
et que le latin et le fran$ais, par exemple, ne sont au fond 
que des £tats successifs de la mfime langue. 

C'est par l'itude patiente et la comparaison attentive de 
milliers de petits faits, insignifiants si on les regarde isole*- 
ment, que la science itymologique a pu constater que les 
langues, comme les plantes et les animaux, naissent, gran- 
dissent et meurent en suivant des lois qu'il est possible de 
determiner. Gela suffit pour nous justifier du reproche de 
nous fetre arr&te' k des details trop minutieux. « Tout edifice 
bdti sur desidies abstraites, a dit Buffon dans son solennel 
langage, est un temple tlevt h I'erreur. » II est grand temps 
de quitter les divagations de la m&aphysique sur l'origine 
de la parole humaine, pour se renfermer dans l'observation 
des faits; eux seuls nous conduiront k la juste conception 
des lois du langage, et s'il est permis de leur appliquer le 
motde Quintilien : Parva quidem, sed sine quibus magna 
nonpossent consistere, ce sont des details k la v&riti, mais 
sans lesquels Tensemble ne saurait trouver de point d'appui. 

A. B. 



Vouvray, 3 septembre 1868. 



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INTRODUCTION 



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LIVRE I 

DES RfcGLES A SUIVRE DANS 
LA RECHERCHE DES ETYMOLOGIES* 

L'6tymologie, — qui recherche l'origine des mots et les 
lois de transformation des langues. — est une science nou 
velle. C'est depuis trente ans settlement qu'elle est entree 
dans le concert des sciences d'observation; et les services 
qu'elle a rendus lui ont bien vite conquis, parmi les scien- 
ces historiques, un rang qu'elle ne doit plus perdre. 

Avant d'atteindre le degr£ de precision qu'elle poss&de 
aujourd'hui, Tetymologie, — comme toute science et peut- 
&re plus qu'aucune autre, — a traverse unelongue periods 
d'enlance, de tatonnements et d'efforts incertaios, durant 
laquelle les rapprochements arbitrages* les analogies su- 
perficielles, et les combinaisons hasard£es constituaient k 
peu prfes tout son avoir. 

« On peut difficilement se faire nne idEe de l'arbitraire 
qui presida a cette recherche des Etymologies tant qu'elle 
consista simplement a rapprocher au hasard les mots sur 
leur ressemblance, et sans autre preuveque leur apparente 
conformity. 

« Les reveries de Platon dans le Cratyle, les etymologies 
absurdes de Yarron et de Quintilien chez les Romains, en 

1. Ge livre I est le developpement de I'Appendice de ma Grdmmaire 
hfotorique de la langue frangaise dans lequel j'avais deja brievement 
esquisse le meme sujet. 



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m INTRODUCTION. 



France les fantaisies philologiques de Menage au dix-sep- 
tieme sifccle, sont restees calibres. On ne voyait, par exem- 
pie, aucune difficult^ Arattacher jeune h jeune sous pr^texte* 
que la jeunesse est le matin de la vie et qu on est a jeun, 
quand on se lfcve. Le plus souvent on tirait Fun de l'autre 
deux mots d'une forme toute differente, — et pour combler 
f ablme qui les s£parait, on inventait des intermediaires 
fictifs. G est ainsi qpe Menage tirait le mot rat du latin 
mus : «on avait du dire d'ahord mus, puis muratus, puis 
ratus, enfin rat. » — N'alla-t-on pas jusqu'a supposer 
qu'un objet pouvait tirer son nom d'une quality contraire 
a celle qu'il poss&lait, parce que Taf firm ation provoque la 
negation, et a soutenir que le latin lucus (bois sacre), ve- 
nait de non lucere (ne pas luire), — sous pretexte aue lors- 
qu'on est entre dans un bois, on n'y voit plus clair'? » 

A la fin, les illusions des £lymologistes devinrent pro- 
verbiales, et cette branche des connaissances historiques 
tomba dans le plus profond discredit. Comment de cet amas 
d'aberrations Erudites a- t-il pu sortir a la longue une 
science capitale aujourd'hui? Par la decouverte et Impli- 
cation dela m&hode comparative, qui est celle des sciences 
naturelles. « La comparaison est le principal instrument 
de la science.. La science, en effet, se compose de faits g£- 
n&raux; savoir c'est former un groupe, c'est &ablir une 
loi, c'est, par consequent, aegager ce qu'il y a de general 
dans les donn£es particulieres. Or, pour contraindre ainsi 
les faits k nous livrer leur sens intime, il faut les rappro- 
cher, les ^clairer Tun par l'autre, c'est-a-dire les comparer. 

« Personne n'ignore les de'eouvertes de l'anatomie com- 
pare. On sait comment l'&ude de la structure des ani- 
maux, comment la comparaison de ces organes, — dont 
les modifications infinies constituent les differences de 
classe. d'ordre, de genre, — ont rdvele, pour ainsi dire,- le 
plan de la nature, et fourni un fondement solide a nos 
classifications*. 



1. M. R6ville. let ancitret des Europiens. 
2 E. Sch6rer. Etudes d'histoire et de critique. 



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LIVRE I. xm 



II en est de meme de la science du langage; ici sans 
doute, comme partout, la comparaison est aassi aneienne 
que l'observation; mais il est deux sortes de comparaison, 
ou mieux, il y a deux degrds dans toute comparaison pat 
lesquels l'esprit doit successivement passer. 

Le premier est la comparaison pr^cipite'e et superfi- 
cielle, aui a r^^n^ dans les sciences ae la nature jusqu'k la 
fin du aix-septieme siecle, celle qui se borne k rapprocher 
les Stres ou les mots d'apres leur ressemblance exterieure ; 
ainsi les anciens naturalistes rangeaient au nombre des 
poissons la baleine et le dauphin, a cause de leur forme 
exterieure, de leurs habitudes, de leur sejour constant dans 
les eaux de la mer; ainsi les &ymologistes d'autrefois ti- 
raient le mot paresse du grec xapeat? 1 , parce que de toutes 
les langues qu'ils avaient explorees, la forme grecque etait 
celle qui ressemblait le plus au mot fran^ais : ils en con- 
cluaient, sans autre preuve, que celui-ci venait du grec : 
c'etait se declarer satisfait h bon marche\ 

A ces rapprochements arbitraires a succ&te, de notre 
temps, la comparaison refl^chie et methodique, la compa- 
raison rigoureuse et scientifique qui ne s'arr&te point aux 
ressemblances ou aux differences exterieures, mais qui 
disseque les 6tres pour penetrer jusqu'i leur essence et k 
leurs analogies intimes. 

L'anatomiste etudie la structure interne de la baleine, et 
recoimait aussitdt que la conformation des oreanes l'exclut 
de la classe des poissons, et la range dans celle des mam- 
mi fere 8. Au lieu de se borner k etudier le mot par le de- 
hors, le philologue le disseque en ses elements, c est-a-dire 
en ses lettres, observe leur origine, et la maniere dont elles 
se transforment. 

Cest en appliquant rigoureusement cette methode nou- 
velle, c'est en se laissant guider par les faits au lieu de 
chercher k les conduire, que la philologie moderne a con- 
state* que le langage se developpe d'apres des lois in- 

1. Voir, page xliii, la demonstration de l'origine latine du mot pa- 
resse* 



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xnr INTRODUCTION. 



variables, et qu'il suit dans ses transformations des regies 
n£cessaires. 

Nous exposerons dans ce livre les traits principaux de 
cette histoire naturelle du langage : pour Fetymologie en 
particulier ik fournissent au savant des secours inattendus, 
et sont, k ses yeux, un precieux instrument, microscope 
puissant qui lui permet d observer les phenom&nes les plus 
delicats. 

Ges instruments sont au nombre de trois : la phon6tu?ue 9 
Yhistovre et la comparaison. 



CHAPITRE I. 

phon£tique. 



Si, prenant au hasard une lettre latine, on cherche en- 
suite ce que cette lettre est devenue dans notre langue, on 
s'aper$oit bien vite que le passage des lettres latines en 
fran$ais s'effectue d'une manifcre reguliere, en un mot que 
chaque lettre latine se transforme en frangais suivant un 
mode constant; elong, par exemple, devient ordinaire- 
ment oi : w?6 (moi), regem (roi), legem (loi), te (toi), se 
(soi), tela (toile), vdum (voile), etc.... On donne le nom 
de Phondtique l k l'ansemble de ces lois de transformation. 

On voit imm£diatement la portee de cette d£couverte ; 
ces regies de changement une fois observes pour cbaque 
lettre sont un fil conducteur pour la recherche, et nous 
empechent de faire fausse route : c'est un groupe de con- 
ditions auxquelles Tetymologie doit satisfaire, sous peine 
de nullity. 

Poss&ler en detail Tensemble des transformations des 
lettres latines en lettres frangaises 1 , est la premiere con- 

Voyez p. lzxl 
Voyez p. Lxxvm. 



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LIVRE L zt 

dition a remplir poor s'ocouper (Te'tymologie. A ceux qui 
trouveraient cette preparation minutieuse ou indifFlrente, 
Dons r6pondrons que ranatomie observe et dlcrit les mus- 
cles, les nerfs, les vaisseaux dans les plus minutienx de- 
tails ; cet immense catalogue de faits peut sembler aride ou 
fastddieux ; et cependant de mfcne que ranatomie compare 
est la base de toute physiologic, la connaissance exacte de 
la phon&ique est le point de depart de toute etymologic : 
c'est elle qui donne seule a cette science son caractere de 
solidite* et de liqueur. 

On peut ainsi formuler ce principe nouveau : toute Ety- 
mologic qui, — d'apres les regies de permutation posees 
par la phon&ique, — ne rend pas compte des lettres con- 
servees, changees, on disparues, est a rejeter. 

A la lumiere die ce principe, cherchons a trouver Tori- 
cine dn mot laitue par exemple. On remarque anssitdt que 
la combinaison it correspond an latin ct, comme le montre 
la phonetique (voy. page c); tlmoin : fati de fatfus, kit de 
laciem, trait de traces, fruit de fructus, r&Auit de reduces. 
La premiere partie du mot laitue, correspond a une 
forme latine loot : reste k trouver l'origine du suffixe ue : 
or on a vu * que ce suffixe provient du suffixe latin 
uea; t6moin vendue de verr-uca, charr-ue de carr~uca 9 
etc. Nous obtenons ainsi la forme lact-uca, qui est pr^ci- 
s4ment le mot dont se sert la langue latine pour exprimer 
Fidee de laitue, ce qui confirme l'etymologie proposee. 

Gette recherche de l'&ymologie, on le voit, est une ope- 
ration analogue a r analyse chimique. De la substance mise 
dans le creuset, et reduite en ses elements, le cnimiste doit 
retrouver le poids Equivalent; ici les elements sont les 
lettres, et l'analyse, c est-a-dire l'&ymologie est douteuse, 
tant que les elements n'ont pas &\& retrouve's f . ; 

En resume* la recherche etymologique est soumise a 
deux regies : 1 # Une etymologie n'est admissible qu'autant 
qu'elle rend compte de toutes les lettres du mot qu'elle 

1. Page 48, col. 2, Ugne 6. 

2. II. littr*. 



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xvi INTRODUCTION. 



pretend expliguer, sans en omettre une seule. — 2° Toute 
etymologie qui suppose un changement de lettres doit avoir 
pour soi, au moins un exemple d'un changement bien 
identique a celui qu'elle suppose; sinon, tant que Ton n'en 
peut citer aucun, le rapprochement tente est sans valeur. 



CHAPITRE II. 



HISTOIRE. 



Tout mot latin a subi deux changements suceessifs poor 
arriver jusqu'St nous ; il a passe* du latin au vieux fran^ais, 
de Tancien frangais au fran$ais moderne : festa a d'abord 
donne feste. puis celui-ci est devenu f&te. Pour retrouver 
Torigine d un mot francais, ce serait faire fausse route 
que de spfouler sur le mot dans son etat actuel, et de sau- 
ter de la langue pr^sente au latin, sans chercher prealable- 
ment s'il existe en vieux francais des formes intermediaires 
qui eclairent la transition et marquent la route qu'a suivie 
le latin pour arriver a notre langue actuelle. D'ailleurs 
ces intermediaires en nous rapprochant du point de de- 
part nous permettent de le voir plus distmctement, et 
parfois mSme de le reconnaitre, sans aucune recherche 
ulterieure. 

Un exenjple fera ressortir la difference qui se*pare sur 
ce point Tancienne methode ^tymologique de la nouvelle : 
js eHymologistes anciens ^talent fort divisfe sur l'origine 



ies eHymologistes anciens ^talent fort divisfe sur rorigine 
du mot dme : les uns ne considerant que le sens, tiraient 
ce mot du latin anima, sans pouvoir expliquer comment 
cette transformation s'&ait operee;— les autres trouvant 
la contraction d! anima en dme beaucoup trop forte, rap- 
portaient le mot au gothique ahma (souffle;. Le proces 
serait encore pendant, si la philologie moderne n'itait 
intervenue, pour donner k ce probleme sa solution natu- 
relle. Rempfasant rimagination par ^observation des fate, 

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LIVRE I. xra 

les philblogues modernes ont compris qu'il est absurde 
de disserter a perte de vue sur un mot dans sa forme ac- 
tuelle, sans se soucier des changements qu'il a subis de- 
puis l'origine de la langue ; * et refaisant par l'&ude des 
textes Thistoire du mot, ils ont constat^ qu'au treizi&me 
siecle dme s'^crivait anme % qu'il est devenu aneme dans 
les textes du onzieme, anime dans ceux du dixieme, ce qui 
nous conduit immediatement au latin anima. 

Le seul moyen de ne point perdre pied est d'observer 
pas a pas les intermediaires, jpour &udier la deformation 
graduelle du mot latin : mais ici encore, il faut distinguer 
deux espfcces d'interm^diaires, ceux de l'ancienne ecole 
philologique, ceux de la nouvelle. Las premiers posaient 
au hasard un mot trfes-dissemblable comme origjine du mot 
cherch£, et pour rejoindre les deux bouts, imaginaient des 
intermediaires fictifs qui les conduisaient ainsi au point 
qu'ils voulaient atteindre. Menage, par exemple, preten- 
dait trouver l'origine du mot haricot dans le latin faba 
(feve), et pour combler la distance qui separe ces deux 
mots il ajoutait : * On a du dire faba, puis fabaricus, 
puis fabaricotus, aricotus, et enfin haricot. » On croit 
rever en lisant de pareilles divagations; tout cela justifiait 
Topinion des rieurs, — et l^pigramme du chevalier d'A- 
ceUly ; 

« Alfana* vient (Tequus sans doute, 

Mais il faut convenir aussi 

Qu'a venir de Ik jusqu'ici, 

II a bien change sur la route, » 

avait raison d'etre, puisque les savants faisaient un jeu de 
ce qui aurait du Stre une science. 

Les intermediaires que demande et reeherche Tetymo- 
logie moderne sont d'une autre nature ; la science ne re- 
cherche plus ce qu'on a du dire, mais ce qu'on a dit. Elle 
n'invente plus d'lnterm^diaires de fantaisie, pour le besoin 

1. Nom donn6 par l'Arioste a la jument de Gradasse. Menage preten- 
dait tirer alfana de equus. 



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xviii INTRODUCTION. 



de sa cause; elle se borne a remonter par ies textes fran- 
$ais du dix-neuvi^me siecle au dixieme ; constatant la nais- 
sance des mots et la date premiere de ieur apparition, elle 
observe les changements qu'ils ont e'prouve's de siecle en 
siecle; cette observation rigoureuse qui ne laisse rien a 
la conjecture, ni a l'invention, est une partie preliminaira 
mais indispensable de toute recherche etymologique ; avant 
de proceder a Tanalyse d'un mot fran^ais dans sa forme 
actuelle, il faut chercher a obtenir autant que possible des 
exemples du mot dans le fran^ais ancien. 

M. littre* a suivi ce plan dans son beau Dictionnaire 
histarique de la Langue fran false; au lieu d'inventer une 
serie ainterme'diaires arbitrairement supposes, il reunit 
pour chaque mot une suite d'exemples pns dans les textes, 
jusqu'a 1 origine m£me du frangais, au huitieme siecle ; 
— une fois ces jalons pose's, il procede a la recherche de 
r&ymologie partant non plus du mot dans sa forme pre- 
sente, mais du mot tel qu il existe a la naissance meme de 
la langue. 

I/observation attentive des intermediaires est, apres la 
phonetique, le meilleur auxiliaire de la philologie. 

A ce point de vue, la comparaison du vieux fran$ais et 
du frangais moderne, qui ne sont au fond que des e'tats 
successifs de la mSme langue, est indispensable. On com- 

1)rend mieux que modulus ait donne" moule, quand on voit 
es degres intermediaires, le bas latin moaXus, le vieux 
fran$ais qui dit modle au onzieme siecle. molle au dou- 
zieme, et arrive enfin a rrwtile. — On ne doute plus que d&+ 
lurtne signifie : ceiui qui ne se laisse plus tromper, leurrer, 
quand on a sous les yeux l'ancienne forme deleurrt. Dans 
un grand nombre de cas, nous avons perdu le primitif de 
Tancie# fran$ais et garde* le diminutif en fran^ais mo- 
derne; alouette, mouette, belette ont subsists, et leurs pri- 
roitifs aloue, mone, bele, ont disparu ; nous ne connaissons 
plus les anciens verbes tentir^ freindre, pentir, ceuvrer, 
vergonder, bouter que par leurs composes rctentir, enfrein- 
dre, repentir, d&oeuvrer, devergonde, d^boute* : il importe 
a l^tymologiste de connattre toutes ces formes, puisque, 



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LIVRE I. ra 

avant de chercher 1 ongine de tout mot, il est nfcessaire 
de le n£duire a sa plus simple expression. 



CHAPITRE III. 

COMPARAISON. 



En meme temps que le latin populaire donnait naissance 
au frangais, il creait quatre idiomes frferes du ndtre, et 
comme lui formes avec une^ etonnante regularity . la per- 
mutation des lettres latines en italien, en provencal, en 
espagnol, en portugais, ou, comme disent les Allemands, 
dans les quatre langues romanes, s^effectue avec la m&me 
persistence qu'en francais. La consequence immediate de 
ce fait, est qu'on doit employer la comparaison des formes 
romanes au francais, comme une pierre de touch e pour 
verifier et confirmer l'hypothese proposee. Nous avons re- 
connu tout a l'heure que laitue correspond lettre pour let- 
tre a une forme latine lactuca. Si cette etymologie est 
exacte, il faut que l'italien lattuga, l'espagnol lechuga, qui 
ont le mSme sens, viennent aussi du meme mot latin, et 
reproduisent lactuca. Ge qui revient a d£montrer que 
l'italien ft, et l'espagnol ch 9 proviennent du latin ct : 

Italien : noctem (notte), lactem (laMe), octo (0W0), biscoo 
tus(biscotto), tractw(traMo), etc., d'oii : lacraca=lattuga. 

Espagnol : noctem (noc/w), octo (ocho), biscoctas (bisco- 
cho), lactem (leche), tr actum (trec/io), etc., d'ou : /ac- 
tuca = lechuga. 

On voit ainsi comment les rapprochements des langues 
romanes et du francais confirment les observations ante- 
rieures, et servent a verifier les hypotheses. Ces rappro- 
chements ont une autre utilite ; ils nous montrent souvent 
la route a suivre : entre la langue fran$aise et le latin, les 
langues romanes sont des intermediaires dans l'espace, 



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xx INTRODUCTION. 



comme le vieux francais est pour l^tymologie un interme'- 
diaire dans le temps : vomer semble moins eloigns* de 
rotulare auand on a rempli l'intervalle par le proven$al 
rollar, a i' origine rotlar, et par l'italien rotolare. Chou est 
iramediatement rattacW a caulis y par le vienx francais 
chol, Tespagnol col, le provencal caul; — entre coude et 
cubitus^ nous trouvons le provencal code, l'ancien espagnol 
cobdo, Titalien cubito. 

L'^chelle est complete entre le francais nourrir et le 
latin nutrire, quand on passe par les trois degres du pro- 
venial norrir, du Catalan nudrvr, de l'italien nutrire. 

^ A c&t6 des quatre langues romanes, qui sont les {jrandes 
divisions du latin, il y a les patois qui sont les divisions 
secondaires de chaque langue^ nous avons montre ailleurs 1 
qu'a 1' origine, il n'existait point en France de langue litt£- 
raire unique ; que le latin s'etait scinde, dans chaque re- 
gion, en autant de dialectes ou idipmes distincts, le nor- 
mand, le bourguignon, le picard, et le francais (qui ne veut 
dire a cette epoque que le dialecte des Francais, c'est-a- 
dire des habitants de Tile de France). On sait par quelle 
suite d'£ve*nements politiques (les conquetes des dues de 
France et les agrandissements successifs du domaine royal), 
de ces quatre dialectes, trois finirent par s'absorber dans 
Tun d'eux, le dialecte francais, qui, en s'elevant au rang 
de langue litteraire unique, abaissa les autres dialectes 
au simple r61e de patois, (qui s'eteignent lentement aujour- 
d'hui aans nos campagnes) ; les patois ne sont done point, 
comme on le croit commune'ment, du francais litteraire, 
corrompu dans la boucbe des pay sans; ce sont les debris 
des anciens dialectes provinciaux, que les evenements po- 
litiques ont fait dechoir du rang de langues officielles, 
litteraires, a celui de langues purement parlies. L'histoire 
des patois nous montre leur importance pour Tetude ety- 
mologique du francais ; a c&t6 des langues romanes, qui 
fonnent quatre couleurs ou teintes nettement tranches, il 
y a les patois qui remplissent l'espace intermediate, et 

1. Grammaire historique de la langue francaise, p. 45. v 



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LIVRE I. xxi 

parcourent toute la gamme des nuances secondaires : k ce 
point de vue, ils jettent sur beau coup de mots une trfes- 
vive lumiere. Le mollusque bivalve, que les Latins nom- 
maient musculus, est moute en francais. Comment rattacher 
moult k musculus, sans passer par le patois normand 
moucle, ensuite par le languedocien muscle, qui nous don- 
nent tous les anneaux intermediates. On comprend mieux 
que fresaie et praesaga soient le meme mot, quand on voit 
les formes presaie du patois poitevin, bresague du gascon. 
On voit quel genre de secours, l'etymologie peut atten- 
dre de l'e'tude comparative des patois . le linguiste peut 
aussi y verifier le fait qui se produit d£j& dans les langues 
romanes; c'est que dans les langues, comme dans les patois, 
la langue latine s'assourdit et se contracte k mesure qu'elle 
s'eloigne du Latium. Le mot latin est ici un tbermo metre 
tres-sensible qui s'abaisie de plus en plus, en montant vers 
le nord, par une suite de modifications lentes et insensibles, 
non par un ecart brusque, ou un changement instantane*. 



CHAPITRE IV. 

VARIATIONS DE SENS. 



Des deux Elements qui constituent le mot (la forme et le 
sens), nous venons d'etudier le premier, dans Fespace et 
dans le temps , comme disent les philosophes , — dans 
Fespace, par la Phonetique et la comparaison, — dans le 
temps par YHistoire. Mais pour l'etymologie, la connais- 
sance ae l'histoire et des variations du sens dans chaque 
mot, est un auxiliaire indispensable de l'e'tude des formes. 
On peut 6tudier l'histoire du sens, en suivant les variations 
d'un mot dans sa propre langue, ou instituer une compa- 
raison en rapprochant de ce mot les mots qui ont un sens 
analogue dans les autres langues. 



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xxii INTRODUCTION. 



§ 1. Histoire du sens. — Si Ton compare un certain 
nombre de mots fran$ais aux mots latins mil leur ont donne 
naissaiice, on ne tarde point a voir que (fans la plupart, le 
sens a vane* en passant du latin au frangais, et n a point 
garde le degre exact d'intensite qu'il poss&dait dans la lan- 
gae mere. Tantdt le sens s'est £largi : carpentarius (qui 
veut dire seulement charron) est devenu charpentier : ca- 
ballus qui a juste chez les Romains le sens que nous 
donnons au mot rosse, s'est ennobli en devenant cheval, 
minare qui est proprement conduire (line voiture, un trou- 
peau), est devenu mener; le sens de nUtairie, puis de ha- 
meau qui appartient au latin villa, s'est agrandi dans le 
mot ville. — Tant&tle sens s'est rdtreci, et est venu d'un 
sens §£n<§ral a un sens particulier : jumerUum qui d£signe 
en latin toute b§te de somme, s'est sp&ihe dans le mot ju- 
ment ; peregrinus qui est proprement l'etranger, celui qui 
voyage, s'est restremt dans le mot Pelerin au sens de voya- 

!;eur en terre sainte *; — arista qui a dans la langue latine 
e double sens d'arete de poisson et d'epi de bl£, a perdu 
le second, en passant au iran$ais arite> Carruca, qui a le 
sens general de chariot, s'est specific* dans charrue, au sens 
de chariot aratoire. • 

Mais ces deplacements de sens ne se retrouvent pas seu- 
lement dans le passage du latin au frangais : « (usage 
Sune langue ne cesse de changer, a dit Varron *, et si Ton 
se borne a observer l'histoire du frangais depuis le onzi&me 
siecle jusqu'a nos jours, on retrouvera, dans l'int£rieur 
meme de la langue, beau coup de mots dont le sens s'est 
agrandi ou s'est affaibli dans le passage du viaux fran$ais 
au frangais moderne : plus d'un mot jadifi employ 6 clans 
un sens noble ou elegant, est tombe* aujourd'hui aux plus 
basses significations : le mot pectus (poitrine), garda le 
sens latin, en passant au fran^ais ; et pis (qui vient de pec- 
tus, comme lit de lectus, profit de profectwn, confit de conr 

1. Le latin Peregrinus signifiait deja Pilerin dans la basse latinite 
« Miles quidam, a pago Burgundiae.... venit Jerusalem peregrinus » 
Mapes, De nugis curtalium, I, 18. 

2. « Coiisuetudo loquendi eat in motu. » De Lingua taftna, IX, 17. 



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LITRE I. xxiii 



fectom), a le sens de poitrine a l'origine de la langue ; on 
disait en termes de droit feodal, mettre la main au pis pour 
mettre la main sur sa poitrine (prater serment). Le mot 
s'est restreint successivement et s est avili jusqu a sa signi- 
fication actuelle. 

Mutare (changer), est devenu en fran$ais muer (comme 
remutare, commutare ontdonne* remuer, commuer); muer 
qui avait garde* a l'origine toute Penergie du sens latin (les 
aieux et les deesses muoient les hommes en bestes, dit Frois- 
sard 1 ), s'est par la suite du temps, restreint a r operation 
par laquelle un animal change de peau, un oiseau de plu- 
mes; labourer qui vient de labor are (travailler), ne s'est 
restreint qu'assez tard au travail de retourner la terre ; le 
moyen ige l'employait avec le sens de travailler : « Les 
excellens medecins labowrent moult a avoir cognoissance des 
choses du corps, » dit Oresme au quatorzieme siecle, dans 
sa traduction de YEthique d'Aristote. — Mardlre (de ma- 
traster) 7 ne signifiait a l'origine que beUe^mkre, et c'est 

Slus tard qu'fl prlt le sens de belle-mere acaridtre. — 
} rfau qui vient Aepratellum (comme fliau de flagellum)* 
veut dire litteralement petit pri; c'etait aus6i le sens (ju il 
avait dans notre ancienne langue; et ce n'est que tardive- 
ment qu'il se restreignit au sens de petit pr6 situi derriere 
v/ne prison pour servir de promenade aux prisonniers, — 
et au sens actuel de cour de la prison. — A cdte de ces di- 
minutions et 6moussements du sens, il faut noter des cas 
oil le sens s'est £tendu et elargi. Beaucoup de termes de 
metiers ou de mots techniques et sp£ciaux sont venus ainsi 
dans l'usage general : les termes de chasse en particulier 
se sont repandus dans la langue : attraper ne veut dire a 
Torigine que prendre dans la trappe, dans le piege. — 
Leurrer est proprement attirer le mucon avec nn leurre 
(morceau de cuir rouge en forme d'oiseau) : celui qui ne 

1. Ge sens etymologique de changer s'est encore conserve dans ces 
vers de Voltaire : 

Qui de Meduse eat va jadis la tete 
Etait en roc mue soudainement. 



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xxiv INTRODUCTION. 



se laisse plus tromper par le leurre est un dttturre (qui 
est la forme ancienne de notre mot deluri). — Quand le 
faucon etait pris apres plus d'une mue, il ne s'apprivoisait 
pas facilement, restant sauvage, farouche, ou comme di- 
sent les fauconniers, hagard (ce mot est venu de Ik, dans 
la langue usuelle). S'il etait pris au nid, le faucon &ait 
dit niais (nidacem de nidus, nid) , et Timb^cillite des jeu- 
nes faucons, introduit dans notre langue le mot niais et 
niaiserie, pour rendre metaphoriquement la simplicite et 
le manque d'usage des gens qui ne sont point sortis de 
leur nid. — Une autre operation de fauconnerie a laiss6 k 
notre langue Texpression : dessiller les yeux Qadis ^crite 
plus correctement deciller les yeux) : on cousait les pau- 
pifcres, ou les cils du faucon pour le dompter ; et cette ope- 
ration s'appelait tiller le faucon ; lorsque l'oiseau ^tait 
dress£, on lui rendait la lumiere, en le dicillant, en cou- 
pant le fil qui tenait les cils rapproches. 

Comme complement n£cessaire de ces variations de sens, 
il faut citer diverses metaphores tres-curieuses dont l'ori- 
gine remonte au latin vulgaire , et qui t^moignent de la 
part considerable prise par le peuple dans la formation de 
la langue : de testa (pot casse), gurges feouffre), botellus 
(boudin), pellis (fourrure, peau d'animal), le fran$ais a 
tire t&te, gorge, boyau, peau, delaissant Jes mots caput, 
guttur, intestinum, cutis, que possedait le latin classique 
pour exprimer ces diverses parties du corps humain. Le 
fran^ais adopta ces metaphores, mais elles sont l'ceuvre 
propre du latin populaire : on trouve deja testa au sens de 
crane dans Ausone, botellus avec celui d'mtestin dans Ter- . 
tullien. Ces capricieuses metaphores du peuple romain 
n'ont rien d'etonnant, si on les rapproche du langage popu- 
laire actuel, qui compare la tete a une boule, les jambes a 
des quilles, la main a une pince, etc. .. — A cdt£ de ces me- 
taphores cr££os par le latin, et qu'ilnous a transmises, no- 
tre langue en possede un grand nombre qui lui appar- 
tiennent, et qui sont charmantes de naivete : c'est ainsi que 
le peuple a aonne le nom de bergeronnette (litteralement 
petite oergere) a un oiseau qui se plait dans les pres, - et 



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LIVRE f. xxv 



celui de bouvreuil (bovaridus de bovarius), proprement 
petit bouvierK a un autre oiseau qui suit les troupeaux, et 
se tient dans leur voisinage. 

§2. Comparaison de sens. — On voit, par ce que nous 
avons dit jusqu'ici, combien, dans un mot, l'etude du sens 
est plus difficile que celle de la forme; on n'a affaire dans 
l'etude des formes qu'a des changements regulierset obser- 
vables; le climat et la race ont donne a chacun des peu- 
ples de la Gaule, de l'ltalie et de l'Espagne, un appa- 
reil vocal differant par certaines inflexions, — et suivant 
ces trois modes de prononciation, le latin s'est transform^ 
en trois langues differentes, avec une invariable regularity. 
Cette parti e de la philologie, qui est designee par le nom 
de phonetique peut rentrer dans l'histoire naturelle, puis- 
qu'elle releve, apr&s tout, de conditions physiques speciales 
a certaines families de langues et de peuples. G est, en 
somme , une &ude aussi materielle f que 1 etude du sens 
Test peu. Tandis que l'etude de la forme ne peut avoir en 
vue qu'un groupe ou une famille de langues communes par 
Forigine, l'&ude des significations s'attacme k toutes les 
langues k la fois , dans toutes elle Itudie la marche de 
l'esprit humain, et par elle, la philologie sort du domaine 
des sciences naturelles pour entrer dans celui de la psycho- 
logic; l'etymologie tire un grand secours de cette compa- 
raison des metaphores qui justifie et confirms Forigine de 
certains mots, sans qu'on puisse cependant l'expliquer. H 
est bizarre que le peuple ait appele un oiseau roitelet, c'est- 
k-dire un petit roi; et cepenaant cette etymologic devient 
indubitable cjuand on remarque que le roitelet est appele de 
mgme en latin * en grec * et en allemand 8 ; ce rapprochement 

1. Boxmriolus de bovarius. 

2. J'entends par ce mot « s'exercant surdes faits sensibles et palpa- 
bles. » 

3. Regulus (c'est-a-dire petit rot), diminutif de regem* 

4. BaaiXCoxo; (petit roi), diminutif de BaaiXevc (roi). 

5. ZauvMnig\\Q roi des haies). 



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xxvi INTRODUCTION. 



ne nous explicpie point la cause de l'appellation 4 ; mais il en 
demontre I existence. On comprend mieux oue le latin causa 
(cause), ait donne chose, quand on voit l'allemand sache 
posseaera la fois ces deux significations. — Contrte vient 
du bas latin contrata(le pays qui s'etend devant vous), et 
contrata est lui-m6me derive de la preposition contra : l'a- 
nalogie de l'allemand gegend (contree), forme* de la prepo- 
sition gegen (contre), justifie cette derivation. — Dfyeuner, 
forme de jeuner, comme defaire de faire, et qui signifie pro- 
prement cesser de jeimer, a ete apphcpie' au repas du ma- 
tin, comme en anglais breakfast (dejeuner), veut dire lui 
aussi, cesser le jeune (break fast). — Corset est un diminutif 
de corps 1 j et veut dire proprement un petit corps; cette m£- 
taphore est confirmee par les expressions iaentiques que 
nous offrent les autres langues : pour corset, l'allemand dit 
kibchen (petit corps, diminutif de leib corps 3), 1'anglais 60- 
dice (diminutif de body corps), Pitalien corpeMo (petit corps; 
de corpo, corps). — II paralt simple qu habitus qui veut 
dire en latin maniere detre habituelle, accoutume'e, ait pu 
donner habit, quand on rapproche de ce mot le grec cxvifxa 
qui signifie en meme temps maniere d'Ure et vetement, l'i- 
talien costuma, qui a le double sens de costume et &' habi- 
tude. C'est en se pla$ant au point de vue d'une comparaison 
delicate desproced^s de l'esprit humain, que l'&ymologiste 

Sent expliquer la naissance de toutes ces m&apnores, fruit 
u caprice ou de l'imagination populaire. 



1. On doit chercher cette cause dans les legendes des peuples indo- 
europeens, lcgendes que la mythologie comparee a pour devoir de 
rassembler et d'interpreter. 

2. Qui s'ecrivait a l'origine tors ; le p est une addition des savants, 
addition posterieure au quatorzieme sifccle. A l'origine, on ne disait 
point un corset, mais un corps (le corset 6lant considere comme le 
corps de la jupe) : et au xvm e siecle, Rousseau blamait les femmes de 
porter des corps trop etroits. Corset ne signifie proprement qu'un pe- 
tit corset 

3. 11 faut se garder de croire, d'apres ces exemples, que l'allemand 
ait transmis son procede au francais ; au lieu de couclure de la res- 
semblance a la filiation, on doit reconnaitre , dans la variete da ces 
exemples, l'identit6 des precedes de l'esprit humain. 



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LIVRE I. xxvn 



CHAPITRE V. 



En constatant que les mots ont une croissance et une his- 
toire, et qu'ils suDissent comme les plantes et les animaux 
des transformations regulieres, — en constatant enfin que 
la, comme partout, la loi regno, et qu on peut surement for- 
muler des regies de derivation a unelangue a l'autre, — les 
philologues modernes ont fonde sur des bases durables l'<$- 
tymologie comparee, et fait une science de ce qui semblait 
condamne a rester dans le domaine de l'imagination et du 
caprice individuel. 

I/ancienne etymologic cherchait a expliquer h priori l'o- 
rigine des mots, d'apres leur ressemblance ou leur diffe- 
rence apparentes ; appliquant la methode des sciences na- 
turelles, l^tymologie moderne estime au contraire que les 
mots doivent s'explicraer d'eux-m6mes, qu'au lieu d'mven- 
ter des systemes ll faut observer les faits, a Paide de trois 
instruments : — Yhisiovre du mot, qui par des transitions 
siires, nous conduit au primitif cherche*, ou tout au moins 
nous en rapproche; — la plwnetique qui nous fournit les 
regies de transformation d'une langue a l'autre, regies aux- 
quelles on doit se soumettre aveuglement, sous peine de 
faire fausse route ; — la comparaison, qui assure et confirme 
les resultats acquis. 

G'esten appliquant rigoureusement cette methode et ces 
principes que Tetymoiogie comparee s'est elevee, de nos 
jours, a la dignite* d'une science , comme c'est aux aberra- 
tions fantastiques des anciens erudits qu'elle devait le dis- 
credit dans lequel elle etait jadis tombee. 



yGoogk 



xxvru INTRODUCTION. 



LIVRE II 

fiLfiMENTS fiTYMOLOGIQUES 
DU FRANgAIS 

Sans revenir ici sur Thistoire de la laDgue fran$aise que 
nous avons decrite ailleurs *, il est ne'cessaire de resumer 
cette histoire en quelques mots, pour preparer a rintelli- 
gence de ce qui va suivre. 

Le latin vulgaire transport^ en Gaule par les soldats de 
Ge'sar et les colons, absorba promptement la langue indi- 
gene, le celtique (Voy. ci-dessous, p. xxxi et p. xxxiv), et 
mbit k son tour, quatre siecles apres, par l'invasion des tri- 
bus germaniyies en Gaule, une notatle perturbation dans 
son vocabulaire; plusde cinq cents mots germaniques pri- 
rent pied dans la langue gallo-romaine (Voy. p. xl); ce 
latin populaire ainsi modifie par Timmixtion de mots bar- 
bares, devint par une serie de modifications lentes et insen- 
sibles, un idiome nouveau, le fran^ais qui apparalt des le 
neuvieme siecle, comme une idiome independant du latin. 
Du huitieme siecle au onzieme, la langue fran$aise pro- 
gresse, et sa formation est achevee des le douzieme siecle ; 
k ce fonds ancien et populaire viennent successivement s'a- 
jouter, au treizieme siecle, des mots orientaux venus par 
les croisades, — au seizieme un certain nombre de mots 
italiens et esoagnols, — au dix-huitieme, des termes d'ori- 

1. Grammaire kistorique de la langue frangaise, pages 13-70. 

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LIVRE II. xxn 



gine allemande, — au dix-neuvi&me des mots d'importatioo 
anglaise, sans parler des mots emprunt^s par les savants 
au latin et au grec depuis le quatoraeme si&cle jusqu'i nos 
jours. 

En resume, la langue fran$aise comprend deux grandes 
couches de mots superposees : Tune anterieure au dou- 
zieme sifecle , ceuvre inconsciente du peuple (et formta de 
trois Elements le latin, le celte y le germanique), — l'autre 
posterieure au douzi&me sifccle, et form^e d'uu cflt^, des 
Elements empruntes aux lanffues modernes, de l'autre des 
mots savants empruntes aiix langues anciennes. 

On peut done r^partir les mots fran$ais en trois calo- 
ries, elements d'origine populaire, — elements d'origine 
savante, elements d'origine tlrangere. • 



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xxx INTRODUCTION. 



PARTIE I 

ELEMENTS D*ORIGINE POPULAIRE. 



t 

CHAPITRE I. 

Element latin. 

Comme on Ta vu dans la Grammaire historique de lalangue 
frangaise , on peut etudier tout idiome a quatre points de 
vue : 1° celui des sons, de Porigine et de Fhistoire de chaque 
lettre ; cette partie porte le nom de phonitique. 

2° A l'&ude des lettres succfcde l'&ude des mots , de la 
agon dont ils se creent ou se deferment : c'est la formation 
des mots 

3° Quand on connatt ainsi les £l£ments constitutes des 
mots et leur aggregation , reste a voir de quelle maniere les 
mots se modifieut quand on les rapproche les uns des 
autres; c'est l'etude de la flexion (divisee elle-m£me en 
deux sections : la d^clinaison et la conjugaison.) 

4° Enfin la syntaxe nous montre comment les mots pen- 
vent se grouper pour former des phrases. 

II faut passer successivement en revue ces cruatre parties 
pourd£crire le changement du latin en fran$ais ; le hvre III 
de cette introduction donnera les regies qui ont preside au 
passage des lettres latines aux lettres fran$aises; nous avons 



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LIVRE n. 



indiquS ailleurs cruel changement out sabi la d&riinaison 
et la conjugaison latines : comment l'article a &\& cr66 pour 
remplacer la distinction des cas ; comment la dlclinaison 
perdit un genre, le neutre, et se r&luisit d'abord de six cas 
a deux dans le latin merovingien et dans Tancien francais, 
puis de deux cas a un seul, a partir de la fin du treizi&me 
siecle; comment la conjugaison perdit la voix dlponente, 
crea les deux auxiliaires fare et avoir pour remplacer les 
temps composes des Latins, et imposa au futur une forma- 
tion nouvelie ; nous ne reyiendrons pas sur ces changements 
purement grammaticaux. 

Dans le vocabulaire, le francais qui n'est que le produit 
du lent d^veloppement de la langue vulgaire romaine, offre 
necessairement de profondes differences avec le latin das- 
. sique ; tantdt le latin vulgaire et le latin classique pr^sen- 
tent, pour rendre la meme idee, deux formes dinlrentes du 
meme mot; ainsi doubter, avant, ivraie, derivent des formes 
populaires duplare* abante, ebriaca, — tandis que les for- 




Mm, bataille, baiser, tourner, ne correspondent point aux 
formes classiques hebdomas, via, pugna, osculari, verti, 
mais aux formes populaires septimana, caminus, batalia, 
basiare, tornare. 

Beaucoup d'autres mots latins ont disparu pour des 
causesdiverses; les uns parce ou'ils n^taient point assez 
resistants et offraient trop peu de prise au langage ; ainsi 
spes a cede la place a speres (espoir) , qu'on trouve dans 
Ennius; les autres parce qu'ils auraient donne deux formes 
identiques en francais : ainsi bellwm (guerre) disparut de- 
vant bellus (beau); s'il avait persiste, il serait lui aussi de- 
venu beau: enfin , beaucoup de synonymes se sont eteints: 
(luvius (fleuve) a fait disparaitre amnis et flumen ; janua et 
ostium ont ete annihilSs par porta, qui est devenu porte. 

A cdte de ces modifications dans le vocabulaire latin, 
rappelons brievement les changements apport£s dans la 
formation des mots , soit dans la derivation, soit dans la 



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xxxii INTRODUCTION. 



composition. Le plus important est, sans contredit, Tad- 
jonction auxprimitifs latins de suffixes diminutifs, tout en 
conservant au mot latin "ainsi transforme la plenitude de 
sens de l'origmah de sturnus, corvus, passer , on tira 
sturnellus (etourneau), corvellus (corbeau)', passer ellus 
(passereau). Le latin rustique avait deja prelude a cette re- 
forme en transportant aux diminutifs deja existants en latin 
(apicula de apis, cornicula de cornix, agnellus, de agnus), 
le sens du primitif ; c'est ainsi que capreolus, apicula, cor- 
nicula, corbicula, agnellus, aucellus, ont donne en francais 
chevreuil, abeille, corneille, corbeille, agneau, oiseau, — 
alors que ces mots signifient proprement en latin petit c/ie« 
vreuil, petite abeille, petite corneille, etc. 

D'autres precedes ont 6te employes pour creer des sub- 
stantias nouveaux a l'aide des verbes deja existants: la. 
langue latine possedait la faculte* remarquable de formei 
des substantifs avec les participes passes : de peccalum , 
participe passe depeccare(p£cher), ellefaisaitun substantif, 
peccalum (un p£cne); de scriptum, participe pass^ de scri- 
bere (6crire), elle tira scriptum (un ecrit); de fossa (creu- 
sie), participe de fodere (creuser), elle tira fossa (une fosse, 
ce quia ete* creuse), etc.... Le francais n'eut qu'a deveiop- 
per ce proc6d6 grammatical pour creer aussitftt plusieurs 
milliers de substantifs : c'est ainsi que nous disons un regu, 
un fait, un du , qui sont les participes passes de recevoir, 
faire,devoir. Mais c'est surtout avec les participes feminins, 
vue, itouffie, venue, avenue, etc., que s'exerce cette pro- 
priety *. 

Apres avoir cre^e* des substantifs a l'aide des participes 
passes, — le francais en a tire* d'autres de l'intinitif : ce 
sont les substantifs verbaux, s^rie d'environ 300 substan- 
tifs qui ne correspondent a aucun type latin, et ont ete* 
formes directement d'un verbe francais en retranchant la 
terminaison de 1'infinitif : le latin apportare, appellare, 
pv/rgare, etc.... donne a notre langue apporter, appeler, 

, 1. Pour les details, voir ma Grammaire historique de la langue 
ftanfaUe, page 220« 

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LIVRE IL zzxm 



purger : ces verbes, a leur tour, par la suppression de la 
desinence infinitive (apport~er 9 appe/-er t purg-er) t forment 
les mots apport, appe}> purge, dont ronginal n'existe pas 
en latin, et qui sont dits substantifs verbaux. Mais le fran- 
Qais et le latin ne sont que des dtats successifs de la meme 
langue, et il n'est guere de proc^de grammatical employe' 
par notre idiome dont on ne retrouve le germe dans la 
langue latine : comme nous les Latins crlaient des sub- 
stantifs verbaux k l'aide des infinities : de notare, copu- 
lare, probare, etc.... ils tiraient les substantifs nota> co- 
pula, proba 1 . 

C'est encore a limitation du latin que le fran^ais a 
forme des verbes nouveaux par le participe des verbes dijk 
existants : de edere, cogere, qucUere, detrahere, videre, les 
Latins avaient cree* (en ajoutant la terminaison de l'infini- 
tif aux participes editus, cogitus, quassus, detractus y vi- 
sits) les verbes editare, cogitare, quassarc, detractare, vi- 
sare : le latin rustique crea sur ce modele une fouie de 
verbes nouveaux : rejetant les primitifs uti, radtre* au- 
dere, etc..., il crea par les participes usw 9 rasus, ausus, 
les verbes usare, rasare, ausare, etc.... qui ont donne au 
fran$ais user, raser, oser, etc.... 

Tels sont les principaux changements apportes a la 
structure de la langue latine par les peuples de la Gaule*. 
On verra dans le dictionnaire £tymologique, et dans le 
livre suivant (Phon^tique) quels intermediaires le latin 
ainsi modifie quant a la flexion, a la syntaxe, k la for- 
mation des mots, a du traverser pour arriver au fran- 
$ais. 

1. La question des substantifs verbaux, a 6te* epuisee par un excel- 
lent travail de M. Egger, dans les Me'moires de VAcaa&mie des In- 
scriptions (XXI V, 2), modele de science penetrante et sure, qui ne 
laisse rien a glaner dans le champ qu'il a parcouru. 

% W. y aurait bien d'autres modifications a relator; elles trouveront 
leur place dans ce Dictionnaire : je ne trace ici qu'un apercu gene- 
ral. 



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xxxiv INTRODUCTION. 



GHAPITRE II. 

Element celtique. 



II est inutile de revenir ici 1 sur les causes qui provoqufc- 
rent Tabsorption de la langue gauloise indigene par Ti- 
diome romain. 

Constatons seulement que deux siecles apr&s la conquSte 
de Cesar, le celtique avait a peu pres disparu de la Gaule; 
toutefois, cette langue ne s ^teignit pas sans laisser sur 
le latin quelques traces, bien iaibles ll est vrai, mais qui 
temoignent de son passage. Ainsi, les Romains remarque- 
rent, par exemple, que roiseau, connii chez eux sous le 
nom de galerita, s'appelait chez les Gaulois alauda; que 
Torge ferment^e, nominee en latin zythum, etait dans la 
langue gauloise cervisia; ils introduisirent alors alauda et 
cervisia dans leur propre langue, et ces nouveaux mots la- 
tins, passant six si&cles plus tard en francais, donn&rent b 
notre langue alouette* et cervoise. 

II en est de mfcme de bee, lieue, alose, braie, banne, ar- 
pent j brasseur, bouleau, marne qui correspondent au latin 
beccus, leuca> alosa, braca, benna, arepennis > brace (Pline), 
betula, margula que les ecrivains romains citent comme 
des mots empruntes au celtique par le latin. (Les auteurs 

1. Voy. Grammaire historique de la langue francaise , page 19-20. 
II est si difficile de decrire les elements 6tymologiques au francais 
sans refaire Thistoire de la langue, que le lecteur «xcusera nos fre- 
quents renvois au livre, ou nous avons deja retrace cette histoire; 
l'introduction de certains elements dans la langue ne peut s'expli- 
quer que par l'histoire des vicissitudes de cette langue, et nous avons 
au plus d'une fois r£peter ici ce que nous avions dit ailleurs. 

2. Le latin alauda n'a pas donne immediatement alouette, mais le 
vieux francais aloue qui avait le meme sens, et dont alcuette est le di- 
minutif , comme cuvette de cuve, amourette de amour, herbette de 
herbe, etc.... 



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LIVRE II. XXX? 



latins citent encore beaucoup d'autres mots venus de la 
langue gauloise dans l'idiome romain, ambactw, bardus, 
druida, galba, rheda, soldurius, maisqui ne se retrouvent 
point en fran^ais). — Ces mots isoles, et quelques auires* 
(surtout parmi les noms de lieux) composent toute notre 
dette envers la langue gauloise; et mSme, pour parler 
d'une manifcre exacte, nous n'avons rien emprunte aux 
Gaulois, puisque ces mots ne sont venus au fran^ais que 
par Pinterm^cuaire du latin ; ils ne soot point alles direc- 
tement du celtique au fran^ais, ils ont suti une transcrip- 
tion latine : ces emprunts sont du reste si peu nombreux, 
qu'on peut presque dire que Tinfluence du celtique sur le 
fran$ais est insensible. 

Ainsi, tandis que Je fond de la nation fran$aise est de 
race celtique, la langue frangaise n'a conserve qu'un nom- 
bre insignifiant de mots qui puissent gtre ramenes a une 
origine gauloise. Fait bien etrange et qui, mieux encore 
que Fhistoire politique, montre combien fut absorbante la 
puissance romaine. 

Refoul^e dans TArmorique par les conqu^rants romains, 
la langue gauloise y vecut encore plusieurs siecles a la fa- 
veur de son isolement; cette tradition du celtique fut ravi- 
vee au septieme siecle par une immigration des Kymris 
chassis du pays de Galles. Les Bretons furent aussi reTrao 
taires a la conquete franke qu'ils l'avaient ete* a la conquSte 
romaine; et ce qu'on nomme aujourd'hui patois bas breton 
n'est autre chose que Fheritier de la langue celtique. Le 
bas breton a une litterature assez considerable (des contes, 
des chants populaires, des pieces de theatre), donton a re- 
cemment surtait Panciennete bien qu elle ne remonte pas 
au dela du quatorzieme siecle. Depuis mille ans, presse 

1. Bagage, balai* barre, bttoine, bidet, bouge, bran, bruyere, 6<w- 
sin, elate, cormoran, cruche, dame, dartre, dru, galerne, garrotter, * 
gober, goeland, goelette,harnais, houle , jarret, lais, matras, pins on, 
pot, quai, ruche, sornette, toque, truand, vassal, — sans parler des 
mots introduits en francais par la science historique moderne et em- 
pruntes au latin (barde, ambacte, druide), ou au bas breton (dot- 
men, men-hir) . — Voy. oependant page lxvi, note I. 



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xxxvi INTRODUCTION. 



sans relache dans son dernier refuge par la langue fran- 
$aise comme il l'a ete, le bas breton, on le comprend, est* 
aujourd'hui bien loin du celte primitif ; outre que les £16- 
ments d'origine cehique ont du se corrompre par un usage 
de dix-huit sifccles, ce patois a 6ti force d'adoaettre une 
foule de mots etrangers, c'est-&-dire francais. Aussi beau- 
coup de mots bretons offrent-ils ce singuiier phfoomene 
d'avoir ordinairement deux synonymes, Tun ancien et d'o- 
rigine celtique, l'autre plus recent, emprunte au fran- 
cais, et habill6 d'une terminaison celtique : ainsi le fran* 
Cais 

juste est en breton indifleremment egvoirion ou just 
secretement — — ekux secretament 

troubU — — enkrezet troublet 

colere — . — buantgez coler, etc. 

De ces synonymes, les premiers (egwirion, ekuz, enkre- 
zet, buanegez) sont les vieux mots d'origine celtique ; les 
seconds (just, secretament troublet, coler), qui ressemblent 
si fort au irangais, ne sont en effet que des mots francais 
corrompus. — Je n'aurais point insist^ sur une v£rit6 
aussi elementaire, si au dix-huitieme siecle d'aventureux 
esprits, frappds de cette ressemblance, n'en avaient aussi- 
t6t conclu que les mots comme trouble^ just, coler, etc., 
n'&aient point des importations fran$aises, mais bien l'ori- 
gine mSme des mots francais correspondants. Le Brieant- 
et Tillustre La Tour d'Auvergne aussi extravagant pnilo- 
logue que bon patriote, dfolarerent que la langue fran^aise 
venait du bas treton 1 . On les eutnien etonnes en leur 



1. Ces erreurs regrettables ont eu un autre resultat plus iacheux 
encore , celui de jeter sur les etudes celtiques un discredit qu'elles ne 
mentent pas. Au lieu de chercber, comme les savants de la basse 
Bretagne, a retrouver dans le breton l'origine du francais, il y a lieu 
d^tudier cet idiome en lui-meme, et d'ecrire l'histoire comparative 
deb dialectes celtiques de la Bretagne, de l'lrlande, de l'ficosse, et du 
pays de Galles, — comme on a fait pour l'italien, Pespagnol, et le 
francais. C'est encore un AUemand, Zeuss, qui a rempli cette tache, 
dans' un livre excellent, Grammatica Celticd, public a Leipzig en 
1853. 



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LIVRE II. xxxvii 



Erouvant que c'est le contraire qui est vrai, que ces mots 
ust^ secretamenty troublet, etc ..* ), au lieu a avoir donne 
naissance au fran^ais, Jui avaient ete empruntes, et que 
loin d'etre du celtique primitif, ce sont des mots frao^ais 
corrompus et affubles a une termioaison celtique. — Ces 
lolies etymologiques, que Voltaire appelait plaisamment 1* 
celto-manie, arauserent le dix-huitieme si&cle aux dlpens 
des Celtamanes ; ne mettaDt plus de bornes a leurs divaga- 
tions, les Ge It o manes en vinrent a affirmer que le celtique 
etait Ja langue du Paradis terrestre, qu'Adam, Eve et le 
premier serpent parlaient bas breton. 
Apr&s toutes les dlcouvertes de la philologie moderne, 

3ui a montre l'origine latme du fran^ais et observe les lois 
e cette transformation, — on pouvait croire qu'U n'etait 
plus question de toutes ces reveries; bien au contraire, la 
race des Celtomanes est plus vivante que jamais, et les 
Memoires publics par le Congres celtique international (tenu 
a Saint- Brieuc au mois d'octobre 1867) en font foi : 

« La France, que sa magnanimite pousse aux quatre 
« coins du monde pour porter secours a tout ce qui est 
- faible, ne permettra pas qu'une litterature mfcre de la 
« sienne languisse ou meure a ses cdtls. On a dit du Peli- 
« can qu'il nournt ses petits avec son sang; on n'a pas dit 
« que ces derniers se soient montres ingrats pour cette ce- 
« nerosite sans exemple. Je me trompe , ii y a un exemple : 
« la langue celtique a nourri les langues de i'Europe, et en 
* particulier celle de la France du plus purde son sang, il 
< est impossible qu'on dise de la France ce qu on n a 
« pas dit des petits du pelican, qu'elle a oubltt sa mere * / » 

1. Congres Celtique international (Saint-Brieuc, octobre 1867, 
page 309). 



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xx xvin INTRODUCTION. 

CHAPITRE III. 

ELEMENT GERMANIQUE. 



A cftte de la langue populaire romame qui constitue le 
fond de la n6tre, le fran$ais a admis, lors de sa formation, 
un nombre considerable de mots allemands introduits par 
les Barbaras dans la langue gallo-romaine. On peut recon- 
naltre trois couches successives dans ces importations : — 
1° les mots germaniques introduits dans la langue Jatine 
avant l'invasion, par les Barbares enrdles comme soldats 
romains : te] est, par exemple, bwrgus qu'on trouve au sens 
d'ouvrage fortifie dans Vegece, et qui est la reproduction 
du germanique burg ; 2° les termes de guerre, de droit feo- 
dal, etc.... que les Franks, les Goths et les Burgundes ap- 
porterent avec eux en envanissant la Gaule ; — 3° un grand 
nombre de termes de marine importes au dixieme siecle 
par les Normands. 

Ces trois categories comprennent ensemble 450 mots 
environ 1 . Gette invasion, qui peut sembler forte, &ait la 
consequence necessaire de Tadoption des moeurs et des 
inslitutions barbares. Comment traduire en latin des 
idees telles que celles de vassal, alleu, ban, mall, fief? En 
rempla$ant i organisation monarchique, unitaire, centralis 
satnce de TEmpire romain, par le regime lout feodal des 
tribus germaniques, les conaueraDts barbares durent in- 
troduire du meme coup dans la langue latine les mots ne- 
cessaires a leurs innovations ; aussi tous les termes relatifa 
aux institutions politiques ou judiciaires, et les titres de 
la hierarchie Uoaale, sont-ils d'origine germanique : ainsi 

1. Je ne parle ici que du francais moderne; si Ton y joignait les 
termes germaniques de l'ancieirfrancais, on arriverait promptement 
adoubler ce chinre. 



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LIVRE II. xxxn 



( les mots allemands tels que mahal f bann t aldd f skepeno, 
marahscalh, siniscalh, etc., introduits par les Francs dans 
le latin vulgaire, devinrent respectivement bannum, main 
km, alodium, shabinus, manscallus, siniscallus, etc., et 
passant au frangais, quelques si&cles apres, comme tous 
es autres mots latins, ils donnerent matt, ban % alien, 
fchevin, marechal, senechal, etc... *. — Ces mots intro- 
duits par les Barbares dans la langue latine, et passes de 
la en fran^ais, representent les categories d'idees les plus 
diverses * : la guerre, la navigation, la chasse, y prennent 
la part la plus considerable comme le prouvent les exem- 
ples suivants : Termes militaires (guerre, halte, boulevard, 
arroi, auberge, br&che, beffroi, briser, butin, cible, dard, 
epier, fleche, neaume, haubert, beraut, £tape, blesser, 
brandir, cotte, crampon) ; titres, institutions politique* et 
judiciairss (echevin, gabelle, alleu, ban, bedeau, bru, 
chambellan, franc, echanson, fourrier, marquis, sen^chal, 
marechal, fief, garants) ; termes de marine fhauban, falaise, 
cingler, bief, digue, agrfcs, amarrer, bac, bord, r^douber, 
fret, gaffe, foe, canot, foume, esquif.) — Noms des points 
cardinaux : nord, est, sud, ouest). — Regne animal (mar- 
souin, biche, renard, bflier, Icrevisse, homard, epervier, 



1. Les mots germaniqnes ayant 61A latinises par les Gallo-Romains, 
nous les citerons autant que possible dans leur transcription latine 
qui a ete l'interm&iiaire naturel de leur passage au francais. 11 y a 
moins bin de sedbinus a ichevin. que d'dchevin a skepeno. 

' II ya deux autres questions connexes que nous avons passees sous 
silence: 1° la determination exacte, pour chaque mot, du dialecte 
germanique auquel il appartient ; 2* la date de son introduction dans 
la basse latinite. — II est une seule categoric dont on peut indiquer 
I'origme, celle des termes de marine, qui appartiennent presque tous 
au n^erlandais, ou au norois. 

Cette indecision, et l'ignorance ou nous sommes des anciens dialec- 
tes germamques, nous a emplche de donner (comme nous l'avons 
fait pour l'element latin), une phonetique complete des mots germa- 
mques; nous nous sommes borne a donner a chaque mot les princi- 
pal exemples a Tappui des regies observers. 

2. Cette immixtion germanique n'atteignit que le vocabulaire latin, 
et laissa la syntaxe a peu pres intacte: elle ne fut guere qu'une per- 
turbation accidentelle et superficielle. 



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xl INTRODUCTION. 

esturgeon, freux, agace, faucon). Corps humain (£chine,. 
rate, clopin, clapir, clocher). Rbgne vtgitcU (saule, fram- 
boise, if, mousse). Terre^ ttements (gazon, hois, frimas 
vague). Habillement (feutre, coiffe, etofie, agrafe, echarpe). 
Ustensiles (aline, banc, brosse, canif, echasses, fauteuil, 
etal). Habitations (bourg, foboppe, loge, &uve, creche). 
Mots abstraits (honte, orgueil, affreux, Mte, galant, haine, 
souhait, emoij. Superstitions (garou, cauchemar). — Voici 
la liste complete de ces emprunts : 

Abandonner, affreux, agace, agrafe, agres, aigrette, 
alise, alleu, amarrer, anche, auberge, aune, avarie. 

Bac, bafouer, balle, ban, banc, bande, baudir, bau- 
drier, bedeau, beffroi, beignet, belier, berme, biere. bief, 
bille, bisse, bitte, blafard, blanc, blesser, blemir, blette, 
blinder, bleu, bloc, bois, bord, bosse, bot, boulevard, 
bourg, bourgeon, bouter, braise, bramer, brandir, bran- 
don, braque, breche, brelan, brette, breuil, bride, briser, 
brodequin, broncher, brasse, brouir, brouter, broyer, bru, 
brun, bru<§e, butin. 

Caille, canard, canif, canot, caquer, carcan, carpe, cha- 
loupe, chambellan, choisir, chopper, choquer, cnouette, 
coine, cotte, crabe, cracher, cinle, cingler, clabauder, 
clapir, clinquant, clocher, crampon, crampe, creche, 
cremaillere, crique, croupe. 

Dandiner, danser, dam, derober, dauber, de*chirer, di- 
falquer, deguerpir, derober, dfoarroi, digue, drageon, 
drague, dreche, drille, drogue, drdle, dune. 

Seattle, echafaud, echanson, ^charpe, £chasse, Ichevin, 
Ichoppe, eclater, Pelisse, ecot ? ^eraser, ecrevisse, ecume, 
ecune, elaguer, elingue, £mail, emboiser, emoi, empan, 
<£chine, epeautre, epeche, £peler, eperon, emouss£, eper- 
vier, <5pier, epois, equiper, esquif,'esquiver, estrive, estur- 
geon, etayer, etal, &angue, etape, elau, etoflfe, ftrier, &ui, 
etuve. 

Falaise, fanon, fard, faude, fauteuil, fourrage, fourrier, 
feutre, fief, flan, flague, fleche, foe, forcene", fournir, four- 
reau, frais, framboise, franc, forcene, frapper, fresange, 
fret, frimas, froc. 

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LIVRE II. xu 



Gabelle, gaber, gacher, gaffe, gage, gagner, gai, gale, 
galant, galoper, gainboison, cant, garant, gaider, gareone, 
garer; garni r, garon, gaspiller, gateau, gatine, gauche, 
gauchoir, gaude, gaufre, gauie, gazoh, gehir, gerbe, ger- 
faut, giron, glapir, gletteron, ghsser, goder, gonfalon, 
grappe, gratter, graver, grfcs, grenon, grimace, gnmper, 
grincer, gripper, gris, grommeler, groseiile, gruau, groupe, 
guide, guerdon, guere, guenr, guinte, guerpir, guerre, 
guet, guichet, guille, guiller, guimpe, guinder, guipure, 
guise. 

Haie, haillon, hair, hale, halage, halle, hallebarde, 
halte, bamac, hameau, hanap, hanche, hanneton, hanse, 
happer, harangue, haieng, liardi, hargneux, haro. hate, 
hauban, haubert, hive, haveron, havre, heaume, hlberger, 
beraut, heron, h£tre, houseaux, hisser, hocher, homard, 
honnir, houblon, noue, housse, houx, huche, hune, hutte, 
hanter. 

Jardin, jaser, job. 

Laiche, laid, lave, latte, layette, lecher, leste, leurrer, 
lippe, lisse, liste, loger, loquet, lot. 

Madr£, malle, manne, mannequin, marc, marcher, ma- 
rechal, marque, marri, marsouin, mat, meurtre, mignon, 
mignard, mitaine, mite, moue, mouette, mousse, mulot, 
musser. 

Nantir, navrer, nord, noue, nuque. 

Orgueil, ouest. 

Pincer. 

Quille. 

Race, rade, radoter, raier, rang, raper, rapifere, radou- 
ber, rat, rate, regain, resetter, riche, rider, rincer, river, 
rochet, roseau, rosse, rotir, rouir. 

Saisir, sale, salle, saule, saur, slnechal, siller, sillon, 
sombre, souhait, soupe, suif, suie, suinter, sur. 

Taisson, tamis, targe, tarir, tas, taudis, ternir, t&er, 
tillac, tirer, tonneau, touaille, toucher, touffu, toupet, 
trale, trappe, traquer, treteau, trSve, trop, tuyau. 

Vacarme, vague, varangue, varech, vase, vilbrequin, 
voguer. 



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xlii INTRODUCTION. 



CHAPITRE IV. 

Element grec. 



La langue grecque n'a rien fourni, ou presque rien, au 
fran^ais, lors de sa formation populaire : il ne pouvait en 
fctre autrement, les Gallo-Romains et les Grecs ne furent 
jamais en contact, et toutes les fables patriotiques qu'ont 
inventees Henri Estienne, Joachim PeVion et Manage pour 
demontrer TafBnite de notre langue et de la langue grecque 
ne sont qu'extravagance. La seule ville qui eut pu nous mettre 
en rapport avec 1'idiome grec, Marseille, colonie pho- 
ceenne, fut de bonne heure absorbee par les Romains, et 
legrec originaire y ceda vite la place au latin. Nous avons 
bien quelques mots grecs 1 tels que chfrre, somme, parole, 
bourse, bocal; ils ne viennent point directement du grec 
xapa, dbtYfxa, itapa€o>TQ, fiupaa, ^auxaXtov, mais du latin cara 9 
sagma, parabola, byrsa, baucalis, qui les lui avait emprun- 
tes, — et on retrouve tous ces mots, dans les auteurs latins 
du septieme siecle *. La de*couverte des lois de transformation 
du latin en francais, nous a permis de retrouver la veritable 
origine de beaucoup de mots qu'on avait jusque-la ratta- 
ches au grec ; la ressemblance toute fortuite de paresse et 
de icap6(Ttc, par exemple, avait pousse les anciens etymolo- 



1 . Je parle ici des mots venus par lepeuple, non des termes scienti- 
fiques introduits par les savants. 

2. Ajoutons a cette liste, adragant, almanack, bouteiUe, chOmer, 
gouffre, golfe, osier, serin, po£le, plat, chimie, imeri, dragee, mi- 
graine, clopin. — Mangonneau, chaland, accabler ; sont des termes 
<Tart militaire, imports dans notre langue, au temps des croisades 
par les Byzantins. — Deux mots orientaux, chicane et avanie ont pns 
pied dans notre langue par l'interm6diaire de la langue grecque du 
moyen Age. 



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LIVRE II. xun 



gistes k rapprocher ces deux mots : si Ton decompose le 
mot paresse en ses elements, on voit que le suffixe esse 
doit repondre k une forme itia, temoin trintesse de tristitta, 
}ustesse de justitia, mottesse de molltiia, largesse de largt- 
tia, etc.... — Entire de mte^ra, noire de ni^ra, pelerin 
de peregrin us nous montrent que IV de paresse correspond 
a un gr latin : I 9 a du mot fran^ais (paresse) est l'equiva- 
lent d'un i latin, comme dans balance de hilancem, aronde 
de hirundo, calandre de cylindrus, etc.... et nous arnvons 
a l'aide de ces trois observations a recomposer le mot pi- 
gritia qui est 1* original veritable de paresse. 

En resume, on peut repeter pour le grec ce que nous 
disions de la langue celtique : son influence sur le frangais 
populaire est tout k fait insignifiante. 



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XLIV INTRODUCTION. 



PARTIE II 
Elements d'origine savante. 



Au point de vue de 1'histoire de la langue frangaise, on 
appelle mots d'origine savante, tous les mots introduits 
dans la langue posterieurement k son Ipoque de formation 1 
c'est-a-dire depuis le onzieme siecle 1 jusqu'k nos jours. lis 
ont &e crees, longtemps apres la port du latin, par les sa- 
vants et par les clercs, qui les tiraient des livres, suivant 
les besoins de l'expression, et transportaient tels quels ces 
mots grecs ou latins dans notre langue. C'est ainsi qu'au 
onzieme siecle nous trouyons dans quelques textes le mot 
innocent caique exact et servile du latin innocmtem (qui ne 
nuit pas) : la langue fran^aise n'avait point de termes pour 

1. C'est la persistence de 1'accent tonique latin (persistence etudiee 
a la page lxxix) qui est ici la regie et le guide. Tous les mots intro- 
duits par le peuple, a Torigine de la langue respecteot 1'accent latin ; 
ils montrent ainsi qu'ils ont etc faits avec l'oreille, qu'ils viennent 
dun latin vivant et parte. Tous les mots qui violent la loi de 1'accent 
latin ont ete introduits par les savants. — Cette distinction nous per- 
met de determiner exactement le jour ou la langue francaise natt a 
1'histoire: le franc. ais (el i'entends par ce mot la langue populaire) 
etait ne et le latin tout a fait mort au jour ou le peuple ne connut 
plus spontenement 1'accent latin C'est vers le onzieme siecle que le 
sentiment de l'accentuation latine se perd dgfinitivement. Des lors la 
creation du francais populaire est achevee, il n'entrera plus dans la 
langue d'autres mots que les mots savants. 

2. Tous les mots empruntes aux langues anciennes, du moins, au 
grec et au latin; quant aux mots empruntes aux langues modernes, 
Us trouveront place ci-dessous, anx Elements d'origine tirangere. 



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LIVRE II. xlv 



rendre cette id£e, et Tecrivain embarrasse pour l'exprimer, 
se vit force" de copier le mot latin : on reconnait que oe mot 
est d'introduction savante, parce qu'il n'a point subi les 
transformations que le peuple impose a tons les mots qu'il 
adopte ; in latin devient en fran^ais en (infantenwnfant ; 
etuiemi-inimieus) — nocentem est devenu nuisant; il est 
feoile de voir que si le mot innocentem nous 6tait venu par 
le peuple, il eut &e ennuisanl et non pas innocent. Les 
mots populaires sont le fruit d'une formation toute spon- 
tanee, toute naturelle, tout irrifUchie; les mots savants sont 
une creation voulue, reflechie, artificielle : les mots popu- 
laires sont faits avec Toreille, les mots savants avec lesyeux. 
— L'instinct a produit les premiers la reflexion les seconds. 

Dans les premiers temps qui suivirent son introduction 
en francais, chaque mot savant resta aussi incompris du 
peuple que les mots dits scientiBques le sont de nos jours. 
Les barons et les vilains contemporains de Robert le Pieux 
comprenaient aussi peu le mot innocent que les paysans de 
nos campagnes entendent pateographie ou stratification : 
mais par Tabsence de tout autre mot Equivalent, le mot 
innocent cesse bient6t d'etre employe seulement par les 
clercs, pour entrer dans l'usage general : ilapparait, nous 
l'avons dit, pour la premiere fois dans les livres ecctesiasti- 
craes; moins d'un siecle apres on le trouve dans la Chanson 
de Roland et dans d'autres poemes tout a fait populaires; 
il a conquis droit de cite dans la langue, en passant comme 
on dirait aujourd'hui, du vocabulaire scientifique et spe- 
cial, dans la langue usuelle et journaliere f . 

Quand on ecrit Fhistoire de notre langue, il est indispen- 
sable de constater que c'est seulement dans la langue po- 
pulate qu'on peut saisir au passage les lois suivant les- 

1. Pour les philologues qui divisent toute langue en deux couches, 
celle qu'a produit l'instinct, celle qu'a produit la reflexion, il n'y a au- 
cune distinction a etablir entre les mots savants, et ce que nous appe- 
lons les mots scientifiques ; Tun et l'autre sont une creation refllchie des 
savants (aussi bien un mot usuel comme innocent, qu'un mot technique 
comme paMographie); d'ailleurs, tout mot usuel d'origine savante a 
commence par etre un mot scientifique , & l'usage du petit nombre. 



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xlvi INTRODUCTION. 



quelles Finstinct du peuple a transforme le latin en francais ; 
k ce point de vue, les mots savants ne son! d'aucune utilite 
pour le philologue; mais ce compte fait, il n'en faut point 
conclure au bannissement des mots savants ; ils ont le droit 
d'exister, puisqu'ils existent ; comme l'a tres-justement dit 
M. Sainte-Beuve, ils sont une des saisons de la langue; 
quand le frangais s'est forme la langue populaire etait pau- 
vre 1 , parce qu'elle r^pondait aux besoins dune humanite 
simple et peu raffinee, aux id^es peu nombreuses d'une po- 
pulation guerriere, agricole et feodale; toutes les idees 
scientifiques, apanage exclusif des elercs, n'etaient exprim^es 
qu'en latin. Avec le temps la societe feodale se modifia, d£- 
clina, puis mourut pour faire place a un ordre nouveau; 
pour exprimer toutes ces idees nouvelles, la langue fran- 
$aise dut s'enrichir, soit en developpant les mots populai- 
res 8 , soit en empruntant aux langues ancienneades termes 
savants qui passerent plus tard dans la langue commune. 
Rares au douzieme siecle et au treizieme, plus nombreux 
au quatorzieme, ces emprunts sont devenus innombrables 
depuis le seizieme siecle jusqu'k ce jour, — ces enrichis- 
sements 6tant toujours proportionnes a l'accroissement des 
id£es, et k la succession chaque jour plus rapide des inven- 
tions et des decouvertes 8 

1. En francais la couche populaire ne depasse pas quatre mille 
primitifs. Voir ci-dessous, Dage lxx, la statistique de notre langue. 

2. Par des composes ou des derives nouveaux : de regie , le francais 
a tir6, par la suite des siecles, dere'gler, dtriglement, rtgler, regie- 
menter, rtglementation, etc ... 

3 Je ne donne que I'etymologie primaire, Pespace et le temps me 
manquent pour donner davantage. Je me borne a citer enormis comme 
1a pnmitif d'lnorme; aller plus loin, et donner I'etymologie du latin 
enormis (compose de ex-norma, c'est-a-dire qui sort de la regie) se- 
rait faire Phistoire de la langue latine. — 11 arrive assez frequemment 
qu'un mot latin ayant donne" une forme au francais populaire, en donne 
une seconde au francais savant : ainsi de rationem qui est devenu rai- 
son chez ie peuple, ration chez les savants : cette bifurcation d'un 
mfime mot latin en deux recut d'un grammairiendu xvu* siecle le nom 
de Doublets. Je mesuis abstenu ici de tout rapprochement de ce genre, 
ayant deja 6tudie en detail ce phenomene philoloffique dans mon Dic- 
ttonnaire des Doublets ou doubles formes de la langue frangaise. 
(Pans. Franck. 1868, in-8). 



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LIVRE IL xLvu 



PARTIE III 

£L£MENTS D*ORIGINE feTRANGfeRE. 



Outre lea deux conches de mots populaires et de mots 
savants que nous venous d'&udier, notre langue comprend 
one nombreuse categorie de mots d'origine itrang^re, 
c'est-&-dire empruntes directement par le fran$ais aux idio- 
mes actuellement existants. Ges emprunts sont le prodnit du 
hasard; et la science n'y peut saisir aucune loi; c'est ainsi 
qu'une suite de manages entre lesTalois du seizifcme sieele 
et plusieurs princesses italiennes a determine dans notre lan- 

Sue l'invasion brusque de plusieurs oentaines de mots ita- 
ens; en empruntant k l'Angleterre, il y a prfes d*un sifccle, 
quelques-unes de ses institutions judiciaires et politiques, 
nous avons du introduire du mime coup en fran^ais les 
mots qui en &aient 1 'expression : c'est dono par une 6tude 
minutieuse de Thistoire politique, artistique, commerciale, 
coloniale, qu'on peut arriver k fixer d'une manure precise 
la part de chacun de ees elements etrangers dans notre vo- 
fcabulaire. D'autre part, l'observation attentive des textes 
nous 6clairera sur l'%e de ces mots, et nous donnera un 
Element de plus pour fixer 1'lpoque de leur introduction en 
fran$ais; ainsi nous savons que le mot piano (doux) est 
^importation italienne, parce que d'une part le mSme mot 




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XLvm INTRODUCTION. 



preuves h posteriori ou de fait ^que nous fournit l'histoire) , 
ll en est d'autres, a priori ou de theorie (que nous fournit 
la philologie), et qui nous permettent d'afnrmer a l'avance 
que le mot chercne n est point d'origine francaise, et nous 
indiquent sa source precise. Tous ces mots d'origine £tran- 
gere, en effet, sont entr£s dans notre ldiome, posterieure- 
ment a son epoque de formation; ils n'ont done point p<5- 
netre en lui ; ils se sont melanges avec lui, non combines, 
et les traits distinctifs qu'impose le francais a tous les mots 
qu'il s'assimile leur sont restes etrangers. Reprenons 
1 exemple du mot piano, et interrogeons a son sujet la phi- 
lologie, comme nous avons interroge Fhistoire : a priori 
piano, qui correspond au latin planus ne peut £tre un mot 
d'origine francaise/carpf latin persistetouj ours en francais 
et ne devient jamais pi y ex : p/orare (p/eurer), p/enus 
(p/ein), plus (p/us), plumbum (p/omb), p/anus (p/ain)^ de 
plus, piano est certamement un mot d'origine italienne, car 
e'est seulement en italien que pi latin donne pi : ptorare 
(piorare), p/enus (pieno), p/us (piu), p/umbum (piombo), 
planum (piano). — On voit comment les lois decouvertes 
par la philologie, nous permettent de devancer, en bien des 
cas, les inductions de lnistoire. 

Si Ton veut dresser I'echelle de proportion des emprunts 
faits par notre langue aux idiomes modernes, on trouvera 
que e'est la famille des langues romanes, ou neo-latines 
(provencal, italien, poftugais, espagnol), qui a fourni la 
plus grosse part. II etait nature! que notre langue s'adres- 
sat plus particuk&rement aux langues ses soeurs, issues 
comme' elle du latin. — Apr&s la famille latine e'est la 
famille germani^ue (allemand, anglais, flamand), qui nous 
a le plus enrichis. 

Le grec moderoe, le hongrois et les langues slaves (polo- 
nais, russe), nous ont fourni quelques mots. 

Si nous quittons l'Europe, nous sommes encore rede- 
vables aux idiomes stmitiques (hebreu, turc, arabe), ainsi 
qu'aux langues de l'lnde, de la Chine et de la Malaisie. 
Les colonies Am^ncaines ont importe dans notre langue 
quelques termes sp&iaux. 



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LIVRE II. xlix 



tous 



II nous reste k presenter le catalogue mlthodiaue de 
as ces emprunts, et l'histoire de ces importations' 



CHAPITRE I. 

MOTS D'ORIGINE PROVENfALE. 



Quelques personnes s'etonneront sans donte queje pr6- 
sente la langue proven^ale comme une langue veritable, 
en par allele avec 1 'it alien, l'espagno) et le portugais. Pour 
comprendre en efiet 1'importance de cet ldiome, et I'm- 
fluence qu'il a exercee sur notre langue, il faut cesser de le 
considerer tel qu'il est aujourd'hui, dans son 6tat present 
de patois mepnse et obscur, pour le replacer dans son d£- 
veloppement histonque, et voir qu'avant cette decadence, 
il a eu depuis le onzieme sifccle jusqu'au quatorzieme une 
eblouissante floraison. 

Le proven^al ou langue d'oc est alors Pidiome de tous 



1. Comme nous l'avons tait pour le latin et le grec, nous ne don- 
nons dans ce Dicticnnaire que retymologie primaire des mots empruu- 
tes aux langues mod ernes; nous dirons par exemple que le francais 
dilettante est venu au dix-neuvieme siecle de Fitalien dilettante (ama- 
teur, celui qui goflte) ce serait sortir de notre domaine, et faire This- 
toire de la langue italienne, que d'aller plus loin et de demontrer que 
Titalien dilettante vientdu latin delectant em, comme atto, frulto, 
notte, tetto viennent de actum, fructus, noctem, tectum, par le chan- 
gement regulier du ct en «. — Le defaut d'espace rn'interdit aussi de 
faire tout rapprochement entre les motsd'origine francaise et lesmots 
d'ongine eirangere, qui ODt un radical commun. Delect ant em par 
exemple a donne a Fitalien dilettante, au franca is delectant ; au dix- 
neuvieme siecle dilettante passe les monts et devient francais; il 
serait interessant d'expliquer que dtlectant et dilettante sont la bifur- 
cation dun radical commun ; que dilettante est un double de dtlec- 
tant, et que ces deux mots forment ce qu'on appelle un doublet (voyez 
page xlvi). 



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INTRODUCTION. 



les peuples compris dans le bassin de la Garonne, et dans 
la partie m&idionale du bassin du Rhdne; il sert d' ex- 
pression k toute une race, independante des Frangais du 
Nord : il donne naissance a une brillante litterature lyrique, 
qu'au treizifeme siecle l'AUemagne traduit, que Dante ad- 
mire et que Petrarque imite : il offre enfin k l'historien les 
deux caractferes qui distinguent une langue d'un patois ; il 
est 1'instrument aun j>euple, et d*une litterature. — Pour 
le philologue, son originality linguistique par rapport au 
frangais est encore plus visible 1 ; aussi ancien que lui, il 
offre certains caractferes plus archaiques, qui le rapprochent 
davantage du latin, et lui assignent entre le fran^ai* et 
Titalien la m&me position intermediaire que la Provence 
occupe geoeraphiquement entre la France et l'ltalie. — 
Mais les evenements politiques mirent vite un terme k cette 
existence independante. La rivalite des M&ridionaux et des 
hommes du Nord qui se termine par la guerre des Albigeois 
et la d^faite du Midi, porta le coup de mort a la langue 
d'oc, ou provenfal (comme disent plus volontiers les mo- 
dernes). 

En 1272, le Languedoc passe k la France, et Introduc- 
tion du fran^ais suit de prfcs cette annexion. On cesse 
d'ecrire le provenfal, et il tombe du rang de langue litt^- 
raire, a celui de patois. Les patois proven$aux, languedo- 
ciens et Gascons qui persistent encore aujourd'hui ne sont 

Sue les afebris de cette langue d'oc qui jeta un si vif ^clat. 
lais le provenfal a laissS dans notre langue un grand 



1. Au moyenage les Meridionaux regardaient si bien le francais 
comme une langue etrangere ? que les Leys d'Atnors (sorte de code 
poltique et grammatical, ecnt au quatorzieme siecle), prennent le 
francais comme type* Apelam lengatge estranh coma francos, englet, 
espanhol, lombard (II, 318). [Nous appelons langues Itrangeres les 
idiomestels que le frangais, l*anglais f f'espagnol, litalien.] En 1229 
nous voyons dans un compte municipal de la ville d'Albi qu'un 
notaire s'excuse de n'avoir pu lire fa legende d'un sceau, « bien 

Si'elle fut icrxte en caractires irh-lisibles, dit-il, matsparce que la 
none 4tai$ le frangais ou toute autre langue e'trangere (In lingua 
Galliea vel alia nobis extranea, quam licet hterae essent integrae, 
perfecto non potuimus perspicere. » 



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LIVRB II. u 



nomhre *de termes divers, imports principalement au 
moyen age, des le douziemesiecle, etun petit nombre dans 
les temps modernes. Ges mots sont puises aux categories 
d'idees les plus diverses ; ce soot des termes de marine 
(carguer, cap, espade, gabarrit, autan, mistral, corsaire, 
carre, vergue), des noms de plantes et d'animanx (dorade, 
jigale, cabri, carnassier, ortolan, isard 1 , — grenade, ra- 
dis, Mgarrade), des termes abstraits {jater, ruser, fdcher, 
rdder, malotru, badin, badaud, fat, croisade, forfat, don- 
zelle, menestrel), des noms de pierresjprfcieuses (cornaline, 
grenat)y enfin ctes termes relatifs a 1 nabillement, a l'ha- 
bitation, au jardinage (camail, barette, — bastide, pelouse, 
— caisse, cadenas, cambouis *). 



CHAPITRE V 

mots d'origine italienne. 



Les nombreuses expeditions de Charles Yin, de Louis XII, 
de Frangois I er au aela des monts, le sejour prolonge de 
nos armies en Italie dans les premieres annees du seizieme 
siecle rendirent Titalien trfcs-familier en France s . « Le 
brillant eclat que jetaientles lettres et les arts dans la Pe- 
ninsule s&iuisait les esprits en m§me temps que la regence 
de Catherine de M^dicis donnait le prestige de la mode a 
tout ce qui etait italien. » 

Gette influence italienne est toute-puissante sur la cour 



1. Ce mot est special au patois bearnais, qui nous a fourni aussi le 
mot btret. — Avant de quitter les pays qui avoisinent la France, di- 
sons que le patois wallou nous a donn6 le mot ducasse, et que dous 
sorames redevables de ranz, chalet, avalanche, cre'tin. au patois des 
Grisons. 

2. Citons encore ballade, baladin, be'ton , cdltn. 

3. M. littre. 



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INTRODUCTION. 



de Frangois I* et d'Henri II, et les courtisans, apr&s Tavoir 
subie, veulent a leur tour 1'imposer k la nation. C'est alors 
qu'apparaissent pour la premiere fois dans les ecrits du 
temps, une foule de mots i usque-la inconnus; les termes 
d'art militaire que notre langue avait employes pendant 
toute la duree du moyen age, heaume, haubert, etc., sont 
bannis, et remplaces par les mots correspondents italiens, 
que les guerres d'ltalie avaient propages dans nos armees. 
G'est de la que datent les expressions relatives a l'escrime 
(botte, escrime), aux usages et aux qualites militaires (af- 
front, brave, altier, bravade, bravoure,bravache, accolade), 
anx camps, a la fortification (cdarme, alette, anspessade, 
bandiere, bandouliere , barricade, bastion, bastonnade ,' 
brigade), aux armes (arquebuse, baguette, borribe, arse- 
nal, etc). 

Cette manie d'italianisme excitait justement Tindigna- 
tion d'un contemporain, Henry Estienne : « Messieurs les 
« courtisans se sont oubliez jusque-la d'emprunter d'ltalie 
« leurs termes de guerre sans avoir esgard a la consequence 
« que portoit un tel emprunt; car d'ici k peu d'ans qui sera 
« celuy qui ne pensera aue la France ait appris Tart de la 
« guerre, en rescholedei'Italie,quand il verraqu'elleusera 
« des termes italiens? Ne plus ne moins qu'en voyant les 
c termes grecs et tous les arts liberaulx estre gardez &s au- 
« tres langues, nous jugeons, et a bon droict, que la Orrece, 
« a 6te l'eschole de toutes les sciences '. » 

Tandis crue Catherine de Medicis importait chez nous 
les termes de cour (courtisan, affidt, cam&riste, canUrier, 
escorte, bouffon, faquin, brave, spadassin, carrosse, altesse, 
brigue), et de plaisirs (charlatan, carnaval, arlequin, can- 
tonade), elle importait les termes d'art n£cessaires pour 
exprimer les idees nouvelles, venues d'ltalie avec le Pri- 
matice et Leonard de Vinci , termes d'architecture (arcade, 
balcon, archivolte, balustre, baldaquin, catafalque, cartou- 
che), de peinture (costume, artisan, attitude, aquarelle, si' 

1. Henri Estienne. Conformity du langage frangois avec le grec, 
ed. Feugere, page 24. 



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LIVRE II. un 



pia, gouache 9 fresque), de sculpture (maquetle), sansparler 
des termes de musique qui se sont introduits pendant le 
dix-septieme siecle , et la fin du seizi&me (adagio, ariette, 
andante, arpige). Les termes de commerce (bilan, agio, 
banque, banquerouXe), de marine (escale, basting ages, bour- 
rasque, boussole, brigantin), de vol (bagne, bandit , 6n- 
gand), de plantes (artichaut), et les diminutifs (babiole, 
bambin, bagatelle) sont aussi trks-fr&juents. 

Yoici la uste de ces emprunts : 

Agio, accolade, accort, adagio, affide, affront, alarme, 
ariette, alerte, altesse , altier, andante , anspessade, aqua- 
relle, arcade, archivolte, arlequin, arpege, arquebuse, arse- 
nal, artichaut, artisan, attitude. 

Babiole, bagatelle, bagne, baguette, baladin, balcon, 
baldaquin, ballon, balourd, balustre, balustrade, balzan, 
bambin,bamboche, banque, bandore, bandit, bandooliere, 
banquet, banqueroute, baraque, barcarolle, barricade, 
baster, bastingage, bastion, bastonnade, batifoler, b^carre, 
belladone, belvedere, bemol, bilan, billon, biscotte, buse, 
bombe, botte, boucon, bouffon, bourrasque, boussole, 
boutade, bravade, bravoure, bravache, bravo, brigand, 
brigade, brigantin, brigue, bronze, brouet, brngnon, brus- 
que, burin, bulletin, burlesque, buste, brave, baladin, 
barque. 

Cabinet, caboche, cabriole, cabus, cadenas, cadence, ca- 
dre, cagneux, calecon, calfater, calibre, calme, calquer, 
camus, cambiste, camee, camerine, cam£riste, camisole, 
canaille, campanile, candi, canevas, canon, cant ate, can- 
tine, cantone, capote, caprice, capilotade, capiteux, capi- 
tonner, caporal, capot, caprice, carabine, caracoler, carafe, 
caravelle, carbonnade, carcasse, caresser, caricature, car* 
min, carnaval, caroubier, cariole, carrosse, carrousel, car*, 
tel, carton, cartouche, casaque, cascade, casemate, casino, 
casque, casserolle, castel, catacombe, catafalque, caval- 
cade, cavalerie, cavaber,- cavatine , cavecon, colonel, 
capon, cedrat, celeri, cervelas, chagrin, charlatan, cheva- 
leresque, chiourme , cicerone , citadelle , citadin , cocarde , 
coche, colis, comparse, concetti, concert! condottiere, con- 



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liv INTRODUCTION. 



trader, contrebande, corniche, cortege, costume, coupole, 
courtisan, crescendo* croisade, cuirasse, cimaise. 

Diaprer, d^esse, d^sinvolte, desinvolture, dilettante, dito, 
doge, d6me, douche, ducat, douane. 

Escale, escalade, escrime, embusquer, embuscade, en- 
trechat, epinette, escadre, escadron, escapade, escarmou- 
che, escarper, escopette, escorte, escroc, espadon, espalier, 
espion, esplanade, esponton, esquinancie, esquisse, esta- 
cade, estafette, estafier, estafilade, estamper, estoc, estrade, 
estramaQon, estrapade, estropier, escrime. 

Facade, fanal, fanfreluche, fantassin, faquin, fautset, 
felouque, feston, fiasco, filon, filigrane, filoselle, fioriture, 
fleuret, forfanterie, fougue, fracasser, franco, frangipane, 
frasque, fregate, fresque, fugue. 

Gabie, gainer, gabion, gala, galbe, gambade, gambet, 
ganache, gazette, gigantesque , generalissimo , giberne, 
girandole, girouette, gondole, gouache, gourdin, gousse, 
grandesse, grandiose, granit, grege, grfcgues, grotesque. 

Isoler, imbroglio, improviser, improviste, incarnat, in- 
cognito, infanterie, ingambe, impregner. 

Javeune, ieton, jovial. 

Lagune, lazaret, lazzarone, lavande, lave, lazzi, lysine, 
loto. 

Macaron, macaroni, madrepore, madone, mandoline, 
madrigal, malandrin, manage, maquette, marasquin, mar- 
mite, marmotte, mascarade, modele, mosaigue, mousque- 
ton, moustache, muscat, m^daille, massepain, mercantile, 
muscade, muscadin. 

Niche, nocher, noliser, numero. 

Oleandre, oratorio, opera, orvi&an. 

Page, palade, paladin, palan, palette, panache, pantalon, 
parade, paravent, parasol, parapet, partisan, pertuisane, 
pasquinade, passade, pastel, pastiche, patache, patrouille, 
pavaner, pavois, peccadille, pedant, pennon, perroquet, 

1>erruque, piano, m-petto, panade, piastre, pedestal, pi- 
astre, pistache, piste, pistole, piston, pittoresaue, piller, 
plastron, poltron, policninelle, pommade, porcelaine, pos- 
tiche, preste, prestidigitateur, primevere, profil, populace. 



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LIVRE II. lv 



Qufcdnlle. 

Ratfjuette, rebec, rebuffaae, redout e, rugate, reprS- 
saille, iev&che, reVolte^ riposte, rissoler, ritournelle, riz, 
rodoeSont. 

Satute, sacoche, saccade, sacripant, saltimbanque, sar- 
bacaae, satin, sbirre, scarlatine, scorsonere, sentinelle, 
semoinltt, sepia, seouin, serenissime, serviette, slton, si- 
marre, solfege, soidat, solo, soprano, sonate, sorbet, 
soldatesque, sorte, spadassin, stance, stuc, supercherie, 
svelte, stage, sirocco, sirop, sorbet, stage, spadassin. 

Taillade, tarentule, tarot, tartane, tenor, timbale, tire- 
lire, torse, tontine, tramontane, talisman, tremplin, trille, 
tromblon, trombone, tare, tarif, turquoise. 

Valise, vedette, villa, virtuose, violon, violoncello, vilte- 
giature, vite, volcan, volte, voltiger. 

Zibeline, zeste. 



CHAPITRE III. 

MOTS D'ORIGINE ESPAGNOLE. 

Les guerres de la Ligue et le long sejour des armees 
espagnoles en France vers la fin du seizieme siecle, r<5- 

Cdirent parmi nous la connaissance de la langue castil- 
;, et cette invasion, qui persista depuis le temps 
dUenri III jusqu'a la mort de Louis XIII, laissa sur notre 
idiome une empreinte relativement forte. Ges mots ser- 
vent a designer des vege^taux exotiques et leurs produits 
manufactures ( cannelle, vanille, indigo , tabac, tomate, 
dgare; benjoin, abricot, limon, jasmin, jonquille, jujube, 
savane, tulipe, limon), — divers animaux* (musaraigne, 
fyagneul, merinos , cochenille, anchois, pintade) , — des 

l.'Et certains organes (carapace) , ou leurs produits (basaney 

Digitized by LjOOQ IC 



lvi INTRODUCTION. 



couleurs (basanS, alezan, nacarat, albinos), — plusieurs 
parties de Habitation (alcdve, case, corridor), du mobiiier 
[calebasse, cassolette, manille), cfe l'habillement (galon, 
savate, pagne, mantille, basquine, cab an, chamarrer), — 
quelques patisseries (marmelade, caramel, chocolat,nau#at); 
on y trouve divers termes de musique (castagnette, guitare, 
s&r&nade, aubade), de jeux, ou de plaisii$ (sieste, sara- 
bande, rigaler, hombre, ponte, dominos), — quelques titres 
ou qualifications (laguais, menin, duegne, grandesse), — 
des termes de marine (arrimer, embargo, embarcad&re, 
debar cadere, mousse, cabestan, pinte, ricif, subrecarfrue), — 
des expressions militaires (adjudant, caserne, diane, colonel, 
escouade, camarade, — haquenie, cabrer, caparagon, sala- 
de, espadon, — incartade, algarade, capitan, matamore). 

Los mots abstraits sont en petit nombre (baroque, bi- 
zarre, disparate, casuiste, barbon, paranqon, eldorado, 
transe, soubresaut, risquer, habler 1 ). — Creole, mulalre, 
negre nous viennent des colonies hispano-americaines, 
ainsi que le mot liane, qui manque cependant a l'espagnol 
litteraire. — Ajoutons que la piupart de ces importations 
espagooles sont posterieures a Charles IX, saui quelques 
mots teU que algarade, dont nous avons des exemples des 
le milieu du seineme siecle \ 

La langue portugaise nous a foumi quelques mots rela- 
tifs aux moeurs de Tlnde et de la Chine (bizoard, baya- 
dere, mandarin, caste, fetiche), un terme de penalite eccl^- 
siastique (auto-da-fe), un terme de discipline militaire 
(chamade), quelques noms de fruits (coco, dbricot, ber- 
gamote). 

1. Habler vientde hablar qui signifie parler, et correspond aii bas 
latin fablare de fabulari. En passant au francais, le mot espagnol a 
pris le sens de parler avec exage'ration ; il est curieux que le mfime 
changement se soit produit pour le mot parler; les Espagnols nous 
1'ont emprunte au dix-septieme siecle, et ont donne au mot parlar le 
sens de parler en fanfaron, de habler. Ambassade nous est venu de 
l'Espagne, vers le quinzieme siecle. 

2. Notre langue . doit encore & l'espagnol le nom d'un metal (pla- 
tine), et celui d'une abreviation typographique {ctdille). — Un seal 
mot, mesquin, a M introduit vers le douaieme siecle. 



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LIVRE II. lvii 



CHAPTRE IV. 

MOTS D'ORIGINE ALLEMANDE. 



Tous les termes fran^ais d'origine allemande sont pos- 
terieurs h la premiere moitie du seizieme sifecle. Les 
guerres de religion, la guerre de Trente Ads, les guerres 
allemandes du dix-huitieme siecle ont importe* chez nous 
des expressions militaires (bivouac, blocus, blochhaus, cha- 
braque, colbach, flamberge, fifre, havresac, hourrah, lous- 
tic, lansquenet, reitre, obus, sabre, rosse, sabretaclie, schla- 
gue, vaguemestre), des termes de boisson ou de cabaret 
(trinquer, brandevin, choucroute, cannette, gargotte, kitsch, 
bonde, fleche, nouille). II faut y ajouter quelques noms 
d'animaux (6lan, renne, hamster, brime), certains termes 
d'art {graver, eslomper), de danse (valser), et de marine 
(bdbord *). — I/industne miniere, si repandue en Allema- 
gne,'a fourni a notre dictionnaire mineral ogique un grand 
nombre de termes speciaux (bismuth, cobalt, couperose, 
igriser, embirize, gangue, gueuse, alette, manganese, po- 
tasse, quartz, spalh, zinc). Le suedois nous a donne le 
mot nickel. 

J'ai dit, en commen$ant ce chapitre, que les mots d'ori- 
gine ailemar&ie ne remontent point au del& du xvi 6 siecle, 
mais il ne faut point appliquer cette assertion aux mots 
d'origine germanique (j appelle exclusivement de ce nom 
ies mots allemands introduits dans la langue latine du 
troisieme au dixieme siecle, et que le latin a transmis au 

1. L'ameublement doit a la langue allemande quelques termes spe- 
ciaux (bahut, idredon). Les termes abstraits sontrares (chenapan, ga- 
min, chic, anicroche), et presque toujours revfitus d'un sens p£roja~ 
tif) Les Contes fantastiques d' Hoffmann ont enrichi la langue du mot 
vampire. — Le flamand nous a fourni, outre lemot bouqutn, un nom 
de plante (colza), et de fete {kermesse). 



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lviii INTRODUCTION. 



fran$ais). — Ges deux couches de mots sont trfcs-distinctes 
Tune de l'autre; les mots d'origine germanique, transmis 
au fran$ais par le latin, ont perdu leur physionomie origi- 
naire et subi, pour arriver a notre langue, des transforma- 
tions r£guli&res ; — les mots d'origine allemande, emprun- 
t£s directement a l'allemand moderne, et introduits dans 
leur crudity naturelle, tranchent sur le fonds g£n£ral de 
la langue : les premiers forment avec notre langue une 
union intime et p&iforante; les seconds ne sont gu&re 
qu'une immixtion superficielle : et s'il £tait permis d'em- 
ployer ici le langage de la chimie, je dirais aue les mots 
d'origine allemande ne sont que le produit d un mHange y 
tandis que les mots d'origine gerrrumique sont le resultat* 
d'une combvnaison. 



CHAPITRE V. 

MOTS D'ORIGINE ANGLAISE. 

Les communications chaque jour plus nombreuses, de- 




I'origine anglaise. 
rail, wagon, tunnel, ballast, express, coke, diver, flint, lias, 
love, malt), k Tagnculture (drainer, cottage), a la politique, 
k la legislation, k l^conomie politique (budget, jury, bill, 
convict, comiti, speech, verdict, club, meeting, pamphlet, 
toast), h la banque (cheque, warrant, drawback), a divers 
4tat8 moraux (spleen, comfort, humour), a lhabillement 
(chcUe, carrick, redingote, plaid, lasting, spencer), k Tali- 
mentation (pifteck, rosbif, pudding, mess, bol, grog, gin, 
punch, rhum), aux courses de chevaux, aux reunions, aux 
plaisirs (sport, boose, turf, jockey, clown, bouledogue, groom, 
steeple-chasse, stalle, tilbury , break, dogcart, festival, remit, 



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LIVRE II. ux 



lunch, whist, touriste, fashionable, dandy) ; k la m&tecme 
(croup), sans parler des termes de marine, dont plusieun 
sont fort anciens dans notre langue (dock, bosseman, accore, 
beaupre, cabine, boulingrin, cabestan, cachalot, cambuse, 
coaltar, cutter, eperlan, flibustier, heler, interlope, loch, lof, 
paquebot, poulie, touaye, yacht*. 



CHAPITRE VI. 

MOTS D'ORIGINE SLAVE. 



Le polonais nous a fourni des termes de danse (polka, 
mazurka, redowa), le mot caliche, et un terme de blason 
(sable), — la langue russe, steppe, knout, czar, palache, 
cosaque, cravache (encore ce dernier mot nous est-il venu 
par l'intermediaire de Tallemand). 

A cote des langues slaves, les langues ouraliennes ont 
eu, elles aussi, leur part d'influence sur notre langue, part 
bien minime, il est vrai. Louis XIV ayant introduit en 
Prance l'arme hongroise des Hus sards, ce corps nouveau 
garda son nom magyar (huszdr), et conserva cjuelques 
termes hongrois (dolman* shako). Au quinzieme sifccle fut 
importe en France le mot horde, qui est d'ongine mongole 
et designe, chez les Tartares, le camp et la cour du roi. 



1. Nous devons encore a la langue anglaise, 
et billet, et le nom d'un crocodile (alligator). 



les deux mots square 



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lx INTRODUCTION. 



CHAPITRE VII. 

MOTS D'ORIGINE SEMITIQUE. 



Les mots d'origine s^mitique introduits en francais, ap- 
partiennent a I'hebreu, au turc et a l'arabe. G'etait un 
theme favori des anciens etymologistes de denver toutes 
les langues de i'hebreu : les travaux des philologues mo- 
denies ont montre* le neant de toutes ces reveries : et le re- 
sultat le plus important de la science moderne a ete de 
decouvrir cette loi : que les iliments des langues correspon- 
dent ordinairement aux elements des races. Or nous som- 
mes d'une race tout a fait dift'erente de la race juive, et 
les rapports du francais et de I'hebreu doivent &re illu- 
soires : ils sont en effet purement accidentels. Lorsque 
saint Je>6me traduisit i'Ancien Testament de I'hebreu en 
latin, it transporta dans sa traduction plusieurs mots he- 
breux dont Fequivalent n'existait point dans la langue 
latine, tels que seraphim, cherubim, gehennon, pascha, eden, 
etc., et du latin eccl^siastique, ils passerent cinq siecles 
plus tard au francais (cherubin, seraphin, gene, eden, pd- 
que,) ; mais c'est du latin que nous les avons appris, et 
Ton peut dire que l'influence directe de I'hebreu sur le 
francais a ete* nulle 1 ; il en est de meme pour l'arabe, dont 
les rapports avec le francais ont ete tout fortuits : sans 
parler des mots qui expriment des choses purement orien- 
tates, tels qu' Alcoran, bey, cadi, caravane, derviche, fir- 
man, janissaire, narghiU, odalisque, pacha, caravansirail, • 
babouche, cimeterre, drogman, calife, mameluk, marabout, 
minaret, marfU, mosquee, turban, chaccU, gazelle, girafe f 
genette, once, talisman, sequin, serail, sultan, vizir, etc., 

1. Ajoutons a cette liste, les mots talmudiques cabate et rabbin. 



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LIVRfi II. lh 



et qui nous viennent directement d'Orient par les voyageurs, 
le mmgais re$ut au moyen age plusieurs mots arabes venns 
d'une autre source : i'influence des croisades, le grand 
mouvement scientifique arabe qui jeta un si vif fclat, W- 
tude des philosophes orientaux, fort repandue en France 
du douzi&me siecle au quatorzi&me, enrichirent notre vo- 
cabulaire de mots relatits aux trois sciences que les Ara- 
bes cultiverent avec succes, a l'astronomie (azimuth, na- 
dir, zenith) y a 1'alchimie (alcali, akool, alambic, alchimie, 
Hixir, borax, ambre, s&ni, safran, loch, julep, rob, strop), 
aux matWmatiques {alghbre, algorithm, zho, chiffre) ; en- 
core ces mots, exclusivement savants, nesont-ils point venus 
directement de l'arabe au fran^ais, maisdel'arabeau latin 
scientifique du moyen age qui les a transmis au frangais. 

Les relations commerciales de la France avec l'Orient 
ODt aussi introduit dans la langue divers termes relatifs k 
Thabiliement (bouracan, colon, hoqueton y taffetas Jupe, col- 
back) ; aux constructions et a l'ameublement(&uttgu6, divan, 
matelas, sofa y bazar, magasin); a la joaillerie, auxcouleurs 
et aux parfums (nacre, laque, carat , orange, azur, lazuli, 
talc, civette) ; enfin des mots de signification diverse (ichec, 
mat, hasard, cafi, tamarin, amiral, haras, truchement). 

Les nombreuses invasions et le long sejour des Sarca- 
sms dans le midi de la France depuis le hmtieme siecle 
jusqu'au onzifeme, n'ont absolument laisse aucune trace, ni 
sur nos patois meridionaux, ni sur la langue frangaise *. 



CHAPITRE VIIL 

MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 



J'entends par mots d'origine orientale tons les termes 
que les voyageurs nous ont rapport£s de l'lnde (nabab, 

1. Voyea : Reinaud. Invasions des Sarrasins en France, 306-307. 

d 



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lxii INTRODUCTION. 



brahme, palanquin, pagode, paria, jongle, cornac, bam- 
bou, mousson); de la Chine (thi); de la Malaisie {casoar, 
orang-outang), — sans parler du mot zebre qui est d'ori- 
gine africaine. 



CHAPITRE IX. 

MOTS d'ORIGINE AMER1CAINE. 



Les mots que nous avons reunis dans les trois chapitres 
precedents n expriment point d'idees frangaises et ne sont 
pas, k proprement parler, des mots fran$ais; il en est de 
meme des termes locaux que nos rapports avec les colo- 
nies americaines ont introduits dans la langue (acajou, 
ananas, boucanier, cacao, caiman, calumet, chocolat, coli- 
bri, condor, jalap, mais, ouragan, quinquina, quinine, 
sagou, tabac, tapioca, tatouer)* 



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LlVlltf II. lxiii 



PARTIE IV 

iL^MENTS d'oRIGINE DIVERSE. 



Je reunis, sous ce chef, lesmots dont on peut dire que leur 
introduction dans la langue est puretnent due au hasard , 
qu'ils soient d'ongine historique comme Seide * ou dus a 
des onomatopees comme craquer. Le catalogue des mots 
frangais d'ongine connue etant alors epuise, il me restera a 
donner celui de tous les mots sur lesquels la science &y- 
mologique n'est arriv£e a aucune conclusion definitive. 



CHAPITRE I. 

MOTS D'ORIGINE HISTORIQUE. 

Ges mots , peu nombreux dans notre langue, s y sont 
toujours etablis par une circonstance fortuite; ils n'en sont 
que plus importants a connaitre; si Ton ignore a quel fait 
ils doivent naissance, et qu'on tente de recheTcher scienti- 
fiquement leur ftymologie, on est sur d'errer. Si Ton oublie 

1. Depuis le Mahomet de Voltaire, tragSdieou figure un agent aveu- 
gle des volontls du prophete, et dont le nom est Stide (francisation 
de l'arabe Said). 



Lxiv INTRODUCTION. 



que guillotine, macadam, mansarde, quinquet, sont ainsi 
nommes d'apres leurs inventeurs, le docteur Guillotin, 
Fingenieur Mac' Adam, l'architecte Mansard, le mecanicien 
Quinquet, — et qu'on decompose ces mots en leurs lettres 
pour y chercher , d'apres les regies de permutation, une 
origine grecque ou latine, on tombera, a coup sur, dans les 
aberrations les plus fantastiques. 

Les mots d'ongine historique deeignent presque tou- 
jours des choses concretes, ou des objets mat^nels, et 
sur tout, comme il est naturel, les inventions ou les impor- 
tations nouvelles, par exemple, les etoffes (madras, nan- 
kin, mousseline, cachemire, calicoi, astrakan, rouennerie, 
gaze,, de Madras, Nankin, Mossoul, Cachemire, Calicot, 
Astrakan, Rouen, Gaza, lieux ou ces tissus furent fabriques 

E our la premiere fois), — desvoitures (berline carrosse fa- 
ricme a Berlin, Fiacre, Victoria, d'Aumont, etc..) — des 
v^getaux (Dahlia, dediee au botaniste Dahl par Cavanilles, 
en 1790; cantaloup, melon recolte a Cantaluppo, villa des 
panes aux environs de Rome, etc..'..). 

Les mots abstraits sont en plus petit nombre : jeri- 
miade, allusion aux lamentations du prophete Jir&mie, 
lambiner, venu du nom de Lambin £f- 1577], professeur 
au College de France, et repute parmi les savants pour la 
longueur de ses explications, et la diffusion de ses com- 
mentaires. — D'autres mots sont ou le fait des savants (gaz, 
par exemple, fut cree au seizieme siecle par Talchimiste 
Van-Helmont), ou la representation d'une circonstance an- 
cienne (c'est ainsi que le mot greve , coalition d'ouvriers, 
vient de la locution se mettre en Greve , qui tire elle-meme 
son origine de ce fait, que sous Tancien regime, les ou- 
vriers des differentes corporations , se rassemblaient a Pa- 
ris sur la place de Greve, pour attendre de Pouvrage, on 
pour porter plainte au prevdt des marchands contre leurs 
patrons 1 ). 



1. Voici la liste des mots francais d'origine historique : Artisien 
Amphitryon, Angora, Atlas, Assassin, Baionnette, Balais, Bara- 
gouin, Basque, Wguin, fierline, Besant, Bicoque, Biscaien, Bougie, 



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LIVRE II. lxv 



CHAPITRE II. 



ONOMATOPEES. 



II n'existe en francais qu'un tres-petit nombre de mots 
formes par onomatopee ou par imitation du son. Us ex- 
priment ies cris des animaux (croasser, miauler, bdfrer y 
japer, taper) ; les di verses phases de la parole humaine : 
(babUler, fredonner, caqueter, chuchoter, chut, cancan , 
marmottcr, hoquet), certains etats de grandeur ou de 
mouvement (bouffer, bouffir, zigzag) , clivers bruits natu- 
rels (clapotcr. croquer, humer, claque, crac, craquer, eric, 
tic, toper, pouffer, bruissement, cliquetis, fanfare), le lan- 
gage des enfants (maman, papa, fanjfari), et quelques 
interjections (bah-ebahir, hu-hucr). 

Brelteur, Brocard, Bartone, Cachemire, Calepin, Calicot, Canari, 
Cantaloup, Cannibale, Carlin, Carmagnole, Carme, Casimir. Cau- 
chois, C6ladon. Chinr, Cognac, Cordonnier, Cravate, Curacao, 
Dahlia. Damasser, Damasquiner, Dtdale, Dinde .tchalotte, Epa- 
gneul, Esctove , Escobard, Espiigle, Faience, Fiacre, Flandrin , Florin, 
Fontange, Franc, Frise (cheval de), Futaine, Galetas, Galvanitme, 
Gavote, Gttet, Gaze, Gothique, Guillotine, Guinte, Greve, Guttle- 
met, Herme'tiquement, Hermine, Hongre, Inde, Jarnac, Jaquette, 
Laconique, Louis, Lambiner, Jerimiade, Macadam, Madras, Merin- 
gue, Magnolier, Mansard e, Marionnette, Marotte, Maroauin, Maro- 
tique, Martinet, Mercuriale, Mousseline, Nankin, Nicotine, Pierrot, 
Patelinage, Perse, Persienne, Phae'ton, Pistolet, Praline, Quinquet, 
Renard, Ripaille, Robinet, Ronennerie. Roquet, Salsepar exile ? Serin, 
Santonnet, Sardonique, Sarrasin, Seide, Serin, Silhouette, Sxmonie, 
Strass, Tartufe, Truie, Tournois, Turlupinade, Vaudeville, Vanda- 
lisme. 



-1 



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lxvi INTRODUCTION. 



CHAPITRE III. 

MOTS D'ORIGINE INCONNUE. 



Nous avons dforit toutes les provinces de ce vaste do- 
main e qu'on nomme la langue franchise, toutes les pro- 
vinces conquises , du moins , car ii en est d'autres que les 
philologues n'ont encore ni reconnues, ni explores; nous 
ne devons point oubher d'en tracer soigneusement les li- 
ra ites, dans cette carte linguistique du francais; la d^mar- 
catiou du connu et de Finconnu, n'est &xie que si Ton re- 
lfeve le plan des regions acquises , et que Ton circonscrive 
nettement leurs frontiferes. 

Ge domaineinconnu ne renferme, comme ilestnaturel, que 
des mots d'origine populaire (a peu d'exceptions prfcs), et 
nous pr£sente une reunion de plus de six cents mots dont 
l'ongine nous eohappe. II serai t inexact de dire que l'ety- 
mologie de tons ces mots nous soit inconnue; il en est bien 
peu sur lesquels le philologue ne puisse presenter plusieurs 
conjectures egalement plausibles; il est certain aussi qu'un 
jour viendra oil la science , armee d'instruments plus puis- 
sants et de methodes plus parfaites, resoudra tous ces pro- 
blames * : mais, dans t'&at actuel de nos connaissances phi- 
lologiques, toutes ces hypotheses ne peuvent pas plus etre 
verifies que r£futees, et nous les passons sous silence, con- 
sid^rant comme inconnus tous les mots sur lesquels la phi- 

1. On peat difficilement pre" voir en qaoi se resoudront ces 650 mots 
inconnus; ane part notable d'entr'enx est formee. sans doute, de mots 
alteres du latin et des idiomes germaniques, et dans lesquels Taction 
d'une corruption trop grande nous a masque leur ongine. Le reste, et 
ce sera ans doute la moindre part, reviendra aux idiomes indigenes 
(celtique, basque, etc.), partes sur le sol gaulois au moment de la con- 
qudte romaine 



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LIVRE II. lxvii 



lologie n'est point arrivee a conclure. D'ailleurs reproduire 
des discussions qui n'aboutissent k aucune conclusion, se- 
rait aller contre le but que nous voulons atteindre; pour 
Fenseignement, le doute est pire que l'ignorance, et la 
science ne porte 
si la distinction 
fa^on nette et absolue. 

Les mots francais, dont l'origine est inconnue sont an 
nombre de 650 environ ' : 



ne porte tous ses fruits dans les jeunes esprits que 
stinction du connu et de l'inconnu est Itablie d'une 



Abri, accoutrer, aigrefin-, aise ajonc, aloy&u, amatgame, 
amphigouri, andouiller, antilope, antimoine, ardillon, 
ardoise, argot, armet, atteler, attifer, aube, aumusse, au- 
vent 

Babvne, babouin, bdche, badigeon, baguenauder, balafre, 
balise, baliverne, balle, bancal, bancroclie, barat, baralte, 
border, barguigner, baril, baron, basane, bascule, bdtir, 
baudet, baudruche, bauge, bedaine, bbgue, belilre, bercer, 
berge, bemer, besogne, besoin, Mche, bidon, bielle, biffer, 
bigarrer, bigle, bigot, bilboquet, bijou, billeveste, billon, 
bimbelot, biqae, bis, bise, biseau, bisquer, bistouri, bistre, 
blaser, Mason, Mime, Mette, blond, Mottir, blouse, Mouse, 
Muter, bob&che, bobine, bombance, bombe, borgne, borne, 
bosse, box, botte, boue, bouder, boudin, boue, bouffer, bou- 
gon, bourbe, bourdon, bourreau, bousculer, bouse, boa- 
langer, braire, brarder, branche, brands, braquemart, 
braquer f bredouiller, brehaigne, breloque, bretaudtr, bre- 
telle, bribe, bricole, brimborion, brin, brioche, brique, brise, 
broc, brocanter, bfou, brouir, bruine, bruire, buffet, bu- 
rette, butor. 

Cabaret, cabas, cafard, cagot, cahoter, caieu, caillou, 
cale, calembour, califourchon, calotte, camaieu, camard, 
camion, camouflet, cantine, canton, cant, caramboler, cas- 
tis, cassonade, catimini, caviar, chafouin, chalet, chalit, 



1. En prenant pour base lexicographique le Victionnaire de VAca- 
d&tnie; — le nombre de ces mots inconnus est bien plus considerable, 
ai Ton veut embrasser i'ensemMe de la langue. 



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Lxvni INTRODUCTION. 



chamailler, chambrank, chanfrein, charade, charangon, 
charivari, chassis, chaton, chausse-trape, chiffe, dichique- 
ter, choyer, ciron, ciseau, riviere, claquemurer, cocasse, 
coche (entaille), cochevis, cohue, colific/iet, complot, con- 
cierge, copeau, coquelicot, coqueluche, coquin, corme, 
cosse (foosser), coterie, cotir, cotret, courge, crecelle, cripe 
(gateau), cretonne, creuset, crotte. 

Dague, dalle y debaucher, decanter, decruer, degingandt, 
degringole, delabrer, divelopper, diner, disette, dodu, don- 
jon, doucine, dorloter, douve, drap, dupe. 

fiblouir, ebouriffer, icarquilkr, echouer, iclabousser, 
tclanche, ecran, icrouer, ecrouir, egrillard, embaucher, 
tmoustiller, empeigne, end&ver, engouer, enlizer, enticher, 
tpanouir, ipargner, eparpiller, tparvin, epater, esca- 
moter, ergot, estaminet, etancher, ttangon, ttioler, etiquette, 
tvanouir. 

Fagot, falbala, falot, falun, fardeau, farfadei, felon, 
feuillette, fttou, flagorner, flanelle, fldner, flatter, foulard, 
fredaine, frelon, freluquet, fretin, fricasser, fricot, friche, 
frime, fringale, fringant, fripe, friser, frise. 

Gabarre, gadoue, gaillard, galantine, gale, galet, galetas, 
galimatias, galvauder, ganse, gargon, gargote, gargouille, 
gargousse, gaudriole, gauchir, gibet, gibier, gibouke, gifle, 
gigot, givre, glaire, se goberger, godailkr, godelureau, 
gbgo, goinfre, gonelle, goret, gosier, goujat, gourmand, 
gourme, gourmet, gourmer, gourmette, grabuge, graillon, 
gravier f gredin, grele, gribouiller, gngnoter, grimoire, 
gringakt, grive, gruger, guenille, guenon, gueridon, guetre, 
guUleret, guimbarde, guinguette, guirlande, guisarme. 

Hagard, halbr.an, hangar, harasser, harceler, hardes. 
haricot, haridelk, heurter, fwrion, houille, houppelande] 
houspiller, hucher, huer, hure. 

Jach&re, jalon, jargon, jmger, javart, javelot, jucher. 

Laie, laiton, lambeau, tamper, landier, liais, lege, lau- 
danum, liard, lice, lie, Ungot, lopin, toque, loupe, lubie, 
luron, lutin, luzeme, losanpe. 

Mdche, machicoulis, machwri, macquer, magnanerie, 
magot, mammouth, manigance, manivelle, maquereau, 



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LIVRE II. kxix 



maraud, marc, marcassin, mare, marais, marmot, mar- 
mouset, martinet, matelot, rnatois, matou, mauvais, mau- 
vis, megissier, meUze, marelle, meringue, merisier, mer- 
lan, miche, mihvre, mijoter, mijaurie, mince, mine, mir- 
liton, mitaine, mitraille, moquette, moellon, maignon, mo- 
quer, morgue, morion, mortaise, morue, morve, motte, 
mouron, mufle, muser. 

Nabot, nigaud, nipper. 

Omelette, orseille, ouate, outU. 

PacotMe* paletot, pantois, pantoufle, paquet, patois, pa- 
traque, patte, p&le-m&le, pipin, percale, percer, petit, pic 
piece, pieu, pietre, s'empiffrer, pile (ou face), pilori, pUo- 
tis, pimpant, pingre, piocher, pirouette, piton, pivot, plat, 
pleige, poche, pompe, pompon, poteU, potence, potiron, 
preux, punaise. 

Quinaud, quincaille, quintal, quinte (de toux). 

Rabdcher, rable, robot, rabougrir, rabrouer, racaille, 
racher; rafale, rafter, rainure, ratatiner, ravage, ravau- 
der, raz, rechigner, renfrogner, reinette, renifler, requin, 
rive, ricaner, ricocher, ris, rissoler, ronfler, rosser, ru- 
ban. 

Sabot, sabord, salmis, sarrau, sebile, semelle, semillant, 
serpillUre, sobriquet, soin, sommer, souder,soubrette, sou- 
che, soupape, sot, souquenille, sournois, sparadrap, suze- 
rain. 

Tache, taille, taloche, tan, tangage, taper, tapir, taqui- 
ner, tarabuster, tarauder, tartan, tarte, taux, tintamarre, 
tomber, toupie, trancher, transe, trapu, tribucker, trimu, 
tricher, tricoter, trimbaler, trimer, tringle, tripot, tripoler, 
trique, trogne, trognon, trompe, trotter, troquer, truffe, 
trumeau. 

Usine. 

Varlope, vasistas, vttille, vigie, vignoble, virer. 



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lxx INTRODUCTION. 



CHAPITRE IV. 

CONCLUSION. STATISTIQUE DE LA LANGUE 
FRANgAISE. 



II ne sera peut-fctre pas inutile de resumer en quelques 
cbifl'res les r&ultats que nous venons d exposer; bien que 
la statistique ne soit point de mise ici, et sans vouloir suivre 
leprecepte de Malherbe, qui trouvait fort Elegant de « nom- 
brer necessairement , » nous appliquoDs cette excellente 
maxime de M Sainte-Beuve, «qu'ilfaut 9 tdt ou tard, dans 
cevaste arrieri humain, qui s'amoncelle en venir... a des 
reglements du passt, a des conceptions sommaires, fussent- 
elles un peu artiflcielles , a des rnithodes qui ressernblent a 
ces machines qui abregent et resument un travail de plus en 
plus interminable et injini *. » — II ne convient done 

Soint de serrer ces chiffres de trop prfcs ; ils expriment 
'une manifere approximative le rapport et la proportion 
des divers elements dont la combinaison a forme la Ian- 
gue fran$aise. 



STATISTIQUE DU FRAN£AIS MODERNE! 

I. Mots d'origine inconnue 650 mot 

II. Mots d'origine popdlairr (4260) : 

a). Element latin (mots primitifs) 3800 

b), Element germanique 420 

c). Element grec 20 

d). Element celtique ; 20 

1. Sainte-Beuve, Nouveaux lundis, VIII, p. 44. 



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LIVRE II. lxzi 



III. Hots d'origine £trang£rb (917) : 






Mots xtaliens 450 

provmganx 50 

espagnols , 100 

atlemands 60 

ej. anglais 100 

/). slaves (16), semitiques (110), orien- 

taux (16), amerteains (20) 162 



IV. Hots D'oaienra hktobiqob (115), onomatopSes (40). • 145 

Total : 5977 mots. 

Si du Dictionnaire de PAcademie frangaise qui cootient 
27 000 mots environ, on soustrait les 5977 que nous venons 
de citer, il reste une couche de 21 000 mots crees, soit par 
le people en developpant ces primitifs par la composition 
et fa derivation, — soit par les savants, en empruntant di- 
rectement une foule de mots au grec et au latin. Voir au&si 
a I'Appendice de ce livre. 



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Lxxii INTRODUCTION. 



LIVRE III 



PHONETIQUE OU £TUDE DES SONS 



J'ai defini la phonetique an commencement de ce ti 
et montre toute Futility que Tetymologie retire de 



i travail 
cette 
etude : « Guidee par ces lois fixes de transformation des sons 
d'une langue mere dans une langue derivee , Tetymologie 
:a est plus obligee de se confier a des analogies trompeuses 
Je son ou de signification 1 ; » elle determine le plus souvent 
a l'avance la forme que tel mot latin a du adopter en fran- 
cais. 

La veritable place de la phonttique est dans la grammaire 
dont elle est partie integrante, et j'ai d^crit la phone- 
tique fran$aise dans ma Grammaire historique.. Jaurais 
pu me borner a renvoyer le lecteur a ce livre , mais expo- 
sant pour la premiere Ibis a un public frangais la demons- 
tration de chaque &yinologie , j ai voulu crue le lecteur eut 
toujours sous les yeux les moyens de verification et de con- 
trdle , et Tensemble des transformations du latin en fran- 
$ais *. Mais en meme temps on ne perdra pas de vue que 

1. M. Breal. 

2. Ces deux phonetiques ne se ressemblent point. Je m'etais borne 
dans ma grammaire a exposer les lois principals accompagnles d'un 
petit nomore d'exemples; ici, au contraire, j'ai presente, non-seule* 
ment la liste des faits qui confirment les grandes lois, mais la plupart 
des regies secondares et des exceptions. Je ne me fais point illu- 
sion sur l'imperfection d'un pareil travail; la phonetique francaise 
presente bien des lacunes et des obscurites que la science fera dispa- 
raltre; je desire seulement que ce modeste essai d'une Phonetique 



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LIVRE III. Lxxm 



«les lois phonetiques, commeles lois naturelles, n'ont 

r\ la valeur absolue des lois matbematiques. Suivant 
juste remarque de M. Benfey, elles n'expriment que 
des tendances developpees du langage 1 , auxquelles d'au- 
tres tendances s'opposent ou se substituent souvent. Elles 
sont done sujettes a des exceptions que nous noterons 
ici. De m&me , en histoire naturelle, la seule classification 
qui soit fondle sur la nature des choses, autant que la con- 
naissance humaine peut l'atteindre, manque de rigueur 
absolue et echappe toujours par quelque point k ses pro- 
pres principes. Degager les generalites et les tendances 
normales des faits 9 sans meconnaltre les tendances secon- 
dares, et m€me au besoin les exceptions uniques, telle est 
la tache modeste, mais sure a laquelle une science sensee 
doit se borner, en evitant les deux exces contraires del'es- 

§rit de systeme qui ne tient pas compte des differences et 
e l'esprit etroit qui meconnait les analogies, lorsqu* elles 
ne vont pas jusqu'a Tidentite *• » 



de notre langue, prepare la voie et facilite ^exploration & ceux qui 
viendront apres nous. 

1. « Entwickelte Neigungen. » Orient und Occident, I, 236. 

2. F. Baudry, Grammaire comparte, p. 3. 



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unv INTRODUCTION. 



PARTIE I 

PRINCIPES QUI PRESIDENT 
AUX PERMUTATIONS. 



Le changement des lettres latines en lettres fran$aises 
s'appuie sur deux principes qu'on peut designer (pour em- 
ployer les formules de lnistoire naturelle) par les noms do 
principe de la moindre action, et de principe de transition. 

I. Principe de la moindre Action *. — G'est le propre 
de tout acte humain, de tendre k s'exercer avec la moindre 
action, c'est-a-dire avec le moins d'effort possible. Le lan- 
gage n'echappe point a cette loi, et ses transformations 
successives n'ont point d'autre cause que le besoin de di- 
minuer Teffort, ni d'autre but, que celui d'arriver a une 

EroDonciation plus ais^e. G'est la que se trouve la verita- 
le cause de ces cbangements des langues, en mgme temps 
que dans la structure de Tappareil vocal. 

Ge besoin d'une plus grancfe commodite dans la pronon- 
ciation se manifesto dans Phistoire de notre langue, par un 
affaiblissement general des lettres latines : ainsile c et le J 
(que les Romains pronongaient durs, devant e et i 1 , disanl 
fekerunt, kivitatem, guemelius, guibba, pour fecerunt, ci- 

1. Dans son eicellente Grammaire compare du Sanscrit, du or* 
tt du latin, M. Baudry a montr6 Finfluence de ces deux principes sui 
la formation des langues anciennes. J'espere montrer qu'iU trouvent 
aussi ieur confirmation dans Thistoirede notre langue. 

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LIVRE IIL ixxy 



vitatem, gemellus, gibba), se sont adoucis en fran^ais, le c 
dur en $> le g dur en j 9 et nous disons ctder, gibier, que 
les Latins auraient prononces ktder, guibier. De m£me p 
latin s'adoucit en v ; ripa , rapa, lupa, crepare, saponem sont 
en frangais rive, rave, tome, crever, savon : 1 affaiblisse- 
ment devient tel, en certains cas, que la lettre latine dispa- 
rait complement ; ainsi dans cruel de cru(d)elis y suer de 
m(d)are, obtir de obe(d)ire 9 oil le d medial a disparu sans 
laisser de traces. 

D'autres fois, les lettres mises en contact Aant disscm- 
blables, le frangais les assimile pour en faciliter la pronon- 
ciation ; ainsi il change dr en rr et dit arriver (aaripare) 
non aAriver, carre (quadratum) non ca&rt; suivant cette 
tendance tr s'adoucira en rr, tlmoin pourrir (putxere), 
rumrrir # (nutrire), larron (latronem), nourriture (nutrUvra). 
Ici d'ailleurs, comme dans la plupart des cas, le fran^ais 
n'a fait que suivre Texemple du latin, chez lequel cette 
tendance a Fassimilation etait dejd. trfes-developpie : les 
Romains disaient arridere pour adridere, — arrogantem 

Kmr adrogantem, — arrcmre pour adrodere, etc.... — 
e cette marche continue des langues k une pronon- 
ciation plus aisee, on conclut imm^diatement qu'il est 
des echelles de sons que les langues descendent, mais 
qu'elles ne reraontent jamais; ainsi tr s'adoucira en rr; et 
jamais rr ne se durcira>en tr; htfronem et nutrire descen- 
dant k larron et hnourrir; mais parricidium ne pourra 
jamais remonter en fran^ais k patricide; il n'a que l'al- 
ternative de restertel qu'il est (parricide), ou de descendre 
encore d'un degre*, en simplifiant rr en r. 

Un autre phenomene, correlatif de cette assimilation 
des lettres, et qui lui aussi a pour cause le besoin de com- 
modity dane la prononciation, — consiste & se'parer ou k 
differencier les lettres semblables, pour en faciliter remis- 
sion. Si un mot latin renferme deux r, cribrum par exem- 
ple, le frangais adoucira Tun d'eux en /, et dira crible : c'est 
ainsi qu'il change le latin parafredus en palefroi, non en 

1. Voir le Dictionnaire gtymologique au mot agencer. 

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lxxvi INTRODUCTION. 



parefroi; — peregrinus en pelerin, non pirerin. De m&ne 
s'il y a deux {, le fran$ais changera Tun d'eux en r; da la- 
tin lusciniola, il ne gardera pas lossignol, mais rossignol; 
ce proced£ qui consiste a rendre differentes deux lettres 
qui &aient primitivement identiques, a re$u le nom de dis- 
similation. D'ailleurs ce balancement des lettres, et cette 
recherche de Tequilibre vocal, n'&aient point inconnus aux 
Latins qui disaient rura/is, mura/w, material pour eviter 
le chbc des deux r (au lieu de ruraris, muraris, materia- 
ris)> — et epularis , stellam (au lieu de epvlalis , stel- 
lalis 1 ). 

A cdt6 de la dissimilation qui a pour but d'eviter la r£- 
p&ition desagreable d'une meme lettre, il faut signaler un 
autre proc^de, la metathese (du grec fxeTaOecn?, transposi- 
tion), qui consiste a transposer, a deplacer une cdhsonne, 
pour faciliter la prononciation : formaticum, berbecem (Pe- 
trone), turbare, paupertatem avaient donne a l'origine de 
notre langue formage, berbis, tourver, pauverti que nous 
trouvons dans les plus anciens textes frangais; puis ces 
mots ont a leur tour subi le deplacement de IV qui au lieu 
de suivre la voyelle, Ta precedee, et a cree les formes mo- 
dernes fromage, brebis, trouver, pauvreti. 

II. Principe de Transition. — Le principe de la mom- 
dre action nous a fait toucher du doigtla cause des trans- 
formations du langage et des permutations des lettres ; le 
principe de transition nous apprendra les conditions de ces 
changements et leur marche. « II consiste en ce que la per- 
mutation ne marche que pas a pas et ne fait jamais qu'un 
pas a la fois. Un lettre ne change pas d'un seul coup d'or- 
dre, de degre, de famille; elle ne peut r&liser en une fois 
qu'un seul de ces changements 2 . » Ainsi pour reprendre' 

1. En un mot, les suffixes arts, alis f etant identiques d'origine et 
de sens, les Romains employaient de preference arts, quand il y avail 
deja un I dans le mot (stellam de Stella), et alis quand le mot con- 
tenait un r (ruralis de mm). Voy. Baudry, Grammaxr* comparts 
du Sanscrit, du grec et du latin, p. 101. 

2. F. Baudry, Grammairs comparts du Sanscrit, du grec et du latin, 
V. 83. 

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LIVRE III. Lxxvn 



I'exemple de putrere que nous citions plus haut, le latin 
cJassique putrere n'est point venu brusquement au frangais 
moderne pourrir; il a traverse* le latin merovingien par les 
formes putrire, pudrire, et le vieux frangais par les tonnes 
successives podrir, porrir, pourrir: le tr n'est arrive* a Yrr 
frangais qu'en passant par l'intermediaire dr ; cette histoire 
de chaque lettre, notre Dictionnaire la pr&entera, dans la 
mesure ou il est possible de l'£crire, en reliant le latin au 
frangais par les anneaux interm&iiaires du bas latin et da 
vieux £ran$ais. 



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lxxviii INTRODUCTION. 



PARTIE II 

6tude des voyelles latines. 

Si Ton compare le mot k un organisme vivant, on pent 
dire que les consonnes en sont le squelette, et qu'elles ne 
peuvent se mouvoir qu'a l'aide des voyelles, qui sont pour 
ainsi parler, les muscles qui les relient entre elles. Aussi 
les voyelles sont-elles la partie mobile et fugitive du mot, 
tandis que les consonnes en Torment essentiellement la par- 
tie stable et resistante. On comprend des lors que la per- 
mutation des voyelles soit soumise k des regies moins fixes 
que celles des consonnes, et qu'elles passent plus facile- 
ment de Tune k l'autre. 

Les voyelles latines doivent etre etudie"es au double 
point de vue de leur longueur et de leur elevation : 

1° de leur longueur; elles peuvent fctre breves comme e 
dans ferum, longues par nature comme e dans avena, lon~ 
gues par position 1 comme e dans ferrum. — Cette distinc- 
tion qui peut sembler minutieuse, est loin d'etre indiffe- 
rent e, car suivant ces trois quantity, la voyelle latine e se 
transforme en francais de trois manieres distinctes ; la 
breve donne ie (ferus devient /ier), la loDgue oi (avena de- 
vient avoine), la voyelle de position e (ferrum reste for). 

2° de leur iUvation. Dans tout mot deplusieurs syllabes, 
il y en a toujours une sur laquelle on appuie plus forte- 

1. La prosodie latine appelle de ce nom les voyelles suivies de deux 
consonnes, longues par leur position, non par leur nature. 



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LIVRE III. lxxix 



ment que sur les autres. On nomme accent tonique, ou 
simplement accent cette Ovation de la voix, qui dans un 
mot se kit sur une des syllabes aux d£pens des autres : 
ainsi dans raison Taccent tonique est sur la derniere syl- 
labe : dans raisonndble, il est sur Tavant-derni&re. On ap- 
pelle done syllabe accentuie ou tonique celle sur laquelle 
on appuie plus fortement que sur les autres : celles-ci sont 
inaccentu£es(ou comme disent les Allemands, sont atones 1 ). 




[ occupe jamais que 
deux places : la derni&re syllabe quand la terminaison est 
masculine 1 (chanteur, aimer , finir, recevrd), Tavant-der- 
nifere quand la terminaison est feminine (rdide, pdrche, 
voyage). — En latin Taccent tonique n'occupe aussi que 
deux places; il est sur Tavant-dernifcre (ou pSnultifrme), 
quand elle est longue (cant&rem, amdre, finite) et quand 
ravant-derniere est brfcve, il est sur rantepenultieme (r£- 
gtdus 9 p&rtmLS 9 vidtzcum). 

Nous venons de voir combien il 6tait important , pour 
les origines du frangais, de distinguer la quantity des 
voyelles latines. U est plus important encore ae distinguer 
leur accentuation ; la voyelle tonique et les voyelles atones 
ne se comportant point de meme en fran^ais. Voici, k cet 
egard, les cinq regies decouvertes par la phon&ique, lois 
fondamentales de la transformation du latin en fran$ais, et 
de la constitution du mot fran$ais. 

I. L'ACCENT LATIN PERSISTS TOUJOURS EN FRANKS, 

e'est-a-dire que Taccent tonique reste en fran$ais sur la 
syllabe qu'il occupait en latin, que cette syllabe fut Tavant- 
dernifere comme dans amdre (aimir), t&mplum (temple), — 



1. En resume, dans tout mot, il y a une syllabe accentuee, et il n*y 
en a qu'une; les autres sont inaccentu6es 011 atones: dans formule. la 
tonique est u; et e sont atones; de meme en latin dans cantorem, 
est tonique; a et e sont atones. 

2. (Test-a-dire quand le mot n'est pas termin6 par un e muet; la 
terminaison est dite feminine quand la derniere lettre est un e muet. 



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lxxx INTRODUCTION. 



ou Fant^penultieme, comme dans ordculum (oracle), spec- 
tdculum (spectacle), articulus (article), durdbilis (durible). 
— On voit ainsi comment la syllabe accentu^e en latin est 
aussi la syllabe accentude en francais 1 ; pour etudier ce que 
deviennent les autres syllabes qui sont necessairement 
toutes inaccentuees (ou atones), ll convient de distinguer 
les atones qui suivent la tonique (e dans cantdrem), de 
celles qui la precedent (a dans cantdrem). — Etudions celles 
qui la suivent : elles ne peuvent occuper que deux places, 
la derniere toujours, et ravant-derniere quand elle est 
breve : 

II. TOUTE VOYELLE LATINE ATONE, OCCUPANT LA DER- 
NIERE PLACE DU MOT , DISPARA1T EN FRANQAIS : mare 

<■ (mer), amare (aimer), porous (pore) morta/is (mortel), — 
ou, ce qui revient au meme, s'assourdit en e muet : firmti* 
(ferme), teinplum (temple). 

III. TOUTE VOYELLE LATINE ATONE, OCCUPANT l'aVANT- 
DERNI&RE PLACE DU MOT DISPARA1T EN FRANQAIS. Dans les 

mots accentue's sur l'ante'pe'nultieme (ordculum, tabula, fd- 
bula, articulus, durability, ravant-derniere voyelle est ne- 
cessairement breve en latin : absorbee par la tonique qui la 
precedait, cette voyelle se pronon$ait a peine et si les Ro- 
mains des bautes classes la laisaient sentir en parlant, il 
est certain que le peuple supprimait ces inflexions dedica- 
tes. Dans tous les debris qui nous restent du latin popu- 
late, (Graffiti de Pompei, inscriptions, epitaphes, etc.), 
la pinultieme breve a disparu : au lieu de comp(ti)tum t 
ordc(u)lum 9 tdb(ti)la, pds(t)tus, mob($)lis, vinc(e)re, suspen- 
d(e)re, etc.... le latin populaire disait comptum, oraclum, 
tabla, postus, moblis, vincre, suspendre, etc.... '; et quand 
cette langue vulgaire devmt le francais, les mots ainsi con- 

1. Je ne parte point ici des mots d'origine savante (Voyez p. xuv). 
toutes ces regies n'ayant en vue que les mots d'origine populaire. 

2. Deja la penultieme breve disparaissait en plus d'un cas dans le 
latin classique, tSmoia les formes saielum, poclum, vinclum, pour 
poculum, sacculum, vinculum. 



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LIVRE III. lxxxi 



traces devinrent a leur tour compte, oracle, table, poste, 
meuble, yaincre, suspendre, etc.... — D'ailleurs, par sa 
constitution meme, qui Pempeche de reculer l'accent toni- 
que plus loin que l'avant-dernidre, le fran^ais etait ford, 
pour conserver a l'accent latin, sa place dans les mots tels 
que ordc{u)lum^ tab(u)la, fdb(ii)la, de supprimer Yu bref 
qui occupe l'avant-deroifcre place et de dire wdclc, table, 
fable 1 . — Nous avons £tudie les deux classes d 'atones oui 
suivent la tonique; reste a chercher d'apres quelle loi les 
atones qui precedent la tonique, passent en iran^ais : les 
atones qui precedent la tonique peuvent fctre reparties en 
deux classes : atones precedant immediatement la tonique 

1 comme o dans derogdre), — atones pr£c6dant mtdiatement 
a tonique (comme e dans derogdre • ) 

TV. TOUTE VOYELLE LATINE ATONE PRScSdANT IMMEDIA- 
TEMENT LA TONIQUE, DISPARAlT TOUJOURS QUAND ELLE EST 
BRfeVE, ET PERSISTE QUAND ELLE EST LONGUE 1 . Elle dispa- 

ralt si elle est breve : san(i)ldtem, bon(t)tatem, pos(i)tura 
deviennent santi, bonte, posture 2 . Elle persiste toujours si 
elle est longue : ccein(e)ttrium reste cim(e)titore et orn(a)meii* 
turn, orn(e)ment. 

V. TOUTE VOYELLE LATINE ATONE PRforiDANT M^DIATE- 
MENT LA TONIQUE PERSISTE TOUJOURS EN FRANQAIS. Toute 

voyelle latine qui pr^cfcde m^diatement la tonique, c'est- 
a-dire, qui en est s4par£e par une autre voyelle, comme o 
dans positura, persiste invariable raent en fran$ais : posi- 
tura reste posture; sanitatem reste santi; vcslimentum, 
vdtement. (Voy. aussi le Dictionnaire aux mots Bl&, Briller.) 
A laide de Faccent latin, et de la quantite prosodique, 
nous avons determine les cinq lois suivant lesquelles, les 
voyelles latines tombent ou persistent en passant en fran- 

1. Pour les eiemples, voir le present Dictionnaire aux mots able, 
ancre, asperge, affable. 

2. Pour les exemples, voyez le present Dictionnaire aux mots 
accointer, aider. — J'ai expose en detail ces deux lois dans le Jahr- 
buch fwr Romanische Litteratur (Leipzig, 1867). 



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Lxxxn INTRODUCTION. 



$ais. Reprenons a son tour ce dernier cas, et voyons si le 
)e fran$ais a garde intactes les voyelles qu'il a reguesdu la- 
tin on s'il les a alt&ees, et suivant quelles regies. Gette 
etude des voyelles latines dans leur nature, doit observer 
successivement les voyelles latines simples (a, e, t, o, u), 
et les diphtboneues {JE y QE, Au, Eu), en divisant chacune 
d'elles en voyelles accentu£es, et voyelles non accentuies 
on atones. 



CHAPITRE I. 

VOYELLES ACCENTD^ES. 



G'est le principe fondamental de notre langue, comme 
on. Fa vu plus haut (p. lxxx), que les yoyelles latines ao 
centu£es persistent toujours en fran$ais. — Quant aux 
transformations qu'elles subissent, on peut les ramener a 
trois lois tres-r£gulidrement observes. 

1° Les voyelles brfeves se diphthonguent toujours en 
passant au fran$ais : a devient ai (manus==main), — e 
devient ie (peJern — pied), — i devient oi (pslus = poil), — 
6 devient eu (novus= neui) 9 — u devient ou (lupus = loup). 

2° Les voyelles longues par position restent ordinaire- 
ment intactes : a, e, o latins, etc.... restent a, e, o en 
fran$ais : arbor devient arbre, — septem devient sept, — 
corpus devient corps. 

3° Les voyelles longues par nature se modifient en des- 
cendant l'&helle vocale a> £, i, o, u. On sait que ces cinq 
voyelles (dont la premi&re, A, part de la base du larynx, 
tandis que laderni&re, U, expire sur les l&vres), forment une 
gamme vocale, que les langues descendant et qu'elles ne 
remontent jamais : E latin accentu6 peut devemr o ou u 
en fran$ais, il ne deviendra jamais a, pas plus qu'un fleuve 
ne peut remonter vers sa source, — l'ordre des voyelles 
6tant indique par la nature elle-mfeme. 



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L1VRE III. lxxxhi 



£tadions maintenant chacune de ces transformations 
dans le detail. Pour les exemples qui d£montrent chaqne 
rfcgle, nous renvoyons a un mot du Dictionnaire oil cette 
regie est exposle ; nous nous bornons ici a mentionner 
chaque loi 1 . 



1° En position, a latin persiste toujour*, arbor reste 
arbre*. 

2° a et a latins qui sont trails de mime en fran^ais, 
deviennent ai devant les liquides I, m, n quand ces con- 
sonnes sont suivies d'une voyelle. (Pour les exemples, voy. 
an mot aigle.) Ce son ai correspond a e et se retrouve 
sous cette forme, dans le suffixe ten (voy. ancim)i qui est 
pour iain y par une Wgfere alteration. 

3° a et a peuvent encore devenir ai par 1'attraction do 
1% dans les mots accentu^s sur rant^penulttemo, quand 
cet i est par consequent pfoultifcme (voy. dnier.) 

4° a, a deviennent e devant les autres consonnes simples 
(voy. acheter) : ils deviennent e ouvert devant une con* 
sonne suivie de la demi-voyelle r (6r, tr, dr y pr)% aincd : 
frgre de fratrem. (Pour les exemples, voy. au mot achetor)i 
— ils deviennent e ferm£ devant les consonnes muettos 
(voy. abbiY et devant les finales (voy. acheter.) 

5° 6. a sont devenus ie dans ouelques mots tels quo 
chien (canis), grief (gravis), pitie (pietotem), tarftre (tan- 
trum) : mais a n'est alle a ie qu'en passant par e, puis en 
s'ltayant d'un I qui a causi la dipthongue*. 

1 . Dans un pareil travail les fautes (^impression ne peuvent man- 
quer d'etre nombreuses; nous aurons peut-6tre droit a Indulgence 
du lecteur, en rappelant qtfe ce livre ne contient pas moins de 
13 000 exemples de permutations, et que les renvois aux regies pour 
les permutations dans chaque mot s'61event a plus de 25000. 

2. Dans quelques cas tres-rares, il devient e (voy. sous acheter), 
ou ai (voy. aigle). 

3. R dans ce cas ne fait jamais position par rapport a la qualite de 
la voyelle precedents 

4. d devient t dans cerise (cerosus); o dans taon (tabanus), fiole 
(phiala). 



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jxxxtv INTRODUCTION. 



P 1 



E 

i°£ persiste (cruel = crudelis), devient ei devant n, m 
(voy. frein) ; devient oi (voy. accroire) y qui se d£veloppe 
post^rieurement en ai (voy. accroire) ; devient i (voy. 
accomplir), changement qui avait d£ja lieu ant£rieurement 
au frangais ; on trouve dans les textes m^rovingiens ecclt- 
sia pour ecclesia, mercidem pour mercedem, possedire 
pour possedere, permanire pour permanere 1 . 

2° e devient ordinairement ie devant une consonne sim- 
ile (voy. arriere)) ou persiste mais rarement, comme dans 
idve de levo *. 

3° e en position latine (c'est-h-dire quand il se trouve 
d£j& en* latin suivi de deux consonnes), reste intact, t£moin 
sept de septem, terre de terra. — Quand e est en position 
franfaise (c'est-Jl-dire que e est suivi en fran$ais de deux 
consonnes i*approch£es par la chute d'une voyelle qui les 
sSparait en latin, comme clerc de cler'cus pourder-i-ct/s), 
il persiste, tSmoin dette de deb'ta, clerc de cler'cus, mais e 
dans ce dernier cas devient ie (voy. arrttre), sauf cependant 
dans quelques mots ou il persiste, tels que gendre (gen'r), 
merle (mer'la), genre (gen'ris), poterne (poter'la), tendre 
(ten'r). 



1° « persiste toujours t£moin : ami de amfcus, nid de 
nfdus, epine de spfna, sauf dans quelques cas tres-rares 
cu il devient oi (voy. poire*). 

2° i devient ordinairement oi (voy. boire), apr&s avoir 
traverse Pinterm&liaire ei 4 . 

3* i en position devient ordinairement e (voy. admettre) 

1. 9 donne a dans rame; cet exemple unique est contre toutes les 
regies. 

2. Quelquefois en * (voy. accomptir). 

3. 11 est e dans car£ne (carina), o dans ordonne (ordtno). 

. 4. ¥ reste quelquefois ei devant les nasales (voy. ceinture); il reste $ 
dans mine (mlno), i dans lie (ftgo). ph'e (plfco) 



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LIVRE III. lxxxv 



Gette permutation n'est point le fait da fran^ais et remonte a 
la langue latin e. (Voy. pour les details Particle admettre.) 

Get i devenu e en rran$ais, donne ne'cessairement en 
devant ng, nd, tie, gn 9 qui fautivement est souvent tran- 
scrit par an dans le fran$ais moderns (voy. atmande, an- 
douille), ou par tin (voy. ceinture) ; — e est souvent aussi 
transcrit en ai comme dans datgne (dtgno). 

I en position devient aussi oi (voy. boire) par Tinterme*- 
diaire de ei; est oi k son tour se developpe souvent en ai 
dans le fran$ais moderne : ainsi £pais, est vena de spissus 
par rinterm6diaire de l'ancien frangais espois, qui s'est 
transforme poste'rieurement en espais, comme Francois en 
Francis. 

o 

1° 6 se maintient rarement (non de non, pomme de 
pomum, couronne de corona), et seulement comme on 
vient de le voir devant m, n; mais la forme la plus habi- 
tuelle de transformation de 6 latin est ou (voy. affbuage), 
— et eu (voy. accvsUlir) qui se reduit tres-rarement a u 
(voy. curve 1 ). 

2° <5> devient ordinairement eu (ou cew, ue qui en sont les 
variantes. Voy. accueillir) ; il reste quelquefois o devant 
n> m, l 9 turnout e*cole (schola*). 

3° o en position persiste toujours ; temoin corps de cor- 
pus, fort de fortis, mort de mortem*. 

u 

1° u persiste en fran$ais, temoin nu de mZdus, nmr de 
nmrus, lwne de ltma, etc. ... 

1. 6 est oi dans un petit nombre de mots (voy. chanoine), ou ui qui 
est pour oi dans trine (troja). 

2. o est aussi ui par attraction (voy. cuider), et quand il est ou 
e'est toujours par la chute de la consonne mediane, comme dans roue 
(rota), prouve (probo). 

3. II devient tres-rarement eu (voy. accueillir), ou (voy. affouage), 
ui (voy. cuider). — II y a un exemple unique <ie changement en a, 
lest dame de domina qui est contre toutes les regies. 



yGoogk 



lxxxvi INTRODUCTION. 



2° u devient presque toujours ou (voy. accouder). rare- 
mentoi (voy. angoisse), ou eu (voy. beugler). 

3° u en position reste u (juste de Justus) on devient ou 
(voy. accouder), except^ devant les nasalesou il esto (voy. 
annoncer 1 ). 

Y 

Gette lettre reste % dans coquille (conchylium); mais 
comme en r£alit£ le son de Vy correspond k celni de notre 
u fran^ais (on tronve dejk dans le latin vulgaire crupta, 
bursa pour cn/pta, byrsa), cette lettre a suivi en fran$ais 
le sort de l'u, et s'est transform^ comme lui tant&t en o, 
grotte (crypta), tant6t en ou f bourse (byrsa). 



M qu'i Forigine les Romains pronon$aient slpar&nent 
a-e, ne tarda point k se r^duire k e, et subit dfcs lors les 
mgmes variations que nous avons vu subir k cette voyelle. 
Tant6t, ae devient i, ie (voy. cirnent), — tantdt il devient 
oi comme dans foin (foenum), proie (proeda). 

CE 

CE s'etait diji riduit k e chez les Romains qui 6crivaient 
indifteremment fc&mina ou femina, — fetus ou fetus. — 
Voy. k Tarticle e. 

AU 

Nous avons donn£ dans le Dictionnaire (voy. an mot 
alouette), l'histoire des transformations de cette diphthon- 
gueque les Romains pronongaient originairement arou puis 
o. — Au latin, est en fran$ais devenu o, ou (voy. aUmette), 
et m&me»daas quelques cas oi (voy. aboyer), et eu (voy. 
queue). 

1. u est quelquefoift oi devant ng, gn (voy. angoisse), ui (voy. 
buii). 



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LIVRE HI. lixito 



EU 



Eu est devenu u dans rfatime (rheuma), ieu dans Katie 

(fetica). 



CHAPITRE II. 

VOYELLES NON ACCENTU^ES OU ATONES. 



B feut etudier slpar&nent les voyelles atones simples, — 
et les voyelles atones composes, iormant des'groupes tels 
que ia, uu 9 uo, etc.... 



Section I. — Voyelles atones simples. 

Nous avons vu (p. lxxx-lxxxi) les quatre lois de 
chute on de persistence des voyelles atones; qnand elles 
persistent en fran$ais, elles restent le plus souvent intac- 
tes, bien que fort souvent aussi elles se modifient par une 
s6rie de permutations dont voici la liste, et dans laquelle 
on n'a pu de'couvrir jnsqu'i present, aucune loi ge'ne'rale 
et dominante. 

1° A atone 1 persiste ordinairement on devient e (voy. 
acheter). Dans quelques cas tres-rares, il se transforme en 
i (voy. aimant), en o (voy. toon), en at (voy. aigle). De- 
vant les liquides, il est quelquefois u (voy. chalumeau) 

2°E atone persiste, ou devient a (voy. amender 1 ). II 
devient aussi, mais plus rarement, oi> ai (voy. accroire), 

1. Pour la distinction en tongues, breves, etc., je renvoie aux exem- 
ples du Dictionnaire. 

2. On trouve deja morcadus pour mercatus dans plusieurs chartes 
ta&OYingiennes, Bolphinus pour Ddphinus, etc. 



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Lxxxmi INTRODUCTION. 



t (voy< accomplir), ei devant n (voy. freiri), o (voy. ro- 
gnon), ie (voy. arribre), ui (voy. suifj. Devant m, il de- 
vient quelquefois u (voy. jumeau). 

3° I atone persiste on devient a (voy. balance), e (voy. 
admettre), oi (voy. tonre). — Plus rarement t devient o 
(voy. frotter) ou ai (voy. marraine), ou w (voy. affubler), 
et dans ce dernier cas par Tintermediaire de e. 

4° atone persiste ou devient le plus ordinairement ou 
(voy. affouage). II devient aussi ui (voy. cuider), oi par at- 
traction (voy. chanoine), et rarement e (voy. antienne), eu 
(voy. accueillir), a (voy. dame). 

5° U atone persiste quelquefois, mais se change presque 
toujours en o (voy. annoncer), et en ou (voy. accouder). 
Dans quelques cas tres-rares, il devient e (voy. chapekr) 9 
oi (voy. aw^oiwe). 

6° 4w atone devient ordinairement o(voy. alouette), rare- 
ment ow (voy. alouette), oi (voy. aboyer), eu (yoy. queue). 

7° # atone devient *, ie (voy. ciment) i . 

Section II. — Voyelles atones composees. 

Ge sont les groupes formes de e, i, w, avec les antres 
voyelles ea, eo 9 eu, — ia, to, iu; — tia, ue t ui } uo> uuz 
cette rencontre des deux voyelles frequents en latin (vinea, 
simius, consuere, constituo), am&ne n£cessairement un 
hiatus que le frangais tend generalement a supprimer; 
— dans le petit nombre de cas ou le fran$ais a conserve 
l'hiatus, il a intercall un h entre les deux voyelles : ainsi 
inva(d)ere, tra(A)ere, tra(d)itionem ont perdu leur d medial, 
en passant dans notre langue, et ont ctonn6 au moyen age 
enva-ir, tra-ir 9 tra-tson, dans lesouels le frangais moderne 
a intercate un h pour maintenir l'hiatus : enva-h-ir, — 
fra-h-tr, — tra-h-4son. — Cette insertion d'un k entre 



1.. Je ne donne ici pour les voyelles atones que des constatations; 
je publierai ailleurs uue 6tude speckle sur cette derivation. 



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LIVRE III. lxxxix 



deux voyelles avait d£jk lieu cbez les Romains : on trouve 
au cinquieme sidcle et an sixieme : controversihis pour 
controvershs, — Israhel pour /irae/, Danihel pour Daniel, 
etc. 1 . Mais on peut dire one la disparities de r hiatus latin 
en fran$ais (par des procures que nous allons 6tudier), est 
un des principes essentiels de la formation de notre Ian- 
gue. II convient pr6alablement de distinguer l'hiatus d'ori- 
gine latine (simitts, pluere, melius) — de l'hiatus d'origine 
frangaise (c est-k-dure cause par Ja chute de la consonne 
qui separait les deux voyelles en latin : amiable de ami- 
(c)abilisl 

§ I. HIATUS D'ORIGINE LATINE. 

Ge sont les trois groupes cit6s plus haut (ea, eo, eu, — 
ta, io> iu f — ua, ue, ui, wo, uu). Les deux premiers se ra- 
mdnent k un seul, puisque le latin ea y eo, eu devient tou- 
jours ia, to, iu avant de passer au fran$ais. (Yoy. la de- 
monstration de ce fait, dans le dictionnaire aux mots 
abreger, aieul, agencer). — D&s lors nous n'avons plus Ik 
examiner que deux groupes de voyelles composes, Tun 
avec iy Pautre avec u : 

I. /a, lo, Iu. — Ce groupe est traitg en fran$ais de six 
maniferes difterentes, suivant la nature des consonnes qui 
le precedent : 

1° Quand ce groupe est pr6c£d6 des liquides (1, m, n, r), 
il mouille les liquides I, n. Aprfcs I, ce groupe donne U 
(voy. ail); — aprfcs n, il donne gn (voy. cigogne), ou insure 
une sifflante (voy. abr&ger). Souvent aussi, il y a attraction 
de Vi vers la voyelle pr£c6dente (voy. buis) : — aprfcs M, 
t devient sifflante singe (simius) (voy. abreger). — Aprfcs 
R, dans les finales arius, aria, avium, il y a attraction de Vi 
(voy. dnier). Gependant cerius* donne cierge (voy. abriger). 

2° Quand ce groupe est precede' des sifilantes (s> t f c,) 
comme dans basiare, titionem, etc., i disparait et la con- 

1. Voy. le Dictionnaire au mot : envahir. 



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xc INTRODUCTION. 



Sonne devient tantdt c 9 s$, s dur, tant&t s doux. (Pour les 
details, voy. an mot agencer). — Dans certains cas, il y a 
attraction ae Yi (voy. agencer). 

3° On sait qne les trois ordres de consonnes (p, 6, — t 9 
d f — c y g), ont trois fortes (p, t y e), trois douces (6, d, g). 
— Aprfcs les trois douces et aprfcs v, — le groupe ia, io y tu, 
se consonnifie, c'est-a-dire que i devient j> g (voy. au mot 
abriger). — G'est ainsi que journal est deriv^ de rfiurnalis 
par l'intermeMiaire de -d/urnalis. (On trouve d£ja jornalis 
pour rfiurnalis, /ornum pour rfiurnum, dans deft textes car- 
lovingiens du huitieme siecle). — Apres g y il y a chute 
(voy. oilier). 

4° Aprfes la labiale forte p, Yi que nous avons vu se 
changer en j passe de la douce a la forte, et j devient ch 
(voy. au mot abreger). 

II. Ua, Ue, Uij Uo % Ou. — Ce groupe correspond exacte- 
ment, dans ses transformations, k celui de ia % io* iu; comme 
lui il devient consonne, et u se transforms en v (voy. au 
mot Janvier), de m£me que nous avons vu i se consonnifier 
en;. 

Ua, Uu, etc.... laissent trfcs-fr£quemment tomber Yu 9 
pour supprimer l'hiatus. On trouve d£ja mortus pour mor- 
Xuus dans Cic^ron, supervacum pour supervactmni, febra- 
rius pour februarius dans Y Appendix ad Probvm. Le fran- 
$ais a continue cette tendance (voy. le dictionnaire au mot 
coudre.) 

§ 2. HIATUS D'ORIGINE FRAN£AISE. 

II est produit par la chute de la consonne latine mediale, 
chute qui met en presence les deux voyelles j usque Ik se- 
parees : ainsi se(c)urus 9 re(g)ina> vi(d)ere, gra(a)ire don- 
nent al'origine de notrelanguese-tfcr, re-ine, v6-oir, gra-lr ; 
quand il a ainsi cre£ un hiatus cjui n'existait point en latin, 
le fran$ais en op&re la suppression de deux manieres : 

1° Tant&t il supprime 1 hiatus en contractant les deux 
voyelles eu une } comme dans rerine qui est devenu reine, 
tantdt il supprime Tune des deux voyelles; ainsi ve-oir, 



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LIVRE III. xci 



s6-ur, se sont r^duits dans la langue moderne k voir et k 
sur (1' accent circonflexe marque preciseajent cette suppres- 
sion d'une lettre}. — (Sur cette contraction ou celte syrti~ 
resej Toy. le dictionnaire aux mots aUier, aboyer, affouage, 
accabler, abbaye, dieiti) 

2° Tantdt il supprime l'hiatus par Intercalation d'une 
nouvelle consonne, proc^de* qui existait de*jk en latin. De 
plttire, les Romains avaient tire non pas plu-ia, mais plu- 
v-ia, en intercalant un v pour emp£cher 1' hiatus. Conti- 
nuant d'applkper cette tendance, le fran$ais intercalaaussi 
v dans le cas analogue. De plu~ere nous avons fait non 
pleu-oir, mais pbwo-oir : et pour revenir k la question, 
nous avons meme applique" cette intercalation a l'hiatus 
d'origine francaise : gra(d)ire ayant donne* grarir* nous 
avons transforme le mot en gra-v-ir. (Pour les details, 
voir le dictionnaire au mot corvte*.) 

Avant d'aborder Te'tude des consonnes, remarquons avec 
quelle ing£nieuse simplicity la nature a varie* les moyens 
cru'elle emploie pour exprimer Timportance differente de 
cnacune de ces voyelles. Elle modine suivant des regies 
fixes la voyelie accentu£e, laissant en g£n£ral les atones 
sans alteration 

G'est ainsi qu'elle dit vient de venit, et venons de veni- 
mus, — tient de tlnet, et tenons de tenimus, — li£vre de 
l^porem et levrier de leporarius; elle dit de mSme relief 
mais refever, etc..., et grace k cette heureuse disposition, 
elle diversifie les formes sans les obscurcir. 



1. II ne faut pas oublier aussi l'hiatus qui est le produit de la com- 
position {de-av<mt). 

Dans la composition des mots, Phiatus disparatt : de-avant se con- 
tracte en devant, comme re-abaisser, re-acerocher. en rabamer, rac- 
crocher. — Dans la derivation, Phiatus disparait fcgalement, par In- 
tercalation d'un t euphonique • clou, bijou, abri n'ont point donne 
clou-ier, bijou-ietj abriAer, mais clou-t-ier, bijou-t-ier, abri-t-er. On 
a meme ajoute* ce % a des mots termines par une consonne, et qui 
n'avaient pas besoin d'une addition euphonique : c'est ainsi que ta- 
bac, ius, fer-blanc, rein, au lieu de donner tobaguiere, juseux, 
fer-blanquieT , <franer, ont produit tabatiere, juteux, fer-blanfier, 
ereintef. 



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xcn INTRODUCTION. 



PARTIE III 

&TUDE DES CONSONNES LATINES. 



Les consonnes se divisent en groupes naturels qui coiv 
respondent chacun a une partie de 1 appareil vocal (Den- 
tales, Gutturales, Labiales), les dents, le gosier, les l&vres. 
— Dans chacun de ces groupes, ou ordres de lettres, il 
faut distinguer deux families de lettres , les fortes et les 
douces : il faut enfin^diviser chaque famille en deux degres* 
les. simples et les aspirees ; £tant donn£ par exempje k 
groupe ou ordre des labiaJes (p, b, v, f) il se divise en 
deux families, les fortes (p, f), les douces (b, v). Chaque 
famille comprend deux degres : la famille den fortes (p, /), 
a une forte simple (p), une forte aspiree (/"), — la famille 
des douces, une douce simple (b), une douce aspiree («). — ^ 
Ges distinctions des lettres en ordres, families, degris sont 
l'indispensable pr^liminaire de l'etude des consonnes, et du 
changement des sons latins en sons fran$ais. Ges cnange- 
ments sont soumis aux trois regies suivantes qui concer- 
nent les ordres, les families, les degres : 

1° Ordres. C'est entre les consonnes de mfone organe 
que s'operent habituellement les permutations, en un mot 
c'est entre les consonnes du mSme ordre; &ant donnes les 
trois ordres des Labiales (p, b, v, f), des Dentales (t, d y 
c, s), des Gutturales (c, q, g,j), — jamais une labiale latino 
ne deviendra en fran^ais une dentale, ou une gutturale; 
elle restera labiale, b latin deviendra en fran$ais b (6onus= 



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LIVRE III. xciii 



ton), on v (libra =lit?re), mais ne deviendra jamais s ou 
g> par exemple. De la cette rfcgle generate : les ordres de 
lettres ne permutent point entr'eux. 

2° Familles. Outre que les consonnes latines ne se chan- 
gent pas au hasard en consonnes fran$aises, mais sont 
reparties par ordres dans le sein desquels la permutation 
s'opere, if faut remarquer que la permutation n'a pas lieu 
au hasard entre les lettres du m£me ordre, mais qu'elle 
suit la distinction des familles. Beprenons pour exemple 
Yordre des Labiales (p, b, t>, f) ; il se divise en deux /&- 
milles, les fortes (p, /*), les douces (b, v); p qui est une 
forte deviendra en fran^ais b, ou v (duplus= double, sapo- 
nem = satxm), qui sont des douces, mais b ou v latins de- 
viendront rarement p en frangais : en un mot les fortes 
latines peuvent devenir douces en fran$ais, mais iamais 
une douce latine ne devient une forte fran^aise, de la cette 
rfcgle: c'est de la forte a la douce que s'opere habituellement 
le passage des consonnes latines en consonnes frangaises. 

3° DEGRis. Les families d'un mftme ordre ne se permu- 
tent point au hasard, mais descendent de la forte a la douce, 
une echelle qu'elles ne remontent pas; — dans l'int&ieur 
d'une m&me famille, les degris de simple et d'aspirees ont 
aussi leur influence sur la permutation ; prenons dans 
Yordre des Labiales (p, b, v, /), une des deux families 
celle des Douces (b, «); elle comprend deux degris la sim- 
ple b, Taspir^e v; Jest ordinairement de la simple a I'aspir 
ree qua lieu la permutation. Ainsi b latin devient v en 
frangais, temoin taverne de taberna, couver de cubare, ver- 
oeine de verbena, avant de abantfe, tandis que v ne devient 
point b 1 . 

1. Ou tres-rarement , dans quelques mots : courier de curvare, cor- 
beau de corvellus, etc. D'ailleurs, iln'y a pas de comparaison num^ 
rique a etablir entre ces deux permutations : le changement de b latin 
en v a lieu cinquante-deux fois en francais, on n'a que six exemples 
de celui de v latin en o. Ces legeres infractions a des regies qui par 
leur nature ne peuvent Stre absolues, s'expliquent aisement : la dis- 
tinction, rigoureuse dans les ordres et dans les families, ne peut etre 



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XCIV 



INTRODUCTION. 



Ges distinctions d'ordres, de families, de degris, Jtant 
8uffisamment tracees, il convient d'£tuaier les consonnes 
dans l'ordre suivant : liquides 1 (1, m, n, r); dentales 
(t, d, z, s); gutturales (c, x, q, g, j, h); labiates (p, b, f, v). 

Yoici le tableau des ordres, families et degris des con- 
sonnes latines : 



LIQUIDES. 


LABIALES. 


GUTTURALES. 


DENTALES. 


1» m, n, r 


b, V. 


g, j 


d, z (s). | | 

i 8 


P, f. 


(q, k, c) ch. 


1 3 

t,s(x). , | 



1° II importe de noter qu'une consonne ne change point de 
famille sans passer par les degres intermediates de chacune 
d'elles; nous disions plus haut qu'une labiale forte simple 
(p); devenait en passant en fran$ais w, c'est-a-dire une 
labiale douce aspiree. P latin a done chang£ a la fois de 
famille et de degre : mais le principe de transition, (pose a 
la pageLXXVi), nousindique a priori que ce changementne 
s'estpas effectue de cette maniere; p, changeant de famille 
et allant de la forte a la douce, s'est d'abora transform^ en 
douce simple (b), et de la est alii regulierement a la douce 
aspiree (v). C est ce qui nous explique pourquoi entre les 
formes latines crepare, saporem, saponem, rapa, — et les 
formes fran$aises crever, saveur* savon, rave, nous trouvons 
dans les textes merovingiens, les formes latines interm£- 
diaires crebare* saborem, sabonem, raba, qui nous mon- 
trent comment le p latin a du passer par b pour arriver a 

aussi invariable pour les degres, ou 1'on sort des couleurs tranchees 
pour distinguer de simples nuances. 

1. II faut distinguer dans les Liquides, deux Nasales (m, n), et deux 
liquides proprement dites (J, r). Ces lettrer sont nominees liquides, a 
cause de leur facilite a s'adjoindre aux a^tres consonnes, les nai 
pour les preceder, les liquides propremet.t dites pour les suivre. 



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LIVRE III. xcv 



v. Sou vent meme, lep latin ne va pas iusqu'au v et s'arrtte 
an by sans pouvoir continuer sa marcne : ainsi apicla* est 
rest<S k abeule, au ben d'arriver jusqu'a aveille, qui eut et6 
sa vraie forme. 

2° La phonetique divise les oonsonnes en trois classes, 
les simples 1 , les doubles et les composes. Ges derniferes 
forment ce que nous appelons les combinaisons de voyelles, 

Ear exempie st : soit que cette combinaison existfit d^jk en 
itin (castas), soit qu'elle resulte de la chute d'une yoyelle 
en firancais, ainsi pasture Ae pos(i)tura. — On pent poser 
pour les consonnes doubles, cette r£gle invariable : dans 
tout groupe latin de deux consonnes dissemblables c'est la 
premiere qui s'affaiblit ou disparalt en fran$ais : ainsi dans 
subjectusy ll y a deux groupes de consonnes fg et ct. Sui- 
vant cette regie, ces deux groupes laissent tomber la pre- 
miere consonne de chacun d'eux, bj se r&luit h j, ct k t y 
et le mot devient sujet. L'&ude qui va suivre fournira 
d'innombrables exemples a l'appui de cette loi. — Quant 
aux combinaisons de trois consonnes (terresfris), ou m&me 
de quatre (monrfrare), elles sont soumises aux deux regies 
suivantes : 1° Dans un groupe de trois voyelles, si les deux 
voyelles extremes du groupe sont des liquides, la consonne 
du milieu persiste Ainsi a entre r etr (perdre de perd're), 
ou entre net r (fendre de find're 1 .) 2° Si par chute de la 
voyelle, il y a rencontre de trois consonnes et que celle du 
milieu soit une muette, celle-ci tombe. 

3° D convient d'observer la place de la consonne, dans 
le mot ; la consonne est dite initiate, mediate, finale, sui- 
vant qu'elle est au commencement, au milieu, a la fin du 
mot. Gette distinction est capitale pour les resultats etymo- 
logiques : Br latin ne donne point le m&me son en fran- 
$ais, suivantqu'iloccupe le commencement ou le milieu du 
mot latin. 



1. On range aussi, comme nous l'avons vu plus haut, dans la classe 
des consonnes simples, celles qui sont suivies de la semi-voyelle r. 

2. Diez, 1, 189. 



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xcvi INTRODUCTION. 



L initial persiste ordinairement (voy. cependant au mot 
lierre). 

L s'est change en r (voy. ap6tre), en n (voy. maime : De- 
vant une consonne, quand lui-m§me suit une voyelle, il 
s'adoucit en w(voy. agneau 1 ) . 

Sur la transposition de L> voyez sangloter; sur l'addition 
de L. voyez lierre. 

LL s'adoucissent en i// (voy. atJ), ou deviennent u (voy. 
agneau). 

LR intercale un d euphoniaue, et devient Wr qui k son 
tour change I en u (par la regie que nous venons de don- 
ner), et se transforme en udr (voy. absoudre). 

CL devient il (voy. abeille), I (voy. mate), gl (voy. aigle). 

TL se transforma deja en cJ chez les Romains: 

Au lieu -de ve$7us (vetaJus), si$7a (siJuJa), V Appendix ad 
Probum donne vecius, sicJa. Ainsi ramene & CL, TL suivit 
le sort de cette combinaison (voy. aux mote andouille et 
bouleau). 

TL s'assimile (voy. Bouleau). 

PL devient il: ioueil (scop7us) 2 . 



nt n (voy. changer). Dans duvet (dumetum), m 
v par Pinterme'diaire de b, dubetum, comme en 



M devient 
est devenu \ 
latino archaique, dufrenus existe a c6te de dominus. 

ML, MR intercalent un b euphonique (comme nous 



1. I] existe un seul exemple de la permutation de I en d : ami don, 
de amyJum, qui est deja amidum dans un texte latin du neuvieme 
siecle. Je le regarde comme une corruption, bien que Zacryma, lin- 
gua, calaniitas, defccata, fussent dans le plus ancien latin dacryma, 
dingua, cadamitas, dedicata, et que le meme rapport existat entre 
UJysses (qui est pour Udisses) et Oauaoev;. 

2. Pour les autres combinaisons LC, voy. sous c; pour ML, voy. m; 
pour NL, voy. n; pour RL, voy. n; pour BL, voy. b; Pour GL, voy. g. 



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LIVRB III. ictii 




(voy. colonne). 



N devient I (voy. alkr), r (voy. coffH), nn (voy. ememi), 
gn (voy. cligner). 

NY se r£duit a v (t^moin couvent de conuentus), nc a c 
(voy. coque). 

NN se reduit a n(voy. an). — NM devient mm, m (voy. 
dme). 

NL devient n^/ (voy. absoudre). — NS devient s ( voy. aini). 

NR au milieu des mots, intercale un d eupnonique et 
devient ndr (voy. absoudre). 

RN a la fin des mots s* reduit a r (voy. aubour)*. — 
Sur Taddition de n (voy. concom&re). A ce propos remar- 
quons que Paddition n a lieu que sur les liquides. 



R devient souvent I au milieu ou a la fin des mots (voy. 
autel) ; sur r devenu s (voy. arroser). Sur la transposition 
de r (voy. dprett). Sur Taddition de r (voy. chanvre). 

RL devient 11: les Latins disaient a6ja pe//ucidus pour 
per/ucidus, et lc *raD£ais a transform^ l'ancien fran$ais 
chamber/an en chambeUan. — RS devient s (voy. chine)* 
RR intercale un d euphonique : tordre de tor(queW, sour- 
dredesur(ge)re*. 

T medial passe de la forte a la douce, devient d (voy. 
aigu 9 aider), puis disparatt invariablement (voy. abbaye, 

1. Sur MB, voy. b; sur NM, voy. m; sur GM, voy. g. 

2. Sur ND, voy. d; sur No, voy. c; sur GN, voy. g; sur MN, voy. 
»; sur PN, voy. p; sur NG, voy p. 

3. Sur RC, voy. c; sur MR, voy. m; sur NR, voy. n; sur TR, voy. 
Jjsur DR, voy* a; sur SR, voy. *; sur BR, voy. b. 



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xcvra INTRODUCTION. 



rr 



aigu, abbi). — Te, ti suivis d'une voyelle deviennent p, s 9 
ss, c (comme on l'a vu plus haut au chapitre de l'hiatus 
p. xc et au mot agencer. 

Tn 9 tm se reduisent a n, m (voy. plane). — Tt final se r&» 
duit k t, t£moin chat (caMus*). 

Tr passe k la douce dr (voy. aider), puis k l'assimilation 

', r (voy. arrtire) 

St medial s assimile en ss, s (voy. angoisse) ou perd Vs 
oy abime 1 ). 



D initial persiste : D medial disparaitr (voy. accabler). 
D final disparatt (voy. alouette) ou reste muet, comme dans 
pied (pedem) mwd{modius). Dans quelques cas d redescend 
k t muet, comme dans : don* (deunde), souven* (subinde), 
pente, boite (puxda*). 

DR s'assimile en rr, r (voy. accroire et arrttre), DL en 
ft, I (voy. allumer).Dc devient </ (voy. adjuger). Z)j, Dv, Ds, 
Dn deviennent j, v, ss, n (voy. aj outer, assez,aval, aller)K 



II reste 2 on devient j (voy. jaloux). Comme sr et comme 
(T, sr intercale un d euphonique (voy. coudre). 



S initial persiste ou devient c (voy. cercueti). S medial 
tombe devant une consonne (voy. abime) ou devient r (voy. 
orfraie), ou ss (voy. dessiner. On trouve dejaen latin wsstca 
pour vesica, etc.) JS final persiste ou devient s(voy. nez) 
ou x (voy. deux). 

SB intercale un t euphonique et donne str puis tr (voy. 

1. Sur TL, voy. I; sur TC, voy. c, sur BIT, voy. m; sur CT, voy. c* 
sur PT, voy. p; sur BT, voy. 6. 

2. Sur MD, voy. d, sur GD f voy. d; sur PD, voy. p. 



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LIVHE III xcix 



anc&tre, accroitre, Mme). Dans quelques cas il insure un 
d(voy. coudre). 

SC, SP, SL, SM, ST !• inkianx deviennent esc, esp, 
escl, esm, est, puis be, tp, 4m, it (voy . espirer). 2° rrtfdiaux 
perdent I's (voy. abtme). 

SS final devient s (voy. ais) f . 

C, CH 

Bisons d'abord que l'aspir^e ch se comporte en latin 
comme c, et s'est reduit he: cochleare et cocleare, tric/da 
et triefc. H n'y a done a considlrer que c qui varie suivant 
les voyelles gui le suivent : 

§ I. Devant a, o, u, on devant une consonne, c initial 
resie guttural, mais passe de la forte k la douce et devient 
g (voy. adjuger, aigle). Devant a, c medial tombe (voy. 
affouage). G final disparait ordinairement (voy. ami, amie). 

Enfin ca s'affaiblit en cha, che (voy. acharner), soit au 
commencement, soit au milieu des mots. Le a latin peut 
mime se transformer en une autre voyelle sans abandonner 
son influence sur le c ant£c£dent, ce qui prouve que le pas- 
sage du c au ch est plus ancien que celui de a dans une 
autre voyelle 1 . Dans quelques mots tels que c&ble (capu- 
lum), cage (cavia*), c reste guttural on devient qu (voy. 
queue). Devant o, w, c persiste et ne passe pas a la sifflante 
ch : com (collum), cuivre (cupra*). Dans quelques mots ch 
devient,; (voy. jante) on g (voy. adjuger). 

§ II. Devant e, i, J?, ce, le c y guttural en latin, est devenu 
siffiant en frau$ais, et donne en finale les sons analogues s, 
x, z, ss (voy. amitM). 

CG medial devient ch (voy. acheter); final devient c (voy. 
bee). 

1. Sur ST medial, voy. I; sur SC medial, voy. c; sur NS, voy. n; 
sur RS, voy. r; sur CS, voy. c; sur PS, voy. p; sur BS, voy. b. 

2. Diez, I, 229. 



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INTRODUCTION. 



CR devient ir puis r (voy. benir). RC final devient r (voy. 
arbalble). 

CT s'assimile en tt (voy. assiette), t (voy. affeU) % ou de- 
vient it (voy, altrait) et dans quelques casc/i (voy. allecher), 
cette dernifcre permutation est peut-Stre due & quelque 
influenee meridionale. 

CL devient^ (voy. ai^/e), i/ (voy. abeille)^ I (voy. male). 

CS (c'est-k-dire x) s'assimile en ss ou s'affaiblit en iss 
(voy. aisselle), rarement en s (voy. ajouter) ou se transpose 
en $c dans un petit nombre de mots (voy. Ukhe). 

Sur NG,RC, TG,DG qui changent c le plus souvent en<j f 
mais quelquefois aussi en ch, voy. adjuger, acharner. Ges 
sons sont remarquables en ce gu'ils presentent le passage 
de la gutturale forte en palatale douce : cependant c suit 
souvent la rfcgle g£n£rale, c. a d. qu'il persiste ou passe & 
la douce (fr. ch). Ces anomalies ne peuvent provenir que 
de la presence des liquides ou des dentales heurtant le c. 

SC medial devient ss (voy. cresson). On trouve dejk en 
latin cresseret pour cresceret. SG final devient 5 (voy. bois). 

x 

Pour ce son qui Iquivaut a cs 9 voyez k la lettre c. 



Q est traite en frangais de deux manifcres differentes 
suivant les voyelles qui le suivent. 

§ I. Deyant a, 0, u, la gutturale subsiste soit avec u, 
comme dans quel (^walis), soit sans u, et elle est £crite c, 
(voy. car). Q devient souvent aussi g (voy. aigle). Qua au- 
rait dft donner cha y comme Fa fait ca. Si cela n a point eu 
lieu, c'est qu'il est k croire qu'au moment ou le ch se con- 
stitua dans ca, Vu de qua n'etait point encore devenu muet. 

§ II. Devant e, i, Yu disparalt et q devient c, p, s (voy. 
car) y changement qui remonte & la langue latine, puisqu'on 
trouve dans les inscriptions romaines du troisi&me si&cle, 



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LIVRB III. ct 



cohere pour coguere, cinque pour quiaqae. Q passe dans 
quelques mots & la douce g (voy. atjfe). 

§ III. Q tombe par le changement de u en v (voy. jan- 
trier). 

G 

Cette lettre depend (comme c) des voyelles qui suivent : 

§ I. Devant a, o, u, le <7 initial persiste, le g medial 
tombe (voy. allier), le g final s'assourdit et devient muet : 
lon^(lon^us). 

De meme que c devient ch, g latin devient.; dans certains 
cas (voy. jumeau). Dans parctomin (pergfamenum) , mar- 
cotte (menjus) il est accidentellement retombe de la douce 
a la forte. 

§ II. Devant e, i, le g devient quelquefois $, f (voy. frctise) 
par dissimilation, et tombe comme me*diale dans quelques 
cas (voy. allier). 

GL devient il y I (voy. cailler). GL initial persiste *. GD 
devient d (voy. amande). 

GMqui s'etait d£ja reduit a m en latin, temoin flamma 
pour flamma, examen pour exa^men, jumentum pour ju$(- 
mentum, a continue cette reduction en fran^ais (voy. pi- 
ment). . 

GN persiste : enseupier (insi^nare), ou s'affaiblit en in 
(voy. accoinler) ou se transpose en ng (voy. ttang), ou se 
reduit k n (voy. assener). 

NG se transpose souvent en in (voy. accointer) ; ngetgn 
s'echangent souvent (voy. aine). 

GR devient r (voy. accueillir, aigrette). 



Ge son qui est originairement i en latin est reste i en fran- 
$ais dansquelques cas (voy. aider). Dansjeu (/ocus), jeuoe 

1. Sauf dans loir (gtirem); prenouille, ancien fr. renouiUe (ranu- 
cla)*, est un exemple unique d'addition du g. 



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en INTRODUCTION. 



(/uvenis), la j a pris le son de consonne en passant par di, 
dj. II est devenu g dans grenifevre (/uniprum) et a disparu 
dans yeftner de je{j}imare. 



L'H initial disparait au commencement des mots dans 
nn certain nombre de cas(voy. atelier). Sur Tinsertiond'un 
h an milieu dn mot, voy. envahir. 



P initial persiste et ne passe que fort rarement soit a la 
douce b (comme dansboite depuxda*, voy. abeille), soit a 
l'aspirfo f (voy. chef). 

P medial s adoucit ordinairement en b (voy. abeille), et 
descend m&ne aTaspirta v (voy. arriver). 

P final persiste: loup (lupus), champ (campus), mais il 
est muet : souvent aussi il devient f (voy. chef). 

PP devientp (voy. chape). — PM se r&luit a m (voy. 
caisse). 

PR medial devient r: sur (sup V), sourcil (supVcilium). 

PT, PN. PS initiaux deviennent t % n, s (voy. neume). 

PD se reduit a d (voy. hideux). 

PT s'assimile (voy. caisse et acheter), ou devient d (voy. 
cadastre). 

PS qui s'assimilait d&ja en **, 5 dans le latin des der- 
niers temps, puisqu'on trouve issa pour ipsa, serai pour 
scripsi dans un texte du huiti&me siecle, a continue cette 
assimilation en franQais (voy. caisse) i . 



B initial persiste; medial devient v (voy. avant) ou dis- 
parait (voy. aboyer); final, il reste muet : plomfc (plum&um). 
B redescend k p dans ensouple (insuMum*); u est m par 

1. Sur PL, voy. 1; sur SP, voy. s. 



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LIVRE IH. an 



exception dans samedi (sa&6ati dies) : il faut rapprocher de 
cette permutation, la forme archaique latine duienus k c6i6 
de dominns. 

BL, BR, BT m&tiaux se vocalisent en ul, ur 9 ill par le 
changement de b en v, puis de v en u (voy. siurone et 



BT s'assimile en U comme pt (voy. sujet), et devient 
mfcme d (voy. accouder). 

BR devient r (voy. boire). BS, BJ, BL, BM, BC, BV 
laissent tomber la labiale et devienent $ y j f l 9 m, c, v (voy. 
sujet). 

F, PH 

PH qui n'avait pas chez les Latins le m£me son que f, 
est toujours devenu f en fran$ais (voy. coffre) : il disparait 
dans certains eas (voy. antknne). 



V initial persiste, et ne devient presque jamais f (voy. 
bmf). V medial disparait (voy. afoul). V final devient / 
(voy. bceuf). 

Dans un petit nombre de cas, v redescend k b (voy. ba- 
ehelier). 

V initial devient aussi gu (voy. gaine), probablement 
sous Tinfluence du w germamque. Devant les consonnes, 
t)se vocalise re'gulierement en u (voy. autruche et aurone). 

VJ, VC, VG, VT, VD, VN se rfduisent k g, c, t, d, n 
(?oy. alleger). 



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civ INTRODUCTION. 



PARTIE IV 

EXCEPTIONS A LA PHONETIQUE. 

PARTDE LACORRUPTION DANS LA FORMATION 

DE NOTRE LANGUE. 



Si les lois phonetiques s'exercent d'une manifcre inva- 
riable sur presque tous les mots de notre langue, il existe 
cependant un petit oombre de mots qui, jusqu'd. present, 
semblent refractaires a ces lois, et qu'on n'a pu rattacher 
aux classifications etablies : de m^me qu'en histoire natu- 
relle, quelques £tres n'ont pu trouver logiquement leur 
place dans les cadres de la science. 

Ges infractions aux regies de la phonetique ont une dou- 
ble cause: ou bien ces in Fractions ne sont qu'apparentes , 
et sont dues a des influences que nous ignorons encore, et 
k des r&gles secondaires qui limitent ou modifient les lois 
principales, — ou bien ces infractions sont le resultat de 
la corruption : ces mots ainsi corrbmpus ne doivent pas 
servir d argument pour mettre en doute Texistence de lois 
du langage et leur fixity ; car « ce sont les r&gles gene- 
rales et positives qui nous permettent de dire qu'il y a faute 
Ik meme od Ton ne peut connattre les circonstances ou les 
conditions de la faute, et de diviser le tout en partie regu- 
liere et correcte, et en partie alt£ree et mutil^e par les 
inevitables erreurs du temps etdes hommes 1 . » 

Dans beaucoup de cas d'ailleurs, la corruption n'est 

1. if. Uttri. 



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LIVRE III. cr 



qu'apparente , on si elle existe, n'est point le faitdu fran- 
cos : ainsi ecouter (ancien francais escouter, escolter , k 
l'origine esculter), est une derivation tres-irregulifcre du 
latin classique auscultate (m£me sens), car au latin (aus- 
cultare) ne devient jamais e en francais, et si le mot avait 
ete forme regulifcrement, il eut ite non escouter, mais 05- 
couter, le groupe latin au devenant habituellement o en 
francais, temoin or de aitrum, poser de pausare, clos de 
cltmsus, oser de ausare, etc.... Voili, semble-t-il, une 
exception flagrante, et la phonetique est ici prise en deTaut. 
Elle est hors de cause , gr&ce au temoignage d'un gram- 
mairien de l'Empire, Flavius Gaper, qui nous apprend 
qu'au troisifeme siecle le peuple ne disait point auscultare, 
mais ascultare, et cette forme du latin vulgaire a donnd 
tres-regulifcrement escouter, Ya latin devenant e (ascultare), 
comme dans pere (patrem), pr^ (pratum), gre (gratum), etc. 
— Ici la corruption remonte au latin populaire; et le fran- 
cais n'encourt aucun reproche. 

II en est de meme des cas ou notre langue semble violer 
la loi de Taccent latin . dans les mots tels que encre de en- 
cdustum, persil de petroselinum, qui ont it& empruntfe 
par les Romains k la langue grecque Qtyxawrcov j w*po*iXc- 
vov), le francais a conserve l'accent primitif du grec, qu'ob- 
servait dans ces mots empruntes le peuple romain; — 
dans souris, seigle, nwrdre, foie y fin, faite, qui viennent 
de s&ricem, secdle, mordere, ficdtum, finUus, fastigium, 
le deplacement de l'accent latin en francais avait et<5 pre- 
cede du deplacement de l'accent dans le latin rustique 
qui disait : soricem, secale, mdrdere, ficatum, finitus, fasti- 
gium. 

Mais k c&te de ces infractions apparentes aux lois de la 
pbonetique , il y a des exceptions reelles , produit de la 
corruption et du hasard, des mots latins dont le passage en 
francais ne peut gtre soumis a aucune loi, et qui nous ap- 
paraissent comme des dissonances f&cheuses dans f barmo- 
nieux ensemble de la langue : ces erreurs soot la marque 
de Thomme sur le vocabulaire et la part de Tarbitraire dans 
la formation du francais : si Ton compare k leurs originaux 



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cvi INTRODUCTION. 



latins, les mots germandrie (chamaedrys), amidon (amy- 
lum *), camomille (chamaemelum), ancolie (aquilegia), &ra 
ble (acer arbor), echalotte (Ascalonicum) , estragon (draco- 
nem), r^toe(liquiritia), girofle (caryophyllum), marjolaine 
(amaracana*), — on se trouvera en face de la corruption la 
plus forte que presentenotre langue; notons en m£me temps 
que presque tous ces mots d^signant des plantesmedicinales, 
nous sont venus par les herboristes et les apothicaires ; et 
il n'y a rien d'etonnant a ce qu'un long usage special les ait 
d^formes etcorrompus, lepeupletorturant les mots savants 
qu'on lui pr^sente , pour leur donner un sens (c'est ainsi 
qu'on entend dire chaque jour de Veau d'dnon pour du lau- 
aanum y et tutti quanti). A cette source revient aussi lemot 
boutique (apotheca) qui est un des plus frappants exemples 
de corruption; apotheca donne regulifcrement non boutique, 
mais aboutaie, aune part, parce que Va initial latm ^apo- 
theca) ne tombe jamais en frangais ; de Tautre, parce qu il est 
centre les regies que le c latin entre deux voyelles devienne 
q en fran^ais a la fin des mots : dans cette position c latin 
disparait toujours : ba(c)a> — bra{c)a, — ebria(c)a donnent 
baie, brave, ivraie; et apotheca aurait du donner aboutaie*, 
comme theca a donne taie. — Si Ton ajoute a cette liste quel- 
ques autres mots 8 , on aura le catalogue complet* de toutes 
les formations dues au basard ou a des perturbations que 

1. Dans ce mot la corruption est ante>ieure au francais; on trouve 
deja amidum nour amxjlum dans un document latin du ix # Steele. 

2. Aboutaie ne serait mfime pas la forme definitive d'apotheca; nous 
savons d'une part que le p latin ne s'arrgte pas au 6, et descend jus- 
qu'a v — de Tautre que le t entre deux voyelles tombe toujours en 
francais; et aboutaie se serait transforms en avoutaie, et enfin en 
avouaie qui est la derniere contraction & apotheca. 

3. Diamant (adamantem), amender (emendare), amande (amyg- 
dale), cratndre (tremere), escarboucle (carbunculus), dtincelle (scin- 
tilla), wrcwril. (sarcophagus}, frtche (fracticium), lamproie (lampetra), 
licorne (unicornu), nombril (umbilicus); quant aux mots lendemain y 
lor iot y lierre, qui etaient correctement dans notre ancienne langue 
endemain. oriot, ierre (voir le Dictionnaire aces mots), Us ne peuvent 
6tre ranges dans les corruptions du latin, mais dans celles du fran- 
cais. 

4. Voy. cependant page lxvi. note 1. 



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LIVRE III. cvd 




nous ne pouvons expliquer : on voit combien ce chiffre est 
minime, si on le compare h l'ensemble delalangue francaise. 

yoir le constater. 

dication des mots 
aterpretation 

des songes, — jusqu'k Voltaire, croyant que le hasard ou 
la corruption sont les seuls auteurs des revolutions du lan- 
gage , — on avait toujours envisage le langage comme le 
produit de Tarbitraire et du caprice des hommes; — la 
science moderne a fait voir que les Ungues ne sont pas 
l'oeuvre du hasard, maisune creation naturelle etorganique 
qui n'a pas rhomme pour auteur, mais a laquelle l'homme 
a participe ; la philologie a restreint et limite* la part de 
Tarbitraire et de la corruption dans la formation des Un- 
gues, sac 8 l'annuler entierement. 



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LISTE 



DES PRINCIPALES ABREVIATIONS. 



Fr, francais. 

Vieux fr'.ou v. fr. vieux francais. 

v. ou toy. yoyez. 

cf. comparez. 

I. ou lat. latin. 

it. italien. 

esp. espagnol. 

t?°. ou *. v°. sub verbo. 

pr. ou prov. provencal. 

suff. suffixes. 

c. a. d. c'est-a-dire. 

* indique une forme hypothe- 

tique ou non classique. 
Mr. derive. 



m. m. meme mot 
m. s. mfime sens.* 
p. er. par exemple. 
I. lisez. 

B. L. bas latin. 
bas I. ou o. (erf. bas latin, 
p. pour, 
all. allemand. 
gr. grec. 

/i. all. haut allemand. 
= devient. 

D. indique aussi bien les com- 
poses que les derives. 



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DICTIONNAIRE 

ETYMOLOGIQUE 

DE LA LANGUE FRANCAISE 



Comme on Ta vn dans V Introduction de ce livre, notre langoe comprend 
trois couches de roots superposees, les mots d'origine populaire, les mots 
d'origine etrangere, les mots d'origine savante. Pour rendre cette division tou- 
joars presente aux yeux da lecteur, nous avons adopte les dispositions typo- 
grapniques suivantes : les mots d'origine populaire sont en italique, les mots 
d'origine savante en caracteres romains, les mots d'origine etrangere sont 
precedes d'une croix. 



J, preposition, du latin ad qui, 
de bonne heure, etait devenu a 
dans la basse latinite, et dans les 
diplomes des temps merovingiens: 
« Quern a liberto nostro dedimus » 
lit-on dans un testament de Tan- 
nee 739. 

Cette preposition joue un role 
important dans la flexion de notre 
langue, et dans la formation des 
mots : dans la flexion, d remplace 
le datif des Latins et forme avec 
Tarticle defini les combinaisons 
au, aux (Voyez ces mots), — dans 
ta formation des* mots a entre 
comme prefixe, et sert a compo- 
ser : 1° des Noms, tels qu'ad/eu 
(dieui, aplomb (plomb), affaire 
(faire) sans parler des formes telfes 

Su'af/tit (f At) , qui remontent au 
itin vulgaire, et pour ne citer 
que des compositions d'origine 
franchise; 2° des Adiectifs, adroit 



(droit); 3° des Verbes, — soit a 
l'aide d'un verbe deja existant dans 
la langue, tel qu'amener (mener), 
— soit a Taide d'un suostantir. 
accoucher (couche), agenouiller 
(genou), aligner (ligne), a,dosser 
(dos), — soit enfin (et c'est le cas 
le plus frequent) . par le moyen 
d'un adjectif : af/fner (fin) , affoler 
(fol). aXlonger (long), appriter 
(prtH) , aXtrister (triste), accommo- 
der (commode), — a.doucir (doux), 
aSfadir (fade), arrondir (rond), 
a^randtr(grand) , alourdir (lourd), 
assourdir (sourd). 

Abaisser, voy. has. 

Abandon, voy. ban. 

Abaque, du L. abacus (ta- 
ble). 

Abamourdir, voy. sourd 

Abatardir, voy. bdtard. 

Abattre, voy. battre. 

Abbaye, du L. Abbatia (m£me 

1 



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ABB 



ABB 



sens). — Pour la chute du t me- 
dial qui precede la voyelle accen- 
tuee abba{t)ia, comparez lesexem- 
ples analogues : abbesse (abbatissa), 
dge (aetaticum*) armure (armatu- 
ra), boj/au (boteilus), cahier (qua- 
ternum) carnet (quaternetum*), 
carreau (quadrateilum), chaine 
(catena), chair e (cathedra), censier 
(censitarius) , coing (cotoneum), 
chignon (catenionem*) , commuer 
(commutare) , couenne (cutenna*), 
coussin (culcitinus*) , coulis (cola- 
ticius*), crier (quiritare), delayer 
dilatare), divouer (devotare), do- 
loire (dolatoria), doner (dotare), 
douaire (dotarium) , duchesse (du- 
catissa*), icuyer (scutarius), em- 
pereur (imperatorem), itemuer 
( sternutare ) , faon (foetonem * ) , 
feu (fatutus*), grille (craticula), 
tnarier (maritare), mime (metipsi- 
mus), mitayer (medietarius* ), 
muet (mutettus), noel (natalis), 
Oublier (oblitare), poele (petalum*), 
poile (patella) pouvoir (potere*) 
brairie (prataria*), priau (pratel- 
lum*), poussif (pulsativus*), puer 
putere ) , rogner ( rotund iare* ), 
Quelle (rotella) , saoul (satullus) , 
*as (setaceunT), seau (sitellus), 
lecouer (succutere), soucier (solli- 
citare), terroir (territorium) , trier 
(tritare*), tuer (tutare), veau (vi- 
tellus ) , vertueux (vi rtutosus* ) , 
vielle (vitella) , vouer (votare). 

Abbe, du L. Abbatem (chef 
d'une communaute religieuse), 
mot introduit au iv e siecle dans 
la langue ecclesiastique par saint 
Augustin et saint Jer6me qui l'a- 
vaient emptunt6 du syriaque Abba 
(pere, vieillard); c'est ainsi que 
dans realise grecque, on donne 
aux moines de Tordre de Saint- 
Basile le titre de caloyer (en grec 
moderne xaXoyepwv, Utteralenient 
bon vieillard) . 

Dans abbatem la finale atem de- 



vient i en passant en francais 
comme dans : Apreti (asperitaf em) . 
autoriti (anctoritatem), beautS 
(beilitatm) , bonM (bonitatem) , 
orieveti (brevitatem), cherti (cari- 
totem) ,chritienti (christianitatem), 
cite" (civitatem), clarti (claritatem) , 
cruauti (crudelitatem) , durete (du- 
ritatem), ete (aestatem), faussete* 
(falsitatem) , fierti (feritafem), 
griiveti(gra.vitatem), tdcheti (laxi- 
tatem), loyauti (legalitatero), nai- 
vety (nativitatem) , nouveauti (no- 
vellitatem), papauU papalitatem), 
pauvreti (paupertatero), primauti 
(primalitatem), principauU (prin- 
cipalitafem) , privauti (privali- 
tatem),purete' (puritatcm), royautd 
(regalitatem) , santi (sanitatem), 
sureti (securitatero) , voUmti (vo- 
lunlatem) . 

A c6te de ces suffixes d'origine 
latine, il convient de citer les suf- 
fixes d'origine francaise (c'est-a- 
dire crees sur le modele dos suf- 
fixes latins, mais n'ayant pas de 
correspondants en latin) : Tels sont : 
grossiereti, honnitetij michancete", 
etc., former directement de gros- 
sier, mi chant, honnite. etc. 

Abbesse, vieux francais ab- 
biesse, pro vencal abbadessa, espa- 
gnol abadesa, i tali en abbadessa y 
— du latin Abbatis*a (mSmesens). 
Abba{t)issa a perdu son t medial, 
et est devenu le vieux francais 
abbiesse, d'ou par contraction 
abbesse. Sur la chute du t medial 
voyez le mot abbaye. — Quant au 
suffixe issa qui servait dansle latin 
de l'Empire a marquer le feminin 
(abbatissa. diaconmo, prophetic- 
sa, sacerdotmo, de abbatem , diaco- 
ncm, prophetam, sacerdotem), de- 
venu esse en francais, il est entr6 
dans un grand nombre de forma- 
tions nouvelles {&nesse, chanoines- 
se, comiesse, diablessc, duchesse, 
druide^ie, enchanterewa, hdlesse* 



yGoogk 



ABE 



3 



ABfi 



larronesse, maltresse, nigresse, pai- 
resse, yecher esse, pretrewe. prin- 
cesse, Xigresse, vengerwse. de dne, 
ehanoine, comte, diable, due, 
druide, enchanteur, hdte, larron, 
maitre, negre, pair, picheur, pr&- 
tre, prince, tigre, vengeur). 

Afeee*, au L. abscessus (meme 
sens). 

Abdlquer, du L. abdicare (re- 
no ncer). — D. abdication. 

Abdomen, du L. abd&nen (ven- 
tre). 

Afeee£dalre, du L. abecedarius 
(meme sens). 

A free, voy. We. 

if freille, du L. apieula (qu'on 
trouve dans Pline) diminutif de 
apis (abeille). — Pour le change- 
ment de p en b (apieula) , compa- 
rez : cdble (capulum*) t dot*bJe (du- 
plus), eabanne (capanna), cihouUe 
(caepula), gobelet (cupelletum*) , 
boutique (apotheca) , bruler (per- 
ustulare), vignoble (viniopulens), 
timbre (tympanum). Ce change- 
ment de p en b, avait deja lieu 
dans le bas-latin, ou Ton trouve 
abium pour qpium, noncobantis 
pour nuncupantis, subra pour su- 
prd, ruber pour super etc.... 

I e suffixe icula (amcula) devenu 
eille en francais (abeille), merit© 
que nous nous y arrStions un in- 
stant. On a vu dans VIntroduction 
de ce livre, qu'une des tendances 

Srincipales du latin populaire et 
es Ungues romanes est de reje- 
terlesmots primitifstels qtfagnus, 
apis, culex, pour les remplacer par 
des derives cr6es a l'aide de suf- 
fixes diminutifs (agnellus, apieula, 
cvlicinus). C'est surtout par les 
auatre suffixes aculus, eculus, icu- 
tutfUculus ques'est produite cette 
derivation. Accentuees sur l'ante- 
penultieme, ces suffixes, par la 
chute de Vu penultieme atone (voy. 
au mot able) devinrent respective- 



ment aclus, iclus, uclus et passant 
au francais : 

1 1° Actum devint ail, et acla de- 
vint aille : gouvernatl (gubernacw- 
lum) , sou pi rati (susniracu/um), 
maille (macula), tenailles (tenacu- 
la). — Sur ce modele le francais a 
forme attirail (attirer), tpouvan- 
tail (epouvanter), foentail (even- 
ter), travail fdu v. fr. traver). 

2° Eclum aevint il . goupil (vul- 

pecula, voyez au mot Gouptllon. 

3° Iclum, Ida devinrent eil, 

eille : orUil (anciennement arteil, 

| de aiticulus), sommeil (somntcu- 
lus*), soleil (soliculus*), pareil (pa- 
riculus*), vermei/ (vermicuiu**), 
— abeille (apieula), corbeille (cor- 
bicula), comeille f cornicula), Oreil- 
le (auricuto) ouati/e (anciennement 
oueille, de ovicula). Dans les deux 
mots ipieu (spiculum) essieu (axi- 
culus) qui etaient dans notre lan- 
gue espiel, essiel, la finale el s'est 
adoucie en eu. — lclum. Ida de- 
vient il, ille, dans peril (pericu- 
lum), chenille (czmcula*), chevMe 
(clavicula*), \entille (lenticula), 
grille (craticula*) vrille(vric\\im*\ 

. — fourmt'We (formiculo), fouiUe 

I (fodiculo). — Iculum devient icle 
aans article (articulus) vertc/e (vi- 

1 'liculusY 

| 4° Velum, Ucla deviennent ouil, 

j ouille : fenouil (fceuuculum), gre- 
nouille (vanucula*), quenouule, 

| (colucuiflr) , aiguille (acucula*^, 
panout'J (panucu/um*), — souille 
suculo). Au lieu de pou, genou, 
verrou, Pancienne langue disait 

| tres-correctement pouil, genouil, 

\ verrouil ( restes dans pouilleux , 
agenouiller, verrouiller), puisque 

! ces trois mots viennent respective- 

; mentde peduculum* ,genuculum* y 
veruculum*. 

Aberration, du L aberratio 
(6cart). 

\ Abetir, voy. Wte. 



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ABI 



ABI 



Abhorrer, du L. abhorrere 
(avoir^horreur). 

Abinte, vieux-francais abisme 
du L. abissimus*. — Les Romains 
employaientlesuffixe augmentatif 
isstmus a former des superlatifs 
non-seulement avec les adjectifs 
(sanctissimus, fort t'ssimus); mais 
dans certains cas avec les substan- 
tifs. Ainsi Plaute tire d'oculus, la 
forme ocuJissimus, les ecrivains de 
TEmpire creent domimssimus de 
dominus. Developpant ce proc6d6, 
la basse latinite* tira du substantif 
abyssus (abtme) la forme derivee 
abissimus qui, accentuee sur l'an- 
tepenultieme, devint en fr. abisme 
puis abime. (Sur la chute de Yi 
atone , voyez au mot dme.) — Quant 
a la suppression de 1'*, et a l'allon- 
gement de la voyelle par un accent 
circonflexe (abime pour abisme), 
ce phenomene est ordinaire en 
francais : albdtre (alabastrum) , 
dne "(asinus), aout(augustus), apd- 
tre (apostolus), appdt (adpastum), 
dpre (asper), ar£te (arista), arr£- 
ter (adrestare), dtre (asser), au- 
mdne (eleemosyna), bapt^me (bap- 
tisma), bdt (bastum *) b0te (bestia), 
bldmer (blasphemare), boite(bua:i- 
da), brwler (perustulare), champs 
tre (campestris), car&ne (quadra - 
gesima), chdtaigne (castanea) chd- 
teau (cast 3 '. 1 um), chdtier (castigare) 
chdtrer(castrare), ch£ne (casnus*), 
chev^tre (capistrum) clof tre (claus- 
trum), cloture (clausitura), connai- 
tre (cognoscere), cdte (costa), cow- 
ter (cosfare*), crGper (crispare), 
crdte (ciista), croftre (crescere), 
crotite (ciusta), empldtre(emplas- 
trum), epitre (eptstola), itre (es- 
sere)*, ev^que (episcopus), evdche" 
(episcopatus), faite (fastigium), fan- 
tdme (phantasma) , filer (fissu- 
lare*), fendtre (fenestra), fete 
(festa^. f or4t (foresta *) % fr£ne (fraxi- 
nus\ tilt (tustis), gdter (vastare) , 



gen^t (gentstum), gfte (jaritum), 
gottt (gustus}, gu£pe (vcspa), ho*te 
(hospitem), no'tel (hospitale), hul- 
tre (ostrea), ile (insula), impdt 
(impositum), jofUer (justare*), 
mdcher (masticare), maitre (ma- 
gister), mdle (masculus), mardtre 
(matraster*), m£ler (miseulare), 
m^me (metipsimus*) mout (mws* 
turn*), naftre (nascere), dtage (ob- 
sidiaticum), dter (haustare*) pal- 
tre (pascere), pdmer (spasmare*), 
pdque (pascha), pdquerette (pas 4 - 
cua*) paraftre (parescere), pdtre 
(pastor), pdte (pasta*}, pdture (pas- 
tura), pifche (persica) , ptfcher (pis- 
care), pldtre (plastrum), pr£t (praes- 
tus*;, prater (praestare), pr^tre 
(presbyter), prevdt (praepositumj, 
prot^t (protestare*) puin6 (post), 
qu^te (quaesita), rdcler(rasculare}, 
rdcher (rasicare *), rdteau (rastei- 
lum), saumdtre(salmaster), suppdt 
(suppositum) , tdter (taaiitareM, 
temple (tempestas), tfite (testa), 
t(5t (tostus*), v^pre (vesper), vtftir, 
(vestire), vdtre (vester *). 

Dans : tfcouter (auscultare), ar- 
batete (arcubalista^ aubepine (al- 
baspina),b^tail (be*tiale),centi^me 
(centesimus), cmvtien (christia- 
nus^, connetable (comes stabuli), 
drfpit (despectum), d^pouiller (des- 
poliare), ddtruire (destruere), dtf- 
tressefdistrictiare*), dtftroit (du- 
trictus), d^vier (de-ea?-viare), eche 
(esca), ^cluse (ea;clusa*) t fttu (fes- 
tuca*), huitieme (octesimus), li- 
v^che (levisticum), manfcage (ma- 
rescus * ) , m^teil ( mixtell um * ) , 
metier (ministerium), n^fle (mespi- 
lum), p^trin (pistrinum), ptftrir 
(pisturire), r^ponse (responsa), ti- 
pir (respectum), r^tif (restivus *), 
t^moin (testimonium), — et dans 
les composes formes a l'aide des 
prefixes dts (fr. d^...),ex (fr. ^...). 
minus (fr. nti ..), trans (rr. tr6...y 
et des sons initiaux sc, sp t H (fr. 



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ABI 



ABL 



ith,.. 4p..., it,...) tels que ichelle, 
de scafo, ^ptne de spina, 4tat de 
statum), — s latin disparalt et sa 
chute est marquee par la presence 
d'un accent, ordinairement aigu, 
sur la voyelle precedente. 

Enfin * latin (et les equivalents 
%, e, qui deviennent sen francais), 
disparaissent sans laisser de traces 
dans : ajouter (adjuxtare*), ainiti6 
(amicitatem*), aiitour (asturera), 
atelier (hastellarius*), autruche 
(avisstruthio),baume (Balsam um], 
cet(ecciste),chacun(quisqueunus), 
compote (composite *), coutume 
(costuma *), coudre (consuere), ci- 
terne (cisterna), futaille (fustalia}, 
flacon (flasconem *) , gui (viscum), 
guimauve (viscum malva), hallier 
(hasla*), hideux (hispidosus), ini- 
mitie (inimicitatem), louche (lup- 
ous) , lambruche (labrusca), lice 
ilycisca), mouche (musca), moule 
musculus), moutarde (mustum *), 
moutier (monasterium), maigris 
(macresco), moineau (muscionel- 
lus*), malotru (male-astrosus), mu- 
guet (muscatus), naquis (vieux-fr. 
nasquis), notre (noster), outarde 
(avis tarda) t plut6t(plustdt) poterne 
(posterula), poteau (postellus), se- 
tier (seoptahus), soupcon (suspicio- 
nem), soupirer (suspirare), sou- 
pirail ( suspiraculum ) , soutenir 
(sustinere), valet (vassalettus*). — 
Sans parler des cas ou s est place 
entre deux consonnes, tels que : 
montrer (monstrare). 

A quelle 6poque Ys latin dispa- 
rut-il de la prononciation francaise? 
Bien quel'* ait persist dans la plu- 
part des mots que nous venons de 
citer, jusqu'au Dictionnaire de PA- 
cademie de 1740, en fait, il nese 
prononcait plus des le xn* siecle. 
On trouve (indice precieux de la 
prononciation) apotre et s'&crier 
(au lieu d'apostre et s'escri«rj|<lans 
un texte frangais du xn 9 siecle, — 



| ibahis, ttoile, ipaule (pour esba- 
' his, ettoile, espaule), dans un texte 
du xm* siecle (ces deux textes ont 
] ete publies dans le Jahrbueh fur 
Romanische Literatur, vi, 313 , et 
I v, 398. 

J Us latin persiste en francais dans 

un tres-petit nombre de mots : 

accoster (accostare*). asperge (a*. 

paragus). cadastre (capitastrum), 

! dispos (aispositus). faisceau (fas- 

. cellus), festoyer (festa) , flasque* 

| (flasquidus*}, juste (Justus), cuis- 

tre (custor*), langouste (locusta), 

mauvisque (malvaviscum), menes- 

trel (ministerialis), pasteur (pasto- 

1 rem), poster (positare), posture 

fpositura), poste (posita),rescous?e 

(rescussa), resler (restare), registre 

(regestum), restreindre (restrin- 

gere) , souscrire (suscribere *) , 

soustraire (sustrahere *} ? — esca- 

, beau (scabellum), escalier (scala- 

I rium) escient (scientem), esclan- 

dre (scandaluro), esclave (slavusL 

espace (spatium), espece (species). 

esperer (sperare), esprit (spiritus), 

esquille (schidula*), ester (stare) 

Abimer, derive deabime. Voy 

ce mot 

Abject, du L. abjectus (vil.).— 
D. abjection. 

Abjurer, du L. abjurare (re- 
noncer) D. abjuration. 

Ablatlf, du L. ablativus (cas 
qui marque l'extraction) 

Ablation, du L. ablatio (re- 
tranchement). 

Able, du L. albula (petit pois- 
son blanc). Le mot devrait 6tre 
alble et non able : mais le bas-latin 
qui dit abula pour albula, montro 

aue, de tres-bonne heure, cet I avait 
isparu, par raison d'euphonie, 
comme dans faible (flebilis), che- 
tille (clavicula), qui donneraient 
regulierement flaible , et cleville ; 
ces deux I cons6cutifs eussent ete 
trop ditficiles a prononcer. 



y Google 



ABL 



6 



ABO 



Quant a la disparition de u dans 
able (albula), elle s'explique par la 
loi de persistance de l'accent latin 
en francos (voyez {'Introduction 
de ce iivre), et par la chute de 
loute voyelle atone (telle que u 
dans albula) qui suit la voyelle ac- 
centuee. C'est une regie absolue 
dans le francais populaire que tous 
les suffixes latins inaccentues (c'est- 
a-dire dont lapenultieme est atone), 
tels que His (amabilis), Ulus (popu- 
lus), Ula (tabula) disparaissent en 
francais, par la chute de leur avant- 
derniere vovelle ; dans le cas pre- 
sent, ii est facile de verifier cette 
regie pour le suffixe ulus, ula : 
angle (anguks), cable (capulum) , 
chartre (cartu/a), cercle [circulus), 
eomble (c\imulum\ couple (co- 
pula), chapitre (capitalum), cou- 
verele (coopercuZum), ecueil (sco- 
pulus ) , ensouple ( insubuium ) , 
epingle (spinwZa), etable (stabu- 
lum), fable (fabuJa), furoncle (fu- 
runculus), hieble (ebulum), lie 
(insula) , marne (marguta) , merle 
(meruJa), meule (metula), moule 
(muscufus), moule (moduJuro), 
oncle (avunculus), ongle (unguia). 
oeil (oculus), peuple (populus), po- 
terne (posterula), regie (reguJa), 
role (rotulum), sable (sabulum), 
seille (situ/a) , siecle (saecuium, 
socle (soccu/um), sangle (cingu- 
lum), titre (titulum), tuile (te- 
gula), trouUe (turbula*), traille 
(tragwia), table (tabu/a), vieux (ve- 
tulus). 

. D'ailleurs, cette suppression de 
la p6nultieme atone n'est point 
progre au francais : on trouve sae- 
clum, poclum, vinclum chez les 
comiques latins, pour saeculum, 
poculum, vinculum; les inscrip- 
tions du temps de I'Empire sont 
pleines de formes telles que oro- 
clum, tabla, stablum pour oracu- 
lum, tabula, stabulum, et le fran- 



cais n'a fait ici que continuer une 
tendance propre au latin. 

AbtcUc, poisson du genre able, 
(voy. ce mot). Ablette signitie 
proprement petite able, le suffixe 
ette servant a former des diminu- 
tifs :aiguillet(e (aiguille), alouette 
(v. fr. aloue) , amourette (amour) * 
belette (v. fr. bele), boulette (boule), 
brayette (braie), brochette (broche), 
cassette (casse), charrette (char), 
chaussette (chausse), colleretle (col- 
lier), cuvette (cuve), e'paulette 
(epaule) , fossette (fosse), fourchette 
(fourche), lancette (lance), levrette 
(lievre), lunette (lune), manchette 
(manche), noisette (noix), paillette 
(paiile), pincette (pince), sellette 
(selle), trompette (trompe). — L'o- 
rigine du sufnxe ettequi n'est point 
I latin, est inconnue. 

Ablution, du L. ablutio (action 
de laver). 

Abnegation, du L. abnegatio 
(renon cement). 

Aboi, substantif verbal d'a^ 
boyer. On appelle substantif s ver-» 
| baux une serie d'environ trois cents 
substantif s qui ne correspondent a 
I aucun type latin, et ont et6 formes 
j directement d'un verbe francais, 
( en retranchant la terminaison de 
i'infinitif : le latin apportare, ap- 
pellare, purgare, etc... donne a 
notre langue apporter, appcler, 
purger : a leur tour ces verbes, 
par la suppression de la desinence 
infinitive (apporter, appeler, pur- 
ger) forment les mots apvort. ap- 
pel , purge, dont l'original n'existe 
pas en latin et qui sont dits sub* 
stantifs verbaux. C'est ainsi qu'o- 
boi a ete tir6 d'aboyer, comme 
charroi de charroyer, convoi de 
j convoyer, effrbidu v. fr. effroyer f 
emot du v. fr. imoyer, emploi de 
employer, envoi de envoyer, octroi 
| de octroyer, renvoi de renvoyer, 
I tournoi de toumoyer. — Cette crea- 



y Google 



ABO 



ABO 



tion de substantifs, par la mutila- 
tion du verbe, s'opere encore de 
nos jours , et nous disons la catse, 
une surface de chauffe, mots tires 
des verbes casser et chauffer; ce 
fait nou3 montre la persistance des 
lois du langage, et la sfirete avec 
laquelle rinstinct populaire pro- 
cede, dans la formation de mots 
nouveaux. — II est a remarquer, 
que tous (ou presque tous) les sub- 
stantifs verbaux sont tires de verbes 
appartenant a la premiere conju- 
gaison (voyez au mot absoute Im- 
plication de ce phenomene). 

Aboi qui designe le cri du chien 
(nous disons aujourd'hui aboie- 
ment), est rest6 dans la locution 
aux abois. On dit que le cerf est 
aux abois, quand il est serre de 
pres par les chiens, et poursuivi 
par leurs aboiements. Ce terme de 
chasse a pris un sens figure, et 
Hre aux abois signifie aujourd'hui 
ttre a toute extremity. 

Aboiement, voy. aboyer. 

Abollr, du L. abolere (mettre a 
neant). — D. abolissement, aboli- 
tion. 

Abomlner, du L. abominari 
(abhorrer). — D. abominable, abo- 
mination, 

Abowutew, du L. abundare 
(menie sens). — D. abondant, 
abondance. Voy. surabonder. — 
L'adverbe abondamment, ecrit plus 
correctement dans notre ancienne 
langue abondantment , est forme 
de Padjcctif abondant et du suffixe 
went qui est toujours le signe d'un 
adverbe. On sait quelle est I'origine 
de cette formation adverbiale : les 
suffixes latins e, ter, qui servaient 
a former les ad verbes (prudenter, 
docte, sane) disparurent parce 
qu'ils n'etaient pas accentues, et 
pourcreer une classe de mots, por- 
tant grammaticalement le signe 
<ta l'adverbe, la langue franchise 



dut avoir recours a d'autres suf 
fixes : elle adopta pour cet usage 
le substantif mens, qui avait pris 
cbez les ecrivains de PEmpire le 
sens de maniere, de facon, etc. : 
Bona mente factum (Quintilien), 
Devota mente tuentur |Claudien), 
iniqua mente concupiscit (GRi- 
goire de Tours) , etc. Cet ablatif 
mente joint a un adjectif au femi- 
nin, donna l'adverbe francais en 
ment : Bona, cara, devotamente, 
— Bonne, chere, devote-ment. 

Mais les adjectifs qui avaient, 
chez les Romains, une terminai- 
son pour le masculin et une pour 
le feminin ( bonus , bona ) , en 
avaient aussi en francais une pour 
chaque genre (bon-bonne), ceux 
I qui avaient en latin une seule ter- 
minaison pour les deux genres, 
; n'en avaient aussi qu'une en fran- 
i cais : ainsi de grandis, legality 
prudens, regalis, viridis, fortis, 
abundans, etc., et en fran$ais,des 
adjectifs grand, loyal, prudent, 
royal, vert, fort, abondant, etc., 
qui etaient de genre invariable 
dans notre ancienne langue. II en 
resulte dans le cas particulier qui 
nous occupe, que les adverbes for- 
mes avec les adjectifs de la pre- 
miere categorie (tels que ton, 
bonne) eurent toujours Ye feminin 
au radical : bonne-ment, chere- 
ment, devote -ment , et que les 
adverbes formes avec les adjectifs 
de la deuxieme categorie (tels 
que grand, loyal, abondant, etc.) 
n'eurent jamais d'e au radical : 
au treizieme siecle, on disait con- 
formement a Petymologie loyal- 
ment, grand-ment, fort-ment, abon- 
dant -ment, etc. Le quatorzieme sie- 
cle ne comprenant plus Porigine de 
cette distinction, et ne voyant plus 
pourquoi dans certains adverbes. 
l'adjectif etait au feminin , tandis 
qu'il restait (apparemment), au 



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ABO 



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A BR 



masculin dans d'autres, ecrivit 
loyalEment , vihment , grandE- 
ment, etc ...; barbarismes en con- 
tradiction avec l'histoire du mot 
et la logique — Abondantment , 
si on lui etit applique cette re- 
gie, fut devenu abondantEment , 
comme presentment (present), de- 
vint prisentEment : mais ce mot 
conserva sa forme ancienne et re- 
guliere, et abondamment est au- 
lourd'hui a Padjectif dbondant dans 
le meme rapport que ardemment, 
arrogammenty bruyamment, com- 
plaisamment , concurremment , 
constquemment . constamment , 
differemment , diligemment , eU- 
gamment, eioquemment, eminem- 
ment, e"tonnamment % ividemment, 
excellemment , galamment , in- 
cessamment , independamment , 
innocemment, instamment, m4- 
chamment, negligemment , non- 
chalamment, notamment, obli- 
geamment, opulemment, patiem- 
ment, pesamment, plaisammmt, 
precddemment, pressamment, pru- 
demment , puissamment, recem- 
ment, savamment, sciemment, suf- 
fisamment, vaillamment, violem- 
ment, sont a ardent, arrogant, 
bruyant, complaisant, concurrent, 
consequent, constant, different, di- 
ligent, elegant, Eloquent, eminent, 
etonnant, evident, excellent, ga- 
lant, incessant, indevendant , in- 
nocent, instant, mechant, negli- 
gent, nonchalant, notant, obli- 
geant, opulent, patient, pesant, 
plaisant , precedent , pressant , 
prudent, puissant, recent, sa- 
vant, scient, suffisant, violent, 
vaillant. 

Abonner, du substantif bon; 
s'abonner est, a Torigine, prendre 
un bon pour recevoir, a jour fixe, 
un objet determine. — D. abonne- 
ment. 

Aborder, voy. bord, — D. 



abord, abordage, abordable, t*io- 
bordable. 

Aborigine, du L. aborigines 
(meme sens). . 

Abomcr, voy. borne. 

Abauchcv, du subst. bouche. 

— STaboucher avec quelqu'un, si- 
gnifie litteralement se mettre bou- 
che a bouche, avec lui. 

About, Abotttit; voy. bout. 

Aboycr, du L. adbaubari , 
compose de baubari (aboyer). — 
Au de adb&ubari est devenu oi r 
ou oy en francais (aboyer), comme 
dans cloitre (clawstrum), ;oie (gau- 
dia), joyau (gaudiellum), noise 
(nausea), oie (auca), oiseau {au~ 
cellus). — Le b medial de adbau- 
(b)art' a disparu du mot aboyer, 
comme il a disparu dans oyant 
de ha(b)entem, dH de de(h)utus% 
eu de ha{b)utus*, rogne de ro- 
{b)iginem y saorre de sa<b)urra, 
sombrer de su(b)umbrare*, son f er 
de su(b)undare*, taon de fa(b)a- 
num, tuyau de tu{b)eUum, viorne 
de vi[b)urnum , nue de nu(b)em. 

— D. aboiement, aboyeur. 
Abwegw, du L. abbretiare, 

qui est dans Vdgece avec le sens 
de raccourcir. — Ce mot presente 
un exempie du changement de vi 
latin (abbrertare) en g (abreger), 
phenomene philologique impor- 
tant, et qu'il convient d'6tuaier. 
Chez les Romains, Vi et le / n'a- 
vaient a Porigine qu'un seul et 
meme son : Quintilien nous Paf- 
firme, et cette indecision a long- 
I temps persist^ dans Pecriture; les 
anciens manuscrits, comme les li- 
1 vres imprimes jusqu'au milieu du 
| xvii* siecle, confondent Pt et le f, 
et ce n^est qu'en 1750 que PAca- 
demie recut le ; dans son Diction- 
naire comme une iettre nouvelle. 
. C'est ainsi que l't latin a pu dans 
I certains cas devenir j en francais 
(ou ch, ou g doux, qui sont des 



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ABR 



ABR 



lettres Squivalentes) ; Hierosoly- 
ma, Bieronymuty hyacinthus, Si- 
mla , diumus , vindemia , ont 
donne Jerusalem, Je'rdme, jacin- 
the, singe, jour, vendange, preuve 
evidente que le peuple prononcait 
Hjerosolyma ,. H]eronymus , h\a- 
cinthus, simja, dyurnus, vindemia. 
D'ailleurs ce changement de l't en 
;, ou, comme disent les Allemands, 
cette consonnijication de Ft . n'est 
point propre au francais : il avait 
deja lieu a Rome, dans la langue 
du peuple ; tandis que la langue 
litteraire disait hyosciamus, le la- 
tin populaire transformait ce mot 
en jusquiamus, et de cette forme 
vulgaire rapportee par Vegece est 
Tenu notre mot francais jusquia- 
me; le francais, on le'voit, ne fait 
ici que continuer une tendance 
propre au latin. — Ceci pose, on 
voit clairement comment pipio- 
nem, tibia, rabies, Dibionem , 
diluvium, cambiare*, abbreviate 
sont devenus respectivement pi- 
geon, tige, rage, Dijon, dtluge, 
changer, abre"ger, etc.... — 11 s'est 
opere dans ces mots deux transfor- 
mations successives : 1° le change- 
ment de l't en j, pipionem y tibia, 
rabies, Dibionem, diluvium, cam- 
biare, abbreviare, ont ete pro- 
nonces pipjonem, tibja, rabjes, 
Dibjonem, diluvjum, cambjare, ab- 
breviare ; 2° ce changement de l't 
en j , amene la rencontre et le 
choc de deux consonnes , pipio- 
nem devient pipjonem. Or il ar- 
rive dans ce cas que la premiere 
des deux consonnes disparatt : 
suBJectus, devient sujet, et do»$us, 
do*; de meme pipjonem, tibja, 
rabjes, Dibjonem, etc..., ont donne 
pyonem, tija, rajes, Dijonem, 
dtlujum, camjare, abbrejare, d'ou 
pigeon, tige, rage, Dijon, diluge, 
changer f abriger, etc .. 
Voici la liste complete de ces 



changements de to, le, to, ¥u, en 
j,g,cn. ('On reraarquera queta, ie, 
to, precedes d'une con son ne forte 
(p, f. etc....) donnent ch; que pre- 
cedes d'une consonne douce(d,b,r), 
ilsdeviennentordinairement/oug: 

1° Ch : &che (apt urn), approc/ier 
(approrptarc*), Chchy (Cliptacum), 
galoc/ie (calopedta*), proc/ie (pro- 
ptus), reprocher (repropiore*), sa- 
che (sapt'am), sac/iant (saptentem) 
seiche (sepia). 

2° J: donjon (domntonem*). gou- 
;on (gobionem), /acinthe (hyacin- 
thus) , jour (dturnum), journal 
(diurnalis). — On trouve deja jor- 
nalis, et \ornus, dans les chartes 
carlovingiennes. 

3° G : abreger (abbreviare), all& 
ger (allevtare), assizer (assediare), 
changer (cambiare), deluge (dilu- 
vium), danger (dominianum), es- 
courgee (excoriata), frange (fim- 
bria), flageolet (Hauttolus*), leger 
(leviarius*) , louange (laudemiaj, 
liege (levtum) , pigeon (piptonem), 
rage (rabies), sage (sapius), sieger 
(sediare), songe (somnium), son- 
ger (somniare), Saintonge (San- 
tonia) , singe (simium) « sauge 
(salvia), sergent (servtentem), sou- 
lager (subleviare), tige (tibia}, ven- 
dange (vendemta), verger (viridia- 
rium). 

C'est de la meme man i ere que 
s'est opere le changement de ia , 
£o. &u, en \e, ge, dans les mots 
tels que deusque (jt/sque), cavea 
(cage) etc. 

Dans les formes regulieres lati- 
nes, lanea, cavea, commeatus, 
hordeum, deusque, Ye fut de 
bonne heure remplace* par t\ et 
bien avant les temps merovingiens, 
les inscriptions offent commune- 
ment les formes lania, cavia, com- 
mialus, hordium, diusque [de me- 
me qu'en francais leonem devient 
lion); ainsi ramenees de ea.tu, A 



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ABS 



10 



ABS 



ia, iu, ces dipbthongues se com- 

{>ortent comme on T'a vu tout a 
'neure, c'est-a-dire que Ft de- 
vient /, et lania, commiatus, ca- 
via, hordium, diusque, prononces 
lanja, commjatus, cavja,hordjum, 
djusque, donnerent respective- 
ment lange, conge", cage, orge> 
jvsque, etc.... 

Voici la liste complete des mots 
de ce genre : la, lo, iu deviennent 
ch apres une consonne forte, j ou 
g apres une consonne douce : 

1° Ch : roche (rupea). 

2° J * je (ego, plus tard eo). jus- 
que (deusque) , jus (deorsum), ca- 
jdler (caveolare*). 

3° G : auge (alvea), cage (cavea), 
cierge (cereus), conge (commea- 
tus), etrange (extraneus), grange 
(granea), lange (lanea) , linge (li- 
nea), longe (lumbea), neige (nivea), 
orge (hordcum), plonger (plum- 



beare), rouge (rubeus). 

. _ ore 
D. abreuvoir. 



Abr cuver, voy. breuvage. — 



Abrevlateur, du L. abbrema- 
tor. 

Abrevlatlon, du L. abbrevia- 
tionem. 

Abvi, etymologie inconnue. — 
D. abriter. 

f Abrleot, venu au seizieme 
siecle de Fespagnol albaricoque , 
portugais albricoque.— D. abrico- 
tier. 

Abroger, du L. abrogate (an- 
nuler).—D. abrogation. 

Abrupt, du L. abruptus (es- 
carpe). 

Abrutlr, -tesement, v. brute. 

Absclsse, du L. abscissa (cou- 
ple). 

Absent, duL. absentem (meme 
sens). — D. absence, du L. absentia. 

Abslde . du L. apsidem (voute). 

Absinthe, du L. absinthium e 

Absolution, du L. absolutio- 
nem (acquittement). 



Absorber, du L. dbsorbere (a- 
valer). — D. absorption. 

Abso%*dre, du L. absolvere (ac- 
quitter). — Ce mot etait dans notre 
ancienne langue absoldre, plus 
anciennement absoWe, formes qui 
6clairent la route s^ivie, et mon- 
trent mieux, la marcbe du mot 
latin. Absolvere est devenu o5- 
solre par la cbute irreguliere de 
Ye penultieme atone (voyez atten- 
dre) ; a son tour absolre est devenu 
absoldre par Intercalation d'une 
lettre nouvelle, entre les deux li- 
quides. On sait combien ce pheno- 
mene philologique est frequent 
dans notre langue : 

Les mots comme humttis, cu- 
mulus, danslesquels la penultieme 
breve tombait, devenant hurofts, 
ciimius, etc..., les deux liquides 
(ml) se trouvaient alors en pre- 
sence, et pour eviter ce choc desa- 
greable, on intercala la lettre b, 
humlis devint hum-(byie ? ctimlus 
devint com~(b)4e. — Voici ces in» 
tercalations : 

1° ML devient mU : htimilis 
(humble), cumulus (comble), si- 
mulo (semble), insimuJ(ensembJe), 
tremutare (trembler). 

2° MR devient mbr : numerus 
(nombre), camera (chamore), Ca- 
meracum (Cambrai), cucumerem 
(concombre), camerare (cambrer), 
marmor (marbre\ 

3° LR aevient Idr .• moudre, fou- 
dre, uoudre, dans lesquelsl'u est 
un aaoucissement de t, etaient en 
vieux francais moldre (m6lere), 
foldre (fulgur) ? poJdre (putoerem), 
formes qui mieux que le francais 
moderne montrent comment s'est 
oper£e la permutation. 

4° NL devient ngl : spinula (e- 
ping/e). 

5*NR devient ndr :cinerem(cet*- 
dre), ingenerare (engendrer), plan* 
gere tolaindre), ponere (ponareX 



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ABS 



11 



ABS 



summonere (semondre), gener 
(gendre), tener (tendre), Por- 
tus-Veneris (Port-Vendres), Vene- 
risdies (vendredi), minor (moin- 
dre). 

Enfin,au treizieme siecle, absol- 
dre subit une derniere transfor- 
mation; I s'adoucit en. u, et nous 
arrivonsala forme presents absou- 
dre. (Pour Fhistbire de cet adou- 
cissement de I en u, voyez au mot 
agneau). 

Abm&ute, vieux francais absoUe, 
du L. absolute, (d6livree). — Abso- 
luta participe passe de absolvere a 
en frangais deux formes • absoute, 
qui est accentuee sur le radical 
(absdluta), — et absolue qui est ac- 
centuee sur la terminaison. On dit 
que la premiere forme est forte t et 
qu'absoute est un participe passe 
fort, — que la seconde forme est 
faible, qu 1 absolue est un participe 
faible. (Sur cette distinction, voir 
ma Grammaire historique de la 
Langue francaise, p. 200-220). — 
On voit par Vexemple de absoute 
participe devenu substantif (et 
nomme pour ce motif substantif 
participial) que les langues ro- 
manes et le francais en particulier 
possedent la faculty remarquable 
de former des substantifs avec les 
narticipes passes : c'est ainsi que 
nous disons un recu, un fait, un 
du, qui sont les participes passes 
de recevoir, faire, devoir. Mais 
c'est surtout avec les participes fe- 
minins, issue, vue, 6touff6e, venue, 
avenue, etc., que s'exerce cette 
propriety. Le nombre de substan- 
tifs obtenus par ce proc6d£est con- 
siderable, car notre langue forme 
des substantifs avec les deux clas- 
ses de participes, les forts aussi 
bien que les faibles : 

1° Avec les participes faibles (ou 
reguliers) : chevauchee, accouchte, 
fauchee, tranche" e> avenue, battue, 



true, diconvenue, entrevue, iten* 
due, issue, revue, tenue, etc. 

2* Avec les participes forts (oa 
irr^guliers) : un dit, un joint % un 
re"duit, un trait (tractum), etc.... 
La plupart des participes forts de 
Pancien francais, tels que vente 
(vendita), prirent en francais mo- 
derne la forme faible (vend-ue),— 
disparurent en tant que participes 
passes, mais persisterent en fran- 
cais, sous la forme de substantifs. 

Voici la liste de ces participes 
forts (ou de tous ceux qui pre- 
sentent quelque interSt) bors d'u- 
sage comme participes, et conser- 
ves encore comme substantifs*, 
« liste interessante surtout au point 
de vue de l'bistoire de l'accent la- 
tin, dont ils dlmontrent la puis- 
sance au temps de formation de la 
langue. » 

En regard de l'ancien participe 
fort devenu substantif, et de son 
radical latin, nous placerons la 
forme moderne, c'est-a-aire le par- 
ticipe faible correspondant 

1. Premiere conjugaison : em- 
plette, implicita (employee), — 
exploit, explicitum (eploye'). 

2. Troisieme conjugaison. — 
meute, mota (mite), et son com- 
pose Emeute, emota (emue). — 
points, puncta {poindre au sens 
de piquer, pilngere). Ce mot est 
rest£ comme participe dans l'ex-» 
pression courte-pointe, vieux fran* 
$ais coulte-pointe, du latin culciUx 
puncta . — course, cursa (courue). 
— entorse, intorta (tordue). — 
trait, tractum, et les composes 
por-trait, retrain traite, etc.... — 
source (surgie), et son compose 
ressource. Le verbe est sourdre 
(surgere). — route, rupta (rotn- 
pue) y et ses composes deroute, 
banqueroute , c'est-a-dire banque 
rompue. — defense, defensa (de'' 
f endue), et les congeneres offen- 



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AGA 



12 



ACC 



te, etc. — tente, tenta (tendue), 
et les composes a/ten te, detente, 
entente, etc.... — rente, reddita 
(r endue). — pente , * pendita (pen- 
due), et les composes soupente, * 
suspendita (suspendue). — vrnte, 
vendlta (vendue). — perte, perdita 
(perdue). — quete, qua?sita et les 
composes conquete, requeue, en- 
queue . — recette, recepta (regue). 
— dette, debita (due). — re- 
ponse, responsa (repondue). — 
eute, electa (due). 

On remarquera que la premiere 
conjugaison , a laquelle appartien- 
nent(nous I'avons vu au mot aboi\ 
presque tous les substantia ver- 
baux, n'a produit par cela m£me, 
qu'un tres-petit n ombre de sub- 
stantifs participiaux. 

Absteme, du L. ab&temius (m. 
s.). 

Abstenlr. du L. abstinere (pri- 
ver). — D. abstention, abstinence, 
du L. abstinentia (continence). 

Abstergcr, du L. abstergere 
(nettoyer). — D. abstersion. 

Abstraction, du L. abstrac- 
tionem (enlevement). 

Abotralre, du L abstrahere 
(detourner), voy. traire. — D. 
ibstrait. Voy. traiU 

Absurd e, du L. absurdus (de- 
sagreable a Toreille) — D. absur- 
dity 

Abui, du L. abusus (mauvais 
usage). — D. abuser, abusif. Voy. 
au mot des abuser. 

Acubit, qualite bonne ou mau- 
vaise d'une cbose ; ce mot avait a 
Torigine le sens d'achat; et s'est 
restreint par la suite a l'objet 
achet6 , a Tetat ou ja la condi- 
tion de l'objet achete, enfin aux 
qualites de tout Tobjet en gene- 
ral. Acabit est une corruption du 
bas latin accapitum qui dans les 
coutumes sign i fie droit d' entree, 
et n'est lui-meme qu'un compo- 



st barbare du latin caput (rede- 
vance). 

Acacia 9 mot latin introduit 
dans notre langue par les bota- 
nisteSj et qui designait chez les 
Romains le robinier a fleurs blan- 
ches : plus heureux que beaucoup 
d'autres noms botaniques (mimosa, 
salvia, etc..) qui restent confines 
dans le vocabulaire des savants, 
acacia a pris pied dans la langue 
populaire, ou il est maintenant 
etabli au ineme titre que les mots 
latins comme factum, examen t 
omnibus, lavabo, etc.... 

Academic, du L academxa 
(jardm voisin d'Athenes ou Platon 
enseignait, puis par extension, 
toute reunion de savants ou de 
philosophes). — D. acaddmique, 
acadimicien. 

t Acajou, mot americam, im- 

porte en Europe au dix-huitieme 

siecle, avec le bois qu'il d£signe. 

A canine, du L. acanthus 

(meme sens) 

Acuriutrc, gtymologie incon- 
nue, voy. chere. 

Accabier, qui signifie, a Tori- 
gine, jeter par terre, renverser, 
ecraser sous un choc, derive du 
vieux francais cable (comme atta^ 
bier derive de table). — Ce mot 
cable qui designe dans notre an- 
cienne langue une machine de 
guerre servant a lancer des pierres 
| est a Torigine caable, plus ancien- 
nement cadable, et vient du bas. 
I latin cadablum, cadabulum qui 
1 avait le nieme sens Cadabubim a 
I son tour derive du grec xataCoX^ 
; (renversement) Ce mot nous est 
venu des Byzantins, comme beau- 
coup d'autres termes d'art mili- 
taire du moyen age 

Sur la chute de Vu p6nultieme 
1 dans cadab(u)lum = cadable, voi! 
i au mot able — Quant a la dispari- 
I tion du d medial ca(d)ablum, qui 



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ACC 



13 



ACC 



doime cadaUe f puis caable, et 
cable, ce phenomene est ordinaire 
en trancais, temoin aimant de o(d)- 
amantem, asseoir de assizer e, 
bailler de ba(d)aculare* , bayer de 
ba(d)are, b^nt'r de bene(d)icere , 
chance de ca(dfcnfta, caotr de 
c«(d)erc, c/iute ae ca(d)ufa*, con- 
fer de confi(d)are * , confian ce de 
con/?(d)en*ia, croyance de crf(d)en- 
Ita, crud de cru(d)eJts, cre'ance de 
cre(d)«ntta, cruauti de cru(d)eJtfa- 
Jem, dtfnw^ de derjw(d)a<Ms, d£- 
che'ance de deca(d)entia , diman- 
chede die{d)ominica , icMance de 
esca(d)en4?a*, enfouir de tn/o(d)e- 
re, envahtr de mt?a(d)ere, /feat de 
fi(d)elis, fiancer de /i(d)enfiare*, 
/ler de /frd)are, /outr de fo(d)ere. 
fouiller de fo(d)iculare* , gfia'teuJ 
de </fo(d)ioJu$), gravir de </ra(rl)i- 
re*, joy aw de 0au(d)teMum, j- m> 
de 0au(d)er«, joyeux de 03w(d)to- 
tfn», nit/ de ;*tt(d)a?ns, ioiter de 
Iau(d;are, rnoeiie de me(d)nMa, 
me" chant de Tntnttsca(d)entem * , 
mottle" de tne(dye totem, mot/m de 
ttie(d)tawtt$, moyen de mo(<i)»*oius, 
niats de ni(d)acem, noiter de no- 
(d)are, noueux de no(d)osus, nef- 
toyer de mft(d)are, ob^t'r de obe- 
(djtre, ouir de au(d)ire, parvis de 
para(d)isw*, p^« depe(d)af icum*, 
pion de pe(dW/em), pou de pe- 
(d)uclus *, prestfance de pra?si(d)en- 
tta, ravcon de re(d)empfionem , 
*uer de su(d)are, suaire de sw(d)a- 
ftum, *&nr de severe, stance de 
se(d)e7tfta, trahir ae fra(d)ere, fra- 
/it'jon de fra(d)iftonem, iraitre de 
tra(d)itor, t'otr de i;t(d)ere , — pour 
ne citer ici que les cas ou la con- 
sonne m&iiale d precede la voyelle 
tonique. 

Accaparer, ce mot, qui signi- 
fie originairement acheter, en 
dormant d'avancedes arrhes, toutes 
les marchandises d'un marche, 
pour les revendre a un prix fac- 



tice, est une corruption du bas- 
latin accaparrhare, dont le primi- 
tif caparrhare, est forme de capere 
et de arrha (arrhes), litteraleoient 
prendre a arrhes. 

I Acceder, du L. accedere (meme 
sens) . 

Accelerer, du L. accelerare, 
(hftter). — D. acceleration. 

Accent, du L. accentus (into- 
nation). — D. accentuer, accen- 
tuation. 

Accepter, du L. acceptare (re- 
cevoir). — D. deception, accepta- 
ble, acceptation. 

Acces, du L. accessus (entree). 
— D. accessoire. 

Accessible, du L. accessibilis 
(dont on peut approcher). 

Accession, du L accessionem 
(action dapprocher). 

Accesslt, mot latin, introduit 
dans le Ian gage scolaire . acce&sit 
signifie litteralement il s'est ap- 
proche" (du prix) sans y atteindre. 

Accident, du L. accidentem 
(ce qui arrive). — D. accidentel. 

Ac clamor, du L. ace lam are 
(crier). — D. -ation. 

Acclimater, voyez climat. 

Accointance , frequentation, 
derive d'accointer (frequenter), 
voyez ce mot. 

Accointer, frequenter, du L. 
accognitare* (meme sens), verba 
forme du participe cognitus (con- 
nu). — Sur la creation de verbes 
nouveaux a l'aide de participes la- 
tins, voir V Introduction, p. xxxiv. 

En comparaot accogn(\)lare k 
accointer, on voit aisement que Yi 
bref atone qui precede immediate- 
ment la voyelle latine tonique a, 
a disparu, et q\i'accogn(L)lare, de- 
venu accogn'tare a donn6 accoin- 
ter, comme pugnus . unctum, Ion- 
gk y punctum, out donne poing, 
oint, loin, point. 

On sait que cette chute de la 



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AGG 



Ik 



ACC 



voyelle atone breve precedant im- 
mediatement la voyelle tonique 
avait deja lieu dans le latin popu- 
late : ou le latin classique disait 
alabaster, coag(ti)lare y pos(l)tu- 
ra, vel{&)ranus, le latin populaire 
disait albaster, coaqlare, poslura. 
vetranus. Le francais a developpe 
cette tendance propre au latin, et 
on a fait une regie generate que 
Ton peut ainsi formuler : Toute 
voyelle atone pre'ce'dant imm6dia- 
tement la voyelle accentuee comme 
i dans san(i)tatem, et e dans coe- 
m(e)terium, disparaiten francais 
si elle est brdve (san[tjtatem de- 
vient sant6), et persiste, si elle est 
longue (coem[e]terium devient ci- 
meiiere). C'est en vertu de cette 
regie qu'accognifttare a perdu sa 
voyelle t, en passant au francais. 
Yoici les exemples qui confirment 
cette loi, et en demontrent la per- 
siatance : 

1° Avec la voyelle A : albdtre de 
al{tybastrum , — bouvreuil de bo- 
(S)rtolus*, — denre'e de den(a> 
riata*, — sevrer de sep{$)rare. 

2° Avec la voyelle E : ancitre 
de antecessor, — abreuver de 
adbibtyrare* ', — armoise de ar- 
(tejim'sw, — bercail de t>er (va- 
cate, — breuvage de bib(£)rati- 
cum*y — cambrer de cam{&)rare t 

— chambriere de cam(&)raria, — 
cervoise de cer{8)visia, — cervelle 
de cer$)bella, — cerveaude cere- 
bellum, — cendreux, de ctn(6)ro- 
sus, — cerfeuil de caer(&) folium, 

— couvrir de coop(&)rire, — de*- 
nombrer de dinum{$)rare, — di- 
sirer de dest(d6)rare, — destrier 
de dext[&)rarius,- — engendrer de 
ingen(&)rare, — ermite de er(e> 
mtla. (Ce mot est bref dans Pru- 
dence) — livrer de lib[S)rare, — 
lettri de litt{&)ratus, — merrain 
de mat(g)rtamen, — madrier de 
mat(&)riarius* 9 — me'nestrel de 



minist{&)rialis , — o/fWr de o/RS)- 
rere*, — offrande de off{&)renda* t 

— oievrer de op(6)rare, -- out?ricr 
de op(6)rart'tw. — puree de ptp(e> 
rata , — palefroi de parat?(e)re- 
dus, — recouwer de recup(S)rare 9 

— souffrir de sufft&yrere , — tem- 
per de temp(&yrare, — terser de 
vert?(6)cartu$. 

3° Avec la voyelle I : accointer, 
de accogn(i)tare , — accouder de 
accttfe(i*fare, — allumer de adtii- 
m(l)nare, -- amertume de amar(Q- 
tudinem, — amtWde amt'(ci) to- 
tem*, — dnter de as(i)nartu*, — 
aumaille de an(i)moit'a, — dprete" 
de asper(j[)to<em, — arpent de 
ar(i)prants , — arfcmseau de ar- 
b(6)ricellus , — archal de aier(I)- 
chalcum, — arracher de era(dl)- 
core, — bonte 1 de fron(I)tatem, — 
beaute" de 5eW(i) totem, — bondtr 
de bomb (i) tare, — bouger, de 6u- 
J(I)eare, — cadastre de cap (I) tan- 
trum*, — cadet de cap(i)tettum, 

— cuider de cog (ft tare,— cadet de 
cap(i) tettum, — cerner de etr(cl)- 
ware, — cerneau de ctr(tf)nelluf, 

— charmer de carmfljnare, — 
charniere de card(I)naria , — 
chauffer de cal(&)facere, — cio- 
c/ier de clopp(!)care*, — . rfdtwre 
de claus{i)tura t — cite* de ct(vl)- 
tatem, — chaudiere de cai(I)da- 
rta, — clergi de cJer(!)cafu#, — 
c/ierte* de car (i) totem , — comU de 
com(i)tatu«, — cruaute* de crude- 
ly) tatem , — coucUe de cub (i) tata, 

— charger de carr(i)care, —com- 
mencer de ct*min(i)tt*are, — com- 
munauti de communai(i) totem, 

— cheptel de cap(I)fate, — ckre- 
tiente de christ ian[i)tatem, — c/ie- 
vaucher de cabaMfljcare, — 'clarM 
de clar(I)tatem, — convolver de 
cuptd(I)tare*, — cousin de cuZ(I) 
ct'nus, — dompter de dom(I)fare, 

— douterde dw6(I)tore, — dortotr 
de dorm^tortuwi, — dtmer de de- 



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c(i)mare y — demoiselle de domi- 
n(i)cceUa y — damoiseau de domi- 
n[t)cellus , — donjon de dom(I) nio- 
nem*, — danger de dom(I)nta- 
rium*, — e'chauder de earcald}- 
dare* , — epancher de eajpand(i)- 
corc*, — essaimer de exam(\)nare, 

— Scorcher de escor(X)care*, — 
itourdir de extorp(I)dtre, — <foet*J- 
Jer de em'0(I)tore, — itabiir de 
tfa&OQkre, — /ierte* de fer(L)tatem, 

— fcoute' de fidel® totem, — fan- 
yeux de fam(L)cosus 9 — forger de 
fa6r(I)carc. — ficelle de /W(I)ceJto 

— ficher de (/tyl)care, — fougere 
de JiiOQcarta, — germer de grer- 
m(l)nare, — Writer de heredbX)- 
tare, — h&ritier de hered(i)larius- 

— hideux de histytydosus, — horn- 
mage de /iom(I)na(tcum, — hdtel 
de /<o*(pi)toie, — entamer de tn- 
tom(f)nare, — inimitit de inimi- 
(cl) totem, — juger de yu(di)care, 

— jauger de qualify care . — 
jouvenceau de juuenflQceMt***, — 
ftnteau de Wm(X)fettu**, — tomtere 
de iuw(I) nana, — loyautt de £e- 
0aJ(i)totem, — lointain de Jon#U)- 
tormw*, — mdcher de m<w(ii)care, 
•— mouture de moi(f)fura, — meu- 
nitr de mo/(l)narittfii, — monceau 
de mon(ticeitfcm, — na</er cfe na- 
v(T}gare, — nommer de nom(i)na- 
re, — nouveaute' de novell(i)tatem, 
•— narawer de nar(I)care*, — or- 
niere de orb(I)tarta, — oiseau de 
at?(I)eeMu$, — orfraie de os*(l)- 
fraga, — otogre de obs())diaticum, 

— porter de pos(l)tare t — peigner 
de pcc(tf)nare, — poussin. de 
pti/i(I)cenu*, — preacher de pr#- 
(di)care, — posture de »os(i)Mra , 

— papauti de papai(iQtotem, — 
parcelle de part(i)celto, — pencher 
de pend(jQcare, — pinceau de pen- 
n(2)citfum, — plonger de p/um- 
(bl)care, — ponceau de j>un(l)ccl- 
lus, — primauU de prima/(I)to- 

em. — pnnctpau/^ de principa- 



1(1) totem — privauU de prtt?ai(I)* 
to/em, — raetne de ra(dl)ctna, — 
royauti de re</a((I)totero, — ron-. 
flrer de rum(I)^are, — rdcher de 
r<w(I)care*, — rtnceau de ram(\)- 
cellum, — repentir de repcm(l)(e^ 
re, — r&eau de re(lf)ceUum, — 
retentir de relinn(I)tore, — rutt- 
| xeaw de ri(\t)cellus y — semailles 
de sem(I)naha, — counter de *a- 
l(t)narius t — soucier de *oM(i)- 
cttore, — semaine de *ep(tf)mana, 

— jentter de sem(i)tortum, — 
saussaie de faJOQceturo , — souder 
de *oi(I)dare, — souctotn de su- 
o(I)tonettf*, — temer de sem(f)na- 
re, — «//ler de sifti)lare, — «a« 
rete* de secur{l)tatem, — *an(^ de 
*an(I) totem, — toter de tax(I)tore, 

— tinter de ttnn(I)tore , — te'moin 
de fe*f(I)monuim, — vernir de 
vttr(Qntre, vanter de van(I)tore, 

— vet'Mer de i?t^(i)tore ? — venger 
de i?tn(dl)care, - verdir de rtr(i)- 
dare, — verger de vtrGQdtartum. 

4° Avec la voyelle : coucher 
de coll{<b)care, — corvie de eorr(o> 
goto y — etJ^cAe* de episc(6)patus f 

— eroMee de tnv(6)toto, — levrier 
: de /ep(6)rortti«, — horloge de /io- 

r(6)logium, — marbr6 de mar- 

1 mfyratus, — poitrine de pec<(6)- 

1 rtna*, — potfrati de pect(6)rale, 

i -- perstl de petr(6)selinum [tcc- 

TpoaeXivov ] , — tournois de tw- 

r(6)nen«i«, — vautrer de toW(ti)- 

tore*. 

5° Avec la voyelle U ; ambler 
de amb[ii)lare, — affubkr de a//i- 
b(ti)tore, — bailler de baj[x£jlare, 

— bdcler de bac(d)tore, — 6ow- 
cier de buc{Q)lare, — bnUer de 
pefusf(u)tore*, — cailler de coa- 
g(ti)tore, — compter de comp(tt)- 
tore, — cercler de circ(tt)/ore. — 
croiiierdecorot(Cl)tore, — como/ef 
de cum (<i) tore, — coupier de co- 
p(u) tore, — cintrer de ctntf(tt) ra- 
re. — chancir 4© ean(tt)*ire. — 



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einglerde cing(H)lare, — eonter 
de comp{xL)tare y — emprunter de 
improm(&)tuare, — Wrangler de 
$ t rang{vL)lare , — fabliau de fab(u)~ 
lellus, — filer de fiss{ix)lare, — 
fouiller de fodic{H)lare, — /wWer 
de uM(ii) tare, — jongler de;oc(u> 
lare, — jongleur dejoc(a)latorem, 

— tneTerde misc(u)larc, — mon- 
ger de mod (tt) (are, — marguillier 
de ma<rtca)fariMs, — ourJer de 
or(fl)/are, — peuplier de pop(u)- 
Jariu**, — ptirir de pisf(a)rt're, 

— peupler de pop(u)Zar e, — y>out7- 
leux de pedic((i)M)su£, — pirilleux 
de pmc(Cl)/osus, — fdcZcr de ras- 
c(u)iare*, — miller de rad(u)lare, 

— rouJer de ro*(ti)lare t — rtgler 
de reg(tl)lare , — *arcltr de sar- 
c(u v Jare, — soieiMerdesttc(u)tare, 

— sablon de sab(ti)Jon*m, — sem- 
bler de s»m(a)Jare, — tanglier de 
ttftgt( d){am), — sangler de cin- 
<;(u)Jare, — tableau de tab(ti)^- 
Jus, — JroubJer d turb(ti)lare, — 
trembler de trem{H)lare , — ongf/^e 
de un0(ii)Jafa. — r07in de t?i(ttt)- 
Unus , — jat'Wir de jac[Xi)lari. 

f accolade, venu au seizfr- 
me siecle de l'italien ace o lata 
(m. s.). 

ifccolet* , voy. eol. — Accom- 
moder, voy. commode, — D. ac- 
commodement. 

if ceom pet gnet*, -me*U, voy. 
compaction. 

if ccomplit*, du bas-latin ac- 
complere*, compost forme de la 
preposition ad, et du verbe classi- 
que complere (accomplir). — D. 
accomplissement. 

Ve long accentue de complete, 
est devenu i en francais (accom- 
plir), comme dans aholt'r (anolere) , 
appartenir (adpertineYe), avertir 
(avertere), charptr (carpSre) , d'ou , 
charpie), empltr (implere), fleurtr 
(florae), jouir (gaude*re), languir 
{tanguSre), moistr (muctfre), offrir 



(offe-rere*), pourrtr (putrere*), re- 
penttr (repoenitere) souffrtr (sunere- 
re*), soutentr (sustinere*) tenir (te- 
nere). — E latin accentue devient 
encore i en francais, so it quand il est 
long dans : Alt'se (Alesia), boutique 
(apotheca), brebts (vervecem), cire 
fcera), complies (compietae), con- 
vi (confectus), eglise (ecclesia), 
t'vre (tfbrius), loistr (licere), mai- 
gn's (macresco), merci (mercedem), 
nt (ne), pris (prensus), pousst'n 
(pullicenus), parchemtn (perga- 
menum), pays (pagensis), pirje 
(pejor), pis (pejus), raisin (race- 
mus), registre (regestum), six 
(sex), tapis (tapetum), venin (vene- 
num). plaisir (placere), — soit 
quand il est brer, dans : dtx (de- 
cern), dime (decima), engin (inge- 
nium), 6pice (species), hermine 
(Armenia), lis (lego), mi (medius), 
nie (nego), prie (preco) . prto? (pre- 
tium), souct (solsequium) , Venise 
(Venetia), persil (petroselinum, irt- 
Tpo<T6>evov), 'ire (legere). 

E latin non accentue, ou atone, 
devient i en francais quand il est 
long, dans : tci (ecce-bic), icelle 
(eccilla), issu (exitus*) ? ivraie 
(ebriaca), ptneeau (penmcillum), 
diner (decanare) , — quand il est 
bref dans : ivoire febureus), liv£- 
che (ievisticum\ olifant (elephan- 
tem), pton (pedonem), scter (se- 
care). 

Accord, substantif verbal de 
accorder (voy. aboi). 

Accordcr, du bas-latin aecor- 
dare*j derive" de corda (coeurs), 
qui signifie propremeot raettre les 
coeurs d'accord, les reconcilier. — 
Au figure, ce mot a pris en musi- 
que le sens de mettre en harmo- 
nie, a Tumsson. — D. accordeur, 
de'saccorder (disaccord), raccorder 
(raccord). 

+ Accort, venu au seizieme sie-^ 
cle de l'italien accorto (fin, avise). 



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Accomter , dd bas latin occo*- 
tare compose de costa (c6te). — 
Accosler signifie originairement, 
toucher a la cdte, aborder. — Sur 
la persistance de Ys dans accosler, 
voir ail mot abime. 

ilceotet*, Etymologic incon- 
nue. — D. accotement. 

Accouche*, derive de couche, 
comme aboucher de bouche. — Voy. 
au mot couche. — L'histoire de ce 
mot est un exemple de ces res- 
trictions de sens dont nous avons 
parle dans V Introduction . accou- 
cher, au douzieme siecle, signifie, 
comme I'indique son etymologie, 
se mettre en la couche, s'aliter. 
Mathieu de Montmorency, dit Ville- 
hardouin, accoucha malade , et 
tant fut agreve" (aggravatus), qu'il 
mourut. Joinville, malade, se 
sert de la meme expression : « Et 
pour les dites maladies, faccou- 
chai au lit malade, en la mi-ca- 
rime. » — Accoucher qui, a l'ori- 
gine, signifie seulement se mettre 
au lit, se rest reign it bientdt au 
sens de s'aliier pour cause de ma- 
ladie, et plus tard s'aliter pour en- 
fanter; et par m6 tap ho re Taction 
elle-mSme d'enfanter. 

Accowder, du L. accubitare 
(venu de cubitus, coude). — Trois 
changements ont eu lieu dans ce 
mot : 1° la chute de Yi bref atone 
qui precede immediatement la 
voyelle tomque accub(\)tare , con- 
formement & la regie ci-dessus 
demontr6e au mot accointer. — 
2 a Par cette chute de Yi, b eU mis 
en presence, et brusquement rap- 
procbes accub'tare, sechangent en 
d, accouder. Ce changement de bt 
en d, se retrouve dans les mots 
suivants : bontfir ( boinbiJare ) , 
coude (cubitus), coudee (cubttata), 
gourde (cucurbita), orniere cor- 
ruption du vieux franc, ordiere 
(orbifaria) , soudain (subitaneus). 



— 3*Le changement de u latin en 
ou: accub'tare = accouder. 

U latin accentue devient on en 
francais, quand il est bref dans : 
joug (juKum), loup (lupus), od, 
(ubi), arbouse (arbuteus), gou/e 
(gula), vautour (vulturius) , — 
quand il est long par nature, dans : 
coucou (cuculus), — quand il est 
long par position, dans : boucho 
(bucca), boucle (buccula*), bourg 
(burgus), bourre (hurra), bourse 
(bursa*) , carrefour (quadrifur- 
cum), coupe (cuppa), coude (cu- 
bitus), cours (cursus),courbe (cur- 
va), court (curtusj.croilte (crusta), 
deroute (derupta) , aouMe (duplus*) , 
douille (ductilis), ensouple (insu- 
bulum), etouppe (stuppa), four 
(furnus), fourche (furca), foulque 
(fulica*), godt (gustus), goutte 
(gutta), gourd (gurdus), gourde 
(cucurbita), houppe (hupupa), jour 
(diurnum),loura (luridus*), louche 
(luscus) , langouste (locusta), lou- 
tre (lutra), mouche (musca), moule 
(musculus), motU (mustum), ours 
(ursus) , outre (utrem), poule (pui- 
la), pouls (pulsus), poutre (pulie- 
trus ) , pouppe (puppis) , pourpre 
(purpura), pousse (pulsa*), res- 
cousse (rescussa), rouge (rubeus, 
rubjus*), rouille (rubicula*), route 
(rupta), roux (russus), soill (satul- 
lus), sous (subtus), sourdre (sur- 
gere), sourd (surdus), secousse 
(succussa), secours (succursus*), 
souple (jupplex), souffre (sufiero), 
tour (turris), tourbe (turba), tourd 
(turdus), toux (tussis), trouble 
(turbulo). 

U latin non accentue ou atone, 
devient ou en francais, quand il 
est bref, dans : couenne (cuten- 
na*), couver (cubare). coucou (cu- 
culus) , gouverner (gubernare), 
gouvernail (gubernaculum), jou- 
venceau (juvenicellus) , secouer 
(succutare *), sou vent (subinde), 



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— quand il est long par nature, 
dans engloutir (inglutire), pou- 
pee (pupata *) , glouton (gJuto- 
nem, — quand il est long par po- 
sition, dans: aj outer (adjuxtare*), 
bouclier (buccularius *) , bouger 
(bulicare*). bourrique (burrica*), 
couette (culcita*), courir (currere) , 
courtier (curatarius*), douter (du- 
bitare), 6tourneau (sturnellus*) , 
fourneau (furnellus*), fouler (ful- 
lare*), foulon (fullonem), jouter 
(juxtare*),nourrir (nutrire), nour- 
risson (nutritionernj, poulain (pul- 
linus) , pourpier (pullipedem) , 
pourrir (putrere*), poussif (pulsa- 
tivus*), pousser (pulsare), recou- 
vrer (recuperare) , routine (rup- 
tina *), soudain (subitaneus *), 
souvenir /subvenire), sourire (su- 
bridere*), soumettre (submittere), 
secourir (succurrere *) , souffler 
(suf flare), souffreteux (suflractus*) , 
souffrir (sufferere*), soulager (sub- 
leviare *), soulever (sublevare), 
souiller (suculare*), soupcon (sus- 
picibnem) , soupir (suspirium), 
soupirail (suspiraculum) , sourcil 
(superciiium) , soutenir (sustinere) , 
souterrain (subterraneus) , sou- 
verain (superanus *) , tourtereau 
(turterellus) , tousser (tussire), 
tournois (tuionensis) , troubler 
(turbulare). 

Aceoupler , voy. couple. — 
D. accouplement. 

Accourcir, voy. court. — D. 
raccourcir. 

Accouri* ,du L. accurr ere (cou- 
rir vers) , compos6 du verbe currere 
(courir). — Currere ayant la p6- 
nultieme breve, et Paccenttonique 
sur u, doit donner non pas courir, 
mais courre (reste* dans le terme 
de venerie, courre le cerf). II y a 
eu ici un deplacement fautif de 
l'accent latin, deplacement qu'on 
retrouve aussi dans gemere, quae- 
rere % fremere, qui ont donn6 dun 



■ c6t6 les formes r^gulieres geindre, 

I querre^ freindre, — de Pautre les 

formes irregulieres frtmir, quirir, 

ge'mir, cependant ce deplacement 

! de l'accent tonique n'est point le 

fait du francais; il remonte au latin 

l rustique qui a cdte des formes 

: proparoxytones gemere, quaerere } 

\ fremere, currere, avait ct66 des 

I formes oxytones en ire, et disait : 

gemire, quaerire, fremire, currire 

I (on a trouve gemtre pour gemere 

dans une inscription decouverte k 

Vienne, en 1860), d'ou sont venus 

I courir, frtmir, ge'mir, que'rir. — 

• Ce fait explique du mfime coup et 

| justifie la formation des 15 verbes 

; suivants, accentues en latin sur 

I l'antep6nultieme, et en francais sur 

| la penultieme : agir (agere), con- 

i struire (construere) . de'truire (des- 

truere), fouir (fodere), enfouir 

(infodere), envahir (invader e), 

faillir (fallere), gesir (jacere), ra- 

vir (rapere) , trahir (tradere) , vo- 

mir (vomere), avertir (avertere), 

convertir (convertere) , flechir (flec- 

tere), r6gir (regere). — Plusieurs 

de ces mots, agir, rigir, semblent 

modernes et d origme r6cente ; il 

n'en estrien, car ils auraient donnS 

non pas agir et rigir, mais ager 

(agere) , riger (reger.e) , comme 

imprimere a donne impirimer, et 

tixere tisser. 

Sur le changement de u latin 
(accurrere) en ou (accourir), voir 
au mot accouder. 

Accow t t»e»», ,Jccou< n e m e»<, 
etymologie inconnue. 

Accottttimer , if ccowftt- 
tnoMce, voy. coutume. 
Aecredlter, voy. credit. 
Accrocy substantif verbal (voy* 
abot), de ace roclwr comme raccroc 
Pest de raccrocher. 
Accrochcr. voy. croc 
Accroire, au L. accredere (a- 
j outer foi). — Accredere & subi trois 



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changements saccessifs pour arri- 
ver au francais : 1° ll est d'abord 
devenu accred're par la chute re- 
guliere de la voyelle e penultieme 
breve (voyez cette regie au mot 
attendre). — 2" Par cette chute de 
Ye latin, d et r mis en presence, 
(accred're) se chaogeant en r (ac- 
croire), comme dans carftme 
(quadragesima),chaire (cathedra), ' 
croire (credere), conclure (conclu- 
des), d6sirer(aesiderare),exclure 
(excludere) , occire (occidere), i 
quarante (quadraginta), raire (ra- 
dere), fire (ridere). — 3° e latin . 
devient oi (accred're = accroire) . ! 
E latin accentue devient ot enfran- | 
cais quand il est long par nature j 
dans: avoir (habere) , avoine (ave- 1 
na), cot (quietus), choir (cadcre), 
chaloir (calere) , doulotr (dolere) , 
devoir (debere), espotr (sp«res) , 
fotre (fcriae), hotr (heres), lor le- 
gem), manotr (mancre), mouvoir 
(movere),mot (me),palefroi(para- 
veralus), pleuvot'r (pluere), pou- 
votr (potere*) , rot (rcgem) , seoir 
(sedere), sotr (serus), sot (se), soie 
(seta), tot (te) , totle (telum) , trots 
(tres),votle (velum), valotr(valere), 
voit (videre) , voulotr (volere*) , — 
quand il est long par position dans 
croire (credere), croCtre (crescere), 
droit (directus) , etoile (stella), 
mot's (mensis), motsson (messio- 
nem), potds (pensum) , poele (pen- 
sile) , privots (privensis*) , totse 
(tensa), toit (tectum). — II n'est 
pas inutile de rapprocher de ces 
formes falloir (fallere), savoir (sa- 
pere), et les verbes en ....cevotr 
(recevotr, concevoir, decevoir, etc., 
de recipere, concipere , decipere) , 
qui accentu6s en latin sur Pantfe- 
penultieme, ont deplacS l'accent 
sur la penultieme en francais ; cette 
erreur remonte sans douieau latin 
rustique 
£ latin inaccentu6 ou atone de- 



vient ot en francais, quand il est 
long dans loyal (legalis), loyaute 
(legalitatem), pottrine (pectorina*), 
pottrail (pectorale), royal (regalis), 
royaute (regalitatem), royaume (re- 
galimen*), soixante (sexaginta), 
voiture (vectura), — quand il est 
bref, dans: doyen, (decanus), noyer 
(necare). 

Dans un grand nombre de mots, 
tels que paraitre (parescere), fai- 
ble (flebilis), crate (creta), taie 
(theca), lisais (legebam), qui sont 
dans notre ancienne langue pa- 
roitre, lisois, foible, etc., Ye latin 
est devenu ai francais en passant 
par la diphthongue oi. 

ifcct*o»*t*e, du L. accrescere 
(croitre) a subi quatre changements 
pour passer au francais : 1" Chute 
reguliere de Ye penultieme bref 
(voyez cette regie au mot attendre); 
accrescere devient accrese're — 
2° Entre s et r ainsi. rapproches, 
intercalation euphonique d une den- 
tale : accres're =accre$-t-re, comme 
dans ance'tre (antecessor), altre 
(asser), croftre (crescere*), con- 
nattre (cognoscere), coudre (con- 
suere), etre (essere*), naitre (nas- 
cere) y pattre (pascere), paralfre 
(parescere), tistre (tixere). — 3° 
Changement de e latin en ot (qui 
a ete 6tudi6 au mot accroire), ac- 
cres're ou accres-t-re devient ac- 
croisfre qui est la forme du vieux 
francais. — 4° Ce vieux francais 
accroistre perd Ys (comme on l'a 
vu au mot abime), le remplace 
par un accent circonflexe , et 
donne la forme moderne atcroitre. 

Accroupir, voy. croupe. 

AccueiM) substantif verbal de 
accueiUir (voy. abot). 

Accueittir, du bas latin accol- 
ligere* (reunir, rassembler), derive 
du verbe classique colligere (re- 
cueillir) — Accolligere a subi trois 
changements pour arriver au frau- 



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ACC 



20 



AGH 



cais : 1° Ye latin ]>enultieme bref a 
disparu, conformement a la regie 
demontree au mot attendre ; ac- 
collig(e)re est devenu accottic/re. — 
2° Par cette chute de l'e latin, g et 
r etant mis en presence se sont 
changes enr (accolhc;Ve= accueil- 
lir), comme dans entiere (inteora) , ' 
flairer (frac/rare) noire (nigra), | 
pelerin (pereprinus) , paresse (pi- i 
oritia), cueillir (colho're), eiire 
(Slic/'re) , frire (frip're), lire (lec/'re). 
— 3° Vo deaccollig'ere est devenu 
ue: accolligere=accueillir, comme 
dans cueillir (colligere) , ecueil 
(scopulus), cercueil (sarcopha- 
gus.) : J 

En vieux francais, le son ue est 
dans certain cas Pequivalent du 
son eu, ceu ; ou nous disons bceuf, 
deuil, meute, cceur, le vieux fran- 
cais disait buef, dueil, muete, 
cuer 9 mots qui elaient prononces 
d'ailleurs comme ceux d'aujour- 
d'hui ; cette transformation de buef 
en bceuf, de cuer en cceur, nous ' 
montre qu'accolligere ayant donne 
accueillir, a l'originedela langue, 
ce mot devrait 6tre ecrit aujour- 
d'hui accceuillir, conformement a 
la prononciation logique. 

Quant au changement de o latin 
en eu, ou en ses equivalents eu, 
ceu, votci les cas ou il se rencon- 
tre. latin accentue devient en 
francais eu, ceu, quand il est bref 
dans': bceuf (bovem), queux (co- 
quus), cceur (cor), deuil (dolium*), 
feu (focus), feuiile (folium), jeu 
(jocus), lieu (plus correctement en 
vieux francais leu, locus), meule 
(mola), Meuse (Mosa), neuf (novus 
neuf (novem) . preuve (proba) , sceur 
(soror), seuil (solea), veux (volo) ; 
— quand il est long par position 
dans ailleurs (aliorsom), aveugle 
(aboculus*), ceuvre (opera), peux 

Eossum), peupie (populus), meu- 
le (mobihs), ceil (oculus), treuil 



torculus) : — quand il est long par 
nature dans heure (hora), emeute 
(emota), fleur (florem), leur (illo- 
rum), meute (mota), mceurs (mo- 
res), neveu (nepotem), nceud no- 
dus), prieur(priorem*),ceuf (ovum), 
queux (cotem), seul (solus), sei- 
gneur (seniorem), vceu, (votum) — 
couleur (colorem), douleur (dolo- 
rem), douceur (dulcorem) , pasteur 
(pa si o rem), et tous les suffixes en 
eur (voir au motatoreur), — amou- 
reux (amorosus*) et tous les suf- 
fixes en eux (voir au mot amou- 
reux) 

latin non accentue ou atorie, 
devient eu. quand il est bref, dans r 
demeurer (demorare), jeudi (jovis- 
dies) , — quand il est long, dans : 
pleurer (plorare) , meunier (moli- 
narius), peuplier (popular! um). 

ylcettlef, voy. ciU, 

Accumuler, du L. accumulate 
(entasser). — D accumulation. 

Accuser, du L. accusare (meme 
sens). — D. accusation, -attur, 
-atif 

Acerbe , du L. acerbus (aigre) 

— D. acerbiU. 

if eeVet* , garnir le fer d'acier, 
pour rendre un instrument plus 
tran chant. — Ace'rer vient non 
pas de la forme moderns acier, 
mais du vieux francais acer qui est 
la forme primitive de ce mot (voyez 
acier) : ace'rer est venu de acer, 
comme ulcerer de ulcere. 

Acetate, Aceteux, Aeetl- 
que 9 mots savants tires du L. ace- 
tum (vinaigre). 

Achalamder, voy. chaland. 

Acharncr , du bas latin acar- 
nore*, tire de carnem (chair)* 
comme decarnare ( decharner ) 
qu'on trouve dans Vepece. — 

— Acharner, avait a Forigine, 
comme acarnare, le sens de don- 
ner aux chiens, aux faucons, le 
goat de la chair, par suite exciter, 



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ACH 



21 



AGH 



irriter les chiens, ou les faucons. 
Ge mot , qui est dans le principe, 
unterme ae cbasse, s'etendit bien- 
t6t au sens d'irriter en general. 
Sur ces extensions de sens, voy. 

p. XXI. 

Au point de vue philologique, il 
faut signaler dans acharner, le 
changement du c latin en ch (acar- 
nare) . 

C latin (ordinairement dur), de- 
vient ch francos, — 1* au com- 
mencement des mots dans: champ 
(campus) , chance ( cadentia * ) , 
chaine (catena), chef (caput), c/iair 
(caro),chevre(eapra),chien (canis), 
chose (causa), champgtre (campes- 
tris) , champion (campioneoi *) , 
chicoree (cichoreum), chenal (ca- 
nalis), chape (cappa) chapeau 
(capellum*) chapelle (capella*), 
cheptel (capitale) , charnei (carna- 
lis), charnier (carnarium), chaire 
(cathedra, chaloir, (calere), chalu- 
meau (calamellus) , chaleur (calo- 
rem), chambre (camera), chancel 
(cancellus), chanceler (cancellare*), 
chancir (canutire), chancre (can- 
cer) chandelle (candela), changer 
(cambiare *) , chainoine (canonicus), 
chanson (cantionem *), chantre 
(cantor) , chanter (cantare) , chan- 
tier (canterium), ihanvre (canna- 
bis), chapeler (capulore), chapiteau 
(capitellum), chapitre (capitulum), 
chapon (caponem*), char (carrus), 
charger (carricare), charbon (car- 
bonem), c?iardon (cardonem*), 
chorrier (carricare) , chert6 (carita- 
tem), charme (carmen), charm e 
(eirpmus) , charniere (cardinaria*, 
charpentier (carpentanus), charpie 
(carpere * ) , charrue ( carruca ) , 
chartre (career), chasse (capsa), 
chasser (captiare*), chaste (castas), 
chasuble (casibula*) , chat (catus*), 
chataigne (castanea), chateau (cas- 
tellum), chignon (catenionem*), 
chatier (castigare) , chatouiller (ca- 



tulliare*), chatrer(castrare), chaud 
(calidus), chaud i ere (ealdaria*), 
chauffer (calefacere*),* chaume 
(calamus ) , chausse ( calceus) , 
chaussee (calceata*), chauve (cal- 
vum) ? chaux (calcem), chef (caput), 
chemin (cammus), cheminee (ca- 
minata*), chemise (cam i si a), che- 
nal (ca nalis), chenil (canile), che- 
nille (canicula *) , chenu (canutus) f 
cheptel (capitale) , cher (cams), 
cherte (caritatem), chere (cara), 
chercher(circare) , ch6tif (captivus), 
cheval (caballus) , chevaucher (ca- 
baliicare), chevecier (capicerium*) , 
chevetre (capistrum) , cheveu (ca- 
pillus) cheville (clavicula), chevre 
(capra) , chevreuil ( capreolus") , 
chez (casa). chien (cams), chicne 
(ciccum), chiche (cicer), choir (ca- 
dere), chose (causa) , chou (caulis); 
— 2° au milieu des* mots dans : 
arche (area) acharner (acarnare*), 
coucher (collocare), chevaucher 
( caballicare * ) , chiche ( cicer ) , 
duche (ducatus), decharner (de- 
carnare), decheance (decadentia), 
duchesse (ducatissa*), eche (esca), 
echeance ( excadentia * ) , echelle 
(scala), echevin (scabinus}, ecor- 
cher (excorticare*) , enc/ievfitrer 
( incapistrare ) , epancher ( ex- 
pandicare*) , farouche (ferocem), 
fourche (furca), grieche (graeca), 
marche (mercatum), marchant 
(mercatantem *). macher (mas- 
ticare), manche (manica), man- 
chot ( mancus * ) , mechant (mi- 
nuscaaentem*), miche (mica), 
mouche (musca), pecher (piscare) , 
pencher ( pendicare * ) , perche 
(pertica), perche (perca), perven* 
the (pervinca), planche (planca*), 

{>orcher (porcarius), pouhche (pul- 
ica*), pitcher (praedicare) , tanche 
(tinea). 

Achut, substantif verbal (voy. 
aboi), tire duvei be achater, forme 
ancienne de acheter (voy* ce 



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ACH 



22 



ACH 



mot). — Achat vient d'oc/iater, 
comme 4clat de tcldter. 

ilehe/du L. apium (ache). — 
Sur le changement de pi (apium) 
en cfc (ac/ie), voy. abreger. 

Achcminev , if chemitte- 
men^ voy. cfcemin. 

Acheier, du bas-latin accap- 
tare (acquerir), compose du latin 
classique captare (prendre). Le 
provencal dit acaptar, — le vieux 
francais disait achater (d'ou achat) y 
plus anciennement acaler (Frois- 
sard dit oc/iapter), formes qui con- 
firmed toutes la derivation de ac- 
captare. 

Pour aller de accaptare a ache- 
ter t nous trouvons trois change- 
ments philologiques. 1° cc latin 
(accaptare) devient ch (ac/ieter), 
comme dans : boucJie (bucca), ba- 
chelier ( vaccalarius * ) , bfic/ie 

ibecca), broc/ie (brocca*), cloche 
chlocca) , ehiche (ciccum), mcu- 
cher (muccare*),p6cft6(peccatum), 
secfte (sicca), sicker (siccare), va- 
che (vacca). 2° pt (acaptare) est 
devenu t (acheter), comme dans : 
chltif (captivus), alroute (derupta), 
Icrit (scnptus), route (rupto*), rou- 
tine (ruptina*), rofure (ruptura*), 
confer (compare), hdte (hospi- 
tem), h6(el (bospitale). Ge change- 
ment de pt en t, n'est point propre 
au francais, il avait deja lieu dans 
le latin populaire , et Ton trouve 
dans plus d'un document duv«sie- 
cle et du vr* scriius pour wriptu*, 
cativus pour caption*, etc.... Le 
francais n'a fait ici, comme dans 
la pfupart des cas, que developper 
une tendance anterieure. — 3° a 
accaptare est devenu e (acheter). 
A latin accentue" devient e en fran- 
cais quand il est bref , dans : assez 
(adsatis). chef (caput), de* (datus), 
me (faba), gue* (vodum), greffe 
graphium*) ,lez (latus), mer (mare) , 
seve(sapa) cnez (casa); quand ilest 



long par nature dans ai mer (amare) , 
et dans tous ies verbes de la pre- 
miere conjugaison latine), autel 
(altare) , altee (alacrem) , amer 
(amarus), bid (blatum*), clef(cla- 
vis), cher(carus), grd (gratum), 
muguet (muscatus*), nef (navis), 
nez (nasus), pelle (pala), pre* (pro- 
turn), poele (petalum), quel (qua- 
lis),rez (rasus),sel (sal), tel (talis), 
voyelle (vocalis); quand il est long 
par position dans frere (fratrem), 
me>e (matrem), le*vre (labrum), 
gueret(vervactum), orfe'vre (aunfa- 
brum),pe>e(patrem) , serpe(sarpa), 
tre*s (trans). A latin non accentue 
ou oeonedevienteenfrangaisquand 
il est bref dans ; 6meraude (smo- 
ragda) , forteresse ( fortalitia " ), 
fle*au (Oogellum), grever (gravare), 
ge'sir (jacere), lezard (lacertum), 
orphelin (orphaninus*) , parchemin 
(pergamenum); quand il est long 
par nature, dans feu (fatutus*), 
grenier (granarium), ferenouille 
(ranuncula) palefroi (paravere- 
dus), pre*au (pratellum), senev6 
(sinapim) : quand il est long par 
position, dans: acheter (accaptare), 
ecouter (ascultare*), essieu (axi- 
culus) , cercueil (sarcophagus), 
hermine (Armenia), merrain (mo- 
teriamen), jeter (jactare) — Voir 
au mot acharner, d'autres exem- 

| pies de la transformation de a la- 

! tin en e par le changement de ca 
latin initial en che, tels que ca- 

j minus (c/iemin) , canalis (che- 
nal), etc.... 

i ifclbevet*, venir a bout, ou, 
comme on disait au moyen age : 
venir a chef (au sens du latin ca- 
put, fin. Chef a donne* a-chev-er, 
non a-chef-er, et les deux lettres f 
et v sont ici dans le meme rapport 

1 que dans acti/" et activer, captif et 
captiver, ner/ et Inerver, grief ei 
grever, neuf et innorer, relief et* 

i relever, sau/ et sauver, naif et 



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ACR 



23 



ADJ 



naiuete. nef et navire, bref et bre- ; 
vet, chef et chetet, serf et semr. 

Achoppementf voy. chopper. 

Achromatlque , voy. chrome. 

Aclde, du L. actdus (aigre). — , 
D. aciditi. — Acidule du L. aci- 
duZttf (aigrelet), d'ou octdwter. 

if der«, du bas latin ariarium 
tire lui-mfime de act'e« (traDchant 
de Tepee). V oy. acerer. — Sur le 
changement du suffixe arium en 
ter dans ociarium, voy. au mot 
dnter. | 

Acolyte, duL. acolythus (clerc 
qui accompagne le pretre a l'au- I 
tel), du grec axo>ov8o$ (suivant). ' 

Acenlt, du L. aconitum. j 

ifeogMmnef 9 voy coquin. 

Acoustlque , du grec axoua- { 
Ttxo;, de axouto (entendre). 

Acqwerir , du L. acquirere (se ! 
procurer). — Sur le deplacement 
de l'accent latin, voir au mot ac- 
courir — Sur le changement de e 
latin (acquirere) en i (acquerir), 
voy. accomplir. 

Acqtiet (en langage juridique 
biens acquis), ancien francais ac- 
quest, au bas latin acquistum 
m§me sens v contraction du latin 
acquisitum (acquis). — Sur la 
chute de Ys et sur son remplace- 
ment par un accent circonflexe, 
voy. abime. Sur le changement du 
participe acquisitum en substaatif, 
voy absoute. 

Acquit seer , du L. acquiehCere 
(consentir). — D acquiescement. 

Acquisition, duL. acquisition 
nem. 

Acquitter. du bas latin acquit- 
tare j compose de ad et quittare 
(temr quitte) ; voy. quitte. — D. 
acquittement , acquit (substantif 
verbal). 

jfei-e, mesureagrairejd'origine 

?;ermanique ; acre vient du bas 
atin actum, et celui-ci du gothi- 
que akr* aUemand acker (champ). 



Acre, du L acris (aigre).— 
D. dcrete*. 
Acrlmonle , da L. acrimonia 

(aigreur). 

Acrobate 9 du grec &xpo6dTTj; 
(qui marche sur la pointe du 
pied). 

Acroatlche, du grec axpoa- 
tixov (commencement de vers). 

Acte , du L. actus (action). 

Acteur , du L. actor (qui agit) 

— D. actrice, du L. actrix. 
Actir, du L. activus (m. s.). 

— D. activity. 

Action , du L. actionem (meme 
sens). — D. actionner, action- 
naire, 

Actuel, du L. actualis (qui 
s'effectue, qui a lieu). — D. ac- 
tuality. 

Acuponcture , de punctura 
(piqure), et acus (aiguille). 

Adage, du L. adagium (pro- 
verbe). 

f Adagio , terme de musique. 
de Titalien adagio (lentement, a. 
Taise). 

Adapter, du L adaptare (ap- 
proprier) . 

Addition, du L. additionem 
(m. s.). — D. additionnel, -er. 

Adepte , du L. adeptus (initio, 
qui a acquis la science) . 

Adherer, duL. adhaerere (fitre 
attache). — D. adherence, adhe- 
sion. 

Adieu , voy. dieu : locution 
elliptique pour : je vous recom- 
mande a Dieu, soyez d Dieu. 

Adlpeux, du L. adiposus (grais- 
seux). 

Adjacent, du L. adjacenten 
(situe pres). 

Adjectlf, du L adjectivus (qui 
s'ajoute) 

Adjoindre ? du L. adjungert 
(ajouter). Sur le changement de 
jungere en joindre, voy. ce dernier 
mot. 



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ADJ 



24 



ADM 



Adjonetlon , du L. adjunctxo- 
nem (addition). 

f Adjudant, \enu de I'espa- 
gnol ayudante (aide de camp) , et 
refait sous [Influence du L. ad- 
jutantem, aidant qui est I'original 
du mot espagnol 

A<tjuge* 9 du L. adjudicate 
(meme sens). 11 faut noter dans 
ce mot deux changements philolo- 
giques tres-importants. 1° Vi bref 
atone qui precede immediatement 
la voyelle tonique, adjud(\)care 
disparait conformement a la regie 
donnee au mot accointer, et le mot 
devient adjud'care. — 2° Le chan- 
gement du c latin en g : ad- 
jud'care devient adjud'gare puis 
adjuger ; c dur est ici devenu 
g comme au commencement des 
mots dans : gonfler (conflare), gras 
(crassus), grotte(crypta), girofle(ca- 
ryophyllum), ge6ie (caveola), ger- 
cer (carptiare * ) , galle (callus*), 
galoche (calopedia *), gamelle (ca- 
mella), glaire (clarea *) . gobelet 
(cupelletum *), gouffre (x6X7to;), 
goiie (xoXno;), glas (classicum), 
pars (carduus), pond (contus), 
gourde (cucurbitaj, grelot (crota- 
lum *), grille (craticula*), gueux 
(coquus), — comme au milieu des 
mots dans . aigre (acris), allegre 
( alacrem), bouger (bulicare *), aigu 
facutus), cigue (cicuta), muguet 
(muscatus *), narguer (narricare *), 
aiguille (acucula*), cigale (cica- 
dula*), cigogne (ciconia), figue 
(ficus), langouste (locusta), maigre 
(macrum), maigris (macresco), mi- 
graine (^fxixpavia), manner (man- 
ducare), piege (pedica), serge (se- 
nca), venger (vindicare), vi^uier 
(vicarius), berger (vervecarius), 
cngraisser (incrassare), engrener 
(increnare), cleroe ( clericatus ) , 
charger (carricare), former (fabri- 
care), juger (judicare), jauger 
(qualificare), marguillier (matri- 



cularius), ogre (orcum), dragon 
(draconem), fangeux (famicosus), 
fougere (filicaha "), plonger (plum- 
bicare*), vergogne (verecundia). 
— Avec un c doux dans fagot ae 
facem (Diez). 

Ce changement de c en g re- 
monte plus baut que le francais; 
il avait deja lieu dans le latin 
classique, aux temps les plus an 
ciens : les Romains disaient nego- 
tium pour nec-otium, gobius (de 
xo)6i6;), grabatus (de xpd6ato^) r 
gummi (de x6(ipii), gubernator (de 
xugspv^xri;), au lieu de cob\us x 
crabatus, cummi, cubernator qui 
eussent ete les formes regulieres 
(x correspondant en latin non a g, 
mais a c dur). — Le latin vulgaire 
continua cette tendance, et apres 
lui le bas-latin , on trouve grassus 
pour crassus, grupta pour crypta. 
vigarius pour vicarius, malrigu- 
larius pour matricularius, voga- 
tor pour vocatur, dans les textes 
merovingiens; et le francais ne fit 
que developper, ce mode de per- 
mutation, comme le prouventtous 
les exemples cites plus baut. — 
3° Adjud'care, devenu adjud'gire 
subit un dernier cnangement : 
tandis que le provencal dit jutjar 
pour judicare, et conserve la den- 
tale latine, le francais la perd, et 
ne dit pas judger, "mais juger, — 
Sur cette chute de la premiere des 
deux consonnes voir abrtger. 

Derives savants de adjuger: ad- 
judication du L. adjudtcalio. 

Adjure r, du L. adjurare (con- 
jurer). — D. adjuration. 

Adtttettre, du L. admittere (re- 
cevoir). Ce mot a subi deux chan- 
gements : 1° admitt{e)re s'est 
contracteen admitVre par la chute 
reguhere de Ye penultieme bref 
(voir au mot attendre). — 2° od- 
mitfre est devenu admettre par le 
changement de i latin en e, chan- 



y Google 



ADM 



25 



ADO 



gement qui n'est point le fait du 
francais, et remonte au latin vul- 
gaire. On trouve dans Quintilien 
magester et leber pour mayister et 
liber; dans les inscriptions mzreto 
pour meritoj fescum pour fiscum ; 
dans les chartes du septieme siecle 
fedem, vecem, menime, decto.fer- 
mare y vertute, selva pour fidem, 
vicem, minime, dicto, firmare, vir- 
tute, silva, dans Isidore de Seville, 
perula. aresta, pour piruJa, arista. 
Le francais a continue cette ten- 
dance et change en e, — i latin 
1° accentuS, quand il est long par , 
position dans : aisselle (axilla), ! 
arbal£te (arcubalista) , are*te (arts- , 
ta), cercle (circulus), cheve*tre (ca- , 
pistrum), cr£pe (crispus), cendre 
(ctnerem), cep (cippu*), cre'te 
(crista), cet (eccistum), de* (did us. 
Loi salique), elle (ilia), en (inde) , 
ensemble (insimul), etincelle (scin- 
tilla), 6ve*que (episcopus), fesse 
(fissa), ferme (firmus). fend re 
(findere), gen^t (genistum), herse 
(hirpicem), icelle (eccilla), lettre 
(littera), liveche (livisticum), me> 
che (mt/xa) , mettre (mittere) , 
messe (missa), net (nitidus) , perle 
(pirula), pervenche (pervinca), 
semble (stmulo), souvent (subin- 
de), sec (siccus), tonnerre (toni- 
tru), trefle (trifolium), trente (tri- 
ginta), tresse (trichea*), verd 
(viridis), verge (virga), verre (vi- 
trum), vesce (vicia). 

2° / latin inaccentue" ou atone, 
quand il est long par nature, de- 
vient e dans : carrefour (quadri- 
furcum), delayer (dilatare), deluge 
(diluvium), devin (divinus), demi 
(dimidium), deviser (divisare), 
premier (primarium), — quand il 
est long par position, dans : asse- 
ner (asstgnare), chercher (eircare), 
cerceau (circellus), cerner (circi- 
nare), cerneau (circinellum), com- 
mencer (cumioitiare*), errer (tte- 



rare), eve*ch6 (eptscopatus),fermet 
t firmare), felcr (fissulare), meler 
(misculare), marguillier (matrtcu- 
larius), message (missaticum), 
merveille (mirabilia)-, nettoyer. 
(nitidicare), ptfeher (ptscare), pe*- 
trin (pistrinum) , pepie (pituita), 
retentir (retinnitare). sembler {si- 
mulare*), velouis (vtllosus*), ven- 
dange (vindemia), venger (vindi» 
care), verger (vtridarium *), vehicle 
(vitriculus*), vernir (viirinire), 
vertu (virtutem), vertueux (virtu- 
tosus*), — quand il est bref dans: 
appartenir (adpertinere), beton 
(bitumen), besace (bisaccus), brie-r 
vete (brevitatem)concevoir (couci? 
pere), ennemi (inimicus), fausset6 
(falcitatem),geant (gigantem), gd- 
sier (gigerium), mener (minare), 
menu (minutus), menace (mtna- 
tiae), metier (ministerium), me- 
nestrel (ministerial is), menuiser 
(minutiare), peler (pilare), pelote 
(pilota), percevoir (percipere), em- 
peser(imptciare*), presence (prae- 
sidentia), recevoir(recipere), sene- 
ve (sinapim) , soutenir (sustinere). 

Admlnlstrer , duL. adminis? 
trare (diriger). — D. administra? 
teur, -ation, -atif. 

Admirer, du L. admirar* 
(m. s.). — D. admirable-ateur 
-atif-ation. 

Admoneatatlon, du bas latin 
admonestatio (avertissement), sub? 
stantif du verbe admone stare, for^ 
ms* de admonestum corruption dij 
participe regulier admonitum de 
admonere. 

Adolescent, du L. adolescent 
(qui grandit). — D. adolescence. 

Adonnew, voy. donner. 

Adopter, duL. adoptare (choir 
sir). — D- adoption, adoptif. 

Adorer, du L. adorare (prier). 
— . D. adoration ,adorateur, -able, 

Adosser, voy. dos 

Adoucii* , voy. doux, 



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AFF 



26 



AFF 



- Adragunt, corruption du grec 
TpayaxavOa (tragacanthe). 

. Adresse, subslantif. verbal de 
adresser (voy. aboi). | 

Adwettew, voy. dresser, ! 

Adroit, voy. droit. \ 

Adnler, du L adularx (flatter). 

— D. adulation, adulateur. 

. Adulte, du L. adultus (qui a 

grandi). 

. Adultere, duL adulter (mfime 

sens). — D. adult&rin. i 

Advenir, duL. advenire (arri- 
ver). 

Adventiee, du L. adventitius 
(etranger) , I 

Adverbe, du L. adv erbium. \ 

Adverse, du L. adversus (op- i 
pose).— D. adtersaire, adversiti. ' 

Aerer, du L. aerare (m6me \ 
sens), composer de a'er (air), quia 
forme les composes savants aerien, ' 
atriforme, etc . 

Aerollthe, du grec dtf p (air) et ' 
XOo; (pierre) | 

Aeronaute, du grec &rjp (air), 
vauTTjc (navigateur). , 

Aerostat, du grec i^p (air), et 
<rcaxo; (qui se soutient). 

Affabllite, du latin affabili- , 
tat em. 

Affable, du latin affabilis (dont 
l'abord est facile). — On remar- 
quera que le suffixe latin abilis, 
qui est accents sur l'antepenul- 
tieme, s'est contracte en able. Cette 
contraction est parfaitement regu- 
liere, et conforme a la loi de l'ac- 
cent latin, qui veut que tous les 
mots de cette classe, perdent leur 
penultieme breve en passant au 
irancais (voir au mot able), te- 
moin : agrea&fe (agreabtlis), amio- 
ble (amicabilis), capable (capabi- 
lis), coupa&fe (culpabtlis, etc. (Je 
ne parle point icicles mots savants 
qui disent abile, non able, comme 
habile dehabilis; j'ai indique dans 
{'Introduction de ce livre, les mo- 



tifs de cette exclusion.) Le francais 
emploie le suffixe able a former de 
nombreux adjectifs tir6s surtout 
desverbes; altaquer, durer, man- 
ger, etc., il forme attaquable, 
durable, mangeable, etc II n'a 
fait, en cela, que continuer en la 
developpant une tendance tres- 
prononcee dans les dermers sie- 
cles de l'Empire, tendance qui 
poussait les Romains a lifer des 
verbes telsqu'a/jfir mare, ventilare, 
etc. , les adjectifs affirmant /is, 
xentdabilis, que Ton trouve dans 
le grammainen Virgilius. 

Affudir, voy. fade. — D. aflfa- 
dissement. 

Aflaibiir, voy. faible. — D. 
affaibkssement. 

Affaire, ce mot que notre an- 
cienne langue ecrivait pluscorrec- 
tement afaire, est un substantif 
compost de d et de faire. — D. 
affair i. 

Affais&ew 9 voy. faix.— D. a/- 
faissement. 

Affutner, voy. faim. 

Artec ter, du L. affectare.—D. 
affectation. 

Affect Ion, du L affection (ten- 
dresse). — D. affectueux, du L. 
affectuosus. 

Afferent, du L. afferentem 
(qui contnbue). 

Affewtnew, voy. ferme. 

Affewmiw, voy. ferme — D. 
affermissement. 

Affete, Afleteric, derives de 
l'ancien verbe affe'ter, qui vient 
du L. affectare. — Le ct latin (af- 
fectare) s'est ici reduit at (affeter), 
comme dans jeter (jacfare) , roter 
^ructare), fretiller (fractillare *), 
elique (hecfiquus), ou comme a la 
fin des mots dans effet (effect us), 
edit (edicfum), gueret (vervactum), 
lutrin ^lectrinum), maudit (ma- 
ledicfum), flot ( flue t us), prelet 
(perfecAim), projet (projectum), 



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AFF 



27 



AFF 



trajet (trajectiim), benit (bene- 
dictum), conflit (conflictus) , con- 
tra* (contractual), delit (delictum), 
elite (electa), reflet (reflectum), 
rot (ructus), — d6funt (defunc- 
tum). — Dans un certain nom- 
bre de mots, tels que oint 
(unctum), point (punctum), joint 
(junctum), saint (sanctum), plainte 
(plancta*), peint (pinetum*) ; en- 
ceinte (incincta), cintrer (cractu- 
rare), teinture (tinctura),le ct latin 
a disparu, mais en reagissant sur 
la voyelle prec6dente par l'adjonc- 
tion (Tun i. — Le changement de 
ct en t, remonte au latin vul- 
gaire, qui disait maleditus pour 
maledictus; mais ll n'etait point 
inconnu au latin classique qui di- 
sait sitis, artus, fultus 7 au lieu 
de sictis, arctus, fulctus. 

Affichcj substantif verbal de 
afficher (voy. aboi). 
A/ficher, voy. jicher. 
■\ Affflde , venu au seizieme 
siecle de l'italien affidato. 
AfMer, voy. fil. 
AffHier , du L. adfiliare (pren- 
dre pour fils). Le mot doit remon- 
ter assez haut dans la latin ite, 
puisqu'on lit dans Garus: « De 
adoptivis hoc est Adfilialis. » — 
fitre affiiie a une corporation , est 
proprement etre re§u comme un 
des membres, des fils de cette cor- 
poration. — D. affiliation. 

Afltner , voy. fin. — D. rafli- 
ner, eur, -erie. 

Afflnlte , du L. affinitas (res- 
semblance). 

Afflrmer, du L. affirmare 
(certifier). — D. affirmation, -atif. 
Afliewret*, voy. Ueur. 
AMIger, du L. affligere (tour- 
menter) — D affliction. 

Affluer, du L. affluere (couler 
vers). — D. affluent, -ence. 

AffoUevf voy. fou. — D. raf- 
foler. 



Affottage , droit de couper du 
bois dans une forSt : le latin focus 
(voy. feu) donna le verbe focare* 
(allumer du feu), d'ou le compost 
affocare, qui donna par le suffix* 
aticum un derive aflocatiam 
(droit de chauffage). Pour passei 
au latin au francais, affocaticum 
a subi trois cbangements. 

1° Le suffiie aticum (affocati- 
cum) est devenu age (aflbuage), 
voir 1'expose de cette regie au mot 
dge ; 

T Le c medial de affo{c)aticum 
a disparu dans affou-age, comme 
dans allouer (allocare), amiable 
(amicabilis), assurer (assecurare) , 
avoue* (advocatus), charrier (carri- 
care), communier (communicare), 
delie (delicatus), doyen (decanus), 
doyenne (decanatus), dedier (dedi- 
care), employer (implicare), en- 
rouer (inraucare*), essuyer (exsu- 
care), festoyer (festicare*), fouace 
(focacia*), fouage (focaticum*), 
foyer (focarium), frayer (fricare), 
gourde (cucurbita), jouer (focare), 
louer (locare), lice (lycisca), loyer 
(locarium), manier (manicare*), 
mendier (mendicare), neant (nec- 
entem), noyau (nucale), noyer 
(nucarius), noyer (necare), octroyer 
(auctoricare *) , oui (hoc-illud), 
payer (pacare), plier(plicare),prier 
fprecare), priere (precaria), pr6ne 
(praecdnium), publier (publicare), 
scier (secare), sur(securus), surete 
(securitatem), voyelle (vocalis), — 

{)our ne citer ici que les mots dans 
esquels le c medial precede la 
voyelle accentuee. 

3° latin devient ou : affocati- 
cum donne affouage. latin de- 
vient ou en francais quandil est 
accents, — qu'il soitbref, comme 
dans roue (rota), depouille (des- 
poho), — qu'il soit long par na- 
ture, comme dans: farouche (fe- 
rocem), nous (nos), oui (hoc-illud), 



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AFF 



A6A 



pour (pro); prove (prora), tout 
(totus), vous (vos), velours (villo- 
sus*), ventouse (ventosa), ootids 
(cosuo pour consuo), epoux (spo- 
sus pour sponsus), — qu'il soit 
long par position, comme dans: 
couple (copula), cour (chortem *), 
douze (duodecim), moule (modu- 
lus), poulpe (polypus), rouvre (ro- 
bur), tour (tornus). — latin 
inaccentue ou atone, devient ou j 
en francais quand il est bref, dans: 
boutique (apotheca), bouvier (bo- 
varius*), bouvreuil (bovariolus*), 
courage (coraticum "), couronne 
(corona), couleur (eolorem), cou- 
leuvre(colubra),douleur(dolorem), 
foyer (focarium), houlette (ago- 
letta*), jouer (jocare), joubarbe 
(Jovis barba), louer (locare), mou- 
lin (molinus) , mourir (monre*), 
mouvoir (movere), nouveau (no- 
vellus), nouveaute (novellitatem), 
ouaille (ovicla*), pouvoir (potere*), 
prouver(probare), rouelle (rotella), 
souloir (solere), Soulier (solarium*), 
vouloir (volere*), — quand il est 
lo g par nature dans avouer (ad- 
votare), assouvir(assopire), couler 
(col are), cousin (cosinus*),cou vent 
(coventus pour conventus), cou- 
vercle (cnoperculum),couvrir (coo- 
perire), d6vouer (devotarc), douaire 
(dotarium),dou9r(dotare),ecrouelle 
(scro p ellae *) , glousser (glocire)', la- 
bourer (laborare), nouer (no lore), 
noueux (nodosus), souris (soricem), 
vouer(votare),— quand il est long 
pa' position, dans : courroie (cor- 
rieia), colter (costare pour con- 
ttare), moutier (mosterium pour 
morislerium, monasterium) , cou- 
tume (costuma*),crouler (cjiotu- 
lare*), fourmi (formica), fournaise 
(fornacem), out.'li (oblivium), ou- 
blie (oblata), oublieux (obliviosus), 
oublier (oblitare), ourlet (orula*), 
ourdir (ordire*), ouvrer (operare), 
ouvrier(operarius), pourceau (por- 



cellus), rouler (rotutare),tourment 
(tormentum), tourner (tornare). 
Affranchir , - issemen 1 9 

voyez franc. 

Affreuac, adjectif tir6 du suh- 
stantif affre (effroi, peur), encore 
employ^ au dix-septieme siecle 
par Bossuet, au dix-huitieme par 
Saint Simon, dans la locution les 
affres de.la mort. — Aflreux vient 
de affre, comme dartreux de dar- 
tre. 

Affre, que l'ancien francais ecri- 
vait afre, vient du vieil haut alle- 
mand eiver contracts en eiv'r, qui 
a donne afre, comme liber a donne 
litre, ou glaber glabre. 

Affreter. voy. friter. 

Affriattdcr, voyez friand. 

f Affront, venu au seizieme 
siecle de l'italien affronto (injure). 

Affubler, du bas latin affi- 
blare. contraction de af fibular t 
(habiller), compose du verbe clas- 
sique fibulare (agrafer) . Ce mot est 
un exemple curieux des ecarts de 
sens que nous avons signaled dans 
Y Introduction. Le sens de fibulare 
I agrafer) s'6tendit a celui d'hab li- 
ter dans affibulare, — et dans le 
francais affubler, qui n'avait a i'ori- 
gine que le sens d'habiller, et ne 
prit le sens d'habiller ridiculement 
qu'au seizieme siecle. 

Sur la chute de Vu bref atone qui 
precede immediatpment la voyelle 
tonique dans affubler = affibu- 
lare, voir au mot accointer. Quant 
an changement de t latin en u : 
aflt blare = affubler, il se retrouve 
dans ouvait (bibebat), fumier (ft- 
marium), chasuble (castbula), ju- 
jube (zizi/phum),pur6e (ptperata). 

AWtkt, affuter, voy. fut. 

Aftn, voy. fin. 

f Aga, mot turc (chef militaire). 

Agasse, pie, du vieil haut 
allemand agalstra, pie. 

Agaccr, italien agaxxare, du 



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AGE 



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AGE 



vieil haut allemand haxjan (har- 
celer), qui donne regulierement 
hacer. Ce verbe, compose avec & , 
devient ahacer, que Inspiration a 
transforme en agacer. 

Agape, du grec ayaTtTj (amour). 

Agaric, du L. agaricum (meme 
sens). 

Agate) du L. achates (m. s.). 
— bur le changement de ch en 
g, voir adjuger. 

Age, l'accent circonflexe de Va 
montre qu'une lettre a ete suppri- 
mee ; le mot est en effet eage au 
seizieme siecle, eage au douzieme, 
edage au onzieme dans la Chanson 
de Roland, et vient du latin vul- 
gaire aetaticum* , forme derivee 
de aetatem (age). — Sur la chute 
du t medial latin (ae[t]aticum — 
edage, puis eage, aage, dge) voir 
au mot abbaye. — Quant au chan- 
gement du suffiie latin aticum 
en age (aetaticum = edage), il 
necessite quelques observations. 

Ce suffixe que la langue latine 
classique employait assez frequem- 
ment silvaticus (Varron), aquoti- 
cum (Pline), fanaticu* (Juvenal), 
umbraticu* (Ciceron), vol aticus 
(id.) viaticum (Plaute), apostati- 
cus (Tertullien), devint d'un usage 
commun dans le latin populaire, 
vers les derniers temps de l'Em- 
pire, et Ips premiers siecles des 
Merovingiens : le code Theodosien 
dit agratievm pour ograrium; au- 
gustaticum de Augustus; les char- 
tes latines du sixieme et du sep- 
tieme siecle sont pleines de lormes 
telles que xvtaticum, portaticum, 
retoticum , daemonaticum, a via- 
ticum, etc. ; on trouve meme al- 
leluiaticum de alleluia , dans un 
texte du sixieme siecle. De ces 
nombreux derives en aticum, sont 
venus les correspondants francais 
en age. 
On voit comment s'est op ere e 



celte permutation, et comment uo- 
laticus, par exemple, qu'emploie 
Ciceron (au sens de tiger et d'in- 
constant), est devenu volage huit 
siecles plus tard; volaticus elant 
accentue sur l'antepenultieme, l'i 
bref penultieme a disparu confor- 
mement a la regie don nee au mot 
dme : volaVcus s'est alors trans*- 
forme en volatge (par le changr 
ment de c en g, etudie au mo,, 
adjuger), puis en volage. 

Ce changement successif du suf- 
fixe aticum, en aVcum, atge, age, 
se retrouve dans : arrivoge (arri- 
vaticum*) aflouoge (affocaticum) 
a vantage (abamaltcum*), aunage 
(ulnaticum*), breuvage (bibero- 
ticum*) carnage (earn aticum*), 
courage (coraticum*), dommage 
(damnaticum*), etage (staticum 9 ), 
termage (firmaticum*), fouage (fo- 
caticum*), homage (formaticum*), 
herbage (herbaticum*) , hommage 
(hominattcum*), tignage (linea- 
ticum *) , louage, (locaticum *) , 
marecage (marescaticum*) , ma- 
nage (maritaticum*), menage 
(mansionaticum), message (missa- 
ticum*), ombrage (umbraticunO, 
orage (auraticum), otage (obstafi- 
cum pour obsid iaticum), outrage 
(ultraticum*), parage (par aticum), 
partaoe (partaticum*), peace (pe- 
aaticum ), Tannage (ramaticum*), 
ri wage (ripaticum*), sauvaoe (sal- 
vaticum*), sewage (servaticum*), 
village (villaticum*), visage (visa- 
ttcum*), volage (volaticum), voyage 
(Yiaticum). — Sur ce modele ? le 
francais a cr£e de nombreux derives 
en age (mouillage de mouiller^ 
savonna^e de savonner, cousinage 
de cousin, concubinage de concu- 
bine, etc.). 

Le provencal qui transforme aXir 
cum en atge (comme le plus an- 
cien francais) et qui dit carnatge, 
messatge, ramatge, pour carnage^ 



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AGE 



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AGE 



message, ramage, assure et con- 
firme cette regie de permuta- 
tion. 

Vers la fin du xi e siecle, quand 
on eut perdu le sentiment de l'ac- 
centuation iatine , et que la langue 
francaise fut formee, les formes 
latines-en aticum disparurent des 
documents latins , et nous ne trou- 
vons plus que des formes en agtum, 
caique de la terminaison fran- 
caise. 

Ainsi, tandis que nous trouvons 
iusqu'au xi e siecle les formes de 
basse latin ite : arri vaticum (arri- 
vage), hom'maticum (hommage), 
missattcum (message), formattcum 
(fromage), — le latin du xm e sie- 
cle les ignore, et dit arrivagium, 
hommagium, messagium, froma- 
aium, etc. , qui ne sont autres que 
les mots franca; s aflubles par les 
clercs d'une 'terminaison Iatine, 
alors que personne ne connaissait 
plus l'origine de ces mots, ni le 
suffixe formateur. — Cette distinc- 
tion entre le bas-latin qui a donne 
naissance au francais, et le bas- 
latin refait sur le francais, est ca- 
pitate pour l'etude histonque de 
notre langue, et le lecteur doit 
l'avoir toujours presente , en lisant 
ce livre. 

Agenccr, du bas-latin agen- 
tiare* (rendre agreable), verbe de- 
rive de gentus* (voy. au mot gent . 

Pour que dans ce mot tia put 
devenir ce (agentfare =. agencer), 
la forme Iatine a subi deux chan- 
gements successifs 

1° II est inutile de rappeler ici 
que le c se prononcait toujours k 
chez les Latins, devant toutes les 
voyelles (fecerunt, vicem, civitate 
sonnaient fekerunt, vikem, kivi- 
tate), sauf devant un t suivi d'une 
voyelle (c-ia, c-ie, c-io, c-iu),auquel 
cas le c etait prononc6 tz (comme 
le prouvent les Formules Rferovip- 



giennes ou l'on trouve unxias pour 
uncias). 

Quant aux groupes t-ia f l-ie, *-to, 
t-iu, lis etaient prononces, non 
comme ti dans amitie' , mais com- 
me tx dans precaution; temoin les 
Chartes franques qui cbangent ti 
en ex, *t, ssi, disant ecxam, solacio, 
precium, perdicio, racionem, — 
concrecasione, nepsia, — altercas- 
sione, pour etiam, solatio,pretium, 
perditio, rationem, — congrega- 
txone, neptia, — altercatxone, et 
montrent que dans la prononcia- 
tion tia et cia n'etaient qu'un seul 
et meme son, regie qui est pleine- 
ment confirmee par ce fait que les 
Romains, meme au siecle d'Au- 
guste, ecrivaient mdifferemment 
Mucins ou Mutius, convicium ou 
convxtxum, etc. 

2° Lorsque le c est suivi de Tun 
des groupes ta, xe. to, tu, et forme 
avec eux les combmaisons eta, 
cxe, do , exu — ci se change ordi - 
nairement en s doux, ss, c, et l't 
latin disparait. Temoin . macon 
(macioni), provencal (provinciali), 
soupcon (suspicionem) , cresson 
(crescionem *) , etc — Des lors, tx 
qui (suivi d'a, o, u) est identique 
avec ci, comme on Ta vu ci-des- 
I sus, doit comme lui perdre l*t et 
se changer en c, s dur. ss; denun- 
\\ate devient dbnoncer, cantionem 
I devient chanson, sculionem* de- 
vient ecusson. II en est de m6me 
de tea qui s'est change posterisu 
j rement en tia (ea, co, eu, devenant 
I ta, to, iu t comme nous Tavons 
; demontre au mot abrtger, et com- 
me le prouvent les formes Dins 
, (pour veus), mius (pour mens), 
que donnent les plus anciennes 
inscriptions latines). Ptotca, ma- 
tea , hnteolns , ainsi ramenes a 
plaJta, mafia, linftolus, donnent 
conformement a la regie, place, 
, masse. Itnceul. 



db V Google 



AGE 



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AGN 



Voici la liste complete de ces 
changements de tia, tio, tiu en c, 
8Sj s dur. 

I. C doux dans : ancien (antta- 
nus), — astuce (astutia), cofifianee 
(conndenrta) , chance (cadenfta), 
decheance (decadenfia), enfance, 
(infantta), espace (spatfum), espe- 
ranee (sperantta), force (fortia*), 
grace (gratia). jouvence(juventia), 
linceul (linteolus, bas latin lincio- 
lus), malice (malUta), menace 
(minartae), nonce (nunftus), niece 
(neptia *) piece (peto'um ), pre- 
seance (presidenfta), place (plafta, 
pour plotea), police (politta pour 
politeia), seance (sedentia), se- 
mence (sementia), service (servi- ; 
ttum), — facon ({actionem), lecon 
(lectionem) , poincon (puncftonem), 
rancon (redemptionem) , sucon 
(suctionem*), — agencer (agen- 
ttare) , annoncer (annunltare), 
avancer (abanfiare), courroucer j 
(corruptiare*) commencer (cumi- 
nitiare), denoncer (denuntiare), | 
enoncer (enuntiare), exaucer (exal- 
tiare), fiancer (fidentiare), forcer j 
(fortiare*), gercer (carpttare),me- 
nacer (minatiare), prononcer (pro- i 
nuntiare), renoncer (renuntiare), | 
sucer (suctiare) , tancer (tentiare), 
tiercer (tertiare), tracer (tractiare). 

II. ss dans : chasser (captiare), 
d&rousser (distortiare) , detresse 
(districfiare*), dresser (drictiare), 
hausser (alfiare), plisser (plictiare), 
trousser (tortiare) , tremousser 
(transmotiare) ; vousser (voltiare*), 
— boisson (bibitionem) , cuisson 
(coctionem), ecusson (scutionem), 
frisson (frictionem), nourrisson , 
(nutritionem) , — masse (matia 

Eour matea*), — forteresse (forta- ( 
tia), justesse (justifia), largesse 
Slargtfta), liesse (laetitia) , mollesse 
mollitia), noblesse (nobilieia) . pa- 
ressft (pigritia), tristesse (tristitia). 

III. s dur dans : chanson (can r 



tionem). — Le changement de ft 
en s doux est rare . aigui*er(acu- 
tiare), amenuiser (ad-minuttare), 
priser (prefiare), puiser (pufiare 
pour puteare), refuser (refutiare), 

— cargaison (carricattonem), ex- 
halaison (exhalationem) , foison 
(fusionem), inclinaison (iiftljnalto- 
nem). liaison (ligationem), livrai- 
son (liberationem) , oraison (ora- 
ttonem), poison (potionem),raison 
(rattonem) , saison (sattonem) , 
tison (titionem), trahison (tradi- 
tionem), venaison (venafionem), 

— glaise (glifia pour glitea) , ar- 
bouse (arbutia pour arbutea), 
oiseux (otiosus). 

AgenoniUer, verbe derive du 
substantif genouil, forme de l'an- 
cien francais pour genou (voy. ce 
mot), comme verrouiUer est venu 
de i'ancienne forme verrouU pour 
verrou. 

Agglonierer, du L. agglome- 
rate (amasser) .— D. agglomeration. 

Agglvtlner, du L. agglutinate 
(coller). — D. agglutination, 

Aggraveiyailon; voy. grave. 

Agile, duL. agilis (guise ment 
facilement).— D. agilite*. 

f Agio, venu vers la fin du 
xvn e siecle, de l'italien aggio 
(droit de change). — D. agioter, 
-age, -eur. 

Agiw, du L. agere (faire). — 
D. agent de agentem (celui qui 
fait) sans parler & agenda (choses 
a faire, mot latin transports sans 
changement en francais — Sur le 
changement de e latin en i (agere 
z= agir), voir au mot accomplir. 

Aglter, du L. agitate (remuer 
fortement). — D. agitation, -ateur . 

A gnat, du L. agnatus (collate- 
ral par les males). 

Agneau, du vieux francais 
agnel, qui vient de L. agnellns 
(petit agneau) . — L precede d'une 
vcs-elle LaL el, il, ol, ul), per- 



y Google 



AGN 



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AGN 



sista en francais, dans les premiers 
temps de la langue(mo/lis = mo£, 
malva=ma{ve, porcellus = pour- 
cei), puis s'adoucit en u (mou, 
mauve, pourceau), vers le milieu 
du douzieme siecle. 

1° lUatin devint au,eau; aube 
(alba), aubepine (albaspina); au- 
bain (aJbanus); au bo ur (a/bur- 
num), aucun (a/iquis unus),auge 
(aJvea), oune (oinus), aussi (a/iud- 
sic), autant (a/iud tantum), autel 
(a(tare), autre (after), baudrier 
(bafterarius*), baume (baisamum), 
chaud (caWus*), ch6neau (canaiis), 
caucher (calcare), chaudiere (cal- 
daria*), chauffer (ca/fare*), chaux 
(calcem) , chaume(cai'mus),chaus- 
se (caicea*),chauve (ca/vus),chaus- 
see (calciata), communaute (com- 
munaJ'tatem), Ichafaud (catafai- 
cus*), exaucer (exaitiare*), epaule 
(du v. fr. espalle), faux (fafeus), 
faux (fa/cem), faucher (faicare), 
faucon (faiconem), fausser (faJ- 
sare), faussete (fa/sitatem) , gaule 
fvarfus),Gaate(Gailia), guimauve 
(vimaiva*), hausser (afciare*),haut 
(altus), jauger (quai'ficare), jaune 
(galbinus), loyaute (legal'tatem), 
matenaux (materia/ia), maudit 
(maWictus*), mauve (mafva), pa- 
paute (papai'tatem), paume (paf- 
ma), raupiere (pa/pebra), pri- 
maut£(primai'tatem), principaute 
(principal'tatem), psaume (psaJ- 
znus) ,psautier (psafterium) royau- 
me (regafmen), royautS (regai'- 
flatem) , sauf (salvus), sauter 
(saitare), saut (saltus), saucisse 
(saisitia*), sauge (salvia), sauce 
(saisa), saussaie {saVcetum), saw 
matre (soimaster), saumon (sal- 
monem), saumure (salmuria), 
saunier (saln'arius) , sauve [salva.- 
ticus*), sauver (salvare), taupe 
(taipa), privaute (privaltatem). 

2° El latin devient au, eau dans 
oumone (ei'mosyna*), beau (bel- 



lum) . chateau (castellum), cruautt 
(crudWatem ), nouveaute* (no- 
veViatem), pe*u (pe/lem), — ieu 
dans mieur (melius), sans parler 
des suffixes diminutifsen ellus qui 
ont donne el en francais, puis se 
sont pour la plupart adoucis en 
eau, au : agniau (agneWus), an- 
; T\eau (dmnellus), arbrisseau (arbo- 
riceMus), boyau (boteWus). chapeau 
\ (capeMus), cerceau (circeMue), cer- 
; neau (circineMue), cerveau (cere- 
helium), chalumeau (calameMue), 
chapiteau (capitc Uum) y claveau 
(clave Jius), corbeau (corveftue), 
couteau (cultetfue), damoiscau (do- 
mitucellus), escabcau (scabeii um), 
6tourmau (siurneUum). fourneau 
(furneMu*), fabliau (fabulel/um). 
iaisceau (fascetfum), fi^au (flageJ- 
lum), (useau (fuseUum), jumeau 
(gemellus), joyau (gaudie/Jum) , 
jouvenceau (juveniceftu* *), lin- 
teau (limitewum), manteau (man- 
ieUum) , marteau (marteJJum), 
monceau (monticeWum), morceau 
(morseWum), nouveau (novellus), 
niveau (Mbella), nouveawte (no- 
ve/^tatem) , oiseau (auceiZum) , 
passereau (passereMue), pinceau 
fpennict'Wum), porreau (porrei- 
turn), pommeau (pomcUum), pon- 
ceau (puniceHum) f pourceau (por- 
cellum), poteau (posteiium), preau 
(prate^um),pruneau (pruneaum), 
rainceau (ramice(Zum) , ram eau 
(rame^um), rateau (rasteHum) , 
reseau (retice^um), ruisseau (rivi- 
ceMum), seau (siteWu*), tableau 
(t&b\i\ellus) , taur^au (torei/ue), 
tombeau (tumbeWue), treteau 
( transtei/um ) vaisseau (vasceZ- 
lum) , yeau (viteWum), vermisseau 
(vermic«Wum). 

3° II latin devint eu dans : che- 
veu (capi'las), epieu(spiculus),eu£ 
(il\os) y yeux (ancien francais iels), 
epieu (ancien frang. ipietl) , vieux 
(viet^ yeuse (tiicem), —eau dans 



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AGR 



33 



AHU 



pin&au (pennict"Muro),*ceau(vieux 
franc, seel de sigittum), — o, ou 
dans" basoche (bast/'ca), fougire 
(fiTcaria qui etait plus correcte- 
ment feugere dans noire ancienne 
langue). 

4° 01 latin devint ou dans : chou 
(coiis), cou(coilum\ coupfaoJpum), 
coucher (coH'care), gouffre (got- 
fus *) , fou (foJlis *), mou (mollis), 
moudre (moi're), mouture (mo/'tu- 
ra), pouce (po/licem) t sotidoyer 
(soidicare *), sou soJ'dum), souci 
(solsequium), soucier (soilicitare), 
sonde ( soi'da ) , voute ( vol'ta ) , 
souder (soJ'dare), soudre (solvere, 
et tons ses composes : absoudre= 
absolvere, dissoudre = dissoivere, 
resoudre = resoJvere, etc....). 01 
latin est : eu dans meunier (moi'na- 
rius), meuliere (moJaria), moyeu 
(modiolus), — au dans vautrer 
(voJtulare *). 

5° VI latin devint ou dans bouger 
(bu/icare *), bouillir (buUire), boule 
(bulla.), bouge (butga), coucou (cu- 
culus), coupable (cuZpabilis), cows- 
sin (cufcitinus *), cowette (cu/cifa), 
cousin (cui'cinus), couteau (culr 
tellum), coutre (cuJter), courte- 
pointe (culcita-puncta), doux (dul- 
cis), douceur (duJcorem), ecouter 
(auscuJtare), foudre (fuigur), gou- 
pillon (vuipeculus *), mouton (mui- 
tus *), poudre (pulverem), poussin 
(puilicenus) poumon(puJmonem), 
powtre (puiletra*}, pousser (pui- 
sare), poussif (pufsativus *), outre 
(ultra), soufre (suJphur). — 01 
latin est au dans vautour (vultu- 
rius), — o , dans remorque rancien 
francais rernolque, de remulcum). 

Agonle, lutte contre la mort, 
du grec ayama (combat). — D. 
agoniser. 

Agrafe, ancien francais agrcu- 
pe, bas latin agrappa, compose" de 
ad , et du bas latin grappa (cro- 
chet) qu'on trouve dans les textes 



du vn> siecle : grappa vient a son 
I tour du vieil naut allemand Kra- 
pfo (crochet). — D. agrafer. 
| Agralre, du L. agrarius (qui 
concerne les champs). 

Agrattdir, -issen*cnt 9 voy. 
grand. , 

Agr**abte 9 adjectif derive dV 
grter, comme auiable de guier. 

— D. desagre'able. 

Agrecr, litteralement prendre 
a gri (voy. gre'). — D. agrement, 
disagrement . 

I Agr*ger, du L. aggregare 
(admettre au nombre de, associer). 

— D. agre'ge', -ation. 

j Agtrement, voy. agreer. 
I Agres, voy. grier. 

Agresaeur, du L. aggressor 
■ (qui attaque). — D. agression, if. 
j * Agreste, du L. agrestis (memo 
I sens). 

Agrlcole, duL. agricola (qui 

; cultive la terre), le substantif latin 

est devenu adjectif en francais. 

| Agrlculteur, du L. agricuUor 

(qui cultive les champs). — D. 

agriculture. 

Agronome , du grec iyp^o^o; 
(de iypoc champ , et v6(io; loi qui 
etudie les lois de l'agriculture. 
Ag**erri»* 9 voy. guerre. 
Agwets, mot qui n'est plus 
usite qu'au pluriel, dans le francais 
moderne (Hre aux aguets, 6tre* en 
embuscade), mais que le vieux- 
francais possedait au singulier. 
Malherbe l'a encore employe : 
« Quand Taguet d'un pirate ar- 
rita leur voqage. » — Aguet est 
le substantif verbal de l'ancien 
verbe aguetter, compose de guettei 
(voyez ce mot) . 
Aheurter, voy. heurtr. 
Ahwviw. Le mot hure, qui si- 
gn ifiait a Torigine chevelure he"- 
risse'e a donn6 ahuri, h6riss6 (la 
gent barbue et ahurie, disait-on 
au xm e siecle). Ahuri a pris plus 



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AID 



34* 



AID 



tard le sens figure" de herisse" d'ef- 
froiy pais terrifM, enfin le sens 
moderne qui n'est plus qu'une di- 
minution de l'ancien. 

Aider, du L. adjutare (aider, 
dans Varron et dans -Terence), 
plus tard ajutare, qu'il faut 6crire 
aiutare, puisque les Latins pro- 
noncaient i le j place* entre deux 
voyelles. (C'est pour cette rai oh, 
que raja , boja, major, bajulare 
ont donne* au francais rate, boute 
[vieux franc, boie], maire, battler, 
— ces mots" latins etant prononces 
rata, boia, ma'ior, baiulare) . Pour 
aller de aiutare a aider, nous 
ttouvons deux changements philo- 
logiques, Tun est la chute de Yu, 
aiutare devient aitare } l'autre le 
changement de t en d ; aixare =. 
aivar, puis aider. 

1° Chute de Yu. On a vu au mot 
accointer que toute voyelle qui 
precede imm6diatement la voyelle 
tonique (comme i dans sanitdtem, 
e dans c&mEte'rium), disparalt en 
francais si elle est br6ve (san-i-td- 
tem= santf), et persiste si elle est 
longue (caem-e-terium = cim-e- 
tiire). 

Cette persistance de la voyelle 
atone longue ne souffre qu'un 
tres-petit nombre d'exceptions : la 
voyelle atone qui precede imme- 
diatement la tonique, disparait 
quand elle est longue dans : cour- 
tier (cartftarius), merveille (mirfl- 
bflia) , moutier ( mon5ste*rium ) , 
serment (sacrdmentum), — blamer 
(blasphemare), diner (decoehare) , 
derrain* (deretranus, d'ou derrai- 
nier. dernier), aumdne (eleem6- 
syna), vergogne (ver#cundia), — 
endroit (indtr6ctus), metier (mi- 
nlsterium)-, saunier (saltnarius) , 
soupcon (suspicitfnem), — cousin ' 
(consobrinus), larcin (latroeinium), ' 
— aider alutare) ? coutume (con- j 
sfietiidinem), matin (matutfnum), ! 



manger (mandficare), m£dire (mi- 

nusdicere et tous les prefixes en 

me', mte...) , saigner (sangiitnare), 

sanglant (sangSitentus), vousser 

(voltttiare). Cette vingtaine d'ex- 

ceptions a la regie de persistance 

de l'atone longue s'explique par 

ces deux faits : — d'une part que 

dans beaucoup de ces mots la 

contraction est de date r6cente, et 

que ia voyelle atone longue existait 

encore dans notre ancienne lan- 

gue : courtier, serment, soupcon, 

larcin 6taient plus regulierement 

en vieux-francais couretier, sere- 

ment, soupecoh, larecin; — (Tautre 

p^rt que dans le latin vulgaire, 

plusieurs de ces mots avaient deja 

: perdu l'atone longue , et le fran- 

1 cais ne pouvait que reproduire cette 

I irregularite ; c'est ainsi qu'on 

trouve avant le vu e siecle, cosinus 

I (cousin) pour consobrinus , — cos- 

j tuma (coutume) pour consuetudi- 

I nem, — matinum (matin) pour 

matutinum, — disnare (diner) pour 

; decaenare, — elmosna (aumdne) 

pour eleemosyna, — tercundia 

(vergogne) pour rerecundia. 

2° l'adoucissement du t en d : 
aiutare devenu a'itare, change son 
tend, a'idare, comme dans les 
mots : done (tunc), — endive (en- 
tybus), coude (cubitus), radeau 
(rastellum), madrier (materiar ius*), 
baudrier (balterarius *) , — lezara 
(lacertus), marchand (mercatan- 
tem) , plaid (placitum). — Cet adou- 
cissement avait deja lieu dans le 
latin populaire, ou il est tres-fre"- 
quent, surtout quand le t est place* 
entre deux voyelles :• on trouve 
iradam pour iratam dans une in- 
scription de l'an 142, — limides, 
sidus, terridoriam, mercadum, 
strada, pour limites, litus, terri- 
torium, mercaium, strata, dans 
les documents du v* siecle, etdans 
la Loi Salique. D'ailleurs, le latin 



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AIE 



35 



AIG 



classique dit quadraginta , qua~ 
drains, qui viennent de quatuor, 
et qui auraient ete regulierement 
quatraginta, quatratus. Voir pour 
1 histoire complete du t latin le 
present dictionnaire au mot aigu. 
— D. aide, substantif verbal de 
aid?r. 

vtteuf, du L. aviolus (meme 
sens). — A cote de la forme clas- 
sique avus (aieul), il existait en la- 
tin une forme populaireavtus qu'on 
trouve avec le sens d' aieul dans 
certains textes du v e siecle. (Les 
doubles formations telles qu'atius 
a c6te" d'arus sont freauentes dans 
la langue latine qui dit luscinws 
a c6«6 de luscinus, etc..) — A 
i'aide de cette forme avius, les 
Romains creerent le derive avio- 
lus, par 1'addition du suffixe dimi- 
nutif o\us, comme ils avaient deia 
tire filiolus de filius, gladiolus de 
gladius, lusciniolus de luscinius, 
etc.... — Aviolus, qui signifiepro- 

Srement petit aieul, fut employe* 
e bonne heure au sensduprimitif 
avius, par suite de cette tendance 
qui pou~sait les Romains a donner 
aux diminutifs toute la force de 
sens du primitif (voir {'Introduc- 
tion, p. xxxn). 

Pour aller a? aviolus a aieul (qui 
est dans notre ancienne langue 
aiol, et en provencal aviol, formes 
quieclairent le passage du latin au 
francais), on trouve deux change - 
ments philologiques : 

1° La chute du v m6dial qui a 
disparu dans aieul de a{\)iolus, 
comme il a disparu dans paon de 
pa(\jonem, peur de pa(v)orem, 
viande de vi(v)enda, clouer de cla~ 
[v)are , oncle de a(vjunculus, 
ouaille de oMicla, pluie de plu- 
(v)ta, gedle de ca{i)eola*, luette de 
u(v)etta*, oublieux de obli(\)iosus. 
Cette chute du v place entre deux 
voyelles, n'est pas rare en latin : la 



langue classiaue disait bourn pour 
bo(v)um, audit pour atidi(v)t, r#- 
dii pour redi(v)i; et cette tendance 
eta it plus devcloppee encore dans 
le latin populaire, qui disait rius 
pour ri(v)us, ais pour a(y)is; on 
trouve noember pour no(\)ember 
dans les Inscriptions , et des le 
vu e siecle, la forme paonem pour 
pa(v)onem dans les Gloses de 
Cassel. 
2° Aviolus, ainsi reduit a aiolus 

F** ar cette chute du t\ a donne* dans 
ancien francais la forme aiol t qui 
est devenue aieul par ladoucisse- 
ment de l'o en eu (adoucissement 
etudie au mot accueillir), — A pro- 
pos de ce changement du suffixe 
olus en eul (aiolus = aieul), deux 
remarques sont necessaires : les 
suffixes en iolus (et je comprends 
e gale men t sous cette denomination 
les suffixes en coins, nuisqu'ils se 
sont transformed de bonne heure 
en iolus, comme le prouvent les 
Inscriptions, qui donnent caprio- 
lus pour capreolus, les Gloses de 
Cassel, qui ont linciolo pour lin- 
teolo, etc....), — les suffixes en id- 
iui.subirent vers le septieme siecle 
une diphthongaison qui changea 
les deux breves id en une seule syl- 
labe longue (id) ; des lors accentues 
non plus iolus, mais idlus, ces 
suffixes devinrent en francais eul, 
euil, ol, temoins : aieul (avioltis), 
glaieul (gladiolus), fitteul (filiolus), 
epagneuJ(hispanioJu**), Ulleul (ti- 
liolus*), linceul (linteolum*), li- 

Eeul (ligneolum*), — ecureuil 
mriolus), bouvmiil (bovario- 
?*), reseuti (reiiolum), che- 
vreutl ca-preolus) , — rossignoi 
(luscinioZws*), verote (variola*), 
rougeole (rubeola *) . 

Aigte, du L. aquila (meme 
sens). Regulierement contracts en 
aq'la (suivant la regie donnee a la 
page lxxx), le latin aquila a subi 



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AIG 



36 



ATG 



deux changements pour arriver au 
francais : Fa accentue" est devenu 
at (kq'la = aigle), — le q est de- 
venu g (aq'Ja = aigle) : 

1° A laiin accentu6 devient at* 
en francais, — quand il est bref, 
dans : aime (amo), main (man us), 
faun (fames), mats (magis), — 
quand il est long par nature dans : 
aile (ala), clair (clarus), dematn 
(de-mane), grain fgranum), nam 
fnanum), pain (panem), aire 
(area), haim (hamus), laine (lana), 
laize (latia), pair (par), patx (pa- 
cem), daim(damus), maire (ma- 
jor) , raim (ramus) , raine (ranaj, 
sain (sanus) , semaine (septimana), 
vain (vanus), vrai (veracem), — 
quand il est long par position dans : 
aigre (acrem), aigle (aq'la), chair 
(carnem), ais (axis), bain (bal- 
neum), faix (fascem), fafte (fasti- 
gium), ains (ante), glaive !&a- 
aius), 6tain (stannum). — A latin 
inaccentue\ ou atone, devient ai 
en francais, — quand il est bref 
dans : atgu (acutus), aiguille (acu- 
cla*), raisin (racemus), — quand 
il est long par nature dans : p!aisir 
(placere), — * quand il est long par 
positioa dans : faisceau (fascel- 
lum*). aisselle (axilla), laisser 
(laxare), ratnceau (ramicellum *), 
vaisseau (Yascellum). 

%° Q devient p dansaq'fa (aigle). 
comme dans aipue (agua), epal 
(aequalis), — ou plutdt, ql latin est 
devenu gl, et a subi ainsi la ro&me 
transformation que son analogue 
cly qui a donne gl dans : 6pZisa 
(ecctesia), aveupJe (abocJus), beu- 
pier (buc'lare), jonpJeur (joc'lato- 
rem), seipte (secle). — C'est ainsi 
que beaucoup de personnes pro- 
noncent encore aujourd'hui reine 
glaude pour reine claude, etc. 

Alglon, diminutif de aigle, 
forme par Taddition du suifixe on, 
comme dans dnon, chaton, oursou, 



raf on, — de dne, chat, ours, rat. 

— Ce suffixe on vient du suffixe 
latin onem, qui servait au mgme 
usage : de sabulum (sable), les 
Latins tiraient sabutonem (sa- 
blon), etc. 

Aigre, du L. acrem (aigre). 
Sur le cbangement de a latin en 
ai, voir au mot aigle; sur l'adou- 
cissement du c latin en g , voir au 
mot adjuger. — D. aigreur, aigre* 
let j aigiir, aigrement. 

Aigre (in. Origine in conn ue. 

Aigrette, sorte de heron dout 
la tete est ornee d*un bouquet de 

Slumes qui a pris le nom generique 
e l'oiseau. Le sens originaire de 
aigrette est done he'ron, ce qui 
indique surabondamment d'autre 
part son etymologie. 
Le vieil haut allemand heigro 

2i6ron) devint en francais aigre, 
ont aigrette est le diminutif, et 
signifie proprement petit he'ron. 
(Sur les suffixes diminutifs en ette, 
voir au mot ablette.) — D'autre 

Sart, ce meme mot allemand heigro 
onna a la basse latinit6 le derive* 
aigronem qu'on trouve deja 6crit 
air onem dans un texte du dixieme 
siecle, et qui devint en francais hai- 
ron, et au quinzieme siecle heron. 

— Quant a la reduction du gr en 
r, elle se retrouve dans pelerin 
(pereprinus), noire (nipra), entiere 
finteora), flairer (fraprare), paresse 
(pipritia), cueillir (collip're), frire 
(frip're)j fuir (fup're), lire(lepYe), 
elire (ehp're). 

Aigu, du L. acutus (pointu). 
Sur le changement de a latin en 
ai, voir au mot aigle; sur le chan- 
gement de c latin en p, voir au 
mot adjuger. Quant a la reduction 
de la finale utus (acuta*) en u 
(aigu), ou plus ^implement, quant 
a la chute de la den tale latine t> 
elle n'a point eu lieu directement 
du latin en francais; * est d'abord 



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AIG 



37 



AIM 



devenu d dans le latin merovin^ien 
(comme nous l'avons demontre au 
mot aider), — et ce d a persist^ 
dans les premiers monuments de 
notre langue jusqu'a la fin du 
xi e siecle : spatha, natum, hono- 
rata, devenus spada, nadum, ho- 
norada, donnent a notre ancienne 
langue les formes espede, ned, 
honorede, qui des les premieres 
an Dees du douzieme siecle laissent 
tomber le d, et deviennent espte, ne", 
honore'e. — Acutus a du passer par 
aigud pour arriver a aigu, comme 
virtutem, cornulum, canutum ont 
donne vertud , cornud , chenud, 
puis vertu, cornu, chenu. — Le 
seul mot derive* d'aigu, est le verbe 
aiguiser, qui vient duL. acutiare* 
(rendre aigu). On vient de voir 
comment acutus a donne aigu; 
quant au changement de la finale 
tiare en ser (ou de ti latin en s 
doux) , nous l'avons etudie au mot 
agencer. 

Aigtte, eau, du L. aqua (m&me 
sens). — Sur le changement de a 
initial en ai t et sur celui du q la- 
tin en g , voir au mot aigle, — Le 
mot aigue, disparu de la langue 
moderne, a persiste dans quelques 
noms de heux (Aigues-Mortes, 
Chaudes-Aigxi.es) , — et dans un 
certain nombre de derives : ai- 
gui&re, vase ou Ton met de Peau, 
— aiguade, provision d'eau douce 
pour les vaisseaux , — aigue-ma- 
rine ( litteralement eau- marine, 
eau de mer), pierre precieuse de 
couleur bleue, etsembiable a l'eau 
de la mer. 

Aig**e-nta»*ine, voy. aigue. 

Aigwiewe, voy. aigue. 

Aiguiiie, du L. acucla* (m. s.). 
Le latin acicula (diminutif de acus, 
aiguille), qui prit, comme la plu- 
part des diminutifs, le sens du pri- 
mitif (voir V Introduction de ce 
livre, p. xxxn), avait une double 



I formea rue ula, que Ton trouve dans 
le Code Tbeodosien, et qui ne tarde 
point a se contracter en acucla, sui- 
vant une loi reguiiere que nous 
avons demontree au mot able. — 
Pour le changement de a latin an 
ai, — de c latin en g, — et de 
ucla en uille, voir respectivement 
aux mots aigle, adiuger, abeille. — 
D. aiguillee, aiguillette, aiguillon, 

Alguiiiec, voy. aiguille. 

Aigwiiiette, diminutif d'a»» 
guille. 

AiguiUo*, voy. aiguille. — 
D. aiguiUonner. 

Aigwiser, voy. aigu. 

Ail 9 du L. allium (ail), par le 
changement de U en I mouille, et 
Tattraction de l't latin, comme dans 
mouiller (molliare*), chatouiUer 
(catulliare*),mqt7(malleus),matlfe 
(metallea*), faillir (fallere), bouillir 
(bullire), — fUle (filia) , paille (pa 
lea), vaille (valeat), leutt (soleum), 
taille (talea) , famille (familia), /W- 
leul (filiolus*), tilleul (tiliolus*), 
meilleur (meliorem). 

Aiie, du L. ala (aile). Sur le 
changement de a latin en at, voir 
au mot aigle. — - D. aite. 

AUewan 9 forme de aile, comme 
bticheron de bULche, — chaperon de 
chape, — forgevon de forge, — 
moucneron de mouche, — mousse- 
ron de mousse, — puceion de 
puce, etc. 

A if fete »•#, du L. aliorsum (vers 
un autre lieu). — Pour le change- 
ment de li latin en ill, — pour 
celui de o latin en eu, voir respec- 
tivement aux mots ailetaccueillir. 
— D. d'aillmrs. 

Aimabie,d\iL. amabilis [digne 
d'amour). — Les suffixes abilis f u- 
rent regulierement contract es en 
ablis dans le latin vulgaire ; dbilis 
est accentue sur l'antepenultieme, 
et Ton sait que toute voyelle penul- 
tieme breve dispara en francais 
3 



y Google 



AIN 



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AIN 



(voir V Introduction de ce livre, 
p. lxxx). 

Abilis, devenu ablis, donna au 
francais les suffixes en able , qui 
sont * fort nombreux dans notre 
langue. 

Aimant, du L. adamantem 
(fer, — et dans quelques auteurs, 
ier aimante). Aimant, qui est en 
vieux francais aimant, en proven- 
c,al adiman , a perdu le d medial 
latin a(d)amantem (sur cette dis- 
parition du d, voir au mot acca- 
hler) ; adamantem, ou mieux a-a- 
mantem, est devenu aimant par le 
changement de a en i, qui se re- 
trouve dans un petit nombre de 
mots : cerise (cerasus), gt'rofle (co- 
riophyllum), aveltne (avellanaV 
gite (jacitum), bondir (bombitare), 
retenttr (retimitare). 

Ce changement remonte a la 
langue latine elle-m6me , qui di- 
sait indifferemment avellina ou 
avellma, et qui formait insipidus 
de sapidus, in-imicus de amicus, 
in-stituo de statuo, dif-ficilis de 
facilis, ac-cipere de capere, e-ripio 
de rapio, etc. 

Aimer, du L. aware (m. s.). 
— Sur le changement de a latin en 
ai, voir au mot aigle. 

Aine, corruption du vieux fran- 
cais aigne, qui vient lui-m6me du 
latin inguinem (aine). — Inguinem 
a dc£ne aigne, comme sanguino 
a donne saigne. Inguinem, con- 
tracts en ing'nem, suivant la loi 
demontree a la page lxxx de notre 
'Introduction, est devenu aigne, 
par le changement de i en ai etu- 
die au mot abbesse , et par la trans- 
position de no en gn, que Ton re- 
trouve dans joionant (junoentem), 
teionant (tinoentem), saigne (san- 
puino). 

Aine, plus anciennement aisne", 
avant le xin e siecle ainsni, com- 
pose de aim et de ni. — Au lieu 



de primogenitus, le latin vulgaire 
disait volontiers ante natus (n6 
avant). Au septieme siecle, Isidore 
de Seville traduit antenatus par prt- 
vignus, et primogenitus par ante* 
omnes natus : il oppose antenatus 
a postnatus, Tun servant a designer 
le fils cadet, Tautre, l'atne. 

Ante, ayant donne ains en fran- 
cais (par le changement de a en 
ai etudie au mot aigle), — et na~ 
tus etant devenu ne" (voir ce mot), 
— anti natus devint en francais 
ains-nt, comme post-nalus devint 
puis-ne" (d'ou puind). De mfime que 
le latjn vulgaire, pour opposer 
l'aine au cadet, disait ante-natus 
et post-natus, l'ancien francais 
opposait Yains-ni au puis-ne" ou 
moins-ni (minus-natus). La m6me 
distinction se retrouve dans les 
Coutumes de Beaumanoir, qui 6ta- 
blit les droits de Yains-ne et les 
distingue judiciairement de ceux 
du puis-ne". 

La forme ains-ni se transforme 
au xi ? e siecle en ais-n6, par la re- 
duction de ns en s. Cette reduction 
s'operait deja en latin : tandis que 
les textes de la vieille langue latine 
disentformonsus, quadra gensimus, 
quotiens, le latin classique reduit 
ces formes en fbrmosus, quadra- 
gesimus, quoties; a leur tour, les 
formes classiques censor, mentis, 
impensa, inscitia, mensa, Vien- 
nensis, se reduisent a cesor, mesis, 
impesa, iscitia, mesa, Viennesis, 
dans le latin vulgaire, comme nous 
Paffirment Varron, Festus et Fla- 
vius Caper. Le latin merovingien 
continue cette tradition ; on trouve 
dans les Chartes du vn e siecle ma- 
sus pour mansus, remasisse pour 
remansisse, etc. Voici la liste com- 
plete des cas ou s'opere cette re- 
duction : maison (mansionem), me- 
sure (mensura), epoua? (sponsus), 
cotUer(constare), fie (insula), mi- 



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AIR 



AIS 



tier (mifurterium) ; mois (mensis), 
moirtier(monastenum), poids (pen- 
ram), pro (prensus*), toise (tensaj, 
toison (tonsionem), tres (trans), 
pay* (pagensis), prison (prensio- 
nem*), coudre (consuere), masure 
(mansura), peser (pensare), mesu- 
rer(mensurare),tournois (turonen- 
sis), gregeois (graecensis *) , po/le 
pensile*). 

Mais le langage se modifie sans 
cesse sous Taction d'une meme 
force toujours agissante; le latin 
et le francais ne sont que les 6tats 
successifs *de la meme langue, et 
cette reduction de ns en s a eu lieu 
Don-seulement dans le passage du 
latin au francais, mais encore dans 
celui du francais ancien au fran- 
cais moderne : ains-ni est devenu 
ais-ne au quatorzieme siecle, et 
aitnt s'est transforme en ain4 au 
dix-septieme. — D. ainesse. 

Aiwisi. Ancien francais ensi, 
plus anciennement in si, du latin 
tn-stc (voy. si). Cf. Grammaire 
historique de la langue francaise, 
p. 217. 

Air, du L. aer (meme sens). — 
Que ce mot air soit venu a avoir le 
sens de naturel, ou disposition 
d'esprit, on le comprendra facile- 
ment en comparant au francais le 
latin spiritus, qui veut dire a la 
fois souffle, vent, et passion, hu- 
meur. — Quant au sens dVwr de 
musique, il nous est venu, au 
xvn e siecle, de l'italien aria, qui 
vient aussi du latin aer, et qui a 

Juris le sens dans lequel la musique 
'emploie aujourd'hui : air arecu 
le sens du mot italien, mais en 
conservant sa forme francaise. 

•Airain, du L. aer amen (bronze). 
— Le suffixe amen (aeramen) est 
devenu ain (airatn), comme dans 
les mots levatn (lev amen), es- 
saim (ezamen), etrain (stramen), 
merratn (materiaroen*), lien (li- 



gamen). De meme que le suffixe 
amen est devenu ain, aim, en dans 
la langue francaise , les suffixes da 
meme famille tmen, umen, ont 
donne respectivement en francais 
in, ain, — on, un. — Le suffixe 
imen est devenu ain dans nourratn 
(nutn'tnen), et in dans train (tra- 
inmen*); le suffixe umen a donne 
un dans alun (alumen*), et on 
dans beton (bitumen). 

1. Aire, nidd'aigle, indirecte- 
ment de Tallemand aren (faire son 
nid), lequel vient a son tour de 
oar (aigle). 

2. iilr«, du L. area (aire a 
battre le ble). Area est d'abord de- 
venu aria par le changement r6- 
gulier de ea en ia (voir aux mots 
abre'ger et agencer) • aria a donne 
aire par la transposition de Yi 6tu- 
diee au mot dnier. 

Aiveiie. Origine inconnue. 
Ais, du L. assis (ais, planche). 

— Les deux ss du latin se sont r6- 
duits a un seul en francais, comme 
dans pas (passus), gras (crassus), 

1>res (pressus), bas (bassus), las 
amis). — Quant a la transposition 
de Yi latin, voy. au mot dnier. 

Aise. Origine inconnue. — D. 

aise", aistment, malaise , malaise" , 

malaise'ment, aisance. — Pour le 

pre fixe, voy. mal. 

Aimseiie 9 duL. axilla (aisselle). 

— Sur le changement de Ya initial 
latin en ai francais, voy. au mot 
aigle* — Quant au changement de 
x (aurilla) en ss (aisselle), il se re- 
trouve dans essai (eaagium), essaim 
(examen), cuisse (coaa), massue 
m&ruca*), essorer (exaurare), issu 
(exire). laisser Harare) , essieu (arri- 
culus*), essoriller (exauriculare*), 
oseille (oajalia*), reussir (re-esire*), 
tisser (texere). Ce changement 
avait d£ja lieu chez les Latins : x, 
qui n'est autre chose que cs, n'avait 
point tarde a subir Tassimilation 



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AJO 



kO 



ALC 



en ss. On trouve chez les Romains 
les former lawus ? asjis, cowim, a 
cdte de laams , aans, coa?im ; les In- 
scriptions donnent conflississet, 
essorcista pour conflixisset, easor- 
cista, — et les manuscrits fvassi- 
nus, towicum pour fraarinus, torci- 
cum. 

Sur le changement de i (axilla) 
en e (aisselle), voy. an mot ad- 
mettre. 

Ajonc. Origine inconnue. Voy. 
jonc. 

Ajowmer, YOy. jour. — D. 
ajournement. 

Ajowier, ancien francais ajou- 
ster, provencal ajostar, du L. ad- 
juxtare* (juxtaposer). Le sens 6ty- 
mologique qui est rapprocher, 
mettre cdte dc6le, se retrouve en- 
core dans les textes francais du 
zi a siecle; dans la Chanson de 
Roland, un des pairs ordonne aux 
Francais de s'ajouler en bataiUe 
(de se mettre en rangs). 

Adjvxtare, devenu ajuxtare (par 
la reduction de dj en j qui se re- 
trouve dans four de djumum*, — 
orpe de borcy urn *, — assizer de 
assedjare *) , a donn6 ajouster par 
le changement de u latin en ou 
(voyez au mot accouder) , et par 
celui de x en * (que Ton retrouve 
dans quelques inscriptions latines 
qui donnent si*tus pour septus, 
obstrinierit pour obstrinaperit) ; ce 
changement de re en * eziste en 
francais dansais(auris),buis (busus, 
dertrier (deartran us*), et dans les 
neuf mots sertier(seartarius), boiste 
(buxda*), tarter (taaf'tare*), mesteil 
(mia&teolum) , rresne (fraarinus) , 
jourter (justare*) , desduire (de- 
esducere*), dewier (deea?viare*) , 
etcluse (esclusa) qui ont perdu s 
en francais moderne et sont deve- 
nus wfter, boite, tdter* me'teil, fri- 
ne, jouter, dtduire, devier Muse, 
— comme ajouster est devenu 



ajouter. (Sur cette chute de. t, 
voyez au mot abtme). 

D. Ajutage (pour ajoutage). 

Ajwiet*, voy. juste. D. a jus* 
tage, ajustement. 

f Alamble, mot venu au in* 
siecle du latin des alchimistes 
alambiquus qui avaient emprunte 
a l'arabe al-anbiq (vase a distiller), 
le nom et Fobjet. — . D. alambx- 
quer (distiller, au figur6 subtili- 
ser). 

Aianguir, voy. languir. 

f Alarme,terme militairevenu 
I au xvi e siecle de Pitalien alVarme 
(meme sens : mais le mot italien 
| veut dire litteralement aux armes, 
et etait a Forigine le cri des senti- 
nelies, surprises par rennemi). Au 
! xvir* siecle , alarms est encore 
ecrit allarme conformement a l'e- 
: tymologie. — D. alarmer,-iste. 
I Albutre, du L. alabastrum 
(meme sens), qui est deja alba*- 
trum dans certains manuscrits la- 
tins. Sur cette chute de #, voyez 
p. lxxxvii, et au mot accointer. — 
bur * disparu, voy. abtme. 

f Albinos, mot venu au xvii* 
siecle de I'espagnol albino (negre 
blanc). 

Album, du L. album (registre). 

Aibunilne , du L. albumine 
(blanc d'oauf). 

f Alcade, de I'espagnol alcade 
(meme sens). 

f Alcall, mot venu en francais 
par le latin des alchimistes qui ra- 
vait emprunte de l'arabe alcali 
(sel de soude). — D. alcalin. 

j Alchlmle, mot venu en fran- 
cais par le latin des alchimistes, 
qui avait emprunte ce mot a l'a- 
rabe alchymta (meme sens). — D. 
akhimiste. 

j- Alco^l, anciennement alco- 
hol, que les alchimistes ont tir6 de 
l'arabe alqohl. 

t Alcdve, mot venu au xvr* sie- 



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ALI 



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cle de l'italien alcovo (mdme I 
sens). ' 

Aleyon , du L. alcyon (mfime 
sens). | 

Aleatolre , du latin aleatorius 
(qui concerne les jeux de hasard). 

Alene, , vieux francais alesne, 
mot d'origine germanique, de Pan- 
cien baut allemand alasna (meme 
sens), transposition de alansa. 

t iiletKlf , factitif de lent. — 
Ce mot, encore employe" par Cor- 
neille et par Moliere, a persists en 
francais moderne, dans le compose' 
ralehtir. 

Atentowr, ancien francais, d 
tentout, voy. entour. 

f Alerte, anciennement allerte, 
et dans Montaigne et Rabelais a 
Yerte, expression purement mili- 
taire a rorigine , et emprunt6e 
pendant nos guerres d'Jtalie du 
xvi* siecle , au cri italien alVerte 
(garde a vous); l'italien dit stare 
all' ert a pour se tenitsutsns gardes. 

Atevin, du L allevamen (ce 
qu'on 61eve, ce qu'on nourrit). Sur 
amen = in, voy. airain. 

Alexandria (vers). Origine 
inconnue. 

f Ale*an,venuaudix-septieme 
siecle de l'espagool alaxan (mfime 
sens). 

f Algarade, venu au dix-sep- 
tieme siecle de Tespagnol algatada 
(attaque imprevue). 

f Algebre, du latin scientifi- 
que du moyen age algebra, lequel 
vient a son tour de l'arabe aldja- 
broun (reduction matbematique 
des parties au tout). 

f Alguasll, de l'espagnd al- 
guazil (mfime sens). 

Algae, du L. alga (m6me sens). 

Alibi, du L. alibi (ailleurs). 

AHboron. Origine inconnue. 

f Alidade, du latin scientifique 
du moyen age alidada, qui est 
I'arabe alidad (computation). 



Allener, du L. alienate (ven- 
dre). — D. alienation , alienable. 
Quant au sens de folie, il existe 
aussi en latin pour le mot alie- 
nare. 

Aiigncr, voy. ligne.— l). ali- 
gnement. 

Allmrat, du L. alimentum 
(meme sens). — D. aliment*., 
-ation. 

Allnea , anciennement d linra, 
de l'expression latine d linea em- 
ployee quand on dictait , pour in- 
diquer qu'il fall ait cesser la ligne 
commencee, et en 6crire une nou- 
velle. 

Allqnaate, du L. aliquantus 
(meme sens). 

Allquete, du L. aliquot (m&me 
sens). 

Alitor, voy. lit. 

AUze, aussi 6crit alise , mot 
d'origine germanique; de l'ancien 
baut allemand elixa (alise ) — D. 
alisier. 

ifffoifef, du L. allactare (al- 
laiter. — Sur ct (allactare) devenu 
it en francais, voy. attraxt. — D. 
ailaitement. 

Atieckew, du L. allectare (at- 
tirer , inviter). Quant au change- 
ment tout a fait insolite de ct en 
ch (allectare = all6cher), il se re- 
trouve dans flec/iir (flecfere), refle- 
ctor (reflectere), empfic/ier (impac- 
ts re) cacher (coactare*). — D. 
aUechement. 

Aiteger, du L. alleviate (ren- 
dre plus leger). Alleriare est devenu 
allevjare par le cbangement de l't 
en i (6 tudie* ci-dessus au mot abte"- 
get) ; allevjare est devenu ailc/are 
(puis alleper) par la reduction de 
vj en o, qui se retrouve dans de- 
lude (dilutyum*), neipe (nirjV), 
serpent (serrjentem * ), abreper 
(abbreujare)*, auge (alv/a), saupe 
(salvja) , cape (carj'a*). Cette re- 
duction de v a aussi lieu 1° devant 



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ALL 



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ALL 



les autres gutturales (vc, vg), 
comme daDs naoer (nat'aare), ber- 
cail (verv'cale*), nacelle, (nav'cella), 
— 2° devant les dentales {vt y vd), 
comme dans ciJ6 (civ'tatem),jeudi 
(Jot?'dies), — 3° devant les liquides 
dans jeune (juv'nis). — D. alUge- 
mentj alUgeance. 

Allegorle, da L. allegoria. 
(mSme sens). — D. allegorique. 

AUhgre, ancien francais attgre, 
du L. alacris (allegre). Sur a (ala- 
cris) devenu e, voyez acheter. Sur 
cr latin = gr francais, voy. ad- 
juger. — D. alUgrement , alU- 
gresse. 

f Allegro, venu de l'italien al- 
legro (vif). 

Alleguer, du L. allegare (alle- 
guer. — D. allegation. 

Alleluia, mot introduit par 
saint Jerome au cpatrieme siecle, 
dans le latin ecclesiastique, et qui 
est la transcription de Thebreu 
haleluiah (cel6brez le Seigneur, 
litt6ralement : halelu louez , iah, 
Dieu). 

Alter, a emprunte ses temps a 
trois verbes latins differents : — 
I. Les trois premieres personnes 
de l'indicatif present ont 6te em- 
pruntees au verbe vadere; je vats, 
{yado), tu vas(vadis), il va (ancien 
francais i\vat),vadit.— II. Le futur 
et le conditionnel (j'ir-ai, j'ir-ai*) 
proviennent du latin ire par la for- 
mation ordinaire du futur ( voyez 
ma Grammaire historique de la 
langue francaise, p. 187.— III. Tous 
les autres temps {allais{ allai, al- 
lasse,aille, allant, alU) se rap- 
portent a l'infinitif aller. Quant a 
ce dernier, qui 6tait en vieux- 
francais aler, et aner, il vient du 
latin merovingien anare, qui n'est 
lui-m6me que l'adoucissement du 
latin classique adnare (venir; ce 
mot qui signifie proprement venir 
par eau , dans Ciceron , ne tarda 



pas a prendre une rapide exten- 
sion de-sens, et adnare signifie 
venir par terre dans Papias). — 
On peut faire la meme remarque 
sur un mot analogue enare (venir 
par eau, nager, Ciceron), qui dans 
le latin classique , exprime deja 
Faction de venir n'importe par 
quel moyen, soit en volant : Dae- 
dalus. . . . gelidas enavit ad Arctos, 
dit Virgile (iEneid., VI, 16), soit 
en marcbant : Nous avons parcou- 
ru ces vallees : Enavimus has val- 
les (Silius Italicus). — II est cu- 
rieux que la m6me m6taphore, de la 
navigation a la marcbe , ait aussi 
lieu dans le mot adripare qui si- 
gnifiait dans l'origine aborder d la 
rive (ripa), et qui a fini par pren- 
dre le sens general de toucher au 
but, et nous a donne le verbe ar- 
river. 

Pour aller de adnare ou anare 
au francais aller, en passant par 
les formes interm&liaires aner 
puis aler,-\e latin a subi un chan- 
gement important, celui de n en I : 

Cette permutation de nasale en 
liquide n'est pas rare en francais, 
t6moin orpheiin (orphaninus * ), 
Chateau-Iandon, (Castellum-JVan- 
tonis) Botogne (Bononia), Roussi/- 
lon (Rusciwionem). entraiMes (in- 
tranea*), cari/ton (quaternionem), 
enfin fatot et juiMet qui sont pour 
fawot et iuinet (voyez ces mots). 
— D. allee , substantif participial 
(voy. absoute). 

AUeu, ancien francais alou y 
plus anciennement aloud, — es- 
pagnol alodio, italien allodio , — 
du latin merovingien allodium 
(alleu), qui est d'origine germa- 
nique, comme tous les termes de 
droit feodal. Allodium vient de 
l'ancien haut allemand alldd (pro- 
priete complete), le franc- alien 
(bien hSreditaire et exempt de tout 
droit seigneurial) etant oppose au 



y Google 



ALL 



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ALL 



b&uffice (bien viager aTorigine, 
et dependant d'un seigneur). 

iff liet*, du L. alligare (lier, 
unir). — D. alliance, alliage , mis- 
allier, mesalliance, rallier, ral- 
liement. — Le g latin a disparu en 
francais a Hi (g) are est devenu oi- 
lier : ce phenomene , qu'on ren- 
contre deja dans les derniers temps 
de la latinite (on trouve niellatas 
pour ni-g-ellatas dans une charte 
merovingienne), est ordinaire en 
francais, soit que le g latin pre- 
cede'en latin la voyelle accentuee, 
comme dans aout de au{g)ustus, 

— giant de gt(g)an*em, — maitre 
de ma(g)tsfer, — nielle de nt(g)el- 
la, — provigner de propa{g)inare t 

— reine de re(g)tna, — fatne de 
/a(g)tna, — gaine de t?a(g)tna, — 
heur de att(g)tmum, — ring* de 
vi[g)inti, — carime de quadra(g)e-> 
sirna, — chdtier de casti(g)are, — 
denter de c{ene(g)are, — fttau de 
flag)ellum, — frayeur de /rt(g)o- 
rem, i— eflrayer de «b-/rt(g)are*, 

— /Want de /rt(g)en*em, — liot*- 
lefte de a(g)oletta* J — iter de It- 
(g)are, — Wen de lt(g)amen, — 
liaison de li(g)altonem, — loyal 
de te(g)aW*, — loyauU de le(g)alt- 
totem, — nier de ne(g)are, -—paten 
de pa(g)anus, — pay* de pa(g)en- 
m* — guar ante de quadra (g)tnta, 
—trente de trt(g)inla, — cinquante 
de qninqua{g)inta , — soixante de 
*ftra(g)tnta, — relayerderelt(g)are, ' 

— royal de re(g)alts, — royauU de 
re(g)alitatem, — royaume de re- 
(g)eltmen% — rut de rw(g)itw*, — | 
win de *a(g)tna, — scea<± de st- 
(g)t7lum, — setne de sa(g)enna; ' 

— soit que le a suive en latin la 
voyelle accentuee comme dans es- 
saide exa{gyium, — fou* de fa(g)us 
[d'ou : fouet] , — je de e(g)o, — loi 
de le({?)em, — rot de re(g)em, — - 
*ate de «a(g)um, — sangsue de 
sanguisu(g)a , — orfraie de ossi- ' 



fra(g)a, — plate de pla(g)a, — 
fresaie de pra?*a(g)a, — rwe de 
rw(g)a. — D. alltance } attte*, aJ- 
Itaoe. 

f Alligator, mot emprunte par 
les voyageurs a Fanglais alligator 
(mime sens). 

Allocation, du L. allocatio- 
nem* (de allocare*, allouer) . 

AllocntUa, du L. aUocutio- 
nem (harangue) . 

At longer, Toy. long* — D. 
allonge (subst. verbal). 

Allapathfe, du grec 'AX>oc 
(autre), et *d9o; (maladie); systeme 
medical qui guerit les maladies, 
en recourant a des remedes d'une 
nature contraire a ces maladies. 
Voy. homtopathie.— D. aUopathe. 

Aiiauer, de allocare*\ pour le 
changement de lettres, voy. louer. 

Aiiumer, du L. adluminare* 
(compose de luminare, eclairer). 
Adluminare est deja alluminare 
dans plusieurs textes du septieme 
siecle, par Tassimilation deal en ll t 
assimilation frequente chez les do- 
mains qui disaient indifferemment 
allueere ou adlucere, alludere ou 
adludere, alluere ou adluere, al- 
locutio ou adlocutio t etc., etqui 
avaient forme alligare de adHgare, 
allevare de adlevare, etc.... Cette 
assimilation se poursuit en fran- 

Sais qui change dl latin en I, 11, 
ans moule (modulus), mouler 
(mod'lare), railler (rad'iare*), cer- 
celle (querqued'Ja), esquille (schi- 
d'la*), cigale (cicad'la), branler 
pour brandler, etc.... Allum{l)nare 
est d'abord devenu allum'nare par 
la chute reguliere de la voyelle 
br&ve (suivant la loietudieeau mot 
accointer). — Allum'nare a son 
tour est devenu allumer par le 
changement de mn en m qu'on 
retrouve dans semer (sem'nare), 
lame (lam'na), dame (dom'na), es- 
saim (exam'n), terme (term'nus), 



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ALO 



kk 



ALO 



lumiere (lum'naria), semailles (se- 
w'nalia) ; mn latin est aussi ire- 
quemment mm en francais comme 
dans homme (hom'nem), somme 
(som'nus), femme (fem'na), nom- 
wer (nom'nare), sommeil (somni- 
cuius*), entamer (intam'nare), 
hommage (hom'waticum*). — L'i- 
talien alluminare, le provencal 
allumenar , aWumar , marque'nt 
bien la transition du latin aMttmt- 
nare au francais allumer. — D. 
allumeur, allumette. 

AHure, de aller % comme coif- 
fure, souillure, brochure, etc.... 
de coiffer, souiller, brocher. 

Allusion, du L. allusionem 
(mSme sens). 

Alluvion, du L. aUuvionem 
(mfime sens). 

Almanack, bas latin almana-* 
chus, du grec aXfxsvaxa qui est au 
troisieme siecle dans Eusebe avec 
le sens d'almanach. 

Aloes, ancien francais alod, 
du L. alo$ (meme sens). 

Atoi, compose* de a, et de lot 
qui a eu dans notre vieille langue 
le sens de titre des monnaies, 
comme l'a encore Tespagnol ley, 
qui veut dire a la fois, lot, et titre 
des monnaies. — Pour P6tymologie 
de loi , voyez ce mot. 

Ators, voy. lors. 

Atose, du L. alausa (meme 
sens), qui est d£ja alosa chez les 
Romains. Sur au latin = o fran- 
cais, voy. alouette. 

Alouette, diminutif de aloue 
qui, dans notre ancienne langue, 
voulait dire alouette. Alouette est 
de> v6 de aloue, comme herbette 
de herbe, cuvette de cuve (sur ce 
suffixe diminutif ette, voy. ablette). 
Ici comme dans beaucpup d'autres 
mots (voy. page xxxv), le primitif 
a disparu, et le deriv6 a seul per- 
sist^, en conservant la plenitude 
de sens de l'original. 



I Aloue vient a son tour du L. 

I alauda (auquel Plinedonne le sens 

1 & alouette) et qui est lui-m6me un 
mot emprunte aux Gaulois par les 
Romains, et introduit dans la lan- 
gue latine par Cesar. (Les noms 

j vraiment romains de Talouette 

I sont galerita, corn dolus. 

Pour passer $ alauda a aloue, 

' le latin a subi la perte du d mon- 
dial qui suit la voyelle accentuee : 
ce ph£nomene se retrouve dans les 
mots suivants 1° soit que la voyelle 
subsequente persiste comme dans 
envie de tm?t(d)ta, — proie de 
prae(d)a, — queue de cau(d)a y — 
joie de 0at*(d)ta*, — rate de ra- 
(d)ta*; — 2° soit que )a voyelle 
subsequente disparaisse comme 
dans cru de cru{i)us, — degri de 
degra{d)us, — huide ho(d)ii, — 
mi de me(d)ium , — puy de po- 
(d)ium, — bat de ba (alius, — rat 
de ra(d)tu», — demt de dimi(d)ium, 
— ennui de wo(d)to*, — glai de 
gla{d)ius, — gui de va{d)um, — 
nu de nu(d)us, — mat de ma(d)tu$*, 
pdle de palli[d)us, — palefrot de 
parafre (a) us*, — ranee de ran- 
ci(d)us, — rose'e de rosci{d)us f — 
sol de soli{d)us t — alleu de alo- 
(d)tuw. 

Outre la chute du d , alauda a 
subi, pour devenir aloue, le chan- 
gement de auenou: la diphthon- 
gue au etait prononcee par les 
Latins, non pas o comme notre au 
francais, mais a-ou; pour aurum, 
taurus, cauda, les Romains di- 
saient a-ouroum ? ta-ourous, ca- 
ouda (et non point comme nous 
qui prononcons orum, torus, coda): 
cette prononciation de au en o eut 
paru tout a fait fautive aux Ro- 
mains des hautes classes, et les 
grammairiens la designent comme 
une prononciation habituelle chez 
les paysans , et recommandent de 
l'eviter : Festus nous dit que les 



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ALT 



45 



AMA 



campagnardsromainsprononcalent ' 
orum pour aurum, oriculas pour 
auriculas, etc.... Le fran^ais qui 
vient du latin populaire, non du 
latin clasaique, a garde la pronon- 
ciation rustique de o pour au : clos 
(clausus) , or (aurum). oser (au- 
sare) T alose (alausa, aeja en latin 
alosa) , clore (claudere) , chose 
(causa), oreille (auricula), Orleans 
(lureliani) , orage (auraticum*) , 
tresor (thesaurus), dorer (deaura- 
re), essorer (exaurare), essoriller 
(exauriciare*) ,joyau(gaudiellum*), 
loyeux (gaudiosus) , loriot (aureo- 
lum) , los ilaus) , more (maurus) , 
ogive (auRiva*), octroyer (aucto- 
ricare*),oripeau(auripellem), 6\&r 
(haustare), poser tpausare), el dans 
certain es formations secondaires 
parole (par aula , forme second, de 
parabola), forger (faurcare, forme 
second, de fabricare), t<5le (taula, 
forme second, de tabula) , somme 
(sauma, forme second, de salma). 

Dans tous ces mots, au latin est 
devenu et est reste o; dans un cer- 
tain nombre d'autres, au latin est 
devenu o en ancien francais, et cet 
o est a son tour devenu ou en 
francais moderne (par un change- 
ment etudie au mot affbuage). 
Voici la liste complete de ces chan- 
gements : loue (laudo), louange 
(jaudemia*), ou (auti, ouir (au- 
dire), iouir (gaud ere), clou (claus 
pour clavus), couard (cauda), en- 
rouer (inraucare*), chou (caulis), 
outarde (austarda pour avistarda), 
joue (gauia*). 

A lotftHfif , voy. lourd. 

Aloyaw. Origine inconnue. 

f Alpaga, etoffe de laine faite 
avec le poil de Valpaga, espece de 
lama, qui habite l'Amenque du Sud. 

Alphabet, du L. alphabetum 
(meme sens). — D. alphabttique. 

Altercation, du L. altercatio- 
(dispute). 



Alterer, du latin scolastigue 
aUerare (changer), derive de alter 
(autre), — comme en allemand 
andern (changer) , vient de ander 
(autre). — Pourquoi et comment 
alterer a-t-il passe" du sens de 
changer a celui d'avoir soif? c'est 
un point qui reste obscur. — D. 
alteration ,. -able. 

Alterae, du L. alternus (meme 
sens) . — D. alterner, - at ton, - atif, • 
ative y - ativement. 

f Alteooe, venu au seizieme 
siecle, de l'italien altezxa (ineme 
sens). 

f Altler, venu au seizieme sie- 
cle de Titalien altiere (hautain). 

Altitude, du L. altitudo (hau- 
teur). 

f Alto, de Titalien alto (mfime 
sens). 

Alanine , du L. alumine 
(alun). — D. aluminium. 

iff mm, du L. alumen (alun). 
— Sur le cbangement de umen en 
un voy. airain. 

Alveole, du L. alveolus (meme 
sens). 

An%*do*e*f compose de ma- 
douer* mot d'origine germanique, 
qui vient du vieux scandinave 
mata (danois made) , appdter, at- 
tirer par un appdt. — D. amadou. 
Bien qu'il n'existe aucun rapport 
de sens, entre amadouer (appd- 
ter) , et amadou, il est cependant 
indubitable que le dernier derive 
du premier; en italien ad-escare 
(amadouer), vient de esca qui veut 
dire a la fois appdt et amadou; 
en latin esca est aussi appdt et 
amadou, — Ces rapprochement* 
nous montrent que la meme me*« 
taphore qui rehe amadouer a 
amadou existe dans plusieurs 
langues , — et cette comparaison 
des metaphores justifie 1 origine 
du mot, bien qu'on ne puisse pas 
l'expliquer. 



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AMA 



46 



AMB 



Amaigwir, voy. maigrir. — 
D. amaigrissement. 

Amalgnme, origine incon- 
Uue. — D amalgamer. 

Amande , ancien francais 
amende, corruption du L. amyg- 
dalum (amande). — Amygd&lum 
contracte en amygdlum suivant 
la regie de l'accent latin (voy. 
asperge), reduisit d'abord legd la- 
tin en d, reduction que Ton re- 
trouvedans Madeleine (Magdalen a), 
emeraude ( smaragda ) , froide 
(frigr'da), roide (rit/'da), —Amytf- 
lum subit ensuite l'intercalation 
d'un n et devjent Amyndlum, 
comme latema est deja lanterna, 
dans le latin classique, et then- 
saurus existe a cdte de thesaurus; 
reddere est rendere dans la Loi 
Salique, et Iculisma est de bonne 
heure tnculisma. Amyntflum ou 
Amind'lum donna le vieux fran- 
cais amende par le changement 
de in en en, — comme dans en- 
fant (infantem) en (in), fendre 
(ftnd're), pervenche (pervtnca) etc. 
(voyez au mot admettre). Amende 
devient ensuite amande en fran- | 
cais par le passage de en a an, qui 
se retrouve dans les mots : langue 
(lingua), sangle (ctng'lum), sons 
(sine), dimanche (dies-domin'ca), 
sanglier (stng'laris) , andouille 
(t'nduct'lis), tanche (ttnca), —que 
rancien francais 6crivait confor- 
mSment a l'6tymoiogie lengue, 
single, sens, dimenche, senglier, 
endouille, tenche. 

Le lecteur aura remarqu6 que 
les regies de la phonetique nous 
ont permis de rendre compte de 
toutes les lettresdu mot, a l'excep- 
tion de I latin qui a disparu en 
francais : c'est precis&nent dans 
cette disparition anormale de I que 
consiste la corruption du mot 
amande , comme on Fa deja vu 
p. lxxxvu. Ona vu aumot allumer 



' que dl latin s'assimile toujours en 
J francais, et devient 11, I : des lors 

amind'lum aurait du donner non 
I pas amande, mais bien amanlle, 

amanle, comme brandler a donne 
! branler- — D. amandier. 
| Amant, du L. amantem (qui 

aime) . 

I Amaranthe, du L. amaran- 
, tus (Pline, mfime sens). 
J Atnawer, de"marrer } compo- 
i se*s du primitif marrer*, qui vient 
! du neerlandais marren (amarrer). 

— i ». amarre, amarrage. 
Awnasmew, voy. masse. — D. 

I amas (substanlif verbal), — ra- 

I masser, ramas, ramassts. 

I Amateur, du L. amatorem 
(qui aime). 

Amaurotic, du grec &[iaupciMnc 
(obscurcissement). 
Amamone, du L. amaxon 

I (mfimesens). 

Ambages, du L. ambages (d6- 
tour). 

An%bassadc , au quinzieme 
siecle ambaxade, mot qu'on ne 
trouve point en francais avant le 
quatorzieme siecle, et qui par sa 
terminaison en ade (inconnue en 
francais qui dit ee pour ade, voyez 
ma Grammaire Historique du 
francais, p. 277), — provientde 
respagnol ambaxada, mot qui se 
rapporte au be s latin ambaxiata, 
(mission). Ce mot derive de am- 
baxiare, ambactiare (agir pour 
quelqu'un)/ lequel est forme de 
ambactia terme tres-fre\juent dans 
la Loi Salique, et dans le latin m6- 
rovingien avec le sens de mission. 
Ambactia a son tour derive d'am- 
bactus (serviteur, celui quiremplit 
un office, une mission). 

Pour l'elargissement de sens, 
voyez p. xxiv. — D, ambassadcur, 

- drice. Lev. fr. dit avou6? 
Atnbe, du L. ambo (les deux, 

tousles deux ensemble). On disait 



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AME 



47 



AME 



au moyen Age: ambes mains, | Atme 9 du L. amatus (aim6). 
ambes parts, etc... au lieu de les j Sur atus = e*, voyez ampouli. 
deux mains j des deux parts; ce \ Am^lUrer, du L. ameliorare 
mot est reste comme terme de jeu : ' (rendre meilleur) . — D amtliora- 
fai gagni un ambe a la loterie t , tion. 

c'est-a-dire deux numeros. | f A«e«, mot h6breu introduit 

Amblant, du L. ambientem parPfiglisedansIerituellatin,etqui 

vent dire proprement atim soit-il 



(meme sens). 

Amblga, du L. ambiguus (a 
double sens). — D. ambiguiti. 

Ambltleui, du L. ambitiosus 
(m§me sens). 

Ambltloa, du L. ambitionem 
(me 1 me sens). — D. ambitionner. 

Ambicr, du L. ambulare (pro- 



Auufnager, voy. manager. 
— D. aminagement. 

Amende*, du L. emendare 
(meme sens). Sur ce changement 
insoiite de e en a voyez V Introduc- 
tion. 

£ latin accentue est devenu a 



mener). Pour le r6trecissement du j en francos 1° dans par (per), cran 
sens, voy. p. xx. Sur Ja chute de (crena*) ; 2° dans rame (remus); 
YU amb (tt) tore, voy. accointer. | " — - "•' * " % * 

— D. ambte (subst. verbal). 



f Ambre, mot arabe, introduit 
en France au temps des croisades. 
La forme arabe est anVr (anbar). 
— D. ambrer. 

Ambrolsle, du L. ambrosia 
(m6me sens). 

Ambulant, du L. atribulantem 
{qui se deplace). — D. ambulance. 

An*e 9 du L. anima (meme 



3° dans' lezard (lacerta), x lucarne 
(lucerna), courant (currentem) , 
bonne (benna), vendange (vinde- 
mia). vionde (vivenda). 

£ latin inaccentue ou atone est 
devenu a en francais : 1° dans fa- 
rouche (ferocem), rancpn (rfidem- 
ptionem), effarer(effe'rare); 2° dans 
amender (emendare), satin (s#ta), 
foon (fctonem*), jaloux (zelosus), 
glaner (glenare) ; 3° dans parche- 



sens). Anima etant accentue sur min (pergamenum), dauphin (vieux 
la premiere syllabe a perdu son i i francais * dalphin, de delphinus), 
atone (suivant la loi exposee a la marcotte (mergus), marche (mer 



page i xxxvi), et s'est contracte en 
on'ma qui a donne le vieux fran- 
cais anme, lequel s'est contracte 
en dme (par la reduction de nm 
en m, reduction marquee par un 
accent circonflexe sur Va dans le 
francais moderne); leguel est de- 
venu amme (dans Joinville), par 
l'assimilation de nm en mm, assi- 
milation tres-reguliere, et qui avait 
dejalieu en latin (temoin imme- 
mor pour inmemor, — immigrare 
pour inmigrare, — immaturus 
pour inmaturus, etc.)... Au quin- 
zieme sifecle, amme se reduit a 
dme, et cette reduction de mm en 
m est marcpiee par l'accent cir- 
conflexe qui allonge l'a. 



catum), marchand(mercatantem*), 
appartenir (appertinere), arracher 
(exradicare), soulager (suble vjar e*), 
tancer (tentiare *). 

On trouve deja lucarna pour lu- 
cerna dans le latin vulgaire, mar- 
cadus pour mercatus dans les 
Chartes Merovingiennes. 

Derives de amender : amende 
(substantif verbal) , amendement, 
amendable. 

ifmette**, voy. mener. — D. 
ramener. 

Amenity, du L amcenitatem 
(douceur). 

Amcr, du L. amarus (amer). 
Sur a latin (amarus) devenu e, 
voy. acheter. — D. amerement 9 



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AMI 



48 



AMI 



Ameriuime, du L. amarilu- 
dinem (aoaertume). — AmarUtidi- 
nem a d'abord perdu son if atone 
(comme on Pa vu au mot accoin- 
ter) ; de raeme que amorus donna 
amcr, amor'tuainem chanffea le 
second a en e (voyez la regie de 
cette permutation au mot aeheter) ; 
dans le suffixe lidinem, V 1 atone 
disparalt suivant la loi de l'accent 
latin (voyez p. lxxxvi), et Ton ob- 
tientla forme ud'nem, qui est de- 
venue ume en francais; amarHtidi- 
nem donne amertumc ; consuetiidt- 
nem = coutwme; inctidmcm = 
euclume, — Ce change ment s'o- 
pera sans doutc de tres-bonne 
heure en latin puisqu'on trouve 
les formes constuma costuma pour 
eons'tudtnem ( consuetudinem ), 
dans les textes du sixieme siecle. 

Amtthyste, du L. amethyslus 
(mdme sens). 

Ameubletnettt, voy. meuble. 

Amcubtir, voy. meuble, 

Ametttfe**, est une de ces ex- 
pressions de chaste passees dans 
lalanguecommune(voyezp. xxiv). 
En terme de venerie, ameuter, 
c'est mettre les chiens -en* meute, 
les reunir, les attrouper: puis ce 
mot a pris le sens de reunir, d'at- 
trouper , de soulever. — Sur P6- 
tyrnologie d' ameuter, voy. meute. 

Ami, du L. amicus (ami). — 
Le c medial qui suit la voyelle ac- 
centuee a disparu, entralnant 
avec lui la voyelle suivante, 
comme dans x ennemt (inimtcus), 
ept (spiciix), fourmt (formtcu**), 
lat (laicu*), feu (focus), jeu (jocus), 
lieu (locum), Eu (Aucumj , peu 
(paucuat), queux (cocmus), fetu 
fiestucus*), foie (firatum*), si 
(sic), ni (nee), ici (ecc'ic), lui 
flPhuic). — Quand le c medial 
*ui suit la voyelle accentuee, est 
iui-meme suivi d'un a, cette der- 
niere lettre persiste en francais, 



temoin arnic de amt(c)a, — m\e 
de mi(c)a, — pic de pt(c)a, — 
vessic ae vesi(c)a y — taic dethe(c)a, 

— noic de nc(c)a, — lieuc de 
leu(c)a, — ivraic de c6rta(c)a, 

— baic de ba(c)a, — braic de 
bra{c)a, — oic de au(c)a, — char- 
rue de earn* (c) a, — verrue de 
i?erru(c)a, — laituc de lactu(c)a, 

— massuc de maxu(c)a* } — tortue 
de tortu{c)a. 

Amiable, du L. amicabilis 
(amical) Sur la chute du c latin 
ami{c)abilis , voyez au mot 
affouage : sur le changement de 
abilis en able voy. affable. 

Amlante, du L. amiantus 
(amiante). 

Amlc*l, du L. amicalis (m. s). 

— D. amicalement. 

Amlct, du L. amictus (meme 
sens). 

Amldon, corruption du L. 
amylum (amidon), (voy, p. lxxxvi), 
qui est deja amydum dans un do- 
cument du neuvieme siecle. — 
D. amidonner,-ier. 

Amincir, voy. mince. — D. 
amincissement. 

f Amlral, mot arabe introduit 
en France peu de temps avant 
les croisades. II correspond au 
, bas latin amiralius qui vient lui- 
meme de Parabe. — D. amiralte', 
qui est amiraute" en fr. moderne. 
Sur I = u, voyez agneau. 

Amitie. Ce mot est dans notre 
ancienne langue ami&tU, plus an- 
ciennement amiste", et a l'origine 
amistet, forme qui correspond a 
Pit alien amistd, a Pespagnol amis- 
lad, au Catalan amistat, — et qup 
vient, ainsi que ces trois mots, 
du L. amicitas, forme du latin 
vulgaire pour amicitia (amictfcw 
a ete forme d'amtctu, comme men- 
dicitas de mendtcu*, antiquttaf 
de antiquum, etc...). 

Pour aller d'amicitatem a ami- 



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AMI 



49 



AMO 



tie 1 , ou plutdt a la forme franc,aise 
originaire amiste', nous trouvons 
trois changements pbilologiques: 
1* 11 qui precede immediatement 
la voyelle accentuee amtc(I)td- 
lem, a disparu (conformement a la 
regie donnee au mot accointer). 
2° Dans le mot latin ainsi contracte 
(amic'tatem) , le c est devenu *, — 
et la finale atem s'est changee en 
I suivant la regie etudiee au mot 
abbe'. Quant au changement de c 
latin en s, nous Tavons deja vu 
pour le c doux latin au mot agen- 
cer: cette permutation est plus 
rare pour le c dur latin. 

Le c dur latin devient * en fran- 
cais ou plus generalement la gut- 
turaleedevientsifflante (*,ss, %,%), 
en francais dans les mots sui- 
vants: 

1° &: wangle (cingulum), filler 
(riliare*), serin (citrinus?) , — oi- 
seau (aucellum), loisir (licere), 
inoisir (mucere), gesir (jacere), 
plaisir (pi ace re), gite (giste de ja- 
ritum), cousin (culicmus), raisin 
(racemus), demoiselle (domini- 
eella), damoiseau (dominicellus), 
diner (disner , de declare*), 
voisin (vicinus), inimitie (inimici- 
tatem*), dime (disme, de decima), 
panse (panticem), reseau (reticel- 
lum), cuisine (coguina), fois (vi- 
eem). 

2° 88: genisse (junicem), saus- 
saie (salicetum), glousser (glocire), 
hlrlsson (ericius*), brasse (bra- 
chia), chaussee (calciata), paroisse 
(parocftia), poussin (publicenus) t 
vermisseau (vermicellum), bassin 
(bacinon*), ruissead (riv'cellus). 

3° &: croix (crucem), chaux 
(calcem), faux (falcem), doux 
(dulcem), dix (decern), noix (nu- 
cem), perdrix (perdicem), poix 
(picem), voix (vocem), paix (pa- 
cem). 

4* f: lejxard (laeerta), onsce 



I ( und'rim ) , dome ( duod'eim ) , 
1 treiie (tred'cim), quatorjre (qua- 
tuord'eim), quiare (quind'rim), 
, seize (sed'cim). — Amistxi est en- 
| fin devenu amitii par la suppres- 
, sion de Vs etudiee au mot abime. 

ammtnUqae, ecrit ancienne- 

ment ammoniac, du L. ammo- 

niacut sal (sel ammoniac, dans 

Mine). — D. ammoniacal. 

Aninlstle, du grec'ot|AVYj<rrta 

ubli). — D. amnistier. 

An*oiw*drir 9 Yoy. moindre. 

— D. amoindrissement. 
ilmoffi**, voy. mou. — D. 

amollissement. 

AmoMcefet*, voy. monceau, 

Atnont 9 voyez aval. 

ifmof*ce, corruption de Tan* 
cien francais amorsi,participe passe* 
fort ( voyez absoute) du verbe 
amordre, qui en ancien francais 
estun compose demordre. Amorse 
vient d'amordre, comme entorse 
d'entordre (voyez tordre). — Le 
sens originaire d'amorse est appdt y 
c'est-a-dire ce qui attire, ce q««i 
fait mordre. — D. amorcer. 

ilmoftf if, rendre comme mort, 
voyez mort. — D. amortissement. 

iftttoRf,duL. amorem (amour). 

— Sur o latin = ou franc, voyez 
affouage. — D. amourette. 

f Amturacher (s') 9 mot im- 
porte en France paries Italiensau 
seizieme Steele et qui nous vient 
d'Jtalie. Amour acker a ete forme 
d'amourache et celui-ci vient de 
Titalien amoraccio passion (dere- 
glee). 

ifmo**ettap 9 du L. amorosu 
(qui aime). — Sur o latin (amoro- 
sus) = ou, voyez amour; sur osu 
= eux, comparez ipineux ( spino- 
stis), hidewx, (hisp'dostis) pierreux 
(petrostis), creux (corrosus*) , en- 
vieux (individiosus). Ce sufnxe a 
ete employe plus tard par le fran- 
cais pour former des de'rives nou- 



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AMP 



50 



ANA 



veaux qui n'ont pas de correspon- 
dants en latin : tels sont heureux, 
honteux, etc... quiviennent direc- 
tement du francais heur , honte , 
etc... — D. amour eusement. 

Amovlble, du L. amovibilis 
(qu'on peut deplacer) . Sur la chute 
de I'avant dernier i i voy. p. lxxxvi. 

— D. inamovible, inamovibilite'. 
Amphlble, du grec &U.91610;, 

(qui a double vie). 

Amphlbologle, du L. amphi- 
bologia (qui offre un double sens). 

Amphigowri , origine in- 
connue. 

Amphitheatre, du L. amphi- 
theatrum (meme sens). 

Amphitryon, allusion a ce 
mot de Sosie dans r Amphitryon, 
de Moliere (acte III, scene v) : « Le 
veritable Amphitryon est V 'Amphi- 
tryon ou I'm dine. » 

Amphore, du L. amphora (vase 
adeuxanses). 

Ampie 9 du L. amplus (Urge). 

— B. (implement, — eur. 
Ampliation, du L. ampliation 

nem (augmentation). 

Amplifier , du L. amplificare, 
(meme sens). — Sur la chute du 
c dans amplifi(c)are, voyez affbua- 
ge. — Amplification, du L. ampli- 
ficationem (meme sens). 

Amplitude, du L. amplitude, 
(Stendue). 

Ampowle 9 du L. ampulla, 
(petite tiole, — et plus tard petite 
tumeur ayant la forme d'une am- 
poule). — Le sens de fiole est en- 
core visible dans la locution la 
Sainte Ampoule, fiole, ampoule , 
qui contenait l'huile eonsacree 
pour l'onction des rois de France. 
Sur u latin = ou francais, voyez 
accouder. 

if mpotf le, du L. ampullatus 
(emphatique. Horace). — Sur u = 
ou voyez accouder. Sur atus = 4, 
•oyez acfceter, pour le changement 



d'o en <!, — et aigu jpour la chute 
' du t latin. — Le sumxe atus de- 
I vient toujours tf en francais : pre" 
! (pratum) , cure* (curatus) , carrtf 
! (quadrates), gre* (gratum, jure* (ju- 
| ratus), marbr^(marmorattis), fosse* 
(fossatus), duche* (ducaJu*), eveche* 
(episc'palws) , marche* (mercatu*), 
peone" (peccatam) , clerge* (clerc'a- 
tus), congd (comm'jafws*), marie* 
(mari tatus), allie* (alligalu*), bU, 
(ablatum), U (\atus), doyenne' (de- 
c&natus), comW (comitates). Le 
suffixe ata perd son t et devient 4e : 
annee (annate), chevauch^e (ca- 
ballicato), couaVe (cub'tate), Ue 
(fata), onglee (ungulate), arme*e 
(annate), fumee (fumate). arai- 
gnee, (areneate), journee (aiurna- 
te), ep& (spat/ia), contree, (con- 
trate), denree (den'riate), puree 
(pip'rate), chaussee(calciate), tra- 
vel (trabate*). 

Ampater, du L. amputate 
(meme sens). — D. amputation. 

Amulette, du L. amuietum 
(talisman, dans Pline). 

A mttne. Origine inconnue. 

Atnuser, compose de l'ancien 
verbe muser (nous avons conserve 
celui-ci dans le d6rive* musard). 
L'etymologie de muser est incon- 
nue. — D. amusement, amuseur. 

Amygdale, du L. amygdalus 
(amande) ces glandes ayant la 
iorme d'une amande. 

An 9 du L. annus (meme sens). 
Le nn latin s'est reduit a n en fran- 
cais comme dans van (vannus), 
pan (| annus), ban (bannum*). 

Anacherete, duL. anachoreta 
(du grec &vaxa>p*iTfK, qui va & Fe- 
cart. 

Aaaehrealsme. du grec &vot- 
YpoviapL6; (erreur cnronologique), 
de &va contre, et xp© vo ?» temps. 

AMframme, du grec &v&- 
ypapifxa (transposition de lettres), 
ae 4vd contre et YP*t*H* lettre. 



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ANC 



51 



ANC 



Analogle , du L. analogia 

(meme sens). j 

Analogue , du L. anahgus 
(meme sens). j 

Analyse, du grec &v£Xv<xtc (re- ; 
solution d'un tout en ses parties), I 
de &va>uo> (delier) , de &vd, et Xuco 
(delier). — D. analytique. \ 

+ Ananas, mot apporte des 
Inaes par les voyageurs. 

Anarchic, du gr. ivapyja (ab- I 
sence de commandement),' de av 
(ans, — et tyxh (chef). 

Anatheme, du grec ovaOeua 
exposition (k la malediction public 
que). — D. anathematiser, rendre 
quelqu'un anatheme. 

Aaatomle, du L. anatomia 
(dissection) du grec Avcrto^, (me- 
me sens). — D, anatomiste,-ique. 

Ancetr^f du L . antecessor (ce- 
lui qui vous precede). Antecessor 
suivant la regie invariable donnee 
au mot accointer perd son £ atone, 
et se contra cte en antecessor qui est 
deja ancessor dans un texte latin 
de 980. 

Ance'ssor etant accentuS sur la 
penultieme et par suite protjonce" 
anee'ssW devkit en vieux francais 
ancestre, par le changement de sr 
en str, grace a Intercalation eu- , 
phonique d'un t. Cette intercala- 
tion d'un t euphonique n'est point , 
le fait du francais , mais du latin | 
qui transforma'it esserix, tonsorix j 
en estrix, ionstrix. On trouve deja ! 
la forme Israel pour Israel dans | 
un texte biblique du cinquieme 
siecle : et le francais a continue 
cette tendance daris : efre (vieux- 
francais estre de ess'r) paraitre (v. 
fr. paraiffre de paresYe), crottre 
(v. ir. croistre de cresYe*) connaf- 
tre (v. f. connaistre de cognos're) , 
pattre (v.-fr. paiwe de pas're*) 
naitre (v. f. n autre de nasYe), atre 
(v. f. asfre de ass'r), coudre (v. f. 
couxdre de con*'re*), ladre (la*V- 



us), tiifre (tex're). — Le peuple, 
toujours fidele a ('instinct, conti- 
nue cette transformation eupboni? 
que et dit castrole pour cawerole, 
etc... 

Anche, tuyau est le sens ori- 
ginate de ce mot qui est d'origine 
germanique et vient de l'ancien 
haut allemand ancha ( tibia , puis 
tuyau ; comme le latin tibia qui 
est venu du sens d'os anterieur de 
la jambe, de tibia, acelui de tuyau, 
puis de flute, dans Horace, Cice- 
ron, etc. 

f Aaehola, anciennement an- 
choie. venu vers le quinzieme sie- 
cle de l'espagnol anchoa (an- 
chois). 

Aneien , du L. antianus* (qui 
a lieu avant nous , — adjectif de- 
rive de ante*, et que Ton rencontre 
dans lesBulles papales du onzieme 
siecle ). — Sur le cbangement de 
ti latin en ci, voyez au mot agen- 
cer. Quant au suffixe anus (et je 
comp rends aussi sous ce nom les 
finales en anus) ildonne generale- 
ment ain en francais : humain 
( numani** ) , romatn ( romanus ) , 
plain (planu*), nam (nanus), 
chapelatn (cappellanw**) dematn 
(de-mane*), ecrivain (scribanus *), 
lusam, fusanttf*) mam (manus), 
lointatn (longitanu**) vain (va- 
nus), souverain (superanu**), cer- 
tain (certanw**). — Anus de vient 
ord i n aire men t ten, yen, quand il 
est precede en latin d'une con- 
sonne mediane qui tombe en fran- 
cais, temoin doyen de de(c)anus, 
— moyen de me(d)ianu*, — paien 
de pa(g)anus , — citoyen de cita- 
(d)anns*) — mitoyen de mita(d)- 
anus*. — D. Anciennett. 

Ancrc, du L. ancora (ancre)J 
Vo atone dnc(6)ra , a dispard 
(anc'ra) , conformement a la regie 
absolue de l'accent latin (voyez 
p. Lxxxyi), regie qui a aussi enleve 



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ANE 



52 



ANG 



cet o dans les mots suivants : ar- 
bre (arbor), patre (pdstor), chantre 
(cantor), diaDle (diabtflus), apdtre 
(apostolus), Spitre (epistola), parole 
(parabola), trefle (trifolium), ter- 
tre (terraetorus) , aurone ( abroto- 
num), camphre (campbora), diacre 
(diac^nus), ente (impotus), eveque 
(episcopus), lievre (leporis), moin- 
are (minor;. 

f Andante , mot italien signi- 
fiant proprement allant. 

Andouitte, corruption du 
vieux francais endouille ; celui-ci 
vient du L. inductilis ( qui dans 
les glossaires bas latins est traduit 
par saucisse, boudin, et vient lui- 
mfime de inducere, introduire; 
Yinductilis est proprement un 
boyau dans lequel on a introduit 
[inductus] de la chair hachee. 

Pour alter d'inductilit a la forme 
francaise originaireendout'Me, nous 
trouvons quatre changements phi- 
lologiques 1° in est devenu en, ce 
qui est une transformation regu- 
liere, tSmoin enfant de tnfantera, 
etc. .. 2° ductilis est devenu douille; 
ductilis s'est d'abord rigulxhement 
(voyez p. lxxxvi) contracte en due- 
t'lis: 3° celui-ci s'est transforme en 
ducllis par Passimilation de *7, et 
le changement en c(, changement 
qui avait deja lieu en latin , puis- 
que le peuple romain changeait 
vet'ius (vetulus), stt'Ja (situla), en 
rectus, sick. 4° Le mot due' His est 
devenu doutlle en changeant cl en 
il (voyez cette permutation au mot 
abeille), et u latin en ou (voyez 
sous accouder. 

G'est ainsi que sicla a donne 
seille, veclus yieil, — et volat'Ua, 
volat/fe. 

D. Andouillette. 

A ttrfottiffe**. Origine incon- 
nue. 

Ane 9 vieux francais «wne,du L. 
oftnvt (ane). — Sur la chute de t 



latin, voyez p. lxxxvi. Sur la chute 
de *, et l'accent circonflexe, voyez 
abime. — D. dnesse, dnon, dnerie. 

AtMsanttr, voyez ntant. — D. 
andantissement. 

Anecdote, particularity histo- 
rique, du grec AvexSotoc (inedit, 
qui n'a point 6te raconte). — D. 
anecdotique. 

Anemone, du L. anemone 
(meme sens.) 

Ane^rlsme, au dix-septieme 
siecle, ane'vrysme, du grec &vtu- 
puapa (dilatation, de dvd, et de 
eupu; large). 

Anfractuous, du L. anfrae- 
tuosus (tortueux. — D. anfractuo- 
sitt. 

Ange, du L. angelus (messager 
de Dieu). dngtylus a donne ange, 
par la loi de l'accent latin, (voyez 
p. lxxxvi). 

Angellqae, du L. angelicus 
(meme sens) . — La plante angi- 
lique recut cette appellation de la 
vertu que les meaecins du quin- 
zieme siecle, lui attribuaient con- 
tre les piqures des insectes, et les 
morsures des serpents. 

Anglne, du L. qngina (suffo- 
cation, etranglement). 

Angte, du L. angulus (angle). 
! Sur la chute de J'avant dernier fi, 
voye page lxxxvi. — D. anguleux 
du L. angulosus (rafime sens). Sur 
osus = eux, voyez amoureux; an- 
gulaire du L. angularis (mfime 
sens). 

Angois*e 9 du L. angustia 
(resserrement, 6 tat de gfine). st la- 
tin est ici devenu ss, comme dans 
lesson (tertonem*) couwih (cul'rii- 
num*) boisseau (burtellus*) , hub- 
*ier (osfiarus)* , lwiere (listaria*}, 
liveche (anciennement livewe ae 
levirticum, Cas£el(Cartellum),huU 
(ortium , puts (port) . 

Cette reduction fort rare de st en 
s avait deja lieu cbez les Romaics; 



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ANI 



53 



ANN 



on trouve po*-legem pour ( pos te 
legem) dans les arpenteurs ro- 
mains, et pwquam pourpoitquam 
dans quelques glossateurs. 

Angustta, transforms en angus- 
sia est devenu angoisse par le 
changement de u latin en 01, chan- 
gement qui est sou vent produit 
par l'attraction d'un i, comme dans 
foison (fusionem), meisson* (mus- 
cionem *) , cot (quietus ) , 1 voire 
(eburius*), coin(cunius*), — mais 
qui se rencontre aussi produit de 
Vu isole\ soitdel'u accentue dans : 
noix (ntScein) , croix (crtfcem), — 
joindre jflngere), oindre (ungere), 
potndre (pwngere), poing (pu- 
gnus), point (ptinctum), botte 
(bux'da*), goitre (guttur), — atone 
dans : mot sir (mucere), otgnon 
(ttnionem), botsseau (bustellus*). 

f Angora, mot d'origine histo- 
rique (voyez p. lxv). tspece de 
chat originaire d' Angora (vilie de 
l'Asie Mineure, qui est TAncy redes 
anciens). Le chat angora, la che- 
vre angora, et le lapin angora sont 
remarquabies par la finesse et la 
longueur de leur poil. 

Anguitle, du L. anguilla 
(meme sens). 

AnictH9ehe 9 au seizieme siecle 
hanicroche, obstacle , proprement 
ce qui empeche , ce qui accroche 
• Tous ces gens-ld, dit Regnard , 
sont (aits de croche et d'anicro- 
ches. » Anicroche avait done a l'o- 
rigine le meme sens que croche 
(croc). On trouve en effet dans Ra- 
belais hanichroche au sens de pique 
a crochet « lis aiguisoient piques, 
hallebardes, hanicroches. » L'ety- 
mologie de ce mot est inconnue. 

Anier, ancien franc, asnier, 
du L.asinarius (anier),parla chute 
reguliere de Vt qui precede la 
voyelle accentuee as'ndrius (voyez 
au mot accointer), — et par le 
changement de a en ie (as'narius 



= asnier) , changement qu'on re- 
trouve dans chien (canis), grief 
(gravis), — amittV(amicit<Iiem*), 
inimittV iniraicitatem*), pittV (pie 
totem), pieu (anciennement piel, 
de pdlus), — tariere (taratrum) , — 
aiguteVe (aqu arm*), ecolier (sco- 
lam), et tous les suffixes latins 
arts, arius qui deviennent er, ier 
en francais : premier (primariu*), 
seculier (saeculam), grenier (gra- 
narium), ecuyer (scutarius), ri- 
viere (ripartaj, sangh'cr (singula- 
rs), fumtVr (nmarium). Le suffixe 
ier, le plus productif peut-etre des 
suffixes francais, a forme un nom- 
bre considerable de derives qui 
n'existaient point en latin (bar- 
rier e de barre, perruquier de perru- 
que, arba!6trier d'aroalite, etc..) . 
Ce suffixe sert a designer le plus 
sou vent: 1° les mitiert (boutiquier, 
potier, batelier, berger, archer, 
ecuyer, viguier; 2 # les objets d'u- 
sage journal ier (sabl ier, encrier, 
foyer, etc....); 3* les vegStaux 
(launer, grenadier, figuier, pom- 
mier, poirier, peupiier, censier, 
etc.... 

Animadversion, du L. ani- 
madversionem (reprimande). 

Animal, du L. animal (toutce 
qui respire, tout 6tre animg). — 
D. animaliser, animaliti, animal- 
cule. 

Anlmer, du L. animare (don- 
ner la vie). — D. animation, ra- 
nimer. 

Ants, du L. aoisum (an is). - 
D. aniser, anisette. 

Ankylose, du grec &Yxv>«><nc 
(courbure). — D. ankylosi. 

Annates , du L. annates (chro- 
nique des. evenements de Tannee). 
— D. annalisle. 

Annate, du L. annata* (dans 
les textes du moyen age, revenu 
annuel). 

iftttaeatt, du L. anneUus (an- 



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ANN 



bk 



ANN 



neau, dans Horace); stir ellus de- 
venu eau, voyez agneau. Anneau 
6tait en vieux francais annel, forme 
qui a persists dans les derives 
annelet, anneler, annelure. 

Annee 9 du latin mgrovingien 
annata (duree d'un an; annata 
est deriv6 du latin annus, an) . Sur 
ata devenu ie , voyez ampouM. 

Annexe , du L. annexus (joint, 
ajoute). — D. annexer, annexion, 

Annlhiler, du L. annihilate 
(reduire a neant). 

Auulveraalre, du L. anniver- 
sarius (qui revient chaque annee). 

Annoncer, du L. annuntiare 
(mSme sens). — D. ahnonce, suhh 
stantif verbal. 

Sur ce changement de Hare en 
cer voyez agencer. — Quant au 
changement de u (annuntiare) en o 
annoncer), il se retrouve en fran- 
cais dans un grand nombre de 
mots : u latin accentue* devient o 
en francais, quand il est long par 
position , comme dans colombe 
(columba), comble (cum'lus), con- 
combre (cucum'rem), nonce (nun- 
tius),vergogne (verecundia), done 
(tunc) , monde (mundus) , nombre 
(num'rus) , noce (nuptiae) , onze 
nindeciro), ongle (ungula), orme 
(wlmus), oncques (unquam), ponce 
(pumicem), dont (de unde), etrope 
(struppus), flot (fluctus), fondre 
(fundere), fronde (funda), furoncle 
( f ur unculus ) f gorge ( gurges ) , 
(grotte (grupta*), jonc (juncus), 
'lombe (lumbus), longe (lumbea), 
mot(muttus), plorab (plumbum), 
oncle (avunclus), onde (unda),once 
(uncia), remorque (remulcum), 
roche (rupea) , rompre (rumpere) , 
ronce (rumicem), rond (rotundus), 
saorre(saburra),viorne (viburnum), 
tombe (tumba), tronc (truncus), rot 
(ructus), ton (thunnus), son (sum- 
mum), somme (summa). V latin 
inaccentue ou atone, devient o en 



I francais quand il est bref dans : 

comraencer (cuminitiare), cohil 

(cuniclus) , cognee. (cuneata) , co- 

gner (cuneare), noyau (nucale), 

| noyer (nucarius), — quand il est 

long par nature dans froment 

(frumentum), trotter (tolutare), — 

quand il est long par position dans 

| ortie (urtica) , sommier (summa- 

I rium) , volonte (voluntatem), roter 

| (ructare), roture (ruptura), san- 

1 gloter (singultare) , serpolet (ser- 

I pullum), sombrer (sub-umbrare), 

sonder (sub-undare) . rossignol 

! (lusciniola), ronger (rum'gare), 

ponceau ( pum'cellum ) , plonger 

(plumbicare), colombier (columba- 

i rium), consommer (consummare), 

| annoncer (annuntiare) , d6noncer 

1 (denuntiare), renoncer (renun- 

| tiare) , devergonde (verecundiare), 

I fonder (fundere), gronder (grun- 

| dire), grogner (grunnire), nom- 

breux (num'rosus), nombrer (num'- 

rare), onguent (unguentum), 

ombrage ( umbraticum ) . godet 

(guttus), onglee (ungulata). 

Ce changement de u latin en o 
qui a lieu, le plus souvent (comme 
i on vient de le voir), devant les 
nasales et les liquides, qui sui- 
vent un u en position, existe aussi 
en latin, ou Ton trouve volpes, 
volsus, voltus, volnus, volt, a cdte 
de vulpes, vulsus, vultus, vulnus, 
vult. Dans le latin archalque, les 
finales us, urn, unt, les suffixes 
ulus, ula, sont ordinairement os, 
om, ont, olos, ola: on trouve po- 
polus, tabola, vincola, nontiare, 
sont, consolere pour populus, ta- 
bula, vincula, nuntiare, sunt, con- 
sulere dans les plus anciennes in- 
scriptions romaines. La Colonne 
rostrale donne poplom, diebos, 
navebos, primos pour populum, 
diebus, navibus, primus; il sufht 
de rappeler ici le debut de la fa- 
meuse inscription du tombeau des 



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ANT 



55 



ANT 



Scipions: Hone oino ploirume co- 
sentiont duonoro optumo fuise 
virOj Luciom Scipione, filioi 
Barbati, consol... — Les Graffiti 
de Pomp&, et certaines inscrip- 
tions des derniers temps de 1' Em- 
pire donnentegalement dolcissima, 
mondo, tomolo pour dulcissima, 
mttndo, tumulo : on trouve sole us, 
fornus, moltus, sordus, polchrum, 
colpam, dans plusieurs textes du 
cinquieme siecle et du sixieme. 
Enfin plusieurs diplomes merovin- 
giens donnent titolum, singoli, 
somus, fondamentis, polsatur, 
onde pour smguli, sumus, fwn- 
damentis, ptdsatur, unde. 

Annoter, du L. annotate 
(memesens). — D. annotation 

Annualre, du L. annuarium 
(qui a lieu , qui paratt chaque an- 
nee). 

Annuel, duL, annualis m&ne 
sens) ; voy. an. 

Annuity, du L. annuitatem 
(somme pay£e annuellement). 

Annulalre, du L. annularius 
(d'anneau). 

Annuler , du L. annullare 
(annihiler, saint Jerdme). — D. 
(emulation. 

Anoblir, anoblissement, voy. 
noble. 

Anodln, du L. anodynos (sans 
douleur, dans Marcellus Empiri- 
cus). 

Anomal, du grec dcvtojiaXo; 
(irregulier). — D. anomalie. 

Anat% 9 voy. dne. — D. dnon- 
ner. 

Anonyme, du L. anonymus 
(dont le nom n'est pas connu). 

Ansc 9 du L. ansa (anse). 

Antagonism^ du grec avxa- 
Ywvid|xa (opposition). — D. Anta- 
goniste. 

Antarctlque, du grec avrapx- 
tixog, de &vtC et &pxxixo; oppose 
larctique 



I Antecedent, du L. antecedent 
tern (qui precede). 
| Anteehrlut, dans Fabelais an- 
tichrist, du grec dvtc (oppose a) 
! et Christ. 

Antedlluvlen, unite* de an- 
tediluvium (avant le deluge). 
I Antenne, du L. antenna 
(m6me sens). 

| Antepenultleme, qui precede 
(ante) le pinultieme (voy. ce mot). 

Anterleur , du L. anterior 
(meme sens). — D. anteriorxti. 

Anthere, du grec &vfo)p6cde 
4v8o; (fleur). 

Anthologle, du grec dcvOo- 
>oyia (choix de fleurs). 

Anthracite, d£riv6 du L. an- 
thracem (charbon). — Anthraci- 
tes est dans Pline au sens de pierre 
precieuse. 

Anthrax, du L. anthrax (char- 
bon). 

Anthropologic, de avOpwiro; 
(homme), et Xoyoc (6tude, dis- 
course 

Anthropophage, de avOpwroc 
(homme), et qpayeiv (manger). 

Antlchanibre, de anti (avant) 
et chambre: piece qui precede la 
chambre. 

Antlclper, du L. anticipate 
(prendre par avance). 

Antldate, de ante 1 (avant). et 
date: date fausse et anterieure a 
la date veritable. — D. antidater. 

Antidote, du L. antidotum 
(contre-poison). 

Anticnne, du L. antiphona 
(chant alternatif de deux chceurs). 
Antt\ph)dna a perdu son ph (f) 
medial, fait tres-rare en francais, 
et qu'on ne retrouve que dans les 
troismots (fcrouelle8d\escro(f)ellae* 
— ttienne de Stephanas, — biats 
de bi(j)aeem*. 

V6 latin est devenu e, anti- 
(ph)ona: antienne* — comme 
dans : nennil 'ndn-illud), ne(no*n), 



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APA 



56 



APO 



demoiselle ( dtfmn icella ) . avec 
(aboc*), larcin ( anciennement 
larecin de latrocinium ) , grelot 
(crot'lum *). 

Antllope, origine inconnue. 

Antlmolne, origine inconnue. 

Antlnomle, du grec ivxtvopia 
(opposition de deux lois). . 

Autluuthle , du grec dvxt- 
waOeia (disposition contraire) de 
4vt( (contre) et ir£6o; (passion). 

Autlphonalre, du L. anti- 
phonarium de antiphona (an- 
tienne). 

Autlphrase , du grec £vt{- 
9paaic (contradiction, voy. phrase). 

Antlpede, du L. antipodes 
(Habitants d'un lieu de la terre 
diametralement oppos6). 

Antlquallle, venu au seizieme 
sieclede l'italien anticaglia (meme 
sens). 

Antique, du L. antiquus (an- 
cien). — D. antiquaire, antiquite'. 

Antltheae, du grec dvttOeai; 
(opposition, voy. th&se). 

Antenomate, du grec ivtovo- 
aaata de &vtC (en place de), et 
ovo(i.a (nom). 

Autre, du L. antrum (meme 
sens). 

Anm, duL. anus (mfime sens). 

Anxlete, du L. anxietatem 
(angoisse). 

Auxleux, du L. anxiosus (in- 
quiet). 

Aerte, du £rec dopTrfj ( Aristote). 

AoHt 9 ancien francais aoust, 

Srovencal aost, italien agosto, — 
u L. augustus (aout). — Sur la 
chute du g, dans au(g)ustus = 
a-ouit, voy. allier; sur 11 latin 
(augustus) devenu ou, voy. occott- 
der, sur la suppression de Ys la- 
tin voy. aMme. 

Apaiser, derive de pair par 
la forme pats du vieux francos. 
(voy. paix). — D. apaisement. 
Apanage. Restraint aujour- 



d'hui au sens de domaine donne* 
aux princes du sang pour leur 
subsistance, ce mot avait en droit 
feodal le sens generique de pen- 
sion alimentaire ou mieux dedo- 
tation alimentaire. Apanage derive 
de l'ancien verbe francais apaner 
qui signifie nourrir (apanage a ete 
lire $ apaner, com me nadinogre de 
badinet, patelina^e de pateltner, 
savonna^e de savonner, etc.). 

Quant au verbe apaner, c'est le 
latin feodal apanare, adpanare 
(nourrir), qui vient lui-meme du 
latin pant* (pain). 

Aparte, mots latins qui si- 
gnifie d part, de cdli. 

Auatule, du grec dwcaOeiot (ab- 
sence de passions). — D. apathi- 
que. 

Apet* cet>oir , voy. percevoir. 
— D. apergu, aperception. 

Aperitif, du L. aperitivus, de 
aperire (ouvrir). 

ApeilMer , voy. petit. — D. 
rapetisser. 

Aphorlftme, du grec &?opnx- 
fi&; (sentence, definition). 

Aphthe, du L. aphtha (ulcere 
de la bouche). 

Apl, du L. appiana (meme 
sens). — Appiana mala est dans 
Pline au sens de pommes d*api. 

Apitoyer, toucher de ptfttf. 
Apitoyer est compose de a et d'un 
primitif pitoyer (reste dans pi- 
toy able, impitoyable). Pitoyer de- 
rive de pitie (voy. ce mot). 

Apianir, voy. plane. — D. 
aplanissement. 

Apiatir, voy. plat. — D. 
aplatissement. 

Aptontbt en terme d'archi- 
tecture, verticalite'. Determiner 
Paplomb d'un mur. — Ce mot 
vient de d et plomb, parce qu'on 
determine la verticalite a l'aide 
d'un fil a plomb. 

Apocalypse, du grec iwoxd- 



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APO 



57 



APP 



X\*|nc (revelation). — D. apoca- i 
lyptiques. | 

Apocope, du grec iitoxoinQ 
(retranchement) . | 

Apoerjphe, du grecawroxpvfo; 
(cache, obscur, incertain). | 

Apogee, du grec a7ioyaiov 
(eloignement de la terre). 

Apologetlque, du grec bno- 
Xo-poTixo; (defense). 

Apofogle, du grec anoXoyCa 
(justification). — D. apologiste. 

Apologue, du grec diroXoyo; 
(recit). 

Apophthegme, du grec &*6- 
o6ey|j.a (sentence). 

Apopleile, du grec &itoicXY£(a 



Apoatosle, du grec &ico<rraa(a 
(abandon). — D. apostat, du grec 
aroxiTdTYN; (deserteur). 

Apomtew, compose de poster, 
voy. ce mot. 

Apoatllle, compose de pos- 
title, qui n'est lui-mfime que % 
transcription du latin scolastique 
postilla (qui avait le sens d'expli- 
cation. denotation) . L'expression 
complete est post ilia (verba auc- 
toris). — D. apostiller. 

Apostolat, du L. apostolatus 
(mission dans Tertuilien). 

A post oil que, du L. aposto- 
licus (m§me sens). 

1. Apostrophe, du grec &ito- 
axgom\ (detour; l'orateur pendant 
son discours se detourne pour in- 
tervener quelqu'un). 

2. Apostrophe/ marque ortho- 
giaphique, du L. apostrophus 
(m6me sens). 

Apoitume , corruption du 
mot apostime, lequel vient du 
grec iico<rcYjpia (abces). 

Apotheoae, du grec iiroBeoxxi; 
(mise au rang des Dieux). 

Apothlcalre, du L. apotheca- 
rius (qui tient une apotheca, 
c'est-a-dire une boutique). 



ApStr*, vieux francais apot- 
tre, plusanciennement apostle, du 
du L. apostolus (m^me sens). Apo- 
stolus contracte en aposVlus sui- 
vant la regie de l'accent latin 
(voy. au mot ancre, et a la page 
lxxxvi) a donne au vieux francais 
apostle qui est devenu apostre par 
le changement de I en r, que 
Ton retrouve dans orme (ulmus), 
remorque (remu/cum), chapitre 
(capirtum), chartre(cart7a), char- 
trier (cart'/arium), martre (mar- 
t7a*), epttre (epist'Ja) , pupitre 
(pulpit'Jum), titre (tit'ius), esclan- 
dre (scandium), pourpier (puli'pe- 
dem*), hurler (u/lare) , decombres 
(de-cum'iis), forteresse (fortaii- 
tia*), navire (navite), trotter (to- 
Jutare*), vautrer (voltuJare*), — et 
au commencement du mot dans 
l'unique exemple rossignol (lusci- 
niola, deja rusciniola dans un 
texte du septieme siecle). 

Ge changement de I en r n'^tait 

Soint inconnu aux Romains, qui 
isaient indiflteremment pa/ilia ou 
parilia, caeJuleus ou caeruleus. 

Apparaitre, du latin popu- 
late apparescere (m6me sens). — 
Accentue sur l'antepenultieme, ap- 
pare'sc{&)re devenant reguliere- 
ment (voy. p. lxxxvi), appareVre 
donna au vieux francais la forme 
apparotstre, 1 ° par le* changement 
do sr latin en str changement etu- 
die au mot ancftre; 2° par le chan- 
gement de c latin en oi etudi6 au 
mot accroire. — Sur le change- 
ment de oi en at (apparotstre en 
apparotstre), voy. accroire. — Sur 
la chute de Ys (apparatatre devenu 
apparaitre), voy. abtme. 

Apparat, du L. Apparatus (ap- 
pret). 

Appareil, substantif verbal de 
appareiller. 

AppaveiUer. Le sens origi- 
nate du mot est arranger, assoT' 



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APP 



58 



APP 



tir, mettre ensemble • des choses 
pareiUes; pour Fetymologie, voy. 
pareil. — D. appareil. 

Appa*ewnwnent 9 adv. forme 
de l'adjectif apparent. Sur appa- 
remment pour aparentment, voy. 
Abonder. 

Apparent du L. Apparentem 
(mfime temps). 

Apparent** , voy. Parent. 

Appa*ie* 9 voy. Paire. 

Apparlteur, du L. Apparitor 
(officier subalterne, attache" aux 
magi st rats romains). 

Apparition, du L Apparitio- 
nem (meme sens). 

Appa*oi* 9 du L. Apparere 
(paraitre). Sur e latin=ot, voy. ac- 
croire. 

Appa* tewnent 9 divisionsprin- 
cipales d'une maison, du bas la- 
tin Appartimentum (division). 

Appa*tenl* 9 du L. Adperti- 
nere, Appertinere, compost de per- 
tinere (appartenir d , dans Tertul- 
lien). — Sur e (appertinere) devenu 
a, voy. amender. — Sur t latin de- 
venu e, voy. admettre. — Sur eac- 
centu6 (appertinere) devenutjvoy. 
accomplir. "*" 

Appas. Ge mot (juisignifie pro- 
prement ce qui attire, ne s'emploie 
jamais qu'au pluriel. parce qu'il 
n'est, en effet, que le pluriel du 
mot appdt. Appdt, en vieux fran- 
cais appast, etait alors au pluriel 
appasts, dont appas est la corrup- 
tion. Pour I'ltymologie de appas, 
voy. appdt. 

Appai, vieux francais appast, 
du latin du moyen age appa stum y 
adpastum (pature pour attirer le 

Shier ou le poisson), compose du 
tin classique pastum (pature). 
— D. Appdter. 

Appanv*i* 9 Appauwisse* 
n%ent 9 voy. Pauvre. 

Appeaw, anciennement apvel 
comme beau est venu de bel) : 



engin imitant le cri des oiseaux, 
pour les appeler, les attirer dans 
un pi£ge. Appeau n'est done qu'une 
forme second aire d'appeJ,substan- 
tif verbal d'appeler. 

Appet 9 substantif verbal d'ap- 
peler. 

Appete* , du L. appellate 
(adresser la parole). — D. Appel. 

Appellation, du L. appellor 
tionem (mfcmesens). 

Appendices du L. appendi- 
ceal (supplement). 

Append*e 9 du L. appendere 
(suspendre). Sur la chute de l'e 
latin j>6nultieme, voy. p. txxvu. 

Appentis 9 du L. appendictum, 
derive de appendere (appendre). 

Appelant**, voy. Pesant. 

Appetlt, du L. appetitus (de- 
sir). — D. appe'tissant. 

Applaudlr, du L. aprdaudere 
(m£me sens). — D. applaudisse- 
ment. 

Appllquer, du L. applicare 
(appliquer). — D. applicable, op- 
plication. 

Appoint, voy. Point. 

Appointe* , appointement , 
voy. point. 

Appo*te* 9 du L. apportare 
(nieme sens). D. apport, substan- 
tif verbal. Rapport ,rapporter ^rap- 
porteur. 

Appose*, du L. appausare, 
compost de pausare (placer), qui a 
donn£ poser. Sur au latin devenu 
o en francais, voy. alouette. 

Appreeler, du L. appretiare 
(6 valuer, priser dans Tertullien). 
— D. appreciation, appreciable. 

Apprehender, du L. appre- 
hendere (mfime sens). — D. appre- 
hension, du L. apprehensionem. 

App*end*e 9 dn L. apprendere 
(comprendre, saisir), forme qui 
coexiste en latin avec apprehen- 
dere. {Apprendere est dans Silius 
Italicus.) Sur la chute de e latin 



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APP 



59 



APR 



penultieme , voy. p. lxxvti. — D. 
dtsapprendre ; apprenti, celui qui 
apprend : ce mot qui etait en vieux 
francais apprentif, vient du bas la- 
tin apprendivus, mot forme au 
moyen age d'apprendere. 

Apprenti, voy. apprendre.— 
D. apprentissage. 

Appweter, voy. prU. — D. ap- 
prit. substantif verbal. 

Appwivoiser du latin appri- 
xitiare* (mfime sens). Apprtvi- 
tiare est de>iv6 de privus. — Sur 
le changement de la finale tiare 
en *er, voy. agencer. — Sur le 
changement de i latin en ot, voy. 
boire, 

Approbation, du L. approba- 
tionem (mfimesens). 

Apptrocher, du L. appr opiate 
(s'approcher, dans* Sulpice Severe 
et saint Jerome). Sur le change- 
ment de pi en ch, voy. abriger. — 
D. approche, substantif verbal; 
rapprocher, rapprochement. 

Approfondir. Voy. Profond. 

Approprler. du L. appropriate 
(m£me sens). — D. appropriation, 

App9H>**ver 9 du L. approbare 
(approuver). Sur o latin devenu 
on, voy. affouage. Sur b latin de- 
venu v t voy. avant. — D. dtsap- 
prouver, 

Approviaionner , appwo- 
riftoMMeratetU, voy. Provision. 

Approximate, du latin scolas- 
tique approximative (me* me sens). 

Approximation, du latin sco- 
laslique approximations (meme 
sens). 

Appui, substantif verbal de ap- 
puyer. 

Appwyer 9 derive de pui, 
comme ennuyer de ennui. Pui 
vient de podium (balcon de mai- 
son dans Pline, base, piedestal, 
soutien dans d'autres auteurs). 
Sappuyer est proprement se sou- 
lenir a I'aide de quelque chose. 



d'un pui, d'un soutien. Que podium 
ait donne pui, comme nodii a 
donne* hut (aujourd'hui), — comme 
modium a donne muid, — comme 
inodio a donne ennui, — cela est 
incontestable (sur l'attraction de Ft 
latin, voy. cuider; — sur la chute 
du o, voy. alouette). 

Enfin le bas latin qui dit appo- 
diare (de podium) pour appuyer, 
l'italien qui dit appoggiare (ap- 
puyer) de poggio (put) confirment 
cette Etymologic — D. appui. 

Apre 9 anciennement aspre, du 
L. asper (apre). — D. dprement. 

Apr**, voy. Pris. 

iipre<e,ancien francais asprete' 
du L. asperitatem (m£me sens).— 
Asper(f)tatem, contracte en <w- 
per'tatem, suivant la loi demontree 
au mot accointer, a d'abord donne 
asperte" (sur atem=6, voy. abbi) , 
et asperte" est devenu asprete" par 
le deplacement. la transposition de 
IV qui a pour but de faciliter la 
prononciation. Cette transposition, 
ou comme disent les grammairiens 
grecs , cette metathese, dont nous 
avons parte a la page lxxxh, qui 
est frequente en francais, a aussi 
lieu en grec (xotpfiioc et xpaSia), et 
en latin (qui tire creci de cerno, 
sprevi de sperno), etc. En fran- 
cais, cette metathese de IV se ren- 
contre dans : brebis (vervecem), 
breuvage (biberaticum), abrewer 
(adbiberare) , fromage (formati- 
cum), pour (pro), pauvrete (pau- 
pertatem) , recrier (requiritare), 
tremper (temperare), treuil (torcu- 
lus),trombe (turbo), troubler (tur- 
bulare), trouver (turbore), frange 
(fimbria), octroyer (auctoricare), 
ogre (orcus), trouble (turbulus), 
lamproie (lampetra),truffe (tuber), 
trousser (tortiare), fatras (farta- 
ceus*); cette metathese de Vr se 
poursuit meme en francais dans 
certains mots; au dix-septieme 



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ARA 



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ARB 



siecle, le mot brelan 6tait pro- 
nonce indifferemment berlan ou 
brelan ; les pay sans disent berbis, 
bertaudre, berteche, pour brebis, 
b'etauder, breteche, etc. 

A-propoa 9 voy. Propos, 

Apte, du L. aptus (propre a). 
— D. aptitude. 

Apurer , apurement, voyez 
pur, 

f Aquarelle, venu de Titalien 
acquarella (lavis, detrempe). 

Aquatlque, du L. aquaticus 
(mime sens). 

Aqueduc, du L. aquaeductus 
(conduit pour les eaux). 

Aqulllu, du L. aquilinus (d'ai- 

Aqullon, du L. aquxlonem 
(vent du Nord). 

t Arabesque, du mot arabe, par 
Pintermediaire de l'italien ara- 
besco. 

Arable, du L. arabUis (qu'on 
peut labourer). 

Avagne 9 ancien francais arai- 
gne, du L. aranea (araignee). — 
Sur le changement du suffix e inea 
en ague, aigne, comparez chatat- 
gne (castanea*), montagne (mon- 
tanea*). campagne (campania*). 
Aneus aevient ordinairement ain: 
chatain (castaneus), soudaia (su- 
bitaneus), souterrain (subterra- 
neus), fusain (fusaneus),etc.... 

Dans notre ancienne langue, 
Y aranea etait appelee ar aigne, 
et sa toile araigrde (de araneata, 
proprement le travail de V 'aranea, 
Sur la chute du t latin voy. am- 
pouU), Au seizieme siecle, le sens 
etymomologique se perdit, et on ap- 
pela indifferemment l'animal arai- 
one ou araignie, confondant ainsi 
[animal ? et son oeuvre. An dix- 
septieme siecle araignie l'emporta 
definitivement, et Ton ne trouve 
plus araigne que dans la Fon- 
taine* aujourd'bui ce mot est re- 



j legue dans nos patois. On doit re< 
gretter sa perte. 

Araignee, voy. aragne. 

A ra to Ire, du L. aratorius. 

Arbalete, ancien francais ar- 
baleste, du L. arcuballista (arba- 
lete dans Vegece). Arcuballista 
d6ja contracte en arc'ballista dans 
la basse latinite a donne arbalete: 
1° par la reduction de re latin en 
r, comme dans carrefour (quadri- 
furcum *). 2° par la chute de Ps 
duvieux francais arbaleste, chute 
6tudi6e au mot abtme. — D. ar- 
baUtrier, 

1. iff6itre> du L. arbiter 
Q'uge, expert). — D. arbitrage, 
arbitration, arbitral, 

2. Arbltre, du L. a'rbilrium 
(volonte) . — D. arbitraire, 

Arborer, elever droit comme 
un arbre (arborer un eten- 
daid, etc...) du bas latin arborare 
(de arbor, arbre) . L'italien dit de 
meme pour arborer, alberare form 6 
de albero (arbre). 

Arbouse, de arbuteus, derive 
de arbutum (arbouse). Arbuteus 
regulierement transforme en ar- 
butius (voy. au mot abrSger), a 
donn6 arbouse par le changement 
de u en ou (voy. accouder) et par 
celui de ti en * (voy. agencer). — 
D. arbousier. 

Arbre, du L. arbor. Sur la 
chute de To voy. ancre. 

Arbrismeatt, du L. arbori- 
cellus (petit arbre) diminutifde 
arbor (arbre). Sur la chute de 
o latin, arVricellus voy. accoin- 
ter; sur c latin devenu ss voy. 
amitii; sur ellus devenu eau t 
voy. agneau, 

Arbuate, du L. arbustum (ar- 
bre dans Lucrece). 

Arc, du L. arcus (arc). — D. 
archer. 

t Areade, venu de l'italien? 

Arc-boutant, voy. bouter. 



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ARC 



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ARG 



iffceatt, ancien francais arcet, 
litteralement petit arc (voy. ce 
mot). 

if fc-eM-cial, de arc, en el ciel. 

ArchaVime. dugrec apy alamos 
(emploi de locutions surannees). 
— D. archaique. 

Archal , du L. orichalcum 
(laiton). Sur o latin devenu a, 
voy. aout. Sur la chute de Ft, 
ofchalcum voy. accointer. 

Archange, du L. archange- 
ls s (ange d'un ordre superieur; 
dans saint Jerdme; archangelus 
est la transcription de dpx<rfytXo«, 
de ap/t qui est au-dessus, — et 
dtyyeXo:, ange). 

1. ilfeAe (au sens d'arche 
sainte, etc...,du L. area (coffre). 

2. iirvlke (arche d'un pont), 
voute en forme d'arc. du L. ar- 
chia* (voute), derive de arcus 
(arc). 

Archeologf e , du grec ap- 
vato>OYCa, etude de l'antiquite, 
de apyaloq ancien , et >6yo? dis- 
cours.D. arche'ologue. 

Arehet, diminutif de arc, 
com me cochet de coq. Varchet 
6tait a l'origine une baguette re- 
course en forme d'arc. 

Archeveqtte, du latin eccle- 
siastique archiepiscopus, qui est 
au-dessus (<SpxO> de l^piscopus (de 
l'eveque). Episc(6)pus suivant la 
loi de l'accent latin (voy. p. lxxxvi) 
a laisse toraber les deux dernieres 
syllabes qui sont inaccentuees, et 
episc est devenu ivesque : 1° par 
le changement de p en v (voy. ar- 
river); 2° par celui de % en e (voy n 



admettre); 3° par celui de % en q 
suppression 



Etesque est devenu 4vSque par la 
suppression de Vs 6tudie au mot 
abime. — D. archevtch^ 

ArchUiiacre, qui est au-des- 
sus (<5p/0 du diacre. 

Arehidue, qui est au-dessus 
(ipxi) du due. 



t Arehlael, venu de l'italien 
arcipelago (meme sens). Au dix- 
septieme siecle, quelques person- 
nes conservaient la forme italienne 
et disaient archipelague. 

Architect* , du L. architectut 
(architecte). — D. architecture, 
architectural. 

Archlteetonlque, du grec 4p- 
y.itexTovtxoc (qui a rapport a Par- 
chitecture). 

Architrave, maitresse poutre, 
de trahem (poutre) et oipx* (qui est 
au-dessus). 

Archives, du L. archivum (ar- 
chives dans Tertuliien). — D. archi- 
viste. 

+ Arch I volte, venu au sei- 
zieme siecle de l'italien arcivolto 
(mfimesens). 

Arcon, venu comme l'italien 
arcione, du bas latin araonm, di- 
minutif de arcus (arc). L'arcon est, 
en effet, une piece de bois cintree, 
en forme d'arc. — D. Desarconner. 

Arctlque, du grec apxtix6; (si- 
tue" au nord, de dtpx-cos, ouis, — la 
grande ourse etant situee dans le 
voisinage du pdle nord). 

Ardent, du L. ardentem (qui 
brule de) . — D. ardemment. 

Ardeur, du L. ardorem (cha- 
leur). 

ArdlUon, origine inconnue. 

A rdoine, origine inconnue. 

Ardu\ du L. arduus (escar* 
pe). 

Arc, du L. area (superficie]. 

Arene, du L. arena (sable). 

Arete, du Is. arista (arete de 
poisson dans Ausone). Sur i devenu 
e, voy. admettre; sur la chute de 
Vs, voy. abime* 

Argent, du L. argentum (ar- 
gent). — D. argenter, argenterie, 
argenture, argentier 9 argentin, 
desargenter. 

Arglle, du L. argiUa (argilej. 
— D. argiUeuv. 

4 



yGoogk 



ARM 



62 



ARR 



Argot, origine inconnue. 

f Arg«u«iu, surveillant des ga- 
ieres, au seizieme siecle algosans, 
corruption de l'espagnol alguaail 
(surveillant) . 

Arguer, du L. arguere (meme 
sens). 

Argument, du L. argumentum 
(m. s,). — D. argumenter, argu- 
mentation. • 

Argutle, du L. argutia (subti- 
lite). 

Arlde, du L. aridus (sec). — 
D. ariditi. 

Ariette, diminutif de i'italien 
aria (air de musique), mot ve- 
nu au dix-septieme siecle avec 
LuUi. 

Aristocrate, du grec apurco- 
. xpaxeia (gouvemement des meil- 
leurs). — D. 

Arlthmetlque, du L. arith- 
metical, s.). 

f Arlequtu, venu au seizieme 
siecle, de I'italien arlechino (m6me 
sens). 

Armateur, du L. armator (ce- 
lui qui arme). 

Arme, du L. arma (m. s.). — 
D. armer, armie (subs, participial) 
armement, armure, armorier, ar- 
morial. 

A rate t, origine inconnue. 

Armistice, duL.armistiliujn* 
(m. s.). 

Armoire, ancien francais ar- 
maire, du L. armarium (armoire, 
coffre). 

Anmoiriem 9 ancien francais 
armoyeries, derive de l'ancien 
verbe armoyer (peindre les armes, 
blasonner) qrsi vient de arme, 
comme larmoyer de larme. 

Arn*oime,d\i L. artemisia (ar- 
moise); sur la contraction de arte- 
misia par la chute de e atone, voy. 
accointer ; sur le changement de i 
accentue en oi t voy. 

Arn%orial 9 voy. arme. 



Armure, voy. arme. — D. ar» 
murier. 

Arome, du L. aroma (parfum). 
— D. aromatique^aromatiser. 

Aronde, du L. hirundo (hi- 
rondelle). Le mot est encore au 
dix-septieme siecle dans Lafon- 
taine; au dix-huitieme siecle dans 
Voltaire. — Sur la chute de l*h, 
initial latin, voy. atelier, sur le 
changement de i latin atone en o, 
voy. frotter ; sur le changement de 
u latin en o , voy. annoncer. 

t Arpege, de I'italien arpeggio, 
derive de arpa (harpe). 

Arpewit, provencal arpeh, du 
latin arepennis (mGme sens) ; sur 
la chute de e atone, voy. accointer; 
(on trouve deja en latin classique 
arpennis a cdte de arepennis). — 
D. arpenter, arpentage, arpen- 
teur. 

f Arquebuse, venu au sei- 
zieme siecle, de I'italien archibuso 
(m6me sens). — D. arquebusier. 

Arquer, voy. arc. 

Arracher, du L. eradicare 
(arracher). 

Contracte en erad'care suivant 
la loi demontree au mot accointer 
par la chute de Vi atone, — ce mot 
est devenu era* care, puis arracher 
1° par le changement de c latin en 
ch pour lequel je. renvoie au mot 
acharner. 2° par la reduction de 
de latin en c , reduction qui a lieu 
dans ; vender (vind'care) , juper 
(jud'care) , manner (mand'care) , 
piege (ped'ca), penc/ier (pend'care) , 
precher ( praed'care ) , revanches 
(revend'care. — D. arrachement, 
arrache-pied. 

Arranger , voy. rang. — - D. 
arrangement. 

ArrcrageB, voy. arriere. 

Arrestatlon, voy. arrtter. 

Arret, substantif verbal de ar- 
rester. 

ArrStcr, du L. adrettare, or 



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ARR 



63 



ARR 



restore (m. s.) . — Arrestare avait 
d'abord donne le vieux francais ar- 
rester, qui est devenu arriter par 
la chute de Vsjyoy. abime); mais 
la forme primitive du mot apersist6 
dans arrestation qui devrait 6tre 
logiquement arrttation. 

Arrhes, du L. arrha (gage). 

Arrihrc , du L. ad-retro * , 
comme derriere de de retro. — Le 
latin retro (derriere) donna en 
vieux francais Here (comme petra 
donna pierre) , par le change- 
ment : 

1° de e en ie, qui se retrouve 
pour Ye accentue dans le mots bien 
(bene), Her (ferus), fid (fel) hier 
(heri). mtel (mel), pied (peclem), 
rien (rem) , sied (sedet), tient (te- 
net), vient (venit), gesier (gige- 
rium) mattere (materia), mieux 
(melius), pie'ce (petium), — cime- 
ttere (coemeterium),chantier (can- 
terium*),— fievre (iebris), cterge 
(cerius*), entier (integrum), hieble 
(eb'lum), fierte (fer'tatem), herre 
hed'ra), ni£ce (neptia*), lievre (le- 
porem ) , pierre ( petra ) , sie*ge 
(sed'ca*) , ttede (tep'dus), tiers 
(tertius) , centteme (centes'mus) , 
huitieme (octes'mus) , derriere 
(deretro), liege (levj urn) *,paupie>e 
(palpebra) , piege (ped'ca) , vieux 
(veclus), — pour l'e inaccentue 
dans : brievete (brevitatem), fierte 
(fer'tatem), assieger (assedjare*). 

2° de tr en r (retro = riere). 
tr latin est d'abord devenu dr, 
comme on Pa vu au mot aider; 
dr est devenu rr voy. page lxxvii), 
comme dans : larron (latronem), 
pqurrir (putrere)*, nourrir (nu- 
trire) pierre (petra) , parrain (pa- 
frinus) , marraine ( matrina) , to- 
nerre (tonifru), verre (vitrum), 
nourrisson (nutritionem),merrain 
(mat'riamen*), raarguillier (an- 
ciennement marreglier matricla- 
rius*) , errer (it'rare), beurre 



(but'rum). Dans frere (frafrem), 
mere (matrem), pere (patrem),ta- 
riere (taratrum), larcm (lafroci- 
nium) , serin (citrinus) , arriere 
(adretro), derriere (deretro), con- 
frene (confratria *) , maratre (ma- 
traster) , persil ( petroselinum ) , 
repairer (repatriare*), vencle (vi- 
tncula*), vernir (vitrinire*), 
carillon (quat'raionem) , dernier 
(v. fr. derrenier derrainierdeder- 
rain de deretramus *), — les rr se 
sont adoucis en r. 

On voit ainsi comment retro a 
donne rikre : le latin merovingien 
ayant cre6 les composes ad-retro 
et deretro, ceux-ci devinrent res- 
pectivement arrUre et derriere; 
dans adretro, dr s'assimila en rr 
(voy. page lxxxi), arriere, comme 
dans carre (quadratum) , carre- 
four (quadrifurcus) , lierre (hae- 
d'ra), arriver (adripare), arroser 
(adrorare), carriere (quadraria), 
equerre (ex-quadra)*), equarrir 
( exquadrare * ) ; dans quarante 
(qiiadraginta), carfime (quadrage- 
sima) , chaire (cathedra) , croire 
(cred'rej, occire occid're), rire (ri- 
dWe), aesirer (desid'rare), con- 
clure (conclud're), exclure (exclu- 
d f re), raire(radYe), clore (claudVe), 
— ces rr se sont adoucis en r. 

A c6te d'arriere, on trouve en 
ancien francais* la forme non diph- 
thonguee arrhe y qui a persists 
dans le derive arre'rage (pour ar- 
rie>age). 

D. arrerage, arrifrer. 

if tftvet* , du L. adripare* fa- 
border a la rive, toucher terre), qui 
est deja arripare dans un tr,xte du 
neuvieme siecle, arrioote dans 
une charte du onzieme siecle. 

En francais, arriver est a l'ori- 
gine, un termede marine; comme 
son original adripare, il signifie 
proprement aboraer, mener a la 
rive : dans un poeme du dou- 



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ARR 



64 



ARS 



zieme siecle, la vie de Gregoire )e 
grand, un pecheur conduit des 
voyageurs a un tlot situe en pleine 
mer; apres maints efforts, dit le 
vieux poSte, au rocheril let arriva, 
c'est-a-dire il leur fit toucher la 
rive. Le sens 6tymologique est en- 
core visible dans un recueil de re- 
glements administratifs du trei- 
zieme siecle, le Livre de Justice, 
on y lit que les bateliers peuvent 
arnver leur bateau, et attacher 
leur cable aux arbres. Des le qua- 
torzieme siecle arriver perd sa si- 
gnification premiere, de toucher d 
la rive, et prend le sens general 
de toucher au but. Nous avons vu, 
au mot alter, cette meme meta- 
phore de la navigation a la mar- 
che: adnare auquelCiceron donne 
le sens de venir oar eau, signifie 
venir par terre dans Papias. 

Sur dr (adripare), devenu rr 
(arriver), voy. au mot arri&re. — 
Sur p (arripare), devenu v (arriver), 
voy. p. xc; nous avons vu que 
p n'arrive a v qu'en passant par 6, 
et qiTentre le latin arripare et le 
francais arriver; nous trouvons 
le bas latin arribare. Cet adoucis- 
sement de pent) se retrouve en 
francais dans : assouvir (assopi- 
re*), cheveu (capillus), crever (cre- 
pare), louve (lupa), neveu (nepo- 
tem),prevdt (praepositum), perce- 
voir (percipere) , rave (rapa), re- 
cevoir (recipere), rive (npa), sa- 
vour (saporem), satoir (sapere), 
savon (saponem), se*ve (sa/;a), che- 
velre (capistrum), enchevetrer (in- 
capistrare*), cive (caepa), civet 
(caepatum),concevoir (concipere), 
convoiter (cupitare*). coutercle 
(cooperculum*), cuve (cupa), sou- 
veram (de superaneus*), ensevelir 
finsepeiire), 6veque (episcopus) , 
feeche (episcopatus), javelle (ca- 
pella*), navet (napus), pavilion 
(papilionem), ravine (rapina*), ra- 



vir (rapere), recevoir (recipere), 
rive(ripa), rirage(ripaticum*), ri- 
viere (riparia), seneve Mnapi), — 
chevre (capra), oeuvre (opera) , ou- 
vrer (op'rare) , ouvrier (op'rarius), 
ouvrir (ap'rire), pauvre (paup'rem) , 
avec (ap*dhoc), avril (aprilis),che- 
vreuil (capreolus), chevron (capro- 
nem*), couvrir (coop'rire), cuivre 
(cuprum), genievre (junip'rum), 
guivre (vip'ra), lievre (lep'rem), 
levrier (lep'rarius), poivre (pip'r), 
recouvrer (recup'rare) , sevrer (se- 
p'rare), puree (ancien francais pe~ 
vrdedepip'rata*). — D. arrivage, 
arrivie. 

Arroaanee, du L. arrogantia 
(m. s.). — D. arrogant. 

Arroger, du L. arrogare (meme 
sens). 

Arrondtr, voy. rond. — D. 
arrondisscment. 

Arroaer, du L. adrorare (ar~ 
roser, dans Marcellus Empiricus). 
Sur dr latin devenu rr en frangais, 
voy. am'ere. Quand a la substitu- 
tion d'un s (arroaer), a l'r latin 
(adrorare), elle se retrouve en fran- 
cais dans plurieres, be? icle (vieux- 
francais bericle, beryilus), pous- 
siere (vieux frangais poumere) , 
chaise (chaire, cathedra). Cette al- 
teration phonetique de r en s re- 
monte haut t Theodore de Beze 
xvi* siecle), nous apprend que les 
Parisiens disaient peare, me*e, 
chaise , Theodoze , Maxie pour 
pere, mere, chaire, Theodore, 
Marie! Palsgrave (1530), remarque 
qu'a la cour on disait non Paris , 
mais Pazis. — Cette permutation 
se retrouve encore dans quelques 

{>atois, notamment dans celui de 
a Champagne qui dit ecuiie pour 
ecurie,fre*e (pour frere), etc....— 
D. arrossage, arrosoir. 

f Arsenal, venu au seizieme 
siecle, de Titalien arsenate (m6me 
sens). 



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ART 



65 



ASP 



Arsenic, du L. arsenicum (ar- 
senic). — D. arsenical, arsenieux* 
Art, du L. artem (m. s.). 
Artere, du L. arteria (m. s.). 

— D. arteriel. 

Artesien. (puits), mot d'origine 
historique; ces puits ayant e*te" fo- 
rts en France pour la premiere 
fois dans 1'Artois. 

t Artlchaut, mot venu au 
seizieme siecle de l'italien arti- 
eiocco (mfime-sens). 

Article, du L. articulum (m£me 
sens). 

Artlculer, du L. articulate 
(m6me sens). — D. articulation, ar- 
ticulate, de'sarticuler, inarticuli. 

Artifice, du L. artificiumiyme). 

— D. artificier. 

Arttficlel, du L. artificial 
(meme sens). 

Artlficleux , du L. artificiosus 
fm. s). 

Artillerie, mot que Ton trouve 
en francais plus de deux siecles 
avant l'emploi de la poudre a ca- 
non; — artillerie avait alors un 
double sens : tantdt il signitiait l'en- 
semble des armes, des engins du 
guerre, — et en particulier des ar- 
mes de trait, qui etaient les armes 
offensives par excellence {« Qui- 
conque doresenavant voudra itre 
artilleur et user du mestier d'ar- 
tillerie en la ville et banlieue de 
Paris, c'est d savoir faiseur d'arcs, 

deflesches, darbalesles » lit-on 

dans un document de 1375), — 
tantdt il designait comme dans 
Joinville, au treizieme siecle, le 
lieu ou Ton deposait les armes, 
l'arsenal. Les soldats "d 1 artillerie 
etaient les archers et les arbaie*- 
triers : quand Tusage de la poudre 
a canon fut introduit, et que les 
armes a feu succ£derent aux ar- 
mes de trait, on conserva aux ar- 
mes nouvelles la denomination des 
anciennes. — Artillerie derive de 



notre ancien verbe artiller, armer. 
[Ce mot a longtemps persists dans 
le vocabulaire de la marine; on di- 
satt encore au dix-huitieme siecle 
t«n vaisseau artilU, non un vais- 
seau arml.j 

Artiller, est dans la basse-lati- 

nit6 artillare, qui correspond au 

latin arttculare derive de artem 

par 1'intermediaire de articulus. — 

, Qu' artem ait pris daps la basse la- 

timie le sens d'art de la guerre, 

c'est ce que Ton comprend mieux 

| quand on voit la mdme metapbore 

se produire pour le mot tngemum 

1 qui a donne* engin (voy. ce mot). 

| Atrtilleur, derive & artiller. — 

Voy. artillerie. 

| JWimon, du L. artemonem 
qui est dans Isidore de Seville avec 
le m§me sens. — Sur e latin de- 
| venu i, voy. accomplir. 

f Artisan, venu au seizieme 
siecle de l'itahen artigiano (m£me 
sens). — A l'ongine artisan avait 
| le sens que nous donnons au mot 
artiste : « Peintre, poete ou aullre 
artisan* dit Montaigne. 

f Artiste, venu au seizieme 
siecle de 1'italien artista (m. s.). 

as, du L. o5(m6me sens). 

Ascendant, du L. ascenden- 
tem (qui monte). — D. ascen- 
dance. 

Ascension, du L. ascensionem 
(action de monter). — D. ascen- 
sionnel. 

Ascete, du grec dwxyJTY);, celui 
qui s'exerce [s. ent. a la mortifi- 
cation]. — D. asce'tisme , asci- 
tique. 

Aslle,du L. asylum (lieu invio- 
lable, qu'on ne piile pas). 

Aspect, du L. asvectum derive* 
de aspicere (regarder). 

ilsperflfc.du L. asparagus (as- 
perge). Aspdr{d)gus contracts en 
aspar'gus suivant la regie de l'ac- 
cent latin (page lxxix), a perdu 



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ASS 



66 



ASS 



son & atone, comme les mots sui- 
vants : baume (balsamum), buffle 
( bubalus ) , cbaume ( calamus ) , 
capre (cappans), cinnabre (cinna- 
bans), esclandre (scandium), gre- 
lot (crotalum), ladre (lazdrus), 
lampe (lampdfdem) , martre (mar- 
tola*), nacre (nacdfra*), orgue (or- 
gtfnum), plane (platinum), seigle 
(latin vulgaire sectfle), timbre (tym- 
panum), sucre (sacchdrum), cer- 
cueil (sarcophagus). 

Sur a latin (aspar'gus) devenu 
e (asperge), voy. acheter. 

Asperger, du L. aspergere (ar- 
roser). 

Asperlte, du L. asperitatem 
(m. s.). 

Aspersion, du L. aspersionem 
(m. s.). 

Aspersolr,du L. aspersortum* 
(m. s.). 

Asphalte, du L. asphaltus (bi- 
tume). 

Asphyxle , du grec ^aqpugia 
(arrel du pouls). 

1. Ampic, corruption de espic, 
qui est le latin spicus (lavande) . 
L'buile odorante et volatile de la 
grande lavande, connue sous le 
nom vulgaire d'huile d* aspic, est 
appelee par les chimistes hutle de 
spic. Sur sp dev. esp, voy. espe'- 
rer. 

2. f Aspic, espece de vipere de' 
petite taille. Aspic qu'on n a point 
trouve dans les textes francais 
anterieurs au seizieme siecle vient 
du provencal aspic, qui est le la- 
tin aspidem (meme sens). — Dans 
notre ancienne langue le latin aspis 
existait sous la forme aspe. 

Asplrer, du L. aspirate (aspi- 
rer). — D. aspiration, aspira- 
teur. 

AmmaiMUv, du L. assalire (qui 
est au sens d'assaillir dans la Lex 
Salica). — Pour le cbangement 
de salire en saillir, voy. saillir. 



Assainir, voy. sain. — D. as* 
sainissement. 

iistfalsonttet*, voy. saison. — 
D. assaisonnement. 

Assassin. Mot d'origine hi- 
storique (voy. p. lxiii). — As- 
sassin qui est assacis dans Join- 
ville au treizieme siecle, — dans 
la basse latinite hassessin, est le 
nom d'une secte celebre de la Pales- 
tine au treizieme siecle, celle des 
Haschischtn (buveurs de haschi- 
sche 1 , boisson enivrante, dissolu- 
tion de haschisch poudre de feuilles 
de chanvre.) Le Scheik des Ha- 
schischin, connu sous le nom de 
Vieux de la montagne, exaltait 
l'esprit de ses seides, a l'aide de 
cette boisson , et les envoyait en- 
suite poignarder ses ennemis, et 
en particulier les chefs des croi- 
ses. — Joinville emploie encore le 
mot assassin au sens de membre 
de la secte des Haschischtn, mais 
des le quinzieme siecle assassin 
devient synonyme de meurtrier, 
et perd le sens special qu'il gar- 
dait a l'origine. Nous avons tout a 
fait oublie aujourd'hui 1'histoire 
! de ce mot, et le fait qui l'a in- 
troduit dans notre langue. II en 
1 est de meme de plusieurs autres 
mots du mfime genre, tels que 
J berline qui signinait. A l'origine 
une voiture fabriquee a Berlin, 
stide qui est dans le Mahomet de 
! Voltaire un fanatiaue aveugle- 
ment devout aux votontes du pro- 
phete, etc.... — D. assassiner, as- 
sassinat. 

Assaut , ancien francais as- 
salt, du L. assaltus (assaut) com- 
pose, de saltus (saut, bond). — Sur 
al latin devenu au, voy. agneau. 
Assembicw,d\i L. adsimulare, 
assimulare (mettre ensemble, «- 
mul). — AssimUldre devenu as- 
simlare conform^ment a la regie 
donnee au mot accointer, est de- 



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ASS 



67 



ASS 



vena assembler par le changement 
1° de ml (assim'Jare) en mbl (as- 
sembler), changement etudie au 
mot dbsoudre; — 2° de i latin 
en e; voy. admettre. — D. assem- 
ble (substantif participial), as- 
semblage, rassembler, rassembU- 
ment. 

Assener, du L. assignare (vi- 
ser). Assener avait a l'origine de la 
langue le sens de dinger un coup, 
d'atteindre le but ; Froissart nous 
parle d'un archer qui tira un car- 
reau (une fleche), et assena un 
chevalier en la teste, c'est-a-dire 
visa un chevalier a la tete. Peu a 
peu, assener perdit son sens ety- 
mologique d'ajuster, de viser, — 
et arriva a la signification ac- 
tuelle. porter un coup violent. 
Dans assignare, gn est devenu n 
en francais. On trouve deja assi- 
nare,as'senare dans les Chartes du 
onzieme siecle. Les Romains di- 
saient indifferemment aprupna ou 
apruna. Cette reduction de gn en 
n se retrouve dans : benin (be- 
nipnus), malin (maligwus), con- 
nattre (co^noscere), dessiner (desi- 
gmare), d6dain (disdu/num *) . Cette 
reduction a encore lieu, oralement, 
dans le mot signet, que nous pro- 
noncons sinet. Sur i latin (asst- 
gnafe) = e (assener), voy. admet- 
tre. 

. AMenttment, de l'ancien verbe 
assentir (approuve'r), qui vient du 
L. assentire (6tre de m6me avis) . 

Asseoir, du L. assidere (etre 
assis). — Sur la chute du d, as- 
st(d)ere, voy. accabler; sur t latin 
devenu e voy. admettre ; sur e la- 
tin (assidere) devenu ox, voy. ac- 
croire. — D. rasseoir, rassis. Le 
participe feminin assise est deve- 
nu substantif (voy. absoute). 

Assermenter, voy. serment. 

Assertion, du L. asscrtionem 
(affirmation). 



I A sservi r, du L. asservire (as- 

I sujettir). — D. asservissement. 

Assesseuw* 9 du L. assessor em 
(adjoint). — Sur o latin devenu eu, 

I voy. accueillir. 

I Assez 9 du L. adsatis * (le t la- 
tin se retrouve encore dans le pro- 

I vencal assatz). — Asset signitiait 
a Torigine beaucoup et se placait 

\ apres le substantif. On trouve a 
chaque page dans la Chanson de 
Roland : Je vous donnerai or et 
argent assex (pour : beaucoup d'or 

1 et d 'argent), trop assex (pour beau- 
coup trop), plus assex (pour beau- 
coup plus) etc.... — De meme 
assai en italien : presto assai 
(prestus adsatis) signifie (tres-vite 9 

| et non assex vite. 

I Dans ce mot , ds latin (adsatis), 
s'est assimile en ss, comme dans 

j assurer (adrecurare), ausii (aliud- 
sic), associer (adsociare), awouvir 

I (adsopire), ra#sasier(re-ad*atiare*), 
Sur a latin (adsatis) devenu e t 
voy. acheter : adsatis a dofane as- 
ses, comme umatis, portatu don- 
nentaimex, portex. 

Assldu, du L. assiduus (assidu). 
— D. assiduity assidilment. 

Assiegew 9 du L. assediare * 
(qui est au sens de mettre le sie'ge 
dans certains textes du huitieme 
siecle). *— Sur dtare devenu get 
en francais, voy. abre'ger et ajou- 
ter. Sur e (assediare) devenu ie, 
voy. arriere. 

1. Assiette 9 au sens de posi- 
tion {assiette d'une ville, perdre 
son assiette),) — ou de repartition, 
d'etablissement {assiette d'un im- 
p6t), n'est autre chose que le par- 
ticipe fort d'asseoir. Sur les parti- 
cipes forts , voy. absoute, 

2. Assiette (vaisselle). Le latin 
assecare (compose de ad, et se- 
care trancher), donna naissance 
par le supin assectum ( voy. 
page xxxn i). au verbe factitif as- 



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ASS 



68 



AST 



sectare, d'ou est venu 1'italien 
assettare (decouper les viandes); 
sur le ct latin (assccfare) devenu 
it en italien, voy. page xix. 

Le francais assiette, aussi ecrit 
assiecte, correspond a assecta *, et 
veut dire proprement, le plat dans 
lequel on decoupe les mets. Sur 
e latin (assecta) devenu ie, voy. 
arriere. Quant au changement de 
ct latin en tt (assieMe), change- 
ment qui se retrouve dans da/te 
(dact'lum), jeMe (jarto), luMer 
(luctare), cueilleete (collerfa), em- 
plette (implied), froWer (fric/are), 

— cette assimilation avait deji 
lieu en latin ou Ton trouve mattea 
pour mactea, nal(a pour nacfa, 
gluWio pour glucfio (glocire). — 
D. assiette'e. 

Asslgner, du L. assignare (m. 
s.). — D. assignation, assignat. 

Asslniller, du L. assimxlare 
(rendre semblable). — D. assimi- 
lation % 

Assise, voy. asseoir. 

Asslster, du L. assutere (se te- 
nir aupres). — D. assistance, 

Assocler, du L. assoeiare (m. 
s.). — D. association. 

Assolenient, voy. sole. 

A mo»m6«*<»*, voy. sombreP 

AMommer, voy. somme. — 
D. assommoir. 

Assoniptlon, du L. assumptuh 
nem (enlevement). 

A*sonan< 9 du L. assonantem 
(qui repond k une voix). — D. as- 
tonance. 

Assortlw, rassembler des ob- 
jets de mfime sorte (voy. ce mot) . 

— D. assortment, disassortir. 
Assouplr , du L. assopire 

(meme sens), — D. assoupisse- 
went. 

AssowpHr, voy. souple. 

jfMOMttf if 9 voy. sourd. — D. 
assourdissement. 

Asmouvir, du L. assopire (cal- 



mer, apaiser). — Sur o latin de- 
venu ou, voy. affouage. — Sur p 
devenu u, voy. afoiMe. — D. as- 
souvissement. 

Asswjettiw, voy. sujet. — D. 
assujettissement. 

Assuuier, du L. assumere 
(m. s.\ 

yf««u»*c»*, au seizieme siecle 
asseurer, au douzieme assenrer, 
du L. assecurare (rendre sur). Sur 
la chute du c, asse(c)urare, voy. 
affouage. — D. assurance, ras- 
surer. 

Astdrlsque, du grec aarepia* 
xo; (petite etoile). 

Ailhme, du grec aaOfia (res- 
piration). — D. asthma (i que. 

Atticoter, voy. astiquer. 

A»tiqwe* 9 lisser le cuir a 
Taide d'un polissoir nomme astic. 
(L'origine d'astic est inconnuc). 
— Asticoter a ete tire d' astiquer, 
au sens metaphoriquede tourmen- 
ter, irriter. Les verbes frequenta- 
tifs de ce genre ne sont point ra- 
res en francais, lemom picoter de 
piquer, trembloierde trembler, etc. 

Astragal*, du L. astragalus 
(m. s). 

A *tre, du L. astrum (m 3.) 

/i#tfrei#t€ft*e, du L. aatringere 
(assujettir). — Astrtngere, regulie- 
rement contracie en astrtn're sui- 
vant la regie de Tdccent latin 
(voy. page lxxix), a donne astrein- 
dre par le changement de nr latin 
en ndr, changement etudie au 
mot absoudre. 

Astringent, du L. astringen- 
tem (qui resserre). 

Astrolabe, du grec &<jrpo>a- 
6ov, litteralement : instrument pro- 
pre a prendre (*ocfx6ava>) la posi- 
tion des astres. 

Astrologie , du grec .<x<rcpo« 
Xoyia (elude des astres). — D. as- 
trotogue. — a<rcpoXoyta n'a en 
grec aucun nens defavorable eta 



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ATE 



69 



ATT 



la mfime valeur que notre mot as- 
tronomie. 

Astronomic , du L. astrono- 
mia (m. s.; litteral. etude des 
mouvements des astres). — D. as- 
tronome, aslronomique. 

Astuce, du L. astxicia (ruse). 

— D. astucieux. 

Atelier, ancien fran$ais aste- 
lier (Bernard Palissy ecrit haste- 
lier), — du L. hastellarius *, lieu 
ou Ton fabrique les hastellat (pour 
hastulae plancheltes, dans Isidore 
de Seville). — Haste Ua * a donne 
l'ancien francos astrtle , plan- 
chette, qui est aujourd'hui attelle 
(lame de bois que les chirurgiens 
emploientnourmaintemrlesfractu- 
res. Vastetier lieu oil Ton fabriquait 
ces astelles, ces plancheltes, n'eut 
done a Forigine (jue le sens d'ate- 
lier de menuiserie, et il passa de la 
au sens d'atelier en general. Sur ces 
amplifications du sens, voy. page 
xxii. Quant auxchangementspnilo- 
logiques, le plus important est la 
chute de Yh latin (Ziastellarius) qui 
a disparu en francais, comme dans 
etique (/leclicus)* avoir {habere), 
on (Ziomo), orge (Ziordjum *), or 
(Ziora), oui (noc-illud), encore 
(hanc Jioram), ordure (horndus), 
dter (Ziaustare) ; cette chute, qui 
avait deja lieu dans le latin classi- 
que er, olus. era (vieux latin her, 
hohis, hera), est tres-frequente 
dans les inscriptions (oil Ton 
trouve ujus, ic, oc, eredes, ones- 
tus, omo pour : Ziujtis, /tic, hoc, 
fteredes, nonestus , Jiomo) , bien 

?[ue les Romams aspirassent pro- 
bndement Yh initial, a la facon 
de Yh anglais ou de Yh allemand. 

— Sur la chute de s (hastellarius), 
voy. abime; sur arius (hastella- 
rius) devenu ier en francais, voy. 
dnier. 

itermoyer, differer, reculer 
le terme (voy. ce mot). Atermoyer 



derive de terme, comme rudoyer 
de rude, nettoyer de nette, etc... 

— D. atermoiement . 

Athee, du grec £0eoc (qui n'a 
pas de Dieu). — D. athtisme. 

Athlete, du grec aOXTJxy)c (lut- 
teur). — D. athmique. 

Atlas, mot d'origine histori- 
que. Mercator donna le premier 
ce nom de geant a un recueil de 
cartes geographiques a cause de 
la grandeur du format. 

Atnio«phere , mot forge par 
les savants, du grec ax|i,oc (va- 
peur), et ejqxxTpa (sphere). — D. 
atmosphtrique . 

A tome, du grec axo^o; (qu*on 
ne peut diviser). 

Atonle, du grec ixovia (rela- 
chement). — D. atone. 

A tour, parure , derive de l'an- 
cien verbe atourner (parer). — 
Atour vient ft atourner comme 
tour de tourner, contour de con- 
tourner. Sur Petymologie d'atour- 
nen voy. tourner. 

Aire, ancien francais astre, au 
huitieme siecle astrum dans les 
Gloses de Reichenau avec le sens 
de carrdage. L'dlre designait pro- 
prement le bas d'une cheminee 
garni de carreaux, et par les for- 
mes astre, astrum, ce mot vient 
de l'ancien haut allemand astrih 
(dallage , plancher carrele). Les 
Gloses de Reichenau qui tradui- 
sent astrum par pavimentum (car- 
riage) confirment cette origine. 

Atroce, du L. atrocem (m. s.). 

— D. atrociU. 

Atrophic, du grec aTpo<pta 
(privation de nourriture , depSris- 
sement). — D. s'atrophier. 

Attubter, voy. table. 

Attache*, detacher , derivent 
d'un radical commun tacher, com- 
me attendre et de'tendre derivent 
de tendre, comme attirer et dtti- 
rer derivent de tirer. Ce radical a 



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ATT 



70 



ATT 



disparu, sans laisser de traces dans 
notre ancienne langue et son ori- 
gine est inconnue. — D. Attache- 
ment, attacker, r attacker r sous- 
tacher, detachement. 

Attaquew. J'ai expliqu6 ail- 
leurs (Grammaire historique de la 
langue francaise, page xlviii) , 
comment le dialecte de Tile de 
France se developpa au moyen 
age aux depens des dialectes voi- 
sins de la Normandie, de la Picar- 
die, etc., et finit meme par les 
supplanter: comment il recut ce- 
pendant plusieurs mots de ces 
memes dialectes; qui exi&tant deja 
en francais sous une forme fran- 
caise, firent alors double emploi, 
ou prirent une autre accep- 
tion. Tel est le cas du mot atta- 
quer qui n'est autre chose que le 
mot attacker, — comme cela est 
visible par \a.\ocut\on(s' attaquer d, 
qui est identique avec s' attacker 
a. D'ailleurs l'histoire de notre 
langue le prouve, ces deux mots 
etaient indiffe>emment employes 
Tun pour l'autre : tantdt atta- 
quer a le sens d'attacher, comme 
dans ce texte du quatorzieme sie- 
cle : elle attaque au ^mantel une 
riche escarboucle. (Baudoin de Se- 
bourc). 

Tant6t attacker signifie atta- 
quer, timer un combat ; ainsi dans 
ce passage d'une lettre de Calvin 
au regent dAngleterre : «A ce 
« que j'entends, Monseigneur , 
« vous avez deux especes de mu- 
« tins qui se sont eslevez contre le 
« roy et l'estat du royaume : les 
« uns sont gens fantastiques qui 
« soubs couleur de lTHvangile 
« vouldroient mettre tout en Gen- 
et fusion ; les autres sont gens obs- 
« tines aux superstitions de l'An- 
a techrist de Rome.Tous ensemble 
« meritent bien d'estre r6primes 
« par le glay ve qui vous es # t com- 



« mis, veu qu'ils s'attaschent non- 
« seulement au roy, mais a Dieu 
« qui l'a assis au siege royal, et 
« vous a commis la protection 
« tant de sa personn* que de sa 
« majeste, » (Lettrec je Calvin 
recueillies par M. Bonnet, II, 201). 

— Attaquer n'etant qu'une autre 
forme d'attacher , je renvoie 1* 
lecteur a ce dernier mot pour 1'6- 
tymologie. — D. attaque, inatta- 
quable. 

Attarder, voy. tard. 

Atteindre, du L. attingere 
(toucher). — Sur ingere devenu 
eindre, voy. astreindre. — D. 
atteinte , substantif participial 
(voy. absoute). 

Atteler, detelew proviennent 
d'un radical commun teler dont 
l'origine est inconnue — D. atte- 
lage. 

Attenant, du L attinentem 
(m. s.), voy. tenir. 

Attendee, du L. attendere 
(m. s.). Sur la chute de Tavant- 
dernier e latin, voy- accourir. — 
D. attente, substantif participial 
(voy. absoute) . 

Attend***, voy. tendre. — 
D. attendrissement. 

Attente, voy. attendre. 

Attenter, du L. attentate 
(m. s.). — D. attentat, attentatoire. 

Attentir, dxiL.attentitus (m.s.). 

Attention, du L. attentionem 
(attention). 

Atteuuer, du L. attenuare 
(diminuer) . — D. attenuation. 

Attcm»er 9 litt6ralementreni?er- 
ser par terre. Le sens etymologi- 
que est encore visible dans cette 
phrase de Bossuet : * Se ralentir 
apres Vavoir atterri, Jest lux 
faire reprendre ses forces. » 

Attemir, voy. terre. — D. 
atterrissage, atterrissement. 

Atte«ter, du L. attestari (m. s.). 

— D. attestation. 



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ATT 



71 



AUB 



Attteteme, du grec 4ttixkt- 
p.<K (maniere de parler propre aux 
habitants de PAttique). 

AtticAi*, voy. tiede. — D. at- 
tUdissement. 

Attifer, origine inconnue. 

Attirw, voy. tirer. — D. atli- 
rail. 

Attiser, voy. tison. 

t Attitude, venu au seizieme 
siecle de l'italien attitudine (m. s.). 

Attouchewnent, de at toucher, 
voy. toucher. 

Attraction, du L. attraction 
nem (m. s.) 

Attrait, du L. attractus (at- 

trait, action d'attirer dans Dictys i 

de Crete). — Ct latin est ici deve- | 

nu it par suite d'une assimilation 

incomplete; cf est d'abord devenu 

jt,et celui-ci s'est transformeen it, 

— et dans cette permutation Ft" 

francais represente le c latin : ce 

changement n'est point rare en 

francais 1° apres un a : fait (fa- 

ctus), distrait ( distractus ) , lait 

(lactem), laitue (lactuca) allaifer 

/allactare), laite (laches), tratfer 

(tractare, et tous ses composes). 

2° Apres un e : conf it (confectus) , 

depit (despectus), repit (respects), 

lie (tectum), litiere (lectaria) , pro- 

fit (profectum), pis (pectus), elite 

(elecfa), droit (directus), poitrail 

(pectoraclum*),endroit(indirectus), 

toil (tectum) , poitrine (pectorina) , 

voiture (vectura) . 3° Apres un i : 

etroit(strictus),exploi((explic 1 tum), 

detroit (districtum), Poitiers (Pi- 

ctavi). 4° Apres un o : cuit (coctus), 

nuit (noctem), huit (octo), biscuit 

(biscoctus), huitieme (octesimus). 

5° Apres un u .* fruit (fructus), truite 

(tructa*), conduit (conductus), re- 

duit (reductus), sedutt (seducfus), 

enduit (inductum).— I/orthographe 

faict, traict, etc.... est l'oeuvre 

grotesque et barbare des pedants 

du qumzieme siecle. Le francais 



du moyen age disait comme nous 
fait, trait, etc.... Voulant rappro- 
cher ces mots de leur original la- 
tin, les latinistes intercalerent 
un c et dire nt faict, traict. sans se 
douter que it representait deja le ct 
latin. 

Atttmper, de trappe, comme 
on l'a vu dans VIntroduction 
p. xxni.— Pour Fetymologie, voy. 
trappe. — D. aitrape , substanttf , 
verbal; rattraper. 

Attrlbuer, du L. attribuere 
(m. s.) — D. attribution, attributif. 

Attrlbut, du L. attributum 
(m. s.) 

Attrimtcr, voy. triste. 

AtitroMper, voy. troupe.— D. 
attroupement. 

Am, anciennement al, contrac- 
tion de d le (voy. le); aux, ancien- 
nement aus, plus anciennement 
als pour d les (voy. les). — Sur le 
changement de I en u dans ces 
mots, voy. agneau. 

Awbainc, droit de succession 
aux biens d'un aubain (etranger 
non naturalise). — L'origine du 
mot aubain est inconnue. 

1. Aube, anciennement albe, du 
L. alba (l'aube etant le premier 
blanchissement de l'horizon). Sur 
h=u, voy. agneau. — D. aubade 
venu au quinzieme siecle de Fes- 
pagnol albada (menie sens). 

2. Aube, palette de roue hy- 
draulique. Origine inconnue. 

3. Awbe, vetement de toile 
blanche, du L. alba (blanche). 

Aubepine, ancien francais aU 
bespine, du L. albaspina (aube- 
pine). — Sur I devenu u, voy. 
agneau; sur la chute de *, voy. 
epine. 

Auberge, anciennement al- 
berge, plus anciennement helberge, 
au onzieme siecle herberge dans 
la Chanson de Roland, avec le sens 
*de station militaire, — est un mot 



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AUC 



72 



AUM 



d'origine germanique comme la 
plupart des terraes de guerre, et 
vient de Pancienhaut allemand 
hefberga, heriberga (campement 
militaire). — II est cuneux que 
I'allemand moderne herberge qui 
en derive, signifie auberge, — par 
la m6me extension de sens qui a 
modifie la signification de notre 
mot francais. — D. aubergiste. 

Aubiefj du L. albarius* (de 
albus, blanc, a cause de la blan- 
cheur de l'aubier).— Sur arius de- 
venu ter, voy. dnier. 

Au hour , du L. alburnum (au- 
bier). Sur al latin devenu au, voy. 
agneau; sur u (alburnum) = ou, 
voy. accouder.Rn latin (alburnum) 
s : est reduit a r en francais, comme 
dans cor (cornu),enfer(infernum), 
cahier (quaternum), chair (car- 
nem), four (furnum), jour (djur- 
num*), hiver (hibermim) , tour 
(tornus*), ver (vermis). 

Aucun. Ce mot qui s'ecrivait 
au treizieme siecle alcun, et al- 
exin au douzieme , est un compose 
de alque comme chacun est un 
compost de chaque, et quelqiCun 
de quelque. — Aliquis donna un 
vieux francais alque : aliqui vene- 
runt, Alque vinrent , disait notre 
ancienne langue.— Alque est done 
Equivalent de quelque. et alqun 
(alqu'un)l'equivalent de quelqu'un. 
L'histoire et l'Stymologie & aucun 
montrent que ce mot a un sens es- 
sentiellement affirmatif : Avez-vous 
entendu aucun discours qui vous 
fit croire. Allez au bord de la.mer 
attendre les vaisseaux, et si vous 
en voyez aucuns, revenez me le 
dire. Phedre 6tait si succinct 
qu' aucuns Ten ont blame (la Fon- 
taine, Fables, VI, 1. — Aucun de- 
vient negatif quand il est accom- 
pagn4 de ne : J'en attendais trois, 
aucun ns vint. — Mais il ne faut, 
pas perdre de vue qu'en lui-meme 



et de sa nature aucun est positif 
et signifie quelqu'un. — Sur le 
changement de al(t)quis en alque 
par la chute de If latin, voy. p. lxxx. 

— Sur al devenu au, voy. agneau. 
Audace, du L. audacia (m. s.) 

— D. audacieux. 
Audience, du L. audientia 

(m. s.) — D. audiencier. 

Audlteur,du L. auditor (m. s.) 

Audltir, du L. auditivus (m. s ) 

Audition, du L. auditionem 
(m. s.) 

Auditolre, du L. auditorium 
(m. s.) 

Auge, du L. alveus (auge). — 
Sur at devenu au, voy. agneau; 
sur reus devenu ge, voy. alttger 
et abre'ger. 

Augment, du L. augmentum 
(m. s.) 

Augnienter,du L. augmentare 
(m. s.) — D. augmentation 

Augure,du L.augurium (m.s.) 

— D augurer. 

Auguite, du L. auguxtus[m. s.) 
Aujouwd*hui. Hui est le la- 
tin (iodic (auiourd'hui). — Sur le 
changement de odie en tit, voy. 
alouette et appuyer. — Le vieux 
francais est rest6 dans le terme de 
palais : d'/wt en un an. — Aujour- 
d'hui, que notre ancienne langue 
ecrivait plus correctement au jour 
d'hui est un pleonasme, puisqu'il 
signifie litteralement aujour dau~ 
jourdliui. 

Aumone, vieux francais au- 
mosne, au onzieme siecle almosne, 

— dans le latin du neuvieme siecle 
almosna, elmosna. du latin elee- 
mosyna (aumdne. dans Tertullien). 

— Sur ia chute ae Yy latin par la 
regie de l'accent latin, voy. affable, 

— Sur la disparition de ee, voy , 
aider. — Sur el devenu au, voy. 
agneau.— Sur la chute de Vs, voy. 
abime.— D. aumtinier, aumdne" 
rie, aumdni&re. 



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AUR 



73 



AUT 



ylutMti#fe, origine inconnue. 

1. iiiitte, arbre, du L. alnus 
(aune). — Sur al devenu au. voy. 
agrieau. 

2. iftme, mesurede longueur, 
ancien-francais alne, du bas latin 
alena qui vient lui-mfcme du go- 
thique aleina (aune). — Sur al de- 
venu at* voy. agneau.~ D. auner. 
aunage. 

Awpawmtmnt. de au et de pa~ 
ravant. L'article au ne fut ajoute 
a cette locution que vers le quin- 
zieme siecle. Le vleux- franca is 
empjoyait par-avant : * Jene t?"ou- 
lus point itre t ng rat, ditFroissard, 
quand je consid&rai la bonti qu'il 
me morura par-avant, » 

A**pr>hm, voy. pres. 

Aureole, du L. aureola (soil. 
corona, couronne d'or).. 

Aurlculalre. du L. aurtcula- 
riuf (m. s.) 

lMronc,du L. abrotnnum (au- 
rone) : abro^ojnum regulierement 
contracte en aordVnum suivant la 
loi de l'accent latin (voy. au mot 
ancre), reduisit tn (abroe'num). a 
n (aurone), comme dans plane 
(plal'nus), rene (refna) — Quant 
au changement de br en ur t '\\ s'cst 
ope re aiosi : b latin s'est d'abord 
aaouci en v : avrotonum ; celui-ci 
s'est vocalise, et est devenu u, vo- 
calisation qui esttres-frequente en 
latin (nauta pour nat?'ta; naufra- 
gium pour nav'fragium; aucellus 
pour av'cellus, etc,...)— On trouve 
meme en latin des exemples dans 
lesquels Vu provient comme en 
francais d'un b par Tintermediaire 
de v : ainsi aWero a donne aufero, 
en passant par avfero; a&fugio a 
donne avfugio puis aufugio. Enfin 
le latin vulgaire connait la forme 
gautapbur ga&'ta(ga&ata).Ce cban- 
gement de b en u se retrouve dans 
parole , tdle, forge, pure'e, mots 
qui ont perdu leur physionomie 



etymologique dans la langue mo~ 
derne, mais que le vieux francais 
ecrivait paraule (parao'la), taule 
(ta&'la), faurge (fa&r'ca), peuree 
(peuree-pip'rata). Cet adoucisse- 
ment se poursuivit rn^rne en fran- 
cais : aurai, saurai sont en vieux- 
francais avrai, sacrai pour aterai 
(habere) saterai (sapere), comme 
uous l'avons demontre ailleurs 
(Grammaire Hutonque de la lan- 
gue francaise, p. 226.) 

Aurore, du L. Aurora (m. s.) 

Ausculter, du L. auscuitare 
(6couter). — D. ascultation. 

Auspice, du L. auspicium 
(m. s.) 

Aummi, ancien francais alsi, 
du L. aliud sic, aliud ayant donne 
regulierement al dans noire vieille 
langue (qui se retrouve encore 
dans autant, voy. ce mot). — Sur 
tic devenu ft, voy. si. — Sur al de- 
venu au, voy. agneau. 

Au**U6t, voy. aussi et tfa. 

Austere, du L. austerus (ri> 
gide). — D austerity 

Austral, du L. australis (me- 
ridional). 

t Autan, venu du provengal 
aulan (le vent du midi). Ceroot, 
qui a Torigine est altan, vient du 
L. altanus (le vent du S. 0. dans 
Vitruve) . 

Autant, ancien francais al- 
tant, du L. aliud tantum. Sur 
aliud devenu al puis au, voy. 
aussi. 

| Autet, ancien francais alt el, au 
onzieme siecle alter dans la Chan- 
son de Koland, du L. altare (au- 
tel) ; — Sur al devenu au voy. 
agneau.— Sur a (altare) devenu e, 
voy. acheter. — Quant au change- 
ment de r (altare) en I (autel), il 
se retrouve dans :cribie (cribrum), 
pelerin (peregrinus), flairer (fra- 
grare), paiefroi (parafredus), ecba- 
tas (ex-caratium). 

o 



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AUT 



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AVA 



Auteur, du L. autorem qui 
existe en latin & cdte d'auctorem. 

Autheutlque, du L. authenti- 
cus (dont l'autorite n'est pas dou- 
teuse). — D. 'authenticity. 

Autochthone, du grec ivrro- 
yOtov (qui -est de la terre m§me). 
" Autoerate, du grec avxoxpa- 
tyjc (qui a la force par soi-meme). 

f Auto-da-fe, mot venudu por- 
tugais auto-da-fe" (execution des 
iugements rendus par requisi- 
tion : litteralement acte de foi). 

Autographe, du grec auxo- 
Ypoupo? (ecrit de 'la main meme de 
l'auteur). 

Automate, du grec aOToua-coc 
(de son propre mouvement). — D. 
automatique. 

Automne, du L. autumnus. 

Autonome, du grec aux6vo- 
^ (qui vit suivant ses propres 
lois. — D. autonomic 

Autopsle , du grec auxoij/ta 
(action de voir soi-meme). 

Autorlser, du bas latin auc- 
torizare * (meme sens). 

Autorlte, du L. auctoritatem 
(m. s.). 

Autour, voy. tour. 

Autour, espece de milan, en 
provencal austor, en italien as- 
tore } dans la basse latinite asto- 
rius, du L. asturius * (de astur 
qui est au quatrieme siecle, avec 
le sens tfautour dans Firmicus 
Maternus). 

Autre, anciennement altre, du 
L. alter (autre). Sur la chute de 
e latin, voy. page lxxx. — Autrui 
est le complement de autre, comme 
cettui Test de cet (voy. Gram- 
maire Historique de la langue 
francaise. page clxxxi. Par suite 
autrui n'avait point d'article dans 
notre ancienne langue : on disait 
Vautrui cheval, ou le cheval autrui 
(alterius equus), pour : le cheval 
d'un autre. 



Autvuche , ancien francais 
autruce, etaustruee, du L. avis- 
struthio (litteral. oiseau autruche. 

— On trouve deja strucio pour 
struthio dans la moyenne latinite). 

— Avis-strucio s'est contracte en 
atfkrucio, et le v est devenu u 
dMStruciOy comme dans ncmfra- 

| gium qui vient de natn'fragium, 
par rintermecliaire nav'fragium , 
comme dans nauta qui vient de 
navita par lMntermediaire nav'ta. 

| Je renvoie le lecteur au mot au- . 
rone ou cette permutation de av 
latin en au est etudiee. — Sur la 

I chute de s dans austrucio, voy. 

I abtme. L'espagnol qui dit avestrux 
pour autruche, confirme la deri- 
vation d'avis-struthio. 
Awvent, origine inconnue. 
Auxlllalre, du L. auxiliaris 
(qui aide) . 

Aval, du L. ad-vallem (en sui- 
vant la vallee, en descendant le 
fleuve) : l'oppos6 est amont (ad- 
montem, c'est-a-dire en se diri- 
geant vers la montagne, en re- 
montant le cours. du fleuve). Le 
verbe avaler (litteralement aller 
aval) signifiait descendre a rorigi- 
ne de notre langue : ce n'est que 
tarcjivement qu'il se restreignit au 
sens de faire descendre les ali- 
ments. (Sur ces restrictions de 
sens. voy. p. xxi). Quelques tra- 
ces au sens orginaire ont persists 
dans le francais moderne ; on dit 
encore que les bateaux avalent 
le fleuve et le mot avalanche est 
proprement une masse de neige 
qui descend , qui avale la monta- 
gne. Dv latin (adtallem) s'est ici 
reduit a v comme dans arertir 
(advertere ) , at?enir ( advenire ) , 
auent (adventum), auoue (adroca- 
tus), at)6rer (adverare). 

f Avalanche 9 mot originaire 
des patois de la Suisse romande. 
Voy. son eryroologie au mot aval. 



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AVA 



75 



AVA 



if valet*, voy. aval. 

if vaatcef , venir en avant ; 
voy. avant. — D. avance (subs- 
tantif verbal), avancement. 

f Avanie. Ce mot est un curieux 
exemple de ces vicissitudes de 
sens dont nous avons parte dans 
V Introduction , p. xxi. Avanie qui 
n'est aulre chose que le grec vul- 
gaire a&xvta ( affront) , le turc 
avan (vexation), signifiait a Tori- 
gine les vexations que les Turcs 
exerc,aient contre les marchands 
Chretiens pour leur extorquer de 
l'argent. Apporte d'Orient par les 
voyageurs, le mot avanie ne tarda 

Somt a passer de son sens special 
e vexation contre les Chretiens, 
au sens general qu'il possede au- 
jourd'hui. 

A txiat*, du L. abante (devant), 
forme que. Ton rencontre dans un 
certain nombre (^'inscriptions ro- 
maines de l'empire, par exemple 
dans cette epitaphe : « Fundi hu- 
jus domxnus infans hie jacet simi- 
lis Deo ; hunc abante oculis pa- 
rentis rapuerunt nymphaeo in 
gurgite.... » Abante etait certai- 
nement une forme du latin vul- 
gaire, coftrespondant a ante* qui 
etait la forme du latin classique. 

— Nous avons conserve un temoi- 
gnage curieux sur ce point : le 
peuple disait ab-aitie , au lieu 
d'ante, et un vieux grammairien 
romain blame vivement cette for- 
me, et engage ses lecteurs a l'e- 
viter : « Ante me fugit dicimus, 
« non Ab-anteme fugit; namprae- 
« positio praepositioni adjungitur 
t imprudenter t quia ante et ab 
« sunt duae praepositiones. » Glo- 
ses de Placidus dans Mai, 111 1 431. 

— B latin (abante) est devenu v 
(avant). Get adoucissement avait 
deja lieu en latin : on trouve dans 
les plus vieux monuments : incom- 
parainlis (incomparabilis), acercus 



| (acerbus), devitum (debitum); dans 
• les textes du sixieme siecle : deli* 
I verationem pour deliberationem , 
! etc... . Get adoucissement a lieu en 
francais dans ; atx>ir (habere), 
aveindre (abemere), checal (ca- 
ballus), courerfcubare), devoir (de- 
bere), niveau (libeUum), prouter 
(probare) , souvent (subinde) , 
aveugle faboclus *), arorter (abor. 
tare), ecnetrin (scabinus*), ecri- 
t?ain (scribanus, *) endire (entyba), 
fere (faba), gouverner (guber- 
Dare), go ur em ail (gubernaclum), 
1 guimaure (ancien franc, vimauve 
! de bismalva *), hirer (hibernum), 
I itxrire (ebureus), preuue (proba), 
provende (praebenda), tarerne (ta- 
berna), entraver (intrabare *), tra- 
inee (trabata *) , travail ^traba- 
clum *), y (anciennement it?, de 
ibi) j — chancre (cann'bis), ivre 
(ebnus), litre (librum), liwre (li- 
bra) , abreuver (vieux francais 
abeuvrer, adbibrare *), cerreau 
(cerebellum), cervelle (cer'bella), 
couleuvre (colubra) , fevre (fa- 
brum), fevrier (februarius), fievre 
/febrim), ivraie (ebriaca), leure 
(labrum), livrer (liberare), mauris- 
que (mal'risca), merveille (mir'bi- 
lia), morve (morbus *), orfevre (au- 
rifabrum ) , rouvre ( rob'rem ) , 
trouver (turbare), verveine (ver- 
bena). — D. avantage ( ce qui 
nous prOfite, ce qui nous serf , ce 
qui nous avance, ce qui nous met 
en avant). 

Avantage, voy. avant. — D. 
avantager, desavantager , avanta- 
geux, dtsarantagevx. 

Avare, du L. avarus (m. s.). 
— D. avarice. 

Avdrie, au sens de droit d'entre- 
tien d'un port pour chaque vais- 
seau qui y mouille. Avarie, dans 
la basse latinite havaria, haveria, 
correspond au hollandais havery 
(m£me sens). 



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AVE 



76 



AVI 



Avec, anciennement aveuc, a 

I'ongine avoc , d'un type latin bar- 
bare abhoc, aboc qui est la trans- 1 
formation de l'expression apud 
hoc (litteralement avec cela, apud \ 
ayant pris le sens de cum dans 
plusieurs textes merovmgiens et 
carlovingiens). — Apud perdit de | 
bonne heure led (com me le prouve j 
la forme apue qu'on trouve pour 
apud dans une inscription de ' 
PEmpire) et se reduisit par cette ! 
chute au radical ap, qui devint ab \ 
par la permutation reguliere du p 
en b (voy. abeilk). On trouve ab 
pour apud, dans une Charte de 
Louis le Pieux (de l'annee 814) : 
« Ab his cellulis » Cet ab passa ! 
en frangais au sens d'avec : dans 
le plus aocien monument de la 
langue, les Serments de Stras- 
bourg, on lit: ab Ludher nul 
plaid numquam prindrai (avec 
Lothaire je ne ferai aucun accord). 
— Hoc perdit en fran§ais son h ini- 
tial (com me on l'a vu au mot ate- 
lier), et le compost ab-oc % chan- 
geant b en v (suivant la regie 
exposee au mot avant) devint avoc 
que Ton trouve dans les textes 
Irancais du onzieme siecle, Vo de 
avoc se diphthongua en eu ( con- 
formement a la regie donnee au 
mot accueiUir) et avoc se transfor- 
ma en aveuc, qui vers le quator- 
zieme siecle ceda la place a la 
forme actuelle avec. 

Aveiine, du L. avellina (noi- 
sette). 

Avenir , du L. ddvenire (arri- 
-ver). — Sur dv devenu v, voy, 
oral.— Avenir est archalque ; le 
Uix-septieme siecle Pemployait en- 
core : Ce que les prophetes ont 
dit devoir avenir dans la suite des 
temps. { Pascal). — D. avenir 
substantif; c'est l'infinitif pris 
substantivement : avenue (subs- 
tantif participial) ; aventure (par 



l'intermediaire de adventurus, lit 
t£ralement . ce qui doit arriverj. 

Avent, du L. adventus (arrivee : 
l*av6nement de J. C). 

Aventure, voy. avenir. — D. 
arenturer, aventureux t aventurier 9 
aventuriere. 

Avenue, voy. avenir. 

Averer, duL. adverare * (cer- 
tifier, de verusj vrai). — Surcfo 
= v, voy. aval. 

Aver*e, voy. verser. 

Aversion, du L. aversionem 
(repulsion). 

Avertiv , du L. advertere (m. 
s.). — • D. averlissement. • 

Ave**, voy. avoucr. 

Avengle, du L.abocufaf* (prive 
d'yeux), est compos6 de oculus (ceil) 
et de ab qui marque la privation, 
comme amenstou, prive de ratson, 
est compose de mens (raison) et de 
ab. — Ce mot doit remonter assez 
haut dans le latin vulgaire, puis- 
qu'on trouve dans Petrone (pre- 
mier siecle), l'expression aboculo 
librumlegere (lire a Vaveugle, lire 
es yeux fennel, clausis oculis. — 
Aboculus regulierement contract* 
en aboclus (voy. p. lxxx), — 
Ion trouve deja oclus pour oculus 
dans V Appendix ad Probum\, — 
donna en francais aveugle. Sur le 
b (aboclus) devenu v. voy. avant. 
— Sur o latin devenu eu (aveugle). 
voy. accueiUir. — Sur cl (aboctus) 
= gl (aveugrte), voy. aigle. — D. 
aveugler, aveuglement. 

ATlde, du L. avidus (m. s.).— 
D. avidite". 

if vilify voy. t)tl. — D. avilis- 
sement 
Aviner, voy. vin. 
Avi**on, instrument qui sert it 
tourner, a virer (voy. ce mot). 

Avis, de d et de vis qui vient 
de visum (ce qui est vu juge), et 
qui dans notre ancienne langue 
avait le sens d'opinion, de maniere 



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AVO 



77 



>ZY 



de Toir ; l'ex press ion du moyen 
&ge etait : il nCest a vis (mon opi- 
nion est cfue....) — A el vis se 
sont soudes par la suite, et l'ex 
pression du moyen age est deve- 
nue il nCest avis . — D. aviser, ra- 
vtser, malaviser. 

AvUaiUcr , approvisionner , 
munir de vitaille (ce mot qui dans 
not re ancienne langue veut dire 
provisions, vient du L. victualia 
qui a le me'me sens ; sur cl deve- 
nu /, voy. affile. Sur la disparition 
de u, voy. coudre. D'ailleurs on 
trouve deja vilalxa pour victualia 
dans les chartes carlovingiennes. 

— D. ravitailler. 

if rivet*, voy. vif. — D. raviver. 

A. vocal, du L. advocatas (de- 
fenseur) — D. avocassene. 

Avoine, du L. avena (avoine). 
Sur e = oi, voy. accroire. 

Avoir, du L. habere (avoir;. 
Sur la chute de Vh latin, voy. ate- 
lier. — Sur b = v, voy. avant. 

— Sur e latin devenu oi, voy. ac- 
croire. 

Avoiminet*, voy. roirin. 

Avorter, du L. abortare (avor- 
ter, dans Varron). — Sur b deve- 
nu v voy. avant. — D. avortc- 
ment, avorton. 

ifvoue, du L. advocatus (de- 
fenseur, conseil). — Sur la chute 
du c, adt;o(c)atu*, voy. aft'ouage. 

— Sur dr devenu r, voy. ata/. — 
Sur o devenu on, voy. affouage. 

— Sur a*u* devenu if, voy. am- 
poule. 

Avouer* compose de vouer 
(voy. ce moi). L'histoire de c'e mot 
offre un exemple cuneux de ces 
deplacements de sens, dont nous 
avons parie dans V Introduction, 



un terme de droit feodal : Avouer j 
un seigneur, c'est le reconnaltre 
pour son supe>ieur, c'est se vouer\ 
d lui : c'est lui jurer obeissance, 
c'est approuver tous ses actes. Del 
la le second sens oV avouer t qui est 
approuver : Je t'avouerai de tout A 
dit Racine dans Phcdre. Corneille : 
Et sans doute son cceur vous en 
avouera bien. Paul-Louis Courier 
I'emploie encore dans ce sens : 
Parle, fcris, je t'avouerai de tout , 
dit-il dans une de ses lettres. — 
Du sens d'approuver, avouer a 
pris celui de rati tier, puis de re- 
connaltre comme sien (avouer une 
lettre). puis enfin de reconnaltre 
en general, de confesser. — D. 
aveu (subsiantif verbal V, disavouer 
dont le substantif vernal est de"s- 
aveu. 

Avvli, du L. aprilis (avril). Sur 
p devenu r, voy. arriver. 

Aie, du L. axis (m. s.) 

Axlome, du grec d£iu>u.a (pro- 
position). 

. Aionge, du L. axungia (graisse 
de pore, dans Pline.) 

Azote, forge du grec a (priv6 
de),ct r # ww (vivre), impropre a en- 
tretenir la vie. 

f Acnr, verre bleui par 1'oxyde 
de cobalt. Ce mot quon trouve 
en franca is de.s le onzicme siecle, 
est d'origine orientate. C'est une 
corruption du bas latin lazurrum , 
lazur, qui est le persan Idzur 
(c'est la pierre que nous appelons 
aujourd'hui lapis lazuli). — D. 
azure. 

Azyme, du grec &X,m\l^ (sans 
levain), par le latin azymus qui 
est dans saint Jerome. 



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BAG 



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BAG 



B 



BabiUev, onomatopee (voyez 
V Introduction, p . lxv) .— D. babil- 
lard,babillage y oabil (subst. verb.). 

Babinc, origine inconnue. 

f Bablole, venu au seizieme 
siecle del'Ital. babbole(m$meseas). 

f Babord, venu de Tall, back- 
bord (bord de derriere). 

f Babouche, de l'arabe baboudj 
(pantoufle). 

Babowitu origine inconnue. 

Bac, du neerl. bah (bateau). Du 
primitif , est venu le diminutif ba- 
chot (petit bac), qui a le sens de 
petit bateau. — Bac a aussi en 
francais le sens d'auge, de bassin. 
Ainsi les brasseurs appellent bac le 
vase de bois dans lequel ils prepa- 
rent le houblon. Dans ce sens, le 
mot bac a donne un autre diminu- 
tif, baquet (sur les diminutifs en 
et, voy. ablette). 

Bacealaureat, voy. bachelier. 

Bacchanalea, du L. baccha- 
nalia (f&tesde Bacchus). 

Bacchante, du L. bacchantem 
(pr&resse de Bacchus). 

Bdche, origine inconnue. 

Bachelier , en provencal bac- 
calar, en italien baccalare ] du L. 
merovingien baccalarius* (pro- 
prietaire d'une baccalaria, d'une 
m6tairie). Baccalaria* qu'on doit 
rapprocher de baccalator, gardeur 
de vaches dans les textes du neu- 
vieme siecle, derive de bacca, va- 
che, forme que Ton trouve pour 
vacca dans la basse latinite). 

Ce mot a traverse, pour arriver 
jusqu'a nous, une suite de sens 
qu'il est interessantdereproduire : 



le bachelier. proprietaire d'une 
baccalaria, (run bien rural, est au- 
dessus du serf, tout en restant un 
vassal d'ordre inferieur : ce mot 
prend ensuite le sens, en droit feo- 
dal, de vassal qui marche sous la 
banniere d'autrui; puis de gentil- 
homme trop jeune pour lever ban- 
niere, qui sert sous la conduite 
d'un autre seigneur; puis dans la 
kngue de Tancienne Universite, de 
jeune homme qui etudie sous un 
maitre pour acquerir la dignity in- 
ferieure a celled e docteur ; enin de 
gradue d'une Faculty. 

Sur le suffixe arius devenu ier, 
voy. dnier. Sur cc latin devenu ch y 
voy.acheter. Quant auchangement 
de vacca en bacca, on retrouve ce 
changement de v en b dans plu- 
sieurs textes de la latinite : Ber- 
becem pour vert?ecem est dans 
R6trone. On trouve dans les inscrip- 
tions besica, pour vesica; Y Appen- 
dix ad Prob. signale albeus pour 
alveus comme une prononciation 
vulgaire : on trouve silbam, prt- 
bati, conserbandis, dans certaines 
Chartes du sixieme siecle, pour 
silvam, privati, conservandis. Ce 
changement de v en b a lieu en 
francais dans breb\$ (»ert?ecem), 
berger (vervecarius), cor&eau (cor- 
vellus), course (curtms), courber 
(curvare, era&ler (inuolare). 

Ajoutonsqueverslafin dumoyen 
age, bachelier, au sens de gradue 
d'une faculte, a ete latinis6 en bac 
calaureus par les clercs de l'Uni- 
versite, qui donnerent alors pour 
('•tvnicl.^ie a ce mot ainsi forg6 



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BAG 



79 



BAI 



bacca lauri (baie de laurier), par 
allusion aux lauriers d'Apollon. 

— Apres avoir invents baccalau- 
reus, ils en tirerent baccalaureatus, 
que nous avons francise en bacca- 
laureat. II est inutile d'ajouter que 
toutes ces etymologies n'ont aucun 
fondement. 

Bachlque, du L. bacchicus 
(qui a rapport a Bacchus). 

Baehoty voy. bac. — D. 5o- 
choteur. 

Baric**. Le sens originaire est 
fermer une porte avec une barre 
de bois (baculu$,d'o\i baculare qui 
a donne bdcler par la chute regu- 
liere de u, voy. au mot accointer). 

— Le sens primitif de fermer a 
persiste dans quelques expressions 
techniques (bdcler un port, le fer- 
mer avec deschaines; bdcler une ri- 
viere, etc.) — D. de'bdcler, dibdcle. 

t Badauil, mot venu vers le 
seizieme siecle du provencal bo- 
dau (niais), qui se rattache au la- 
tin badare (voy. au mot bayer.) 

Badlgeow^ origine inconnue. 

— D. badigeonner, -age. 

f Badln, venu du provencal 
badin fm&me sens), qui se ratta- 
che au latin badare (voy. au mot 
bayer). — D. badinerj -age, -erie. 

Badine, origine inconnue. 

Ba potter, derive du vieux fran- 
cais buffer, beffer (moquer), qui 
est d'origine germanique et vient 
du neerlandais beflen (m&ne sens). 

Bafre, origine inconnue. — 
D. bdfrer^ -eur. 

Bagagc, derive de bague, qui 
signifiait anciennement paquets, 
fardeaux (ce mot est reste dans la 
locution : Sortir d'un danger vie 
et bagues sauves). — Bague, qui 
est dans le bas latin baga, vient 
du celtique (gael. bag., paquet). 

Bagarre, origine inconnue. 

f Bagatelle, venu au seizieme 
de Pitalien bagatella (m. s .). 



f Bagae, venuau seizieme sie- 
cle de l'italien bagno (m. s.). 

Bague, du L. bacca (quia pris 
le sens d'anneau, dans les premiers 
temps du moyenage). Sur le chan- 
gement de cc latin en g, voy. ad- 
juger. 

T Baguette, venu au seizieme 
siecle de l'italien bacchetta (m.s.). 

t Bahat, — du moyen haut 
allemand behut (endroit oil I'on 
conserve des provisions). 

JBttt, du L. badius (bai, cha- 
tain, dans Varron). Sur la chute 
du d, voy. alouette et appuyer. 

1. Bate, du L. baia (baie, dans 
Isidore de Seville : hunc portum, 
dit-il . veteres vocabant baias). — 

2. Bale, du L. baca (baie). Sur 
la chute due latin, voy. ami. 

Baigtmer, du L. balneare (bai- 
ffner). — I latin disparatt, comme 
dans able de a/bla * (voy. ce mot) : 
et baneare a donn6 baigner par le 
changement de ne latin en gn 
(voy. cigogne), et par celui de a 
en at (voy. aigle, et Y Introduction 
p. lxxxiii). — D. bain (substantif 
verbal, voy. aboi), baigneur, bai- 
gnoire. 

Bail, cont rat par lequel on don- 
ne a loyer, substantif verbal de 
bailler, donner en puissance; ce 
verbe qui a encore aujourd'hui le 
sens de donner (il lui bailla cent 
| coups), avait dans notre ancienne 
langue, sous la forme baillir, le 
I sens de tenir, de garder, d'odmt- 
nistrer ; d'ou les derives : bailli, 
' baiUiage. — Quant a bailler, il 
| vient du latin bajulare (porter, 
' garder, veiller d). Sur la chute de 
I'm, baj(u)lare, et sur le change- 
ment de baj'lare, en baFlare, puis 
bailler, voy. aider, 
i Bditler, ancien francais baaiU 
1 ler, en provencal badailtar, en Ca- 
talan badaUar, du L. badaculare* 
(diminutif du L. badare, bailler,). 



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BAL 



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BAL 



— Sur la chute de YU latin, et la 
contraction reguliere, en badac'- 
lare, voy. accointer; sur cl latin 
devenuu, voy. abeitle; sur la chute 
du d latin baOfyac'lare, qui a .pro- 
duct le vieux irancais baailler, voy. 
accabler. — D. bdillement; entre- 
bdiller. 

Baffler, voy. bail. 

Bat Hi, baitliage, voy. oat J. 

Half Ion, du L. oacu/onem (petit 
baton , derive de baculus, baton). 
Sur la chute de VU latin, bac'lonem, 
voy. accointer. Sur cl, devenu il, 
voy. abeiUe. — D. bdillonner. 

Bain, voy. baigner. 

Balonnette, arme ainsi nom- 
inee de la ville de Bayonne ou elle 
fut invents. 

Bairncr, du L. basiarn fm^me 
sens).— Sur la transposition de Ft 
latin, voy. p. lxxxix. 

Baisner, voy. bas. — D. baisse, 
baissier, abaisser, rabaisser, ra- 
bais, surbai8ser. 

Bal, subst. verbal du vieux- 
' francais bailer , danser, qui vient 
duL^oaWare (meme sens). — D. bal- 
let. — Ballade est venu vers le 
quatorzieme siecle du provencal 
ballada (meme sens); — baladin 
derive egalement du provencal ba- 
ladin , qui se rattache au'verbe 
balar, danser. 

f Baladin , voy. bal. 

Baiafwe^ origine inconnue. 

Baiaii, en vieux francais fca- 
lain, du celtique (breton'oafaen, 
balai). — D. balayer. 

f Balala (rubis), en it. balas- 
cio, dans la basse latinite balascius , 
venu de l'Orient comrae beaucoup 
d'autres termes de joaillerie, et 
derive de l'arabe balchash (espece 
de rubis). 

Balance, du L. bilancem (ba- 
lance). — Ce changement de t 
latin atone en a , existe dans le 
latin vulgaire Con trouve calandrus 



pour cylindrus dans Scbuchardt, 
et sal vatic us pour stlvaticus dans 
les Gloses de Cassel). II a lieu en 
francais dans : calandre (cylin- 
drus), paresse (ptgritia), sauvage 
(silvaticus), chocun(qutsque unus), 
aronde (htrundo). Quant aux mots 
sanglot (singultus), sanglier (stn- 
gularis ) , ondouille ( tnductilis ) , 
tanche (tinea), dimanche (dies- 
domt'nica), langue (lingua), sangle 
(ctngulum), sans (sine), quarante 
(quadragtnta), cinquante (quin- 
quaginta), soixante (sexagtnta), 
voy. andouille. — D. balancer, 
balancoire, balancier. 

Baiauate, du L. balaustium 
(grenadier). 

Bctfctyer, voy. balai. — D. 
balayeur. 

Balbutler, du L. balbutire 
(begayer). 

f Baleon, venu au seizieme 
siecle de l'iialien balcone (memo . 
sens) . 

f Baldaquin, venu au seizieme 
siecle de i'ltal. baldacchino (meme 
sens). 

Baleine, du L. balaena (m. 
s.). — D. baleineau, -ier. 

Balimc, origine inconnue. — 
D. baliser. 

Baffofer, origine inconnue. 

Ballste, du L. ballista (meme 
sens). 

Baffvertte, origine inconnue. 

| Ballade, voy. bal. 

1. Bctffe, boule, duvieilhaut 
allemand balla (m£me sens). — D. 
ballon, ballot, dtballer, emballer, 

2. Baffe d'avoine, origine in- 
connue. 

Ballet, voy. bal. 

Ballon, voy. balle, 1. — D. 
ballonnt. 

Ballot , voy. baUe, 1. — D. 
ballotter , primitivement voter a 
l'aide de ballottes (diminutif de 
balle), petites boules servant a to* 



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BAN 



81 



BAN 



ter; encore avec ce sens dans 
Montaigne : Le peuple, dit-il, 
n'eut pas le eoeur de prendre les 
ballottes en main. D'oii : ballot- 
tage. 

| Balaurd, venu au seizieme 
siecle de Tit. balordo (m6me sens). 
— D. balourdise. 

Batoamtne, du L. balsaminus 
(m. s.). 

Balaaailqae, du L. baUamicus 
(de batsamum, baume). 

| Baluttre, venu au seizieme 
siecle de Pital. balaustro (meme 
sens). — D. balustrade, qui cor- 
respond a l'italien balustrata. 

| Balsan, venu au seizieme 
siecle de Pital. balxano (cbeval 
noir ou bai, marqug de blanc). 

f BtnUii venu au seizieme 
siecle de I'italien bambino (petit 
garcon). 

f Bambache ( marionnette ) , 
de I'italien bamboceio (poupee). 

f BAnboi^ mot hindou, rap- 
ports de PInde par les voyageurs. 

Itoat, proclamation, ordonnan- 
ce, mot d'origine germanique (haut 
allemand bannan, ordonner, pu- 
blier, rendre un arret, une sen- 
tence). En terme de droit feodal, le 
{'our & ban, ou four banal est ce- 
ui auquel tous les vassauz doivent 
cuire leur pain, par ordre, par 
ban du seigneur; il y avait de 
meine des moulins banaux, des 
puits banaux, c'est-a-dire des 
moulins, des puits auxquels tous 
les Habitants soumis a la juridic- 
tion, au ban seigneurial, etaient 
tenus de se rendre: de la Porigine 
du mot banal, signifiant d'abord 
ce qui est employe par tous, — 
puis par une transition naturelle, 
ce qui est commun, ce qui est vul- 

fiire ou sans originality. — Quant 
Pexpression rompreson ban, elle 
signifielitteralement: transgresser 
la defense, le ban qui nous est 



impose. Ban a pris, dans certains 
c£s, le sens special de sentence 
de bannissement, et dans la locu- 
tion mettreau ban, le sens mfime 
de bannissement, d'ou bannir, et 
bannissement; le verbe bannir 
avait dans notre ancienne langue 
un compose forbannir (for, c'est- 
a-dire hors, et bannir), dont nous 
avons conserve le souvenir dans 
le met forban. (Voy. ce mot.) 

A«maf , voy. ban. — D. oana- 
liti. 

f Baaane, mot apporte des Indes 
par les voyageurs. — D. bananier. 

Banc, du vieil haut allemand 
banc (meme sens). — D. banquet 
(e'est ainsi qu'en allemand tafel 
possede a la fois le sens de table 
et celui de festin); banquette. 

Aaatcaf, mot d'origine incon- 
nue. 

1. Bande, piece d'etoffe, du 
vieil haut allemand band. (m. s.). 
— D. bandeau (anciennementoan- 
del, d'oii bandelette), bander, ban- 
dage, bandagiste. 

2. Batdc, troupe, del'allemand 
bande (troupe). 

■(■ Banderole, venu au seizieme 
siecle, de Pital. banderuola (meme 
sens). 

t Bandlere, venu au seizieme 
siecle, de Pital. bandiera (m6me 



f Bandit, venu au seizieme 
siecle de Pital. bandito (meme 
sens). 

■f Bandanllere, venu au sei- 
zieme siecle de Pital. bandoliera 
(meme sens). 

Ba»*Ueue, dans le latin des 
coutumes banleuca,deleuca(\ieue), 
et de ban. Leuca avait, com me on 
sait, dans le latin du moyen age, 
non-seulement le sens propre de 
Ueue, mais celui de terrain d'une 
Vendue incjeterminee : on trouve 
leuca avec cette signification dans 



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BAR 



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BAR 



les Capitulaires de Charles le 
Chauve, et c'est aussi celle qu'il 

SDssede dans notre mot banlieue. 
anlieue , proprement itendue 
Seuca) du ban, est le territoire 
ans les limites duquel un ban est 
valable, a force de loi (voy. pour 
Petymologie au mot ban, et au 
mot lieue) ; de la, territoire sou- 
mis a la mfime juridiction. 

Banne, du L. benna (chariot 
en osier, que Festus designe 
comme un mot d'origine gaaloise). 

Banniet^, dimmutif d'un ra- 
dical ban*,, qui vient du bas latin 
bandum (drapeau) , derive lui- 
meme^ de Vallemand band. — D. 
banneret. 

Bating voy. ban. 

f Banque, venu au seizieme 
siecle de l'ital. banca (banque). — 
D. banquier. 

t Banqueraute, venu au sei- 
zieme siecle de l'ital. bancarotta 
(m£me sens). — D. banqueroutier. 

Banquet^ voy. banc. — D. 
banqueter. 

Baptetne, anciennement bap- 
tism*, du L. baptisma (immer- 
sion). — D. Pour le changement 
de t latin en e, voy. admettre; 
pour la chute de i's voy. abime. 

Bapilaer, du L. baptizare 
(plonger, immerger). 

Bapitotere, du L. baptisterium 
(lieu ou Ton opere l'immersion). 

BaqMct, voy. bac. 

Baraeeula, a l'origine le lan- 
gage des bas Bretons , aujourd'hui 
langage in intelligible en general. 
Mot d'origine historique (voy. VIn* 
troduction p. lxiv). Baragotiin, 
que Rabelais ecrit baraguoin, est 
forme des deux mots bretons bara 
(pain), et gwin (vin), qui reve- 
Daient le plus sou vent dans les 
dialogues des bas Bretons et des 
Francais, et que ceux-ciont appli- 
ques, comme sobriquet, ace lan- 



gage etranger. — D. baragouiner, 
-age. 

f Baroque, venu au seizieme 
siecle de l'italien baracca (mdme 
sens). • 

Baratter, origine inconnue. 
— D. baratte (substantif verbal). 

f Barbaeane, mot rapporte ae 
rOrient par les Croises, comme 
beaucoup d'autres termes d'art 
militaires du moyen age : barba- 
cane (k l'origine barbaquane dans 
Joinville) n'est que la transcription 
de l'arabe barbah-khaneh(Tempari). 

Barfcare, du L. barbarus, 
(cruel). .— b. Barbarie, barba- 
risme. 

Barbe, du L barba (meme 
sens). — D. barbiche, barbeli, 
barbier, barbu, barbue, tbarber, 
barbouiUer (voy. ce mot). 

Bavbeat* , ancien francais 
barbel, de barbeUus diminutif de 
barbus (barbeau). — Sur eUus de- 
venu el puis eau. voy. agneau. 
Un autre diminutif de barbus est 
barbiUon. 

f Baraon, venu au seizieme 
siecle de Tespagnol bar bon (meme 
sens). 

Bavboter, origine inconnue. 

Bar*6owitlef, A l'origine, te 
barbouiUer signifiait proprement 
se salir la barbe, puis se salir, se 
souiller en g£ne>al. — D. dtbar- 
bouiUer, barbouiUage, barbouil- 
leur. 

f Barcarolle, venu au seizieme 
siecle del'ital. barcarola (chanson 
des gondoliers de Venise) . 

Bard, ancien francais bar, 
mot d'origine germanique , de 
Tancien haut allemand bdra (bran- 
card, civiere pour porter des far- 
deaux). — D. barder x bardeur, 
dibarder (decharger des fardeaux), 
dibardeur (proprement ouvriei*qui 
de'eharge les trains de bou; le cos- 
tume du dtbardeur introduit dans 



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BAR 



83 



BAR 



les bals costumes a donne au mot 
lui-meme une autre acception). 

1. H«tH*c,ancienne armure du 
cheval , aujourd'hui tranche de 
lard fort mince, dont on cuirasse . 
dont on barde les becasses ou les 
perdrix. Origine inconnue. — D. 
harder. , 

2. Barde. du L. bardus (poSte 
chez les Gaulois). 

BargmigKcr, origine incon- 
nue. 

Baril, origine inconnue. — 
D. bariUet. 

Bariotcr, du L. bis-regulare* 
(rayer de plusieurs manieres, de 
diverses couleursj. — Regulate 
(rayer) devenu re-ulare par la 
chute reguliere du a medial (voy. 
oilier) , ri-vlare par le changement 
de eu en tit (voy. abrtgeretagen- 
cer), donna le vieux francais riuler 
qui se transforma en rioter par le | 
changement ordinaire de u en o 
devant une iiquide (voy. annoneer) . I 
Mole* est dans Ambroise Pare au 
sens de tachete. — Quant auchan- 1 
gement de bis en ba, voy. balance j 
pour la transformation de i en a; 
pour la chute de Ys latin voy. | 
abime. — Pour I'ensemble du ' 
sens et de la forme, voy. au mot 
bis. — D. bariolage. 

Bavlomg, deux fois plus long , 
que large, duL. bis-longus (dou- j 
ble en longueur). — Sur i latin j 
devenu a, voy. balance ; sur s de- 
venu r, voy. orfraie. — Voy. aussi 
au mot bis. 

Barameire, mot forgg par les 
savants a Paide des deux mots 
grecs 8<xpoc (pesanteur), et uitpov 
(mesure). 

Safott, mot d'origine incon- 
nue. — D. baronne t baronnage, ' 
baronnet t baronnie. j 

f Baroque, ce mot qui etait a , 
Torigine un terme de joaillerie | 
(une perle baroque, perle qui n'e- i 



' tait pas sphe>ique, qui avait une 
.-forme bizarre), ne tarda point k 
prendre une extension importante, 
! et a fitre applique a la forme de 
| divers objets (un meuble baroque, 
une maison baroque) . puis aux 
qualites intellectuelles (une pensee 
baroque). — Baroque nous est 
venu au seizieme siecle de l'Espa- 
gne et du Portugal, par suite du 
commerce des perles Baroque de- 
rive de Tespagnol barruco (en por- 
tugais barroco) perle qui n'est pas 
ronde. 

t Barque, mot qu'on n'a point 
trouve en francais avant le sei- 
zieme siecle, et qui vient du- L. 
barca (canot, dans Isidore de Se- 
ville), par VintermCdiaire des for- 
mes espagnoles ou italiennes barca 
(barque) : ces deux peuples rive- 
rains de la Mediterranee ayant 
fourni a notre langue beaucoup 
de termes de marine. — La forme 
barque prouve que ce mot n'est 
point venu directement du latin en 
francais ; dans notre langue, le la- 
tin barca aurait donn6 barche, 
comme area a donne arche. — 
D. embarquer, embarcation, di- 
barquer, -ement. 

Buvre, bas latin barra , du 
celtique (kymri bar. — D. barreau, 
proprement petite barre. (En tant 
que terme de palais, barreau, de- 
signe l'enceinte reservee, separee 
par des barreaux du 'reste de la 
salle, et ou plaident les avocats.) 
D. barri^re, barrer, barrage. 

Barwtte, du L. birr etum que 
l'on trouve au sixieme siecle, avec 
Cette signification: birretoauricu- 
lari. (Chartede 532.) 

f Barricade, venu au seizieme 
siecle de Tital. barricata (mSme 
sens). — D. barricader. 

Aawfere, voy. barre. 

Barwique, origine incon- 
nue. 



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BAS 



8k 



BAT 



Barytas, du grec paputovoc, I 
qui a la voix forte. 

Bat, adj. du L. bassus qui est 
dans Isidore de Seville, et auquel 
Papias donne le sens de curtus, hu- 
milis. C'est evidemment un mot de 
la langue populaire romaine. — D. 
bassesse, basset, basse, basson,bais- 
*er, abaisser, rabatsser , rabais* j 

Bas, substantif, abreviation de 
bos de chausses, que Ton disait 
autrefois par opposition a haut de 
chausses. 

Basalte, du L. basaltes (mfime 
sens). — D.basaltique. I 

Bosaite. mot d'origine incon- 
nue. — D. basaner, ba*an£ I 

Bameuie^ origine inconnue. ' 

Due, du L. basis (fondement). 
— D. baser. I 

■Basilic, du L. basiliscus (basi- 
lic). I 

Baslllque, du L. basilica 
(mSme sens). I 

Basoche, au moyen age, tri- [ 
bunal. connaissant des diffe rents 
qui s'elevaient entre les clercs du 
Parlement. Du L. basilica (tribu- 
nal) — Basil (X) ca } contract^ en 
basil'ca, suivant la regie de l'ac- 
cent latin (voy. p. lxxxi) est de- j 
venu baselche (par le changement 
de cench, voy. acharner), puis ba- 
seuche (par l'adoucissement de I 
en u, vov. agneau), et de cetle 
derniere forme est venue la forme 
moderne basoche qui semble a pre- 
miere vue , Men eloignee du pri- 
mitif latin. — L'expression : « clerc 
de la Basoche de Paris, » ne vou- 
lait point dire autre chose que 
« clerc du tribunal de Paris : » on 
aptelait ces clercs, clercs basili- 
cainsj et dans la langue populaire 
basochiens (mot qui correspond 
exactement a basihcanus). 

Basque, origine inconnue. 

Basanlne, venu de l'espagnol 
hasauina (jupe). 



Basse, voy. bos. 

BammiMj dans l'ancien francais 
bacin et bachin, du L. bacchirion* 
(vase), que Gregoire de Tours cite- 
comme un mot d'usage rustique : 
patera quas vulgo bacchinon vo- 
cant. — D. bassiner, bassinet, 
bassinoire. 

t Bastlde, mot venu du pro- 
venial bastida (maison), substan- 
tif participial du verbe provencal 
bastir, qui correspond au fr. bd- 
tir (voy. ce mot). 

Aostiffe, voy. bdtir. 

BasSit%gatje* 9 origine incon- 
nue. 

f Bastion, venu au seizieme 
siecle de l'ital. bastione (m§me 
sens). 

f Basteanade, venu au sei- 
zieme siecle de l'ital. bastonnata 
(meme sens), comme beaucoup 
d'autres termes de discipline mi- 
litaire. 

Bat, ancien francais bast, du 
L. bastum* (selle, dans la langue 
latiue vulgaire : « Sagma, dit un 
glossateur, seUaquam vulgus bas- 
tum vocat, super quo componun- 
tur sarcinae. » — D. bdter. 

Batattle, du L. b alalia y mqt 
qui correspondait dans la langue 
vulgaire au pugna du latin das- 
sique. Le temoignage de Cassio- 
dore est formel sur ce point : 
« Quae vulgo batalia dicuntur 
exercitationesmilitumsignificant.* 
— Sur alia devenu aille voy. au 
mot ail. — D. batailler, bataiU 
leur. 

f Batalllon, venu au seizieme 
siecle de l'ital. battaglione (mfime 
sens). 

Batardcau, diminutit de 
l'ancien francais bastard (digue) 
dont l'origine est inconnue. 

Bateau, ancien francais batel, 
diminutif d'un radical bat qui a 
nersiste dans' le latin merovingien 



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BAU 



85 



BAU 



batus (qui est an septieme siecle 
avec le sens de bateau). Ce mot , 
d'origine germanique comme la 
plupart de nos termes de marine , 
vient de l'anglo-saxon bd* (bateau). 
— Sur les diminutifs en el devenu 
eau, voy. agneau. 

fiatefett**, origine inconnue. 

I Batlfoler, venu au seizieme 
siecle de l'ital. batifoUe (jouer a 
des combats simules au pied des 
remparts). 

l.Bativ, origine inconnue. — 
D. bdtiment, bdiisse, bastille (de 
la forme ancienne du verbe qui 
est battir). 

2. Batiw, coudre, ancienne- 
• ment bastir, mot d'origine germa- 
nique, de l'ancien hautallemand 
btstan (coudre). 

BaioN, origine inconnue. — 
D. bdtonner, bdtonnier. 

Batterie, voy. battre. 

Battologte, du gr. paxxoloyia 
(repetition latigante). 

Battre, aucien franca is batre, 
du L. batere, forme pop ul aire de 
batuere (battre). Sur ceite chute de 
Vu , voy. coudre. Bat(8)re a perdu 
son e conformement a la regie ex- 
posee p. lxxxi. — D. battant , bat- 
toir, batteur, batterie, battage, 
battement, battue (substantif par- 
ticipial), abattre, rdbattre, com- 
battre d'ou combat (subst. verbal), 
dibattre d'ou de'bat (subst. verba 1 ), 
rebattre , rebattu . tbaUre d'ou 
e'bat (subst. verbal). 

Bawdet) mot d'origine histo- 
rique (voy. p. Lxrv). II existe dans 
notre ancienne langue un adjectif 
baud, a 1'origine'baW, de l'ancien 
haut allemaud bald, gai, content 
(Sur le cbangement de I en u, 
voy. agneau). — Cet adjectif baud, 
qui 6*tait d'un usage frequent dans 
l'ancien francais, a persiste en fran- 
cais moderne dans le compose «'£• 
ftaudir, se rejouir, etre baud* 



; D'autrepart. on saitquele moyen 
age avait deveioppe, sinon invent* 
tout un vaste cycle de fables ra- 

1 con tan t la vie et les a ventures des 
animaux : chacun d'eux etait per- 
son ni fie par un nom slgnificatif; 

I Tanimal que les Latins nommaient 
vulpes etait designe par le sobri- 
quet de maltre Renard (litterale- 
ment : le cruel) ; Tours portait le 

I nom de Bernard; le belier etait 
dit Bilin; Fane, l'animal toujours 

I gai et content oar. excellence, l'a- 
nimal toujours oaud, comme on di- 
sait au onzieme siecle, recutdans 

! cette mythologie le surnom de 
maiire Baudet ou de maitre Bau* 

\ douin (noms qui sont l'un et 1'au- 
tre des diminutifs de 1'adjectif 
baud.)Ce sobriquet lui resta. eton 
en vint a designer l'ane par cette 
epitbete de baudet (qui signifie lit* 
teralement : guil eret), comme on 
designa le vulpes par celle de Re- 
nard. 

Ami «f t*iet*, du L. balterarius*, 
derive de balteus (baudrier, cein- 
turon). -— Balt(€)rarius a perdu e 
conformement a la regie exposee 
au mot accoiuter; balt'rarius est 

1 alors devenu baudrier par lechan- 
gement 1° de a rius en ier (voy. 
dnier) ; 2°de tr en dr (voy. aider) ; 
3° de al en au (voy. agneau). 

Le sens actuel de baudrier n'est 
point anterieur au quatorzieme 
siecle. Au douzieme siecle, pour 
designer cette partie du costume 
militaire. on se servait du mot 
baudre" (de balteratus autre derive 
de balteus); et Touvricr qui fabri- 

?uait lea baudre's s'appelait un 
audrier : cette distinction, trfes- 
nette pendant la premiere partie 
du moyen age s'obscurcit des le 
quatorzieme siecle qui prend le 
Piree pour un nom d'homme, et 
designe l'ceuvre par le nom de 
l'ouvrier :nous avons vu unexem~ 



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BEA 



86 



BEF 



P 1 
le 



ile de confusion analogue entre 
[es mots aragne et araignte (voy. 
ci-dessus). 
H«m«ftit«?fce,origine inconnue 
Bawge, origine inconnue. 
Avmme, ancien franca is bans- 
me, du L. balsamum *(baume). 
Balstymum a perdu a conformed 
ment a la regie etudiee p. lxxxi. 
BaVsmum a donne le vieux fran- 
cais bausme par le changement de 
al en au (voy. agneau); sur la 
chute de, vs dans bausme, voy. 



D. baumier, embau- 



abime). 
met. 

fiaratHf, voy. have. — D. bo- 
varder, -age. 

Hove, onomatopee. — D. ba- 
vette;baveux; bavard; bavure. 

Buvolet, origine inconnue. 

Bayer, dans l'ancien francais 
baer, en provencal badar, en lta- 
lien badare, du L. badare (qui est 
dans Isidore de Seville avec lesens 
de bayer). Sur la chute du d me- 
dial, ba(d)are, voy. accabler; sur 
are devenu er, voy. acheter. Une 
autre variante de baer est bier 
par le changement de a atone » bo- 
dare en e (voy. acheter). Ce verhe 
de l'ancien francais a disparu de 
la langue moderne, mais en nous 
laissantsonparticipe present beam. 

— D. le provencal badar (bayer), 
avait produit deux derives badau 
et badin, qui ont pris pied dans 
notre langue (voy. aux mots ba- 
dandy badin). 

t n*z*r, mot apportg d'Orient 
par les voyageurs, et qui est Pa- 
rabe bdxar (marclie). 

JMmf. voy. bayer. 

Wtemu du L. beatu8 (heureux). 

— D. beatitude, biatifique, beati- 
fier, beatification. 

Bemu 9 dont bel est la forme 
primitive (sur I devenu u, voy. 
agneau). Bel vient du L. oeilus 
(joli). — D. beUdtre, embelHr. 



Beuueoup (de beauet de coup 
(voy. ces deux mots). Notre an- 
cienne langue disait plus souvent 
grant coup que beaucoup : « Le 
roi eut grand coup de la terre du 
comte, » dit Joinville. Quant au 
sens de grand, il se retrouve dans 
d'autres locutions p. ex. un beau 
mangeur. 

f Beaupre, del'angl. bowsprit 
(mdmesens). 

Beoutej vieux francais beitf, 
a l'origine beltet, du L. oiMttotem 
(beaute). VI de beM(I) totem ayant 
disparu con form ement a la regie 
donnee au mot accointer, beW to- 
tem a donne beaute" par le change- 
ment 1° deel en eau (voy. agneau), 
2° de atem en e* (voy abbi). 

Bee, du L. oeccu*(bec que Sue- 
tone cite comme un mot d'origine 
gauloise). — Sur cc latin devenu c, 
compares sec (siccus), soc(soccus), 
sac (saccus) .— D. becqueterMcasse, 
be'quille (proprement canne d bee) . 

itecarre, transcription de l'a- 

breviation b h. On disait ancienne- 

ment b carri ; b 6tant le si dans 
la gam me en to, on disait 6 carrc* 
(e'est-a-dire b dur) quand le ft 
ejaitdans sonionnaturel,— etl'on 
designait par b mol (e'est-a-dire b 
mou, b faible), le si baisse d'un 
demi-ton. 

Bocoife, voy. b«c. — D.D&a* 
sine. 

Beche, du L. becca* forme fe- 
minine de be ecus. Sur co devenu 
cte. voy. acharner. — D. Metier. 

Bedaine, origine inconnue. 

Bedews, ancien francais bedel y 
mot d'origine germanique, de l'an- 
cien haut allemand butil (heraut). 

Beffwoi) ancien francais ber- 
froi, dans la basse latinite berfre- 
dus (sur e devenu oi, voy. accrotre). 
Ce mot, d'origine germanique, 
comme la plupart des termes d'art 



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BEL 



87 



BfiN 



ilitaire du moyen age, vient du 
moyen haut allemandWt?ri*(tour 
d'ou Ton donne l'alarme). 

JBeaayet*, voy. begue. 

Beignei, origine inconnue. 

Begwe, mot d'origine incon- 
nue. — D. begayer. 

BejpMetcfe, ancien francais b4- 
gueule, et gueule He. (Pour Tety- 
mologie, voy. aux mots gueule et 
bayer : bee est le participe passe 
du verbe dont biant est le participe 
present.) — Avoir la gueule bte, 
ou Hre gueule bte, c'est propre- 
ment rester bouche btattie; b6- 
gueule designait autrefois la sotti- 
se, tandis qu'il d£signe aujourd'hui 
la pruderie. 

Beguln, coiffure des Btguine*, 
association religieuse des Pays- 
Bas. Mot d'origine historique (voy. 
p. lxtv). — D. emb&guiner. 

Bejatme, ancien francais bec- 
jaune forme qui ne laisse pas de 
doute sur l'etymologie (voy. bee et 
jaune). 

lief, voy. "beau. 

fBebradre, del'anglais belan- 
der (batiment cdtier a fond plat). 

Aefet*, du L. balare (beler). 
Sur a (balare) devenu e, voy. 
acheter, D'ailleurs, on trouve deja 
dans Varron la forme belare 
pour balare. — D. bSkment. 

Aefette, diminutif de Pancien 
francais bele (martre, belette) . Sur 
les aiminutifs en ette, voy. ablette. 
— Quant au vieux francais bele y 
e'est le latin beUa (jolie); belette 
signifie done proprement la jolie 
petite bite. En parlant dans V In- 
troduction, p. xxvi, de ces m6ta- 
phores populaires, nous avons re- 
marque qu'elles avaient pour ca- 
ractere principal de n'6tre jamais 
isolees et de se retrouver a la fois 
dans plusieurslanguesde l'Europe. 
Cette regie se verifie encore ici : 
la belette est nominee en danois 



den Kjoenne (la belle) , en bava- 
rois schctnthierlein (la jolie petite 
bete), dans l'ancien anglais fairy 
(la jolie). 

Belief, Le neerlandais bell 
(clochette), donna dans le bas la- 
tin bella ainsi qu'un radical fran- 
cais bele (clocbette) , qui a disparu 
sans laisser de traces, mais dont 
l'existence nous est revelee par le 
mot bilidre qui en derive (voy. ce 
mot), et aussi par le mot btlier 
qui signifie proprement celui qui 
porte la bele, la clochette : — on 
sait que l'nabitude des bergers est 
de pendre une clochette au coudu 
belier, pour que le troupeau en 
marcbe se rallie autour de lui. De 
la est venue cette metaphore gene- 
rale dans les langues de l'Europe 
pour designer Varies : la langue 
anglaise dit bellwether (propre- 
ment: le mouton a la clochette), le 
neerlandais dit belhamel qui a le 
m6me sens; enfin, dans plusieurs 
de nos provinces, on ne nomme 
point le Wfo'erautrement que mou- 
ton & la sonnette; ce qui continue 
pleinement l'etymologie du mot. 

Believe, Voy. btiier. 

Betttve, mot dont l'origine 
est inconnue. 

| Belladone, venu de l'ital. 
belladonna (belladone). 

Belllgerant, du L. bellige- 
rantem (combattant). 

Belllqueui, du L. bellicosut 
(guerrier). 

f Belvedere, venu au seizieme 
siecle , comme beaucoup de termes 
d'architecture, de l'ital. belvedere 
(menie sens). L'italien signifie pro- 
prement : d'ou l'on a une belle vue. 

Bemol, transcription de lafor- 
mule b mol (voy. bicarre). 

Benedlclte, mot latin qui si- 
gnifie btnissex. 

Benedietln, moine de l'ordre 
de S. Benedictus (Saint-Benoit). 



yGoogk 



B&N 



88 



BER 



Benediction, du L. benedic- 
tionem (meme sens). 

Benefice , du L. beneficium 
(bienfait). — D. bintjiciaire, -er. 

Benet, du L. benedictus (beni). 
Cette metaphore qui peut sembler 
etrange est^ cependant tout a fait 
exacte; TEvangile disant que le 
royaume des cieux appartenait aux 
pauvres d'esprit, que ceux-ci 
etaient benis de Dieu, le mot be- 
nedictus devint alors ^equivalent 
destultus; par le changement de 
ct en t (voy. affVti), par la chute 
du d medial (voy. accabler) , oe- 
ne(d)iclus devint bene-it qui don- 
na par la contraction une double 
forme : d'une part, bene-it est de- 
venu benit, de l'autre beneit, be- 
nti (la m£me m&aphore se re- 
trouve dans U mot innocent). 

Benevele, du L. benevolus 
(bienveillantj. 

Benin, au L. benignut (obli- 
geant). Sur gn devenu n, voy. 
assiner). 

Bent**, ancien francais beniir. 
italien benedire, du L. benedicere 
(benir). — Benedicttyre, contract^ 
en benedic\e suivant la reffle de 
l'accent latin, devint binir l°par 
le changement de ct en r qu'on re- 
trouve dans dire (dlc're), faire 
(facVe), plaire (placVe), taire (ta- 
c're), duire (ducVe, dans les com- 
poses conduire, reduire, seduire, 
etc...), traire (tracVe), luire (luc*- 
re), nuire (noc're), larme (lacr- 
ma), serment (sacr mentum), chan- 
gement qui est le plus souyent 
accompagne de la diphthongaison 
de la voyelle precedente. — 2° Be- 
nedic're, ou benedir, perd son d 
medial (voy. accabler) 1 et devient 
beneir forme que Ton trouve au 
on zi erne siecle dans la chanson de 
Roland et qui nous amene a la 
forme moderne. — D. benit y bini- 
tier. Sur la distinction grammaii- 



| cale entre benite et benie, voy. ma 
I Gram m aire historique de la langue 
francaise. p. 225. 

Beqwilte, voy. bee. 
| Bercatl, du L. berbecalia* 
pour vervecalia* (meme sens), on 
trouve des le premier siecle berbe- 
cem pour ve rvecem. Sur ce change- 
ment du v en 6, voy. bachelier. — 
Berb fycalia perdit ^conformement 
a la regie exposee au mot accointer: 
et herb' call a devint bercail par la 
reduction de be en c (voy. sujet), 
et le changement de alia en ail 
(voy. ail) ., 

Jtepceoif, voy. bercer. 

AVfcet*, mot d'origine in- 
con nue. 

+ Beret, mot venu au francais 
par le patois du Beam (berreto) qui 
est le L. birretum* (beret, dans un 
textedu sixieme siecle). 

| Bergaraote, venu du Portu- 
gal s bergamota (meme sens). 

Bevgc, origine inconnue. 

Bevgcr, du L vervecarius 
(berger), qui est dejk berbecariu* 
au cinquieme siecle , et bercarius 
dans un texte carlovingien. — 
Verv(&)cdrius a perdu e* conform*- 
ment a la regie donnee au root 
accointer. Verv'carius a donne ber~ 
get par le changement 1° de v ini- 
tial en b (voy. bachelier) ; 2* de 
vc en c (voy. alleger); 3° de c en g 
(voy. adjuger); 4° de arius enter 
(voy. dnier). — D. bergerie. 

Berllne, carrosse que Ton con- 
struisait originairement a Ber- 
lin. 

Bet* tue, proprement: 6tat ma- 
ladif des yeux, qui fait voir a la 
personne qui en est atteinte, ou 
les memes objets repetes plusieurs 
fois, ou meme des objets fictifs, 
derive non directement du L. bis- 
lucere (briller plusieurs fois). Pour 
le changement de bit en ber voir 
aux mots ou, admettre et orfraie 



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BES 89 BEU 

quant au mot lue, son rapport avec Beetlalre, du L. bestiarius 
tueur et luire. est visible. (m. s.). 

Une autre forme adoucie defter- Bestial, du L. bestialit (m. s.\ 
lue est bellue (sur r devenu I, voy. — D. bestialiti. 
autel), doot le dimiautif est be- ' Bemtinuot^ duL. bestialia. Su? 
luette (etincelle), contracte aujour- I devenu fc, voy. agneau. 
d'hui en Muette (voy. ce mot). | Besilele, duL. bestiola (menu 

+ Heme, venu de l'allemand ' sen<). 
berme (meme sens). | Betnil, du L beUialia. Sur la 

Jtetttet*, faire sauter dans un chute de * , voy. abime ; sur aha 
berne (manteau de drap dans notre devenu ail, voy. ail. 
ancienne langue) . De meme J 'action I Bete, ancien f rancais Beste , du 
de berner s'appelait, chez Ies Ro- L. bestia (bete). Sur la chute de 
maiqs sag alio, parce que Ton ber- *, voy. abime. — D. bitise; ab4- 
nait dans un sagum (manteau). — tir; embiter. 
L'origine de l'ancien francais | Betoine, du L. betonica (b6- 
beme est inconnue. toine) , que les auteurs latins citent 

Beryl, du L. beryllus Jfcigue- comme un mot d'origine gauloise. 
marine. ' Betonica a perdu ses deui der- 

Besace,en italien bisaccia,d\i nieres syllabes, par l'influence de 
L. bisaccia (qui est dans Petrone l'accent latin (voy. p. lxxxi), et o 
avec le sens de sac a double poche); latin est devenu oi par l'attraction 
sur t devenu e, voy. admettre; sur de Yi suivant (voy. chanoine). Be- 
cia devenu ce, voy. agencer. I tontea est devenu btioine) comme 

Bemnigre 9 doublement aigre, canonicus est devenu chanoine. 
de bis ei\aigre (voy. ces deux | f Beten, venu du provencal 
mots). ^ I betun (beton), qui est le L. bitu- 

Bemaigue, doublement aigua, ' men. 
qui a deux tranchants; de bis et I Bette, du L. beta (m. s.); ftette- 
at{jue (voy. ces deux mots). f rave ecrit au seizieme sieclebeWe- 

Bemant 9 en provencal bejuin, rave (voy. beffeetrave). 
en italien bixante; k l'origine mon- 1 Bewgter, pousser des beugle* 
naie frappee par les empereurs ; ments, crier a lamaniereduboeuf, 
d'Orient, du L. byzanthus (mon- |du L. buculare* (crier comme un 
naie de Byzance). Sur y devenu e boeuf, de buculus, taureau, dans 
voy. admettre. j Colum.). — Buc{H)l'dre> regulie- 

BeHeieS) ancien francais be- I rement contracte (voy. accointer), 
ride, qui signifie a la foiscristal en buc'lare, a donne beugler par 
et lunettes, de berycidus , beryclus* le changement de cl en ol (voy. 
dimioutif du L. beryttiif (qu'on aip/e), — et par celui de u (bu- 
trouve avec le double sens de cris- c'lare) en eu, changement qui se 
tal et de lunettes dans les textes ' retrouve dans fleuve (fltZvius) , 
du moyenage. — Quant a l'adou- ! gueule (gfiia), couleuvre (colu- 
cissement de bericle en beside par bra, jeune (jwv'nis), beurre (but- 
4 le changement de r en *, voy. or- 1 rum); pleuvoir (pluere). — D. beu- 
roser. glement. * 

Be«MMe,origine inconnue. Beurre, du L. butt/rum (beur- 

Beseitt, origine inconnue. — re). BHt(y)rum est regulierement 
D. besoigneux. ! contracte en buff urn suivant la 



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BIG 



90 



Blfe 



T&gle de Paccent latin (voy. p 
lxxxi) ; bufrum) a donne bewrre 
par le changement 1° de u en eu 
(voy. beualer); 2° de tr en rr 
(voy. arriere). — D. beurrier. 

Bevue, anciennement besvue, 
'fausse vue, cette fausse lumiere 
est une bevue deses yeux, dit Balzac 
au dix-septieme siecle. On saisitici 
le sens propre du mot : erreur com- 
mise par suite d'une illusion d'op- 
tique : on avait cru voir une chose 
qui n'existait pas, on avait mal vu, 
on avait bevu, c'est-a-dire vu 
double (on a vu au mot bu com- 
ment ce mot est devenu bt; pour 
vue, voy. voir). 

f Bezoord, au seizieme siecle 
bexohr, motvenu des lodes par Pin-* 
termed iaire du portugais bexuar 
(mSme sens). 

Mat*, oblique, du L. bifacem 
(qui est dans Isidore de Seville au 
sens de louche, qui regard e obli- 
quement, qui se dirige de cfit6). 
Surla chute de \'f, bi{f)acem, voy. 
antienne. Sur acem devenu ais, 
voy. vrai. — D. biaiser. 

Blberon, mauvais mot forge a 
Faide de bibere (noire), et du suf- 
fixe on, comme forgeron de forger. 

Bible, du L. biblia (yenu du 
grec pi6Xwt, la reunion des livres 
sacres). — D. biblique. 

Bibliographic, du grec (JiSXiov 
(livre), et Ypotqpo; (qui decrit). — 
D. bibliographie. 

BlUomonle, du grec fiavta 
(folie) et pi6Xiov (livre). — D. bi- 
bliomane. 

Bibliophile , du grec 9O0; 
(ami), et p£6Xiov (livre). 

Blblloiheque, du grec pi6Xto- 
(hqxt) (depdt de livres) — D. biblio- 
thtcairek 

Bichm, origine inconnue. 

f Blcoque, venu au seizieme 
siecle de Titalien bicocca (meme 
sens). 



Bidets origine inconnue. 

AfcfVm, origine inconnue. 

Bief, voy. biex. 

Bieitle, origine inconnue. 

Biett, du L. bene (m. s.). Sur 
le changement de e en ie, voy. ar- 
riere. — D. bien-4tre, bienfaire, 
bienfaisant, bienfaisance (que I'ab- 
b6 de Saint- Pierre anon pas invent^ 
comme on le pretend, mais mis a la 
mode) bienfait, bienfaiteur, bien- 
heureux, biensfant, bientdt, bien- 
veillant, bienvenu, bienvenue. 

Blennal, du L. biennalts (qui 
arrive tous les deux ans). 

Bienmeant 9 de bien, et de sSant 
parti cipe de sioir (voy. ce mot). — 
D. biensfance. 

Bieniot, voy. tdt. 

BtettveUlatt, malveillant, 

I on pourrait croire, en examinant 

1 superficiellement ces mots, qu]ils 

; sont formes de veillant participe 

de veiller. Iln'en est rien. La forme 

ancienne de ces mots est bien- 

veuillant, malveuillant; — veutir- 

j lant est l'ancien participe present 

de vouloir (voy. ce mot), et bien- 

I mal'veitlant ne veulent pas dire 

J autre chose que voulant le bien, 

voulant le mal. — Cette origine est 

confirmee par l'italien qui dit beni- 

volente; ai le mot fut venu de 

veiller, la forme italienne eut et6 

beni vegliante, ce qui prouve que 

vouloir est bien Porigine du mot 

— D. bienveillance, malveillance. 

1. Bihre. du moyen haut alio- 
mand bier (mere). 
I »%ere, cercueil, civiere, de Pan- 
cien haut allemand bdra (civiere). 

Blewe, du L. bxbrum (castor 
I castor em, bibrum dit le scoliaste 
de Juvenal sat. 12); sur i d'a- 
bord devenu e voy. admettre puis 
sur la diphthongaison de e en ie 
voy. arriire : sur 6 devenu v, , voy. 
avant. — Bxbrum a donne bievre^ 
comme /e&rima donne fUvre. 



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BIL 



91 



BIS 



Bimst (bief) r ancien francais! 
bied, dans la basse latinite bedum, ! 
mot d'origine germanique, de Pan- 
cien haut allemand betti, lit (d'un 
cours d'eau). j 

Biffer, origine inconnue. | 

f Bifteck, mot introduit dans 
la langueapres les invasions etran- 
geres de 1814 et de 1815; c'est 
une corruption de l'angl. beef- 
steak (tranche de bceuf). ' 

Blfurquer, tire du L. bifurcus 
(a deux branches). — D. bifurca- ! 
turn. I 

Blgame, du L. bigamus (marie* 
deux fois). — D. bigamie. I 

f Blaarade, veuu du proven- 
cal bigarrat (orange amere) doat 
f origine est inconnue. I 

Bigarrer,mol qui paratt n'etre 
point ancien dans la langue etdont 
rorigine est inconnue. 

Bigle, origine inconnue. 

Bigne, origine inconnue. 

Bigort*C) du L. bicornis (en* 
clume a deux cornes); sur c devenu 
g, voy. adjuger. 

Bigot) origine inconnue. — D. 
bigotisme, bigoterie. 

Bijou, origine inconnue. — 
D. bijoutier, bijouterie. 

f Mian, venu au seizieme sie- 
cle, comme beaucoup d'autres ter- 
mes commerciaux, del'ital. bilan- 
eio (balance). 

Bilboquet, origine inconnue. 

Bile, du L. bills (bile). — D. 
bilieux. 

fBUl, mot anglais signifiant 
loi, introduit vers les premieres 
annees de la Restauration dans 
notre langage parlementaire. 

Billan*, voy. bille. 

1. Bille, origine inconnue. — 
D billard. 

2. Bille, tronc d'arbre destine 
a 6tre debite en planches, du cel- 
tique (iri. biUe, tronc d'axhre). — 



Billet, on trouve dans le latin 
du moyen age, la forme billa 
(6crit,memoire), parallel ement a la 
forme classique bulla. C'est de ce 
mot billa qu est venu le diminu- 
tif billet (proprement petit ecrit). 

Billeves^e, origine inconnue. 

Billott^ mot qu'on trouve en 
francais des le treizieme siecle. 
Son origine est inconnue. — D. 
bilUmner, -age. 

Billot, voy. bille 2. 

Mm6efot, origine inconnue. 
— P. bimbelolier } -erie. 

Blnalre. duL. binarius (m. s.) 

A! net*, fa ire un second labour, 
du L. binare* (derive de binui, 
double.) 

Blnocle, mauvais mot forge" 
depuis le commencement du sie- 
cle . a l'aide du L. bini-oculi (bin- 
ocli, bin-ocle), lunette a deur 
yeux. 

Blndme, du L. bis (deux) 
du gr. vojitj (division). 

Blographe, mot forme de 
deux mots grecs : (J£o; (vie) et ypa- 
96iv (ecrire).— D. biographie,ique. 

Blpede, du L. bipedem (a deux 
pieds). 

Aigtte, origine inconnue. 

1. Bis, mot latin (signifiant 
deux fois) , qui joue le rdle de pre- 
fixe dans les mots bisaieul, bis sac, 
biscuit, etc. Changeant t en e con- 
formement a la regie donnee au 
mot admettre, bis est devenu bet 
dans besaigre, besaigue, besace 
(voy. ces mots), qui s'est reduit a 
be' dans bevue (voy. ce mot). — 
Par le changement de * en r (voy. 
orfraie), le prefixe bes a donne 
ber dans berlue (voy. ce mot), et 
dans berouette qui s'est plus tard 
contracts en brouette (voy. ce mot) . 
Ber devant I a meme assimile r 
en r, et a donne beUuette, puis 
bluette (voy. ce mot). — Enfin 
dans les deux mots oar long, ba- 



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BIS 



92 



BLA 



rioler (voy. ce mot), le preflxe 
ber est davenu bar par le cnange- 
ment de e en a (voy. amender). 

A cdte de ces modification* dans 
la forme, il s'est produit une im- 
portante modification dans le sens : 
ois a pris, en passant dans les 
langues romanes, une acception 
pejorative qui rejaillit sur le radi- 
cal : ainsi Tespagn. bis-ojo (litte- 
ral. qui a deux yeux) , le wallon 
bes-temps (litteral. double temps), 
l'italien bis-cantare (litteral. chan- 
ter double) , le Catalan bes-compte 
(litteral. compte double) signifient 
respectivement louche, mauvais 
temps, mal chanter, me'comple. 
De meme en francais biscornu (pro- 
prement qui a deux comes), bis- 
tourni (qu'on a tourne, courbe 
deux fois), ont le sens, le premier 
de baroque, le second de dtforme*. 
11 en est de meme pour bevue et 
berlue (voy. ces mots), qui n'ont 
point etymologiquement le sens 
pejoratif que la langue franchise 
leur attribue. 

2. Bf«, de couleur brune. Ori- 
gine inconnue. 

Bisa'ieul, voy.aux mots bis 1. 
et axeul, 

f BlaMlle, venu an seizieme 
siecle de Tit. bisbiglio (meme sens) . 

Biscaycu^ gros mousqueton 
invente en Biscaye, et dont les 
balles, beaucoup d'un calibre inu- 
site, ont conserve le nom, bien 
qu'elles rrentrent guere de nos 
jours que dans la mitraille. 

BUcovntt) voy. aux mots bis 1 . 
et cornu. 

Biscuit, du L. bis coctus (qui 
a subi une double cuisson). — Sur 
oct latin devenu uit, voy. attrait. 

Bise, origine inconnue. 

Blseau, origine inconnue. 

t BUmuth, venu de l'allem. 
bissmuth (meme sens. La forme 
ordinaire est wissmuth). 



Bison, du L. bison (m. s.). 

Bisque, origine inconnue. 

Bisquer, origine inconnue. 

Bissae, du L. bissacium (bis- 
sae): 

Blsaeite, du L. bissextus (dou- 
ble sixieme; les Romains ajoutant 
un jour tous les quatre ans, le 
6"* jour avant les calendesdemars, 
il y avait alors un nouveau sixieme 
jour, d'ou le nom de bissextus), 
— D. bissextile. 

Blatourl, origine inconnue. 

Bistouruer, voy. bis 1 et 
tourner. 

Bistre , origine inconnue. — 
D. bistrer. 

Bitord, du L. bis tortus (qui 
a ete tordu deux fois). 
f Bltume, du L. bitumen (bU 
I tume). 

f Bivouac, a l'origine bivac, 
mot venu de Tallemand beiwache 
(bivouac), et introduit a Pepoque 
de la guerre de Trente ans. — D. 
bivaquer. 

f Bizarre, avant de signifier 
capricieux, ce mot avait eu le sens 
de colore, d'emporte, et a Pori- 
gine, au seizieme siecle, celui 
d'intrepide et de vaillant. II vient 
de l'espagn. bixarro (vaillant) . — 
j D. bizarrerie. 

Bfa/at««f , mot d 'origine ger- 
manique, de l'ancien haut alle- 
mand b'ei-faro (de couleur pale). 
I Blaireau, dans notre ancienne 
langue bUreau, forme qui marque 
. mieux l'origine du mot: bUreau 
est un dimmutif de bit, bUreau 
est proprement l'animal qui se 
nourrit de bU. Voy. ce mot. Le 
bUreau est appele" en anglais bad- 
ger, mot qui signifie litteralement 
marchand de bit, ce qui confirme 
et assure l'etymologie du mot 
francais (sur ces metaphores, voy. 
p.xxvj). 

Blamev* anciennement bias- 



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BLE 



93 



BLO 



tner,duL. blasphemare (qui estdans | 
Gregoire de Tours, V, 43) avec le : 
sens de blamer ; on trouve dans ] 
les glossaires: blasphemare, vitu- 
perare, reprehendere. « Tantummo- 
do blasphemabatur a pluribus, dit I 
Aymonus monachus , quod esset ! 
avaritiee deditus. » Sur la chute de,i 
e dans bias {phe) mare, voy. aider. \ 
Bias' mare a donne* le vieux fran- 
cais blasmer, qui est devenu bld- 
mer. Sur la chule de Ys, voy. 
abtme. 

Blane^ de l'ancien haut alle- 
mand blanch (blanc). — D. blan- 
chet 9 blancheur, blanchdtre % blan- 
chir, blanchissage, blanchisseur, 
blanquette. 

Blattqwette, Toy. blanc. 

Blarney origine inconnue. 

AIcuiom, au onzieme siecle 
bouclier, 6cu\ plus tard, bouclier 
sur lequel on a peint les armes du 
chevalier; en fin vers le quinzieme 
siecle les armoiries elies-memes. 
L'origine de ce mot est inconnue. 
— D. blasonner 

Blasphemer, du L. blasphe- 
mare (meraesens) . — D. blaspheme 
(substantif verbal), blasphema- 
teur. 

Blatter, voy. bU. 

Matte, du L. blatta (blatte). 

Ale, en vieux francais bled, en' 
provencal blot, dans "la basse lati- 
nit6 bladum, abladum (avec le 
sens de ble recolte), du L. Ma- \ 
turn* (recolte, moisson, dans les 
textes du moyen age) . Ablatum \ 
veut dire proprement ce qu'on a 
enleve, ce qu'on a cueilh; mais : 
cette meiaphore n'est point rare 
dans les langues indo-europeen- 1 
nes: fruit est en grec xocpir6; qui 
signifie litteral. destini d tire en- I 
leve", cueiUi; l'allemand Herbst 
moisson, a proprement le sens de 
choses enlevees. — Ablatum a | 
donne bU, 1° par le changement 



de atum en t, voy. ampoule* ; 2* par 
la chute de Pa initial, comme 
dans diamant (adamantem), bou- 
tique (apotheca). — - D. blaireau 
(anciennement bUreau, Tanimal 
qui se nourrit de bit), blatter, 
marchand de ble, qui est en has 
latin bladarius (sur arius devenu 
ier, voy. dnier). 

Meme, d 'origine germanique, 
scandinave bldmi (bleuatre, puis 
livide). — D. blimir. 

Blemser, origine inconnue. — 
D. blessure. 

Ale*, blette, origine inconnue. 

Bleu, d'origine germanique, 
de l'ancien haut allemand blao 
(bleu). — D. Ueuir, bleuatre 
bluet. 

t Mlade, de l'allemand blende 
(blindage). — D. blinder, blin- 
dage. 

Bloc, mot d'origine germani- 
que, de l'ancien haut allemand 
bloc (bloc). — D. bloquer, dtblo- 
quer. Blocus, mot introduit au 
seizitme siecle, vient de la forme 
allemande ancienne, blockMs (for- 
tin qui interdjt aux a- sieges toute 
communication avec le dehors). 

| Blackballs* mot introduit 
recemment dans 1 art laiKtaire. et 
qui est l'allemand block-haus (for- 
tin). 

Blond, origine inconnue. — 
blondin, blondir, blonde. 

Bloquer, voy. bloc. 

Blouir (se) : a Torigine terme 
de fauconnerie ; se dit du faucon 
quand il se ramasse pour dormir 
sur son blot (perchoir). De cette 
acception speciale , le mot (par une 
de ces extensions de sens dont 
nous avons parle p. xxn),est venu 
au sens general de se ramasser, se 
tapir. L'origine du mot blot est 
inconnue . 

1. Blowse, trou dubillard, ori- 
gine inconnue. 



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BOEU 



Vk 



BOI 



2. Motwe, sarrau , origine in- 
connue. 

Bluet, anciennement bleuet, 
derive de bleu (voy. ce mot). Sur 
eu devenu u, voy. jumeau. 

Bluette , anciennement be- 
luette, beUuette, en patois nor- 
mand berluette, diminutif de beU 
lue (voy. ail mot berlue), Le sens ; 
primitif du mot bluette est etin- 
celle : Regnier parle d'un grand 
feu qui nalt d'une bluette. On a 
dit metaphoriquementqu'une petite 
poesie etait une bluette, une elin- 
celle passagere. 

Blwter, anciennement beluter, 
buleter, et a Porigine bwreter, c'est- 
a-dire tamiser a travers la bure 
(tissu grossier qui servait a cet 
usage; pour Pelymologie de bure, 
voy. ce mot). — Pour le change- 
ment de r en I (dans bureter, bu- 
leter), voy. autel, — Ce qui con- 
firme cette origine, c'est qu'on 
trouve buratare pour bluter dans 
un texte latin du onzieme siecle, 
et que l'italien dit buratello pour 
Uuteau. — D. bluteau, blutoir, 
blutage. 

boa, duL. boa (serpent). 

Bofe&che, origine inconnue. 

Bofelne, origine inconnue. 

Bocage, anciennement boscage, 
en pro venial boscatge, du L. bosca- 
ticum, diminutif de boscum (voy. % 
bois). Sur aticum devenu age, 
voy. dge; sur la chute de Ys, voy. 
abime. 

f Bocal, mot venu au seizieme 
siecle de Pi 
sens) 

Bawf, du L. bovem (bo3uf). — 
Sur o lat. devenu asu, voy. accueil- 
Ur. — Quant au changement de v 
latin en f t qui est rare en latin 
(on trouve para/redus pour para 
veredus dans les Lois Harbares), 
il se retrouve en francais : 1° pour 
le t> initial dans: /bis (deem); 



I italien boscale (meme 



2° pour le v final dans : href (bre- 
vem), cerf (certmm) , ch^ti/" (capti- 
ous), clef (clavis), naif (natirus) , 
nef (navis), ner/ (nerous), neu, 
(norms), neu/" (novem), ozuf{ovum) i , 
sau/" (saltram), serf (sertmm) , suif 
(setmm), vi/ (vitms),. griejf (gra- 
uem), ogif * (augitms*), r&i/ires- 
tivus*), veuf (vidtms*), poussif 
(pulsativus *} . 

Aof ne 9 au L. bibere (boire) . — 
Bib{e)re, re'gulierement contracte 
en bivre suivant la loi de Paccent 
latin (voy. p. lxxxi), a subi deux 
changements: 1° br est devenu r: 
bio're, boire, comme dans ecrire 
(scrib're). paupiere (palpebra). — 
2° i est devenu oi : i latin accen- 
tue devient oi en francais, — 
quand il est bref, dans : courrote 
(corrigia) t foi (fidem), moins (mi- 
nus), pot (picem), poil (pilum), 
poire (ptrum) t quoi (quid), soit 
(sit), soif (sitis), voie (via), fot 
(vicem) , — quand il est long par 
nature dans: cervoise (cervisia). 
pots (pisum), loir (glirem) ; quana 
il est long par position dans: 
doigt (dig'tus), eHrot't (strtctus) 
Loire (Lig'r), noire (nigra), notn- 
dre (min'r), poivre (pip'r), raide 
(anc. roide, rt'g'dus), epois (anc. 
6pois, spissus), dais (anc. dois, 
dtscus), froid (frig'dus). — I latin 
inaccentue ou atone, devient oi, 
quand il est bref dans : froyer (anc. 
froj/er, fricare*), employer (im- 
plicare) , ployer (plicare), loisir 
(iicere); quand il est long par na- 
ture, dans: voisin (vicinus),lrayeur 
(frigorem) ; quand il est long par 
position, dans: poisson (ptscio- 
nem*), damotseau (domin'cellus), 
demoiselle (domin'cella). — D. 
boite (dans repression tire en 
boite en parlant du vin), participe 
fort de boire (voy. absoute), bu 9 
ancien francais beu, contraction 
de bibutus, forme barbare du par* 



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BOI 



95 



BON 



ticipe passe de bibere. Sur la chute 
de b medial bi{b)uJtus, voy. aboyer; 
sur celle de * final, voy. aigu ; sur 
le changement de i en e, voy. ad- 
mettre. Gette forme bibutus pour 
bibitus n'est point isolee; on 
trouve pendutus (dans la lea? 4la- 
man.) , battutus [dans undecret de 
595). reddutus (dans une charte de 
796). 

Bois, en provencal bosc, en 
italien bosco, dans le plus aucien 
has latin boscum, buscum (avec le 
sens de bots 7 mot dont l'origine 
est inconnue). — Sur u latin (bu«- 
cttm) devenu oi, voy. an^owse. — 
Pour sc devenu s, cf. dais (discus), 
marais (marescus*), moule (mus- 
cla*), connais (cognosco). — D. 
boiser, deboiser, reboiser, boise- 
rie. 

Boissea** , ancien francais 
boissel, du L.busteUus* (boisseau, 
diminutif de busta, proprement 
botte d mesurer les grains, voy. 
boite). — Sur le changement de 
st en ss, et sur celui de u en ot, 
voy. angoisse; sur celui de ellus 
en eau voy. agneau. 

Boisson, du L. bibitionem* 
(boisson). Sur la chute du b, bi(b)i- 
tionem, voy. aboyer.— Sur tionem 
devenu sson voy. agencer. — 
Quant au changement de i latin 
en oi,voy. boire. 

Boite, ancien francais boiste, 
qui est successivement bossida, 
boxida, dans les textes latins 
lorsque Ton remonte jusqu'au 
neuvieme siecle, oil Ton trouve la 
forme originaire buxida (boite). 
Buxida est le grec rcvl-tSa, boite. 
— Buxida devenu bdssida par le 
changement de x en s (voy. ais- 
selle), et par celui de u eno (voy. 
annoncer) , s'est regulierement 
contracts en bdss'da suivant la loi 
de l'accent latin, (voy. p. lxxxi). 
boss' da a donne boiste par le chan- 



gement deo en oi (voy. chanoine). 
et par celui de d latin en t (voy. 
dont). Sur la chute de Ys dans 
botste, voy. ablme. — D. oofcier. 
Botte a aussi le sens d'articu- 
lation, qui est reste dans plusieurs 
expressions ; se aVbolter un bras, 
le faire sortir de sa botte , de son 
articulation ; mboiter un os, le 
faire rentrer dans Participation, 
dans la botte; boiter, avoir mal a 
l'articulation, a la boite, 

Boiter, voy. boite. — D. boi- 
teux. 

Bol (alimentaire, etc....), du 
grec pwXo< (masse arrondie). 

f Bol, coupe, venu de Tanglais 
botci (bol). 

Aomoattee, origine inconnue. 

Aom6e, origine inconnue. — 
D. bombarde, bombarder, bom- 
bar dement, bomber. 

Bomber, voy. oombe. 

Bon, du L. bonus (m. s). — 
D. bon (substantif, d'oti. abonner 
litteralement : prendre un bon 
pour....), bonne (substantif), bo- 
nasse, bonifier. bonification, bon- 
bon, bonbonniere. 

f Bonace, venu au seizieme 
siecle de l'ital bonaccia (calme de 
la mer). 

Bond, voy. bondir. 

Aotufe, mot d'origine germa- 
nique, de l'allemand (souabe 
bunte, bonde).— D. bondon, bon- 
der, dtbonder. 

j Bondir, le sens de sauter est 

i relativement moderne, et n'appa- 

rait guere qu'au onzieme siecle. 

i A l'origine de la langue bondir si- 

I gnif. retentir, re'sonner .• on voit 

dans la Chanson de Roland que 

T'olifant du neveu de Charlemagne 

bondissait (resonnait) plus Fort 

que tous les autres. — Bondir, 

vient du L. bombitare * (resonner). 

1 Sur le changenaent de conjugai- 

i son, voy. aimant. — Bombitare 



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BOR 



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BOU 



regulierement contracts en bomb'- 
tare (voy. accointer), a change bt 
en d (voy. accouder), m en n (Voy. 
changer). — D. bond (substantif 
verbal), bpndissement , rebondir . 

Bonheww, voy. foeur. 

Bonl, mot latin (proprement 
de bon. Combien de bonif) 

Bonnet. Le sens originaire du 
mot est etoffe. II y avait des robes 
de bonnet; l'expression chapel de 
bonnet se trouve plusieurs fois 
dans les textes: on la abregee en 
un bonnet, comme on dit un feutre 
pour un cnapeau de feutre. L'ori- 
ginede bonnet est inconnue. — 
D. bonnetier, bonneterie. 

Bonte, du L. bonitatem (mfime 
sens). — Sur la chute de Yi latin, 
voy. accointer; surle changement 
de alem en 4, voy. accointer. 

f Borax, venu de FOrient, 
comme beaucoup de termes d'al- 
chimie. L'original est l'hebreu 
borak (blanc). 

Bord, du neerlandais bord 
(bord). — D. border, bordure, 
aborder, de'border, bbrdage, re- 
bordybordereaUy bordie (ensemble 
des canons qui garni ssent le me 1 me 
c6te , le meme bord d'un vais- 
seau). — Une autre forme de bor- 
der est broder par transposition de 
IV (sur ce deplacement de l'r, voy. 
p. lxxvi ; et au mot cVpreU). Le 
sens originaire de broder 6tait pro- 
prement : ornerle bord d'une etoffe 
de dessinsa Taiguille, faire a cette 
etoffe une bordure qui la relevat. 
Ce qui confirme cette 6tymologie, 
e'est que l'espagnol bordar (bor- 
der), signifie en meme temps bro- 
der. 

normal, duL. borealis (mtae 
sens). 

Borgne, origine inconnue. — 
D. e1>orgner. 

Borne, anciennement bonne, 
au douzieme siecle bodne du L. 



merovingien bodina (borne , dans 
un texte du septieme siecle : l'ori- 
gine de bodina 1 est inconnue). 
B6d(i)na contracts en bod'na sui- 
vant la regie de l'accent latin 
(voy. p. lxxxi) , a doone bodne gui 
est devenu'bonne par l'assimilation 
de dn en nn (voy. alter) ; de meme 
que 11 est devenu rl par dissimila- 
tion dans hurier (ui'lare), nn 
(bonne) est devenu rn (borne) par 
une dissimilation analogue (voy. 
p. lxxv). — D. bornerj homage. 

Bosquet, diminutif de boscus 
{bois, voy. ce mot), proprement: 
petit bois. 

1. Bosse, origine inconnue. — 
D. bossu, bossuer, bosseler, bos- 
sette. 

2. Bosse, amarre, origine in- 
connue. — D. embosser. 

f Bosieman, venu de l'allem. 
bootsmann (contre-maitre). 

Bol) origine inconnue. 

Botanlqne, du grec Borovix^ 
(etude des plantes). — - D. bota- 
niste. 

1. Botte (de foin, etc....), de 
l'ancien baut allemand bdxo (fais- 
ceau, fagot). — D. boiteler. 

2. Botte, tonneau, outre, d'o- 
rigine germanique (all. butte)* 
botte (chaussure) est le mem* mot; 
cette transition du sensd'outre, de 
vase en cuir, a celui de chaussure 
telle que les bottes n'est point 
isolee dans les langues indo-euro- 
peennes ; l'anglais ooot, signifie a 
la fpis bottes, et coffre (de voyage). 

— D. bottier, bottine. 

t 3. Botte (escrime), de Vila- 
lien botta (coup de fleuret). 

Bottine, voy. botte, 2. 

Bone, origine inconnue. — D. 
bouquin, bououetin, boucher. 

Bone he, an L. bucca (bouche). 

— Sur u devenu ou, voy.[ accou- 
der. Sur ce devenu ch, voy. ache- 
ter. — D. bouchee, emboucher, 



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BOU 



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BOU 



embouchure, aboucher, boucher 
proprem fermer la bouche, clore 
Touverture). 

Boucaner, boucanier, origine 
inconnue. 

1. Bowcher, (verbe) voy. font* 
the. — D. bouchon, bouchonner. 

2. Boucher est proprement ce- 
lui qui tue les boucs ; et boucherie 
le lieu ou Ton vend de la viande 
de bouc dont le peuple mangeait 
au moyen age). On sait quelle 
etait au moyen age la jalousie re- 
ciproque des corporations; et avec 
quelle rigueur la division du tra- 
vail etait maintenue et protegee 
contre les empietements d'autrui : 
au dix-huitieme siecle mfime, les 
cordonniers qui fabriquaient des 
chaussures neuves ne pouvaient 
Sparer les vieilles : et les cordon- 
niers en vieuz leur intenterent 
mainls proces ; au moyen age les 
bouchers , c'est-a-dire les mar- 
chands de viande de boue n'avaient 
point licence pour vendre d'autres 
viandes; nous lisons par exemple 
dans les Slatuts de la viUe de 
Montpellier fannee 1204) : Ni el 
mazel de bocarid no sid venduda 
cam de feda. (II est interdit aux 
marchands de boucherie, de ven- , 
dre de la viande d'agneau). On 
voit ici le mot boucherie au sens | 
propre de viande de bouc. — Ce j 
qui confirme pleinement cette ori- 
gine du mot boucher, c'est que 
l'italien dit beccaio pour boucher, ' 
et que beccaio derive precisement 
de becco (bouc). • | 

Boucie, du L. bvcula * (bucu- 
la f umbo scuti, dit Isidore ae Se- 
ville). — Pour la chute de Yu ato- 
ne, buc'la, voy. p. lxxxi; pour le I 
cbangement de u en ou, buc'la= 
boucle, voy. accouder. — Boucle 
avait au moyen age le double sens 
ie umbo scuti et d'anneau ; ce der- 
nier seul a persiste (et s'est deve- 1 



loppe metaphoriquement dansbou- 
cle de cheveux , anneauque forment 
les cheveux). — t Quant au premier 
sens, il a disparu du radical, mats 
a persiste dans le derive boudier, 
qui dans les premiers siecles de 
notre langue, n 'etait qu'un simple 
adjectif. On disait avant le trei- 
zieme siecle un Hu boudier (com- 
me on dit un jour ouvrier), c'est- 
a-dire un ecu qui a une boucle 
(bosse au centre de Parme) : puis 
l'epithete a elimioe" le substantif, 
et des le quatorzieme siecle on ne 
dit plus qu'un boudier. 

Bonder, origine inconnue. — 
D. boudoir, mot cree au dix-hui- 
tieme siecle, bouderie. 

Boudin, origine inconnue. 

Boue, origine inconnue. — 
D. bouevx. 

Bonfc, diminutif de boue t ori- 
ginairement boye (bouee, dans 
notre ancienne langue) : boye est 
le latin boja fchalne, corde qui 
sert a retenir la piece de bois flot- 
tante). — Sur le cbangement de j 
latin en i, voy. aider; sur celui de 
o latin en ou, voy. affbuage. 

Bouffer, onomatopee (voy. p 
lxv). — D. bouffe", 

Bou ffify onomatopee. — D. 
bouffitsure. 

f Bouffcn, vonu au seizieme 
siecle de 1'ital. buffone (bouffon). 
— D. bouffonnerie. 

Bouge, du L. bulga (petit sac, 
selon Festus , c'est un mot dlori- 
gine gauloise : bulgas Galli sac- 
cuIom scorteos vocant. Du sens de 
sac est venu celui de boite, puis 
metaphoriquement celui de reduit, 
de chambre aussi etroite et obs- 
cure qu'une boite. — La meme 
metaphore se retrouve dans le 
parler vulgaire de Paris; ce qui 
nous fait mieux comprendre com- 
ment elle a pu se produire chez 
les Romains. 

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BOU 



Hottge*, en provencal bolegar 
(s'agiter), en italien bulicare(boui\- 
lonner), — du L. bullicare*, fre- 
quentatif de bullire (bouillir). Cha- 
cune des trois fonnes romanes 
marque un degre nouveau dans le 
deplacement du sens. — Bull (*) - 
cdre regulierement contracts en 
bull' care (voy. accointer), adonne 
bouger par le changement 1° de 
ull en ou (voy. agneau); 2° de care 
en ger (voy. adjuger). 

Bougie, mot d'origine histo- 
rique (voy. p. lxiv). De la ville de 
Bougie ou ron fabriquait ce pro- 
duit. — D. bougeoir. 

Bougon 9 origlne inconnue. 

Boutiiir, du L. bullire (bouil- 
lir). — Sur u devenu ou, voy. ac- 
couder; sur Hi latin devenu ill, 
voy. ail. — D. bouillon, bouiHon- 
ner; bouiUi, bouilhe, bouilloire. 

Bowlaugev, origine incon- 
nue. — D. boulangerie. 

Bowie, du £. bulla (petite 
boule ronde, proprement6ttwe)sur 
u devenu ou, voy. accouder. — D. 
boulet, boulette, boulon, boule- 
verser, le sens pro pre est (aire 
tourner (versare) comme xme'boule, 
tfbouler est proprement ; rouler en 
tombant comme une boule. 
. Bowteau, diminutif de Pan- 
cien francais boule (meme sens), 
qui est le latin betula (bouleau).— 
Betula regulierement contracts en 
befla suivant la loi de l'accent 
latin (voy. lxxm) a change tl la- 
tin en II, puis en I, comme dans : 
rtle (roHus) , router (roMare), 
crouler (corofVare), epaule (spa- 
t'fo), meuJe (mefTa),- grelot (cro- 
t'lum), frdter (pour frofler). 

f Bouledogue, venu recem- 
ment de l'anglais bulldog (m. s.). 

Bouieimrd, a^ ten francais 
boulevart , boulevert, boulevere, 
venu dans les premieres anneesdu 
quinzieme siecle de I'allemand 



bollverk (fortification). On sait 
qu'a Torigine le mot boulevard 
6tait un terme d'art militaire , de- 
signant le terre-plein des rem- 
parts : les boulevards de Paris 
n'etaient sous Louis XIV que l'en- 
oeinte nieme de Paris ; ces boule- 
vards plantes d'arbres, devinrent 
un lieu de promenade a la mode, 
et le mot boulevards devint syno- 
nyme de promenade ou de rue 
planted d'arbres, signification tout 
a fait etrangere au sens £tymolo- 
gique. 

Boulevemer, voy. boule. — 
D. bouleversement. 

Boullmle, du gr. (JovXCjua 
(faim de boeuf). 

f Boullne, de Pangl, bowline, 
(m. s.). — D. bouliner. 

f Boultngrln, venu de l'angl. 
bowling-green (gazon ou Ton joue 
aux boules). 

BouMon, voy. boule. — D. 
boulonner. 

Bouquet, anciennement bous- 
quet, a l'ongine bosauet, propre- 
ment petit bois (on ait encore un 
bouquet d'arbres ; le sens de petit 
bois est bien visible dans cette 
phrase de Mme de S6vign6 : II a 
voulu vendre un petit bouquet qui 
faisait un assex grande beautd. 
La forme primitive bosquet est un 
diminutif du latin boscum * (voy. 
bois). — Sur o devenu ou, voy. 
affouage. Sur la chute de Vs latin, 
voy. abime. — D. bouquetiere. 

1. Bouquin, voy. bouc. 

2. f Bouquln, vieux livre. venu 
du neeriandais boxkin (petit livre). 
— D. bouquiner, bouquiniste. 

BowtHtcan, origine inconnue. 

Bourbe, origine inconnue. — 
D. bourbeux, bourbier, embour- 
ber. 

Bouvde, mensonge, origine 
inconnue. 

1 Bourdon, baton depelerin, 



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BOU 



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BOU 



du L. burdo (dne). Pour le chan- 
gement de u latin en ou, voy. ac- 
couder. — Cette metaphore n'est 
point isolee dans les langues ro- 
manes et Ton a plusieurs exemples 
de cette comparaison entre le b£- 
ton qui soutient , et I'animal qui 
porta : en espagnol muleta pos- 
sede le double sens de mulet, et de 
MquiUe; en italien mula (mule) 
signifie egalement bdton; au dix- 
septieme siecle on appelait un 
baton la haquene'e des cordeliers, 
expression qui repond a ia locution 
espagnole el caballo de S. Fran- 
cisco (baton ; litteralement le che- 
val de saint Francois). 

2. ItoMfcfoM, tuyau d'orgue, 
origine inconnue. — D. bourdon 
(insecte dont le bruissement a ete 
assimile aux sons graves du bour- 
don d'orgue). 

3 AoMftfioM, insecte; voy. 
bourdon, 2. — I), bourdonner, 
bourdonnement. • 

Bouwg, du L. burgus qui a or- 
dinal rement le sens de petite place 
fortifiee, comme dans ce passage 
de Vegece : • Castellum parvum, 
quod burgum vacant. Dans Isi- 
dore de Seville le mot a deja le 
sens que nous ltd donnons aujour- 
d'hui : Burgus, dit-il, domorum 
congregatio, quae muro non ckw- 
ditur. — De burgensis (1' habitant | 
du burgus) forme que fourmssent 
ies textes merovingiens, est venu 
le francais bourgeois (l'habitant 
du bourg), par la reduction de ns 
(burgensis) a $(voy. aine*), et par 
le changement 1° de e (burgesis) 
en oi (voy. \acroire); 2° de u en 
ou (voy. accouder). — D. bour- 
gade. 

Bonwgmoim, voy. bourg. — D. 
bourgeoisie. 

HowtHpeom , vieux francais 
bourgeon, a l'origine burjon; cTo- 
rigine germanique (ancien hau* 



; allemand burjon, lever, propre- 
ment ce qui pousse, ce qui live, 
les premieres pousses de rarbre.— 
I D. bourgeonner. 

f Bourgmeatre, venu de Fal- 
lem. burgmeister (maire). 

Bourrache, en ital. borra- 
gine, du L. borraginem (bourrache). 
Borrdginem ayant perdu les syl- 
iabes qui suivent la syllabe accen- 
tuee (conformement a la regie de 
l'accent latin, voy. p. lxxxi) donna 
bourrache parle changement l°de 
o latin en ou (voy. affouage); 
2° de g en c (1'ancien francais dit 
borrace (voy. fraise) ; 3° de c en 
ch (voy. acharner). 
I f lioappaaqiie, venu au sei- 
zieme siecle de i'ital. burrasca, 
(bourrasque). 

Bonrrc , du L. burra * (dans la 
basse latinite, amas de laine); sur 
le changement de u en ou, voy. 
accouder ~ Bourre de fusil est le 
meme mot (les botirres e*tant or- 
dinairement faites de laine et de 
poils) ; de bourre de fusil est venu 
oourrer (action d'enfoncer la bour- 
re, puis d'introduire en general), 
d'ou les derives de'bourrer, em- 
bourrer, rembourrer, bourrade, 
bourre' e, bourru, bourreler, bour- 
relet, bourlet. 

HoMfneat* , origine inconnue. 

0oM»fefe#, voy. bourre. 

Bomwnriqwef du L. burricus 
qui est dans Isidore de Seville, 
avec le sens de mauvais petit che- 
val : mannus quern vulgo buricum 
vocant. Sur u = ou, voy. accou- 
der — D. bourriquet. 

Bourru, qui a coutume de 
bourrer les gens d'injures, voy. 
bourre. 

Bour*e, du L. byrsa (bourse, 
qui n'est autre que le grec pupaa 
(bourse) : sur le changement de y 
latin en ou par Pintermediaire de 

voy. p. lxxxvi, I. 8. — D. bour- 



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BOU 



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BOY 



iter ; dibourser, dibours; rembour- 
ser, -ement, -able. 

0ottr>»ou/let* , boursoufH, qui 
n'est que la contraction de bourse- 
sou/14, veut proprement dire souf- 
fle" , enfle, comme une bourse. 
Pour l'etymologie voy. aux mots 
bourse et souffler. — Le valaque 
ditde m6me bosun/la (boursoufler) 
qui estjitteralement enfler (unfla), 
comme une bourse [bos), ce qui 
confirm e la metophore du mot 
francais. — D- boursouflure. 

Bouscuter, ongine inconnue. 

Bowse origine inconnue. — D. 
bousiller. 

f Bouatole, mot venu au sei- 
zieme siecle de l'italien bossolo 
fmeme sens; proprement petite 
ootte dans laquelle sont enfermes 
Faiguille et le cadran). 

Bout, voy. bouter. — D. de- 
bout, emboutir, aboutir. 

f Bouiade, voy. bouter. 

Boute-ett- train, voy. bou- 
ter. 

Boute-few, voy. bouter. 

Bouteilie, du L. buticula , 
(bouteille, au huitieme siecle, dans 
les Closes de Reichenau, et plus 
tard dans le celebre* Capitulaire de ' 
Villis). Buticula est le diminutif 
de butica qui est dans Papias avec 
l^pithete de vasis genus : butica 
n'est qu'un derive 1 de (JOti; (flacon), 

— Buticula a donne bouteille par 
le changement 1° du suffixe icula 
en exile (vox. abeille); 2° de u en 
on (voy. accouder). j 

Bowler, pousser, mettre, an- 
cien francais 5oter, du moyen- 
haut allemand bdzen (meme sens), i 

— D bout (substantif verbal, bout 

oprement la partie dun corps 

Emte, qui heurte la premiere); ' 
re (branche que Ton met, 
que Ton ooute en terre) ; bouton 
(ce qui pousse, ce qui bout* aux 
plantes, et par analogic pieces de 



bois ou de m&al ayant la forme 
d'un bouton); boute-feu, qui sert a 
mettre, a bouter le feu aui canons; 
boute-en-train, qui met en train ; 
boute-selle. sonnerie qui avertit les 
cavaliers ae se mettre, de se bou- 
ter en selle; arcboutant, arceau 
3ui soutient un mur, qui l'empfiche 
e tomber, qui le repousse, qui le 
boule; boutoir, ce qui sert a heur- 
ter, a repousser. a bouter ; boutade, 
attaque, poussee, mot venu au 
seizieme siecle de l'italien comme 
Pindique le suffixe ade. 

Boutique, corruption du L. 
apotheca, (boutique); pour Pa- 
nalyse de ce mot, je renvoie le 
lecteur a la p. cvi, ou cette deriva- 
tion a deja 6t6 etudiee. — D. bou- 
tiquier. 

i'-nuton, voy. bouter. — D. 
boutonner, dtboutonner, bouton- 
niere. 

Boutuw^ 9 voy. bouter. 

Bouvier, du L. bovarius (qui 
garde les boeufs). — Sur anus 
devenu icr, voy. dnier; sur o de- • 
venu ou y voy. affouage. — Un 
autre derive de bovus est bouvil- 
lon. 

Bouvreuit) du L. bovariolus 
(petit bouvier, diminutif de bova- 
rius, bouvier). Sur la cause de 
cette denomination voy. p. xxv, 
ou ce mot est etudie. Uuant a la 
forme, bov(tfrio!us contracts en 
bov'rioluSj suivant la regie donnee 
au mot accointer, est devenu bou- 
vreuil par le changement 1° de 
iolus en euil (voy aieul), 2° de o 
en ou (voy; affouagff). 

Bovine, du L. bovinus (m. s.). 

f Doner, de l'angl. box (m. s.) 
— D. boxeur. 

Bopau, ancien francais boyel, 
a l'ongine boel, en ital. budello, 
du L. botellus, boyau d'animal, 
saucisse, dans Martial; intestin 
humain, dans les Lois Barbares * 



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BRA 



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BRA 



St botellum vulneraverit, lit-on 
dans la Lex Frtsionum (5,52). — 
Sur le emplacement du sens, voy. 
p. xxn. Sur la chute de t, bo(\)eUus t 
voy. abbaye; sur etiux devenueou , 
voy. agneau. 

Bimcelet, voy. bras, 

Braconner, voy. braque, — 
D. braconnier. 

. Brwt, goudron; ce mot qui 
correspond pour la forme au pro- 
vencal brae, a l'ital. brago vient 
du scandinave (nord. brdk, gou- 
dron). 

Brnie, en provencal orawa, en 
italien braca, duL. braca (calecon, 
culotte, que les ecrivains latins 
regardent comme un mot empruntg 

Ear les Romains aux Gaulois). — 
>. brayette; ddbraiUer qui est pour 
dibrayer (avoir des braies en des- 
ordre). 

JBvailfef 9 voy. braire. — D. 
braillard. 

Btuwire, origine inconnue. — 
D. braiment, brailler (diminutif). 

Braise, en espagnol brasa, en 
portugais btaza , mot d'origine ger- 
manique (vieil allemand bras feu). 
— D. braiser, brasier, embrater. 

f Bramer, venu au seizieme 
siecle de l'ital. brammare (m. s.). 

Bra**, mot d'origine celtique 
(ga61. bran, son). 

AfatfccttMf, voy. branche. 

BwHtnche, origine inconnue. 
— D. tbrancher, embrancher ; em- 
branchement. Brancard , signifie 
onginairement une grosse branche 
depouillee de ses feuilles, un grand 
baton : d'ou le sens de brancards 
d'une voiture ; et celui de litiere 
(brancards) formee originairement 
de batons croises. 

mranehle* , du gr. pp«TX ia 
(meme sens). 

Bfatufe, bruyere, origine in- 
connue. 

•art, mot d'origine 



histoHque (voy. p. uav). Au dix- 
septieme siecle, un brandebourg 
&ait une casaque garnie de passe- 
menterie, comme celles que por- 
taient en 1674, les soldats de I'K- 
lecteur de Brandebourg, quand Us 
entrerent en France. 

t Brandevln, del'all. brant- 
noein, (eau-de-vie). 

Bwmndir , signifiait propre- 
roent agiter un brand (une epee), 
puis agiter une arme en general. 
Sur ces extensions de sens, voy. 

l p. xxn. Quant a l'ancien francais 
brand, il est d'origine germanique 

' (scandin. brandr £pee). 

I Bratufott, diminutif de l'an- 

I cien haul aJemand brant (tison). 

| Bruntcr, origine inconnue.— 
D. branle (substant. verbal), bran- 
loir e, branlement; fbranler. 

Bruque, au sens de chien de 
chasse, d'origine german. (all. 
brack, chien de chasse) : au sens 
de fou, d'e'cerveli, e'est le produit 
de la comparaison : plus etourdi 
qu'un braque, qu'un chien de 

I chasse. — D. bracon diminutif de 

, braque, proprement petit ,braque; 
le valet propose* a la garde des 
bracons s'appelait le braconnier 
(de meme que celui qui soignait 
les faucons s'appelait fauconnier). 
Du sens qu'avait a l'origme le mot 
braconnier, est venue par une 
transition naturelle la signification 
qu'il possede aujourd'hui : le valet 
qui dirigeait les chiens , le bracon- 
nier, mettant a profit Pabsence du 
seigneur, et chassant pour son 
propre compte. 

JBraqnemaft, origine incon- 
nue. 
Afagtce**, origine inconnue. 
Bra*, du L. brachium (bras) : 
Chi latin s'est reduit a ex (voy. 
p. xcix), et celui-ci est devenu * 
(voy. agencer). — D. brachia par 
le changement regulier de chi en 



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BRjfe 



102 



BRE 



ci (voy. p. xcix) , e^ par celuf de ci 
ene (voy. o^nccr) adonnele vieux 
francais brace ( d'ou bracelet); 
brace a son tour a subi le change- 
merit de c en ss (voy. amitie' et 
est devenu brasse (proprement 
mesure qu'on prend avec les deux 
bras etendus) d'ou brasse'e, bras- 
sard, embrasser. 

Br osier, voy. braise. 

Bruiser, ancien francais bra- 
cer, fabriquer de la biere, verbe 
derive du mot brace (qui signifie 
malt dans notre ancienne langue) . 
A son tour, le vieux francais brace 
vieutduL. brace (malt, dansPline 
qui attribue a ce mot une origine 
gauloise) le latin brace donna un 
derive^ bracium {Bracium unde 
cervisia fit, dit Papias) lequel a 
donne l'ancien francais brace par 
le changement de ci latin en c 
voy. agencer; le vieux frangais 
bracer a change c en ss (voy. 
agencer) , et est devenu brasser, 

I Brave, mot venu au sei- 
zieme siecle de l'italien bravo 
(courageux). — D. braver, bravade, 
bravoure, bravache, bravo. 

Brunette, voy. braie. 

Brebis, ancien francais berbis, 
en italien berbice, du L. berbi- 
cem * (brebis) (sur la transposition 
de r latin, voy. p. lxxvi) Berbi- 
cem que Ton trouve d6ja dans 
Vopiscus, est ordinaire dans les 
Lois Barbaras ; St quis berbicem 
furaverit, dit la Loi Salique (t. 4. 
§ 2). Berbicem est une autre forme 
(le berbecem que Ton trouve au 
• premier siecle dans P6trone. (Sur 
le changement de e en i, voy. ac- 
comolir), Berbecem que Petrone 
emploie comme une forme du latin 
populaire correspond au vervecem 
du latin litteraire. Sur le chan- 
gement de v en 6, voy. bache- 
lier. 

Breehe, de l'ancien haut alle- 



1 mand brecha (rupture). — D. 
ibrtcher. 

BreeKet, anciennement bres- 
chet, a l'origine brischet, mot d'o- 
ngine celtique (Kymri 'brisket 
poitrine). 

BredomiUer, origine incon- 
nue. 

Bref 9 du L. brevis (court). 
| Sur v devenu f t voy. boeuf. 
I Bref, (du pape), du L. breve 
(acte, document, dans Justimen 
et dans saint Jerdme). Sur v de- 
venu f, voy. bceuf. — D. brevet 
(voy. achever). 

Brehaigne, origine incon- 
nue. 
Analogue, origine inconnue. 
Brente, ancien francais bres- 
me. de* Tallem. brachsme (m. s.). 
Bretauder, origine incon- 
nue. » 
Bre telle, origine inconnue. 
Brette, d'origine germanique 
(scandinave bredda, ep6e). — D. 
bretteur* 

Breuvage , dans l'ancienne 
langue beuvrage, en espagnol be- 
. brage, en ital. beveraggio, du L. 
i biberaticum * (breuvage, dans Du- 
cange) : biberaticum vient de bibe- 
rare * (fr£quentatif de bibere boi- 
re). Bib{$)r&ticum contracts en 
bib'r&ticum suivant la regie don- 
nee au mot accointer, a donne* 
l'ancien francais beuvrage par le 
changement 1° du suffixe aticum 
en age (voy. dge), 2° de t latin en 
e puis en eu (voy. admettre) ; 3° de 
br en latin en vr (voy. avant). — 
Beuvrage est devenu breuvage par 
la transposition de IV etudiee a Ja 
p. lxxvi, et au mot dprett. 

De meme que biberaticum a 

donne beuvrage puis breuvage, bi- 

berare (qu'on trouve au moyen 

age) adonng, par son compose ad- 

I biberare, le verbe abeuvrer dans 

I notre ancienne langue, qui est 



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BRI 



103 



BRO 



detenu dbreuver comme beuvrage 
est devenu breuvage. Pour les 
permutations, je renvoie au mot 
' breuvage. 

Brevet, voy. href. 2. 

Brevlalre, du L. breviarium 
(abrege, manuel, el specialement 
dans la langue ecclesiastique ma- 
nuel des prieres quotidiennes). 

Bribe, origine inconnue. 

-{- Brtek , venu de l'anglais 
brig (mSme sens). 

Bricote, origine inconnue. 

Bride, mot d'origine germa- 
nique(ancien haut allemand britl, 
brtttil). — D. brider, bridon, di- 
brider. 

f Brigade, venu au seizieme 
sifccle de l'ital. brigata (division 
d'armee) . — D. brigandage. 

Brigue, origine inconnue. — 
D. briguer. 

Britier , du L. beryllare * 
(scintiller comme une pierre pr6- 
cieuse, de beryllus pierre pr6- 
cieuse). Sur la chute ae Ye latin, 
b(e)ryllare 3 comparez : bruler (pe- 
rustulare). Gette disparition trls- 
rare d'ailleurs se retrouve pour les 
voyelles autres que e dans : crier 
(qwtritare) , creux ( corrosus * ) 
crouler (corotulare) ; elle a lieu, 
au second degre pour les formes 
franchises, dans : biuter (de belu- 
ter), Muette, (de beliuette), brouette 
(de berouette) etc... — D. brillant, 
brUlanter. 

Brimbarlan, origine incon- 
nue. 

Br in, origine inconnue. 

Brioche, origine inconnue. 

Brique, le sens original re de 
brique est fragment, morceau; le 
patois de la Bresse dit brique de 
pain pour morceau de pain , d'o- 
rigine Rermanique (angl. brick, 
anglo-saxon, bnce, fragment). — 
D. briquetier, brique ter, briquet. 

f BrUw, tocnje de marine venu 



vers la fin du dix-aeptiem esiecle 
de l'anglais breexe (brise). 

Brimer, de l'ancien haut alle- 
mand bristan (briser) . — D. brit 
(substantif verbal); brise'e (substan- 
tif participial) ; brisant, briseur. 
Broc, origine inconnue. 
Brocunter, origine inconnue. 
— D. brocantage , broranteur. 
| f »r#e»rd, mot d'origine his- 
torique. Au moyen age, dans la 
langue des Ecoles, brocard (en 
I latin du temps brocarda) designait 
les sentences de Brocardus eveque 
de Worms qui compilavingt livres 
de Regies ecclisiastiques. 
| Brocart, pour brochart, 6tofle 
broche'e d'or, voy. broche. 
| Broche, du L. brocca * (ai- 
, guillon, derive de broccus qui est 
, dans Plaute au sens de pointe, 
I de dent aigug). — D. brocher, 
brocheite , embrocher, brochure, 
brochage, brocket, diminutif de 
broche mot qui dansnotreancienne 
langue d&ignait ce poisson; ainsi 
nomme a cause de sa tete pointue 
en forme de broche; cette meta- 
phore n'est point isolee ; l'anglais 
dit pike pour brocket (ce qui veut 
dire proprement lance, pique). 

Brocher, un livre, le coudre 

avec la broche. — D. brochure. 

Brochet, voy. broche. 

Brodeqwin, en espagn. bor- 

cegui, en ital. borzacchino, du 

| flamand brosckin (meme sens). II 

est a remarquer que l'italien et 

l'espagnol ont conserve IV du fla- 

mand, tandis que le francais Pa 

tres-irregulierement transforme en 

den tale d. 

Broder, voy. border, — D. 
broderie. 

Brooches du grec Pp6yx°C 
(gorge), — D. bronchite. 

Broncher , origine incon- 
nue. 
f Bronse, venu au seizieme 



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BRO 



1C4 



BRO 



siecle de 1'ital. bronzo (mfime 
sens). — D. bronzer. 

Jlroiwe, ce mot qui signifie 
aujourd'hui plaque de oois garnie 
de crin,et pnmitiveraeritde cnien- 
dent ou de bruyeie, est un exem- 
ple de ces restrictions de sens dont 
nous avons parte dans V Introduc- 
tion p. xxn. Brosse, en bas latin 
brustta,de Pancien haut allemand 
brustia, avait a l'origine de notre 
languele sensde bruyere, buisson, 
etnese restreignit que tardivement 
ausens special de branche de bru- 
yere preparee pourenlever lapous- 
siere. — Lesensoriginairedebrous- 
saillesa persiste pour le mot brosse, 
dans quelquesacceptions speciales; 
en terme d'eaux et for§ts, un 
buisson s'appelle encore une brosse; 
courir a travers les buissons s'ap- 
pelle encore brosser en termes de 
chasse : II brossa longuement sans 
trouver nulle proie, ditRonsard, 
et Saint-Simon emploie mfime ce 
mot au sens general de courir, de 
traverser : Le premier president 
brossa & travers la compagnie et 
disparut. Ce verbe brosser, au 
sens de traverser, existe encore 
dans le denve* rebrousser qui 6tait 
aborigine rebrosser. — Enfin brous- 
saille qui est encore brossaille au 
seizieme siecle, est le diminutif de 
brosse, et signifie proprement petite 
brosse , petit buisson. 

Bwouet. proprement bouillon. 
On se rappelle le brouet que le re- 
nard sert a la cigogne dans la fable 
de la Fontaine. De m&me que l'ita- 
J en brodetto (brouet) est le diminu- 
tif de it. broao (bouillon) , brouet 
est aussi un diminutif en at de 
l'ancien francais brou (bouillon), 

3ui correspond au bas latin bro- 
um et a l'ancien haut allemand 
brod (sauce, jus). — Quant au 
changement de brodum en brou, 
voy. affouage pour le changement 



de o en ou, et voy. accabler pour 
| la chute du d. 
' Brotteiie, au douzieme siecle 

beurouaite, en wallon berouette. 

Ce mot quidesigne aujourd'hui un • 

Setit tombereau a une seule roue , 
esignait, jusqu'au dix-huitieme 
siecle, une petite charrette a bras 
et a deux roues ; on appelai t brouette 
, au temps de Louis XtV, une chaise 
I a porteur a deux roues. Au quin- 
1 zieme siecle la brouette etait en- 
core une charrette d'assez grande 
dimension , puUqu'Andre de la 
| Vigne nous parle des charrettes et 
l brouettes qui estoient d I'entre'e 
de Charles VUI a Florence. — 
! Brouette ou plut6t berouette qui 
est Torthographe primitive est le 
diminutif dun radical beroue* (sur 
j lesdiminutifs en ette, voy. ablette). 
Reroue est la reproduction exacte 
1 du L. birota (chariot a deux roues, 
dans les auteurs romains). Pour le 
changement de bi latin en fee, voy, 
bis; pour celui de rota en roue, 
voy. roue. — L'ancien francais 
berouette s'est contracts en brou 
ette par la chute de Ye (voy. bril- 
ler), mais beaucoup de patois sont 
restes fideles a la forme de la 
vieille langue et disent encore be- 
rouette. 
BrouiUard, voy. brouiUer. 
0f<roi!fet* origine inconnue. 
— D. brouille (substantif verbal), 
brouillon; dibrouiller; embrouU- 
ler. 
Anotcit*, origine inconnue. 
0notf««aiIfe«, voy. brosse. 
Brout (pousse des jeunes ar- 
bres), anciennement t roust, a l'o- 
rigine brost, du mot d'origine 
germanique (angl.-sax. brustian 
bourgeonner). — D. br outer (litt6 • 
ralement manger les brouts, les 
jeunes pousses), brouHller. 
Srotttet*, voy. brout. 
Jlroyet*, mot d'origine germa- 



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BRU 



105 



BUF 



nique (goth. brikan, rompre) ; la I 
forme latine bricare* qui sera re- 
sultee de ce mot allemand, donne ' 
regulierement broyer comme pli- 
cate don^e ployer (voy. ce mot). | 

Br**, ancien francais brut, mot 
venu de Tancien haut allemand 
brat (Bancee). 

f Brugnon, mot derive au sei- 
zieme siecle de Pitalien brugna. 

Brwine, origine inconnue. 

Jfftfife, origine inconnue. — 
D. bruit, tbruiter, bruissement. — | 
Le participe present de bruire est 
bruyant. I 

BVtti*, *oy. bruire, | 

Brvktc -pour point (a), a Po- 
rigine coup de feu tire d'assez pres 

Cir bruler le pourpoint. Voy. | 
ter et pourpoint. | 

AVdlef, anciennement brus- ' 
let, en iialien brustolare, du L. 
perustulare*, bruler entierement, 
consumer. De ustus participe de 
were, bruler, s'est produit, confor- , 
momenta la regledonneep. xxxin, 
ie verbe ustare % qui a donne a son 
tour le diminutif ustulare (reste 
dans Tancien espagnoi uslar, bru- 
ler, qui est pour ust'lar) . De meme 
que ustus a donne ustulare, le la- 
tin perustus (de perurere, bruler 
entierement) , a donne par Pinter- | 
mediaire de perustare, la forme 
derivee perustulare (qui s'est con- 
servee presque intacte dans Pita- 
lien brustolare, bruler). 

Quant au changement du latin 
perustulare en brusler, perust{u\- 
lare a perdu, suivant la regie 
(voy . accointer) , son 8 ; perust'lare 
s'est contracte en prusflare par 
la chute de la premiere voyelle 
(voy. briller); \ep latin estdevenu 
b (voy. p. cu), et brust'lare par 
Passimilation de tl en 11, et la re- 
duction de II en I (voy. bouleau) 
a donne bruslar et enfin Tancien 
francos brusler (surla chute de 



T* francais, voy. abime). — D. 
brulure, br&lot. 

Brnme, du L. bruma. — D. 
brumeuz. 

AVtm, de Tancien haut alle- 
mand brify (brun). — D. brune 
subst.; brunir, brunissage, bru- 
ndtre, embrunir, rembrunir, 

f Brusque, venu au seizieme 
siecle de Pitalien brusco (rude, 
sombre). — D. brusquer, brus- 
querie. 

Brat, du L. brutus (lourd, pe< 
sant). — D. brutal, brutaliti, bru- 
taliser. 

BrMyant, voy. bruire. ~ D. 
bruyamment (pour bruyantment, 
voy. abondamment) . 

BV«tuene,anciennementbrti#re 
de brugaria* (bruyere dans plu- 
sieurs textes latins de la premiere 
partie du moyen age. Ce mot vient 
des langues celtiques et est un di- 
minutif du breton brug bruyere). 

— Quant au changement de bru- 
garia en bruyere, voy. allier pour 
la chute du g latin ; voy. dnier, 
pour le changement du suffixe 
aria en iere. 

Buandier, voy. buie. 

Bubon, du grec pou&ov (tu- 
meur a 1 aine. propr. aine). 

Buccal, du L buccalis (relatif 
a la boucbe) . 

Buche, ancien francais busche, 
en provencal busca, du L> bosca* t 
forme feminine de boscum (bois. 
Voy. ce mot) . Sur le changement 
de ca en che. voy. acharner; sur 
celui de o latin en u, voy. curie. 

— D. bUcker, bucheron. 
Bueollque, du grec pooxo- 

Xixos (pastoral). 

f Budget, venu a la fin de 
TEmpire(l814), deTanglais budget 
(meme sens) . 

Btiec, origine inconnue. — D. 
buandier, buanderie. 

Buffet, origine inconnue. 



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BUR 



106 



BUT 



Buflle. du L. bufalus (buffle, 
dans Fortunat, forme secondaire 
de bubalus). — D. buffletin, buf- 
fleterie. 

Bwis, du L. bums (buis) . — 
Sur x devenu *, voy. ajouter; 
u latin accentue devient ux dans : 
pertuis (pertusus), cuivre (cup- 
rum), dutre (due* re. Composes: 
condutre, reduire, seduire, etc....), 
fuir (fug're), luire(luc're), aiguille 
(actt'-.la*), cutstre (custor*). U la- 
tin devient ui par attraction de Vi 
dans > jutn (Junius), pluie (pluvia), 
futs.(fugio), aigutser (acutiare), 
putts (putius*). — D. buisson. 
(Pour rextension du sens, voy. 
p. xxu). 

Buisson, voy. buis, 

Bulbe, du L. bulbus (oignon). 

Bulle, du L. buUa (globule). 
Bulle avait aussi le sens de petite 
boule de metal qu'on appendait au 
sceau des lettres patentes, d'ou le 
nom de bulle donne aux lettres pa- 
tentes des papes. 

f Bulletin, venu au seizieme 
siecle, de Pitalien bulletina (meme 
sens). 

Buwe, du L. burr a* (etoffe 
grossiere : Nobilis horribili jun- 
gatur purpura burrae, dit une 
epigramme attribute a Eucerias. 
— D. bureau (etoffe de laine : v6tu 
de simple bureau, a dit Boileau) ; 
puis tame recouverte d'un tapis de 
bureau. 

Bureau, voy. bure. — D. bu- 
raliste, bureaucratie (de bureau 
et de cratie; voy. aristocratie, de- 
mocratic) , bureaucrate. 

Burette, diminutif de l'ancien 
francais bure (bouteille), dont l'o- 
rigine est inconnue. 

f Bnrgrnve , venu de l'alle- 
mand burggraf (comte du chateau) . 

f Burin, venu , comme la plu- 
part des termes d'art, del'ital. bo- 
rino (meme sens). 



| f Burle«q«e,venuau seizieme 
siecle de Pital. burlesco (grotes- 
que). 

I Bnrnons, mot apporte" d'A- 
frique par les voyageurs. (Arabe 
bornos, meme sens). 

f Base, mot que Ton trouve 
aussi 6crit busque et buste au sei- 
zieme siecle, et qui est une cor- 
ruption de l'italien busto (voy. 
buste). 

Buse, du L. buteo (epervier, 
dans Pline). — Pour le change- 
ment de teo en se par l'interme- 
diaire de rto, voy. agencer. — D. 
busard, faucon. 

f Baste, venu au seizieme 
siecle de l'italien busto (buste). 

But, voy. outer. 

Bute*, neurter, frapper en ge- 
neral , dans notre ancienne langue, 
il s'est restreint dans le francais 
modernea certaines acceptions spe- 
ciales ; Stymoiogiquement buter 
est une variante dialectale de bou~ 
ter (voy. ce mot). — D. but (pro- 
prement le point ou Ton vise, ou 
Ton veut frapper, ou Ton veut ou- 
ter; but est substantif verbal), re- 
buter, rebut, dtbut, delmter. 

Butin, mot d'orimne germa- 
nique (moyen baut allemand bu- 
ten, butin). — D. butiner. 

Butor, oiseau de proie, mot 
d'origine inconnue. La stupidite 
de cet oiseau est proverbiale; et 
on dit metaphoriquement un bu- 
tor, comme on dit une buse (qui 
est proprement un oiseau de proie 
qu'on ne peut dresser pour la 
chasse, voy. buse). 

Butte , anciennement bute t 
forme teminine.de but (voy. ce 
mot) : les deux mots ont la m£me 
origine, et avaient primitivement 
le meme sens, comme cela est vi 
sible par la locution Sire en butte d, 
e'est-a-dire servir de but a. Le but 
etant place d'ordinaire sur un tertre 



yGoogk 



GAB 



107 



GAB 



elev6, le mot ne tarda point a de- 
signer ce tertre lui-meme; puis le 
sens originaire s'est perdu. 

UNvewr, ancien francais beu- 
veur, plus ancien nement beveiir, 
a l'origine beveor, duL. bibitorem 
(buveur, dans Isidore de Seville). 
— Bibi{i)orem a donne beveor 
par la chute du t m6dial (voy. ab- 
baye), le changement de o en v 
(voy. avant), celui des deux t 
atones en e (voy. mettre). — Be- 
veor , est devenu beveur, par le 
changement de to en eu (voy. 



axeut); puis beuveur par le chan- 
gement de la premiere voyelle (e), 
en eu (voy. jumeau); enfin on- 
veur oar fa reduction de eu a u 
(voy. jumeau). — L'espagnol oe- 
ttedor, 1'italien bevitore confirment 
cette derivation. — Par une trans- 
formation identique a celle que 
nous venons d'etudier, bibentem a 
donne buvant (pour les permuta- 
tions, voy. ci-dessus), d'oii buya- 
ble, buvette, etc.... 

bjmqi, du L. byssus (sorte de 
lin tres-fin). 



fa, adv. signif. ici, du L. 
ecc'ac* (compose de ecce-hac, 
comme ecciste, eccille sont pour 
ecce-iste, ecce^lle. Sur la chute de 
Vh dans ecce-hac, voy. atelier. 
Ecce a deja le sens did dans plu- 
sieurs textes du septieme siecle et 
du huitieme. On trouve par ex- 
emple : Parentes ecce habeo multos 
(J'ai ici heaucoup de parents). La 
locution ecce-hac est done un ve- 
ritable pleonasme ; pour le change- 
ment de ecc'ac en ca, voy. au mot 
ce. 

f cabale, mot d'origine he- 
braique, la cabale etant propre- 
ment la tradition judaique pour 
Interpretation de PAncien Testa- 
ament (de l'hebreu Kabala, doc- 
trine traditionnelle) ; ce mot qui 
prit au moyen age le sens d'interpre- 
tation cachee, puis de science mys- 
terieuse pour commercer avec les 
etres surnaturels, a donne l'adjec- 
tif cabalistique. — Du sens de me- 
nees occultes, d'effbrts caches 



pour atteindre un but, est venu la 
signification actuelle du mot ca- 
bale (d'oii cabaler). 

f caban, venu au seizieme 
siecle de l'espagnol gaban (meme 
sens). 

Cabane, du L. capanna (ca- 
bane dans Isidore de Seville : Tu~ 
gurium, dit-il, parvacasa est; hoc 
rustici capanna vocant. On trouve 
deja cabanna, au huitieme siecle, 
dans les Gloses de Reichenau). — 
Sur le changement de p en b } voy. 
abeille. — D. cabanon. 

€a6a#*e*, origine inconnue. — 
D. cabaretier. 

Cabas, origine inconnue. 

f cabestan, au dix-septieme 
siecle capestan, venu de l'anglais 
capstan (m£me sens). 

f cablne, venu de l'anglais 
cabin (meme sens). 

f Cabinet, venu au seizieme 
siecle de 1'italien gabineUo (cabi- 
net). 

Cable y du L. capUm (qui se 



yGoogk 



CAC 



108 



CAC 



trouve au sens de corde dans 
Isidore de Seville a c6te de la 
forme capulum) : sur le change- 
ment de p en 6, voy. abeille. 

Caboche, diminutif du L. ca- 
put (t£te), par le suffixe ochte 
(oceus) , qui se retrouve dans 4pi- 
noche, pioche etc.... Sur le chan- 
gement de p en 6 dans caput (qui 
est dans le Lex salica, cabo), voy. 
abeille. 

fCaboter, cabotage, venu de 
Titalien cabotaggio (m§me sens). 
— D. caboteur, cabotin (comedien 
ambulant qui va de ville en ville, 
comme le marin caboie de port en 
port. 

Cabotin, voy. caboter, 

f Cabrer , se dresser comme 
une chevre sur les pieds de der- 
riere; venu au seizieme siecle de 
1 espagnol cobra (chevre). 

f Cabri, anciennement cabrit 
(chevreau), du provencal cabrit 
qui est le latin capritum* (che- 
vreau dans les Lois Barbares, de 
capra, chevre). 

f Cabriole, dans Montaigne ca- 
priole, venu au seizieme siecle de 
ritalien capriola (mfime sens, pro- 
prement saut de jeune chevre). — 
D. cabrioler, cabriolet (voiture a 
deux roues, qui saute, qui cabriole 
par sa 16geret6). 

Cabriolet, voy. cabriole. 

€«6tt«, derive indirectem en t du 
L. caput (tfite : prbprement chou a 
ttte. Pour le changement de p en 
by voy. abeille. Pour chou-cabus, 
I'allemand dit Kopfkohl (litterale- 
ment chou d Ute), ritalien capuc- 
cto (proprement pelite tite), formes 
qui confirment Porigine du mot 
francais. 

f Cacao, mot venu d'Amenque 
a la fin do seizieme siecle.— D. ca- 
caotier. 

t Cachalot, mot venu de Fan- 
glais cachalot (mime sens). 



| fcaehemtre, 6toffe originaire* 
ment tissee dans le royaume de 
Cachemire. 

| Cache**, en italien quattare, 
du L. coactare (6tre press£, foule, 
comprint, d'ou par extension se 
cacher, ce qui est proprement se 
tapir, se blottir, se comprimer) : 
d'ailleurs on trouve en francais ca- 
cher au sens actif de fouler, de 
presser dans ce vers de Ronsard : 
A pieds deschaux cache le vin nou- 
veau (Pieds nus, il e" craze le rai- 
sin), ce qui met hors de doute 
. retymologie : de mfime en italien 
qualto signifie a la fois cache" et 
| comprime. 

Quant a la forme,'coactare a don- 
n6 cacher : 1° par le changement 
de ct en ch 9 voy. altecher; 2° par la 
suppression de Yo (cacher pour 
| coacher) ; cette suppression de Yo 
devant a se retrouve dans cailler 
de coa glare, qui eta it dans notre 
| ancienne langue coailler (voy. caiU> 
ler). — D. cache (substantif ver- 
bal) : cachette; cachet (proprement 
qui sert a cacher le contenu d'une 
lettre); cachotter, d'ou cachot (sub- 
stantif verbal); cachotterie. 

Cachet, voy. cacher. — D. ca~ 
cheter, dicacheter. 

Cachot, qui avait ongmaire- 
ment le sens, non de prison, mats 
de cachette (Ambroise Pare parle 
des cachoU des b4tes sauvages), est 
le substantif verbal de cachotter 
(voy. cacher). 

Cacocbyme, du grec xorxoxv- 
|io: (dhumeurs malsaines). 

Cacographle, du grec xotxo- 
ypoqpta (proprement mauvaise Ven- 
ture). 

Cacologie, du grec xaxoXoyCa 
(locution vicieuse). 

Cacophonle, du grec xaxofia- 
vt'a (dissonance). 

Cacto*, du grec xdxro; (m£me 
sens). 



y Google 



CAD 



109 



GAG 



Cudmmtre. anciennement cap- 
dastre, en itaiien catastro, du L. 
capitastrum* (registre servant a 
l'assiette de Fimpdt, derive de ca- 
put qui a, dans le latin classique, 
le sens de montant d'une contri- 
bution). L'espagnol a tire de meme 
cabexon (role de perception), de 
cabexa (tfete). 

Cap(i)tastrum, a perdu son £, 
suivant la regie (voy. accointer), 
et a donne cadastre par le change- 
ment de pt en d que Ton retrouve 
dans malade (male-aptus), cadet 
(cap'lellum*). 

Cadavre, du L. cadaver (mfime 
sens). — D. cadavtrique, cadavi- 
reux. 

Cadeau, signifie proprement les 
traits de plumes entrelaces, dont 
les mat ires d'ecriture ornent leurs 
exemples; tel Itait le sens du mot 
jusqu au seizieme siecle ; il prend 
alors le sens de futilites, de passe- 
temps agreable, mais inutile ; faire 
des cadeaux se disait pour : s'amu- 
ser a des riens, a des bagatelles ; 
cadeau devint Fequivalent d'a- 
museroent, de divertissement, de 
ffite : Taime les visites , les ca- 
deaux, les promenades, en un mot 
toutes les choses de plaisir (Mo- 
liere, dans le Mariaae force). II 
s'appliquait en particulier aux f&tes 
que Ton offrait aux femmes : don- 
ner aux femmes un cadeau de mu- 
sique et de danse, disait-on audix- 
septieme siecle. — C'est de cette 
locution donner un cadeau (don- 
ner une fete), qu'est derive le sens 
actuel de present donne au mot 
cadeau, de don fait a quelqu'un. 
— On voit combien Thistoire de ce 
mot nous eloigne fie sa significa- 
tion primitive. — Au sens origi- 
naire de traits de plume entrela- 
ces. qui forment comme un en- 
chainement calliKraphique, cadeau 
qui est au douzieme siecle cadel 9 



dans le po£me de Gerard de Rous- 
sillon, yient, par i'intermediaire 
du provencal , du L. catellus (pe- 
tite chaine). 

fcadena*, dans Rabelais cate- 
nas, venu au seizieme siecle de 
Titalien catenaccio (meme sens). 

— D. cadenasser. 

t Cadence, venu au seizieme 
siecle de 1'ital. cadenza (cadence), 

— D. cadencer. 

fCadene, venu du provencal 
cadena (chaine), derive lui-mdme 
du L. catena (chaine). 

Cadeaette, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv) : coiffure, 
coupe de cheveux mise k la mode 
sous Louis XIII, par le seigneur de 
Cadenet (Honore d'Albret, freredu 
due de Luynes). 

f Cadet 9 mot venu du proven- 
cal capdet qui est le latin cap'tet- 
tum*, capttettum (diminutif de 
caput, chef; le fils aine etant consi- 
dere comme le premier chef de la 
famille, — le second des enfants, 
le cadet, est proprement le second 
chef, le petit chef. 

Cadran, ancien francais qua- 
drant, du L. quadrantem (cadran 
solaire; proprement plan sur le- 
quel les heures sont tracees). 

f Cadre, venu au seizieme sie- 
cle de Tital. ouadro (cadre). — D. 
cadrer, encadrer. 

Cadae, du L. caducus (meme 
sens). — D. caducite. 

Cadneee, du L. caduceum (ba- 
guette de heraut). 

Cafard, origine inconnue. 

fcafe, mot apporte de TOrient 
par les voyageurs, au commence- 
ment du dix-septieme siecle, et 
qui est le turc kahveh (cafe). — 
D. cajier, cafetier, cafetiere. 

Cage, du L. cavea (cage). - 1 

Sur le changement de ea en ge, 

voy. agencer et abre'ger; sur la 

chute du V, voy. aVUger. — D. ca- 

1 



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CAI 



110 



CAL 



joler (pour cageoler), qui avait 
dans notre ancienne languele sens 
de chanter comme un oiseau en 
cage, a oris, par une transition na- 
turelle, la signification de seduire 
par des paroles insinuantes, de 
flatter. 

f Cagneax, qui marche comme 
un chien basset, dimmutif de ear 
gne venu de Pital. cagna (chienne). 

Cagot, origine inconnue. 

Cahte+y anciennement cayer, 
a Porigine quayer, du L quater- 
num* (cahier de quatre feuilles, 
puis cahier en general) . — Sur la 
chute du t medial, qua{i)ernum, 
voy. abbaye; sur la reduction de 
m final a n, voy aubour ; sur le 
changement de qua en ca , voyez 
car; sur ('intercalation nun h 
voy. p. lxxxix— L'italien quader- 
no (cahier;. le Catalan cuern (ca- 
hier), confirment cette origine. 

Cahln-caha, expression tiree 
du L. qua htnc, — qua hoc (par 
ci, par la). 

Cahotcr, origine inconnue. — 
D. cahot (substantif verbal) . 

f Canute, proprement cabine 
de navire, les marins disent cajute, 
du hollandais Kajuit (cabine). 

Cctteu , origine inconnue. 

Caiiie, ancien francais quail- 
le, en italien quaglia, du latin du 
moyen age quaquila (caille). Qua- 
quila, regufierement contracts en 
quaff la (voy. p. lxxxi), a donne 
caille par le changement l°de qua 
en ca (voy. car); 2° par celui de 
cl en %l (voy. abeille). — Quant a 
la forme latine quaquila, elle est 
d'origine germanique et corres- 
pond a l'ancien neerlandais qua- 
kele (caille). 

Coif let* , ancien francais coaiU 
ler, du L. coagulare (cailler). 
Coag(iX)lare, contracts riguliere- 
ment (voy. accointer), en coag'la- 
re, a donne le vieux francais cooil- 



ler par le changement de al en il, 
qu'on retrouve dans : vetTler (vi- 
0'Jare, tut'Ze (te^Za), 6trttte (stri- 
0'iis), tratfle (traj/'ia), friteux (fri- 
0'iosus * ) , frile (ancien francais 
fraile de fragr'lis. Pour la chute de 
Vo, et le changement de coaiUer 
en cailler f voy. cocker. — D. caiV- 
lot. 

CaUMou, origine inconnue.— 
D. cailloutage, 

f Caiman, mot venu des colo- 
nies americaines, par l'interme- 
diaire de la transcription espa- 
gnole cayman. 

f Catese, du L. capsa (coflfre) . 
par Pinterm6diaire du prove'nc.al 
caissa. — Sur a (capsa) devenu at, 
voy. aigle. — Ps s'est assimile et 
est devenu ss. Cette assimilation 
existait deja en latin; on trouve 
issa, scrisi, pour ipsa, scripsi, 
dans un texte du huitieme siecle ; 
et ce changement de ps en ss 6tait 
accompli depuis bien des siecles 
dans le latin populaire, puisque 
Suetone raconte que l'empereur 
Claude mitun senateur a l'amende 
pour avoir prononce me au lieu 

i d'ipse {ss devient s dans des de 

I 'de~ipso % mime anciennement mes- 

1 me de metipsimus*). Pt s'assimile 
egalement : grotte (crypta), recede 
(recepta), — chasser (captiare*), 
ni6ce (neptia*), nocc (nupliae*), 
ranpon ( redempfionem ) , confer 

• (comp'fare), emprunfer (impromp- 
tare*), ente (imp'tus*). — Pro de- 
vient m : semame (septimana. — 

> D caissier, caisson, encaisser. 

I Cajotew, voy. cage. — D. ca- 
jolerie. 

'" Cal , du L. callus (m6me sens). 

I Calamity , du L. calamitaUm 

1 (malheur). 

1. €alan<tt«e. alouette,du grec 
xapaSpto;, par rintermediaire du 
latin caradrion qui est dans la 
Vulgate : sur le changement de r 



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GAL 



111 



GAL 



en J, voy. autel; sur rintercalation 
d'un n , voy. concombre. 

2. CafaaMf»*e, cylindre pour 
lustrer les etoffes ; du L. cylindrus 
(meme sens) : sur le chaogement 
de y en a, voy. p. lxxxvi et au mot 
baianee; sur celui de in en an 
voy. p lxxx. — D. calandrer. 

Calealre, du L. calcariut (de 
chaux). 

Caletner, du L. calcinate* (r6- 
duire en caUem, en chaux). 

Caleul, du L. calculus (propre- 
ment caillou , et aussi jelon pour 
compter, puis compte, caleul. — 
D. calculer, cakulateur, incalcu- 
lable, calculeux. 

fl. Cale (de navire), vient de 
Pitalien cala (cale). 

f 2. cale, coin de bois pour sou- 
ten ir, pour caler, venu de Palle- 
mand Keil (coin servant a caler) . 

| calebasse, venu au seizieme 
siecle, de l'espagnol calabaxa (ca- 
Jebasse). 

fcaleeae, venu des langues 
slaves (polonais kolaska, slav. &o- 
lassa) par Pintermediaire de l'alle- 
mand Kalesche (caleche). 

f caleeon, venu au seizieme 
siecle de Pitalien calzone (meme 
sens). 

Calemboar, origine inconnue. 

Calendes, du L. calendx (le 
premier jour du mois). 

Cafett«ft*ie*>, ancien francais 
calendier, du L. calendarium (ca- 
lendrier). — Pour le changement 
dearium en ter, voy. dnier; pour 
Pinsertion de r, voy. chanvre. 

Caleptn, mot d'origine histori- 
que (voy. p. lxiv). Ce mot, qui ne 
signifie plus aujourd'hui qu'un pe- 
tit agenda, avait, au dix-septieme 
siecle, le sens de vaste recueil de 
notes. (Boileau l'emploie encore 
dans ce sens : Qui de sts revenus 
e'erits par alphabet Pent fournir 
outwent un calepin complete Ce 



mot designait, a Porigine, un vo- 
lumineux diction nai re en six lan- 
gues, tres-r6pandu dans les pre- 
mieres annees du seizieme siecle, 
et dont Pauteur etait Ambroise Ca- 
lepin, moine Augustin mort en 
1511. 

Cafe**, voy. cale 2. 

t Calfater, dans Rabelais cal- 
lafater, venu au seizieme siecle de 
Pitalien calafatare (calfater). — 
D. calfat (substantif verbal). Des le 
seizieme siecle, le verbe calfater a 
et6 corrompu en calfeutrer {calfeu- 
trer un navire n'est pas rare dans 
les auteurs du seizieme siecle). 

Calfeutrer, voy. calfater. 

f Calibre, venu au seizieme 
siecle de Pitalien calibro (mfime 
sens). 

1. callee, du L. calicem (vase). 

2. CaWce, du L. calycem (calico 
des fleurs). 

Calieot, mot d'origine histori- 
cjue (voy. p. lxiv), toile de coton, 
importee de la ville de Calicut, qui 
en faisait sa principale industrie. 

t Callfe. de Parabe Khalifa 
(successeur au prophete). 

CaUfourchoti, origine incon- 
nue. 

Cafitt, origine inconnue. — 
D. cdliner, caltnerie. 

Calleux, du L. callosus (cal- 
leux). — Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. — D. callosiU. 

Calllgraphe, du grec xdXXoc 
(beautS), et ypdfeiv (ecrire). — D. 
calligraphic, 

f Caloie,venude Pitalien calma 
(mdine sens). — D. calmer. 

Calomnle, du L. calumnia 
(meme sens). — D. calomniateur, 
calomnier. 

Calorlfere, mot forge a Paide 
du latin calor (cbaleur), et ferus 
(qui porte). 

Calotte, origine inconnue. 

t Calauer, venu au seizieme 



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GAM 



112 



CAN 



stecle (comrae beaucoup de termes 
de dessin) de l'italien calcare (cal- 
quer). — D. caique (substantif ver- 
bal), decalquer. 

Calvltle, du L. canities (meme 
sens). 

Cawnateu, voy. came'e, 

f Camall, a 1 origine cotte de 
maille des chevaliers, couvrantseu- 
lement la t6te et les epaules; au- 
jourd'hui petit vehement du clerge 
couvrant la t£te et les epaules jus- 
qu'a la ceinture : mot venu, au 
moyen age, du provencal capmail 
(camail).qui est le latin caput (tete) 
et macula (maille) ; proprement ar- 
mure de mailles pour la t£te : pour 
l'etymologie de maiUe, voy. ce 
mot. 

f Camarade,venu au seizieme 
siecle del'espagnol camarada (pro- 

f>rement : celui qui demeure dans 
a meme chambre ; terme originai- 
rement militaire). — D. camara- 
derie. 

Cantatui, origine. inconnue. 
Voy. camus. 

f camfeoulft, ancien francais 
cambois, venu du provencal ca- 
mois (boue), dont Torigine est in- 
connue. 

Catnbrer, courber, du L. ca- 
merare (vouter). Sarla chute de e 
cam{$)rare, voy. accointer. — Sur 
ro'r devenu mbr, voy. absoudre. — 
D. cambrure. 

f Camlinie, cuisine du navire, 
venu de l'anglais caboose (m6me 
sens). 

\ Cam^e, venu au seizieme 
siecle de l'italien cameo (camee). 
— D. camaieu. 

Cameteon, du grec xaiiaiXecov 
(cam&eon). 

' Camelot, etoffe de poil , et a 
l'origine de poil de chameau. Ge 
mot, qui est dans les textes latins 
du moyen age camelotum, est un 
derive du L. camelus (chameau), 



f Camerler, venu de ftt&Sttn 
cameriere (officier de la cham- 
bre). 

f Camerlate, venu de l'italien 
camerista (femme de chambre). 

Camion, origine inconnue. 

f Camisole, venu au seizieme 
siecle de l'italien camiciula (meme 
sens). 

f camomllle, venu au seizieme 
siecle de l'italien camomilla (ca- 
momille). 

Camoullet, origine inconnue. 

Camp, du L. campus (champ 
de bataille, proprement : le terrain 
sur lequel une armee dresse ses 
tentes, avant le combat) . — D. cam- 
per, de'eamper. 

Campagne, du L. campania 
(qu'on trouve d6ja au sens de 
plaine> dans les arpenteurs ro- 
mains). Sur le changement de ania 
en agne, voy. montagne. — L'an- 
cien francais disait champagne 
pour campagne. qui originairement 
appartient au dialecte picard (voy. 
Grammaire historique de la lan- 
gue frangaise, p. 48), et s'est 
implante assez tard en francais. — 
D. campagnard. 

f Campanile, venu de l'italien 
campanile (clocher). 

f campaaule, venu au sei- 
zieme siecle de l'italien campanula 
(clochette). 

Campdehe, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv) ; bois qu'on 
tire des forets qui bordent la baie 
de Campeche. 

Camper, voy. camp. — D. 
campemeni. 

Compare, du L. camphora*, 
qui est d'origine arabe {Kafar) : 
sur la chute de To latin camph(o)ra, 
voy. ancre. 

Cam*m* 9 origine inconnue. 

f canaille, venu au seizieme 
' siecle de l'italien canaglia (mime 
! sens). 



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CAN 



113 



CAN 



Canal, du L. canalis (canal). 

— D. canaliser. 

| Canape, venu au seizieme 
siecle de l'itdien canopi (meme 
sens). Rabelais dit conope'e. 

Coatot* «f, voy. cane. — D. ca- 
narder. 

Canart, anciennement cana- 
ries, mot d'origine historique (voy. 
p. uav) , serin des lies Canaries. 

€aatcatt, onomatopee (voy. 
p. lxv). — D. cancaner I 

Caneer, du L cancer (ulcere). 

— D. cancereux 

€naet*e, proprement crabe, du I 
L. cancer (crabe) ; sur la chute de 
de Ye latin, voy. p. lxxxi. Ce mot 
appartient originairement au dia- 
lecte picard (voy. Grammaire his- 
Unique de la langue francaise, 

5. 42) , et n'est entre qu'assez tard 
ans notre langue. 

Candelanre, du L. candela- 
brum (meme sens). 

Candeur, du L. candor (blan- 
cheur). 

f Condi, venu au seizieme sie- 
cle de l'italien candi (meme sens) . 

Candidas, du L. candidatus 
(qui brigue une charge). — D. can- 
didature. 

Candlde, du latin candidus 
(blanc). I 

Cane, bateau dans le vieux 
franca is ; puis canard. Ce mot, qui 
a l'ongine a le sens de bateau dans 
notre ancienne langue, prend assez 
tard la signification quil possede 
aujourd'hui : la transition d'idee 
estcelle d'animal flottantsur l'eau, 
comme un bateau. — Cane vient 
de l'allemand Kahn (bateau) — D. 
canard , cane ton; au sens de ba- ! 
teau, cane a laisse le diminutif 
canot. 

Canennore, du grec xavrj^o- 
poc (porteuse de corbeille). 

f Canette, diminutif de cane , 
qui est l'allemand Kanne (cruche, 



pot). — D. canon (mesure pour les 
liquides). 

f caaerao, venu au seizieme 
siecle de l'italien canavaccio (meme 
sens, proprement : grosse toile a 
broder). 

Canlene, derive* du L. canu 
(chien). 

caaleule,duL.cantcuia(m 8.). 

Cnttf/*, mot d'origine germani- 
que (anglo-saxon cntf, couteau). 

Canine, du L. canina (de 
chien). 

Cattiveatf, origine inconnue. 

Caattte, du L canna (roseau, 
jonc) — D.cannelle,canneU t can- 
nelure* canon (avant de signifier 
f>iece d'artillerie, ce mot designait 
e canon, le tubedu fusil, et k 1'ori- 
gine le fflt, la canne de VarbaUte) 

1. Canon, voy. canne — D, 
canonner, canonnade, canonnter t 
canonntere. 

2. Canon, regie, decret , du L 
canon (regie). — D. canonique, 
canoniser (inscrire sur le canon, 
sur la liste des saints). 

canoatcat, du L. canonicatus* 
(benefice du canonicus, du cha- 
noine). 

Caaonloer, voy. canon 2. — 
D. canonisation 

Canot, voy. cane. 

f Cantaloup, mot d'origine his- 
torique, dont on trouvera i'6tymo- 
logie a la page lziv. 

f Cantate, venu de l'italien 
cantata (cantate). 

f Cantatrlee, venu de l'italien 
cantatrice (chanteuse). 

Cantharlde, du L. canthari- 
dem (meme sens). 

Cantllene, du L, cantilena 
(meme sens) 

f Cantlne* venu au seizieme 
siecle de l'italien cantina (m6me 
sens). — D. cantini&r'. 

cantloue, du L. caniicum(m&- 
me sens): 



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CAP 



114 



CAR 



Canton, origine inconnue. — 
D. cantonal, cantonner, cantonne- 
ment, canlonnier, 
{ f cantonade, de l'italien can- 
tonata (mSme sens). 

Canute, du L. cannula (mSme 
sens). 

f Caoutehoue, mot d'origine 
americaine [cahutchu dans les lan- 
gues indiennes), 

f Cap, mot venu an seizieme 
siecb de l'italien capo (cap). L'i- 
talien a aussi le sens de tgte; d'ou 
l'expression de pied en cap (c'est- 
a-dire de la tSte aux pieds). 

Capable, du L. capabilis* (mi- 
me sens). — Sur abilis devenu 
able, voy. affable. 

Capactte, du L. capacitatem 
(toeme sens) . 

\ Capara$on,venu au seizieme 
siecle de l'espagnol caparacon 
(m§me sens). 

Cape, du L. cappa (manteau a 
capuchou, dans Isidore de Seville). 
Sur pp devenu p, voy. chape. Sur 
Introduction du mot cape en fran- 
cais, voy. Grammaire hislorique 
de la langue frangaise, p. 42. — 
D. capeline, capotte. 

Capef ttte, voy. cape. 

Caplllatre, du L. capillaris (de 
cheveu). 

f capilotade, au seizieme sie- 
cle cabirotade, venu de l'espagnol 
cabirotada (mime sens). 

Capttalne, venu vers le qua- 
torzieme siecle de capitaneus, for- 
me que le latin du moyen age avait 
tiree de caput (chef). 

Capital, du L. cavitalis (meme 
sens). — D. capital, capitaliser, 

T'taliste. 
Cap! tan, venu au seizieme 
siecle de l'espagnol capitan (capi- 
taine). 

t caplteux, venu au seizieme 
siecle de l'italien capitoso (m&ne 



f Caption, venu de ritalien ca- 
pitone (bourre de soie). — D. ca- 
pttonner. 

Capltuler, du L. capitulate* 
(fixer les conditions, les chapitres 
de la convention d'abandon). — D. 
capitulation, capitulaire. 

f capon, venu de l'italien cap- 
pone (chapon). — D. caponner. 

f caporal, venu au seizieme 
siecle de l'italien caporale (m. 8.). 

Capote, voy. cape. 

Cdpt*c, du L. capparis (capre). 
— Sur la chute du dernier a, voy. 
asperge. 

f Caprice, venu au seizieme 
siecle de l'italien capriccio (m§me 
sens). — D. caprtcieux. 

Caprlcorne, du L. capricornus 
(raSme sens). 

Capsule, du L. capsula (petite 
boite) , 

Capter, du L. captare (pren- 
dre). — D. captation, captateur. 

captlf, du L. captivus (meme 
sens). — D. captivite', captiver. 

Capture, du L. captura (action 
de saisir). — D. capturer. 

f Capuce, venu au seizieme sie- 
cle de ritalien capuccio (meme 
sens). — D. capucin, capuctne 
(fleur en forme de capuce). 

f Caquer. anciennement qua- 
quer, venu au hollandais kaaken 
(caquer).— D. caque, encaquer. 

Caqueter, onomatopee (voy. 
p. lxv). — d. caquet (substantif 
verbal) . 

Car, du L. quart (c'est pour- 
quoi).Dans notre ancienne langue, 
car avait garde son sens etymolo- 
gique : *Jene sais ni car ; ni com- 
ment, » disait-on au treizieme sie- 
cle (au lieu de : Je ne sais ni 
pourquoi, ni comment). — Quant 
changement du qu latin en c, on 
le trouve deja effectue* dans nombre 
descriptions de l'Empire : coti- 
die, condam, alico, etc.... pour 



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CAR 



115 



CAR 



quotidie, quondam, aliqtio. — Qu 
latin devient c dur en fran$ais 
dans : car (quare), casser (quas- 
sare), comme (quomodo), coi (quie- 
tus) , carillon (quatermonem), crier 
(qui ri tare), cote (quota), carriere 
(quadraria), carrelour (quadrifur- 
cum), carnet (quaternetum*) . ca- 
reme (quadragesima) , caille (qua- 
quila*) , cahier (quaternum), carre 
(quadratus), lac (laqueus), encan 
(in quantum) , one (unquam), cha- 
cun (quisque unus).— Qu latin de- 
vient cdouxdans : cinq (quinque), 
cinquante (quinqyaginta), cercelle 
(ouerquedula) ; il devient ch dans 
crane (quercinus), cAacun (quisque 
unus); il devient s dans cuisine 
(coquina). — Certaines inscriptions 
romaines du troisieme siecle don- 
nent d6ja cocere , cinque pour co- 
quere, quinque. 

f carabine, venu au seizieme 
siecle de l'italien carabina (mdme 
sens). — Dtcarabin (au seizieme 
siecle, soldat arme* d'une cara- 
bine; on donna aux garyons chi- 
rurgiens, et a l'ongine aux garcons 
apothicaires le sobriquet de cara- 
otn d genoux, de la le sens actuel 
de carabtn) ; carabmier. 

f caracole, venu au seizieme 
siecle de l'espagnol earacol (m£me 
sens. — D. caraeoller. . 

Caraciere, du L. character 
(marque). — D. caractdriser ', ca- 
racUristique. 

f Carafe, venu au seizieme sie- 
cle de l'italien cara/7a(mSraesens). 

— D. carafon. 
Caramfcoler, origine inconnue. 

— D. carambolage. 

f Caramel, venu de l'espagnol 
caramello (meme sens). 

t Carapace, venu de l'espagnol 
carapacho (carapace). 

f Carat, venu (comme beaucoup 
de termes de joaillerie) de la langue 
italienne (carato, carat). 



tcararaae, mot rapporte de, 
TOrient par ies voyageurs (arabe 
kairavan). — D. caravanterail, 
proprement matron des caravanet 
(persan karvan-sarax). 

fCaraTelle, venu de fftalien 
caravella (meme sens). 

Carfcone, du L. caroonm (char- 
bon). — D. carboniser, carbonique, 
carbonate. 

■\ carboaade, de l'italien car* 
bonada (meme sens). 

Carcaat, anciennement quer- 
cant y collier de fer, mot venu de 
l'ancien haut allemand querea(go- 
sier). 

f Careaase, venu au seizieme 
siecle de l'italien carcassa (m. s.). 

Carae, du L. carduus (char- 
don). — D. cardon, carder (pei- 
gner avec des cardies, e'est-a-dire 
des fers en forme de carde, de 
chardon), cardeur. 

Cardinal, adj du L. cardina- 
lly (principal, sur quoi toutroule). 

— D. cardinal, substantif. 
Careate, aans notre ancienne 

langue quaresm*^ a l'origine qua- 
raesme y — en italien quarenma, — 
du L. quadragesima (le quaran- 
tining jour avant Paques).^uadro- 
gestyma, ayant perdu son i suivant 
la regie (voy. p. lxxx), devint qua- 
dragesima y et donna carime, l°par 
la chute du g medial quadragesi- 
ma, d'ou le vieux francais quara- 
esme; 2* par le changement de dr 
en r (voy. amere)', 3° par celui de 
qua en ca (voy. car)) 4° par la 
chute de Vs (voy. abime). 

Carene, au seizieme siecle ca- 
fine, du L. carina (m6me sens) 

f Caresae, venu au seizieme 
siecle de l'italien care %%a (caresse) 

— D. caresser. 

t Cargaer , venu du provencal 
cargar (charger), qui est le latin 
carricare (voy. charger). — D. cor- 
gue (substantif verbal), cargaison. 



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CAR 



116 



CAR 



Carlatlde, du giec xapvdfite; 
(m6me sens). 

f Caricature, venu au seizieme 
siecle de Pitalien caricatura (char- 
ge). — D. caricaturiste. 

Carle, du L. caries (meme sens). 

— D. carter 

€ar>if fott, sonnerie de plusieurs 
cloches accordees ensemble, du L. 
quadrilionem (proprement : son- 
nerie de quatre cloches) Sur le 
changement 1° de qua en ca, voy. 
car; 2° de dr en r, voy. arriere. 

— D. carittonner. 

Carlln (chien), origine incon- 
nue. 

f Carmagnole, root d'ongine 
historique (voy p. lot) ; de la ?ille 
de Carmagnole (Piemont) . 

€at*naoe, du L. carnattcum* 
(derive de carnem, chair). — Sur 
le changement de aticum en age, 
voy. Age 

f Carnaoaler, mot venu du pro- 
vencal carnaza (chair morte), qui 
a aussi donne le mot carnassiere, 
gibeciere. Quant au provencal car- 
naza . c'est le latin camacea*, de- 
rive de camera (chair). 

Carnation, du L. carnationem 
(embonpoint). 

f Carnaral, venu au seizieme 
siecle de Pitalien carnovale (car- 
naval). — D. camavalesque. 

Carnet. proprement petit ca- 
hier.de quaiernetum (diminutif de 
quaternum, cahier; voy. ce mot). 
Quaifiernetum, ayant perdu son t 
medial (voy. abbaye), a change 
qua en ca (voy. car). 

Carnivore, du L. carnivorus 
(meme sens). 

Carotlde, du grec xapfotiSe; I 
(mftme sens) . 

Carotte, du L. caroia (carotte, I 
dans Apicius). I 

f Careune, venu de Pitalien 
carrobo (m6me sens). — D. carou- 
bier. I 



€atf»e, du L. carpa (carpe, 
dans Cassiodore, lib. XII, ep. 4 : 
« Destinet carpam Danubius.*). — 
D. carpillon. 

f carquolo, a Porigine tarquois, 
tarquais, du bas-latin tarcasia, 
transcription du has- grec tapxd- 
<Tiov (etui a fleches) , mot rapporte 
d'Orient par les premiers croises 
(comme beaucoup d'autres termes 
a'art militaire du moyen age), et 
qui correspond au turc turkash 
(carquois). 

CarW, voy. carrer, 

Cat^neatf, anciennement ear- 
rely a Porigine quarre'el, du L. 
quadratellum (derive de quadra- 
tus, voy. carri). — Quadra (f)eUum f 
laissant tomber son t medial (voy. 
abbaye), adoucissant dr en r (voy. 
arrUre), et changeant qua initial 
en ca, a donne Pancienne forme 
carrel (rest6e dans carreler, carre- 
lage, cUcarreler), qui est de venue 
carreau par le changement de el 
en eau (voy. agneau). 

Campefour , anciennement 
quarrefour, en provencal carreforc, 
du L. quadrifurcum (double bifur- 
cation). Sur le changement l'de re 
en r, voy. arbalite; 2° de dr en r, 
voy. arriire; 3° de u en ou, voy. 
accouder; 4° de qua en ca, voy. 
car. 

Catfefef, carrelage, voy. car- 
reau, — D. carrelet, 

Carver, du L. quadrare (car- 
rer). Sur qua devenu ca, voy. car; 
sur dr devenu r, voy. arriere. — 
D. carri, contre-carrer, carrure. 

f carrlck, venu de Panglais 
carrick (m&me sens). 

1. Carv&re (de pierre), du L. 
quadraria* (qui a le sens de car- 
riere, dans plusieurs textes du 
moyen age ; la carriere est propre- 
ment le lieu d'ou Pon extrait des 
pierres de taille (quadrata saxa) % 
des pierres a iquarrir. Sur lechan- 



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GAS 



117 



GAS 



gement 1* de qua en ca, voy. ear; 
2* de dr en r, voy. arrtire,;a* de 
orta en Ore, voy. dnier.—D. car- 
rier. 

2. Carrlere . lieu ou courent 
les chars dans le cirque, mot de- 
riv6 de carrus (char). 

f Carriole, venu de l'italien 
carriula (mfime sens). 

f Carresse, venu au seizieme 
siecle de l'italien carroxxa (car- 
rosse).— Dcorromer, carrossable. 

| Carrousel, venu de l'italien 
caroseUo (meme sens). 

carte, du L. charta, carta* (pa- 
pier ecrit) Sur ch devenu c, voy. 
p. xcix. 

f Cartel, de Tit. carteUo (car- 
tel). 

Cartilage, du L. carttlagitnem 
(meme sens). — D. cartilagineux. 

f cartea, venu de l'italien car- 
tone (meme sens). — D. carton- 
nage, cartonnier. 

f Cartouche, venu au seizieme 
siecle de l'italien cartoccio (qui 
possede les deux sens du mot fran- 
cais) 

Cartulalre, du L. chartula- 
rium (registre contenant les titres, 
les actes, les chartulas d'un etabhs- 
sement religieux). 

Cas. du L. casus (meme sens). 

Casaaler, derive par un inter- 
mediaire casana* du L. casa (mai- 
son) : le casanier est proprement 
celui qui reste a la maison. 

f Casaque. venu au seizieme 
siecle de l'italien casacca (casa- 
que). — D. canaquin. 

Camaqniw*) voy. casaque. 

| cascade, venu au seizieme 
siecle de l'italien cascata (cascade) . 

| Case, de l'espagnol cosa(mai- 
son). — D. cosier, caser. (Du sens 
de petite maison est venu celui de 
reduit, de compartiment, de case.) 

j- casemate, venu au seizieme 
siecle de l'italien casamaUa (m. s.). 



t Caserae, venu de l'espagnol 
caserna (meme sens). — D. ca- 
serner, casernement. 

Casftsslr, corruption de cache- 
mire (voy. ce mot). 

f casaar,nommalaisien de cet 
oiseau. 

f Casa*,e, venu de l'italien 
easco (casque). — D. casquet, petit 
casque leger), d'ou casquette 

Casquette, voy. casque. 

1. Cmmsm 9 mot qui s'est restraint 
aujourd'hui au sens special de 
caisse a compartiments (pour les 
caracteres d'imprimerie), mais qui 
avait dans notre ancienne langue 
le sens general de caisse. (11 a per- 
sists avec cette signification dans 
le derive cassette, petite caisse, pe- 
tite boite ) Casse est le L. capsa 
(caisse, bolte). Pour le changement 
de ps en ss, voy. caisse. — D. cas- 
sette, cassetin. 

2. Cmssm, poelon, du bas-latin 
caxa, qui vient lui-m6me de l'an- 
cien haut-allemand keti (poele). — 
D. casserole. 

3 Casse (cannelle), duL. casia 
(cannelier) . — D. castier. 

4. Casme, substantif verbal de 
casser (voy. ce mot), 

Casern*, du L. quassare (briser, 
casser) Sur qua devenu ca . voy. 
car. — D. casse, cassure, cassation, 
concasser. 

Cassenofle, voy casse % 

Cassette, voy casse 1. 

Cassis, origine inconnue. 

f Cassolette, venu de Pespa- 
gnol cazoleta (meme sens). 

f Cassonade,mot venudu por- 
tugais cassonada (mfime sens) 

-f castagaettes, de l'espagnol 
castanetas (meme sens). 

f Caste, du portugais casta (race 
pure, non melangee; d'abord ap- 
plique aux castes des Hindous). 

f Cartel, venu au seizieme sie- 
cle de 1'itaiien castello (meme sens). 



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CAT 



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CAU 



Cantor, du L castor (mfime j 
sens). 

Caatrat, du L. castrates (mfime j 
sens). — D castration. I 

Caauel, du L. casualis (acci- 
dentel, fortuit). I 

f Caanlate, venu de i'espagnol 
casuista (memesens). , 

Catachrtae, du grec xaraxpr)- i 
(ji; (abus). 

Cafaclyama, du grec xaxaxXu- 
<rpufc (inondation) 

f Cata«ombea, venu de l'ita- 
lien catacomba (tn6me sens) 

f Catafalque, venu auseizieme 
Steele de l'italien catafalco (m6me 
sens). 

Catalepato, du grec x«Td).yj- 
tyc, (saisissement). — D. catalep- 
tique 

Catalogue, du grec xataXoyo; 
(enumeration). — D. cataloguer. 

cataplaame, du grec xardnXa- 
apwt (application, enduit). 

Catapulte, du L. catapuUa 
(mfimesens). 

Cataracte, du L. cataracta 
(meme sens) . 

Catarrhe, du grec x<rrdp£ovc 
(ecoulement).— D. catarrhal, -eux. 

Cataatrophe, du grec xaxoc- 
<rrpo9T) (renversement, issue mal- 
heureuse). 

Catechlaer, du grec xotrnxi- 
Cetv (enssigner par demandes et 
reponses) , caUchxsme du grec xa- 
tnxCff(M)<; cal4chisle } du grec xa- 
trjxC<mic; catSchumene, du grec 
xa-njxo^H^voc (celui que Ton cate- 
chise). 

Cateehlame, voy. catichiser. 

Categorle, du grec xaTYiyo- 
pwt (attribution). — D. catigori- 
que. 

Cathedrale, du L. ecclesiasti- 
que, cathedralts (eglise 6piscopale. 
qui se trouve au siege \cathedra] 
de l'Mchft 

CataoUqae, du grec xaOoV 



x6; (universel). — D cathoUcisme, 
catholicite 
€ati«titti, origine inconnue, 
Cativ, presser du drap pour le 
lustrer, derive* de cat* , qui corres- 
pond a coactus (press6). Sur la 
chute de l'o, voy. earlier; sur le 
changement de ct en t, voy of- 
fitt, l'italien qui dit quatto (de 
coactus) j continue cette origine. 

— D. cati (substantif verbal) ; ca- 
tissage, d&catir. 

Cauchentar, oppression pen- 
dant le sommeil causee, selon ran- 
cienne mythologie, par la presence 
d'un 6tre surnaturel qui pese sur 
la poitrine de ia personne endor- 
mie — Cauchemar signifie propre- 
ment le demon qui presse, et est 
forme des deux mots mar (dSinon, 
dansles idiomes germaniques,reste 
dans l'anglais night-mare, l'alle- 
mand nacht-mar) , et de cauche, 
qui est l'ancien verbe francais cau- 
cher (presser, dans notre vieille 
langue) ; caucher est regulierement 
forme du L. calcare (fouler) ; sur c 
devenu ch, voy. acharneri sur a} 
devenu au, voy.agneau. — Menage 
raconte que ? de son temps, le cau- 
chemar etait appele cauchevieille 
dans leLvonnais : cauche-vieiUe, qui 
signifie la vieille qui presse , con- 
firme P6tymologie du mot francais 

Caudataire, du L. caudatarius 
(qui porte la queue). 

Canae,du L. causa (meme sens). 

— D. causer (fitre cause de... ), 
causality. 

Cauaer, du L. causari (deien- 
dre une cause, discuter, enfin par- 
ler; causator est au sens d'avocat 
dans la Lex Salica).— D.causeur, 
causette. 

Cauatlque, du L. causticus 
(mordant). 

Cautele, du L. cautela (ruse, 
defiance) . — D cauteleux. 

cantere, du L. cauterium 



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CE 



119 



CfiD 



(caustique). — D. cauttriser, cau- 
terisation. 

Caution, duL. cautionem (mfi- 
me sens). — D. cautionner, cau~ 
tionnement. 

\ Cavalcade, vemi au seizieme 
siecle de ritalien cavalcala (mSme 
sens). 

f Cavaleadour, venu au sei- 
zieme siecle , de Titalien cavalca- 
tore (m6me sens). 

f Cavale,venuau seizieme sie- 
cle de Titalien cavalla (m&me sens). 

f Cavalier, venu au seizieme 
siecle de Titalien cavaliere (mfime 
sens). — D. cavalierement, 

f Cavalerle,venu au seizieme 
siecle de Titalien cavaUeria(m. s.). 

f cava tine, venu de Titalien 
eavatina (meme sens). 
,1. Cave, du L. cava (au sens 
de cave dans les arpenteurs re- 
mains) . — D. caveau. 

2. Cave, adj., du L. cavus 
(creux, renfonce). 

Caveotc, voy. cave 1. 

f Caveeon , venu au seizieme 
siecle de Tital. cavexzone (cave- 
con). 

Caver, du L. cavare (creuser). 

| caver, termede jeu, de Tital. 
cavare (puiser, tirer de sa poche) . 
— D. dtcaver. 

Caverne , du L. caverna (m. 
s.). — D. caverneux. 

f Caviar, au seizieme siecle 
cavial, de Titalien caviale (caviar). 

Cav!te,du L. cavitatem (m. s.). 

Ce , aaciennement go, a Tori- 
gine ico, du L. ecce-hoc qui a 
perdu h (voy. atelier), et c final 
?voy. ami) , d'ou le changement 
de ecce-o (ou ecc'o) en ico par la 
reduction du cc en c doux, et par 
ie changement de e en i (voy. ac- 
complir). — Le vieux francais ico 
s'est plus tard T6duit a c o (comme 
id s'est abreg6 en ci), qui a donne 
la forme moderne ce. 



De mfime que ecce-hoc donna 
ico. — ecce-hic donna ici (d'ou 
ladverbe ci); — ecce-hac donna 
tpd* (d'ouTadverbe fd); — eccwte 
(celui-ci) donna le vieux francais 
icist, plus tard r£duit a cist (si- 
gnifiant celui-ci dans notre an- 
cienne langue), qui devint cest 
(par le changement de t en e, 
voy. admettre), d'ou le francais 
moderne ce% (sur la chute de s. 
voy. abtwie) ; — eccille (celui-la) 
donna le vieux francais icil, puis 
icel (sur le changement de ten c, 
voy. admettre) ; icel (dont le femi- 
nin icelle a persists dans quelques 
termes de procedure) se r6dui- 
sit a eel (dont nous avons con-. 
serv6 le feminin celle); quant au 
masculin, il a disparu, en nous 
laissant son regime celxxi. (Voyez 
pour les details, ma Grammaire 
Bistorique de la Langue francaise t 
p. 178. — Eccillos donna Tancien 
francais iceux (sur le changement 
de ill en eu, voy. agneau), comme 
illos a donne eux, comme capUhs 
a donne cheveux; iceux s'est enfin 
reduit a ceux dans la langue mo- 
derne. 

. Ceatta, ancien francais caiens, 
a l'origine caens, compose 1 de Tad- 
verbe ca (voy. ce mot), et de ens 
qui est le latin intus (dedans). — 
Sur le changement de in latin en 
en dans Tancien francais, puis eh 
an dans la langue moderne, voyez 
p. lxxxv, et au mot andouille. 

Ccci 9 compose de ce, et de ci 
(voy. ces mots). 

Ceclte , du L. caecitatem (etat 
d'aveuglement). 

ceder, du L. cedere (m. s.). 

f cedllle, venu de Tespagnol 
cedilla (m6me sens). 

f cedrat, venu au seizieme 
siecle de Tital. cedrato (m. s ). 

Cedre , du L. cedrus (m. s.). 

Cedule 9 du L. schedula (page). 



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GSL 



120 



GEN 



Cefoif «*e, du L. cvngere (cein- 
dre). — C*n(g6)re ayant perdu 
suivant la regie (voy. p. lxxxi) la 

Senultieme atone devint ctn're, 
'ou cexndre. par Intercalation 
euphonique du d (nV = n-d-r) , 
comme dans astretndre(astringere) , 
petndre (pingere) etc.... (voy.aux 
mots ceinture et absoudre) i 

Ce<nlure, du L. cmctura 
(ceinture). — Sur ct devenu t, 
voy. afleti; sur i devenu et. cf, : 
s«in (stnus), ensetgne (insignia), 
setng (stgnum), teigne (tinea), 
ensetgner (instgnare) , tetnture 
(ttnctura), petnture (ptnctura*), . 
et tous les verbes en eindre (cor- 
respondent au latin ingere, imere) : 
etrewdre (strtngere), astretndre 
(astringere/ , feindre (fingere) , 
teindre (ttngere), empreindre (im- 
prtmere) , eprandre (exprt- 
mere, etc.... — D. ceinturon. 

Ccl«, compose de ee et de Id 
(voy. ces deux mots). 

Celadon, mot d'origine histo- 
rique (voy. p. lxiv), allusion au 
Celadon de rAstree. 

Celetore, du L. Celebris (m. s.). 

— D. cMbrxti 

celetorer, du L, celebrate (c6- 
lebrer). — D. celebration 

celer,du L. celare (cacher). — 
D diceler, reciter. 

t Celerl* venu de l'italien se- 
leri (mfime sens, seleri est une 
forme piemontaise). 

celerlte, du L. celeritatem (ra- 
pidity. 

Celeste, duL. coelestis (celeste). 

cellbat, du L. saelibatus (m. 
s,) . — D. cdhbataire. 

€ef le, voy. ee. 

Cell*er,auL cellarium (garde- 
manger) Sur arium devenu ier, 
voy. dnier. 

Cellule, du L. ceUula (m. s.). 

— D. ceUuteux, cellulatre. 
Ceftfi, voy. ce. 



Cement, du L. caementum 
(pierre). — D. cimenter, cementa- 
tion. 

Cenaele, du L caenacvlum 
(salle a manger). 

Cettdre, en ital cenere, du 
L. cinerem (cendre). Cin[£)rem 
contracte suivant la regie (voy. 
p. lxxxi) en cirtreniy a donne 
cendre par le changeraent 1° de 
% en e (voy. admettre) ; 2° de nr en 
ndr (voy. absoudre) . — D. cendrer, 
cendrier, cendreux, cendrillon. 

Cene, du L. coena (repas). 

Ceno*lte,du L. coenobita (cloi- 
tre, qui vit dans le coenobium, 
couvent). 

cenotapbe, du gr. xevordqpiov 
(tombeau vide). 

Cena, du L. census, (recense- 
ment, puis redevance annuelle). 

— D. censier, censitaire, censive. 
Censer, d'ou le part, censi, 

repute, du L. censer e (reputer). 
Censenr, du L. censor (m. s.). 
Censure, duL. censura (m. s.). 

— D. censurer. 

Cent, du L. centum. — D. 
centaine, centenaire. 

Cenfettie**, du L. centena- 
rxus (m. s). Sur arius devenu tcr, 
voy. dnier. 

Centffeme, anciennement cen~ 
tiestne, du L. centesimus (m, s.), 

— Centfs (i) mus contracte en cen~ 
tes'mus suivant la regie (voy. p 
lxxxi), a donne centidme par le 
changement de e en ie (voy. ar- 
rive) et par la chute de Vs (voy. 
abtme). 

Cettrfme, du L. centesxmus 
(centieme partie): Centtsftmus, 
contracte en centes'mus (voy. 
p. lxxxi) , a donne centime, par 
le changement de e en t (voy. 
accompUr) , et la chute de 1'* (voy. 
abtme). 

Cen ton . du L. centonem (m. s.) . 

Centre, du L. centrum ; cen" 



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GER 



121 



GER 



tral du L centralis (m. *.). — D. 
centralism y dicentraliser , conc- 
entrer , concentrique , excentri- 
que. 

Centrifuge , Centrtpete , 
mots forgea par les savants: le 
premier avec /upere (fuir, s'eloi- 
gner du centre), le second avec 
ptere (se rapprocher, tendre vers 
le centre). 

Centuple, du L. centuplus 
(m. s.). — D. centupler. 

Centurte, du L. centuria 
(m. s.). 

Centurion, du L. centurtonem 
(m. s ). 

Cep, du L. cippu** (tronc d'ar- 
bre, puis specialement : pied de 
vigne). Sur * devenu e , voy. ad- 
mettre; sur pp reduit a p, voy. 
chape, — D. cepage. 

Cejtettdfatt*, c'est-a-dire pen- 
dant cela (voy. ce et pendant). 

Cephalalgia, du grec xap«- 
folrfo (douleur de tftte). 

Ceramlque, du grec x^pajio; 
(vase en argile). 

Cera»te , du grec jcepdam; 
(serpent a cornes). 

Cerat,duL. ceratum (pommade 
pharmaceutique ayant la cire, 
cera, pour base). 

Cewcea**) anciennement cercel, 
du L. circeUus* (petit cercle), — 
Sur le changement de t en e (voy. 
admettre) ; sur celui de eWws en 
el, puis en can, voy. agneau 

Ce»Tle,duL. arct*lu« (cercle) 
Circ(H)lus, contracte suivant la 
regie (p. lxxxi), en circ'lus 
a change i en e, (voy. admet- 
tre). 

€et*etf ef f , ancien frangais sar- 
cueil, plus anciennement sarcueu, 
du L. sarcophagus (cercueil). Ac- 
centue sur l'o, sarcdphdgus a re- 
guherement perdu sesdeux dernie- 
res voyelles qui etaient atones 
(voy. p. lxxxi), eta donne sarcueu, 



par le changement de o latin en 
ue (voy accueUlir).De cette forme 
sarcueu, est venu par corruption 
la forme sarcueil dans lequel la 
presence de I reste inexpliquee. — 
Sarcueil a change a en e (voy. 
acheter), et s latin en c, comme 
dans * cidre (si cera), sauce (salsa), 
saurisse (saUitia) , morceau (mor- 
sellum*), souci (solsequium). — 
L'etude des noms propres qui ap- 
porte d'ordinaire des secours si 
precieux pour etablir l'origine des 
noms communs nous fournit ici 
la confirmation de l'&ymologie 
qui relie cercueil a sarcopha- 
gus: c'est qu'il existe dans I'ar- 
rondissement de Lisieux une lo- 
cality nomme Cercueux, et qui 
dans les textes du moyen age est 
precisement designee par Ecclesia 
de Sarcophaais. 

Cereale,du L. cerealis (don de 
Ceres). 

cerebral, du L. cerebralis (m. 

s.)- 

Ceremonle, du L. caeremo- 
nia (m. s.). — D. cdrtmonial, 
-ieux. 

Ce*f, du L. cervus (cerl) ; sur 
v devenu f, voy bceuf 

Cer/ewil, du L. caerefolium 
(cerfeuxl)). Sur la chute de l'e, 
cer folium, voy. accotnter; sur 
olium devenu eutl, voy. feuille. 

Cerise, du L. cerasa, pi. de 
cerasum (cerise). Sur a devenu t, 
voy aimant. — D. cerisier, ceri- 
saxe 

Cerne, cercle, du L circinus 
(cercle) Ciritimus, contracte sui- 
vant la regie (voy. p . lxxxi) en 
cxYnus a donne cerne par le chan- 
gement de i en e (voy. admettre) . 
— D. cemeaU) cerner (entourer). 

Cet*taet*, voy. cerne 

Certain, au L. certus (cer- 
tain) par l'aajonction d'un suffixe 
latin anus qui a donne ain tn fran* 



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CHA 



122 



CHA 



cais (voy. ancien). — D. certaine-' 
ment. \ 

C erics, du L. certi (m, s.). 
Sur cette addition d'un s, voy. 
Grammaire Historique de la lan- 
guefrancaise (p. xxn). 

Certificate du L. certifkatum? , 
participe du verbe certificate * qui | 
a donne certifier. 

Certifier, voy. certificat. | 

Certitude, du L. certitudo* 
(m. s.). 

Ceruse, du L. cerussa (m. s.). 

Cerveau, anciennement cer- 
vel* , du L. cerebellum (cerveau). 
Cerebellum, contracts suivant 
la regie (voy. accointer) en cer'- 
bellum, a donne cerveau par le 
changement 1° de 6 en «, voy. 
avant; 2° de ellum en eau. voy, 
agneau. De meme que cerebellum 
a donn6 cerveau, la forme femi- 
nine cerebella a donne cervelle. — 
D. cervelet, tcerveU. 

f CerTela*, au seizieme siecle 
cervelat, venu de l'ital. cervellata 
(m. s.). 

Cervelle, voy. cerveau 

Cervical, du L. cervicalis (de 
cervix, cou). 

Cervoise, du L. cervisia (biere, 
dans Pline,qui cite ce mot comme 
etant d'origine gauloise, voy. p. 
xxxiv). — Sur t devenu oi, voy. j 
boire. \ 

Cesser , du L. cessare (m. s.). 
— D. cesse (substantif verbal) in- 
cessant, cessation. 

Cession, du L. cessionem (m. 
s.). — D. cessionriaire. \ 

Ceate, du L. cestus (m. s.). 

Cesure, du L. caesura (cou- 
pure) . j 

Ce<, voy. ce. 

Ce'taea", du L. cetaceus* , de- I 
rive de cetus (baleine). j 

Chabot, poissona grosse tete, 
du L. caput (tete), avec F addition 
du suffixe oe, qui se retrouve en i 



francais dans cachot, brulot, bil- 
lot, etc.... Pour le changement de 
c each, voy. acharner; pourcelui 
de p en b, voy. abeiUe. — Le cha- 
bot s'appelait de m£me xe^a/oc 
chez les Grecs, et capito chez ies 
Latins (deriv6 de caput, tfite). 

f Chabraque, mot venu de 
Pallemand schabrake (memesensj. 

tChacal,mot rapporte d'Orient 
par les voyageurs (persan et turc, 
schakal). • 

Chaetttt, ancien francais chas- 
cun, chasqun, du L. quisque unus 
(menie sens). Quisque unus ou 
quisq'unus a donn6 chascun par le 
changement de qu en ch (voy. 
achafner) et par celui de i latin en 
a (vov. balance). Sur la chute de 
\'s dans chascun f voy. abime. 

Chafouiri) dans les patoi s chat- 
fouin, mot compose de chat et de 
fouine. 

t J . Chagrin, cuir grenu, mot 
venu vers le quinzieme siecle de 
l'italien (venitien xagrin, chagrin). 

2. Chagrin, affliction, origine 
inconnue. — D. chagriner. 

Cfaritte, du L. cotena(cbatne), 
Sur la chute du t medial ca\t)ena , 
voy. dbbaye; sur le changement 
de cent, voy. accomplir. — D. 
chainon, chainette, enchainer, de- 
chainer 

Chair j ancien francais char, a 
Torigine charn, du L. carnem 
(chair). Pour le changement de c 
en ch y voy. acharner; pour celui 
de a en at, voy. aigle; pour la re- 
duction de rn a n ? voy. aubour.— 
D. c/wrnei, c/wrntcr, c/iarnu, char- 
nure, charogne, de'charner, achar- 
ner. 

Chaire, ancien francais chaere. 
du L cathedra (chaise, et aussi 
chaire, c'est-a-dire siege eleve d'ou 
Ton parle). Sur la chute du t me- 
dial ca{th)edra f voy dbbaye Sur 
le changement de c en ch, voy. 



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0*3 



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aehamer; sur celui de dr en r, 
voy. arr#re. Avant le seizieme si e- 
cle, le mot chaise n'existait point; 
et chaire avait comme le latin ca- 
thedra le double sens de chaire et 
de chaise. « S'e'lancant d'une chaire 
(chaise), oti cite ertott (Miwe, • dit 
Montaigne. Au seizieme siecle, le 
peuple de Paris substitue s a r 
(voy.au mot arroser), ettransforme 
chaire en chaixe. Sous Louis XIV, 
on disait a Paris, non une ohaire 
de Droit ? mais une chaise de Droit, 
une chaise de Theologie. « Les sa- 
vants ne sont bons que pour prea- 
cher en chaise » a dit Moliere : 
exemples qui montrent bien que 
chaise a longtemps conserve le sens 
de chaire, et n'est qu'une altera- 
tion de ce mot. 
Chaise, voy. chaire. 

1. Chaiand, bateau plat, mot 
d'ongine byzantine , comme beau- 
coup de termes de marine et d'art 
militaire du moyen agej chaland, 
qui est dans le bas latin cheian- 
dium , repond au grec du moyen 
age xeXav&tov (chaland). 

2. Chaland, origine inconnue. 
— D. achalander. 

f chale, mot rapporte d'Orient 
par les voyageurs (arabe schdl, 
meme sens). 

-j- chalet, mot suisse, du patois 
des Grisons. 

CJkaf etff, du L. calorem (meme 
sens). Sur le changement 1° de c 
en ch, voy. acharner; 2° de o en 
eu, voy. accueiUir. — D. chaleu- 
reux. 

ChaUt* origine inconnue, 

CJkafolf, du L. calere (6tre 
plein de feu pour, se soucier de) . 
Sur le changement 1° de c en c/i, 
voy. acharner; 2° de e en ot\ voy, 
accroire. — Voy. sur ce verbe ma 
Grammaire historique de la lan- 
gue franchise, p. 222. — D. non- 
chaloir (ne se soucier de hen), 



I d'ou le parti cipe present noncha- 

l lant. 

f chatoupe, au seizieme siecle 
chaluppe, venu de 1'italien scia- 
luppa (meme sens). 

Cftof Matea*, tuyau de roseau, 
ancien francais chalemel, du L 
calamellus (diminutif de calamus, 
roseau). Pour le changement 1° de 

! c en ch, voy. acharner; 2° deellus 

j en eau, voy. agneau;3°de a latin 

, en u par Pintermediaire de e, il se 

, retrouve dans sucre (saccharum), 

j rhubarbe(rhabarbarum). 

| f Chamade, venu au seizieme 
siecle de Titalien chiamata (meme 
sens). 

j Chatmaiiter, origine incon- 
nue. 

t Chamarre, broderies, orne- 
ments, de Pespagnol chamarra 

' (meme sens). — D. chamarrer. 

I CfotMtfreffatt, ancien nement 
chambellanc, a l'origine chamber- 
lenc, en italien camarlingo , de 
l'ancien hautallemand chamarlinc 

\ (officier de la chambre). — Sur l'as- 

' similationder/en 11, voy. p. xcvi; 
sur la dissimilation de mm en mb, 

\ voy. p. xcv. 

Chatwibvanlej origine incon- 
nue. 

Cnaatfrre, du L. camera* 
(chambre). Cam(e)ra, contracte 
suivant la regie (voy. p. lxxxi) en 
cam'ra, a donn6 chambre par le 
changement 1° de c en ch (voy. 
acharner), 2 # de roY en nibr (voy. 
absoudre). — D. chambrer, cham- 

, brett e, chambre'e, chambrier, cham- 

J briere. 

ChatneaU) a Torigine chamel, 
du L. camelus (chameau). Sur le 
changement 1° de c en ch, voy. 
acharner, 2° de el en eau, voy. 
agneau. — D. chameUe, chamelier. 
f Chamois, mot d'origine Suisse. 

I — D. chamois er. 

I Cfcoittm du L. campus (champ). 



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Sur c devenu ch, voy. acharner.— 
D. champion (celui qui combat en 
champ clos) . 

Chanmpavt^ pour champ-part ; 
voy. champ et part. 

ChatttpStre, du L. campe* tro 
(meme sens). Sur c devenu ch, 
voy. acharner; sur la chute de s, 
voy abime 

Champignon du L. campr- 
nionem* (proprement : qui crolt 
dans les pres, derive de campus. 
Sur le changement 1° de c en ch, 
voy. acharner; 2° de ni en gn, voy. 

C/tompiott, voy. champ. 

Chance, ancien francaiscWan- 
ce, en italien cadenza, du L. ca- 
dentia (hasard heureux, ce qui ar- 
rive, ce qui tombe a propos. de ca~ 
dere, tomber, terme de jeu de des). 
Sur Ja chute du d medial, ca{d)en- 
tia, voy. accabler; sur le change- i 
ment de c en eh, voy. acharner; \ 
sur celui de tia en ea, voy. agen- j 
cer. — D chanceux 

Chawicei) grille, balustrade du 
chosur, du L. cancellus (grille, ba- \ 
lustrade qui separait le tribunal du 

Public). On appelait cancellarius 
huissier qui se tenait aupres de 
cette balustrade. De cancellarius 
(huissier, puis scribe, greffier), est 
venu notre mot chancelier , par 
le changement V de c en ch (voy | 
acharner) ; 2°de arius en ier (voy. , 
dnier) \ 

Cfamcefet* , du L cancellare 
(rayer, decrire des zigzags, d'ou 
ne pas marcher droit, puis chance- 
ler). — Sur le changement de c en 
ch, voy. acharner. j 

Cftottcpe, du L. cancrum (ul- I 
cere) Sur c devenu ch, voy. achar- 
ner. 

Cfcmtcfeffe, du L. candela 
(meme sens). Sur c devenu ch, 
voy acharner. — D chandelier, 
chandeleur, fete des cierges {can- 



delx) ; chandeleur represente le la- 
tin candelarum dans festa S. Ma- 
rias candelarum. 

Chanfrein, origine inconnue. 

Change*^ du L. cambiare* 
(changer, dans la Lex Salica> de- 
rive lui-meme de la forme cambire 
qui est dans Apulee), — Cambiare 
a donne changer par la consonni- 
fication de ia (voy. abre'ger), et la 
chute du 6 latin (voy. sujet). — 
Sur c latin devenu eh, voy. achar- 
ner. — Quant au changement de 
m en n , on le trouve deja effectue 
dans la langue latine , qui dit £ga- 
lement tamdiu et tandiu, quanaiu 
et quamdiu, on trouve dans les 
Inscriptions quen, tan, ren, pour 
quern, tarn, rem. Ce changement 
ae m en n a lieu en francais : 
1* Au commencement du mot dans 
natte (matta), nappe (mappa), ne- 
fle (mespilum) On trouve deja 
natta dans Gregoire de Tours, et 
nespilum dans la basse latinite. 
2° Au milieu des mots, et le plus 
souvent quand m est assourdi, 
c'est-a-dire appuy6 contre une au- 
tre consonne : cong6 (commja- 
tus*) , nonce (pum'cem), printemps 
(prim'tempus) , rancpn (redemp- 
tionem), ronce (rum'cem), ronger 
(rum'gare) ? sentier (sem'tarius ) , 
singe (sim'jus*), songe (somnium), 
tante (am'ta) , vendange (vindem*- 
ja), bondir (bomb'tare), conter 
(comp'tare) , fangeux (fam'cosus) , 
longe (mmbja*),rainceau (ram'cel- 
lus*), tandis (tamdiu), jante (cam*- 
tem). Dans : Daine (dama),conneta- 
ble (comestabli *) , m medial est 
devenu n 3° A la fin des mots 
dans: son (summum),son (suum), 
mon (meum), ton (tuum), on (ho- 
-mo), raisin (racemus), rien (rem), 
voy. aussi sous airain. — D. change 
(substantif verbal) , rechanger. re- 
change, e'changer, changeur, chan- 
gement 



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CHA 



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CHA 



CJtostotate, du L. canonicus 
(chanoine). Accents sur Po, ee 
motaregulierement (voy. p. lzzxi) 
perdu ses deux dernieres voyelles* 
quant au changement de c initial 
en ch, voy. acharner • o a donne 
oi par rattraction de Ft, comme 
dans lea mots histotre (historia), 
glotre (gloria), parotsse (parochia), 
memotre (memoria), poison (po- 
tionem), totson (tonsionem), te- 
motn (testimonium) , oiseux (otio- 
sus), pivotne (paeonia), cloison 
(closionem), sardotne (sardonyx), 
lotre (foria). — latin est encore 
devenu ot dans les mots foyer (fo- 
carium), loyer (locarjum), voyelle 
(vocalis), lotn (longe), votx (vo- 
cem). — D. chanoinesse. 

Chanson, du L. canlionem 
(chanson). Sur c devenu ch, voy. 
acharner; sur ti devenu s, voy. 
agencer. — D. chansonnier, chan- 
sonnette. 

Chanty du L. contus (chant). 
Sur c devenu ch , voy. acharner. 

CJkanseau, coin, morceau pris 
a l'extremite, ancienfrancaisc/km- 
tel, du L. cantellus* , diminutif de 
antus* (coin) — Sur ellus devenu 
eau, voy. agneau; sur c deveou 
ch, voy, acharner 

CJ*att*ef»fetff*e, voy. chanter 
et pleurer 

Chanter, du L. cantare (chan- 
ter). Sur c devenu ch, voy. achar- 
ner. — D chanteur, chanteuse, 
cUchanter, chantonner, chanterelle. 

Chantier, du L. canterium 
(bois de soutenement,madriersqui 
supportent de grosses charges). — 
Sur le changement de c en ch, voy. 
acharner; sur celui de e en te, 
voy arriere. 

Chantwe, du L. cantor (qui 
chante) Can£(o)rcontracte suivant 
la regie (voy. p. lxxxi) en cantr* 
change c en ch (voy. acharner). 

Cfcaatvre, du L. canna&ws 



1 (chanvre) .—Cann(d)bux, contract^ 
I suivant la regie (voy. p. lxxxi) en 
I cann'bus, aurait du donner chanve 
par )e changementde c ench (voy. 
acfcarner), et de b latin en v (voy. 
at?anf). Cette forme chanve existe 
en effet dans le patois de la Picar- 
die, et elle a dfl eiister dans notre 
; ancienne langue. L' intercalation 
I d'un r, qui a eu lieu dans la forme 
I francaise chanvre,se retrouve dans 
I un certain nombre de mots * fronde 
(fund a), encre (encaustum),6peau- 
I tre (spelta), tresor (thesaurus) , 
gounre (golphum*), perdrix (per- 
1 dicem) , registre (regestum). rus- 
tre (rusticus), velours (villosus). 
On trouve dej£ regestrum pour re- 
gestum a une epoque relativement 
ancienne 

chao«,du L. chaos (meme sens) 
— D. chaotique. 

Chape, du L. cappa (manteau 
a capuchon, dans Isidore de Se- 
ville) Sur c devenu ch, voy achar- 
ner. — Pp devient p comme dans 
coupe (cuppa), sape (sappa),poupe 
(puppis), etoupe (stuppa'). D'ail- 
leurs on trouve deja capa k cote 
de cappa dans certains textes la- 
tins. — D chaperon; chap eau, 
ancien francais c/wpeJ (prop rem en t : 
petite chape, petite coiffure; sui le 
changement de el en eau, voy. 
agneau). L'ancienne forme avait 
un diminutif chapelet, petite coif- 
fure qui consistajt ordinairement 
en une couronne de fleurs Ron- 
sard, parlant d'une jeune fille qui 
arrose des lis • Sotr et matin les 
arrose Et a ses noces propose De 
s'en [aire un chapelet. Le chapelet 
de roses, couronne ou guirlande 
que Ton placait sur la tfite de la 
Vierge et que" i'on appelle propre- 
ment rosaire, a servi plus tard a 
designer une sorte de guirlande 
servant a la priere, faite de grains 
enfilSs, et qui resemble a la cou. 



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CHA 



ronne, au rosaire, au chapeletde 
la Vierge. — Un autre derive de 
capa est le diminutif capeUa, qui 
des le septieme siecle avait le sens 
du francais chapelle : on appelait 
primitivement capellaie sanctuaire 
ou etait conserved la cappa, la 
chape de saint Martin, et par ex- 
• tension tout sanctuaire poss6dant 
des reliques. 

Chapeau, voy. chape. — D. 
chapelier(de l'ancienne forme cha- 
pel). 

Chapelain, voy. chapelle. 

Chapeler, du L. caputare (tail- 
ler, trancher). Sur c devenu ch, 
voy. acharner. U latin est ici de- 
venu e, comme dans genievre (ju- 
niperus),g^nisse (junicem),secours 
(succursus), secourir (succurrere) , 
moelle (medulla), semondre (sub- 
monere), secouer (succutare*), se- 
cousse (succussa*), sejourner (sub- 
diurnare*), selon (sublongum). — 
D. chapelure. 

Chapelet, voy. chape. 

Chapelle, voy. chape, — D. 
chapelain. 

Chaperon, voy. chape. — D. 
chaperonner. 

Chapitcau) ancien francais 
chapitel, du L. capitettum (meme 
sens). Sur c devenu ch, voy. achar- 
ner; sur ellum devenu eau, voy. 
agneau. 

ChapUre, ancien francais cha- 
pitle* du L. capitulum (cnapitre). 
Capit(U)lum y contracte suivant la 
regie (voy. p. lxxxi) en capiflum, 
a donne cnapitre par le change- 
ment 1° de c en ch (voy. acharner); 
2° de I en r, voy. apdtre. — D.cha- 
pitrer, reprimander en plein cnapi- 
tre, devant tous les membres du 
chapitre reunis. 

Chapon, du L. caponem (mfime 
sens). Sur c devenu ch, voy. achar- 
ner, 

Chaque, ancien francais chas- 



que. Pour l^tymologie, voy. cha» 
cun. 

Char, du L. carrus (char). Sur 
c devenu c/i, voy. acharner. — D. 
charrier, charroyer, charrette^ 
charron, chariot. 

f Charade, mot d'origine pro- 
vencale (voy. p. xlk) introduit 
vers le dix-nuitieme siecle dans la 
langue francaise; etymologie in^ 
connue. 

Cltofattpott, origine mcon- 
nue. 

Charbon, du L. carbonem 
(charbon). Sur le c devenu ch, voy. 

! acharner. — L. charbonner, char- 

• bonnier. . 

| Char cutler, encore chaircu- 
tier dans J. J. Rousseau, au dix- 
septieme siecle chaircuitier, a l'o- 
rigine chaircuitier , proprement : 
marchand de viande cuite, oppose 
a boucher , marchand de viande 
crue. Pour Tetymologie, voy. chair 
et cuite — D. charcuterie, char- 

i cuter. 

I Chardon, du L carduonem * 
(derive de carduus, chardon). — 

, Sur c devenu ch, voy. acharner; 

1 sur la chute de l'u, voy. p. xc. — 
D. chardonnereU que Fancier) fran- 
cais appelait chardonnet, propre- 
ment oiseau qui recherche les 
chardons. Ce qui continue cette 
origine, c'est que les Latins di- 
saient de mSme carduelis (char- 
do nneret), derive decarduus (char- 
don) ; les Grecs ixav6i< (chardon- 
nerel), dedUav6o<; (acanthe; plante 

i epineuse) ; en fin les A lie man ds ap- 
pellent le chardonneret Disteljink 
proprement linotte de chardon). 

Chardonneret , voy. char- 
don. 

i Charger, en espagnol cargar, 
en italien cancare, du L. carricare 
charger, dans Saint-Jerdme Car- 
ricare s'estde bonne heure con- 
tracte suivant la regie (voy. accoin- 



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CHA 



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CHA 



ter), en car* care (les Gloses de 
Reichenau qui remontent au hui- 
tieme stecle donnent onerati = 
carcati). Car care a donn6 charger 
par ie changement 1° de c initial 
en ch (voy. acharner; 2° de re en 
r<7 (voy. adjuger) — D. charge 
(subst. verbal) chargemerU, de'ehar- 
ger, surcharger. 

Chariot, voy char. 

Charite', da L carUatem 
(amour dn prochain) Sur le chan- 
gement l - de c en eft, voy. achar- 
ner; 2° de atem en 4, voy. abbe". — 
D. charitable. 

Charivari, origine inconnue 

f Charlatan, venu au seizieme 
siecle de l'ital. ciarlatano (m. s.). 

— D. charlatanisme. 

1. Charme, arbre, dans le pa- 
tois du Beny charne, en italien 
carpino, duL. carpinus (charme). 

— Cdr(pl)nus contracts suivant la 
regie (voy. p. lxxxi), en car'nus a 
donne charme par le changement 
1° de c en ch (voy. acharner) ; 2° 
de n en m, alteration dont ce mot 
est a peu presl'uniqueexemple. — 
D. charmoie. 

2. Charme, enchantement, du 
L. carmen (enchantement). Sur le 
changement de c en ch, voy. 
acharner. — D. charmer, char- 
mant. 

Char net, voy. chair. 

Chamier, voy. chair. 

Charwu, voy. chair. 

Charniere, du L. cardinaria 
(derive de cardinem, gond) . Card- 
(j)ndria contract^ suivant la regie 
(voy. accomter) en card'naria, a 
donne c/kirniere par le changement 
l°de c en ch, voy. acharner; 2° 
de dn en n voy. aMer; 3° de aria 
eniere. voy. dnier. 

Charognc, voy. c/iair. 

ChtirpenUer, du L. carpen- 
tarius (propr charron; sur#ce 
mot, voy. p. xxii). Sur le change- 



ment l°de c en ch, voy. acharner; 
2° de arius en ter, voy dnier — 
D. charpenter, charpente (subst. 
verbal). 

Char pie, substantif partici- 
pial (voy. absoute) de l'ancien 
verbe charpir (effiler), du L. car- 
pere (detirerde la laine, effiler). — 
Sur le changement dec en ch, voy. 
acharner; sur celui de e" en i voy. 
accomplir. 

Charrette, voy. char. — D. 
charretier, charrete'e. 

C harrier i voy. char. 

Charroyer, voy char. — D. 
charroi (substantif verbal). 

Char rue, du L. carruca (char- 
rue). Sur le changement 1° de cen 
ch, voy. acharner; 2° de uca en 
ue, voy. ami. 

Charte, du L. charta (m. s.). 
Charta etant en realite prononcee 
carta (voy. p. xcix), carta a donne 
charte par le retour du c au ch (voy. 
acharner). 

1. Char ire, du L. chartula 
(diminutif de charta, voy. charte). 
Chart[iX)la contract^ suivant la rfc- 
gle (voy. p, lxxxi) en chart' la a 
change I en r (voy. apdtre). — D. 
chartrier. 

2. Chartre, prison, du L car- 
eer (prison). Sur le changement 
de c en ch, voy. acharner; c'r 
(carc'r) est de venu tr par le change- 
ment tout a fait isole, en francais 
moderne, de c en t. 

Cham , trou d'une aiguille. Ori- 
gine inconnue. 

Chamme, coffre dans lequel on 
renferme les reliques d'un saint, 
du L. capsa (coffre) . Sur c devenu 
ch, voy. acharner; sur ps devenu 
ss, voy. caisse. — D. chassis, en- 
chdsser 

Chasme, substantif verbal de 
chasser (voy. ce mot). 

Chammer, du L. captiare* (de- 
rive de captare, qui a pns le sens 



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de chasser dans les derniers siecles 
de la latinite ; on trouve deja dans 
Properce capture feras pour chas- 
ser) — Sur le changement l - de 
cench, voy. acharner; 2° de ti en 
ss, voy. agencer; 3° sur l'assimi- 
lation du p, voy. caisse. — D. 
chasse, chasseur, chasseresse,pour- 
chasser. 

Chassis j origine inconnue. — 
D. chassieux 

Chassis, voy chasse. 

Chaste, du L castus (m. s.). 
Sur c devenu ch, voy. acharner.— 
D. chastete 

Chasuble, du L casibula* 
(diminutif de casula qui est dans 
Isidore de Seville avec le sens de 
manteau). Casibula ou casubula 
contracts suivant la regie (voy. p 
lxxxi) en casubla a donne chasu- 
ble par le changement de c en ch 
(voy acharner). 

Chat* du L cattus (chat, dans 
Isidore de Seville). Sur c devenu 
ch, voy. acharner. — D. chatoyer, 
changer de couleur , comme l'oeil 
du chat; les pierres precieuses 
qu'on appelle en termesde joaille- 
rie ceil de chat , sont chatoyantes 
ChaUemxte, de chaUe et de mite 
(qui est le L mitis, douce) . 

Ch&taigue , anciennement 
chastatgne, du L. castanea (cha- 
taigne) — Sur c devenu ch, voy. 
acharner; sura devenu ai t voy 
atate; sur nea devenu gne, voy. 
cigogne ; sur la chute de s, voy. 
ablme.— D. chdtaignier, chdtat- 
gneraie. 

Chateau, anciennement chas- 
tel , du L castellum (chateau fort). 
SureUvm devenu cau,voy. agneau; 
sure devenu ch, voy. acharner. 
sur la chute de s, voy ablme — 
D. de l'ancienne forme chdtel: chd- 
telain, chdteUenie, chdtelet. 

Chatmhuant, audix-septieme 
siecle chahuan dans menage, 



chauhanet chouhan dans le patois 
angevin ; au seizieme siecle chouan 
dans Ronsard , cette forme chouan 
est la veritable forme du mot 
(d'ailleurs les naturalistes appel- 
lent encore chouan, le moyen due 
que Ton appelle aussi hibou). 
Chouan est un diminutif de Pan- 
cien franc, ais choue (chouette). 
Choue derive a son tour, de Pan- 
cien haut allemand chouch 
(chouette; le radical allemand a 
aussi donne une forme choue, d'ou 
notre mot choucas). — L'ancien 
francais choue nous a laisse deux 
derives: chouette, et c/wwan (d'ou 
chat-huant, mot dont Porthogra- 
phe presente ferait croire a une 
composition des deux mots chat 
et huer, ce qui n'est point). 

Chatier, anciennement chat- 
tier, du L castigate (chatier). 
Sur la chute du g, voy. oilier; 
sur c devenu ch, voy. acharner; 
sur la chute de s, voy ablme. — 
D. chdtiment. 

Chaton, anciennement chas- 
ton, a Porigine caston, de Palle- 
mand hasten (chaton). 

ChatouitMer,duL. catuUiare* 
(derive de catullire, qui a le sens 
de titiUari) Sur le changement 
l°de c en ch, voy. acharner; 2° de 
u en ou, voy. accouder; 3° de Ui 
en ill, voy ail.— D chatouUle- 
ment. 

Chatoyer, voy. chat 

Chatwev, anciennement chas- 
trer, du L. castrare (m. s ) Sur c 
devenu ch, voy. acharner; sur la 
chute de s, voy. ablme. 

Chattemite, voy. chat. 

Chaud, ancien francais chald 9 
en italien caldo\ du L. caldus 
(chaud) qu'au temps d'Auguste, 
on employaita Rome pourcoitdus: 
« Sed Augustus (dit Quintilien, I, 
6) , quoque in epistoHs ad Caium 
Caesarem scriptis, emendat quod 



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GHA 



129 



CHE 



is dicere calidum quam caldum 
malit: non quia Mud non sit lati- 
num, sed quia sit odiosum > Pour 
le changement: 1° de cen ch, voy. 
achamer; 2° de of en au, voy. 
agneau. — D.e'chauder, rfahaud. 

Chaudiere, du L. caldaria 
(meme sens; vasa caldaria est 
dans Vitruve). Pour le changement 
\ 9 de c en ch, voy. achamer; 2° 
de al en au, voy. agneau; 3° de 
aria en iere , voy. dnier. — D. 
chaudron, ancien francais chau- 
deron, deriv6 de chaudere autre 
forme de chaudiere. De meme en 
espagnol calderon (chaudron) de- 
rive de caldera (chaudiere). 

Chaudron ) voy. chaudiere. 
— D. chaudronnier. 

Chauffer, en provencal col- 
far , en italien calefare, — de ca- 
lefare * forme contractee de cale- 
facere (chauffer). — Pour la chute 
de Ve, col 7 fare, voy. accointer; 
pour le changement : 1° de c en ch, 
voy. achamer; 2° de al en au, 
voy. agneau. — D. chauffe 
(substantif verbal) ; chauffage, 
chauffoir, chauffer ette, chauffeur, 
e'chauffer, richauffer. 

Chattier, voy. chaux. 

Chawme, du L. calamus (ro- 
seau, qui est deja calmus dans un 
texte de 672) . — C6l{$)mus con- 
tracts suivant la regie (voy. p. 
lxxxi) en caVmus a donne chaume 
par le changement 1° de c en ch, 
voy. achamer; 2° de al en au, voy 
agneau. — D, chaumiere, chau- 
mine 

Chausse 9 voy. chausser. 

Chaussee 9 en provencal caus- 
sada, en espagnol calzada, du L. 
calciata* (s. e. ma; proprement : 
vote maconne'e d la chaux; cal- 
ciata d6riv6 de calcem, chaux). — 
Pour le changement \° dec en ch, 
voy. achamer; 2° de al en au, 
voy. agneau; 3° de ci en ss, voy. 



agencer; 4° de ato en &, wy. am- 
poule . 

C hau s se r, du L. calceare 
(chausser). Sur le changement : 
1° de c en ch, voy. achamer; 2° de 
al en au, voy. agneau; 3* de ce 
en ss, voy. agencer. — D. c/iaus- 
ses (substantif verbal) ; chaussette, 
chausson, chaussure, dichausses, 
dichaux, chausse-trape (propre- 
ment . piege, trappe qui chausse 
le pied). 

Chausse-trape, voy. chaus- 
ser et trappe. 

Chauve^du L. catous (chauve). 
Sur le changement 1° de c en ch, 
voy. achamer ; de al en au, voy. 
aaneau. — D. chauve-souris, ainsi 
nommee, parce que les ailesdecet 
animal sont membraneuses et de- 
pour vues de plumes. On trouve 
deja Vespertihones = calves *o- 
rices dans les Gloses de Reiche- 
nau, qui sont du huitieme siecle. 

Chauve-souris i voy. chauve. 

Chaux j en provencal calx, en 
italien cake, du L. calcem (chaux). 
Sur le changement 1° de c en ch, 
voy achamer; 2° de a? en au y 
voy. agneau. 

Chavirer, pour chapvirer, 
proprement * 6tre renverse la tete 
en bas ; des deux mots virer (yoy. 
ce mot), et chap (qui est le latin 
caput, tete). Sur c devenu ch, voy. 
achamer. 

Chef. Le sens primitif esttdte : 
le chef d'un saint, un cowre-chef, 
du L. caput (tfite). — Sur c devenu 
ch, voy. achamer; sur a devenu 
e, voy. acheter. P est ici devenu f 
apres avoir traverse tous les de- 
gres de l'echelle phonique (p, b, 
v, f), comme le prouvent le bas 
latin cabo (pour caput) , et le fran- 
cos du aixieme siecle, qui dit 
chive. Comme le mot chef, les deux 
mots fresaie (praesaga), ne/le (mes- 
. pilum) ont egalement chang6 p en 



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CH£ 



130 



CHE 



f. — D achever (voy. ce mot), du- 
vet (partie du lit ou Ton met la 
t6te, lecAe/), chef -lieu. 

Cftemttt, en provengal camin, 
en italien carnmtno, du L camt- 
nus* (chemin, dans les textes du 
sixieme siecle) . Sur ca devenu che, 
voy. acharner et acheter. — D. 
cheminer, acheminer. 

Chen%in.ee , en italien cammi- 
nota, du L. caminata, qui est de- 
rive de carotnus (cheminee dans 
Vitruve) . Sur le changement : 1° de 
ca en cAe, voy. acharner et ache- 
ter ; 2°de ata en e*e, voy. ampoule 1 . 

Chemise, du L. camisia (che- 
mise) . Paulus, abreviateur de Fes- 
tus, (lit au mot supparus, vetement 
de toile : Supparus, vestimentum 
lineum quod camisia dicitur. Sur 
le changement de ca en che, voy. 
acharner et acheter , 

Chenal, du L. canalis (che- 
nal). Sur ca devenu ca, voy. achar- 
ner et acheter. Une autre forme 
du meme mot est chineau (sur 
le changement de Z en u T voy. 
agneau). 

f chenapan, mot introduitpar 
les cuerres allemandes vers la fin 
du dix-septieme siecle, et qui vient 
de l'allemand schnapphahn (ban- 
dit vaurien). 

Chene, ancien francais chesne, 
du L. casnus* (chene dans une 
charte de Tan 508). Sur c devenu 
ca, voy. acharner; sur a devenu 
e, voy. acheter; sur la chute de s, 
voy. abime. — La forme casnus 
n'e3t qu'une transformation de la 
forme reguliere quercinus (querc'- 
nus), par le changement de re 
(rs) en 5; ce changement de rs en 
s se retrouve en francais dans do* 
(dorsus),museau (mofsellum") , p6- 
che (persica), jus (deorsum*) : il 
existait deja en latin; les Roma ins 
disaient dossum pour dorsum, su- 
sum pour sursum, prosa pour 



prorsa, retrosum pour retrorsum. 
On trouve meme mtrosus pour in- 
trorsus dans une inscription (Orelli, 
14034). — Quant au qu devenu c 
(casnus), voy. car. — D. chenaie. 

Chenet, anciennement cAten- 
net, voy. cAten. 

Chenevis, du latin cannabi- 
sium*y derive de cannabis (chan- 
vre). Sur le changement 1° de ca 
en cAe, voy. acharner et acheter; 
2° de 6 en v, voy. avant. — D.c/ie- 
neviere, chenevotte. 

ChenU) du L. cant'Je* (lieu oil 
Ton reriferme les chiens) ; canile 
derive de cants, comme equile d'e- 
quus, agnile d'agnus, etc....). Sur 
le changement de ca en che, voyez 
acharner et acheter. 

Cftetttffe, du L. canicula /'pe- 
tite chienne) ; denomination ion- 
dee sur la ressemblance de la tfite 
de certaines chenilles avec la tlte 
d'un petit chien. Cette etymologie ? 
qui paratt au premier abord si 
etrange, est confirmee par ce fait 
que la chenille a recu dans un 
grand nombre d'idiomes, le nom 
de differents animaux : le milanais 
appelle la chenille cagnon (propre- 
ment petit chien); dans a'autres 
parties de Pltahe, on nomme la 
chenille gdttola (proprement petit 
chat) ; les Portugais rappellent la- 

?arta (proprement Uxard). — Pour 
e changement 1° de ca en che, 
voy. acharner et acheter; 2°deicu- 
la en t'We, voy. abeille. — D. 4che- 
niller. 

Cftemc, du L. canutus (blanc, 
derive de canus). Sur ca devenu 
,cAe„ voy. acharner et acheter; sur 
utus devenu u 1 voy. aigu. , 

Cheptel, en provencal captal f 
du L. capitate (avoir, ce que Ton 
possede). Capitate contracte sui- 
vant la regie (voy accointer), en 
cap' tale a donne cheptel , par le 
changement : 1° de ca en che, 



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CEt 



131 



CHE 



voy. aehamer et aeheter; 2* de ale 
en el, voy. annuel. 

CJbet*, du L. earus (cher). Sur 
ca devenu che, voy. aehamer et 
ac/wtfer. — D. cherir, cherement. 

Chevchewy en provencal cer- 
car, en italien eercare, du L. ctr- 
care (qui est deja dans Properce, 
avec le sens d'errer 9a et li). — 
Pourle changement 1° de c ench, 
voy. aehamer; 2° de i en e, vovez 
admettre; 3 # de a en e, voy. aehe- 
ter. — D. chercheur, rechercher t 
recherche. 

Chew , du L. card (visage, mine 
que Corippus, poSte du sixieme sie- 
cle, a employe dans son Panegy- 
rique de Justin : a Postquam venere 
verendam Caesaris ante caram.... » 
Faire bonne chere n'a pris que tar- 
divemer.t le sens de faire un bon 
repas; il signifiait autrefois faire 
bon accueil, et a Torigine faire bon 
visage : le sens propre de chere 
6tant visage, comme dans ces vers 
de Patelin : Que ressemblex-vous 
bien de chere, Et du tout, drostre 
feupere. — Sur le changement 
de ca en che, voy. aehamer et 
aeheter. 

Cherir , voy. cher.— D che'ris- 
sable, ench4rir, renehe'rir, suren- 
ch&rir. 

Cherte, duL. caritatem fcher- 
U). Car (I) totem contracte suivant 
la regie (voy. accointer) en cafta- 
tem a donne cherti par le change- 
ment 1* de ca en che (voy. achar- 
ner et aeheter) ; 2° de atem en £ 
(voy. abbe~). 

C hero bin , du L. ecclesiastique 
cherubim (ange), mot introduit 
dans la langue latine par saint Je- 
rdme (voy. p. lx). 

Chetif, du L. captivus (pri- 
sonnier) ; avant de signifier faible, 
miserable , ce mot avait a Torigine 
de la langue le sens de captif, de 
pnsonnier; on lit dans Joinville 



que saint Louis d&ivra les chitifs 
(e'est-a-dire les Chretiens captxfs 
des Sarrasins). Che'tifvient du la- 
tin captivus (captif) par le change- 
ment : {• de ca en che (voy achar- 
ner) ± 2° de pt en t (voy. aeheter), 
3° de v en f (voy. bauf. 

Tandis que notre langue a perdu 
le premier sens de chetif, et n'a con- 
serve que celui de miserable, l'ita- 
lien cattivo (captivus) a conserve 
parallelement cette double signifi- 
cation , et cattivo signifie a la fois 
cMtifel prisonnier. 

Chetml, du L. cabalius (cheval 
de trait). Sur le changement: l*de 
ca en che, voy. aehamer et ache- 
ter; 2° de b en v, voy. avant — 
D. chevalin,chev 'let, diminulif de 
cheval; les Romaics disaient de 
meme equuleus (chevalet), dimi- 
nutif de equus (cheval). 

CAevaliet*, du L. eaballarius 
(qui est dans Isidore de Seville 
avec le sens de alaris eques). Sur 
le changement : 1° de ca en che, 
voy. aehamer et aeheter; 2° de b 
en v, voy. avant; 3° de arius en 
ter, voy. dnier. — D. chevalerie; 
chevaliire (bague); chevaleresque, 
mot forme a limitation de 1'ita- 
lien cavaUeresco (mSme sens). 

Che voucher, ancien frncais 
chevalcher, en italien cavalcdre, 
en espagnol cabalgar, du L. ca- 
baUicare* (chevaucher : si quis ca- 
ballum sine permissu domini sui 
ascendent, et eum caballicaverit, 
lit-on dans la LexSalica, tit. 25). 
Caball(i)care (contracte suivant la 
regie (voy. accointer) en cabaVcare 
a donne chevaucher par le change- 
ment: 1° de ca en che (voy. achar- 
ner et aeheter); 2° de 6 en r, voyez 
avant; 3° deal en au (voy. agneau). 
— D. chevaucMe. 

Chevelu, voy. cheveu. 

Cfceveltc ve 9 ancien francais 
cheveleure, en italien copeWafura, 



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CHfe 



132 



CHE 



du L. capiUatura (m6me sens, 
dans saint Augustin; deriv6 de 
capillum. cheveu). Capella(X)ura 
ayant perdu son t medial suivant 
la regie (voy. abbaye) t a donn6 
chevelure par le changement 1° de 
ca en che (voy. acharner et ache- 
ter) ; 2° de p en v (voy. arriver) ; 
3° par la contraction de eu (che- 
veleure) en u (voy. p. xc). 

Cheret) voy. c/ie/". — D. cfce- 
vecier (maitre de cho3ur, du che- 
vet, comme on appelait autrefois 
cette partie de l'eglise). 

Chevetre, licou, en ancien 
francais chevestre, en espagnol ca- 
bestro, en italien capestro, du L. 
capistrum (lien, courroie), par le 
changement: 1° de ca en che (voy. 
acharner et acheter) ; 2° de p en 
t? (voy. arriver) ; 3° de i en € (voy. 
admeltre) ; 4° par la chute de * 
(voy. abime). — D. s'enchevHrer 
sedit proprementdu cheval, quand 
il s'embarrasse la jambe dans la 
longe de son licou, de son chevt- 
tre, d'ou le sens figure de s'embar- 
rasser, de s'embrouiller. 

Cheveu^ ancien francais che- 
vel, du L. capillum (cheveu), par 
le changement: 1° de ca en che 
(voy. acharner et acheter); 2° de p 
en v (voy. arriver) ; 3° de -il en el 
(voy. admettre), puisde el eneu 
(voy. aflfneau). — D. dePancienne 
forme cAerel: c/ict?eto, e'cheveler 
(tcheveau). 

ChcviUe , en italien caviglia, 
duL. c/atncuto* (propr. cheville 
de bois). Sur le changement de 
icula en iWe, voy. abeille; sur 
celui de a en c voy. acheter; cla- 
vicula aurait donne cleville; mais 
l'euphonie a amen6 une dissimi- 
lation (voy. p. lxxxi), et la re- 
duction de cl a c (voy. able). Ge c 
a r6gulierement donne ch en fran- 
cais (voy. acharner). 

CJtaiW, du L. copra (che v re), 



par le changement: 1° de ca en 
che (voy. acharner et acheter) ; 
2° dep en v (voy arrit?er). — D. 
chevreau, chevrette, chevron f che- 
wrier* chevroter f chevrotin, chevro- 
tine (balle pour tirerle chevrotin, 
le chevreuil). 

Cherrefeuille , du L. capri- 4 
folium (chevrefeuille) ; pour les " 
changements de lettres, voy. aux 
mots chevre et feuille. 

Chevreuil, du L. capreolus 
(chevreuil), par le changement: 
1° de ca en che (voy. acharner et 
acheter); 2° de p en v (voy. arrt- 
ver)-, 3° de eolus en eutl (voy. 
a'icw/). 

Chevron, piece de bois, du 
L. capronem* (chevron). On trouve 
d6ja capriones pour cfcevrows dans 
les Gloses de Cassel qui remontent 
au huitieme siecle. Pour les chan- 
gements de lettres , voy . chevre. — 
Quant a la transition du sens, 
la m£me m&aphore existait en la- 
tin; les Romains d&ignaient le 
chevron par le mot capreolus (pro- 
prement chevreuil). 

Chewote*) voy. chivre. 

Chevrotltte, voy. chivre. 

Chez , du L. casa (maison), pai 

1 le changement: 1° de ca en che 

(voy. acharner et acheter) ; 2* de 

* en % (voy. nex). — Chez a 1'ori- 

gine de notre langue 6tait sub- 

stantif et avait le sens de maison: 

| le Grand Coutumier parle de 

1 ces maisons et chez isquels les 

marchands mettent leur marchan- 

dise. On disait au onzieme siecle : 

je vais d chez Gautier (Ktt6rale- 

I ment: Vado ad casam Walterii; 

a la maison de Gautier) ; je viens 

de chez Gautier (de la maison de 

G.J. Mais cette distinction ne tarda 

§oint a s'alt6rer : la locution d chef 
evint chez qui n'a plus de sens 
aujourd'hui; de chez persista, et 
temoigne par sa forme, que le 



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CHI 



133 



CHL 



mot chez etait original rement sub- 
stantif. Voy. ma Grammaire His- 
torigue de la Langue Francaise, 
p247 , 

f Chicane , ce mot est un nou- i 
vel exemple de ces changements I 
de sens dont nous avons parte* 
dans r Introduction (p. xxnj. — ' 
Avant de signifier proces, chicane 
avait le sens de dispute au jeu, en 
particulier au jeu de mail, et a 
I'origine le sens de jeu de mail; 
dans cette signification chicane 
represente un type zicanum*, qui 
est le grec du moyen age xCuxd- 
vtov (jeu de mail) ; ce mot est, on 
le voit, d'origine byzantine. — D. 
chicaner. j 

1. Chichc (pois}, du L. cicer 
(pois chiche) , par le changement 
de c en ch (voy. acharner). 

2. Chiche j adj. du L. ciccum 
(peu de chose, de peu de valeur). ! 
Sur le changement de c en ch, voy. 
acharner; sur celui de cc en ch, J 
voy. acheter. ' 

Chlcoree, au seizieme siecle 
cichore'e, du L. cichorium (meme 
sens) . I 

Chien, du L. canis (chien) par 
le changement: 1° de c en ch 
(voy. acharner); 2° de a en ie 
(voy. p. lxxxiii) . — D. chienne; 
chenet oui etait dans notre an- 
cienne langue chiennet , ainsi 
nomine* parce que ces ustensiles 
avaient a leur extremite une pe- 
tite tftte de chien; on nommait au- 
trefois en Provence, un chenet ca- 
fuec (littoral, chien de feu, chien 
ui garde le feu) : Pallemand dit 
e meme Feueroock (bouc du feu) 
pour chenet. 

Chitfe, origine inconnue. — 
D chiffon , chiffonnier. 

Chi fire, ancien francais cifre, 
qui signifiait ziro a I'origine de 
notre langue , comme le has latin 
ct'/ra (cifra, figura nihili, ditle 



I 



Breviloquus) est d'origine arabe, 
comme beaucoup de termes de ma- 
thematiques , et represente 1'arabe 
cifr (zero). — D. chiffrer, dfahif- 
frer. 

Chig mom, le derriere du cou, 
les vertebres cervicales ; le chignon 
du cou est une expression fre- 
quente dans Buffon (par exten- 
sion, les cheveux de derriere la 
tete, qu'on reunit dans un filet, 
appuye sur le chignon). Chignon, 
au sens de vertebres cervicales 
etait dans notre ancien ne langue 
chaignon, a l'oripine chaaignon. 
et derive du L. catenionem* (chai- 
non vertebral). — Ca(t)enionem 
perdaot suivant la regie (voy. ab- 
baye) son t medial a donne chat- 
gnon par le changement: 1° de c 
en ch (voy. acharner); 2° de ni 
en gn (voy. cigogne). 

chlmere, du L. chimaera (m. 
s.). — D. chime'rique. 

Chimle, du L. chytnia* — D. 
chimique, chimiste. 

cntner, tisser les etofies a la 
maniere des etoffes de la Chine. 
Mot d'origine historique (voy. p. 
lxiv). 

f CJilonrme, venu au seizieme 
siecle de Pital. ciurma (m. s.). 

Chlqnenaade, origine incon- 
nue. 

Chlragre, du grec x et P*YP* 
(mSme sens) . 

Chiromanele , du grec^cipo- 
(lavxeCa (divination par 1'inspection 
de la main). 

Chlmrgle, du grec xtipovpyiat 
(chirurgie, Htt6ralement operation 
a Taide de la main). 

Chlore, du grec x^opoc (vert 
p&le). — D. chlorique, chlorate, 
Morose (maladie qui donne a la 
peau un teint jaunatre ou ver- 
datre); chioroforme (compose* de 
chlore et d'acide formique, voy. 
formique). 

8 



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CHO 



134 



CHR 



f Choc, venu au seizieme sie- 1 
cle de lltal. cioco. i 

f Chocolat, au dix-septieme 
siecle chocolate, venu au seizieme 
siecle de Pespagnol chocolate 
(m. s.) 

Chosur , du L. chorus (m. s.). 
Sur o devenu obu, voy. accueiUir. 

Choir, anciennemeht chtoir, 
aPorigine chaer et coder, — du 
L cadere (tomber), par le change- 
ment. 1° dec en ch (voy. achar- 
ner) ; 2° de e en oi (voy. accroire) ; 
3° par la chute du d (voy. acca- 
Uer), et pai^la synerese de e-oir en 
oir (voy. p. xc) . — De meme que 
ca(d)cre donna che'oir , — ca(d)u- 
2ii5 * (sur les participes en wfu5, 
voy. boirc) donna l'ancien franqais 
che-uty puis chu et le feminin 
ca(d)uto, devint chd-ute, puis cAute 
qui est aujourd'hui substantia par 
un changement etudie au mot ab- 
soute — D. choir, dchoir, de"- 
choir; chute, rechute * 

Choiwir, avant de signifier 
•litre, trier, ce mot avait le sens 
de voir, d*apercevoir ; de sa tour, 
le guetteur choisit (decouvre) les 
ennemis, disait-on au moyen age ; 
choisir, anciennement coisir, a 
Porigine cosir, en provencd cau- 
sir, en italien causire, est un mot 
d'origine germanique, et derive 
du gothique Kausjan (voir, exami- 
ner). — D. choix (subst. verbal). 

Cholera (mot latin, lerive du 
grec xwte'pa, cholera). — D. c/io- 
Urique. 

C homer, qu'ontrouve sou vent 
ecnt chaumer au seizieme siecle , 
chdmer est proprement se reposer; 
en provencal chaume signifie le 
temps de repos des troupeaux ; ce 
mot, derive ainsi que le mot fran- 
cais, du latin du moyen age cauma 
(ardour du soleil, puis moment de 
lajournee ou la chaleurest trop 
"rte pour permettre au laboureur. 



de travailler). Quant au latin 
cauma, il represente le grec xaOjxa 
(chaleur) . — Sur le changement de 
au latin en o francais, voy. 
alouette; sur celui dec 'en ch, voy. 
acharner. — D. chdmage. 

Chope, de l'allemand schoppen 
(chope) . — D. chopine. 

Chopper, mot d'origine ger- 
manique, de Pallemand schupfen 
(heurter) 

f Choquer, recent dans la lan- 
gue, de Pallemand schokken. 

Chose, en italien cosa, du L. 
causa (qui signifie proprement 
cause, mais qui n'a point tarde a 
prendre le sens de res, de chose, 
dans la latinite* des derniers temps 
de PEmpire. Hyginus emploie 
causa pour res, Pline a dit quam 
ob causam pour quam ob rem; les 
Gloses de Reichenau, qui remon- 
tent au huitieme siecle donnent 
« rerum = causarum » On lit 
dans la Lex Longobard. : « Quia viri 
istam causam faciunt, non autem 
mulieres). » 

Causa a donne chose, par le 
changement: 1° de c en ch (voy. 
acharner) ; 2° de au en o (voy. 
alouette). Voy aussi p. xxvi. 

Chou, anciennement chol, du 
L caulis (chou). Caulis a donne 
chol par le changement : 1° de c en 
ch (voy. acharner) ; 2° de au en o 
(voy. alouette); chol est devenu 
chou par Padoucissement de ol en 
ou (voy. agneau). 

Chouca; voy. chat-huant. 

+ Choucroute, corruption de 
l'allemand sauerkraut(m$me sens), 
mot venu par PAlsace. 

Chouette , voy. chat-huant 

Choyer, origine inconnue. 

Chreme, du L. eccl&iastique 
chrisma (grec xpfopa, onction). 
Sur % devenu e, voy. admettre ; sur 
la chute de s, voy. abtme. 

Cfcre»toa»atMie, du grecxpqa- 



y Google 



GIB 



135 



CIG 



aOeta (recueil d'extraits interes- 
ts). 

'A»*eViett, du L. christianus 
i adore le Christ), par le chan- 
lent: 1° de ianus en ien (voy. 
ien); 2*de t en e [voy. admet- 
; 3° par la chute de g (voy. 
me). 

'h*€Hent€) du L. christiani- 
m (chretienie) qui s'est con- 
te* suivant la regie (voy. accoin- 
en christian'tatem, et a donne 
\tienti par le changement: 
le christian* en chrdtien (voy. 
mot) ; 2° de atem en 6 (voy. 

hrlfltlanlsme, du grec/pt<T- 
ktjxo; (religion du Christ). 
hrome, du grec XP" > V- <X (cou- 

hromatlqae, du grec xpwpia- 

; (colore). 

Chronlqae, du L. chronica 
•onique). — D. chroniqueur. 
. chronlqne, adj. du. L. 
onicus (qui suit 1'ordre des 
ps, au fig. qui dure longtemps). 
hronogranime, du grec ypo- 
( temps), et ypopeiv (ecrire) 
ihronologle, du grec yoovo- 
a (meme sens). — D. chrono- 
que. 

hronometre, du grec Xpovo; 
aps) , et yixpov (mesure). 
hryaaltde, du L. chrysali- 
i (m. s.). 

hryaocale, mot forge a Paide 
deux mots grecs xaXoc (beau), 
xpvxroc (or), aussi beau que 

Atccfcotef, onomatopee (voy. 

xv). — D. chuchotement. 

hut, onomatopee (voy. p. lxv) 

'Mc*e, substantif participial 

r. absoute) du verbe c/ioir (voy. 

not). 

hyle, du grec xv\6$ (sue). 

'I, voy. ici, 

£6!*, anciennement cibe> de 



l'ancien haut allemand sciba (ci- 
ble). 

Clbotre, du L. ciborium (mem* 
sens). 

Cifrotcle, du L. caepulla* 
(meme sens). Par le changement: 
1° depen b (voy. abeiUe); 2° de 
uenou (voy. accouder) ; 3° de ae 
en t (voy. cive). 

Cicatrice, du L. cicatricem 
(meme sens). — D. cicatriser. 

f Cicerone, venu de l'italien 
cicerone (mfime sens). 

CWre, ancien francais sidre, 
du L. sicera (cidre, grec <rix£pa) 
Sicera contracts suivant la regie 
en rie'ra, a donne sis'ra par le 
changement de c en $ (voy. amt- 
tii); sis'ra a intercale suivant la 
regie (voy. ancttre) une dentale 
euphoniqueentre * etr, etadonn6 
sisdre, comme laxarus a donne 
ladre (laarYus), comme S Lusor a 
donne S. Ludre (LuVr). Sisdre est 
devenu sidre (voy. abtme) puis ci- 
dre (voy amitie^j. 

Clef, du L. caelum (ciel), deja 
ecrit ce/um par les Romains (voy. 
p. lxxxvi). Sur le changement de 
e en ie, voy. arriere 

Ciergc, chandelle de cire, du 
L. cereus (derive^ de cera, cire). Sur 
eus devenu qe, voy. abriger, et 
p. lxxxix; sur e devenu »c, voy. 
arriere. 

f Ctgale, venu du proven§a 
cicala (cigaie) qui est le L. cica- 
dula (diminutif de cicada, cigaie). 

f Clgarre, venu de Tespagnol 
cigarro (meme sens). — D. ciga- 
rette. 

Cljfojftte, du L. ciconia (cigo- 
gne). Sur le changement de c la- 
tin en g, t voy. adjuger. — Quant 
au changement de rii latin en gn 
devant une voyelle, il a lieu dans 
les mots suivants (cette liste com- 
prend aussi les mots en ne; cette 
forme s^tant toujours transformee 



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CIN 



136 



CIR 



en rtf ; sur Inequivalence de £ et de 
I, voy. abre'ger): oignon (unio- 
nem), engei^ner (ingeniare), ros- 
sionol (lusciniola), ropnon (re- 
monem) , Seipneur (seniorem) , 
campaywe (campanta) , baipner 
(balneare), chignon (catenionem), 
copnee (cuneata) , ivropne (ebrio- 
neus), montapne (montanea), ara- 
ane (aranea), chataiflfwe(castanea), 
l\gne (tinea), teigne (tinea), vipne 
(viwea), Voy. aussi au mot arai- 
gne"e. 

ague, du L. cicuta (cigue), 
par le changement: 1° de c en g 
(voy adjuger) ; 2° de uta en ue 
(voy. aigu). 

C1I, du L. cilium (cil). — D Cil- 
ler, d'ou Tancien francais ddciller 
(qui est aujourd'hui dessiller, voy. 
p. xxiv) 

Ciwne, ancien frangais cyme, 
du L. cyma (qui a le sens de time 
dans Isidore de Seville : Cima 
est enim summitas arborum). — 
D. cimier (ornement place sur la 
cime du casque) . 

anient, du L. caementum 
(moellon), — ae latin est ici de- 
venu t, comme dans ciboule 
(caepulla), cive (caepa), civet 
(caepatum *) , lie ( laeta ) . pivoine 
(paeonia). Ae (reduit a e) devient 
ie dans Steele (saeclum), grieche 
(graeca) . Voy. p. lxxxvi — D. ci- 
menter. 

f cinieterre, anciennement 
cimiterre. venu de l'Orient par 
1'intermediaire de Titalien scimi- 
terra (m6me sens). 

Cimetierej du L. ccemeterium 
(cimetiere) par le changement: 
1° de a en t (voy. p. lxxxvi) , et 
au mot accomplir; 2* de e en ie 
(voy. arrtere). 

Cimier, voy. cime* 

Cinnabre , du L. cinnabaris 
(cinnabre) ; sur la chute dePa p6- 
nultieme, voy. asperge. 



Cln6ralre, du L. cinerarius 

(meme sens) . 

1. Cingter, fouetter, du L. 
cingulare (fouetter a l'aide d'une 
courroie, d'un cingulum), par la 
chute r6guliere de u (voy. accoin- 
ter). 

2. Cingter, naviguer, ancien 
francais singler, a Torigine si- 
gler,' mot d'origine germanique 
(ancien scandinave sigla, navi- 
guer). 

ctnname, du L. cinnamum 
(meme sens). 

Cinq, du L. quinque (cinq), 
qui est deia cinque dans une in- 
scription du troisieme siecle. Sur 
qu devenu c voy. car. — D. cin- 
quieme. 

Cinquante , du L. quinqua- 
ginta (meme sens) par le change- 
ment de qu initial en c (voy. cinq), 
et par la chute du g medial (voy. 
allier. — D. cinquantieme, cin- 
quanlaine. 

Cintrer, du L. cincturare* 
(cintrer),parla chute reguliere de 
u (voy. accointer) et le changement 
de ct en t (voy. affoW). — D. 
cintre (substantif verbal), dicin- 
trer. 

Clppe, du L. cippus (m. s ). 

Clrconelre, duL. circumcidere 
(m. s.). Sur le changement de lafi> 
nale cidere, en cire, voy. occire. 
— D. circoncision. 

Clrconrerence, du L. circum- 
ferentia (m. s.). 

Circonflexe, du L. circum- 
flexus (m. s.). 

Clrconlocutlon , du L. cir- 
cumlocutionem (m. s.). 

Clrconscrlre, du L. circumscri- 
bere (m. s.). — D .* circonscrip- 
tion. 

Clrconapect, du L. circum- 
spectus (m. s.). — D. circonspec- 
tion. 

Ureonstanee , du L. circum- 



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CIT 



137 



GLA 



stantta(m. s.). — D. circonstan- 
tier, circonstanciel. 

Clreonvallatlon, du L. cir- 
cumvallationem, derive de circum- 
vallare (fortifier autour) . 

Clreamvemtr, du L. circumve- 
nire (m. s.). 

Clrcoavolala , compost de 
voisin et du pr6fixe circon (autour, 
L. eircum). 

Clreonvolntlon, du L. cir- 
cumvolutionem* , derive de circum- 
volvere, rouler autour. 

Circuit, duL. circuity* (m.s.). 

Clreulalre, du L circularly. 

drenler, duL. circulari (m. 
s.). — D. -ation. 

Cire, du L. cera (cire), Sur e de- 
venu i, voy. accomplir. — D. ci- 
rer, -age, drier. 

€iroflt,etymologie inconnue. 

Cirque, du L. circus (m. s.). 

Clrre, du L. cirrus (boucle de 
cheveux). 

CUaillem, voy ciseau. — D. 

Cfeemc, origine inconnue. — 
D. cisailles. ciseler (de l'ancienne 
forme cisel pour ciseau, voy. 
opneat*). 

Ciseler, voy. meat*. — D. ct- 
seleur, -ure 

J- cttadelle, de l'italien citta- 
la (citadelle). 

f dtadln, de l'italien cittadino 
(qui babite la ville). 

Cite, du L. citatem qui est pour 
civitatem (cite), dans plusieurs 
inscriptions anterieures au troi- 
sieme siecle. Pour la chute de 11 
latin civ(\)tatem, voy accointer; 
pour la reduction ^detrt a f, voy. 
alMger; 2° de atem a 4, voy. 
abbe". 

Ctter, du L cif are (meme sens) . 
— D. citation. 

ctterlear, duL. citerior (meme 
sens). 



C* 



du L. cisterna' (ci- 



terne) Sur la chute de *, voy. 
abtme. — D. eiterneau. 

Clthare, du L. cithara (meme 
sens). 

Citoyen, en provengal cipta- 
dan, du L. civitadanus* (derive 
de civitatem, cite). Pour le chan- 
gement de la premiere partie du 
mot (civita en cit, voy. au mot 
cite": pour la chute du d medial, 
voy. accabler; pour le suffixe 
yen, voy. ancien. 

€ttt*i», duL. eitrinus (m6me 
sens). 

Cifroit, du L. citrum (citron), 
par un diminutif citronem*. 

Citrcmf lie, diminutif de l'an- 
cien francais citre (courge) : citre 
est le L. citrum (citron; la couleur 
jaune de la citre l'ayant fait assi- 
miler k un citron). 

Cive, du L. caepa (cive). Surle 
changement de ae en i par l'inter- 
mediaire de e, voy. p. lxxxvi, et 
au mot ciment. — Sur p devenu 
v, voy. arriver. — D. civet, que 
Ton ecrivait anciennement ewe', 
est proprement un ragout aux 
cives; cxvette, 

f Clvctte, ou chat musque, 
mot d 'origine Orientale (arabe %&• 
bed) et qui est veou dans notre 
langue par Fintermediaire du grec 
du moyenage CaiceTiov (civette). 

€iviet*e, origine inconnue 

Civil, du L. civilis(m. &.). — 
D. civility, civUiser, -ation. 

Clvlque, du L. civicus (m. s.). 
— D. civisme. 

Clabaud, qui glapit, mot d'o 
rigine germanique (Neerland. 
Klavpen, meme sens). — D. cla- 
bauder, -age. 

Claie. ancien francais cloie en 
provencal cleda , du L. clida* 
(claie, dans la Lex Bajuwariorum, 
titre lxxvii : Si eum interfecerit, 
coram testibus in auadnvio in 
clida eum levare deoet. Ce latin 



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GLA 



138 



CUE! 



clida derive des idiomes celtiques 
(kymri clwyd, claie. — Le latin 
chda, a donn6 l'ancien fran$ais 
cloie par la chute du d medial 
(voy. alouette) et le changement 
de t en oi (voy. boire) ; o% est a son 
tour devenu at (voy. accroire), 
d'ou la forme moderne. — 1). 
dayon; cloy tore de la forme an- 
cienne cloye). 

Clair, du L. ckirus (clair) ; sur 
a devenu ai. voy. aigle. — D. 
clair et, clairiire, clairon (trom- 
pette au son clair) : clarine, clari- 
nette, iclairer, eclair city clair- 
voyant. 

CMaMewe, voy. clair. 

ClaivoM, voy. ctatr. 

Clairvoyant, voy. cZatr. — 
D. clairvoyance. 

Clametct* , du L. clamorem 
(cri). Sur o devenu eu, voy. ac- 
enettttr. 

Clandestln, du L. clandesli- 
nus (m6me sens) . 

f ciapet, de l'allemand klappe 
(soupape). 

Ctapter. voy. clapir. 

Clapir (se) , se cacher en par- 
lant des'lapins, du L. clepere (se 
clepere, se cacher), par le change- 
ment, 1° de e latin accents en i 
(voy. accomplir) ; 2° de e atone en 
a (voy. ammeter). — D. clapier. 

Clapotef , aiminutif de clap- 
per (meme sens), onomatopee. 

Claque, onomatopee. — D. 
claquer, claqueur. 

€fagt«emtf net*, mot d'origine 
inconnue. 

€fot*iJtet*, du L. clarificare 
(rendre clair (voy.cfatr).— D. cla- 
rification. 

Clarinettc, diminutif de Ma- 
rine, voy. clair. 

Clarte, du L. claritatem (clar- 
te), par la chute reguliere de I 
(voy. accotnter), et par le change- 
ment deotem en tf (voy. adbe). 



Claase, du L. ctoms (m6me 
sens). — D. closer, cfcwsment, d£- 
classer, classique, classification. 

Clause , ce que Ton arrfite, ce 
que Ton conclut, du L. clausa 
(participe de claudere t clore, ar- 
r§ter). 

Clanstral, du L. claustralis 
(meme sens). 

1. Claveau, du L. claveUus 
(diminutif de clavis, clef de votite). 

j Sur ettus devenu eau } voy. agneau, 
, ancien frangais clavel, terme d'ar- 
chitecture. 

2. Cfavemi, anciennement ela- 
te! , maladie des b6tes a laine, du 
L. cJat?eMus (menie sens; les bou- 
tons du claveau etaient assimiles 
a des clous). — D. claveUe (de 

| Tancienne forme claveU). 
I f Clavecin, de l'italien clavi- 
cembalo (meme sens). 

Clavtcule, du L. clavicula 
(mSme sens). 

Clavier, du L. claviarius* 
(porte-clefs, derive" de clavis, clef). 
Ce mot qui signifie porte-clefs dans 
notre ancienne langue, a 6t6 ap- 

Slique a l'assemblage des touches, 
es clefs. 

Clef, du L. clavis (clef), par le 
changement, 1° de a en e (voy. 
acheter); 2 de v en f (voy. bceujr). 

demattte, du L. clematidem 
(pervenche). 

Clement , du L. clementem 
(m6me sens). — D. cUmence, du 
L dementia. 

Clepsydre, du L. clepsydra 
(meme sens). 

Clerc, du L clericus (grec xXrj- 
ptxo;, qui appartient au clerge\ 
oppose a latque). Le sens primitif 
du mot s'est llargi; clerc a pris le 
sens d'homme docte, puis d'homme 
de plume, puis de greffier, enfin 
de commis {clerc d'avoue. etc....). 
— Sur la chute de t dans clericus, 
voy. p. lzxzi, et au mot affable. 



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CLO 



139 



CLO 



Cfet-jre, du **• clerieatus (le 
corps des clercs, derive" de cleri- 
cus)* par la chute reguliere de VI 
atone (voy. accointer), et par le 
cbanaremeni de c en g (voy. adul- 
ter) et de atus en <5(voy. ampoule). 

Clerical, du L. clericalis 
(meme sens). 

Cliche** , anciennement eli- 
quer, forme qui montre que cli- 
eher est une variante de eliquer 
(voy. ce mot); de mfime en alle- 
mand ab-klatschen (clicher) derive 
de klatschen (claquer). — D. cli- 
che , clichage. 

client , du L. clientem (mSme 
sens). — D. clientele. 

Ciigner, du L. clinare (meme 
sens). N latin est devenu gn, et a 
subi la meme transformation que 
nn dans grogner (grunnire), pi- 
gnon (pinwonem*). I 

Clbnat, du L. climatem (cli- 
mat). — D. climateriqve. 

Cfitt, substantif verbal de eli- 
gner (voy. ce mot). * 

cllalque, du L. clinice (lecon 
qui se fait pr6s du lit des malades). | 

CUwqwtunt , abreviation de 
Fancienne expression or clin- 1 
quant ; clinquer qui correspond 
au neerlandais Uinken (r6sonner), j 
veut dire propiement faire du 
bruit ; la meme metaphore se re- 
trouve dans la langue allemande 
qui appelle le clinquant rausch- \ 
gold (litteral. Tor bruyant). ; 

CUquetcr, frequentatif du ; 
vieux francais eliquer (faire du 
bruit) qui est une onomatopee. — 
D. cliquetis. 

f Cllver, de l'anglais to cleave 
(fendre). — D. clivaqe. 

Cloaque, du L. cloaca (egout). 

Cloche, du L. merovingien 
checa (cloche, dont Forigine est 
inconnue). — Sur le changement 
de c en eh, voy. acharner. — D. 
clocher, clochette, clocheton. 



Clocher (boiter), en provencal 
clopchar. — Le grec x^o^ou; 
(boiteux) donna naissance, dans 
les premiers siecles qui suivirent 
la chute de FEmpire, a une forme 
latine cloppus (boiteux;; on trouve 
dejd. cloppus dans les Gloses de 
Philoxene (* cloppus = y^loi »), 
et la Les Alamannorum, donne 
cloppus pour claudus • « ut clop- 
pus permaneat. » Cet adjectif clop- 
pus fournit a notre langue deux 
mots importants : 

1° Cloppus donna Fancien ad- 
jectif francais clop (boiteux), d'ou 
le verbe eloper, qui a disparu de 
la langue moderne, mais qui a 
laisse son pariicipe present dans 
l'expression clopin - clopant (dont 
le premier terme est le substantif 
verbal de clopiner, autre denve de 
eloper); e'clopi est aussi un com- 
pose de eloper. 

2° Cloppus, par un derive clop- 
picus, donna le verbe eloppicare 
(clocher), qui perdant, suivant la 
regie (voy. accointer), son I , se 
contracta en clop'care et donna 
d'une part le provencal clopchar, 
de Fautre le francais* clocher par 
le changement de e latin en ch 
(voy. acharner). 

Cloisoit, du L. closionem 
(m6me sens), par la transposition 
de l't (voy. chanoine). 

Cloitre, anciennement clois- 
tre, du L. claustrum (clottre)^ sur 
le changement de au en ox par 
Fintermediaire de o, voy. aboyer; 
sur la chute de *, voy. abitne. — 
D cloitrer. 

€f opin-cfofMtttt , voy. clo- 
cher. 

Cloporte , qu'au dix-septieme 
siecle on ecrivait encore claus- 
parte, alteration de clausporc qui 
serait la veritable forme, — ce 
mot venant du L. clausus porcus 
(litteralement pore enferme , en- 



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COA 



140 



GOG 



clos). Pourquoi cette denomina- 
tion appliquee au cloporte? II se- 
rait difficile de le dire ; cependant 
elle est generate; le cloporte se 
trouve presque partout designe 
par le nom du fcochon : les Latins 
nommaient le cloporte tant6t asel- 
lus (petit ane) , tantdt porcellio 
(petit pore) ; les Grecs l'appelaient 
dvurxo; (petit ane); les lialiens 
disent porcellini ( proprement : 

Setits cochons) ; il en est de m6me 
ans toutes nos provinces ; le clo- 
porte s'appelle en Champagne co- 
chon de saint Antoine; en Dau- 
phine kaion (cochon); en Anjou 
tree (truie). — Tous ces rappro- 
chements ne nous expliquent point 
Ja cause de rappellation; maisils 
en demontrentl existence. 

Clofe, du L. claudere( fer- 
mer), par la chute reguliere (voy. 
p. lxxxi), de Ve penultieme clau- 
oVre, et par le changement de au 
latin en o (voy. alouette), de dr 
latin en r (voy. artier e). — D. 
. iclore , enclore , enclos , declore; 
clos , closerie, closier. 

Cioture, anciennement clos- 
ture, du L. clausitura* (de clau- 
sus, ferme), par la chute reguliere 
de n (voy. accointer), le change-* 
ment de au en o (voy. alouette) et 
la chute de * (voy. abtme). 

€Io«t , ancien francais do, du 
L. clavus (clou), par le change- 
ment de au latin (clauvs) en o, 
puis en ou (voy. alouette). — D. 
clouer , cloutier , enclouer , de"- 
elouer. 

Ctoyere, voy claie. 

f Cl»b, de Panglais club (reu- 
nion). — u, clubiste. 

Clysttre, du L. clyster (mfime 



Coaetlf , du L. coactivus (qui 
contraint). 

Coaguler, du L. coagulate 
(meme sens). 



Coalteer, mot mal forme de 
coalescere (s'unir a). — D. coali- 
tion, i 

Coasser, au seizieme siecle 
coaxer, du L. coaxare (coasser). — 
D. coassement. 

f Cobalt , venu de l'allemand 
cobalt (m§me sens). 

Cocagne, anciennement co- 
quaigne, dans la mythologie du 
moyen age, nom d'un pays unagi- 
naire dont .les maisons sont faites 
de gateaux, de coques (comme Ton 
disait alors, gateau que l'on ap- 
pelle aujourd'hui couque). 

Cocanie, anciennement co- 
quarde (crete de coq), puis insi- 
gne a l'origine de couleur rouge, 
comme la crete du coq (voy. ce 
mot), 

Cocasme, origine inconnue. 

1. Coche 9 bateau, du L. con- 
cha* (qui. du sens originaire de 
coquille, de petit vase, est venu a 
celui de petit bateau). Sur la re- 
duction de nc a c, voy. coque. Le 
mot coche (bateau) a ete appliqu6 
de bonne heure & certaines voi- 
tures publiques par une assimila- 
tion si frequente du transport par 
terre au transport par eau ; on sait 
ou'avant 1855 plusieurs omnibus 
de Paris s'appelaient les uns gon- 
doles, les autres galeres y emprun- 
tant ainsi leur nom aux termes de 
la navigation. 

2. Coche, voiture, voy. coche 1. 
— D. cochety porte cochbte. 

3- Coche 9 entaille, mot d'ori- 
ffine inconnue. — D. dicocher une 
fleche, la faire sortir de la coche 
de l'arbalete. 

4. Coche, truie, origine incon- 
nue. — D. cochon. 

f Cochenllle, venu au seizieme 
siecle de Fespagnol cochiniUa 
(mfime sens). 

Cocher, voy. coche % 

Cochet 9 voy. coq. 



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COF 



141 



GOI 



Coefceoio, origin© inconnue. 

Coefcoat, voy. eoche 4. 

f Coco, mot venu du portugais 
eoquo (meme sens). — D. coco- 
tier. 

€oeoM f voy. coque. 

Coetlon, du L. coctionem (cuis- 
son). 

Ceete, du L. codex (code). — D. 
codifier. 

CeJIellle, du L. codicillus 
(meme sens). 

Coefficient 9 de co (qui est le 
latin cum, avec), et de efficient, 
du L. efficientem (qui fait). 

Coemption, au I. coemptio- 
nem (meme sens). 

Ceereltlen, du L. coerctttonem 
(m£me sens). — D. coercitif. 

Cmuw 9 du L. cor (coeur). Sur o 
devenu ecu, voy. accueiUir. — D. 
ecceurer. 

Coffre, du L. copfcinuj (panier, 
qui a deja le sods de coffre dans le 
Gapitulaire de Villi* , art. 62 : 
cofinit id est scriniu. — Con- 
formement a la loi de l'accent la- 
tin (voy. p. txxxi), cdph(l)nus fut 
d'abord contracte en coph'nus. 
Dans ce mot ph devient f, suivant 
une regie generate en francais (les 
Romains prononcaient difTerem- 
ment le ph et Yf: « Non tarn fixis 
labris, nous dit Priscien, est pro- 
nuntianda f, quomodo ph, » mais 
cette nuance ne tarda point a de- 
venir insaisissable, et elle a tout a 
fait disparu de nos langues mo- 
dernes). Ph devient f dans : faisan 
(pnasianus). fantdme (pnantasma), 
/lemme (pmegma) , oli/ant (ele- 
pnanlum), gre/fe (grapftium), sou- 
fre (sulphur) , gri/fon (gripfto- 
nus*). 

Cofnus devient coffre par le 
changement de n en r; cette per- 
mutation de la nasale en liouide se 
retrouve dans : ordre (ora'nem), 
timbre (tymp'num), pampre (pam- 



p'nus), diacre (diac'nem). — D. 
coffrei, coffrer; encoffrer. 

Coottee, ancien francais coi- 
ante, du L. cuneata* (coin pour 
fendre le bois). Ea se cnangeant 
regulierement en ia (voy. abriger, 
agencer), cuniata a aonne coiqne'e 
par le changement : 1* de m en 
gn (voy. cigogne): 2* de u en oi 
(voy. aftgotoe); 3* de ata ente 
(voy. ampoule). 

Coone**, anciennement cot- 
oner, du L. cuneare (meme sens). 
Pour le changement de cuneare en 
coigner voy. au mot cognte. 

CohmMter, du L. cohabitare 
(habiter ensemble). — D. cohabi- 
tation. 

Coherent, du L. cohaerentem 
(qui tient ensemble). 

cohesion, du L. cohaesionem 
(meme sens). 

Cohorte, du L. cohortem (co- 
horte). 

Conue, substantif verbal de 
cohuer (crier, huer ensemble). 
Pour l'&ymologie, voy. huer. 

Coi, feminin cotte, du L. 0>» t3 -. 
tus (tranquille), par la chute du t 
(voy. aigu) et par le changement 
de t en oi (voy. boire), de qu en c 
(voy. car), 

Coljfe, du L. cofea (coiffe, dans 
Fortunat). — Ea aevenant regu- 
lierement ia (voy. abriger^ aqen- 
cer) t cofia a donne coiffe par rat- 
traction de Yi qui a change o en 
oi (voy. chanoine). — D. coiffer, 
coiffeur , coiffure; de" coiffer. 

Coin, vieux francais coing, du 
L. cwnetw (coin), par le change- 
ment : 1° de eus en tu* (voy. abrrf- 
ger, agencer), cuneus devient cu- 
ntu*; 2° de ni en an (voy. cigo~ 
one); 3° de u en oi (voy. anaome). 
— D. recoin. 

CoVneMer, du L. co-incidere 
(se superposer exactement). — D. 
coincidence. 



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COL 



142 



CL 



Coing^ ancien francais cooing, 
en provencal cndoing, en italien 
cotogna, du L. cotoneus (de coing). 

Eus devenant regulierement ius 
(voy. abrSger, agencer), cotonius 
a donne le vieux francais cooing : 
,1° par la chute du t medial co(t)o- 
nius ; 2° par le changement de tit 
en ng; 3° par le changement de o 
en oi (voy. chanoine). — D. co- 
gnasse; cognassier. 

f Coke, de l'anglais coke (char- 
bon). 

Col, dont le mot cou est Padou- 
cissement (voy. agneau), du L. 
collum (cou). — D. collier f colle- 
rette , collet; de'coller; encolure; 
accoler. 

f colback, du turc kolbdk 
(bonnet de fourrure) , adopte pour 
certains regiments de cavalerie au 
retour de la campagne d'figypte. 

Coleoptere, du grec xoXeoir- 
teoo; (qui a des ailes en forme 
d'etui). 

Celere, du L. cholera (bile, 
colere). — D. coUrique. 

f collbrl, mot venu des colo- 
nies ame'ricaines. 

Coliflchet, origine inconnue. 

CoUtnapon, voy. limacon. 

Collque, du L. colica "(mfime 
sens). 

f Colls, qu'on ecrit plus correc- 
tement coli, venu de Pitalien coWt 
(charges, paquets). 

Collaborer, du L. collaborate 
(meme sens). — D. collaborates, 
collaboration. 

Collateral, du L. coUateralis* 
(qui marche a cdte). 

Collateur, du L. collator (qui 
confere). 

Collation , du L. collatio (ac- 
tion de conferer). Quant au sens 
de repas leger, il vient de ce que 
dans les couvents les moines fai- 
saient chaque jour une collation, 
une conference sur TBcriture sainl 



te, conference qui 6tait suivie d'un 
repas 16ger auquei on donna le 
nom de collatio. — D. collation- 
ner. 

Colle, du grec x6XXa (meme 
sens). — D. coller, de'coller, en- 
coller. 

Collecte, du L. collecta * (par- 
ticipe du verbe colligire, propre- 
ment ce qu'on recueille). — D. 
collecteur. 

Collectlf, du L. collectivus 
(meme sens). 

Collection, du L. collectionem 
(meme sens). — D. collectionner* 

College, du L. collegium (m6me 
sens). — D. colttgial, colUgien. 

Collegue, du L. collega (meme 
sens). 

Coller, voy. colle. 

Collerette, voy. collier. 

Collet, voy. col. — D. colleten 
se dtcolleter. 

Collier, voy. com. — D. colle- 
rette, diminutif de l'aucienne forme 
coller pour collier 

Collttte, du L collina (col- 
line, dans les arpenteurs romains ; 
Columelle donne la forme collinum). 

Collision, du L. collisionem 
(choc). 

Collocation, du L. collocatio- 
nem (placement) 

Colloque , du L. colloquium 
(entretien). 

Colloquer, du L. collocare 
(placer) . 

Collusion, du L. collusionem 
(meme sens). 

Collyre, du L. collyrium (meme 
sens). 

Colombe, du L. columba (m&me 
sens). — D. colombier) colombin. 

Colon, du L. colonus (qui cul- 
tive une terre). — D. colonie, co- 
lonial, coloniser. 

f colonel, venu au seizieme 
siecle de l'italien colonello (mime 
sens). 



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COM 



143 



COM 



Cofimne, du L. cclumna (co- 
lonne), par le changement : 1° de 
u en o (voy. annoncer) ; 2 # de win 
en nn, comme dans Garonne (de 
Garumna). Cette assimilation exis- 
tait deji dans la langue latine 
qui disait connecto pour cum- 
necto, etc.... — D. colonnade, co- 
lonnette. 

Colephane, au seizieme siecle 
colophone, du L. colophonia (resine 
de Colophon). 

Coloqulnte, du L. colocynthis 
(courge amere). 

Colorer, du L. colorare (meme 
sens). — D. coloration. 

f Colorls , venu au seizieme 
siecle de Pitalien colorito (m6me 
sens). — D. colorier, coloriste. 

Colosse, du L. colossus (meme 
sens). — D. colossal. 

Cof porter, de col et porter 
(voy. ces mots) , le colporteur, 
6tant proprement un marchand 
ambulant qui porte ses marchan- 
dises sur son dos. — D. colpor~ 
teur, colportage. 

Colore , du grec xoXovpo; 
(ypafx|j.Tl , proprement : ligne co- 
lure). 

f colza, du flamand koolsaed 
(colza). 

Combattre, de battre (voy. ce 
mot), et de cum (avec). — D. com- 
bat (subst. verbal). 

Combien , 'du vieux francais 
com (a quel point), ancienne forme 
de comme (voy. ce mot), et de 
l'adverbe bien. Voy. ma Gram- 
maire Historique de la langue 
francaise, p. 238. 

Combiner, du L. combinare 
(mfime sens). — D. combinaison. 

Comfcfe, du L. cumulus (qui a 
le sens de faite, de comble, dans 
plusieurs textes du moyen age}; 
cum{H)lus contracte suivant la re- 
gie (voy. p. lxxxi) en cumulus a 
donne comble par le changement : 



1° de u en o (voy. annoncer) ; 2° de 
ml en mbl (voy. absoudre). 
Comfcfer, du L. cumulare 

(combler), contracts regulierement 
(voy. accointer) en cumulate, d'ou 
combler par le changement : 1* de 
u en (voy. annoncer) ; 2° de ml 
en mbl (voy. combler). 

Combustion, tdu L. combus- 
tionem (meme sens). 

Corned le, du L. comoedia 
(meme sens). — D. come'dien. 

f Comestible, venu au sei- 
zieme siecle de l'italien comestibile 
(meme sens). 

Comete , du L. cometes (m6me 
sens). 

Comlee, du L. comitium (as> 
semblee) . 

Comlque, du L. comicus (m6me 
sens). 

f Comlte, venu, pendant la He- 
gence , de l'anglais committee 
(meme sens). 

Commander, du L. commen*. 
dare (ordonner, dans les der- 
niers siecles de la latinite). — D. 
commande (substantif verbal), 
commandement ; commandant , 
commendeur, commenderie; com- 
mandite; recommander. 

Commandite, voy. comman- 
der, — D. commanditer, comman- 
ditaire. 

Comme, du L. quomodo (de 
quelle facon). Sur la chute des 
deux dernieres syllabes , voy- 
p. lxxxi). (Sur qu devenu c, voy. 
car. — D. comment, compost de 
comme et de ent qui est le latin 
indi (sur t devenu e, voy. p. lxxxv ; 
sur d devenu f, voy. p. xcvni); 
cette forme ent se retrouve aussi 
dans le mot souv-ent (sub inde). 

Commemoration , du L. com- 
memorationem (meme sens). — D. 
Commemoratif. 

Commence** , en italien co- 
minciare, duL. cuminitiare (meme 



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COM 



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COM 



sens, compose" de cum et de ini- 
tiare, commencer) Cumin(1)tidre 
perdant son I bref suivant la regie 
(voy. accointer), cumin' tiare a 
donne commencer par le cnange- 
ment • 1° de tiare en cer (voy. 
agencer): 2° de in en en (voy. 
p. lxxxv); 3° de u en o (toy. an- 
noncer. — D. commencement. 

Commensal, du L. commensa- 
lis* (qui vitalameme table, mensa). 

Commensurable, de cum et 
de mensurabilis (mesurable), 

Commettt, voy. comme. 

Commeatalre,du L. commen- 
tarius (meme sens). 

Commeater, du L. commen- 
tari (meme sens). — D. commen- 
tateur. 

Commerce , du L. commer- 
cium (trafic). — D. commercant, 
commercer, 'commercial. 

Commere. L'figlise catholi- 
que doone aux enfants, par le bap- 
teme, un pere et une mere spiri- 
tuels charges de remplacer le pere 
et la mere natureU forsque ceux- 
ci meurent; le parrain et la mar- 
raine de l'enfant , e*tant considered 
par rfiglise comme son second pere 
et sa seconde mere, ou, comme 
nous dirions aujouitrhui, son co- 
p&re ou sa co-mere, le latin eccle- 
siastique exprimait cette double 
idee par les mots com-pater, com- 
mater, d'ou compare et commere, 
qui, a Torigine de la langue, si- 
gnifiaient seulement celui et celle 
qui ont tenu un enfant sur les fonts 
baptismaux. — Sur le changement 
de commater en commtore, voy. 
mire. — D. commerage. 

Comntettfe, duL. committere 
(confier). Sur mittere devenu met- 
tre, voy. admeUre. — D. commix, 
commissaire, commission. 

Cemmlnatelre, du L commi* 
natorius* (de comminationem , 
menace, comminari, menacer). 



€onttttl# 9 voy. commettre. 
Commiseration, du L. com- 

miserationem (meme sens). 

Cotttmtosaife, voy. commet- 
tre. — D. commissariat. 

Commission, voy. commettre. 
— D. commissionner, commissio- 
naire. 

Commode, du L. commodus 
(meme sens). — D. commode (meu- 
ble ainsi nomme a cause de sa 
commodity. 

Commotion, du L. commotio- 
nem (£branlement, commouvoir). 

Commuer, du L. commutare 
(commuer). Sur la chute du t, voy. 
abbaye. — D. commudble. 

ComiMNM) du L. communis 
(meme sens). — D. commune , 
communal, communisme, commu- 
niste. 

€ofMM«MM<m*e', du L. com- 
munalitatem (meme sens), par la 
chute reguliere de 11 latin (voy. 
accointer), et la reduction de com- 
munaVtatem en communauti par 
le changement : 1 • de al en au 
(voy. agneau); 2° de atem en 4 
(voy. abbe"). 

CottttMMMief*, du L. commu- 
nicarn (qui, dans la langue de l'E- 
glise, signifie participer au sacre- 
ment de l'Eucharistie). Sur la chute 
du c medial, voy. affouage. 

Communion, du L. commu- 
nionem (meme sens). 

Communlquer, du L. commu- 
nicare (m6me sens). — D. commu- 
nication, communicatif. 

Commutation, du L. commu- 
tationem (rofime sens). 

Compaete, du L. compactus 
(presse). 

Composite, feminin de l'an- 
cien francais compaing (compa- 
gpon); le latin cum-panis* (qui 
mange le meme pain), donna, aux 
temps merovingiens, un substan- 
tif compdnio* qui a donne la 



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COM 



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COM 



vieux francais compaing (par \e 
changement de a en at, voy. ai- 
gle), tandis que Taccusatif compa- 
nionem donnait la forme comva- 
gnon (par le changement reguner 
de ni en gn., voy. cigogne). — De 
ces deux cas, sujet et regime, c'est 
le dernier seul qui a persists (voy. 
Grammaire Historique de la lan- 
gue francaise, p. 154) ; — com- 
paing a disparu (tout en laissant 
son eminin compagne et le derive 
eompagnie) f et compagnon a pris 
sa place. Le plus ancien exemple 
que Ton connaisse de ce mot, se 
trouve dans les Gloses germano- 
latines de laBibliotheqqe du Vati- 
can , Gloses contemporaines de 
Louis le Debonnaire, dans cette 
phrase deja toute romane : « ubi 
(h)abuisti mansionem (h)ac node, 
eompagn? » — D. compagnie, com 
pagnon, accompagner. 

Compagnie^ voy. compagne. 

Com pactum, voy. compagne, 
— D. compagnonnage. 

Compuraitre) du L. compa- 
rescere (mdme sens). Sur le chan- 
gement de pdreseere en paraUre, 
voy. apparattre. 

Comparer, du L. comparare 
(mdme sens). — D. comparaiion, 
comparable, comparatif. 

ComjKiroii*, du L. comparere 
(mSme sens). Sur e devenu ot, voy. 
accroire. 

4. Cemparfe, venu de l'italien 
comparsa (figurant). 

Compartisnent, division, 
substantif tire de l'ancien verbe 
francais compartir (diviser), qui 
est le L. compartiri (distribuer).— 
Compartment derive de compartir 
comme sentiment de sentir. 

Comporutlon, corruption du 
L. comparitionem (meme sens). 

Compos, proprement, mesure, 
distance egale; dans notre an- 
cienne langue, compas signifiait 



pas igal, pas rigulier, du L. com- 
passu* (voy. pas). — D. comvasser, 
mesurer au compas , d'ou le sens 
figure de s'etudier. de s'observer. 

Comp*Mloo,du L. compassio- 
nem (souffrance .partagee). 

Compotlr, du L. compatiri 
(souffrir avec). — D. compatible, 
incompatible (compatibilis*, incom- 
compatibilis*) . 

Compotrlote, qui a la m6me 
patrie, du L. compatriota (meme 
sens). 

Compendium, mot latin signi- 
fiant abrigL 

Compeoser, du L. compensare 
(meme sens). — D. compensation , 
ricompenser. 

Compete, voy. commere. 

Composer, du L. competere 
(elre de la competence de). — D. 
competent, competence, incompe- 
tent, incompetence. 

Competltenr, du L. competi- 
tor (meme sens). — D. competi- 
tion. 

Compiler, du L. compilare 
(meme sens). — D. compilation. 

Contplainte, substantif parti- 
cipial de l'ancien verbe complain- 
dre (voy. plaindre). 

Contpiaire, du L. complacere 
(meme sens). Voy. plait e. — D. 
complaisant, complaisance. 

Complement, du L. comple- 
mentum (m&me sens). — D. com- 
pMmentaire. 

complet,duL. completes (mfinie 
sens). — D. completer. 

Complexe, du L. complexus 
(qui embrasse, quir6unit). 

Complexion, du L. complexio- 
nem (constitution). 

Compllee,du L. complicem (H6, 
mfile a une affaire). — D. compli- 
cate. 

Complies, qui est dans le la- 
tin ecclesiastique completes; sur le 
ch ement de e en t, voy. accom- 
9 



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COM 



146 



- C- 
CON 



plir; sur la chute du t, voy. aigu. 

— Dans la langue liturgique, on 
appelle cette partie de Poffice horse 
completse, parce qu'elles achevent 
le service divin (qui comprend 
Prime, tierce, sexte , none et com- 
plies, — ou, comme disent les li- 
turgistes, prima, tertia, sexta, 
nona, completorium). 

f compliment, venu au sei- 
zieme siecle de Pitalien complu 
mento (mfime sens). — D. complir 
menter. 

Compllquer, du L. complicare 
(mgme sens). — D. complication. 

Cotttplot, origine inconnue. — . 
D. comploter. 

Componctlon, du L. compunc- 
tionem (douleur poignante <ravoir 
offense la divinite). 

Comporier, du L. corny cifare 
(meme sens). 

Composer, du L. compausare, 
compose de cum et de pausare 
(placer). Sur au devenu o, voy. 
alouette. — D. recomposer, decom- 
poser, compositeur, composition 
(L. compositorem,compositionem). 

Composite, du L. compositus 
(mfime sens). 

Comnosteur, du L. composi- 
torem (qui compose), par la chute 
rSguliere de i atone (voy. accoin- 
ter), et par le changement de o en 
eu (voy. accueillir). 

Compote, ancien francais com- 
poste, en italien composta, du L. 
composite* (composition de sucre, 
de cannelle, etc.). 

Comnremfre, du L. com- 
prendere (m§me sens). Sur la chute 
de Pe penultieme, voy. apprendre. 

— D. comprehension (directement 
duL. comprehensionem ; m. sens). 

Compreiie, substantif verbal 
de Pancien verbe francais compres- 
ser (voy. presser). 

Comprlmer, du L. comprimere 
(m6me sens). 



Cotttpromettre, du L. com- 
promittere (meme sens). Surmtf- 
tere devenu mettre, voy. admettre. 

— D. compromis. 
Contptabie , voy. compter ; — 

D. comptabilite". 

Compter ) du L. computare 
(calculer), par la chute reguliere 
de U (voy. accointer). — D. compte 
( substantif verbal ) , comptaUe , 
comptoir , d-compte , de'eompter, 
me'compte (substantif verbal de me*- 
compter). 

Compnlser, du L. compulsare* 
(pousser, puisreunir, rassembler). 

Comput, du L. computum (cal- 
cul) . — D. computer. 

Comte*. du L. comitem, par la 
chute r6guliere de Vi (voy. p. lxxxi). 

— D. comtesse, comM, vicomte. 
CottcoMer, du L. conquassare 

(m&me sens) ; voy. casser. 

Concave, du L. concavus (m&ne 
sens). 

Conceder, du L.concedere(m&- 
me sens). 

Concentrer, de con (cum, avec) 
et de centre. D. concentration, con- 
centrique. 

Concept, du L. conceptus (ce 
que Ton concoit). 

Conception, du L. conceptio- 
ns (mfime sens). 

Concerner, du L. concernere* 
(mSler ensemble). 

f Concert, venu au seizieme 
siecle de Pitalien concerto (memo 
sens). 

f Concerter, venu au seizieme 
-siecle de Pitalien concertare (mfime 
sens). — D. de" concerter . 

Concession, du L. concessit 
nem (m6me sens). D. concession* 
naire. 

f Concetti, mot italien, signi- 
fiant pense'e briUante et fausse. 

Cottcevolr, du L. concipere 
(concevoir). Voy. accourir et ma 
Grammaire historiquede la langue 



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CON 



1*7 



CON 



fratofaise, p. 199. pour le emplace- 
ment de i'accent latin. Sur le chan- 
gement 1° de i en e, voy. mettre; \ 
2° de p en v, voy. arriver; de e en 
oi, voy. accroire. — D. tneone*- 

Cenchyliologfe, science, etu- 
de (X6yoc) des coquilles (xoy^uXia). ' 

Concierge, origine lncon- 
nae. 

Cenclle , du L. concilium (as- 
sembled). 

Conelllnbnle, du L. concilia- \ 
bulum (meme sens). 

Conclller, du L. conciliate 
(unir). — D. conciliation, reconci- 
liation. 

Cue!*, du L. concisus (concis). 
— D. concisiom • 

Cotteitoyett, de con (cum, 
avec), et citoyen (voy. ce mot). 

f Conel*ve,de l'italien conclave 
(meme sens). 

Conelnre, du L. concludere 
(conclure), qui perdant son 8 pe- 
nultieme suivant la regie (voy. 
p. lxxxi) et se contractant en con- 
clud're a change dr en r (voy. ar- 
rive). 

Conclusion, du L. concJusto- 
nem (mfime sens). 

€ottcom6»*e, du L. cucume- 
rem (concombre). Suivant laloi de 
i'accent latin (voy. p. lxxxi) , cu- 
cum\e}rem, contracts en cucum?- 
rem, a subi trois cbangements : 
1° Pintercalation d'un n, cuncum'- 
rem, comme dans : lanterne (la- 
terna), rendre (redd're), convoiter 
(cupitare*), jongleur (joculator), 
Iangouste (locusta), peintre (pic- 
tor), flanc (flaccus), peinture (pic- 
tura), malingre (malaeger). Gette 
intercalation avait souvent lieu en 
latin, ou Ton trouve deja pinetor, 
lanterna, rendere, pour pictor, 
tatema, reddere, 2° Cuncum'rem 
est devenu concombre par le chan- 
gement de roVen mbr (voy. absou- 



dre) t et par celui de u en o (voy. 
annoncer). 

Concorde, du L. concordia 
(mSme sens}* — D. concorder, con- 
cordance, concordat. 

Cotteowffv*, du L. concurrere 
(meme sens). Voy. courir. 

Cottcowr*, du L. concursut 
(voy. court). 

Ceneret, du L. concretus (qui 
a une consistance solide). 

Concretion, du L. concret ionem 
(m&me sens). 

ConcuMne, du L. concuoina 
(meme sens). — D. concubinage. 

Concupiscence, du L. concu- 
piscentia (meme sens). 

Concurrent, du L. concurren- 
tern (meme sens). — O. concur- 
rence. 

Concussion, du L. concussio- 
nem (concussion, en droit romain). 
— D. concusiionnaire. 

CotMfattMtet*, du L. condem- 
nare (meme sens). — D. condam- 
nation, condamnable. 

Condenser, du L. condensare 
(dpaissir). — D. condensation, con- 
densateur, condensable. 

Condescendre, du L. condes- 
cendere (meme sens) . Voy. descen- 
dre. — D. condescendant, condes- 
cendence. 

Condiment, du L. condiment 
turn (assaisonnement). 

Condition, du L. conditionem 
(meme sens). — D. conditionner , 
conditiormel. 

f condor, mot d'origine amen* 
caine. 

€otufoIetittee, voy. dottance. 

Condnetenr, du L. conductor 
rem (meme sens). 

Cotuftelfe, du L. conducere 
(conduire). Conduc {8)re se contracte 
regulierement (voy. p. lxxxi) en 
condue're, et donne conduire pa* 
le changement 1° de u en ui (voy. 
buis et benir) ; 2° de cr en r (voy. 



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CON 



148 



CON 



b4nir). — D. conduite (substantif 
participial), conduit, conduire, 
reconduire t inconduite. 

cdne, du L. conns (cdne). — 
D. conique, conif&re (qui porte, 
fer, des fruits coniques). 

Contortion, duL. confectionem, 
(meme sens). — D. confectionner.' 

Confederer, du L. confede- 
rate (meme sens). — D. confid&ra- 
tion. 

Conferer, du L. conferre (con- 
ferer). — D. conference. 

Confesses, du L. confessari* 
(confesser, frecpentatif de confUeri; 
pour la formation, voy. p. xxxhi). 
— D. confesse (substantif verbal), 
confesseur, confession , confession- 
nal. 

Confidence, du L. confidentia 
(meme sens) . — D. confidentiel, 
confident (L. confidentemj. 

Coat/let*, du L. confidare* (con- 
fier). Pour les permutations, voy. 
fier. — D. confiance, confiant. 

Configuration , du L. configu- 
rationem (m6me sens) . 

Conflns , du L. confinis (ayant 
la m6me frontiere). 

Confire, du L. conAcere, pre- 
parer des (fruits). Conftcere a pris 
specialement, dans la latinite du 
moyen age, le sens de composer un 
remede, une preparation pharma- 
ceutique : quod perveniel ad noti- 
tiam suam (lit-on dans les Leges 
Neapolitans) quod aliquis confec- 
tionarius minus beni conficiat, cu- 
rias denuntidbit. Contracte sui- 
vant la regie (voy. p. lxxxi) en 
conficWe, ce mot a donne confire 
par le changementde cr en r (voy. 
" benir). — D. con fit, confiture, con- 
fiseur, dt con fit, de'confiture. 

Confirmer, du L. confirmare 
(mSme sens). — D. confirmation. 

CottJIaetcr, voy. confire. — D. 
confiserie. 

Conflaqner, du L* confiscate 



(adjuger au fisc). — D. confisca- 
tion. 

Confiture, voy. confire. 

Conflagration, du L. confla- 
grationem (embrasement general). 

€ott/Iif, du L. conflictus (con- 
flit), par le cbangement de ct en* 
(voy. affile"). 

Conflner, du L. conftuere (m6me 
sens). — D. confluent, 

Cott/btuffe, du L. confundere 
(mdme sens). Sur la cbute de l'£ 
penultieme, voy. p. lxxxi; sur u 
devenu o/voy, annoncer. 

Conformation, du L. confor- 
mations (meme sens). 

Conforme, du L. conformis 
(meme sens). — D. conformer, con- 
formite'. 

f Contort, confortanle,mots 
venus de l'anglais confort, confor- 
table (m&me sens). 

Cott/brtef, du L. confortare* 
(rendre fort). — D. riconforter. 

Confraternlte, voy. fraternitL 

€ott/**e»*e, voy. frere. — D. 
confreHe. 

Confrotttef, voy. front. — D. 
confrontation. 

Confua, du L. confusus (meme 
sens). — D. confusion. 

Conge, proprement : permis- 
sion; faire quelque chose sans le 
conge" de quelqu'un, du L. coin- 
meatus (conge\ permission, auto- 
risation), qui est deja commiatus 
I dans les textes du huitieme siecle, 
1 par exemple dans les Capitulaires 
de Charlemagne : Mulier, si sine* 
comiato viri sui velum tn caput 
suum miserit. (VI, 16). — Sur ce 
changement de commeatus en com* 
' miatus, voy. abre'ger et agencer. 
I Comiatus donne le provencal com- 
jat et le francais conge"; ce dernier, 
par le changement 1° de t latin en 
g, voy. abriger; 2° de atus en e* f 
I (voy. ampoule"); 3°de m en n(voy. 
I changer)* — D. congidier. 



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CON 



149 



CON 



Congeler, du L. congelare(m&- 
melsens). — D. congelation. 

Congenere, du L. congener 
(du m£me genre). 

Congestion, du L. congestion 
nem (accumulation, amas). 

Cona;re,du L.conaru*(congre)t 

Congregation, du L. congre- 
gationem (reunion). 

Congres, du L. congressus (ren- 
contre , entrevue). 

Congrn, du L. eonpruus (con- 
venable). — D. tncongru, incon- 
gruite. 

Conjecture, du L. eonjectura 
(meme sens). — D. conjectural. 

Conjelndre, du L. conjungere 
(unir). Voy. joindre. — D. con- 
joint. 

Conjonctlf, du L. conjonctivus 
(meme sens). — D. conjonctive. 

Conjonctlou, du L. conjonctio- 
nem (m6me sens). 

ConJonctnre, du L. conjonc- 
tura (meme sens). 

Conjugal, da L. conjugate 
(meme sens). 

Conjnguer, du L. conjugate 
(conjuguer). — D. conjugaison. 

Conjurer, du L.conjurare (con- 
jurer). — D. conjuration. • 

Connaitre , ancien francais 
conoistre, du L. cognoscere Cognos- 
deyre contracte suivant la regie de 
1 accent latin (voy. p. lxxxi) en co- 
gnosce, a donne conoistre par le 
changementl°de gnen n (voy. as- 
sener) ; 2° de o en ot(voy. c/ianoine) ; 
3° de«r en str (voy. ancitre). — Co- 
noistre est devenu connaitre par le 
changement l°de n en nn(voy. en- 
nemt); 2° de oi en at (voy. accroirc); 
3° par la chute de s (voy. abtme). 
— D. connamont, connaissance, 
connaisseur, connaissemenf, con- 
naissable, reconnaissable, recon- 
naitre, reconnaissant, reconnais- 
sance ; mtconnaitre. 
Cottttetafcle, anciennement 



conestable, en italien conestabile y 
du L. comes stabuli (vvtiet des 
ecuries; dignity de ITSmpire Ro- 
main conserved par les Rois Francs) . 
Le comes-stabuli, ou, comme onne 
tarda point a l'appeler en un seul 
mot, le comestaoulus, charge, sous 
nos premiers rois, du soin de la 
cavalerie, arriva au treizieme sie- 
cle a posseder le commandement 
general desarmees. Comes-stabuli, 
devenu comestabulus , se cbangea 
des le huitieme siecie en conesta- 
bulus. (Un texte de 807 dit : co- 
mes stabuU quern corrupti conesta- 
bulus appelCamus.) Comestdb(a)lus 
contracte regulierement (voy. p. 
lxxxi) en comestaVlus a donne 
conestable par le changement tres- 
irr6gulier de m medial en n (voy. 
changer). Sur la chute posterieure 
de s, voy. abime. 

Connexe, du L. connexus (qui 
a une liaison, un rapport intime). 

ConnWer, du L. connivere 
(fermer les yeux). — D. connivence 
(L. conniventia). 

Conqne, du L. concha (co- 
quille) . 

ConqueVfv, du L. conquirere 
(conquerir). Sur le changement de 
quirere en querir, voy. acquirir. 
— D. conquerant, conquite (sub- 
stantif participial fort; voy. ab- 
soute et quite pour la formation de 
ce mot). 

Consacrer, du L. consecrare 
(mGme sens). 

Conoanguln, du L. consangui- 
neus (parent du cote du pere). 

Conscience, du L. conscientia 
(meme sens). — D. consciencieux. 

Conscription, du L. conscrip- 
tionem (enregistrement). 

Conocrlt, du L. conscriptus 
inscrit, enregistr6). 

Consecration , du L. consecra- 
tionem (meme sens). 

Conoecutlf, du L. consecuti- 



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CON 



150 



CON 



vus* (qui se suit, denve" de conse- 
cutum). 

Cottseif, du L. consilium (con- 
seil). Sur t devenu ei, voy.p. lxxxv. 
— D. conseiller, diconseiller* * 

Consentir, du L. consentire 
(s'accorder) . — D. consentement. 

Consequence, du L conse- 
quentia (consequence;. — D. con- 
sequent (consequentem), const- 
quemment (pour consSquentment ; 
voy. abondamment), inconsequent, 
inconsequence. 

€on«et*t>et* 9 du L. conservare 
(m6me sens). — D. conservation, 
conservatoire, conserve (substantif 
verbal), conservateur. 

Constderer, du L. considerare 
(examiner attentivement). — D. 
consideration, considerable, incon- 
sidere', de 1 consider e". 

consigner, du L. consignare 
(mfime sens). — D. consigne (sub- 
stantif verbal), consignation, con- 
signataire. 

Conslster, du L. consistere (se 
composer de) — D, consistant, 
consistance. 

Conslstolre, du L. consisto- 
rium (lieu ou Ton siege). 

Console, origine inconnue. 

consoler, du L.consolari (con- 
soler). — D. consolation, consola- 
ble . consolateur. 

Consollder, duL. consolidare 
(rendre solide). — D consolidation. 

Consommer, du L. consum- 
mare (acbever). — D. consomma- 
tion, consommdf, consommateur. 

Consomptlou, du L. consump- 
iionem (destruction). 

Consonne,duL. consona (meme 
tecs). 

Consonnanee, du L. conson- 
nantia (meme sens). 

Consorts, du L. consortes (co- 



€ott*ott4e,ancien francais con- 
fide, en it ilien consolida, du L. 



consolida (meme sens). Pour la 
forme, voy. soude. 

Consplrer, du L. conspirare 
(meme sens). — D. conspiration, 
conspirateur. 

Conspuer , du L. conspuere 
(couvrir de bave).- 

Constant, du L. constantem 
(m§me sens). — D. Constance, 
constamment. 

Constater, form6 du L. status 
(etat). Constater, e'est proprement 
decrire l'etat d'une chose. 

Cons telle, du L. consteUatus 
(constelle). 

Constellation, du L. consteh 
lationem (mdme sens). 

Consterner, du L. consternare 
(eflrayer). — D. consternation. 

Constlper, du L. constipare 
(meme sens). — D. constipation. 

Constltuer, du L. constituere 
(etablir, fonder}.— D. constitution, 
constitutional , QonstitutionnaliU, 
constituant, constitutif. 

Constrlcteur, du L. constric- 
tor (qui serre). — D. constriction. 

Construe tlon, du L. construe- 
tionem (mfime sens). 

Constrnlre, du L. construere 
(m§me sens). 

Consul, du L. consul (meme 
sens). — D. consulat, consulaire. 

Consnlter, du L. consultare 
(consulter). — D. consulte (substan- 
tif verbal), consultant, consulta- 
tion, consultatif. 

Consumer, du L. consumere 
(mfime sens). 

Contact, du L. contactus (meme 
sens). 

Contagion, du L. contagiomm 
(communication par contact). — D. 
contagieux (L. contagiosus). 

Cottte, voy. conter. 

Contempler, du L. contem- 
plati (m6me sens). — D. contem- 
plation, contemplateur., contem* 
platif. 



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CON 



151 



CON 



Contemnoraln, du L. content- 1 
poraneus (qui est da meme temps.) 
Contemptenr, du L. contemp- i 

tor (qui meprise). i 

Contenance, voy. contenir. I 

Contenlr, du L. continere (ren- . 
fermer), par le changement 1° de ' 
i en e (voy. admettre)\ 2° de c en 
t (voy. accomvUr).—D. contenant, 
contenance, ae'contenancer. 

Content, du L. contentus (me- 
me sens). — D. contenter, micon- 
tenter, contentement. 

Contentleux, du L. contention 
sus (m§me sens). 

Contention, du L. contentio- 
nem (tension). 

Cottier, en provencal con- 
tar, du L. computare (proprement 
compter. puis^num^rer,enfin/atr« 
un re'cit). Ce qui met hors de doute 
cette origine, c'est que l'italien 
contare, respa$?nol contar posse- 
dent le double sens de conter et de 
compter. L'alleraand dit de meme 
erxdhlen (conter), derive de zah- 
len (compter). Comp(u)tdre, se 
contractant regulierement (voy. 
accointer) en compt'are, a donne 
conter par le changement 1° dem 
en n (voy. changer) ; 2* de pt en t 
(voy. acheter). — D. conte (sub- 
stantif verbal) ; contour, raconter. 

Con tester, du L. contestari 
(mfime sens). — D. conteste (sub- 
stantif verbal), contestation, con- 
testable. 

Contexte, du L. contextus 
(tissu) . 

Contign, du L. contiguus (qui 
touche a). 

Continent, du L. continentem 
(meme sens). — D. continence. 

Contingent, du L. contingen- 
tem (eventuel). — D contingence. 

Conttnu, du L. continuus (me- 
me sens). — D. continuity, conti- 
nuellement, continuer, continua- 
tion, discontinuer. 



Contondant, do L. contunden- 

tern (qui broie). 
Contortion, du L. contorsio- 

nem (action de tordre). 

Contonrner, voy. tourner. — » 
D. contour (substantif verbal; voy. 
tour). 

Contractor, du L. contractare 9 
(contracter). — ■ D. contraction. 

Contradlcteur, du L. contra- 
dictor (qui contredit). — D. con- 
tradiction (L. contradictiouem) ; 
contradictoire (L. contra dictori us). 

€oMfraiM<ffe,du L. constrin- 
gere (contraindre). Sur la chute de 
s, voy. abime; sur le changement 
1° de ingere en eindre, voy. as- 
treindre; 2° de eindre en atndre, 
voy. p. lxxxv). — D. contrainte 
(substantif participial). 

Contralre, du L. contrarius 
(meme sens). — D. contrarier, 
contrarUU. 

f contraste (opposition), venu 
au seizieme siecle de l'italien con- 
tralto (meme sens). — D. con- 
trasted 

Contrat , anciennement con- 
tract, du L. contractus (contrat) . 

Contravention, du L. contra- 
ventionem*. 

Contre, du L. contra (contre, 
a Voppose de). — D. encontre. 

f Contrebande, venu au sei- 
zieme siecle de l'italien contrab- 
bando (contrebande). — D. contre- 
bandier. 

€otttf**eear**er', voy. contre et 
carrer. 

CoMtre-danse, voy. danse. 

Contredire, voy. contre et 
dire. 

€ott*r*»e, en it alien contrada, 
du L. contrata* (proprement le 
pays qui est devant vous, contrd); 
voici un exemple de l'emploi de ce 
mot dans un texte latin du moyen 
age : Statuimus, ut in utraque 
contrata, tarn in terris domanii 



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CON 



152 



CON 



nostri quam in baronum, etc. 
[Leges Sicil. , III, 38.1 — De meme 
que contrata derive de la preposi- 
tion contra, Palleraand gegend 
(contree) derive de la preposition 
gegen (contre). — Pour le change- 
merit de contrata en contrie, voy. 
ampoule'. 

Cottfne/bfoat, voy. contre et 
fagon. 

Coninefoli^, voy.. contre et 
(aire. — D. contrefait. 

CotUfemtiiufer, voy. contre 
et mander. 

€otUre-jK»**fo, voy. partie. 

€ottfr>e-f»ie«f , voy. pted. 

Contre-poidsj voy. contre et 
pot'd*. 

Con^ne-j»o<n^ voy. contre et 
point. 

Cottfre-temps, voy. contre et 
temps. 

Coiilm«tt{r, voy. contre et 
ventr. 

CoattVevetttf, qui protege du 
vent ; voy. contre et vent. 

Centrlnuer, du L. contribuere 
(meme sens). — D. contribuable, 
contribution (L. contributtonem). 

Contrlster, du L. contrutare j 
(attrister). 

Contrlt, du L. contritus (broyS, , 
humilie). — D. contrition). \ 

€ott*t*ofe 9 ancien francais con- 1 
tre-rdte, proprement registre dou- 
ble a l'aide duquel on verifie le 
registre, le rdle original. — D con- 
triver, contrdleur. 

Contr otfvev, voy. trouver. 

Contravene, du L. contro- 
versia (dispute). — D. controver- 
siste. I 

Contnmax, du L. contumax 
(qui fait defaut). — D. contumace. , 

Centns, du L. contusus (fra- 
cassg). I 

Contusion, du L. confueionem 
(mfime sens). ] 

€oatvaf*et*e, du L.amvtncere i 



(convaincre) : pour les permuta- 
tions de lettres, voy. vaincre* 

Convalescent, du L. convales- 
centem (qui prend des forces). — 
D. convalescence. 

Cottveniv*, du L. convenire 
(m6me sens). — D. convent*, con- 
venable, convenance (L. con venien- 
tia), diconvenue. 

Convention, du L. conventio- 
nem (accord). — D. conventionnel. 

Cenventuel, du L. conventua- 
lis (qui appartient au couvent, au 
conventus). 

Converter, du L. convergere* 
(tourner vers). — D. convergent, 
convergence. 

Convers, du L. conversus (con- 
verti). 

Converser, du L. conversari 
(vivre avec quelqu'un ; d'ou le sens 
de causer). — D. conversation. 

Conversion, du L. conversion 
nem (changement). 

Cottvertlr, du L. converter* 
(changer). Sur le deplacement de 
l'accent latin, voy. accourir; sur 
le changement de e en t. voy. ac- 
complir. — D convertible. 

Convexe,du L. convexus (mfime 
sens). — D. convexiU. 

Conviction, du L.convictionem 
(m6me sens) . 

Convict; en italien convitare, 
du L. convitare* (form6 de con, 
avec , et du radical vitare. qui se 
retrouve dans invitare, inviter). 
Sur la chute du t, convi(t)are , voy. . 
abbaye. 

Convive, du L. conviva (com- 
mensal). 

Convocation, du L. cowooca- 
tionem (appel). 

Cottvof , voy. convoyer. 

Cottvolter, en vieux francais 
covoiter, en italien cuvitare, du L. 
cupitare (desirer), derive de cupi- 
tum, participe de cupere par la 
formation ordinaire des verbe3 fire 



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COP 



153 



COR 



bo 



quentatifs; voy. p. urn. Cupiiare 
a donne le vieux francais covoiter, 
puis la forme moderne convoiter, 
par le changement 1° de u en o 
tyoy. annoncer) et le renforcement 
a'un n (voy. concombre) ; 2° par j 
le changement de p en b (voy. • 
abeUle); 3° de i en oi (voy. ootre). 

Control f foe, ancien francais 
covoitise 1 en Catalan cobdtct'a,*en 
italien cupidixia, du L. cuptdttta 
(forme de la basse latmite pour 
cupiditas y desir : gut cupiditia 
aettuant, dit Ratherius Veron), 
qui a donne covoitise, puis conroi- 
*i*e par le changement : 1° de u en 
o (voy. annoncer) , et par Taddi- 
tion de n (voy. concombre) ; 2° par 
le changement de p en b (voy 
ofcitfe]; 3° par le durcissement in- 
solite ae d en t (voy. p. xcvm); 4° 
le changement de U en s doux 
Voy. agencer); 5° de i en ot (voy. 

ire). 

Consoler, du L. convolare 
(mSme sen?). 

Convoquer, du L. convocare 
(reunir) . 

Convoy er, a l'origine con- 
voier, du L. conviare (escorter, 
fai^ route, via, accompagner) . Sur 
le changement de i en oi, voy. 
boire. — D convoi (substantif 
verbal). 

Convulsion, du L. convulsion 
nem (spasme;. — D. convulsif, con- 
vulsionnaire. 

Cooperer, du L cooper ari 
(rnfime sens). — D. cooperation, 
cooperateur , coope'ratif. 

Coordonner, Coordination, 
voy. ordonner. 

Copeawt) origine inconnue. 

Cople, du L. copia (proprement 
abandonee multiplication; multi- 
plier, repandre (facere copiam) un 
manuscrit, en le reproduisant par 
Vecriture un grand nombre de fois. 
D'ou le sens restraint de copia, qui 



designe au moyen age la repro- 
duction d'un acte ou d'un manu- 
scrit. — D. copUte 1 copier, 

Copleax, du L. copiosus (abon- 
dant). 

Copule, du L. copula (union, 
lien). — D. copulalif. 

Coq, anciennement coc, du L. 
coccum* (coq , dans les Lois Bar- 
bares). Si quis coccum aut galli- 
nam furaverit, dit la Lex Salica 
(VI 1, 16). Coccum est une ono- 
matopee, exprimant le cri de l'oi- 
seau. 

— D. cochet, cocarde (crfite de 
coq), coquet (anciennement petit 
coq; d'ou le sens de l'adjectif co- 
que*, proprement vain comme un 
coq) ; coquelicot t qui est dans l'an- 
cien francais coquelicoq et signifie 
coq; il designe aujourd'hui le pe- 
tit pavot des champs, dont )es- 
fleurs sont rouges comme la crfite 
du coq. L'origine de coqudicot au 
sens de coq est une onomatopee, 
imitation du cri du coq. 

Coque, du L. concha (coque). 
Concha a donne coque, comme 
conchylium a donne coquille.CeXXe 
reduction de nc a c se retrouve 
dans escarboucle (carbunculus), 
a s dans demoiselle (domin'cella), 
damoweau (domin'cellus). Sur ch 
devenu c, puisq, voy, xcix. — D. 
coquetier. 

Coqitecfyftte, origine incon- 
nue. 

CoqveUcot, voy. coq. 

Coqw ef ttcne , origine incon- 
nue. 

Coquet, voy. coq. — D. co- 
queter, coquetterie. . 

Cogwlffe, du L, conchyliuw 
(coquilie) : pour les changements 
de leitres, voy. coque. — D. co- 
quillage, coquiUier. 

Coqtfittj origine inconnue. — 
D. coquinerte. 

1. Co*, du L. cornu (tumeur 



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COR 



154 



COR 



de Fepiderme qui a 1 aspect de la 
come). Sur rn devenu r, voy. au- 
bour. 

2. Co»*, trompe, du L. cornu 
(trompette). Surrw devenu r, voy. 
aubour. — D. corner, cornet (petit 
cor; puis rouleau de papier en 
forme de cornet). 

Cor ail, du L. corallium (co- 
rail); pour les changements de let- 
tres, voy. ail. — D. corallin. 

Corbeau, anciennement cor- 
bel, du L. corvellus (corbeau, di- 
minutif de corvus. Pour l'extension 
du sens, voy. p. xxxn.). — Sur v 
devenu b, voy. oachelier; sur ellus 
devenu eau, voy. agneau. — D. 
encorbellement (de i'ancienne forme 
corbel). 

€or>6eiffe, du L. corbicula 
. (corbeille). Sur icula devenu eille, 
voy. abeille. — D. corbillon. 

Corblllard, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv) : corbillard, 
qu'on ecrivait anciennement cor- 
beillard, designait au dix-septieme 
siecle le coche qui faisait le ser- 
vice de Paris a Corbeil ; Menage en 
parle comme d'un mot tres-em- 
ploye de son temps : « Corbillart. 
On appelle ainsi le coche de Cor- 
beil a Paris; duquel lieu de Cor- 
beil il a M appeli Corbillart, 
comme le Melunois de Melun. » 
Corbittard, vers la fin du dix-sep- 
tieme siecle, prend le sens de 
grand carrosse ae gala , de voiture 
de noce; ce n'est qu'au dix-hui- 
tieme siecle qu'il recoit le sens 
qu'il possede aujourd'hui. 

Corde, du L. chorda (corde 
d'arc, puis corde en general). Sur 
ch devenu c, voy. p. xcix). — ■ D. 
cordeau (ancien francais cordel, 

3ui, sous cette forme, a donne les 
enves : cordelle, cordelier, corde- 
ler, cordeliire); corder, cordage, 
cordon, cordutr, cordVrte, 
Cordial, du L. cordiale* (de- 



I rive de cordis, coeur) . — D. cor- 
diality, cordialement. 

€or«fo» 9 voy. corde. — D. cor* 
donnerie, cordonnet. 
J Corcforotier, ancien francais 
cordouanier; proprement qui tra- 
I vaille le cordouan (cuir que Ton 
; importait de Cordoue pour faire 
I des chaussures). Nous disons en- 
, core aujourd'hui du maroquin, 
I pour du cuir du Maroc, etc De 
meme l'italien cordovaniere ( cor- 
donnier) derive de Cordova (Cor- 
doue). 

Corlace , dur comme du cuir, 
du L. coriaceus* (de corium, cuir). 
Corlandre, du L. coriandrum 
(conandre). 

Corme, origine mconnue. — 
D. cormier. 

Cormoran, corruption de cor- 
maran , que les pficheurs out con- 
serve et qui est plus regulier, — 
ce mot qui est en Catalan corbmari, 
enportugais corvomarinho, vient 
du L. corvus-marinus (litterale- 
ment : corbeau de mer). Les Glo- 
ses de Reichenau, qui remontent 
au huitieme. siecle, donnent : Mer- 
aulus = corvus marinus. Quant 
a la transformation de corvus ma- 
rinus en cor-maran (par le chan- 
gement de in latin en an, qui se 
retrouve dans sans, de sine, lan- 
gue de lingua, etc.), voy. amande. 
• f Corn ac, mot hindou, qui de- 
signe le conducteur d'un 616phant. 
! f Cornallne, venu de 1'italien 
cornalina (cornaline). 
| Come, du L. cornua (come, 
pluriel de cornu qui a donne cor; 
voy. ce mot). — D. come', cornie, 
cornouille, cornemuse (voy. muse) t 
icorner s racornir, cornichon. 

Cottteiffe, du L. qprnicula 

(corneille , voy. p. xxxii, aiminutif 

de cornicem). Sur icula devenu 

eUk, voy. abeilte^ 

€oi*tiMRtwe. v. corne et muse. 



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COR 



155 



COR 



Comet, voy. cor. — D. cot- 
nette. 

f cernlehe, anciennement cor- 
nice (venu de Pitalien corniccio 
(m6me sens). 

Coftticfcott, proprement pe- 
tite come, — puis petit concomnre 
ayant la forme d'une come (vpy. 
ce mot). 

Corwotfiffe, voy. corne.— D. 
cornouiWer. 

Cotfttf , du L. cornutiM (cornu). 
Sur uius devenu u, voy. aiyu. — 
D. cornuc, bwcornu. 

Corollnlre, du L. corollarium 
(petite couronne; signe qui indi- 
quait ie corollaire d une proposi- 
tion). 

Corolle, du L. corolla (rafime 
sens). 

corporation, du L. corpora- 
tionem* (de corporatus*, incor- 
pore\ de corpus corps). 

Corporal, duL. corporalis. 

Corps, du L. corpus (corps). 
— D. corset (voy. ce mot) , cor- 
sage, corselet. 

Corpulence, du L. corpulentia 
(m. s.). 

Correct, du L. correctus (m. 
s.). — D. correcteur, correction, 
correctif. 

Correlrftlf, voy. relatif. 

'correlation, voy.. relation. 

Corresponds , du L. cor- 
respondere* (de cum avec respon- 
dere, repondre) . Pour la chute de 
ravant-dernier e, voy. p. lxxxj. — 
D. correspondent, correspondance. 

f corridor, venu au seizieme 
sieclede l'italien corridore (m.s.). 

Cerrlger, du L. corrigere (re- 
presser). — D. corrigible, incorri- 

Corroborer, du t. corroborare 
(fortifier). — D. corroboratif 
-ation. 

Corrouer, du L. corrodere 
(ronger). 



Cor r otnpre , du L. corrum- 
pere (m. s.). — Pour les permu- 
tations, voy. rompre. • 

Correal!, du L. corrosivus (qui 
ronge). 

Corrosion, du L. corrosionem 
(m. s.). 

Corroyer 9 derive 1 de corroi 
(preparation du cufr). — Corroi 
qui est dans Pancien fran^ais con- 
rot, dans la basse latinite conre- 
dum est compose de cum, et du 
mot redum (arrangement, prepa- 
ration), qui est d'origine germa- 
nique (flamand rtden, preparer; 
gothique raidjan, preparer). — 
D. corroyeur. 

Corrupteur,duL. corruptorem 
(m. s.). 

Corruption, du L. corrup- 
tionem (m. s.). 

Corruptible, du L. corrwpti- 
bilis (m. s.). — D. incorruptible. 

Corsage, voy. corps. 

f corsalre, venu au provencal 
corsari (corsaire) celui qui fait la 
corsa, la course (voy. ce mot). 

Corselet, voy. corps. 

Corset, voy. p. xxvi. 

t Cortege, venu de Pitalien 
corteggio (suite). 

Corvee, au huitieme siecle 
corvada dans les Capitulaires de 
Charlemagne, du L. corrogata* 
(corvee , litteralement travail com- 
mande'). 

Le phenomene philologique le 
plus interessant que presente ce 
mot est Intercalation d'un v qui 
n'existait point en latin, intercala- 
tion qui s est operee de la maniere 
suivante: Le g medial disparatt 
(voy. oilier), corro(%) ata devient 
corro-ata, et les deux voyelles 
forment hiatus. Or dans ce cas, il 
arrive souvent que le latin inter- 
cale un v qui empeche la renGon- 
tre des deux voyelles: de plu-ere % 
le latin a tire plu-v-ia et non 



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COR 



156 



GOT 



plu-ia; de&pveToc, argi-v-us non 
argi-us; de vtduus il a fait vidu- 
v-ium non vidu-ium; de fluere y 
fln-\-ius f et non flu-iris; lefrancais 
a continue cette tendance a l'in- 
tercalation Depluere, il a fait non 
pleu-oir, mais pleu-v-oir* de 
pasonia il a tire pi-v-otne, non 
pi-oine: noire langue a mfime 
etendu cette transformation a des 
mots qui originairement ne pie- 
sentaient point d'hiatus, et quelle 
depouille de leur consonne me- 
diane pour y substituer un v eu- 
phonique: de gra(d)ire, ellea fait 
gra-ire puis gra-v-ir; degla[d)ius, 
glaiusj puis glai-v-e; de imbla- 
(d)are*, embla-are puis m&Ja- 
t?-er; de jpo(t)ere, po-ere puis 
pou-v-oir ; de para{d)isus para-is 
puis par-v-ts; de corro(g)ata cor- 
ro-ata puis corro-v-oto qui nous 
amene a la forme carlovmgienne 
corvada, aufrancaiscort?&. Quant 
au changement de corrovala en 
corvada par la chute de Yd, voy. 
accointer; sur ato devenu ada 
puis le (corvle), voy. ampouU. 

Le fran$ais a mfime applique ce 
procede d'intercalation a un mot 
stranger croate, pour detruire 
l'hiatus: le seizieme siecle et le 
dix-septieme ne disaient point 
croate, mais cra-v-ate un cheval 
cravate, s'enrdler dans une com- 
pagnie de cravates: « la crainte 
des embuches des Cravates (dit 
Voiture) leur donne i'alarme. » De 
la le nom du regiment Royal-cra- 
vate qui ne veut dire autre chose 
que RoyaUcroate De la aussi le 
nom commuQ de cravate, piece 
d'etoffe legere que portaient autour 
du cou, les premiers Cravates qui 
vinrent au service de la France, et 
qui prit le nom de ceux qui la por- 
taient. — D. corvfable. 

f Corvette, venu du portugais 
eorveta (corvette). 



i , Coryphee, du grec xopu<patoc 
(chef du choeur) . 

Cosmetlque, du grec xo<xu,Y)xt- 

1 x6c (qui orne, qui embellit). 

| Cosmogonle, du grec xoafxo- 

Yovia (naissance du monde). 

| Cosmographle, du grec xo<y- 

u-oypaqpia (description du monde). 

Cosmologle, du grec xocjio- 
Xoyca (theorie du monde). 

Cosmopolite, du grec xoapa- 
woXixyk (citoyen au monde). 

€o*«e, origine inconnue. — D. 
icosser. 

f costume, de l'italien costume 
(mfime sens). — D. costumer , cos- 
tumier. 

Cote, voy. coter. — D. cottier, 
cotisation. 

Cote , ancien francais coste, du 
L. costa (cdte). Sur la chute de s, 
voy. dbime. — D. cdtoyer, cdtier\ 
coteau; cotelette (derive de cotetle 
petite cdte). 

Cote, anciennement costi, en 
italien costato, du L. costatum* 
(cdte, dans la latinite du moyen 
age). Sur le changement de atum 
en e", voy. ampoule"; sur la chute 
de s, voy. abime. 

Coteau, voy. cdte. 

Cotelette, voy. cdte. 

Coter, du L. quotare* (indi- 
quer le prix. noter. derive de quo- 
tum, quantieme). Sur qu devenu c, 
voy. car. — D. cote (substantif 
verbal). 

Coterie, origine inconnue. 

Cothurne, du L. cothurnus 
(m. s.). 

Cotier, voy. cdte. 

Cotilton, voy. cotte. 

Cotir, origine inconnue. 

Cotiser, voy. cote. 

t Coton , mot d'origine orien- 
tale (arabe qoton, coton). — D. co- 
tonneux ? cotonnade , cotonnier. 

Cdtoyer, voy. cdte. 

Cotret, origine inconnue. 



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cou 



157 



COU 



€o**e, ancien francais cote, 
mot d'origine germanique (moyen 
haut allemand fcoW ? m. s.). — D. 
cotillon, petite cotitte (derive de 
coUe). 

Cotyledon, du L. cotyledon 
(m. s.). 

Cou, voy. col. 

Coward, proprem. quiportela 
queue basse, derive du vieux fran- 
cais coue (queue), fin langage he- 
raldique, le lion couard est celui 
qui porte la queue entre les jam- 
bes; les animaux qui ont peur, et 
portent la queue basse, sont aits 
couardSy d'ou couard & pris le sens 
depeureux, de Idche. — Le vieux 
francais coue (queue) est le L. 
cauda (queue) ; par le change- 
ment regulier de au latin en ou 
(voy. alouette), et par la chute du 
d medial (voy. atouette). Ce qui 
confirme cette origine, c'est que 
Vitalien codard (couard), derive de 
coda (queue) . — D. couardise. 

CoucAet*, anciennement col- 
cher, en italien colcare, du L. col- 
locate (coucher, dans Suetone, 
Caligula, 24). CoWfi)cdre perdant 
suivant la regie (voy. accointer) son 
o, a donne la forme colcare que 
Ton trouve dans la Lex Salica 
(tit. 60) : Et si tunc discendi se , 
legem distulerint, sole colcato (du 
soleil couchi). — Colcare a donne 
coucher par le changement: 1° de 
ol en ou, voy. agneau; 2° de c en 
ch, voy. acharner. — D. couche 
(subst. verbal), coucher, couchette, 
couchant, accoucher (voy. ce mot), 
de'coucher. 

Coueoti, du L. cuculus (cou- 
cou), par le changement: 1° de u 
en ow, voy. accouder; 2° de ul en 
ou (voy. aotieau). 

Cotufe, du L. cu&ttu^ (coude) ; 
CtibOQtus, devenant cub'tus par la 
chute reguliere de i (voy. p. lxxxi) 
a change bt en d (voy. accouder), 



et u en ou (voy. accouder). — D. 
coude'e, coudoyer. 

1. €outft*e, noisetier, ancien- 
nement coldre, du 1*. corylus (noi- 
setier). Cdrffllus contracts sui- 
vant la regie (voy. p. lxxxi) en 
coflus, a subi la transposition de 
I (voy. sangloter), et donne la 
forme coVrus (on trouve deja col- 
rina dans un document latin du 
neuvieme siecle); col'rus* donne 
le vieux francais coldre par le 
changement regulier de Ir en Idr 
(voy. absoudre) ; d'ou la forme cou- 
are par Tadoucissement de ol en 
ou (voy. agneau). — D. coudrote, 
coudrter. 

2. €oticft*e 9 anciennement 
coiudre, du L. corwuere (coudre), 
qui est deja cosere au huitieme 
siecle, par une transformation 
tres-reguliere, ns s'6tant reduil a 
s, cosuere (com me on l'a vu au mot 
aini) , etla diphthongue ue(cosuere) 
s'etant alors simplihee ene, simpli- 
fication frgquente en latin, puis 
qu'on trouve d6ja mortus pour 
mortuus dans Giceron febrarius 
pour februarius dans V Appendix 
adProbum. Adamantinus Martyr 
ditexpressement: * batualia quae 
vulgo batolia dicuntur. » 

Cosere, qui est accentue en la- 
tin c6s{e)re, donna cos're suivant 
la loi de Taccent latin (voy. p. 
lxxxi). Or * et r sont incompati- 
bles (voy. ancttre) , quand cesdeux 
sons sont mis en presence par la 
chute d'une voyelle latine, lis in- 
tercalent une lettre euphonique, 
soit un t (voy. ancitre), soit un d: 
cos're est alors devenu cos-d-re, 
et To s'etant diphthongue en ou 
(voy. affouage), le mot devint 
cousdre, qui en perdant s (voy. 
abime), nous amene a la forme 
moderne. 

€o«tetme 9 peau de cochon, en 
italien cotenna, du L. cutanea 11 



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COU 



158 



GOU 



(derive de cutis , peau) . — Sur la 
chute du*, voy. abbaye): sur u 
devenu ou, voy. accouder. 

Cotcerte, anciennement coute, 
a Torigine coulte, du L culcita 
(matelas), qui contracte en cuVcta 
(voy. p. lxxxi), puis cuVta (voy. 
affCtt), a change u en ou, voy. 
accouder). 

Cottlef,duL. colare (proprem. 
/ittrcr, puis couler). Sur o devenu 
i*, voy. affouage. — D. coulage , 
„<wtee, couloir, e" couler, cUcouler. 
. Couleur, du L. colorem (cou- 
leur), par le changement de o ac- 
centue en cu (voy. occuetWir) et de 
o atone en ou (voy. affouage). 

Coulewvre, du L. colubra 
(oouleuvre), par le changement: 
1° de o en ou (voy. affouage) ; 2° 
de u en eu (v6y. beuoler) ; 3° de b 
en t? (voy. ewaw^. — D. couleu- 
vrine (coulevrine), piece de canon 
allongee et mince. 

Cotttis. adjectif restreint au- 
jourd'hui a certaines acceptions 
speciales (vent coulis, etc....), 
mais qui avaitdans notre ancienne 
langue le sens general de cou- 
lant, de glissant ; coulis, en vieux 
francais coUxs, en provencal cola- 
ditz, represente le L. cotaiicius * 
(derive ae colare, couler). Sur la 
chute du t, voy. abbaye. ~ D. 
coulis (substantif) ; coultsse. 
€otcfi*«e, voy. couler. 

Couloir, voy. couler. 

Coup, anciennement colp, en 
italien colpo , du L. colpus (coud) 
dans les Lois Barbares .: Si quis 
voluerit aUerumoccidere. et colpus 
et faUierit. (Lex Salica, tit. 19). 
Colpus est une forme contracte de 
colapus (coup) qu'on trouve dans 
la Lex Alamannorum; sur cette 
chute reguliere de* & latin penul- 
tieme, voy. asperge; a son tour 
colapus est tine forme secondaire, 
du L. tolaphtot (eotip de pbihg), 



par le changement assez frequent 
dans le latin populaire de ph en p; 
on disait a Rome stropa, ampora 
pour stropha, amphora, comme 
nous le rapporte un vieux gram- 
mairien latin. Sur le changement 
du vieux francais colp en coup, 
par la resolution de I en u, voy. 
agneau. — .D. couper (proprement 
donner un coup a Taide (Tun ins- 
trument tranchant). 

Cottpable, du L. culpabilis 
(coupable), par le changement: 
1° de ul en ou (voy. agneau) ; 2° 
de abilis en able (voy. affable). 

1. Coupe, substantif verbal de 
couper. 

2. Coupe, vase, du L. cuppa 
(coupe), par le changement de u 
en ou (voy. accouder). — D. sou- 
coupe (pour sous-coupe) : coupelle. 

Couper, voy. coup. — 1». coupe, 
coupe 3 , coupeur, couper et, cou- 
pure, coupon, de'couper, entrecou- 
per. 

f Cooperose, venu de Pitalien 
copparosa (couperose). — D. cou~ 
perose. 

Couple, du L. copula (m. s.), 
par la chute reguliere de l'avant- 
derniere voyelle U (voy. p. lxxxi), 
et le changement de o en ou (voy. 
affouage). — D. coupler, decou- 
pler, decoupler; couplet (ce qui 
est uni, accoupU ; parties d'une 
chanson, unies entreelles, accou- 
plees). 

Couple*, voy. couple. 

f Coupole, de l'italien ctipola 
(coupole). 

Cot«»*, anciennement court, a 
1'origine cort, du L. c/iorJem (basse- 
cour, puis ferme, dans Palladius, 
metairie dans Varron, qui nous ap- 
prend que les paysans romains di- 
saient cortem : * nam cortes qui- 
dem audimus vulgo, sed barbare 
did, » a cette forme cortem, suc- 
cede la forme ourtem (residence 



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cou 



159 



COU 



rurale d'un grand seigneur frank, I 
etaussi sa maison (ses offlciers, et I 
ses familiers), enfin, la cour de 
justice qui se tenait en son nom). 
La Lex Alamannorum renferme 
parmi sestitres, le suivant : de 
eo qui in curte Regit hominem oc- 
ciderit, exemple de curtem au 
sens de cour princidre; en voiciun 
autre, ou le meme mot a le sensde 
cour judiciaire: «adplacitum$ive 
ad curtem veniens. > (Syn. Confl.). 

Curtem a donne court par le 
changement de u en ou (voy. ac- 
couder). — D. courtois (de Pan- 
cienne forme court). 

Courage, anciennement co- 
rage, en provencal coratge, du L. 
coraticum* (derive de cor, cceur). 
Sur aticum devenu age, voy. dge; 
sur o devenu ou, voy. affbuage. — 
D.courageuXjde'courager, encou- 
rager. 

Cour 6e,du L curvus (courbe). 
Sur u devenu ou, voy. accouder; 
sun? devenu b, voy. bachelier. — 
D. courber, courbure, courbette, 
recourber. 

Courge 9 origine inconnue 

Courir , du L. currere (cou- 
rir), par une serie de changements 
etudies au mot accourir. — D. I 
cour ant, coureur, courrier. I 

Courotnte^duL. corona (cou- t 
ronne), par le changement: 1° de , 
o en ou, voy. affouage, 2° de n 
en tin, voy. ennemi. — D. cou- 
ronner, couronnement. 

Courre, voy. accourir. — D. 
courrier. 

Courrier, voy. courre. 

€o«t t*noie 9 en italien corregia, 
duL. corrigia (courroie), par la 
chute du $f medial (voy*. aWter), et 
le changement de i en oi (voy. 
botre). 

Courroum* A cdte de te mot, 
Pancien francais avait une forme 
corrot, qui correspond au proven- 



cal corroptx, a Pitalien corrotto 
(deuil) et vient du L. eorruprtim* 
(proprement, ruine, abattement, 
tristesse; puis indignation, enfin 
colore). Sur u latin devenu ou en 
francais, voy. accouder; sur pt 
devenu t, voy. acheter. Quant a la 
forme moderne courroux, elle de- 
rive du verbe courroucer, qui 
reproduit a son tour le L. corrup- 
tiare* (deriv6 de corruptus). Cor- 
ruptiare a donne courroucer par 
le changement 1° de o en ou (voy. 
affouage); 2° de u en ou (voy. ac- 
couder); 3° de pt en t (voy. acte- 
ter)\ 4° de ftare en cer (voy. ctyen- 
cer). La forme provencale corropt 
et la forme itahenne corrotto (en 
italien pt latin donne toujours tf, 
capfivus = caMivo, scripts = 
scritto) qui conservent le pt latin, 
confirment cette etymologie. 

Court , du L. cursus (cours) 
par le changement de u en ou (voy. 
accouder). 

Courme, du L. curta (course). 
— D. counter . 

Court, du L. curtus (court) par 
le changement de u en ou (voy. 
accouder). — D. e'courter, cour- 
toud, accourcir, raccourcir. 

Courtage, voy. courtier. 

Courte-pointe , co u verture 
piquee; dans Pancien francais couJ- 
te-pointe; du L. culcitd puncta 
(couverture piqu6e). Pour le chan- 
gement de culcita en coulte, voy. 
coueUe; pour celui de puncta en 
pointe, voy. poindre. — Coulte- 
pointe est devenu courte-pointe par 
le changement de J en r (voy. apd- 
tre). y 

Courtier, ancien francais cou- 
retier, a Porigine couratier, en ita- 
lien curattiere, du L. curatarita* 
(qui s'entremet pour les achats ou 
les ventes, d6riv6 de curatus, qui 
prend soin). SUrla ehute de a dans 
! curat(a)riu$, voy. aider; sur arius 



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cou 



160 . 



COU 



devenu ter, voy. dnier. — D. cour- 
tage (par un verbe courter* , L. 
curatare*). 

Cotirdne , du L. corftna (qui 
a le sens de mur entre deux bas- 
tions, dans la latinite du moyen 
age). Sur o devenu ou, voy. af- 
fouage. 

f courtlsan, venu au seizieme 
siecle de l'italien cortigiano (cour- 
tisan). 

f Courtlier, venu vers la fin 
du moyen age du provencal corte- 
%ar (courtiser), denv6 de cort 
(cour). 

Courtois, voy. cour. — D. 
courtoisie. 

1. Cousin, en pro venial cosin, 
dans le patois des Grisons cusrin, 
du L. co«inu5 ¥ , que Ton retrouve 
au septieme siecle dans le Vocabu- 
Iaire de Saint-Gall. Gette forme co- 
sinus derive du L. consobrinus 
(Cousin) par la reduction reguliere 
dens k s (cossobrinus, voy. atn4), 
par la chute de Yo (cos'rinus, voy. 
aider). Gette forme eos'rinus a 
donne cusrin (cousin) dans le pa- 
tois des Grisons. Le r latin s'est af- 
fltibli en * (voy. arroser), d'une ma- 
niere tres-insohte toutefois, et a 
donne 1 cosinus, qui existe dans un 
texte latin de repoque merovin- 
gienne. Cosinus a donne" cousin 
par le changement de o en ou (voy. 
affouage). — D. cousinage. 

2. Cott«ftt 9 moucheron, du L. 
culicinus* (diminutif de culicem, 
cousin). Cul(f)cinus, contracte sui- 
vant la regie (voy. accointer) en 
cuVcinus a donne cousin, 1° par le 
changement de ul en ou (voy. 
agneau) , 2° de c en * (voy. ami- 

CousHm, du L. culcitinum* 
(diminutif de culcita. proprement: 
petit matelas). Cuki(t)inum, ayant 
perdu son t medial (voy. abbaye), 
+ domne coumn par le changement 



1 # de c en « (voy. agencer et ami- 
tii), 2° de ul en ou (voy. agweau). 
— D. coussinet. 

Cout, voy. couter. 

€otf teem, anciennement cou- 
tel. a l'origine coltel, en italien 
cuttellOj du L. cultellus (couteau), 
par le changement 1* de ul en ou 
(voy. agneau); 2° de ellus en eau 
(voy. aflfn^au). — D. coutelier (de 
rancienne forme coutel, coutetle- 
rie, coutelas. 

Cottier, anciennement couster, 
a l'origine coster, en italien cos- 
tare, du L. constare (couter) par la 
reduction de ns a s (costare, voy. 
aine), par le changement subse- 
quent ae o (costare) en ou fvoy. 
affouage), et la chute* de r*(voy. 
abtme). — D. coM (substantif ver- 
bal), coHteux. 

CoutU, derive de coute; voy. 
couette. 

Coutre, en italien coltro. du 
L. cultrum (coutre), par le chan- 
gement de ul en ou (voy. agneau). 

CoMtame, anciennement cous- 
fume, a l'origine costume , dans le 
latin du moyen age corfuma (char- 
te de 705); du L. coiuuefudtnem 
(coutume). Cons(ue)ttidinem, con- 
tracte (voy. atder) en cons'tudi- 
nem, a donne costudinem par la 
reduction reguliere de ns a s (voy. 
aint) : costume par le changement 
du suffixe udinem en ume (voy. 
amertume); coutume par le cnan- 
gement de o en ou (voy. affouage), 
et la chute de * (voy. abtme). — 
D. coulumter, occoutumer. 

Coittfufe, ancien francais cotw- 
i^ure, a l'origine costure, en espa- 
gnol costura, du L. consutura* 
(de>iv6 de consuere, coudre). Cow- 
«(u)rura, contracts (voy. atder) en 
cons'tura, a donne co*fura par la 
reduction de ns a * (voy. ain4), 
cousture par le changement de o 
en ou (voy. affouage), couture par 



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CRA 



161 



CRA 



la chute de * (voy. dbtme), — D. 
couturier, coutunire. 

Cowvettf, da L. conventum 
'reunion, assembled de rel«$ieux), 
par la reduction de nv latin a v 
(voy. p. xcvi), et par le change- 
ment de o latin (coventum) en ou 
(voy. affouage). 

€ou vet*, du L . eubare (couver) , 
par le changement 1° de b en v (voy. 
avant); 2° de u en ou (voy. accou- 
der). — D. couve'e, couveuse, cou- 
vaison. 

Cowverele, du L. coopercu- 
lum (couvercle), qui s'est contracte 
regulierement (voy. p. lxxxi) en 
cooperc'lum, et a donne couvercle 
par le changement 1° de o en ou 
(voy. affouage); 2°de p en u (voy. 
amt?er). 

Cottvef rf, voy. coutrir. 

Cowvrir. du L. cooperire (cou- 
vrir). Coop(e)rire, contracte regu- 
lierement (voy. accointer) en coo- 
p'rire, a donne couvrir par le 
changement 1° de o en ou (voy. 
affouage); 2° de p en v (voy. ar- 
rtwr. — D. couvert, couverte, cou- 
verture, couvreur f recouvrir, cU- 
couvrir. 

Crabe, de l'allemand krabbe 
(crabe). — D. crevette (diminutif 
de crabe par les interned iaires 
suivants : crabette, puis cravette; 
sur le changement regulier de b 
en v, voy. avant). 

Crae 9 onomatopee (voy. p. lxv). 
— D. craquer. 

Cracher, ancien francais ra- 
ther, mot d'origine germanicnie 
(nor. hraki, salive). — D. crache- 
menty crachat, crachoir. 

Craie 9 anciennement croie, en 
italien creta, du L. creta (craie), 
par la chute du t (voy. aigu), et le 
changement de e en oi puis en ax 
(voy. accroire). — D. crayeux, 
crayon. 

Craindre,d\i L. tremer* (crain- 



dre), par le changement ordinaire 
! de emere en etndre (voy. geindre), 
et par la mutation insofite de tr en 
<r. — D. crainte (substantif parti- 
cipial, voy. stbsoudre), craintif. 

Cramoisi, mot d'origine orien- 
tate (afabe karmesi, cramoisi, qui 
a donne le bas latin carmesinus, 
d'ou le francais cramoisi par la 
transposition de r (voy. dpreti) et 
le changement de e en oi (voy. ac- 
croire). 

j Cr «mpc, mot d'origine ger- 
manique(angl. cramp; memesens). 

Cfampott, diminutif de l'an- 
cien francais crampe (crochet), qui 
est l'allemand krampe (crochet) — 
D. cramponner. 

Cran, du L. crena (entaille, 
rainure) par le changement inso- 
lite de c en a (voy. p. lxxxiv, 
lxxxv). — D. cre'neau (ancienne- 
ment crenel, de crenellum, dimi- 
nutif de crena); cr6nel4. 

Crane, du grec xpaviov (crane). 

— D. crdnerie. 

j Crapaud, derive de l'ancien 

verbe francais craper (ram per) , 

crapaud signifie proprement le 

j rampant; quant au verbe craper, 

1 il est d'origine germanique (island. 

craup, ramper). — D. crapaudine. 

Crapnle, du L. craputd (meme 

sens). -»- D. crapuleux. 

Craquer, voy. croc.— D.cra- 
quement, craqueter. 

Crase, du grec xpa<n; (fusion, 
contraction) . 
Crasse, du L. crassus (epais). 

— D. crasse (subst.), crasseux, de- 
crasser, encrasser. 

Cratere, du L. crater (cratere 
d'un volcan). 

t Cravaehe, venu par les guer- 
res allemandes, de l'allemand kar- 
batsche (cravache) , qui est d'ori- 
gine slave). 

Cravat e, mot d'origine histori- 
que (voy. p. lxiv); nousavonsex- 



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CRfi 



162 



GRfi 



plicru6 au mot corve'e F&ymologie 
(etla formation du mot cravate. 
Menage, qui vivait au temps ou la 
. mode de porter des cravates fut in- 
troduite en France, confirme cette 
origine : Cravate, dit-il, 'on ap- 
pelle atnsi ce linge blanc qu'on en- 
tortille d Veniour du cou, dont les 
deux bouts pendent par devant; 
lequel linge ttent lieu de collet. Et 
on Vappelle de la sorte, d cause 
que nous avons emprunte' cette 
sorte d , ornement des Croates, qu'on 
appelle ordinairement Cravates. 
Et ce fut en 1636 que nous prismes 
cette sorte de collet des Cravates, 
par le commerce que nous usmes 
en ce tans-ld en Allemagne au su- 
jet de la guerre que nous avions 
avec VEmpereur 

Crayon, voy. crate. — D. 
crayonner. 

Ct*e«tu?e, qui signifie propre- 
ment croyance dans : lettres de 
crtance: donner creance a une 
chose, du L. credentia* (derive de 
credere j croire). Sur la chute du 
t medial, voy. abbaye; sur tia de- 
venu ce, voy. ogencer.— D. crtan- 
cier. 

Createur, du L. creator (meme 
sens). 

Creation, du L. cre'ationem 
meme sens). 

Creature, du L. creatura (md- 
me sens). 

Cnecef fe, origine incqnnue. 

Creche, en nrovencal'crepc/wi, 
en italien greppia, mot d'origine 
germanique (vieux saxon cribbia, 
creche). Sur le changement de 
pia en che par rintermediaire de 
p;a, pcha, voy. p. xc. 

Credibility du L. credtbtWfo- 
tem (mfime sens). 

Credit, du L. creditum (chose 
prfctee). — D. criditer^ cre'diteur^ 
accriditer , discre'diter , de'cri- 
dUer. 



1 Credale, du L. credulus (mSmo 
sens) — D. cridulite", incre'dule, 
Creer, du L. creare (creer). 
Cfemaif fet*e, crampon, de- 
rive de l'ancien francais cremaille 
(m&me sens) , qui vient du L. era- 
maculus* (m. s.)auhuitiemesiecle, 
dansle Capitul. de Villis f part. 41 : 
catenas , cramaculos par le chan- 
gement. 1* de aculus en aille 
(voy. abeille) ; 2° de a en ^ (voy. 
acKeler). Cramaculus est un mot 
d'origine germanique et un dimi- 
{ nutif du neerlandais kram (cram- 
pon). 

I Creme, du L. crema (creme, 
dans Fortunat). — D. e'ere'mer. 

Cfetteatt, voy. cran, — D.crd- 
neler. 

j Creole, venu de PespagnoL 
criollo (cr^ole). 

Creper, friser, du L. crispare 
(friser), par le changement de % 
en e (voy. admettre), et la chute 
de s (voy. ablme). — D. crepe 
(6toffe legerement cripe'e); cripe 
(gateau mince comme Tetone due 
cte*pe); crepu. Une autre forme de 
creper est crfyir (crepir du crin 
le faire bouillir pour le friser); 
cremne. 

Crepir, voy. criper. — D. 
crdpi (subst. partic.) , crepissure. 

Crepitation, du L. crepitation 
nem (meme sens). 

Crepuseule, duL. crepusculum 
(crepuseule). — D. crepusculaire. 
f Crescendo, mot italien signi- 
fiant croissant. 

Cwnow, en italien crescione, 

du L. crescionem* (de crescere, 

croltre; litteralement : qui crolt 

: rapidement). — Sc latin sWassi- 

I mile en ss devant e et t, comme 

i dans: croissant (crescentem), nais- 

| sant (nascentem), poison (piscio- 

nem), rosrignol (lusriniola) , vaw- 

seau (vascellum). 

I €**ete, anciennement creste a du 



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GRI 



163 



CRO 



L. crista (crete), par le change- 
ment det en e (voy. admettre) et 
la chute de * (voy. abime). 

f Cretin, mot du patois des 
Grisons. — D. cHHnisme. 

Cretonne, origine inconnue. 

€t»ett«et* 9 voy. creux. 

Creumct) origine inconnue. 

Cfettae,en provencal cros, dans 
la basse latinite crosuro, contrac- 
tion du L. corrosum (ronge, troue, 
puis creuse).Sur osum devenueux, 
voy. amoureux; sur la contraction 
de e(o)rrosus en c'rosus, voy. drif- 
ter. — D. creuser. 

€t*et>e**, en provencal crebar, 
en italien crepore, du L. crepare 
(meme sens), par le changement 
de p en v (voy. arriwer). — D. cre- 
vasse, creve-ccewr. 

Creverte, voy. cro6e. 

Cfiftilfet* , voy. crier. — D. 
criaillerie. 

€t»i6le, du L. cri&ruro (crible), 
par la dissimilation de r en 2 (voy. 
p. lxxv, et au mot autel). — D. 
cribler. 

Crie 9 onomatopee (voy. p. lxv). 

€t»fev, en provencal cruiar, en 
espagnol <pfor. du L qfutritorc 
(crier, criailler), par la contraction 
de q(ui)rttore en q'ritare (voy. 
briUer) ; le changement de q en c 
(voy. car); la chute du t medial, 
cri(X)are (voy. abbaye). — D. cri 
(substantif verbal) ; eriewr, criard. 
crUe, dicrier, s' eerier, n criailler. 

Crime, du L. crimen (crime). 

Crimlnel, du L. criminalis 
(m&ne sens). — D. criminaliU, 
criminaliser, criminaliste. 

Cvin, du L. crinis (cheveu. 
Sur la restriction de sens, voy. 
p. xxii). — D. criniire, crinoline. 

Criqtte, mot d'ongine germa- 
nique (neerlandais hreek, cri que). 

Criqttct, sauterelle, derive de 
eric j onomatopee. On appelle de 
meme le grillon cri-cri. 



Crlse, du L. crisis (crise). 

Crteper, du L. crispare (con- 
tracter). — D. crispation. 

Crlstal, du L. crystaUum (cris- 
tal). — D. cristallin, cristaUiser, 
cristallisation. 

Criterion, mot latin (grec xpi- 
•nfjptov, moyen de juger). 

Critique, du grec xptTix6<; (qui 
juge). — D. critiquer, critiquable. 

€fo«Met*, onomatopee (voy. 
p. lxv). — D. croassement. 

Cnoe, mot d'origine germani- 
que (neerlandais krdk, croc).— D. 
crochet, crochu, ctocm, accrocher, 
de'erocner. 

Crochet, voy. croc, — D. era- 
cheter, crocheteur. 

Cfecfat , voy. croc. 

Creeedlle, du L. crocodilus 
(meme sens). 

Croirc, du L. credere (croire) , 
par une serie de changements dej£ 
Studies au mot accroire — D, 
croyant, croyance, croyabU, ac- 
croire, microire. 

f Crolsade, mot venu du pro- 
vencal croxada (croisade), forme 
lui-m6me de crox (croix, de cru- 
cem). 

CwoiMewj voy. croix. — D. 
croise", croisement, croise'e (primi- 
tivement fenetre croise'e, e'est-a- 
dire divisee en quatre par une 
croix de pierre), croisiere. 

€foi««fm#, voy. crottre. 

Ctmitre) du L. crescere (crot- 
tre) Pour la serie des changements 
du latin au francais, voy. accroi- 
tre. — D. crott (substantif verbal), 
era. crue, accrottre, de'erottre, re* 
croitre, surcroitre (surcroit). Le 
participe croissant (du L. crescen- 
tern; sure=oi, voy. accroire; sur 
le changement de sc en ss, voy. 
cresson), a donne les substantias 
croissant et croissance. 

Croioc, du L. crucem (croix). 
Sur u devenu oi, voy. angoisse. 



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CRO 



164 



CUB 



sur c devenu x, voy. amitU. — D. 
croiser. 

Crogwer, onomatopee (voy. 
p. lxv). — D. croquette j croquis, 
croquignole. 

Cvoquis, voy. croquer. 

Cro««e 9 ancien francais croce, 
en italien croccia, dans le latin du 
moyen age crucea, derive de cru- 
cem (croix). Crucea signifie pro- 
prement une bequille en forme de 
croix (le sens exclusif de crosse 
episcopate est mode me). On dit en- 
core dans quelques provinces mar- 
cker aux crosses, en parlant des 
person nes intirmes qui marchent a 
l'aide de b6quilies placees sous 
Paisselle. 

Crorte, origine inconnue. — 
D. cr otter ', de'crotter, crottin. 

Croufer, anciennement crol- 
ler, a l'origine crodler, en proven- 
cal crotlar, du L. corotulare (rou- 
ler, tomber ensemble, en meme 
temps) . Ce mot perdant son & atone , 
suivant la regie (voy. accointer), 
s'est contracte en coroflare, qui 
est devenu c'roflare par la chute 
du premier o (voy. briller). Crot- 
lare, assimilant tl en 11 (voy. bou- 
leau), donne Pancien francais crol- 
ler, qui devient crouler par la 
resolution de ol en ou (voy. a- 
gneau). — D. icrouler. 

f croup, mot anglais introduit 
en France, vers 1815. 

Croupe, ancien francais crope. 
Le sens originaire du mot est pro- 
tuberance (croupe d'une monta- 
gne, etc.), mot crorigine germani- 
(hord. kryppa, protuberance, bos- 
se). — D. croupion, croupi&re, 
croupir (qui signifiait ancienne- 
ment s'accroupir) , s'accroupir, 
croupier (proprement : celui que 
Ton associe au jeu, que Ton prend 
en croupe avec soi). 

Croupier, voy. croupe, 

Crompion, voy. croupe. 



CtH»Mpif 9 voy. croupe. 
Croute, anciennement crouste, 
' du L. crusta (croute), par le chan- 
' gement de u latin en ou (voy. ac- 
I couder) f et la chute de s (voy. 
I abtme), — D. crouton, encrouter, 
croustiller. 

I Crouo6fe, voy. croire. 
| Crouottee, voy. crotre. 
I 1. Cru, voy. crottre. 

2. Cru, du L. crudus (cru), par 
la chute du d (voy. aJouette)., 
, Cruaute, anciennement erudi- 
te, a i'origine cruelty, du L crt*- 
delitatem (cruaute). Crudel(t)tatem, 
regulierement contract^ (voy. ac- 
cointer) en crudeVtatem, a doune 
l'ancien francais crualtet par la 
chute du d medial (voy accabler) ; 
cruaute' par l'adoucissement de I 
en u (voy. agneau), et le change- 
ment de atem en 4 (voy. abbi). 

€rwche, mot aborigine celti- 
que (kymri, cruc, crwc, cruche).— 
D. cruchon. 

Cruclfere, du L. crucifer (qui 
porte une croix, qui a la forme 
de croix). 

Cruclfler, du L. crucificare* 
(meme sens). Sur la chute du c, 
voy. affouage, — D. cruci foment. 
Crucifix, du L. crucipaus (at- 
tache a la croix). 

erudite* du L. cruditatem (eru- 
dite). 

j Crue, voy. crottre, 
| Cruel, du L. crudelis (cruel), 
' par la chute du d medial (voy. ac- 
cabler). 

I Crustace, du L. crustaceus* 
\ (revfctu d'une croute, crusta). 

Crypte, du L. crypta (grotte). 
I Cryptogame, de xpuuxoyaiio; 
(dont les organes de fructification 
ne sont pas apparents). 

Cryptographic, du grec xpvrc- 
t6;, cache, et ypd^tv, ecrire. 

Cube, du L. cubus (cube). — 
D. cuber, cubage, cubique, 



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GUI 



165 



GUM 



CnMtnfl, du L. cubitus (coude). 

Cweif fit*, du L.colligere (cueil- 
lir). Pour les permutations de let- 
tres, voy accueillir, — D. cueU- 
lette (I. coUecta recolte). Sur ct 
devenu it, voy. assiette ; accueillir, 
recueillir. 

Cuider, du L. cogitate (croire). 
Cogtytdre s'est contracts, suivant 
la regie (voy. accointer), en cog*- 
tare. latin est ici devenu ut, 
comme dans : cuisine (coquina), 
cutsse (coxa), cutre (coq're), huf- 
tre (ostrea), huts (ostium), puts 
(post), nutre (noc're), cutt (coc- 
tus). hutt (octo), nutt (noctem), 
cutllere (cochlearia) , cutsson (coc- 
tionem), huttieme (octesimus), 
puissant (possentem*). Dans les 
mots : ennut (in-odio), appuyer 
(appodiare*), muid (modius). nut 

ihoaie), cutr (cormm), nutle 
olium*), To latin est devenu ui 
par Vattraction de Ft. — Sur le 
changement de gt en d, voy. air 
der. — D. outrecuidance. 

Cu if f et*, du L. cochleare (cuil- 
ler, dans Pline et Martial) , co- 
cleare des les derniers siecles de 
l'Empire. — Sur o devenu ut, voy. 
cuider; sur cl devenu il , voy. 
abeille. — D. cuillere, cuillere'e. 

Ctcir, du L. corium (cuir), par 
le changement de o en ut (voy. 
chanoine). 

f Culrasse, venu de Fitalien 
coraxza (cuirasse). — D. cuirasser, 
cuirassier. 

Ctcife. du L. coquere (cuire), 
qui est deja cocere dans une in- 
scription du troisieme siecle (voy. 
car;; ce mot, contracts suivant 
la regie de Paccent latin (voy. 

S. lxxxi) en coc're (voy. car), a 
onne cuire par le changement de 
o en ut sous Pinfluence du cr sui- 
vant (voy. cuider), qui se reduit a 
c (voy. b&nir). 
Cuisine i en italien cucina, 



en espagnol cocina, du L. coquina 
(cuisine dans Palladius et dans 
Isidore de Seville) ; ce mot, qui 
est deja cocina dans les Gloses 
(voy. car), a donne cuisine par le 
changement de o en ut (voy. cui- 
der) et de c en * (voy. amitie). — 
D. cuisiner, cuisinier, cuisiniere. 

€«tt«#e, du L. coxa (hanche), 
que Ton trouve deja ecrit cossa 
chez les Romains (sur ce change- 
ment de x en ss, voy. aisseue), 
Sur o devenu ut, voy. cuider — 
D. cuissot, cuissard. 

CwlMottyduL. coctionem (cuis- 
son), par le changement : 1* de 
o en ut sous l'influence du c (voy. 
cuider et attrait); 2* de It en ss 
(voy. agencer). 

Cuts**** a l'origine cuisinier, 
marmiton, du L. cocutro* (cuisi- 
nier , dans Isidore de Seville , 
forme qui represente Je L. coquas- 
ter* deriv6 de coquus). — Sur la 
chute du c medial (co{c)istro, voy. 
affouage; sur o devenu t, voy. 
cuider. 

Cuiwe, du L. cuprum (ctti- 
vre) , par le changement : l 4 de p 
en v (voy. arriver) ; 2° de u en ut 
(voy. huts). — D. cuivrer. 

€••1, du L. cuius. — D. cu* 
lasse, acculer, eculer, recukr, cu- 
I4e, culotte; culbuter (voy. outer); 
cul-de-sac. 

Cnllnalre, du L. cuUnarius 
(meme sens). 

Culmlner, du L. culminare 
(atteindre le point culminant) 1 . 

Culpablllte, du L. culpabili- 
tatem (meme sens). 

Culte, du L. cultus (culte) 

Cultlver, du L. cultivate* (qui 
a le sens de cultiver dans la basse 
latinite). 

Culture, du L. cuUura (cul- 
ture). 

Cumin, du L. cuminum (cu- 
min). 



y Google 



DA 



166 



DA 



Cumuler, du L. cumvlare (en- 
tasser). — D. cumul (subst. ver- 
bal). 

Cunelforme, en forme de coin 
(du L. cuneus). 

CupMe, du L. cupidus (a vide). 

— D. cupidite". 

Curacao, liqueur exportee de 
l'lle de Curagao. 

Curateur, du L. curator 
derive de curare (mfime sens). — 
D. curatelle. 

1. Care, du L* cur a (cure, trai- 
tement). 

2. Cure, du L. cura (charge, 
et dans la langue ecclesiastique 
charge d'ames; cura prit le sens de 
fonction de cur6, puis par exten- 
sion celui de demeure du pretre. 
— D. curtf (le titulaire d'une cure), 

€ut«ee, du L. corata* (visceres 
et poumons d'un animal, de cor, 
coeur; la curie etant proprement 
les poumons et les entrailles du 
cerf que Ton donne aux chiens 
apres la chasse). —r Sur ata devenu 
4e, voy. ampoule". (corata) de- 
vient ici w, comme dans : fur (fo- 
rum), mdre (morum), jus (jo- 
sum*), tut (to"fus), museau (mor- 
sellum*). 

€«t fet* , du L. curare (soigner, 
entretenir, d'ou le sens nettoyer). 

— D. cur age, cureur, rtcurer , 
cure-dent, cure-oreHk. 

Curleux, du L. curiosut (cu- 



rieux), par le changement de osut 
en eux (voy. amoureux). 

Curios! te, du L. curioHtatem 
(curiosite). 

Curftive, du L. cursiva* (tir6 
de cursum, supin de currere, cou- 
rir). 

Cutane, du L. cutaneus* (de- 
rive de cutis, peau). 

f Cutter , terme de marine , 
venu de 1 anglais cutter (qui fend 
l'eau). 

€m«c, du L. cupa (cuve). par 
le changement de p en v (voy. 
arriver). — D. cuvier, cuvee, cu- 
vette, cuver. 

Cycle, du grec xvxXo* (cercle). 
— D. cy clique. 

Cyclope, du grec xuxXo^ (cy- 
clope). — D. cyclbpe'en. 

Cygne, du L. cygnus, 

Cyllndre, du L cylindrus (cy- 
lindre). — D. cylindrique. 

f Cymalse, venu au seizieme 
sieole de l'italien cimasa (cy- 
maise). 

Cymbale, du L. cymbalum 
(cymbale). — D. cymbaUer. 

Cyulauc, du L. cynicus (cyni- 
que). — D. evntsme. 

Cypres, du L. cupressus (cy- 
pres). 

Cytlae, du grec xutkto^ (cy- 
tise). 

f Cmar, du russe tzar (titre des 
empereurs de Russie). 



D 



j anciennement dea, dia, a 
Torigine diva, compose des deux 
imperatifs di (dis) et va. (Voy. 
dire et otter.) On trouve meme 



cette interjection diva suivie de 
di. Le poete Ruteboeuf,au treizieme 
siecle . dans le Miracle de TMophUe 
emploie « diva di, » ce qui montre 



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DAM 



167 



DAM 



oien la presence de llmperatif dis 
dans lemot. 
naetyle, du L. dactylus (dac- 

'-V e). 

Dagmm 9 origine inconnue. — 
jj daguet Jjeune cerf qui porte 
des dagftf^ c'est-a-dire ae petites 
cornes dtf jites comme des dagues, 
comme des poignards). 

Dahlia, mot d'ongine histori- 
que (voy. p. lxiv), plante dediee 
au botaniste Dahl par Cavanilles. 

Ooiyner) du L. dignari (dai- 
gner). Pour le changement de t en 
ai , voy. marraine. — J), didai- 
gner. 

Dainty du L. damns* (daim, 
forme secoodaire de dama). Sur 
a devenu ai, voy. aigle. — D. 
daine (l'ancien francais, ecrivant 
dain pour daim, le feminin ne 
pouvait Stre que daine). 

Dais, ancien francais dois, en 
italien desco, du L. discus (table a 
manger)/ Dais sieuifie tou jours 
table a manger, dans notre an- 
cienne langue, mais specialement 
une table d'apparat , surmontee 
d'une tenture en forme de ciel de 
lit; le sens de ce mot s'est reduit 
peu a peu a la tenture elle-meme 
et nde> de table a disparu. Dis- 
cus donne l'ancien francais dois, 
comme meniscus donne menois, 
par le changement de i en oi (voy. 
bois). Dois est devenu dais par le 
changement de oi en ai (voy. ac- 
croire). 

Dalle, origine inconnue. — D. 
daller. 

ftom, du L. damnum (dom- 
mage). Sur mn recluit a m, voy. 
aUumer. # 

DamM, mot d'origine histori- 
que (voy. p. lxt?) de la ville de 
Damas ou Ton fabriquait original- 
rement cette 6toffe. — D. damas- 
ser. | 

f Damaaqulner, de damat' I 



quint venu au seizieme siecle da 
l'italien damasehino (lame de Da- 
mas). 

1. Dmtme (substantif), du L. 
domifna (dame), qui est deja 
domna dans les Inscriptions. — 
Domna a donne dame par le chan- 
gement : 1° de mn en m (voy. aJ- 
lumer) ; 2° de o en a, exemple uni- 
que d'un pareil changement pour 
Vo accentu6 (voy. p. lxxxv), mais 
dont il y a plusieurs exemples pour 
Vo atone : tels sont damoiseau de 
domiceUus*, danger de dominia- 
rium*, langouste de locusta. — D. 
darner et, darner, damier. 

2. Dmu*e (interjection), reste 
de l'anrcienne intcrjectiondu moyen 
age Dame-Dieu! (domine Deus!) 
c'est-a-dire Seigneur Dieul Le sens 

Sropre de l'exclamation dame /est 
one Seigneur ! 

Dbminus etant deja domnus chez 
les Romains (on trouve cette forme 
dans plusieurs inscriptions de l'Em- 
pire, voy. p. lxxxi), domine devint 
de meme domne qui a donne dame 
(interjection), comme domna a 
donne dame (substantif). Pour le 
detail des changements de lettre, 
voy. ci-dessus, au mot dame 1. 

3. f ■>*hm^ digue, de i'alle- 
mand damm (digue). 

Banter, voy. dame 1. 

Dameret, voy. dame 1. 

Damier, voy. dame 1. 

DAmiier. du L. damnare (dam* 
ner). — D. damnation, damnable. 

Dmmoiteam (gentilhomme qui 
n'est point encore recu chevalier), 
ancien francais damoisel, du L. 
dominicettus* (jeune seigneur, di- 
minutif de dominus, seigneur). — 
Domin(f)cellus, se contractant, sui- 
vant la regie (voy. accointer), en 
domin'cellus, nc latin, s'est reduit 
a c (voy. coque), et Ton obtient la 
forme domiceUus qui est celle de 
la latinite du moyen age : Non 



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DAN 



168 



DAU 



habeant domiceUos, lit-on dans 
les Statut. Cluniacenses. — De 
cette forme domicellus est venu di- 
rectement l'ancien francais damoi- 
sel par le changement : 1° de o en 
a (voy. dame 1); 2? de t en oi 
(voy. boire); 3"de c en s {voy. ami- 
tie) : damoisel est devenu poste- 
rieurement damoiseau par la reso- 
lution de el en eau (voy. agneau). 
— D. demoiselle (anciennement 
damoiselle, feminin de l'ancien 
francais damoisel). 

Dandiner, marcher gauche- 
ment comme un dandin (qui avait 
dans l'ancien francais le sens de 
niais et de gauche ; cet adjectif a 
ete personnifi6 plusieurs fois, dans 
Perrin Dandin, Georges Dandin, 
etc.). L'origine de dandin est in- 
connue. 

f Dandy, mot anglais introduit 
pendant la Restauration, et qui a 
le sens de petit-maltre. 

Danger, Le sens originaire de 
danger est puissance, pouvoir; 
&tre en danger de Vennemi signi- 
fie, au moyen age, &tre au pouvoir 
de Vennemi, itre d la merci de 
Vennemi. De ce premier sens d'e- 
tre au pouvoir, a la merci de cjuel- 
qu'un , decoule par une transition 
naturelle le sens de peril ; il est 
perilleux d'etre au danger, aux 
mains de l'ennemi; le sens origi- 
naire de pouvoir a persiste jus- 
qu'au milieu du seizieme siecie. 
Danger, qui est dans l'ancien fran- 
cais dongier (sur ce passage de o 
a. a, voy. dame 1.) vient du L. do- 
miniartum* (pouvoir, puissance, 
derive de dominium qui a le sens 
de souverainete, dans Ciceron.). 
De meme que dominus etait deja 
domnus chez les Romains (voy. 
dame 2), dominiarium est devenu 
domniarium, qui a consonnifiS ia 
suivant la regie (voy. abriger); 
domnjarium, a donn6 Fancien fran- 



cais dongier par le changement : 
1 1° de m en n (voy. changer) ; 2° de 
, arium en xer (voy. dnier) — D. 
dangereux. 

Dans j ancien francais dens 
[d'ens, contraction de de et de ens); 
ens est le L. intut (dedans); sur 
le changement de inius en ens, 
voy. meUre; sur le changement de 
dens en dans, voy. p. lxxxv.— D. 
dedans. 

Mtonser, mot d'ongine germa- 
nique (vieil haut allemand dansdn) 
— D. danse (substantif verbal), 
danseur, contredanse. 

Dard, en i tali en dardo; mot 
d'origine germanique (angl.-saxon 
dafah, daradh, dard). — D. dor- 
der. 

Dartte, mot d'origine celtique 
(Kymri darn, tranche, portion). 

f Danse, venu de 1'italien dar- 
sena (darse). 



, ongine mconnue. — 
D. dartreux. 

Date, en italien data, du L. 
data (proprement donnte, dans 
l'expression datum Romae, donne a 
Romele... ). — D. dater, antida- 
ter, postdater. 

"', du L daiivus (m6me 



Datte, qu'on trouve aussi ecrit 
dacte, en portugais datil, du L. 
dactylus (datte). Sur le change- 
ment de ct en U, voy. assiette; sur 
la chute des deux dernieres sylla- 
bes ylus), voy. p. lxxxi. — D. 
dottier 

Daube, origine inconnue. 

Dauber, proprement battre, 
frapper, mot d origine germanique 
(v. allem. dubban, frapper). 

Danphin, en provencal daU 
fin, du L. deVphinus (dauphin). Le 
fils ain6 des rois de France porta 
le titre de dauphin depuis 1343, 
date, de la reunion du Dauphine k 
la France Le Dauphine ou plutdt 



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d£b 



169 



d£b 



le Viennois avait en plusieurs sei- 
gneurs nommes Dauphin, nom 
propre qui n'est autre que le L. 
delphinus Sur le changement : 
\ m de el en au, voy. agneau; 2°de 
ph en f, voy. coffre. 

Dawtmtage, anciennementd'o- 
vantage, voy. de et avantage. 

Davler, origine inconnue. 

He, du L. de (de). 

1. De. Prefixe qui correspond : 
1° au latin de; 2° au latin dis, et 
dans ce cas la forme de* est tou- 
jours des a l'origine de la langue : 
calcea/re (chausser), dis-calceare 
(des-chausser , puis d&hausser). 
Sur le changement de dis en des, 
puis dS t voy. admettre et abtme. 
On a dans la double forme decrd- 
diter-discre'd'Uer un exemple frap- 
pant de Imposition de la forme 
populaire et de la forme savante. 
3° au latin de-ex dans un petit 
nombre de mots (dtvier, dtduire, 
etc.) qui sont dans notre ancienne 
langue desvier (de-ex-viare), des- 
duire (de-ex-ducere), etc. 

2. De (a coudre), ancien fran- 
cais del, a l'origine (Mel, en espa- 
gnol dedal , en italien ditale, du 
L. digitale* (de a coudre). Dig(f)~ 
tdle, contracts suivant la regie 
(voy. accointer) en dig'tale , a per- 
du la consonne mediate t di{t)ale 
(voy abbaye) et a donne Tancien 
francais deel par le changement 1° 
du s'uffixe ale en el (voy. annuel): 
2° de % en e (voy. admettre). 

3. He (a jouer), du L. datum (ce 
cra'on jette sur la table ; de date, 
Jeter, dans les expressions telles que 
dare ad terram, etc.). Sur le chan- 
gement de atum en i, voy. am- 
poule'. 

Debacle, voy, bdcler. 

De6ftftef, voy. baite. — D. 
DtbaUage. 

Debande*) voy. bande 2. — 
D. dAbandade. 



De*fca**<fe**,<fe6«i»Hie«f r, voy, 
bard. 

De'fcargtfet*. voy. oar^fue. — 
D. <#barca(tere (cf. respagnol de- 
sembarfcadero). 

De%*tnram*ev 9 voy. embarra*- 
*er. — D. dSbarras (subst. verbal.) 

MMbattre, voy. ftottre. — D. 
dibat (substantif verbal). 

Debauchee , faire sortir de 
PoteWer (qui est bauc/ie, dans no- 
tre vieille langue). L'origine de 
bauche est inconnue. — D. dtbau- 
che (proprement cessation du tra- 
vail, puis paresse, puis inconduite). 

oebet, mot latin debet (il doit). 

Deblle, du L. debilis (meme 
sens). — D. de'biliter, de'bUite'. 

Debit, du L debitum (du). — 
D. dtbiter, de'biteur. 

Deblaterer, du L. deblaterare 
(crier). 

Defeteyer, du L. debladare* 
(qui a, dans la latinite* du moyen 
age, le sens originaire d'enlever le 
ble coupe, de deblayer un champ 
apres la moisson; puis d'enlever, 
dyflter, de deblayer en general. On 
lit dans une charte de 1272 : « Si- 
« militer in pratis ipsorum dedicto 
« loco, postquam fuerint debla- 
« data. > Debladare est deriv6 de 
bladum*, ble (voy. ce mot). Debla- 
dare a donn§ dMayer par la chute 
du d medial (voy. accaoler). — D. 
dMai (substantif verbal). 

Debioquer , voy. bloquer. 

De6oife, voy*. boire. 

Deboiter, voy. botte. 

Debonnaire, ancien francais 
de bon aire, voy. air (au sens de 
naturel). 

Debordev, voy bord. — D. 
ddbord (substantif verbal), dtber- 
dement. 

Deltauchew) voy. boucher. — 
D. d&oucM. 

Debou**ew 9 voy. bourse. — 
D. devours (substantif verbal). 

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d£b 



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DtC 



DeboMtj voy. bout. 

Debowter, voy. boutet. 

De&faif f et*, voy. braie. 

Debris, voy. oroer. 

Hefcttcftcf ,sortir du bois, voy. 
buche et bois. 

f Debosquer, voy. embusquer 
etau motde*.... 

De&tct, voy. fcttf . — D. Whiter, 
debutant. 

Dec a, voy. de et fa. 

Decade, du grec Sexafioc (di- 
zaioe). 

Decadence, du L. decadentia* 
(de decadcrc*, aechoir). 

D£cadl, de 6txa (dix) et dies 
(jour). 

Decagone. du grec £exlYfc>voc 
(qui a dix angles). 

Decagramme, du grec 86coc 
(dix), et gramme (voy. ce mot). 

Decalitre, du grec filxcc (dix), 
et JtJre (voy. ce mot). 

Dialogue, du grec SexdtXo- 
yoc, (dix commandements). 

Decantper, voy. camper. 

Decanat, du L. decanatus {61- 
gnite de doyen, de decanus) . 

Decanter, en italien decantare, 
du L. decartfnore* (verser douce- 
ment, en inclinant le vase, de carv- 
thus, angle d'une cruche). 

Decaper, proprement titer la 
crotite, la rouille, le vehement im- 
pur qui recouvre une surface m6- 
tallique, derive de cape, vehement 
(voy. cape) ; le d6capage consistant 
a mettre le metal a nw, a enlever 
Tenduit qui le recouvre. — D. d4- 
capaae. 

Decapiter, du L. decapitate* 
(d6riv6 de caput, tdte). 

Deceder, du L. decedere (s'en 
aller). 

Decefet* , voy. cc?6r. 

Iteeemfrt^e, du L. decembrem 
(decembre). 

Deceunal, du L. decennalis 
(qui a lieu tons les dix ans). 



Decent, du L. decentem (con* 
venable). — D. dtcence. 

Deception, du L. deceptionem 
(m6me sens). 

Decerner, du L. decemere (vo- 
ter). 

Deces, du L. decessus (depart) . 

Decevoit*, duL. decipere (trom- 
per). Sur le changement de cipere 
en cet?oir, voy. deceuoir. — D. d£- 
cevable. 

Dee Jtotttet*, anciennement dea- 
chatner, du L. dis-catenare* (6ter 
la chatne). Pour le changement de 
lettres, voy. de*.... et chatne. — D. 
dechatnement. 

DecJtott*et»,anciennement des- 
chanter, voy. de.... etc/iortfer. 

DecJtot*grer>, anciennement 
descharger, voy. de\... et charger. 

— D. decharge (substantif verbal), 
dechoraemen*. 

M>echarne** , ancien francais 
descharner, en espagnol descar- 
nar, du L. discomare* (dter la 
chair, caraero). Sur le changement 
de c en ch, voy. ac/iomer. Sur dw 
devenu de\ voy. de*.... 

DecJto«f«#ef , ancien francais 
deschawsser, du L. discdlceare (d6- 
chausser). Pour les changements 
de lettres, voy. chausser et de\... 

— D. ddchaux (carmes). 
DecAeattce, du L. decadentia* 

(decheance, de decodere, dechoir), 
par la chute du d medial (voy. ac- 
cabler), le changement : 1° de ca 
en che (voy. acharner et acheter)$ 
2° de lia en ce (voy aqencer). 

i^echet ± voy. de" choir. 

DechUr*ew>) voy. chiffre. — 
D. dtchiffrable, indechiffrable. 

M^eehiquetew , mettre en me- 
nus mprceaux, en chiquets, mot 
qui parait 6tre un diminutif du L* 
ctcciim (une chose insignifiante, 
unrien) 

Mtechit^r , ancien francais def- 
chirer, compose de l'ancien verba 



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DtiC 



171 



DtiC 



irer, en provencal esquirar. 
d' origin e germanique (vieil 
t allemand skerran, dechirer). 
). de'chirement , dichirure. 
echoir, voy. de\... et choir, 
). de'c/ie* (autre forme de d4- 
i ; voy. Grammaire histo- 
x de la langue francaise t $. 42). 
>eclder, du L. decidere (tran- 
*, decider). — D. inducts (de 
;t de decisus, decid6), dicuif 
decisions*, derive de decisus). 
>eclme, duL. decima (dixierae). 
). dtcimer, decimation, de"ci- 

>eclmetre, du L. deci (profile 
quant dix), et metre (voy. ce 
). On voit que le prefixe deci 
tifie dix fois. et que le mot di- 
etre est mat forme, signifiant 
prement dix metres, tandis 
1 veut designer la dixieme 
tie d'un metre. En latin, deci 
[tiplie, et ne divise pas. 
»eclslf, voy. decider. 
leclslon, du L. decisionem (de- 
on). 

leclamer, du L, declamare 
:me sens). — D. declamation, 
lamatoire. 

leelarer, du L . declarare (de- 
er). — D. declaration. 
>ecllner, du L. declinare (me- 
sons). — D. de'clin (substantif 
bal), declinable, declinaison. 
>ecllve, du L. declivus (qui 
en pente). — D de'cliviti. 
!kfef©re,voy. de".... et clore. 
Oeclottef, voy. de 1 . . . . et clouer. 
fefcocfcer, voy. de\... et co- 
Decoction, du L. decoctionem 
§me sens). 

Decoi/fer, voy. coiffer. 
Decollation, du L. decottatfo- 
n (meme sens) 
L Decoffet*, voy. coJ. 
i. Decoffet*, voy. coMe. 
Decollete**, voy. coMei. 



I Deeolofet*, voy. d£... et co- 
torer, 
Aecom&re*, voy. encombre. 
Decomposer, voy. composer. 

( — D. decomposition, 

Decott/tfe, defaire, detruira 
Malherbe dit encore que la France 
• a dtconfU l'Espagne. wconfire, an- 
ciennement desconfire, du L. dw- 
' conficere (defaire, compose deeon- 
/Scere, parfaire, achever). Pour le 
cbangement de lettres, voy. de\.- 
et confire — D. de"confUure. 

Heeottteftatteet*, voy. conte 
nonce. 

Deeottvemte, voy. dV.... et 
converar. 

Decorer, du L. decor are (or- 
ner). — D. decor (substantif ver- 
bal), decoration, d&corateur, dico 
ratif. 

»ecorum, du L. decorum (con 
venance, bienseance. 

HecotfcAer , voy. de\... etcou 
cfcer. 

Deco«f«ft*e, voy. de\... et cou- 
dre. 

Aeeottlef , voy. de*.... et coa- 
ler. 

Deeottper, voy. de*.... et cott- 
per. — D. decoupure. 

IMeonvrir, voy. de\... et com- 
mr. — D. dicouperte (substantif 
participial). 

Acer aster , voy. crasse, 

Dccrvditer, voy. de\... et cr& 
d#er. 

Decrepit, du L. decrepitus (me- 
me sens). — D. decrepitude. 

Deeret, du L. decretum (ar- 
rete). — D. ddcreter, decretale. 

Decrier, voy. de*.... et cner. 
— D. decri (substantif verbal). 

Decrire, anciennement des- 
cnre, du.L. descnbere (decrire). 
Pour les cbangements de lettres, 
voy. ecrire. 

Deci*ocfcet* 9 voy. croc. 

Aecfo€*t*e, voy. croitre. — 



yGoogk 



-D&F 



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DtiF 



D. dicroissant , dtcroissance, dV« 
crue. 

Decroiter, voy. crotte. — D. 
de'croUeur. dicrottoir. 

Decuple, du L. decuplu* (md- 
me sens) . — D. de'cupler. 

Deilaignei*, ancien francais 
desdaigner, en italien disdegnare, 
du L. dis (voy. de\...) et dtgnari 
(voy. datgfnier). — D. didain (sub- 
stantif verbal) , dtdaigneux. 

Dedale, du grec Aa£8aXo; (De- 
dale, qui construisit le labyrinthe 
de Crete). 

Dedawi*, voy. de et dans. 

Dedicate, du L. dedicatio (d6- 
dicace). 

Dedier, du L. dedtcore (d6- 
dier), par la chute du c medial 
(voy. affbuage). 

DeVfife, voy. d£... et dire, — 
D. dtdit. 

Deduction, du L. deductionem 
(m6me sens). 

De«f«tit*e. du L. deducere (d6- 
duire). Deducere contracte sui- 
vant la regie de l'accent latin en 
deducWe, a donne diduire par le 
changement de cr en ir, voy. oenir. 



«?• anciennement deuesse, 
forme de 1 ancien francais deu (qui 
est le L. deu$), et du suffiie femi- 
nin esse (voy. o&oe**e) 

DefaiWr, Voy. de\... et /at(- 
iir. — D. difaillcmce. 

Dtfaire, anciennement de$- 
faire, voy. de\... et /aire. — D. 
tefaite (substantif participial). 

Defalgwei-, en italien diffal- 
care, compose* de de\... (voy. ce 
mot), et du radical falquer, qui est 
d'ongine germanique (vieil haut 
allemand fakan, retrancber).— D. 
Defalcation. 

De'faut, voy. faute. 

Dejfaveuf, voy. de\... et /a- 
veur. — D. <M favor able. 

Defect!!, du L. defectivus (qui 
manque). 



Defection, du L. defectionem 
(m&ne sens). 

Defectueiix,du L. defectuosus* 
(mfime sens). 

DeTeauf***, du L. defendere 
(m§me sens). Sur la chute de l'a- 
vant-dernier e, voy. p. lxxxi. — 
D. difendable, dejenaeur, difen- 
deresse. 

Defense, du L defensa (de- 
fense, dans Tertullien). 

Defenseur, du L defensorem 
(mfime sens). 

f Defenslf, venu au seizieme 
siecle de 1'italien defensivo (m. s). 

Deferer, du L. deferre (decer- 
ned accorder). — D. diferenee. 

Defer let- , voy ferler. 

Deferred, voy. fer. 

Defiance, voy. ae'fier. 

Deficit, mot latin : deficit (il 
manque). 

Defter, ancien francais desfier, 
en italien dishdare, pour r6tymo- 
logie, voy. de.... et per. — D. <Ufl 
(subst. verbal.) defiance. 

Deflgurer, voy. figure. 

De/lfe, voy. deafer 2. 

1. Deftler, voy. /M. 

2. Dejller, voy. /lie. — D. dV- 

fi, passage etroit ou il faut aller 
la file. 

Deflnlr, du L. definite (m&me 
sens). — D. dtfini, indtfini, difi- 
nissable, ind&finissable- 

Deflnltlf, du L. definitions 
(mfime sens). 

Definition, du L definitionem 
(mfime sens). 

DefleufHr. voy. fleur. 

Deflorer, au L. deflorate (dter 
la fleur). 

DefoHcer, voy. fond. — D. <W- 
foncement. 

De'/brntei*, voy. forme. — D. 
deformation. 

Defrayer, voy. frais. 

Defirtehevy voy. friche. — D. 
(Ufrichement. 



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DfiG 



173 



DfiL 



MyWo^pcef , voy. froc. — D 
ro^fue (substantif verbal). 
octant, du L. defunctut (meme 
is). 

U&gagGW) voy. go^er. — D 
lagement. 

Desolate**, voy. patrw. — D. 
jratne (substantif verbal). 
D&jawnir, voy. j/armr. 
Begat, substantif verbal de l'an- 
n verbe dtgdter (voy. gdter). 
De'geler, voy. geter. — D. d£- 
£ (substantif verbal). 
oegenerer, du L. deflfenerare 
erne sens) . — D. dtgentratton. 
l»enenere«cence, de digint- 
went, qui est le L. degenerescen- 
n* (degenerescere*) de degene- 
re. 

Deglutition, du L. deglutitio- 
in, de deglutire (avaler). 
JtMoiier, voy. g osier. 
Deaoraer, voy. oorge. 
DeaoMrdir, voy. oowrd. 
Dego&t, ancien francais des- 
wrt, en italien dwgfusto, voy. 
?.... et grottt.— D. MgoiHer. 

DegoMtter, voy. gfoutte. 

iftegraaer, du L. degradare 
oeme sens). — D. degradation. 

Degfoffef, voy. agrafer. I 

"~ * r, voy. graisse. — 



, ddjjr aweur, digraissage. 
Degve. en provencaf deyrc** 
e mot repond a un type de-gra 



us, compose de de et du L. gro- 
ut (degre). Sur la chute du d, voy. 
louette; sur le cbangement de a 
n e, voy. acheter. 

Degrever, voy. greter. — D. 
leareueroent. 

fegritftgrole**, origine incon- 
lue. 

Degf*f«er, voy griser. 

DegroMir, voy. grossir. 

Deguenilti, voy. gueniUe. 

De g ue rp l*, compose de de\... 
it de rancien verbe francais guer- 
nr (abandonner) qui est dans la 



latinite du moyen age werpire, 
motd'origine germanique (scandin. 
verpa). Pour le changement de w 
en </t* francais, voy. p. en et au 
mot gatne. — D. dtguerpissement. 

Degtffaet*, voy. flfuiw. — D. 
deputsement. 

l»egn»ter, du L. deguttare 
(meme sens). — D. tegustation, 
digustateur. 

Dehiscence, du L. dehiscerUia" 
(dehiscere, s'entr'ouvrir). 

Defcoatte, voy. honte. 

Aefcof*, voy. hors. 

Delelde, du L. deicidium* 
(meurtre de Dieu). 

Delfler, du L. deificare. — D. 
dtijieation. 

Delime, de Deus (Dieu), avec 
le suffixe isme. — D diiste 

Delte, du L deitatem (divinity. 

Dejo, ancien francais desja, 
voy. des et;d. 

Dejection, du. L. dejectionem 
(mfime sens) 

Bejeter, du L. dejectare (me- 
me sens). Sur ct devenu I, voy. 

Hejewttef, ancien francais de*- 
jeuner, voy. dl... et;edner, litte- 
ralement : cesser de jeuner. Pour 
le sens, voy. p. xx. — D. ddjeu- 
ner (substantif) . 

De?oiaaoVe, voj.joindre. 

fi^oiier, voy. jouer. 

Dc^ttcfcea*, voy. jucher. 

De la, voy. 2d. 

f Delabrerjanciennementde*- 
tobrer, del'italien (milanais duto- 
brare). — D. ddlabrement. 

DeTai, voy. delayer. 

Beiaismer, voy. laisser. — D. 
dtlaissement. 

HelaMer, voy. fas. — D. <fc- 
lassement. 

Delatenr, du L. delator (meme 
sens). 

Delation, du L. dekUionem 
(meme sens). 



yGoogk 



d£l 



174 



d£m 



Delayer, du L. dilatate (eien- 
dre, dilater), par la chute du t me- 
dial (voy. abbaye), et le change- 
ment de i en e (voy. mettte). Le 
passage du sens de dilater, d'al- 
longer, d'etendre [dilatare) a celui 
de dilayet est visible dans Pexpres- 
sion delayer un discours. — D. di- 
lai (substantia verbal du verbe de- 
layer pris au sens d'6tendre : le 
delai est le temps accorde pour 
faire une chose) . 

Deleeter, du L. delectare (m&- 
me sens) . — D. delectation, delec- 
table 

Deleguer, du L. delegare (en- 
voy er). — D. dtUgation. 

Deletere, du grec SyjXyityjpio; 
(nuisible). 

Dellberer, du L. deliberate 
(examiner). — D. dMberation, dji- 
libetatif. 

Dellcat, du.L. delicatus (mSme 
sens). — D. inddlicat, delicatesse. 

Dellcee, du L. deliciae (deli- 
ces). — D. de'licieux. 

1. Delia, au sens de menu, de 
de'licat (un fil deW, un style de'Jie', 
etc.) } du L. delicatus (delie, fin, 
deli cat), par la chute du c medial 
(voy. affouage), et le changement 
de atois en e (voy. ampoute). 

2. Delie, participe de d^ier. 
Heliet*, ancien francais des- 

"Jter, voy. de\... et Iter. 

Delimiter, du L delimitate 
(m6me sens). — D. delimitation. 

Delineation, du L. delinea- 
tionem (de delineate, dessiner). 

Dellnquant, du L. delinquen- 
tern (fautif). • 

Dellre, du L. delirium (egare- 
ment d'esprit). — D. de 1 liter. 

Dellt, du L. delictum (faute). 

Helivnet*. du L. deliberate* 
(compos6 de liberate, liberer). De- 
Ub{S)tatBj contracts suivant la re- 
gie (voy. accointet) en delibt'ate, 
a donne dMvtet par le change- 



ment de b en v (voy. avant). — D. 
dttivrance. 

Deloge*, voy. loget. 

De'loyaf, anciennement des- 
loyal, en italien disleale, de de". .. 
(voy ce mot) et JoyaJ. — D. d6- 
loyauU (voy. de\... et loyaute). 

Delude, en italien diluvio, du 
L. diluwum (deluge) , par la con- 
sonnification de iu en </e {diluv- 
jum, voy. abrtger), et la reduction 
de t>; a) (voy. abrtger). Pour le 
changement de i (diluvium) en e 
voy. mettre. 

Hef wt-e, voy. p. xvm et au mot 
Jeurre. 

Demagogue, du grec SYi^ayco- 
yo; (qui conduit le peupie). — D. 
aemagogie, dtmagogique. 

Betitaiit, ea provencal deman t 
en italien dimane, du L. de-mane* 
(compose de mone\ matin) . Sur le 
changement de a en ai t voy. ai- 
gle. — D. lendemain, qui 6tait 
dans notre ancienne langue Vende- 
main (de meme en italien Vindo- 
mani), forme composee de en et de 
demain. Au quatorzieme siecle, 
Particle le, par une meprise sin- 
guliere, se soude au corps du mot 
(voy. lierre), et donne le substan- 
tif lendemain, qui a son tour est 

S recede d'un nouvel article {le len- 
emain). 

Demanded, du L.demandare. 
— D. demande (substantif verbal), 
demandeur, demanderesse. 

Demaatgef, voy. manger. — 
D. d&mangeaison. 

Dematttelet*, proprement dtet 
le mantel (manteau), iter le v6te- 
ment qui protege une ville, de- 
truire ses murailles. — D. deman- 
telement. 

Demantlbuler, anciennement 

de'mandibuler, proprement : se 

, rompre la machoire, de drf..., (voy. 

• ce mot) et mandibula (machoire). 

I DemancotioM, voy. marquer. 



yGoogk 



DfiM 



175 



DfiN 



D^mafcfce, voy. marche. | 
Ilemat^er, voy. tnarier. 
Demargttef, voy. marquer. 
Dem«t*t«i*, voy. amarrer. 
DemiMftief, voy. masgue. 
Hemelet*, voy. de\... etm^er. 

— D. DemiU, demtloir. 
Demem6t*et*, voy. memore. 

— D. dimembrement. 
MiewnSnageiri voy. manage — 

D. dem&nagement. ; 

Demenee, du L. dementia' 
(folie). 

Demeitef, voy. metier. 

DemeM*i»*, anciennement des- 
mentir, voy. de*., et mentxr. — 
D. dementi. 

Demerlter, voy. meriter. — 
D. dinUrUe (substantif verbal). 

Deme«M**e, voy. mesure. 

Demettve) voy. mettre. 

Oetnewt*et* 9 en italien dtmo- 
rare,duL.demoran (rester,tarder, 
demeurer, dans le Code Theodo- 
sien). — D. demeure (substantif 
verbal), au demeurant. 

Demi, du L. dimidius (demi), 
par la cnute du d medial (voy. 
alouette), et le changement de i 
atone en e (voy. mettre). 

Demlsolon, venu au seizieme 
siecle du L. demissionem (renvoi). 
— - D. ddmissionnaire/ 

Demoeratle, du grec 8>jjioxpa- 
tia (gouvernement du peuple). — 
D. democrats, termer atique. 

Demofreffe, voy. damoiseau. 

Demollr, du L. demoliri (ren- 
verser). — D. demolmeur, demo- 
tion (L. demolitionem). 

Demon, du L. daemon (genie). 

— D. demoniaque. 
Demonetloer, changer la va- 

leur d'une monnaie (de de.... et de 
moneta, monnaie). 

Demonstrate, du L. demons- 
Iratvous (meme sens). 

Demonstration, du L. de- 
QwnstrcUionem (meine sens). 



Demonstratenr , du L. de- 
monstrator (meme sens). 

Oemonler, voy. de.... etmon- 
ter. 

Demon *t*et* , anciennement 
demonstrer , du L. demonstrate (de- 
montrer). Sur la chute de s, voy. 
aoime — D. ddmontrabk. 

H emo tHfyg, voy. dV. . . . et mor- 
dre. 

Denalre, du L. denartus (qui 
contient le nombre dix). 

Dfnatftirer, voy. nature. 

Denotation, du L. denegatio- 
nem (meme sens). 

Deati, voy. denier. 

DeaiieAeV, voy. nicher. — D. 
demc/ieur 

Dettlet* , du L. denarius (de- 
nier). Sur ariu* devenu ier, voy. 
dmer. 

Dottier, du L. denegare (de- 
nier), par la cbute du 9 medial 
(voy. outer), et le changement de 
ea latin en ta (voy abrtger). — 
D. deni (substantif verbal). 

Denlgrer, du L denigrare 
(noircir). — D. denigrement. 

AekoMtfrref, du L. denume- 
rare (mSme sens). Sur le change- 
ment de numerare en nombrer, 
voy. nombre. — D. dtnombrement. 

Denominate, du L. denomi- 
natives (qui sert a nommer). 

Denomlnateur,du L. denomi- 
nator (qui denomme). 

Denomination, du L. deno- 
minationem (denomination). 

De'atommer, du L. denomi- 
nare (mfime sens). Voy. nommer 
pour Jes changements de lettres. 

Dettoatcer, du L. denuntiare 
(denoncer). Pour le changement de 
nuntiare en noncer , voy. annon- 
cer. 

Denonelatenr, du L. denun* 
tiatorem (m&ne sens). 

Denottekatlon.dU U dbntintia- 
tionem (m6ine sens). 



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d£p 



176 



DtP 



Deneter, du L. denotare (d£- 
noter]. 
Denotiei*, voy. dl.... et nouer. 

— D. dtnoument. 

Demise, a l'origine marchan- 
dise en general, et spScialement 
marchandise de la valeur d'un 
denier. L'espagnoi dit de mfime di- 
nerada (denree), de dinero (de- 
nier). Du mot denier est venu Pan- 
cien francos denete'e, commede 
panier est venu pannetie; dene- 
tie s'est plus tard contracte en 
den\ie % puis denre'e. De m6me 
dans le Wards, pfenningwetth 
(denree) veut dire proprement : ce 
qui vaut unjpfenning. — Pour la 
chute de Ye, den{e)rala, voy. ac- 
cointer; pour le changement de 
ata en 4e, voy. ampouM. . 

Dense, du L. densus (lourd, 
epais). — D. density 

Dent, du L. dentem (dent). — 
D. endentiy identt, dentiet, den- 
tiste, dentelle. 

Dentalre, du L. dentarius (mS - 
me sens). 

Dentelle, proprement : petite 
dent. — D. dentele, dentelure. 

Dentifrice, du L. denHfricium 
(frotte-dent, Pline). 

Dentition, du L. dentUionem 
(meme sens). 

Denoder 9 du L. denudare {met- 
tre a nu). 

AeatMet* , du L. denudare (met- 
a nu, priver de), par la chute du d 
medial (voy. accabler). — D. tene- 
ment. 

Depcifeif let* , voy. pared. 

Deporet*, voy. para*. 

Deparfet*, voy. parler. 

Aepaftemeit*, voy. dipartir. 

Depar <if , ancien francais de«- 
©arttr, du L. dispartire (distri- 
buer, partager, repartir). Sur le 
changement de du en <W, voy. de\ 

— D. depart (substantif verbal) , 
ddpartement (division). 



DenoMer, voy. power. 

Aepayfer, voy. pays. 

Depecer, voy. piece. 

Depecfter, voy. empSchet. — 
D. dfyiche (sunstantif verbal). 

Depeittcfre, du L. depingere 
(peiridre); sur le changement de 
ingere en eindre, voy. ceindre. 

1 . Depend*** quelqu'un ; voy. 
de\... etpendre. 

2. Depettdre de, du L. depen- 
dere (meme sens). Pour la trans- 
formation des iettres, voy. pendre; 
pour le deplacement de l'accent 
fatin, voy. account. 

3. Depetwfre, depenser, du L. 
dependere (depenser). Pour la 
chute de V8 latin, depend 'te t voy. 

p. LXXXI. 

Dejpett*, voy. de'penset. 

DGpenme, voy. depenser. 

Depett«ef, anciennement des- 
cender, du L. dispensate (distri- 
buer de l'argent), par le change- 
ment de dis en de" (voy. de*....).— 
D. dfyens, dipense, aepensiet. 

Deperdltlon, du L. depetdi- 
tionem* (de depetdete, perdre). 

neper I r, du L. deperire (mfime 
sens). — D. de'pe'tissement. 

Depe*t*et*, anciennement des- 
pesttet, — oppose de empttrer (aa- 
ciennement empesttet). Empittet 
signifie proprement: lier les jam- 
bes d'un cheval que Ton met en 

{>ature; et ddptlrer, debarrasser 
es pieds de ce lien, de cette en- 
trave. Ces mots viennent du latin 
du moyen age pastorium (entrave 
deschevaux au paturage). Pasto- 
rium (deriv6, par pastum, de pas- 
cere, paitre) est frequent dans les 
Lois Barbaras au sens d'entrave. 
Si quis in exetcitu aliquid fu- 
raverit, pastorium, capistrum, 
frenum, etc. dit la lot des Bo- 
varois, titre II, vi, 1. On lit aussi 
dans la Loi des Lombards, tit. I, 
xx, 5 : « Si quis pastorium de ca> 



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DSP 



177 



DfiR 



ballo alieno tulerit..., » Pasto- 
rium, par les deux composes im- 
pastoriare * (entraver) , dispasto- 
riare (delivrer de Tentrave) a 
donne les deux verbes francos ero- 
pestrer, despestrer, par le change- 
ment 1° de im en in, puis en 
(voy. admettre); de dis en des, puis 
dt (voy. d£...) ; 2° de past(o)riare 
en pestrer par la chute de To, p<w- 
I'riare (voy. accointer), d'ou la 
forme moderne pitrer par la dis- 
parition de s et le cuangement de 
a en c (voy. acheter, abtme). 

Denewplet- , voy. peupler. — 
D. dtpeuplemerU. 

Deptler, du L. depilate (m§me 
sens). — D. de'pilation, de'pUa- 
toire. 

Bepimier, voy. piste. 

Mtepit, ancien francais despft, 
du L. despertus (mepris, puis co- 
lore) , par le change men t de des 
en d4 (voy. aMmc) ; 2° de e en i 
fvoy. accompJir); 3° de ct en I 
(voy. a/f&4). — D. dtpiter. 

Depiaccr, voy. place. — D. 
diplacement. 

D€ptai*e, voy. pfatre. — D. 
deplaisir, deplaisant. 

fte'plier, voy. d4.... et plier. 

JDepfouet*, voy. d£. . . et ployer. 
— D. dtploiement. 

Deplorer, du L. deplorare 
(meme sens). — D. deplorable. 

Deplumer, voy. de 1 .... et 
plume. 

»e>opolatton, du L. depopu- 
lationem (m&me sens). 

Importer, du L. deportare 
(exiler). — D. deport, deportation, 
diportement. 

Deposer, voy. poser. 

Deposltalre, x du L. deposita- 
rius (depositaire).^ 

Deposlteur, du L. depositorem 
(meme sens). 

Deposition, duL. depositionem 
(memesens). 



', voy. posstder. 

AefKroillet* , anciennement 
despouiller, du L despoliare, par 
le changement 1° de o en ou (voy. 
affouaqe); 2° de Wen iW (voy. ail); 
3° par la chute de o(voy. abime). — 
D. dtpouiUe (substantif verbal), 
depouulement. 

jDejHmt*t>oit*, voy. pourvoir. 
— D. depourvu. 

Depraver, du L. depravare 
(meme sens). — D. depravation. 

Depreeler, du L. depretiare 
(diminuer le prix). — D. deprecia- 
tion. 

Depredation, du L. depraeda* 
tionem (meme sens) . 

Depression, du L. depression 
nem (abaissement). 

Deprtaner, du L. deprimere 
(abaisser). 

JDejiwM, voy. puis. 

Depurer, du L. depurate (pu- 
rifier). — D. depuration, cUpura- 
tif. 

Depnter, du L. deputare (assi- 
gner, confier une mission). — D. 
deputation, depute". 

lleVaeinef , voy. ratine. 

AeVaif let*, voy. rail. 

AeValson, voy. raison. — D. 
deraisonner, deraisonnable. 

AeVaMger, voy. ranger. — D. 
derangement. 

De**ee*e/*, qu'on ecrivait au- 
trefois de rechef, est compose de re 
qui marque le retour, la repetition, 
et de chef (au sens de fin, d'extre- 
mite. Nous avons vu, au mot ache- 
ver, que la langue du moyen age 
disait venir d chef pour venir d 
bout). Voy. chef. 

Deveglev* , voy. regie.— D. de- 
reglement. 

Derision, du L. derisionem 
(moquerie) 

Derlsolre, du L. derisorius 
(m6me sens). 

Derlver, du L. derivare (deri- 



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d£s 



178 



DtfS 



ver). — D. derive (substantif ver- 
bal), derivation, dirivatif. 

Derme, du grec Sepjia (peau). 

Dernier, anciennement der- 
renier, derrainier, derive de l'an- 
cien francais derrain (dernier). 
Derrain correspond au L. deretra- 
nus* (denve de de-retro, derriere, 
proprement celui qui marche der- 
riere). Der{e)tranus, contract^ sui- 
vant la regie (voy. accointer) en 
dertfanus, adoucit tr en dr puis 
en rr (voy. arriere), et change a 
en ai (voy. aigle). 

AeVooer, voy. robe. 

Deroger, du L. derogate (de- 
roger). — D. derogation. 

DeVottfer, voy. router. 

Derowte, ancien francais des- 
route, du L. disrupta (de 'disrum- 
pere, disperser une armee en ba- 
taiHe). Sur le changement de dis 
en die", voy. de 1 ; sur celui de u en 
ou, voy. accouder; sur celui de p* 
«a t, voy. acheter. 

DeVotUe**, voy. route. 

Aert*ieve, du L. de retro* (der- 
riere). Pisa if ague turba de retro 
ft ab ante ador antes dicite |Ba- 
iruch, vi, 5.] Pour le changement 
de retro en Here, voy. arri&re. 

Dem 9 article; des, contraction 
de dels, qui reprSsente de les. Voy. 
pour les details ma Grammaire 
historiquede la langue francaise, 
p. 162. 

Des, du L. deipso {tempore, de- 
puis ce temps). De-tyso, contracte 
en d'ijwo, a donnedespar le chan- 
gement 1° de i en e (voy. mettre) ; 
i° dej>s en s (voy. caisse). 

Desaimer, voy. atmer et d£ 

Desappoittte**, voy. dtf. . . . et 
appointer. — D. de'sappointement. 

De*arr>ol , compose de des 
(voy. <#), et de Tancien francais 
arroi (ordre). Vis-arroi equivaut 
done a dts-ordre. Quant au mot 
arroi, e'est un compose de Pancien 



francais rot (comme arranger de 
ranger, arrondir de rond, etc....). 
Roi, qui a dans notre vieille langue 
le sens d'ordre, de mesure (ce der- 
nier sens a persist^ dans pied deroi) 
correspond a la racine italienne 
redo* , au latin du moyen age re- 
dum*, et vient des langues germa- 
niques (suedois reda, mettre en or- 
dre, disposer, arrfcnger). 

f Desastre, venu au seizieme 
siecle de Titalien desastro (desas- 
tre). — D. ddsastreux. 

Mtemavantage, voy. avantage. 

Desavett, voy. aveu. 

Desatxmer, voy. avouer. 

Descef fer, voy. sceUer. 

Descetufpe, du L. descendere 
(meme sens). Sur la chute de Ye 
latin, voy. p. lxxxi. — D. descente 
(substantif participial, voy. ab- 
soute), descendance, redescendre, 
condescendre. 

Descrlptlf, du L. descriptivus 
(m. s.). 

Description, du L. descrip- 
tionem (m. s.). 

Desempavewj voy. emparer. 

Desert, adj. du L. desertus 
(abandon n6). — D. deserter, d&ser- 
teur, desertion. 

Desert, subst. du L. desertum 
(desert). 

Desetpeirew) voy. d£... et es~ 
perer. 

itesespoi*) voy. <tt.... et es- 
poir. 

Desnafeiffef , voy. de".... et 
habiller. 

DesfceVeatce, voy. Jioir. 

Deshonnete, voy. honn&te. 

Deshonneuf) voy. honneur. 

Desfcoatorer, voy, honor er. 

Designer, du L. designate 
(m. s.). — D. designation. 

Desinence, du L. desinentia 
(terminaison). 

DesinteresMet; voy. d<i. ., et 
interesser. — D. d&tWrewemeni 



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DES 



179 



DES 



\ l»6slmroltiire, de l'italien 
disinvoltura (tournure degagge). 

Desir, voy. denrer. 

Besiww, ancien francais di- 
sirrer, du L. desiderate (d&irer). 
Desid{&)rdre contracts suivant la 
regie (voy. accointer) en desiderate 
a donn6 desirer par la reduction de 
dr latin a rr puis a r (voy. arriere). 
— D. d&ir (substantif verbal) ; d4- 
streux, desirable. 

Dealster, du L. desistere. (se 
tenir loin). — D. dtsistement. 

Deiomvrer, voy. cetwre. — 
D. dtsceuvrement, 

l»e*oler, du L. desolari (ra- 
vager). — D. d&oJant, desolation. 

D^aopller, du L. dis-oppUare* 
(deboucber, vider). 

De*otHfomfe, voy. de".... et 
or dormer. 

Desordre* voy. d£... et ordre. 

De*ot*mat0 9 ancien francais 
dis ore mats; ore est le latin hora, 
mats le latin magis (plus) ; des ore 
mats signifie proprement « des 
cette beure en plus, des cette 
heure en avant, aes l'heure pr6- 
sente a plus tard, » c'est-a-dire d 
dater de Vheure prtsente. Pcur l'e- 
tymologie voy. aux mots dds, or, 
et mais. — De m6me dorenavant 
qui etait dans notre ancienne langue 
oVore en avant signifie : de l'heure 

Sresente en avant, a partir de cette 
eure. Pour l'etymologie, voy. aux 
mots de, or> en, et avant. 

Desosser, voy. os, 

Despote, du grec 6e<nc6nr)c 
(maitre), — D. despotique, despo- 
tisme. 

Dessaisir^ voy. saisir. — 
D. dessaisissement. 

Oeffeefter, voy. sicker. — 
D. dessechement. 

0ef«ein, voy. dessin. 

Dessert, voy. desservir.. 

Dessemxtnt, voy. desservir 

~ * , voy. *cmr. -- 



| D. desservant; dessert et desserte 
i (subst. participiaux de desservir; 
| voy. absotUe ; de meme 1'ancien 
1 francais disait le *ert de ser- 

1 ™ r )' 

»eMlecatlon,du L. d€*stcca- 

| tionem (m. s.). 

Dentil let*, sur ce mot que Pan- 
cien francais ecrivait dicrner, voy. 
p. xxrv, e au mot cil. 
I Dentin, voy. dessiner 
! Dessiner) dans Regnier desst- 
fliner, en itahen disegnare, du L. 
designare (tracer, dessicer). — Sur 
le changement de s latin en ss y cf. 
vessie (vesica), pousser (puUare). 
Sur gn devenu n, voy. ass&ner. — 
D. dessin (subst. verbal) ; dessina- 
teur. 

Dentottn,voy. sous. 

Dennc*, voy. sus. 

Destin, voy. desttner. 

Destination, du L. destina- 
tionem (m. s.). 

Destinee, voy. desHner. 

Destlner , du L. destinare 
(m. s.). — D. dirftn (substantif 
verbal), destinte (substantif parti- 
cipial). 

Destltuer, du L. destituere 
(abandonner). — D. destitution. 
j Destrier, cbeval de bataille 
' du chevalier, cheval que Tecuyer 
conduisait a sa droite (dextra) d'ou 
le derive dextrarius qui a le sens 
de cbeval de bataille dans les textes 
du moyen Age : equo ejus mili- 
tari quern dextrarium vocant, 
ablato dit une chronique du on- 
zieme siecle. 

Pour le changement 1° de x en s 
voy. ajouter) 2° de arius en ier f 
voy. dnter. 

Destraeteur, du L. destructor 
(m. s.). 

Destraetlble, du L, destructi- 
bilis (m. s.). — D. indestructible* 

Dentnietlf, du L. destructivus 
(m. s.). 



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DfiT 



180 



DfiV 



Destruction, du L, desiruc- 
tionem (m. s.). 

Desuetude, du L. desuetudo 
(perte d'une habitude). 

Detacher^ voy. attacker, — 
D. ddtachement. 

DetaiUer , voy. tailler. — 
D. detail (subst. verb.), detaillant. 

DetateV) voy. etal. 

Deteindre, voy. teindre. 

Deteler, voy. atteler. 

Ae'fencfre, voy. tendre. — D. 
detente (subst. participial, voy. a& 

tt>Mte.). 

Detenir, du L. detinere (rete- 
nir). Sur le changement: 1° de t 
atone en e, voy. mettre; 2 9 de e en 
*, voy. accomplir. — D. detenu. 

Detenteur, du L. detentorem 
(qui a en sa possession). 

Detention, du L. detentionem 
(m. s.). 

Deterjrer, du L. detergere (net- 
toyer). 

Deterlorer, du L. deteriorate 
(rendre plus mauvais). — D. d&U- 
rioration. 

Determiner, du L. determi- 
nate (fixer). D. determination. 

i>eterrer, voy. terre. 

Deterslf, du L. deter sivus * (de 
detersus, p. p. de detergere, 6va- 
cuer), 

Detester, du L. detestari 
(hb.iT). — D. detestable. 

Dttoner, du L. detonare (ton- 
ner). — D. detonation. 

Detainer, voy. ton, 

Detorquer, du L. detorquere 
(d&ourner). 

Deiow* (fil) , voy. tordre. 

Oetourner, voy. tourner. — 
D. detoux (substantif verbal), <U- 
tournement. 

Detracteur, du L. detractorem 
(qui rabaisse). 

Retraquer, voy. froguer. 

JMii^mper, voy. tremper. — 
^ detrempe (subst, verbal). 



Betvemse, ancien francais des- 
trece, oppression, substantif verbal 
de destrecer qui avait dans notre 
vieille langue le sens d'opjjrewer, 
et repr6sente le L. destrictiare* 
derive, suivant la regie (voy. 
p. xxxii), du participe destrictus 
(oppresse, de destringere, 6trein- 

Destrictiare a donn6 destrecer 
par le changement 1° de ct en t 
(voy. affeU); 2° de tiare en cer 
(voy. agencer) ; 3° de i en « (voy. 
mettre). — Destrece estdevenu aU- 
tresse: 1° par la chute de s (voy. 
abtme); 2° le changement de c en 
ss (voy. agencer). 

Detriment, du L. detrimentum 
(dommage). 

Detroit^ ancien francais des- 
troit, du L. districtus. On trouve 
dans les textes du moyen age dis- 
trictus fluvii (locus ubi fluyius tra- 
jicitur, dit Ducange). Districtus a 
donne ditroit, comme strictus a 
donn6 etroitj par le changement 
1° de disea de, voy. de...; 2° de 
ict en oit, voy. attrait. 

Defi*Mit*e, ancien francais des- 
truire, du L. destruere (dltruire), 

f>ar la chute de s (voy. abtme), et 
e changement de e en t (voy. ac- 
complir). 

DcUe, du L. debita (ce qui est 
du, pi. de debttom) ; sur la chute 
de Ft, detfta voy. p. lxxxi; sur bt 
devenu tt, voy. siyei. — D. endet- 
ter. 

Detfif, voy. douloir. 

Deux, du L. duos (deux), par 
le changement de uo en o (voy. 
p. xc. 1. 22), puis de o en eu (voy. 
cueiMtr); sur s devenu x, cf. epoux 
(sposus *), roua (russus), toua (tow- 
sis), creu* (corrosus*), oiseus 
(otiosus) (et les suffixes en osus 
devenu eux en francais, voy, amou- 
reux). — D. deuxieme. 

Dewier, voy, avaU 



y Google 



DEV 



181 



DfiV 



Detxili«et«, voy. valise. 

Devattcer , voy. devant. — 
, D. devancier. 

Devant, ancien francais do- 
pant (d'avant), compost de de et 
avant (voy. ces mots). — D. de- 
vancer. 

i»evaater,du L. devastate (ra- 
vager). — D. devastation, devas- 
tateur. 

Developper, Catvefoppet*, 
formes d'un radical commun velop, 
dont on ignore i'origine. — D. de- 
veloppement. 

Jleveatir, du L. devenire (arri- 
ver) 

Deve^jpomfe, participe de 
Fancien verbe de'vergonder (perdre 
toute honte), compost lui-m§me 
de di (voy. ce mot), et vergonder 
(avoir honte) qui est le L. verecun- 
dart (avoir de la retenue). Ver(&)~ 
cundari contracte suivant la regie 
(voy. accointer) en vefcundari a 
donne vergonder par le change- 
ment de c en g (voy. adjuger), et 
de u en o (voy. annoncer). — 
D. de'vergondage. 

JDevet**, voy. vers. 

De*ew, du L. dewrsus (in- 
cline). — D. de'verser (une piece 
de bois). 

DeWf«et* , voy. verser. — D. 
dtversoir. 

•Divider, ancien francais des- 
rider, voy. vide. Divider,' devider 
e'est proprement rendre le fuseau 
vide de til. — D. dividoir. 

Deviation, du L. deviationem 
(ecart). 

Devier, ancien francais, des- 
vier, du L. de-ex-viare* (sortir de 
la droitevoie). Voy. aux mots de"... 
et vote. 

DeviM, du L. divinus (devin). 
— D. deviner, devineur, devine- 
resse. 

DevU. substantif verbal de-de- 



vtser (qui signifie dans notre an- 



j ciennelangue repartir, distribuer, 
regler), d'ou le sens du mot devis 
(estimation de toutes les depenses 

Srobables pour la construction 
'un batiment). 
DevUagev , voy. visage. 
ftevfre, substantif verbal de 
deviser (au sens ancien de parta- 
ger) : devise etait a l'origine un 
terme de blason ; on appelait de- 
vise ( e'est-a-dire division), une 
, portion de I'ecu dans laquelle on 
, inscrivait une figure emblemati- 
i que (dite corps de la devise), — et 
| au-dessus une legende, une sen- 
I tence explicative (dite dme de la 
devise) ; cette sentence qui n'etait; 
, qu'une des parties de la devise, ne 
, tarda point a prendre le nom du 
tout. 

Devise* (parler de....), a dans 
| notre ancienne langue le sens de 
regler, de traiter, et vientdu L. 
divisare (regler, repartir, distri- 
i buer- divisare est le frequentatif 
de dxvidere forme a i'aide du par- 
ticipe divisus suivant la regie, 
voy. p. xxxin). 

Sur le changement de i en c, 
voy. admettre. — D. devis, de' 
vise. 
Devisse*^ voy. vis. 
Hevoiemeat*, voy. ddvoyer. 
DevoUei; voy. voile. 
Hevoif , du L. debere (devoir) . 
Pour le changement 1° de b en v, 
voy. avant; 2° de e en of voy. atr 
croire. — D. devoir (subst. verb.). 
Devohi, du L. devolutus (qui 
est attribue,qui revient a). 

Devorer.duL. devorare (m. s.J. 
, Devot, du L. devotus (pieux). 
| — D. devotieux. 

j Devotion, du L. devotionem 

(devotion). 

DeVotfer, du L. devotare (de- 

I vouer) par la chute du t medial 

, (voy. awaye), et le changement 

de o en ou. — D. devouement. 

11 



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DIA 



182 



DIE 



• IMvoyer, voy. vote. — D. dd- 
voiement. 

Dexterity, da L. dexteritatem 
(dexterite). 

Dextre, du L. ctertra (main 
droite). 

Dlaaete, du grec 8ia6iQtTjc (dia- 
bete). 

MHabMe, du L. dta&oiw (le (lia- 
ble), par la chute reguliere de To 
penultieme (voy. p. lxxxi et au 
mot ancre). — D. diablerie, dia- 
blesse, diablotin. 

Dlaaoliqne, du L. diabolicus 
(diabolique) . 

Dlaeonat, du L. diaconatus 
• (m. s. dans saint Jerdme). 

Dlaconesse, du L. diaconis- 
sa (diaconesse, dans saint Je- 
rdme). 

IHaere,ancien francaisdtacni, 
du L, diaconus (diacre, dans Ter- 
tullien). Diac(6)nus, contracte, 
: suivant la regie (voy. p. lxxxi, et 
au mot ancre) en diac'nus, a chan- 
ge n en r (voy. coffre). 

Dlaaeme, du L. diadema 
(m. s.). 

Dlagno»tlc ? substantif de l'ad- 
jectif diagnosttque qui est le grec 
$iaYvw<mx6s (qui sert a reconnai- 
tre). 

Diagonal, du L. diagonalis 
(meme sens) . 

Dlalecte, du L. dialectus (m. 
' s.) — D. dialectal. 

Dlalectlque, du L. dialectica 
(art de diseuter). 

Dialogue, du L. dialogus 
{rn.sX 

MHumant, du L. adamantem 
(diamant) par la chute tres-irregu- 
lierede To initial, et le chan- 
gement de l'o atone en ia. 

Dkuaetre, du grec didjiexpoc 
(diametre). — D. diame'tral , dia- 
mitralemenU 

f Mane, venu au seizieme sie- 
cle de Pespagnol diana (diane). 



Diapason, du L. diapason (oc 

tave). 

Dlaphane, du grec 8iaoavq 
(qui laisse passer la lumiere). 

Dlaphragnie,duL. diaphraa 
ma (m. s.). 

f Dlaprer,aumoyen age dias- 
pnr, verbe forme de Fancien sub- 
stantif diaspre (etoffe de couleur 
bigarree, de couleur jaspee); dias- 

e vient de l'italien diaspro 



S? 



Diarrhea, du L. diarrhoea 
(m. s.). 

Dlatheae, dugrecfiidOt<m (dis- 
position). 

Diatribe, du L. diatriba (dis- 
cussion). 

Dletame, du L. dictamnus 
(m. s.). 

Dletatenr, du L. dictator (dic- 
tateur). — D. dictatorial. 

Dletature, du L. dictatura 
(m. s.). 

Dieter, du L. dictate (dieter) . 
— D. dictie (substantif partici- 
pial). 

Diction, du L. dictionem (ac- 
tion de dire).— D. dictionnatre. 

Dleton, mot latin corrompu 
(dictum, ce que Ton dit). 

Dldaetlqne, du grec 8t8axxi- 
xoc (qui est propre 5 Tenseigne- 
ment). 

Dlerese, du grec foatpe etc (di- 
vision). 

Dleoe, duL. diesis (dies©). — 
D, dUser. 

1. Dlete, assemblee, du L. 
diaeta* (journee. puis assemblee 
reunje a jour fixe; derive de dtea^ 
jour). La meme metaphore se re- 
trouve dans rallemand Tag qui a 
le double sens de journie et de 
diete. 

2. Dlete, du L. diaeta (regime). 
Dlete, dansles serments de 841 

Deo, du L. deus (Dieu). De la for- 
me du neuvieme siecle deo est ve- 



y Google 



DIL 



183 



DIM 



nue la forme moderns dim par le 
changement : 1° de eo en to (voy. 
dbre'ger), puis de o en eu (voy. ac- 
cuctatV. — D. adieu (litterale- 
ment A Dieu), ellipse pour ddieu 
soyez! qui etait la forme complete 
de cette locution dans notre an- 
cienne langue. 
Dlffamer, du L. diffamare 

idiffamer). — D. diff amateur, dif- 
amatoire. 

Difference, du L. differentia 
(m. s.). 

Different, du L. differentem 
different). Differend n'est qu'une 
alteration orthographique de dif- 
ferent 

Dlfferer, du L. differre (tar- 
der, et aussi 6tre different). 

DlfAclle ? du L. difficuis (m. 
s.). — D. dtfftcUement. 

Dlfflculte, du L. difficultatem 
(m. s.). — D. difficultueux. 

f Dlfforme,venuau quinzieme 
siecle de l'italien difforme (m. s.). 

— D. difformite". 

Dlffns, du L. diffusus (re- 
pandu). 

Dlgerer, du L. digerere (di- 
gerer). 

Digestif, du L. digestivus* (di- 
gestif) . 

Digestion, du L. digestionem 
(digestion). 

Dlgltale ? dans le latin des bo- 
tanistes digitalis purpurea (ainsi 
nommee de la forme de sa co- 
rolle). 

Digue, du L. dignus (digne). 

— D. dignement. 

Dlgnlte, du L. dignitatem (di- 
gnite). — D. dignitatre. 

Digression, du L. digressio- 
ns (digression). 

BHguej ancien francais die que, 
mot d'origine germanique (neer- 
landais dyfc, digue). — D. endi- 
guer. 

Dilaplder, du L, dilapidate 



(dilapider). — D. dilapidation, 
dilapidateur. 

Dilator, duL. dilatare (m.s.). 
— D. dilatation. 

' Dllateire, du L. dilatorius (di- 
latoire) . 

Dlleetlon, du L. dilectionem 
(amour) . 

DUenune, du L. dilemma 
(m. s.). 

f Dilettante, de l'italien di- 
lettante (amateur). — D. dUettan- 
tisme. 

Dlllgenee, du L. diligentia 
(m. s.). 

Diligent, du L. dUigentem 
(soigneux). — D. dUigenter. 

Dlluvlen, du L. diluvianus* 
(de diluvium, deluge).— D anti- 
diluvien, 

Dimaitcne, ancien francais 
diemenche, du L. dies-dominica 
(jour du Seigneur, dimanche, dans 
saint Augustin et Tertullien}. Po- 
min(l)ca perdant suivant la re- 
gie son Ipenultieme (voy. p lxxxi), 
devient domin'ca. Die-aominica 
devenu die- domin'ca, perdit son d 
medial die(d)omin t ca (voy. acca- 
bier), et donna le vieux frangais 
diemenche par le changement 1° de 
ca en the (voy. acharner et ache- 
ter) ; 2° de in en en (voy. p. lxxxv), 
puis en an dans la langue mo- 
de rne (voy. p. lxxxv). 

Dtme, anciennement di>me, en 
italien decima. du L. decima 
(dime, dans Varron). D&(I)ma, 
perdant son I suivant la regie 
(voy. p. lxxxi) se contracte en 
dec ma, d'ou disme par le chan- 
gement : 1° de e en i (voy. accom- 
plir);2° dec en* (voy. amitii); 
sur la chute posterieure de *, voy. 
abime. 

Dimension, du L. dimension 
nem (m. s.). 

Dlmlnuer, du L. diminuere 
(diminuer). 



yGoogk 



OIS 



184 



DIS 



Diminution, da L. diminutio- 
nem (m. s.). 

Diode, mot d'origine historique 
(voy. p. lxiv), abreviation pour 
coq oVlnde. — D. dindon, dindon- 
neau. 

Dtttev, anciennement disner, 
dans le latin du neuvieme siecle 
disnare (diner, dans les Glosesdu 
Vatican). L'origine de disnare est 
inconnue. Sur la chute de s, voy. 
ablme. — D. diner (substantif). 

Diocese, du L. diocesis (dio- 
cese dans Tertullien). — D. dioc4~ 
sain, 

Dlphthongue,du L. dipkthon- 
gus (m. s.). 

Diplomat*, voy. dtyldme. — 
D. diplomatic, diplomatique. 

Dlplome, du L. diploma (m 
s). — D. diplomate. 

Dlptyque, duL. diptycha (dip- 
tyoue). 

Dire, du L. dicer e (dire). Di- 
c($)re contracte regulierement 
(voy. p. lxxxi) en dic're est devenu 
dire par la reduction de cr a r 
(voy. be'nir). — D. dire (substan- 
tif) contredire, me , dire y dtdire, 
maudir, be'nir, redire, dit, di- 
seur, diseuse. 

Direct, du L. direetus (direct). 

Dlrecteur, du L. director (de- 
rive de direetus qui dirige). 

Direction, du L. directionem 
(m. s.). 

Dlrectolre, du L. directorium 
(derive de director). 

Dlrlger, du L. dirigere (m. 3.). 

Dlrlmant. du L. dirimere (dis- 
soudre) par le participe dirimen- 
tem. 

Dlscerner, du L. discernere 
(discerner). — D. discernement. 

Disciple, du L. discipulus 
(m. s.). 

Discipline, du L. disciplina 
(m. s.). — D. discipline?, discipli- 
noire. 



Dlneorder, du L. discordare 
(fitre en disaccord). — D. discord 
(substantif verbal), discordant (d'ou 
discordance), 

Dlscorde, du L. discordia 
(m. s.). 

fKscowrit*, du L. discurrere 
(discourir) ; pour les changements 
de lettres,- voy. courir. — D. dts- 
coureur. 

Dlsconrs, du L discursus (dis- 
cours) dans le Code Theodosien. 

Dlseret, du L. discretus (s6- 
par6). 

Discretion, du L. discretionem 
(distinction). — D. discr&ionnaire. 

Dlscolper, du L. disculvare* 
(se disculper, compost de culpare, 
accuser). 

Discussion, du L. discussto* 
nem (discussion). 

Dlseuter, du L. discutere (iu- 
ger, examiner). — D. discutame, , 
indiscutable. 

Dlsert, du L. disertus (Elo- 
quent). 

Disetie, origine inconnue. 
Disgrace, voy. grdce. — D. 
disgracier. 

Dlssractenx, voy. gracieux. 

Disjoindre, du L. disjungere 
(disioindre) ; pour le changement 
de lettres, voy. joindre. 

Dlsjonctlon, du L. disjunction 
nem (m. s.). 

Disloquer, de dis (voy. d4\ et 
locare (placer) ; disloquer veut dire 
proprement deplacer. faire sorlir 
de : disloquer le bras, luxer le bras. 

— D. dislocation. 
DUparaitre^ voy. parattre. 

— D. disparition (forme d'apres 
apparition), 

Disparate, du L. disparatu* 
(disparate, dans Boece). 

Disparition, voy. disparattrs, 

Dlspendleux, du L. dispenr 
diosus (onereux). 

Dispenser {distribuerh du L« 



y Google 



DIS 



185 



DIS 



dispensare (accorder), d'ou lesens 
de dispenser de (accorder la per- 
mission de ne point faire). — D. 
dispense (substantif verbal). 

Dlsperser, du L. dispersare* 
(disperser, derive de dispersus 
part, de dispergere. Voy. p. xxxiii). 

Dispersion, du L. dispersio- 
nem (m. s.). 

Dlsponlble, du L. disponibi- 
lis* (derive de disponere), dis- 
poser. 

DUpos* du L. dispositus (dis- 
pose). Sur la chute deux dernieres 
syllabes atones, voy. p. lxxxi. 

Disposer, voy. poser. — D. 
indisposer. 

Disposition, du L. disposition 
nem (m. s.). — D. disposilif. 

Dlsputer, du L. disputare (dis- 
cuter). — D. dispute (substantif 
verbal). 

Dlsque, duL. discus (m. s.). 

Dissection, du L. dissectio- 
nem (coupe). 

Dlssemlner, du L. dissemi- 
nare (m. s.). 

Dissension, du L. dissensio- 
nem (m. s.). 

Dlssentlment, voy. sentiment. 

Dtssequer, du L. dissecare 
(couper en deux). 

Dissertation, du L. disserta- 
tionem (m. s.) . 

Dlsserter, du L. disserlare 
(m. s.). 

Dlssldenee, du L. dissidentia 
(m. s.). 

Dissident, du L. dissidentem 
(qui differe). 

Dissimulation, du L. dissi- 
mulations (m. s«). — D. dissi- 
mulateur. 

Dlsslmnler, du L. dissimulare 
(m. s.). 

Dlsslpateur, du L. dissipator 
(qui dissipe). 

Dissipation, du L. dissipatio- 
ns (dissipation). 



I Dlsslper, du L dissipate (dis- 
siper)'. 

Dlssolu, du L. dissolutus (dis- 
I solu). 

j Dissolution, du L. dissolution 
nem (dissolution). 
! Dlssolvant,du L. dissolventem 
I (qui dissout). 

| Dlssoner, du L. dissonare (m. 

s.). — D. dissonant j dissonance. 

| MHmsoudre, du L. dissolvere 

\ (dissoudre). Pour le changement 

de solvere ensoudre, voy. absou- 

dre. 

I Dlssuader, du L. dissuadere 
1 (d^tourner de). 

| Dissuasion, du L. dissuasio- 
nem (action de detourner). 
! Distance, du L. distanlia (dis- 
tance). 

Dlstant,duL.dislantem{m.s.). 
| Dlstendre, du L. distendere 
, (Stendre). 

| Distiller, du L. diUillare 
| (tomber goutte a goutte). — D. 
distillateur, distillation. 
I Dlstlnet,duL.dtsltttC*tts(m.s.). 
i Dlstlnctlff, du L. distinctivus 
I (m. s.). 

| Distinction, du L. distinctio- 
ns (m. s.). 

Dlstlnguer, du L. distinguere 
(m. s.). . 

Dlstique, du L. distichon (dis- 
tique). 

Distraction, du L. distractio- 
nem (m. s.). 

Di*ira%re, du L. distrahere 
(separer de). Pour le changement 
de lettres, voy. traire. 

Distrait, du L. distraclus 
(eloigne . de). Sur ct devenu it, 
voy. attrait. 

Dlstrlbuer, du L. distribuere 
(repartir). 

Dlstrlbuteur, du L. distribu- 
tor (m. s.). 

Dlstrlbutlff. du L. distributi- 
vus* (de distribuere). 



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DIX 



186 



DOL 



Distribution, du L. distribu- 
timem (repartition). 

District, du L. du moyen age 
dislriclum (etendue de territoire 
relevant de la ro&ne juridiction). 

DU, voy. dire. 

Dlthyrambe, du L. dithyram- 
bus (m. s.). 

f Dlto, de l'italien detto (dit). 

Diurnal, du L. diurnalis, 
(m. s.). 

Dlnrne, du L. diurnus (de 
jour). 

Divaguer. du L. divagari 
(errer ca et la). 

t Divan, mot d'origine orien- 
tale (arabe dioudnn). 

Dive, du L. diva (divine). 

Dlverger, du L. divergere 
(s'ecarter de). 

Divers, du L. diversus (m. sX 

Dlverslfler, du L. diversip,- 
care* d6riv6 de diversus. 

Diversion, du L. diversionem 
(m. s.). 

Dlverslte, du L> diversitatem 
(diversite). 

Dlvertlr, du L. divertere (d6- 
tourner) . — D. divertissement. 

Dlvldende, du L. dividenda 
(de dividere, repartir). 

Dlvln, du L divinus (m. s.). 

Divination, du L. divinatio- 
nem (m. s.) 

Dlvlnlte, du L. divinitatem 
(m. s.). 

Dlvls, du L. divisus (separe). 
. Diviner, du L. divisarefr&quen- 
tatif de dividere (m. s.). 

Dlvlseur, du L. divisor (m. s.). 

Divisible, du L. divisibilis 

Division, du L. dtvxsionem 
(m s.). 

Divorce, du L.divortium (m s.). 

Dlvulguer, du L. divulgate 
(m. s.). 

IMac, du L. decern (dix) par le 
changement : 1° de e en i (voy. ac- 



; complir) ; 2° de c en x (voy. oroi- 
tit). — D. dizain, disame, di- 

Doelle, du L. docilis (docile). 

Dodllte, du L. docilitatem 
(douceur). 

|Dock ? de l'anglais docile (chan- 
cer maritime). 

Doete, du L. doctus (m. s.). 

Docteur, du L. doctor (m. s.}» 

— D. doctorat. doctoral. 
Doctrine, du L. doctrina (doc- 
trine). 

Document, duL. documentum 
(document). 
Aodtc, origine inconnue 
t Doge, de l'italien doge (doge). 

— D. dog at. 
Dogmatlque, du L. dogmaU- 

cus (m. s.). 

Dogmatiser, du L. dogmati- 
%are (m. s). 

Dogmatlste, du L. dogmatis- 
ms (m. s.). 

»ogme, du L. dogma (dogme). 

t Dogtue, gros chien d 'Angle- 
terre, dit Menage au dix-sep- 
tieme siecle : de l'anglais dog 
(chien). 

Boigt, du L. digitus (doigt). 
Dig{\)tus contract^ suivant la regie 
(voy. p. lxxxi) en dig'tus. a donne" 
doigt par le changement ae t en oi 
(voy. boire). — D. doigter, doig- 
Her. 

Dol, du L. dolus (tromperie, 
fraude) . 

Dofeance, voy. dolent. 

Dofen*, du L dolentem (qui 
souffre). 

Doler, du L. dclare (faconner). 

f Dollar, de l'anglais dollar 
(m. s ). 

f Dolman, mot d'origine ma* 
gyare (hongrois dolman, voy. 
p. lix). 

f Dolmen, mot du patois de la 
basse Bretagne, introduit dans no- 
tre langue, vers la fin du dix-hui- 



y Google 



DOM 



187 



DON 



Heme siecle, et qui est d'origine 
celtique (gafil, tolmen, table de 
pierre). 

Doloire, ancien franc,ais do- 
Uoire, du L. dolatoria (doloire 
dans Vegece : cum securibus et 
dolatoriis). Pour la chute du t 
medial, voy. abbaye ; pour la con- 
traction de doUotre en doloire, 
voy. p. xc. 

Dom, duL. dominus (seigneur), 
qui est deja domnus dans plusieurs 
textes merovingiens. Sur la chute 
de l'i, voy. p. lxxxi. Sur la reduc- 
tion de mn a m. voy. allumer. 

Domaine, du L. dominium 
(propriety) Sur le changement de 
i en at qui se retrouve dans doi- 
gne de digno, voy. marraine. — 
D. domanial. 

f Ddme. venu vers le quinzieme 
siecle de litalien domo (coupole 
d'eglise). 

Domeotlelte, du L. domestici- 
tatem* (m. s.). 

Domentlque, du L. domesticus 
(dela maison). 

Domicile, du L. domicilium 
(m. s.). — D. domiciliaire, domi- 
cilii. 

Domlnateur, du L. dominator 
(m s.). 

Domination, du L. domina- 
tionem (m. s.). 

Domlner , du L. dominari 
(m. s.). 

Dominical, du L. dominicalis 
(derive de dominus, seigneur). 

j- Domino, de l'espagnol do- 
mino (capuchon noir, caraail que 
porte le prfitre). — D. domino (jeu 
compose de pieces d'ivoire dont 
chacune est ornee d'un revetement 
noir, que Ton a compare a un do- 
mino. 

Dommage, voy. au mot dam. 
— D. dommageable, dtdommager, 
endommager. 

Domptet*, du L. domitare 



(dompter) , contracts suivant la re* 
gle (voy. accointer) en dom*tare. 
— D. dompteur, domptable, in* 
domptable. 

Hon, du L. donum (don). — 
D. donation , donateur, dona- 
taire. 

Done, apherese de r ancien fean- 
cais adonc (alors). Adonc est le L. 
ad-tunc (compost de tunc, alors). 
Sur le changement de u en o, voy. 
annoncer. 

Donjon, en provencal dompn- 
hon, du L. du moyen *Age doro- 
nionem (donjon, tour qui com- 
manded qui domine; domnionem 
est contracts de dominionem par 
la chute de Yi, contraction regu- 
liere comme on l'a vu au mot ac- 
cointer. A son tour dominionem 
est un derive de dominium. 

Quant au changement de dom- 
nionem en donjon, il a eu lieu par 
la reduction de mn a m, domionem 
(voy. allumer); par la consonnifi- 
cation de to en jo (voy. abre'ger), et 
le retour de m (domjonem) a n 
(voy. cong€). 

Donner, du L. donate (don- 
ner). — n latin est ici devenu nn, 
comme dans : ennemi (inimicus), 
monnaie (moneta), honneur (hono- 
rem), ordonner (ordinare), tonner 
(tonare) , sonwer (sonare), etonner 
(ex-to«are), t etrenne (strena). — 
D. donnie (subst. participial), don- 
neur. 

Dont, dans Clement Marot 
d'ond, du L. de-wndd d'ou le fran- 
cais avait conserve au dix-septieme 
siecle le sens etymologique ; « Le 
Mont Aventin, dont il l'aurait vu 
faire une horrible descente. » (Cor- 
neille, dans Nic. V, 2). — Sur u 
latin devenu o, voy. annoncer. — 
d {de-unde) est ici devenu t, comme 
dans: souvent (subinde), vert (vi- 
ridis), otage (obsdaticum*). me- 
tayer (medietarius*). 



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DOU 



188 



DOU 



f Donselle, venu au seizieme 
siecle de Pitalien donxella (m. s ). 

f Dorade, venu du provencal 
daurada (dorade). Daurada signi- 
fie proprement dorie , etant le 
participe du verbe provencal dau- 
rar (dorer), qui est le L. deaurare 
(dorer). 

Dopeatatxmtf, voy. disormais. 

Dope**, du L. de-aurare (do- 
rer, dans Seneque) . De-aurare 
regulierement contracts en d'au- 
rare a donne dorer par le chan- 
gement de au en o (voy. alouette). 
— D. doreur, dorer, de" dorer. 

Dopfotep, origine inconnue. 

Doptmip, du L. dormire (m. 
s.). — D. dormeur, dormeuse, en- 
dormir. 

Dorsal, du L. dorsalis * (de 
dorsum, dos). 

Dopfofp, du L. dormitorium 
(chanibre a coucher). Dorm{T)t6- 
rium contracts suivant la regie 
(voy. accointer) en dorm'torium, 
qui est devenu doftorium (sur la 
chute de m, voy. p. xcv), a donne 
dortoir par Tattraction de i (voy. 
chanoine). 

Dob, du L. dossum forme que 
Ton trouve deja pour dorsum 
(dos), dans plusieurs inscriptions 
de 1' Km pi re, Sur ce changement 
de rsens, voy. ch&ne. — D. dos- 
sier. 

Dom, du L. dosis (Hose). — D. 
doser. 

BoMlep, liasse de papiers eti- 
quette au dos (voy. ce mot). 

Dot, du L. dotem (dot)'. — D. 
doter, dotal. 

Dotation, du L. dotationem 
(m. s.). 

Dotfdlpe, du L. dotarium 
(douaire), par la chute du t me- 
dial (voy. abbaye) , le changement 
de o en ou (voy. affouage). — 
D. douairiere (qui jouit d'un 
douaire). 



| Douane, venu vers le quin- 
zieme siecle de l'italien doana, 
forme archaique de dogana (doua- 
ne). — D. douanier. 

Ooufrfe, du L. duplus (dou- 
ble) par le changement: 1° de ti 
en ou (voy. accouder) ; 2° de p 
eno (voy. abeille). — D. doubter, 
dtdoubler, redoubler, doublet, 
doublure. 

| Doublon, venu de i'espagnoi 
doublon (m. s.). 
Doucet, voy. doux. * 
Douceur , du L. dulcorem 
(douceur), par le changement de 
ul en ou (voy. aaneau) et de o en 
eu (voy. accueilhr). — D. douce- 
reux, doucereusement. 

| Douche, venu au seizieme 
siecle de l'italien doccia (conduit). 
— D. doucher. 
JDottef le, voy. douue. 
Douep, du L. dotare (doter): 
, sur la chute du t, voy. abbaye ; 
' sur o devenu ou, voy. affouage. 

Douilfe, cylindre creux, du L. 
ductile * (rigole, gouttiere dans les 
textes du moyen age. On trouve 
I ductilis aquae dans une charte de 
1016). Pour le changement de 
I ductile en douille, voy. au mot an- 
douille. 

Dotfiffef, diminutif de l'an- 
cien francais douille (mou, tendre) 
qui est le L. ductilis (mou) ; pour 
le changement de ductilis en 
douille, voy. andouitte. — D. 
douilletiement. 

Douleicp, du L. dolorem (dou- 

leur). Sur le changement : 1° de o 

accentue en eu, voy. accueillir ; 

2° de o atone en eu, voy. af- 

| fouage. 

DoufoMpeMoe. du L. dolorosus 

I (meme sens) , par le changement : 

1° de osus en euar, voy. amourette; 

2° de o latin atone en ou, voy. af- 

' fouage. 

I DomIoIp (*e), du L. dolere 



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DRA 



189 



DRO 



(eprouver de la douleur) , par le 
changement de o en ou (voy. af- 
fouage) et celui de e en oi (voy. ac- 
croire). — D. deuil, anciennement 
deulj substantif verbal de l'an- 
cienne forme doloir ; sur le chan- 
gement de o en en, voy. ac- 
cueiUir. 

Dowser, en Catalan dubtar, du 
L. dubitare (douter) , par la chute 
reguliere de I, dub (I) tare (voy. 
accointer) , et le changement de u 
en ou (voy. accouder) ; sur la re- 
duction de bt (duo* tare) a t, voyez 
accouder. — D. doute (substan- 
tif verbal), douteux, redouter. 

Dottve, origine inconnue. — 
D. douelle (pour dou-v-elle) ; sur 
Ja chute dut?, voy. aieul. 

DouX) anciennement dous, a 
l'origine dols, du L. dulcis (doux)> 
par le changement de ul en ou 
(voy. agneau), et celui de c en 
j (voy. agencer) . — D. adoucir, 
douce t, doucedtre. 

Douze, du L. duodectm (douze), 
par la contraction reguliere de 
duod(&)cim en duod'cim (voy. 
p. lxxxi), — par la reduction de 
uq latin a o (voy. deux), et par 
celle de d'c a c (voy. adjuger) ; 
par le changement de o en ou 
(voy. affouage), et celui de c en z 
[voy. amtro). — D. douzieme, 
douzaine. 

Doyen, du L. decanus (doyen) 
par la chute du c medial (voy. 
iffouage) , et le changement de e 
3n oi (voy. accroire), de anus en 
3fi (voy. ancien). — D. doyenne 1 . 

Draehme, du L. drachma 
(m. s.). 

f Dragee, venu par l'interme- 
liaire du provencal dragea, de 
'italien treggea (dragee). — D. 
irageoir. 

Mhrageon, pousse, mot d'ori- 
jine germanique (goth. draibjan 
,>ou8ser. 



Dragon, duL. draconem (dra- 
gon); sur le changement de Seng 
voy. adjuger. — D. dragon (cava- 
lier) , dragonne. dragonnade. 

f Drogue, venu de Panglais 
drag (m. s.). — D. draguk, dra- 
gueur. 

f Drainer, venu de l'anglais 
to, drain (dessecher). — D. drai- 
nage. 

Drame, du L. drama (m. s.). 

Drau»atlque,du L. dramaticus 
(m. s.). 

Dramaturge, du grec Spoqia- 
Tovpvo; (m s.). 

th*ap, de dravpum drap, dans 
les Capitulaires de Charlemagne : 
l'origine de drappum est inconnue. 
D. draper, drapier, draperie. 

DtHipeau, qui signifie a l'ori- 
gine ttoffe, guenille, est un dimi- 
nutif de drap. 

Draatlque, du grec $paartx6c 
(qui opere). 

Br^eche, ancien francais dres' 
che, orge concassee, qui est dras- 
cus dans la basse latinite, et vient 
de 1' ancien haut allemand drascan 
(battre le ble en grange). Sur le 
changement de a en e } voy. acheter; 
sur la chute de s. voy. abime. 

J^euer, en italien driztare, 
dirizzare, du L. drictiare* (dres- 
ser, rendre droit, verbe derive de 
drictus droit, forme dont on trou- 
vera l'explication au mot droit). 
Drictiare a donne dresser par le 
changement de ctiare (cciare) en 
sser (voy. agencer) , de t en e (voy. 
admettre). — D. dressoir, redres- 
ser. 

Aniffe, mot d'origine germani- 
que (ancien haut allemand drigil, 
serviteur, garcon). 

f Dragnaan, dans Villehar- 
douin drughemant, en italien dro- 
gomanno, mot d'origine orientale, 
rapporte de Constantinople par les 
croises , qui 1'avaieD* emprunte au 



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DU 



190 



DYS 



grec du moyen age Spayovixavo; 
(intetprete). 

1. Drogue, origine inconnue. 
— D. droguiste, droguer. 

2. Drogue, (jeude la). Origine 
inconnue. 

1. Droit, du L. directum (qui 
a pris le sens de jus, on trouve di- 
rectum facere pour faire droit, 
dans les Formules de Marculfe). 
Directus est deja directus dans les 
textes du latin du moyen age : 
« et ultra hoc debet habere diric- 
tum » ; sur ce changement de e en 
t, voy. accomplir; directum ne 
tarde pas a se contracter en dric- 
tum que Ton trouve au huitieme 
siecle dans les Capitulaires de 
Charlemagne. Et plus per dric- 
tum et legem fecissent. Enfin 
drtctum a donne droit, par le 
changement regulierde ict en ott 
(voy. attrait), comme strictus a 
donne* ^rott. — D. droiture. 

2. Droit, adj. du L. directus 
(droit); pour les changements de 
lettres,voy. droit 1.— D. adroit. 

fDrdle, anciennement drolle, 
mot venu de l'anglais droll (comi- 

2ue). — D. drdlerie , drdlesse, dro- 
itique. 

Dromadalre, du L. dromada- 
rius (derive* de dromadem, cha- 
meau). 

Dft«, mot d'origine eeltique 
(kymr. drud, vigoureux). 

Drulde, du L. druida (prfctre 
chez les Celtes) . — D. druidesse, 
druidisme. 

Drupe, du L. drupa (propre- 
ment olive). 

Dryade, du L. dryadem (m. s.). 

Du, ancien francais deu, a Tori- 
gine del ; cette derniere forme est 
la contraction de de le. Del est en- 
suite devenu deu par l'adoucisse- 
ment de I en u (voy. agneau). 

Hu 9 anciennement deu, parti- 
cipe pass6 de devoir, pris sub- 



stantivement. — On a vu au mot 
boire comment le participe passe 
de debere a ete debutus; pour le 
changement de[b)utus en de«u, puis 
du, voy. boire. — D. d&ment (du 
feminin due et du suffixe ment). 

Dubltatlf , du L. dubttoitvu* 
(m. s.). 

Due, du L. ditcem (chef). — D. 
duche, duchesse (voy. abbesse). 

f Ducat, de l'italien ducato 
(ducat). — • D. ducaton. 

MHtche, voy. due, 

Duchesse, voy. due. 

Ductile, du L. ductUis (duo 
tile). — D. ductUiU. 

f Duegne, de Pespagnol duena 
(gouvernante). 

Duel, du L. dueUum (combat 
dans Horace), — D. duelliste. 

Dulclfler, du L. dulcificare* 
(rendredoux, dulcem). 

ANtie, mot d'origine eeltique 
(irland. dun, colline). 

f Duo, de l'italien duo (deux).- 

Dttpe. origine inconnue. — D. 
duper, auperie, dupeur. 

Dupllcata, mot latin; pi. neu- 
tre de duplicatus, participe de du- 
plicare (doubler). 

Dupllclte, du L. duplicitatem 
(m. s.). 

Dur, du L. durus. — D. du- 
reU (L. duritatem); dur\Uon;dur- 
cir. 

Durer, du L. durare (durer). 
— D.dure'e (substantif participial). 
durant, durable. 

Duvet, du L. dumetum, par 
Tintermediaire d'une forme duoe- 
tum*. voy. p. xcvi. 

Dynantle, du grec Suvacrrefa 
(puissance). 

Dygpepale, du grec 5vaiwj»Ca 
(mauvaise digestion). 

Dyssenterle, du grec Svormt- 
pta (mal d'entrailles). 

Dysurle, du grec ftwoupfo 
(m. s.). 



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£ba 



191 



tfCA 



J?atf , au quinzieme siecle eaue, 
plus anciennement eave, a l'ori- 
gine &?e, du L. aqua (eau). — 
Aqua devenu aqva par la conson- 
nincation de u (voy. jantJter) se 
reduit a at>a par la reduction de 
qv a v (voy. aux mots Janvier et 
suture). — Jt?a donne eve par l'a- 
doucissement jregulier de o en e 
(voy. acheter, ava devenant eve, 
comme faba,sapa deviennent/2t?e, 
seve). — Eve ne tarde point a su- 
bir la diphthongaison de e en ea 
(eave) comme bet est devenu bead 
(d'ou beau par l'adoucissement de 
I enu). — Eave a son tour voca- 
lise la consonne v en u (voy. au- 
rone), d'ou la forme eaue, qui se 
reduit a eau des le seizieme sie- 
cle.^ 

Ebahir, onomatopee, verbe 
forme de I'interjection bah! (voy. 
p. lxv). — D. dbahissement. 

Ebarber, voy. barbe. — D. 
tfoaroum. 

Ebattve, voy. fcatfre. — D. 
6bat (substantif verbal). 

Ebaw 61, interdit au point de 
bGgayer. 2?oau&i est le participe 
de l'ancien verbe loaubt'r. J&au- 
bir c'est rendre baube, comme e/*- 
faroucher est rendre farouche; 
baube (qui veut dire beywe dans 
l'ancien francais) vient du L. bal- 
bus (begue) par l'adoucissement 
de J en u (voy. agnedu.) 

Ebauche*; origine inconnue. 
— D. e'bauche (substantif verbal), 
(bauchoir. 

JEootufi**, rendre baud toil J 



Pour l'gtymologie de baud, voy. 
au mot baudet. 
Eb^ne, du L. ebenus (m. s.). 

— D. ibtnxer, ibeniste, 4b4nuterie. 
Ebiouir, origine inconnue. 

— D. folouissement. 
Eborgtter , voy. borgne. 
Ebotiler^ tomber comme une 

boule; voy. boule. — D. ibvule- 
ment. 

Ebouriffer, origine incon- 
nue. 

Ebranter, voy. branler. — 
D. fbranlement. 

Ebrecher, faire une breche 
(voy. ce mot). 

1 . Ebrouer (s'J, origine incon- 
nue. 

f 2. Ebrouer (laver une piece 
d'etoffe destinee a la teinture), de 
l'allemand bruhen (laver a l'eau 
chaude). 
Ebmiter, voy. bruit. 
Ebullition, du L. ebullitio- 
nem (m. s.). 

MLcachw (presser, ecraser), 
anciennement escacher, compose 
avec prefixe intensitif (ex), de fan- 
cien verbe cacher (presser, fouler), 
dont l'etymologie se trouve a Par- 
ticle cacher (voy. ce mot). 

Ecaiite, ancien francais es- 
caiUe, a Torigine escale, mot d'o- 
rigine germanique (gothique 
scalja ; allemaod schale, ecaille). 
Pour le changement de s initial 
en es, puis en 4, voy. esperer. — 
D. epaitler, tcaillere. 
Ecule % anciennement escale; 



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fiCH 



192 



fiCH 



pour r&ymologie, voy. e'caiUe. — 
D, dealer. 

Ecarlate, anciennement es- 
carlate, mot d'origine orientale 
fpersan scarlat, 6carlate) ; sur sc 
devenu esc puis e"c, voy. esperer. 

Ecat^uiffet*, origine incon- 
nue ; 

MScart, voy. icarter. 

Ecarteler, anciennement es- 
carteler, compose de ex et de car- 
tel; e'carteler e'est mettre en car- 
tel. Cartel est le L. quartettus* 
(quartier, diminutif de quartus, 
quart), tcarteler est done mettre 
en quar tiers. — Sur le change- 
ment de qu latin en c, voy. car. 
— p. e"cartilement. 

Ecarter, anciennement escar- 
ter, mot compose de ex (bors) et 
de carte, tcarter qui n'est a Po- 
rigine qu'un terme de jeu, signifie 
proprement mettre des cartes de 
cote, rejeter des cartes, puis par 
extension, rejeter en general. ~ 
D. 4cart (substantif verbal), icarU % 
e'eartement. 

Eeehymooe, du grec iyxupuo- 
01; (proprement sortie de Thu- 
meur). 

Eccl&riantique, du L. eccle- 
siasticus (m. s.). 

J£cem>ele, voy. cerveUe. 

Echafattd, ancien francais 
etchafaud, eschaafaut, a Torigine 
escadafaut, dont le premier sens 
est estrade de ceremonie (de la- 
quelle on assiste a un tournois, a 
un combat singulier, etc....). Es- 
cadafaut, qui est en Das latin sca- 
dafaltum. est un compose de ex et 
de cadafaltum (echafaudage). — 
Cadafaltum est, en provencal, ca- 
dafalc, en italien catafalco. Cette 
forme catafalco est un compose de 
cata et de falco : cata derive du 
verlie roman catar (voir) dont l'o- 
'Igine est inconnue; falco est d'o- 



rigine germanique, et correspond 
au vieil haut allemand palcho 
(echafaudage, piece de bois). 

Catafalco signifie proprement 
echafaudage d'ou Ton voit, estrade 
de parade. 

Quant au changement de ex- 
cadafaltum* en esrhadafaut, es- 
chaafaut, eschafaut, voy. pour N 
la permutation de c en ch, au 
mot acharner: pour la chute du 
d, voy. accabler; pour la chute de 
*, voy. abime; pour la resolution 
de I en u, voy. agneau. — D. 4cha- 
faudage, ichafauder. 

Echatam, anciennement es- 
chalas, escalas, a l'origine esca- 
tas, du L. ex-caralium*. Cara- 
tium (qui a le sens d'6chalas dans 
la Lex Longobardorum : « Si quis 
palum, quod est carratium, de 
vite tuierit, ») derive du grec 
yapai (echalas). 

Ex-caratium a donng escaras, 
puis eschalas, par le changement : 
1° de c en ch (voy. acharner); 2° de 
r en I (voy. autel); 3° de * en s 
(voy. ajouter). 

Echatvte, anciennement w- 
chalote, corruption de eschalone, 
escalone, qui est la forme fran- 
chise du moyen age. Escalone est 
le L. ascalonia (echalote, dans 
Pline)~ Sur le changement 1° de a 
initial en e, voy. acheter; 2° de c 
en ch.. voy. acharner; 3° sur la 
chute ae s, voy. abime. 

Echancrer, tailler en forme 
de chancre (de croissant) . Chancre 
est le L. cancrum (proprement 
ticrevisse, puis croissant d^pres la 
forme de Fecrevisse). Sur le chan- 
gement de c en ch, voy. acharner. 
— D. ichancrure. 

Echanger, voy. changer. — 
D. Change (subst verbal); e'ehan- 
geable, ichangiste. 

Eefcaauoat, ancien francais 



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fiCH 



193 



ten 



eschancon, du L. scantionem* i 
(echanson dans les Lois Barbares. ' 
Scantio derive de I'ancien haut &1- , 
lemand scenco, echanson). 

Scantionem a donne e'ehanson ' 
par le changement 1° de * initial 
en es, puis 4 (voy. espe'rer); 
2* de cench, voy. acharner ; 3" de 
U en c, puis * (voy. agencer). 

Mchantitlon, diminutif de 
I'ancien francais e'chantil; e'chan- 
til, qui e?t a l'origine eschantil, 
escantil, est un compose de ex, et 
de I'ancien francais cant (coin, j 
morceau), derive lui-m6me du L. 
canthus (coin). Sur le change- 
ment de c latin en ch, voy. achar- 
ner.— D. tchantillonner. 

Mtchapper, anciennement es~ 
chaver, escaper, proprement sor- , 
tir ae la cape (du raantcau), dou, 
par extension, s'enfuir; une meta- 
phore analogue existe dans le grec 
CxSueffxai (fuir, s'echapper, qui 
signifie proprement se deshabiller, 
se depouiller, sur cette analogie 
des mStaphores, voy. p. xxvi). 

Ce qui confirme cette ori- 
gine, c est que l'italien possede , 
les deux verbes scappare (echap- 

Ser), forme de cappa, manteau, et 
e ex ( hors de) ; et incappare 
(tomber dans), forme de cappa et 
de in (dans). — D. echappe'e (sub- 
stantia verbal); ichappement ; , 
ichappatoire. \ 

itc hat/iie, piquant de char- j 
don ; tcharde, dans I'ancien fran- | 
cais escharde, est un compose de 
ex et de charde, qui represente le 
L. carduus (chardon); pour le ' 
changement de c en ch, voy. achar- 
ner. 

kLehavpe , au moyen age 
prande bourse que les pelerins por- 
taient suspendue au cou : Joinville 
parle d'un pelerin qui mettait dans 
« son escharpe grant foison d'or et 



d 'argent » : plus tard le mot 
^c/iarpen'aplus servi qu'a designer 
la bande d'etoffe, a laquelle etait 
suspendue la bourse, l'6charpe pro- 
prement dite. Sur ce displacement 
de sens, voy. p. xxu. — tcharpe, 
ancien francais escharpe, escherpe 
est un mot d'ongine ger mania ue 
(vieil haut allemand scherbe pocne, 
bourse). 

Ce mot allemand a donne dans la 
latinite" du moyen age, un type 
Scarpa*, duquel est venu le dimi- 
nutif scarpicella* (proprement pe- 
tite bourse). Scarp(i)cella a donne 
le francais escarcelle (bourse) par 
la chute reguliere de 11 (voy. ac- 
cointer), d'oii scarp : cella, — et par 
le changement: 1° de sc initial en 
esc; 2° de pc en c (voy. caisse). 

MLchavper , forme secondai- 
re (avec changement de conju- 
gaison) de I'ancien verbe e'eharpir, 
mettre en pieces: e'eharpir, a l'ori- 
gine escharpir est le L. excarpere 
(compose de carpere, couper, met- 
tre en morceaux); sur le change- 
ment: 1° de c en ch, voy. achar- 
ner ; 2° de e en i, voy. accomphr. 

Echamsc, ancien frangais es- 
chace, mot aborigine germanique 
(vieux flamand schcetse, echasse) ; 
sur le changement de sch, en esch, 
puis e'eh, voy. espirer — D. tchas- 
sier. 

Echauder, anciennement es- 
chauder, du L. excaldare (6chauder 
dans Apicius) par le changement : 
1° de c en ch (voy. acharner) ; 2° de 
al en at* (voy. agneau). — D. ichau- 
de',e'chaudoir. 

Echauffew, voy. chauffer. — 
D. e'ehauffement; re'ehauffer. 

Ccfcatf /fbtc fee, substantif par- 
ticipial de I'ancien verbe echauf~ 
fourer, compose de ex et de I'ancien 
francais chauffower dont 1'origioe 
est inconnue, 



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ten 



194 



fiCL 



Echawler, voy. ehauler. 

Eche, (amorce) ancien francais 
esche, du L. esea (amorce) par le 
changement de ca en che (voy. 
acharner et acheter), et par la 
chute de s (voy. ablme). 

Echeance, voy. tchoir. 

Echec*) ancien francais eschac ; 
# jeu et le nom du jeu sont d'ori- 
gine orientate (persan schah dont 
le sens propre est roi, le jeu ayant 
tir6 son nom de la principale piece. 
De la locution sckach-mat qui veut 
dire en persan le roi est mort t est 
venue Pexpression tehee et mat). 

— D. tehee (au sens dedefaite, sens 
qui provient de la locution : tenir 
en echec, donner echec) , tchiquier. 

Echelle, ancien francais es- 
chele, du L. scala (echelle) par le 
changement : 1° de c en eh (voy. 
aeharnfir);2° desch initial enesch, 
puis tch (voy. esverer); 3° de a en 
e (voy. acheter). — D. tchelon, 
tchelonner. 

Eeheveau , ancien frangais 
echevel (sur el devenu eau, voy. 
agneau). Echevel est le substantif 
verbal d'tcheveler (voy. tcheveli). 

MScheveie, part, de l'ancien 
verbe tcheveler (voy. cheveu). 

Echevin, anciennement esche- 
vin, en i tali en scabino, du L. sca- 
binus* (juge, dans les textes carlo- 
vingiens; scabinus est d'origine 
germanique et derive de l'ancien 
haut allemand skepeno qui a le 
meme sens) . Scabinus est devenu 
tchevin par le changement: 1° de 
ea en che (voy. acharner et ache- 
ter) ; 2° de sc en esc puis ie (voy. 
esptrer) ; 3° de b en t? (voy. avant). 

— D. tchevinage, tchevinal. 
Echine, anciennement eschine, 

en provencal esquina, d'origine 
germanique (ancien haut allemand 
skina, epine ; l'echine etant pro- 
^rement repine dor sale). 



[ Echiqwicr , voy. Icftec*. 

Beho, duL. ecfeo (m.s.). 

JScfcolf, anciennement eschoir, 
duL. arcaaere* (ecjioir) ; pour le 
changement de cadere en c/wtr, 
voy. choir. — D. tchtant, part, 
pres. (djod le substantif ichtance). 

1. Echoppe, burin; origine 
inconnue. 

2. Echoppe , anciennement 
eschoppe, de 1 'allemand schoppen 
(boutique) : sur la preposition oVuo 
e, voy. espirer. 

^Echouer, origine inconnue. 
£cfa6otfMe*, origine inconnue. " 

Eclair, substantif verbal de 
centra*. 

Eclaircir, voy. cfcm*. — D. 
tclaircie (subst. participial), tfcZcwr- 
cissement. 

Eclairer, anciennement es- 
clairer r du L. exclarare (eclairer) 
par le changement de a en at (voy. 
aiflfie), de s en s (voy. qjouter), et 
la chute de * (voy abtme). — D. 
tclair^clairage, tclaireur. 

Eclanche, origine inconnue. 

Eclat, voy. tclater. 

Eciatew, le sens propre est 
rompre, voler en e'clats; d'origine 
germanique (vieil haut allemand 
sUeizan, rompre, devenu skleitan) y 
d'ou l'ancien francais esclater, puis 
tclater). — D. tclat , Matant. 

^electlque, du grec exXsxtixoc 
(qui choisit). — D. tclectisme 

selipse 9 du L. ecUpsis (eclipse). 
— D. tclipser. 

Eellptlque, du L. eclipticus 
(qin concerne les eclipses). 

Eclisse , compose de clisse 
morceau de bois fendu, mot d'o- 
rigine germanique (ancien haut al- 
lemand kliozan, fendre). * 

£cfopf»e,voy. clopin-clopant. 

Eclore, anciennement esclore 
du L. ex-claudere * (la forme com- 



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SCO 



195 



fiGR 



osee ex-daudere'& le sensd'&tore ; 
n trouve souvent dans Columella 
tcludere ova pour faire eclore des 
jufs). Sur le cnangement de ciau- 
ere en c/ore, voy, ciore. Surce- 
li de x en s, voy. ajouter. — D. 
clos, tclosion. 

Ectfsc* anciennement escluse, 
n espagnol esclusa, du L. exclusa 
)roprement eau retenue, arretee. 
Ixctusa aqua au sens (feci use est 
ans Fortunat, et dans plusieurs 
jxtes merovingiens; exclusa est 
eja sclusa au huitiemesiecledans 
i Lex Salica « si quis sclusam de 
lolendino alieno rumperit. ») 

Sur le cnangement de x en s. 
oy. ajouter; sur la chute de 5, 
oy. abime. — D. busier, 4clu- 

JEcofe, anciennement wcole, 
u L. *c/iota (ecole) par le change- 
aent : 1° de ch en c (voy. p. xcix); 
:° de sc initial en esc, puis <fc (voy. 
sparer), — D. e'coliet. 

iconome, du L. oeconomus 
eponome dans le Code Theodo- 
ien). — D. dconomie, tconomiser, 
conomiste. 

^conomlque, du L. oeconomir 
ms ,(regulier) dans Quintilien. 

£corce, anciennement escorce, 
m. italien scorza, au septieme sie- 
;le scorzia dans le Vocabulaire 
le Saint-Gall, du L. excorticea* 
(denve de corticem, ecorce). Sur 
ex devenu i, voy. icluse; sur cor- 
t{\)cea devenu corfcea voy. p. lxxxi; 
sur cortcea devenu cortcta puis 
wrce, voy. agencer. — D. e'corcer. 

scorcher, anciennement es- 
con/ier, du L. excorticate (6ter le 
torticem, i'enveloppe, puis dans la 
Loi Salique, excorticate a le sens 
d'enlever le cuir, la peau des ani- 
maux). Excorticate est deja scorti- 
cate dans les Capitulaires de Char- 
lemagne: « anted flageUatus et 
scurticatus. » 



Excor(tf)cdre, contract* suivant 
la regie (voy. accointer) en excort- 
care, excofcare a donne escorcher 
par le changement : 1° de x en s 
(voy. ajouter); 2° de ca en c/te(voy. 
acharner et oc/ie(«r). — D. ecor- 
cheuty e'corchure. 

JEcotften , voy. corvie. — D. 
icornifler. 

JbcofMt/fef, voy. e'comer. — 
D. ecornifleur. 

£eoMer, voy. cotte. 

1. £cot, branche d'arbre, an- 
cien francais efcot, mot d'origine 
germanique (vieux norois sfcot 
meme sens) , 

2. JSco* 9 anciennement escot 
(quote-part), mot d'origine germa- 
nique (anglais scot contribu- 
tion). 

Iteotffen 9 anciennement escoit- 
fer, du L. excolare (ecouler, dans 
une version latine de la Bible) : sur 
a? devenu * (voy. ajouter); sur la 
chute de s , voy. aMme ; sur o de- 
venu ou, voy. affouage. — D. ^cot*- 

l&cowtet*, voy. court. 

1. Eeautej voy. ecotiter. 

2. Eeaute (cordage), ancien- 
nement escoute, mot d'origine ger- 
manique (suedois rtot, m. s.J. 

JEcotftiffe, origine inconnue. 

Eeouvette, balai, diminutif 
d'lcouve* ancicn francais escouve 
qui est le L. scopa (balai) par le 
changement: 1° de sc initial en 
esc, puis e'c (voy. esp^rer) ; 2° de o 
en om (voy. affouage) ; 3° de p en b, 
puis en u (voy. arriver) . Un autre 
diminutif d'e'couve est e'couvillon 
(balai ayant la forme d'un tampon 
pour nettoyer Tame des ca- 
nons). 

Ecouvitton, voy. icouvette* 

Ecran, anciennement e$ctart f 
origine inconnue. 



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fiCR 



196 



ficu 



JE©t»a#ef ? anciennement escra- 
*er, compose d'un radical eraser 

2ui est d'origine germanique (sue- 
ois krasa, broyer, ecraser). — D. 
e\crasement 

Ecrevtste, au treizieme sie- 
cle crevice, de l'ancien haut alle- 
mand krebix (6crevisse). 

Eerier (s'), voy. crier. 

Ecrin, anciennement escrin, 
du L. sennium (ecrin), par le 
changement de sc en esc, puis ec 
(voy. esp4rer\ 

Ecrire. anciennement escrire, 
du L. senbere (ecrire), par la 
chute r^guliere de Ve* penultieme, 
scriVre (voy. p. lxxxi) : — par le 
changement de br en r (voy. boire) , 
et de sc en esc, puis ic (voy. espe"- 
rer) — D. tcriveur, dcrivassier. 

Eerit^ anciennement escrit , 
du L. scriptum (ecrit) : sur le 
changement de scri en e'en, voy. 
ecrire; sur pt devenu t, voy. ac/ie- 
ler. — D. ecriteau. 

Ecritoire, du L. scriptorium 
(6critoire). Pourle changement de 
script... en tent.... voy. ecrt'i; pour 
celui de o en oi voy. c/wmome. 

Xcfiticre, du L. scriptura 
ecri|ure) ; pour le changement de 
script... .en tent... voy. ierit. 

Ecrfoaitt, du L. scribanw * 
(e'en vain, derive de scriba, scribe) : 
pour le cnangemantr 1° de scri.... 
en icri.... voy. e'erit; 2° de bent?, 
voy. avant ; 3° de anus en am 
voy. ancien. 

1 . JScpom (trou pour insurer une 
vis), anciennement escrou, du L. 
scrobem (trou), par le changement: 
1 # de «c initial en esc, puis ec 
(voy. espirer) ; 2* de o en ou (voy. 
affouage) ; 3° par la chute du b 
medial (voy. aooyer). 

2> ^erou, registre de prison, 
voy, tcrouer. 



Ecrouer, origine inconnue. 
— D. e'erou (substantif verbal). 

EcroueUes , anciennement 
escrouelles , du L scrofella * 
(ecrouelle : forme secondaire de 
scrofula) : sur la chute de f voy. 
anttenne ; sur o devenu ow, voy. 
affouage ; sur sc devenu esc puis 

i 4c j voy. esp&rer. 

\ Ecrouir. origine inconnue. 

! Ecr owler, voy. crotiJer. — D. 

| ecrouJemen*. 

£erN, compose de cru (voy. ce 

' mot) : le cuir icru est ce que les 
Romains nommaient crudum sco- 
rium (cuir qui n'a point encore 
ete* tanne, proprement cuir cru). 
Ecu (bouclier), anciennement 
escu, a Forigine escut, du L. scu- 
tum (bouclier), par le changement 
de sc en esc puis ic (voy. esperer), 
et par la chute du t (voy. aigu). 
La monnaie qui portait, en ecu de 
biason, les trois fleurs de lis, a 6te 
dite icu. — D. icusson (proprement 

• petit ecu, scutionem* ; sur ti de- 
venu ss t voy. agencer). 

I JEctieif, anciennement escueil. 

I du L. scopwitis (ecueil), par lacon- 

1 traction r6guliere (voy. p. lxxxi) 
en scop'lus et le changement : 

, 1* de pi en il (voy. p. xevi) ; 2°de 
o en ue (voy. accueiUir) -, 3 # de 
sc en 4c (voy. esperer). 

I Ecuelle, ancien francais e*- 
ctiei/«, en provencai etcudela, du 
L. scutella (ecuelle), par la chute 
du I medial et le changement de 
sc en esc puis ec (voy. esperer). 

! JEcwIer, voy. cut. 

JEctfme* anciennement fscutne, 
d'origine germanique ( ancien 

l haut allemand scam, ecume). — 

In. ecumer , e'eumeuas, dcumeur , 

I icumoxre. 

I £cwt*er, voy. cwrer. — D. rev 

icurer. 



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197 



EPF 



Cctfneuif, anciennement w- 
cureuil, du L. murtotttf (diminu- 
tif de sciurus, ecureuil), par le 
changement: 1* de iolus en euil 
(voy. aieul) ; 2° de sc initial en esc 
puis & (voy. espe'rer). 

.fectffie, anciennement escw- 
ne ? du latin merovigiea scuria (Si 
quis scuriam cum animalibus in- 
cenderit, dit la Loi Salique), p*r 
le changement de sc en esc puis & 
(voy. espe'rer). Quant a scurta, il 
est d'origine germanique (vieil 
haut allemand skura, ecurie) . 

£cwmon, voy. &u. — D. &t«- 
sonner (grefler, insurer un morceau 
d'ecorce en forme d'ecusson). 

Ecttyer , anciennement es- 
cuyer, en provencal escudier, en 
italien scudiere, du L. scutarius * 
(celui qui porte le scutum, l'6cu 
(Tun chevalier), — par la chute 
du t m6dial (v- y. abbaye) , et le 
changement . 1* de arius en ier 
(voy. tinier)) ; 2° de sc en esc puis 
4c (voy. espirer). — D. tcuyere. 

Eden, du L. Eden (paradis ter- 
restre, dans saint J6r6me). 

Edenter, voy. dent. 

^dlflcateur, du L. aedificator 
(m. s.). 

Edification, du L. aedificatio- 
nem (m. s.). 

Edifice, du L. aedificium (meme 
• sens). 

Eaifler,du L. aedificare (m. s.). 

Edlle, du L. aedilis (m s.). 

E^llllte , du L. aedilitatem 
(m ; s.). 

Edit, du L. edictum (m. s.). Sur 
ct devenu t, voy. a/f^, 

Ed Iter, du L. editare fr£quen- 
tatif de edere (publier). 

Editeur. du L. editor (deriv6 
de edere puolier). j 

Edition, du L. editionem (edi- ! 
tion). i 



f Edredon , anciennem«nt 
ederdon, de l'allemand eiderdune 
(6dredon). 

Education, du L. educationem 
(m y s.). 

Eduleorer. donner de la duU 
corem, de la douceur. 

Efface*, voy. face (le sens ori- 
ginaire est . faire disparaitre une 
face y une figure, al'aidederatures). 
— D effacable, ineffagable, effa- 
cement. 

Effarer, du L. efferare (effarou- 
cher, par le changement de e en a 
(voy. amender). 

Effarowcher, voy. farouche. 

Effectlf, du L. effecttvus (qui 
exprime un effet). 

Effectuer, du L effecluare * 
(derive de effectus, effet). 

Effemlner, du L. effeminate 
(m. s.). 

Effervescent, du L. efferves- 
centem (qui entre en 6bullition). 

Effet, du. L. effectum (m, s); 
sur et devenu /, voy. affiti. 

EfAeace, du L efficacem (m. s.). 

EfAcaclte , du L. efficacitatem 
(m. s.). 

Efficient j du L. ef/icientem 
(m.s.). , 

Efflgle, du L. effigtem (m. s h 

£/gle, Efllier, voy/ fiL 

JEJflfocner, voy. jiloche, 

Efftanquer* voy. /tone. 

Efflewvev, voy /four. 

Efflorescent, du L. efflores- 
centem (m,s). 

Efflorescence, du L. efflores- 
centia (derive" de efflorescentem ef- 
florescent). 

EffluYe, du L. effluvium (ecou- 
Jeraent). 

Effondrer, voy. /bnd , — D. 
e/fondranent. 

Effbvcev, voy. forcer, — D. 
e/for* (substantif verbal). 

Effracteur, du L. effractorem 
(m. sJ. 



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£gl 



198 



SLA 



Effraction, du L. effraction 
nem* (m. s.). 

Affrayer, anciennement ef- 
froyer, esfroyer , en provencal 
esfreidar, du L. exfrigidare* (com- 
pose de frigidus, froid; propre- 
ment glacer d'effroi). 

Exfrig(l)ddre contracts suivant 
la regie (voy. accointer) en exfri- 
g'dare, a redui t le gd a d (voy. aman- 
de); exfridare a donne esfroyer par 
le changement : 1° de * en s (voy. 
ajouter) ; 2° de i en oi (voy. boire); 
3° par la chute du d meaial (voy. 
accabler ; puis effroyer par la 
chute de s (voy. ablme) ; et ef- 
frayer par le changement de oi en 
<u (voy. accroite) . — D. de l'an- 
cienne forme effroyer : 1° effroi 
(substantif verbal) ; 2° effroyable, 

Effrene, du L. efjrenatus (ef- 
frene) , par le changement de atus 
en ^ (voy. ampouU). 

Effroi, voy. effrayer 

Effronte, voy. /Von*. — D. 
e/Jhmtme. 

Effroyable, voy. effrayer. 

Effusion 4 du L. effusionem 
(m.s.). 

Egal, du L. aequalis (igel) par 
le changement 1° de ae en e (voy. 
p. lxxxvi) ; 2° de gu en g (voy, 
aigle).— D. tgaler, tgaliser, e'gar- 
liti, egalitaire. 

Eg a*Hi, voy. garder. 

Egarer, voy. garer.— D. ^pa- 
rementy fyari. 

Egayer, voy. gat. 

Egide, du L. aegidem (m. 8.). 

JSgfaatrfet*, anciennement at- 
glentier, proprement couvert d'at- 
glents, d'epines; aiglent est le L. 
aculentu** (derive* de aculeus, ai- 
guillon). i4c(tt)krrtu* contract^ 
suivant la regie (voy. accointer), 
en ac'lentu* a donne aiglent par 
le changement : 1° de cl en gl (voy. 
aiflk); 2° de a en at (voy. atgrle). 



Aiglant a donne" enfrancais deux 
derives: l a aigftonfier (aujourd'hui 
tqlantier); 2° atgrZantine (aujour- 
d'hui Eglantine). 

Egtaniine, voy. atgfant. 

Egiise, du L. ecclesia (eglise) 
par le changement 1° de e en t 
(f oy. accomplir) ; 2° de ci en gl 
(voy. aigfte). 

Eglogue, du L. ecloga (poesies 
fugitives). 

EgoYsme, derive de epo (moi). 

— D. e'goiste. 

Egorger, voy. flfOTflfe. — D. 
fyorgement, e'gorgeur. 

Egomiller, voy. gosier. 

Egowt, voy. igoutter. — D. 
igoutier. 

Egoutter, voy. gfoutte. — D. 
Igroul (substantif verbal). 

Eg r aligner, voy. gratter. — 
D. e'gratignure. 

Egwene*! anciennement Igrrat- 
n«r, voy. grain. 

EgtHUawnt^ origine inconnue. 

f Egri*er ? compose d'un radi- 
cal grise* qui est l'aliemand gries 
(gravier). Ve'gnsie est la poudre 
meme du diamant, que Ton em- 
ploie pour polir cette pierre. 

Ehonte, voy. honte. 

Ejaculation, du L. ejactUatio- 
nem* (m. s.). 

Elaboration, du L. elabora- 
tionem On* s.). 

^laborer, du L. eldborare(&\&- 
borer). 

Etaguer* mot d'origine ger- 
manique (holl. laken, retrancher). 

— D. Mag age. 

1. JEf an, voy. ilancer. 

2. f^lan,espfece de cerf, de l'al- 
iemand elenn (elan). 

Etancer. v, lancer. — D. ilan 
(subst. verbal), Mance", e'lancement. 



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199 



£ma 



ttluvyir, voy. large, — D. 
eiargusement. 

EhMtlque, du grec SXoumxo;, 
(qui a la faculty de pousser). — 
D. elasticity . 

f Eldorado, de i'espagnol el- 
dorado (pays enchante). 

Electeur, du L. elector (m.s.). 
— f). electoral, electorate 

Electlf, du L. electivus*, denv6 
de electus (voy. Mire). 

Election, du L. electionem 
(m. s.) . 

Etectrlque, du L. electrum 
(ambre).— D. eiectricite", dlectriser. 

Electualre, du L. electuarium 
(electuaire). 

Elegance, du L. elegantia 
(nv s ). 

Elegant, du L. ekgantem 
(m.s.). 

Eleglaque, du L. elegiacus 
(m ; s.). 

Elegle, du L. etegria (m. s.). 

Element, du L. elementum (m. 
s.). -— D. eiemerUaire. 

Elephant, du L. elephantem 
(m.ji.). 

Mieve, voy. Iteoer. 

Etever, voy. /ever. — D. #&e 
(subst. verbal); eieve, elevation, 
ileveur, elevage. 

Ellder, du L. elidere (6iider). 

Eligible, du L. eligibilis (m. 
s.). — D. eiigibilite*. 

Etitner, voy. fcmer. 

Ellmliier , du L. eliminare 
ffaire sortir). — D. elimination, j 

JEfine, du L. cZigere (choisir, 
briery elire), Pour le changement 
de Itgere en fcre, voy. accueiUir. ' 
•- Eligere signifiant en latin 
choisir, trier, l'ancien francais ! 
elire eut aussi cette signification 
qui a persists dans l'ancien parti* 
cipe elite, anciennement participe 
passe* d' elire, aujourd'hui substan- 



tia et qui signifie proprement ce 
qui a e'te trie , choisi. tlite repr6- 
sente le L. electa (ce qui est choisi, 
ce qui est superieur). Sur le chan- 
gement : 1° de e en t, voy. accom- 
plir; 2° de ct en t, voy. affete. 

Elision, du L. elisionem (Eli- 
sion). 

£fite, voy. Hire, 

f jfcllxirjmotd'origine orientale, 
comme beaucoup de termes d'al- 
chimie. 

tlixir repr6sente Farabe al-ak- 
sir (quintessence). 

Eile, du L. ilia (elle), par le 
changement de t en e , voy. ad- 
meUre. 

Ellebore, du L. elleborum 
(m. s.). 

Ellipse, du L. ellipsis (meme 
sens, dans Priscien). — D. ellip- 
tique. 

Elocution, du L. elocutionern 
(m s.). 

Eloge, du L. elogium (epita- 
phe). — D. elogieux* 

Eioigner, voy, loin. — D. 
eioignement 

Eloquence, du L. eloquentia 
(m.^s.). 

Eloquent, du L. eloquentem 
(qui a le talent de la parole). 

Eluclder, du L, elucidare (an- 
noncer). 

Elucubratlon, du L. elucu- 
brationem (m. s.). 

^luder, du L. eludere (m. s.). 

Elysee, du L. elysium (61ys6e). 

JEmaif, anciennement esmail, 
en italien smalto, mot d'origine 
germanique (ancienhaut allemand 
smalti ce qui est fondu, qui a subi 
la fusion); sur le changement de 
sm en esm, puis em, , voy. esperer) . 
— D. emailler, emailleur. 

Emancipation, du Li emamr . 
cipationem (m. s.). 



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EMB 



200 



EMB 



Emanclper, du L. emancipate 
(m.s). 

Emaner, du L emanare (m. 
sens). — D. emanation. 

JEittarjyer, voy. marge. — D. 
tmnrgement. 

EmbaUer. voy. balle. — D. 
emballage, emballeur. 

f Embarcad^re, a l'origine 
lieu ou Ton s'embarque ? de l'espa- 
gnol embarcadero (quai d'embar- 
quement). 

f Embareatlon, de l'espagnol 
embarcacion (m. s.). 

f Embargo, de l'espagnol em- 
bargo (saisie). 

Embarqwer, voy. barque. — 
D. embarquement. 

EmbarraMMery dtbarrasser , 
compose* du radical barras* (qui 
est aussi en espagnoi barras, per- 
che, gaule), d'oii le verbe barras- 
ser* (qui vient de barras* comme 
barrer de barre).— Quant au mot 
barras* il derive de barre (voy. ce 
mot. — D. embarras (substintif 
verbal d'embarraser. 

JEntfrattelier, voy. de'baucher. 
— D. embauchage, embaucheur. 

Embaumer* voy. baume. — 
D. embaumeur, embaumement. 

Cittfrellif, voy. beau. — D 
embellissemeni. 

Emblaver* ensemencer une 
terre en bl6, du L. imbladare* 
(ensemencer une terre en bladum, 
en bU: voy. ce mot. Imbladare 
est frequent dans les textes du 
moyen age, et a egalement donne 
naissance al'italien imbiadare qui 
est le correspondent d t emblaver). 
Imbla (d) are par la chute du d mi- 
dial (voy. accabler), ^intercalation 
d'un v euphonique (voy. corvee), le 
cbangement de i en e (voy. ad- 
mettre) a donne emblaver. — D. 
emblavure. 

Embiee (d'), c'est-a-dire du 
premier coup; locution adverbiale 



composee de de et de embUe, sub- 
stantif participial d'embler qui si- 
gmfie voter dans notre ancienne 
langue, et qui est le L. involare 
(voler) qui est xmbolare dans les 
Lois Barbares. Pourle changement 
de involare en imbolare, voy. 6o- 
chelier; pour la contraction de 
imb{6)lare en imbV lare puis em- 
bier, voy. accotnter. Sur i devenu 
e, voy. admettre. 

Emblematlque, voy. embleme. 

Bmbl^me. du L emblema (or- 
nement en relief).— D. emblema- 
tique. 

JEmfroife, voy„ fcotre. 

EmboUer, voy. bolte. 

JEmfroatpoitttf, anciennement 
en oon point (en bon 6tat) voy. 
point. 

Embower, compose de en et 
de bosse (nom de certains cor- 
dages de navire).— D. emboss age. 

Emboucher, voy. bouche. — 
D. embouchure, embouchoir. 

Embourber, voy. bourbe. 

Entbvanchemenij derive" de 
embrancher (compose de en et de 
branche, voy. ce mot). 

Embraser. voy. braise. — D. 
embrasement, embrasure (a l'ori- 
gine terme de fortification, fen&re 
6troite pratiquee dans un parapet 
pour laisser passer le canon, pro- . 
prement fenfctre d'ou Ton embrase 
le canon. 

Embra—er, ancien frangais 
embracer, proprement prendre 
dans sa brace (serrer dans ses 
bras) \ pour l'explication et l'ety- 
mologie de l'ancien frangais brace, 
voy. au mot bras. — D. embrasse-* 
ment, embrassade, embrasse (subst. 
verbal). 

Embrtisures voy. embraser. 

Embrocher, voy. broche. 

Etnbrouitter) voy. brouiHer* 

Embryon, du gpec g^pvQv 

(f<BtUS). 



y Google 



fiME 



201 



£MO 



Entbuche, substantif verbal 
de Pancien verba emMcher, a Po- 
rigine embuscfier, en italien tro- 
boscare, dans la basse latin ite im- 
boscare (proprement : attirer dans 
le boscum, dans le bois, tendre 
une embuche; sur Porigine de 
boscuSy voy. bois), 

Imboscare a donne* embUcher : 
par le changement : 1° de i en e 
(voy. admettre); 2° de o en u 
(voy. cure'e); 3° de ca en che (voy. 
acharner et acfceter); 4° par la 
chute de s (voy. abfroe). 

| Embuseade, venu au sei- 
zieme siecle de Pitalien imboscata 
(embuscade). 

f Embusquer, venu au sei- 
zieme siecle de Pitalien imboscare 
(embusquer). 

Emender, du L. emendate (cor- 
riger). 

Enter nude, ancien francais 
esmeralde, en italien smeraldo y 
du L. smaragdus (emeraude), par 
le changement 1° de men esro, 
puis 4m (voy. espe'rer) ; 2° de a en 
e (voy. acheter); 3° de gd en d 
(voy. amande). Quant a Interca- 
lation d'un I } voy. somme; pour 
le changement de al en aw, voy. 
agneau. 

Emerger, du L. emergere (m. 
* ••)• — D. emergent y emergence. 

t ^merl) anciennement esme- 
riZ, venu au seizieme siecle de 
Pitalien smerigUo (6meri). 

^ttt cW lion, anciennement es- 
merillon , diminutif d'un type 
esmerle*, compose" du prefixe es 
du mot merle (voy. merle). 

Emerlte, du L. emeritus (qui 
a fini de servir). 

JE£meti>eif let* , voy. merveille. 

^metlque, du grec ifxetixo; 
'vomitif) . — D. tmttiser. 

JBmellra, du L- emittere (e- 



mettre); pour le changement de 
mittere en wwttre, voy. admettre. 

j£ml««alre, du L. emwsantw 
(m v s.). 

EmlMion, du L. emustorwm 
(m.^s.). 

Emeute, ce qui est ebranle, 
trouble, du L. exmota (ce qui est 
trouble), par le changement: 1° de 
x en * (voy. ajouter); pour la 
chute de *, voy. abtme; 2° de oen 
eu (voy. accueUlir). — D. emeutier. 

Emlgrer, du L. emigrare (emi* 
grer). — D. emigration, emigrant 
e'migre'. 

Eminence, du L. eminenfia 
(m v s.). 

Eminent, du L. eminentem 
(qui s'Gleve). 

Emlssalre, du L. emissarius 
(m s.). 

Emission, du L. emissionem 
(m. s.). 

Entmanchcr, voy. manche, 

Etnmener, voy. roener. 

£mo{, ancienn. esmoi, a Po- 
rigine esmai, en provencal esmagi . 
en italien smago, substantif ver- 
bal du verbe esroater (6tre en 
emoi ) ; ce verbe, de Pancien fran- 
cais , qui correspond au verbe 
italien smagare , est d'origine 
germanique; il est compose du 
prefixe es et de Pancien haut alle- 
mand magan (pouvoir), propre- 
ment: perdre toute force {ex). 

Emollient, du L. emollientem 
(qui amollit). 

Emolument, du L. emolumen- 
tum (m. s.). 

Emonetoire, du L. emuncto- 
rius (m. s.). 

Kmonder, du L. emundare 
(nettoyer),— D. imondage. 

Emotion, du L. emotionem 
(m. s.j. — D. tmotionner. 

JSmotuire, ancienn, emoldre, 



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EMP 



202 



EMP 



du L. emolere (emoudre), par la con- 
traction reguliere (voy. p. lxxxi) 
de emol(&)re en emol're, —par le 
changement de Ir en Idr (voy. ao- 
80udre) y et par celui de o en ou 
(voy. affouage). — D. e'mouleur, 
rimouleur. 

j|moMMet% voy. mousse. 

J5mo«f#tlIIet«, origine incon- 
mie. 

fmcmvoir, du L. emovere 
(emouvoir), par le changement: 
1° de o en ou (voy. affouage); 
2° de e en oi (voy. accroire). 

£traf»<tlet* 9 voy. pal. 

Empan, ancienn. espan, en 
italien spanna, mot d'origine ger- 
manique(aliemand $panne,empan) . 

Emparer (compose de en et 
de pater, preparer), a dans notre 
ancienne langue, le sens de forti- 
fier : s'emparer veut dire, au quin- 
zieme siecle, se fortifier, s'aug- 
menter, s'accroitre, d'ou le sens 
actuel d'acquenr. — D. remparer 
(compose" de re et de emparer } 
fortifier), d'ou le substantif verbal 
rempar, aujourd'hui rempart. 

Etnpater, voy. pdte.— D. em- 
pdtemenU 

JEmj»ecfcefo,anciennementem- 
pacher t du L. impactare* (derive 
de imp actus, participe de impin- 
gere, embarrasser quelqu'un de 
quelque chose; voy. p. xxxii). — Im- 
pactare a donne* empacher, puis em- 
ptcher par le changement : 1° de 
ct en ch (voy. alltcher) ; 2° de a 
en e (voy. acheter) ; 3° de t en e 
(voy. admettre). — D. emptche- 
merU; de'picher correspond au 
type dis-pactare* (voy. de . ... et 
empicher pour le changement de 
lettres); d&pteher signifie doncpro- 
prement se dtbarrasser, comme 
emptcher, s'embarrasser. 

Etnpeigne, origine inconnue. 

JEatjperettr , ancienn. #mfM- 



reur, a Torigine empereor, empe- 
redor, du L. imperatorem (empe- 
reur), par le changement 1° de * 
en e (voy. admettre) ; 2° de a en e 
(voy. acheter); 3° par la chute du 
t (voy. abbaye) ; 4° par le change- 
ment de eo (empereor) en eu (voy. 
aleul). 

Etnpeicr, apprfiter a Vem- 
pois; on a vu (p. cxi, 1. 24) pour- 
quoi le derive a'empois est empe- 
ser, non empoiser. 

Ewnpemte*) voy. veste. 

£mpe*ret*, voy. aepttrer. 

Emphase, du L. emphasis, 
(m. s.). — D. emphatique. 

Emphyteoae, ancienn. emphy- 
teuse, du L. emphyteusis (m. s.). 

MSmpietevy voy. pied. — D. 
empte^emenJ. 

l£mj>{»*e, du L. tmpertwm (em- 
pire), par le changement : 1° de i 
en e (voy. admettre) ; 2° de e en i 
(voy. occomplir). 

Empir «• , voy. pfre. 

Emplrlque, du L. empiricus 
(m. s.). — D. empirisme. 

Emplrlsme, voy. empirique. 

Entpiacer, voy. place. — D. 
emplacement, remplacer. 

Empl&tre, ancienn. emvlas* 
tre, du L. fwplastrum (m. s.) 

£mj»Ie*te, du L. implicita* 
(qui a le sens de depense dans 
plusieurs textes latins du moven 
age : « implicitam vero' decla- 
ramus emptionem mercium per 
committentes ordinatam, » dit un 
reglement du douzieme siecle. Im- 
plic(L)ta, contracte suivant la regie 
(voy. p. lxxxi) en implic'ta, a 
donne emplette, par le change- 
ment : 1° de ten e (voy. admettre); 
2° de ct en tt (voy. assiette). 

Emplir, du L. implere (em- 
plir) , par le changement : 1° de * 
en e (voy. admettre) • 2° de e en i 
(voy. accomplir).— D.remplir. 
tjploye* , du L. implicate, 



y Google 



EMP 



203 



ENG 



qui a le sens $ employer au profit 
de quelqu'un, dans les docu- 
ments latins du moyen age. On lit 
'dans un texte du treizieme siecle : 
Dedit 40 libras implicandas in 
augmentum communitatis. Sur la 
chute du c, impli{c)are y voy. af- \ 
fouage; sur le changement de i 
en e, voy. admettre; sur celui de 
i en oi, voy. boire. — D. emploi 
(substantif verbal), employe', 

JEmpoi*, voy. poix. 

BmpoUonne*) voy. poison. 

— D. empoisonnement, empoison- 
neur. 

JEmpoWer, anciennement en~ 
porter pour entporter, du L. inde* 
portare (porter de la), par le chan- 
gement de inde en ent (voy. sou- 
vent), puis en en (voy. en 2). — D. 
emportement, emporte', remporter. 

ISmpotet* , voy. pot. 

£mf»f efttcfre, du L. impti- 
mere (m. s.) , par le changement 
de imere en eindre, voy. geindre. 

— D. empreinte (substantif parti- 
cipial fort, voy. absoute). 

Etnpresser (s'), voy. presse. 

— D. empresst, empressement. 
Etnprunter, du L. impro- 

mutuare* (compose de promu- 
tuari, emprunter, derive lui-meme 
de promutuunij prSt). 

Improm[d)tuare contracte en 
improm'tuare (voy. aider) a rSduit 
ua a asuivantla regie (voy. p. 
xc), d'ou la forme impromtare qui 
a donne emprunter par le chan- 
gement : 1° de t en e (voy. admet- 
tre); 2° de m & n (vov. changer); 
3° de o a u (voy. curee) . — D. em- 
prunt (substantif verbal), emprun* 
teur. 

Kmpyree, du grec gjatvpos (qui 
est enflammS). 

Empyreume,duL. empyreuma 
(m. s.). — D. empyreumatique. 

Emulation, du L. semulatio- 
nem (m. s.). — D. dmuUtfeur. 



^mule, du L. xmvXut (m. s.). 

Kmulgent, du L. emtilg enter* 
(qui epuise). 

Emulsion, du L. emulsionem* 
deriv6 de emulsus fepuise). — D. 
imulsionner, imuUif. 

1. Btt, preposition, dans le fran» 
c^is du neuvieme siecle in, du L. 
xn (dans) par le cbangement de * 
en e (voy. admettre). 

2. En j pronom relatif, ancien- 
nement ent y a Porigine int, du L. 
indi (en, de la, d'ici), par le chan- 
gement : 1° de t en e (voy. ad- 
mettre) ; 2° de nd en nt, puis en n 
(voy. p. xcm). 

Le latin indd avait recu, dans la 
langue populaire, l'acception de 
ex illo, ab illo : 

Cadus erat vini-, inde implevi Cirneam. 
Plaute, Amphyt., i, l. v 

Cet emploi de inde" fut tres-fre- 
quent dans la basse latinite, et !es 
textes merovingiens en offrent de 
nombreux exemples : Si potis inde 
manducare, si tu peux en manger 
(dans une Formule du septieme 
siecle), — Ut mater nostra ecclesia 
Viennensis inde nostra hxres fiat 
(dans un dipldme de 543), etc.... 
Ind& devint en francais %nt qu'on 
trouve dans les Serments de 842, 
— au dixieme siecle il est ent 
(forme qu'on retrouve dans sou- 
vent de subinde); au douzieme en. 

Encad^er, voy. cadre. 

EncaisHer, voy. caisse. — D. 
encaisse (substantif verbal), en- 
caissement. 

JEtt<?ott,ancien francais meant, 
en quant, a Torigine inquant, du 
L. inquantum (k combien) , par le 
changement : 1° de qu en c (voy. 
car) ; 2° de i en e (voy. admet* 
tre). 

Encaque*) voy. caque. 

Encastrer, du L. mcastrare 
(encastrer, dans Isidore de Seville), 



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ENC 



204 



ENC 



Encaustlque, du L. encaustir 
tus (m. s.). 

Enceind* e, du L. incingere 
(enceindre) ; pour le changement 
de lettres, voy. ceindre. — D. en- 
ceinte (circuit de murailles, qui 
, entoure, qui enceint une ville). 

Enceinte , du L. incincta 
(fern me enceinte dans Isidore de 
Seville), par le changement: 1° de 
i en e (voy. admettre) ; 2° de ct en 
I (voy. affiti). 

Encens, du L. inccnsum (en- 
cens, dans Isidore de Seville), par 
le changement de i en e (voy. ad- 
mettre). — D. encenser, encensoir. 

Encephale, du grec iy*£<pxkos, 
(qui est dans la tfete). — D. enc4- 
phalie, encdphalite. . 

Enchanter, du L. incantare 
(enchanter) ; pour le changement 
de lettres, voy. chanter, — D. en- 
chantement, enchanteur, disen- 
cUanter. 

Encherir, voy. cfteYe. — D. 
enqhere (substantif verbal) ; enche'- 
rissement, encherisseur. renche*- 
rir, surenchtrir, surenchire. 

Enchevetrer, du L. incapis- 
Irare (encheve'trer, enlacer, dans 
Apulee), par le changement 1° de 
i en e (voy. admettre); 2° de 
ca en che (voy. acharner et ache- 
ter). 3° de p en v (voy. arriver); 
4° par la chute de s (voy. abtme). 
— D. enchevtorement. 

Enehifrener, origine incon- 
nue. 

Knchymose. du grec ixyy~ 
juodt; (effusion du sang). 

Enclaver, du L. inclavare* 
(enfermer, dans le latin du moyen 
age). — D. enclave (substantif ver- 
bal). 

EncMin* du L. incUnis (pen- 
che, incline vers); sur t devenu e, 
voy. admettre. 

Enclose, du L. inclaudere *, 
(pour includere, enclore^; sur le 



changement de claudere en clore, 
voy. ciore. — D. enclos (substan- 
tif participial). 

Encio*, voy. enclore. 

Enciower, voy. c&mer — D. 
enclouage. 

JEttcfutne, du L. incudinem 
(enclume) par le changement l°de 
in en en (voy. admettre); 2° de 
udinem en ume (voy. amertume) -, 
3° par Pmtercalation d'un I . 

f?fM*ofyt»en,voy. cogner et coin. 

— D. encopnure. 
£ttco£ttMfe, voy. encogner. 
JEncofufe, voy. coJ. 
JEncom6»*e, voy. dtcombres, 

1 compose des prefixes de\...eten.... 

et d'un radical combre* signifiant 
I omas; le L. cumulus (tas, amas), 

perdit suivant la regie (voy. abie, 

et p. lxxxi) son.fi cum(fl)lus, et 
! devint cum'lus ; m\ intercalant r6- 

guherement un b (voy. absoudre), 
I cum'lus devint cumbfus qui chan- 
! geant I en r (voy. apdtre), donna 
| la forme cumbrus que Ton trouve 
1 au sens de tas, d , amas l dans plu- 
I sieurs textes m6rovingiens (voy. 

entre autres les Gesta Begum Fran- 

cvrum, chap. 25). 
Encontre (a V), substantif 

verbal de l'ancien verbe encontrer 
• (qui est lui-m§me compost de 

contre). — D. r encontrer. 
EncorheUement , voy. cor- 

beau. 
Encore, anciennementancore, 

du L. hanc horam (jusqu'a cette 

heure), par la chute de h initial 

(voy. atelier). 
Encourage*^ voy. courage. 

— D. encouragement. 
Encour ir , du L. incurrere (en* 

courir, danscertaines acceptions): 
pour le changement de lettres, 
voy. courir et en. 

Encr a»*e* ? voy. crasse. 

Encre, anciennement enque, 
k l'origine enca, du L. encaustum 



yGopgk 



fiNE 



205 



ENG 



(encre), par Pintercalation d'un r 
(voy. chanvre) ; comme on Ta vu 
(p. cv) ? le mot a garde* Fac- 
centuation grecque (frrxauarov) , 
non l'accentuation latine (encaus- 
turn). — D. encrier, I 

Encycllque, du grec Iyxv- 
jcXio? (qui embrasse tout). 

Encyclopedic, du grec (iy- 
)tuxXouai8eta (education complete). 

— D. encyclope'dique , encyclopi- 
iiste. 

Endcinlque , du grec £vSyj- 
ulio;, qui est propre au peuple d'un 
certain gays. 

Endever, origine inconnue. 

Endive, du L. intyba* (forme 
*6minine de intybus chicoree), par 
e changement : 1° de t en e (voy. 
idmettre);2 deben v (voy. avant); 
J° de t en d (voy. aider). ■ 

J?ttcfofot*lf, voy. douleur. 

Endortnir, voy. dorrotr. 

£ncfo««et* 9 voy. dos. — D. 
ndos (subst. verbal) , endossement 
ndosseur. 

EtidroU, compost de en et 
Iroit, voy. ce mot. Endroit, ad- 
erbe dans notre ancienne langue 
vec le sens de droit devant nous 
irectement, vis-a-vis (d'ou le sens 
u. subst. endroit, lieu qui se pr6- 
ente directement a nous). 

JEncftttfc, du L. ind«cere(en- 
uire), par la contraction r6guliere 
yoy. p. lxxxi), de indue {&)re en 
naucre, — par le changement de 
r en ir (voy. &<$htr), et par celui 
e in en en (voy. admettre) . — D. 
ndwi* (subst. participial). 

Endttrcir, voy. dur. — en- 
urcissement. 

Endttrer. du L. indurate 
)roprement s'endurcir) ; sur t de- 
enu e, voy. admettre. — D. en- 
urant, 

^ner|$le,duL. energia* (m.s.). 

- D. inergique. 
Enerffamine, du grec ivep- 



yo6(mvoc, qui subit J'influence (du 
ctemon). 

Encrver,duL.enervare(m. s.). 

Enfanee, du L. infantia (en- 
fance); sur tt'a devenu ce. voy. 
a^encer. 

Enfant, du L. infantem (en- 
fant) ; sur in devenu en, voy. ad- 
mettre. — D. enfanter, enfantin, 
enfantillage, enfantement. 

Enfaw inew , voy. farine, 

Enfer, en provencal enfern, 
en italien inferno f du L. infernuro 
(enfer), par le changement 1° de t 
en e (voy. admettre), 2° de rn enr 
(voy. auoour). 

Enfevmev, voy. fermer.— D. 
renfermer. 

En flier, voy. /tt.— D. enfilade. 

Enfin 9 voy. en, et /in. 

JEtt jfammet*, du L. inflam- 
mare (enflammer) par le change- 
ment de i en e (voy. admettre) . 

En flew , du L. tn/Jare (enfler); 
sur i devenu e, voy. admettre. — 
D. dteenfler, renfler, enflure. 

Enfoneew, voy. fond. — D. 
enfoncementy renfoncer. 

Enforcing voy. force. 

Enfoui**, du L. infodere (en- 
fouir), par la chute du d medial 
(voy. accabJer) , et le changement : 
1° de t en e (voy. admettre); 2° de 
e en i (voy. accompfrr; 3° de o en 
<w (voy. affbuage). — D. enfouis- 
sement. 

Enfourcher, voy. fourche. 

Enfouvne** 9 voy. four. 

Enfreindre, voy. freindre. 

Enfuir , voy. en 2., et fiar. , 

Ettgageani, voy. engager. 

Engagement, voy. engager. 

Engager, voy. gage. — D. 
enaaaeane, engagement. 

Ettgainer, voy. gaine. — D. 
rengratner. 

Engettnce, voy. engfer. 

Engelure, de Pancien verbe 
engeler, voy. geler. 

12 



y Google 



ENG 



206 



ENN 



Engendrer, du L. ingene- 
rare (engendrer) par la contrac- 
tion reguliere (voy. accointer) de 
ingen(&)rdre en ingenWare, et 
par le chaogement : 1° de i en e 
(voy. admettre); 2° de n'r en ndr 
(voy. absoudre). 

Enger, se multiplier; origioe 
inconnue. — D. engeance. 

Engin, en italien ingegno, 
du L. ingenium (machine de 
guerre, engin de guerre dans Ter- 
tullien, de Pallio: « Cum ta- 
men ultimarent tempora patriae et 
aries jam Romanus in muros 
quondam suos auderet; stupuere 
illico Carthaginenses ut novum 
extraneum inpenium, » — et dans 
Isidore de Seville « Apud Anti- 
ques Minerva vocata quasi Dea et 
manus artium variarum. Hanc 
enim multorum ingeniorum pro- 
hibent. » 

Pour le changement : 1° de t en 
e voy. admettre; 2° de e en t, 
voy. accomplir. 

Englober, voy. globe, 

Engioutir, du L. inglutire 
(engioutir, absorber, dans Isidore 
de Seville) : sur i devenu e, voy. 
admettre; sur u devenu ou, voy. 
accouder. — D. engloutissement. 

Engorge*, voy. gorge. — D. 
engorgement, rengorger. 

Engouer, origine inconnue. 

— D. engouement. 
Engottrdir, voy. gourd. — 

— D. engourdissement. 
Engraister, du L. incrassare 

(engraisser), par le changement : 
1° de i en e, voy. admettre ; 2° de 
c en g (voy. adjuger); 3° de a en 
oi (voy. aigle). — D. engrais (subs- 
tantif verbal); engraissemejU, en- 
graisseur. 

Engraver, voy. gravier. — 
D. engravement. 

1. Engvene* 9 anciennement 
engrainer, voy. grain. 



2. Eng*ene* 9 terme de m6- 
canique, du L. increnare* (form6 
de crena, cran, dent d'une roue), 
par le changement, 1° de t en e 
(voy. admettre) ; 2° de c en g (voy. 
adjuger.). — D. engrenage. 

Enhardir, voy. hardi. 

EDlgmatlque, voy. enigme. 

Enlgme, duL. aenigma (m. s.). 

— D. tnigmatique. 
Enivrer, voy. ivre. — D. eni- 

vrement, enivrant. 

Enjantber, voy. jambe. — 
D. enjambement, enjambe'e. 

Enjoindre, du L. injungere 
(enioindre); pour le changement 
de lettres, voy. en et ioindre. 

Enjoier, voy. geole. — D. en- 
jdleur. 

EnjoUver, voy. jolt. — D. 
enjolivement, enjoHvure, enjoli- 
veur. 

Enjoue, participe de l'ancien 
verbe enjouer, compose dejouer 
(voy. ce mot.). — D. enjouement, 

Eniacer, voy, lac. — D. en- 
lacement. 

Enlevev, voy. en' 2, et lever* 

— D. enlevement. . 
Enlumlner, du L. in (voy, 

en) et luminare (propr. eclairer, 
d'ou le sens d'orner de couleurs 
brillantes. — D. enlumineur, en- 
luminure. 

Ennemi, du L. inimicus (en- 
nemi) : sur icus devenu t, voy. 
ami ; sur i devenu e voy. admet- 
tre. N est ici devenu tw, comme 
dans : monnaie (moneta), sonner 
(sonare), tonner (tonare), 6tonner 
(extonare*) , dormer (donare) , 
etrenne (strena), honneur (hono- 
rem) , ordonner (ordinare). 

Ennui) anciennement enui 
(avec le sens de chagrin, de dou- 
leur, de haine), en espagnol enojo, 
dans l'ancien venitien inodio, — • 
du L. inodio (on lit dans les Glo- 
ses de Gassel qui remontent & 



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ENS 



207 



ENT 



Charlemagne : in odio habui c.-a-d. 
j'etais enriuye de...). Pour le 
hangement de in en en, voy. en; 
our celui de odio en tit, voy. 
louette et cuider. — D. ennut/er, 
nnuyeux. 

Enoncer , du L. enuntiare 
tooncer) ; pour le changement de 
!ttres,voy. annoncer. — D. enott- 
iation, enonce". 

Enovgueittiv, voy. orgueiL 
Knorme, du L. enormis (qui 
jtcontre la regie). — D. e'norme'- 
wit. 

Enormia, du L. enormitatem 
rrSgularite). 

Enqtterir, du L. inquirere 
echercher), pour le changement 
j lettres^voy. en et acque'rir. 
Enqnete, ancienn. enqueste, 
1 L. inquisita (propr ce que Ton 
cherche), subst. participial fort 
oy. absoute)^ pour la contrac- 
m reguliere en inquis'ta, voy. 
lxxxi ; pour le changement det 
. e, voy. admettre; pour la 
ute de s, voy. abime. 
Enrager, voy. ragfe. 
£ttrayer, voy. rayon. — D. 
rayure. 

En**cgistfcw^ voy. registre. 
D. enregistrement. 
Enrichir, voy. ric/ie. 
Et»f diet*, voy. rdle. — D. en- 
lementy enrdleur. 
Etavottet*, du L. inra\$are 
hive* de rauct^, rauque), par la 
ute du c medial (voy. affouage), 
changement : 1° de au en ou 
>y. alouette); 2° de tn en en 
>y. en). — D. enrouement. 
E?Mi*otcIet* 9 voy. router. 
E7n«ci6fet*, voy. sabte. -«- D. 
ablement. 

Enseigne, en italien insegne, 
L. tnstonta* (marque, indice), 
r le changement : 1° de tn en 
(voy. en); 2° de t en et (voy. 
nture). 



| Enmeignev, du L. insignare* 

' (proprement graver dans, puis en- 
seigner). Pour le changement de 
lettres voy. enseigne). — D. en- 
seignement, renseigner. 
\ Ensemble, du L. insimul 
(ensemble) par le changement; 
; 1° de tn en en (voy. en) ; 2° de 
! simul en semble (voy. assembler). 
[ Enmemence*; voy. semence. 
| Enseveiir, du L. insepelire* 
(compose de sepelire, ensevelir), 
par le changement : 1° de in en 
I en (voy. en) ; 2° de p en v (voy. 
! arriver). — D. ensevelissement. 
| £n«ot*cefet*, voy. sorcier. — 
D. ensorcellement, ensorceteur. 
Enmuite, voy. en et sut'te. 
f n«Mlt>t*e (s 1 ), voy. enet sut- 
ure. 
Entablement, voy. table, 
Entacher, voy. fac/ie. 
Entailler, voy. tattler. — D. 
entaille (subst. vernal), entaillure. 
Entame*) en provencal enta- 
menar, du L. intaminare (compos6 
de tn et du radical taminare, 
qui se retrouve dans contami- 
nare f dans atterm'nare gftter, en- 
tamer). Intam$)ndre , contracts 
suivant la regie (voy. accointer) en 
intam'nare, a donne entamer par 
le changement : 1° de tn en en 
(voy. en); 2° de mn en m (voy. 
allumer). 

Entasse*) voy. tas. — D. 
entassement. 
Ente, voy. enter. 
Entendre, du L. intendere 
(appiiquer, "dinger vers, d'ou le 
sens de faire attention, puis d'6- 
couter). Pour le changement de 
lettres, voy. en 1, et attendre, — 
D. entente (substantif participial, 
voy. absoute); entendement, en- 
tendeur, entendu. 
Entente j voy. entendre. 
JEntev, greffer par ente, du L. 
impotare* (enter, derive de tmpo- 



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ENT 



208 



ENT 



tus greffe, ente, dans la Lex Sa- 
lica; impotus est le grec £(i.<puTov, 
ce qu'on a plante). Imp{6)tare 
contracte suivant la regie (voy. 
accointer) en imp'tare a donne 
enter par le changement : 1° de 
pt en t (voy. acheter) ; 2° de m en 
n voy. changer); 3° de i en e (voy. 
admettre). — D. ente (substantif 
verbal), enture. 

JEtttefittef, ratifier, rendre 
parfait, derive de l'ancien fran- 
cais enterin (parfait, complet) qui 
correspond a un type integrinus 
(derive de integrum, complet). 
Pour le changement : 1° de %n en 
en, voy. en; 2° de or en r, voy. 
occueuiir). — D. ent&rinement. 

J5n*et*f et* 9 voy. terre. — D. 
enterrement. 

JStttetef , voy. tfte. — D. enf^- 
tement. 

Enthoanlasme, du grecdvOou- 
<7iaa(i.6<; (inspiration). — D enthou- 
siasmer, enthousiaste. 

Enthoufllaste, voy. ent/ww- 
stosme. 

Enthym^me, du L. enthy- 
mema (m. s.). 

J5tt*iei* ? en provencal enfetr, 
en italien inter o, du L. integrum 
(entier) par le changement : l°de 
in en en, voy. en; 2° de e en te, 
voy. arriere; 3° de o/r enr, voy. 
accueillir. 

Enticher, origine inconnue 

Entile, dans le L. des scolas- 
tiques entitatem* derive de entem 
(etre, chose). 

Entomologle, du grec Svtojjlov 
(insecte) et Xoyo; (discours). — 
D. entomolqgique, entomologiste. 

1. JEtttfomtet*, voy. tonne. — 
D. entonnoir. 

2 JEtttfonttef, voy. (on. 

Entone, voy. tordre. 

EntortiUer, voy. tortiller. 

Enloui*, voy. tour. — D. en- 
fourer, entourage, 



l£ntfoufitut*e, voy. tournure. 

Entwailte*) en provencal tn- 
(raita, du L. intrania (dans'la Le* 
Salica: « Si varo yitra costas vul- 
nus intraverit, et usque ad intra- 
nia pervenerit. ») Intrania est le 
L. interanea (entraillesdans Pline) 
par la chute reguliere de e, int(&)~ 
ranea (voy. accointer). etle chan- 
gement de ea en ia (voy. abriger). 
— intrania a donn6 entrailles par 
le changement : 1° de tn en en 
(voy. en); 2°de nen J (voy. oiler); 
3° ae a en ai (voy. ai^fe). 

l£ittt*ain, voy *entrainer. 

Etttraitter , voy. en 2. et trai- 
ner. — D. entrain (substantif ver- 
bal) ; entrainement. 

JEntt*at>et*, mettreuneentrave, 
c'est-a-dire un bdton (trabem), qui 
retient l'animal, d'ou le coinpos6 
intrabare * qui a donne entraver 
par le changement : {* dew en en 
(voy. en); 2° de b en v (voy, 
avant). — D. entrave (substantif 
verbal) , 

Entre, du L. intra (dans l'in- 
tervalle de); sur tn devenu en, 
voy. en. 

Entree, voy. entrer. 

JEnf»*e-6aif!et*, voy, entre et 
bdt/Jer. 

f Entrechat, venu au seizieme 
siecle, comme beaucoup de termes 
de danse, de l'italien intrecciato 
(dan$ la locution capriola intrec- 
ciata, proprement saut entrelace). 

EntrefuUe* (sur ces), c'est- 
a-dire entre (dans l'intervalle de) 
ces choses faites. 

Entreiacer, voy. lacer. — D. 
entrelacs, entrelacement. 

Entrentetew, voy. twe7er. 

EntretnetH, voy. mets. 

Entwemettve) voy. mettre. — 
D. entremetteur. 

EntrentUe, voy. wise. 

Entreposer, voy. entre et po- 
ser. — D. etitrejrit (comme dipdt 



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ENV 



209 



ENV 



de dtposer), entreposeur t entrepo- 



Entreprendresr oy. prendre. 
~-D. entreprise (sutstantif parti- 
cipial) , entreprenanty entrepreneur. 

Entrer, du L. intrare (en- 
trer), par le changement de in en 
en (voy. en). — D. entrie (substan- 
tif participial) , rentrer. 

£n*»*e-«of. voy. enJre et *oJ. 

Entretenir) voy. entre et Je- 
nir. — D. entretien (substantif 
verbal). 

IfrUrevoif , voy. en*re et 
voir. — D. entrevue (substantif 
participial). 

Enumeration, du L. enume- 
rationem (m. s.). — D. enumiratif. 

Enumerer, du L. enumerare 
(m. s.). 

£nvaMr, en espagnol envadir, 
enitalien invadire, du L. invadere 
(envahir) par la cbute du d medial 
(voy. accabler) , Intercalation d'un 
h (voy, p. lxxxix). Sur in devenu 
en, voy. metlre; sur ere devenu ir, 
voy. accomplir. Inva{d)ere ay ant 
perdu led, donna a l'origine deno- 
tre langue enva-ir, dans lequel le 
francais moderne intercale un h 
pour maintenir l'hiatus : cette in- 
tercalation se retrouve dans tra/iir 
(tradere), tra/iison (traditionem), 
— Le francais a ajoute h au com- 
mencement des mots dans: nache 
(ascia), haut (altus), Jiausser (al- 
liare*), Meble (ebulum), fcuile 
(oleum), nuis (ostium), Ziuit (octo), 
fcuitre (ostrea), ftuppe (upupa), 
jfiurler (uiulare), Jieur (augurium), 
hermite (eremita), /ie>isson (eri- 
cius) , frermine (armenia), Zioulette 
(agoletta*), nuitieme (octesimus), 
nerisser (ericiare*). — On trouve 
deja. en latin fwrnamentum,/iobitus, 
nac — pour ornamentum, obitus, 
ac, dans le Recueil descriptions 
de GrQter. — D. envahisseur, en-r 
vahissement. 



Envelopper* voy. develop- 
per. — D enveioppe (substantif 

verbal). 

JSttvetrfmet*, voy. venin. 

Envergtter, deployer les voi- 
les en les attachant aux vergues 
(voy. vergue). — D. envergure, 
d6ploiement des voiles, et par me- 
taphore, deploiement des ailes de 
1'ojseau. 

1. JEttvet**, substantif, du L. 
inversus (retourn6); sur in devenu 
en, voy. en. 

2. Envers, pr6posit. ; de en et 
vers (voy. ces mots). 

Envl (a 1'), en rivalite, du L. 
invitus (qui s'oppose a, d'ou le 
sens de concurrence, de rivalitd) ; 
sur in devenu en, voy. en; sur la 
chute du tj voy. aigu. 

Envie, du L. invidia (envie) ; 
sur in devenu en, voy. en; sur la 
chute du d, voy. accabler. — D 
envieux, envier. 

Envier, voy. envie. — D. en- 
viable, envieux. 

Environ, voy. virer. — D. en- 
vironner. 
Envisage*) voy. visage. 
Envoi , voy. envoy ef. 
Envoie**, voy en 2 et voler. 
Envoutev, a l'origine envoi- 
ter, du L. du moyen age invul- 
tuare (faire une image de cire, 
derive de vuUus, imape, figure) In- 
| vultuare a donne* envo&ter par le 
changement: 1° de ua en a (voy. 
1 p. xc) puis en e (voy. acheter) ; 
! 2° de in en en (voy. en) ,• 3° de ul 
\ en ol puis ou (voy. agneau). — 
D. envotitement. 

| Envoye* 9 anciennement en- 
; vti er, a l'origine entoeter, du L. 
j indeviare (raire pariir de) ; pour 
{ le changement de tnde*en enf puis 
en, voy. en 2. ; pour celui de 
i viare en voyer, par le changement 
de i eu ot, voy. boire. — D. envoi 
I (subst. verbal); remwyer. 



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fiPA 



210 



EPA 



Kpacte, du L. epactae (jours 
intercalaires). 

Epagnewi, dans Montaigne 
espagneul, dans Rabelais espagnol 
(a avec une demi-douzaine d'es- 
pagnols, et deux levriers, vous 
voila roy des perdrix et lievres 
pour tout cet hyver » dit Gargan- 
tua, I, 12). Cette espece etant ori- 
ginate d'Espagne, ces chiens ont 
recu le nom de chiens espagnols, 
ou comme nous disons aujourd'hui 
de chiens epagneuls ; pour le chan- 
gement : 1° de o en eu, voy. at- 
cueillir; 2° de esp en ep, voy. 
dbtme. 

Epais, anciennement espais, a 
Torigine espois, du L. spissus 
(epais) par le changement: 1° de t 
en ot (voy. boire) puis en ai (voy. 
accrdire) ; 2° de sp en esp puis 6p 
(voy. esptfrer). — D. tpaissir, 
epaisseur , e'paississement, 

MSpanchew) anciennement es- 
pancher, du L. expandicare* (de- 
rive de expander e, ouvrir, d'oii le 
sens de verser, d'epancher); ex- 
pand{l)cdre contracts suivant la 
regie (voy. accointer) en expand'- 
care a donne tpancher par le chan- 
gement: 1° de ex en es (voy. ajou- 
ter) , puis en 4 (voy. aotme) ; 2° de 
dcen c, puis en ch(vov. arracher); 
3° de a en e (voy. acfeter). — D. 
epanchement. 

£pati<li*f, anciennement es- 
andre, du L. expander e (epandre), 
par la chuie reguliere de Ve penul- 
tieme (voy. p. lxxxi), et par le 
changemeat de ex en es (voy. 
ajouter), puis en e" (voy. abime). 
— D. re'pandre. 

Epanouir, anciennement es- 
panouir, developpement de l'an- 
cien francais espanir qui est pour 
espandir* et qui correspond au L. 
expandere (etaler, epanouir), par le 
changement: 1° de expandere en 



expandere (voy. courir); 2° de e* 
en es puis 4 (voy. ajouter); 3° de 
e en t (voy. accompUr). — D. epa- 
nouissement. 

Epargner, origine inconnue. 
— D. epargne (substantif verbal). 

Eparpiiler , anciennement 
esparpiller, disperses ausens pro- 
pre, aumoyen age. de disperser, 
s'envoler comme lerait un papil- 
lon ; esparpiller est compose de ex 
(es), et du radical parpille* qui 
correspond au L. papilio (papillon). 
Pour 1 addition de r t voy. chanvre. 

Ce qui met hors de doute Pety- 
mologie~ qui relie fyarpUler au L. 
papilio, c'est que l'itahen sparpa- 
glxare (eparpiller) est forme de 
meme de parpaglione (papillon) : 
c'est que le provencal esfarfalha 
(eparpiller) derive de farfalla (pa- 
pillon). — D. e'parpUlement 

Epar; anciennement espars, 
du L. sparsus (epars), par le 
changement de sp en esp puis ep 
(voy. esptrer). 

Epater, voy. patte. 

I2pa«fIe,anciennementMpattte, 
a l'origine espalle, du L. spatula 
(epaule d'animal dans Apicius). 
Spdt(H)la s'etant contracts suivant 
la reffle (voy. able et p. lxxxi) en 
spat' la y a donne espalle par i'assi- 
milation de tl en 11 (voy. bouleau) 
et le changement de sp en esp y 
(voy. esperer); espalle a donn6 es- 
paule par l'adoucissement de al en 
au (voy. agneau); e'paule par la 
chute de s (voy. aotme). — D. 
ipauler, epaulement, e'paulette. 

Epave, anciennement espave; 
ce mot oui ne s'applique aujour- 
d'hui qu'aux choses perdues, s'ap- 
plique encore aux animaux dans 
q. q. locutions juridiques vieiliies 
(un cheval epave) ; dans notre an- 
cienne langue ipave ne s'appli- 
quait qu'aux animaux* non aux 



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£PH 



211 



£PI 



choses ; un animal espflve etait un 
animal 6gar6, errant: espave vient 
du L. expavidus (effraye, que la 
peur egare, d'ou le sens d' errant); 
sur le changement de ex en es puis 
4 (voy. ajouter et abime) ; sur la 
chute des deux dernieres syllabes 
atones, voy. p. lxxxi. 

Epeautre, ancienoement es- 
peautre, en espagnol espelta, en 
italien spelta, du L. spefta (espece 
de bl6), par le changement: 1° de 
sp en esp puis ep (voy. espeVer) ; 
2° de el en eaJ (voy, eau), puis en 
eau (voy. agneau) ; 3° par l'inter- 
calation d'un r (voy. chanvre). 

Epee, anciennement espee, a 
Forigine spede, en italien spada, 
du L. svatha (ep6e, dans Tacite) 
par le cnangement : 1° de sp en 
esp, ep (voy. espfrer); 2* deata en 
&, yoy. ampoule". 

JEpefe**, anciennement espeler 
(au moyen age, expliquer, enoncer 
en general), mot d'origine germa- 
nique (ancien haut allemand spel- 
I6n\ expliquer). — D. 6pellation. 

jEJpetffu, voy perdu. 

Eperlatt, anciennement espet- \ 
\am y a l'origine esperlanc, de Falle- 
mand spierling (eperlan) ; pour le ' 
changement de sp en esp, ep, voy. 
esperer. \ 

Epevon , anciennement espe- 
ron, esporon, de Tancien haut al- 
lemand sporo» (eperon) par le 
changement deepen esp, ep (voy. j 
esp&rer). — D. tperonner. 

Eperview, anciennement es- 
pervier, en provencal esparvier, 
en italien sparviere, de Tancien 
haut allemand sparvari (epervier); I 
sur sp devenu esp, ep (voy. espi- , 
ret). I 

Bphttlde, du L. ephelidem (ta- , 
che de rousseur). j 

Ephem^re, du grec fyifjfiepoc j 
(qui dure un jour). i 



Cph^ai^rideft; du L. ep/ieme- 
rtdem (memorial journalier). 

£f»i, anciennement espi , du L. 
spicus * (forme masculine despica, 
dpi), par le changement: 1° de sp 
en esp } ep (voy. esp&rer); 2° de 
icus en t (voy. ami). 

Epicc, anciennement esptce, 
du L. species (epice, dans le Dt- 
flfesfe, de Publicanis et vectigalibus : 
« spectet pertinentes ad vectigal, 
cinnamonum, piper longum. »), 
par le changement 1° de sp en esp, 
&p (voy. esp&rer); 2° de e en t 
(voy. accomplir). — D. epicier, 
epicerie, ipicer. 

^pld&mle, du grec irciSrjfuo; 
(s.-ent. vocxoc, maladie qui circule 
parmi le peuple). — D eptdemt- 
que. 

Epldemlque, voy. e'pidemie, 

^plderme, du L. epidermis 
(epiderme). 

Epier, anciennement espier, 
en italien spiare, mot d'origine 
germanique (anglais to spy, epier; 
ancien haut allemand spehen) ; sur 
sp devenu esp. ep, voy. espfrer. 

Epiew, anciennement espieu, 
a l'origine espieil, du L. spiculum 
(epieu, dard; par la contraction 
reguliere (voy. p. lxxxi) en spi- 
c'lum; le changement : 1° de sp 
en esp puis ep(vojr. espirer); 2° de 
cl en ii (voy. abeille), puis de es- 
pieil en espieu (voy. agneau), 

KplgrammAtlque, du L. epi- 
gramaticus (epigrammatique). 

Eplgramme, du L. epigramma 
(inscription). 

Eplgraphe, du grec iiziypayTi 
(inscription). 

Epllepsle, du L. epilepsia (mal 
caduc). 

Epileptlque, du L. epilepti- 
cus (epileptique) . 

Kpller, du L. epilare (derive 



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fipl 



212 



£P0 



&epilus y 6ter les polls). — D. ept- 
latoire. 

Epilogue, du L. epilogus (pe- 
roraison). — D. epiloguer. 

Epinat^t, voy. ipine. 

Epine, anciennement espine, 
du L. spina , (6pine); sur sp de- 
venu esp, ep (voy. esperer). D. cpi- 
neux, &pinoche^ fyiniire, e'pinard 
(k cause des dente lures epineuses 
du calice), epine-vinette. 

f Kplnette, au seizieme siecle 
espinette, da Titahen spinetta (epi- 
nette). 

JSpituyle, anciennement espin- 
$f{e t du L. sptuuto (petite pointe 
propr. petite epine), par la contrac- 
tion reguhere (voy.ao/eetp.Lxxxi) 
en spin'la et le changement: 1° de 
n'l en nflfi (voy. absoudre) ; 2° de 
sp en esp (voy. esptrer). — D. 
tpinglette, tpirigler. 

Epinoche, voy. Ipine. 

Epique, du L. epicus (epique). 

Episcopal, du L. eptttopalts 
(Episcopal). 

Eplacopat, du L. episcopates 
(episcopat). 

EplMide, du grec eicetao^iov 
(incident), — ipisodique. 

Epl*pa*ttqne, du grec ima- 
*a<rrix6c (qui attire). 

Epister. anciennement espts- 
set, mot (Torigine germanique 
(angl. to splice, episser). — D. 
epissoire, epissure. 

EpUtolatre, du L. epistolaris 
(epistolaire). 

Epltaphe, du L. epithaphium 
(epitaphe) . . 

Eplthalame, du L. epithala- 
mium (chant nuptial). 

Eplth£te, du L. epttfeifum(m. s. 
dans Macrobe;. 

Epltoaie 9 du L. epitome , 
(abreg6, eztrait). 

JBjritre, anciennement epttfre, 



a Torigine eptrtfe, du L. epistola 
(epltre), par la contraction regu- 
liere (voy. lxxxi), en episWla, le 
cnangement de I en r (voy. apdlre) 
etla chute de s (voy. aMme). 

Eplzootle, maladie contagieuse 
parmi les animaux, du grec : erci, 
sur, £a>ov, animal.— D. epizooti- 
que.^ 

Eplore, voy. pteurer. 

Eploye, du L. expliccUus 
(eploye) : pour le changement de 
lettres, voy. ployer ; sur atus de- 
venu e" voy. ampoulL 

Eplttcher, anciennement es- 
plucher, espelucher, voy. peluche. 
— D. e'pluchage, epluchement, 
fylucheur, epluchoir, tpluchure. 

E pointer, voy. pointe. 

Epoim, anciennement espois, 
de i'ancien haut allemand spit 
(lance, bois pointu, d'ou le sens 
de cors du cerf) . — Sur sp devenu 
esp, puis ep, voy. esp&rer; sur t 
devenu oi, voy. wire. 

Eponge, anciennement es- 

{tonge, du L. spongia (eponge) par 
e changement de sp en esp, puis 
4p (voy. espirer. — D. Sponger. 

Epopee, du grec iiconotCa, 
(poeme epique). 

E^peque, du grec dnoxri (tout 
ce qui arrfite). 

£poM<er, anciennement espou- 
ser, a Torigine esposer, en italien 
sposare, du L. sponsare (fiancer 
dans le Digeste), parle change- 
ment : 1° de ns en* (voy. ain4); 
2° de sp en «p puis 4p (voy. espe*- 
rer; 3° de o en ow, voy. affouage. 

Epoussetev, voy. pouwtcre.— 
D. tpoussette. 

JEjtoMtxroter , anciennemei t 
espoi«vanter, a Torigine espaven- 
ter, en italien spawntare, du L. e«- 
paventare (denv6 de e^pavenlem 
partic, de s&pavsre, avoir peurj . -» 



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6qu 



213 



£RA 



D. tpouvante (substantif verbal) , : 
fyouvantdble, tpouvantail. , 

Epoux,d\i L.spontus (fiance); i 
pour le changement de lettres, 
Voy. epouser. — D. tpousailles , I 
epouseur. \ 

JE£f»t*eittcft*e, du L. exprimere 
(presser) ; pour le changement de 
de prim ere en preindre, voy. ero- 
premdre. — D. epreinte (substan- 
tif verbal). 

JSjtfencffe, voy. prendre. — 
D. epris. 

Eprcwvc, voy. tprouver. 

ESprouvew) voy. prouver. — 
D. dprtuve (substantif verbal), 
e'prouvette. 

Epuiser, voy. puiser. — D. 
4puisement i 4puisable t intpuita- 

MSpuwer , voy. pur. — D. e'pure 
(subst. verbal), epuration. 

Equarvir, tailler en fyuerre 
(voy. ce mot). — D. 4quarr usage, 
iquarisseur. 

Equateur, du L- xquator*, 
(cercle qui divise le monde en deux 
parties egales). — D. Equatorial. 

Equatorial, voy. dquateur. 

Equation, du L aequationem 
(egalite). 

Equerve, anciennement es- 
querre, a l'origine esquarre, sub- 
stantif verbal d'un type esquarrer*, 
qui repondau L. exquadrare* (tail- 
ler a angles droits) d'ou le nom 
dVguerre donne a l'instrument qui 
sert a tracer des angles droits. 

Exquadrare* adonne esquarrer*, 
par le changement : 1° de ex en es 
(voy. ajouter) puis en e (voy. 
abime) ; 2° de dr en rr (voy. ar- 
riire). *— D. iquarrir (ancienne- 
ment esquarrir,de la forme esquarre 
pour tquerre, du vieux fran^ais). 

Eqnestre , du L. equestris 
(equestre). 



Equidistant, du L. aequidis- 
tantem (parallele). 

Equilateral, du L. aequilate- 
ralis (Equilateral). 

Eqolllbre, du L. a equilibrium 
(Equilibre). — D. e'quilibrer. 

Equlnoxe, du L. aequinoctium 
(equinoxe). — D. iquinoxial. 

Eqwipew, terme de marine 

3ui signifie pourvoir un vaisseau 
es choses necessaires, d'ou par 
extension, pourvoir en general. 
Equiper, dans Tancien francais 
esquxperj greer un navire, derive 
du gothique skip (navire par le 
changement de sq en esq puis 'e'q 
(voy. espirer). — D. e'quipe (subst. 
verbal) Equipage ^ e'quipee, 6qui- 
pement. 

Equipollent, du L. equipol- 
lentem (Equivalent).— D.e'quipol- 
lence. 

Equitation, du L. equitatio- 
nem (equitation). 

Equlte, du L. aequitatem (Ega- 
lite). — D. equitable. 

Equivalent, du L. aequivalen- 
tem qui est egal). — D. Equiva- 
lence. 

Euulvalolr, du L. aequivalere 
(egaler) ; voy. aussi valoir. 

Equivoque, du L. aequivocus 
(a double sens) — D. iquvooquer. 

Erable, anciennement irabri 
trarbre, du L. acer (erable) et ar- 
bor. Pour le changement de arbor 
enarbre, dans irarbre, voy. ar- 
bre; pour celui de acer ou plutdt 
de acr (voy. p. lxxxi) en er voy. 
btnir pour la reduction de cr en r, 
voy. acheter pour le changement 
de a en e. Erabre a donne Erable 
par le changement de r en I (voy. 
autel. 

Ewaflcw, voy rafle. — D. Era- 
(lure. 

Eraitler, esrailler, du L. ex- 



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6RR 



214 



ESC 



rallare * (proprement user par le 
frottement, derive de rallum ra- 
cloir); sur ex devenu es puis 4 voy. 
aj outer. — D. e'raillement , trail- 
lure. 

Ere, du L. aera (epoque). 

Erectile, du L. erectilis* 
(m.s.). 

Erection, du L. erectionem (ac- 
tion d^lever). 

Ereintcr) voy. rein. 

Ereslpele, voy. e'rysip&le. 

Ergot, origine inconnue. — 1>. 
ergote". 

Ergoter, fatiguer son interlo- 
cuteur de. svUogismes, derive" de 
ergo (done; conclusion du syllo- 
gisme. — D. ergoteur.^ 

Eriger, du L. erigere (m. s.). 

£rmt<e, du L. eremita (er- 
mite) ; sur la chute de e, voy. ai- 
der. — D. ermitage. 

Erosion, du L. erostonem (ac- 
tion de ronger). 

Er©tique,duL.ero(tcu$(m. s.). 

Errata, mot latin signifianter- 
reurs. 

Erratlque, de L. erraticus (er- 
rant). 

£wemeM*#, marche, precede" 
que Ton suit . derive" de rancien 
verbe errer (voyager) aui a persiste 
dans le substantit verbal erre (al- 
lure) et dans la locution chevalier 
errant (qui voyage pour redresser 
les torts.) 

Errer qui est en provencal edrar, 
denve duL. iter are* (voyager, de 
iter chemin) par la contraction 
reguliere (voy. accointer) en iCrare 
et par le changement : 1° de tr en 
rr (voy arriere) ; 2° de t en e (voy. 
admettre). 

JBtfet*, du L. error em (erreur); 
sur o devenu eu, voy. accueillir. 

Errone,duL. erroneus (errant, 
vagabond). 



Eructation^ du L. eructatio- 
nem (action de jeter hors.) 

Erudlt, du L. eruditus (in- 
struct). 

Erudition, du L. eruditionem 
(instruction) . 

Eruglneux, du L. aeruginosus 
(couvert de rouille). 

Eryslpele, du L. erysipelas 
(inflammation de la peau) . 

J£#, contraction de en les (enls, 
puis ens, d'ou es par la reduction 
reguliere de ns a s, reduction etu- 
di6e au mot aini. Es (en les) a 
disparu de notre langue non sans 
laisser (juelques traces telles que 
maitre es arts, docteur es sciences, 
is mains , Saint-Pierre es liens , 
etc.... 

£#ca6eau, du L. scabellum 
(escabeau) par le changement de 
sc en esc (voy. esperer) t et de eJ- 
/um en eau (voy. ooneau). 

f Escadre, venu de Htalien 
squadra (m. s.). — D. escadrUle. 

| Escadron, venu au seizieme 
siecle de 1'italien squadrone (es- 
cadron). 

t Escalade, venu au seizieme 
siecle de 1'italien scalata ( esca- 
lade). — D. escalader. 

| Escale, de 1'italien scala (es- 
cale). 

| Escaller, du provencal esca- 
lier (m. s.) qui est L. scalarium * 
(derive de scala t echelle). 

| Escamoter, de l'espagnol 
escamotar (escamoter). — D. e*- 
camotage, escamoteur. 

| Escamper, s'enfuir, de 1'ita- 
lien scampare (se sauver, decam- 
per), d'ou la locution prendre la 
poudre d'escampette. 

| Escapade, de l'italiep scap- 
pata (escapade). 

Escape, du L. scapus (fui). 

MUtcavbot, diminutif d'un type 
escarbe * qui correspond au L. sea- 
rabaeus (scarabee). Scar{a)baeus 



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ESC 



215* 



ESP 



s'est contracts en scar'baeus (voy. 
p. lixxi) (Toil escarbot par le 
changement de sc en esc, et par 
l'additiondu suffixe ot (voy. chabot). 

Emcarboucie, du L. carbun- 
culus (escarboucle) avec prosthese 
d'un s; excarbunc(b)lus perdant 
regulierement u (voy. p. lxxxi, et 
reduisant nc a c (voy. coque) a 
donne escarboucle par le change- 
ment de u en ou (voy. accouder). 

lfccar»*elle 9 voy. tcharpe. 

Escargot, a 1'origine escargol, 
de ex (es), et de la racine cargol, 
qui correspond a 1'espagnol cara- 
col (escargot), a l'italien caragoUo 
(escargot), dont 1'origine commune 
est inconnue. 

| Escarmouche 9 de l'italien 
scaramuccia (escarmouche). 

+ Escarpe, terme de fprtifica- 
tion, de l'italien Scarpa (talus es- 
carpe) — D. escarper, escarpement. 
contrescarpe. 

f Escarpln, de l'italien scar- 
pino (escarpin). 

f Esearpolette, de l'italien 
scarpoletta (escarpolette). 

Esearre, ou mieux escharre, 
du L. eschara (esearre)* 

Eselent, du L. scientem (sa- 
chant). Sur sc devenu es, voy. es- 
p4rer. 

Emctandt^ , anciennement 
escandle, du L. scandalum (scan- 
dale, esclandre), Scand(a)/um 
contracts suivant la regie (voy. 
asperge) a donne scand'lum d'oii 
l'ancienne forme escandle (sur so 
devenu esc , voy. esperer) ; puis 
«?scJandre par Intercalation d'un 

(voy. Metre), et 4e changement 
de dlen dr (voy. apdlre). 

jE«efave, au dixieme sietle 
sclavus, au nfeuvieme slatnis, mot 
qui signifie proprement slave, et 
ne s'apphquait a 1'origine qu'aux 
prisonniers slaves faits par Char- 
lemagne, et qui avaient ete rS- 



I duits en servage. Des le dixieme 
I siecle, le mot sclavus prend le sens 

de serf en general, sans distinc- 
| tion de nationality. Sur scl de» 
I venu escl, voy. esperer. — D. es* 
: clavage, 
I Eacobarderie, mot d'origine 

historique (voy. p. lxv) ; user de 
, reticence comme Escobar (casuiste 

espagnol que Pascal a immortalise 

dans les Provinciates). 
j Jfrcogrijffe, ongine inconnue. 
| i Eacompter, de l'italien 
! stontare (escompter). — D. e*- 

compte (substantif verbal), 
t Escopette,de l'italien fcfetbp- 

petto (escopette). 
| | E»corte, de l'italien scorta 

(escorte). — D. escorter. 
| f Escouade, au seizieme sie- 

cle escouadre, et scouadre, de l'ita- 
lien squadra (troupes en bataille). 
fieour^ee , laniere . du L. 

excorrigiata * (composS de corn- 
I gia , laniere.) Excorr{X)giata con- 
tracts rSgulierement (voy. accoin- 

ter) a donnS escourgie par le 

changement : 1 • de ex en es (voy. 

ajouter) ; 2° de o en ou (voy. a/"- 

fouage ; 3° de ata en ie (voy. am- 
! poulty. 

. Etcowrgeott, orge , origin* 

inconnue. 
I jE«cow##c, du L. ftrctma *• 

(proprement secousse). — D. res- 

cousse. 
f Escrlmer, venu de l'italien 

schermare (escrimer). — D. es- 

crime (substantif verbal). 
j f Escroc, de l'italien scrocco 

(escroc). — D. escroquer^ escro- 
\ queur, escroquerie. 
j E*pace, du L. spatium (es- 

pace, par le changement: 1° de 
I sp en esp (voy. esperer) ; 2° de ft 

en c (voy. agencer). — D. espacer, 
! espacement. 
| f Espadon, de l'italien spadone 

(espadon). 



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ESP 



216 



ESQ 



f Espagnolette, mot venu au 
dix-septieme siecle de l'italien 
spagnoletta (espagnolette). 

f Espalier, de l'italien spal- 
liere (espalier). 

E»pece, du L. species (espece) 
sur sp devenu esp, voy. espirer 

Espew, du L. sperare. Aux 
ons initiaux sc (scribere) , sm 
jsmaragdus), sp (sperare), st (sta- 
tus) qu'il ne prononcait qu'avec 
difficult^, le peuple romain ajouta 
de bonne heure un i qui facilitait 
remission de cette consonne com- 
posee en la dedoublant. Des le 
quatrieme siecle on trouve dans 
les inscriptions ispatium pour spa- 
tium, tstare pour store, istetua pour 
sJatua, ispintu pour spiritu,ts*abi- 
lis pour stfabilis, ismaragdus pour 
smaragdus ; cet i ne tarde point a 
devenir e (voy. la regie etudiee au 
mot admettre), et on rencontre au 
cinquieme siecle dans les inscrip- 
tions chretiennes des formes telles 
que estatua ; espatium, dans les di- 
pldmes merovingiens : especiem, 
esperare, esJudium. Ge changement 
de sc en esc, de sm en esm, de sp 
en esp, de st en est se poursuivit 
en francais dans : espace (spatium), 
espece (species), esperer (sperare), 
estomac (sfomachum), esclandre 
(scandalum), esprit (spiritus), es- 
ter (sfare), escabeau (scabellum), 
escient (scientem) esclave (sJavus), 
escalier (scalarium). Des le sei- 
zieme siecle, plusieurs de ces mots 
subissent une modification : Vs 
tombe (voy. abime), et la sup- 
pression en est marquee par F ac- 
cent aigu qui surmonte Fe initial : 
etat (statum) , epice (species) . 
echelle (scala), ecrin (scrinium), 
e*tain (stannum), Stable (stabulum), 
etude (stiidium), tfpais (spfssus), 
rfcole (sch61u), e*troit (strfctus), 
epoux (*p6nsus), tfpine (spina); 
*pi (spfca), eloile (stelia), ecriture 



■ (scriptura), ecu (scutum), ecrouelle 
fscrofellae * ), tfmeraude (smaragda) , 
j epaule (spatula), tftablir (stab ilire), 
I e'treindre (stringere), epee (spatha), 
I ifcosse (Sc6tia). 

On en vint mSme par une fausse 
> assimilation a ajouter un e a des 
mots qui n'avaient point d's en la- 
tin ; corticem (foorce) , carbuncu- 
culus (escarboucle) , etc.... — D. 
espirance, de'sespe'rer. 

Esplegle, mot d'origine histo- 

rique (voy. p. Lxrv). Espiigle ne 

j remonte qu'au seizieme siecle ; 

epoque ou fut traduite en francais 

sous le titre d'Histoire joyeuse de 

| Till Ulespttgle, une nouvelle alle- 

i mande tres-populaire (Eulenspie- 

' gel) dont le heros fait nombre de 

I bons tours et d'espiiglertes; VHis- 

toire de Tiel Ulesjkigle, ou comme 

( on disait VHistoire de VEspiigle 

se repandit promptement, et ce 

mot a'Espidgle devint synonyme 

d'esprit malicieux. — D. espiegle- 

rie. 

f Esplon, de l'italien spione 
(espion). — D. espionner, espion- 
nage. 

f Esplanade* dans Montaigne 
splanade , de ritalien splanata 
(esplanade). 

Espoiw, du L. speres, (espoir); 
sur sp ,devenu esp, voy. espirer; 
sur e devenu oi, voy. accroire. 

f Esponton, de l'italien spun- 
tona (esponton). 

Esprit, du L. spiritus (esprit) 
par le deplacement de Faccent latin 
spiritus pour spiritus) et par le 
cnangement de sp en esp (voy. es- 
pe'rer) ; sur la chute de i, voy. ac- 
cointer. 

•Esquif, de Fancien haut alle- 
lemand skif (bateau) ; sk devenu 
esq, voy. esperer. 

Esquille, du L. schidulae * 
(diminulif de schidiae, eclat de 
bois) par la contraction r eg u Here 



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ESS 



217 



EST 



(voy. able) en schid*lae y et par le 
changement : 1° de dl en U (voy. 
allumer) ; 2* de sch en sc puis en 
esq (voy. esperer et p. xcix). 

| Esqulnsncle, au seizieme 
siecle squinancie, de I'italien schi- 
nanzia (m. s.). 

f Esnulsse, de I'italien schizzo 
(esquisse). — D. esquisser, 

Wtsqwiver, de Vancien haut 
allemand skiuhan (s'esquiver, se 
sauver par peur). 

Essai, epreuve, du L. exagium 
(pesage, experience pour conna!- 
tre le poids exact). Sur le change- 
ment: 1° de x en is, voy. aisselle; 
2° de agium en at, voy. attier. — 
D. essay er, essayeur. 

Emsaiwn^ du L. examen (es- 
saim d'abeilles) par le changement 
1° de x en ss (voy. ataeife) ; 2° de 
amen en aim (voy. airain). — D. j 
essaimer. ' I 

E*sarter, du L. exsaritare * 
(d6rive d'ex-*arttum , parti cipe de I 
ex-sarire, sarcler; sur la forma- 
tion des frequentatifs , voy. p. 
xxxm). Exsar(T)tdre a donne essar- 
ter • par la chute rSguliere de * \ 
fvoy. occotntw);2*le changement 
ae xs en is (voy. aisselle). — D. 
essartement. 

Essayev, voy. mat. 

Essence, duL. essentia (nature 
d'une chose) . 

Essentlel, du i..- essentialis 
(essential dans Isidore de Seville). 

JE«»etf fe, voy. seul. 

M$9sieu, dans Amyot aissieu, 
dans Montaigne aixieu, du L. axi- 
culus (essieyj par le changement : 
1° de a en at, puis en e (voy. ache- 
ter)\ 2° de x en si (voy. atsselle) ; 
3° de iculus en ieu (voy. ipieu). 

MSssow , voy. essorer. 
'Essorer. mettre a l'air, du L.* 
cxawrare * (arrive de aura, vent) . 
par le changement : 1° de * en is : 
(voy. atssewe); 2° de au en o, | 



voy. alouette. — Essorer avait au 
moyen age le sens de s'elancer 
dans les airs, d'ou le substantif 
verbal essor (prendre son ewor, son 
elan). 

Esso* filet* , du latin exaurt- 
culare * (couper les oreilles, de- 
rive* de auricula, oreille), par la 
contraction reguhere (voy. accoirir 
ter), de exaurtc(u)Jare en exau- 
riclare t et par le changement : 
1° de x en is (voy. axsseUe) ; 2° de 
au en o (voy. alouette); 3° de cJ en 
U (voy. abeille). 

Essouflier , voy. souffler. 
• £s««fyet* 9 en italien asciugare. 
du L exsuccare (6ter l'humidite 
en frottant). Exsuccare, reduisant 
les cc a c (voy. 6ec), a transforme 
exsu(c)are en essuyer par le chan- 
gement de xs en si (voy. aisselle) 
et par la chute du c medial (voy. 
affouage). — D. essui (subst. ver- 
bal). 

Est, mot d'origine germanique 
(allemand ost 7 anglais east). 

f Estaeade, de I'italien stec- 
cata (estaeade). 

f Estafette, de Htalien staf- 
fetta (estafette). 

f Estafier, de I'italien staf/iere 
(laquais). 

f Estalllade, de Titalien staf- 
filata (coupd'6triviere). 

Estamlnet, origine inconnue. 

f Estampe, de I'italien itompa 
(estampe). — D. estampille. 

f Estamper, de I'italien stam- 
pare (estamper). 

Estampille, voy. estampe. 

Ester, du latin stare (assister), 
par le changement de st en est 
(voy. espirer). 

Esthetlque, du grec at(r0r]Ttx6c 
(qui est relatif au sentiment). 

Estimation, du L. aestimatio- 
nem (m. s.). — D. estimateur, esti- 
matif. 

Estlmer, du L. aestimare 
13 



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•£ta 



218 



6TA 



(m. s). — D. estime (subst. ver- 
bal), estimable; misestimer, mi- 
sestime. 

Estoc, baton, puis epee, en ita- 
lien stoccOy de Pallemand stock (ba- 
ton), par le changement de st en 
est (voy. esperer). 

j- Estocade, de Pitalien stoc- 
cata (estocade). 

EstomaC) du L. stomachus 
(estomac) ; sur st devenu est, voy. 
espirer. 

f Estompe, de 1'allemand 
stump f (proprement emousse). 

f 1. Estrade, route, de Pitalien 
strada (route : d'ou la locution 
battre Vestrade). 

f 2. Estrade, plancher elev6, 
de Titalien strato (plancher). 

Estragon., corruption du L. 
dmconem (primitif de dracuncu- 
lus, estragon), avec adjonction du 
prefixe ex. Sur les mots francais 
qui sont le produit d'une corrup- 
tion, voy. p.'cv. 

f Estramacon, de Pitalien 
stramazzone (epee). 

f Estrapade, de Titalien strap- 
pata (estrapade). 

| Estropler, de Pitalien strop- 
piare (estropier). 

Estualre, du L. aestuarium 
(espace de terre couvert d'eau a la 
jnaree montante). 

E&twrgeon, en espagnol estu- 
rton, du L. du moyen age sturio- 
nem (esturgeon; ce latin sturio 
derive de Pancien haut allemand 
sturio, esturgeon). 

Sturionem a donn6 esturgeon, 
par le changement : 1° de st en est 
(voy. espirer) \ 2° de to en jo, puis 
geo (voy. abriger). 

Et, du Let (et). 

Etabie, anciennement estable, 
du L. stabulum (etable), par la 
chute reguliere de \'U penultieme 
(voy. able), et le changement de 
H en est, puis it (voy. espirer). 



Etablir, ancienn. establir, da 
L. stabilire (Stablir). Stab(t)lire, 
contracte regulierement (voy. ac- 
cointer) en stab'lire, a donne itov- 
blir, par le changement de st en 
est t puis it (voy. espirer). — D. 
itabli (subst. verbal), itablisse- 
ment. 

Etage, ancienn. estage (de- 
meure), en provenc,al estatge (resi- 

| dence), du L. staticum* (propr. 

I lieu ou Pon se tient, derive ae sta- 
tus, etat. Staticum mdique P6tat, 

| Pordre dans lequel sont places les 

I differents appartements d'une mai- 

I son. 

Staticum a donne ttage, par le 

I changement : 1 # de aticum en age 

| (voy. dge) ; 2° de st en est, puis it 

• (voy. esperer). — D. ilager, eta- 
gire. 

i Etai, ancienn. estay, mot d'o- 
rigine germanique (flamand sta- 

i «ye^appui, soutien). — D. itayer. 

Etaitn, ancienn. estaim, du L. 
stamen (fil de la quenouille) par le 
changement : 1° de amen en aim 
(voy. airain); 2° de st en est puis 
it (voy. espirer). 

Etain, ancienn. estain , en ita- 
lien stagno, duL. stagnum* (forme 
archaXque de stannum, etain). 
Stagnum a donne itain par le 
changement : 1° de se en est puis 
it (voy. espirer) ; 2° de gn en in 
(voy p. ci) . — D. itamer, d'itain, 
comme venimeux, de venin. 

Etat, ancienn. estal, en italien 
stallo, mot d'origine germanique 
(ancien haut allemand stal, an* 
glais stall, m. s.). — D. italer; 
ditaler (serrer ses marchandises 
et fuir). 

Etater, voy. ital. — D. ita- 
lage, italdgiste. 

1. Stolon, ancienn. estalon, 
en italien Stallone, cheval que 
Pon garde a Pecurie, et qui n'est 



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219 



fiTE 



point soumis au travail. L'itahen 
Stallone tetalon) derive de staUa 
(ecurie); ae meme notre mot fran- 
$ais estalon derive du latin du 
moyen age stallum ecurie (par le 
changement de st en est, puis it, 
voy. espirer; et laddition du suf- 
fixe on, voy. aiflf/on. Le latin 
stallum est l'ancien haut allemand 
stall, Stable). 

Ge oui met hors de doute cette 
etymologie, c'est qu'on trouve dans 
les Lois Barbaras equus ad stallum 
(pour etalon; proprement leche- 
val qui reste a lecarie). La Lex 
Wisigothorum, vni, 4 : « qui alie- 
num animal aut quemcumque qua- 
drupedemquiad stallum servatur, 
castrav^ » 

2. Etaiom. de mesure, an- 
cienn. estalon, dans la basse la- 
tinite stallonem (regie qui serf 
d'etalon, propr. baton, derive de 
l'ancien haut allemand stihU, ba- 
ton) ; sur le changement de st en 
est puis it, voy. espirer. 

JEfamet*, voy. itain. — D. 
itamage, itameur. 

1. .tot amine, anciennement 
estamine, deriv6 d'estame qui est 
le L. stamen (tissu) par le chan- 
gement de st en est puis it (voy. 
espirer) . 

2. £tamit»e (botanique), du 
L. stamina (filaments) ; sur st de- 
venu est puis #, voy. espirer. 

Etanchew, origine mconnue. 

l£*cmcoit, soutien, ancienn. 
estancon, derivS de l'ancien fran- 
cais estance (soutien) qui est le L. 
stantia* (qui se tient debout) ; sur 
st devenu est voy. esperer; sur tia 
devenu ce, voy. agencer. — D. 
4tanponner< 

JEtottg, ancien francais estang, 
du L. stagnum (etang). Sur st de- 
venu est, puis tff, voy. esperer. — 
Sur yn latin devenu ng en fran- 



cais, cf. poinflf (pugnus), seing (si- 
gn\xm) , lingt (vip'nti). 

Etape, anciennement estaple, 
proprement entrepdt, magasin de 
vivres (encore avec ce sens dans 
Montesquieu), puis specialement 
magasin de vivres pour les troupes 
en marche, et par extension lieu 
ou les troupes s arretent. 

ttaple, qui est dans le latin 
du moyen age stapula est d'ori- 
gine germamque {haun. stapel en- 
trepdt). 

stap(U)la contracte reguliere- 
ment (voy. able) ens tap' la adonne 
estaple puis estape, itape par le 
changement de st en est puis it 
(voy. espirer), et par la chute de 
I (voy. able). 

Etat, anciennement estat, du 
L. status (etat). Sur st devenu est 
puis it, voy. esperer. 

£*«ro, anciennement estau , de 
l'allemand stock (dans la composi- 
tion allemande schraub-stock, 
6tau); sur st devenu est, et, voy. es- 
perer. 

Etayer, voy. itai. — D. itaye- 
ment. , 

1 . jE*e, voy. itre. 

2. Etc, anciennement esti, du 
L. aestatem (£te*); par le change- 
ment : 1 9 de ae en e (voy. p lxxxvi); 
2 a par celui de atem en i (voy. 
abbi) ; 3° par la chute de s (voy. 
abime). 

Eteindre, anciennement es- 
teindre, du L. exstinguere (etein- 
dre). Exsting(ue)re reduit a exstin- 
g(e)re (voy. p. xc) ; puis a exsting'n 
(voy. p. lxxxi), d'ou exstin're qui 
a donne esteindre par le change- 
ment de nr en ndr (voy. absoudre); 
enfin iteindre par la chute de s 
(voy. abtme).— D. iteignoir. 

Eteitdawni, enseigne que 1'on 
deploie, d6riv6 par le suffixe ard, 
du L. extendere (deployer). Pour le 



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till 



220 



£TO 



changementdelettres, voy. iten- 

dre. 

Etendre, anciennement esten- 
dre, du L. extendere (etendre) : sur 
ex devenu es puis i (voy . ajouter et 
abime) : sur le changement de ten- 
dere en tendre, voy. ce mot. — u. 
etendue (subst. participial). 

kernel, du L.aeternalis (eter- 

nel). ., " 

Eternlte, du L. aeternttatem 
(eternite). — D. iterniser. 

figemuer, anciennement es- 
ternuer, du L. sternutare (eternuer) 
par la chute du t medial (voy. a&- 
baye) , et le changement de si en 
ert puis # (voy. esperer). — D. 
ttemuement. 

Eteuie, anciennement esteule, 
al'origine estuble, du L. dtputo 
(paille). #tp(*)lo contracte sui- 
vant la regie (voy. able) enstipla 
a donne estuble parle change- 
ment : 1° de st en est (voy. en*-' 
rer); 2° de p en b (voy. (obetMe). | 
— Estuble, vocalisant bl en w 
(voy. aurone et aloiietts) est de- 
venu estule d'ou esteule par le 
changement de u en eu (voy. bea- 
rer), puis itevXe par la chute de * 
(voy. ablme). 

Ether, du L. aether (feu 616- 
mentaire). — D. eWre*. 
Etolque, duL ethica (morale). 
Ethnique, du L. ethnieus 
(paien, gentil). 

Ethnographic, du grec iOvo; 
(nation) et yp&peiv (ecrire). — D. 
etfrnographtque, ethnograpne. 

Etiage, du L. oe*ttVa;tcum* 
(propreroent niveau aes eaux pen- 
dant l'ete) par la chute du v me- 
dial (voy. aieul) , celle de * (voy. 
abime) et par le changement: 
V de aiicum en age (voy. age) ; 
? de oe en e (voy. p. lxxxvi). 
Etiiteelle, anciennement es- 



tincelle, en italien scintilla, du 
I L. *cm*iUa (etincelle) ,parlatrans- 
1 position de scintilla en stxncxUa * 

(voy. p. lxxxvi) d'ou ttineelle par ' 

le changement r 1° de t en e (voy. 
! admettre) ; 2° de st en est puis it 
1 (voy. esptrer) . — D. ttinceler* 
I JEtfofcf , origine inconnue- — 

D. e'tiolement. 
I Etlologie, du g*ec aVcuoVrjt* 

partie de la medecine qui traite 

des causes des maladies) . 
EUque, voy. hectique* — D. 

Etiquette, origine inconnue % 
— D. ttiqueter. 

Eioffe, anciennement etto/fe, 
en italien sfo/jfa, de Tallemand *to/f 
(etoffe). — D ttoffer. 

Etoiie, anciennement estoile 
du L. Stella (6toile) par le chan- 
gement : 1° de e en oi (voy. oe- 
crotre); 2° de st en est puis tt 
; (voy. espirer). — D. e'totle. 
| Ctofe, anciennement estole, du 
, L. stola (etole) par le changement 
de st en est puis # (Voy. esperer). 
Etonnew, anciennement eston- 
ner, du L. extonare (compose de 
ex et du radical tonare qui est 
dans at-tonare, etonner). Sur le 



changement deea? en es, voy. ajou- 
ter); sur ceiui de es en e, voy. 
abime. — D. e'tonnewent. 

Etouffew, anciennement es- 
touffer, compose de ex et d'un ra- 
dical touffer * derive du grec ™po<;, 
(vapeur , qui se trouve dans le pro- 
vencal touffe vapeur suffocante, 
dansrespagnoltu/o, vapeur). 

ttouffer signine done propre- 
ment Hie e*tou/)V par la vapeur. — 
D. itouffie (subst. participial); 
itouffement, itouffoir. 
I Etowpe') anciennement es- 
I loupe, du L. stuppa (etoupe), par 
le changement : de 1° de st en est 



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221 



£TR 



puis it (voy. esvirer) ; 2* de u en 
ou (voy. accouoer) ; 3° de pp en p 
(vo^. chape). 

Etowrdir, anciennement es- 
tourdir, en italien stordire, du L. 
extorpidire (etourdir ; rendre im- 
mobile, rendre torptdus). Extor- 
pidire contracts suivant la regie 
(voy. accointer) en exlorp'dire a 
reduit pd a d (voy. hideux); ex- 
tordire a donne estourdir par le 
changement : 1° de o en ou {voy. 
affouage); 2° de ea; en es (voy. 
ajottter) , — puis e'tourdir par la 
chute de * (voy. abime). — D. 
itourdi, itourdissement, itourde- 
rie.^ 

£tout»»teoH, anciennement es- 
tournel, du L. stumellus (diminu- 
tif de sturnus, etourneau), par le 
changement : 1° de st en e«* puis 
it (voy. esp&ter) ; 2° de * en ou 
(voy. accouder); 3° de eWus en el 
puis eau (voy. agneau). 

Etrange, anciennement es- 
trange, du L. extraneus (qui nous 
est etranger), par le changement: 
1° de ea> en es puis 4 (voy. a j outer 
ei dbime) ; 2° ae eus en ge (voy. 
abriger). — D. itrangeti, ilrange- 
menu 

Eiranger , anciennement e$- 
fran^er, en italien straniere, du L. 
extranearius * (denve de eartra- 
neus, Stranger). Zartraneartus, de- 
venant extranixrius (voy. abriger 
et agencer) , — a change ta en ye 
(voy. abriger); pour les autres 
changements de lettres, voy. 
itrange. — D. itrangeti. 

Etranaier, anciennement es- 
trangler, du L. strangulate (Wran- 
gler) par la contraction rlguliere 
(voy. accointer) en strang'tare, et 
le changement de st en est puis it 
(vojr. esperer). — D. itranglement. 

Eire. Le verbe Ifrse eteit de- 
fectif en latin, etil empruntait six 



temps {fui, fueram, futro, fuerim, 
fuissem, forem) a Pinusite fuere. 
En francais, le verbe e^re est com- 
post de trois verbes differents: 
1* Fuo qui a donne le preterit fug 
(fui), et le subjonctif fusse (fuis- 
sem) ; 2° Stare qui a donn6 le par- 
ticipe pass6 iti, vieuz francais estt 
(status) ; 3* Esse qui a fourni tous 
les autres temps et en particulier 
l'infinitif present itre, en vieuz 
francais estre. 

Aux verbes defectifs tels que 
veUe> posse y offerre, inferred esse, 
quietaient trop courts pour donner 
des infinitifs romans, le latin vul- 
gaire ajouta la desinence re et les 
assimila faussement aux verbes de 
la deuxieme conjugaison. — C'est 
ainsi que des le sixieme si&cle on 
trouvedans les textesmerovingiens 
voMre (pour velle), potere (pour 
posse) , offerrere (pour offerre) , tn- 
ferrere (pour inferre), essere (pour 
esse). 

Essere, etant accentue essere, 
se contracta suivant la regie (voy. 
p. lxxxi) en ess're; sr don n ant itr 
(voy. accrottre), essWe devint estre 
qui est aujourd'hui itre (sur la 
chute de s, voy. dbime) . Cette 6ty- 
mologie est d'ailleurs confirmee 
par la forme du verbe itre dans 
les autres langues romanes, qui 
est essere en italien, ser en espa- 
gnol, ser en portugais, esser en 
provencal. 

Aceux d'ailleurs qui'douteraient 
qu'essere ait jamais existe, il est 
aisede repondre par des textes po- 
sitifs. 

Dans le Becueil descriptions 
romaines de Gruter (n°1062, 1), on 
lit cette epitaphe trouvee a Rome 
dans une eglise du septieme sie- 
cle: Cod estis fui et quod sum 
essere abetis, e'est-a-dire quod es- 
tis, fui: et quod sum y essehabetis. 
(Ge que vous etes, je le fus, et ce 



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fiTR 



222 



6TY 



que je suis, vous aurez a l'dtre). 
Nous trouvons dans une serie de 
dipldmes carlovingiens, a Pannee 
820: « quod essere debuissent.... * 
— al'annee 821 : » essere de be- 
nificio, » a l'annee 836: « quod de 
ista ecclesiaVulfaldo episcopus es- 
sere debuisset. » On trouve meme 
cet allongement en re applique 
aux composes d'esse (tels qu'od- 
esse, etc...); comme par exemple 
dans cette cnarte de 818 : « quam 
ingenuus adessere. » 

II est inutile de donner d'autres 
preuves de ce fait, qvCitre et essere 
sont un seul et meme mot. Per- 
sonne ne croit plus aujourd'nui 
qu'^tre derive du latin stare. Com- 
ment stare eiit-il pu devenir Sire 
puisqu'en latin l'accent est sur sta 
Istdre) ? D'ailleurs comment stare 
s'accorderait-il avec le provencal 
esser, I'italien essere, l'espagnol et 
le portugais ser? Knfin on sait 
d'une maniere precise que stare a 
donne en francais ester, et il n'a 
pu donner autre chose. On dit ester 
en justice (stare in justitia). Ester 
est encore demeure dans quelques 
composes, tels que r ester (re-stare); 
arriter, en vieux francais arrester 
(adre-stare). 

Etrecir, voy. itroit. — D. re- 
tricir, ritricissement. 

Etreindre, anciennement es- 
treindre, duL. stnn0ere (etreindre) 
par le changement de st en est, 
puis it (voy. esp&rer) ; pour ingere 
devenu eindre, voy. astreindre. — 
D. itreinte (substantif verbal). 

£tft*emte, anciennement es- 
trenne. du L. strena (etrenne) par 
le changement de st en est puis it 
(voy. espirer). -r D. itrenner. 

Eiwiew, proprement courroie, 
Vitrier n'etant a l'origine qu'une 
courroie ; itrier, anciennement es- 
trier, contraction de estri[y]ier. 



(Cette forme avec t a persists dans 
itriviere, anciennement estriviire, 
courroie). Estrtvier * est le derive 
d'estrif (qui veut dire itrier dans 
notre ancienne langue)- estrif est 
d'origine germamque(all. strippe, 
courroie). 
Four le changement de st en est 

Suis it voy. espirer ; pour la chute 
u v, voy. aieul. 

£*tnf fe ? anciennement estrille, 
du L. strigtlis (etrille); strig(i)lis 
regulierementcontracte en stng'lis 
a donne itrille par le changement : 
1° de st en est puis it (voy. espi- 
rer); 2° de gl en U (voy. cailler). 
— D. itriUer. 

Etriquer, origine inconnue. 

£fffoiet*e, voy. itrier. 

Etroit, anciennement estroit, 
duL. sirictus (etroit) » par le chan- 
gement: 1° de st en est puis it 
(voy. espirer); 2°de tee en oxt (voy. 
attrait). — D. itroitesse, iiriciT 
(non itroicir, voy. p. xci). 

Etude, anciennement estude, 
du L. studium (etude) : sur st de- 
venu est puis &, voy. espirer, — 
D. itudier, itudiant. 

Etui, anciennement estui, en 
provencal estug, en espagnol estu- 
che, mot d'origine germanique 
(moyen haut allemand stUche, 
6tui , galne). Sur st devenu est puis 
it, yoy. espirer. 

Etuve, anciennement estuve, 
en provencal estuba , du L. du 
moyen age tfuba (etuve, deriv6 
lui-mfime de l'ancien haut alle- 
mand stupa, 6tuve). 

Stuba a donne ituve par le chan- 
gement: 1° de st en est puis it 
(voy. espirer); 2° de & en v (voy. 
at?ant). — D. ituver, ituvte (sub- 
stantif participial), ituviste. 

^tymologle, du L. etymologia 
(m. s.). — D. Ifymologtgue, Ifymo- 
lo0ttfe. 



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fiVA 



223 



fiVI 



JEw, anciennement eft, & Tori- 
gine ail, avud, du L. habutus (sur 
les participes en ufw*, voy. 5ti. 
Ha{b)utus a donne eu par la chute 
du & m6dial, voy. abot/cr, et par 
le changement: 1° deoen« (voy. 
acheter)', 2° de utus en t* (voy. 
atou) , 3° par la disparition de h 
initial (voy. atelier). 

Eucharlstle, du L. eucharis- 
fia (meme sens dans saint Cyprien). 
— D. eucharistique. 

KncoIo«e,dugrectux>j (priere) 
et >6yo; (discours). 

Eudlometre, du grec eu8ioc 
(serein) et [xetpov (mesure). 

Ennuque, du L. eunuchus 
(m. s.). 

Euphemlmme, du grec ev?t)- 
pii<TfjL6; (discours de bon augure). 

Euphonic, du grec e\tyu>\ia 
(belle voix). — D. euphonique. 

Euphorbo , * d u L euphorbia 
(plante a sue laiteux). 

JBwjc, anciennement eus, a Fo- 
rigine els, du L. illos (eux) par la 
contraction reguliere de ill{o)s en 
UVs voy p. lxxxi) ; le changement 
de % en c (voy. admettre) et de tTs 
en ete ; la transformation de els en 
eus (voy. o^n^aw), et de eus en 
eii» (voy. deux). 

Evacuation, du L. erocuafto- 
nern (action de vider), 

Evacuer, duL. evacuare (vider) . 

trader (s*) , du L. evadere (se 
sauver). 

Evaluer, voy. vaUrir. — D. 
evaluation. 

EVangellouc, du L. evangeli- 
cus (m. s.). 

Evangcllscr, du L. evange- 
lixare (m. s.). 

Evangeliiite, du L. evangelista 
(m.js.;. 

Evangiie, du L. evangelium 
(evangile) par le changement de e 
en t (voy. admettre). 



£voMotc<f 9 proprement dispa- 
rattre, anciennement esvanouir, en 
italien svanire, — compose du L. 
ex et de l'adjectif vanus (sans rea- 
lite, comme dans les expressions 
vana simulacra, vana imago). Le 
rapport exact entre le radical la- 
tin et le derive franc, ais est dif- 
ficile a preciser. — D. evanouis- 
sement. 

Evaporation, du L. evapora- 
tionem (m. s.). 

Evaporer, du L. evaporare 
(evaporer) . 

Evuser, voy. vase. — D. 4va~ 
sement. 

EraoU, du L. evasivus* (evasif 
deriv6 de evatus, evite, voy. iva- 
der). 

Evasion, du L. evasionem (d6- 
livrance, dans saint Jerdme). 

Jbreche, voy. Mque. 

EveiUer, anciennement es- 

veiller, du L. exvigilare* (s'e'veil- 

ler). Pour le changement de lettres, 

voy. veiller. — D. e'veil (substantif 

j verbal) ; re'veiller. 

f Ercncmcnt , venu au sei- 
zieme siecle de l'italien evenimento 
(ev^nement). 

JBvetttaif, voy. eventer. — D, 
eventailliste. 

Avenfet*, voy. vent. — D. 
e'ventail, e'ventaire, event (subst. 
verb.). 

Evenlrer, voy. ventre. 

Erentuel, du L. eventualis* 
(de eventus, evenement). — D. 
e'ventualite'. 

Eveqne, du L. episcopus (evS- 
que dans saint Augustin). Pour le 
changement de lettres, voy. arche- 
vique — D. ive*chi. 

E version , du L. eversioner 
renversement). 

Evewiuev (s*) , voy. vertu. 

Eviction, du L. evxetionem (re* 



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EXA 



224 



EXC 



couvrement d'une chose par juge- i 
ment). > 

Evidence, duL. evidentia {6vi- I 
dence). | 

Evident, du L. evidentem (vi- 
sible). I 

JEtoitfet*, voy. vide, — D. ew- 
doir. 

JEfoiet* , de>iv6 de foe forme ar- 
chaXquede eau. (Pour l'6tymolo c r ie 
de eve, voy. eau). 

Evlneer, du L. evincere (triom- 
pher de) . 

Kilter, du L. etritare (6viter) 
— D. Mtable. 

Evocation, du L. evocationem 
(evocation). 

Solution, du L. evolutionem 
(action de derouler), 

Evonner, du L. evocare (ap- 
peler). — D. ivocable. 

Exacerbation, du L. exacer- 
bationem (action d'irriter). 

Exact, du L. exactus (exact).— 
D. exactement, 

Exaeteur,du L. exactor (meme 
sens). 

Exaction, du L. exactionem 
(exaction). 

Exactitude, du L. exactitudo * 
(derive de exactus exact) 

Exoneration, du L. exaggera- 
tionem (amplification). — D. exa- 
gerateur. 

Exagerer, du L exaggerate 
(exagerer). 

Exaltation, duL. exaltationem 
(orgueil, dans Tertullien). 

Exalter, du L. exaltare (exal- 
ter). 

Exameo, du L. examen (exa- 
men). 

Examlnatear , du L. exami- 
nator (celui qui examine). 

Examiner, du L. examinare 
(examiner). 

Exantheme , du L. exanthe- 
mata (pustules). 



Exasperation, duL. exaspe- 
rationem (irritation). 

Exaaperer, du L. exasperate 
(irriter). 

Ifrcatecef , ecouter favorable- 
ment celui qui prie, proprement 
Ydever, le grandir, eh lui accor- 
dant ce qu'il demande, du L. exaU 
tiare* (elever, dSriv6 de altus 
haut) par le changeraent : 1° de al 
en au (voy. agneau); 2* de Hare 
en cer (voy. agencer). — D. exau- 
cement. 

Excavation, du L. excavatio- 
nem (m. s.). 

Excedant, du L. excedentem 
(qui outre-passe). 

Exeeder, du L. excedere (ex- 
cede r). 

Excellemment, voy. exceller. 

Excellence, du L. excellentia 
(grandeur). 

Excellent, du L. excellentem 
(supeneur). 

Excellentlsslme , du L. excel- 
lentissimus (le plus eminent). 

Exceller, du L. excellere (ele- 
ver). 

f Excentrlclte, venu recein- 
mentdel'anglais eccentricity(memQ 
sens). 

f Excentrlque, venu recem- 
ment de l'anglais eccentric (m. s). 

Exceptor, du L. exceptare (ex- 
cepter). 

Exception, du L. exceptionem 
(exception). — D. exceptiannel. 

Excea, du L. excessus (exces). 
-«- D. excessif. 

Exeiper, du L. excipere (alle- 
guer). 

Excision, du L. excisionem 
(entaille) 

Excitable, du L. excitabilis 
(oropre a reveiller). — D. excita- 
Mitt. 

Excitation, du L. excitationem 
(action de reveiller). — D. excitOr- 
tour* excitatif* 



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EXE 



225 



EXH 



Exciter, du L excitare (reveil- 
ler). — D. excitant. 

Exclamation, du L. exclama- 
tionem (eclat de voix). —D.excla- 
matif. 

JEaccltfre, du L. excludere 
(exclure). Pour le changement de 
lettres, voy. conclure. 

Exclusion, du L. exclusionem 
(eiclusion). — D exclusif. 

Excommunication, du L. 
excommunicationem (m s.). 

Excommunter, du L. excom- 
municate (m. s.). 

Excrement, du L. excremen- 
tum (m. s.). 

Excretion, du L. excretionem* 
(m. s.). 

Eoccroissane*) du L. excres- 
centia* (derive de excrescentem, 
part, de excrescere pousser). Pour 
le changement de lettres, voy. 
croissance. 

Excursion, du L. excursionem. 

Excuse, voy. excuser. — D. 
excusable. 

Excuser, du L. excusare (excu- 
ser). — D. excuse (substantif verbal). 

Execrable, du L. execrabUis 
(execrable). 

Execration, du L. execratio- 
nem (execration). 

Bxecrer, du L. §x$erari (exe- 
crer). 

Executor, du L. executare* 
(m. s., derive de executus; voy. 
p. xxxm). — D. executant j execu- 
table. 

Executeur, du L. executor 
(executeur). 

Execution, du L. executionem 
(execution). — D. exe'cutif. 

Executotre, du L. executo- 
rius* (derive de executare.) 

Exegese, du gfec Itfiynatc (ex- 
plication). — D. exigitique. 

I* Xxemplalre, du L. exem- 
plaris (m. s. dans le latin de la 
theologie). 



2. Exemplalre, subst. du L. 
i exemplarium (copie, exemplaire 

dans Arnobe). 

I Exemple, du L. exemplum 
i(m.s.). 
i Exempt, du L. exemptus 

(exempts). Le sens d'officier de 

Solice donne au mot exempt vient 
e ce que sous l'ancienne monar- 
I chie, des officiers de cavalerie 
etaient exempts du service regu- 
i lier et detaches pour commander 
j les escouades de la marechaus- 
j see, d'ou leur titre & exempt. 
Exempter. du L. exemptare* 
(exempter, derive de exemptus, 
exempt^). 

| Exemption , du L. exemptionem 
(m. s.) 

i Exequatur, mot latin signi- 
fiant qu'il execute. 
< Exercer, du L. exercere (m.s.) 
Exereice, du L. exerdHwn 
(exereice). 

Exergue, du arec ix (hors de) 
et Ipyov (ouvrage). 

Exfoliation^ du L. exfoliatio- 
nem * (m. s.) 

Exfoller, du L. exfoliate (ef- 
feuiller). , 

ffceltotoisott, du L. exhala- 
tionem (m. s.). Snrationem devenu 
aison, voy. fenaison. 

Exhalation, du L. exhalatio- 
nem (m. s.). 

Exnaler, du L. exhalare (exha- 
ler). 

IfaeJUmssef, du L. exoMiare* 
(rendre plus baut; deriv£ de altus, 
haut) par le changement : 1° de 
al en au (voy. agneau); 2° de tiare 
en sser (voy. agencer) ; 3° par l'ad- 
dition d'un h (voy. haut). — D. 
exhaussement. 

Exhereder, du L. exheredare 
| (desheriter). — D. exhtrtdation. 
* Exhlber, du L. exhibere (m. s.). 
I Exhibition, du L. exhibitionem 
.(m.s.). 



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XP 



226 



EXP 



Exhortation, du L. exhortatio- 
nem (m. s.). 

Exhorter, du L. exhortari 
(m. s.)- 

Exhumer, du L. exhumare 
(deterrer). — D. exhumation. 

Exigence, du L. exigentia 
(m. s.). 

Exlger, du L. exigere (recla- 
mer, exiger). — D. exigible. 

Exlgu, du L. exiguus (m. s.). 

ExlguVte, du L. exiguitatem 
(m. s.). 

Exll, du. L. exilium (m. s.) — 
D. exiU, exiier. 

Exister, du L. existere (exister). 
— D. existence. 

Exorable, du L. exorabilis 
(m. s.) 

Exorbitant , du L. exorbitan- 
tem (qui s'ecarte). 

Exorclser, du L. exorcizare 
(m. s). 

Exorclsme, du L. exotcxsmus 
(m s.). 

Exorde, du L. exordium 
(exorde). 

Exoterique, du L. exotericus 
(commun, trivial). 

Exetlque, du L. exoticus 
(m. s.). 

Expannlff, du L. expansivus * 
(d6rive de expansus, 6tendu). 

Expansion, du L. expansionem 
(m.s) 

Expatrler, du L expatriate* 
(s'expatrier) , dans la latinit6 du 
moyen age. 

Expectant, du L. expectantem 
(qui attend). 

Expectotlve, du L. expecta- 
tiva * (attente, derivS de expecta- 
tus (attendu) 

Expectorer, du L. expectorate* 
(m. s.). — D. expectoration. 

Expedient, du L. expedientem 
(qui dSgage). 

MSaepedie**) du L. expeditare* 
frequentatif de expedite, exp6dier 



voy. p. xxxra) ; par la chute du t 
mldial, voy. abbaye. 

Expediteur, du L. expeditor * 
(m. s,). 

Expedltlf , du L. expeditious* , 
derive de expedite (tirer d'em- 
barras). 

Expedition, du L. expedition 
nem (m. s.). — b. expdditionnatte . 

Experience, du L. experientia 
(m.s.). 

Experimental, du L. expert- 
mentalis * (m. s.). 

Experimenter, du L. experi- 
mentate (essayer), 

Expert, du L. expettus (qui a 
^experience de). — D. expertise. 

Expiation, du L. expiationem 
(m. s.), 

Explatolre, du I. expxatotius 
(m. s.). 

Expler, du L. expiate (m. s.). 

Explrer, du L. expitare 
(m. s.). 

Expletlff, du L. expletivus 
m. s.)- 

Explleatlff, du L. explications* 
(m. s.). 

Explication, du L. explication 
nem (explication). 

Expllclte, du L. explicitus (ex- 
plique). 

Expllquer, du L. explicate (ex- 
pliquer). 

Exploit, substantif verbal 
^exploiter 

Exploiter, en provencal ex- 
plectat, du L. explicitate (fre- 
quentatif de explicate, achever, 
terminer; puis accomplir, agir; 
voy. p. xxxni). Explic{\)tate , con- 
tract^ regulierement (voy. accoin- 
tet) en explicHate, a donne ex- 
ploiter, par le changement de ic\ 
en oit (voy. atttait). — D. exploit 
(subst. verbal), signif. propre- 
ment acte (comme son primitif 
indirect explicate a eu le sens d'a- 
gir), exploitation. 



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EXT 



227 



EXT 



Bxploratear, du L. explorator 

(m. s.) 

Exploration , du L. explora- 
Honem (observation). 

Explorer, du L. explorare 
(m. s.) | 

Explosion, du L. explosionem 
'(action de. rejeter). 

Exporter, du L. exportare 
(m. s.). — D. exportation, expor- 
tateur. 

Exposer, du L. expausare, 
compose" de pausare (placer). — 
D. exposant. 

Exposition, du L. exposition 
nem (m. s.). 

MSacprhsj du L. expressus 
(clair. formel). — D. expres (ad- 
verbe). 

f Express, venu recemment 
de Panglais express (m. s.). I 

Expresslff, du L. expressivus * ' 
(expressif, deriv6 de expressus, 
exprim6). 

Expression, du L. expressw- 
nem (m. s.) 

Exprlmer, du L. exprimere 
(m. s.). 

Expropriation , voy. expro- 
prier. 

Exproprler, du L. expropriare* 
(m. s.). — D. expropriation. 

Expulser, du L. expulsare 
(renvoyer). 

Expulsion , du L. expulsionem 
(m.«.). 

Expurger, du L. expurgare. 

Eacqwis, du L. exquisitus 
(choisi, excellent); sur la chute 
des deux dernieres syllabes, voy. 
p. lxxxi. 

Exsuder* du L. exsudare (s'e- 
vaporer entierement). — D. exsu- 
dation. 

Extase, derive du grec 5x<xta- 
<xi? (ravissement d'esprit). — D. 
exstasier. 

Extatloue, du grec £x<rraTtx6; 
(pa. s.). 



Extenslf, du L. extensivus 

(susceptible oVextension) . 

Extension, du L. extensionem 
(m. s). — D. extenseur, exten- 
sible. 

Extenuation, du L. extenua- 
tionem (m. s.). 

Extenuer, du L. extenuare (af- 
faiblir). — D. extenuation. 

Exterteur, du L. exterior 
(m. s.). 

Extermlnatenr, du L. exter- 
minator (exterminateur). 

Extermination, du L. exter- 
minationem (m. s.)- 

Extermlner, du L. extermi- 
nate (exterminer). 

Externe, adj. du L. extemus 
(m s.). — D. externe (substantif), 
d'ou externat. 

Extinction, du L. extinctio- 
nem (m. s.). 

Extirpation, du L. exHrpa- 
tionem (m. s.). 

Extlrper, du L. extirpare 
(m. s.). 

Extorquer, du L. extorquere 
(arracber). 

Extorslon, du L. extortio- 
nem+, derive de extortus (arra- 
che). 

Extraction, du L. extr actio- 
nem * , de>iv6 de extractus (ex- 
trait). 

Extradition ? du L. traditio- 
nem (action de hvrer), et ex (hors 
de). 

JEoctfroire, du L. extrahere 
(extraire). Sur trahere devenu 
traire, voy. trair e. — D. extraii 
(substantif verbal). 

Extraordinaire, du L. extra- 
ordinarily (m. s.). 

Extravaguer, du L. extrava- 
gari* (m. s.). — D. extravagance, 
extravagant. 

Extreme, du L. extremus (m. 
s.). - D. extr&me-onction (voy. 
onction). 



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FAC 



228 



FAO 



Extremis, du L. extremita- 
tern (m. s.). 

Extrinseoue, du L. extrinse- 
cus (de l'exterieur). 

Exuberance, du L. exuberan- 
tia (m. s.). 

Exuberant, du L. exuberan- 
tern (qui regorge). 



Kxulcerer, 

(m. s.). 



du L exulcerare 



Exutolre, du L. exutorium * 



(qui degage, qui dgbarrasse, de- 
rive de fxutus, participe de exuere, 
d^barrasser). 

Ex-veto, duL.es (d'apres) et 
voto (un vcbu). 



Fo6fe, du L. fdbula (fable) par 
la chute regulierede I'm (voy. able). 

Fafrllow. anciennement aussi 
fableau, a 1 origine fablel, du L. 
fabulellus* (diminutif de fdbula, 
conte) par la chute de Y& atone 
fabQLjtilbu (voy. accotnter), d'ou 
fablellus , et le cnangement de eJ en 
eat* (voy. agTieau); fableau est de- 
venu fa&Mau, comme beau est de- 
venu biau ou epeautre est devenu 
dpiautre dans certains patois. 

Fabrlque, du L. fabrica (ate- 
lier, fabrique). — D. fabriquer, fa- 
bricant, fabrication, fabricateur, 
fabricien. 

Fabuleux, du L. fabulosus 
(m. s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

Fabullste, mot forg£ a Taide 
de fabula (fable) et du suffixe iste. 

f Facade, venu au seizieme 
siecle de l'italien facciata (fa- 
cade). 

Face, du L. fades (face) ; sur 
ct devenu c , voy. agehcer. — D. 
facette, facer, effacer, surface. 

Faeette, du L. /ocetia (m. s.). 
— D. facttieux 

Facette, voy. face 

Foc&et*, anciennement fascher, 
venudu provencal /cwttyar (facher, 



ennuyer) par la chute de i (voy. 
accotnter) , d'ou fasVgar, fas y gar 
puis fascher. Quant au proveDcal 
fastigar (ennuyer), il derive "de 
fastig qui en proven§al, veut dire 
ennui, et represente le L. fastidivm 
(ennui, dugout). — D. fdchene, 
de'fdcher (se), fdcheux. 

Facile, duL. facilis (facile), 

Facillte, du L. facilitatem 
(m. s.). 

f Faclllter, venu au seizieme 
siecle de Titalien facilitare (m s.). 

Focoat, du L. (actionem (ma- 
niere de faire), par le change- 
ment de ctio en ccio, cio, puis go 
(voy. agencer). — D. faconner. 

Faconde , du L. facundia 
(m. s). 

Fac-simlle, du" L. fac (fais) et 
simile (semblable). 

Facteur, du L. factor (qui fait). 
— D. factorerie. 

Factflce, du L. facticius (m.s.) . 

Faetleux, du L. factiosus (fac- 
tieux). 

Faction, du L. f actionem (parti, 
ligue). 

Factlonnalre, de>ive* de fac* 
Hon au sens de service militaire, 
et qui est le L. f actionem (au sens 
d'action de faire, de servir). 



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FAf 



229 



FAI 



a, du L. fat (fais) et 

totum (tout) . 
Factum, du L. factum (pro- 

Srement fait, acte, d'ou le sens 
'expose des faits d'un proces). 
Facture, duL. factum (m.s.). 
— D. manufacture, manufactu- 
rer. 

Faculte, du L. facultatem (fa* 
jsulte. — D. facultatif. 

Wade, du L. vapidus (fade, 
proprement evente. qui n'a plus 
d'odeur), par la chute reguliere 
de t (voy. p. lxxxi). d'ou vap'dus 
qui donne fade par le changement 
1* de pd en d (voy. hideuz); 2° de 
t> en f(voy. bceuf). — D. jfadeur, 
fadaise, fadasse. 

Fagot, origine inconnue. — 
D. fagoter, fagotin, fagoteur. 

Faibte, anciennement foible, 
du L. flebilis (miserable, d'ou le 
sens de faible), par la contraction 
reguliere (voy p. lxxxi) en 
peb'lis qui a donne faible 1° par 
le changement de e en oi puis ai 
(voy. accroire), 2° par la chute du 
premier I latin, resultat de la dis- 
similation (voy. p. lxxv). — D. 
faiblesse, faiblir, affaiblir. 

f Fa¥ence, poteriedeterre ver- 
nissee fabriquee pour la premiere 
fois, dans le bourg de Faenza qui 
lui a donne son nom. — D. faien- 
cier, faiencene. 

Faiiiir, du L. fallere (faillir) , 
par le changement de 11 en HI 
(voy. ail) , et de e en t (voy. ac- 
comphr). Sur le changement de 
fallere en fallSre , voy. courir. — 
D. failli (substantif participial) ; 
'aMite, <& faillir yfaillible, faiUi- 
rilM, infaillible. 

Jtaiaaa, du L. fames (faim); 
ur a devenu ai, voy. aigle — 
». affamer (voy. p. xci), faim- 
zlle (l'origme de valle est in- 
>nnue) 
Wa%*%e, du L. fagina * (faine); 



1 fag{t)na perdant rtailierement * 
| (voy. p. lxxxi), a aonne fag'na 

d'ou faj'na (voy. jumeau), puis 

faina (voy. aider pour le change- 
I ment de j ent). Fagina a donne 

/atne, comme vaat'na a donne 

oafne. 
Falttecm*, anciennement fait 

neant prop, qui ne fait rien 

(ne'ant). — D. faine" anter, faint an- 

tise. 
Faire, du L. /locere (faire) par 

la chute reguliere de e fac^re 

(voy. p. lxxxi), d'ou fac're, puis 
aire par le changement de act 
en atr (voy. benir) — D. fat- 
sartf, faiseur, faisable, affaxre, 
bienfatre, contre faire, de" faire, 
for faire, mal faire, mifaire, re- 
faire, surfaire. 

Faisdn, du L. phasianus (fai- 
san) par le changement : 1° de ph 
en f (voy. coffre) ; 2* de a en at 
(voy. p. lxxxiii) . — D. de l'ancienne 
orthographe faisant, sont derives: 
faisande, faisander (donner au 

Sibier le fumet du faisan morti- 
e). faisanderie, faisandeau. 

Faisceaw, du L. fasceUus* 
diminutif de fastis, faisceau) , Sur 
a devenu at , voy aigle ; sur 
ellus devenu eau, voy agneau. 

Faiseur 9 voy. faire. 

Fait, du L. factum (fait); sur 
le changement au groupe ct en it 
voy. attrait. 

Faite, anciennement f aisle, 
du L. fastigium (fatte), par un 
deplacement irr^gulier de l'ac- 
cent tonique (en fds tig turn, d'ou 
faiste par la chute des deux der- 
nieres syllabes atones (voy. p. 
lxxxi) , par le changement de a en 
at (voy. aigle), et faite par la 
chute ae s (voy. abime). — D. 
fattage, faltiere. 

Faiacf du L. fastis (faix). Sur 
a devenu at, voy. aigle; sur s de- 
yenu x, voy. deux. — D. affais- 



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FAM 



FAN 



set (s*) t proprement se courber 
sous le faix ; portefaix. 

Faloise , anciennement fa- 
loize et falixe; de rancienhautal- 
lemand felisa (rocher). Sur t devenu 
ot (v. boire), puis ai (v. accroire). 

Valbala, mot qui remonte au 
dix-septieme siecleetdontPorigine 
est inconnue. 

Fallace, du L. fallacia (trom- 
perie) . 

Fallacleux, du L. fallaciosus 
(m. s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

Faitoir, proprement manquer 
(dans les locutions : il s'en faut de 
etc....), du L. fauere (manquer. 
Sur fdiUre au lieu de fallere, voy. 
accourir). Sur e devenu ot, voy. 
accroire. 

Faiot 9 anciennement fanot, \ 
compose, du radical fan * et du i 
diminutif ot. Fan * est le grec 
<pavo? (lanterne). Sur le change- j 
ment de n en I, voy. oiler. j 

Fa fottttfe, origine inconnue. I 

Falsification, du L. falsiftca- 
tionem * derive de fatsificatus 
(falsifie). — D. falsificateur. \ 

Falsifier , du L. falsificare . 
(m. s.). ... 1 

Fatwn , origme inconnue. — 
D. faluner, falunidre. j 

Tame , du L. fama (renommee) . 

Fame, du L. famatus (decrie). 
Sur atus devenu 6. voy. ampoule, i 

vamelf qne , du L. famelicus , 
(m. s.), 

FatMetur, du L. famotus (fa- 
meux). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

Famlllarfser, voy. familier. j 

VamlllarUe, du L. famUiari- I 
tatem (familiarite). | 

Familier, du L. familiaris 
(familier) — D. familiariser . 

Famllle, du L. familia (famille). I 

Famine 5 du L. famina * (de- 
rive bar bare de fames faim). j 



f Fanal, venu au seizieme 
siecle de l'italien fanale (m. s.). 

Fanatiqne, du L. fanaticm 
(fanatique). — D. fanatisme, fa* 
natiser. 

Fattet* , proprement: retour- 
ner Therbe d un pr6 fauche pour 
la dessecher ; d'oii le sens de des- 
secher, de fletrir: faner represents 
le L. foenare* (derive de foenum, 
foin) , par le changement de re la- 
tin en e (voy. p. lxxxvi) puis de e ' 
en a (voy. amender). — I), fa-* 
nage, fane (substantif verbal), fa- 
neur. 

! Fanfare, origine inconnue. 
I f Fanfaron, deTespagnol fan- 
farron (fanfaron). — D. fanfaron- 
node, fanfaronnerie. 

f Fanfreluche, de l'italien 
fanfaluca (vetille). 

Fange, du L. famicem * (dont le 
derive /arotcofws, fangeux est dans 
Pestus) ; fam(Tjcem regulierement 
contracts en fam'cem a change c 
en g (voy. juge et adjuger), m en 
n (voy. changer). 

Fangeuac 9 du L. famicosus 
(fangeux, dans Festus). Fam[l)co- 
sus devenu fam*cosus (voy. ac- 
cointer), a donne" fangeux par le 
changement : 1° de c en g (voy. 
adjuger) ; 2° de m en n (voy. chan- 
ger); 3° de osus en eux (voyez 
amoureux), 

Fanon, piece d'6toffe qui sert 
de signe de ralliement, et par ex- 
tension peau pendante que les 
boeufs ont sous fa gorge ; mot d'o- 
riffine germanique (ancien haut 
allemand fano, morceau d'etoffe). 

Fantalsle, du grec <pavTour(a 
(caprice). 

Fantasmagorle, du grec 9<iv- 
taa\i(x spectre et &yop£ (assemblee). 
— D. fantasmagorique. 

Fattfaaatte, pour fantasche, 
du L. fantasticus (capricieux, des- 
ordonne* dans les textes latins du 



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*AR 231 FAS 

yen age). FantdstQ)cus regulie- i introduisait des expressions ou 
aent contracte (voy. p. lxxxi) en des mots de la langue vulgaire) 
tasfcus, est devenu fantas'cus | Fard, , anciennement /"an, mot 
r le changement de tc en c, j d'origine germanique (ancien haut 
r - P- c). I allemand farjon, teindre, le fard 

Fantassln, de l'italien fan- ; etant une couleur qui sert a chan- 
cino (soldat a pied). ger le teint du visage). — D.farder. 

Pantastlque, du grec <pavra<r- ; Favrfe, anciennement fardeau 
k (qui est le produit de la fan- j en general, restreint aujourd'hui 
; ie). ; au sens commercial de balles de 

?att*ome, anciennement fan- ; cafe. L'origine de farde est incon- 
ne, du L. yhantasma (fant6me, ; nae. — D. fardeau. 
ctre) par le changement : 1° de I Far dean, voy. farde. 
en f (voy. co/fre) ; 2° de a ac- Fat* fade*, origine inconnue. 
tu6 en o, changement qui fait , Far fo witter , compose de 
eption a toutes les regies; fouiller, et d'un prefixe far dont 
>ar la chute de s (voy. abime). l'origine exacte est inconnue. 
<Ytott 9 anciennement fdon, du Faribote, origine inconnue. 
r cetonus* (derive de f&lus) pro- ! Farine, du L. farina (m. s.). 
ment petit; faon ne s'est res- — D. farineux, farinier, enfa- 
nt que fort tard au sens de riner. 

t de la biche; il signifiait au ] Farowche, du L. ferocent (fa- 
pen age petit de toute espece ' rouche) par le changement : 1° de 
umaux : on disait le faon de'cena (voy. amender) ; 2° de c en 
igresse, de la brebis. du lievre. ' ch (voy. acharner). — D. effarou- 
'ce(t)onu$ a donne faon par la \ cher. 

te du t medial (voy. abbaye), I Fasce,duL. fascia (bande). 
3 changement de a en e (voy. Fascicule, du L. fasciculus 
.xxxvi) puis en a (voy. am«?i- j (fascicule). 
». D. faonner \ Fascine, du L. fascina (fagot 

Faquln, de l'italien facchmo de sarments). — D. fasdnaae 
urn). - D . faquinerie. | Fascination , du L. fascinatio- 

Farandole, duprovencal fa- nem (m. s.). 
do/o (danse) dont l'origine est Fasclner,du L. fascinare (fas- 
>nnue. ciner). 

Wee, voy. farctr. - D. far- Faseole, du L. phaseolus (ha- 
r - I ncot). 

a,dn du L. farciminum l Fashion, mot anglais desi- 
st sur la chute des deux der- gnant la mode, le ton. — D 
•es syllabes, voy. p. lxxxi). Sur fashionable 
changement de m en n, voy, | Faste, du L. fastus (faste). - 
nger. — D. faraneux. i D. fastueux 

/ a u e £ ubstantlf verbal), au lendrier ; fastes consulages, d'ou 

j de hachis ; farce au sens de le sens d'annales, d'histoires, de 

»edie, est le substantif verbal chronique). 
a L°Z} dm l les i ocu . t,on ? • SPI- Fastldleux , du L. fastidiosus 

iTZdl^A? /^, epltres (degoute). Sur osus deyenu em, 

,es, latines dans lesquelles on voy. amoureux. 



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FAU 



232 



FAU 



c, du L. fastuosus (su- 
perbe). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

|Fat,venu du provencal fat 
(vain. ecervele) qui est le*L. fa- 
tuus (insipide, fou). — D. faiuite" 

ratal, du L. fatalis (fatal). — 
D. fatalisme. 

FataUte, du L. fatalitatem 
(fatalite). 

Fatldlque, du L fatidicus 
(qui predit Pavenir). 

Fatlguer, du L. fatigare (fa- 
tiguer). — D. fatigue (substantif 
verbal), de'fatiguer. 

Fa*t*o#, du L. fartaceus* (de- 
rive de fartus, farci; fatrasz le 
sens propre de pfile-mfile, d'amas 
confus de choses disparates). 

Fartaceus a donne fatras (qui 
est pour fartas *) par la transposi- 
tion de r (voy. dpreti). 

Fatuity, du L. fatuitatem (sot- 
tise) . 

Faubourg, quartier situe en 
dehors de Penceinte de la ville ; 
faubourg , qui etait plus correcte- 
ment forbourg, forsbourg, dans 
Pancien frangais, est leL. forisbur- 
gus (qui est situe en de-hors de la 
ville) , compose de forts (en dehors 
de) , et de burgus (voy. bourg). 

Fduclker, du L. f alcar e (fau- 
cher, dans la latinite du moyen 
age) par le changement: V de at 
en au (voy. agneau) ; 2° de ca en 
che (voy. acharneret acheter). — 
D. fauche (substantif verbal), fau- 
chage. fauchaison, fauchie (sub- 
stantif participial), faucheur. 

Fated! fe , du L. fakilla (qui 
est pour faUula, dans les textes 
carlovingiens) par le changement 
de aJ en au (voy agneau). 

Fatccott, du L. falconem (fau- 
con) par le changement de ai en 
au (voy. agfneau) . — D. faucon- 
neau, fauconnerie, fauconnier. 

Fate/tier, proprement coudre 



Srovisoirement une Stoffe , & Paide 
'un fauxfil (d'un fil qui ne doit 
pas rester). Pour Petymologie, voy. 
faux et fil. 

laune, du L. faunus (m. s.). 

Fau»»aive 9 du L. falsarius 
(faussaire), par le changement 
de al en au (voy. ogfncau). 

Fausser, du L. falsare (faus- 
ser); sur at devenu au voy. 
agneau. 

Fawsset) voy. /aua? I. 

Fate to 9 action de faillir, en ita- 
lien falta, du L. fallita* (action 
de faillir, derive de fallere, faillir; 
Sur les substantifs de cette nature, 
voy absoute). — FalJ#)ta regulie- 
rement contracte (voy. p. lxxxi) 
en falVta a donne faute par le 
changement de al en au (voy. 
agneau). 

De meme que fallita* a donne 
/auto, — faltitum a donne /au! 
que nous possesions a P6tat de 
compose dans de'fautj forme de de 1 .., 
(voy. de"....) et de /au*; etqui cor- 
respond a de 1 faillir , comme /ante a 
faillir. — D. /atfft£ 

Fautettif , anciennement fau- 
desteuily al'ongine faldesteuii, en 
italien faldistorio, du L. faldesto- 
lium* (fauteuil dans un texte du 
neuvieme siecle. Ce mot est d'ori- 
gine germanique et repond a Pan- 
cien haut allemand /a&rtuo J,siege). 
Faldestolium a change successi- 
vement: 1° olium en euil (voy 
accueillir et aieul) ; 2° al en au 
(voy. agneau) ; sur la chute du d 
dans fau[d)esteuil t voy. occabkr; 
sur la chute de s, voy. abtme. 

Fauteur, du L. fautor (fau- 
teur). 

Fautifc deriv6 de /aufe (voy. 
ce mot). 

Fatcve, anciennement falve f 
en provencal falb, en italien faWo t 
mot d'origine germanique (alle- 
mand /aM>,fauve). Sur b devenu v, 



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f£e 



233 



FEM 



y. avant; sural devenu au, voy. i 
neau. — D. fauvette. 

1. Fattae, adj., du L. falsus I 
ux) parle changement: 1° de 
en au y voy.. agneau; 2° de * en 
(voy. deux). — D. fausset, mot 
•m6 de faux, a 1'imitation de Pi- 
ien falsetto, fausse voix. ' 

2. Fattae, du L. /czlcem (faux): ' 
r a* devenu au , voy. agneau; 
re devenu*, voy. agencer; sur 
levenu of, voy. deux. | 
raveur , du L. favorem (m. s.) . ; 
D. difaveur. ! 
Favorable* du L. favor dbilis 

. s.) . — D. de" favorable. ! 

fFavorl, de Pitalien favorito 

vori). — D. favoruer, favor i- ' 

me. 

[- Favorite ,de Pitalien /avorito I 

vorite). 

Feal.du L. /Weto (fidele) par 

chute du d medial (voy. acca- 

r), etle changement: 1° de i 

i (voy. admettoe) ; 2° de c en a 

y. amender). 

Febrifuge, du L. febrifugia 

ante febrifuge). 

Febrile, du L. febrilis (m. s.). 

Fecal, du L. fecalis (m. s.). 

Feces, du L. fecem (m. s.). 

pecond , du L. fecundus(m. s.). 

Feconder, du L. fecundate 

. s.). — D. ficondant, ficonda- 

n. 

Feeondlte, du L. fecunditatem 

. s.). 

recule, du L. faecula (tartre, 

i. — D. feculent. 

Federal, du L. foederalis* d6- 

b defcedus (alliance). 

Federation , du L, fcederatio- 

n (m. s.). — D. fidiratif. 

pederer, duL. fcederare (faire ' 

ance). — D. fidiri (substantif 

ticipial). I 

Fee, proprement 6tre surnatu- 

qui (suivant la mythologie du 

yen age) preside a nosdestinees, 



comme les Parques chez les an- 
ciens. Fie, qui esten portugais fada, 
en italien fata, vient du L. fata 
(fee, dans une inscription contem- 
poraine de Diocletien ; fata est 
proprement celle qui preside a nos 
destinies, a notre fatum. L'inscrip- 
tion donne fata pour parca, ce 
qui ne laisse aucun doute sur le 
sens exact de cette forme popu- 
late). 

Fata a donne fie par le chan- 
gement de ata en ie (voy. am- 
poult). — D. fierie, fierique. 

FeiatoVe, du L. fingere (fein- 
dre). Sur ingere devenu eindre, 
voy. ceindre. — D. feinte (sub- 
stantif participial, voy. absoute), 
ftintxse. 

Fefet* , du L. fissulare* (derive 
de fissus, fendu) par la chute re- 
guliere de ti, fiss{H)lare (voy. at- 
cointer) d'ou fiss'lare qui a donne 
fesler puis filer par le changement 
de t en e (voy. admettre) , et la 
chute de * (voy. abime). — D. f&- 
lure. 

vellelte , du L. felicitatem 
(m. s.). 

Fellclter, du L.felicitare (ren- 
dre heureux, dans Donat). — D. 
felicitation, 

Fella, du L. felinus (de chat). 

Felon 9 du L. feUonem* (felon) 
qui est dans les Capitulaires de 
Charles le Chauve. L'origine du 
mot latin e?t inconnue.— D. filonie. 

f Felouque, de Pitalien feluca 
(felouque). 

Femelle, du L. femella dimi- 
nutif de femina (femelle). 

Femlnln, du L. femininus (fe- 
minin). 

Femme, duL. femina (femme) 
par la chute reguliere (voy. p. 
lxxxi) de PI; et le changement ae 
fem'na en femme par Passimila- 
tion de mn en mm (voy. allumer), 
— D. femmelette. 



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FER 



234 



FER 



Femur, du L. femur (cuisse). 

— D. fimoral. 

Fenafeott ,du L. fcenationem* 
(derive de fcenare*, faire du foin). 
Sur a? devenu e, voy. p. lxxxvi; 
ationem est devenu aison par l'at- 
traction de Ft et l'adoucissement 
du t{voy agencer). 

Fendre, du L. findere (fendre) 
par la contraction reguliere (voy. 
p. lxxh) de jind{&)re en find're ; 
sur t devenu et, voy ccinture). — 
D. fente (substantif participial, 
voy . absoute) , fendiller. 

Fenetrei anciennement fe- 
nestre, du L. fenestra . (fen&tre) 
par la chute de s (voy. abime). 

Fettif , du L. foenile (lieu ou 
Ton serre le foin). 

Fettotcif, du L. foenuculum 
(forme secondaire de famiculum 
fenouil), par lechangement : 1° de 
a en e (voy. p. lxxxvi) ; 2° de 
uculum en ouille (voy. dbeille). — 
D. fenouillette. 

Fettle, voy. fendre. 

Feodai, du L du moyen age 
feodalis (qui concerne les /ie/fr; 
Voy. ce mot).— D. fe'odalite'. 

Few, du L. ferrum (fer). — D. 
ferrer, ferrage'ferrement, (errant, 
ferrure, ferratlle, ferret, ferriere, 
ferronnier, ferronnerie, enferrer, 
diferrer. 

Fer-bianc, fer doux r6duit en 
lames minces, et plonge dans de 
Tetain en fusion, qui couvre le 
fer d'une couche blanche. — D. 
ferblantier (voy p. xci). 

Ferle, du L. ferix (jou/s fends). 

— D. firiii firial. 
Ferle, voy. fine. . 
Ferir, du L ferire (frapper). 

Sans coup f&rir, c'est-a-dire sans 
frapper un seul coup. 

f verier, terme de marine, de 
anglais to furl (ferler) — D. d4- 
ferler. 

Fe**mail, du L. firmaculum* 



(fermoir , dans la latinite du 
moyen age). Suri devenu e, voy. 
admettre; sur aculum devenu at J, 
voy abeille. 

1. Fetttte, (adj. , du L. /irmiu 
(ferme) Sur i devenu e, voy. afl- 
mettre. — D. affermir. FermeU 
vient du L. /trmttafem (m. s.). Sur 
i devenu e, voy. admettre; sur 
, atem devenu e*, voy. abbe". 
I 2. Fet»me,proprementconven- 
j tion de louage ( en particulier 
! louage des domaines ruraux, et 
par une extension de sens: les do- 
maines ruraux donnes a ferme ; 
1 d'ou le sens d'habitation au fer- 
mier). 

| Ferme, au sens de convention 
estleL. /trmus(cequi estconvenu, 
| arr6t£) Sur i devenu e, voy. ad- 
mettre. — D. fermage, fermier, af- 
fermer. 

1 Ferment, du L. fermentum 
1 (m. s ). — D. fermentatif. 
| Fermentation, du L fermen- 
■ tationem* derive de fermentatus 
' (fermente). 

I Fermenter, du L. fermentare 
(fermenter) 

Fe rm e r, du L.firmare (fermer; 
firmare a le sens ae claudere dans 
Isaie xxxiii, 15 : et firmans ocu- 
los suos , ut ne videat. ) Sur i de- 
venue, voy. admettre.— D. fermoir, 
enfermer, fermeture. 
Fewtnete, voy ferme 1. 
Fertnier, voy. ferme 2. 
Feroee, du L. ferocem (farou- 
che). 

Feroelte, duL. ferocitatem (fe- 
rocite). 

Fetf ail le, voy. fer, — D. fer* 
railler, ferraiueur. 

Ferruglneiix. du L. ferrugi* 
nosus (derive de ferruginem). 

Fertile, du L. ferttlem (m. s.J. 
— D. fertiliser, fertilisation. 

Fertility % du L. fertilitatem 
(m. s.). 



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FEU 



235 



FIA 



Ferule, du L. ferula (ferule). 

?ervent, du L. ferventem 

uillant). 

'erveur, du L. fervorem (cha- 

f). 



?, du L, fissa (de fissus, 
tic. de finder e, fendre). 

Festln, de 1'italien festino 
tin). — D. festiner. 
'estlral, duL.festivalis*, de- 
j de festivus (gai) . 

Featen, de 1'italien festone 
ton). — D, festonner. 
<>f^oyer, du L. festicare* (de- 
: de festum fele); sur la chute 
; medial, voy. affouage; sur t 
enu ot, voy. ooire. 
»*e<e, anciennement feste, du L. 
2 (pi. de festum fete) ; sur la 
te de s, voy. ablme. — D. 
r. 

Fetiche, nom que les Portu- 
» donnerent aux idoles grossie- 
qu'adorent les populations des 
>s occidentals de TAfrique. F4- 
e est le portugais feitico (teti- 
l . — D. fe'tichisme. 
etlde, du L fetidus (m. s.). 
Utiditt. 

etu 9 anciennement festu, en 
bengal festuc, du L. festucus 
me masculine de festuca, fetu). 
ucus devenu w, voy. ami; sur 
hute de s, voy. abime. 

Fettj du L. focus (feu) : sur 
hute au c, voy. ami; sur le 
igement de oeneu,voy. ac- 
ttir. 

Fet»(adj 4 ), anciennement feu 

feminin fetide dans Saint 
:is), du L. fatutus* (derive de 
m, sort; feu signifie propre- 
t qui a accompli sa destinee). 
)utus perdant son t medial 

abbaye) et changeant utus en 
•oy. atgu), a donne fau % d'oa 
par l'adoucissement de a en e* 
r . acheter). 

5, du L feudata- 



rius* (m. s.)', terme de droit 
feodal derive de feudum (fief). 
Pour P6tymologie de feudum, voy. 

M- 

Fendlste, du L. feudista* de- 
rive de feudum (voy. fief). 

Feuille. du L. /bit a (pi. de /b- 
Jtum feuille) : sur le changement: 
1° de it en il, voy. a# ; 2° de o en 
en, voy. accueilhr. — D. feuillage, 
feuiller, feuitte'e, feuillu. feuillai- 
son , feuillet, feuilleter, feuille ton. 

Feirffferte, origine inconnue. 

Fetcr »•«, en esj)agnol forro, en 
italien /bdero , mot d'origine ger- 
manique (vieux scandinave fodr* 
fourrage). Pour le changement de 
dr en rr, voy. arriere ; pour celui 
de o en eu, voy. accueillir. 

Weutwe^ anciennement feltre, 
en italien feltro, du L. /tltrum* 
feutre, dans les textes du moyen 
&ge ; pXtrum est* d'origine germa- 
nique (neerl. vilt, all. filx, feutre). 

Filtrum a donne feUre puis feu- 
tre par le changement : 1° de i en 
e (voy. admettre) ; 2° de et en eu 
(voy. agneau) . — D. feutrer, feu- 
trage. 

Ffet>e, du L. /aba (feve) ; sur a 
devenu c voy. acheter; sur & de- 
venu v, voy. avant. — D. ftverole. 

Fevrier, du L. februarius (fe- 
vrier) par la reduction de ua en a 
(voy. p. xc), et le changement: 
1° ae b en t> (voy. avant); 2° de 
arius en ier(voy. dnier). 

F<, onomatopee (voy. p. lxv). 

Fiacre, mot d'origine histori- 
que (voy. lxiv) : il date de 1640, 
epoque ou furent introduites les 
premieres voitures de louage qui 
stationnaient k l'Hdtel de Saint- 
Fiacre: Menage ecrivait en 1650: 
« Fiacre. On appelle ainsi d Pa- 
« ris depuis quelques anne'es un car-: 
rosse de louage, & cause deV Image 
« Saint Fiacre qui pendoit pour 
*enseigne d un logis de la rue 



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FIE 



236 



FIE 



t Saint- Antoine, ou on louoit ces 
• sortes de carrosses. Cest dont je 
« sim Umoin oculaire. » 

Fiancer , en italien fidansare, 
du L. fidantiare* (fiancer, dans 
certains textes latins du moyen 
flge; fidantiare derive par /idaneta, 
de fidantem oartic. de fidare*, 
voy. au mot /fer). 

Ft(d)an*iare a donn6 fi-ancer : 
1° par la chute du d medial (voy. 
accabler) ; 2° par le changement 
de tiare en cer (voy. agencer). — 
D. fiance'e, fianpaiiles. 

Fibre, du L. fibra (fibre). — D. 
fibreux, fibrille, fibrine. 

Ficelle, du L. jtlicellum* (di- 
minutif de filum, nl) : fil(l)ceUum 
contracts regulierement (voy. ac- 
cointer) en fiVcellum a donne fil- 
ceUe* puis ficelle. — D. peeler. 

Ficher, du L. figicare* (derive* 
de /ipere, ficher, enfoncer) par la 
contraction reguliere de fig(l)care 
en fig'care (voy. occotntcr) d'ou 
/icfar par le changement de ca en 
the (voy. acharner et ac/ieter). — 
D. /te/ie (substantif verbal), fichu. 

Flctlf, du L. fictivus* derive de 
/Ictus (suppose). 

Fiction 9 du L. fictionem (action 
de feindre) . 

FldelcommU, du L. fideicom- 
missum (m. s.). 

FldeJuMenr, du L. fidejussor 
(garant). 

Fiddle, du L. fidelis (m. s.). 

Fldellte, du L. fidelitotem 
(m. s.). 

Flduclalre, du L. fidueiarius 
(fiduciaire). 

Fief, au onzieme siecle fied; 
dans la basse latiriite feodum, de 
Pancien haut allemand feod (biens. 
avoir, propr. betail). Feod a donne 
fief par le changement : 

1° de eo en ieu (pour le detail 
de cette permutation, voy. au mot 
diet*) ; ieu (qu'on trouve dans la 



forme fieu que donnent plusieurs 
textes du moyen age) se reduit 
d'une maniere tres-insolite a ie; 

2° de d en f; cette resolution 
d'une dentale en labiale se re trouve 
dans soif (sitis), jutf (judaeus), 

I veuf (viduus), mazuf (modus) et 

J dans tous les noms de lieu nor- 
mands terminus en beuf qui de>i- 
ventd'un type latin bodus : Marbeu/ 
(Marbodus), Paimbeu/" (Pambo- 

' dus) ; etc.... — D. fiefft : ce mot 
sigmfie anciennement : qui pos- 
sede un fief* un huissier fieffedi- 
sait-on sousrancienne monarchie. 
Ce mot est devenu posterieurement 
un adjectif destine a renforcer une 
appellation injurieuse : un coquin 
fieffe", un ignorant fieffe", etc. 

Fief, du L. fei (fiel). Sure 
devenu ie, voy. arriere. — D. en- 
fieller. 

Fiente, en provencal fenta, 
en Catalan fempta, du L. fimitus* 

| (derive de fimum fumier, fiente). 

I Fim(f)tus contract^ suivant la 
regie (voy. p. lxxxi) en fim'tum, 

I change d'abord ien e (voy. admet- 
tre), puis cet e en \e (voy. ar- 

1 riere) ; sur m devenu n, voy. 
changer. — D. fienter. 

Fiew, en espagnol fiat, en ita- 
lien fidare; du L. fidare* (fier, 
dans un texte du treizieme siecle : 
habeani perfectam fidem , ita 
ut omnes .. possint se in illis 
fidare.). 

Sur la chute du d medial fi(d)are, 
voy. accabler. — D. difier, con* 
fier, me" fier. 

Fie*) du L. ferus (farouche). 
Sur e devenu ie t voy. arriere. 

Fiewte* du L. feritatem (natu- 
rel faroucne) par la contraction 
reguliere (voy. accointer) de ferQ) 
tatem en fer'tatem puis fierti par 
le changement : 1° de e en te 
(voy. arriire); 2° de aiem en* 
(voy. abbe). 



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FIL 



237 , 



FIN 



F&we, du L. febris (fievre) 

r le changement : 1° de e en ie 
>y. arrive); 2° de b en t? (voy. 
ant.). — D. fidvreux. 
Fl/*fe, mot d'origine germani- 

e {pfiffer, fifre, dans les patois 

emands de la Suisse). 
riser, du L. figere (fixer). 
| Flgue, mot venu, dans sa 
rme actuelle, du provencal figa 
guej qui est le L. fica (forme 
minine de ficus figue). L'ancien 
mcais disait correctement fie 
>ur ji(c)a (voy. 'affouage). — D. 
/uter. 

Figure, du L. figura (m. s.). 
• D. figurine , figuratif. 
Fignrer, du L. figurare (figu- 
r). — D. figurant, configuration, 
ifigurer, trans figurer, figure" (sub- 
antif participial.). 

Fil, du L. /Mum (fil, et aussi ' 
an chant de rep6e dans Ennius). | 
- D. /iter, jileur, fileuse, /i/on- ! 
t^re, enfiier, faufiler, ef filer, af- j 
ler; file proprement rangee sui- | 
ant un fil, d'ou filer, defiler); 
let, fliere, filoche, filon, filasse, \ 
lanareux (de jUandres, derive , 
e filer), plage. \ 

Filament, du L. filamentum* 
;ife de filare, filer, verbe duquel 
n a tire aussi les formes non 
lassiques filator 1 ', filatura* qui 
nt donnS respectivement filateur 
t filature). — D. jilamenteux. 

FlUteur, voy. filament. 

Filature, voy. filament. 

Itlllal, du L. fitialis (m. s.). 

Filiation, du L. filiationem 
m. s.). 

Fiffene, voy. fil. 

j FUlgrane, venu de Titalien 
digram (filigrane). 

Fllle, du L. filia (fiUe); sur 
to devenue lie, voy. ail. — D. 
Ulette. 

Filfettl ? du L. filiolus (dimi- 
mtif de /iJius, fils. On a vu aux 



mots commeWe, compare, mar- 
raine et parrain que l'Eglise a 
donne le nom de pere et celui de 
mere aux personnes qui tiennent 
un enfant sur les fonts baptis- 
maux; elle a donng, de meme, le 
nom de filiolus, c'est-a-dire de 
fUs cheri a l'enfant qui a ete l'ob- 
jet de cette ceremome. 

Sur olus devenu tul, voy. aieul; 
sur It devenu 11, voy. ail. 

FtfocAe, voy. fil. — D. efflo- 
cher. 

Filon, voy. fil. 

t Filoselle, de Pitalien filu- 
gello (ver a soie) . 

Fiffotc. origine inconnue. — D. 
filouter, plouterie. 

Fil#, du L. filius (fils); sur la 

Sersistance de s, voy. Grammaire 
listorique de la langue francaise, 
p. 153. 

Flltre, du latin pharmaceutique 
du moyen age filtrum (linge ou 
etoffe, et originairement morceau 
de feutre, a travers lequel on fait . 
passer un liquide pourle clarifier: 
filtrum signifie proprement feutre; 
pour l'etymologie de fUtrum voy. 
feutre). — D. filtrer, filtration, 
infiltrer, 

1. Fiit(subsOdu L. /inw(fin). 
— D. afin, enfxn. De l'ancien 
verbe francais finer (mener a fin, 
conclure, enfin payer) est venu 
par le participe finant le derive 
finance (proprement payement, 
puis argent comptant). 

2. Fiit (adj.), du L. finiius 
(acheve\ parfait, fini, d'ou par 
extension le sens de raffine, puis 
de ruse) . Sur le deplacement de 
l'accent latin (finltus pour finitus), 
voy. p. cv. — Sur la chute des 
deux dernieres voyelles, voy. 
p. lxxxi. — D. finesse, finaua, 
finasser. finasserie. afp.net, affa 
nage, affineur, rafjiner, raffineur, 
raffinene. 



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FLA 



FLA 



Final, du L. finalis (m. s.). — i 
D. finalitS \ 

Finance, voy. fin. i. — D. 
financer, financier. 

Finasmew, voy. fin 2. 

Finaud, voy. fin 2. 

Finesse, voy. fin 2. 

Fini, voy, /mtr. 

Finiw, du L. /intre (acheverV 

— D. fini (substantif participial), 
de'finxr. 

Fiole, du L. phiala (fiole) ; sur 
p/i devenu f, voy. coffre; sur a 
devenu o d'une mam ere tout a 
fait insolite, voy. taon. 

f.Florltures, de Fitalien fio- 
riture (m. s). 

Firmament, du L. firmamen- 
turn (ciel). 

f Firman, mot d'origine orien- 
tale (du persan firman, ordre si- 
gne" par le Grand Vizir). 

vise, du L. fiscus (fisc). 

Fiscal, du L. fiscalis (du fisc). 

— D. fiscaliti. 

Fissure, du L. fissura (m. s.). 
Flstule, du L. fistula (nstule). 

— D. fistuleux. 

Fixe, du L. fiaus (fixe) . — D 
fixer, fixation, fixite". 

Flaeeldlte, du L flaccidita- 
tem*, de flaccidus (flasque). 

Ftacon, du L. flasconem* 
(bouteille, dans les. textes mero- 
yingiens et carlovingiens ;- citons 
seulementce passage de Flodoard : 
« Vas, quod vulgo flasconem vo- 
cant, vini a se benedicti plenum 
dedit. » Flasconem est un dimi- 
nutif de flasca qui a le sens de 
fiole dans Isidore de SSvillej. 
Flasconem a donne flacon par /a 
chute de s (voy. abime). 

Flagellation, du L. flagella. 
tionem (action de fouetter). 

Flageller, du L. flagellars 
(m s.) . — D. flagellant 

Flageolet, vov. fl&te. — D. 
flageoleri&Q flageol\ voy. flute)* 



Flagomer 7 origineinconnue 
— D. flagornene, flagorneur. 
Flagrant, du L. flagrantem 

(flagrant) . 

Flair, voy. flairer. 

Flairer, dans l'ancien fran- 
cais possede le sens neutre d'ex- 
haler une odeur, du L. fragrare 
(avoir de Podeur) par la reduction 
de gr a r (voy. accueillir), d'ou 
frarare qui a donne flairer par la 
dissimilation de r en I (voy. 
p. lxxvi) etle changement de a en 
at (Voy. aigle). — D. flair (subst. 
vernal), flaireur. 

Flamant, anciennem. flam- 
mant (nom qui a et6 donne a cet 
oiseau a cause de son plumage 
couleur de flamme) . 

Flaw* be (pour fiamble) du L. 
flammula (diminutii de flamma, 
flamme), par la contraction regu- 
liere (voy. p. lxxxi) de flamm(n)la 
en flam'la d'ou flamme par le 
changement de ml en mbt (voy. 
dbsoudre) ; sur la chute de I, voy. 
able. — D. flamber t flambeau, 

Flambeau, voy. flambe. 

FIam6er, voy. flambe. — D. 
flamboyer. 

Flambe rge, mot d'origine 
historique, nom de l'epee de 
Henaud de Montauban dans les ro- 
mans de Chevalerie. — Par exten- 
sion ep6e en general 

Flamboyew, voy. flamber. 

Flamme, du L. flamma (m. 
s .). — t). flammiche, tnflammer. 

Flan, tarte, ancien francais 
flaon, en italien fiadone y du L. 
flatonem* (tarte dans Fortunat, 
mot qui derive de flatus, souffte) . 
Sur la chute du t medial flla{t)o- 
nem voy. abb aye, 

Flanc, du L. flaccus* (mou, 
foible, proprement la partie molle 
du corps). Une m6taphore analo- 
gue enste dans Tallemand, qui dit 
weiche (flanc), de weich (mou, 



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¥Li 



239 



FLI 



>le) . Sur cette analogic des me- 

lores indo-europeennes. voy. 

xn. 

laccus a donne flanc par l'ad- 

on d'un n (voy. concombre). — 

%anquer, efflanque" 

iandrln, mot d'origine histo- 

le (voy d. lxv), sobriquet 

ne aux habitants des Flandres, 

i homme grand et fluet comme 

Flandrins. 

taneilej origine inconnue 

'fane**, origine inconnue — D 

eur. 

taqwe, mot d'origine germa- 

le (flamand vlaque, mare) 

FIcwque, du L. flaxidus* 
isformation de flaccidus, mou, 
iue) Flaxidus, rSpondant exac- 
snt a flacsidus (voy, p c), 

transpose en flascidus (voy. 
e et p. c), flasquidus, d'ou 
]ue par la chute des syllabes 
es (voy p. lxxxi) 
latter, origine inconnue. — 
atterie, flatteur 
feme, dans l'ancien francais 
, en provencal flag el, en lta- 

flayello, du L flageUum 
u), par la chute du g medial 
)eUum (voy. allier), radoucis- 
jnt de a en e (voy. acheter), 

changement de el en au (voy. 
'au). 

FfecAe, anciennement fles- 

mot d'origine germanique 
yen haut allemand flitsch, 
e) 

Fiecfce (lard), ancienn 
ie, mot d'origine germanique 
3i» fllesk, lard). 
lechi*) du L - fltctere (fle- 
, par le changement. 1° de e 
(voy. accomplir) ; 2° de ct en 
roy alUcher). — D. ftechisse*- 
, fl&chisseur. 
egne, du L. flegma (flegme). 

flegmatique. 
Fletwir (faner), ancienne- 



| ment flestrir, denve de l'ancien 
francais flestre, flaistre (fane). 

1 Flaistre correspond a un L. flac- 
caster* (derive de flaccere; pro- 
prement : 6tre mou, flasque, sans 
vie,d'oii, 6tre fl&ri). Flaccaster se 
reduisant a fla(c)aster et perdant 
le c medial suivant la regie (voy. 
affouage), a donne flaistre par le 
changement de a en ai (voy. ai~ 

^gle) 

i 2. Fletrir (deshonorer, a Fo- 
rigine marquer d'un fer chaud; 
le sens propre est done b ruler, 
dessgeher, ce qui nous permet de 
rattacher le mot a fUtrir 1, qui 
signifie faner, dessecner). — D. fU- 
trissure. 

1 Ffeuf , du L. florem (fleur). 
Sur o devenu eu, voy. accueiUir. 

| — D fleuron, fleurette, fleuriste, 
fleuret, fleuraison. 

I 2. Fffettf de (a), au niveau 

I de. Le mot fleur est ici d'origine 

| germanique (allemand flur t terre- 

' plein) — D. af fleur er, effleu- 
rer. 
WlmmrdelUe* , deriv6 de fleur 

\ de lis (voy. ces mots). 

f Fleuret, mot cr6e* au sei- 
zieme siecle sous l'influence de Pi- 
tali en fioretto (fleuret). 
Fteuriw, du L. florere (fleu- 

: rir) ; sur e devenu i voy. accom- 
plir; sur o devenu eu voy. accueiU 

( Mr. — D. fleuraison. 

Ff etcve, du L. fluvius (fleuve) ; 
sur u devenu eu. voy. beugler. — 

i Flexibility, du L. flexibilita- 

, tern (m s.) 

Flexible, du L. flexibilis 
(m. s.). 

Flexion, du L. flexionem 
(m. s.). 
f Fllbaatler, anciennement 

! fribustier, terme de marine d'ori- 
gine germanique (hollandais Dry- 
buiter, pillard , maraudeur; an- 

i glais, freebooter). 



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FLti 



240 



FOI 



f Flint-glass , de Panglais flint- 
glass (flint, caillou, glass, verre). 

Flocon , diminutif d un radi- 
cal floe * (aui s'est conserve dans 
le provencal floe, flocon), et qui 
est le L. fioccus (flocon) . — D. fio- 
conneux. 

Fioraison, voy. florir. 
i Flore, du L. flora (deesse des 
fleurs). 

Fioreal, derive de florem 
(fleur). 

f Florin, de Pitalien fiorino 
(florin). 

Florir, du L. florere (florir) : 
sur e devenu t, voy, accomplir. — 
D. floraison. 

Flat, du L. fluctus (flot). Sur u 
devenu o, voy. annoncer; sur ct 
devenu t, voy. aff4U t — D. flotter, 
flottage, flottable, floUaison. 

Flotter, voy. flot . — D. flotte 
(substantif Verbal); flottiUe, flot- 
teur. 

Flouj anciennement flo (fai- 
hle), mot d'origine germamque 
(flamand flauw , mtoe sens). Sur 
au devenu o, puis ot*, voy. o- 
louette.— D. /Juet. 

Fluctuation, du L. fluctuation 
nem (m. s.) 

Flnctueux, du L. fluctuosus 
(m. s.). Sur osws devenu eux, voy. 
amoureux. 

Finer, du L. /hxere (couler). 

Fluet, mince, delicat, faible. 
Fluet, qui est dans Lafontaine 

Souet, est un diminulif de flou (fai- 
le. Voy. /lot*. 

Flulde, du L. fluidus (m. s.). 
— D. fluidity. 

Fluor, auj. radical presume de 
Tacide fluorhydrique, — autrefois 
nom que les alchimistes donnaient 
a tous les acides mineraui, a cause 
de leur fluidity, du L. fluorem (etat 
fluide). 

FlMto, anciennement flaute, en 
en italien flauta, substantif verbal 



1 de Pancien verbe flauter (souffle* 
I dans un instrument a vent). Flau- 
ter est le L. flatuare (souffler, de- 
nv6 de flatus, souffle), par trans- 
position de u : flautare pour fla- 
tuare 

Flauta* ou plutdt la forme mas- 
culine flautus* a donne* le dimi- 
nutif flauticlus* (petite fltite), 
qui, consonnifiant to en jo (voy. 
abreger), a cr6e le provengal flau- 
jol, l'ancien fran$ais flajol, flageol 
(petite flute). Ce mot flageol dis- 
parut avec le seizieme siecle en 
nous laissant son diminutif flageo- 
let. — D. fluteur, flutiste. 

Fin vial, du L. fluvialis 
(m. s.). 

Flux 9 du L. fluxus (courant). 

Fluxion, du L. fluxionem (6- 
coulement). — D. fluxionnaire. 

f Foe.terme de marine, du hol- 
landais fok (foe). 

Foetus, du L. foetus (m. s.). 

Foi, du L. (idem (foi). Sur t 
devenu ot, voy. ooire; sur la chute 
du d voy. alouette. 

Foie, en italien fegato, du L. 
flcatum (foie en general dans Mar- 
cel lus Empiricus). Sur le depla- 
cement de l'accent latin (fiedftum 
pour fiedtum). voy. p. cv. Ffc(*)- 
tum perdant alors la derniere syl- 
labe atone (voy. p. lxzxi) se r6- 
duit a pea , qui donne foie, par la 
chute au c medial, fi(c)a (voy. of- 
fouage), et le changement de t en 
ot (yoy. boire). 

Pol**, du L. f cerium (foin). par 
le changement de a* en e (voy. 
p. lxxxvt), puis en ot (voy. ac- 
croire). 

Folre. en espagnol feria, du 
L. feria (roire dans les textes la- 
tins du moyen age : « Quod nuU 
lus in regno potest facere feriam 
sine 1 permissu Regis;* feriae, qui 
veut dire proprement jours feries, 
a pris le sens de foire, parce qu'au 



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FON 



241 



FON 



>yen toe les foires se tenaient 
jours de fttes). Sur e devenu ot, 
j. aceroire. 

Fol#, en provencal fes, en ita- 
1 vece, du L. vice (ibis), par le 
mgement: 1° de v en f (boeuf); 
ie t en ot (voy. boire) ; 3° de c 
s (voy. amitfe*). 

FoUonj abondance, du L. /u- 
%em (action de r6pandre; pos- 
eurement de repandre avec 
ndance, avec profusion). Sur 
evenu oi par l'attraction de Pi, 
. buis, — D. foisonner. 
"of, du L. folium* (fou. dans 
texte latin de 879). Follus si- 
Be proprement qui grimace, 
s'agite sans but; follus doit 
i rapprochg du L. follere (se 
uer, s'agiter), de foUis (gri- 
;e qui consiste a enfler les 
;s comme un ballon ou un 
flet, dans Juvenal). L'idee d'a- 
tion est encore visible dans les 
tions feu toilet, esprit follet. 
. folie, foiled foldtre, folichon, 
er. 
ofafre, voy fou, — D. fold- 

offe, voy, fol. 

olio, mot latin (folio, ablatif 
ylium, feuille). 
offe*, voy. fol. 
ilUcnlalre, de'rive' de folli- 
que Voltaire emploie au sens 
etite feuille de' papier ; foUi- 
est un mot tres-mal forge k 
3 du L folium (feuille). 
tlllcale, du L. folliculus 
t sac), 

tmenter, du L. fomentare 
$ ). — D. fomentation. 
»ttcea* 9 voy. /bnd. — D. 
, enfoncer, aifoncer. 
>ttcie*» 9 voy. /bnds, 
nctlon, du L. /uncftonm 
?.). — D. fonctionner, fonc- 
aire, fonctionnement. 
>tt«f , du L. fundus (fond) par 



le changement de u en o voy. <ra- 
noncer). — D. L'ancienne forme 
francaise 6tait fonds pour le no- 
minatif, d'ou fonser* aujourd'hui 
(oncer. Sur cet s au nominatif de 
l'ancien francais, voy. Grammaire 
Historique de' la langue francaise 
p. 152. Un autre derive est effon- 
drer (voy. fondriire). 

Fondamental, du L. funda- 
mental* derive de fundamentum 
(fondement). 

Fondateur, du L. fundalorem 
(m. s.). 

Fondatlen, du L. fundatio- 
nem* (m, s.). 

fondement, du L. fundamen- 
tum (fondement). 

Fonder, du L. fundare (fonder). 

Foncfre, du L, fundere (fon- 
dre), Sur u devenu o, voy, ahnon- 
cer. Sur la chute de Pavant der- 
nier e, voy. p. lxxxi. — D. fonte 
(substantif participial, voy. ab- 
soute); fonaeur, fondirie, refon- 
dre. 

Fond fiere, d£riv6 de fondrer, 
verbe de notre ancienne langue 
qui a persiste* dans le compose 
effondrer. Fondrer est derive de 
fond; sur Paddition de r (voy. 
chanvre). 

Fonds , du L. fundus (fonds); 
sur u devenu o, voy. annoncer. 
— D fonder. 

Fonglbles, du L. fungibiles 
(m. s.). 

Fonguenx, du L. fungpsus 
(spongieux). 

Fontaine, du L. fontana* 
(derive de fontem, fontaine. On a 
plusieurs exemples de fontana 
dans les textes latins du neuvieme 
siecle.). Sur a devenu at, voy. 
aigle, — D. fontainier. 

Fontanfe, mot d'origine histo- 
rique (voy. p. lxiv). Coiffure in- 
vented par Mile de Fontange en 
1679. 

14 



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FOR 



242 



FOR 



1. Fonte, voy. fondre 

2. f route*, mot venu au sei- 
zieme stecle de Fitalien fonda 
(poche) 

Font*, du L. fontes (derive de 
fons, fontaine; les fonts baptis- 
maux) . 

For, proprement tribunal, du 
L. forum (tribunal) . 

Forage, voy. forer. 

Forain, du L. foraneus* qui est 
du dehors, qui est etranger; — 
foraneus* denve de foras (dehors). 
Les marchands ambulants, sont 
dits forains c.-a-d Strangers, par 
opposition am marchands indi- 
genes. 

For ban, bandit, qui est hors 
la loi, qui est banni (pour retymo- 
logie, voy. ban}. 

f Format, venu du provencal 
forcat (format) qui est le L. for- 
tiatus* (voy* forcer). 

Force, du L. fortia* (force 
dans les Lois Barbares; comme 
dans ce passage de la Lex Bajuva-* 
riorum 11, 5 : St cui Deus de- 
derit fortiam et victoriam). Sur 
le changement de tia en ce, voy, 
agencer. 

Forcene. anciennement for- 
sent, en italien forsennato, pro- 
prement fou furieux, qui est hors 
de sens, compose de for qui est le 
latin fons (hors de), — et de l'an- 
cien francais sent (sense, derive 
de sen qui veut dire raison, juge- 
ment, bon sens, dans notre vieille 
langue. Ce substantif sen est d'o- 
rigine germanique, et correspond 
a l'ancien haut allemand Sin f 
sens). 

Foreep*, du L. forceps (for- 
ceps). 

Forcer, du L. fortiare* (im- 
poser par force, denv6 de fortia* ; 
voy. force). Sur tia devenu ce, 
voy. agencer. — D. efforcer, r en- 
forcer. 



Forces, ciseaux, du L. forpi- 
ces (ciseaux), par la contraction 
rrfguliere (voy. p, lxxxi) de for- 
v[l)ces en forp'ces d'ou forces par 
rassimilation de pc en c (voy. 
caisse). 

Forctore, du L. foris et dan- 
der e, proprement exclure de. Pour 
les changements de lettres, voy. 
clore. 

Forer, du L. forare (m. s.). — 
D. forage t foret 

Foremt%er, deriv6 de forest 
forme ancienne du mot forit. 
Pour l'Stymologie, voy. forH. 

Foret, voy. forer. 

Foret, ancienn. forest, du L. 
forestis* (qui a dans les textes 
carlovingiens le sens d'emplace- 
ment non clos, et sur lequel le 
droit de cbasse est reserve. Au 
bois clos de mur, au parens, 
les textes du moyen age opposent 
la forestis le bois non clos, mais 
dans lequel le proprietaire a seul 
le droit de chasse : forestis derive 
de foris (hors de, c.-a-d. non clos). 
Un texte du moyen age fait nette- 
ment sentir la difference de la /b- 
restis et du parens : « Forestis est 
ubi sunt ferae non inclusae; par* 
cus locus ubi sunt ferae inclusae. » 
Du sens special de bois non clos 
de mur , forestis est venu a desi- 
gner toute espece de bois). 

Pour le changement de forestis 
en forH, voy. abime. 

Forfaire, du L, foris (en de- 
hors de) et facer e (agir) , propre- 
ment commettre des actions con- 
traires a l'honnfitete, agir crimi* 
nellement. Pour le changement de 
lettres, voy. faire. — D. forfaU 
(subst. participial), forfaiture. 

1 ForfaU, voy. forfaire. 

2. ForfaU (a), proprement a 
prix fait, du L. forum factum* 
(de forum prix, et de factum fait). 
Pour les changements de lettres, 



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FOR 



243 



FOU 



voy. fait. Quant au sens de prix, 
donne a forum , en voici des 
exemples tires des textes latins du 
moyen age l * Quod victualia eis 
vendantur et tradantur ad ratio- 
nabilem forum. » (Ordonn. des 
Rois de France); et dans un texte 
de 744 * Ut per omnes civitates 
legitimum forum et mensura fiat, 
secundum abundantiam temporis. 
f Forfanterle, venu de l'ita- 
lien furfanteria (fanfaronnade). 
Forge, en provencal faurga, 
du L fabrica (forge) par la con- 
traction reguliere (voy. p. lxxxi) 
de fdbrtyca en fabfca et par le 
changement . 1° de br en ur (voy. 
aurone) d'ou faurca ; 2° de c en g 
(voy. adjuger), d'ou faurga puis 
forge par le changement de au en 
o (voy. alouette). 

Forger, en provencal faurgar, 
du L. fabricare (forger) par la 
contraction reguliere (voy. accoin- 
ter) de fabr(i)cdre en fabr'care. 
Pour les changements de lettres, 
voy. forge. — D. forgeron; for- 
geur. 

Forjeter, de for (L. foris, 
hors de) et jeter. 

FormaHte, voy. formel. 

Format, du L. formatus (qui 
a une certaine forme, une cer- 
taine dimension). 

Formatenr, du L. formatorem 
(m. s.). 

Formation, du L. formation j 
nem (m. s.). j 

Forme, du L. forma (m. s.). | 

Formel, du L. formalis (qui ■ 
sert de type). — D. formalite 1 , for- 
malisme, formaliste, se formali- 
ser. 

Former, du L. formare (m. s. ). 

Formidable, du L. formida- 
bilis (m. s.). 

Formule, du L. formula (for- 
mule) —Jy.formuler, formulaire. 

Fornlquer, du L. fornicari 



(m. s.). — D fornicateur, fornix 
j cation. 
I Form, du L. foris (hors de). 

Fort, du L. fortis (m s.j. — 
I D. fort (substantif), fortin. 
I f *©rte, de ritalien forte 
(fort). ' 

I Forteresse, en provencal for- 
i talessa, en espagnol fortaleza* du 
L. fortalitia* <citadeile, deriv6 de 
fortis au sens de fort, d'ouvrage 
fortifie. On lit dans un chroniqueur 
latin du treizieme siecle • « Con- 
I sules occurrebant et regi fortalitia 
I tradebant. ») 

I Fortalitia a donne forteresse par 

j le changement : 1° de I en r (voy. 

j apdtre); 2° de a atone en e (voy. 

acheter) ; 3° de tfta en esse (voy. 

p. 31, col. I, ligne 45). 

Fortification, du L. fortifica- 
tionem (action de fortifier) . 

Fortifier, du L. fortificare 
(m. s,). 

Fortnlt,duL fortuitus (m&ne 
sens). 

Fortune, du L. fortuna (for- 
tune) . — D. infortune. 

Fortune, du L. fortunatus 
(m. s ). — D. infortune'. 

Fosse, du L. fossa (fosse). — 
D. fossette, fossoyer. 

Fosse, du L fossatum* (foss6, 

derive de fossa, fosse. Fossatum 

est dans la Lex Longobardorum , 

Si quis fossatum in terra alterius 

j fecerit. ) Sur alum devenu e" t voy. 

I ampoule. 

Foaslle, du L. fossilis (qu'on 
tire de la terre, proprement en- 
/but). 

Fossoyer, voy. /owe. — D. 
fossoyeur, fossoyaye. 

Fow, adoucissement de fol 
(voy. ce mot). Sur le changement 
de I en u, voy. agneau. 

Fouaee, galette cuite sous la 
cendre, en provencal fogassa, 
en italien focaccia, du L. focacia 



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FOU 



244 



FOU 



(forme feminine defocaehu % cuit 
sons la oendre: • Subctnerieius , 
court eoctus et reversal** ipse est 
et focacius, • dit Isidore de Seville. 
Foeaetus est un derive de focus, 
foyer). 

Fo{c)acia a donne {ounce par la 
chute dn c medial (voy. affouage) 
et par le changement : 1* de o ea 
ou (voy. affouage) ; 2* de cia en 
te (voy. ogencer). 

Ftiifte, en provencal fo- 
guatge, du L. focaticum* (rede- 
vance exigee pourchaque fen; de- 
rive de focus, fen. On lit dans un 
texte cite par Ducange: * Forma 
litter arum qux mittitur prxdictis 
super focatico. >) 

Poor le changement de focaticum 
enfouage, voy. affouage, 

WmmmUter, voy. /btcef. 

1. + Yewdbre, tonneau, de fal- 
iemand Fuder (tonneau). 

2. Fomlre, ancienn. foldre, 
da L. /Wjpir (foodre), par la con- 
traction reguliere (voy. p. lxxxi) 
de fulg(u)r en fulg'r d'ou fuVr 
par la reduction de gr a r (voy. 
accueiUir), fuVr a donne /bWre 
par le changement : 1° de n en o 
(voy. owioncer) ; 2 # de Jr en Idr, 
(voy. adsoudre), FoWre adoucit oi 
en ou (voy. agneau), d'ou foudre 
— D. foudroyer. 

Fotiel, proprement faisceau de 
verges pour fouetter, faisceau de 
petites branches, de baguettes, di- 
minmif de /bu (proprement bran- 
ches de hetre, puis branches en ge- 
neral). L'ancien francais fou. qui 
est a l'origine fau, d6rive du L. /a- 
gus (hetre) par le changement: 
l*de a en au, puis o (voy. toon et 
alouette)\ 2* par la chute du £ mi- 
dial (voy. outer). — D. fouetter; 
du primitif /bu derive fouailler. 

Fow^et*, du L. fodicare (fouil- 
ler, creuser) par la contraction re- 
guliere (voy. <Kcointer)en (od'care, 



d'ou /buger par le changement : 
1* de dc en c, puis y (voy. adju- 
Ofr) ; 2*de o en on (voy. affouage), 
W am ger e, dans l'ancien fiin- 
cais feugtre, du L. fdiearia* (de- 

, rive de /Uteem fougere) par la con- 
traction reguliere (voy. oceotnler) 
de /U(i)cdirta en fiVtaria qui est 
devenu ftlgeria par le changement 
de c en y (voy. adjuger) et de a 

, en e (voy. acheter). Ftlgeria est 
dans un texte du onzieme siecle: 
•Dedit perpetuaUter.... pereursum 
centum poreorum m giande et Al- 
geria. » 

Ftlgeria donne felgere par le 
changement de i en e (voy. admet- 
tre) ; par Padoucissement de el en 
eu (voy. agneau). 

f VMgae, de Htalien foga 
(fougue). — D. fougueu*. 

F*ttitfer>, du L. fodtculare* 
(fouiller, frequentatif de fodicare, 
fouiller, creuser) par la contraction 
reguliere (voy. accointer) de /©- 
dxc(ii)lare en fodic*lare. Fo{d)iclare 
perdant le d medial (voy. acca- 
bler) devient fouUler par le chan- 

: gement : !• de el en U ( voy. 

; oftetfte) ; 2* de o en ou (voy. aA 

; fouage). — D. fouitte (sabstanuf 
verbal), fouillis. Pour le compose 
farfouiUer, voy. ce mot. 

1. Fottiate, ancienn. /bttw, a 
l'origine fatne, en italien faina, 

; en Catalan fagina, du L. faqina* 
(martre des hetres, derive de fagus 

| hetre; fagina a le sens de fouine 

. dans cet article dn Concile de Tar- 
ragone : NuUi eanonici vH de- 

[rict.... vestes rubeas vel virides 

J nee forraturas pettium de martis, 

J defaginis.... portare prxsumant. 

J Pour le changement de fagina 
en faine voy. fatne. 

I 2. Fenfiie (fourche) pour 
fouisne, du L. fuscina (trident) 

. par la contraction reguliere (voy. 

i p. van) de pisc{fjna en fut*na x 



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FOU 



245 



FOU 



d'ou fouitne* (voy. buu et accou- 
der), puis /wane (voy. aWww). 

Fowl**, du L. /bdere (fouir) qui 
est deja fodire dans un texle de 
470. Sur le changement de /bdere 
en/bdire, voy. accowrtr; /b(d)erea 
donne /butr; 1* par la chute du d 
medial (voy. accabler); 2° par le 
changement de o en ou (voy. af- 
fouage) et de e en t (voy. accom- 
plir). 

Foulard, origine inconnue. 

Fotcle, voy. f otder. 

Fouler, en italien foUare, du 
L. fullare* (fouler; le latin classi- 
que ne possedait que le derive fxd- 
tonem foulon). Sur u devenu ou 
voy. accouder. — D. foule (sub- 
stantif verbal), fouleur, /bulerte, 
foulure, refouler. 

Fotcfoat, du L. fuUonem (fou- 
lon). Sur u devenu o, voy. accou- 
der. 

Fcmfgtce, du L. /utt'ca (foul- 
que), par la contraction reguliere 
fvoy. p. lxxxi) de fultfica en fuVca; 
foulque par le changement de u en 
ou (voy. accouder). 

Fotcf , anciennement for, a Po- 
rigine forn, en italien forno, du 
L. furnus (four) par le change- 
ment : 1 # de u en o (voy. armou- 
rer), puis de o en ou (voy. affouage; 
2° de rn en n (voy. auoour). — D. 
de l'ancienne forme du xnoyen age 
fournel (d'ou fourneau ; sur ei de- 
venu eau, voy. agneau),fourne'e t 
fournier, (ournage x fournil, en- 
fourner 

t Fourbe, venu au seizieme 
siecle de Htalien furbo (fourbe) . 
— D. fourbe (substantif), fourbe- 
rie. 

Fourbiw, mot d'origine ger* 
manique (ancien haut allemand 
[urban, fourbir) : sur u devenu ou 
(voy. accouder). — D. fourbissage, 
fourbiiture, fourbisseur. 

Fourbu, anciennement forbu, I 



participe de l'ancien verbe fran- 
cais forboire (boire avec ezces). 
On croyait que la maladie des 
chevaux, nominee fourbure, 6tait 
causee par un exces de boisson 
apres une longue course. 

Pour l'etymologie de forboire, 
voy. botre; for est le L. forts 
(hors de). Pour le changement de 
forbu en fourbu voy. affouage. 

FotcfcAe, du L. furca (four- 
che) par le changement : 1° de 
u en ou (voy. accouder) ; 2 9 dec 
en ch (voy. acharner). — D. four- 
chette, fourchon, fourchu, four- 
cher, fourgon (outil pour attiser 
le feu). 

Fourgom (chariot), origine 
inconnue. 

Fott**mi, ancienn. fermi, du 
L. formicus* (forme masculine de 
formica fourmi), Sur icus devenu 
t, voy. ami; sur o devenu ou, 
voy. affouage. 

FoM»*miffe**, du L. formicu- 
lare* (derive* de formicula, fourmi 
de petite taille dans Apulee) par la 
contraction reguliere (voy. accoin- 
ter) en formic r lare; d'ou fourmiU 
let par le changement : 1° de o en 
ou (voy. affouage) : 2° de cl en il 
(voy. abeille). — D. fourmili&re, 
fourmillement. 

Fouwn*Ulot%) du L. formicu- 
Umem* (derive* de formicula). 
Pour les changements de lettres, 
voy. fourmiller. 

Fouwnaise^ en italien f ornate, 
du L. fornacem (fournaise). Sur o 
devenu ou, voy. affouage ; sur c 
devenu *, voy. amitU; sur a de- 
venu at, voy. atflfie. 

FoMftteatc, voy. four. 

Foni^iee, voy. /bur. 

FoMmier, voy. four. 

Fot*tttif, voy. four. 
FoMtttl**, anciennement fornir, 
en provencal/omiret/Votmr, mot 
d'origine germaniq'je (v. h. alle- 



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FOU 



246 



FRA 



mand frumjan, fournir, procurer). 
Le radical germanique, par le 
changement de u en o (voy. an- 
noncer) donne d'abord fromtr, gui 
passe a formir par la transposition 
de r (voy. dprett), d'ou fornir par 
le changement de m en n (voy. 
changer); fornir adoucit enfin o en 
ou (voy. affouage). — D. fourni- 
ment, fournisseur, fournUure. 

Fourrape, anciennement for- 
rage y derive de l'ancien frangais 
forre (fourrage), qui est fodrum 
(fourrage) dans les textes carlo- 
vmgiens. On lit dans une Charte 
de Louis le Pieux, a l'annee 796 
« Inhibuit d plebetis.... annonas 
mtlitares quas vulgo fodrum vo- 
cantj dart. » Fodrum est d'origine 
germanique et correspond au go- 
thique fddr , qui a le meme 
sens. 

Fodrum a donn6 forre par le 
changement de dr en rr (voy. ar- 
rive), d'ou le derive forrage qui 
est devenu fourrage par le chan- 
gement de oen ou (voy. affouage). 
— D. fourrager, fourragere , four- 
rageur. 

Foumeau , anciennement 
fourrel tpour le changement de el 
en eau, voy. agneau). Fourrel est 
le diminutif de l'ancien francais 
fourre (fourreau). Fourre est d'o- 
rigine germanique ; et repond au 
gothique fodr (fourreau) par le 
changement ; l c de dr en rr (voy. 
arrttre) ; 2° de o en ou (voy, af- 
fouage), — D. de Pancienne forme 
fourre (fourreau) , est venu le 
verbe fourrer (proprement mettre 
comme dans un fourreau). 

Foiirrer, voy. fourreau. — 
D. fourre' y fourrure , fourreur. 

Fotct*t*iev, autrefois officier 
charge de pourvoir aux logements 
et aux vivres , a Pongine celui qui 
allait au fourrage ; fourrier vient 
du L. fodrarius* (charge du four- 



rage, dans les textes carlovin- 
giens ; bornons-nous, comme exem- 
ple, a cette phrase d'Hincmar, opus. 
5 : « De coercendis militum rapi- 
nis; Et mitte homines secundum 
consuetudinem praedecessorum ves- 
trorum, qui in longius pergant 
propter fodrarios. » Fodrarius de- 
rive de fodrum fourrage, mot dont 
on trouvera P&ymologie au mot 
fourrage). 

Fodrarius a donne fourrier par 
le changement : 1° de o en ou (voy. 
affouage); 2° de dr en rr(voy. ar~ 
riere), 3° de arius enter (voy. 
dnier) Le lieu ou logeaient les 
fourriers se nommait fourri&re, et 
ron a posterieurement appliqu£ 
cette denomination a Pendroit oft 
les animaux errants sont recueillis 
et nourris pendant un certain laps 
de temps. 

Fourrure, voy. fourrer. 

Foumoyew, ancienn. for- 
voyerj marcher hors du chemin, 
compose de for (du L forts, hors 
de) et de voyer (deriv6 de vote). 
Sur o devenu ou, voy. affouage. — 
D. fourvoiement. 

Foyer, du L. focarium (de- 
rive de focus, feu) ; on lit dans 
un Glossaire latin du moyen age : 
Igntarium : focarius locus in quo 
fit ignis. 

Fo(c)arium , perdant le c me- 
dial (voy. affouage), devient foyer 
par le changement de artum en 
ter(voy. dnier). 

f Frac, de Pallemand frock 
(m us.). 

f Fracasser, venu au seizieme 
siecle de Pitalien fracassare (fra- 
casser) — D. fracas* 
. Fraction, du L. fractionem 
(action de briser). — D. fraction- 
naire, fractionner, fractionne- 
ment 

Fracture, du L. fractura (frac- 
ture)* — D. fracturer. 



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FRA 



247 



FRA 



Fragile, du L. fragiUs (m s.). 

Fragility, du L, fraguitatem 
(m s). 

Fragment, du L. fragmentum 
(m. s.). 

Frai, action de frayer, voy. 
frayer. 

Frairie, du L. fratria (pro- 
prement reunion, assemble, puis 
fete, partie de plaisir), par le chan- 
gement : 1° de tr en r (voy. ar- 
rtire; 2° de a en ai , voy. aigle 

1. Frais (adj.), en provencal 
/hesc, en italien fresco, mot d'o- 
rigine germanique (anglo-saxon 

{resc, frais); sur le changement: 
• de e en ox puis at, voy ac- 
croire; 2° de se en s (voy. 5ou). 

La forme germanique fresc etant 
latin isee en frescus par les Gallo- 
Romains, le feminin fresea donna 
fresche par le changement de c en 
c/i (voy : ac/iarner); fraische est 
devenu fraiche par la chute de 5 
(voy. abime). — -D. frateheur, frai- 
chir % rafraichir. 

2. Frai*) pluriel de Pancien 
franeais /rait (amende), qui est le 
L. fredum * (amende, dans les lois 
Barbares, comme dans ce passage 
de la Loi des Ripuaires : <* Fredum 
autem non Mi judici tribuat, qui 
cutpam commisit, sed Mi qui so- 
lutionem recipit. »>) Fredum, mot 
d'origine germanique, correspond 
an danois fred, allem. friede 
(paix; proprement amende pour 
avoir trouble la paix publique), 

Fredum a donn6 fratt par le 
changement de e en oi, puis en ai 
(voy. accroire) — D. defrayer. 

1. Frai*e, du L. fragfea (de- 
rive de fragum*, fraise), par le 
changement de ea en ia (voy. o- 
bre'ger); par le changement de gfto 
en se (voy agencer, et cf. gtesier 
de gigrerium, gencive de gingiva); 
sur a devenu ai, voy aigle. — D. 
/roister. 



| 2. f Fratoe, dentelle, venu de 
l'espag. freso (fraise).— D. (raiser. 
3. Fraise (terme de boucherie), 
origine inconnue. 

Framboise, mot d'origine 
germanique (holland. brambexie, 
propr. fruit des ronces). Sur b de- 

' venu v, puis f, changement tout 
a fait insolite au commencement 
des mots, voy. avant et bceuf; sur 
e devenu oi, voy. accroire. — D. 
framboisier, framboiser. 

1. Franc, monnaie, ainsi 
nommee a cause de la devise Fran- 
corum rex qui y etait inscrite. 

2. Franc (adj.), proprement 
Ji&rc, du L francus * (libre, dans 
les textes merovingiens ; sens 
reste" dans franc de port, etc. . . . 
Francus derive de l'ancien haut 
allemand franco , homme libre). 
— D. franchir (se liberer; se de- 
barrasser d'une contrainte, d'un 
obstacle) ; franchise, affranchir. 

Franeais, ancienn, francois, 
du L. francensis * (derive de Franc, 
nom ae peuple, par le suffixe cri- 
sis, qui marque en latin la natio- 
nalite). Francensis, reduisant sui- 
vant ia regie (voy. aine") ns a s, 
devient francesis, d'ou francois, 
par le changement de e en oi (voy. 
accroire), puis franeais (sur oi de- 
venu ai, voy accroire).— D. fran- 
ciser f francisation. 

Franchir, voy. franc. 1, 

Franchise 9 voy. franc. 2. 

f Franco, de ritalien franco 
(libre, sans frais). 

Frangc, ancienn. fringe, en 
valaque frimbie, du L. fimbria* 
(frange); par la transposition de 
IV (voy. dpreti) , fimbria devient 
frimbia, d'ou la forme valaque 
frimbie; frimbia consonnifiant ia 
en ge (voy. abriger), perdant le b 
(voy. abre'ger) donne fringe par le 
changement de m en n (voy. chan- 
ger)-, d'ou frange par le change- 



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FRR 



243 



FRfi 



ment de \n en en, puis an (voy. 
andouille) — D. franger. 

f Franglpane, de 1'italien 
frangipana (m. s ). 

Frappet*, eri prove ncal frap- 

§or, en italien frappare, *du scan- 
inave hravpa (rudoyer, d'ou par 
extension [rapper). Sur le chan- 
gement de hr initial en fr, cf. 
freux (ftrdc), /roc (/iroch), /rimas 
(frrim).— D. frappe (substantif ver- 
bal), frappemeni, frappeur. 

f Frasque, de 1'italien frasca 
(farce). 

Fraternel, du L fraternalis 
(meme sens) . 

Fraternlte, du L. fratemitatem 
(m s.).— D fraterniser. 

\ Fratricide, du L. fratriei- 
dium (meurtre du frere) 

2. Fratricide, da L. fratricida 
(qui a tue son frere). 

Fraude, duL fraudem {m.s). 
— D. frauaer, fraudeur. 

Fraudulent, du L. fraudulo- 
sus (m. s ) 

Fray et*. ancienn. froyer. du 
L fricare (frotter). Pour lecnan- 
gement de icare en oyer, vey. em- 
ployer. Sur oi devenu at, voy. ac- 
croire. — D frai (subst. verbal). 

Froyettr, anciennement fro- 
yeur. du L. frigorem (frisson cause 
par la terreur), Fri[g)orem per- 
dant le g medial (voy. allier) de- 
vient frayeur par le cbangement : 
1° de o en eu (voy. accueUUr); 
2 # de x en ox (voy. boire) qui de- 
vient posterieurement ax (voy. 
accroire). 

Freffoinc, ongine inconnue 

Fre*fottnei*, origine incon- 
nue. — D. fredonnement. 

f Fregate, venu au seizieme 
siecle de 1'italien fregata (frigate). 

Freitt, du L. frenum (frein). 
Sur e devenu ei, devant n, m, 
eomparez : pletn (plenum), rein 
(ren), y«tne (vena), seigneur (se- 



I niorem), serein (serenus) , ver- 
I veine (verbena), getndre (gemere); 
devant d'autres lettres que w, m, 
dans : sdze ( sed'cim ) , tretze 
(tred'cim), seigle (secle*). — D 
e/frene*. 

1 f Frelater , signifie ancienn. 
transvaser ; venu du flamand ver- 
laten (transposer); par la meta- 
these de verlaten en vrelaten (voy. 
dprete") — D frelateur, frelatage. 
I Frefe. ancienn. fraile, du L. 
fragilis'(M\e) par la contrac- 
| tion reguliere (vov. p lxxxi) de 
fragftlis en frag'hs d'ou fraxle 
par le changement de gl en il 
(voy. cailler) Sur ai devenu i, 
voy. p lxxxiii. — D. frelon (pro- 
prement insecte dont le corps est 
frgle et delie). 

Frefott, voy. frile. 

FrefMcAe, origine inconnue. 
— D freluquet 

Frefuque*, voy. freluche. 

FtHzmir, du L. fremere (fr6- 
mir). Sur le changement de con- 
jugaison (fremere au lieu de 
fremere) voy. accourxr. Sur e de- 
venu t, voy. accomplir — D fri- 
missement 

Ffeate, ancienn. fresne, en 
italien frassxno, du L. fraxtnus 
(frene) par le changement regu- 
lier de frazinus en frawinus ( < quo- 
| modo vadit ad caput frassino- 
rum » lit-on dans un auteur cite" 
1 par Ducange). 

Frass(i)nus contracts ( voyez 
p. lxxxi) en frasfnus, donne 
fresne par le changement de a en 
e (voy, acheter). Sur la chute de 
s, voy, abime. 

Frene0fie,duL.pfcre»iem(m.s.). 

Frenetlque, du L. phrenetv- 
cus (m. s.) . 

Frequence, du L frequentia 
(frequence) 

Frequent, du L. (requentem 
(m. s.). 



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FRI 



249 



FRI 



Frequenter, du L. frequentare 

(frequenter). — D. frequentation, 
riquentatif. 

Frhve, du L. fratrem (frere) 
par ie changement . 1° de tr en 
r (voy arri&re) , 2° de a en e 
(voy, acheter). — D. confrere, 
confreri*. 

Fretafe, dans le patois poite- 
vin presate, engascogne bresague, 
du L praesaga* (proprem. oiseau 
de mauvais presage). Sur ae de- 
venu e, voy. p. lxxxviii; sur p de- 
venu f, voy chef; sur, la chute du 
g, voy aWter; sur a devenu at, 
voy. atpte. 

f Freftque, venu au seizieme 
siecle de l'itahen fresco (fresque). 

F»«e«*Mfe 9 origine inconnue. 

Fwt* loyer d'un navire, mot 
d'origine germanique (ancien haut 
allemand freht, m. s.). — D. fri- 
ter, frtteur, affre'ter. 

WretiUer, du L. frictiUare * 

}derivede/Wctore* frequentatifde 
ricare f rotter). Sur ct devenu t 
voy. affeti; sur i devenu e , voy. 
admettre. — D. (rttiUement. 

Frefitt 9 origine inconnue. 

FreUe, origine inconnue. — 
D. fretter. 

Ffetfje, mot d'origine germa- 
nique (ancien saxon hrdc freux), 
pour le changement : 1° de hr en 
ft, voy. frapper; 2° de o en eu (voy. 
Ckccueillir) 

Friable , duL. fnabilis (m.s.), 

— D. friabilite du L. friabilitatem 
(derive de friabilis). 

Friand, voy. frire. — D. 
friandise, ajfriander. 

Wwteandeam 9 origine incon- 
nue. 

Fricassee, origine inconnue 

— D fricasste. 

Vniehe^ origine inconnue — 
D. difricher. 

Fvicot, origine inconnue. — 
P. fricoter, fricoteur. 



Frfetton, du L. frictionem 
(m. s.). — D. frictionner. 

Ffffetcjc, ancien francais fril- 
leux, du L. fngtdulosus (de>iv6 
de frigidulus refroidi). On a vu 
au mot froid que fngidus existait 
dans la langue populaire des Ro- 
mains sous la forme frigdus; ce 

?[ui indique que la contraction de 
cigidulosus en fr\g y dulosus avait 
deja eu lieu dans le latin de la de- 
cadence. 

Frigdulosus r&luisant gd a d 
(voy amande), frid^losvs'se con- 
tracte suivant la regie (voy. ac- 
cointer) en frid'losus d'ou frilleux 
par rassimiiation de dl en 11 puis 
en I (voy. allumer), et par le 
changement de osus en eux (voy. 
amoureux) 

Frinta* , gel£e blanche, de- 
rive de l'ancien scandinave hrim 
(gelee blanche) par le changement 
regulier de hr en ft (yoy. frapper, 
— D. frimaire. 

Fw4n*e 9 origine inconnue. — 
D frimousse. 

Fringaie , dans le patois nor- 
mand frainvaie, corruption de la 
locution faimvaUe (voy. ce mot), 

FfiM£«ntf , derive" de fringuer, 
dont l'ongine est inconnue. , 

Fripe , voy friper, — D. /W- 
pter, frxperie. 

FHpcr, origine inconnue. — 
D. frivon. 

FfijMm, signifie originaire- 
ment gourmand , et derive de /Vi- 
per au sens de manger. — D. /rt- 
ponnerte, friponner, friponneau. 

Ffit*e,du L. frigere (frire) par 
la contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de /Wgf(e)re en frig're d'ou 
/rir« par la reduction de gr en r 
(voy. accweiMtr) . — D. friand (pour 
friant, participe de frire, comme 
riant de rire\ friand signifie a 
l'origine ce qui est app6t»ssant) par 
une extension asseg forte du sens 



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FRO 



250 



FRO 



primitff. La forme ancienne de 
friand est toujours f riant ce qui 
confirme Petymologie indiquee. 

\ 1. Frlae (architecture, de Pi- 
tahen fregio (frise). 

2. Frise (etoffe de), mot d'ori- 
gine historique (voy. lxiv). Toile 
de la province de Frise. 

3. Frlse (cheval de), de la pro- 
vince de Frise ou ce mode de de- 
fense fut employe pour la premiere 
fois. 

Firisev) origine inconnue. — 
D. frisure, frison, frisotter, d&- 
friser. 

Frisson, anciennement fricon, 
du L. frictionem (frisson dans 
Gregoire de Tours : « Ita sospitati 
est restitutes ut nee iUas, quas 
vulgo frictiones vocant, ultra per- 
ferret). » Pour le changementde 
frictionem en fricon, ou mieux de 
etionem en con voy. facon ; pour 
le changementde fricon en frisson, 
voy. agencer. — D. frissonner, 
frissonnement. 

Friturc , du L. frictura* 
(m. s.). Sur ct devenu t, voy. af- 
ftt&. 

Frlvftle, du L. frivolus (fri- 
vole). — D. frxvoliti, 

Fvoc , dans la basse latinite 
hrobus, de l'ancien haut allemand 
hrock (habit, vehement) Sur hr 
devenu fr, voy. frapper. — D. fro- 
card, defroque, de'froquer. 

Froid, du L. frigdus (que le 
peupledisait a Rome pour frigidus, 
froid. « Frigida non fricda » dit 
V Appendix ad Probum. On trouve 
de meme frtgdor pour frigidor, 
frigdosus pour frigidosus, etc. ..). 
Sur cette* chute de l't, dans frigi- 
dus, voy. p. lxxxi. 

Frigdus a donn6 froid par le 
changement: 1° de gd en a (voy. 
amande) ; 2" de % en ox (voy. 
boire).— D. froideur, froiaure, 
refrotdir. 



Froisser, frotter fortement, 
du L. fnctiare * (derive" de frictus 
participe de fricare frotter, voy, p. 
xxxiii). Sur le changement de 
chare en sser y voy r agencer , sur i 
devenu ot, voy. boire, — D. frois- 
sementj froissure. 

Ft* ofet*, du L. frictulare (dimi- 
nutifde frictare* frequentatif de 
fricare frotter). Frictulare devmt 
fritulare par le changement de ct 
en t (voy. affe"U) % frit(ti)lare con- 
tracts suivant la regie (voy. accotn- 
ter) en friflare, change t en o 
(voy. frotter), d'ou frot'ler qui 
don ne frdler par l'assimilation de 
tl en I (voy. bouleau). — D. /rdfe- 
ment. 

Frontage , anciennement for- 
mage, en provencal formatge, du 
L. formaticum (qui a le sens de 
caseum dans les textes merovin- 
giens et carlovingiens : on lit dans 
les Gloses de Reichenau qui remon- 
tent au huitieme siecle ; « caseum 
= formaticum. » Formaticum si- 
gnifie proprement qui est fait dans 
une forme. Papias cite formaticum 
comme une expression populaire : 
« caseus vulgo formaticum. » Un 
texte du neuvieme siecle cite par 
Ducange dit egalement : Ova man- 
ducant et formaticum id est ca- 
seum. 

Formaticum a donn§ formage 
par le changement de atxeum en 
age (voy. dge); puis fromage par 
la transposition de r (voy. dpreU). 
— D. fromager, fromagerie. 

Frownent , du L. frumentum 
(ble). Sur u devenu o, voy. annon- 
cer. 

Froneer^ proprement contrac- 
tor, rider le front, du L. frontiare* 
(derive" de frontem front)* Sur ttare 
devenu cer voy. agencer, — D. 
fronce (substantif verbal) , fronce- 
ment, fronds, de'froncer. 

Fronde $ du L. funda (fronde) 



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FRU 



251 



FUN 



par le changement de u en o (voy. 
annoncer) et l'intercalation d'un r 
(voy. chanvre). — D. fronder, 
frondeun 

Ffott*,duL. frontem (front). 
-~D. frontal, fronteau, fronton , 
affront , affronter, conf router, ef- 
fronU, eflronterte, 

Ffotttffefe, du L. fronteria* 
(limite de deux pays, dans les tex- 
tes du moyen age, proprement li- 
mite ou deux pays se regardent 
front a front ; derive de frontem 
front). Sur e devenu ie, voy. ar- 
rive. 

Frontlsplee, du L. frontispi- 
cium* (ni. s ). 

Ffosttott, voy. front. 

Firottew, du L. frietare * (fre- 
quentatif de frtcare frotter) par le 
changement de et en tt (voy. as- 
siette), et de % en o comme dans 
ordonne de ordino,fr6ler de frictu- 
lare. — D. frottement, frottage, 
frotteur, frottoir. 

Fructldor, deriv6 du L. fruc- 
tus (fruit). 

Fructification , du L. fructi- 
ficationem (m„s.). 

Fructlller, du L. fructificare 
(m. s.). 

Fructueux, du L. fructuosus 
(m. s.). Sur osus devenu eux. voy. 
amoureux. 

Frugal, du. L. frugalis ( frugal). 

Frugallte, du L. frugalitatem 
(frugalite). 

Fruglvore , du L. frugem 
(fruit) et vorare (manger). 

Ft*tci*, du L. fructus (fruit) . Sur 
a devenu it, voy. attrait. — D. 
fruitier, fruitene. 

FtfMgttiit, origine inconnue. 

f Fruatc, de l'italien frusto 
Juse, vieux). 

Frustration, du L. frustration 
hem (m. s.). 

Fruatrer , du L. frustrari 
(m. s.). 



Fugaee, du L. fugacem (qui 

fuit facileraent). 

Fugltlf,du L. /u0ttuw(m. s.). 

f Fugue , de l'italien fuga 
(fuite.) 

Fwlf, du L. fuaere (fuir) par 
la contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) en fug're d'oii fuir par le 
changement de gr en ir (voy. ac- 
cuetutr et buis). — D. /wife (sub- 
stantif participial, voy. absoute), 
fuyard ; s'enfuir. 

Fwite, voy. fuir. 

Fulgural, du L. fulguralis 
(m. s.). 

Fulguratlon , du L. fulgura- 
tionem (m. s.). 

Fullglneux, du L fuliginosus 
(couvert de suie). 

Fulmlner , du L. fulminare 
(foudroyer). — D. fulminant, ful • 
initiation. 

Fumet*, du L. fumare (fumer), 
— D./i*m& (substantif participial), 
fumage, fumet, fumeur, fumoir, 
fumeron, fumiste, enfumer, par- 
fumer. 

Ftcmetcoc, du L. fumosus (m. 
s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

Fwntier , anciennement fe- 
mier, du L. fimarium* (derivSde 
fumus fumier) par le changement : 
1° de arius en ier (voy. dnier) , 
2° de i en e puis u (voy* a/fu- 
ller), 

Fumigation, voy. fumiger. 

Fumlger 9 du L. fumigare 
(m s.). — Di fumigation, fumi- 
gatoire. 

Funamfeule , du L. funambu- 
lus (danseur de corde). 

Funefere , du L» funebris 
(m.s.). 

Funerallles, du L. funeralia * 
(m. s.). Sur alia devenu aille, voy. 
ail. 

Funeralre, du L. funeranui 
(m. s.). 



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FUS 



252 



FUY 



Funeste, du L. funestus (fu- 
neste). 

Funln, diminutif de fune, qui 
est de>iv6 de funis (corde). 

Fur (au) et d mesure, locution 
pleonastique, far signifiant deja 
prix, mesure. Fur est le L. forum 
(au sens de yrix, pour les exem- 
ples, voy. a forfait). Sur o de- 
venu u, voy. curie. Pour l'Stymo- 
logie voy. mesure. 

Furet , diminutif de fur * 
radical aul correspond au L. furo 
(furet , dans Isidore de Seville). — 
D. fureter (proprement chasser au 
fillet puis fouiiler, chercher par- 
tout). 

Fureter, voy. furet. — D. 
fureteur. 

furear, du L. furorem (fu- 
reur). 

Furlbond, du L. furibundus 
(m. s.) . 
Furle, du L. furia (m. s.) 
Furleux, du L> furtosus (fu- 
rieux). Sur osus devenu eux voy 
amoureux 

Furonde, du L. furunculus 
(furoncle). 
Furtlf, du L furtivus (furtif). 
Fusain , arbre dont le bois 
sert a faire des fuseaux; fusain 
correspond a un L. fusanus * de- 
rive de fusus (fuseau) ; sur anus 
devenu ain voy. ancten. On arj- 
pelle aussi fusain le charbon (fait 
avec le bois du fusain) qui sert a 
tracer des esquisses 

Fuseau, anciennement fusel 
(sur el devenu eau, voy agneau). 
Fusel represente le L. fusellus * 
(denve de fusus fuseau). 

Fusee, proprement la masse 
de fil enroule sur le fuseau (puis 
par assimilation piece d'artillerie 
ayant la forme d'un fuseau). Fusie 
au sens de masse de fil enroule" 
sur le fuseau derive du L. fusata * 
(qui a le meme sens : portans 



seeum duas fusatas fili, dit un 
texte de 1355). Sur ata devenu ee, 
voy. ampoule, 

Fuser ? du L. fusare * d6riv6 
du participe fusus, de fundere 
(fondre). 

Fusible , du L.fusibilis (m. s.). 
— D fusibiliU du L. fusibilitatem *, 
derive de fusibilis. 

Fusil, proprement morceau 

d'acier avec lequel on bat la pierre 

I a feu pour allumer Tamadou (puis 

arme a feu qui est munie d'un 

fusil). 

Fusil, qui est en italien footle. 
vient du L. focile* (briquet, derive 
de focus feu) par le changement : 
I ° de o en u (voy. curie) ; 2° de c 
en s (voy. amitie). — D. fusilier, 
fusillade, fusilier. 

Fusion, du L. fusionem (fu- 
sion), — D. fusionner. 

Fustlger, du L fustigare (m 3 
s.). — D. fusttgation. 

Fut, anciennement fust, pro- 
prement bois {fat d'une lance), du 
L, fustis (bois, baton) Sur la chute 
de s, voy. abime. — D. futaie, 
futaille (petit fut), fHt4 (qui a de 
l'experience ; qui a souffert ; dans 
l'ancien francais * qui a et6 battu, 
derive de f&t au sens de bdtori), 
aff-at, compose" de d et fut, c'est- 
a-dire au bois, proprement 6tre 
appuye" contre un arbre, pour Spier 
le passage du gibier. 

Futaie, voy. fut 

Futaille, voy fut. 

f Frttalne, anciennement fus- 
taigne, venu a'umoyen age. parle 
commerce de Genes, de 1 italien 
fustaano (futaine) 

Fute, voy. fut 

Futile, du L. futilis (futile). 

Futlllte , du L. fulilitaUm 
(m. s.). 

Futur, du L. futurus (m. s,)» 

Fuyant, voy. fuir. 

Fuyartl, voy. fnir, 



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GAG 



253 



GAG 



f GAbfcrre, de l'italien ga- 
barra (gabare), — D. gabarier; 
gabarit , module pour la construc- 
tion des gabarres, puis des vais- 
seaux en general. 

Ga6effe, a l'origine imp6t en 
general, mot d'origine germanique 
(anglais, gabel 2 gavel ; anglo-saxon, 
gafol, tribut, impdt) . — D. gabe- 
leur, gabelou, gabeler, gabelage. 

Ctofret*, en italien gabbare, 
mot d'origine germanique (ancien 
scandinave gabba tromper, se mo- 
quer de). 

f tt abler, venu de l'italien 
gabbiere (gabier), 

f Gabton venu de Pitalien 
gabbione (gafcion). — D. gabion- 
ner 

G&che, origine inconnue. — 
D. gdchette. 

Gachcv, anciennement gas- 
cher, proprement detremper, de- 
layer du platre, mot d'origine 
germanique (ancien haut allemand 
waskan, Javer, qui a donne dans 
la basse latinit6 un type wascare* 
dont gascher est la tranformation 
r^guhere, par le changement : 
1° de to initial en gu, puis en g 
devant a, comme dans . pager 
(tuadiare), gagner (iceidaniare*), 
grant (tcantus), garant (tcarant 1 , 
garder (tcarten) . garenne (tca- 
renna), oarer (wardn), garnir 
(toarnian), gateau (wastel) gauche 
(toelk) , gaufre (wafer) , gaule 
(walu), gazon (toaso); gu persiste 
devant e ; guerre (toerra), guerir 
(tcerjan), guetter (tcahten) 2° de 
ca en che (voy. acharner et ache- 



ter). Sur la chute posterieure de *, 
Yoy. abime. — D. gdche (substan- 
tif verbal), gdcheur, gdcheux, gd- 
chis. 

Gdchette, voy. gdche. 

Gade, du grec y^8o; (m. s.). 

Garfoue, origine inconnue. — 
D. gadouard. 

Gaffe, mot d'origine celtique 
(gaelique, gaf f croc) — D. gaffer. 

Gage, voy gager. — D. ga- 
giste. 

Gager, en provencal gatjar, 
du L. wadiare * (gager dans les 
Lois Barbares , wadiare derive de 
vadium que Ton trouve dans ces 
memes lois avec le sens de gage ; 
wadium est d'origine germanique 
et correspond au gothique vadi , 
gage). Wadiare ^transforms sui- 
vant la regie (voy abrtger) en 
wadjare a donn6 gager par le chan- 
gement : 1° de dj en g (voy. ajou- 
ter) ; 2° de w en g (voy. gdcher). 
— D. gage (subst. verbal), gage- 
rie, gageur, gageure f engager , dd- 
gager. 

Gagnage, voy. gagner. 

Gagner, anciennement retirer 
un profit, un revenu de la culture, 
a i'origme retirer un profit du pa- 
turage, et enfin paitre qui est le 
sens primitif {gagner au sens de 
paitre est rest6 dans gagnage pa- 
turage, et dans les termes de 
chasse tie lievre gagne, le cerf 
gagne » c'est-a-dire pait) . Gagner 
qui est dans notre ancienne lan- 
gue gaagner, en provencal gazan- 
har, en italien guadagnare f dans 
l'ancien espagnol guadanar. est 
15 



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GAL 



254 



GAL 



an mot d'origine germanique, et 
correspond a Tancien haut alle- 
mand weidanjan (faire paitre) : 
cette forme correspond a un type 
de la basse latinite wei(d)aniare * 
qui a donne gaagner : 1° par la 
chute du d m6dial (voy. accabler) ; 
2° par le changement de to en g 
(voy. gdcher)j et deni en gn (voy. 
r'^ogne). Gaagner avait cree le 
s^bstantif verbal de Tancien fran- 
§ais gaaing, aujourd*hui contracte 
en gain. 

Croi, mot d'origine germanique 
(ancien haut allemand gdki (vif , 
alerte, d'ou posterieurement le 
sens de gai). — D. gaiett, igayer. 

f curiae, mot apportedel'ilede 
Saint-Domingue. 

Gaiete, voy. gai. 

Gaiiiard, origine inconnue. 

— to.gaillardise, ragaillardir. 
Cau»,voy. gagner. 
Came, du L. vagina (gaine, 

fourreau). Pour le changement de 
agina en aine, voy, fatne; la for- 
me vaina est devenue gaine par 
le changement du v initial latin en 
g y qui se retrouve dans : pasco- 
gne (©asconia), #ater (rastare), 
#ue (©adurn), pufipe (vespa) , grue- 
ret (t?eractum *), gvi (t?iscum), 
flfuivre (vipera) , goupillon (culpe- 
culionem*), flfap(vapp), ^uimauve 
(tnscummalva). — D. gainier, gai- 
nerie, engainer t rengainer, d6- 
gainer. 

f ctala, venu de l'italien gala 
(fete). 

Crafattf, parti cipe du yerbe 
galer qui a dans notre ancienne 
Langue le sens de se rejouir; galer 
est d'origine germanique et derive 
de l'anglo-saxon gdl (gai, rejoui). 

— D. galanterie, gdkmtin, galan- 
tiser. 

ttalantlne, du L. galatina* 
(galantine dans les textesdu moyen 
age). Pour l'lnsertion de Yn, voy. 



concombre. Galatina est une cor- 
ruption degelatina (voy. gtlatine) 
Quant au sens de galantine pos~. 
sede par la forme galatina, en 
voici un exemple tire de la Philip* 

Side de Guillaume le Breton (liv. x) : 
Ullia salmonum murenarum- 
que ministrat Britigenis, quo* in- 
de procul commercia mittunt 
Chara diu, dum servat exs Gala- 
tina vigorem. Un comple ma- 
nuscrit de 1240 donne le mSme 
sens au mot galatina : « De duo- 
decim lampredis portatis in gala- 
tina. » 

cudaxle, du grec yaXatfotc; (voie 
lactee) . 

dalbanom, du L. galbanum 
(galbanum). 

f cialbe, au seizieme siecle gar- 
be dans Ronsard, de l'italien garbo 



Crate, du L. callus (proprement 
callosity et par extension gale, 
maladie eutanee qui rend la peau 
calleuse et epaisse) ; caUus avait 
deja le sens de gale dans le latin 
du moyen age, puisqu'on trouve 
son derive callosus employe au sens 
de galeux dans un texte du on- 
zieme siecle • Insuper expertus cal- 
loso corpore lepram. 

Sur le changement de e en g, 
voy. adjuger. — D. galeux, 

| dalefra, de Pespagnol gal- 
lega (m. s.) . 

Ctalene, du L. galena (ga- 
lene). 

f «alere, venu au seizieme 
siecle de l'italien galer a (galere). 
— D. galirien. 

f Galerle, venu de l'italien 
galleria (galerie). 

Crafei*tte, mot d'origine eel- 
tique (breton gwalern, vent du 
nord-ouest). 

Gafef , origine inconnue. — D. 
galette (qui a la forme plate et 
ronde du galet). 



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GAM 



255 



GAR 



Crtifetfa*, origine inconnue. 

GatintatU**, origiae incon- 
nue. 

Craff on, galiote. derives de l'an- 
cien francais galee (galere) dont 
l'origine est inconnue. 

Gatiote , voy. flfaWon. 

Galle, du L. gfaito (noix de 
galle). — D. gallique. 

Galilean , du L. gallicanus*, 
derive de galius (gaulois). 

Galllnace, du L. gaUinaceus. 
(m. s.). 

f Gallon, de l'anglais gallon 
(m s.). 

Crafoefre, chaussure a se- 
melle de bois, du L calopedia*, 
souher de bois dans plusieurs tex- 
tes du moyen age ; caloptdia est 
le grec xaXonoSiov Soulier de bois). 

Calopedia est contracts (voy. p. 
lxxxi) en calop'dia qui se trans- 
forme regulierement (voy. abre'ger) 
en calopdja d'ou est venu galoche 
par le changement : 1° de c en g 
(voy. adjuger); 2° de pd en d (voy. 
hideux) ; 3° de dja en che (voy. 
ajouter et abre'ger) 

Ctofotaiae**, origine inconnue. 
• — D. galon. 

Ckilopet*. en provencal galau- 
par. mot d'origine germanique 
(gotnique gahlaupan* compose de 
hlaupan courir et du pr6fixe ga). 
Sur au devenu o, voy* afonette.— D. 
galop (substantif verbal). galopin, 
galopade. 

Galouaet, origine inconnue. 

Galvanlque, mot d'origine 
historiaue (voy. p. lxiv), derive de 
Galvani,nom du physicien italien 
qui dScouvrit les phenomenes dits 
galvaniques en 1780. — D. galva- 
nisme. 

Galvauder, mot d'origine in- 
connue. 

t Gambade, venu de Pitalien 
gambata (gambade). — D. gambar 
der. ' 



f Gambit, de l'italien gam- 
betto (croc en jambe). 

Crameffe, du L. camella 
(Scuelle de bois). Sur c devenu g, 
voy. adjuger. 

Ctomftt, origine inconnue. — 
gaminer, gaminerie. 

Gamine, francisation du grec 
gamma nom de la lettre y par 
laquelle Gui d'Arezzo termina ia 
serie des sept notes de la musique 
(notes qu'il avait designees par les 
lettres a, 6, c, d, e, f, g). La der- 
niere note g a doune son nom & 
, toute la serie. 

| f Ganache, de Fitalien ga- 
• nascia (ganache). 

Ganglion, du L. ganglion (gan- 
I glion). 

! Gangrene, du L gangraena 
(m. s.). — D. gangrineux, gan- 
| grener. 

t Gangue , de Tallemand gang 
(filon). 

fiatMe, origine inconnue, 

Crati*, du L. wantus* (gant) 
dans les capitulaires de Charlema- 
gne wantos in aestate, et dans 
les Acta Sanctorum : t chirothecas 
quas vulgo wantos vocant ». 

Wantus est d'origine germani- 
que et correspond au suedoistrante 
(gant). 

Womtus a donne" gant par le 
changement de w en gu (voy. gd- 
cher). — D. gantier. ganter, gan- 
terie, gantelet (par nntermediaire 
de gantel*) 

Garance, origine inconnue. 
— D. garancer. 

Gnrant, dans la basse latinitd 
warantus, mot d'origine germani- 
que (anglais warrant, frison tea- 
rend, garant. Sur w devenu g voy. 
gdcher. — D. garantir, garantie. 

f Gareette, de l'espagnol gar- 
ceta (gareette). 

CrcircoM, diminutif de gars 
dont l'origine est inconnue. 



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GAR 



256 



GAS 



Garder, mot d'origine germa- 
nique (ancien haut allemand war- 
ten, veiller sur, garder). Sur le 
changement du w allemand en g, 
voy. gdcher — D. garde (substantif 
verbal), gardeur, gar dim, regar- 
der, regard, 

Gardien, voy. garder. 

Gar don, origine inconnue. 

Cat- e , voy, garer. 

Garenne , proprement : ter- 
rain sur lequel le droit de chasse 
etait reserve, et a Torigine de- 
fense de chasser dans un bois. Ga- 
renne, qui est dans la latinite du 
moyen age warenna, est d'origine 
germanique et derive de Tancien 
haut allemand wardn (delendre 
mettre a l'abri). 

Warenna a donne" garenne par 
le changement de w en g (voy. 
gdcher). — D. garennier. 

Garer , mot d'origine germa- 
nique (ancien haut allemand wa- 
rdn, mettre a 1'abri, prendre garde). 

— D. gare (subst. verbal), 6 garer. 
ttargarlser, du L. gargari- 

zare (m.s.). 

dargarlaiue , du L. £arga* 
risma (m. s.). 

Gargote, origine inconnue. 

— D. gargotier, gargoter, gargo- 
tage. 

GargowUte, origine incon- 
nue. — D . gargouiller , gargouil- 
lement, gargoullis, gargouulade. 

ctargoasse, origine mconnus. 

Garnement, voy. garnir. 

Garnir j mot d'origine germa- 
nique (anglo-saxon warnian, avoir 
soin, fournir, munir, d'ou le sens 
de defense etde fortifier qu'a pos- 
sede le mot francais). 

Sur le changement du w germa- 
nique en g, voy. gdcher. — D. gar- 
niture, garnement (proprement qui 
sert a defendre, a proteger ; mau- 
vais garnement, qni delend mal, 
qui ne sert a rien, par extension 



mauvais sujet, mauvais drdle); 
garnison de garnir au sens de 
delendre (proprement troupe qui 
sert a garnir, a prot6ger une ville); 
garnisaire ; garni (subst. part). 

Garnison, voy, garni. 

Garniture* voy. garnir. 

Garou (loup) , dans la mytho- 
logie du moyen age, homme qui 
erre la nuit transforme en loup : 
garou qui est dans notre ancienne 
langue garoul vient de gerulphus* 
| (loup-garou dans la latinite da 
moyen age : Gervasius Tilberien- 
sis dit au sujet de cet animal fan- 
tastique. Vidimus enim frequenter 
in Anglia per lunationes homines 
in lupos mutari quod hominum 
genus gerulphos galli nominarU, 
Angli vero were-vulfdicant 

Gerulphus est d'origine germa- 
nique et represente le suedois va- 
rutf, garou. Varulf est compose 
de var (homme) et de ulf (loup) et 
signifie proprement homme-loup. 

Gerulphus a donne* l'ancien 
francais garoul par le change- 
ment: 1° de e en a (voy. amen- 
der) ; 2° de u en ou (voy. accou- 
der) ; 3° par la reduction de Iph 
final a I (garoul de gerulphus, 
comme RaouZ de Radulphus) puis 
de oul en ou. comme dans S l Ou 
de S. Ulfus. 

1. Gar rot, origine inconnue. 
— D. garrotter. 

2. Garrot, origine inconnue. 
Garrotter 9 voy. garrot 1 
Gar*, voy. gar con. 
Gascon , du L, Vasconem 

(habitant de la Vasconia). Sur v de- 
I venu 0, voy. gaine. — D. gascon- 
j ner, gasconnade, 
J GaspiUer, mot d'origine ger- 
, manique (anglo-saxon gaspillan, 

consumer, prodiguer), — D. gas- 
j pilleur, gaspillage. 
I cwter, du grec YotatVjp (esto- 
i mac). — D, gastrique, gastrtte. 



yGoogk 



GAU 



257 



GAZ 



taatralale, du grec YaotpaXYia 
ileur de l'estomac). 
laslrique, voy. gaster. 
as trite, voy. gaster. 
antronomle , du grec yaff- 
o\xia (science de la bonne 
e) — D. gastronome, gastro- 
ique. 

aieau, anciennement gas- 
, a l'origine gastel (sur el de- 
1 eau, voy. agneau). Gastel est 
mot d'origine germanique et 
nd a l'ancien haut allemand 
tel (gateau). — Pour le change- 
t^de w en g ? voy . gdcher. 
ater, anciennement gaster, 
L. vastare (proprement d6- 
e) : sur v devenu g, voy. 
#; sur la chute de s, voy. 
le. — D. digdt. 
auche, forme feminine de 
j * , a l'origine gale * type qui 
l'origine germanique et r6- 
l a l'ancien haut allemand 
: (faible), welk donne gale par 
langement : l°de w engf (voy. 
er) ; 2° de e en a (voy. amen- 
3° puis de al en at* (gauche), 
agneau. 

l voit que la main gauche si- 
e proprement la main faible 
opposition aux qualites d'a- 
;e et d'agilit6 quel'on attribue 
main droite Si Strange que 
sse cette origine elle est cer- 
; et confirmed par ^existence 
etaphores analogues dans plu- 
s langues de l'Europe : 1'ita- 
appelle la main gauche stanca 
tiguee) ou manca (la defec- 
$e) , le provencal moderne dit 
seneco (la main d6crepite), 
. — D. gaucher, gaucherie, 
hir. 

itc cMf, voy. gauche. — D. 
hissement. 

ittcfe (res6da), mot d'origine 
anique (allemand waude re- 
; sur V) devenu g, voy. gdcher. 



' Gaudlr, du L. gaudere (se 
rejouir). — D. gaudriole (pour 

| gaudiole). 

Gaadrlole, voy. gaudir. 

! Gunfire, anciennement gafre, 
mot d'origine germanique (anglais 
wafer gaufre, allemand waffel) : 
sur le changement : 1° de v? en 
0, voy. gdcher. — D. gaufrer, gau* 
frier, gaufrure. 

Haute ) anciennement waule, 
mot d'origine germanique (frison 
walu> gaule, baton) : sur w devenu 
g, voy gdcher — D. gauler. 

Gauioi* , derive de Gaule qui 
est le L. Gallia (Gaule) par le chan- 
gement de al en au (voy. agneau). 

I Crowpe, mot dont 1 origine est 

I mconnue. 

f Gausner, venude Fespagnol 
gozar; goxarse (se moquer). — D. 
gausseur, gauss erie. 

I Gavotte, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv), originai- 

; rement danse des Gavots (e'est- 
a-dire des habitants du pays de 

G& ^' ,, • . .. . 

Gas, mot d'origine histonque 

(voy. p. lxiv) ; gat fut cr66 au 

seizieme siecle par l'alchimiste 

Van-Helmont. — D. gazeux, ga- 

ztifier, gaztiforme, gazier, gazo- 

metre. 

Gase, mot d'origine histonque 
(voy.' p. lxiv); tissu fabrique ori- 
ginairement a Gaza, ville de Pa- 
lestine. — D. gazer. 

f Gazelle, mot d'origine orien- 
tale, rapporte de l'Afrique par les 
croises au temps de saint Louis. 
Gazelle est le diminutif de Tarabe 
ghaza (gazelle) . 

f Gazette, venu de 1'italien 
gazetta (gazette), — D. gazetier. 

Gazometre, de gaz (voy. ce 
mot), et du grec yitpov (ncesure). 

Cra^oM, anciennement mason % 
mot d'origine germanique (ancien 
hajit allemand waso gazon) . Sur 



yGoogk 



GSM 



258 



GftN 



to devenu g, voy. g&cher. — D. 
gazonner, gazonnement. 

Cfcrcotc f f let* , forme secon- 
daire de l'ancien francais gaziller 
diminutif de flfoscr qui est pour 
«wer(voy. ce mot). — D. gazouil- 
lement, gazouillis. 

Geai, anciennement gai qui 
est le m£me mot que l'adjectif gat 
(le geai ayant recu ce nom a cause 
de sa loquacity. L'ancien espagnol 
qui ditgayo a la fois pour geai et 
gai, confirme cette origme. 

Creott*, en italien gigante, du 
L. gigantem (geanti par la chute 
du g medial et le cnangement de 
t en e (voy. admettre). 

Gehenne, du L. gehenna (en- 
fer, dans Tertullien qui avait 
transcrit ce mot du grec des Sep- 
tante yUvy* qui est l'hebreu ge- 
hinnom lieu de damnation 6ter- 
nelle , sur ce mot, voy. p. lx). 

Creitufre, duL. gemere (gein- 
dre) par la contraction reguliere 
(voy. p lxxxi) de gem(&)re en ge- 
m're, d'ou geindre par le cnange- 
ment : 1° de e en et (voy frein) 
2° de m en n (voy changer) ; 3° de 
nr en ndr (voy absoudre). 

Gelatine, duL gelatxna* (de- 
rive de qelatus, qui est congele). 
— D. gelatineux. 

Crefet* , du L. gelare (geler). — 
D. qeUe (substantif participial), 
gelif, gelive, engelure , de" geler, 
congeler. 

Gelif, gelive^ voy, geler, 

Getinc, du L. gallina (poule). 
Sur a devenu c, voy. acheter. — 
D. gelinotte. 

Gelinotte, voy. geline. 

demean . anciennement gemel. 
du L. gemellus (jumeau). Sur el 
devenu eau. voy. agneau, (Le 
francais moaerne ne conn ait g6- 
mean au singulier que dans les 
locutions astronomiques : gemeau 
oneQtal, gimeau occidental). 



I Gemln4 9 du L. 

(double). 

; Gem If , du L. gemere (gemir). 
Sur le changement de gemere en 
gemere , voy. au mot accourir. Sui 
e devenu i, voy. aceomplir. — D. 
gimissement. 

Ciemme, du L. gemma (pierre 
gemme). 

Gemonleg , du L. gemonix 
fee* monies). 

Genefve, du L. gingiva (gen- 
cive). Sur g devenu c voy. f raise), 
Sur in devenu en, voy. admettre. 

Gendarme , anciennement 
gent d f arme (voy. aux mots gens, 
de et orme). — D. gendarmerie t 
gendarmer (se). 

CrettoVe, du L. aener (gendre) 
par la contraction reguliere (voy. 
p lxxxi) de gen(fyr en gen y r d'ou 
gendre par le cnangement de nr 
en wdr (voy. absoudre). 
! Gene, anciennement torture ,- 
mettre a la gfine se disait pour 
donnerla question. On voit com- 
bien le sens de ce mot s'est gra- 
duellement amoindri. 

Gine , qui est anciennement 
gehenne est le L, gehenna (pro- 
prement lieu de supplice, enfer 
dans Tertullien : puis supplice, 
torture). — D. gener. 

Genealogle, du L. genealogia 
(m. s.). — D. gentalogique, g&nea- 
logiste. 

Gener, voy. gene. 

General, du L. generalis (m. 
s.). — D. ge'ne'ral (substantif) gi« 
niralat, gene'raliser 1 geniraliti. 

Generalloer , voy. general. — 
D. generalisation. 

GeneralUelme ? du L. gene- 
ralissimus* superlauf de generalu 
(general). 

Generateur , du L. generator 
! (m. s.). 

| Generation , du L. generate 
I nem (m. s.). 



y Google 



GKN 



259 



GE 



&nereux , du L. generosus i 
ereux). Sur osus devenu eux < 
amoureux. \ 

enerlque, du L. genericus * \ 

*)* A . I 

eneroslte, du L. generostta- , 

(noblesse). 

enese , du grec Revest; (crea- ' 
I. I 

Genet , de l'espagnol ginete 
alier arme a la legere). 
ettef , anciennement qenest, 
.. genista (genet) ; sur t devenu 
oy. admettre; sur la chute de 
oy. abime. 

Gtenette, mot d'origine orien- 
(arabe djerneith genette). 
ettevfiet*, voy. genttare. 
rente, du L. genius (genie). 
reniewe, anciennement ge- 
re, du L.juniperus (genevrier). 
tracts en junip'rus suivant la 
le l'accent latin (voy. p. lxxxi) 
Qot est devenu genevre par le 
ogement de p en v (voy. arri- 
; de u en e (voy. chapeler) ; 
n (fe; en o/, qui se retrouve 
s genisse (/unicem), pesir ja- 
)). Genevre a donne gentevre 
le changement de e en ie (voy. 
iere. — D. gentvrier. 
\enU*e, du L. junicem (ge- 
e) par le changement : 1° de u 
? (voy. chapeler); 2° de j en g 
f. genUvre) ; 3° de c en ss (voy. 
itie). 

;enltal,du L. genitalis (m.s.). 
lenltlf, du L. genitivus (ge- 

ienlture, du L. genitura (ge- 

lre). 

fettou , anciennement genouil, 
L. genuculum (diminutif de 
u genou ; genuculum a le sens 
genou dans les Lois Barbares : j 
db to st*6fu* genuculo media 
isa fuerit, dit la Lex Friso- j 
im, 22, 60), ' I 

renuculum a donne genouil par ! 



le changement de ucukm en ouil 
(voy. dbeiUe). Sur la reduction de 
genouti a genou, voy. aussi au mot 
abeille. — D. de la forme genouil 
de l'ancien francais : agenouiUer, 
genouillere. 

crenre, du L. genere (genre, 
ablatif de genus). 

Gens, pluriel de gent; voy. ce 
mot 

1. Get**, nation, du L. gentem 
(nation). — D. gens, 

2. Cleft* (adj.J, du L. genitut 
(propr. ne), de bonne naissance, 
puis gracieux, charmant, par la 
la contraction reguliere de gen(i)~ 
tus (voy. p. lxxxi) en geritus. — 
D. agencer, d'un type agentiare * 
derive de genius * pour gen{\)tus. 
Voy. agencer. 

Ctentlane, du L. gentiana 
(m. s.). 

Ctentll, du L. gentilis {qui est 
de bonne race). — D. gentillesse f 
gentilldtre, 

CretttffAomme, compost de 
homme et de gentil (an sens de : 
ne, de bonne naissance). — D. gen- 
tilhommerie, gentilhommiere. 

Cientlllatre, voy. gentiL 

CrentllleMe, voy. gentil. 

Genuflexion, du L. genu- 
flexionem* (m. s.). 

deodesle, du grec yiutiaiaiat 
(partage des terres). 

«eogno*le, du grec *pj (terre) 
et y v( * ><ti « (connaissance). — D. 
ge'ode'sique. 

tteographle, du L. geogra- 
phia (m. s.). — • D. gtographique, 
gfograjphe. 

Creole, anciennement gaiole, 
en italien gabbiula, du L. caveola 
(prison, proprement cage. Gedfc 
poss6dait encore ce double sens au 
moyen &ge; on disait aussi bien 
au treizieme siecle la gedle d'un 
oiseau que la gedle d'un prison- 



yGoogk 



GER 



260 



GfiS 



Caveola, consonnifiant eo en to 
(voy. abreger) et changeant c en 
g (voy. adjuger), donne gaviola, 
que 1 on rencontre sous Ta forme 
gabiola dans cette charte de 1229 : 
« Ipsos quittamus ab omni. . . cus- 
todia villae, turris et gabiolae, ab 
exercitu, etc ... » Ga(b)iola de- 
vient jaioU par la chute du b me- 
dial (voy. aboyer) , et par le chan- 
gement de g en ; (voy. jutneau) : 
Fancien francais jaiole devient 
jeole par le cnangement de ai en 
e (voy. p. lxxhu), puis gedle (voy. 
genievre. 

Au sens de cage d'oiseau, gedle 
a donne naissance au compose en- 
gedler (aujourd'hui ecrit enjdler), 
qui a Porigine avait au moyen age 
le sens de metlre en cage, de cap- 
tiver (comme l'espagnol enjaular, 
deriv6 de laufa, cage) : enaedler 
(dans le langage des oiseleurs) 
c'etait attirer un oiseau daos une 
cage ou dans un piege , a l'aide du 
chant d'autres oiseauz. De cette 
acception technique, engedler a 
pris le sens melaphorique de cap- 
tiver par des paroles flatteuses ou 
insinuantes. 

L'orthographe engedler, qui est 
6tymologique et montre clairement 
Porigine du mot, a persiste jusqu'a 
la fin du sifccle de Louis XIV. — 
D. gedlier. 

oeologle, du grec vvj (terre) 
et >6yo$ (discours, elude) — D. 
gtologique, gtologue. 

Cteomancle, du L. geomantia 
(m. s.).— D. giomancien. 

cteometre, du L. geometra 
(m. s.),— D. g4om6tral. 

«4ometrle, du L. geometria 
(m. s.). — D. geonUtrique. 

Geranium, du L. geranium 
(m. s.). 

Crerfre, en vieux francais gar- 
be, de Pancien haut allemand gar- 
ba (gerbe). — D. gerbie, gerber. 



Crefeet*, anciennement for- 
cer, proprement se fendiller, sous 
lMnfluence du froid, du L. carp- 
tiare* (denv6 de carptus, part, 
de carpere, se diviser, se fendil- 
ler: sur la formation des verbes 
a laide des parti cipes, voy. p. 
xxxm). 

Carptiare a donne* garcer par le 
cnangement : 1° de c en g (voy. 
adjuger) ; 2° de tiare en cer (voy. 
agencer); garcer a donne gercer 
par Fadoucissement de a en e (voy. 
acheter). -— D. gercure. 

Gerer, du L. gerere (gerer). — 
D. girant. 

Gevfawt, anciennement ger- 
fauc, a Porigine gerfalc, mot d*o- 
rigine germanique (allemand ger- 
falk, gerfaut). Sur al devenu au, 
voy. agneau. 

Germain, du L. germanus 
(frere). 

f Germandree (pour gelman- 
dr4e),deVitol.calamandrea(m s). 

Cretttte, du L. germen (m. s.). 

Crefmer, du L. gefminare 
(germer), par la contraction regu- 
here (voy. p. lxxxiii), de oerm(I)- 
nare en germ'nare, d'ou germer, 
par la reduction de win a n (voy. 
attumer). 

Germinal, de germen (germe). 

Germination, du L. germina- 
tionem (m. s ). 

Gerondlf, du L. gerundivus 
(m. s). 

Gesier, du L. gigerium (sins. 
inusit6de gigeria, gesier). Surle 
cbangement : 1° de t en e. voy. 
admettre; 2° degen t, voy fraue; 
3° de e en ie, voy. arriere). 

Gcsiv (infinitif de git, gisats, 
etc....), du L. jacere (6tre cou- 
che), par le cnangement : 1° de/ 
en g (voy. geniivre); 2° de a en e 
(voy. acheter) ; 3° de c en s (voy. 
amitie) ; 4* de c en t (voy. aecom- 
plir). — D. y&tn*. 



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OIL 



361 



GIR 



Bertatton, da L. gestationem 

.s.). 

beste, du L. gestus (geste). 
bestlcaler, du L. gesticulari 
. s.). — D. gesticulation, gesti- 
lateur. 

Gtestlon, du L. gestionem 
. s). 

Gtlbboslte, du L. gibbositatem * 
gibbosus (gibbeux). 
Grifceciere , sac ou Ton met 
ptbter; gibeciere est un derive 
Tancien francais gibecer (chas- 
) ; gibeciere vient de gibecer, 
nme arimaciere de grimacer. 
)y. gtoier). 

fiifrele* , origine inconnue. 
Gri6ef otte , origine inconnue. 
- ctfberne • venu au seizieme 
cle de l'italien giberna (gi- 
•ne). 

&ibe€ , origine inconnue. 
Grifcief , origine inconnue. 
Kifcotflee, origine inconnue. 
Grl6oyef , voy. gibier. — D. 
ot/ewr, giboyeux. 
• Ctfganteaque, venu de l'ita- 
1 (/tflfan<esco(gigantesque). 
Ertyot, voy. oiflfue. 
.. Gl<|uc, jambe, origine in- 
inue. — D. ptflfot (proprement 
sse demouton). 

i. Crigue, danse qui s'ei^cutait 
sonde la gigue (instrument a cor- 
i, dans notre ancienne langue). 
)ue est d'origine germanique 
oyen haut allemand gtge, atte- 
nd geig^ violon). 
Kile*, voy. giUe. — D. gile* 
*e. 

Billc , bouffon de the&tre. — 
le comme nom propre reprg- 
ite le L. Aegidius; sanctus Ae- 
lius est devenu en francais saint 
ies. — Pourquoi a-t-on design^ 
bouffon de the&tre par le nom 
Gille? Cest ce que nous igno- 
is absolument. — D. giiet (a 
rigine veste sans manche que 



portaientles Gllles en paradant sur 
I Ies treteaux) : une me'taphore ana- 
logue se retrouve dans le motja- 
quette (voy. ce mot). 

GitnbteUc, origine inconnue. 
] CriMoemfcre, dans Joinville 
; gingimore, a Torigine gingibre, 
du L. zingiber (gingembre) par la 
1 contraction reguliere (voy. p. 
: lxxxi) en zinzib'r d'ou gingibre 
par le changenent de z en g (voy. 
jaloux). Sur ^intercalation ae m 
(gingimbre), voy. lambruche. Sur 
le changement de tene (gingem- 
bre), voy. admettre. 

f «lr»fe, mot d'origine orien- 
tale (arabe zurdfa y girafe. Sur le 
changement de z en g, voy. gin- 
gembre). 

f olrandole. de l'italien gi- 
randola (girandole). 

olraaol , du L. gyrare (tourner) 
et sol (soleil). 

Girofle , corruption (pour che- 
riofle voy. p. cvi), du L. caryophyU 
lum (girotle) contracts suivant 
Taccent grec (xapuo^uXXov voy. p. 
lxxx et cv) en caryophHum d'ou 
girofle par le changement 1° de 
ph en f (voy. coffre) : 2° de c en g 
(voy. accointer) j 3° par Ies trans- 
formations insolites ae a en t (voy. 
aimanfjy et surtout de to en o. — 
D. giroflier, girofle'e. 

elratolre, du L. gyratorius * 
derive de gyratus , participe de 
1 gyrare (fa ire tourner en rond). 

Crit*on. avant de posseder son 
sens actuel giron designait la par- 
tie de Phabillement qui s'6tena de 
laceinture aux genoux; ce mot 
etait dans le L. du moyen age giro 
qui avait le sens de partie inf<§- 
rieure d'une tunique, de pans d'uce 
tunique mox cum sinistra manu- 
girones albae accipiens , etante se 
tenens, spargit ante se aquam be- 
nedictam.. . . dit un texte cite par 
Ducange. 



yGoogk 



6LA 



262 



6LA 



Le L. giro* est d'origine germa- 
nique (moyen haut allemand g&re, 
pan). 

GiwoMette, derive de Pancien 
verbe francais girer (lourner) qui 
est le L. gyrare (tourner) 

Gimant, du L. jacentem (gi- 
sant) par le changement' 1° de a 
en i (voy. aimant) ; 2° de c en s 
(voy. amitie) ; 3° de j en g (voy. 
genievre). 

Gisewnent, deriv6 de gisir 
(voy. ce mot); gisement est pour 
gdsement; sur c devenu t, voy. ac- 
eomplir. 

Cfrfc, anciennement flftste, dans 
la basse latinite gista, a l'origine 
gesta, qui represente le L. jacita* 
(lieu ou Ton couche, participe de 
jacere Gtre couche, se reposer). 
Jac(fita contracte, suivant la regie 
(voy. p. lxxxi) en jacHa a donne 
le bas latin gesta par le change- 
ment: 1° de j en g (voy genievre); 
2° de c en s ?voy amitie) : 3° par 
Tadoucissement de a en e (voy. 
acheter), Gesta donne Pancien 
francais giste par le changement 
de e en t (vov. accompWr), puis 
gtte par la chute dex (voy. abtme). 
— D. otter 

1. Givwe, origine inconnue 

2. Crit>t*e 9 (serpent) ancien fran- 
cais guivre,du L. viper a (serpent) 
par la contraction reguliere de vi- 
p{£)ra en vip'ra d'ou guivre par le 
changement : 1° de v initial en #u 
(voy gaine) , 2° de p en t? (voy> 
ameer). 

ttlabre , du L, grla&er (m. s.). 

Glace ) du L. glacia* (glace; 
forme secondaire de glades que 
Ton trouve dans les Glossaires 
grecs latins du moyen Age). Sur cia 
devenu ce, voy. agencer. — D gla- 
con,glacer, glacier , glaciere, glacis. 

Glaelal, duL. glactalis (m. s.). 

oladlateur , du L. gladiator 
im. s.). 



CrlaSetcI , du L. gladiolus 
(gialeul, dans Pline) par le chan- 
gement de glad-i64us en glad-lo- 
lus (voy. aievl) ; d'ou glaxeul par 
la chute du d medial (voy. acta- 

! bier) , et le changement de olus en 

I eul (voy. aieuQ. 

I Crfaife, ce mot qui signifie 

: proprement blanc d'oeuf (le sens 
d'humeur glaireuse est postgrieur, 
et decoule de I'assimilation de 
cette humeur au blanc de Poeuf) 
vient du L. clara (dans la locution 
clarum ovi blanc d'oeuf dans quel- 
ques textes de la basse latinite. 

Sur cl devenu gl, voy. aigle; 
sur a devenu ax, voy aigle. Ce 
qui met hors de doute cette ori- 
gine , c'est que glaire est en italien 
chiara, en espagnol, et en portu- 
gais clara. — D. glaireux. 

Glaise , du L. glitea* (glaise, 
dans un glossaire latin du moyen 

! age ; glitea derive de glitem qui 

i est dans Isidore de Seville avec le 
sens d'argile grasse). Glitea. deve- 

; nant glti'ia (suivant la regie (voy. 
abriger et agencer) donne glaise 
par le changement : 1° de tia en 
se (voy. agencer) , 2° de * en at 

I (voy. marraine). — D glaiser, 

I glaiseux, glaisiere. 

| Glaive, du L. gladius (glaive) 
par la chute du a medial (voy. 

! accabler) et Pinsertiond'unv (voy. 
corve'e). 

CrIaM€l 9 du L. glandem (gland) 
— D glande (par assimilation au 
fruit du chgne), glandte. 
Glande, voy gland. 
Glandule, du L. glandula 
(m. s.). — D. glanduleux, glandw 
laire. 

Cr fatter > du L. glenare* (gla- 
ner, dans certains textes du si- 
xieme siecle : « Si quis in messem 
alienam glenaverit, » lit-on dans 
un texte de 561. L'origine de gle- 
nare est inconnue). 



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GLO 



263 



GOB 



Sur le changement de e en a, | 
voy. amender. — D glane (sub- ' 
stantif verbal), gUmeur, glanure, ; 
glanage. \ 

Glapir , mot d'oriff ine germa- 
nique (neerlandais Happen gla- i 
pir); sur ci devenu gJ, voy ai</Je. i 

— D. (/lopissemen*. 

Gla*, ecrit aussi ckw dans l'an- ' 
cien francos , du L. classicum 
(dansle latin classique signal donne 
•par la trompette pour rassembler 
les soldats : dans le latin ecclesias- 
tique signal donne* par la cloche 

Sour avertir les moines de se ren- 
re a Peglise : ce sens de sonne- 
rie de cloches est visible dans le 
passage suivant • Ad matutinum 
primo totum classicum pulsetur, 
et, remanente classico, duo minora \ 
tigna sonent, donee fratres ad ec- 
tiesiam conveniant. On trouve de j 
meme classicum mortuorum pour 
le glas des tripassis) . 

Classicum a donne glas: 1° par 
la chute des deux dernieres sylla- 
bes atones (voy. p. lxxxi) ; 2° par 
ie changement de d en gl (voy. au 
mot aigle). 

Glauque,duL. alaucus (m. s.). 

Glebe , du L. gleba (m. s.). 

f Glette , mot venu de Palle- 
mand gldtte (litharge). 

CrliMei*, mot d'origine fferma- 
nique (neerland. glitsen, glisser). 

— D. glissoire, glissade, glisseur, 
glissement. 

Globe, du L. globus (m. s.). 

— D. englober. 

Globule, du L. globulus (m. 
s.). — D. globuleux, globulaire. 

Crloife , du L. gloria (gloire) 
par la transposition de Vi (voy. 
chanoine). 

Glorlenx , du L. gloriosus 
(m s.). — Sur osus devenu eux 
voy. amoureux. 

Glorlfler, du L. glorificare 
Cm. s.). — D. glorification. 



Gloriole, du L. gloriola (m.s.) 

Glone, du L glossa (glose). — 
D. gloser, gloseur, glossateur. 

Glossalre, du L. glossaHum 
(m. s.). 

Glossatenr, voy. glose. 

Glotte,du grec yXwtti; (iuette). 

CrlotcMet*, ancienn. gloucer, 
du L. glociare* (derive de glocire 
glousser) par le changement : 1° de 
ciare en cer, voy. agencer; 2* de o 
en ou, voy. affouage ; 3° de cer en 
sser (gloucer puis glouwer; voy. 
agencer) . — D. gloussement. 

GIotc*e*«on, corruption de 
l'ancisn iTdXL<p\&gletteron;gletteron 
est un derive de glette, comma 
moucheron de mouche, aileron de 
axle. Glette qui ale sens de bardane, 
dans notre ancienne langue est un 
mot d'origine germanique (alle- 
mand klette, glouteron). Sur cl de- 
venu gl, voy. aigle. 

Crfotc tott, duL. glutonem (glou- 
ton dans Festus). Sur u devenu ou t 
voy. accouder. — D. gloutonnerie, 

Crftc, en provencal glut do. L. 
glutem (glu, dans Ausone). Sur la 
chute du t, voy. aigu. — D. gluau, 
glaant, engluer. 

GItci, origine inconnue. 

Gluten , du L. gluten (colle). 
— D. glutineux. 

Glyptlque, du grec Ytoircoc 
(grave). 

Gnome 9 mot forge par Para- 
celse al'aide du grec yvco{ay) (intel- 
ligence). 

Gnomlque, du grec yvc*iux6c 
(sentencieux). 

Gnomon, du L. gnomon (ai- 
guille). — D. gnomomique. 

Cro (tout de), voy. gooer. 

Gobetet , diminutif de Pancien 
frangais gobel, Gobel est le L. cu- 
pellum (forme masculine de cu- 
vella petit broc dans Apicius) par 
le changement : 1° de c en g (voy. 
adiiwer\- t 2° de u en o (vov. an* 



y Google 



GOI 



264 



GOR 



noncer) ; 3* de p en b (voy. 

abeille). 

. CrofceloMet*, de gobelot* (di- 

minutif de 0o6eJ, voy. jjobekt)* 

Crofret*, mot d'ongine celtique 
(gael. ^ob bouche d'ou jjo&er qui 
est proprement avaler). — D. gob 
(substantif verbal, qui a disparu, 
de l'usage courant, tout en persis- 
tant dans la locution tout de gob 
(aujourd'nui tout de go, c'est-a- 
dire librement, sans obstacle). 

Gobergcr, origine inconnue. 

Godailler, deriv6 de l'ancien 
verbe fran$ais goder (comma criatT- 
ler de crier, etc....) I/origine de 
goder est inconnue. 

Godeluveau , origine incon- 
nue. 

Goder , origine inconnue. 

Crocfetf, diminutif du radical 
got qui eiiste encore dans le. pa- 
tois saintongeais; got est le L gut- 
tus (burette) dans Pline. Sur u 
devenu o, voy. annoncer. 

Sur le changement de got~et en 
god-et, voy. atder et atyu. 

CkMllveaw, origine inconnue. 

Crocft*oM, origine inconnue. — 
D« ^odronner. 

Croelaauf, anciennement ^rot- 
land , mot d'ongine celtique 
(kymri guilan, goeTand : ce radi- 
cal guil a donne le double derive 
goSland, et gofilefte, proprement 
hirondelle de mer, puis navire 
aussi teger que la go&lette). 

Groeiette, voy. goeland. 

CroemoM, origine inconnue. 

Gogo, origine inconnue. 

Croptcenapcf, derive de l'an- 
cien francais pogfuc (plaisanterie, 
bonne humeur) qu| nous a donne 
aussi le denve* goguette. I/origine 
de gogue est inconnue. — D. go- 
guenarder, goguenarderie. 

Goguette, voy. goguenard. 

Crofn#t*e, origine inconnue. — 
D. goinfrer, goinfrerie. 



Cfrottfe, anciennement goetre. 
du L. gutter* (autre forme de gut- 
ter). Gutter signifie proprement 
gorge, mais il a eu le sens de goi- 
tre dans la latinite* de la decadence 
car on trouve son derive gutturo- 
sus employe au sens de goltreuz 
dans Ulpien : Si quis natura gut- 
turosus sit, aut oculos eminen- 
tes habeat, sanus videtur. — et 
dans le scoliastede Juvenal a pro- 
pos des goStreux des Alpes : tan- 
quam si in Alpibus gutturosos /no- 
mine* admirer is. 

Gutter, changeant u en o (voy. 
annoncer) a donne goetre par la 
m6tathese de Ve. — D. gottreux 

f ctoffe, venu de l'italien golfo 
(golfe). 

fiomme, duL. gummi (m. s ). 
sur u devenu o, voy. annoncer. 
—P. gommer, gommeux, gommier. 

Croaul, anciennement gon, du 
L. gumphus* (clou, morceau de 
fer qui sert de gond ; gumphus est 
le grec You^po;, clou). 

Gumphus que Ton trouve aussi 
ecrit gonfus dans plusieurs textes 
latins du onzieme siecle a donne* 
l'ancien iranc,ais gon par le cban- 
gement : 1* de u en o (voy. an- 
noncer); 2 9 de m en n (voy. chan- 
ger); 3° de ph en f (voy. coffre; 
4° par la reduction de nfhf, comme 
nous avons vu au mot garou celle 
de If a f dans RaouJ (KaduJ/us), 
garoui* (geruJfus). (voy. garou). 

f ctondole, de l'italien gondola 
(gondole). — D. gondolier. 

f Gonfalon, de l'italien gon' 
f alone (gonfalon). — D. gonfalon- 
mer. 

Cronjlei*, du L. conflare (qui a 
le sens de gonfler, dans les der- 
niers siecles de l'Empire). Sur c 
devenu g> voy. adjuger. — D. gon- 
flement, digonfler. 

Goret , diminutif de gore qui 
signifie truie dans notre ancienne 



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GOU 



265 



GOU 



langue, et dont Torigine est in- 
connue. 

Gorge, du L. gurges (propre- 
ment gounre, puis gorge.' Pour te 
changement de sens, voy. p xxiv). 
Sur u devenu ou, voy. accouder, 
— D. gorgereUe, gorger, dtgor- 
ger, e'gorger, engorger, regorger, 
rengorger, gorge" e (substantif par- 
ticipial). 

Cornier' , derive de l'ancien 
frangais gueuse (gosier) dont l'ori- 
gine est inconnue. Sur la modifi- 
cation de la syllabe tonique de 
gueuse dans le derive gosier, voy. 
p. xci. 

Gueuse a donne" un autre de- 
rive^ c'est le verbe e'gosiller (se 
fatiguer le gosier) ; sur la modifi- 
cation de gueuse en gos, voy. p. 
xci, 1. 24. 

Ctoosampln , du L. gossympi- 
nos (gossampin). 

Ctothlque, du L. gothicus, de 
Gothus (Goth). 

f Gouache , de Pitalien guaxxo 
(gouache). 

f Madron , corruption de 

Soudran, en itahen catrame, mot 
.'origine orientale (arabe gatran, 
goudron). — D. goudronner. 

CrotcJJTve, a Porigine golfre *, 
en italien golfo , du grec xoXrco; 
(ablme, fond de la mer, gouffre). 
Sur ol devenu ou, voy. agneau ; 
sur le changement de p en f (voy. 
chef) ; sur rintercalation d'un r, 
voy. chanvre. — D. engouffrer. 

GoMge (ciseau de menuisier), 
du L. guvia* (ciseau dans Isidore 
de Seville, lib. 19, De instruments 
lignariis : « Cauterium gallis gu- 
via »). 

Guvia transforme suivant la re- 
gie (voy. abriger) en guv'ja a 
donne gouge: 1° par la reduction 
de vj a j (voy. abreger) ; 2° par le 
changement de o en ou, voy. af- 
fouage. 



Got* ja*, origine inconnue. 

CrotcjoM, en italien gobio, du 
L. gobionem (goujon) par la con- 
sonnifi cation de to en jo, gobjo- 
nem (voy. abrdger) . et par le 
changement : 1 • de bjenj (voy. 
abrtger) ; 2° de o en ou (voy. af- 
fouage). 

Crotclee, derive 1 de goule qui 
a le sens de gosier, dans l'ancien 
francais, et qui derive du L. gula 
(gosier. gorge), par le changement 
ae u en ou (voy. accouder), «- D. 
de Pancienne forme goule: goulet, 
goulette. govXot, goulotte, goulu. 

Crowle*, voy. gouUe. 

Crotclo*, voy. goulee. 

CrotcfoMe , voy. gouUe. 

Crotclic , voy. goutte. 

GoupiUc, anciennement cou- 
pille (cheville), du L. cuspicula 
(diminutif de cuspis, clou, che- 
ville) par le changement. 1° de 
icula en Me (voy. abeille) ; 2° de 
u en ou (voy. accouder); 3 9 de 
c en g (voy. adjuger); 4° park 
chute de \*s (voy. ablme). 

CrotcpflloM, derive de goupil 
(renard). Goupillon qui signifie a 
l'origine queue de renard, est venu 
au sens qu'il possede actuellement 
parce que les premiers goupillons 
ont ete assi miles a une queue de 
renard. 

Goupil, qui veut dire renard 
dans notre ancienne langue repre- 
sente le L. vulpeculus * (renard, 
diminutif de vutpes). Vulpeculus a 
donne goupil par le changement : 
1° de eculus en il (voy. abeiUe) ; 
2 3 de v initial en g (voy. gaine) ; 
3° de ul en ou (voy. agneau).. 

Gourd, en espagnol gordo, du 
L. gurdus (lourd, inhabile) par le 
changement de u en ou (voy. ac- 
couder). — D- ddgourdir, engour- 
dir, engourdissement. 

Gourde (courge), ancienne- 
ment gouourde et gougourde, du 



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GOU 



266 



GRA 



L. cueurbita (courge) par la con- i 
traction reguhere (voy. p. lxxxi) ( 
de cucurbQ)ta en cucurVta, d'ou | 
gougourde par le changement : 
1° de M en d (voy. aecouder) ; 
2° de c en g (voy. adjuger) ; 
3° de u en ou (voy. aecouder) ; 
gou(g)ourde donne rancien fran- 
cais gouourde puis gourde par la 
chute du g medial (voy. oilier). 

\ « oar din, de 1'italien cor- 
dino (garcette pour ch&tier les 
galeriens). 

Cfcmrgaaufine, origine in- 
connue. 

Crottrmmfe, voy. gourmer. 

Gourmand, origine incon- 
nue. — D. gourmandise. 

CrOMt*maat«fer, derive de 
gourme' (voy. ce mot). 

Ck»tcrmaaufi«e, voy. gour- 
mand. 

Crotft*me, origine inconnue 

€otft*me% voy. gourmer. — D. 
gourmander. 

Crotc rmer , proprement mettre 
la gourmette a un chevai ; origine 
inconnue. — D. gourmette, gour- 
made. 

Gourmet, anciennement ce- 
lui qui deguste le vin, a l'origine 
garcon de marchand de vm, au 
treizifcme siecle garcon en gene- 
ral. Gourmet, anciennement grou- 
met . est un diminutif de groume, 
que l'on trouve au sens de garcon 
dans les textes francais anciens, et 
qui est d'origine germanique (neer- 
landais grom, garcon). Sur o de- 
venu ou, voy. affouage. Pour la 
transposition de groumet en gour- 
met, voy. dprete". 

CroMfmetfe , voy. gourmet. 

f eousse, au seizi&me siecle 
gosse, de Fitalien guscio (gousse); 
le milanais dit gussa. 

GowMset, origine inconnue. 

fioiil, ancienn. goust, en ita- 
lien gusto, du L. gustus (gout)- 



Sur u devenu ou, voy aecouder; 
sur la chute de s, voy. abime. — 
D. goUter, dtgoHter, ragoiUer, gou- 
ter (substantif participial). 
Crotttfte, du L. gutta (goutte). 

— Au sens de maladie des articu- 
lations, goutte vient de ce qu'on 
attribuait les douleurs articulaires 
a des gouttes d'humeur qui goc- 
flaient les membres du malade. — 
D. gouttelette, goutteux, gouttUre, 
dtgoutter, e'goutter, igout. 

Crotcvermiif ? du L. guberna- 
culum (gouvernail), par le chan- 
gement: 1° de aculum en ail 
(voy. abeille) ; 2° de t* en ou (voy. 
aecouder), 3° de b en v (voy. 
avant). 

Croft re nt e r, du L. guber- 
nare (gouverner), par le change- 
ment : 1° de u en ou (voy. aecou- 
der) , 2* de b en v (voy, avant). — 
D. gouverne (substantif verbal), 
gouvernement, gouvernante. 

CrowverttemeM*, voy. gou- 
verner. 

Crowvemetir, anciennement 
gouverneur, en provencal gover- 
nador, en italien governatore, du 
L gubernatorem (gouverneur) par 
le changement ; 1° de atorem en 
eur par les intermediates ador t 
edor, edur, eur, eur (pour les 
details, voy, au mot empereur); 
2° de u en ou (voy. aecouder); 
3* de b en v (voy .avant) 

Grabat,du L.grabatus (m. s.). 

Grabuge, origine inconnue. 

Grace , du L. yraft'a (grace). 
Sur Ha devenu ce, voy. agencer. 

— D. disgrace* 

Oracler, duL gratiare* (de- 
rive de gratia, grace). 

Oraeleux, du L. gratiosus (gui 
accorde une faveur). Sur osus de- 
venu eux, voy. amoureux. 

Oracleu»et6 , du L. gratiosi- 
tatem (charme). Sur atem devenu 
4. voy. abbe\ 



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GRA 



267 



GRA 



Graelllte, du L. gracUitatem 
(forme elancee). 

Gradation , do L. gradatto- 
nem (escalier). 

Grade, du L. grradus (degre). 
— D. grate, gradxn. 

Grade, voy. grade. 

Gradln, voy. grade. 

Graduation, voy. graduer, 

1. Graduel, du L. gradualis* 
(m> s.), derive degradus. 

2. Graduel , du L. ecclesiasti- 
que graduate (proprement versets 
des psaumes graduSsdesHebreux; 
psaumes que les levites chantaient 
sur les quinze degres du Temple). 

Graduer,duL. graduare* (de- 
rive de gradus, degre). — D. gra- 
duation. 

Ctatiffet*, sonner du cor, 
verbe deriv6 de l'ancien francais 
graile (trompette) — qui est le 
L. gracilis (proprement clair, aigu, 
puis trompette, dans les textes la- 
tins du moyen age. Nous disons 
de mfime un clairon derive de 
radjectif clatr). Voici un exemple 
de gracilis (au sens de trompette, 
de clairon) tir6 de la chronique 
Bella Antiochena de Gauterius 
Cancellarius • Libetque preconari 
voci propatula ut universi. audito 
primo sonitu gracilis, festtnent 
bellicis indui. Etailleurs: «Gra- 
cilibus, tibiis, tubis clangentibus. » 
Pour le changement de gracilis en 
graile, voy. gr£le> — D, graille- 
ment. 

Crnaiflon, origine inconnue. 

€rf«ln,du L. granum (grain). 
Sur anum devenu aw, voy. an- 
cien.— D- grainier, grener, grenu, 
4grener, greneler,grenaille. 

Crfaltte , du L. grana * (forme 
feminine de granum grain). Sur 
ana devenu atne, voy. ancien. — 
D. qrainetier. 

Graisae, voy. gras. — D. 
graisser, graisseux. 



Gfotoet*, voy. graisse. — D« 
graissage. 

eramen, du L gramen (ga- 
zon). 

Gramlnee, du L. graminea* 
(qui est de ia nature du gazon). 

ttrammalre, du L. gramma- 
ria* (forme hypothetique denvee 
du L. gramma tettre, et du suffixe 
drius). — D. grammairien. 

Grammatical, du L. gram- 
maticalis* , derive de grammati- 
ca (grammaire). 

firamme, du grec Ypafxfia 
(scrupule qui valait deux oboles). 

Chnimf , du.L grandis (m. s.). 
— D. grandelet, grand&ur. 

f Grandeooe, de i'espagaol 
grandeza (grandesse). 

Crf aauletf t* , voy. grand. 

f Grandiose, de Pitalien gran- 
dioso (grandiose). 

Crfaauf if, du L. grandire 
(developper). 

GrandUolme, du L. grandis- 
stmus (le plus grand). 

Crfatufmef e , voy. grand et 
mere ,• voy. aussi Grammaire His- 
tortque de ia langue francaise, 
p. 3. 

Grange, en espagnol granja % 
du L. granea* (grange, emplace- 
ment destine au battage des grains; 
deriv6 de granum grain). Granea* 
est au sens de grange, dans les 
Lois Barbares : Si enim domum.... 
incenderit aut.... graneam vel celr 
laria, dit la Lex Alemannor. 81,2. 

Granea. a donne successivement 
grania suivantla regie (voy. abre'- 
ger), puis granja. (voy. abreger et 
agencer). — D. engranger. 

fGranlt, de Pitalien granito 
(graft it), h.granitique. 

granulation , voy. granuler. 

Gran tiler, derive de granule 
qui est le L. granulum (petit 
grain). — D. granulation. 

Granulenx, derive de granule. 



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GRA 



268 



GRB 



ctraphlque, du grec Ypa9txoc 
(qui sert a ecrire) 
Graphometre, du grec fjirpov 

(mesure) et ypAp*i (ligne). 

Grappe, proprement crochet, 
puis fruits attaches, accroche's aux 
branches. Grappe au sens de cro- 
chet a persiste dans quelques ac- 
ceptions speciales (grappe de ma- 
rshal ferrant, etc . .), et dans le 
deriv6 grappin. Grappe est un mot 
d'origine germanique (allemand 
krappen crochet, crampon). Sur le 
changement de k en g, voy. ad- 
juger. — D. grappiller, grappil- 
leur, grappillon, grapptn, £grap~ 
per, • 

Grappiller, voy. grappe. 

Grappillon , voy. grappe. 

Grappin, voy. grappe. 

Gram, ancien franca is eras, du 
L. crassus (gras, dans* Martial]) qui 
est deja grassus au septieme siecle 
dans Isidore de Seville: sur ce 
changement de c en g (voy. adju- 
ger). — D. graisse, graitser, grais- 
seux, grassouillet, grasseyerjgras- 
seyement. 

Crfatefon,voy. gratter. 

f eratleuler, de Titalien gra- 
ticolare (graticuler). 

Gratification . du L. gratijica- 
tionem (faveur). 

ttratlfler, du L. grattficari 
(m. s.). 

Gratin, voy. gratter. 

Gratis, duL gratis (gratuite- 
ment). 

Gratitude, du L. gratitudinem 
[m s.). 

Gratter ^ en italien grattare, 
du L. cratare (gratter, dans les 
LoisBarbares: Si quis alium un- 
guibus crataverit, ut non sanguis, 
sed tumor aquosus decurt at, lit-on 
dans la Lot des Frisons, app. 5. — 
Cratare est un mot d'origine ger- 
manique *et repond k fislaad. 
Hutta, .gratter). 



Cratare a donn6 gratter par le 
changement de e en g (voy. adju- 
ger). — D. gratteUe, grater on, 
grattoir, gratxn, igratigner, e*gra- 
tignure. 

G ratal t, du L. gratuitus (m. 
s.) — D. gratuiU. 

Grave (adj.), du L. gravis 
(grave). — D. graviter. 

Crnavefeicac , voy, gravier. — 
D gravelure. 

Gravelle , voy. gravier. 

f Graver , mot venu des Ian- 
gues germaniques (neerlandais 
graven creuser, buriner). — D. 
graveur, gravure. 

Gravier , derive" de grave mot 
qui dans notre ancienne langue a 
le sens de gros sable mele de cail- 
louz. L'origine de grave est mcon- 
nue. 

Ce primitif grave nous a laiss6 
d'autres derives : gravots, graved, 
gTdiveleux, engraver, sans parler 
de greve qui est l'adoucissement de 
Fancienne forme grave. (Sur a de- 
venu e, voy. acheter ) — D. gra- 
vats, gravatier. 

Gravir .en italien gradire, du 
L. gradire i (gravir, proprement 
roonter par degres, derive* de gra- 
dus degr6). Gra\d)ire a donn6 gra- 
vir. 1° par la chute du d medial, 
gra-ire (voy. accabler) ; 2° par Tin- 
tercalation subsequente d'un v eu- 
phonique pour supprimer Phiatus 
(voy corvie). 

Gravlte , du L, gravitatem 
(gravite). 

Graviter, voy. grave. — D, 
gravitation. 

Gravais , voy. gravier. 

Gravure , voy. graver. 

Gre, en proven cal grot, en ita- 
lien grato, du L. gratum (chose 
agreable) par le changement de 
atum en 4 (vov. ampouii). — D. 
agrier, malgre (voy. ce mot). 
, du L, graccus (grec). 



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gr£ 



S69 



ORE 



lreMt% 7 origine inconnue. — 
iredinene. 

treatment , voy. gi^tfr. 
rt^e**, mot d'origine germa- 
ue (gothique ge-raidjan, ap- 
ter, outiller, greer ; pour la 
traction de geraidjan eng'raid- 
, voy. briller ; pour la chute 
d, voy accaMer). — D. ogres , 
ement, grteur. 

. €r*-e/|c,d6p6t des minutes 
, actes de procedure; ce mot qui 
dans la basse latinite grrap/uum 
y. greffier), denve da L. yra- 
it*m (style, poingon it ecrire) 
• le changement : 1° de ph en f 
y. coffre) ; 2° de a en e voy. 
leter). Ce mot greffe au sens de 
neon a donne le verbe greffer 
ciser l'ecorce d'un arbre a l'aide 
n poincon, d'une greffe) , 
I. Greffe (terme de jardi- 
?e), voy. pre/f«r. 
Greffe^ , voy, yre/fe 1. — D 
f/fe (substantif verbal), greffeur, 
>ffoir. 

Greffler, du L. graphiarius 
effier, scribe, dans les textes du 
>yen age : « Guillelmus christia- 
fat'mi re0i$ consiliarivset status 
)ni a secretis, ut eliam dicti 
Unit S. Michaelis db actis seu 
iphiarius, » lit-on dans un acte 
1550, Graphiarius scribe, derive 
grayhium poincon a ecrire. — 
aphiarius a donne greffier par le 
angement : 1 • de a en « (voy. ache- 
) ; 2° de ph en f (voy. co/fre); 
de artw* en ter (voy. dnier) . 
J- Grtge (soie) ; de l'italien 
eggia (seta greggxa, soie grege). 
Gregeois (feu), anciennement 
t grteois feuinventeau septieme 
cle par Callinique d'Heliopolis : 
a recu ce nom des Byzantins 
i 1'employaient, ou comme on 
sait au moyen age des Gre'geois : 
arron dit encore plaisamment 
i Grfgeoxs pour les Grecs), 



Gre'geois represente le L. grae~ 
censis denv6 de graeeus (grec). 
Graecencis a donne grCxois : 1° par 
la reduction de ns a s (voy. atni) ; 
2° par le changement de e on t,t 
(voy. accroire), et de c en % (voy. 

i amxtii); 3°gre*ois est devenu gre- 
gea\s comme selosus est devenu 

' jaloux (voy. ce mot). 

I fortgue, anciennement gre- 

' gesque, venu de l'italien grechesco 
(proprement chausser a la grec- 

J que). 

I 1. Grele (adj.), anciennement 

1 graile, en italien gracile, du L 
gracilis (grele) par la contraction 

I reguliere(voy. p. Lxxxi)de grac(\)- 
lis en grae'lts, d'ou Tancien fran- 
cais graile par le changement de 
cl en il (voy, abeille). 

\ 2. Gr>efe (substantif) ancien- 
nement gresle, mot dont le ra- 
dical gres.... se retrouve dans 
gr4s\\ (petite grele) . L'origine de 
ce radical commun gres.... est in- 
connue. — D. grtton , griler. 

I f c»rello,derallemandflfrding 
(grelin). 
€rnclo»t,voy. grtle. 
GreMot , diminutif de preJte, 
origine inconnue. 
Grelotter, voy. grelot. 
f drenade, venu du proven- 
cal granada qui derive du latin 
granata (pour granatum, gre- 
nade) : le suffiie ode montre que 

| ce mot n'est point venu directe- 
ment du latin au francais ; autre- 
ment il eut ete grenee (le suffixe 
ata devenant toujours 6e en fran- 
cais, voy. ampoule'). — D. grena- 
dier, arenadine ; de grenade, au 
sens de projectile est venu grena- 
dier (soldat qui lancait des gre- 
nades) . 

1. Grenadier (botan.), voy. 
grenade. 

2. Grenadier (art milivure), 
voy. grenade. 



yGoogk 



GRI 



270 



GRI 



Crnenailf e,diminutif de grain. 

— D. grenailler. 

f Grenat, de l'italien granato 
(grenat). 

Crrettet* , voy. graine. — D. 
greneler, greni (subst. participial). 

Grenetier, derive degreneUe, 
diminutif de graine. — D. grenete- 
rie. 

Gw»e<ii, deriv6 de grenet f 
diminutif de grain (voy. ce mot). 

Crne»te*<e, diminutif de graine. 

Grenier, du L. granarium 
(grenier par le changement de 
arium en ier (voy. dnter) et de a 
atone en e (voy. acheter). 

Grenouille , dans l'ancien 
francais renouille, en italien ra- 
noccAid. du L. ranuncula (forme 
feminine de ranunculus, qui est 
dans Ciceron etqui derive de rana 
grenouille). 

Ranuncula j devenant ranucula 
par la reduction de nc a c (voy. 
coque), a donne renouille par le 
changement : 1° du suffixe ucuia 
en out'Me (voy. abeille) ; 2° de a 
atone en e (voy. accointer). 

Renouille est devenu grenouille 
par la preposition tout a fait inso- 
lite d'un g (voy. p. a.). — D. yre- 
nouillet, grenouillette (voy. re- 
noncule), grenouiMere. 

Gr«Mtc 7 derive de grain (un epi 
grenUj qui est charge de grains). 

&#•&*, mot d'origine germani- 
que (vieil haut allemand, gries , 
gravier, le gres 6tant forme de 
grains de sable). — D. gre'sil, gres- 
serie. 

GreaiM, voy. gres. — D. grtsil- 
ler, grtsillement. 

Grhvc, voy. gravier . 

Grevet* 9 du L. gfravart (etre a 
charge), par le changement de a 
en e (voy. acheter). — D. de'grever. 

Gribleiie, origine inconnue. 

tiribouiller, origine inconn. 

— D. gribouillage, gribouillettt- 



Grieche, du L. graeca (grec- 
que) par le changement : 1* de oe 
en e (voy. p, lxxxvi) puis en ie 
(voy. ctmen* et arriere) ; 2° de ea 
en c/ie (voy. acharner). Grieche 
n'est plus employe que dans les 
deux composes : pie-grieche, ortie- 
grieche (que les anglais appellent 
greek nettle ortie grecque). 

1. Grief, au femimn grieve 
(d'ouyrteuement). Grief est encore 
dans Bossuet comme adjectif au 
sens de dur, de penible, et derive 
du L. gravis (dur, pesant) par le 
changement : 1° de v euf (vov. 
boeuf); 2° de a en e (voy. acheter) } 
d'ou l'ancien francais gref qui 
donne grief par le changement 
de e en ie (voy. arriere). 

2. Grief (substantif) , du L. 
grave* (chose penible , facheuse) , 
par le changement de ave en ief 
(voy. pour les details grief I). 

Grievete, du L. gravitatem 
(enormite), par le changement: 
1° de a en e (voy. acheter), puis 
en ie (voy. arrtere); 2° de i en e 
(voy. admettre); 3° de atem en 4 
(voy. abbe"), 

Griffc, mot d'origine germa- 
nique (ancien haut allemand grif, 
ce qui sert a saisir, puis dans cer- 
tains textes allemands du moyen 
age : serres, griffes). — D. griffer, 
griffade, griffonner, griff onneur, 
griffonnage. 

Griffon ) en portugais gripho, 
derive (par le suffixe on), du L. 
gryphus (griffon) ; sur le change- 
ment de ph en f, voy. coffre. 

Grignoter, derive de grigner, 
comme trem Woter de trembler, 
Grigner •, qui a, dans l'ancien fran- 
cais, le sens de montrer les dents, 
est un mot d'origine germanique 
(ancien haut allemand grinan, 
grincer des dents), 

Grigowj origine inconnue,. 

*»•*!, anciennement gr£il, a 



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Gia 



271 



GRO 



U | 



l'origime gratl ? du L. craticulum 
(forme masculine de craticula, gril 
dans Mhnaal) 

Cra{>)iculum a donne grail par 
la chut") du t medial (voy . abbaye), 
et par le changement: 1° de c en 
g (voy. adjuger). On trouve la for- 
me gr&Ucula pour craticula dans 
les Glossaires grecs- latins du 
moyen age) ; 2° de iculum en il 
(voy. abeille) , comme dans p^ril 
ae pmculum. Grail a donne yr#tf 
par I'adoucissement de a en e 
(voy. acheter), puis griJpar la sy- 
nerese de ex en i (voy. p. xg). — i 
D. griller, grillade. 

Grille, anciennement greil, a 
Porigine grail, du L. craticula* 
(derive de crates, grille). Craticula 
est deja graticula dans les textes 
latins du moyen age : Unam gra- 
ticulam. . . . abstulit, lit-on dans 
un acte de 1353. 

Pour le changement de craticula 
en grille, voy* gril. — D. griller, 
grillage. 

Griffon, diminutif du L. griU 
2us (grillon). 

Grimace, mot d'origine f?er- 

manique (vieux scandinave grima, 

masque, contorsion du visage). — 

D. grimacer, grimacier. 

Grimaud, voy. grime. 

-j- erlnie, terme de theatre, 

venu assez tard de l'italien grimo 

(grime, vieillard ridicule, propr. 

ride)r— D. (se) grimer ; grimaud . 

Grimoire, origine inconnue. 

Gt*impei*, anciennement grip- 

per, gui a le double sens de grim- 

per, de s'accrocher pour grimper, 

et aussi de s'accrocher a, de saisir, 

mot d'origine germanique (neer- 

landais grippen, saisir. Pour Pin- 

tercalation de m, voy. lambru- 

che). 

Grincer, mot d'origine ger- 
manique (ancien haut allemand 
gremizdn, grincer des dents, par 



les intermediaires de grem'son, 
grenzon: sur m devenu n, voy. 
changer. — D. grincemenU 

Griotte, corruption de Pan- 
cienne forme agriotte (cerise sau- 
vage), diminutif du grec dtypto; 
(sauvage). Le marbre griotte a ete 
ainsi nomme de sa couleur rouge 
cerise. 

Gripper, saisir, mot d'origine 
germanique (vieux norois gripa, 
saisir). — D. grippe. 

Gris, saisir, mot d'origine ger- 
manique (ancien haut allemand 
gris gris blanc. en parlant des 
cheveux , cPou le sens de gris, 
couleur cendree, entre le blanc et 
le noir). — D, grisdtre, grisalUe, 
griser, grison, 

Grisonner, derive de grison 
(voy. arts). 

Grive, origine inconnue. — D. 
grivele. 

Grivoim, mot dont Porigine est 
inconnue. 

f ctrog, de l'anglais grog 
(meme sens). 

Grogner, forme secondaire de 
grognir* (de meme l'italien dit 
grugnare et grugnire), qui est le 
L. grunnire (grogner, en parlant 
du cochon), par le changement de 
nn en gn (voy. cligner) et de u 
en o (voy. annoncer). — D. de 
groigner, forme de Pancien fran- 
cais pour grogner, est venu le 
substantif verbal groing, aujour- 
d'hui groin; pour le rapport entre 
groin et groigner, comparez soin 
et soigner, temoin et t&moigner, 
loin et eloigner, etc. . . . — Autres 
derives de grogner, grognement, 
grognard, grognon, grognonner. 

Groin , voy. grogner. 

Grommeler , anciennement 
grummeler, mot d'origine germa- 
nique (ancien allemand grummelm, 
grommeler). 

Grander^ du L. grundare* 



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,GRU 



272 



GUE 



(forme secondaire hypothetique de 
grundire gronder. Sur u devenu 
o, voy. annoncer). — D. grondeur, 
grondement, gronderie. 

t ctrooni, de l'anglais yroom 
(domestique). 

Gron 9 du L. grossus (gros). — 
D. grosseur, grossesse, grossier, 
grossir, dtgrossir , grossoyer, 
grosse, grossissement. 

Crt*o«e$ffe, en espagnol #ro- 
*cMa, mot d'origine germanique 
(de l'ancien haut allemand krausel, 
dans la composition krausselbeere 
groseiile). Sur c devenu g } voy. 
adjuger; sur aw devenu o, voy. 
alouette. — D. groseillier. 

Gro**ier 9 voy. fifros. — D. 

f «rote»qae, de l'italien gro- 
tesco (grotesque). 

Grottc^en provencal cropta, 
du L. crypta (grotle) , qui est de- 
venu crupta par le changement re- 
gulier de y en u (voy. p. lxxxvj) ; 
crupta, adoucissant c en g (voy, 
adjuger) , a donne grupta qui est 
dans un texte carlo vingien : Insu- 
per eidem contuli gruptas eremi- 
tarum.... cum omnibus ad dictas 
gruptas pertinentibus, lit-on dans 
une charte de 887.— Grupta a don- 
ne grotte par le changement de u 
en o (voy. annoncer) , et l'assimi- 
lation de pi en U (voy. caisse). 

Gr oMillet* , origine inconnue. 
— D. groutJteroen*, 

firoup, origine inconnue. 

f «roope,venu de l'italien grop- 
po (groupe) . — D. grouper, groupe- 
ment. 

Gfuaw, anciennement gruel, 
de grutellum qui a le sens de 
gruau, dans la latinite du moyen 
age: grutellum est un diminutif 
de grutum (gruau, dans un texte 
carlovingien); gmtum est iui-rne me 
d'origine germanique (anglo-saxon 
grut gruau) 



Gru(t)ellum a donne gruel par 
la chute du t medial (voy. dbbaye), 
gruau par Padoucissement de el 
en au (voy. agneau), 

Gftte, du L. grua (autre forme 
de grus grue , que Ton rencontre 
dans la Lot Salique, 7, 6 : Si 
quis gall um aut gallinam furave- 
rit, vel cignum aut gruam domes- 
ticam). 

Au sens de machine qui sert a 
elever des fardeaux , grue est le 
meme mot que grue au sens d'oi- 
seau ; en grec vspavo; avait aussi 
le double sens de grue et de ma- 
chine qui sert a elever des far- 
deaux. 

Gwuger^ origine inconnue. 

finimc , origine inconnue. 

Crrocmeciu , ancienn. grumd 
(sur el devenu eau, voy. agneau), 

du L. grumellus (diminutif de 
grumus , petite agglomeration , 
d'oii le sens de grumeau, de glo- 
bule). — D. de l'ancienne forme 
grumel: grumeler, grumeleux. 

CrfMyet* , surveillant forestier, 
mot d'origine germanique (ancien 
allemand grus, que Ion trouve 
au sens de verger). — D. gruerie. 

Gray ere, mot d'origine histo- 
rique (voy. p. lxiv)j fromage fa- 
bnqug a Gruyere, village du can- 
ton suisse de Fribourg. 

Crtce, en espagnol vado, du L. 
vadumfeufy par le changement : 
1° de v initial en gu (voy. gaine) ; 
2° de alum en 4 (voy. ampoule") ; 
voy. aussi aigu pour la chute du d. 

— D. gutable. 

Guede, ancien francais guaide, 
a l'origine waide, mot d'origine 
germanique (allemand waid , gue* 
de). Sur le changement de w en 
gu, voy. gdcher. 

GucnUMu* origine inconnue. 

— D. de'guenille'. 

Cuetton , mot d'origine in- 
connue, 



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GUE 



273 



GUI 



du mfime radical fatten) le derive* ■ 
guenuche. \ 

€rt«epe, anciennement guespe , 
a rorigine wispe, en iialien vespa, 
du L. vcsya (guepe) , par le chan- 
gement de v initial en gu (voy. j 
yaine) et par la chute de s (voy. 
abtme). — D, gutpien j 

C ttfere, en proven gal gaigre, 
signifie oeaucoup dans notre an- 
cienne langue &il eust gudre vi- ! 
cu, il eust conquis toute lltalie, I 
dit une chronfque du quatorzieme 
siecle. 

Guere est un mot d'origine ger- 
manique et correspond a l'ancien 
haut allemand weigaro * (beau- 
coup). Ce mot contracts en wei- 
gWo a'donne guere par le change - 
ment : 1° de to initial en gu (voy. 
gdcher) ; 2° de gr en r (voy. ai- 
grette) . gr a persiste dans le pro- 
venial archaXque gaigre. — D. 
naguere (voy. ce mot.). 

Gneret, en provencal garag, 
de t?eracturo * (forme de la basse- 
latinite qui represente le L. ver- 
vactum (jachere) par la reduction 
tout a fait insolite (au milieu du 
mot) de rv a v. 

Veractum^ reduisant ctkt (voy. 
affe"ti) a donn6 le francais gueret 
par le changement : 1° de v en gu 
(voy. gatne) ; 2° de actum en eit 
puis et (voy. attrait et a/f^). 

«u£rldon, origine inconnue. 

GneVir, le sens primitif de ce 
mot est dtfendre, proteger dans 
les plus anciens textes francais; 
guerir , anciennement guarir k 
fori gin e warir , est un mot 
d'origine germanique (gothique 
warjan, derendre, proteger). Sur 
le changement de w initial en gu, 
voy. gdcher. — D. guirison, gu6- 
rissaole 

f Gnerlte, de l'espagnol garita 
(logo de sentinelle). 

Gue rr e, en italien guerra, 



mot d f origine germaniaue (ancien 
haut allemand tcerra dispute, que- 
relle). Sur le changement de u> ini- 
tial en gu, voy. gdcher. — D. guer- 
rier, guerroyer, aguerrir. 

Crtce*, voy. guetter. — D. gfwe*- 
apera , anciennement guet-apensi, 
compose" de guet, et de l'adjectif 
apensi qui repond a un type ap- 
pensatus (suspendu, dresse). Sur 
atus devenu 4 voy ampoule — 
— Guet-apens signifie proprement 
embuche dressee. 

Cnc<re, origine inconnue 

Guetter. anciennement guat- 
/er, en italien guatare mot d'ori- 
gine germanique (ancien haut al- 
lemand wahtan guetter ; sur le 
changement de u> initial en gu, 
voy. gdcher). — D. guet (substau- 
tif verbal) guetteur, aguets (sub- 
stantif verbal de l'ancien verbe 
aguetter). 

Gueulc, du L. gula (gueule) ; 
sur u devenu eu, voy. beugler. — 
D. gueuler. 

f ctueulefl, mot d'origine orien- 
tate comme plusieurs autres ter- 
ra es de blason (persan ghul, rose 
d'ou le sens du mot gueules). 

f dnenfe, mot d origine alle- 
mande comme beaucoup d'autres 
termes de m6tallurgie (gueuse est 
l'alleraand guss fonte), 

Gucuac, origine inconnue. — 
D. gueuse, gueuser, gueuserie. 

Gmi, ancien francais guts et vis 
en italien visco, du L. viscum {gui) 
par le changement. l°de v initial 
en gu (voy. gatne) ; 2° de sc final 
en s (bois), d'ou les formes de l'an- 
cien francais vis et guts, 

Guichet, le sens originairede 
ce mot est porte (les guichets du 
Louvre , etc.) ; dans notre an- 
cienne langue guichet a le sens de 
petite porte. 

Guichet, anciennement vicket, 
est un mot d'origine germanique 



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GUI 



274 



GYM 



(vicket est le diminutif de l'ancien \ 
norois vik cachette, r6duit). Vicket 
s'est transforme en guichet par le 
changement • 1° de v en gu (voy. I 
gaine); 2° de cen ch (voy. achat- 
ner) . — D. guichetier. 

f Guide, venu del'italiengfvtda 
(guide). — D. guider, guidon. 

Guider, voy. guide. 

Guigtte, anciennement guine, 
a l'origine guisne, mot d'origine 
germanique (ancien haut allemand 
wihsela cerise aigre), Wihs[e)la 
contracted wi/w'iaadonne guisne 
par le changement: 1° de tc ini- 
tial en gu (voy. gdcher); 2° de I en 
n, 0uwne pour guisle (voy. gue- 
nouille). L'ancien franca is guisne 
a donne success lvement guine 
(voy aWme), puis guigne (voy. ! 
cligner). 

Crufjynef, origine mconnue. 

f Gulgnon , de l'espagnol yut- 
won(guignon). | 

Critillecf ou , origine inconnue. 

Gulllemet, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv)* guillemet 
est le nom de l'imprimeur du sei- | 
zieme siecle (Guillaumet ou Guille- ; 
met) qui inventa ce signe typo- i 
graphique. | 

Cruf Ilenetf , origine inconnue. 

Gulllocher ,mot d'origine his- ! 
torique (voy. p. lxiv), guillocher 
de>ive de Guilloche, nom de Tin- ' 
venteur des ornements appel6s ' 
guillochis. j 

Guillotine , mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv) , guillotine ' 
derive de Guillotin nom d'un me- 
decin francais morten 1814, etqui 
inventa cet instrument de supplice. . 
— D. guiUotiner. 

* Crtfimauve, anciennement t?t- 
' mauve, du L. bismalva (gui- ! 
mauve au huitieme siecle dans le ' 
Capitulaire de Villis). Bis-malva 
est la contraction deibiscum-malva j 
compost de ibiscum mauve dans i 



Pline, et de malva m. s.). Sur la 
reduction de sc (ibiscum) en s (bis) 
voy. bois. 

Bismalva perdanU (voy. abime) 
a donne vimauve par le change- 
ment: 1° de b en t? (voy. avant); 
2° de al en au (voy. agneau). Vi- 
mauve est devenu guimauve par le 
changement de v initial en gu 
(voy. gatne). 

focim&afde, origine incon- 
nue. 

Guintpcy anciennement guim- 
pie, mot d'origine germanique (an- 
cien haut allemand wimpal,m.s.). 

Wimp(a)l contracts en wimp'l a 
donne guimvle par le changement 
de w en gu (voy. gdcher), 

CrutMcfer, proprement «se his- 
ser, mot d'origine germanique (an- 
cien haut allemand tcindan hisser) . 
Sur le changement de w initial en 
gu. voy. gdcher. 

■f Gulnee, de l'anglais guinea 
(guinee). 

GuingueUcj origine incon- 
nue. 

Crtfiptc t*e , deriv6 de l'ancien 
verbe francais guiper qui est d'ori- 
gine germanique (gothique veipan, 
tisser). Sur le changement de v 
initial en g, voy. gaine et gdcher. 

f Gulrlande, de l'italien ghir- 
landa (guirlande) . — D. enguir- 
lander. 

€rtt we, mot d'origine germani- 
que (ancien haut allemand wisa, 
guise). Sur le changement de w 
initial en gu, voy. gdcher. — D. 
de'guiser. 

t Gultare, de l'espagnol gui- 
tarra (guitare). — D. guitanste. 

Gustation , du L gustationem 
(m. s.). 

j- Gutta-percha, de l'anglais 
gutta-percha (m. s.). 

Guttural , du L. gutturalis* 
derive de guttur (gosier). 

, du L. gymnasium 



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HAG 



275 



HAI 



(gymnase). — D. gymnasiarque, 
gymnaste. 

CtymnaAtlque , du L,gymnas- 
ticus (m. s.). 

ctymnlque, du L. gymnicus 
(de lutte). 



Gymnoaapblste, du L. gym- 
nosophistae (secte de PInde). 

6yn^c^e, du L. gynaeceum 
(m. *.). „ 

eypse, du L. gypsum (pierrea, 
platre). — D. gypseux. 



H 



Habile, du L. hdbilis (habile). 

Habllete, du L. habilitatem 
(aptitude). Suraterodevenu 4, voy. 
abbe'. 

Hablllter, du L. habilitate 
(rendre apte, dans les Notae Ti- 
ronis). ~ D, HhabUiter, 

Hablller, tres-mauvais derive* 
de hdbilis (proprement rendre ha- 
bile a, apte a, raettre en etat, puis 
vStir). — D. habillement, habilleur, 
deshabiller. 

Habit, du L. habitus (habille- 
ment, vehement dans Virgile) , 

Habltacle, du L. habitaculum 
(m. s.). 

Habitation , du L. habitatio- 
nem (habitation). 

Hablter, du L. habitare (ha- 
biter). — D. habitable, habitant. 

Habitude, du L. habitudo 
(maniere d'etre). 

Habltnel, du L. habitualis* 
(derive de habitus, coutume). 

Habltuer, du L. habituate* 
(deriv6 de habitus, coutume). 

f Habler, de l'espagnol hablar 
(parler). — D. hdbleur, hdblerie. 

Hache, mot d'origine germa- 
nique (ancien haut allemand hoc- 
co, hache) ; sur le changement de 
cc en eh, voy. acheter. — D. ha- 
chette, hachereau, hacher, hachoir, 
hachure, hachis. 



flneftwre, voy. hache. 

Hagmrd, proprement sauvage; 
on a vu, p. xxiv, que ce mot ne 
s'appliquait d'abord qu'aux fau- 
cons; on appelle faucon hagard 
celui qui a ete* pris apres plus 
d'une mue, qu'on ne peut plus 
apprivoiser, qui reste farouche; 
faucon hagard signifie litterale- 
ment faucon de haies, faucon qui 
mue dans les haies, qui na point 
mue en domesticite ; pour Petymo- 
logie de hagard, voy. haie. 

Haglographe, du grec dyio- 
ypd<po; (qui traite aes choses sain- 
tes). — D. hagiographie. 

Haie, du L. haga* (haie, dans 
les plus anciens textes latins du 
moyen age : « Quod totam dictam 

pi at earn includere possint fos- 

sato et haga. .. . » Haga est d'ori- 
gine germanique . et represente 
Pancien haut allemand haga, ha.\e). 
Le latin ha(g)a perdant son g me- 
dial (voy. allier) donne haia, aui 
est, au neuvieme siecle, dans les 
Capitulaires de Charles le Chau- 
ve, tit. XXXVI : Quicumque istis 
temporibus castella et firmitates 
et haias sine nostro verbo fece- 
rinU 

Sur a devenu at, voy. aigle — 
D. de Pancienne forme haga est 
venu le derive hagard (qui vit 



yGoogk 



HAL 



276 



HAM 



dans les haies, en parlant des oi- 
seaux). 

Haiffon, mot d'origine ger- 
manique; diminutif d'un radical 
hypothetique haiUe, qui repre- 
sente l'ancien haut allemand ha- 
dil (lambeau, haillon) par la 
contraction de had(\)l en had%Vas- 
similation de dl en 11 (voy. alUi- 
mer), et le changement de a en ai 
(voy. boire). 

Jfaine, voy. hair. — D. hai- 
neux 

Hct»f, au onzieme siecle hadir 
dans le poeme de saint Alexis, 
mot d'origine germanique (anglo- 
saxon hatian, hair; sur le chan- 
ment de t en d, voy. aider). L'an- 
cien francais ha(d)ir est devenu 
ha-ir par* la chute du d medial 
(voy. accabler). — D. hcine (an- 
ciennement haine, qui derive de 
hatr, comme saisine de saisir); 
haissable, 

Halve, mot d'origine germa- 
nique (vieux scandin. hsera, haire, 
tissu de poil). 

Hatbwan, mot d'origine ger- 
manique (allemand halbente, m. 
s. ; — par la forme hypothetique du 
moyen haut allemand halberent, 
d'ou halbran). — D. halebrene. 

Bale. voy. hdler. 2. 

Haleine, anciennement aleine 
(sur l'addition de h, voy. envahir), 
substantif verbal de l'ancien verbe 
alener (respirer), qui est pour ane- 
ler venant du L. anhelare (respi- 
rer) par la transposition des liqui- 
des n et I (voy. sangloter et p. 
i.xxvi). Sur le changement de e 
en et devant n (alene, puis aleine), 
voy.. /Vein. 

Jfctfettet*, anciennement ale- 
ner, voy. haleine. 

1 , Halew , mot d'origine ger- 
manique (anglais to hale baler, 
vieux norois hdla) . — D. halage 

2 Hole*, anciennement desse- ! 



cher. (Le soleil /id/g le teint, c'eatr 
a-dire lui enleve sa fraicheur, le 
desseche). 

//d/er est un mot d'origine ger- 
manique et derive duflamand haet 
(sec). On trouve Padjectif hdle 
dans notre vieille langue au sens 
de dess6che et Ton appelle encore 
hdloir le lieu ou Ton siche lechan- 
vre. — D. hdle (substantif verbal). 

Hatetewj en italien alitare, du 
L. halitare (exhaler dans Ennius). 

Hallall , onomatopee ( voy. 

P. LXV). 

Halle, mot d'origine germa- 
nique (allemand haUe lieu couvert, 
grande salle. Le francais halle 
signified Fori gineun marche cou- 
vert.). — D. hallage. 

f Hallefoarde, venu de l'italien 
alabarda (hallebarde). — D. haU 
lebardier. 

Hctffiet*, deriv6 d'un type 
halle* qui est le L. hasla* (bran- 
chages, dans les Lois Barbares, 
L'origine de hasla est inconnue.). 
Sur la chute de s, voy. ablme. 

Hallucination du L. halluci- 
nationem(m. s.). 

Halo, du grec &Xd>c (halo). 

HaUe, ancien francais halt, mot 
d'origine germanique (allemand 
halt, arret, halte). 

Halteres, du grec iXrripe; 
(poids dont Ton s'aide pour mieux 
sauter). 

f Hamae, venu de l'espagnol 
hamaca (hamac). 

Hamadryades , du grec ijxa- 
5pua8e; (nymphes des bois). 

Hctmectu, anciennement ha- 
mel (sur el devenu eau voy. agneau) , 
l'ancien francais hamel est le dimi- 
nutif de ham* qui est d'origine 
germanique (anglo-saxon hatn,de- 
meure.) 

lTamefott, du L. hamicio- 
nem* (diminutif de hamus hame- 
$on) par le changement : 1° de 



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HAN 



277 



HAR 



do en go (voy. agneau) ; 2° de 4 j 
en e (voy. admettre). 

Hampe , pour hampte *, j 
hantbe*, mot d'origine germanique 
(yieil haut allemand /wn(/ui6e, pro- 
prement ce que lamaintient,man- ! 
che , — par la contraction de 
hanthabe en hatit'be, puis tres-ir- i 
regulierement hant'pe } hamCpe) ! 

Hattapj mot d'origine genua- 
nique (ancien haut allemand hnap 
vase a boire). j 

Hattcfce, mot d'origine ger- 
manique (ancien haut allemand 
ancha , jambe, cuisse, puis han- 
che). Sur Faddition d'un h, voy. 
envahir, 

f Hanebane, de l'anglais hen- ; 
ban* (m.s.). j 

Hangar, anciennement anaar \ 
proprement remise destinee a abri- 
ter divers instruments ou usten- . 
siles. | 

Le grec aYYotpoc (estafette) avait 
donn6, par la forme &yy<ipla, le L. ! 
angaria (obligation defournir aux 
courriers de Pempereur les moyens 
de transport, puis station ou re- 
layaient les courriers impenaux). 

— d'ou le denve angarium (lieu 
couvert , hangar ou Ton ferrait les 
chevaux des courriers. angarium 
est locus ubi sufferantur equi, dit 
un texte de la basse latinitg) . An- 
garium s'est etendu du sens spe- 
cial de remise ou Ton ferre les 
chevaux, a tout% remise pour abri- 
ter des ustensiles ou des charibts. 

— Sur l'addition de h, voy. en- 
vahir; au dix-septieme siecle, on 
ecrivait encore angar. 

Hanneton, anciennement ha- 
neton, diminutif d'un radical 
hane* qui est d'origine germani- 
que et rSpond a lallemand provin- 
cial hahn (han neton, dans la com- 
position weidenhahn qui est le 
nom de cet insecte dans plusieurs 
provinces de PAllemagne). 



Jfftaue, de Pancien haut alle- 
mand hansa (association). — D. 
hansiatique. 

Jfcmtef, origine inconnue. 

Happe, serpe, mot d'origine 
germanique (ancien haut allemand 
happa, faucille), 

Happer, mot d'origine ger- 
manique (neerlandais happen , 
mordre, puis saisir, happer). 

t Haqaenee, de Pespagnoi ha- 
canea (haquenee). 

Haquet , charrette basse et 
aussi, mauvais cheval • panser un 
haquet > disait-on au quinzieme 
siecle. Haquet est un diminutif de 
Pancien francais haque (petit che- 
val) qui est lui-meme un mot d'o- 
rigine germanique (hack cheval). 

f Harangue , anciennement 
arengue, venu de Piialien aringa 
(harangue). — D. haranguer. 

Haras, anciennement faras (au 
sens de troupe de chevaux) mot 
d'origine orientale (arabe fards, 
equus, d'ou le sens collectif de 
haras.) Pour le changement de f 
en h, voy. hors. 

Havammev, origine inconnue, 

Hdfcefef, anciennement her- 
celer, derive de herce (forme de 
Pancien francais pour herse) : her- 
celer, c'est proprement tourmenter, 
agiter sans cesse, comme la herce 
retourne la terre. La langue an- 
glaise dit de meme to harrow (har- 
celer, et aussi herser). 

1. Hawde, au sens de trou- 
peau, mot d'origine germanique 
(allemand herde troupeau). 

2. Hatnie (corde pour attacher 
les chiens de chasse): voy. hart. 

Ha**de* 9 anciennement fardes, 
dont Porigineest inconnue. Surf 
devenu ft, voy. hors . 

Hancfi, participe de Pancien 

verbe hardir t qui est d'origine 

germanique (ancien haut allemand 

hartjan, enhardir; sur t devenu d, 

16 



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HAR 



278 



HAT 



oy. p. xcin). — D. hardiesse, 
nhardir (d< 



de rancien verbe har- 



to; 
en\ 
dir) 

Hardiemme, voy. hardL 

f Harem, mot d'origine orien- 
tal e, (arabe charam, harem). 

Hawing , anciennement ha- 
renCy mot d'ongine germanique 
(ancien haut allemand harinc, 
nareng). — D. harengire. 

Hargneux 9 derive de l'an- 
cien verbe francais hargner (se 
quereller) ; hargner est un mot 
d'origine germanique (ancien haut 
allemand narmjan quereller, inju- 
rier). 

1. Haricot (feve), origine in- 
connue. 

2. Haricot (ragout) origine 
inconnue. 

HarideUe, origine inconnue. 

f Harmonica, de I'allemand 
harmonika (le nom et l'instru- 
ment vinrent d'Allemagne au corn- 
men cement de ce siecle). 

Harmonies du L. harmonia 
(m. s.). — D. harmonieux, har- 
moniste. 

Harmonieux, voy. harmonic 

Harmonlque, du L. harmo- 
nious (harmonieux). 

Harnacher, voy. harnais. 
— D. enharnacher. 

Harnais, anciennement l'e- 
quipement compiet d'un cavalier 
etde son cheval; a l'origine har- 
nais signifie seulement l'armure 
du cavalier (harnais a encore ce 
sens dans la locution blanchirsous 
le harnais). 

Harnais, anciennement harnas, 
armure, est un mot d'origine cel- 
tique (has breton harnez, kymri- 
que haiarnez, attiraii de fer, d'ou 
le sens d y armure). — D. harnacher 
(anciennement harnascher, en pro- 
vencal arnascar, de l'ancienne 
forme harnasc*). 

9 9 origine inconnue* 



Harpe, du L. harpa (harpe, 
au sixiSme siecle dans Fortunat: 
« Romanusque lyra, plaudet tibi 
Barbarus harpa. » Harpa est d'o- 
rigine germanique et repond au 
scandinave harpa (harpe). — D. 
harpiste. 

Harper, saisir avec les on- 
gles, mot d'origine germanique 
(ancien haut allemand harfan, sai- 
sir, accrocher). — D. harpon. 

Harple, du L. harpyia (mons- 
tre fabuleux). 

Harpon, voy. harper. — D. 
harponner, harponneur. 

Hart (aussi harde) = corde, 
origine inconnue. 

Hamard, a l'origine jeu de des 
(dans les textes francais du dou- 
zieme siecle), posterieurement les 
chances du jeu, puis les chances 
de la vie, etc...*. Hasard (ieu de 
des) dans notre ancienne langue 
asart, en provencal azar, en espa- 
gnol azar, dans Pancien italien 
zaro, —est un mot d'origine orien- 
tate, et vient de l'arabe al-sdr (le 
jeu de d6s), qui adonn6 sans Tar* 
ticle(al) l'itahen zaro, et avec Par- 
ticle les formes composees de l'es- 
pagnol (azar), et du francais asar 
(qui a subi posterieurement l'addi- 
tion d'un d, comme dans homard 
(mi est pour homar. — et d'un h 
initial (voy. envahir). — D. hasar- 
der, hasardeux. 

Hose, mot d'#rigine germani- 
que (allemand hose lievre). 

Hast, du L. hasta (haste). — 
D. hastaire. 

Hate, anciennement hast, mot 
d'origine germanique (allemand 
hast, hate). Sur la chute de*, voy. 
abime. — D. hdter, hdttf. 

Hatier, anciennement hastier, 
derive de haste (broche), qui est 
le L. hasta (pique, tige de fer 
pointue). Sur la chute de s, voy. 
abime. 



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HAV 



279 



HEC 



utlfi voy. hdte. — D. Mtf- 

atc6oaM, anciennement Jio- 

mot d'origine germanique 

ne la plupart des termes de 

ne (flamand hobent, hauban). 

attbert, anciennement hau- 

a l'origine halberc, — dans 

.. du moyen age halsberga, ! 

d'origine germanique (ancien 

allemand halsberc, haubert). 

. de l'ancienne forme hau- j 

r haubergeon 

afsmer, du L. altiare* (ren- ! 
plus haut ; d6riv6 de altus 
). Pour le changement de al- 
! en hausser, voy. exhauster. — i 
ausse-col, haussement, hausse 
stantif verbal), rehausser. \ 
«ro*, anciennement halt, k 
?ine alt, du L. altus (haut) 
le changement de al en au 
. agrroau) et par Taddition 
h (voy. envahtr). — D. hau- \ 
, fcautesse, hauteur. I 

autain, voy. /uzut. | 

autbois, compost de bois et 
aut (voy. cesmots). Hautbois 
iroprement un bois , une flute 
le son est aigu, est haut. 
autesse , voy. /taut. 
autettt*, voy. Ziaul. 
ave, mot d'origine germani- 
(anglo-saxon hasva pale, 
). Sur la chute de *, voy. 
\e. — D. havir. 

avrv, anciennement havle, a 
<me /iabie, du L. ftabufom* 
re, port dans les textes de la 
3 latinite : < Laxavi et dimi- 
quidquid juris habebam in 
i et habulo, » dit un acte du 
ieme siecle. Hdbulum est un 
d'origine allemande, et est le 
nutif des formes germaniques : 
o-saxon hafen, havre; anglais 
7i, havre). 

ib(\i)lum, contracts en haV- 
(voy. p. lxxxi) , a donne suc- 



cessivement les formes franchises 
hable, puis havle (voy. avant) , et 
enfin havre (voy. apdtre). 

f Havre -sac, au dix-septieme 
siecle habresac, mot que Menage 
d6finissait ainsi en 1650 : « Havre- 
« sac ou habresac * Les Char tiers 
* et les Fiacres appellent ainst un 
« sac de toile dans lequel Us don- 
't nent de Vavoine a leurs che- 
« vaux dans les rues. ...Les snl- 
« dots fantassins se servent aussi 
« de cette sorte de sac quand Us 
« vont en campagne. • 

Le sens originaire du mot, on 
le voit, est sac d avoine. Havresac 
ou habresac vient de Pallemand 
Habersack (sac a avoine). 

lrecmme, anciennement helm, 
mot d'origine germanique (ancien 
haut allemand helm, heaume, cas- 
que). Sur le changement du suffixe 
el en eau, voy. agneau. 

Hebdoniadalre, du L. heb- 
domadarius* (m. s.). 

He6erget*, anciennement her- 
berger, loger, derive de Pancien 
francais herberge (endroit ou l'on 
lqge). Herberge est un mot d'ori- 
gine germanique (allemand her- 
berge, lieu ou l'on loge, auberge). 
— D. hdberge. 

Hebdter, du L. hebetare 
(m. s.). 

Hebralqne, du L. hebraicu* 
(m. s). — D. htbraisant, hi- 
braisme. 

Hebren, du L. hebraeus 
(m. s.): 

Heeatomibe, du L. hecatomba 
(m. s.). 

Hectare, forme" du mot grec 
Sxjxtov (cent) et du mot are (voy. 
are). 

Heetlque, du L. hecticus (ha- 
bituel). 

Hectogramme, forme du mot 
grec ixotrov (cent) et du mot gram- 
me (voy. gramme). 



yGoogk 



h£m 



280 



HfiR 



Hectolitre , forme" du mot 
grec fcxaxov (cent) et du mot litre 
(voy. litre). 

Hectometre, forme du mot 
grec ixa-cov (cent) et du mot mitre 
{voy. mitre). 

Hclas t que noire ancienne Ian- 
gue ecrit hi I las I se compose de 
l'interjection Ml et de Tadjectif las 
(lassus, malheureui). On disait au 
treizieme siecle : « Cette mere est 
lasse de la mort de son fils. • — 
« He ! las I que je suis ! » (c.-a-d. 
malheureux que je suis ! — Ce 
n'est qu'au quinzieme siecle que 
les deux mots se souderent, et 
qa'he'las devint inseparable. — En 
mgme temps, las perdait toute 
son energie primitive, et passait 
du sens de douleur a celui de 
fatigue ', comme cela est arrive 
pour les mots g6ne et ennui, qui 
signifiaient a Porigine tourment et 
haine. 

f Hrlcr, mot d'origine an- 
glaise, comme beaucoup d'autres 
termes de marine (anglais to hail, 
heler). 

Hellauthe, du L. helianthes 
(m. s. dans Pline). 

Hellce, du grec 2Xifc (spirale) . 

Hcllocentrlque, du grec fjXto; 
(soleil ) et xevtpov (centre). 

Helioscope, du grec fjXto; (so- 
seil) et axoneiv (examiner). 

Heliotrope, du L. heliotro- 
pium (tournesol). 

Hellenlqne, du grec dXXr,vixo; 
(reiatif aux Grecs). 

Hellenlste, du grec 2XXy)vigtiq; 
(qui parle la langue des Grecs). 

Helvetlque, du L. helveticus 
(m. s.). 

Hematite, du grec atfiauTYj; 
(qui est couleur de sang). 

Hematocele, du grec al\ia 
(sang) et x^Xyj (tumeur). 

Hematose, du grec aliiaxtam; 
(sanguification). 



Hematarle, du grec aljiaxov- 
pia (m. s.). 
Henilcyde, du L. hemicy- 

clium (amphitheatre). 

Hemlplegle, du grec ^tuwXii- 
#a (paralysie de la moitie du 
corps). 

Hemlptere, du grec 4) pi (demi) 
et OTspov (aile). 

Hemisphere, du L. hemi- 
sphaerium (m. s.). — D. hdmisphe- 
rique. 

He mistletoe, du L hemistx- 
chium (m. s.). 

Hemoptysle, du grec aljia 
(sang) etwr'/on (crachement). 

Hemorragle, du grec aljiof- 
pa-yta (eruption de sang). 

HemorrhoYdes, du grec al- 
(iopfo(8e; (m. s.). — D. hemor- 
rhoidal. 

Hemostatlque , du grec alpo* 
axaTixo; (m. s.). 

Hendecasyllabe, du grec Sv- 
oexa (onze) et avXXafrfj (syllabe) . 

Hetmir, du L. hinnire (hen- 
nir), par le cbangement de t en e 
(voy. admettre). — D. hennisse- 
ment. 

Hcpatlque, du grec Vjitottixo; 
(reiatif au foie). 

Hepatite, du grec VjnariTr,; 
(inflammation du foie). 

Heptacorde, du grec iwiyop- 
ooc (lyre a sept cordes). 

Heptagone, du grec i7rcdyci>- 
vo; (a sept angles). 

He raid I que, du L. du moyen 
age he raid icus (denv & de heraldus, 
voy. hiraut.) proprement Tart du 
heraut d'armes). 

Heraut) anciennement heralt, 
en espagnol heraldo, du L. du 
moyen age heraldus (heraut), sur 
al devenu au , voy. agneau. L'on- 
gine precise de heraldus est incon- 
nue. — D. du L. heraldus l'adjectif 
heraldicus (d'ou le francais Mralr 
diaue). 



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HER 



281 



h£r 



ierbac4, du L. herbaceus (de | 
eur d'herbe). I 

erbage, du L. herbaticum* 
ve de /urba herbe), par le chan- 1 
ent de aticum en aye (voy. ' 

Tet*6e 9 du L. heroa (m. s.)- — ; 

erbette, herboriser, herboriste. \ 
Fcf 6ew*,du L. herbosus (cou- j 

d'herbe). Sur o«i* devenu euap, 

amoureua;. 
fc»»6ief, du L. Zierbartum 

bier). Sur arium devenu ier, 

. drier. 

lerblrore, du L. herba (herbe) 

or are (manger). 

[erborlter, voy. her be. — D. 

torisation, herboriseur. 

lerborUte, voy. herbe. 

let-e, origineinconnue. 

lereoiiaire, du L. heredita- 

i (m. s.). 

leredlte 9 du L. hereditatem 

s.). Sur atero devenu 4 voy. 
4. 

lereftlarqae, du greo alpe- 
pxric (chef de secte). 
leresle, du grec atpiai; 
;te). 
rtretlqae , du L. hxreticus 

8.). 

VeVi«#et*, faire comme le 
iMon, de meme en italien ar- 
ziare (herisser) est un compose 
riccto (herisson); de erixo (he- 
jod), Pespagnol a tir6 le verbe 
tar (herisser). 

je francais h&ris*er ne vient pas 
ectement de htrisson , mais 
n du radical htriss.... dont hi- 
son est le diminutif. 
VeVtoon, anciennement M- 
on, a l'origine tricon, du L. 
cioncm* (diminutif de mct'u* 
•isson): 1* par le changement de 
, en co puis mo (voy. agencer); 
par r'addition d'un h (voy. en- 
WrJ. 
Heritage, voy. heritor. 



IfeVitfet*, en provencal heretar, 
en espagnol heredar, du L. Ziere- 
ditare (heriter de, clans Arnobe). 

lfere(dl)*are devenant heretare 
(voy . aceointer) , a donee heriter 
par le changement de e en t (voy. 
aeeompUr). — D. heritage, deshe"- 
liter. 

HeVittef , du L. hereditaria 
(heritier). Par le changement de 
heredit....en htrit.... voy. hiriter; 
pour celui de arms en ier, voy. 
dnter. 

Hermaphrodite, du L. her- 
maphroditus (m. s.). 

Hermeneutlqiie, du grec 4p- 
(jmvsuTtxo; (interpretatiO- 

Hermea, du grec 'Epjttj; Mer- 
cure. — D. herme'tique. Philoso- 
phic hermetique, celle qui s'oc- 
cupe de la recherche de la pierre 
philosophale (de Hermes Trisme- 
giste)- la science hermetique ou 
l'alchimie employait pour sceller 
les flacons un mode de fermeture 
dit sceau herme'tique (d'oule sens de 
l'adverbe hermitiquement ferme). 

Hermetique, voy. hermes.— 
D. hermttiquement. 

Hefmitte, anciennement er* 
mine , en espagnol armino, du L. 
armenius* (proprement fourrure 
d'Armenie, l'hermine ayant ete 
importee d'Armenie a Rome). 

Armenius adonne ermine par 
le changement : 1* de a ene (voy. 
acheter)\ 2° de e en i (voy. accom- 
plir). Ermine a donne hermine 
par la prosthese d'un h voy. enva- 
hir. — D. hermine'. 

Herntite, voy. ermite. Pour 
la prosthese de h, voy. envahir. 

— D. hermitage. 

Hernle, du L. hernia (m. s.). 

— D. herniaire. . 
HeroYne, du L. heroina (he- 
roine). 

HereVqne, du L. heroieus (he- 
roique. 



yGoogk 



HEU 



282 



HIE 



HeraYsme, voy. h&ros, 

Het*ott, voy. aigrette, — D. 
heronneau, heronnier , h4ron- 
nUre. 

Heros, duL. heros (biros).— 
D. heroxsme, 

He**e 9 anciennement herce, 
en italien erpice, du L. hirpicem 
(herse dans Varron) par la con- 
traction reguhere (voy. p. lxxxi) 
de hirpfficemen hirp'cem, hir'cem 
d'ou l'ancien francais fierce par le 
changement de i en e (voy. ad- 
mettre); sur le changement de 
fierce en Jierse, voy. amitU. — D. 
hersage, herser, herseur. 

Hesitation, du L. haesitatio- 
nem. 

Halter, du L. haesitare (hesi- 
ter). 

Heterocllte, du L. heterocli- 
tus (irregulier, dans Priscien). 

Heterodoxe, du grec ItepoSo- 
£o; (qui suit une autre doctrine).— 
D. he'te'rodoxie. 

Heterogene, du grec Irepo- 
Yev9jc (qui est d'une nature diffe- 
rente}.— D. he't&rogdnettd. 

Hetfe, anciennement totre, 
mot d'origine germanique (bas 
allemand /tester, hdtre). Sur la 
chute de *, voy. abime. 

Hetft*, anciennement eur> aur, 
(chance heureuse oumalheureuse, 
presage), — en provencal agur 
en italien augurio du L. augu- 
rium (presage , puis chance bonne 
ou mauvaise). 

liigurium se reduisant a agu- 
rium ( comme auscultare etait 
di}k ascultare chez les Romains, 
voy. p. cv) ? a[g)urium par la chute 
du g medial (voy. oilier) donna 
Pancien francais a-ur; aur adou- 
cissant a en e -(voy. acheter) de- 
vint eur puis eur d'ou la forme 
raoderne /leurpar la prosthese d'un 
h (voy. envahir). 

les savants qui ont tire heur de 



hora ont commis une grosse er- 
reur parce que hora ne pouvait 
donner et n'a donne qu'un mono- 
syllabe {heure) termine par un e 
correspondant a Ya final du mot 
latin ; le mot eur, avr ne peut ve- 
nir de hora puisqu'il est dissylla- 
bique et termine par une con- 
sonne. — IX bonne ur; maZheur; 
heureui. 

Hetffe , du L. hora (heure) 
par le changement de o en eu (voy. 
accueillir). 

Heuvcuac, voy. heur. 

Heur ter, origme inconnue. — 
D. heurt (substantif verbal), heur- 
toir. 

HexaMre, du grec 1% (six) et 
SSpa (base). 

Hexagone, du L. hexagonus 
(m. s. dans Columelle). 

Hexametre , du L k hexametrus 
(m. s.). 

Hiatus , du L. hiatus (rencon- 
tre de voyeiles). 

Hibou , origine inconnue. 

f Hidalgo, de l'espagnol hi- 
dalgo (m. s.). 

Hidettac , ancien francais his- 
deux, du L. hupidosus' herisse 
dans Catulle. Le sens originaire 
est encore visible dans ce vers de 
Dubellay: « Sur V autre sont les 
murs vieux, hideux de ronces et 
d'hierre [de lierre]. •> 

Hisp[i)d6sus , contracte regulie- 
ment en hisp'dosus (voy. accoin- 
ter) , a donne hisdeux par le chan- 
gement de pd en d qu'on retrouve 
dans : tieoe (tep'dus), maussade 
(male sap'dus), fade (vap'dus *), 
etourdir (extorp'dire). Sur hisdeux 
devenu hideux , voy. abime. 

Hie, mot d'origine germanique 
(neerlandais hei } hie). 

Hieble, anciennement tible, 
du L. ebulum (hieble) par la con- 
traction reguliere (voy. p. lxxu) 
de eb(il)lum en eVlum d'ou iible 



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HIV 



283 



HOM 



le changement de e en ie (voy. 
Ore) puis hieble par la pros- 
se de n (voy. envahir). 
fiet*, du L. fieri (hier) par le 
Dgement de e en ie (voy. ar- 
•e). 

Herarchle, du L. hierarchta 
s.). — D. hitrarchique. 
Heratlque , du grec tepari- 
(divin). 

Ueroglyphe, du grec Ifpos 
;re) et yXvfw (graver). — D. 

Ulartte, du L. hilaritatem 

s.). Sur arcm devenu 4 voy. 
&. 

Ilpplatrlque , du grec tiraia- 
r\ (art de guenr les chevaux). 
lipplqne , du grec Imctxoc 
i concerne le cheval). 
ilppodrome , du grec tewo- 
ulo; (m. s.). 
lippogrlffe, cheval griffon; 

hybride compose du grec fa- 

( cheval) et du L. gryphus 
ffon), 

[lppopotame , du grec Imco- 
tfio; (m. s.). 

rit«otuf effe, du I*, hirundo 
Dndelle) et du suffize diminutif 
; sur le changement de u en o, 

annoncer. 
lisser, mot d'origine germa- 

(allemand /imen hisser). 
r i#toit*e, du L. historia (his- 
par la transposition de i 

. c/ianotne). — D- historier, 

yrien, historiette, historial. 

istorien, voy. histoire. 

Utoriette, voy. histoire. 

Utorlographe, du grec tcrco- 

jaqpo; (m. S.). 

Utorlque , du L. historicus 

3.). 

lAtrion, du L. histrionem 

edien). 

ivew , anciennement trern, 

.. hifcerntts (hiver dansTertul- 

et dans Solin) par le change- 



ment: 1° de b en v (voy. avant) ; 
2° de rn final en r (voy. aubour). 

Hfoet*ttaf, du L. hibernalis 
(m. s.). Sur b devenu v, voy. 
avant 

Jfivetttef, du L. htbernare 
(m.s.). Sur & devenu r, voy. avant. 
— D. hxvernage. 

Jfofret^otf, proprement petit 
faucon ; hobereau est le diminutif 
de rancienfrancais/wfte (petit oi- 
seau de proie) qui est aborigine 
germanique (anglais hobby, petit 
vautour). 

HocJkegtcewe, voy. hoche et 

HocAet* 9 anciennement Ao- 
c/itcr, hocier, hossier, mot d'ori- 
gine germanique (flamand Ziotsen, 
secouer). — D. hochet. 

Hoehetj voy. hocher, 

Hoif, du L. heres (hentier' 
par le changement de e en ot (voy 
aceroire). — D. hoirie. 

Hola I interjection, compose de 
ho! etdeid/ 

Holoeauate , du grec : 6X6- 
xau<rcov (holocauste). 

Halographe , du grec dXoypot- 
90c (qui est ecrit en entier de la 
main du testateur). 

Homancf, anciennement ho- 
mar , mot d'origine germanique 
(danois hommer homard). 

f Honibre , de l'espagnol hom- 
bre (hombre). 

Honielle , du grec dpuXta (en- 
tretien). 

Homeopathic, du grec 8(jloioc 
(semblable) et itaOo? (affection). 

Homicide , du L. homicidium 
(m. s.). 

Hommoge, en provencal ho- 
menatge, du L. hominaticum * 
(hommage) dans les teztes latins 
du moyen age. Hominaticum au 
sens d'hommage feodal est dans un 
testament de 1035 : « Volo ergo et 
mando ut jam dicta ecclesia de 



y Google 



HON 



284 



HOR 



Molig teneat earn Bernardus per 
rnanum praedicti filii mei Beren- 
garii, et per suum donum et ha- 
beat inde hominaticum. » 

Hom(f)naticum contracts, sui- 
vant la regie (voy. accointer) en 
hom'naticum a donne hommage 
par le changement : 1° de aticum 
en age (voy. dge) ; 2° de mn en 
mm (voy. allumer). 

Hom*na»se , voy. homme. 

Homwne , du L. hominem 
(horn me) par la contraction regu- 
liere (voy. p. lxxxi) en hom'nem , 
d'ou homme par l'assimilation de 
mn en mm (voy. allumer). — D. 
hommasse. 

Homoeentrlque, du grec 6fi6- 
xsvtpo; (qui aun centre commun). 

Honiogene , du grec 6p.o- 
yevYi? (de la mfime espece). — D. 
homoge'netti. 

Homoloffue , du grec djio- 
>6yo; (analogue). — D. homolo- 
guer, homologation. 

Homrayme, du grec 6fxw- 
vu|ao<; (qui a le meme nom). — D. 
homonymie. 

Honchet, voy. jonehets. 

Hongre, mot d'origine histori- 
que (voy. p. LXiv)signinantpropre- 
ment kongroi*. Jusqu'au seizieme 
siecle, les habitants de la Hongrie 
furent appeles nou Hongrois, mais 
Hongres. (Les chevaux hongres 
etaient a l'origine importes de Hon- 
grie). 

Homtefe, du L. honestus 
(honnete) par la chute de s (voyez 
abime) et le changement de n en 
nn (voy. ennemi). — D. honnete- 
ment f nonnitete". 

Honneuw , du L. honor (hon- 
neur) par le chan^emenf- 1° de o 
en eu (voy. accueiUir) ; 2° de n en 
nn (voy. ennemi). 

Honnir, anciennement honir, 
mot d'origine germanique (ancien 
haut allemand honjan, bonoir)* 



; Honorable, du L. honorabHit 

(m. s.). 

Honoralre , du L. honorarius 
(honorifique). 

I Houoralres, du L. honorarium 
(honoraires). 

Honerer, du L. honorare (ho- 
norer). 

Houorlflqne, du L. honorificut, 
j (honorable). 

ffotttfe, en< italien onta, mot 
d'origine germanique (vieux saxon 
honda y honte, deshonneur). — D. 
1 honteux, thorite. 

Honteux, voy. honte. 

Hdpltal , anciennement hos- 
pital, du L. hospitale (lieu hos- 
pitaller, hdpital dans la basse lati- 
nite). 

Hoquet, onomatopee (voyez 

p. LXV). 

Hoqweton, ancienn. hauque- 
ton. auqueton (casaque et aussi 
etoffe, qui est le sens etymologi- 
que), a l'origine alqueton, en es- 
pagnol alcoton. Ce mot est d'ori- 
gine orientale et derive de Tarabe 
dlrqdton (etoffe ouatee). 

Horaire, du L. horarius (d'une 
heure). 

t Horde, mot d'origine slave 
(voy. p. lix). 

Jiofiott, origine inconnue, 

Horizon, duL. horizon (m.s.). 
— D. horizontal. 

Horizontal, voy. horizon. 

Horfojye, du L. horologium 
(clepsydre).Pour la chute reguliere 
de o en hor{$)logxum, voy. ac- 
cointer. — D. horloger , horlo- 
gerie. 

Hormlu , du L. horminum 
(hormin). 

HotnwtU (vieux francais Jwrs- 
mis c'est-a-dire mis hors. Dans cette 
locution , le participe mis (missus) 
etait variable*, on disait au trei- 
zieme siecle : « Cet homme a perdu 
tous ses enfants, hors mise sa 



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HOT 



285 



HOU 



fille. • Au qqinzieme siecle le, par- 
ticipe mis s'est soude a la particule 
hors et la locution hors mis est 
devenue a son tour une preposi- 
tion. 

Pour l'Stymologie , voy. aux 
mots hors et mis. 

Horoscope , du L. horoscopus 
(horoscope). 

Hoiretft*, du L. horrorem 
(horreur). Sur o devenu eu. voyez 
accueiUir. 

Horrible , du L . horribilis 
(m. s.). 

Horrlflque, du L. horrificus 
(affreux). 

Horripilation, du L. horripi- 
lationem (m. s.). 

Ho**s, anciennement fors, du 
L. foras (hors). Par le changement 
tres-insolite de f initial en h (voy. 
haras et hardes). — D. hormis. 

Hertlcole , du L, horticola 
(jardinier dans Isidore de Seville). 

Hertlculteur , mot forge a 
Faide des deux mots latins hortus 
(jardin) et cultor (qui cultive). 

Horticulture, mot forge a 
l'aide des deux mots latins hortus 
(jardin) et cultura (culture). 

Hospice , du L. hospitium 
(lieu oil Ton donne Phospitalite) . 

Hospitaller, du L. hospitala- 
rius * (m. s.). 

Hespltallte, du L. hospitali- 
tatem (m. s.). 

Hostle , du L. hostia (propre- 
mentvictime). 

Hostile, du L. hostilis (m . -s. ) . 

Hostlllte, du L. hostilitatem 
(m. s). 

Hole, anciennement hoste, en 
portugais hospede, du L. hospitem 
(hdte) par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi) de hospitem en 
hosp'tem ; par la reduction de pt a 
I (voy. acheter), d'ou hoste, puis 
h6te j^voy. abime) . 

Hotel, anciennement hostel- 



en espagnol hostal, du L. hospi- 
tals (hotel, maison, palais, dans la 
latinite du moyen age : < actum 
apud hospital e juxta Corbolium, 
anno Domini mccxlui », lit-ondans 
une ordonnance de saint Louis. 

Hosp{i)tale contract^ suivant la 
regie (voy. accointer) en hosp'tale 
a donne hostel par la reduction de 
ptk t (voy. acheter) , et le chan- 
gement de a en e (voy. ach?ter, 
puis hdtel par la chute de s (\^yez 
abime). — D. hdtelier, Mtellerie. 

Hotte, mot d'origine germani- 
que (allemand Suisse hotte, hotte). 

Houbton , diminutif a'un ra- 
dical houble *, qui est le L. du 
moyen age hupulus * derive de 
huva (houblon, dans les textes de 
la basse latinite: Huparum hortus 
dit une chronique du moyen age ; 
hupa est d'origine germanique e*. 
repond au neerlandais hop, hou- 
blon. 

Hupulus a donne houble* par 
la contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) en hup'lus et parle chart • 
gement de p en b (voy. arriver) . 
— D. houblonniere. 

Home , dans le patois de Namur 
houve } mot d'origine germanique 
(anglais hoe, moyen haut allemand 
houwe, houe). — D. de Pancienne 
forme hoe, le diminutif hoel, puis 
hoy ef (pour adoucir l'hiatus, voyez 
p. lxxxix) ; hoyel est devenu hoy an 
par 1 adoucissement de el en au 
(voy. agneau). 

Jfottiffe, origineinconnue. — 
D. houilUre, 

Houfe, ce mot, qui signifie va- 
gue au seizieme siecle, est d'origine 
celtique (breton houl, vague; kymr . 
hoeval, houle). — D« houleux. 

Houlette, duL agolum (hou- 
lette de berger dans Festus) par 
un diminutif a(g)oletta* qui per- 
dant le g medial (voy accointer), 
donne a-olette puis a-ouletle par 



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HOU 



286 



HUI 



le changement de oenou (voyez 
affouage) ; aoulette est devenu ou- 
lette. comme aoncte de a(v)unclus* 
est aevenu oncle. — Pour la pros- 
these de h, voy. envahir. 

Jfo«*j»pe, voy. huppe. 

Houppelande , mot que Ton 
trouve des les premieres anneesdu 
quatorzieme siecle, et dont l'ori- 
gine est inconnue. 

Hourder, a l'origine fortifier 
a l'aide de treillis, declaies, mot 
d'origine germanique (allemand 
hurde, claie). 

HotMeatt, anciennement hour 
sel (sur el devenu eau, voy. agneau). 
Housel estun diminutif del'ancien 
francais house (botte) qui vient du 
L. du moyen age hosa (botte ; ce 
mot est d'origine germanique et 
repond a l'ancien haut allemand 
hosa chausse). Sur le changement 
de hosa en house voy. affouage. 

Houspiiler , ongine incon- 
nue. 

HotM#e, anciennement houce, 
du L. du moyen age hultia* (qui 
est un derive de l'ancien haut alle- 
mand JiuMcouverture, enveloppe). 

Hultia a donne houce par le 
changement: 1° de ha en ce 
(voy. agencer)\ 2° de ul en ol puis 
ou (voy. agneau). Sur houce de- 
venu housse, voy. aflfcncer. 

HbM«*ifte, voy. /w)u#. 

Housfoir , voy houa?. 

Homjc, anciennement /ious, a 
l'origine flirt* *^ mot d'origine ger- 
manique ancien haut allemand 
huliXy arbrisseau epineux). HiXl{i)z 
contracts* en huv%> donne hols 
par le changement de ul en ol 
\voy. agneau et annoncer); fcofc 
donne /mws par l'adoucissement 
de ol en ou (voy. agneau) , puis 
/ioux parle changement de s en x 
(voy. deuo;). — D. houssine (pro- 
. prement branche de houx) , /wtw- 



Howcro , voy. houe. 
Jfwcfce, du L. hutica* (huche, 
dans la latinite du moyen age : 
« Quadam cista, vu'yo hutica dicta, 
quantitate magnitudinis ampla.... 
annonx plena, » dit un texte cite 
par Ducange. L'origine de hutica 
est inconnue). 

Hut(l)ca contracte suivant la re- 
gie (voy. p. lxxxi) en hut'ca a 
donne huche par la reduction de 
tc a c (voy. p. c) , et par le chan- 
i gement de ca en che (voy. achat- 
! net et acheter). 

Httchev, appeler, en provencal 
' hucar, derive 1 du L. huccus* (cri 
1 d'appel, dans les textes latins du 
moyen age : « Qui ad ipsos huccos 
! cucurrerunty »lit-ondans uneFor- 
! mule publieepar Sirmond num. 30. 
j Huccus est une exclamation den- 
I vee de hue, id), 

| Huccus a donne* un verbe hue- 

i care* qui est devenu hucher par 

le changement de cca en che 

(voy. acheter). — D. huchet. 

HMchet , voy hucher. 

Hue, onomatopee, voy. p.LXV. 

— D. huer. 
Jfuef, voy. hue, 
Jfugwetto*, ongine inconnue. 

— D. huguenotisme. 

Htrf, anciennement hoi, en es- 

Sagnol hoy, du L hodie (aujour- 
'hui), par le changement de odi 
en oi puis ui (voy. appuyer, huile 
et alouette). 

Huile, anciennement uile, a 
1'origine otle, en espagnol olio, du 
L. oleum (huile) par le change- 
ment r6gulier (voy. abriger) de 
oleum en oluim; oiium donne oik 
par la transposition de l't (voyez 
chanoine) : pour le changement de 
otle en uile, voy. cuider; pour la 
prosthese de h, voy, envahir. — 
D. huiler 7 huileux, huilier, huile- 
rie. 

Hui* , anciennement uis, en 



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HUM 



287 



HUP 



italien uscio, du L. ostium (porte), 
par l'attraction de Yi (ostium donne 
oistum*); et par la reduction de 
st a t comme dans dispos de dis- 
po5 ? tus,etc.... Pour le changement 
de oi en ui voy. cuider ; pour la 
prosthese de h, voy, envahir. — 
D. huissier (proprement celui qui 
garde la porte, Yhuis), huisserie 

Httis clot , voy. huis et clos. 

Huis*iew, voy. huis. 

Hwit , anciennement uit, a Fo- 
ri gine oit, en portugais oito, en 
italien otto, du L. octo (huit) ; pour 
le changement de oct en oit voyez 
attrait; pour celui de oit en uit, 
voy. attrait et cuider; pour la 
prosthese de h x voy. enra/iir. — 
D. huitain, huitaine. 

Httitietne, anciennement /wi- 
tiesme, du L. octesimus * (huitieme) 
par la contraction reguliere (voyez 
p. lxxxi) de octesimus en odes'- 
mus, d'ou huitiesme par le chan- 
gement* 1° de oct.. .. en /mt't. , 
(voy. /wit) ; 2° de e en ie (voy. ar- 
riere). Huitiesme* donne huitieme 
par la chute de s (voy. odimc). — 
D. huitiemement 

Httitre, anciennement uistre, 
a l'origine oistre, du L. ostrea 
(hultre) par le changement regu- 
lier de ostrea en ostria (voy. abre"- 
ger), d'ou oistre par l'attraction de 
i (voy. c?ianoine), puis uistre par 
le changement de ox en wi (voyez 
cuider), huistre par la prosthese 
de h (voy. enra/iir); sur la chute 
de s, voy. abime. — D. huitrier, 
huitriere. 

HuloUe, espece de chouette, 
diminutif d'un radical hule*, qui 
represente le L. ulula (chouette) 
par la contraction reguliere (voyez 
p. lxxxi) de ul(H)la en uVla d'ou 
ulle puis hulle par la prosthese de 
h (voy. envahir). 

Humaln, du L. humanu* (*&• 
s.) . Sur anus devenu ain, voyez 



ancien. — D. humaniser, huma- 
niste. 

Humanity, du L. humanita- 
tern (m. s,). 

Humble, du L. humilis (hum- 
ble) par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi) de humflflis en 
hum'Us, d'ou humble par le chan- 

§ement de ml en mbl (voy. absou- 
re). 

Humectatlon, du L. humec- 
tationem (m. s,). 

Huniecter, du L. humectare 
(m. s.). 

lluMtef, origine inconnue. 

Humerus, du L. humerus 
(epaule). — D. humeral, 

Humeur, du L. humorem (hu- 
meur). Sur o devenu eu, voy. oc- 
cueillir. — D. humoral. 

Humlde, du L. ftumidus (hu- 
mide). 

Ham Id lie, du L. humidita- 
tem* (m s.). Sur atem devenu 4. 
voy abbe'. 

Humiliation, du L. humilia* 
tionem (action de s'humilier). 

Humlller, du L. humiliare 
(m. s.). 

Humlllte, du L. humilitatem 
(modestie). 

Humorlste, deriv6 du L. hu- 
mor (humeur). 

f Humour, de l'anglais hu- 
mour (gaiet6). — D. humoristique. 

Humus, du L. humus (terre), 

Jfune, mot d'origine germani- 
que (anglo-saxon hun, hune). — 
D. hunter. 

Huppe, enprovencalupa, en 
italien upupa (huppe) *par la con- 
traction reguliere (voy. p. lxxxi) 
de up(u)pa en up'pa d ou hupe 
par la prosthese de h (voy. ent?a- 
hir). — D. huppe" (proprement qui 
a une huppe sur la tSte). Une va- 
riety dialectale de huppe est houppe 
(suru devenu ou, voy. affouage). 

Huppe, voy. huppe. 



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HYD 



288 



HYP 



Ifufe, origine inconnue. 

Hurter, anciennement/iuttir, 
a l'origine uller, du L. ululare 
(hurler) par la contraction regu- 
liere (voy. accointer) de ul{H)lare 
en ul'lare, d'ou l'ancien francais 
uller qui devient huller par" la 
prosthese de h (voy. envahir), puis 
nurler par le changement de * en 
r (voy. apdtre). — D. hurlement. 

Hurluberlu , origine incon- 
nue. 

f HusMrd, mot d'origine hon- 
groise (voy. p. lix). 

Huttfe, mot d'origine germa- 
nique (allemand Jiufte, hutte). — 
D. hutter. 

Hyaclnthe, du L. hyacinthus 
(m. s. dans Pline). 

Hyades, du L. hyades (m. s,). 

Hybrlde,duL hybrida (m.s.). 

Hydrate, derive de v8wp (eau). 

Hydrauilque, du L hydrauli- 
cus (in. s. dans Pline). 

Hydre, du L. hydra (m. s.). 

Hydrocephale, du grec 68po- 
xe'<paXov (hydropisie de la tfite). 

Hydrodyuamlque , du grec 
(JScop (eau) et Suvajii; (puissance). 

Hydrogene, mot forge en 1776, 
par Cavendish, du grec SSwp (eau) 
et yevo; (naissance). 

Hydrographe, du grec u5cop 
(eau) et ypdupeiv (ecrire). — D. hy- 
drographie, hydrographique. 

Hydroloffte, du grec uotop (eau) 
et Xoyo; (discours) . 

Hydromel, du L. hydromeli 
(m. s. dans Pline). 

Hydrometre, du grec u5o>p 
(eau) et jietpov (mesure). — D./iy- 
dromitrie. 

Hydrophobe, du L. hydropho- 
bic (m. 8. dans Pline). — D. /iy- 
drophobie. 

Hydroplqne, du L. hydropi- 
cus (m. s). 

Hydroplale , du L. hydropisis 
'm. s.). 



Hydrooeope, du grec OSpo- 
ffxouo; (celui qui recherche les 
sources). — D. hydroscopic 

Hydrostatlque , compose de 
hydro, correspondant au grec uowp 
(eau) et statique (voy. ce mot) . 

Hycne, du grec uowva (m. s.) , 

Hygiene, du grec Oytevo; (qui 
contribue a la sante), — - D. hygti- 
nique. 

Hygrometre, du grec Oypo; 
(humide) et {xetpov (mesure. — D. 
hygrome'trie , hygromitrique 

Hymen, du L.* hymen (m. s.). 

Hynienee, du L. hymenaeus 
(m. s.). 

Hymenopteres, du grec uu^v 
(membrane) et rc-repov (aiie). 

Hymne, du L. hymnus (m. s.). 

HyoYde, du grec voeiSe; (os 
du cou, semblable aun y). 

Hypallage, du L. hypallage 
(m. s.). 

Hyperbole , du L. hyperbola 
(m. s.). — D. hyperbolique. 

Hyperboree, du L. hyperbo- 
reus (septentrional). — D hyper- 
bor4en. 

Hypethre, du grec GwaiOpoc 
(sous un ciel serein). 

Hypnotlque, du grec Ottvwti- 
x6; (soporifique). — D. hypnotisme, 

Hypocondre, du L. hypocon- 
dria (m. s. dans Priscien). — D. 
hypocondrie. 

Hypocondrie, voy. hypocon- 
dre. — D. hypocondriaque. 

Hypocras, corruption du L. 
hippocraticum (tritium, hypocras). 

Hypocrlsle, du L. hypocrisis 
(hypocrisie, dans saint Jerdme). 

Hypocrite , du L. hypocrita 
(hypocrite, dans saint Jerdme). 

Hypo gas tre, du grec Oicoydff- 
Tpiov (m. s.) . — D hypogastrtque. 

Hypogee, du L. hypogeum 
(cave, dans Isidore de Seville). 

Hypos tase, du L. hypostasis 
Substance, dans saint Jerome) * 



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IDE 



IGN 



Hypotenuoe, du grec toorst- 
vouaot (lignesous-tendante). 

Hypothecate, du L. hypothe- 
carius (m. ».)• 

Hypotheque, duL. hypotheca 
(m. s.). — D. frypottegtter. 

Hypothec, du L. hypothe- 
sis (m. s.). 

Hypothetlqne, du L. hypo- 



theticut (conditioonel dans Cassio 
dore). 

Hypotypoae, du grec tmorv- 
Kbxric (image). 

Hysope, duL. hyssopum (m.s. 
dans Pline). 

Hysteric, du L. fry*feria*(m. s.) 

Hy»terlqae, du L. hystericus 
(m. s. dans Martial). 



1 



lamfee, du L.tambus (iambe). 

lamblqae , du L. iarofcicus 
(m. s.). 

Ibis, du L. ibis (m. s.). 

feel, voy. ce. 

feeftti, voy. ce. 

iehneamon, du L. ichneumon 
(rat dTEgypte). 

ichthyologle, du grec Ixfao- 
XoYia (qui traite des poissons). — 
D. ichtyologique, ichthyologiste. 

Ichthyophage, du grec tx^uo- 
^dyo: (qui se nourrit de poisson). 

JTd, voy. ce. — D. ci. 

Icenoclaate, du grec sixovo- 
x>.dffX7i; (briseur d'images). 

leaner raphle, du L. icono- 
graphia (art du dessin). — D. ico- 
nographe, iconographique. 

iconolatre, du grec eixcov 
(image) et XdTprjc (adorateur). — 
D. iconoldtrie. 

leonologle, du grec elxovo- 
Aoyia (explication des images). 

Ideal, du L. idealis (m. s.V — 
D. ide'alisme , idealiste, idtali- 
ser. 

idee, du L. idea (idee). 

Idem , du L. idem (la meme 
chose). 

identlque, du L. scolastique 



identicus* (derive* de idem, voy. ce 
mot), 

Identlte , du L. identitatem 
(deriv6 de idem, voy. identique). 

ideologic, du grec idea (idee) 
et >6yo; (discours) . — D. ide'oiogue, 
ide'ologique. 

idlome, du L. idioma (idio- 
tisme, terme de grammaire). 

idiot, du L. idiota (ignorant). 

idlotlome, du L. idiotismus 
(locution familiere). 

idelatre (m. s.), du L. idolatra. 

— D. idoldtrer. 

idolatrle, du L. idolatria 
(m. s). 

idole, du L. idolum (idole). 

Idylle, du L. idyllium (poeme 
pastoral). — D. idyllique. 

If, en espagnol iva, mot d'ori- 
gine germanioue (ancien haut al- 
lemand iwa, if.). Sur v devenu f, 
voy. bceuf. 

■gnare, du L. ignarus (igno- 
rant) . 

■gne, du L. igneus (enflamme). 

— D. tgnicole. 

Ignition* du L. ignitionem*, 
derive de ignitus (enflamme) . 
Ignoble, du L. ignobilis (ab- 
J ject). 

11 



y Google 



ILO 



290 



IMM 



Ignomlnle, du L. ignominia 

(ignominie). 

Ignomlnleux, du L. ignomi- 
niosus (m. s.). Pourle change ment 
de osus en eux voy. amour eux. 

ignorance, du L. ignorantia 
(m. s.). 

Ignorant, du L. ignorantem 
(qui ne sait pas). — D. ignoran- 
tm. 

ignorer , du L. ignorare 
(m.s.). 

W, du L. Me (celui-la). 

##e, anciennement isle, enpro- 
vencal isla, du L. insula (lie) par 
la contraction reguliere (voy. lxxxi) 
de tns(tl)ia en ins'la d'ou isle par 
la reduction de ns a s (voy. aine) , 
puis tie par la chute de s (voy. 



'e 
if 
participial) , illuminisme. 

Illusion, duL. illusionem (mo- 
querie). — D. illusionner. 

Illuselre, du L. jllusorius* 
(illusoire), 

Illustration, du L. illustra- 
tionem (action oYeclairer). 

Illustre, du L. illustris (illus- 
tre). 

Hlustrer, du L. illustrare (il 
lustrer). 

Illustrlsslnie, du L. illustris- 
•imus Ge plus illustre). 



f lot, voy. He. 

Hete, du L. ilotae (esclaves a 
Sparte). — D. ilotisme. 

Image, du L. tmogtnem 
(image). Sur la chute des deux 
dernieres syllabes atones, voy. p. 
lxxxi.— D. imager, imagier, fmo- 
gerie. 

Imaginable, du L. imagina- 
bilis* (m. s.). — D. inimaginable. 

■maglnalre , du L. imagina- 
rius (imaginaire). 

Imaglnatlf, du L. imaginati- 
Wis* (m. s.). — D. imaginative. 

Imagination, du L. imagv- 
nationem (meditation, pens£e). 

Imaglner, du. L. imaginari 
(s'imaginer). 

Imbecile , du L. imbecUlus 
(faible d'esprit). 

ImbecllUte, du L. imbecillic 
totem (faiblessej. 

Imberbe, du L. imberbis (im- 
berbe) 

imbiber, du L. imbiber* 
(s'impregner). — D. imbibition. ' 

inibrlqu£, du'L. imbricatus 
(m.s.). * 

f imbroglio , venu au set- 
zieme siecle de l'ftalien imbroglio 
(embrouillemerit). 

Imbu, du L. imbutus (imbu). 
Sur utus deyenn u, voy. aigu. 

unliable, du L. imitabilis 
(m.s). 

Imltateur, du L. imitatorem 
(m. s.). 

Imitation, du L imitationem 
(m.s.V 

Imlter, du L. imitari (m* s.). 
— D. imitatif. 

I m macule, du L. immacuU** 
tus (m. s.). 

Immanent, du L. immanent 
tern (qui reside dans). 

immangeable, voyez mon- 
ger. 

imuianquable, voyez man* 
quer. 



yGoOgl 



• 



IMM 



291 



IMP 



Immattrlallte, voy. ymma- 

tiriel. 

immaterlel, du £. immate- 
rialti (ro. *.). — D. immatiria- 
W. 

Immatricple, de tro poyrtn 
(dans), et matricule. — D. imrm- 
tricuier y imrqatricvlation. 

jmmedlat, du L. tmtnedta- 

fu* * (m. s.). — D. immidiate- 

ment. 

immemorial, ypyez mimoire. 

Immense, du L. immensus 

(deraesurg). 

Immenslte, du L. immensita- 
tem(rq. $.). 

Immerger, du L. iwwergere 
(m. s.). 
Immerlte, voy. meritex. 
Immersion, du L. tmmecsio- 
nem (m. s.). 

Immeuble (bien), du L. tro- 
nobilis (qui est au sens d'immeu- 
>le daqs le Djgeste, res tmwthites). 
ur mobilis devenu meutye, voy. 
teuble 

immloenfe, du L. imminen- 
ce (m- s.). 

imminent, du L. imminentem 
\ui menace). 

Im ml seer, du L. immiscere 
mm i seer). 

immtxtlon, du L. immixtio- 
m (m. s.) 

Immobile, du L. immobilis 
ji ne peut Gtre, pqu). — D. im- 
)biliser, immobilisation. 
imnipblllfc?., du L. imrnqpili- 
em (irppftobiht^). 
[mmodere, du L. immodera- 

(tn. s.). 
[mmodegte t duL. immodesties 
i est sans retenue). 
mmo^l^afte, flu L. immodes- 
(eyceVs). 

■nmola}t|pn, (lu L. immola- 
em (m. s.J. 

mija«li^£, du L. immolare 
s ). 



Immontfe) du L. immundus 

(m.s.). 

Immomflc?, du L. tmmundi- 
tia (m. s.). 

immoral , voy. moral. — D. 
immqralitt- 

Immortallser, voy. immor- 
U\. 

Immortallte, du L. immorta- 
litatem (m. s.). 

Immortel, du L. immortalis 
(m. s.). — D. immortaliser, im- 
mortelle. 

Immnable, du h. immutabilit 
(qui ne change point). Pour le 
changement de mutabilis. en mua- 
We, voy. muer. 

Immanlte, du L. immunita- 
tem(m. s.). 

Immutability, du U iifymttfa- 
bilitatem (m. s.). 

Impair, voy. pair. 

impalpable, du I*, impqfa*- 
bilis * (m. s.). 

Impardonnabje, ypy. par- 
donner, 

J. ImparfaU (adj.), <ta I. tm- 
perfectus (m. s.), voy. parfa\t. 

2. Imparfa|t, du L. imper fac- 
tum (m. s.), voy. pqrfait* 

impartageable , voy. party- 
ger. 

impartial, voy. partial. — - Q. 
impartiality. 

impasse, voy. passe, 

W&utfatem (in. s.). 

impassible, du L. xmpassit^r, 
lis (m. s.). 

impatience, du L. impatien- 
Ii4(m.«.). 

impatient, du L. impattentem 
(gui ne peut souffrir). — D. impo- 
rter. 

Imnf|tf enter, voy. impatient, 

impatronlser, voy. patron. 

Unpayable, voy. payer. 

■mpeccablllte, du L. impet- 
caouitatem * (m. s.). 



y Google 



IMP 



292 



IMP 



impeccable , du L. impecca- 
bilis (m. s.). 

Impenetrable, du L. impene- 
trabilis (m. s.) — D. impe'ne'trabi- 

m. 

Impenitence, du L. impcenir 

tentia (m. s.). 

Impenitent, du L. impceni- 
tentem (m. s.). 

1. imperatir, du L. impera- 
tive (m. s.) 

2. Imperatir (subst.), du L. 
imperativus (modus, qui exprime 
le commandement). 

Imperatrlee, du L. impera- 
tricem (m. s.). 

imperceptible, voy. percep- 
tible. 

imperdable, voy. perdre. 

imperfection, du L. imper- 
fp.ctionem (m. s. dans saint Augus- 
tin). 

imperf oration, voy. perfora- 
tion. 

imperial, du L. imperialis 
(m. s.). 

■mperleax, du L. tmpertosus 
(qui commande). Sur osua devenu 
euxy voy. amour eux. 

imperlaeable, voy. piris- 
sable. 

Imperltle, du L. imperitia 
(m. s.). 

impermeablllte, voy. per- 
miabilixi. 

impermeable, voy. permiable. 

imperaonnel, du L. imperso- 
nalis (m. s.). 

impertinence, voy. imperti- 
nent. 

impertinent, du L imperti- 
nentem (qui n'a pas le droit). — 
D. impertinence. 

Imperturbable, du L. imper- 
turbabilis (m. s.). — D. impertur- 
bability. 

impetraut, voy. impe'trer. 

inipetratlon, du L. impetra- 
ftonero(obtention). 



impetrer, du L. impeirare 
(obtenir). — D. impe'trant (sub- 
stantif participal). 

Impetueux, du L impetuo- 
sus w (m. s). 

impetuoolte, du L. impetuo- 
sitatetn * (m. s.). 

Imple, du L. impius (m. s.). 

Implete, du L. impietatem 
(m. s ). 

impltoyable, voy. pitoyable. 

Implacable, du L. implaca- 
bilis (m. s.).— D. implacability. 

Implantation, voy. implan- 
ter. 

Implanter, voy. planter.— D. 
implantation. 

Implexe, du L. implexus (en- 
trelace). 

Implication, du L. implica- 
tionem (entrelacement). 

impllclte, du L. implicitus 
(implique). 

impllqner, du L. implicarc 
(impliquer). 

implorer, du L. implorare 
(m. s.). 

impoll, du L. impolitus (qui 
n'est pas poli). 

impolltesoe, voy. politesse. 

Impolltlqne, voy. politique. 

imponderable, voy. pondi* 
rdble. 

Impopnlalre, voy. popu- 
late. 

impopnlarlte, voy. popula- 
rity. 

Importance, voy. important. 

Important, voy. importer 2. 
— D. importance. 

importation , voy- impor- 
ter 1. 

1. importer, du L. importare 
(m. s.). — D. importation. 
. 2. importer , du L. importare 
(m. s .). — D. important. 

Importun , du L. impotfunus 
(importun). — D. importuner. 

importuner, voy. importun. 



y Google 



IMP 



293 



IMP 



importunity, du L. importu- 
nitatem (m. s.). 

Imposable, voy. imposer. 

Impoier, voy. poser, — D. 
imposable, imposant. 

Imposition , du L. impositio- 
ns (action* de mettre sur). 

Impossibility, du L. impos- 
sibilitatem (manque de puissance). 

Impossible, du L. impossibi- 
lis (m. s.). * 

f imposte, de l'italien imposta 
(imposte). 

imposteor ? du L. impostor 
(m. s. dans Ulpien). 

Imposture ? du L. impostura 
(m. s. dans Ulpien). 

ImpSt, anciennement impost, 
du L. impositus* (imposition dans 
lalatinit6 du moyen &ge) par la 
contraction rSguhere (voy. page 
lxxxi) de impostytus en impos'tus, 
d'ou impost puis impdt par la 
chute de s (voy. abime). 

Impotence, du L. impotentia 
(faiblesse) . 

( impotent , du L. impotentem 
(impuissant). 

Imprntlcable , voy. prati- 
quer. 

Imprecation, du L. impreca- 
tionem (m. s.). 

Impregner , du L. imprx- 
gnare* (m. s.). 

Impreuable, voy. pr enable. 

t impresario, de l'italien im- 
presario (directeur de theatre). 

Imprescriptible 9 voy. pres- 
criptible. — D. imprescriptibility. 

impression , du L. impressio- 
nem (empreinte) — D. impres- 
swnner, tmpressionnable, impres- 
stonnabilU4. 

Imprevoyanee • voy. troprd- 
voyant. 

Imprevoyant, voy. pre'voyant. 

— D. imprfooyance 
Imprevu, voy. pr&vu- 
Imprimer, du L. imprimere 



(imprimer). — D. imprime' (sub- 
stantif participial), imprimeur, im- 
primerie 

Improbable, du L. improba- 
bilis (qui ne peut etre appiouve). 

■mprobatenr , du L. impro- 
batorem (m. s.). — D. improba- 

Improbatlon, du L. improba- 
tionem (m. s.). 

improblte,du L. improbita- 
tern (perversite) 

Improductir, voy. productif. 

— D. improductible. 
Impromptu , du L. in et 

promptu improvisation , chose faite 
sans preparation, dans les locu- 
tions tellesque in promptu aliquid 
habere (avoir quelque chose sous 
la main), dicere quae sunt in 
prorrtptu (dire ce qui se presente a 
resprit) . 

Impropre, du L. improprius 
(m. s.). — D. impropriate. 

Improuve , voy. prouver. 

f improvlser , de l'italien im- 
provvisare (improviser). 

f improvl»te, de l'italien iro- 
prowisto (a l'improviste, propre- 
prement : depourvu). 

Imprudence, du L. impru* 
dentia (imprudence). 

imprudent, du L. impruden- 
tern (imprudent). 

Impubere, du L. impuberem 
(m. s.). 

Impudence, duL. tmpudentta 
(m. s.). 

impudent, du L. tmpudentem 
(m. s.). 

Impudeur, voy. pudeur. 

Impudlclte , voy. pudicite'. 

Impudlque du L. impudicus 
(m. s.). 

Impulssance , voy. impuis 
sant. 

Impuissant, voy. puissant. 

— D. impuissance. 
impulsir, voy. impulsion. 



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INA 



294 



INC 



Impulsion, du L. impulsio- 
hem (m. s A — D. imphlsif. 

impunl , dU L impunitus 
(m. s.). t 

Impunlte , du L. impunttatem 
(m. s.). 

Impur, du L. impurus (m. s.). 

Impure te, du L. impuritatem 

( m - s -)- . . h 

imputable , voy. imputer. 

imputation, du L. imputa- 
tionem (m. s.)» 

Imputer, du L. imputare 
(m. s.). — D. imputable. 

Inabordabfte, voy. abordable. 

Unacceptable, voy. acceptable. 

Inaccessible , du L. inacces- 
sibilis (m. s. dans Tertulhen). 

Inaceordable , voy. accorda- 
ble. — D. inadmissibility. 

inaccostable, voy. accostable. 

tnaccoutume , voy. dccou- 
tume". 

Inacheve, voy. acheve*. 

inactlf, voy. aclif. — D. %nac~ 
tivite'. 

inaction, voy. action. 

luac tivite, voy. inactif. 

inadmissible, voy. admissi- 
ble. — D. inadmissibUite'. 

Inadvertance , du L. scolasti- 
que inadvertantia* (negligence, 
compose de advertantia, precau- 
tion, derive de advertere). 

Inalienable, voy. amner. — 
to inalie'nabilite'. 

lu all table, voy. alliable. 

Inalterable, voy. dlUrer. 

inamovible. voy. amovible. 
— D. inamovibuile'. 

Inanlme, du L. inanimatus 
(m. s.). — Sin* atus devenu e", 
voy. ampoule". 

Inanlte, duL. inanitatem (fu- 
tilite). 

Inanition , du L. indhitiohem 
(m. s. dans Isidore de Seville). 

inappetenee , voyez appe- 
tence. 



, inapplicable , voy. applica- 
ble. — X). inapplication, inappU- 
que". 

inappreciable, voy. appre- 
ciable. 

Inaptitude, voy. aptitude. 

Inartleule, voy. articule. 

inattaquable , voy. aUaqua- 
ble. 

Inattendu, voy. attendu. 

Inaitentlf, voy. attentif. 

Inattention, voy. attention. 

inauguration, du L. inaugu- 
rationem (debut). 

Iuaugurer, du L. inaugurate 
(inaugurer), — D. inaugural. 

incalculable, voy. calculable. 

Incandescent, du L. incan- 
descentem (qui est en feu). — D. 
incandescence. 

incantation du L. incanta- 
Honem (enchantement); 

incapable, voy. capable. 

Incapacity de in privatif ex 
capacitatem (capacite); 

Incarceration, voy. incarci- 
rer. 

incarcerer , du L. incarcerate* 
(mettre en prison, dans les textes 
latins du moyen age; derive du 
L. career, prison. 

f incarnat , venu de Htalien 
incarnato (incarnatJ. 

incarnation, du L. iniarna- 
tionem (incarnation). 

Incarner, du L. incarnare 
(m. s.). 

f incartade, de l'espagnol 
encartada (derive de encanarse 
proprement prendre une mauvaise 
carte ; au figure faire une sottise). 

incendlalre,.du L. incendia- 
rius (qui incendie). 

incendle, du L. . incendium 
(incendie). — D. incendier. 

Incendler, voy. incendie. 

incertaln, voy. certain. 

incertitude , du L. incertitu- 
dinem* (m. 8.). 



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ING 



295 



ING 



it, du»L. incessantem* 



s.). 

. inceste, adj. du L. incestus 
jestueux). 

. sneeste , du L. tndwttu (id- 
le). — p.. incettueux. 
mchoatlf du L. inc^Kwiiiuu* 

s.). 

incident, du L. infiidentem 
i survient). — D. incident (sub- 
ntif), incidence: . 
[nclae, du L. inci&us (coupe). 
[neleer , du L. incwore* (cow- 
■, frequentatif, parte supin tnci- 
n, de incidere, couper). — D. 
isif. 

[nelslf, voy. inciser. , 
incision, du L. incuionem 
. s.). 

[ncitatlon, du L. incitatio- 
ii (instigation). 
inciter, du L; incitare (exci- 

ineiTll, duL. incivilis (brutal). 
Incivlllte, du L. incivUila- 
i (brutality). Sur atem devenu d 
f. abbe 1 . 

(nelvlque , voy. civique. 
Ineivfeme, voy. civisme. 
inclemence, du L. inclemen- 
(m. s.). 

inclement, du L. inclemen- 
% (dur). 

indinalsen* du L. incUna- 
nem (m. s.) par le changement 
ationem en aison (voy. fenai- 
i). 

Inclination, du L. inclinatio- 
ns (m. s.). 

fnellner, du L: inclinare 
i. s.). 

Indus, du L. inclusus (ren- 
'me). 

incognito, vonu de l'italien 
cognito (inconnu). 
Incoherence , voy. incohe"- 
nt. 

incoherent, du L. incohss- 
ntem (m. s.). — D. incoherence. 



ineolore, du L. jncolor (m.s.). 

Ineomtter, du L. incumbere 
(reposer sur). 

Incombustible^ de in (n6ga- 
tif) et de combustibilis * derive de 
combuftuf (brule entierement). 

Incommensurable, du L. tri- 
commeiwurabtfu (m. s.). — D. 
tncommensttraftih^. 

incommode, du L. incommo- 
dus (incommode). 

Incommoder, au L. incdm- 
modare (m. s.). , . 

■ncommodlte, du L. incom- 
moditatem (m. s.). Sur atem devenu 
6 voy. abbi . 

incommunicable, du L, *»- 
communicabilis (m. s. dans Saint 
Jerdme). 

Ineommutablllte , du L. in- 
commutabilitatem (m.s.). Sur atem 
devenu 4> voy. abbe. 

Incommutable* du L. incom* 
mutabilis (immuable). 

Incomparable, dn L. incom- 
parabilis (m. s.). 

Ineompatlblllte^voy. incom- 
patible. 

Incompatible, voy. compati- 
ble. — D. incompatibility. 

Incompetence , voyez com- 
puter. 

Incompetent, du L. incom- 
petentem Replace). . 

Incomplet, du L. incompletus 
(non accompli). , 

Incomplete, duL. incomplexus 
(m. s.). 

Ineomprehenslblllte, du L. 
ihcomprehensibilitatem * ,(m. s.). 
Sur atem devenu 6, toy. abb4. 

Incomprehensible 5 . du L. 
incomprehensibilis (m. s.). . 

Incompressible , compose de 
compressible (du L. compressibi- 
lis *, derive de compressus^ corn- 
prime). 

inconcevattle, voyez conce- 
voir. s 



y Google 



INC 



296 



IND 



ineonelllable, voy. concilier. 
Ineondulte,voy. conduite. 
Ineongrn, du L. incongruus 
(inconvenant). 
Incongruity , du L. incon- 

Citatem (m. s). Sur atem devenu 
oy. abbi. 
' inconsequence, du L. incon- 
sequentia (defaut de suite). 

Inconsequent, du L. incon- 
sequentem (qui ne s'accorde pas 
avec). 

Ineonslderatlon. du L. ta- 
considerationem (deiaut de re- 
flexion). 

Ineonsldere , du L. inconsi- 
deratus (m. s.). Sur atus devenu^ 
voy. ampouU. 

Ineonslstanee, voy. consis- 
ter. 

Inconsolable , du L. inconsa- 
bills (qu'on ne peut consoler.) 

inconstanee, du L. inconstan- 
tia (m. s.). 

Inconstant, du L. inconstant 
tern (m. s»). 

Ineonstltutlonnel, voy. con- 
stituer. 

Incontestable , voyez con- 
tester. 

Ineon teste, voy. contester. 

Incontinence , du L. inconti- 
nentia (m. s.). 

1. incontinent (adj.), du L. 
incontinentem (m. s.). 

2, Incontinent (adv.), du L. 
in continenti (sur l'heure). 

Inconvenant , voy. convenir. 
D. inconvenance. 

Inconvenient (adj. pris sub- 
stantivement) du L. inconvenien- 
tem (messSant). 

Incorporation, du L. incor- 
porationem * (m. s.). 

Ineornorel , du L. incorpora- 
te (incorporel). — D. incorpora- 
lite-. 

Ineoraorer , du L. incorporate 
(m. s. dans Solin). 



Incorrect, du L. incorrectus 
(non corrige) . — D. incorrection. 

Incorrigible , du L. incorri- 
gibilis (m. s.). — D. incorrigi- 
bilitt. 

Incorruptibility, du L. t'n- 
corruptibilitatem (m. s.) Sur atem 
devenu 4 , voy. abbe". 

Incorruptible, du L incor- 
ruptibilis (m. s.). 

In credibility, du L. incredi- 
bUitatem (incredulite, dans Apu- 
lee). Sur atem devenu e", voy. abte. 

Incredule , du L. tncredulus 
(incredule). 

Incredulite , du L. increduli- 
tatem (m. s.). 

Incree , du L. increatus* 
(m. s. dans les Controversistes 
Chretiens). 

Inerlntlner , du L. incrimi- 
nari * (derive de crimen, crime). 
— D. incrimination. 

Incroyable, voy. croyable. 

Incrustation , du L. incrusta- 
tionem (rev&ement). 

incruster, du L. incrustare 
(appliquer un enduit, garni r d'une 
croute) . 

incubation, du L. incubatio- 
nem (incubation). 

inculpation , du L. inculpa- 
tionem * (m, s.). 

inculper, du L. inculpare * 
(m. s.). — D. inculpe. 

Inculquer , du L. tnculcare 
(inculquer). 

inculte, du L. incultus (m6me 
sens): 

Incnnable , du L. tncunabu- 
lum (berceau, origme). 

incnrablllte , voy. incurable. 

Incurable, du L. incurabilis 
(m. s). — D. incur ability. 
• incurle, du L. incuria (m&ne 
sens). 

incursion, du L. incursionem 
(invasion). 

inde, mot d'origine historique 



y Google 



IND 



297 



IND 



. p. Lirv) : couleur bleue qui 

enait originairementderinde. 

adeeence , du L. indecentia 

rmvenance). 

nd^eenl, du L. indecentem 

Dnvenant). 

ndeeblffrable, voy. cUfchif- 

ndeelo, du L. indecisus (non 

che). 

ndeelolon, du L. indecisio- 

i* (m. s.) . 

ndeellnable, du L. indecli- 

4lis (indeclinable). D. indicli- 

MU. 

ndecomposable, voy. cUcom- 

tr. 

ndeflnl, du L. indefinitus 

s.). Sur la chute du t, voyez 
u de acutus. 

ndefinlsoable, voy. (ttfinir. 
mdeleblle, du L. indelebilis 

s.). 

[ndellcat, voy. Micat. — D. 
Micatesse. 
Lndemne, du L. indemnis (qui 

pas eprouv6 de dommage. — 
indemniser. 

[ndemnltfr, voy. indemne. 
[ndemnlte, du L. indemnita- 
i (indemnite). Sur atem devenu 6 
r. abbe". 

mdependant, voy. dependant. 
D. independence. 
indestructible, voy. destruc- 
le. — D. indestruclibiliU. 
Indetermlnntlon, voy. inde- 
nt. 

Indetermln6, du L. indeter- 
natus (infini). — Sur atus 
renu 4 voy. ampoule 1 . — D. in- 
termination. 
index, du L. index (qui indi- 

8). 

indleateur, voy. indiquer. 
indlcatlf, du L. indicativus 



indication, du L. indicatio- 
m(m. 8.). 



Indlce, du L. indicium (in- 
dice). 

Indlclble, compost du L. du 
cibilis* (que Ton peut dire, derive 
de dicer e, dire). 

Indletlon, duL. indictionem 
(indiction dans le Code Theodo- 
sien). 

Indlenne , derive de Im 
(voy. p. lxiv), proprement etoffe 
de coton peinte que Pon fabriquait 
originairement aux Indes. 

indifference, du L. tndiffe- 
rentia (m. s.). 

indifferent, du L. indifferen- 
tem (m. s.). 

indigence, du L. indigentia 
(nexessit6). 

indigene, du L. indigena 
(m. s.). 

indigent, du L. indtgentem 
(qui est depourvu). 

Indlgeste, du L. indigestus 
(non digere). 

indigestion, du L. indigestio- 
nem (indigestion). 

indignation, du L. indigna- 
tionem (m. s.). 

Indlgne, du L. indignus 
(m. s.). 

indlgner, du L. indignari (de- 
rive de indignus indigne). 

Indlgnite, du L. indignitatem 
(m s.). Sur alemdevenud voy. abbe". 

f indigo, de l'e*pagnol indico 
(indigo). — D. indigoterie, indi- 
gotier. 

indiquer, du L. indicare 
(m.s.). 

indirect, du L. indirect** 
(m. s.). 

indlselpllnable, voy. indis- 
cipline. 

Indiscipline, du L. indisci- 
plina (m. s.).— D. indiscipUndble. 

Indiscipline, du L. indiscipli- 
natus (m. s.). Sur atus devenu i 
voy. ampoule 1 . 

indlseret, du L. indiscretus * 



yGoogk 



IND 



298 



INE 



(indiscret. dans des textes da sixie- 
me siecle). 

indiscretion, du L. indiscre- 
tionem* (voy. indiscrefy 

Indispensable, v. dispenser. 

indlsponlble , voy. aisponi- 
ble. 

Indlsposer, voy. disposer. 

indisposition, voy. disposi- 
tion. 

, indissolubility, voy. indisso- 
luble. 

.Indissoluble, du L. indissolu- 
bilis(m. s.).— D. indissolubility. 

indistinct, du L. indistinctus 
(m. s.). 

indlvldu, du L. individuus (in 
divisible) 

, indlvlduallser, voy. indivi- 
duel. 

. individuality, voy. wdivi- 
duel. , 

Indlvlduel.derivede indiviau. 
— D. individuality j individHaliser. 

indlvls, du I. indivisus(m. s.). 

Indlvlslblllte, voy> indivisi- 
ble. 

Indivisible, du L. wdivisibi- 
lis (m. s.). — D. indivisibility. 

Indlvlslon, du L. indivisio- 
nem* (m. s.). 

indocile, du L. indocilis (in- 
docile). — D. indocilitt. 

Indolence 9 du L. indolentia 
(insensibilite). 

indolent, du L. indolehtem 
(qui souffre). 

Indomptable, voy. dompter. 

indompte, voy. dompter. 

indu, voy. dH. 

indubitable, du L. indubita- 
biiis (m. s.). 

induction, du L. induclionem 
(induction). 

Indulre, du L. inducere (de- 
terminer), voy. conduire: — D. 
induit. 

Indulgence, du L. indulgentia 
(m; s.). 



indulgent, du L. indulgentem 
(m. s\). 

Industrie, du L.tndtutria (ac- 
tivite). — D. industriel. 

industrleux* du L. industrio- 
sus (m. s.). . , 

Inebranlable* toy: Mranler. 

Inedlt, du L. ineditus (m. s.) 

Inerrable, du L. . ineffabilis 
(ineffable). — D. ineffabiliti. 

-ttnerracablfe. voy: effacer. 

inefflcace, du L. inefficacem 
(in, s.). — D. inefftcaciie. 

Inegal, du L. inaequalis (m: s.). 
voy. e"gal. 

iriegallte, du L. inaequatita- 
tem (inegahte). Voy. e'galite': 

ineligible, voy. Hi^ibte. 

inenarrable* dii L. inenarrd- 
bilis (m. s.). 

inepte * du L. ifieptia (ab- 
surde). 

Ineptle, du L.ineptia (sottise). 

Inepulsable, voy; ^dpuiser. 

inerte, du L. inertem (inactif). 

inertle, du E. inertia (inac- 
tion). . . 

inespere, voy. esperer. 

inestimable 4 dtt h: tstima- 
bilis (inestimable). 

inevitable, du L. inevitabilis 
(m.s.). 

inexact , voy* exact. — D. 
inexactitude. 

inexactitude 4 voy; exacti- 
tude. 

Inexcusable 4 du la excusa- 
bilis (m. s.). 

Inexecutablo^ voy: ex tenter. 

Inexecutlon? voy. execution. 

inexerce, voy. exercer. 

ineligible , voy: exigen 

inexorable, du L. inexorabi- 
lis (m. s.). 

inexperlenee^voytexptWcttce. 

lueXperlrtierite ) toy. expert* 
menter. 

inexpiable, du L, inexpia- 
bilis (inexpiable). 



y Google 



INF 



299 



INF 



nexnlleable*duL. inttcpii* 
His (inexplicable). 
nexprtmable* voy. exprifner: 
nexpugnable,duL. inerpu- 
bilis (m. s.). 

iiextlngnlble, du L: ine&tin- 
bilis (inextinguible). 
nextrlcable, du fc; ine*tri~ 
His (m. s.). 

nraflllblllte, Toy. faillir. 
nrallllble, voyt futilir: 
nrtme, du L. infdmis (iti- 
e). — D. tnfaman*. 
nfamle, duL. tn/amia(m. s ). 
Infant, do l'espagnot infante 
fant). 

infanterle* venti au sfeifcieffie 
le de l'italien infanterta (iii- 
:erie), 

. infanticide, dii L. inflMiti- 
um (m. s.). 

. mftntlelde, du L; infun- 
ia (celui qui tue son enfant); 
nfattfable* du L. tn/uftya- 
s (m. s:). 

nfatnatton , voy; infatuef. 
nfatuer, du L. tnftitubre 
tdre sot). — D. infatuation. 
nfeeond, du L; infeeUndus 
s.). 

nfecondite, du L. irtfetundi- 
rn (m, s.). Sur otem detenu e 

nfeet , du L: infectus (cor- 
pu>. — D. infecter. 
nfeeter, voy. infec*. 
nfectlon, du L. infecttonein 
on de corromprej ; 
nfeodatlon, voy. infeoder. 
nfeoder* du L. dtt moyen 
infeodare (deriv6 de feodum* 
pour l'etymologie de feodum, 

nferer, du L; infertt (OOti- 

e). 

afertenr, du L. inferioretn 

8). — D; infitrioritf. 

ifernal, du L. tfcffefflalis 

8.). 



infertile, au L. iftfikilis 
(m. s.). 

Infe*ter, du L. infettare (in- 
fester). 

lafldele, du L. tn/Uftffts 
(in. s.). 

Inflldellte, du L. infidelitatefn 
(m. s.). Sur fcMem detfenu i\ Toy. 
ooW. 

inflforer, vofr. jUtrt: — D; in- 
filtration. 

Ittflme, du h: iriMus (hi. s.). 

InJInl, du L. inhnitus (nt. s.J. 
— D. infinitenm**, tt'bu tti/liiitt- 
simal. 

inflnltf, du L. MWittatem 
(immensitej. Sur tttet* devenii #, 
voy. aoW. 

iniinitetlnial; vb^: inpni: 

lafinltlf, du L. In/ltitWtis 
(m. s.). 

inflrniej du L: (nfirniuk (fai- 
ble).— D. fortrtftier, tn/lrmerte; 

innrmer, du L: tfiftrtnafe (rfi- 
futer). — D. infirmatiu 

inflHheHe, Voy. inftftfie: 

laflrmier, voy. tfijlVirtc 

infUrinlte, du L. tri/lrrtifcdtem 
(faiblesse). Sur atero devenU *; 
voy. abbe. 

*nllamm«Dle^ vojf. jfcMhtftf. 

Inflammation , tin L. in/lfrm- 
mationem (inflanimatlob).— D. in- 
ftammatoire. 

inflammatolre, voy. iriftaln- 
mtttioh. 

infleenlr, du L. itiflectere. 
(courber). Pour lea bhslngfenients 
de lettres, voy. Mchit. 

InflexloUlM, derive de in- 
flexible. 

inflexible; dii L. inflexibilis 
(m. s.). 

Inflexion, du 1. fn/fewbWeift 
(sinuosit6). 

iafllfcet, du L. ififligere (iih- 
pOser). 

. Inflnence, dii L. InfiUenM 
fcti. 8.). — D. in/Juencef, 



yGoogk 



ING 



300 



INI 



Influencer, voy. influence. 

Influent, da L. influentem 
(qui s'insinue). 

influer, du L. influere (s'insi- 
nuer). 

In-follo, du L. in (en) et folio 
(feuille). 

information, du L. in forma- 
tionem (action de former). 

informe, du L. informis 
(m. s.). 

Informer, du L. informare 
(instruire) 

infortune, du L. infortunium 
(m. s.). 

Infortune, du L. infortunatus 
(m. s.). Sur atus devenu 6, voy. 
ampoule'. 

infraction, du L. infraction 
nem (action de briser). — D. in- 
fracteur. 

infruetueux, du L. infruc- 
tuosus (m. s). Sur osus devenu 
eux, voy. amoureux. — D. infruc- 
tueusement. 

inffno , du L. infusus (verse sur). 
— D. in f user. 

infuoer, voy. infus. — D. infu- 
soires. 

infusible, voy. fusible. 

Infualon, du L. infusionem 
(action de verser dans). 

infnsolres, voy. infuser. 

f inganke, venu de l'italien 
ingamba (alerte). 

Ing-enler, du L. ingeniari* 
(s'ingenier). 

Ingenleur, proprement du L. 
ingeniatorem (ingenieur militaire, 
dans les testes du moyen age: 
•Erat etiam ibi ingeniator... qui 
fecerat plurima ingenia, » dit 
un texte ciU par Ducange Inge- 
niator derive de ingenium, qui a 
eu, comme on Fa vu au mot en- 
gin, le sens d'engin de guerre. 
Sur atorem (ingeniatorem) devenu 
eur, voy. empereur. 

ingenlenx, du L. ingeniosus 



(ingenieux). Sur osus devenu eux, 
voy. amoureux. 
ingenu, du L. ingenuus (mo 



ingenulte, du L. ingenuita- 
tem (reserve). Sur atem devenu <?, 
voy. abbi 

Ingerer (*'), du L. ingerere 
(mettre dansl 

ingrat, du L. ingratus (m. s.ji. 

Ingratitude, du L. ingrati- 
tudo (ingratitude). 

ingredient, du L. ingredien- 
tem (qui entre dans). 

Inguerlaoable, voy. guerir. 

inhablle, du L. inhabilis (in- 
habile). — D. inhabilett, inhabi- 
ted 

inhabitable, du L. inhabit*- 
bilis (m. s.). 

inherence, voy. inhirent. 

Inherent, du L. inhaerentem 
(qui est adherent).— D. inference. 

inhosnltallte, du L. inhospi- 
talitatem (m. s.). Sur atem devenu 
6, voy. abbe'. — D. inhospitalier 

Inhumaln, du L. inhumanut 
(m. s.). 

Inhumanlte, du L. inhuma- 
nitatem (inhumanity). Sur atem 
devenu 4, voy. abbi. 

inhumation, voy. inhumer. 

Inhnmer, du L. inhuman 
(mettre en terre). — - D. inhuma- 
tion. 

inlmaglnable, voy. imagina- 
ble. 

Inimitable, du L. inimitabi- 
lis (m. s.). 

in 1ml tie, du L. inimicitatem* 
(derive de inimicus ennemi, comme 
amicitatem de amicus; voy. ami- 
Hi). Pour le changementde ....id- 
totem en ....##, voy. amitii. 

InlntelMglble , du L. inintd- 
ligibilis (m. s. dans St Ambroise). 

inique, du L. iniquus (injuste). 

inlqulte, du L. inujuitatem 
(injustice). 



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INO 



301 



INS 



Initial, du JL initiate (primor- 
dial). 

Initiation, du L. initiationem 
to. s.). 

inltler. du L. initiate (m s.). 

— D. initie, initiative. 
Injecter , du L. injectare (Je- 
ter sur). 

Injection 9 du L. injeclionem 
(m. s.). 

Injonctloh, du L. injunctio- 
nem (action d'imposer). 

injure, du L. injuria (offense) . 

lnjurler,du L. injuriari (faire 
du tort). 

Injurleux, du L. injuriosus 
(injuste). 

Injuste, du L. injustus (m. s.). 

— D. injustement. 
Injustice 9 du L. injustitia 

(m. s.). 

innavigable, du L. innavi- 
gabilis (m. s.). 

Inne, du L. innatus (inne). 
Sur atus devenu 4, voy. ampouU. 

innocence, du L. innocentia 
(innocence). 

^ Innocent, du L. innocentem 
(innocent). — D. innocenter. 

innoculte, du L. innocuita- 
tem (derive de innocuus, qui ne 
nuit pas). 

Innombrable, du L. innume- 
rabilis (m. s.). 

innomme , voy. nommer. 

Innovateur , voy. innover. 

Innovation, du L. innovatio- 
ns (renouvellement). 

Innover, du L. innovare (in- 
nover). 

Inoccupe, voy. occup4. 

in-octavo, de in (en) et octo 
(huit). 

Inoculateur, du L. inocula- 
torem (celui qui greffe). 

Inoculation, du L. inocula- 
tionem (greffe). 

Inaculer , du L. inoculate 
(inculquer). i 



lnodore,du L. inodorus (tno- 
dore). 

Inoffenstf , voy. offennf. 

inondatlon, du L. inundatio- 
nem (m. s.). 

Inonder, du L. tnundare 
(m. s.). 

Inoplne, du L. inopinatus 
(m. s.). Sur atus devenu 4, voyez 
ampouU. 

inopportun, du L tnoppor- 
tunus (peu convenable). 

vnopportunlte , du L. inop- 
portunitatem* (m. s.). Sur atem 
devenu 4, voy. abbe'. 

inorganlque, voy. organique. 

InonI, voy. ouir. 

In-pace, du L. in (en) et pace 
(paix). 

in-partlbua, du L. in parti- 
bus [infidelium] , dans les pays oc- 
cupes par les infideles). 

t in-petto, de l'italien in-petto 
(a part soi ; proprement, dans le 
coeur). 

In-quarto, du L. in (en) et 
quartus (quatrieme) . 

inqulet, du L. inquietus (tou- 
jours agite). 

Inquleter , du L.inquietare 
(inquieter). — D. inqui4tant. 

inquietude, du L.inquietudi- 
nem (inquietude). 

Inqulslteur, du L. inquisito- 
rem (celui qui poursuit, qui re- 
cherche). — D. inquisitorial. 

Inquisition, du L. inquisitio- 
nem (investigation). 

Insalslssable, voy. saisir. 

insalubre, du L. insalubris 
(m. s.). 

insalubrlte, du L. insalu- 
britatem* (m. s.). Sur atem de- 
venu 6, voy. abb4. 

insatlablllte , du L. insatia- 
bilitatem (m. s.). Sur atem de- 
venu 4 , voy. abb4. 

insatiable, du L. insattabilis 
(m. s.). 



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INS 



302 



INS 



Inscription. du L. inscriptio- 
hem (inscription). 

inscrlre , du L inscribere 
(inscrire). Sur ....ibere devenu 
... ire, voy. derive. 

Insecte, du L. insectum (m. s.) . 

in-setse, du mot L. in ( en ) et 
seize 

inseikse, du L. insensatus 
(m. s.). Sur a*us devenu «, voyez 
ampouU, 

ifcsenelblllie > du L. insen- 
sibilitatem* (m. s.) . Sur atero de- 
venu #, voy. afco£ 

Insensible, du L. tTwerwibitt* 
(m s.). • . x - 

inseparable, du t. tnsepara- 
bilis (m.s.\ 

iriscrer, du L . inkerere (m. s.) . 

Insertion, du L inserrtonem 
(action de grefferj. 

Insldleux, du L insidiosus 
(insidieux). Siir osus devenu eux, 
voy. amour eux. 

1. Inslgne (adj.), du L. wwt- 
flfnt* (insigne). 

2. inslgne fsubst.J, diiL. in- 
signe [signe particulier). 

Ihsigniuarit, voy. stftnifier. 
— D. insignifiance. 

insinuation, du L. th&nua- 
tionem (m. s.)., 

Inslttuef , duL. ihsinudre (in- 
sinuer). 

Insiplde' , du L. tnitjndtt* 
(in. s;). — £L instptdtfe. 

Inststarice, voy. inslsler. 

Ihslsier, du L. irisistere (in- 
sister). — D. insistence, 

insoclabie, du L. insociabilis 
(m. s.). — t). tnfoctobtit^. 

insolation , du L. insoJaJto^- 
rtem (m. s.). 

Insolence, du L. insolentia 
(insolence) 

Insolent, du L. insolentem 
(insolent). 

insollte % duL.trwoiihtf (m. s.). 

insolubility, du L. insotubi- 



UkUem (m. s.). Sur otem devenu 
S, voy. abb£ 

insoluble , du L. insolubilis 
(indissoluble). 

insolvable, voy. solvable. — 
D. insolvabiliU. 

insomnia, du L. insomnia 
(m. s.). 

insouciant 9 voy. soucier. — 
D. insouciance. 

insonmls , voy. soumettre. 

Insoutenable,voy.f0tfteno5te. 

inspector, du L. inspectare 
(examiner). , , 

ihspecteur, du L. inspecto- 
rem (inspecteur), „ . 

inspection, du L. inipectio- 
nem (m, s.). 

insplrateur, du L. inspirato* 
rem (m % s.). 

inspiration, du L. inspira* 
tionem (m. s.). . 

inspirer, du L. inspirare (in- 
spirer). 

Instability, du L. insiabilU 
taiem (mobilite). Sur atem devenu 
4, voy. abbi. 

installer * voy. stalle. — D. 
installation, 

a instance, du L. insiantia (iri- 
sisiance) 

Instant, du L instantem (pres- 
sant). — D. instantant. 

instar (a V) . du L. ihsiar (4 la 
ressemblance de) . 

Instauratton , du L t instau- 
rationem (reconstruction). , 

instlgateur, du L. instigato- 
rem (m. s.). . 

Instigation, du L. instigatio- 
nem (m. s.). . 

instlguer, du L. instigare 
(m. s.). 

instinct, du L« instinctus (ce 
qui pousse, ce qui excite). — D. 
instmctif. 

instlncilf , voy, instinct. 

instltner , du L. instituere 
finstituer). 



y Google 



INS 



303 



INT 



tint lint, du L. institutum 

se institute). 

nsfcltutenr, dii L. initiiuto- 
(m. s.). 
nstltutloii, tttiL. irtiti'tulio- 

(m. s.) . 
nsirnetenr , dii t. instruc- 
m (preparateur). 
QS$ruettf,duL. iksMcttvus* 

s. deriv6 de inrtruere, ih- 
ire). 

ngtructlon,du L. instructid- 
, (instruction dan ^Ariobe). 
n«trulfe^ du L. instraere 

aitrfinient, dii L. tfiieHiken- 
(qui sert a cbnstruire) . — D. 
ruihehtal, ihstriithMer. 
nstnunentatton , voy. tfU- 
nenter: 
natrmneriter , voy. Itttfrti- 

nia (a V). voy. savbif: 
hanDerdlnaftoii; vdy: su- 
bnotion. 

tmabttrdorihe, vttfr, Cor- 
ner. 

nabfflattnce, dtl L: frt*uf/i- 
«i<i (faiblesse). 

n«uffl*ant,du L. irtsufltfeien- 
(m. s.). 

ntftlfllatlbn^ dtlL: <H*ti/]Pa- 
cm (til: s.). 

ngufHer, du L. xf^af flare 
s:). 

nsulalre, du L. ffuularti 
ulaire). 

nsulte.du L. tnsuJfti* (action 
saiilif). 
nsulter, du L. imultare (in- 

3F). 

naupportable, toy. «ippor- 
e: 

nsurfffer (s*), du L. irUtt^erfe 
surfer). — D. itKutQt (stibst. 
icipial faible). 

atmrinon tattle; itif. Wr- 
iter. 
tftfcttrreetUftiij eta L: iniitr- 



recftonem (action de se lever). — 
D insurrectiohnel. 

intact, du JL tntocto* (in- 
tact). 
Intarlssable. voy. tdrir, 
integral, du L. integralii* 
integre, du L. integer (inte- 
gre). 

integrer, du L. integrdte fre- 
tablir). — D. inttgrdtidri. 

integrity, du L. inteoritdtem 
(ni. s.). Sur ofem detenu e, tdyez 

intellect, dii L. {fitfelfertttf 
(entendement). 

Intellectual, dii L; ihtellec- 
tualis (m. s.). 

intelligence, dtt L. (htelli- 
gentiq (m. s.). 

Intelligent, du L. tfftHftyfen- 
tern (m. s.). 

intelligible; du L. iHtelltyi- 
ofltt (qui tombe sous le Setts). 

Ibtetnperanee, dd L: iiit#n~ 
perantia (m. s.). 

Interitperant, du L. ttl^m- 
peranteth (intempe>arit). 

inteittpere, dd L. Intbmpera- 
tus (immodere) Sur atus devend 
e', voy. a^ipoii^. 

Intemperle, du L. inteirvpt* 
riei (intetnpe>ie) . 

intempeiUf j duL. tntempe* 
tifltrt (m s). 

Intendani, du L. iiitenden- 
tern (qui dirige) — D. Mtendarice. 

Intei»*e , dii L. *ntfch*tw (in- 
tense). — D. imXerixilt. 

intenier, du L. ifitehtare (di- 
rigercontte). 

Intention, du L. tntenttoneni 
(intention). — D: tntentibftntf, fa- 
tentionnzl. 

intercalalre, du L. iMerca- 
laris (m. s.). 

intercalation, duL. interca- 
lationem (m. s.) . 

Intercaier, du L. itittrttumti 

£m. s.j. 



yGoogk 



INT 



30% 



INT 



intereener, du L. intercede™ 
(solliciter). 

■ntereepter, du L. tntercep- 
tare* (m. s.; compost de inter, 
cntre et de ceptare pour caplare 
prendre). 

interception, du L. tntereep- 
tionem (m. s.). 

inte ree— w , du L. tnterces- 
sorem (mtereesseur) . 

intercession, du L. intertes- 
sionem (intervention). 

interenrrent , du L. intercur- 
rentem(m. s.). 

Interdiction, du L. inter die - 
tionem (m. s.). 

intermlre, du L. interdieere 
(interdire). 

interult, du L. interdictum 
(arret, sentence). Sur le change- 
ment de et en t voy. affeti. 

Interessnnt, voy. inter esser. 

Inte ress c r, du L. inter esse 
(importer). 

lnter£t, anciennement inte- 
rest du L. interest (il importe : ce 
qui importe, ce qui rapporte). Sur 
la chute de *, voy. dbime. 

interlenr, du L. interior em 
(m. s.). 

interim, du L. interim (pro- 
visoirement). — D. inJtenmairi. 

interjection , du L. interjec- 
tionem (interjection). 

interjeter, du L.interjectare* 
(m. s. compose de inter et de jectare 
qui est lui-meme derive de jectum) . 
Sur ct devenu t, voy. affiU. 

interll0ne 9 du L. inter (entre) 
etligne. 

Interleenteur, du L. inter- 
locutorem* (derive de interloqui; 
voy. interloquer). 

Interlocution, du L. interlo- 
cutionem (interpellation). 

i interlope, de Panglais to in- 
terlope {tore interlope). 

interloquer, du L. interloqui 
(interrompre). 



Intersaeue, du L. interme- 
dins (intercale). — D, tnterme'- 
diaire. 

Intenteulnlre , voy. inter- 
mide. 

intemtfnnMe, duL. tntermi- 
nabilis (m s.). 

internilnHlon, du L. intermix- 
sionem (suspension). 

lntennlttenee,voy. intermit- 
tent. 

intermittent, du L. intermit- 
tentem (qui a des repos) . — D. tn- 
termittence. 

interne, du L.internus (m.s.). 
— D. interner, interna*. 

■ntemonee, du L. intemun- 
cius (envoye) 

interpeUotleu , du L. inter- 
peUationem (m. s.). 

interpeller, du L. interpellare 
(interrompre). 

inte r poln tt on, du L. interpo- 
lationem (m. s.). 

interpoler , du L. interpolate 
(inserer). 

interpeser, du mot L. inter 
(entre) et poser (voy. ce mot). 

Interposition, du L. interpo- 
sitionem (m. s.). 

Interpretntlff , du L. interpre- 
tativus (derive de interpretare 
voy. interpreter). 

Interpretation, du L. inter- 
pr eta tionem (m. s.). 

interprete, du L. interpreter 
(interprete). 

Interpreter, du L. interpre- 
tari (m. s.). 

•nterregne, du L interre- 
gnum (m. s.). 

Interrogant, du L. interro- 
gantem (qui questionne). 

interrogateur , du L. inter- 
rogators (m. s.). 

interrogate, du L. interroga- 
tivus (m. s.). 

Interrogation, dut. tftftfTO- 
gationem (m. s.). 



y Google 



INT 



305 



INV 



Interrogatolre, du L, inter- 
rogatorius (inter rogatif) . 

lnterroger,duL. interrogare 
(m. s.). 

interrompre,du L. interrum- 
pere (m. s.). 

interrupteur, du L. inter- 
ruptorem (m. s.), 

Interruption, du L. interrup- 
tionem (interruption). 

intersection, du L intersw- 
tionem (m. s.). 

Interstice, du L, interstitium 
(m. s.) . 

intervalle, duL intervallum 
(m. s.). 

mtervenlr, du L. tntetvenire 
(mtervenir). 

Intervention, du L. inter- 
ventionem (m. s.). 

Interverslon , du L. inter- 
versionem (renversementd'ordre). 

intervertlr, duL. intervertere 
(m. s.)« 

lntestat,du L.intestatus{m. s.). 

1 . intestln (adj ), du L. in- 
tettinus (interieur). 

2. intestln, du L, intestinum 
(entrailies). — D. intestinal. 

intimation, du L. intimatio- 
nem (accusation). 

in time, du L intimus (in time) . 
• — D intimit 1 *. 

Intlmer, du L. intimare (mti- 
mer). 

mtlniider, voy. timide. 

mtltnler, du L. intitulare 
(mettre un titre) 

Intolerable, du L. intolerabi- 
lis (m. s.). 

intolerance, duL. intoleran- 
tia (m. s.) 

Intolerant, duL. intolerantem 
(qui ne peut supporter) . — D. %n- 
toUrantisme 

Intonation, du L. intonaho- 
nem* (m. s. derive de intonare). 

lutradulslble, voy. traduire. 

lntral table, voy. iraiter. 



Intransltlf , du L. xntransiti- 
vus(m. s.). 

■ntreptde, du L. intrepidus 
(m. s.). — D. intrepidity. 

t Intrigue, venu au seizieme 
sieclede l'italien ir^/igo (intrigue) . 
— D. intrigant , intriguer. 

Intrlnseque, du L. intrinsecus 
(interieurement). 

Introducteur, du L. intro- 
ductorem (m. s.). 

introduction, du L. introduc- 
tionem (m. s.). 

introdulre, du L. introducer e 
(m. s.). 

mtrolt, du L tntroitus (en- 
tree, debut, exorde). 

Intromission, du L. intro- 
missionem* (introduction, derive 
de intromissus) . 

intronlser, du L. inthroni- 
%are* (mettre sur le trone). — D 
intronisation. 

introuvable, voy. trouver, 

intrus, du L. intrusum (in- 
trus). — D. intrusion. 

Intultlf, du L. intuitivus* 
(derive de intueri regarder). 

intuition, du L. intuitionem* 
(m. s.). 

intumescence, du L. intu- 
mescentia* (derive de intumescere 
se tumefier). 

intussusception, du L intus 
(en dedans) et susceptionem (ac- 
tion de recevoir) . 

inuslte, du L. inusitatus 
(m. s.). Sur atus devenu e", voyez 
ampouli. 

inutile, du L. inutihs (m s.). 

inuttllte, du L. inutilitatem 
(inutilite). Sur atem devenu i y 
voy. abbe'. 

Invalneu, voy. vaincu. 

Invallde, du L. invalidus (de- 
bile) . — D. invalider, invalidity* 

In variability, voy. invariable*. 

Invariable, voy. variable, — 
D. mvariabiliU. 



y Google 



INV 



S06 



IRR 



Invasion, du L. invasionem 

(m. s.). 

invective, du L* invectiva (de 
invectivus qui lient de rinvective). 
— D. invectiver. 

Invendable, voy. vendable. 

invendu, voy. vendu. 

Inventalre, duL. tnventarium 
(m. s.). — D. inventorier. 

inventer, dvi L. iriventare* 
(derive de inventum supin de in- 
venire trouver). r- D. inventif. 

inventeur, du L inventorem 
(m. s.). . . 

invention, du L. tnventionem 
(m. s.). 

inventorier, voy. tnventaire. 

inverse, du L. inversus (re- 
tourne). . 

Inversion, du t. inversionem 
(m. s.). 

invert^bre^ voy. vertdbre'. 

Investigated, du L. investi- 
gator em (m. s.). 

Investigation, diiL. investi- 
gationem (m. s.). 

Investlr, du L. investire (en- 
tourer). — D. investissementy in- 
vestiture. 

Inveterer (s*), du L. invete- 
rare (enraciner). 

invincible, du L. invincibilis 
(m. s.). 

inviolable, du L. invioldbUis 
(m. s.)« — D. inviolabiUte'. 

Invlslblllte, du L. invisibili- 
tatem (m. s.). Sur atem devenu e', 
voy. abbe". 

Invisible, du L. invisibilis 
(m. s.). 

invitation, du L. tnvitationem 
(m. s.). 

invltatolre, duL. inviiatorius 
(qui invite). 

invlter , du L. invitare (m. s.). 

invocation, du L. ihvocatio- 
nem (m. s.) 

Invotontalre, du L. involun- 
tarius (m. s.). 



involucre, du L. uwofocnim 

(enveloppe). , 

Involution, duL involuttimem 
(enroulement). 

invoquer, du L. invocdre (ap- 
peler) . 

Invralsemblable, voy. vrai- 
semblable. 

invralsembtanee, voy. vrai- 
semblance. 

% invulnerable, du L. invulne- 
rabilis. 

lode, du grec IwStjc (qui a la 
couleur de la violette). 

ionlaue,duL. ionicu$[m. s.). 

lota, du grec iwxa (m. s.). 

f ipecacuana 9 mot d'origine 
americaine (voy. p. LXii). Cette ra- 
cine fut apportee du Bresil en Eu- 
rope vers la fin du dix-septieme 
siecle. 

irascible, du L. irascibUis 
(m.s.). . 

ire, du L. ira {colore). 

iris, du L. iris (deesse de Tare 
en ciel; puis arc en ciel. Ce nom 
a recu dautres emplois; Viris de 
Toeil, a cause descouleurs de cette 
membrane 'couleurs aussi variees 
que celles de l'arc en ciel ; Viris des 
botanistes, a cause de la couleui 
bleue de cette plante). — D. irisi. 

lronle,duL. ironia (m. s.). 

— D. ironique. 
irradiation , voy. irradier. 
Irradler, du L. irradiart 

(rayonner). — D. irradiation. 

irralsonnable , voy. raison* 
noble. 

irratlonnel , du L. irrationa- 
lis (m. s.). 

Irrecondllable, voy. ricon- 
cilier. 

Irrecusable, du L. irrecusa- 
bilis (m. s.). 

Irreductlble , voy. re'duire* 

— D. irre'ductibiliti. 
Irreflechl, voy. rifltchir. 
Irrellexlon, voy. re" flexion. 



y Google 



ISO 



307 



1VR 



•re^fotgable, du L. irrefra- 
lis w (qu'on ne peut contre- 

•reVplarlte 9 voy. rigula- 

re<guller, voy. rfyulier, 
•rellltjleux, du L. irreliogio- 
[m. s.). Sur osus devenu eux, 
amoureux. 

•religion 9 du L. irreligio- 
(m. s.) t . 

•remediable, du L. irreme- 
ilis (m. s.). 

•remissible, du L. irremis- 
is (m. s.). t , 

'reparable , du L. irrepara- 
(m. s.). 

•reprehensible, du L. irre- 
ensibilis (m. s.). 
•reprochable , voy. repro- 

•reslstlble , du L. irresutibi- 

(a quoi on ne peut resister). 

•resolu , voy. risolu. 

•resolution , voy. resolution . 

•respeetueux , voy. respec- 

x. 

•reverence , du L. irreveren- 

m. s.). 

•reverent , du L. irreveren' 

(irrespectueux). 

•revocable, du L. irrevoca- 

• (m. s.). — D. irre'vocabiliti. 

•rlgatlon, du L. irrigation 

(m. s.). 

•rltablllte , du L. imtabih- 
n (m: s.). Sur atem devenu i, 

abbe. 

•r I table, du L. irritabilis 

*•>• > ..... 

•rltatlon, du L. trrttationem 

on d'irriter). 

Titer * du L. irritare (m. s.). 

•ruptlon, du L. irruptionem 

s.). 

locele (pour isoscile) du grec 

keXtj;, compos6 de too? (egal) 

*&o; (jambe). 

leenrene, du grec laoxpovo; 



(qui a une egale duree). — D. iso- 
chronisme. 

isolation, voy. isoler. 

isolement , voy. isoler. 

f Isoler , mot venu au seizieme 
siecle de l'italien isolate (isoler). 
— D. isolement, isolation, isoloir. 

Imw , participe de Tancien 
verbe issir (sortir) qui est le L. 
exire (sortir) par le changemeni : 
1° de x en ss (voy. aisseUeh 2 ; de 
e en t (voy. accomplir) . — D. issue 
(substantif participial). 

JT««t«e, voy. issu. 

Isthme, du L. isthmus (isthme) . 

Itallsjue, du L. italicus (itali- 
que). Le caractere typographique, 
dit italique fut invente a Yenise 
par Aide Manuce. 

item, du L. item (de m&me) 

Iteratlf, du L. iterations 
(m. s.). 

Itlneralre 9 du L. itinerarius 
(de voyage, qui se lapporte au 
voyage) . 

Jfooit*e, du L. eboreus (di- 
voire) par le changement regulier . 
de coor(eu)s en ebor (iu)« (voy. 
afore 1 ger), d'ou ivoire par le chan- 
gement: 1° de e en % (voy. accom- 
plir) -, 2° de b en v (voy. avant) ; 
3° de o en oi (eborius) par Fattrac- 
lion de Yi (voy. chanoine). 

Ivwaie , du L. ebriaca (derive" 
de ebrius } ivre ; a cause de Pivresse 
ou plut6t de la torpeur que cause 
l'ivraie). Sut le changement d'e- 
bri... en ivre..., voy. ivre; sur ce- 
Jui de a(c)a en ate, voy. ami pour 
la chute du c, et atgle pour le cnan- 
gement de a en at. 

Ivre 9 du L. ebrius (ivre) par 
le changement: 1° de e en t (voy. 
accomplir); 2° de b en v (voy. 
avant). — D. ivresse, enivrer , ivr o- 
gne. 

Jfofesse, voy. ivre. 

Jfopogate, voy. tore. — D. tvro- 
gnerie. 



yGoogk 



JAC 



308 



JAL 



Ma, du L. jam (deja) par la 
chute de m final, qui etait deja ac- 
complie dans le latin populaire, 
puisqu'on trouve dans les Inscrip- 
tions de l'Empire Corsica pour 
Corsicam, viro pour virum, urbe 
pour urbem, etc.... — D. dejd, 
jadis, jamais. 

Sable, origine inconnue. — D. 
jabler. 

Jabot , origine inconnue. — D. 
jaboter. 

Macassev, crier comme un 
Jacques (sobriquet donne 41a pie; 
les noms propres d'homme ont et6 
assez frequemment appliques aux 
oiseaux, temoin pierrot pour moi- 
neau, etc..) 

Machhre, anciennement jas- 
chiire,gaschxeWe , du L. gascaria 
(terre labourable non ensemen- 
cee. dans les textes du moyen age : 
a ifnusquisque equus, qui laborat 
in terrae ejusdem villari, id est in 
gascariis.... » dit un texte du dou- 
zieme siecle. L'origine de gascaria 
est inconnue). 

Gascaria a donne gaschiere par 
le changement : 1° de c en c/i(voy. 
acharner) ; 2° de aria en iere (voy 
dnier) ; — puis iachidre par la 
chute de s (voy. aWroe)etle chan- 
gement de g en ; (voy. jumeau). 
D. jacherer. 

Mucin the j du L. kyacinthus 
(jacinthe) par le changement de 
hy en j (voy. abrfyer). 

jraconas , origine inconnue. 

Maeque , voy. jdquette, 

dractance , du L. jactantia 
(m. s.). 



jraeulatolre, du L. jaculato- 

rius (m. s.). 

Made , origine inconnue. 

Modi* , compost de jd et dis ; 
jd est le L. jam (deja), voy. ce 
mot ; dis est le L. dies (jour). 

f jaguar, mot venu des colo- 
nies de PAmerique espagnole, ja- 
guar ou jaguara. 

Mailtiw (anciennement lancer, 
jeter), autre, forme de jaiUer*, 
du L. jaculare (lancer) dans Isi- 
dore de Seville) , par la contraction 
reguliere (voy, accointer) de 
jac(H)lare en jacflare d'ou jailler 
par le changement de cl en U (\oy. 
abeille). — D. jaillissement, re- 
jaillir. 

Mais, mot tres-mal forme du L. 
gagates (jais). Jais est dans Tan- 
cien francais jayet , en wallon 
gaiete. 

Ga(g)dtes perdant le g medial 
(voy. allier) donne gayet par In- 
tercalation euphonique cTun y 
(voy. p. lxxxtx) et le changement 
de at en et (voy. ampouU) ; gayet 
devient jayet par le changement de 
g en ; (voy. jumeau). Jusqu'ici la 
transformation est reguliere ; com- 
ment jayet s'est-il corrompu en 
jaye puis jai et jais t e'est ce que 
nous igoorons. 

jralaa, mot d'origine historique , 
(voy. p. lxiv); de la ville mexicaine 
de Jalap (en espagnol Xalapa) 
d'ou cette plante fut apportee en 
Europe au commencement du dix- 
septieme siecle. 

Mate, origine inconnue. — D. 
jalage. 



y Google 



JAN 



309 



JAT 



JaMon, origine inconnue. — D. 
jolonner, jalonneur. 

Jalotuet* , voy. jaloux. 

Jalousie , voy. jaloux, 

#«IoMjc,du L. zelosus (jaloux). 
— Sur c devenu a, voy. amender. 
Sur o devenu ou, voy. affouage. 
% initial est ici devenu j, comme 
dans: jujube de (zizyphum). — D. 
jalouser, jalousie. 

Jamais , voy. ja et mats. 

Jambe, anciennement gambe, 
en italien gamba, du L. gamba (jar- 
ret, cuisse, puis jam be dans Vegece 
^r«. Viterin. lib. I, 56 : Port ouod 
admonitus injuria, tollit altius 
crura, et in flexione geniculorum 
atque gambarum molliter vekit). 

Sur le changement de g latin en 
j, voy. jumeau. — D. jambage, 
jambon, enjamber, jambtere, jam- 
oette, jambe". 

Jambon, , voy. jambe. — D. 
jambonneau, 

f jraniosalre , mot d'origine 
orientale (turc jenitcheri, janis- 
saire). 

Maa&ilste, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv), deriv6 de 
Janse'nius, eveque d'Ypres. — D. 
jansenisme. 

Jante, du L. camitem* (jante, 
dans Jes Gloses Florentines; l'o- 
rigine de camitem est inconnue. 

Camitem , regulierement con- 
tracte en cam'tem (voy. p. lxxxi) 
a donne jante par le changement 
de m en n (voy. changer) , et par 
celui de c initial en #, puis en j, 
qu'on retrouve dans javelte (ca- 
pella). 

Janvier , du L. januarius 
(Janvier). — Sur arius devenu ier. 
voy. dnier. — J7 latin (januarius) 
est ici devenu v : cette consonnifi- 
cation de Yu qui se retrouve dans 
veuve (vidva), pieure (itX&vpa), et 
apres un q, comme dans suivre 
(sequere), eve* (aqua) existe deja 



chez Lucrece qui emploie genva 
pour genua, tenvis pour tenuis, et 
dans le latin merovingien qui offre 
au sixieme siecle severe pour se- 
quere (seq't?ere). 

Japper, onomatopee (voyez 
p. lxv). — D. jappement. 

jmmne , espece de jaquette ; 
mot d'origine historique remon- 
tant a Tepoque de la Jacquerie; 
(voy. p. lxv) vfitement que por- 
taient les Jacques, les paysans re- 
vokes du quatorzieme siecle. — D, 
jaquette. 

Jaquemart, origine incon- 
nue. 

jraquette, voy. jaque. 

Ja**din 7 anciennement gar din, 
mot d'origine germanique (alle- 
mand gartenjardin). Sur g devenu 
j, voy. jumeau; sur le change- 
ment de t en d, voy. p, xcm. — 
D. jar diner, jardinier, jardtnage, 
jardinet. 

Jargon, origine inconnue. — 
D. iargonner. 

f JFarre, mot venu de Fespa- 
gnol jarra (jarre). 

Jawet, anciennemeDt garret, 
diminutif d'un radical disparu 
garre* (qu'on retrouve dans le pro- 
vencal garra jambe) et qui est 
d'origine celtique (breton gdr, 
ambe). 

Sur g devenu j 9 voy. jumeau* — 
D. jarretxfre. 

JarretHere, voy. jarret. 

Jars, origine inconnue. 

t jraser, mot recent dans la 
langue et venu du provencal go- 
sar (jaser, qui est un mot d'origine 
germanique ; scandinave gassi ca- 
gueteur). Sur g devenu j, voyez 
jumeau. — D. jaseur, jaserie. 

f draamlii, mot venu de l'espa- 
gnol jasmt'n (jasmin). 

jraape, du L. iaspis (jaspe dans 
Pline). — D. jasper, jaspure. 

Jatte, anciennement gatte , en 



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JB 



810 



JEU 



espagnol gabata, duL gabata (jatte) 
par la contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de gab (&) ta en gaVta , d'ou 
galte par Fassimilation de bt en It qui 
aurait du regulierement donner d 
(voy. accouder) Gatte devient jatte 
par le changement deg en j (voyez 
jumeau) . — D. jattfa. 

Jawger, origine inconnue, — 
D. jauge (substantif verbal) , jau- 
geage. 

#atme, anciennement jalne, 
du L, galbinus (jaune) par la con- 
traction reguliere (voy. p. lxxxi) de 
galb(l)nus en gaWnus qui se re- 
duit a gaVnus (voy p. xcv) d'ou 
jalne (voy. jumeau), puis jaune 
(voy. agneau). — D. jaundtre, 
•aunir, jaunisse. 

Javat*** origine inconnue. 

f Mvellue, mot venu au sei- 
zieme siecle de l'italien giavelina 
(javeline). 

Javetie, anciennement gavelle, 
on italien gavella poignee de sar- 
ment ou d'epis, du L. capella* 
(poignee, derive du meme radical 
que capulus poignee). 

Capella a donne" gavelle par le 
changement de p en v (voy. ar~ 
river), de c en g (voy. adjuflfcr) , 
puis javelle (voy. jumeat*) . — D. 
javeier, javeleur, enjaveler. 

Savetot, origine inconnue. 

Jfayet r vQj. Jais. 

#e,au onzieme siecle /o, auneu- 
vieme to et eo, du L ego (je). Par 
la- chute reguliere du g medial 
(voy. allier) e(g)o donneeo qui est 
au neuvieme siecle dans les Ser- 
ments de Strasbourg : « Eo talvarai 
cest meon fradre Karlo (ego salvabo 
eccistum meum fratrem Karolum). 

De meme que l{eo)nem devint 
l{io)n, eo devint to (voy. abriger) 
que l'on trouve en 842 dans le Ser- 
ment de Charles le Chauve : neio 
ne neuls (litteralerr at : nee ego 
nee nec-uUus). 



Suivant la regie (voy. ahr4ger) to 
se consonnifie en jo aui vers le mi- 
lieu du douzieme siecle s'affaiblit 
en je, comme les formes eo ,* 16 de 
notre ancienne langue se sont af- 
faib'ies en ce et en le. 

JeVemipcfe, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv). 

Jesulie, a l'origine Jdsuiste, 
derive de jiisus. Sur la chute de *; 
voy. abime. — D jdsuitique , j4~ 
suttisme. 

Jfet, voy. jeter. 

Meter, eh italien gettare t du L. 
jactare (jeter) par le changement '•, 
1° de a en e voy, acheter); 2* de 
ct en t (voy. affefy). — D. jet 
(subst. verbal), jetee (subst. par- 
ticipial), deleter, rejeter, surjeter, 
jeton. • ' ' • 

Jetott, voy. jeter. 

Jetc, en provencal joe, du L. 
jocus (jeu) par le changement de o 
en eu (voy. accueillir) et par la 
chute du c (voy. ami). 

Jettcfi; en italien giovedi, du 
L, Joins dtejp (jeudi dans les Inserip* 
tiohs). Jovis adonne;evpar lachute 
dut? (voy. a'ieul) et par le change- 
ment de o en eu (voy. accuetWr). 

Ce qui continue cette origine, 
e'est que le provencal , renversant 
Pordre des composes > appelle le 
jeudi dijous (dies jovis). 

Jetttft (a), anciennement ieun 
du L. jejunui (a jeun) par lachute 
du/ medial / en) turns que Ton re- 
trouve dans jeune de je(j)umum, 
jeuner de je(j)unare, 

letme, anciennement /one, du 
L. juvents (ieune) par la contrac- 
tion r6gukere (vby. p. lxxxi) de 
juv(&)nis en juv'nis; <rou jone par 
la reduction de vn latin a n (voy. 
alUger) et par le changement de 
t* en o (voy. aimoncer) ; jone devient 
jeune par le changement de o en 
<?u (voy. accueillir). — D. jeunme, 
rajeunir. 



y Google 



JON 



311 



JOU 



fedtte, anciennement jeune, 
L. jejunium (jtf&qe). Pour les 
ingements de lettres, voy. jeun. 
reunet*, anciennement jeuner, 
L. jejunare (jeuner). Pour le 
ngement de lettres, voy. jeun.— 
Ujeuner (voy. p. xxvi) , jeuneur. 
few ne««e, voy. jeune. 
r oqiffie«*, voy. /oyau. — D. 
ilterte. 

jrofkey, de l'anglais jockey 
s.). 

rocrlMe, origine loconnue. 
bie, du L. gaudia (de pdu- 
m), joie par la chute du d me- 
l gau(&jia* (voy. occobfcr), <Tou 
-ia qui devient /oie par le chan- 
lent de au en o (voyez olouef- 
et de g en j (voy. jumeau. 
oin<fVe,du L.jungerr. (joindre) 
r le changement de ungere en 
ire, voy. oindre. 
oitttf, du L. junctus (joint). — 
r les changements de lettres, 
. accointer. — D.jointde, join- 

T. 

olntuvc) du L. juncttira 
iture) par le changement de 
met en oint, voy. accointer. 
oil, qui signifie joyeux dans 
cien fran9ais,est un motd'ori- 
j germanique, vieux scandi- 
b jul, proprement fate, puis 
,d'ou le sens primitif de joyeux 
poss^dait le mot jolt a l'ori- 
i de la langue francaise. — D. 
t, enj Oliver, jolivek. 
»ttc, du L.juncus (jonc). Sur 
jvenu o voy. annoncer. — D. 
her (anciennement parsemer 
one,. puis par extension, par- 
3r de verdure , de fleurs etc.), 
het (origin, fiches en jonc.) 
yncher, voy. jonc. ->- D. jon- 
(subst. part). 
tnchet, voy. jonc. 
ooetloo, du L. junctionem 
s.). — Pour les changements 
attres, voy. accointer. 



Jottyfef, a Torigine divertir 
en general, du L. joculari (debitor 
des plaisanteries) par la contrac- 
tion reguliere (voy. accointer) en 
joe'lari ; par rinsertion d'un n 
(voy. concombre) et le change- 
ment de cl en gl (voy. e'glise) ce 
mot devient jongler. — D. jongU- 
rie.jongleur. 

Jfongierie, voy. jongler- 

Jfongieuw, voy. jongler. . 

f jronqulUe, de l'espagndl jun* 
quillo (jonquilie). 
- Jcmfraffte, du L. Jovis barba 
(joubaroe dans Pline). Jouw $ 
donnH jou par la chute de v (voye* 
aieul) et par le changement de q 
en ou (voy. affouage). Renversant 
les tennes de la composition Jovif 
barba, l'italien dit barba di Giov* 
pour joubarbe. 

Jbfte, anciennement joe, k 
Torigine jode, en itatien goto, 
en provencai gauja, du L. gauta* 
joue, dans les textes du moyen 
Age : Babuit partem capitis S. 
Bartbolbmsei , qux maxilla seu 
faux, vel gauta vulgariter di- 

citur dit un texte cite par 

Ducange. — Gauta est une con- 
traction degavata (forme employee 
oar Ennodius) qui est une trans- 
formation degabata (ecuelle, dans 
Martial ; voy. p. xxiv pour le pas- 
sage du sens d'ecuelle a celui de 
joue). 

Gab(k)ta devenant successive- 
vement gav[$)ta (voy. avant) puis 
gav'ta (voy. p. lxxh), enfin gauta 
(voy. aurone) a donne joe par la 
chute du t (voy. aigu) , le chan- 
gement de auen o (voy. alouette) 
et de g en ; (voy. jumeau). L'an<- 
cien francais joe devient joue par 
le changement de o en ou (voy. af- 
fouage). — D. joufflu (le rapport 
exact de ce mot avec le primitif 
est difficile a preciser). 

Jcmet* , en provencai jogar, du 



y Google 



JOU 



312 



JOY 



L. jocari (jouer) par la chute re- 
guliere du c medial jo(c)ari (voy. 
affouage), et le changement de o 
en ou (voy. affouage). — D. joujou, 
puailler , joueur, dtjouer, enjoue". 

Sonet , diminutif de jeu (voyez 
ce mot • voy. aussi p. xci pour le 
changement de la diphthongue). 

Joufllu, voy. joue. 

Joug, du L. jugum (joug) par 
le changement de u en ou (voy. 
accouder). 

louir, anciennement joir, en 
provencal gaudir, du L. pauitere 
(se rejouir) par le changement de 
gaudere en gaudire (voy. accom- 
plir). Gau{a)ire perdant son d 
medial voy. accabler) donne joir 
par le changement : 1° de g en j 
(voy. jumeau) : 2° de au en o 
(voy. alouette). Joir devient jouir 
par le changement de o en ou 
(voy. affouage). — D. jouissant 
(d'ou joimsance), re" jouir. 

Jour, anciennement /or, a l'ori- 
gine joro, en italien giorno du 
L. diwrnu* (proprement de jour: 
puis espace d'un jour dans la lati- 
nit6 de la decadence). 

Diumus consonnifiant di en j 
(voy. abre'ger) et changeant u en o 
(voy. annoncer) donne jornus que 
l'on trouve pour diumus dans les 
textes carlovingiens : Donamus 
etiam mancipia his nominibus..., 
sub eo censu, ut masculi denarios 
4. de capite arinis singulis, simul 
et jornos % nisi reditus terras te- 
neant.... lit-on dans une Charte 
de896. 

Jornus donne l'ancien francais 
jorn qui se reduit a jor (voy. au- 
oour), d'ou la forme moderne jour 
(voy. affouage). — D. de l'ancienne 
forme jorn, jorn4e * aujourd'hui 
journte (sur o devenu ou, voyez 
affouage), ajourner, sojourner. 

Journal, anciennement jor- 
nal (proprement qui a lieu chaque 



jour) du L. diurnale (journalier) 
qui est deja jornale dans les textes 
merovingiens par la transforma- 
tion de diurn.... en jorn.... etudiee 
au mot jour. * Similiter dono jor- 
naies de terra arabili..., » dit une 
charte du huitieme siecle. 

Jornale donne Tancien francais 
jornal qui devient journal par le 
changement de o en ou (voyez af- 
fouage. — D. journalier 7 journa- 
liste, journalisme. 

Journalier , voy. journal. 

Jourttalisme, voy. journal. 

Jot* rnaliste , voy journal. 

lournet, voy. jour. 

Jot* to, voy. jouter. 

Jowter, anciennement jouster. 
a l'origine juster, en espagnoi 
justar, du L. juxtare * s'approcher, 
puis combattre de pres, dans la 
latinitS du moyen &ge, derive de 
juxta (pres de). Juxtare a donne 
juster par le changement de x en 
* Cvoy. ajouter), jouster par celui 
de u en ou (voy. accouder), jouter 
par la chute de * (voy. abime). 
— D. /oule (substantif verbal), 
jouteur. 

Jowvence, du L. juventia * 
(jeunesse) par le changement : 
1° de u en ou (voy. accouder) / 
2° de tto en ce (voy. agencer). 

Jouveneeau . anciennement 
jouvencel, en italien gtovinceUo, 
du L. juvenicellus * (diminutif de 
jfuvenw, jeune). 

Juvenicellus contracte suivant 
la regie en jwoerCcellus (que Ton 
trouve dans un texte de 1150) 
donne jouvencel par le changement 
de u en ou (voy. accouder), jou- 
veneeau par celui de el en eau 
(voy. agneau). 

f Jovial, de l'italien <?tovak 
(jovial). 

Joy au , anciennement joyel, 
joei, du L. jocaZc * (joyau dans 
Gregoire de Tours). Ce mot qui 



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JUD 



313 



JUM 



derive de jocari % est frequent au 
sens de joyau dansles textes la- 
tins du moyen age : Reges.... jocalia 
plurima in sanctae ecclestae or- 
namentum contulerant.... dit In- 
gulphe, p. 858). 

Jo{c)ale, perdant le c medial 
(voy. aftouage), changeant al en el 
(voy. annuel) f donne joel t puis 
joyel par l'mtercalation d'un y 
destine a adoucir l 1 hiatus (voyez 
p. lxxxix). Joyel devient joyau 
par le changement de el en au 
(voy. agneau). — D. joaillier (de 
1 ancienne forme joal,joel). 

Joyeux , du L. gaudiosus 
(joyeux) . Gau(d)iosus perdant le d 
medial (voy. accdbter) donne 
joyeux par le changement : 1° de 
g en j (voy. jumeau); 2° de au en 
o (voy. alouette); 3° de osus en eux 
(voy. amourette). — D. joyeusete'. 

Jube, motd'origine historique 
(voy. p. lxiv) ; ainsi appele a cause 
du Jube, domine , dicere que l'on 
chantait autrefois dans cettepartie 
de TEglise. 

jubilation , du L. jubila- 
tionem (jubilation dans saint Je- 
rome). 

jublle, du L.jubilaeus (mSme 
sens). 

fitchew, origine inconnue. — 
D.juchoir,de'jucher. 

Juda'ique, du L. judaicus 
(m.s.). 

judaYser, du L. ludaizare 
(m. s.). 

JudaYsme, du L. judatsmus 

< m - s *)- ,, . . .. . 

Judas, mot d'ongine niston- 

que (voy. p. lxiv) . 

Judicature, du L. judicature,* 

( m - s )- „ ..... 

Judicial re, du L. judiciartu* 

(m.s.). 

Judleleux, du L judiciosus * 

(m. s.) . Sur osws devenu eus, voy. 

amoureu<r. , 



Jfwge, en provencal jutye, en 
italien giudice , du L. judicem 
(juge) par ia contraction reguliere 
'(voy. p. lxxxi) de jud(I)cem en 
judcem, d'oii j'u^e par la reduc- 
tion de dc a c puis a p (voy. adju- 
ger). 

Jtcgemetttf , voy. juger. 

Juger, du L. judicare (juger). 
PourTe changement de judicare 
en juger, voy. adjuger. «— D. ju- 
gement, adjuger, prejuger. 

Jugulalre, derive du L. /u^fu- 
Zuro (porge). 

#ui/*, du L. judaeus (Juif) par 
le changement : 1° de oe en e(voy. 
p. lxxxvi) d'ou judeus; 2° de 
yud(eu)s en jud(iu)s (voy. abre'ger); 
3° par ^attraction de i (voy. ouw) 
et le changement de d en / (voy. 
fief). — V.juiverie. 

Jwitiet, dimmutif du L. Julius 
(juillet chez les Romains). par un 
diminutif juliettus * d'ou juillet 
par le changement de li en il 
(voy. ail) . 

Juitt, du L. Junius (juin) par 
transposition de Ft (voy. outs) . 

Jujube, du L. zizyphum (ju- 
jube) par le changement regulier 
de y en u (voy. p. lxxxvi), zizu- 
phum, d'ou jujube ; pour le chan- 
gement : 1° de z en j, voy. jaloux; 
2° de i en u, voy. fumier; 3° de 
p/i ou / en b ( changement qui est 
contre toutes les regies) voyez 
p. xcm). — D. juiubier. 

i Julep, de Fespagnol julep, 
(julep) . 

Juwneau, du L. gemellus (ju- 
meau). — Sur ellus devenu eau t 
voy. anneau. — G initial est ici 
devenu j comme dans : jouir (flfau- 
dere), jatte (flfab'ta), jaune (flfalbi- 
nus) , jambe (gamba), joie (graudia), 
joyeux (gfaudiosus),joue (giauta*). 
Quant au changement de e en t* 
(par i'intermediaire de eu, comme 
dans buveur, bluet) puree qui 
18 



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KAO 



314 



KRH 



gtaient beuveur, bleuet, peuree dans 
notre ancienne langue), on le re- 
trouve dans reussir (re-exire). — 
D. jumelles. 

#timelle«. voy. jumeau. 

jutncnt. duL. jumentum (Mte 
de somme, dans le latin classique, 
jument dans le latin de la deca- 
dence et dans le latin du moyen 
age). 

lupe, mot d'origme onentale 
(arabe jubbet, vdtement de des- 
sous). — D jupon. 

Jtcpon, voy. jupe 

Jut*aiufe 9 voy. jurer. 

Sure*, du L. jurare (m. s.).— 
D jurement, juron, jurcmde. 

Jurldlctlon, du L. jurisdictio- 
nem (juridiction). 

Jurldloue, du L. juridicus 

jurlsconsulte, du L. juris- 
consultus (m s.). 

Jurisprudence, du L juris- 
prudentia (m. s. dans Ulpien). 

Juron, voy. jurer. 

t Jury,de t'anglais jury (jury). 

Jim, du L. jus (jus). — p. jfu- 
teux (voy. p. xci). 

Jfusant (mouvement de la ma- 
ree qui baisse) derive de jus, ad- 
verbe qui signifiait en bos dans 
notre ancienne langue. Ce vieux 
francos jus est le L. jusum (en 



las, dans saint Augustin : « Ju» 
sum facere Deuiri, » dit cet ecri- 
vain dans son traits sur la premiere 
6pltre de saint Jean). 

Jfusqwe, du L. de usque (com- 
post de de et de usque, j usque). 
t){eu)sque devenant regulterement 
d{iu)sque (voy accointer), cette 
forme a donnl jusque par la con- 
sonnification de dt (diusque) ent 
(voy abrtger). 

Jusqulame, du L. jusquiamus 
(m. s. dans Vegece). 

Jusslon, du L. jussionem (ac- 
tion d'ordonner) . 

Justaucowpm, composition de 
juste, au, corps (voy. ces mots) . 

Susie, du L. jusfttf (juste) 

Jusiesse, du L justitia (jus- 
tesse) par le changement de t(ta 
en esse (voy. forteresse) 

justice, duL. justitia (justice). 
Surfta devenu ce, voy. agencer. 

— D. justicier, justiciable. 
Justification, du L justified' 

tionem (m. s ) . 

justlfler, du L justificare (m 
s.). — D justifiable. 

Jtcterar, voy. ju» et p xci. 

Juvenile, du L. juvenilis 
(m. s.). 

Juxtaposer, du L. juxta (au- 
pres), et de poser (voy: ce mot). 

— D. juxtaposition. 



K 



t 



, in. mot d'ongine orientale 

{persan kh&n, kan). 

f Kangurou, le nom et Pani- 
mal nous sont venus d'Austra- 
lie. 

I Kaolin, mot d'origme chinoise 



(fowling, argile qui sert ^ fabri- 
(Juer la porcelaine) . 

f Hermes, mot d'origine orien- 
tale (arabe kermes cochenille). 

j- Kermesse, du flainanditerk- 
misse, kermesse, 16te patrdriale 



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LAB 



315 



LAG 



Kilo..., du grec x&toi (mille). 
kilogramme , voy. kilo, et 

kilolitre, voy. kilo et litre., 

kilometre, voy. kilo et metre. 

| Mosque, mot d'briffine 
orienlale (tiirc kleuchk, belve- 
dere). 

f ttlracki-wasaer, de ralle- 
mahd kirsch-itiasser (eau de ceri- 
ses). 



f Kaon*, du russe knout 

(m. s.}. 

Kyrielle, mot forge a l'aide des 
deux premiers mots de la litanif 
grecque kvpie s^sYjabv (Seigneur, 
aie pitie), litanie qui contient da 
invocations a un grand nombre de 
saints, d'ou le sens de longue 
suite, de iongue enumeration donne" 
au mot kyrielle. 

Kyste, du grec xtftrrt; (pbche). 



1 . La (article), voy. le. 

2. IA9 sixieme note de la gam- 
me (voy. gamme). 

3. La (adverbe de lieu, en es- 
pagnol ella, du L. iliac (par la) : 
pour I'aph6r6sede it initial voy. le; 
pour la chute du c, voy. ami. 

Labarum, du L. labarum 
(m. s.). 

lAbeur, du L. lab or em (m. s.) . 
Sur le changement de en eu, 
voy. accueittir. 

labial, du L. labicdis* (m. s. 
derive de Jaota levre). 

Lablee, derive de labium (le- 
vre). 

Laboratolre, du L. laborato- 
Hum*. (d6riv6 de laborare tra- 
railler). 

Laborleux, du L, laboriosus 
m, s.). Sur osus devenu eux f 
oy. amour eux. 

Labourer, du L. f laborare (tra- 
ailler; pour la restriction du sens, 
oy. p. xxiu).— D. labour (subst. 
erbal), labourage, labour able, la- 
oureur. 

i^abyrlnthe, du L. labyrin 
fcu* (m. 8.), 



Lac, dii L locus (lac). 

JLoeef, voy lacs. — D. lacis y 
enlacer, dttacer, entrelacer. 

Laceration, duL lacerationem 
(action de dechirer). 

fcacerer, du L. lacerate (de- 
chirer). 

Lamet, voy. lacs. 

Luche, ancien frangais lasche, 
en provencal lose, en italien lasco, 
du L. lascus, transposition de 
lacsus flatus) lAche. — La con- 
sonne double x qui equivaut a cs, 
s'est transposed en sc dans un cer- 
tain nombre de mots • Idcher an- 
cien francais lascher, lasquer dans 
la Chanson de Roland, de laicare 
pour iacsare [lasare]), mhche (an- 
cienn. mesche de mysca pour 
nryesa Tmyapa]), ikche ( ancien n. 
tasc/K~,aetasca,pourtam |taura*|) 

Quant au changement de lascus 
en Idche, voy. abime pour la chute 
de P*, et acharner pour la permu- 
tation du c latin en ch. 

Lacher, ahciennement las~ 
cher. du L. laxare (lacher) Pour 
le changement de lacsare (laxare) 
en lascare puis lascher t voy. aux 



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LAD 



316 



LAI 



mots Idche et acharner; sur la 
chute de s, voy. abime. — D. re- 
lAcher. 

Lachete, anciennement las- 
chett, en italien laschitd. du L. laxi- 
tatem (lachetS). Pour le change- 
ment de taxi.... en idche. . . . voy. 
Idcher; pour celui de atem en 4, 
voy. abbe. 

Lacis, voy. later. 

Lacontque, du L. Jaconicus 
(de Laconie). 

Lacrymal, du L. lacrymalis * 
(m s ). — D. lacrymatoire. 

Lacs, du L. laqueus (lacs) ; sur 
le changement de qu en c voy. 
car; sur la persi stance de s, voy. 
Grammaire historique de la lan- 
gue frangaise, p. 153. — D. de la 
forme lac du cas-regime : later, 
lacet. 

Lactation, du L. iactationem 
(allaitement) . 

fcacte, du L. lacteus (de lait) . 

Lacane, du latin lacuna (la- 
cune). 

JL«wft*e, lepreux au moyen age, 
du L» lazarus (proprement Lazare, 
le pauvre de l'Evangile qui se te- 
nait couvert d'ulceres et de lepre, 
a la porte du riche : d'ou par ex- 
tension le nom de lazarus donne* 
aux lepreux; Saint Lazare etait au 
moyen age invoque contre la lepre 
et lazarus a le bens de lepreux 
dans les textes de 1a basse latmite* 
« de infirmis aux et leprosi, vulgo 
autem lazarii nominantur ... » 
Laz{&)rus contracte suivant la re 
gle (voy. p. lxxxi) en laz'rus donne 
laz-d-re par le changement de ir 
en *dr(roy. ancitre) Surle chan- 
gement de lasdre en ladre, voy. 
abime. 

Ce qui confirme cette ongine, 
c'est que Saint Lazare est appel6 
Saint Ladre dans tous les pays si- 
tues au nord de la Loire.— D. la- 
drerie. 



f Lagune, de Pitalien laguna 

(lagune). 

1. Lai (adj.). du L. laicus (la!- 
que) ; sur la chute du c, voy. ami. 

2. Lai (suhst.) poeme, chant, 
mot d'origine celtique (kymrique 
llais, chant, m61odie). 

Laichcj anciennement laische, 
en italien lista, motd'origineger- 
manique (ancien haut allemand 
luca, fougere). Sur i devenu at , 
voy. marraine; sur c devenu ch. 
voy. acharner. 

Laid, en italien {aide, mot d'o- 
rigine germanique (ancien haut 
allemand laid, odieux, desagrea- 
ble). — D. laideron, laideur, en- 
laidir. 

1. Laie (zoologie), origme in- 
connue. 

2. Laie (route) duL. du moyen 
age leda (route de foret, dans les 
textes de la basse latinite : « ter- 
rain, alnetum, paludem, quae ja- 
cent inter ledam.... et sclusam 
molendini.... • lit-on dans une 
charte de 1 136.— Leda est d'origine 
germanique : scandinave leid, 
voie) . 

Leda a donne late par la chute 
du d (voy. alouette) et le change- 
ment de e en oi puis di (voy. ac- 
croire) . 

Laine, en italien lana, du L. 
lana (laine); sur le changement 
de ana en aine, voy. ancien. — D. 
lamer, lainage, lainerie, lainier. 

Laineuocj du L. lanosus (lai- 
neux), par le changement : 1° de 
a en ai (voy. aigle) ; 2° de omen 
eux (voy amoureux). 

jbaVqne, du L. laicus (m. s.). 

Lais, voyt laisser. 

Laisse, du L. laxa* (laisse, 
dans les textes latins du moyen 
age : laxa derive de laxus, lache, 
proprement corde tenue tres-la- 
che) Sur x devenu ss , voy. aw- 
selle; sur a devenu <ri t voy. aigle, 



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LAM 



317 



LAM 



Lai§§e» 9 du L. laxare 
dans Gregoire de Tours) par le 
changement . 1° de a en at (voy . 
aigle); 2° de xen ss (voy. aisselle). 
— D. lais (subst verbal), reJats, 
dttaisser. 

Lait, du L toctem (lait). Sur 
cfdevenu it\ voy. attrait. — D. 
laiti, laiterie, laitage, laiteux, 
laitter^allaiter. 

Laitance, voy. laite. 

Laite, du L. lactes (laitance) , 
par le changement de ct en it (voy. 
attrait) — D. laitance . 

Laiton, origine in conn ue. 

Laituc, du L. lactuca (laitue) 
parle changement : 1° de ct en 
it (voy. attrait) ;de uca enue (voy 
zmt) 

Luize (largeur), anciennement 
awe, du L. ZaJia* (largeur), de- 
•ive de latus large) par le change- 
nent: 1° de a en at (voy aigle) ; 
!° de *ta en s doux (voy. agencer), 
>uis dn * (voy. ne*). 

1 . f Lama, mot d'origine thibe- 
aine, designant les prStres du Bou- 
ha. 

2. f Lama (zoologie), mot d'o- 
igine pSruvienne, ainsi que l'a- 
umal qu'il dSsigne. 

Lamatteut*, deriv6 de Fan- 
ien francais laman pilote c6tier. 
aman est un mot d'origine ger- 
lanique (flamand lotman, lama- 
eur). 

E,anmbeau, anciennement tam- 
?l (forme qui a persists en terme 
e blason). Sur el devenu eau, voy. 
gneau. L'origine de ce mot est 
i con nue. 

LamblB, mot d'origine histo- 
que (voy. p. lxiv). .— D. lam- 
ner 

JLa*t»6owt*cfe 9 origine incon- 
je 

Lambrequin, origine in- 
>nn.ue. 
E**mbwis, derive* de l'ancien 



francais lambre (lambris, propre- 
ment plaques de bois ou de metal 
appliqu6es sur les murailles d'une 
salle) - lambre est le L. lamina 
(lame, plaque de bois ou de metal) 
par la contraction reguliere (voy. 
p. lxxxt) de lamina en lam'na— 
qui change tres - irreRulierement 
mn en mr (voy. coffre), d'ou mbr 
(voy. absoudre), — D. tambrisser, 
tambrissage. 

JLam 6ftfcfce 9 au seizieme sie- 
cle lambrtuche, du L. labrusea 
(vigne sauvage) Sur la chute de s, 
voy. abime. — Pour l'addition de 
m, cf. trombe (turbo). 

Lome, du L. lamina (lame) 
par la contraction reguliere (voy. 
p. lxxxi) de lam(X)na en lam'na, 
<Tou lame par la reduction de mn 
* m (voy. allumer). — I>. lame", 
lamelle, tamelUux, lamelle'. 

Lamentable, du L lamenta- 
bilis(m. s.). 

Lamentation 9 du L lamenta- 
tionem (m. s.) 

Lamenter, du L. lamentari 
(m. s.). 

Lamle, du L. lamia (sorte de 
vampire). 

Lamlner, du L, laminare (de- 
rive de lamina y lame). — D la- 
minage, laminoir 

Lampadalre, du L. lampada- 
rius (porte-flambeau). 

1. Lampas (etoffe), origine 
inconnue. 

2. Lampas (art v6terinaire), 
origine inconnue. 

Lampe, du L. lampas (lam- 
pe). — D lampion y lampiste. 

Lampet*, voy taper. — D, 
lampie (subst. participial). 

Lampion, voy. tampe. 

Lampiste, voy ktmpe. 

Latnp**>ie, en provencal fam- 

rado v en italien lampreda, du 
lampetra (Iamproie). Lampetra, 
changeant regulierement tr en dr 



yGoogk 



LAN 



318 



LAR 



(vov. aider) donne lampedra (qui 
est dans les textes du septieme sie- 
cle)* d'ou Uwipreda par la trans- 
position de IV (voy. dprett). Lam- 
pre(6)a donne lamproie par la 
chute du d medial (voy. accabler) 
et le changement de e en oi (voy. 
accroire). 

Lance, en italien lancia, du 
L. lancca (lance) par la transfor- 
mation reguliere (voy. aordger) 
de fanc(ea) en lanc(ia), d'ou Zance 
par le changement de cia en ce 
(voy. ofliencer), — D. dancer (pro- 
prement jeter la lance, puis jeter 
un trait, un javelot), lancetie, lan- 
der. 

Lancer, voy. lance. , 

Lanctnant* du L. tancinan- 
tem (qui coupe). 

Lande , mot d'origine germa- 
nique (allemand Lande, contree). 

Landicr, origine inconnue. 

Langage, voy. langue. 

Lange, 6toffe de laine., du 1. 
lanea * (etoffe de taine). lan(ea) 
devenantregulierement labia (voy. 
accointer), donne Janja par la con- 
sonnificatipn de t'a en /a (voy. 
abrtger) d'ou /an^e. 

Langoureux, voy. lan- 

Langouste , dans l'ancieh 
francais a le double sens de sau- 
terelle et d'ecrevisse (proprement 
sauterelle de mer). On voit dans 
un psautier du treizieme siecle 
que Dieu livra les bles d'figypte 
aux langoustes. 

Langouste, en portugais lagosta, 
vient du t. locusta (sauterelle). 
Locusta a donn£ langouste par ^ad- 
dition de n (voy. eoricombre) ; 
pour le changement 1° de u en 
ou voy. accouder; 2° de o en o 
voy. dame. 

Langue$ ancienneihent ten- 
gue, du L. lingua (langue) par le 
changement de in en en, puis en , 



an (voy. p. lxxxv). — D. langage, 
languette. 

Lattgueur, du L. languorem 
(m. s,) f Sur o devenii cu, voy. 
accweutoY). — D. Idngoureux. 

Languiw, dd L. languere 
(languir) par le changement de e 
en t (voy. accowipWr). 

Lanier e, ce mot frui a dans 
notre anciehrie langue le sens de 
courroie de laine (oh trouve Juser 
des lanifyres au treizieirie siecle 
dans le Partonopeus) , derive du 
L. lanaria (de Zona, laihe) par le 
changement de aria en iere (voy. 
dnier). 

Lanlfete, duL. tenter (fai. s.). 

f Lansquenet, de l'allemand 
landsknecht (fantassin). 

Lanterne, du L. lanterna 
(lanterne). Voy. conebmbre. — D. 
Jantermer. 

Luper, mot d'origine germa- 
nique (allemand tappen, laper). 
Une autre fdrme de laper est 
tamper, (Pour ^addition de m, 
voy. Jamoriicfte.) 

jbaj»e»*eatt, voy. \ti$in. 

i.apldalre, du L. lapidaHtis 
(tailleur de nierres). 

Lapldatlon, du t. tiiptildHo- 
nem (m. s.). 

fcapider, dii L. tdjftdaft (lapi- 
der). 

Lapih, let Jief ebtt , derives 
d*un radical comraun top, doht l'o- 
rigine est inconnue. 

Laps, du L. lapsus (in. s.). 

f Laquata, de l'espagnol to- 
coyo (m. s.). 

t Laqiie, dd l'italieri tocca 
(laque). — D. laqueux. 

LareiH) anciert francais lare- 
cin, a l'origind larrectfc, en espa- 
gnol ladrociniOy du L. latroci- 
nium (vol); 1° par le changement 
de *r en rr puis en r (voy. ar- 
riere) : 2 b par la chute de o, lar- 
r(o)cintum (voy. aider). 



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LAT 



319 



LAZ 



Lav*, du L. lardum (lard 
dans Horace). — D. larder, tar- 
doir, lardon, entrelarder. 

Lare*, du L. lares (dieux do- 
mes tiques). 

Large, du L. tortus (abon- 
dant puis large). — D. dlargir, 
largeur. 

Largesse , du L. largitia * 
(m. s.). Sur itia devenu esse voy. 
forferetre. 
Large***; voy. Zarae. 
f Larfue, de Fitalien largo 
(largue). — D. larguer. 

Larme, en espagnol lagrima, 
du L; lacryma (iarme) par la con- 
traction reguliere (voy. accointer) 
de lacr{y)ma en lacr'mad' oil larme 
par la reduction de cr a r (voyez 
benir). — D. tormt«r, iarmoyer. 

JLafmoyet** voy. Zarme. — D. 
iarmotemeni. 

La»***ott, duL. latronem (lar- 

ron) par le changement de tr en 

rr (voy. arriere et p. lxxv). — D. 

larronnesse^ larronneau. 

Larve, du L. /artw (masque). 

Larynx, du grec XdpyvS (pi. s.). 

— D. larynge*, laryngien, laryn- 
3^e. 

Las, du L. lassus (las). ., 

Lasctr, du L. lascivus (lascifj. 

Laselvete, du L. lasciviiatem 
(m. s.). Sur atem devenu L voyez 
abbe"). 

Lasser, du L. lassare (m. s.). 

— D. ddlasser. 

Lassitude , du L. lassitudo 
(m. s.). 

f Last, de l'allemand fast 
jpoids). 

Latent du L. latenlem (cach6). 

lateral, du L. lateralis (qui 
ient au c6te). 

Latlclave, du L. laticlavus 
m s.) * 

Latin, du L. latinus (latin). 

LatlnUer, du L. latinizare 
m. s.). -- 1). latinisme, latiniste. 



Latlnlsme, voy. latiniser. 
Latlntote, voy. latiniser. 
Latlntte, du L. latinitdtetn (la- 

tinite). 

Latitude, du L. latitudo (lar- 
geur). 

Latrine*, du L. latrina (m. s.). 

LaUe, mot d'origine germani- 
que (allemand, lalte, laUe). — 
D. latter, lattis. 

Laudanum, origine inconnue. 

Laudatif, du L. laudativus 
(m. s.).. 

Laudes, du L. laude* (louan- 
ges). 

Laureat,du L. 2dured(t^ (cou- 
ronne deJaurier). 

Laurie*, clu L. /aurdnus * 
(arrive de laurus, laurier) par le 
changement de arius en ier (voyei 
dnier). 

Lavabo, du L. lavabo, futur de 
lavare (laverj. 

f Lavanrie,dentalien tawxnda 
(lavande). 

t Lave, del'itaiien Jdt?d (lave). 

La»ef,jdu L. Zararefm. s.).— 
D. laveur, lavis, lavoir, lavure, la- 
vasse, lavement, lavandifrre. 

Laxatf f , du L. laxativus 
(m s.). 

Lager, voy. Jaie. 2. — D. 
Jat/eur. 

Lagette, proprement caisse 
(encore au sens de tiroir. dans 
layette d'archives)^ puis linge ou 

01 

ri 



(lazaret). 

f Lazsi, de lHlalien idiii (ba- 
dinages). 



yGoogk 



LtC 



320 



LfcG 



Le y anciennement lo, en espa- 
gnoi lo , du L . ilium (Pour Tern- 
ploi du pronom Me, comme arti 
dedans les langues Romanes, 
voy. Grammaire historique de la 
langue francaise, p. 160) . 

Il-lum a donne k, comme il-la a 
donn6 la, comme il-los a donne les, 
comme il-luic a donne" lui, comme 
il-lorum a donne iewr,parla chute 
generate de la premiere syllabe U 
(qui est breve chez les comiques 
latins); ilk, Ma, Mum sontpres- 
que des enclitiques, comme on le 
voit par les composes ellum ellam 
dans Terence qui sont la contrac- 
tion de en-Mum, en-Ulam, par la 
chute de il : en(\\)lum, en(il)iam, 
d'oii en'lum, enl'am qui deviennent 
ellum , ellam par I'assimilation de 
nZ en 11. On voit ainsi comment 
Me n'6tant point accentue, a perdu 
en francais la premiere syllabe : 

1° Il-lum ainsi reduit a lum a 
donn6 lu par la chute de m(voy. ja) 
lo par le changement de u en o 
(voy. annoncer); l'ancien fran- 
cais lo est devenu k, comme ;o 
et co sont devenu? je et ce. 

2° llAos reduit a ks a donne 
les, par ie mgme adoucissement 
de o en e que nous venons de si- 
gnaler. 

3° llli-huic , contracte enilVhuic 
d'ou t'Muic par la chute de h (voyez 
atelier), a donne illui que I 'on 
trouve deja dans une inscription de 
TEmpire(Mur. 2088,6) : «uUimum 
illui spiritum » Il-lui perdant 
comme on vient de le voir la syl- 
labe initiale, s'est reduit a lui 

4° Vrlorum, se reduisant a lorum 
donne kur par le changement de 
o en eu (voy accueillir) 

L€, du L. lotus (large). Sur atus 
devenu 4, voy. ampoule. 

Lhche, origine inconnue. — D 

iMAer, en provencal Zec/w ', 



en italien kccare, mot d'origine 
germ an i que (allemand kcken, 
lecher) Sur le changement de ck 
ou cc en cfc, voy. acheter. 

£ecott, du L. kctionem (lecon) 
par le changement de ctio en co 
(voy agencer). 

Lectern*, du L. lector em (m. s). 

Lecture, du L. kctura* (m. s.) 

Legal, du L kgalis (conforme 
a la loi) — D. UgaUser, kgalisa- 
tion. 

Legallte , du L. kgalitatem* 
(m. s). 

Legat, du L. legatus (ambassa- 
deur). 

Legatalre, du L. kgatarius 
(m. s.). 

Legation, du L. legationem 
(m. s.). 

j- liege, mot d'ongine hollan- 
daise, comme beaucoup d'autres 
termes de marine (hollandais keg 
vide) . 

Legendalre, voy. Ugende 

Legende, du L legenda, plu- 
riel neutre du participe futur pas- 
sif legendus, devant 6tre lu, de le- 
gere (lire) — D kgendaire. 

Lege*, du L. kviarius* (le 
ger, denv6 de levis teger) par 
le changement de k(v\sfirius en 
te(vja)riu* (voy. abrdger) <rou l'an- 
cien francais kgier par la reduc- 
tion de v'j a gf (voy. abre'ger) et 
le changement de arius en t«r 
(voy. dm>r). — D. Ug&rek 

Legion, du L. legionem (le- 
gion). 

Legionnaire, du L. kgiona- 
nus (m. s.). 

Legislateur, du L. legislator 
rem (m. s). — D. legislature. 

Leglftlatlf, du L. kgislatimu' 
(m. s ), 

Legislation, du L. legislatio- 
nem (m. s). 

Leglste, du L. k(/isto* (derive 
de legem, m* s.). 



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Lis 



321 



LEV 



Legitime, du L. legitimus (16- 

timej. — D. ilUgitxme, Ugiti- 

er, legitimaire, legitimation, 16- 

Mmitt. 

I*6ffuei> 9 du L. legare (leguer). 

D. legs (subst. verbal). 
I^some, du L. legume* (16- 
ime) . — D. Z^umtneua;. 
Lemme, du L. lemma (m. s.). 
Ejemures, du L. lemures (spec- 
s). 

Lettrfemain , anciennement 
ndemain, compost de en (voyez 
) et de demain (voy. ce mot), 
ur l'agglutination de l'article et 
soudure de Vendemain en len- 
main, voy. lierre. 
Lenltif. du L. lenitivus* % de- 
e de lenitus (adouci). 
Lent, du L. lentus (lent).— D. 
lentir (alentir). 

Lente (subst.) , du L. lendem 
nte>. Sur d devenu t, voyez 
xevm). 

Lenteur, du L. lentorem (mol- 
se). 
Lentlculatre, du L. lenticula- 

(m. s.) . — D. lenticule". 
Lett* iff*?, du L. lenticula (len- 
e). Sur tciita devenu tile, voyez 

Lentlaque, du L. lentiscus 

. s.). 

Leonln, du L. ieomnus (leo- 

0. 

Leopard, du L. leopardus 
.s.). 

Lepre, du L. lepra (m. s.). 
Lepreux, duL. teprosus (m.s.). 
• osus devenu eux> voy. amou- 
,x. — D. Mproserie. 
Lerot, voy. loir, 
hem, voy. le. 

\j**e, du L. toesu* (blesse ; on 
Live laesa majestas, dans les 
isconsultesromains). — D. User. 
^•er, voy. Use. 
Leslne, de Pitalien iesina 
arice). — D. J&iner, 



L&riner, voy. Usine. — IX 
Usinerie. 

Legion, du L. laesionem (me- 
mo sens). 

ieniw, du L. teritfa (cinis, 
lessive dans Pline) par le change- 
ment : 1° de t atone en e (voy. ad- 
mettre) ; 2° de x en ss (voy. aw- 
seWe). — D. lessiver. 

f Lest , de Pallemand last 
(poids). — D. tester. 

Lemte, en italien lesto t en es- 
pagnol listo y mot d'origine germa- 
nique (allemand listig. habile) 

I^ater, voy. test. — D. lesteur, 
lestage. 

Lethargle, du L. lethargta 
(m. s.). — D. tethargique. 

Lettre, du L. ftttera (lettre) 
par la contraction reguliere (voy. 

§. lxxxi) de litter a en iittVa, 
'ou lettre par le cnangement de t 
en e (voy. admetfre). 

Lettre, du L litteratus (lettre) 
par li contraction r6guliere (voy. 
accointer) de Zttt(6)rafo** en Jt*- 
t'ralus, a'ou lettrtpar le cnange- 
ment de atttf en e* (voy. ampoufe), 
et de i en e (voy. admettre). — 
D. illettri. 

Leude, du latin m6rovingien 
leudes leude, compagnon du roi; 
ce mot est d'origine germanique ; 
allemand leute (les gens, les com- 
pagnons du roi) . 

JLettt* , voy. le. 

Le uv we, mot d'origine germa- 
nique : moyen' allemand luoder f 
(leurre) qui contracte en luod'r a 
donne leurre par le cnangement : 
1° de dr en rr (voy. arriere); 2° 
de mo en o (voy. p. xc), puis de c 
en eu (voy. accttet'Wir). — D. leur- 
rer. 

Levain, du L. levamen (le- 
vain) par le cnangement de amen 
en atn (voy. airain). 

Levant, voy. Zet?ei\ — D. fe- 
vanftn, tet?an(tne. 



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LIA 



322 



LIG 



pety du L. levare (m A s.). 
— D. levee (subst. participial), le- 
v&re, levier, levant, ttever, pri- 
lever. 

Levis , en provengai Uvadis, en 
portugais levadico, du L. levati- 
cius * (propr. que l'oh leve, derive 
de levare, lever) par le changement 
successif de q(t)icius en a(d)is, 
a-is, eis , is, aeja etudie au mot 
coiiiw. 
fcevlte, du L. ietrifi* (m. s.). 
Levraut, voy. lievre. — D. 
levrauder. 

JLewe, dii L. labrum (levre) 
par le changement : 1° de a en e 
(voy. acheter) ; 2° de b en v (voy. 
avant). 
Levre tie, voy. #^we. 
l/evf*iet* 9 voy. li&vre. 
Levurc, voy. Zerer. 
lexlque, du grec Xe^txov (m. 
s.). — D. lexicographe, lexicogra- 
phie^ lexicographique. 

J&e* , du L. latus. Dans la basse 
latinite latus fut employe pour 
juarta, et signifiait aupres. Plexi- 
tium, latus Turqnem — le Plessis- 
lez-Tours, e'est-a-dice auprh de 
Tours). Passy-Jes-fWis, Champi- 
gny-$s-Langres. — En vieux fran- 
cais, lex etait substantif . le roi est 
sur son trdne, et son fijs a son lex 
(e'est-a-dire a son cdte). Lotus a 
donne Ihx par le changement de 
atus en 4s (voy. ampoule), puis ex 
(voy v nejsf), 

Lezard, du L lacertus (le- 
zard) par le changement : 1° de a 
en e. (voy. acheter); 2° de c en jar 
(voy. amtftV); 3° de e en a (voy. 
amehder): 4 a de t en d (voy. ai- 
der). — D. Uxarde (propr. cre- 
vasse dans la muraille qui sert de 
retraite, aux iezards), Uxarder. 
Kiais, brigine ipconnue. 
Liaison, du L. ligationem 
liaison) par la chute du g medial 
n(g)ationem et le changement 



de ationem en aison (voy. fenai- 
son). 

f Iilane , voy. p. lyi. 

Liard, origine inconnue. — 
D. Harder. 

Ltas*e, voy. tier 

Mbatlon, du L. libationen 
(m. s.). 

Llbelle, du L. libellus (pam- 
phlet). — D . libeller, . libelliste. 

Liberal, du L. kberalis (qui 
concerne la liberte). 

Liberalise , du L. tiberalitatem 
(generosite). Sur atem devenu 4, 
voy. abbe*. 

Llberateur, du L. liberator 
(m. s.). 

Liberation, du L. liberatio- 
nem (delivrance). 

Llberer, du L liberare (m. s.). 

Liberie, du L. libertatem (m. 
s.)« . 

Llbertlo , du L. libertinus (at- 
franchi, — d'ou le sens d'affranctii 
des pratiques de la religion, sens 
frequent au dix-septieme siecle; 
puis qui n'observe aucune regie, 
deregle). — D. libertinage. 

Ltbldlneux. , du L. libidinosus 
(libidineux). , 

Llbralre, du L. librdrius (de- 
rive de liber, livre). , 

Llbralrie, du L. libraria (de- 
rive" de liber, livre). 

Libre, du L. liber (iibre). 

1. Lice (trame), du L. licium 
(trame). 

2. Lice (tournois) , origine in- 
connu**. 

3. j&iee (chienne), aDcienne- 
ment lisse, du L. lycisce (chienne) 
par la chute du c medial ly(c)i$ce 
(voy. affouage), d'ou ly-isce qui 
donne le provencal lexssa, le fran- 
cais imtf, puis lice. 

Licence, du. L. licentia (per- 
mission). — D. licencier, hcencie". 

Llcendeux 9 du L. JicenUo* uj 
uicencieux). 



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LIB 



323 



Life 



Uehen, du grec Xtiy^v (li- 
chen). 

Ucttatlon, du L. licitationem 
(m. s.). 

Uclte, du L. licitus (m. s.). 

Uelter, du L. licUari (suren- 
cherir) . 

f Ueorne , de l'italien licorno 
(licorne). 

JLicotc 9 anciennement licol pour 
lie-col (voy. Her et cow). 

Ucteur, du L. lictorem (lic- 
leur). 

1. £fe (du Tin), origine incon- 
nue. 

2. *<e 9 dans l'expression faire 
ehdre lie f c. id. faire boo accueil, 
proprement triwioe joyeux (voy. 
chere); quant au mot fee, c'est le 
L. laeta (joyeuse) par le cbange- 
roent successif de ae en e (voy. 
p. lxxvi), puis de e en t (voy. ac- 
complir), ainsi que par la chute 
du t medial te(t)a (voy. aigu). 

Liege, du L. Jetnum (derive de 
ievis, Teger, quj flotte sur Peau) 
par la consonnification de !e(viu)m 
en le{yj\i)m (voy. abrfyer), d'ou 



_ ! par le changement de vj en 
(voy. abriger) et de c en ie (voy. 
arrfere). 

Lien, anciennement liain, en 
provencal 2iam, en portugais li- 
game jdu L. ligamen (lien) par la 
chute du g medial li(g)amen (voy. 
allier) , d'ou Ham par le change- 
ment de amen en ain (voy. at- 
rain), puis en (voy. ancten) corn- 
ice dans ehien qui est pour chiaxn. 

Lier , du L. %are (lier). Pour 
le changement de li(g)are en Wer, 
voy. allier. — D. lieur. 

Lierre, dans notre ancienne 
langue ierre 1 hierre, au dixieme 
siecle edre, du L. hedera flierre) . 
J?4d(e)ra suivant la loi de Vaccent 
latin (voy. n. lxxxi) se contracta 
en heara qui devint hierre par le 
change xent de e en ie (voy. ar* 



riere), et par celui de dr en rr 
(voy. arriere); hierre donna enfin 
terre par la chute de Vh initial 
(voy. atelier). Le moyen age disait 
correctement Fterre, et ce n'est 
que vers le quinzieme siecle que 
1 article se souda au substantif 
(lierre): ce nom ainsi forme* dut 
fitre precede a son tour d'un nou- 
vel article le lierre. Cependant 
llndecision persjsta. Ronsard dit 
encore fhierre, non le lierre; et 
Dubellay dit tant6t : Le chef envi- 
roned de verdoyant lierre ; tantdt 
Les vieux murs , hideux de ronces 
et a" hierre. 

Cette corruption se retrouve dans 
plusieurs autres mots : nousdisons 
le lendemain 7 le loriot, la luette, 
lors, tandis que nos ancetres di- 
saieht correctement Vendemain, 
Vorioty Vuette, I'ors. (Voy. ces 
mots). 

Liea&e, anciennement leesse i 
l'origine Udke, en italien letizid\ 
du L. laetitia (joie), par la reduc- 
tion de ae a e (voy p. lxxxvi) : 
le{t)itia perdant le t medial (voyez 
abbaye), et changeant itia en esse 
(voy. forteresse) donne leesse qui 
devient Hesse par le changement 
de e en i (voy. accomplir). 

Lieu, anciennement liu, du L. 
locus (lieu) par la chute du c 
medial (voy. ami) et le change- 
ment successif de o latin en ew 
(voy accueillir) puis en iu (voyez 
abriger) d'ou la forme liu qui de- 
vient lieu par le changement de tf 
en eu (voy beugler). 

Lieue , du L. leuca (lieue) par 
la chute du c medial leu(c)a (voy. 
ami), et par le changement de eu 
en teu (voy. lieu). 

Lieutenant, voy. tenant et 
/tew. — D. lieutenance. 

Lihvre, k l'origine levre, du L. 
leporem (lievre) par la contraction 
reguliere (voy, p. lxxxi) de lepfy- 



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LIG 



324 



LIM 



rem en lep > rem f d'oii lebre par le 
changement de p en b (voyez 
abeiue), — levre dans la Chanson 
de Roland, par le changement de 
b en t? (voy. avant et amver), — 
lievre par le changement de e en 
\e (voy. arriere). — D. levraut, 
levrette. Le'vrier represente le L. 
leporarius** (proprement chien qui 
sert a courir le lievre, dans les 
textes du moyen age : ■ Si quis per 
canes leporarios feram fugaverit, » 
lit-on dans un acte du douzieme 
siecle, ») par la contraction (voyez 
accointer) de lep(6)rarius en le- 
p'rarius et par le changement : 
1° de p en v (voy. arriver) ; 2° de 
arius en ier (voy. dnier). 

Ligament, du L. ligamenium 
(bandage). — D. ligamenteux. 

Ligature , du L. Ugatura (li- 
gature). 

Lige, origine inconnue. 

Signage , en provencal li~ 
gnatge, du L. h'fieoticwm * (li- 
gnee, deriv6 de ligna, ligne), par 
le changement de linea en ligne 
(voy. ligne) et par celui de aticum 
en ogfe (voy. dge). — D. lignager. 

Ligne , du L. linea (ligne) par 
le changement readier de /inea 
en Jinia (voy. abreger) d'ou %ne 
par le changement de nia en gnc 
(voy. cigogne). — D. itgrnle, ali- 
gner. erut</n«r. 

Lignee, voy. Ztgrne. 

LigneuM, du L. Jtrtcofom * 
(petit fil, deriv^ de linea ligne) 
par le changement de linea en li- 
gne (voy. ligne) et par oelul de 
olum en eul (voyez aievX). 

Llgneux , du L. lignosus (m6- 
me sens). Sur o*u* devenu eua? 
voy. amoureux. 

Ligne, voy. Ztguer. 

Llgner, du L. fiflfare(attacher). 
— D. Jtgfuc (substantif verbal), Ji- 
giuur. 

Llguenr, voy. liguer. 



f Lllaa, venu de Titalien lilac 
(lilas). 

Llllaee, du L Ith'aceus (de lis 
dans Palladius). 

Liwutce. duL. Ztmacem (m. s.) . 

— D. limacon. 
JLimacott, voy. limace. 
JLimaiffe, voy. Itmer. 
JLimande, voy. Wm«. 
Llmfce, du L. h'mbitf(bord). 
Llmbea, du L. limbi (limbes 

del'enfer). 
lime , du L. lima (m. s.) 
Llmer, du L. itmare (limer). 

— D. limaille t limure. 
JLimiet* , anciennement Itc- 

mter, derive de Tancien francais 
Hem (laisse) , du L. ligamen 
(laisse; proprement le chien tenu 
en laisse). En provencal liamier 
(limier) derive de meme de liam 
(laisse). 

Li{g)amen a donne" Tancien 
francais Hem par la chute du g 
medial (voy. oilier) et par le chan- 
gement de a en c (voy. acheter). 

Limitation , du JL. limitatio- 
nem (m. s.). 

Llmlte, du L. limitem (fron- 
tier) . 

Llmlter,du L. limitare (m. s). 

— D. illimxte'y limitatiU limitt. 
Limitrophe, duL. hmitrophus 

(m. s.). 

1. limott (boue), derive d'un 
radical Urn* qui est le L limits 
(iimon). — D. limoneux.- 

2. f Llmon (citron), de l'ita- 
lien limone (citron). — D. limo- 
nier, limonade. 

3. JLimott (de charrette), ori- 
gine inconnue. — D. limoniire, 
limonier. 

Limonade, voy. Iimon 2. — 
D, limonadier. 

JLimonetca;, voy. Iimon 1. 
. Llmplde, du L. limpidus (me- 
mo sens). 

Llmpldlte, du L. limpidita- 



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LIN 



325 



LIS 



tern* (m. s ). Sur atem devenu d, 
voy. abbd. 

JLitt, du L linum (lin). — D. 
linon 

£ittcettl. en provencal linsol, 
du L. linteolum (toile de lio) par 
le changement reguher (voy . abre- 
ger) de lint(eo)lum en lint(lo)lum 
qui devient linciolum (voy. agen- 
cer ) : on trouve deja linciolo 
au septieme siecle dans les Glosses 
de Reichenau : « Sindones lincio- 
los. » Linciolo donne linceul par 
]e changement: l°de ci en c (voy. 
agencer); 2° de o en eu (voy. ac- 
cuet'iltr). 

Unealre, du L. linearis (me- 
me sens). 

lineal, du L. linealis (m. s.). 
Lineament, du L. lineamen- 
tum (m. s.). 

Linge, a Forigine toile de lin ; 
• linge etait adjectif dans notre an- 
cienne langue: le vieux francais 
disait un drap linge pour un drap 
de lin ; linge derive regulierement 
de Tadjectif lineum (de lin) par le 
changement de lin(eu)m en li- 
»(iu)m (voy. abrdger) et par la 
consonnification subsequente de iu 
en j'u, Wnjum d'ou linge (voyez 
abrdger). — D. linger, lingere, 
lingerie. 

Lingo t^ origine inconnue. — 
D. lingotiere. 

Ungual, du L. lingualis* derive 
de lingua (langue). 

Llngulste, derive de Ztngua 
(langue), — D. Ztngruisttque. 
Ltngulatlque , voy. Unguis te. 
Liniment, du L. linimentum 
(m. s.). . 
Linon , voy. lin. 
Linot, Linotte, oiseau qui 
se nourrit principalement de 
prairie de lin, et qui vit dans les 
linieres. 

Linteau , anciennement linf el, 
du L. fe'mtteMuf * (derive de limi- 



tem, limite). Par la contraction 
reguliere (voy. accointer), de li- 
m{l)teUus en UniteUus, d'ou Wn- 
feZ. par le changement de m en n 
(voy. changer), linteau par celui 
de eZ en eau (voy. a^neau). 

JLiott, du L. leonem (lion), par 
le changement de eo en to (voy. 
abrdger). — D. lionceau. 

Lippe, mot d'origine germa-. 
nique (allemand hppe, levres). — 
D. lippde } lippu. 

Lippec, voy. lippe. 

Lippu, voy. lippe. 

Liquation, du L. liquationem 
(fusion). 

Liquefaction, du L. liquefac- 
lionem * (m. s.). 

LlqueUer, du L. liqueficare * 
(liquefier). 

Liqueur, du L. liquorem (li- 
quide). — D. liquorem, liquo- 
riste. 

Llqalde, du L. liquidus (m. s.). 
— D. liquider. 

Llqutder, voy. liquide. — D. 
liquidation, liquidateur. 

Liquidity, du L. liquiditatem 
(purete> dans Apulee). 

Lire, du. L* legere (lire), par la 
contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de leg{e)re en leg y re, d'ou 
lire, par la reduction de gr a r 
voy. accueillir),et le changement 
de e en t (voy. accomplir). — D. 
lis ant, Hseur, lisible. 

Lirottj voy. loir et p. xcr. 

£•#, du L. lilius (pour lilium^ 
lis), par la contraction reguliere, 
(voy, p. lxxxi) de lil(i\i)$ en W*. 
Sur la persistance de s, voy. Gram- 
maire historique de la langue 
francaise, p. 160. — Une vanSte 
orthographique de lis est lys. — D. 
lisertm. 

Li*ere% substantif participal de 
Pancien verbe liserer, qui derive 
de lisi&re. 

Liscron , voy. lis. 

19 



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LIT 



326 



L1V 



Lisibte, voy. lire, 

Lisiere, voy. iitfe. — D. User 4 
<voy. ce mot). 

| litMie (adj.)} venu au seizieme 
siecle de ritahen liscio (lisse).— 
D. lisser, lissoir. 

Lisse (tapisserie), du L. licium 
(trame). Sur ci devenu ss, voy. 
agencer. 

Liste 9 proprement bande sur 
laquelle est inscrite une serie de 
noms; a 1'origine, bande propre- 
ment dite (on dit encore une liste 
pour designer une bande blanche 
sur le front du cheval). Liste, au 
sens de bande, est un mot d'origine 
germanique (ancien haut alle- 
jnand lista, bordure, . bande qui 
borde).— D. lisi&re (petite liste, 
petite bande). LisieWe est pour lis- 
Hire (sur cette reduction de st a 
ss, puis a s, voy. angoisse) ; lis- 
teau, liteau, liston, listel. 

Lis teat* , voy. Uste. — D. Zi- 
teau, qui est pour listeau, ayant 
perdu s (voy. abime). t 

Linton, voy. liste. 

Lit, du L. tectum (lit). Sur le 
changement de ect en it, voy. at- 
trait. — D. literie, aliter, liteau, 
UUe 

Litanies, du grec XtTocveCa 
(supplication) 

Liteau, voy.* liste 

Litharge, du L lithargyrus 
(m. s.). — D. litharge", lithargyrt. 

Uthographle, du grec XCOo; 
(pierre) et ypd<p&iv (ecrire). — D. 
tithographier, lithographique. 

Llthographler, voy. litho- 
graphic. — D. iithographe (subst. 
verbal). 

Iithotomle* du grec XiOotofua 
(m. s.). — D. Uthotome, lithoto- 
miste. 

Llthotrltle, forme" du mot 
grec X180; (pierre) et du mot latin 
tritus, participe de terere (broyer). 
^-D. lithotriteur. 



Litteve, du L. leciaria* (li- 
tiere, dans les textes latins du 
moyen age : « Item pro una lecta- 
ria..,, » lit-on dans un compte 
de 1333. Lectaria derive de lectus, 
lit) Pour le changement : 1° de 
aria en iere, voy. dnier; 2 9 de ect 
en it, voy. lit. 

Litlge, du L. litigium (contes- 
tation). 

Iiltlgienx, du L. litigiosus (li- 
tigieux) . Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

Lltote, du grec Xctottjc (propre- 
ment petitesse). 

1. JLitre (bande noire), ancien- 
nement listre (sur la chute de s, 
voy. abime); listre, qui est listra 
dans la basse latinite, est un derive 
de liste (au sens de bande). Voyez 
liste. 

2. Litre, du grec Xfrpoc (ancien- 
nement mesure grecque). — D.* 
hectolitre, decalitre. 

Lltteralre, du L. litterarius 
(m. s.). 
Litteral,,duL. litter alis(m.s.). 

— D. UttiraliU. • 
Litterateur, du L.litteratorem 

(grammairien). 

Literature, du L. litteratura 
(litterature). 

littoral, du L. littoralis (da 
rivage). 

Llturgle, du grec XetTovpyfoc 
(service public). — D. liturgique, 
liturgiste. 

Uvide,duL. lividus (livide). 

— D. lividitt. 

Llvralaon, du L. liberationem 
(remise) par la contraction regu- 
liere (voy. accointer) de lib(fi)ra- 
tionem enUb'rationem d'outtwai- 
son par le changement : 1° de o en 
v (voy. avant); 2° de ationem en 
aison (voy. ftnaison). 

1. JLivre, du L. librum (li- 
vre). Sur b devenu v f voy. avanL 

— D. livret. 



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LOG 



327 



LOI 



2. £*we, du L. libra (livre). 
Sur b devenu t>, voy. avant 

JLivree, voy. /ivrer. 

JLivret*, du L. liberate (qui 
a le sens de hvrer dans les testes 
carlovingiens : vel pro dona li- 
beranda tecum aliquantis diebus 
manere prsecepit... lit -on dans 
les Capitulaires de Charles le 
Chauve). 

Pour les changements de lettres , 
voy. dMivrer. — D. livrd e (sub- 
stantif participial ; a l'origine la 
livree ou comme on disait, les ha- 
bits de livree etaient ceux que le 
roi faisait distribuer, livrait chaque 
annee aux officiers de sa maison) ; 
de'livrer. 

Lobe, du grec >66o? (lobe). — 
D. lobe", lobule. 

Local, du L. localis (m. s.). — 
D. localiser. 

Locall te, du L. localitatem 
(m. s.). 

Locatalre, du L. locatarius 
(qui se loue; et non, comme en 
fran^ais, qui prend a louage.) 

Locatif, du L. locativus* (m. 
s.). — D. locatis (autre forme de 
locatif). 

Location, du L. locationem 
(m. s.). 

locatis, voy. locatif. 

f loch, de l'anglais log (loch). 

JLocAe, origine inconnue. 

JLocAet* , mot d'origine germa- 
nique (moyenhautallem«i!Q lucke, 
branlant). Sur le changement de 
:c en ch voy. acheter. 

f Locman, mot d'origine ger- 
oaanique (neerlandais lootsman, 
Lamaneur). 

Locomotion, du L. loco (d'un 
lieu) et motionem (mouvement). 
— D. locomoteur. 

f Locomotive, venu de l'an- 
glais locomotive (proprement loco- 
motive engine, machine locomo- 
tive). 



Locution, du L. locutionem 

(m. s.) . 

Loda (droit delods etdevente); 
du L. laudes* Oods, dans la basse 
iatinite r « Si quis emerit terram, 
tenentur de tertio decimo denario, 
et non plus de laudibus.... » lit-ou 
dans une Charte de 1274; le sens 
primitif du mot devait etre pro- 
uiesse, consentement, car lauaare 
se trouve dans les textes latins du 
moyen age avec le sens de promet- 
tre, de coosentir) . Pour le change- 
ment de ou en o, voy. alouette. 
f Lof, de l'anglais loof (lof). 
Logarlthme , du grec Xoyo; 
(proposition) et api8{i.6; (nombre). 
— D. logarithmique. 

Logs, en italien loggia, en 
lombard lobia, du L. laubia* (loge , 
dans les textes du moyen age : In 
palatio quod est fundatum juxta 
basilica oeatissimi principis apo- 
stolorum y in laubia.... ipsius paia- 
Hi.... dit un acte de 904.. On lit 
dans le Polyptique de saint Remi: 
Habet mansum dominicatum, ca- 
sam cum cellario, laubia, hor- 
real*... Laubia est d'origine ger- 
manique, et correspond a l'ancien 
haut allemand laubja, berceau de 
feiullage, hutte). 

Laubia consonnifie* suivant la 
regie (voy. abre'ger) en laubja a 
donne* loge par le changement : 
1° de ou en o (voy. alouette) ; 2° de 
bj en a (voy. abre'ger). — D. Jo- 
ger, logis, logement, logette, lo- 
geable. 

Loger ,voy. loge. — D, logeur, 
dttoger. 

Loglque, du L. logica (logi- 
que). — D. logicien. 
Logis , voy. loger. 
Logogrlphe, du grec >oyo? 
(discours) et YPT90; (enigme). 

Logomachle, du grec >oyo- 
(i.axta (dispute de mots). 
Iroi, duL. legem (loi), comme 



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LON 



LOR 



regem a donn6 rot, par le change- 
ment de e en o% (voy. accroire) et 
par la ehute du g (voy. aUter). — 
D aloi. 

Loin , a l'origine loing , du 
L. longe (loin). Sur u devenu oi, 
voy. angoisse — D. Eloigner (qui 
est a 1'ancienne forme loing, 
comme poignet est a poing , *oi- 
fwfcr a soin. ttmoigner a temoin). 

Lointain , en italien lontano, 
du L. Jonottanus* (deriv6 de /onpe 
loin) park contraction reguliere 
(voy. accointer) de ton<7(I)tamts 
fongf'tonits d'ou lointain par le 
changement: 1° de anus en ain 
(voy. ancien) ; 2° de onflf en oin 
(voy. loin). 

jLoif, en provencal glire, du 
L. glirem (loir) par le changement 
de gl enl (voy.p. ci), et par celui 
de i en oi (voy. doire). — D. li- 
ron, Urot (voy. sur ces derives 
p. xci). 

Loisir , infinitif employe sub- 
stantivement (comme les mots di- 
ner, souper, etc....); le verbe loi- 
eir (avoir la permission de ne pas 
travailler, ne rien faire), vient du 
L. licere par le changement? 1° de 
i en oi (voy. boire) ; 2° de c en s 
(voy. amittt) ; 3° de e en t (voy. 
occompitr). — D. loisible. 

Lombes, du L. lumbm (lom- 
bes). — D. lorobaire. 

Long, du L. longus (long). — 
D« longueur, longe, longer, allon- 
ger, longtemps, longuet. 

Longanimity, du L. longani- 
mitatem (m. s.). 

1. jLottfie(corde), voy. Jongf. 

2. Longe (portion de la co- 
lonne vertebrale et des lombes), 
du L. lumbea (derive de lumbus 
lombes) par le changement (voyez 
abre'ger) de Jurob(ea)en ittmb(ia), 

■ par la consonnification (voy. abre'- 
ger) de lumMa en lumbja, d'ou 
huge par ie changement : 1° de u 



en o (voy. annoncer) ; 2° de m en 
n (voy. changer); 3° de ty* enjf 
(voy. abre'ger). 

Longer , voy. longf. 

Longevlte, du L. longaevita- 
tern (m. s.). 

Longitude, du L. longitudo 
(longueur). — D. JongritttdinaJ. 

Longtemp*, voy. Jongf et 
temp*. 

JLongtteu t*, voy. frmgr. 

JLopin, origine mconnue. 

Loquace, du L. loguocem 
(m. s.). 

ijoquaelte, du L. Zoguocitatem 
(m. s.). 

1. Loque, mot d'origine ger- 
manique (ancien haut allemand 
loc chose pendante, d'ou le sens 
de loque). 

2. JLogtce*, diminutif de l'an- 
cien francais loc (loquet) qui est 
(Forigine germanique (anglo saxon 
loc fermer, verrouiller). 

Lorgncip) dans le patois nor- 
mand toriner (epier, lorgner), mot 
d'origine germanique (allemand 
suisse loren, epier, regarder). — 
D. lorgnon, lorgnette, lor gneur. 

Lonioi, ancien francais loriol, 
a l'origine oriol dans les textes du 
douzieme siecle, en provencal au- 
riol, du L. aureolus (proprement 
dore, merle jaune ; les Allemands 
appellent de mfime cet oiseau 
Gold-amsel merle dor6). 

-Awreo&ttsdevenantaurtolus (voy. 
abre'ger), a donne oriol par le 
changement de au en o (voyex 
alouette). Par Tagglutination de 
i'article 6tudi6e au mot lierre, I'o- 
riol devint loriol vers la fin du 
treizieme siecle; sur la chute de I 
final, voy. garou. 

JLora, anciennement lores a IV 
rigine Votes; pour Fagglutination 
de Particle, voy. lierre; pour P6- 
tymologie voy. toet or. — D. Ion- 
que. 



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LOU 



329 



LOU 



Los* du L law (louange) par 
le changement de au en o (voyez 
alouette). 

Lomange^ origine inconnuc. 

Lot, mot d'origine germanique 
(ai glais lot, lot; llamaud lot) — 
D. fottr, loterie. 

Loterie* voy. Zo*. 

Iiotlon, du L. lotionem (m. s.). 

— L. lotionner. 

Lotir, voy. Jo*. — D. loti, lo- 
tissement. 

Aoto, de Pitalien loto (loto). 

£o**e, origine inconnue. 

IiOtu«, du L. Jotus (lotus). 

Louabie, voy. Jouer 2. 

Louage, voy. Zouer 1. 

Louange, anciennement lo- 
ange, du L. laudemia * (louanges, 
forme derivee de laudem) par la 
chute du d medial lau(d)emia et 
par le changement 1° de au en o 
puis ou (voy. alouette); 2° decmia 
en ewjtt (voy. abrtger) ; 3° de men 
n (voy. changer), d'ou cwja qui 
donne angfe par le changement de 
en en an (voy. p. lxxxv). — D. 
louangtr, louangeur. 

Louche, anciennement lous- 
the, en provencal lose, du L. lus- 
cus (louche, primitif de luscio&us 
louche; luscus a proprement le 
sens de borgne). Sur le change- 
ment : 1° de u en ou, voy. ac- 
couder; 2°de c en c/i, voy. achar- 
ner; 3° sur la chute de s, voy. 
abime. — D. loucher. 

Louchet, origine inconnue. 

1. JLouer, du L. Zocarc (louer) 
par la chute du c medial lo{c)are 
(voy. affouage) et par le change- 
ment de o en ou (voy. affouage) . 

— D. louage, loueur. 

2. JLouer, du L. laudare (don- 
ne r des louanges) par la chute du 
d medial Zait(d)are (voy. accabler) 
et par le changement de au en o 
puis en ou (voy. alouette). — D. 
louangfe (voy. ce mot) louable. 



Loagre, de l'anglais faflf</cf 

( m - s -)' ...... • 

Lout*, mot a origine histonquo 

(voy. p. lxi» ),du nomde LouisXUl, 
qui fit le premier frapper cette 
monnaie (1640). Le nom propro 
Louis, ancien francais Lois, a l'o- 
gine Loois, vient du L. Luaovicus 
(qui est lui-menie d'origine ger- 
manique : Bluodowig, nom propre 
chez les Germains, et qui est com- 
pose des deux mots tiluodo, il- 
lustre et wig, combat). 

Par la reduction du suffixe icus 
a i (voy. ami), Lu{d)o(\)icus per- 
dant successivement le d medial 
(voy. accabler), le v medial (voy. 
aieul), change u en o (voy. an t - 
noncer) et donne l'ancien francais 
Loois, qui se contracte posterieure- 
ment en Lois, com me rond est la 
contraction de l'ancien francais 
roond. Lois a donne Louis par Va- 
doucissement de o en ou (voy. af- 
fouage). 

Loup, du L. lupus (loup) par 
le changement de u en ou (voy. 
accouder). — D. louve (du L. lu- 
pa; sur le changement de u en 
ou, voy. accouder; sur'celui de p 
en v, voy. ar river); louvat; lou- 
vet; louveteau; louvetier, louvele- 
rie; loupe (tumeur, de m&mequ'en 
allemaiid Wolfgeschwulst loupe, 
siguifie proprement tumeur de 
loup). 

Loup-ceirviei; du L. lupus 
cervarius (loup cervier dans Pline). 
Pour le changement de lettres, 
voy. loup-; sur arius devenu ier, 
voy. dnier. 

Loupe, voy. loup. 

Eioup-garou, voy. garou 

Lourd, en italien lordo sale, 
duL. luridus (sale, malpropre puis 
paresseux, lourd; lesens originaire 
est jaunatre). Lur(l)dus reguliere- 
ment contracte (voy. p. lxxzi) 
donne lur'dus, d'ou lourd par le 



yGoogk 



LOY 



330 



LUM 



changement de u en ou (voy. ac- 
couder. — D. lourdeur, lourdavd, 
lourderie, aburdir. 

JLoufe, origine inconnue. 

JLotc *«*e, du L. Intra (loutre) ; 
sur u devenu ou % voy. accouder. 

JLottve, voy. loup.— D. Jottvet, 
louveteau, louveterie, louvetier. 

Mjouvoyen; anciennement to- 
voyer, derive de Jo/ (pour le rap- 
port de lot a lovoyer, voy. ache- 
ver) ; sur b devenu om, voy. affouage . 
— Pour l'etymologie de tof, voy. 
ce mot. 

Loyal, en italien teate, du L. 
legalis (conforme a la loi, d'oii le 
sens de loyal, qui est coDforme aux 
lois de la probit6 et de l'honneur. 
begalis au sens de loyal, est tres- 
frequent dans les textes du moyen 
ftge : Legaliter custodire est dans 
un acte de 1355. On lit dans les 
Epitres de saint Bernard : Neque 
enim et perjurus esse, et legalis 
simul manere poterit. Un acte du 
onzieme siecle emploie aussi le 
mot legalis au sens de loyal : Ad 
quos missi sunt quatuor legales 
homines qui ex ore ipsorum.... au- 
dierunt....) 

Le(g)alis a donnS loyal par la 
chute du a medial (voy. aUier), 
et par le cnangement : 1° de e en 
oi (voy. accroire) ; 2° de alis en al 
(voy. annuel). — D. dttoyal. 

Loyaute, anciennement loyal- 
ty du L. legalitatem (derive de 
legalis, loyal). Legal ft) tatem con- 
tracts suivant la regie (voy. ac- 
cointer) en'legaVtatem K a donne* 
loyalU par le changement de le- 
gal... . en loyal... . changement deja 
etudie au mot loyal. Sur atem de- 
venu 6, voy. abb6. 

Loysdte' est devenu loydMtt par 
le changement de al en au (voy. 
agneau). 

Loycr, du L. locarium (loyer) 
par la chute du c medial (voy. af- 



fouage) ; sur Intercalation d'un y 
euphonique destine* a adoucir rhia- 
tus, voy. p. lxxux. 

Luble, proprement volonte" ca- 
pricieuse, derive du L. lubere (vou- 
loir). 

Lubrlfler, du L. lubrificare* , 
derive de lubricus (lisse, poli).Sur 
la chute du c, voy. affouage. 

Lubrique, du L. lubricus (pro- 
prement glissant). — D. lubrteUe'. 

Ii«carne,du L. lucarna* (que 
Ton trouve deja pour lucerna dans 
certains textes latins de la deca- 
dence. Lucerna signifie propre- 
ment lampe). 

Lucide, du L. lucidus (m. s.). 

Lueldftte, du L. luctitifatem 
(m. s.). 

Lucratlf, du L. lucratxvus 
(m. s.). 

Lucre, du L. lucrum (m. s.). 

JLuerte, al'origine de lalangue, 
Vuette. Uette est le diminutif d'un 
radical ue* qui correspond au L. 
uva (luette). Sur la chute due 
medial u(y)a voy. aieul. Sur Pad- 
jonction du suffixe diminutif ette, 
voy. ablette. — Sur Pagglutinationi 
de Particle (luettepour Vuette) l voy. 
lierre. 

I,tf etct* , en provencal lugor, du 
L. lucorem * (derive hypothetique 
de lucem, lumiere) par la chute do 
c medial lu(c)orem (voy. affouage] 
et par le changement de o en eu 
(voy. accueiUir). 

Lugubre,du L. lugubris (m.s. J. 

MjuI, voy. le. 

jLuit* e, du L. Zucere (luire) par 
la contraction rSguliere (voy. p.. 
lxxxi) de luci$)re en ZwcYe d'ou 
iutreparle changement de cr enir 
(voy. benir),— D. luisanU reluire. 

Lumbago, du L. lumbago (m. 

s.)- 

. I*t miefe , en provencal lum- 
neira, du L. luminaria (lumiere). 
Lum{\)naria contract^ suivant la 



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LUT 



331 



LYS 



regie (voy. areointer) en lum'naria 
a donne lumi&re par le change- 
ment: 1° de aria en tire (voyez 
dnier); 2* de ron en m (voy. allu- 
mer). 

Lumignon, du L. luminio- 
nem* (d6rive* de Zumin lumiere). 
Sur le changement de ni en £n, 
voy. cigogne. 

Lumlnalre, du L. luminare 
(luminaire). 

Lumlneux, du L. luminosus 
(lumineux). 

rnnatlqite • du L. lunaticus 
(fou). 

Lundi, en italien lunedi, du L. 
lunae dies (lundi dans les Inscrip- 
tions, proprement jour dela lune). 

.E,tme.duL. luna (lune). — D. 
lunaire, lunation, lunette (les ver- 
res de lunette ont recu ce nom a 
cause de leur forme ronde). — D. 
hmaire, lunation y lunette, lunule. 

Lunette, voy. lune. — D. lu- 
nettier. 

fcupln, du L. lupinus (lupin). 

£«t»*on, origine loconnue. 

liQfltral, du L. lustralti (m. s.). 

Lustration, du L. lustrationem 
(m. s.). 

Lustre, voy. lustrer. 

Lustrer, du L. Jus/rare (net- 
toyer, puis rendre brillant, lumi- 
neux). — D. lustre (substantif ver- 
bal; lustrine). 

Lot, du L. Ji*(um (boue). — D. 
Utter. 

| Luth, mot qui vient, dans sa 
forme actuelle, de l'italien liuto 
(iuth). — D. luthier. 



Iwdn, origine inconnue. — 
D. lutiner. 

Lutritt, anciennement letrin^ 
du L. lectrinum (derive de lee- 
trum, pupitre dans Isidore de Se- 
ville) par le changement : 1° de ct 
en t (voy. affiti); 2° de e en u 
(voy. jumeau). 

Lutte, du L. lucta (lutte). 
Voy. lutter pour le changement de 
lettres. 

Lutter, du L. luctari (lutter) 
par le changement de ct en tt (voy. 
assiette). — D. Zu«et<r. 

Luxation, du L. luxationem 
(luxation). 

Luxe, du L. luxus (m. s.). — 
D. luxueux. 

Liner, duL. Itorare (luxer). 

Luxure, du L. luxuria (luxu- 
re). 

Luxurleux, du L. Zuguriosttf 
(d6bauche). Sur osu« devenu eux, 
voy. amoureux. 

Luxevue, origine inconnue. 
— D. luzerntire. 

Lyeanthrople, du grec Xv- 
xavdpuicia (m. s.). — D. lycan- 
thrope. 

Lyeee, du grec Xvxtiov (le Ly- 
cee, celebre gymnase d'Athenes). 

Lycopode, du grec Xuxo; (loup), 
et*ou<;, woo; (pied), 

Lymphatlque, du L. lympha- 
ticus (m. s.). 

Lymphe, du L. lympha (eau). 

Lynx, du L. lynx (m. s.). 

Lyre,du L. lyra (m. s.). 

Lyrlqne, du L. lyricus (m. s.). 

*Jf*> voy. lis. 



yGoogk 



MAC 



332 



MAD 



M 



M«t, voy. mon. 

Macadam, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv). — D ma- 
cadamiser. 

f macaque , du portugais ma- 
caco (macaque). 

f Maearon, de l'italien mac- 
cherone (espece de pate). 

f macaroni, de l'italien maca- 
roni (pluriel de macarone, m. s.). 

f maearon I que, de l'italien 
maccheronico (m. s.). 

macedotae, origine inconnue. 

maceration , du L. macera- 
tionem (m. s.). 

macerer, du L. macerate 
(m s.). m . m 

Mache, ongine inconnue. 

Mdchefewy origine inconnue. 

Mdchcw, anciennement mas- 
cher, en provencal masgar, en ita- 
lien masticare, du L. masticare 
(macher) par la contraction regu- 
iiere (voy. accointer) de masticare 
en masfcare, puis mas'care (voy. 
p. xcv), d'ou mascher par le chan- 
gement de ca en che (voy. achar- 
ner et acheter) puis mdcher par la 
chute de s (voy ablme). — D. md- 
cheur, mdchoire, mdehonner. 

machlavcllame, derive de Ma- 
chiavel, celebre 6crivain florentin; 
sur ce mot d'origine historique, 
voy. j). lxiv. — D. maohiave'lique J 
machiave'liste. 

machicoulis, origine incon- 
nue. 

machinal, du L. machinalis 
(m. s.). 

machinateur, du L. machina- 
torem (m. s.). 



machination, du L. machina- 

tionem (ruse). 

machine, du L. machina 
(m. s.). 

machlner, du L. machinari 
(m. Sj). — D. machinists 

Mtuchoire, voy. mdcher, 

Machonticr, voy. mdcher. 

Muchure**) ancienn. maschu- 
rer t a l'origine mascurer, barbouil- 
ler, tacher, mot d'origine germa- 
nique (ancienhautallemand masca 
tache). Sur la chute de s, voy. abl- 
me; sur c devenu ch t voy. achar- 
ner. 

macls, du L. mads (m. s.). 

made (cristallographie), ori- 
gine inconnue. 

Iffacott, du L. macionem (ma- 
con dans Isidore de Seville), qui 
donne aussi machionem; sur ch 
devenu c, voy. p. xcix). Sur cio* 
nem devenu con, voy. agencer. 
— D. maconner, maconnage y ma* 
connique, franc-magon t macon- 
nerie. 

Ifacnettae,- origine inconnue. 

macule , du L. macula (tache). 

macule r, du L. maculare (ta- 
cher). — D. maculation, macu- 
lature. 

ilfadame. voy. ma et dame. 

Miadetnoiselie, voy. ma et 
demoiselle. 

f madone, de Htalien madona 
(madone). 

madras , mot d'origine histo- 
rique (voy. p. lxiv), etoffie fabriquee 
originairement a Madras. 

Jfacfre, proprement tachete, 
(bois madrl, porcelains madrte). 



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MAG 



MAI 



Madre* est un derive de l'ancien 
francais madre, mazdre, qui est 
un mot d'origine germanique (al- 
lemand maser % bois madre) . Maser, 
contracte en masr, a donne l'an- 
cien francos masdre, maxdre par 
le changement de sr en sdr (voy. 
ancttre) ; sur ia chute de *, voy. 
dbime 

Du sens de tachete, de varie 
dans les nuances et les couleurs , 
madre" a pris le sens de fecond en 
ressources et en ruses. 

\ madrepore , de Titalien ma- 
drey or a (madrepore). 

Madrier, du L materiarius * 
(derive de materia, madrier, pou- 
tre) par la contraction reguliere 
(voy. accointer) de mat{8)riarius 
en mafriarius d'ohmadrier par le 
changement : 1° de tr en dr (voy. 
aider); 2° de arius en ier (voy. 
dnier). 

f madrigal, de l'italien ma- 
drigale (madrigal). 

f magaaln. anciennement ma- 
gazin, mot d'origine orientale, 
irenu de l'arabe machdzin, propre- 
mentdepdts de marchandises, puis 
magasin. 

mage, du L. magus (m. s.). 

magle, du L. magia (m. s.). — 
D. magique, magicien. 

maglster, duL. magister (mal- 
tre). 

niaglsttre, da L. magisterium 
(dignity. 

magistral, du L. magistrate 
(m. s.). 

magtotrat, du L. magtstratus 
(m. s.). — D. magistrature. 

magnanlme, du L. magnani- 
mus (m. s.). 

magnanimity, du L. magna- 
nimitatem (grandeur d'ame). 

magna*, du L. magnatus (per- 
sonnage eminent dans saint Je- 
r6me). 

eale, du L. magnes (pro- 



prement aimant ; la magnesia 
ayant ete assimilee a l'aimant). 

magnetlque, du L. magneticus 
(d'aimant). — D. magne'tiser. 

magnetise r, voy. magndtique. 
— D. magne'tueur, magnetisme. 

magnificence, du L. magiiifx- 
centia (m. s.)> 

magnlflque, du L. magni/icus 
(magnifique). 

magnoller, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv), du nom de 
P. Magnol (f 1715). 

Magot, origine inconnue. 

Mai, du L. madius (forme que 
Ton trouve pour maius mai, dans 
la' latinite du moyen age). Tunc 
etiam mensis madius florebat in 
herbis. dit un poeme du dou- 
zieme siecle ; On lit dans un texte 
du onzieme siecle: « Expeditionem 
movetcrmesmense madio. » Pour le 
changement de adius en ai, voyez 
bai. 

Maie, du L. magida (maie, 
dans Varron) par la chute succes- 
sive du g meaial ma(g)ida (voyez 
oilier), puis du d, mai(d)a (voyez 
accabler). 

Jffoigre, du L. macrum (mai- 
gre). Sur a devenu ai, voy. aigle; 
sur cr devenu gr, voy. adjuger. — 
D. maigrelet, maigiret, maigrir. 

Maigveur, du L macrorem 
(maigreur). Sur a devenu at, voy. 
aigle ; sur cr devenu gr, voy. adju- 
get; sur o devenu eu, voy. ac- 
cueittir. 

Maigrir, voy. maigre. 

Moil, proprement marteau, du 
L. malleum (mail) qui devient 
malUum (voy. abr^/erpour le chan- 
gement de eu en iu), puis mail 
(voy. ail pour le changement de 
allium en ail). — D. maillet. 

1. Maiffe, du L. macula 
(maille) par la contraction regu- 
liere (voy. p. lxxxi) de mac(p)la 
en mac'la dfad maille par le chan- 



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MAI 



334 



MAL 



gement de cl en il (voy. dbeille). 

— D. maillot, mailler. 

2. Maille, monnaie (dans la 
locution n'avoir ni sou ni maille); 
maille, anciennement meaille, en 
Tieux portugais mealha, represente 
le L. metallea qui est devenu suc- 
cessivement metallia (voy. abr4- 
ger), medallia (voy. aider). Me- 
dallia (que Ton trouve au sens de 
monnaie dans les textes latins du 
moyen age : thesaurus cum meda- 
leis aureis inventus fuerit in horto 
dit un acte de 1274 ; on lit dans un 
Glossaire latin : a Obolus quod est 
medalia. ») — a donn6 par la chute 
dud medial me (d)allia (voy. acca- 
Uer) l'ancien'frangais weaiUe, puis 
maaille (voyez \amender), d'ou 
maille par la contraction de aa en 
a, comme dans dge de aage. 

Maillet, voy. mail. — D. 
mailloche. 

Maillot, voy. maille 1. 

Main , du L. manus (main). 
Sur anus devenu ain, voy. and en. 

— D. main-d'ceuvre (voyez de et 
ceuvre. 

Maintenant, voyez main- 
tenir. 

Maintenir, voy. main et te- 
nir. — D. maintien (substantil 
verbal), maintenue, maintenant. 

Maintien, voy. maintenir. 

Maire, du L. major (maire 
dans les textes latins du moyen 
age ; proprement le plus important 
de la cite). 

Maj(o)r contra cte suivant la re- 
gie (voy. p. lxxxi) en mafr a 
donn6 mavte par le changement 
de j en i (voy. aider) — D 
mairie. 

Maim, du L magis (plus; le 
sens de plus est encore visible 
dans la locution n'en pouvoir mats) 
Mag(\)s s'est contracts suivant la 
regie en mag's (voy. p lxxxi) ; sur 
gs devenu is, voy. aigle et p. ci. 



f mala, mot venu de i'espagnol 
mates (m. s.). 

Maimon, du L. mansionem 
(demeure, residence) par la reduc- 
tion de ns a * (maiionem) voyez 
ainfj;et par Tattraction de Ft qui 
amene le changement de a en at 
(voy. aigle). — D. maisonnette. 

Jf«ri*t*e ? anciennement mais- 
tre, a i'ongine matstre, du L. 
magistrum (maltre) par la chute 
du g medial magistrum (voyez 
allier), d'ou matstre puis maistre 
qui devient maftre par la chute 
de * (voy. abtme) •— D. maifresre, 
maitrise, maitriser, mattre-autel . 

Miaitviser , voy. mature. — 
D. maitrise (subst. verbal). 

majeste , du L. majestatem. — 
D. majestueux. 

Majeuv, du L [majorem (plus 
grand) Sur o devenu cu, voy. oc- 
cueillir. 

major, du L. ma/or (qui est 
au-dessus). 

majorat, de>iv6 de majorem 
(majeur) . 

raajordoine, du L. major 
(chef) et domus (de la maison). 

Majorlte, deriv6 de majorem 
(majeur). 

majuscule , du L. majusculus 
(un peu plus grand). 

1. Mai (substantif), du L. ma- 
lum (mal). 

2. Mal (adverbe), du L. maU 
(mal). — D malpropre, malveil- 
lant, maladroit, mdlade. . 

3. Mal (adjectif), du L. malus 
(mauvais): l'adjectit mal au sens 
de mauvais a persiste dans les 
substantifs composes* malgri, mal- 
heiir, malaise, maleneontre, male- 
mort, malfacon. 

Malachite , du grec paXaxfaiac 
(malachite). 

Malade , du grec -xaiaxidt 
(mollesse). 

Malacopteryglen, du grec*us 



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MAL 



335 



MAL 



>ax6c (mou) et irctptfvtov (na- 
geoire). 

Unlade, au dixieme siecle 
malabde, en provengal malapte, 
du L. male'-aptus (compost de 
mate et de aptus dispose, propre- 
ment qui est mal dispose, qui est 
indispose, qui est malade). Sur le 
changement de p en b voyez 
abeille; sur celui de t en d, voyez 
aider. Malabde s'est reduit & mo- 
Jade par la chute du b. comme 
dub'tare s'est reduit a dottier, — 
D. maladie, maladif. 

Malad*e*&e 9 voy. adresse. 

Mat adroit, voy. adroit, — 
D. maladroitement. 

Malaise, voy. aise. — D. ma- 
laise*. 

f malandrln , de l'italien ma- 
landrino (m. s.). 

Malawi, origine inconnue. 

Malaviser , voy. aviser. 

aialaxer , du L. malaxate 
(amoilii) 

Mate, anciennement masle, 
au douzieme siecle mascle, du 
L. tna*cius (male ; cette forme 
masclus pour masculus est dans 
1' Appendix ad Probum). — Quant 
au changement de masclus en 
masle, cette reduction de cl latin 
en I, se retrouve dans mou/e 
(musclus), merlin (marc'linus *) . 
— Sur la chute de is (masle) voy. 
abime. 

mratedlctlon, du L. maledic- 
tionem (malediction dans saint Je- 
rfime. 

Mate fain*, voyez mal 3, et 
faim. 

Mateflce, du L. makficium 
(malefices). — D. maUficii. 

ftialeflque , du L. maleficus 
(defavorable). 

Jfalemot**, voy. mal 3, et 
mort. 

Matencontvei voy. encontre 
et mal 2. — D. malencontrexu. 



Matentendu, voy. mal 2, et 
entendre. 

Malepeste, voyez mal 3. et 
perte, 

Jialevole, du L. malevolus 
(m. s.). 

' Mal/ofott, voyez mal 3, et 
facon. 

If at fair* , voy. ma J 2, et 
/aire. — D. malfaisant, malfai- 
sance. 

Matfaiteuw, du L maUfac- 
torem (m. s.). — D. Sur ct devenu 
il, voy. attrait; sur o devenu et*. 
voy. accueillir: 

Mat fame, voyez mal 2, et 
fame'. 

Matgraeieuoti, voy. mal 2, et 
0raaett&. 

Matg*e" 9 ce mot qui 6tait sub- 
tantif a l'origine de la langue est 
un compost de Pancien adjectif 
mal mauvais (voy. mal 3) et de 
ore" (voy. cemot). 

Malhabile, voyez mal 3, et 
habile 

Malheur, voy. mal 3, et heur. 
— D. malheureux. 

Mathonnete , voy. mal 2, et 
/Mmne*le. 

Mathottttetete, voy. mal 3, 
et honntteM 

Malice, du L. malicia (ma- 
lice). Sur fia devenu ce, voyez 
agencer. 

Malicteuoe , du L. malitiosus 
(rus6). Sur osws devenu eurt, voy. 
amowrewa;. 

Malignity, du L. malignitatem 
(malignit6). Sur alem devenu e*, 
voy. aobe*. 

Matin , du L. maligfnw* (malin) 
par le changement de gfn en n 
(voy. awerter). 
1 mallnes, mot d'origine histo- 
rique (voy. p. lxiv) ; de la ville de 
Malines oil Ton fabriquait Originai- 
rement cette dentelle. 
[ Mmtingrm , compose de mal et 



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MAL 



336 



MAN 



de l'ancien adjectif hingre y hein- 

K'e *, qui est le L. aegrum (ma- 
de). Mgrum se reduisant regu- 
lierement a egrum (voy. p. lixxvi) 
intercale un n (voy. concombre) 
d'ou eingre par le changement de 
e en ex devant une Dasale (voyez 
frein). Sur l'addition de h, voy. 
envanir. 

Iflallnlentlonne , voy. mal 2, 
et intentionnt. 

Matie , mot d'origine germani- 
que (ancien haut allemand malha 
valise). — D. malle-poste; mallier. 

malleable, du L. malleabUis * 
(m. s.).—.D. malUdbiliU. 

iMlleole, du L. malleolus 
(petit marteau). 

Afalmenet*, voy. mal 2, et 
wen«r. 

Ifalof mt,anciennement malos- 
tru, a l'origine malestru au sens 
de malheureux; en provencal 
malatfruc (oppose de nenasfruc 
heureux) du L. astrutus * (qui est 
sous 1 'influence d'une etoile, bonne 
ou mauvaise; de astrum qui est 
dans P6trone au sens de chance, 
de sort). 

malpropre, voyez mal 2, et 
propre. — D. malpropre. 

MaUain, voyez mal 2, et sain. 

Malseant, voyez mal 2 et 
slant. 

Afalfotmatttf, voyez maZ 2, et 
sonner. 

f malt mot d'origine germani- 
que (anglais ma^, malt). 

Mtaltote, anciennement mal- 
tolte y compost de mal (voy. mal 3) 
et de tolte, qui repre&nte le L. du 
moyen age tolta (impdt: nullam 
toltam faciet eis in mercato suo, 
nisi monachi concesserint.... dit 
une charte de 1085. Tottta est la 
contraction dli participe fort tol- 
lita*; proprement ce que Ton en- 
leve; sur ce participe fort, voyez 
absoute). • 



De ce mot tolta et de l'adjectif 
mala, vint le compose" malatolta 
qui est dans Iqs teztes du moyen 
age * « Mercatores ... vendebant 
sine toltis malis.... » dit Mathieu 
Paris. On lit dans une charte de 
1224 * de malatolta ouam Joan- 
nes rex Anglix et sui imposuerunt 
sic erit. — D. maUdtier. 

MalttHtiie*) voy. traiter et 
mal 2. 

malvaeee, duL. malvaceus (de 
mauve). 

Jfafoeilfatttf , voy. otmveil- 
Zane. — D. malveillance. 

M afveruet* , voy. mal 2, et 
verier. — D. ma lt?er sation. 

Jfamatt, onomatopSe (voyez 
p. lxv). 

Jfamelle , du L. mamt'Ua 
(mamelle). Sur t devenu e, voyez 
admettre. — D. mame/on. 

Jfamelott, voy. mameUe. — 

Mamlllalre. du L. mamil- 
laris (gorgerette). 

nammalre, derive* de mamma 
(mamelle). 

Mammlfere, du L. mamma 
(mamelle) et ferre (porter). 

nammonth, origine incon- 
nue. 

Jfanant, en terme de droit 
feodal, designe celui qui habite 
un bourg ou un village : « Les ma- 
« nants et habitants d'une pa- 
« roisse ■ (du sens de villageois 
est venu posterieurement celui de 
grossier, de rustre). 

Manant derive r6gulierement 
du L. manentem, comme tenant 
de tenentem. Manentem (qui veut 
dire proprement celui qui reste, 
qui est attache au sol), a le sens 
de paysan, de manant dans les 
textes du moyen age: Tradidit 
cas#m cum territorio suo et ma- 
nentes xv cum colonis..., lit-on 
dans une donation de 1080. 

1. Manche (subst. feininin), 



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MAN 



337 



MAN 



du L. maniea (manche), par la 
contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de man(l)ca en man'ca, 
d'ou manche, par le changement 
de ca en che (voy. acharner et 
acheter).— D. manchette, man- 
chon. 

2. Blanche (subst. masc.), du 
L. maniea (manche) Pour le 
changement de lettres, voy. man- 
che 1.)* — D* emmancher, diman- 
cher. 

Manchot, diminutif de l'an- 
cien francais mane (manchot), 
comme bdehot da hoc Le vieux 
francais mane est le L. mancus 
(manchot) 

f mandarin, du portugais 
mandarin (m. s.) ; riom que les 
Portugais ont donne aux fonction- 
naires superieurs de l'empire chi- 
nois, et qui est etranger a la langue 
chinoise. 

mandat, du L. mandatum 
(m. s.). — D. mandataire. 

mandement, voy. mander. 

Slander, du L. mandare (m. 
s.). — D. mandement, demander, 
contremander. 

mandlbule, du L.mandibula 
(m. s.). 

f mandoline 9 de l'italien 
mandolino (mandoline). 

f mandore, de l'italien man- 
dora (m. s.). 

mandragore, du L. mandra- 
gora (mandragore). 

Jfcntrfrttt, origine inconnue. 

manducatlon, du L. mandu* 
cationem(m s.). 

f manege, de Pitalien maneg- 
gio (manage). 

manes, du L. manes (manes). 

f manganese, de l'allemand 
mangan (maganese). 

Manger, du L. manducare 
(manger), par la contraction (voy. 
aider) de mand(Q)care en mand*- 
ccre, d'ou manger, par la reduc- 



tion de dc a c et de c a g (voy. ad- 
juger). — D. mangeoire f man- 
geaille , dimanger , mangeable , 
mangeur, mangeure. 

mania que, du L. maniacus 
(man'.aque). 

manle, du L. mania (manie). 

Jfattiet*, du L. manieare 
(prendre, toucher avec la main, 
derive de mantis, main), par la 
chute du c medial mani(e)are, 
voy. affouage. — D. maniement, 
remamer, mantable. 

lfattiet*e, du L. scolastique 
maneria (qui est dans A be lard, 
au sens de genre, de maniere, et 

3ui derive du L. manus). Sur e 
evenu ie, voy. arriire. — D. ma- 
nieri. 

manifestation, du L. mani- 
festationem (m. s.). 

manifesto, adj. du L. mani- 
festus (m. s.). 

man 1 fester, du L. manifestare 
(derive" de manifestos, manifeste). 
— D. mant'/<p*te(substantif verbal). 

manlgance, derive de manus 
(main) par une forme interme- 
diate qu'il est difficile de pre- 
ciser. — D. manigancer. 

f manllle ( terme du jeu 
d'hombre), de I'espagnol malilla 
(manille). 

f manioc , mot venu des colo- 
nies de l'Amerique espa gnole. 

manlpnle, du L. manipulus 
(m. s.). — D. manipuler (preparer 
avec la main), manipulation. 

ManiveUe , origine iconnue . 

1. Militate, du L. manna 
(manne) . 

2. Jfatttte (panier), mot d 'ori- 
gine germanique (allemand manne 
manne). 

f mannequin , mot d'origine 
germanique (hollandais maneken, 
mannequin, proprement petit hom- 
me). 

IfaMOBuwe, proprement op6- 



yGoogk 



MAN 



MAR 



ration de la main, du L. du moyen 
8lge manu -opera qui s'est con- 
tracts en manopera (operation de la 
main, manoeuvre) ; pour le chan- 
gement de lettres, voy. ceuvre. — 
D. manceuvrer 7 manouvrier, ma- 
n&uvrier. 

Manoir , du L. manermm * 
(chateau, residence, dans les textes 
du moyen age, derive de manere, 
rester, resider); surle changement 
de e en oi, voy. accroire. 

Manquer, du L. mancare* 
(faire defaut, proprement estro- 
pier, mutiler, derive" de l'adjectif 
mancus). — D. manque (substantif 
verbal), manquement, immanqua- 
ble, 

mansarde , mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv) de Mansard 
qui inventa ce genre de fen&tre. 

niaiunietiide, du L. mansue- 
tudo (m. s.). 

Mante, du L> mantum (man- 
teau court, dans Isidore de Se- 
ville). — D. ancien francais man-' 
tel * qui s'est adouci en'manteau 
(sur el devenu eau, voy. agneau), 
mais qui a persiste dans d^man- 
telcr (voy, ce mot) et dans man- 
telet. 

Man teat* i voy. mante* 

Mantelet, voy. mante. 

+ Mantille, de l'espagnol man- 
tilla (mantille). 

Manuel, du L. manualis (ma- 
nuel). 

Manufacture, mot forge a 
Taide des deux mots latins factura 
(m. s.) et manus, proprement fac- 
foire a la main. — D. manufac- 
turer, manufacturier. 

Manuacrlt, du L. manu scrip- 
tus (6crit a la main). 

Manutentlon , avant d'etre 
restreint au sens qu'il possede au- 
jcurd'hui, ce mot signifiait ges- 
tion, administration, a l'origine 
action de gerer, de maintenir; 



manutention derive des deux mote 
latins {manus (main) et tenere (te- 
nir). 

M appemonde , du L. mappa 
mundi (proprement nappe du mon- 
de, carte du monde). 

Maqmereau, origme incon- 
hue. 

| Maquette, de Pitalien mac- 
chietta (ebauche).. 

Maqwignon , mot d'origine 
germanique (derive du flamand 
maeken, trafiquer). — D. maqux- 
gnonnage. 

MMaraicheW) voy. marais. 

Mar aim, anciennement marois 
et maresc, du L. du moyen age 
mariscus (marais). Matiscus est 
d'origine germanique : vieux fla- 
mand maerasch (marais). 

Mariscus a donne marais par la 
reduction de sc a c (voy. boxs), et 
par le changement ae % en oi (voy. 
boire); sur oi devenu posterieure- 
ment ai, voy. accroire. — D. de 
l'ancienne forme maresc • 1° Pan- 
cien frangais marescage, aujour- 
d'hui mare'cage (sur la chute de s 9 
voy. abime); 2° maraischer au- 
jourd'hui maraicher. Pour le chan- 
gement de lettres, voy. frais et 
fraiche. 

naragme, du grec uapa<rt&6c 
(consomption). 

f Maraequln, deriv6 de l'ita- 
lien marasca (cerise, acide qui 
sert a faire le marasquin). 

Mawatve, anciennement mar- 
rastre, du L. matraster* (belle- 
mere; pour la restriction du sens, 
voy. p. xxiii). Matrast(e)r r6gulie- 
rement contracte en matrast'r 
(voy. p. Lxxxi) donne marrastre 
par l'adoucissement de tr en rr 
(voy. arri&re), puis marastre (voy. 
arriere) et mardtre (voy. abtme). 

Maraud, origine inconnue. 
— D. marauder. 

Marauder, voy. maraud. — 



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MAR 



339 



MAR 



D. maraude (subst. verbal), ««- 
raudeur. 

f Marav6dt0, de l'espagnol 
marawdt (marav6dis). 

Jfat*6f*e 9 du L. marmoreYit 
(marbre) par la contraction regu- 
liere (voy. p. lxxxi) de www- 
m(6)rem en marm'rem, d'ou mar- 
bre par le changement de mr en 
mbr (voy. alwoudre) et par la sup- 
pression de m (voy. p. xci). — D. 
marbrier, marbrer, marbrure, 
marbrerie, marbndre. 

1. Marc (poids), mot d'origine 
germanique (ancien haut allemand 
marc, signe; puis marc). 

2. Hot-© (residu), origme m- 
connue. 

lfai*ca##itt, origme inconnue. 

f raarcasslte, de l'arabe mar- 
cazat (pyrite). 

Marchand, ancienn. mar- 
chdand, marchedarU; en italien 
mercadante; du L. mercatantem 
(participe de mercatare, vendre, 
negocier, dans les textesdu moyen 
Age : Volunt dum vobis placeat 
pacifice et qutete cum vestri mer- 
catando et negotiando conversa- 
ri,... lit-on dans un acte du on- 
zieme siecle. Mercatare est le 
fr6quentatif de mercari. Voy. 
p. xxxiii). 

Merca[t)antem perdant le t me- 
dial (voy. abbaye), changeant ca en 
cfcc(voy. acharne ret oc/ieter)donne 
l'ancien francais marchiant par le 
changement de e en a voy. amen- 
der) . — D. marchander, marchan- 
due, 

1 . Marche (frontiere) , mot d'o- 
rigine germanique (ancien haut 
allemand marcha frontiere). 

2. Marche (action de mar- 
cher), voy. marcher. 

Mairche, en provencal mercat, 
en italien mercato, du L. merca- 
tum (marche) par le changement: 
1. de e en a (voy. amender\\ 2° de 



e en eh (voy. acharner) ; 3* do 
atum en e* (voy. ampouU). 

Marchepied, voy. marcher 
et pied. 

Hawehefj au sens propre pie- 
tiner sur place, pdtrir, fouler, 
presser (on dit encore que les bri- 
quetiersmorc/ienf Targile. Unglos* 
saire latin francais du treizieme sie- 
cle dit : caleare = marcher) , du 
L. marcare* (de>iv6 du L. marcus 
marteau: proprement battrejfouler, 
pietiner) par le changement de ca 
en che (voy. acharner et acheter). 
— D. mar che (substantif verbal). 
marcheur t d-marche. 

Marcotte, anciennement mar^ 
gotte, deriv6 par le suffixe diminu- 
tif otte. du L. mergus (marcotte}. 
Sur e devenu a, voy. amender. — 
D. marcotter. 

Mardi, anciennement marsdi > 
en italien martedi, du L. Martis- 
dies (mardi dans les Inscriptions ; 
proprement jour de Mars). Pour 
la chute de «, voy. abtme. 

If a*e, du L. mora* (mare) , dans 
les textes latins du moyen age : 
« maras potare lutosas. ...» dit Guif- 
laume le Breton dans sa Philippide. 
Mara est une corruption de mare 9 
(mer). pris au sens d'eau en gene- 
ral : des le septieme siecle mare 
siguifie aussi bien l'eau douce que 
I'eau salee « Mare est aquarum ge- 
neralis collectio. Omnis enim con- 
gregatio aquarum sive salsae sint, 
sive dulces sint, abusive maria 
nuncupantur, » dit Isidore de Se- 
ville. 

MMarGcage, voy. marais. — 
D. mare'cageux. 

Marshal, proprement celui 
qui soigne les chevaux; mare'chal 
{errant celui qui les ferre ; le ma- 
rshal de France, et onginairement 
lemare'chal etait unofficier propose 
a l'entretienet a la surveillance des 
chevaux et des ecuries du roi. Jfo- 



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MAR 



340 



MAR 



rtchal, anciennement mareschal, 
vient du L. m6rovingien mariscal- 
cus (qui soigne les chevaux du roi : 
Si manscalcus, qui super 12 ca- 
ballos est, occiditur , 11. solid, 
componatur. dit Ja Lex Alaman- 
norum 7,9. — Mariscalcus est un 
mot d'origme germanique et re- 
pond a l'ancien hautallemand mo- 
rahscalc' (valet qui soigne les che- 
vaux). 

Mariscalcus a donne mareschal 
par le changement: 1° de t en e 
(voy. admettre); 2° de c en ch 
(voy. acharner), 3° de le en I 
(pour cette chute du c, voy. bots). 
Sur la chute posterieure de s, 
voy. abtme. — D. mare'chalene. 

Mawechat*s*ee j proprement 
troupe commandee par un mare- 
chal • mare'chausse'e correspond au 
L. du moyen age marescalciata 
d6riv6 de mariscalcus (marechal; 
pourl'etymologie, voy. ce mot). 

Marescalciata a donne mares- 
chausse'e par le changement * 1° de 
ata en ie (voy. ampouW) , 2° de t 
en e (voy. admettre) ; 3 de c en 
ch (voy acharner); 4 de a/ enau 
(voy. agneau); 5° ae ci en c puis 
s* (voy. agencer). Sur le change- 
ment de mareschausse'e en more'- 
chaussie, voy. abtme. 

Jfctnee, derive du L. marc 
par l'addition d'un suffixe e"e (latin 
ata, voy. ampoule^ * mare'e de marc 
est une formation analogue a celle 
de ondee derive de onde. 

Ifarelfe, voy. mdreau. 

Marge, duL. marginem (bord, 
d'ou le sens de marge). Sur la 
chute des deux dernieres voyelles 
atones, voy. p. lxxxi et au mot 
image* — D. marginal, e'marger , 
margelle. 

MargeMie, voy. marge. 

marginal, voy. marginer. 

marglner, du L. marginare 
(border), — D. marginal. 



marguerite, du L maraorifa 

(perle). 

MargttiUier, anciennement 
marreglier, du L. matricularius 
(marguillier, dans les textes da 
moyen age : celui qui tient le re- 
gistre, la matricute de l'eglise: 
Officium matricularii est illumi- 
nare et extinguere omnia lumina. 
dit un reglement ecclesiastique). 

Matric(H)larius se contractant 
regulierement (voy. accointer) en 
matric f lanus a donne l'ancien 
francais marreglier par le change- 
ment: 1° de tr en rr (voy. ar- 
riire)', 2° de t en e (voy. admettre); 
3 de cl en gl (voy. aigle)\ 4 # de 
anus en ier (voy. dnxer). 

Marreglier s estposterieurement 
adouci enmir^Jter, d % ou mafglxer 
et marguillier. 

Mari, du L. maritus (man) • 
sur le changement de itus en t, 
voy. aigu 

Mariaae, en provencal mart- . 
datge, en italien maritagio, du L. 
maritaticum (manage dans les 
textes latins du moyen age. on lit, 
a la date de 1062, dans le Cartu- 
laire de Marmoutier: Cum deme- 
dietate ipsius terrae movisset ca- 
himniam quidam Conslantinus... t 
asserens earn suae conjugi in ma- 
ritaticum datam.). 

Mari[X\aticum a donne mariage 
par la chute du t m&lial (voyez 
abbaye) et par le changement de 
aticum en age (voy. dge). 

Marier ,en provencal maridar, 
en italien maritare f du L. man- 
tare (maner) par la chute du t me- 
dial mari{i)are (voy. abbaye). — 
D. manabley marieur, -rAmaner, 
demarier. 

JMdfitt, duL. marinus (m. s.). 
D. marinier, mariner ,marine t 
marinade. 

Maringouin, origme incon- 
nue. 



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MAR 



341 



MAR 



Marlonnette, mot d'origine 
historique (voy. p. lxiv); marion- 
nette est une alteration de ma- 
riolette (sur I devenu n, voyez 
marne); mariolette est lediminutif 
de mariole (qui est dans les textes 
francais du moyen age avec le 
sens de poupee, de figurine, on- 
ginairement de petites figures dela 
Vierge Marie, d'ou le diminutif 
manole). 

marital, du L. maritalts (ma- 
rital). — D. maritalement. 

marltalement, voy. marital. 

maritime, du L. mantimus 
(m. s.). 

marltorne, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv) : allusion a 
la servante d'auberge {Maritorna) 
dans Don Quichotte. 

marlvauder, mot d'origine 
historique (voy. p. lxiv) ; du nom 
de Martvaux, ecrivain du dix-huit- 
ieme siecle. — D. manvaudage. 

Marjotet, origine inconnue. 

Jfatinatffe, voy. marmot. 

f Marmelade, de l'espagnol 
mermelada (marmelade). ' 

MMawnnenteaw, origine incon- 
nue. 

JfafMiite, origine inconnue. 
— D. marmiteux (proprement 
pauvre) , marmiton. 

MMawmiton, voy marmite 

JM at*mottatet*, mot dont l'ori- 
gine est inconnue. 

Jfctfmo*, derive" (ainsi que 
marroaille) d'un radical commun 
marm.... dont l'ongine est incon- 
nue. 

f itfarmotte, de 1 italicn mar- 
molta (rat des Alpes). 

Mlarmbtter ) origine incon- 
nue. 

Jfiarmouaet, origine inconnue. 

Miamage t voy. marne. 

Miame , ancien frangais marie 
(qui est encore usite en Norman- 
die),du L. margula (de marga f 



marne, dans Pline). — Jfrfr(gu)7a 
contracie en mar 1 la sui vant la regie 
de l'accent latin (voy. p. lxxxi); 
a donne le vieux francais marie, et 
celui-ci a change l en n, com mo 
dans niveau (Jibella), pene (ancien 
francais pesne, pesle de pess'la), 
poterne (poster'la), quenouille (co- 
tucla *) : on trouve deja conucla 
pour coiucla, dans les textes mero- 
vingiens. — D. marnttre, marner, 
marnage, marneux. 

maroquln, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv); du Maroc 
ou se fait le maroquin. — D. tna- 
roqutner, maroquinier, maroqui ■ 
nerie. 

raarotlque, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv); de Marot, 
celebre poSte frangais du seizieme 
siecle. 

MMarotte, proprement poupee, 
jouet, derive de Marie (commema- 
rtonnette. Voy. ce mot). 

Mtarowfle, origine inconnue, 

Marqwe, mot d'origine ger- 
manique (allemand mark, signe). 
— D. marquer, marquant. 

Marquer, voy. marque. — D. 
marqueur, remarquer % dtmar- 
quer. 

Mtarqweler, frequentatif de 
marquer, comme tacheier de ta- 
c/ier, voleter de volar , etc....). — - 
D marqueterie. 

Marqwis, anciennement mar- 
chis, du L. du moyen age mar- 
chensis (proprement gouverneur 
prepose a la garde des marches, 
des frontieres de l'Empire, depuis 
le regne de Charlemagne) ; — mar • 
chensis denv6 de marcha, fron- 
tiere; voy. marche 1. 

Marchensis rSduisant ns k s 
(voy. ain4)y change e en t (voy. 
accompli*) et donne successive- 
ment marchis puis marquis (voy. 
p. xcix). — D. marquise , roar- 
quisat. 



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MAR 



342 



MAS 



Mat*tH»itte, en provencal mat- 
rtna, en italien madrind, du L 
matrina* (marrame, derive de 
mater, mere). Sur tr devenu rr, 
voy. arriere. — i latin est ici de- 
venu at comme dans parram (pa- 
trinus *), daigne (digno), glaise 
(ghtea),. domaine (dominum), 
poulat'n (pulltnus). Voy. aussi au 
mot airain. 

Mtarrij participe de Pancien 
verbe marrir, attrister, mot d'o- 
rigine germanique (allemand mar- 
rjan, irnter) 

t Marron, de Pitalien mar- 
rone (marron). — D. marronnier. 

+ Marron (negre), de l'espa- 
gnol cimarron (sauvage). 

Marrnbe, du L. marrubium 
(meme sens). 

Mar», du L. Mars (Mars). 

IfarMmitt, mot d'origine ger- 
manique (ancien haut allemand 
mtri-smn, marsouin). 

Ifof <eou, anciennement mar- 
tel (sure J devenu eau, voy. agneau), 
du L. martellus * (autre forme de 
martulus, marteau) • — D. mar- 
teler, avoir martel en tHe ; mar- 
telet. 

Mar teler , voy. marteau» — 
D. martelage, marteleur. 

martial, du L. martialis (m. s.). 

1, Martinet, propr. marteau 
(le marteau que meut un moulin 
s'appelle encore martinet); dirai- 
nutif de martus (marteau* dans les 
textes de la basse latinite). 

2. Martinet (oiseau), derive 
de Martin, comme pierrot (moi- 
neau) de Pierre, comme sansonnet 
de Sanson. — D. du nom propre 
Martin: martin-picheur. 

Martingale (courroie), mot 
d'origine historique (voy. p. lxiv) ; 
derive de Martigues en Provence, 
ies Martigaui, ou Martingaux ayant 
port6 les premiers les chaussesjii- 
teg a la martingale. 



Martre* en italien martora, 
du L. martalus * r martre dans cer- 
tains textes de la basse latinite; 
martalus derive de martes qui est 
dans "Martial au sens de martre 
(Ep. x, 37) si la lecon est sure. 

Mart{$)lus regulierement con- 
tracts en mart'lus (voy. p. lxxxi) 
donne martre par le changement 
de I en r (voy. apdtre). 

Martyr, du L. martyr (m. s ). 

— D. martyriser, martyre. 
Martyrologe, du grec pap-pjc 

(martyr) et >6yo; (recit) , propre- 
ment catalogue des martyrs. 

i Maacarade, de l'italien mat" 
cherata (mascarade). 

f Mascaron, de l'italien mat' 
cherone (mascaron). 

Masculln, du L. masculinut 
(m. s.). 

f Masque, venu au sememe 
siecle de Pitalien maschera (mas- 
que). — D. masquer, de'masquer. 

Mamsacrer, mot d'origine ger- 
manique (bas allemand matsken, 
egorger). — D. massacre (subst. 
verbal), massacreur. 

1. Jf«w#c, du L. massa (m. s.) 

— D< massif \ masser, amasser, 
massicot. 

2. Masse ( d*armes ) , du L. 
matea* (primitif perdu de ma- 
teola , b&ton). Jfat(ea) devenant 
mal(ia) (voy. abrtger) . donne 
masse par le changement ae tia en 
sse (voy. agencer). — D. massier. 

f Maasepaln, dans Ronsard 
marcepain, de Pitalien marxapane 
(massepain). 

Ma«swe. du L. maxuca * (mas- 
sue, dans les textes du moyen 
ftge : Quidam enormis staturae 
ferens ingentem maxucam super 
caput ejus.... dit Orderic Vital. 
Maxuca est un derive de massa : 
voy, masse 1). 

Maxuca a donne massue par 
le changement : !• de x en ss (voy. 



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MAT 



343 



MAT 



aisselle); 2° de uea en ue (voy. 
ami). 

maftftto, du L. mastiche (mas- 
tic). — D« mastiquer. 

masflleatloii, du L. mastica- 
tionem (m. s.). 

Ufastodonte, du grec 68ou;, 
dSovxo; (dent) et jxacrro; (mamelle). 

Afd#Mre ? du L. mansura *(pro- 
prement residence, de manere r6- 
sider : « anno vero sequent* dedit 
illis in puram et perpetuam elee- 
mosynam suum dominium Mar- 
bodii et suam mansuram, » dit une 
Charte de 1120). 

Mansura a donne" masure par 
la reduction dens ks (voy. airri). 

1. mat (dans la locution tehee 
et mat) voy. tehee. — D. mater. 

2. f Ma * de Tallemand matt 
(sans vigueur, faible, puis terne). 
— D. matite 1 . 

Mat, anciennement mast, mot 
d'origine germanique (allemand 
mast, mat) . Sur la chute de s, voy. 
abime. — D. mdter, dtmdter, ma- 
ture, mdtereau. 

f matador, de l'espagnol ma- 
tador (prop, tueur). 

t matamore, de Fespagnol ma~ 
tamoros (matamore, proprement 
tueur de mores). 

f mataesln, danseur de Fespa- 
gnol matachm (m. s.). 

Mateia*) anciennement ma- 
terasj en provencal almatrac, en 
espagnol almadraque, mot d'ori- 
gine orientale (voy. p. lxi) de 
l'arabe al matrah (matelas). L'an- 
cien francais materas, Titalien ma- 
terasso reproduisent le substantif 
arabe sans Particle al qui se re- 
trouve dans l'espagnol almadra- 
que, le provencal almatrac. — 
D. matelasser , matelassiere . 

Matetot, origine inconnue. — 
D. matelote. 

Mater, voy. mat 1. 

materialise!*, derive de mate- 



riel. — D . materiattme, materia/' 
liste. 

materlallte, d6riv6 de mati- 
riel. 

materiaux, pluriel d'un type 
material* (de materialis, derive* 
de materia, bois de construction). 

materiel, du L. materialis 
(m. s.). — D. matfrialite'. 

maternel, du L. maternalis 
(derive* de maternus m. s.). 

maternlte, du L. maternitatem 
(derive de maternus, maternel). 

mathematlque, du L. mathe- 
matica (mathematiques dans Ci- 
c6ron) . — D. mathe'maticien. 

matlere, du L. materia (ma- 
tiere) par le changement de e en 
ie (voy. arriere). 

Matin, du L. matutinum (ma- 
tin) par la contraction reguliere 
(voy. accointer) de mat {U)tinum 
en maVtinum d'ou Pitalien mat- 
tino, et le francais matin. — D. 
matinie, matinal, matineux, ma- 
tines, matinier. 

Matin, proprement chien de 
garde, chien qui reste a la maison. 
Mdtin, ancien francais mastin, 
en italien mastino derive* du L. 
mansatinus * (proprement chien 
qui reste a la maison, deriv6 de 
mansum, maison, residence, dans 
les textes latins du moyen age ; 
mansum est le substantif partici- 
pial de manere rester, resider). 

Mansatinus contracts suivant 
la regie (voy. accointer) en mans'ti- 
nus donne mastin par la reduc- 
tion de ns a * (voy. aine) ; mdtin 
par la chute de s (voy. abime). 
— D. mdtiner, mdtineau. 

Matine*, voy. matin. 

Matir, voy. mat. 2. 

MatoU, origine inconnue. — 
D. matoiserie. 

MatoM, origine inconnue, 

matrag, origine inconnue. 

matrlee, du L. matricem (m . s.)« 



yGoogk 



MAU 



344 



MfiG 



matrlcule, du L. matricula 
(registre). 

Matrimonial, du L. matrimo- 
nialis (m. s.). 

matrone , du L. matrona 
(m. s.). 

| matte, de l'allemand matte 
(masse compacte). 

maturation, du L. matura- 
tionem (m. s.). 

Mature* voy mdt. 

maturlte, du L. maturitatem 
(m. s.). 

matutinal, du L. matutinahs 
(m. s.) 

Affatfrfife, anciennement maU 
dire, du L. maledicere (maud ire 
dans saint Jerdme) : sur mal de- 
Ten u mau (voy. agneau); sur di- 
cere devenu dire, voy. dire. — D. 
maudit. 

Miaudim&on, , anciennement 
maldisson, du L maledictionem 
(malediction) par le changement 
de cfao en wo (voy. frisson) et par 
celui de al en au , voy. agneau. 

Mawgreer , temoigner son 
mauvais gr£, son mat (malum) 
ore*, comme on disait au moyen 
age (voy. malgre") . — Malgrt adou- 
cissant al en au a donne maugrt 
(voy. agneau) d'ou le verbe mau- 
ler. 

maunolee, du L. mausoleum 
(m. s. dans Pline). 

Maussade, anciennement mal- 
sade, de mauvais gout, — com- 
pose de mal (voy. mal, 2.), et l'an- 
cien adjectif francais sade (qui est 
d'un gout, d'une saveuragreable). 
Sade est le L. sapidus (m. s ) par 
la contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi), de sapffldus en sapdus. 
d'ou sade par la reduction de pdk 
d (voy. htaeux). 

Malsade a donne maussade par 
le changement de at en au (voyez 
agneau). — D. maussaderie. 

MEauvai*, ongine inconnue. 



, du L. malva (mauve). 
Sur al devenu aw, voy agneau. 

Mauviette, voy . mauvis. 

Mauris, anciennement malvis, 
du L. malvitius* (mauvis dans les 
textes du moyen Age : malvitius 
est un compost de malum et de 
vitis (vigne), le merle mauvis ayant 
recu ce nom a cause des ravages 
qu'il commet dans les vignes: Pal- 
lemand 1 appelle de m£me oiseau 
de vigne: Weingarts-vogel ; et 
dans piusieurs provinces de Fran- 
ce, on appelle le mauvis grive de 
vendange, ce qui confirme l'ori- 
gme mdiquee). 

Malvitius a donn§ mauvis par 
le changement de al en au (voyez 
agneau) de t% en s (voy. agencer), 
— D. mauviette. 

maxlllalre, du L. maxtllaris 
(m. s.). 

maxlnie, du L. scolastique ma- 
xima (s. e. sententia proposition 
majeure, qui a la valeur d'une 
v6rite generate et absolue). 

maximum, du L. maximum 
(m. s). 

Maxette, origine inconnue. 

Afe, du L. me (moi). 

meandre, mot d'origine histo- 
rique (voy. p. lxiv) ; de Meandre 
fleuve de l'ancienne Phrygie qui 
decrit de nombreuses sinuosites. 

meat, du L. meatus (meat). 

1, meeanlque (subst.), du L. 
mechanica (m. s.). — D. mecani- 
cien t m&anisme. 

2. meeanlque (adj.), du L. 
mechanica (m. s ). 

mecene, mot d'origine histon- 
que (voy. p. lxiv) : allusion a 
Maecenas qui fut le mmistre et le 
confident d'Auguste. 

mechancete, voy, m defiant. 

Me'chant, anciennement mes- 
chant, aTorigine mescheant (dans 
notre anciennelangue ce mot vcut 
dire malheureux, qui a mauvaue 



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m£c 



345 



m£d 



chance), participe de meschtoir 
(avoir mauvaise chance, Stre mal- 
neureux). 

Meschdoir est leL. minus cadere 
(proprement mal tomber, avoir 
mauvaise chance. Pour le sens, 
voy. au mot chance) . 

Pourle changement de minus 
en mes puis me", voy. mes...', pour 
le changement de cadere en cftioir 
voy. choir. — D. me'chanceU (de- 
rive de Pancien francais mechance 
qui represente le L. minuscaden- 
tia * ; pour le detail des change- 
ments de lettres, voy. chance et 
mes...). 

JHecne, anciennement mesche, 
du L. myxa (forme feminine de 
myxus, meche) parle changement: 
1° de mycsa {x = cs, voy. Idcher) 
en my sea; 2° de ca en che (voy. 
acharner et acheter) ; 3° de i en e 
(voy. admettre) ; 4° par la chute de 
s (voy. abime).'— D. micher. 

Meche f, anciennement mes- 
chef, en provencal mes cap y en es- 
pagnol menoscabo, — proprement 
mauvaise aventure. Comme on le 
,voit par la forme du mot dans les 
autres langues romanes, meschef 
est un compose de mes (voy. 
mes....) et de chef (voy. ce mot). 

Ifecomptfe, voy. micompter. 

Mecownpter , . anciennement 
mescompter: pour Tetymologie, 
jvoy. mes.... et compter. — D. tntf- 
compte (substantif verbal). 

Meconna*tve 9 anciennement 
mesconnaitre, voy. mes.... et con- 
nattre. — D. miconnaissance, mi- 
connaissable. 

Mecontettt , ancienn. mes- 
content, voy. rn«.,.. et content. — 
D. me'eontenter, micontentement. 

Mecreant) infidele, qui ap- 
partient a une autre religion que 
la religion chr6tienne (proprement 
qui croit mal) ; micre'ant ancien- 
nement mescreant (en italien mis- 



credenteest un compose" de mes 
(voy. mes....) et de cre"ant qui est 
le L. cre{d)entem, croyant. Sur la 
chute du d medial, voy. accabler. 

Afecfoife , anciennement mes- 
croire; voy. mes.... etcroire. 

f Medallle, de l'italien meda- 
glia (medaille). — D. mtdaillon, 
me'dailler, me'dailliste. 

Medecln, du L. medtanus 
(propr. de medecin). Sur i devenu 
e, voy. admettre. 

Mcdeclne, du L. medicina 
(m. s.). Sur t devenu e, voy. ad- 
mettre. 

Median , du L. medianus 
(m. s.). 

Medlanoche , de l'espagnol 
medianoche (repas apres minuit). 

medlastln, du L. mediastinus 
(m. s.). 

Medlat , du L. mediatus (m. s.) 
— D. me'diatiser, immidiat. 

medlateur, au L. mediator* 
(m. s.). 

mediation du L. mediatto* 
nem(m. s.). 

medical, du L. medicalis* 
(mot derive de medicus). 

medicament, du h. medica- 
mentum (m. s.). — D. midica- 
menter, me'dicamenteux. 

medicinal, du L. medicinalis 
(m. s.) 

mediocre, du L. mediocfem 
(m. s.). 

Medlocrlte, du L. mediocrita- 
tern (mediocrity. Sur atem devenu 
4, voy. abbe". 

Jfetfife, anciennement mes- 
dire; voy. mes.... et dire. — D. 
me'disant, midisance. 

medltatlf , du L. meditativus 
(m. s.). 

meditation, du L. medUatio- 
nem (action de mediter). 

medlter, du L. meditare (m. s.). 

medlterrane, duL. mediter- 
raneus (mediterrane). 



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MfiL 



346 



MfiM 



medium, du L. medium (mi- 
lieu). 

Medullalre, du L. medullaris 
(m. s.). 

Ife/fcire, anciennement mes- 
faire, voy. me?.... et /aire. — D 
mi fait (subst. participial). 

Me fait , voy, me" [aire. 

Me fiance , voy. mifier. 

Me/lev, anciennement mesjter, 
voy. mes.... et/ter. — D. m^/iatU, 
m4 fiance. 

Megarde, substantif verbal 
de l'ancien verbe mtgarder, origi- 
nairement mesgarder (voy. roes.... 
et garder ). 

Megere, du L. Megaera (Me- 
gere, Tune des Furies). 

MegimHewj derive de l'ancien 
francais ro^is (composition de 
cendre et d'alun qu'on employait 
dans la megisserie). L'origine de 
migis est inconnue. — D. mdgis- 
serie. 

Jfeiflewf, du L. roeftorem 
(meilleur). Sur ii devenu tf , voy. 
ail; sur o devenu eu, voy. ac- 
cueillir. 

Melaneolle, du L. melancho- 
lia (m. s.). 

melaneollqoe , du L. melan- 
holicus (m. s.). 

Melange, voy. miter. — D. 
me'langer. 

f MelMse, de l'espagnol me- 
la%a J[melasse). 

Meier i anciennement roesfer, 
en portugais roesctor, du L. rois- 
ciilare (meler, dans les textes la- 
tins du moyen age : Per pluri-* 
imorum ora vulgatur, vos dicere, 
\quoniam de istis rapinis atque 
aepredationibus nihil vos debeatis 
misculare, unusquisque sua de- 
fendat ui potest, lit -on dans une 
lettre d'Hincmar de 859. Misculare 
est un frequentatif de miscere 
mfiler). 

Misc(iX)lare contracts suivant la 



regie (voy. accointer) en misc'lare 
donne mesler par la reduction de 
cl a I (voy mdle) et par le chan- 
gement de t en e (voy. admettre); 
miler par la chute de * (voy. abi- 
me). — D. miUe (substantif parti- 
cipial); melange; p6le-m4le; em- 
miler, demtler. 

MeTeze, origine inconnue. 

Mellsse* du grec \U\iaaa (ab- 
beille, les abeilles recherchant par- 
ticulierement cette plante). 

Melllfere, du L. mellifer (qui 
produit le miel) 

Melodle, du grec |ieXa>Sia 
(m. s.). — D. mtlodieux. 

Melodrame, proprement dra- 
me mdle d chant, du grec piXoc 
chant) et Spdjia (drame). 

Melomanle, du grec piXo; 
(musique) et jxavCa (manie). — D. 
melomane. 

melon, du L. melonem (melon). 
— D. melonnikre. 

Melopee, du grec tieXoiroifa 
(regies de la composition du chant). 

Membrane, du L. membrana 
(m. s.). — D. membraneux. 

Membre, du L. membrum 
(membre). — D. membre', mem- 
bra, membrure } dimembrer. 

Mewne , anciennement mesme, 
meesme, plus anciennement mexs- 
me , a l'origine medistrte , en 
provencal metessme, en italien 
medesimo, du L. metipsimus (con- 
traction de metipsisstmus que Ton 
trouve dans les textes classiques 
sous la forme ipsissimusmet, signi- 
fiant : tout a faitle mfime). 

Metips(i)mus contracte en me- 
tips'mus a donn6, — par Fassimi- 
lation de ps en * (voy. caisse), par 
le changement de % en d (voy. ai- 
der ) y l'ancien francais meaisme 
que Ton trouve au onzieme siecle 
dans le poemej de saint Alexis : — 
me(d\)isme devient successivement 
meisme par la chute du d medial 



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MEN 



347 



MEN 



(voy. accdbler), meesme par le 
changement de ♦ en e (voy. ad- 
mettre), mesme par la contraction 
de ee en e, nrfme par la chute de s 
(voy. dbtme). — D. mtmement. 

memento , du L. memento 
(propr. souviens-toi). 

Jfemoire, du L. memoria 
(m. s.). Sur Fattraction de i, voy. 
chanoine. 

memorable, du L. memora- 
6tlts (m. s.). Sur afttitf devenu 
able, voy. affable. 

memorial, du L. memorialis 
(m. s.). — D. immemorial. 

Heitaee, du L. minacia (me- 
nace. Plaute emploie le pluriel 
minaciae). Sur cia devenu ce> voy. 
agencer. Sur t devenu e, voy. aa- 
tnettre. — D. menacer, menacant 



re. propr. depense d'une 
maison; menage, anciennement 
mesnage, a l'origine maisnage, 
du L. mansionaticum* (depense 
d'une maison, dans les textes car- 
lovingiens : tfemo in villis nos- 
Iris mansionaticum accipiat. . . . 
lit-ort dans le Capitulaire De Villis. 
Mansionaticum est un derive de 
mansionem; voy. maison). 

Mans(io)naticum contracts (voy. 
accointer) en mans'naticum a re- 
duit ns hs (voy, aine~), d'ou mas- 
naticum qui a donne maisnage 
par le changement de a en ai 
(voy. aigle) et par celui de aticum 
en ape (voy. ape) : maisnage de- 
vient mesnage par le changement 
de at en e (voy. p. lxxxiii), ma- 
nage par la chute de * (voy. abime). 
>- D. menager, menagdre, mana- 
gement, demenager, emmenager; 
menagerie (proprement lieu oil Ton 
r6unit des animaux domestiques, 

Sar extension, lieu ou Ton reunit 
es animaux etrangers et rares). 
management, voy. menage. 
mendftelte, du L. mendicita- 
fem*(m. s.). 



JfetMlief, du L. mendicare 
fmendier), par la chute du c me- 
dial (voy. affouage). — D. men- 
diant. 

Metier, du L. minare (mener, 
en parlant des animaux ou des 
troupeaux). Sur t devenu e, voy. 
admettre. — D. mene'e (subst. par- 
ticipial), meneur, amener, rame- 
ner, ddmener, emmener, promener. 

lfette«*fel, du L. ministrale 
(menestrel, dans la latinite du 
moyen age; proprement servi- 
teur : Una cum ministrale nostro 
Johanne et infantes suos, dit une 
chartede 805). 

Sur t devenu e, voy. accomplir. 

Meaetriew, anciennement me- 
nestrier, du L. ministerarius * (de- 
rive de minister, serviteur). 

Minist(fyrarius, contract^ regu- 
lierement (voy. accointer) en mi- 
nisVrarius, a donne menestrier f 
par le changement: 1° de i en e 
(voy. admettre); 2° de arius en 
ier (voy. dnier). Sur la chute pos- 
terieure de s, voy. abime. 

menlnge, du grec vsqntf 
(membrane). — D. mtningite. 

UlenUque, du grec jmqvCoxoc 
(croissant). 

Jfettorte, diminutif de main 
(voy. main). 

Menmonge, voy. mentir.— D. 
mensonger. 

Mensuel, derive irregulier de 
mensis (mois). 

mental, du L. mentalis (m. s.). 

menthe, du L. mentha (m. s.). 

mention, du L. mentionem 
(m. s.). — D. mentionner. 

Mentis du L. mentiri (men- 
tir). — D. menteur. menterie f de'- 
mentir; mensonge (le rapport exact 
de ce mot au radical mentir est 
inconnu). 

JfeiUoa, du L. mentonem* 
(derive de mentum, menton).— 
D. mentonnUre. 



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MER 



348 



MER 



mentor, mot d'origine histo- 
pique (voy. p. lxiv); allusion a 
Mentor guide de Telemaque. 

Heme, du L. minutus (menu), 
par le changement : 1° de i en e 
(voy. admettre) ; 2° de utus en u 
(voy. aigu). — D. menuet, menui- 
ser (couper menu, puis tailler), 
menuister, menuiserie. 

Menuet, voy. menu, 

Menwimier, voy. m&tu. 

mephltlque, du L. mephiticus 
(m. s.) . — D. mfyhitisme. 

Meplat, anciennemeot mes- 
plat, voy. mes.. . et plaU 

Meprendre, anciennement 
mesprendre , voy. mes. . . et pren- 
dre. — D. miprise (subst. partici- 
pial, voy. absoute). 

Jfeppfe, voy. mipriser. 

MeprUc) voy. me'prendre. 

'Meprimcr, anciennement mes- 
priser, voy. mes... et priser. — 
D. meprxs (substantif verbal), me'- 
prisant, me'prisable. 

MMcr, du L. mare (mer). Sur a 
devenu e, voy. acheter. 

f mercantile, de l'italien mer- 
cantile (m. s.). 

mereennlre, du L. mercena- 
rius (m. s.). 

Affereefie, voy. mercier. 

Merci, du L. mercedem (mer- 
ci, grace), par la chute du d (voy. 
aiouette) et le charjgement de e en 
t (voy. accomplir). — D, remer- 
cier (compose" de l'ancien frangais 
mercier). 

Mercier, du L. mercerius* 
(mercier, dans les textes de la 
basse latinite* : mercerius derive de 
mercem, marchandise). Sure deve- 
nu ie, voy. arriere. — D. mercerte. 

Mercredi, du L. Mer cunt- 
dies (mercredi dans les inscrip- 
tions; proprement jour de Mer- 
cure). jferc(u)rit a donne mer ere 
par la chute reguliere de u (voy. 
p. lxxxi). 



merenre, du L. mercuriui 
(Mercure). — D. mercuriel, mer- 
curiale (qui a lieu le mercredi). 

1. Mere, a l'ongine medre t en 
italien madre, du L. mairem 
(mere), par le changement ; 1° de 
*r en r (voy. arri&re) ; 2° de a en e 
(voy. acheter). 

2. mere (adjectif), dans mere 
goutte, mire laine, du L. merus 
(pur). 

Merette, du L. matrella* (de- 
rive de matara, trait que Ton lan- 
ce • le jeu ay ant recu son nom du 
palet que Ton y emploie). 

Sur tr devenu r, voy. arriere; 
sur a devenu e, voy. acheter. 

Meridiem, du L. mendianus 
(m. s.). — D. m4ridienne. 

meridional, du L. meridio- 
nalis (m. s ). 

meringue , origine inconnue. 

f merinos, mot venu de Tes- 
pagnol merino (troupeau qu'on fait 
changer de paturage. 

MerUe, origine inconnue. — 
D. merisier. 

merlte, du L. meritum (me- 
rite). — D. meriter, meritoire. 

MMerian. origine inconnue. 

Mer le, du L. merula (merle), 
par la contraction reguliere (voy. 
p. lxxxi) de mer{ti)la en mer'la. 

1. f merlin (cordage), de Tan- 
glais marline (merlin) 

2. JferMtt, (marteau), du L. 
marculinus* d6riv6 de marculus 
marteau) par la contraction regu- 
liere (voy. accointer) de marc(u)- 
linus en marc'hrws, d'ou merlin 
par le changement: V de cl en I 
(voy. mdle); 2°de a en e (voyez 
acheter). 

MerMuche) anciennement mer- 
luce, en espagnol merluxa, — 
compost de£ deux- mots luce et 
mer (proprement luee de mer)\ 
luce est le L. lucius (proprement 
brocket).— Pour lc changement de 



y Google 



4fa 



-V 



MES 



349 



MES 



i ce, voy. agencer. Sur 
/i, voy. ac/iorn«r. 
iiti, proprement bois de 
co. ion, du L. materiamen 

(menu dans les textes merovin- 
giens, Si quis Jfipuarius in silta 
communi materiamen vel ligna 
fissa abslulerit.... dit la Loi des 
Ripuaires, 76 .— Materiamen derive 
de materia bois de construction). 

Materiamen contracte regu- 
lierement (voy. accointer) en maf- 
riamen a donne" merratn par le 
changement : 1° de amen en ain 
(voy. airain); 2°de tr en rr (voyez 
arriere) ; 3° de a en e (voy. ac/ie- 
ler). 

Heweiffo, en italien mara- 
viglia, du L. mt'ra&th'a (propre- 
ment choses etonnantes, puis mer- 
vcille). 

Mir(9)bilia se contractant (voyez 
aider) en mir'bilia donne mer- 
veille par le changement : 1« de t 
en e (voy. admettre)', 2° de Zt en U 
(voy. ail) , 3° de o en t? (voyez 
avant). — D merveilleux, 4mer- 
veiller. 

1. ilfe*.... (ml.... par la chute 
ds*,voy. abXme) pr6fixe qui donne 
un sens p6joratif aux composes qui 
l'emploient: priser et mepriser, 
dire et m&dire, fait et mtfait, etc. . . . 

Jfi*..., al'origine mes..., en pro- 
vencal mens,.., en espagnol rnc- 
nos!... repond au L. mtnu£ (pro- 
prement moins). Pour montrer 
comment minus est devenu md, 
prenons par exemple le L. minus- 
facere (proprement mal faire, m£- 
faire) : min{u)sfccere se contractant 
en min's facer e (voy. aider), reduit 
ns ks (voy. atne) et devient ww- 
/acere qui est dam les textes carlo- 
vingiens : In hoc si frater mens 
meis fidelibus, qui contra ilium 
nihil raisfecerunt, et me, quando 
mini opus fuit, adjuvaveruni.. . 
dit un document de 825. 



Misfaeere devient mesfaire par 
le changement de mu en mes 
(voy. admettre; pour le change- 
ment de facere en faire, voyez 
faire). Mesfaire devient me" (aire 
par la chute de * (voy. abime). 

On voit ainsi comment minus 
s'est r£duit successivement a min's, 
mis, mes, me'.... Gette reduction se 
retrouve dans les mots : mechant, 
mtchef, m&eompte, mbconnattre, 
m&content, mtcrfant, mkcroire, 
medire, m6disance, mefatre, me- 
fait, m&fier, mkgarde, mfylat, 
m&prendre, mtprise, mfyriser, 
m&pris, m6saZZier, m&savenir, m&- 
aventure, misuser, etc.. . 

2. Mem (adj. poss.)< du L. meos 
(mes) , par la reduction de meos a 
mos (voy. p. xc), et de mos a mes 
(pour o devenu e voy. ie). 

Mematme, voy. mex...et aise. 

Miesattier, voy. mes.- . et aZ- 
Zter. — D. mesalliance. 

JfeWcmtpe, anciennement tna- 
senpe, mot d'origine germanique 
(derive de l'anglo-saxon mdse me- 
sange^. 

Mesarviver, voy. meff.... et 
arriver. 

Jfeifavetait* , voy. Wlftf.... et 
avenir. 

Mesaventuire, voy. mes....et 
aventure. 

m£«eiit&re ? du grec tiedev- 
tepiov (mesentere). — D. rntsen- 
te'rique. 

Me*estiwnew 9 voy. me*.... et 
esftmer. 

^leslntelllgence, voy. mes.... 
et intelligence. 

Jfe*ojfW*, voy. me*.... et of- 
frir. 

f Heaquln (signif. ancienn. 
pauvre), de Pespagnol mexquino 
(pauvre, miserable, proprement 
esclave). — D. mesquinerie. 

Message, du L. missaticum* 
(dans les textes carlovingiens ; Si 
20 



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MfiT 



350 



MfiT 



quismissum dominicum Occident, 
quando in missaticum directus 
fuerit.... ditun Capitulaire de 813 
a Missaticum tulxt ipst summopon- 
tifici....* dit un autre texte du 
moyen age). 

Missaticum donne message par 
le changement : l°de i en e (voyez 
admettre); 2° de aticum en age 
(voy affouage). — D. messager, 
messagerie. 

MMe**e, du L. missa (messe, 
dans les auteurs Chretiens du cm- 
quieme siecle). 

Jfe#«ea»t*, voy. messioir. 

Jfe##eo*t*, voy. mes.,,. et 
sfoir — D. messe' ant. 

Messle, duL. messias (Messie). 

JMfe«»ief,du L. messarius* (de- 
rive de Messis, moisson). Sur 
arius devenu ier, voy. dnier. 

lfe««ieu*« 9 voy. mes 2, et 
sieur. 

Mtessire) compose de Tancfen 
francais mes (mon) et de sire (voyez 
ce mot). Mes est le L. meus (mon). 

Jfe0Mfa6fe, du L. mensurabi- 
lis (mesurable) par la reduction 
de ns k s (voy. atn^) et par le 
changement de abilis en able (voy. 
affable). 

Mentre, du L. mensura (me- 
sure) par le changement de ns en 
s (voy. aintf), 

Afe«tff ef , du L. mensurare 
(mesurer) par la reduction de ns a 
s (voy. aine). — D. mesureur, me- 
surage, ddmesuri. 

MMeiwser, voy. mes. .. . 1 . et user. 

Metacarpe, du grec tiexaxap- 
rciov (metacarpe). 

Metaivie, anciennement mi- 
tayerie, voy. mitayer. 

metal, du L. metallum (m6tal) 
~D. me'talliser. 

Metalepse, du grec neTdXrujn; 
(m. s.). 

Metallique, du L. metallicus 
(m. s.) . 



MetallUer, voy, mital. — D. 
metallisation. 

Metallurgle, du grec (aetoX- 
>.oupYia (m. s.). — D. metaUurgi- 
aue. 

Metamorphose, du grec (xsra- 
ui6p<p<i)ai; (m. s.). — D. me'tamor- 
phoser. 

Metaphore, du grec nexwpopd 
(prop, transport). — D. metapho- 
rique. 

Metaphysique, propr. science 
des choses mtellectuelles, dont l'e- 
tude se place apres (fietajcelledes- 
choses naturelles (xd qputfixd), sui- 
vant la classification d'Aristote. 

Metaplasme, du grec nexa- 
TcXaajjLo; (propr. transformation). 

Metastase, du grec fiexdara- 
aic (changement de face). 

Metatarse, du grec jiexd 
(apres) et xap<xoc(le tarse). 

Metathese, du grec pexdOeaic 
(transposition). 

Metayer, qui donne pour fer- 
mage la moitie des fruits, du L. 
medielarius* (metayer dans les 
textes latins du moyen age, de- 
rive de medietatem moitie) . 

Medie(t) arius a donne me'tayer 
par la chute du t medial (voy. 
abbaye) et par le changement de 
arius en ier (voy. dnier); 2° de 
d en t (voy. p. xcvni). — D. me*- 
tairie. 

Mtcteit, anciennement mesteil, 
du L. mixtellum * (deriv6 de mix- 
turn, mele; le meteil etont propre- 
ment un melange de seigle et de 
froment). Sur x devenu s 9 voy. 
amitii; sur i devenu e, voy. ap- 
mettre; sur la chute post6rieure 
de s } voy. abime. 

Metempsycose, du grec »xe- 
TejiAj/uxcoat!; (m. s.). 

Meteore, du grec fi&T&opoc 
(eleve, aui se passe en l'air). — D. 
mitiorique, 

Meteoroloffle, du grec f&sxeai- 



yGoogk 



MfiT 



351 



MEU 



p*; (eleve) et >6yoc (discours, 
etude) . — D. me'te'orologtque, 

Methode, du grec ixeOodo; (m. 
s.) — D mUhodique, methodisme, 
tnethodiste. 

Metlculeux, du L. meticulosus 
(m. s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

Metier, anciennement mistier, 
au dixieme siecle mistier dans le 
poeme de Saint-Leger, du L. mi- 
nisterium (office, puis charge, 
emploi, et enfin occupation quo- 
tidienne, metier dans les textes 
carlovingiens. On trouve dans les 
Capitulaires amittere ministerium 
pour perdre sa charge : Les Ca- 
pitulaires de Charles le Cbauve 
11, 15 emploient ministerium au 
sens de metier : lpsi monetarii 
jurent quod ipsum ministerium, 
quantum scierint et potuerinl, 
fideliter faciant. Les chefs des 
metiers sont designes dans les tex- 
tes du moyen Age par l'expression 
capita ministeriorum). 

Min(\)sterium contracts (voy. ai- 
der) en ministerium reduit ns a 
5 (voy. a\n4) d'ou misterium qui 
donne la plus ancienne forme fran- 
chise mistier, d'ou mestier par le 
changement de t en e (voy. ad- 
mettre), metier par la chute de s 
(voy. abime). 

Jfeti*, ancienn. mestis, du L. 
mixtitius * ( melange , derive de 
mixtus). Mixtitius donne mestis 
par le changement • 1° de i en e 
(voy. admettre); 2° de x en *(voy. 
amitU); 3° de itius en is (voy. 
agencer) : mestis devient mitts par 
la chute de s (voy. abime). 

Metonymle, du grec fteTcovu- 
jjita (m. s.). 

metope, du grec uteToroj (m. s.). 

metre, du grec' u£rpov (me- 
sure). — D. me'trer, mitreur. 

Rfetrlque, du grec imptxfc 
(relatif a la mesure). 



Metropole, du grec fiTitp&to- 
Xi; (propr. ville mere). — D md- 
tropolitain. 

Met; anciennement mes, en 
i tali en messo, du L. missum* 
(propr. ce que Ton sert, ce que 
l'on envoie : le latin ferculum 
mets, derive de meme de ferre 
porter). Sur i devenu e, voy. ad- 
mettre. — D. entremets. 

Mettre, du L. mittere (propr. 
envoyer, puis mettre dans la lati- 
nite du moyen age : ut per om- 
nia altaria luminarw mittan- 
tur.... lit-on dans un tres-ancien 
rituel). 

Mitt(&)re regulierement contrac- 
ts (voy. p. lxxxi) en mitt' re a 
donne mettre par le changement 
de i en e (voy. admettre). — D. 
mettable, metteur, entremettre, 
de'mettre, soumettre. admettre. 

Mewbie (adj.) du L. mobllU 
(que Ton peut remuer, terre 
meuble, biens meubles ; d'ou pos- 
terieurement le sens de meuble 
pris substantivement pour designer 
tout ce qui garnit une maison 
sans en faire partie). 

Mob$)lis contracte reguliere- 
ment (voy. p. lxxxi) en mob'lis 
donne meuble par le changement 
de o en eu (voy. accueillir). — D. 
meubler, meublant, ameublement 
(de ameubler) , * ameublir. 

Meugler, du L. mugulare* 
(de>iv6 aemugire, mugir). Mug(ii)- 
tare regulierement contracte (voy. 
accointer) en mug'lare donne meu- 
gler par le changement de u en 
eu (voy. beugler). 

1. Jfewle (de moulin), en ita- 
lien mola, du L mola (meule) 
par le changement de o en eu 
(voy. accueillir). — D. meuhbre. 

2. Mettle (de foin) , ancienne- 
ment meulle, du L. metula* di- 
minutif de meta, meule dans les 
textes carlovingiens ; acceptisque 



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MEU 



352 



MID 



clambus metas annonae, quaeade- 
rant, elidit.... dit Gregoire de 
Tours {Hist. 4, 41). Meta signifie 
proprement cdne. 

Met{u)la contracts reguliere- 
ment (voy. p. lxxxi) en meVla, 
donne meulle puis meule par Pas- 
sim llation de tl en II puis I (voy. 
bouleau). 

Mi eunter, anciennement meuZ- 
m'er, en provencal moltnier. en 
italien tnottnaro, du L. moana- 
rtt*5 (meunier), par la contrac- 
tion reguliere (voy. accointer) de 
mol(l)narius en moVnarius a'ou 
meuJnier par le changement de 
arius en ter (\oy.dnier) et de o 
en eu (voy. accuetMir) ; puis meu- 
nier par la chute de I. — D. 
meunerie. 

Jfeicftffe, du L. mordrum* 
(meurtre dans les textes carlovin- 
giens : Si mordrum tofMrn quis 
fecerit.... dit la lea; Saxonum, 
2 , 6. St quis hominem in mor- 
dro occiderit.... lit-on dans un Ca- 
pitulaire de 813. — M ordrum, mot 
a'origine germanique represente 
le gothique maurthr, meurtre : 
sur au devenu o, voy. alouette). 

Mordrum a donne meurtre par 
le changement de o en eu (voy. 
accueillir) et par celui de dr en 
tr (voy. p. xcvm) qui est tout a 
fait insolite. — D. m eur trier , 
meuririr, meurtriere. 

Mieurtrir, voy. meurtre. -— 
D. meurJrmure. 

Afetctfe, auj. troupe de chiens y 
a Porigine troupe en general; la 
Chanson d'Antioche, poemefran- 
cais du treizieme siecle, dit par 
exeinple que • Pierre PHerinite 
vit perir toute la meute des croi- 
s6s. > — Meute vient du L. mota * 
(proprement troupe qu'on leve 
pour une expedition , dans les tex- 
tes latins (in moyea age : mota 
est le substantif participial de mo* 



vere). — Jfofa a donne meute plr 
le changement de o en eu (voy. 
accueillir). — D. ameuter (reunir, 
rassembler, mettre en troupe, en 
meute, puis exciter). Du sens de 
troupe puis d'attroupement, meute 
6tait venu , dans Tancienne langue, 
a celui d'emeute, de trouble, de 
revolte; sens qui a persiste dans 
le derive meutin 1 aujourd'hui 
muttn (sur eu devenu u, voy. 
pure'e). 

Afi, du L. medius (mi) par la 
chute du d medial (voy. alouette) 
et le changement de e en i (voy. 
accomplir). — D. minute, mipar- 
tie, mi-jambe, mi-careme, midt, 
milieu, parmi. 

mlasme, du grec \uaa\ut (in- 
fection). 

Miiauler , onomatopee (voy. 
p. lxv). — D. miaulement. 

mica, du L. mica (derive de 
micare, brill er). 

Jftcfce, mot d'origine germa- 
nique (flamand micke, pain de fro- 
ment). Sur c devenu ch, voy. achar- 
ner. 

Micmac, mot d'origine ger- 
manique (allemand mischmasch, 
micmac). 

micocouller , origins incon- 
nue. 

mlcrocoame, du grec juxpo- 
xofTfjLo; (petit monde). 

micrographe, au grec (uxpo; 
(petit) et ypdtaeiv (decrire). — D. 
micrographie } micrographique. 

micrometre , du grec fuxpo; 
(petit) et jxetpov (mesure). — D. 
micromittique. 

microscope > du grec (xixp6; 
(petit) et axoiceTv (observer). — D. 
microscopique, 

Jficfi, compose de mi (me- 
dius), et de di (diem) : Ipsum me- 
ridiem, cur non medidiem? Credo, 
quod erat insuavius.... dit Cice- 
ron dans le De Oratore. 



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MIG 



353 



MIM 



1. Jf*«, du L. mica (propr. par- 
celle ; mica pants est dans Petrone 
au sens de miette de pain ; et une 
forraule du septieme siecle oppose 
mica a crusta : * A (oris turpis est 
crusta, ab intus miga nimis est 
fusca. »). Sur la chute du c medial 
mi(c)a, voy. affouage. — D. 
miette. 

2. Mie (negation), du L. mica 
(parcel le). Je n'en at mie signifie 
proprement: je rCen ai pas une 
par celle; les Latins employment 
deja mica au m6me usage :* null a- 
que mica salis....*, dit Martial. Sur 
Ja chute du c medial mi(c)a, voy. 
affouage. 

3. Jfie, abreviation de amte. 
Miel, du L. meZ (miel) par le 

changement de e en ie (voy. ar- 
rt'ere). — D. mielleux. 

Mien, ancienn. men, forme 
adoucie de mon (voy. mon). Sur 
radoucissement de mon en men 
voy. ;e; sur la diphthongaison 
de men en mien, voy. arriere. On 
trouve le mon pour Je mien dans 
plusieurs textes du onzieme siecle ; 
ce qui confirme Torigine indiquSe. 
Pour l'&ymologie, voy. mon. 

Miette 9 voy. mie. — D. imiet- 
ter. 

Mieux, arfciennement mieus, 
a l'origine miels et mels, du L. 
melius (mieux) par la contraction 
reguliere (voy. p. lxxxi) de me- 
i(iu)$ en meVs, d'ou l'ancien fran- 
cais mels qui devient successive- 
ment miels (voy. arriere), miens 
(voy. agneau), mieux (voy. deux). 

Ifievne, origine inconnue. — 
D. mievrerie, mievrete". 

Mignavd, pour l'gtymologie 
de ce mot, voy. mignon. — D. mU 
gnarder, mignardise. 

Mignon , Mignard, mots 
derives d'un radical commun 
migfn. . . . dorigine germanique 
(ancien haut allemand minnial 



amour). — D. mignonette, mi~ 
gnoter. 

migraine, du L. hemicranium 
(migraine, dans Marcellus Empi- 
ric us) ; sur la chute de la premiere 
syllabe, voy. briUer; sur c devenu 
g, voy. adjuger. 

migration, du L. migratio- 
nem (m. s.). 

Mifauiree, origine inconnue. 

Mijoter* origine inconnue. 

1. Mil, du L. milium (mil). — 
D. millet, milleraie. 

2. Mil, du L. mille (mille). 

f Hi I Ian, de l'espagnol milano 
(milan). 

Mlllalre, du L. miliarius (de 
milium, mil). 

MUice, du L. militia (milice). 

— Sur tia devenu ce, voy. agen- 
cer. — D. milicien. 

Milieu , voy. mi et lieu. 
Mllltalre, du L. militaris 
(m. s.). 
Billlter, du L. militare (m. s.). 

— D. militant, 

Mille, du L. millia (pluriel de 
mille, mille). — D. milliard, mil- 
lion. 

Mllenalre, du L. millenarius 
(m. s.). 

millesline, du L. millesimus 
(millieme). 

Millet, voy. mil. 

milllalre , du L. milliarius 
(m. s.). 

If if Heme, anciennement mil- 
liesme, du L. millesimus (millie- 
me) par le changement de esimus 
en ieme (deja etudie au mot huit- 
ieme). 

Millie**, du L. milliarium 
(millier). Sur arium devenu ier, 
voy. dnier. 

Million, voy. mille. — D. mil- 
lionnaire, mUlionieme. 

f milord , de l'anglais my lord 
(mon seigneur). 

nine, du L. mtmuf (m. s.). 



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M1N 



354 



MIS 



Mlmlque, du L. mimicus (de 
comedien). 

| minaret, mot d'origine orien- 
tale (arabe mindrel, mosquSe). 

Minawder ? voy. mine. — D. 
tninaudmtf, minaudier. 

Mince, origine inconnue. — 
D. amincir. 

1. f mine (air, contenance), de 
l'italien mina (mine). — D. mi- 
wots, minaud, minauder. 

2. Wine, voy. miner. — D. rnt- 
neur. 

3. Mine (iamoitie" d'un setier), 
du L. hemina (moiti6 du sexto- 
rius). Pour Taphferese de he, voy. 
migraine. 

4. Mine (poids), du L. mina 
(mine, poids de cent drachmes). 

Miner, creuser une mine, con- 
duire une galerie souterraine, du 
L. minare (conduire). — D. mine 
(substantif verbal), mineral, mi- 
nerai. 

Mineral, voy. miner. — D. 
miniraliser, mineralisation, mi- 
ne'ralisateur , miniralogie (de mi- 
neral et Xoyoc, etude). 

Mlneratogle, voy. mineral. 
— D. mintralogiste, miniralo- 
gique. 

Minct, origine inconnue. 

Jfittettf , du L. minorem (mi- 
neur), Sur orem devenu eur 9 voy. 
accueiUir. 

Miniature , du L. miniatura 
(proprement peinture au minium ; 
les lettres initiales des manuscrits 
6tant originairement tracers au 
minium, au vermilion). — D. mi- 
niaturiste. 

Mlnlme , du L. minimus (tress 
petit). 

Minimum, du L. minimum (la 
plus petite quantity. 

Mlnlstere, du L. ministerium 
(ministere). — D. ministtriel. 

Mlntstre, du L, minister (mi- 
nistre). 



Minium, duL. minium (m. s.). 

Minoim , voy. mine 1. 

Minorite, du L. minorita- 
tern * (deriv6 de minor, moindre). 

Jfittttitf , voy. mi et nuit. 

Minuscule , du L. minusculut 
(un peu plus petit). 

Minute, du L. minuta (propr. 
chose menue, d'ou le sens de tres- 
court espace de temps). — D. mi- 
nuter. 

Mlnutle, du L. minutia (tres- 
petite parcelle) . — D. minutieux. 

j Mlrabelle, de l'espagnol 
mirabel (espece de prune). 

Miracle , du L. miractuum (pro- 
dige). Sur aeulum devenu acle, 
voy. p. lxxxi. 

Mlraeuleux, du L. miraculo- 
sus (m. s. dans saint Augustin). 

Mirage, ,voy. mirer. 

Mire (point de), voy. mirer. 

Mirer, du L. mirari (propr. 
admirer, puis contempler, regar- 
der dans un miroir, et enfin viser). 
— D. mire (subst. verbal), miroir, 
mirage. 

Mirlifiore, origine inconnue. 

Miriiton, origine inconnue. 

Miroir, voy. mirer. — D. mi- 
roiter, miroitier. 

Miraiter, voy. miroir. 

Miraton , origine inconnue. 

f Mlaalne, de l'italien met- 
xana (misaine). 

Misanthropic , du grec fueiav- 
xptonia (haine des hommes. — D. 
misanthrope, misanthropique. 

Mlseellanees, du L. miscella- 
nea (melanges). 

Mime, voy. mettre. 

Miserable, du L. miserdbilis 
(deplorable). • 

Mlsere, du L. miseria (m. s.). 

Mlserlcorde, du L. miseri- 
cordia (compassion). — D. misdri- 
cordieux. 

Missel, du L. missale (livre 
qui contient les messes propres 



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MIT 



355 



MOD 



aux jours ettffetes de Panned; de- 
rive de missa, messe). Sur alts 
devenu el, voy. annuel, 

mission , du L. missionem (ac- 
tion d'envoyer.)— D. missionnaire. 
missive , du L. missiva (derive 
de missum part, de mittere, en- 
voyer). 

f mistral , mot venu du pro- 
vencal mistral (vent du N. 0.); 
mistral qui est ancienn. maestral, 
en italien maestrale, repr£sente le 
L. ma(%)istralis (propr. le mattre 
des vents). Sur la chute du g me- 
dial, voy. allier). 

Mitaine, Jfitott, proprement 
demi-gant, mots derives d'un ra- 
dical mit, d'origine germanique 
(ancien haut allemand mittamo, 
demi; d'ou le sens de demi-gant.) 
Mite, mot d'origine germani- 
que (anglo-saxon mite, mite). 

mitigation, du L. mitigatio- 
nem (adoucissement). 

mitlger, du L. mitigate (adou- 
cir). 
Miton, voy. mitaine. 
Afftfomtet*, origine inconnue. 
MHoyen, du L. medietanus* 
(mitoyen, dans un texte latin du 
moyen age) par la chute du t me- 
dial medie{X)anus (voy. abbaye) , 
et le changement: l°de c en i 
(voy. accomplir) ; 2° de anus en 
en (voy. ancien) ; 3° de e en oi 
(voy. accroire); 4° par le retour 
insolite du d au t (voy. p. xcviii). 
— D. mitoyennett. 

Afift* aide, anciennement mi- 
faille (sur 1'addition de r, voyez 
chanvre). Mitaille est un diminutif 
de Pancien francais mite (petite 
monnaie de cuivre, d'ou le sens 
de vieux morceaux de cuivre , 
qu'avait encore le mot mitraille 
au dix-septieme siecle). Mite est 
un mot d'origine germanique (fla- 
mand mijte petite monnaie). — D. 
mitrailler, mitraiUade. 



mitre, du L. mitra (mitre). — 
D. mitre", mitron. 

Afitfon, proprement coiflfe 
d'une mitre de papier, voy. mitre. 

mixte, du L. mixtus (ra&le). 

mixtion , du L. mixtionem [m 
s.). — D. mixtionner. 

mixture, duL. mixtura (m. s.) t 

mnemonlque, du grec {ivY]pu> 
vixtq (s. e. T6xvn,artde faciliter les 
operations de la memoire). 

mnemotechnle, du grec fiv^- 
{xwv (qui se souvient) et tixvn (art). 

mobile, du L. mobilis (m. s.). 
— D. mobiliaire, mobilier, moot- 
liser, immobile. 

moblllser, voy. mobile, — D. 
mobilisation, immobiliser, 

mobiute, du L. mobilitatem 
(m. s.). Sur atem devenu e", voyez 
abbe', 

modallte, du L. modalitatem* 
(de modalis, derive de modus, 
maniere d'etre). 

mode, du L. modus (loi, me- 
sure). — D. modiste. 

f modele, de l'italien modello 
(modele). — D. modeler, mode- 
lage, 

moderateur, du L. moderator 
rem (m. s.). 

moderation, du L. moderatio- 
nem (moderation). 

moderer,du L. moderari (mo- 
de rer). 

moderne, du L. modernus 
(m. s. dans Priscien). 

modeste, du L. modestus (re- 
serve^ . 

modestle, du L. modestia (mo- 
destie). 

modification, du L. modifica- 
tionem (arrangement). 

modifier, du L. modificare (re- 
gler). — D. modificatif, 

modlque, du L. modicus (me- 
diocre). 

modiclte, du L. modicitatem 
(m. s.) . 



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MOI 



356 



MOI 



module, du L. modulus (ore- 
sure). 

Modpler, du L. modulari (mo- 
duler). — D. modulation. 

Ifoeffe. en provencal meolla, 
en espagnol meollo, du L. medulla 
fmoelle) par la chute dud medial 
me(d)ulla (voy. accabler), qui a 
donne meolle par le changement 
dew en o (voy.' annoncer). dou 
moelle par la* transposition des 
voyelles (voy. p. lxxvi). — D. 
moelleux. 

Jfoeffott, origine inconnue. 

lUceuf* mode des verbes (en- 
core dans Rollin avec ce sens): du 
L. modus (mode) par le change- 
ment : 1° de o en ocu (voy. accueil- 
lir) ; 2° de d en f (voy. fief) . 

MM ceura, du L. worn (moeurs) 
par la contraction reguliere (voyez 

§. lxxxi) de mor[e)s en mor's, 
'oii moeurs par le changement de 
o en eu (voy. accueillir). 

Jfoi, du L. mi (contraction de 
mihi) . Sur t devenu ot, voy. 6oire. 

Mioignon, mot dont forigine 
est inconnue. 

Moindre, anciennement men- 
dre, du L. minor (moindre) par 
la contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de min(6)r en mtn'r, d'ou 
Tancien francais mendre par le 
changement denr en ndr (voy ab- 
soudre) et de i en e (voy. admet- 
ire). — Mendre a doane moindre 
par le changement de e en oi (voy. 
accroire). — D. amoindrir. 

Moine, derive d'un type mo- 
nius* (du grec fxovo; seul) par la 
transposition de t (voy. chanoine). 
Monius* a donne un derive mo- 
nialis qui est dans un texte de 649. 
— D. moinerie. 

Moineau , anciennement moi- 
nel, moisnely contraction de mois- 
sonel diminutif de l'ancien fran- 
cais moisson (moineau) qui est le 
L. muscionem* (petit oiseau, d^ 



rive de mnsca mouche ; propre- 
ment oise.iwmouche). 

Muscionem a donne moisson par 
le changement: 1° de u en oi 
(voy. angouse); 2° de scio ensso 
(voy. agencer). Moiss(o)nel, dimi- 
nutif de momon, se contracte re- 
gulierement (voy. accointer) en 
mois* nel d'ou moinel (voy. abime), 
puis moineau (voy. agneau). 

Moins ^ du L. minus (moins) 
par la contraction (voy. p . lxxxi) 
de mtn(U)s en min's d'ou moins 
par le changement de ten oi (voyez 
boire). 

t Moire, de Tanglais mohair 
(moire). — D. moirer. 

Mois, du L. mensis (mois) par 
la reduction dens as, mesis (voyez 
aind), d'ou mois par le change- 
ment de e en oi (voy. accroire). 

Jfofee, origine inconnue. 

Moisir, anciennement mutstr, 
du L. mucere (moisir) par le chan- 
gement de u en ui (voy. torn), 
puis en oi (voy. angoisse) ; par ce- 
lui de c en s (voy. ami/i^), et de « 
en i (voy. accomplir). — - D. wiot- 
sissure, moisi (substantif partici- 
pial). 

Moisson j du L. messionem 
(moisson dans Varron). Sur e de- 
venu oi, voy. accroire. — D. 
moissonner, moissonneur. 

Moite) anciennement moiste, 
du L. musteus* (juteux, puis moite, 
derive" de mustum mout). 

Jfus*(eu)s regulierement trans- 
forme en musi(iu)s (voy. abriger) 
donne moiste par le changement 
de u en ot (voy. angoisse), moite 
par la chute de s (voy. abime). — 
D. moiteur. 

Moitie , du L. roedtetofem 
(moitie) par la chute du d memal 
me[d)ietatem (voy. accab/er), et 
par le changement : 1° de e en ot 
(voy. accroire) j 2* de atem, eatf 
(voy. amiW), 



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MON 



357 



MON 



Mol, du L. mollis (mou). — D. 
mollasse, mollement, mollet, mol- 
leion. 

Molalre, du L. molaris (mo- 
laire). 

mdle, du L. moles (mdle). 

molecule, du L. scolastique 
molecula (diminutif de moles 
masse). — D. moUculaire. 

molester , du L. molestare 
(molester) . 

Molette, diminutif de mola 
(meule). 

MoiiatBc, voy. mol. 

Jfofte««e, du L. mollitia* 
(mollesse, derive de mollis mou) ; 
par le changement de ilia en esse 
(voy. agencer). 

Jfoffef, voy. mol. 

Mollir , du L. mollire (amol- 
lir). 

mollaaque, du L. mollusca 
(proprement noix, puis mollusque), 

moment, du L. momentum 
(moment) . 

momentane, du L. momenta- 
neus (m. s. dans saint Jer6me). 

IfomeHe, proprement mas- 
carade ; derive de Pancien fran- 
cais momer (se masquer) qui est 
a'origine germanique (allemand 
mummen masquer). 

f momle, de l'italien mummia 
(momie). 

Mon, du L. meum (mon) par la 
contraction de meum en mum 
(voy. p. xc ; on trouve sam pour 
roam dans Ennius) . 

Mum donne mon par le change- 
ment; 1° de u en o (voy. annon- 
cer); 2° de m en n (voy. c/ianper). 

monacal, derive de monachus 
(moine). 

monaehlsme, derive de mo- 
nachus (moine). 

monade, du L. monadem (unite, 
dans Isidore de Seville). 

monadelphle , du grec (xovo; 
(seul) et d8eX?6c (frere). 



monandrle, du grec (&6voc 
(seul) et ivyjp (male). 

monarchle, du grec aovapxiVt 
(gouvernement d'un seul). — D. 
monarchique, monarchiste. 

monarchlqne , voy*. monar- 
chic. 

monarqne , du grec ftovdpxnc 
(qui gouverne seul). 

monastere,du L. monasterium 
(m. s.). 

monastlqne,du L. monasticus* 
(m.s.). , , . 

monaut, du grec (aovooto; (qui 
n'a qu'une oreille). 

Monceau, anciennement mon- 
eel (sur el devenu eau, voy. agneau) . 
Moncel est le L. monticellum (amas 
fait en forme de mont, derive de 
montem mont) par la contraction 
reguliere (voy. accointer) de mon- 
ticellum en mont'cellum : sur tc 
devenu c, voyez au mot adjuger. 
— D. de l'ancienne formo moncel: 
amonceler. 

Mondain^ du L. mundanus 
(mondain), par le changement de 
u en o (voy. annoncer) et celui de 
anus en ain (voy. ancte/i). — D 
mondanite'. 

1. Monde j du L. mundus(uni- 
vers). Sur w devenu o, voy. annon- 
cer. 

2. Monde (adj.), du L. nwn- 
dus (propre). Sur u devenu o, voyez 
annoncer. — D. immonde. 

Mottdef, du L. tnundare (net- 
toyer). Sur u devenu o, voy. an- 
noncer. 

monetalre, du L. monetarius 
(proprement monnayeur). 

monlteur , du L. monilorem 
(m. s.). 

monition, du L. monUionem 
(avertissement). 

monliolre, du L. monitorium 
(qui donne iin avertissement). — 
D. monitorial. 

>, anciennement mon- 



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MON 



358 



MOR 



noie, du L. moneta (monnaie) par 
la chute du t,mone(t)a(voy.cw0u), 
et le changement: 1° de n en nn 
(voy. ennemi) ; 2° de e en oi puis 
ai (voy. accroire). — D. monnayer, 
monnayage, monnayeur. 

Monochrome, du grec povo- 
Xpco^o; (d'une seule couleur). 

Monocorde , du grec povoxop- 
8o; (a une seule corde). 

Monocotyledone , du grec 
ftovo? (seul) et xoTvXyjSajv (cavit6). 

Monoecle, du grec jxovo; (seul) 
et olxia (maison). 

nonogramme, du grec {iovo- 
YpafiuiaTOv (m. S.). 

Monographic, du grec (xovo- 
ypa^a (m. s.). 

MonoYque, d u grec (iovoc (seul) 
et otxo; (maison). 

Moriolftthe, du grec piovoXiOo; 
(m. s.). 

Monologue, du grec piovoXoyCa 
(m. s.). 

Monomanle, du grec (jlovo; 
(seul) et manie (voy. ce mot). — D. 
monomane. 

Mondme, du grec (jtovoco (iso- 
ier). 

Monopetale, du grec jjlovo; 
(seul) et rcexaXov (feuille). 

Monophylle, du grec piovo- 
9UXX0; (qui n'a qu'une feuille). 

Monopole., du grec iaovowd- 
Xia(vente exclusive). — D. mono- 
polmr, monopoliser. 

Monosyllahe , du grec (jlovo- 
<ruXXa6o; (qui n'a qu'une syllabe). 
— D. monosylkibique. 

Monotone, du grec (iovoto- 
vo; (qui est sur un seul ton). — 
D. monotonie. 

Mora, abr6viation de monsieur 
(voy. ce mot). 

Monseigneur , voy. mon el 
seigneur. — D. monseigneuriser. 

Monsieur, voy. mon et sieur. 

Monaire, du L. mons^rum 
(monstre). 



Monstrueux,duL. monstruo- 
sus (m. s.). Sur osus devenu eux f 
voy. amoureux. — D. monstruo- 
site". 

Mont, du L. montem (mont). 

— D. monter 9 amont. 
Montague, du L. montanea * 

(derive de montem mont). Sur le 
changement de anea en agne voy. 
aragne. — D. montagnard, mon~ 
tagneux. 

Montew, voyez mont. — D. 
montage } monUe (substantif par- 
ticipial), montanty monteur y mon- 
toir, monture, demonter } remonter, 
surmonter. 

monticule, du L. monticulus 
(m. s.). 

Montre , voy. montrer. 

Montrer ,anciennement mons- 
trer, du L. monstrare (montrer), 
par la chute de s (voy. aoime). — 
D. montre (substantif verbal; ca- 
dran de l'horloge qui montre les 
heures, puis par extension horloge 
portative). 

Montueux, du L. montuosus 
(m. s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

Monument, du L. monumen- 
tum (m£me sens). — D. monu- 
mental. 

Moquer (se), origine incon- 
nue. — D. moquerie f moqueur. 

Moquette, origine inconnue. 

Jfofoiffe*, origine inconnue, 

— D. moraillon. 

moral , du L. moralis (relatif 
aux moeurs). — D. moraliser. 

Morale , du L. moralis (subst. 
m. s. dans Ennodius). 

Moraliser, voy. moral. — D. 
moraliseur, moraliste, dimora- 
liser. 

Morallte , du L. moralitatem 
(caractere). Sur atem devenu e\ 
voy. abbe". 

morblde, du L. morbidut 
(m. s.). 



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MOR 



359 



MOR 



f BforbideMe , de l'italien 
morbidexxa (morbidesse) . 

Iforceatf, anciennement mor- 
cel, a l'origine morsel, en italien 
morsello, du L. morseuum * (mor- 
ceau dans les textes de la basse 
latinite, proprement chose mordue, 
bouch£e 7 morsellum est un derive 
de morsum parti cipe de mordere 
mordre. — De m£me en allemand 
bissen morceau derive de beiszen 
mordre). 

Morsellum donne successive- 
merit l'ancien frangais morsel, puis 
morcel (voyez cercueil pour le 
changement de s en c) , enfin 
morceau par le changement de el 
en eau (voy. agneau). — D. de 
Pancienne forme morcel : mor- 
celer. 

Morceier , voy. morceau. — 
D. morcellement. 

Mordlcant, du L. mordicantem 
(m. s.; derive de mordere, mordre). 
mordleuM, du L. mordicus (en 
mordant avec opiniatrete). 

MordiUer, pourl'6tymologie, 
voy. mordre. 

Mordore, anciennement mgre 
dore" (proprement noir dori) com- 
pose ae dore" (voy. ce mot) et de 
more qui est le L. maurus (more, 
d'ou le sens de noir) ; sur au de- 
venu o voy. alouette. 

Mordre , du L. mordere (raor- 
dre) par le changement de mor- 
dere en mordere (voy. accowrir). 
Jford(6)re donne mordre par la 
chute reguliere de e (v. p. lxxxi). 
— D. demordre, remordre. 

More, du L. Maurus (Maure , 
d'ou le sens de noir). Sur au de- 
venu o, voy. alouette. — D. mo- 
resque , moreau ( anciennement 
morel; sur el devenu eau, voyez 
agneau) ; morelle, morillon, mort- 
caud. 

JVofJlI, voys fil (tranchant), et 
mort. 



Morfottdre, a l'origine terme 
de veterinaire, signine causer 
chez le cheval, un catharre nasal; 
morfondre est une composition 
des deux mots morve (maladie du 
cheval) et fondre. 

MorgeUne^ en italien mordi- 
gallina. plante particulierement 
rechercnSe par les poules; comme 
l'indique son nom morsus gallinae, 
qui a donne morsgeline, puis mor- 
geline) par la chute de s (voyez 
abime; pour le changement de 
gallina en ge'line, voy. gtline. 

1. Morgue, origine inconnue. 
— D . morguer. 

2. Morgwe (d6p6t), origine in- 
connue. 

morlbond, du L. moribundus 
(m. s.) 

Moricaud, voy. more. 

Morlgener , du L. morigerari 
(etre docile). 

MMorUie, mot d'origine ger- 
manique (ancien haut allemand 
morhila morille) . 

f Morion, de l'italien morione 
(morion). 

Morne, mot d'origine germa- 
nique (ancien haut allemand mor- 
nen, 6tre triste, Gtre morne). 

f morne (colline), mot venu 
des Antilles et qui repr6sente Pes- 
pagnol morron (monticule) . 

Morose , du L. morosus (m£me 
sens). 

Moroslte, du L. morositatem 
(m. s.). 

morphee, du grec Mop9efc; 
(dieu du sommeil). — D. mor- 
phine. 

morphine, voy. Morphde. 

Mors (proprement ce que mord 
le cheval) mors represente le L 
morsus (morsure). 

Morwurh, du L. morsura* (de- 
riv6 de morsus (morsure). 

1 . Afow, du L. mortem (mort)* 

2. Mort (partic), du L. mop- 



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MOT 



360 



MOU' 



tuus (mort) par la reduction de 
mortuus a mortus (voy. p. xc). 

f mortaclelle, de l'italien mor- 
tadella (mortadelle) . 

Mortalse, origine inconnue. 

Mort a lite, du L. mortalitatem 
(m. s.). 

Hot* *ef, du L.mortalis (m. s). 
Sur alis devenu el voy. annuel. 

Morte-saUon , voy. mort 2. 
et saison. 

MMortiew , du L. mortarium 
(mortier) par le changement de 
oriam en ter (voy. dnier). 

Mortification, du L. mortifica- 
tionem (m. s.). 

Mortluer, du L. mortificare 
(m. s.). — D. mortifiant. 

Mortualre , du L. mortuarius 
(m. s.). 

Jlfoftce, origine inconnue. 

£fot*ve, proprement maladie du 
cheval, accompagnee d J un flux 
abondant par les narines (d'oii le 
sens posterieur de mucosite na- 
sale), du L. morbum (proprement 
maladie; les affections des ani- 
mauz etant en general designees 
d'une maniere tres- vague: c'est 
ainsi qu'on dit des chiens qu'ils 
ont la maladie, sans specifier la 
nature de Taffection ; la morve 
6tant par excelJence la maladie da 
cheval, derive de mfime de mor- 
bum). — D. morveux. 

1. f MosaYque, de l'italien mu- 
saico (mosaique) . 

2. MosaYqae, du L. mosaicus 
'de Molse). 

f Mosquee , mot d'origine 
orientale (arabe mesgid mosquee) 
venu par l'interm6diaire de l'ita- 
lien moschea (m. s.). 

Mot, en italien motto, du L. 
muttum, mot: «Non auaet di- 
cer emuttum » (Lucilius); Cornutus 
sur la premiere satire de Perse : 
Proveroialiter dicimus, muttum 
*ullum emiseris, id estverbum* 



Sur le changement de u en o, 
voy. annoncer. 

f motet, de l'italien mottetto 
(motet). 

Moteur, du L. motorem (mo- 
te ur). 

Motif, du L. motivus* (derive 
de motum, proprement ce qui in- 
cite, ce qui pousse a faire quelqse 
chose). — D. motiver. 

Motion, du L. motionem (mo- 
tion). 

Jfoffe, origine inconnue. 

Motus, origine inconnue. 

Mouj adoucissement de mol 
(voy. agneau). — D. mou (sub- 
stantia . 

Mowchard, voy. mouche. 

Mouche, anciennement mous- 
che, du L. musca (mouche) , par le 
changement de u en ou (voy. ac- 
couder) et par celui de ca en che 
(voy. acharner et acheter) ; sur la 
chute de s, voy. abtme. — D. mou- 
ther on, mouchardy moucheter, 
moucherolle, emouchet. 

Moucheter, voy. mouche. — 
D. moucheture. 

Mtoucher, du L. muccare 
(moucher, derive de mucus. Muc- 
care est dans les Lois barbares: 
* Si nasum excusserit ut muccare 
« non possit.... » dit la Loi des 
Ripuaires, 5, 2). 

Muccare a donn£ moucher, par 
ie changement : 1° de cc en ch 
(voy. acheter); 2° de w en ou (voy. 
accouder) . — D. mouchoir f mou- 
chettes, moucheur, mouchure. 

Jfoucft*e, anciennement mol- 
dre, a Torigine moire, du L. mo~ 
lere (moudre), par la contraction 
reguliere (voy. p. lxxxi) de mo- 
i(6)re en moVre, d'ou Tancien fran- 
cais moire, qui devient moldre^ 
par le changement de Ir en Idr 
(voy. absoudre); puis moudre, par 
le changement de ol en ou (voy. 



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MOU 



361 



MOU 



Howe, mot d'origine germa- 
nique (neerlandais mowe, moue) . 

Mouette, diminutif de l'an- 
;ien francais moue qui est d'ori- 
gine germanique (allemand mowe, 
nouette). 

1. Moufle (gant). du L. muf- 
ula *, moufle, dans les textes car- 
ovingiens; un Capitulaire de 817 
irdonne : Ut muffulae vervecinae 

monachis dentur..,. et quel- 
[ues lignes plus bas : Wantos m 

aestate, muffulas in hieme verve- 

etnas... ». 

Muffula est d'origine germani- 
ue (neerlandais moffel). Par la 
hute de l'u (voy. p. lxxxi), muf- 
{H)la donne mufTla, d'ou moufle, 
ar le changement de u en ou 
iroy. accouder). 

2 . Moufle (systems de poulies), 
rigine inconnue. 

3. Moufle (vase), origine in- 
>nnue. 

Mouflonj origine inconnue. 
Mouiffef, du L. molltare* 
aouiller, derive de mollis, mou ; 

meme metaphore se retrouve 
ins Pallemand einweichen, mouil- 
r, de weich y mou). Sur Hi de- 
nu ill, voy. ail; sur o devenu 
i, voy. affouage.— D. mouil- 
ge, mouiUoir, mouillure, mouiU 
ite. 
1. Mottle, ancienn. mousle, 

lauguedocien muscle, du L. 
isculus (moule), par la contrac- 
n r6guliere (voy. p. lxxxi) de 
isc(iX)lus en muse'lus. d'ou 
msle, par la reduction de cl a I 
•y. male)', puis moule, par la 
jte de s (voy. abime). 
I. Motcfe, anciennement mol- 
a l'origine modZe, du L. mo- 
5us (moule) , par la contraction 
;uliere (voy. p. Lxxxi)de mod- 
ulus en) modulus, d'ou Tancien 
icais modle, qui devient moUe 
1 assimilation de dl en U (voy. « 



allumer): puis moule, par le chan- 
gement de ol en ou (voy. apn«au). 
— D. mouleTy moulure, mouleur, 
moulage. 

Jfotcler, voy. moule 2. 

Mom I in , du L. molinus * (mou- 
lin, dans les textes latins du moyen 
age : < Si quis ingenuus in molino 
alieno furaverit, ex cuius est mo- 
linus.... » dit la Lex Salicap. xxiv, 
1. La forme feminine molina est 
dans le latin classique). 

Molinus donne moulxn par le 
changement de o en ou (voy. af- 
fouaoe. — - D. moufthef, moufoner, 
moulinage, moulineur. 

Moults du L. multum (beau- 
coup). Sur u devenu ou, voy. ac- 
couder. 

Moutuwe* voy. moule 2. 

Mom fit*, du L. moriri (mou- 
rir, dans Plaute, forme archaique % 
de mori). — D mourant. 

iMouron, origine inconnue. 

f Hourre, de l'itahen morra 
(mourre). 

f Mousquet. de Titalien mos* 
chetto (mousquet) . — D. mousque- 
taire, mousquetade, mousqueterie. 

f Mousqaeton, de 1'italien 
moschettone (mousqueton). 

1. MoMMa(emouss^), mot d'o- 
rigine germanique (neerlandais 
mots, emoussej. — D. tmousser. 

2. f mousse (marine), de 11- 
talien mozxo (mousse, proprement 
jeune garcon). 

3. Mousse (botanique), mot 
d'origine germanique (ancien haut 
allemand mos, mousse; sur le 
changement de o en ou, voy. of- 
fouage),—D. mousse (ecume, assi- 
milee a la mousse plante)j mous- 
ser. 

moussellne , mot d'origine 
historique (voy. p. lxiv) ; 6toffe 
originairement fabriquee kMossoul. 

Mousse*) voy. mousse 3. — D. 
moussoir, moussu, mousseux* 
21 



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MOU 



MUB 



JfotcMeron, voy. mousse 3. 
. f mousson , du portugais mou- 
sdo (mousson). 

f moustache, de l'italien mos- 
taccio (moustache). 

f moustique, de l'espagnol 
mosquito (moustique) ; sur la trans- 
position de mosquite en moustique, 
voy. p. lxxvi. — D. moustiquaire. 

Mout , anciennement moust, du 
L. mustum (mout) par le change- 
ment de u en ou (voy. accouder) ; 
sur la chute de s , voy. abtme. — 
D. moutarde (graine de seneve 
broyee avec du mout, ou du vi- 
naigre). 

Afoutatufe, voy. mout. — D. 
moutardier. 

Afbtuie**, anciennement mous- 
tier ? plus anciennement mostier, a 
l'ongine monstier dans un poeme 
• du dixieme siecle, du L. monaste- 
rium (monastere) par la contrac- 
tion (voy. -aider) de mon[d)sterium 
en mon'sterium, d'ou Tancien fran- 
cais monstier par le changement 
ae e en ie (voy. arridre) ; monstier 
devient mostier par la reduction 
de ns k s (voy. a%rtf) y moustier 
par le changement de o en ou 
(voy. aflbuage), moutier par la 
chute de * (voy. abtme). 

Afoutfon, origine inconnue. — 
D. moutonner, moutonneux, mou- 
tonnier. 

Affotf tfufe, anciennement mol- 
ture, du L. molitura (mouture) 
par la contraction reguliere (voy. 

§. lxxxi) de mol(l)tura en moVtura, 
'ou molture devenu mouture par 
le changement de ol en ou, voy. 
agneau) . 

Afouvctnce, voy. mouvoir. 

Afott vefftetttf , du L. movimen- 
tum (m. s.),par le changement de 
o en ou (voy. aflbuage) et par celui 
de t en c (voy. admettre). 

Affotivef, voy. mouvoir. 

Jfottvoir, du L. imwere (mou- 



voir) par le changement de o en 
ou (voy. affouage) et par celui de 
e en ox (voy. occrotre). — D. mou- 
vant, mouvance, emouvoir. 

Mouver est une autre forme de 
mouvoir. 

t nou, mot d'origine chi- 
noise, ainsi que Tinvention de 
cette pratique chirurgicale. 

1. Afoyett (subst.), propr. ce 
qui sert d'intermediaire. Voyez 
mot/en 2. — D. moyenner. 

2. AfoyeM (adj.), du L. media- 
nus (moyeji) par la chute du d me- 
dial me(a)ianus (voy. accabler), et 
par le changement : 1° de anus en 
en (voy. ancien); 2° de e en ot 
(voy. accroire). — D. moyenne. 

Afoyetmcmtf, voy. m^t/enncr. 

Afoyetmet*, voy. moyen. — 
D. moyennant. 

Af oyeu, en provencai moiol, 
du L. modiolus (moyen), par la 
chute du d medial mo(i)iolus 
(voy. accabter) ; d'ou l'ancjen fran- 
gais moxeul par le changement de 
olus en eul (voy. aieuT) , moyeu 
par la chute de I final (voy. garou). 

Jfw, anciennement meu, du L. 
mofus (mu) par la chute du t(voy. 
aigu) et le changement successif 
de o en eu (voy. accueillir) et de 
eu en u (voy. curee). 

Af tra6f e, du L. mutabilis (mua- 
ble par la chute du t medial 
mu(t)abilis (voy. abbaye), et le 
changement de abilis en ao(e (voy. 
affable). 

Mucilage, derive du L. mucus 
(mucus). — D.mucilaqineux. 

mucosite, deriv6 de mucosus 
(muqueux). 

mucus, du L. mucus (mucus). 

1. Afue, voy. muer. 

2. Afue (adj.) dans rage mue 
(rage muette). 

Mue est le L. muta (muette) par 
la chute du t medial mu(t)a (voy. 
aigu). 



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MUL 



363 



MUQ 



Utter, duL. mutare (changer. 
5 our fe restriction de sens, voy. 
>. xxm). Mu(t)are a donne muer 
*ar la chute du t medial (voy. db- 
aye. — D. mue (subst. verbal) ; 
%uance ; remuer, 

Jftietf, diminutif en et de l'an- 
ien francais mu (muet) . Mu est le 
. mutus (muet); pour le change - 
lent de utus en u, voy. aigu. 

Muette (proprement meute) 7 
laison ou Ton tient des relais de 
lasse, et des meutes de chiens. 
n a vu au mot accueillir que 
eute se trouve sous la forme 
uete dans l'ancien francais. (Test 
itte forme archaique qui a per- 
st£ dans le mot muette. (Pour 
itymologie, voy. meute et ac~ 
\eillir)'. au dix-huitieme siecle, 
motmuette etait prononce meute, 
mme on peut le voir par une 
;tre du marechal de Richelieu 
i parle d'une visite « au bois de 
lulogne au chdteau de la Meute » 
e nous appelons aujourd'hui La 
leite. 

Iftc/Ie, origine inconnue.— D. 
iflier. 

mage, du L. mugil (muge, 
ilet). 
riugftr, du L. mugire (m. s.). 

mugissant, mugissement. 
Hwguet) anciennement mus~ 
H, du L. musquettus* (dimi- 
;if de muscus, muse). Sur q de- 
iu g,voy. adjuger; sur la chute 
Sj voy. abime. — D. muguet 
i se parfume de muguet) ; mu- 
ter. 
Iuul 9 4 U I" modius (muid). 

o devenu ui par attraction de 
oy. appuyer. 

Rlulatre, corruption de mu- 

motdes colonies hispano-ame- 
ines, qui est l'espagnol mulato 
latre) 

RKule (pantoufle), de l'italien 
a (mule). 



2. Utile, en italien mula, du L» 
mula (mule). 

1. Unlet, diminutif de l'ancien 
francais mul qui est le L. mulus 
(mulet). — D. muletier. 

2. Mulet (poisson) diminutif de 
mulle qui est le L. mulla (mulet, 
rouget) . 

JfMfotjmot d'oripine germa- 
nique (mulot est le derive d'un ra- 
dical mul qui correspond au neer» 
landais mol taupe). 

raultlftore, du L. mulliflorus 
(m. s. dans Isidore de Seville). 

Multiforme, du L. multifor- 
mis (varie). 

Multiple, duL. multiplex (mul- 
tiple). 

Multipllcande, du L. multi- 
plicandus (devant Stre multiplie). 

Multlpllcateur, du L. multi- 
plicator (qui multiplie). 

Multiplication, du L. multi- 
plications (m. s.). 

Multiplicity, du L. muUipli- 
citatem * (derive de multiplicus, 
compose) . 

Multiplier, du L. multiplicare 
(m. s.). Sur la chute du c, voy. 
plier. 

Multitude, du L. multitudo 
(m. s.>. 

Multlvalve, compose de mul- 
tus (beaucoup) et de valve (voy. 
ce mot). 

Municipal, du L. municipalis 
(municipal). — D. municipalite. 

Munlclpe, du L. municipium 
(m. s.). 

Munificence, duL. muniliccn- 
tia (m. s.). Sur tia devenu ce voy. 
agencer. 

Munir, du L. munire (munir) 

Munition, du L. munitionem 
(de munire, munir). — D. muni- 
tionner, munitionnaite, 

Maqaeux, du L. mucosus (mu- 
queux). Sur osus devenu eux, 
voy. amoureux. 



yGoogk 



MUS 



364 



MUS 



Muw 9 du L. murus (mur). — 
D. murer, muraiUe, emmurer. 

Mur, anciennement meur, en 
provencal madur, en italien ma- 
turo, du L. maturus (mur) par la 
chute du t m6dial ma(t)urus (voy. 
abbaye), d'ou meur par Tadoucis- 
sement de a en e (voy. ackeier), 
puis meur par la synerese de en 
en eu (voy. p. xc), et enfin mbr 
par la reduction de eu a u (voy. 
curie). — D. mUrtr. 

Jtfu-foiffe, voy. mur. 

Mural, du L. muralis (de mur) . 

Hwfe, anciennement meure, 
du L. mora (forme feminine de 
morum mure) par le changement 
de o en eu (voy. accweiWtr) d'ou 
meure , puis de eu en u (voy. cu- 
reej. — D. marier. 

Jftft* ement, voy. mdr. 

murine, du L. muraena (mu- 
rene, poisson). 

Jfttfet*, voy. mur. 

mures, du L. mur ex (pourpre). 

muriate, du L. muria (sel, 
propr. saumure ; le muriate de 
soude etant extrait du sel marin). 
— D. muriatique. 

Miurier, voy. mure. 

Jf ut* it* , voy. miir. 

murniure, du L. murmur 
(m. s.). 

murmurer, du L. murmurare 
(m. s.). 

musaralgne, du L. musara- 
neus (musaraigne). Sur araneus 
devenu araigne, voy. araignie. 

JfttsatHf, voy. muser. 

Muse, du L. museum (muse, 
dans saint Jerdme). — D. mus- 
quer. 

f muscade, venu du proven- 
cal muscada qui est leL. muscata* 
d6nve de museum (muse). — 
D. muscadier, muscadin (pas- 
tille ou il entre du muse : puis 
petit-maltre). 

muscadin, voy. mujcadi* 



f muscat, du provencal mus« 
cot qui est le L. muscatui* derive 1 
de museum (muse). 

muscle, du L. musculus (mus- 
cle) . Sur la contraction de muse(u> 
lus en musclus (voy. p. lxxxi). 

musculalre, du L. muscularis 
(m. s.). 

musculeux, du L. musculosus 
(m. s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

nose, du L. mu«a (muse). 

JftMeatc, anciennement mu- 
se^ en provencal mursel. Le vieux 
frangais musel est le diminutif de 
muse qui veut dire bouche dans 
notre ancienne langue. — Muse qui 
correspond a l'italien muso (mu- 
seau) derive du L. musus* (mu- 
seau, dans un texte du huitieme 
siecle. Insuper et oblatr antes ca- 
nts musibus sanclam ecclesiam.... 
velleant expugnari f lit-on dans 
les Epist. d'Adrien, a l'annee 784.) 
Musus est une transformation de 
morsus, dents, par le changement 
de o en u (voy. curie) et la reduc- 
tion de rs a * (voy. chine), comme 
dans dos de dorsum. 

L'ancien frangais muse a donne 
le diminutif musel (d'ou museler) 
qui est devenu posted eurement 
museau par le changement de H 
en eau (voy. agneau). Ce qui con- 
firme cette etymologie e'est que 
le provencal a conserve r et dit 
mursel (museau) qui derive direc- 
tement de morsellum \ 

musee, du L. museum (musee). 

Jfttsefet*, voy. museau. — D. 
museliere, emmusekr. 

Miwer, origine inconnue. — D. 
musard, amuser. 

museum, du L. museum (hi- 
bliotheque, academie). 

l&uslcal, voy. musique. 

muslclen, voy. musique. 

musique, du L. musica (m. s.). 
— D. musical, musicien. 



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NAG 



365 



NAG 



masquer , voy. muse, — D. 
musque". 

Mwaaer, origine inconnue. 

mutablllte, du L. mutabilita- 
tem (m. s.) Sur atem devenu 4, voy. 
abbe'. 

Mutation, du L. mutationem 
(m. s.). . 

mutilation, du L. mutilattonem 
(m. s.). 

muffler, du L. mutilare (m. s.). 

IMutin. voy. meute. — D. mu- 
tiner, mutinerie. 

mutlsme,du L. mutus (muet). 

mutuel, du L. mutualis * (de- 
rive de mutuus, mutuel). 

myographle, du grec u.vc (mus- 
cle) et Ypd9eiv (decrire). 

myologle, du grec fiu<; (mus- 
cle) et Xoyo; (etude, trait6). 

myope, du grec \riu>ty (qui serre 
les yeux.) — D. myopie. 

myotomle, du grec jauc (mus- 
cle) et to(iyi (dissection). 

myrlade,du grec (j-upcot (nom- 
bre de dix mille). 



myrlautetre , du grec fivpiot 
(dix-mille) et pixpov (mesure) voy. 
metre. 

myrlapode, du jnrec u,upiot (dix 
mille) et irovc, *o$6; (pied). 

myrobolan, du L. myrobola* 
num (parfum, uoix aromatique). 

myrrhe, du L. myrrka (myr- 
rhe). 

myrte, du L. myrtns (myrte). 

— D. myrtille. 

mystere, du L. mysterium 
(mystere). — D. mysterieux. 

mystlelte, du L. mysticit atem * 
derive* de mysticus (mystique). 

myfftffler, du L. mystificare* , 
mot cr6e a l'aide de la racine de 
mysterium, secret; mystificare est 
proprement tromper secretement. 

— D. mystification j mystificateur. 
mystique, du L. mysticus (mys- 
tique). — D. myslicisme. 

mythe, du grec tx\>6o? (fable). 

mythologlr , du grec pLU0o>oyia 
(m. s.). — D. mythologique^ my- 
thologiste, mythologue. 



N 



f ifabab, mot d'origine orien- 
tale (arabe ndbab, lieutenant). 

Kabot, origine inconnue. 

f Naearat, de l'espagnol naca- 
rado (nacarat). 

iffoeef fe, du L. navicella * (na- 
celle, diminutif de navis, bateau) 
par la contraction r6guliere (voy. 
accointer) de nav(i)cella en nav'- 
cella d'ou nacelle par la reduction 
de vc a c (voy. alleger). 

f Nacre, en espagnol nakar } 
mot d'origine orientale (persan na- 
j*ar% nacre), — D, nocr£ 



f Nadir, de I'arabe nathir (place 
vis-a-vis). 

f it arte, de l'italien nan/a (naf- 
fe, eau de fleur d'oranger). 

Wager, du L. navigare (nager, 
dans Ovide) par la contraction r6gu- 
liere (voy. accointer) de nav(i)gare 
en nav'gare, d'oil nager par la r6- 
duction de vg a g (voy. alUger) . 
— D. nageoire, nage (substantif 
verbal), nageur f nage'e. 

ifdytfefe, qui s'tcrivait en 
vieux franeais n'a gueres, est un 
compos* de avoir, et de <?u<?m, 



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NAI 



366 



NAR 



gm k l'originesignifiait beaucoup: 
je Vai vu n'a gueres, c'est-a-dire 
je l'ai vu il n'y a pas longtemps. 
En vieux francais, le verbe etait 
naturellement variable ; on disait 
au douzieme siecle : La ville etait 
assiigfe, n'avait gueres, quand elle 
se rendit, c'est-a-dire : II n'y avait 
pas longtemps que la ville etait as- 
siegee quand elle se rend it. On re- 
marquera que le vieux francais 
emploie n'a guere, ri avait guere 
ou nous dirions n'y a guere, n'y 
avait guere : c'est que notre an- 
cienne langue disait non pas il y 
a, mais il a (illud habet), ce qui 
voulait le cas-r6gime du substantif 
(voy. Grammaire historique de la 
langue franeaise, p. 152). Ex. : il 
a un roi qui.... (Illud habet re- 
gem) , il n'avait aueuns arbres 
dans ce pays (illud non habebat 
aliquas arbores). Roi, arbres sont 
ici au cas-regime; au cas-sujet le 
vieux francais eut ditrow(rex), etc. 
Des le treizieme siecle, l'adverbe 
y (ibi) se montre dans cette locu- 
tion. Mais la forme ancienne U a u 
se retrouve encore au-dix-septieme 
siecle , dans ce qu'on est convenu 
d'appeler le style marotique : «En- 
tre Leclerc et son ami Coras , N'a 
pas longtemps, s'emurent grands 
debats , » a dit Racine. — Pour 
I'etymologie, voy. ne, avoir et 
gueres. 

Naiade, du L. naiadem (naia- 
de). 

Naifo du L. nativus, natif, d'oii 
le sens, en droit feodal, d'homme 
ne sur le sol, de serf ne sur la 
lerre du seigneur : «Et si quis ho- 
minum nativorum suorum, ali- 
quod delictum fecerit.... » dit un 
tezte du onzieme siecle. L'ancien 
francais, naif signifiait originaire- 
ment natif. «Le beau pays de Troie 
dont il fut naif..., » lit-on dans 
le Roman de la Rose. — Du sens 



de serf, de paysan, nativus prend 
celui de grossier, dlmbecile, de 
niais, de stupide : na(t)ivus donne 
naif par la chute du t (voy. ab- 
baye) et par le changement de v 
en f (voy. bcenf). — D. naivete'. 

Nairn, du L. nanus (nain) par 
le changement de anus en am 
(voyez ancien). 

Naissamce, du L. nascentia 
(naissance deriv6 de nascentem, 
naissant) par le changement : !• de 
a en at (voy. aigle) ; 2° de sc en 
ss (voy. cresson) ; 3° de en en an 
(voy. andouiUe); 4° de tia ence 
(voy. agencer) . 

Naitwe, anciennement naistre, 
du L. nascere* (naitre; sur cet al- 
longement en re de nascere pour 
nasci, voy. au mot Stre). Nasc(6)re 
contracte suivant la regie (voy. 
p. lxxxi) en nascWe, d'oii nas're 
par la reduction de sc a s (voy. 
bo is), donne naistre par le chan- 
gement de sr enstr (voy. ancStre), 
et par celui de a en ax (voy. aigle). 
Sur naistre devenu naitre, voy.' 
abime. 

ifaleete, voy. naif. 

i¥a*att,onomatopee (v. p. lxv). 

banian, mot d'origine histori- 
que (voy. p. unv). 

Nantir, proprement saisir, de- 
rive de l'ancien francais nam, gage, 
qui est d'origine germanique (scan- 
dinave nam prise, saisie) : pour le 
changement de namtir en nantir, 
voy. changer. — D. nantissement. 

NAphte, du L. naphta (m. s.). 

Nappe, du L. mappa (nappe) 
par le changement demean (voy. 
changer). — D. napperon. 

1. Aarclsse (fleur), du L. nar- 
cissus (m. s.). 

2. nrarclMe, du L. Narcissus 
(Narcisse, fils de Cephise). 

Narcotloue , du grec vapxa>- 
! tix6c (assoupissant). — D. narco- 
\ tine, narcotisme. 



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NAT 



367 



NAU 



Hard, du L. nardus (nard, par- 
fum). 

Narguer , du L. naricare * 
(defier, proprement froncer le ne7; 
denaricus*, qui fronce le nez, de 
rive de naris narine). 

Nar(\)care regulierement con- 
tracts (voy. accointer) en nar'care 
donne narguer, par le changement 
de c en g dur (voy. adjuger). — 
t). nargue (substantif verbal); nar- 
quois (pour narguois). 

Marine, anciennement narille, 
du L. naricula * (derive de naris , 
narine) par le changement de 
icula en Me (voy. abeille), d'ou 
narine par le changement de I en 
n (voy. quenouille). 

Xarquois, voy. narguer. 

Narration, du L. norrationem 
(recii). 

Narratlf, du L. narrativus * 
(deriv6 de narratus, raconte). 

Narrateur, du L. narratorem 
(m. s.). t 

Narrer, du L. narrare (meme 
sens). 

Nasal, du L. nasalis * deriv6 
de nasus (nez). — D. nasalitL 

Nasard, derive de nasus (nez). 

— D. nasarder. 

Naseau, anciennement nasel 
du L. nasellus (derive de nasus 
nez) . Sur et devenu eau, voyez 
agneau. 

Naslller, derive de nasus (nez). 

— D. nasillard. nasiUeur, nasil- 
lonner. 

JVoMe, du L. nassa(m. s.). 

Natal, du L. natalis(m. s.). 

Natation, du L. natationem 
(natation), 

Natatolre , du L. natatorius 
(qui sert a nager). 

Natlf, du L. nativus (m. s.). 

Nation, du L. nationem (na- 
tion). — D. national, nationality 
nationaliser. 

Natlvlte , du L. nativitatem 



(naissance). Sur aiem devenu S, 
Voy. abbe*. 

f Natron, de l'arabe ncUhroun 
(natron). 

Matte, en italien matta, du L. 
matta (natte) qui est deja nattaau 
septieme siecle dans, Gregoire de 
Tours : Nullum habens' stratum, 
/cent, palleaeque mollimen , nisi 
tantum illud t quod intertextis 
junci virgulis, fieri solet ; quas 
vulgo nattas vocant. . . . Sur ce 
changement de m en n, voy. chan- 
ger. — D. natter f nattier. 

Naturallser , voy. naturel. — 
D. naturalisation. 

Naturalism* , voy. naturel. 

Naturallste, voy. naturel. 

Naturallte, du L. naturalit^ 
tern (m. s.). 

Nature, du L. natura (na- 
ture). 

Naturel, du L. naturalis (natu- 
rel). — D. naturaliser f natura- 
lisme 1 naturaliste. 

Naufrage, du L. naufragium 
(m. s.). — D. naufrager. 

Naulage, derive de l'ancien 
francais naule (fret), du L. naulum 
(fret). 

Naumaehle, du L. nauma- 
chia (representation d'un combat 
naval). 

Nauseabond, du L. nausea- 
bundus (der. de nausea nausee). 

Nausee, du L.nausea (nausee) . 

Nautlle , du L. nautilus (nau~ 
tile, mollusque). 

Nautlaue, du L. nautieus(uB.\i- 
tique). 

Nautonler, ancienn. notonier, 
derive de l'ancien francais no- 
ton ( marin ) qui est un dimi- 
nutif de nauta (matelot, nauto- 
nier) . — Sur au devenu o, voyez 
alouette. L'ancien francais disait 
plus correctement notonnier (le 
groupe au ne persistant jamais en 
francais ; voy. alouette) : au sei- 



yGoogk 



NAV 



368 



NfiP 



zieme siecle les savants ont trans- 
form6 notonnier en nautonier 
pour le rapprocher du primitif 
nauta. 

Naval, du L. navalis (m. s.). 

IVoWe, du L. navata * (charge 
d'un bateau, dans les textes de la 
basse lalinit6; derive de navis, 
bateau). Sur ata devenu 4e f voyez 
ampoule'. 

mavet 9 du L. nappettus* (di- 
minutif de napus navet par le 
changement de p en b puis v (\oy. 
arrtuer). — D. navette. 

1. ifavette, Toy. nave*. 

2. tyavette (d'eglise) petit vase 
en forme de navire ou Ton con- 
serve i'encens, du L. navetta * 
(petite barque, diminutif de navis, 
bateau). 

La navette du tisserand a recu 
ce nom k cause de sa forme qui 
imite celle de la navette d'eglise ; 
d'ailleurs la navette du tisserand 
a recu un nom analogue dans plu- 
sieurs autres langues de 1 Eu- 
rope : l'allemand appelle la navette 
sehiff(c*est-k-dit% bateau); l'italien 
Ja nomme navicella (proprement 
nacelle). 

Aavlealalre, du L. navicular** 
(derive de navicula nacelle). 

Navigable, du L. navigabilis 
(m. s.). 

lfavlgateur , du L. navigato- 
rem (m. s.). 

Navigation, du L. navigatio- 
nerri (m. s.). 

Navlguer , du L, navigare 
(m. s.). 

Navire, du L. navirium * (na- 
vire, dans les textes latins du 
moyen age, derive de navis na- 
vire). 

ifavret*, blesser dans les textes 
francais du moyen age. Pour l'af- 
faibHsgement du sens, voy. ennui 
et p. « m). Navrer, anciennemen 
aussi nafrer, est un mot d'origine 



germanique (scandinave nafar, 
instrument trenchant , qui s'est 
contracts en nafr). 

if e, anciennement nen, adoucis- 
seinent de non qui est le L. non 
(non) ; sur l'adoucissement de non 
en nen, voy./e; sur la chute de n, 
voy. j&. 

Jfe, du L. natus (ne\ Sur atut 
devenu 4, voy. ampoule. 

iWeattmotn* , anciennement 
ne'antmoins , compose de n&ant 
(voy. ce mot) et de moins (voyez 
moins). 

Xeaat (proprement non-tore), 
du L. scolastique necentem (com- 
pose de la negation nee et de in- 
tern l'etre) par la chute du c medial 
ne(c)entem (voy. affouage) et par 
le changement de en en an (voyez 
andouille), — If. faineant (an- 
ciennement fait ne'ant) t antantir, 
ne'anmoins. 

Nebuleux, du L. nebuloius 
(m. s.). . 

Neeeaaalre , du L. necessarius 
(m. s.). 

NeceMlt6, du L. necessitatem 
(necessite). — D. ntcessiter. 

Neeesfllter , voy. necessity. — 
D. nicessiteux , ndcessitant. 

Neerologe, du grec vexpo; 
(mort) et Xoyo; (liste, proprement 
discours). — D. ndcrologie, nicro- 
logique. 

Neeromanele, du grec vexpo- \ 
fiavTcta (art. d'evoquer les ames 
des morts) . — D. ne'eromancien, 
necromant. 

Necreae, du grec vexpoxn; 
(mortification des os). 

Neetalre, du L. nectaria (dans 
Pline); sur a devenu at, voj.aigle. 

nectar, du L. nectar (nectar). 

Nef, du L. navem (net) par la 
changement: 1° de a en e (voyez 
acheter) ; 2° de v en / (voy. boeuf). 

Nefatte, du L. nefastus ( n6- 
faste). 



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n£n 



369 



NEU 



tie fie, du L. mespilum (nefle) 
par la contraction reguliere (voyez 
p. lxxxi) de mespilum en mes- 
plum d'ou nesfle par le change- 
ment: 1° de m en n (voy. chan- 
ger) ; 2° de p en f (voy. chef); pout 
le changement de nesfle en ne/le, 
voy. aolme. — D. ne 1 flier. 

Negatlf, du L. ne(/atttn**(m. s.). 
— D. negative. 

Negation, du L. negattoram 
(negation). — D. dtnigation. 

Negligence, du L. negligentia 
(m. s.). Sur tia devenu ce, voyez 
agencer. 

nregllger, du L. negligere (ne- 
gligfer). — D. ne'glige' (substantif 
participial), negligent. 

Megoee, du L. negotium (ne- 
goce). Pour le changement de tiu 
en ce, voy. agencer. 
Negotiant, voy. ntgocier. 
Negoclateur, du L. negotia- 
tor (entiepreneur). . 

Negotiation, du L. negotiaiuh 
nem (trafic). 

Negoeler, du L. negotiari 
(trafiquer). — D. negotiant, nego- 
tiable. 

fMegre, de l'espagnol negro 
(noir). — D. nigresse, nigrier, ne- 
grillon. 

Neige, du L. nivea (propre- 
ment de neige) par le changement 
r£gulier (voy. aoreger) de ntt?(ea) 
en ntt?(ia) , d'ou nivja par la con- 
sonnification de ia enja (voy. abre'- 
jer) ; nivja donne neige par le 
hangement : 1* de t en ei (voyez 
einture) ; 2° de vj en £ (voyez 
brdger). — D. nexger, neigeux. 
JWdmami, anciennement nennil, 
u L. non Mud (proprement non 
3la ; voy. out) ; sur non adouci 
i wen, voy. je; sur tMt*d devenu 
, voy. out; sur nennil devenu 
rn-nt, voy, garou pour la chute 
! I final. 
+ nrennfar, au seizieme siecle 



neufar, mot d'origine orientale 
(persan no&fer nenuphar). 

Neographe, du grec ve'o; (nou- 
veau) et jpd-)eiv (ecrire). — D. 
neographisme. 

Neologle, du grec ve'o; (nou- 
veau) et >6yo; (discours). — D. 
ne'ologisme, nioiogique, ne"ologue. 

Neomenle, du grec vsojwjvia 
(nouvelle lune). 

Neophyte, du grec veoqpuro? (per- 
sonne nouvellement convertie). 

Nephretlqae, du grec vs9piti- 
xoc (qui appartient aux reins). 

Nephrite, du grec v«?pm; t 
s.-ent. vo<ro< (mal de reins). 

Nepottnme, derive de nepotem 
(neveu). 

Nerelde, du L. nereidem (Ne- 
relde). 

ifet*£duL. nervus (nerf). — D. 
nerver. 

ilfet*j»t*tfM, dans ceriains pa* 
tois noirprun, compose des deux 
mots ner (du latin nigrum, noir) 
et ©run (de prunum prune). Quant 
a la transformation de nigrum en 
ner, voy. admettre pour le change- 
ment de i en e; puis accueillir 
pour la reduction de gr ar. 

iVer»ef, voy. nerf. — D. fier- 
vure, e 1 nerver. 

JVerrewae, du L. nervosum (ner- 
veux) . Sur osus devenu eux, voyei 
amoureux. 

Afettwre, voy. nerver. 

ife<, du L. nitidus (net) par la 
chute des deux dernieres syllabes 
atones (voy. p. lxxxi) et le chan- 
gement de i en e (voy. admettre) 
— D. nettoyer, nettete. 

Hettetc, voy. net. 

iWiettoy at*, derive de net , comme 
rudoyer de rude, voy. ne*. — D. 
nettoyage, nettoiement. 

Neuf, (subst.), du L. novem 
(neuf) par le changement : 1° de o 
en eu (voy. accueillir) ; 2° de v en 
/" (voy. bauf.) 



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NIA 



370 



Nlfc 



lWetf/*(adj.), duL. novas (neuf) 
par le changement : 1 • de o en eu 
(voy. accueiUir) ; 2* de v en /" 
(voy. oeeuf). 

Neumf, du L. pneuma (qui a 
le meme sens dans le latin eccle- 
siastique). — Pn initial, son etran- 
ger a notre langue, s'est reduit a 
n, comme pt initial a t dans tisane 
(ptisana). 

Neutralise!*, derive de neutra- 
lis (neutre). — D. neutralisation. 

Meutrallte, du L neutralita- 
tem* deriv6 de neutralis (neutre). 

Neutre. duL. neutrum (neutre). 

JVewvattte, du L. novena* (de- 
rive de novem neuf) par le chan- 
gement: l°de o en eu (voy. ac- 
cueiUir) ; 2° de e en at (voyez 
accroire). 

Newviente, anciennement neu- 
w'esme, du L. noum'rotis* (deriv6 
denorem neuf) par le changement: 
1° de o en eu (voy. accueiUir) ; 
2° de esimus en iewc (pour le de- 
tail des changements de lettres, 
voy. huitiime). 

iVievetf, du L. nepotem (neveu) 
par la chute du t (voy. aigu) et 
par le changement : 1° de p en v 
(voy. arriver) ; 2° de o en eu (voyez 
accueiUir). 

Nevralgle , du grec vevpov 
(nerf) et iXyo; (douieur). 

Jfe*, du L. noras (nez). Sur a 
devenu e, voy. acheter. S final est 
ici devenu x, comme dans che* 
(casa), asse* (adsatis), re* (ra«us), 
lea (latu*). 

x¥i, du L. nee (ni) par la chute 
du c (voy. ami) et par le change- 
ment de e en t (voy. accomplir). 

ilTi«t6Ie, voy. nter. 

Niai» 9 ce mot est a Porigine 
un terme de chasse, et signifie pns 
au nid. On appelait faucon niais 
(falconem nidaoem*) le faucon 
pris au nid, qui n'avait point en- 
core vole; d'ou le sens de sot, de 



simple, d'ihexperimentS, de mala- 
droit, donne" au mot niais. (Pour 
Pextension du sens ? voy. p. xxrv). 

.Niais est le L. nidacem* (derive 
de nidus, nid) par la chute du d 
medial ni(d)acem (voy. accabler) 
et le changement : V de a en at 
(voy. aigle) ; 2° de c en s (voyez 
amitie). — D. niaiser, niaiserie. 

iWicc, qui ne sait pas, en pro- 
vencal nesci, en italien nescio, du 
L. nescius (qui ne sait pas) par la 
chute de s (voy. dbtme), et le 
changement: 1° de e en i (voy. ac- 
complir) ; 2° de ciu en ce (voyez 
agencer). 

I . f Niche, de Pitaiien nicchia 
(niche). 

2 Niche (malice), voy. nique. 

Michewi 'du L. nidicare (de- 
rive de nidicus, qui est dans Var- 
ron) par la contraction reguliere 
(voy. accointer) de nid(t)care en 
niacare d'ou nicher par la reduc- 
tion de dc a c (voy. adjuger) et le 
changementdecen ch (voy. achar- 
ner). — D. nichte (substantif par- 
ticipial) , nichet, nichoir, denictier. 

j Nlekel, du suedois* nickel 
(nickel). 

Nleotlane, mot d'origine histo- 
rique (voy. p. lxiv); du nom de 
J. Nicot ambassadeur de France a 
Lisbonne qui envoya la plante du 
tabac a Catherine de Medicis en* 
1560. 

JVfcf, du L. nidus (nid). 

Nihcc, du L. neptia (niece, 
dans les teztes latins du moyen 
Age: « In quo et neptiam suam 
Christi famulamErudrudam con- 
stituit....* , lit-on dans un acte de 
809. Nentia est un derive de 
neptis niece). 

Neptia a donne nidce par l'assi- 
milation de pt en % (voy. acheter) 
et par le changement : 1° de tia 
en ce (voy. agencer) \ 2* de e en it 
(voy. arriire). 



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NOB 



371 



NOI 



1. Nielle (plante dont la se- 
mence est noire), du L. nigella 
(proprement noire) par la chute 
du g medial ni{%)ella (voy. au mot 
oilier). 

2. iWelle (maladie des grains 
qui transforme Tepi en poussiere 
noire), du L. nigella (noire) par la 
chute du g m6dialm(g)eWo (voyez 

. allier). 

3. ifielle (email noir), du L. 
nigellum (noir) par la chute du 
g medial ni{g)eltum (voy. allier), 

— D. nieller. 

iflea* , du L. negare (nier) par 
la chute du g medial ne{g)are 
(voy. allier) et par le changement 
decent (voy. accomplir). 

Nigawd, origine inconnue. — 
D. nigauderie. 

Nlmbe, du L. nimbus (nuage). 

Nippc, mot d'ongine germani- 
que (island, hneppe, nippes). — 
D. nipper. 

Niquc, mot d'origine germa- 
nique (suedois nyck, malice). Une 
autre forme de nique est niche. 

NUouche (pour n'y touche; 
voy. chacun de ces mots). 

Mitre, du grec vCtpov (m. s.). 

— D. nitrate, nitreuz, ntiri&rt, 
nitrique. 

Xiveam , anciennement liveau, 
du L. libella (niveau) par le chan- 
gement : 1* de I initial en n fvoy. 
quenouille); 2° de b en v (voy. 



avant) ; 3* de el en eau (voy. 
agneau). — D. de l'ancienne forme 
%ivel:niveler). 

ifieefev, voy. niveau. — D. nir 
teleur, nivellement, 

nrlvdfe, du L. nivosus (nei 
geux). 

Nobiltatre, du L. nobi'Ztaro* 
(derive de nobt'Zis, noble). 

NobtllMlme, du L. nobilissi- 
mus (le plus noble). 

Nobte, du L. nobUis (noble) 
par la contraction reguliere (voy. 



p. lxxxi) de nob(f)li$ en noVlit 
— D. anoblir, ennoblir. 

NobtesMCj du L. nobiUtia* 
(noblesse. deriv6 de nobilis, no- 
ble) par la contraction reguliere 
(voy. accointer) de nob$)litia en 
noVlitia, d'ou noblesse par le chan- 
gement de itia en esse (voy. agen- 
cer). 

ifoce, du L. nuptix (noces) 
par l'assimilation de pt en t (voy. 
acheter) et par le changement : 
!• de u en o (voy. annoncer); 2" 
de ti« en ce (voy. a</en«er). 

f Nocher, de ritalien nocc/itere 
(nocher). 

Nocturne, du L. nocturnut 
(nocturne). 

nrodoalte, du L. nodositatem 
(m. s.). 

ifoel, jour de naissance du Sei- 
gneur, en provencal nodal, en ita- 
lien natale , du L. natalis (jour de 
naissance) par la chute du t me- 
dial na{t)alts (voy. abbaye) et par 
le changement : 1° de a en o (voy. 
toon) ; 2* de alis en eZ (voy. an* 
nuel), 

Ce qui confirme cette transfor- 
mation de natalis en noel, e'est 
qu'une forme derivee Sancta Na- 
talia a egalement donne £atnfe 
tfoele. 

JVeewf, du L. nodus (noeud) 
par le changement de o en am 
(voy. aecueiUir). 

Noir , du L. nigrum (noir) pat 
la reduction de gr a r (voy. «c- 
cueillir) et par le changement de 
i en oi (voy. fcotre). — D. noirdtre> 
noiraudy noircir, noirceur. * 

JWoifcif, voy. noir. — D. noir- 
CM^Mre. 

Noise bruit (en vieux frangais 
querelle, facherie), du L. nawset* 
(proprement degout, d'ou le sens 
de facherie, puis de querelle). 
Nous {en) devenant regulierement 
natu(ia) (voy. abre'ger) puis no*ta 



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NOM 



372 



NON 



(voy. alouett*), donne noise par 
l'attraction de l't (voy. chanoine). 

Noisette, voy. noix. — D. noi- 
setier. 

ifoiac, du L. nucem (noix). Pour 
le changement de ucem en oix, 
voy. croix. — D. noisette. 

Noll*, voy. noliser. 

f Noliser, de l'italien notea- 
gtare (noliser). — D. noli* (sub- 
stantif verbal. 

ifom, du L. nomen (nom). 

Nomade, du L. nomadem (no- 
made). 

!V6m6t*e, du L. numeruf (nom- 
bre) par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi) de num{&)rus en 
num'rus, d'ou nombre par le chan- 
gement : 1* de u en o (voy. an- 
noncer) ; 2* de mr en mbr (voy. 
atooudre). 

/Vom6t*et*, du L. numerare 
(nombrer) par la contraction regu- 
liere (voy. accointer) de nume- 
rate en num'Tare, a.'ou nombrer 
par !e changement de u en o (voy. 
annoncer) et par celui de mr en 
mbr (voy. absoudre). 

ifomot«etfac 9 du L. numerosus 
(nombreux) par la contraction re- 
guliere (voy. accointer) de num(e)- 
rosus en num'rosus, d'ou noro- 
breug par le changement : 1° de u 
en o (voy. annoncer) j 2° de mr en 
mbr (voy. absoudre); 3° de osus 
en eux (voy. amoureug). 

2Vomot*iI, en provencal um- 
bril, en i tali en ombelico, du L. 
umtoJicuZtu* fderiv6 de umbilicus 
nombril) par la contraction regu- 
liere de umb$)liculus en umbli- 
culus (voy. accointer); umbliculus 
cnangeant u en o (voy. annoncer) 
et teu/ut en il (comme dans pe>ti 
de pertcuiwm : voy abeille) donne 
omoftl, d'ou ombrti par dissimila- 
tion de I en r (voy. p. lxxvi) : 
umbril est devenu nombril (que 
Ton trouve des le douxieme siecle) 



Sar une prosthese de n qui est 
ifficilement explicable. 

Nomenclateur, du L. nomen- 
clator (m. s.). 

Nomenclature, du L. nomen- 
datura (m. s.). 

Nominal , du L. nominalis 
(m. s.). 

Nomlnatlf, du L. nomtnattvus 
(de nominare, nommer). 

Nomination, du L. nomina-' 
tionem (m. s.). 

iWofMittef, en provencal nom- 
nar, en italien nominate, du L. 
nominare (nommer) par la con- 
traction reguliSre (voy. accointer) 
de nom{i)nare en nom y nare d'ou 
nommer par l'assimilation de mn 
en mm (voy. aMumer). — D. re- 
nommer (d'ou : renom substantif 
verbal ; renomme'e substantif par- 
ticipial), surnommer. 

Aon, du L. non (non). 

Nonaaenalre, du L. nonage- 
narius (m. s.). 

Nonageslme, du L. nonage- 
simus (quatre-vingt-dix). 

JVomom**, du L. nonaginta 
(nonante). Pour le changement 
de aginta en ante voy. cinquante. 

f Nonce, de l'italien nunxio 
(nonce). 

Notichatant) voy. chaloir. 

— D. nonchalance. 

f Nonclature, de l'italien nun. 
xt'atura (nonciature). 

None, du L. non a (la neuvieme 
heure du jour). 

Nones, du L. nonae (le hui- 
tieme jour avant les ides). 

iVoatate, du L. nonna (consa- 
cree a Dieu, dans saint Jerome). 

— D. nonnain, nonnette. 
Nonobstant, anciennement 

non obstant, du L. non obstante 
(participe de obstare, empecher; 
oroule sens de nonobstant, propre- 
ment : sans avoir egard a, sans 
I que la chose empeche). 



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NOU 



373 



NOU 



Nord. mot d'origine germani- 
nique (allemand nord, nord). 

f Noria, do i'espagnol noria 
(noria). 

Normal, du L. normalis (con- 
forme a la r&gle). 

ilfofmaiMf,anciennement nor- 
man> mot d'origine germanique 
(norfhmati, homme du Nord). 

JV©«, voy. ndtre. 

Nosologic, du grec vo<to; (ma- 
lad ie) et >6yo; (traite). 

Nootalgle, du grec vooto; (re- 
tour) et 5Xyoc (douleur, mal). 

Nota, du L. nota (note), impe- 
ratif de notare (noter). 

Notable, du L. nolabilis (m6- 
me sens). Sur abilis devenu able, 
voy. affable. 

Notalre, du L. notarius (scribe 
dans le Code Theodosien). — D. 
notariat, notaHer. 

Notation, du L. notationem 
(m. s.). 

Note, du L. nota (note). 

Noter, du L. notare (m. s.). — 
D. noteur, dtnoter. 

Notice, du L. notitia (m. s.). 
Sur cia devenu ce, voy. agencer. 

Notification, duL. notification 
nem (m. s.). 

Notlflcr, du L. notificare (m.sA 

Notion, du L. notionem (m.s.). 

Notolre, du L. notorius (m. s.). 
— D. notoriM. 

Notre, anciennement nostre, 
du - L. nostrum (ndtre) : Sur la 
chute de *, voy. abtme. — Une 
autre forme de nostre est nos, 
qui est pour nost, comme propos 
(propositum), dispos (dispositum) 
sont pour propost et disnpst. 

1. foue (plaine marecageuse) 
origine inconnue. 
• 2. iWbue (tuile qui sert a egout- 
ter les eaux), du L. noca* , con- 
duit dans les textes de la basse- 
htinit6 : noca est d'origine ger- 
manique (ancien haut allemand 



ndch, conduit). Sur la chute du e 
medial, no(c)a, voy. ami; sur o 
devenu ou, voy. affouage. 

Nouer, du L. nodare (noucr) 
par la chute du d medial no{d)are 
(voy. accabler) etpar le change- 
ment de o en ou (voy. affouage). 
— D. dtnouer, renouer; nouure, 
nouet. 

iW6weifac,d u L.nod ostw(noueux) 
par la chute du d medial (voy. ac- 
cabkr) et par le changement : 
1° de o en ou (voy. affouage); 
2° de osus en eua? (voy. amou- 
reux). 

f Nougat, de I'espagnol no- 
gado (nougat). 

JWowille, de l'allemand nudel 
(nouille) par la contraction de 
nud(e)l en nud'l, d'ou nouille par 
Fassimilation de dl en U (voy. aJ- 
lumer) et par le changement de u 
en or (voy. angoisse) puis de oi 
en oui (voy. affouage), 

Nourrain, en provencal not- 
rtro, du L. nutrimen (propr. nour- 
riture, puis action de nourrir, d'e- 
lever) . — Nutrimen a donne nour- 
rain par le changement : 1° de u 
en ou (voy. accouder); 2° de tr 
en rr (voy. arriere) ; 3° de imen 
en ain (voy. otrain) . 

ifoMtftce, du L. nttfrt'cem 
(nourrice) par le changement : 1° 
de u en om (voy. accouder) ; 2° de 
tr en rr (voy. arrt^re). — D. nour- 
ricier. 

Nour*nr^ du h. nutrire (nour- 
rir) par le changement : 1° de u en 
ou (voy. accouder) ; 2° de tr en rr 
(voy. arri&re). — D. nourrissant 9 
nourrisseur, nourrissage. 

Nourrimmon^ du L. nutrition 
nem (nourriture par le passage du 
sens abstrait de nourriture au sens 
concret d'fitre nourri, eleve: on 
dit de mgme (aire une Education 
pour faire un eleve). 

Nutritionem a donnfi nouriisson 



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NOY 



374 



NUI 



par le changement : 1* de u en ou 
ivoy. accouder) ; 2° de tr en rr 
(voy. arriere); 3* de ti en ss (voy. 
agencer). 

Momrritmre, du L. nufrtfura 
(nourriture) par le changement de 
u en ou (voy. accouder) ; 2* de tr 
en rr (voy. arriere). 

JWbtM, du L. nos (nous) par le 
changement de u en ou (voy. a/*- 
fouage). 

iWouveow , ancieno. noutwl, du 
L. novellus (nouveau), parle chan- 
gement : 1° de o en ou (voy. af- 
fouage) ; 2* de eUus en el, puis en 
eau (voy. aotieau). — D. de l'an- 
cienne forme nouvel: renouveler. 

Mamveam <e, ancienn. novelte", 
du L. novellitatem (nouveaute) 
par la contraction reguliere (voy. 
accointer) de notrcllOQ totem en no- 
ver^alem, d'ou novelti par le chan- 
gement de afem en «* (voy. abb^) ; 
nouveltt par celui de o en ou (voy. 
affouage) , nout?eattt^ par celui de 
el en eau (voy. ao/neau). 

iioueelfe, du L. novetfa* (pro- 
prement chose nouvelle). Sur o de- 
venu ou, voy. affouage. — D. nou- 
veUiste. 

Movateur, du L. novafor 
(m. s.). 

Novation, du L. novationem 
(m. s.). 

Novemfere, du L. november 
(m. s.). 

Mo vice, du L. nowctus (novice 
dans Juvenal). Sur ciu devenu ce, 
voy. agencer. — D. notnctot. 

2Wby«M, anciennement noial, 
en provencal nogal, du L. nucoto 
(proprement amande) par la chute 
du c medial nu(c)alis (voy. af- 
fouage), d'ou noiat par le change- 
ment de u en oi (voy. angoisse) , 
noyau par celui de of en au (voy. 
agneau). 

1. ifbyet* (substantia , en pro- 
vencal noguier, du L. nucartux* 



(derive de nucem, noii). JVu(c)a- 
rtux a donne noyer par la chute du 
c m6dial (voy. affouage) et par le 
changement : 1* de u en o (voy. 
annoncer) ; 2° de artu* en ier (voy. 
dnier). 

2. Jfoye* (verbe), ancien. noter, 
en provencal negar, en italien ne- 
gare, du L. necare, proprement 
faire perir, puis faire mourir dans 
l'eau; sur cette restriction du sens, 
voy. p. xnn : necare a deja le sens 
de noyer dans les auteurs latins de 
la decadence * *PostremoElixjussu 
profani tacerdotes comprehensi f 
deauctique ad torrentem necati 
sunt, » dit Sulpice-Severe (Hist. I); 
et dans Gregoire de Tours : Matrem 
ejus lapide ad coUum ligato necare 
jussisti. 

Necare est devenu negate par le 
changement regulier de c en g 
(voy. adjuger) dans les textes car- 
lovingiens : « Si quis alicujus pe- 
cus negaverit vel famulus vel in- 
fans....* dit la Lex Alamannorum. 
Ne(g)are perdant le g medial (voy. 
oilier) a donne" noyer par le chan- 
gement de e en oi (voy. accroire). 

— D. noyade. 

2Vm, du L. nudus (nu) par la 
chute du d (voy. alouette). — D. 
nument (propr. nuement). 

Hmage, voy. nue. — D. nua~ 
geux. 

iVtfafam, voy. nue. 

Nuance, voy. nue. — D. nuan> 
cer. 

Mobile, du L. nubilis (m. s.). 

— D. nubtWte*. 

Mudlte, du L. nuditatem 
(m. s.). 

Ifwe, du L. nubem (nue) par la 
chute du b medial nu(b)em (voy. 
toon). — D. nuer, nuance, nuage, 
nuaison, nude. 

ifuire, du L. nocere (nuire) 
par la contraction feguliere de 
noc(fyre en nocYe (voy. p. lxxu). 



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OBfi 



875 



OBJ 



d'ou nuire par le changement de 
ocre en uir, changement deja etu- 
die au mot cuire. 

Nmisibte, du L. nocibilis (nui- 
sible) par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi) de nocibilis en 
noctb'lis; d'ou num&fe par le chan- 
gement : V de o en ux (voy. cui- 
der); 2* de c en * (voy. amttit). 

ilfWit, anciennement not*, du 
L. noctem (nuit) ; sur oct devenu 
oit puis uti, voy. huit. — D. nui- 
tamment; nuitee. 

itu I, du L. nuMtw (nul). — D. 
nuilitt, nullement. 

ifwmettt, voy. nu. 

Numeraire, du L. numerartu* 
(qui sert a compter). 

Numeral, du L. numeralis 
(numeral). 

Numerateur, du L. numera- 
tor (celui qui compte). 

Numeration, du L. numera- 
tionem (action de compter). 

Numeriqae, du L. numericus* 
(denve de numerus nombre). 

f Ham^ro, venu au seizieme 
siecle de l'italien numero (nombre). 
— D. numiroter, numirotage. 



NumUmate, derive du grec 
v6|u<ru.a (monnaie). 

Numlsmatlque, du grec vo- 
u.i<ru.aTtx6c (qui a rapport a la 
monnaie) . 

Nummulatre, du L. nummu- 
larius (qui est en forme de piece 
de monnaie). 

Nuneunatlf ,du L. nuncupati- 
vus * (derive de nuncupcrtus desi- 
gn 6). 

Nuptial, du L. nuptialis (m£me 
sens). 

iWugue, mot d'ongine germa- 
nique (neerlandais nocke colonne 
vertebrate). 

Mutation, du L. nutationem 
(balancement). 

Nutrltlf, du L. nutritivus* (de- 
rive de nutritus nourri) . 

Nutrition, du L. nutritionem 
(action de nourrir). 

Nyctalope, du grec vuxrdXw^ 
(qui voit plus clair la nuit que le 
jour). — D. nyctcUopie. 

Nymphe, du L. nympha (nym- 
phe). 

Nymphee, du L. nympheum 
(grotte, fontaine). 



O 



oasis, du grec 6a<nc (oasis). 

Obedience, du L. obedientia 
(obeissance). Sur tia devenu ce, 
voy. agencer. 

Obeir, du L. obedire (obeir) 
par la chute du d medial obe(d)ire 
voy. accabler. — D. obe'issant, 
obeissance, dtsobHr. 

Obeissmnce. voy. obHr. 

Obellsque, au grec 66eXC<moc 
(obelisque) 



oberer, du L. obaerare (oberer). 

Obere, duL. obaeratus (m. s.). 
Sur atos devenu i, voy. au mot 
ampoule". 

Obetlte, du L. obesitatem (m. 
s.). Sur atem devenu 4 f voy. abbe 4 . 

Obier, voy. aubier. 

Obit, duL. obitus (mort).— D. 
obituaire. 

objeeter, du L. objectare (op- 
poser). 



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OBS 



376 



OBV 



Objeetlf, du L. objectivus* 
derive de objectus (objected 

Objection, du L. objectionem 
(action de mettre devant). 

Objet, du L. objectus (objet qui 
s'oflre aux regards). Sur ct devenu 
t, voy. affdte 1 . 

Objurgation, du L. objurga- 
tionem (reproches). 

Oblation, du I* oblationem 
(action d'offrir). 

Obligation, du L. obligationem 
(obligation). 

Obllgatolre, du L. obligato- 
rius (m. s.) . 

Obllgeance, voy. obliger. 

Obligor, du L. obligare (obli- 
ger). — D. obligeant, obligeance, 
de'sobliger. 

Oblique, duL. obliquus (m. s.). 

Obllqulte, du L. obliquitatem 
(m. s.). 

Obliteration, du L. oblitera- 
tionem (m. s.). 

Obllterer, du L. obliterate 
(m. s.). 

Oblong, du L. oblongus (al- 
longe). 

Obole,du grec 666X0; (ancienne 
monnaie d'Athenes). 

Obombrer, du L. obumbrare 
(ombrager). 

Obscene , du L. obscenus 
(m. s.). 

Obscenlte, du L. obscenitatem 
(m. s.). 

obscur, duL. obscurus (m. s.). 
— D. obsc^rcir^ obscurcissement. 

Obscurlte, du L. obscuritatem 
(m. s.). Sur atem devenu 4, voyez 
abbe". 

Obsecration, du L. obsecra- 
tionem (obsecration). 

obseder, du L. obtidere (as- 
sizer, envahir). 

Obseques , du L. obsequiae 
(obseques, dans les Inscriptions). 

Obscqnleux, du L. obsequio- 
sus (assidu, attentif). Sur o*ux de- 



venu eux, voy. amoureux. — D* 
obsi quiosite". 

Observance, du L . observan- 
tia (respect de). Sur tia devenu 
ce t voy. agencer. * 

Observateur, du L. observa- 
tor (m. s.). 

Observation, du L. observa- 
tionem (observation). 

Observatolre, derive de 06- 
servatus (observe^. 

Observer, du L. observare 
(m. s.). 

Obsession, du L. obsessionem 
(siege). 

Obsldlonal, du L. obsidiona- 
lis (de siege). 

Obstacle, du L. obstaeulum 
(m. s.). Pour le changement de 
aculum en acle, voy. p. lxxxi. 

Obstlnatlon, du L. obstina- 
tionem (obstination). 

Obstlne, du L. obstinatus (obs- 
tin6). Sur atus devenu ^ voy. am" 
poult. 

Obstlner, du L. obstinate 
(m. s.). 

Obsructlf, du L. obstruetivus* 
(derive de obstructus obstru6). 

Obstruction, du L. obstruc- 
tionem (m. s.). 

Obstrner, duL. obs truer e (bou- 
cher). — D. ae'sobstruer. 

Obtemperer, du L. obtempe- 
rare (m. s.) . 

Obtenlr, du L. obtinere (obte- 
nir). Sur i devenu e, voy. admet- 
tre; sur e devenu t, voy. accom- 
plir. 

Ob tent Ion, du L. obtentio- 
nem (derive de obtentum supin de 
obtinere obtenir). 

obtnrateur, du L. obturator* 
(derive de obturare. boucher). 

Obtus, du L. ootusus (obtus). 

f obus , de l'espagnol obut 
(obus). — D. obuxier. 

obvler, du L. obviare (ob- 
vier). 



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OCT 



377 



OECU 



Ocease, du L. occasus (coucher 
du soleil). 

Occasion, du L. occasionem 
(m. s.). — D. occasionner, occo- 
sionnel. 

Occident , du L. occidentem 
(m. s.). 

Occidental, du L. occidentalis 
(m. s.). 

Occipital, du L. occipitalis 
(derive de occiput) . 

Occiput, du L. occiput (m. s.). 

Occtt»e, du L. occidere (tuer) 
par la contraction reguliere (voy. 

§. lxxxi) de occid(£)re en occidWe 
'ou occire par la reduction de dr 
a r (voy. amere). 

Occlslon, du L. occutonem 
(massacre, dans saint Jerome). 

Occnltatlon, du L. occultatio- 
nem (action de se cacher). 

Occulte, du L. occultus (se- 
cret). 

Occupation, du L. occupation 
nem (m. s.) . 

Occuper, du L. occupare (m&- 
me sens). — D. occupant. 

'Occurrence, du L. occurren- 
tia * (m. s.) . 

Occurrent, du L. occurrentem 
(qui va au-devant). 

Ocean, du L. oceanus (m. s.). 

— D. octane. 

©ere, du grec a>xpa(terre jaune). 

— D. ocreux. 

Octaedre, du grec ftxToUSpoc 
(corps solide a huit faces) . 

Octant, duL. octantem (la hui- 
tieme partie) . 

Octante, du L. octaginta forme 
derived de octuaainta par la re- 
duction habituelle de ua en a ) 
voy. p. xc. Octuaginta est dans 
Vitruve pour octoginta. Sur le 
changement de aginta en ante, 
voy. cinquante. — D. octantieme. 

Octave, du L. octavus (hui- 
tieme). 

•ctobre, du L. October (m.s.). 



Octogenalre, du L. octogena- 
rius (m. s.) 

Oetog one, du grec ixtco (huit) 
et ywvo; (angle). 

Oc*t*oi, voy. octroyer. 

Oc4i*oyet», accorder, du L. 
auctoricare (deiiv6 de auctorare 
procurer, puis concecler, accorder t 
octroyer) par la contraction (voy. 
aider) de auct{o)ricare en aucVri- 
care. Perdant le c medial (voy. 
affouage), auctri(c)are donne auc- 
troyer (comme plicare a donne 
ployer) parle changement de i en 
oi (voy. ooire). Auclroyer devient 
octroyer par le changement de au 
en o (voy. alouette); enfin l'an- 
cien francais transformant regulie- 
rement ct en < (voy. affttd) dit o- 
troyer. — D. octroi (ce que Ton 
accorde, don t cadeau; (puis sub- 
side accorde par le peuple au sou- 
verain). 

Octuple, du L. octuplum (m$- 
me sens).— D. octupler. 

Oculalre, du L. ocularius 
(m.s.). 

ocullste , derive de oculus 
(ceil). 

t Odalisque, mot d'origine 
orientale (turc odalik odalisque). 

Ode, du grec (port (chant). 

Odeur, du L. odorem (m. s.J . 

Odleux, du L. odiosus (m. s.). 
Sur osus devenu euap, voy. amou- 
reux. 

Odontalgic, du grec 66ov- 
taXyta (mal de dents). — D. odon- 
talgique. 

Odontologte, du grec &6ovc 
(dent) et Xoyo; (traite). 

Odorant, duL. o dor antem (qui 
sent). 

Odorat, du L. odoratus (m. s.). 

Odorlferant, compose de odo- 
rem (odeur) et ferentem (portant) . 

Odyssee, du grec 65v<r<refa 
odyssee). 

fficumenlque, du grec otxov- 



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OEUV 



378 



OGI 



lievtxo? (universel). — D. cecume'- 
niciU. 

tiBdeme, du grec ot&iiia (gon- 
flement) . 

OEit, anciennement ot7, du L. 
ocuCus (ceil) par la contraction re- 
guliere (voy. p. lxxxi) de oc(u)lus 
en oc'lus, qui etait deja effectuee 
dans le latin populaire (puisqu'on 
lit dans V Appendix ad Probum : 
« oculus non oclus. » 

Oclus, a donne l'ancien fran- 
cais oil par le changement de cl 
en il (voy. abeille) ; oil est devenu 
euil puis cetJ par le changement 
deo en opu (voy. accueillir). Quant 
au plunel yeux , il s'est ainsi for- 
me : l'ancien francais eut7 deve- 
nantteutfpar le changement de 
eu en ieu (voy. Jtew), a transform^ 
ieuil en tetw par dissimilation 
(voy. p. lxxvi) ; ieul etant au plu- 
riel ieuls (oculos) s'est reduit a 
ieus par la chute de I (comme dans 
eux de illos) ; ieus, qui est aussi 
ecrit yens est devenu yeux par le 
changement de s en a? (voy. deux). 
— D. oeillere, ceillade, ceillet. 

OEiiict, voy. ceil. - D. oeiUe- 
ton. 

OEiltctte (huile), au seizieme 
sihcle-oliette, derive de olium, for- 
me de la basse latin ite pour oleum 
(huile; sur eu devenu iu, voy. 
huile). 

(Enologle, du grec otvo; (vin) 
et Xoyo; (traite). 

OSsophage, du grec otffo^dyoc 
(oesophage). 

ffistre, du grec oT<rcpo; (oestre). 

OEufc du L. ovum (oeuf), par 
le changement: 1° de o en ceu 
(voy. accueillir); 2° de a en f (voy. 
bcBuf). — D. ceutje*. 

Oigwvffe, du L. opera (plur. 
de opus , oeuvre), par la contrac- 
tion reguliere (voy. p. lxxxi) de 
op{€)ra en op'ra, d'ou ceuvre, par 
le changement: 1° de o en ceu 



(voy. accueillir); 2° de p en b, 
puis en v (voy. ami?er) . - D. de"$- 
ceuvre" ( participe du vieux francais 
dtsceuvrer, compost de l'ancien 
verbe ceuvrer, derive de oeuvre). 

Oflenser, du L. off ens are (m. 
s.). — D. offense (subst. verbal), 
offensant, offenseur, offensif, of- 
fensive. 

Offertoire, voy. offrir. 

Office, du L. officium (m. s.). 
— D. officier(v.), of (icier (s.). 

Official, du L. officialis (mi- 
nistre d'un magistrat). — D. ofli- 
cialite'. 

Offlclel, du L. officialis (derive 
de officium, office). 

Offlcler (subst.), voy. office. 

Offlcler (verbe), voy. o/jice. 

Offlctne , du L. officina (labo- 
ratoire). — D. officinal. 

OJ|V<mcfe, du L* offer enda 
(chose qui doit etre offerte), par la 
contraction reguliere (voy. accoin- 
ter) de off(&)renda en offWenda, 
d'ou offrande par le changement 
de en en an (voy. andouUle). 

OflVe, voy. o/frtr. 

OJfWt*, du L. offerere* (derive* 
de offerre, offrir ; sur ,cet allonge- 
ment en re, voy. au mot itre). Of- 
f(e)rere, regulierement contracte 
(voy. accointer) en offrere, a don- 
ne offrir par le changement de e 
en i (voy. accompltr).— D. offre 
(substantif verbal); offerte (subst. 
participial fort, voy. absoute); of- 
ferioire. 

Offuaquer, du L. offuscare 
(oflusquer). 

Offve (que Ton ecrivait aussi 
augive au dix-septieme siecle) , du 
L. augiva* (deriv6 de auhere f 
augmenter; l'ogive va en saug- 
mentant, en meme temps que 
Tare ainsi forme augmente la 
force de la voute. D'ailleurs on 
trouve arc ogif (qui represente ar» 
cus augivus), ce qui est decisif). 



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OIN 



379 



OLI 



Augivus a donne ogif par le chan- 

? cement : 1° de au en o (voy. a- 
ouette) ; 2° de v en f (voy. baeuf). 
— D. ogival. 

Ogre, dans la mythologie du 
moyen age, monstre qui se nour- 
rissait de chair humaine. Ogre 
(qui est en italien orco) vient du 
L. orcus (dieu de l'enfer), par la 
transposition (voy. dprete) de or- 
cus en ocrus; ocrus . donne ogre 
(comme acris donne aigre) par le 
changement de c en flf (voy. ad/u- 
ger).— D. ogresse. 

Oie, en provencal auca, en 
italien oca, du L. auca (oie, dans 
les plus anciens textes latins du 
moyen age : Accipiter qui aucam 
mordet, dit la Lex Alamanno- 
rum; et dans les Formules de 
Marculfe : « Aucas tantas, fasia- 
nos tantos. > Auca est une con- 
traction de avica, derive de avis; 
avica a donne auca, comme na- 
vifragium a donne naufragium f 
comme navita a donne nauta), 

Perdant le c medial (voy. af- 
fouage), au(c)a donne oie par le 
changement de au en oi (voy. 
aboyer).~- D. oison. 

OtgfMtm, du L. untonem (oignon 
dans Columelle) par le change- 
ment : 1° de ni en gn (voy. cigo- 
gne); 2° de u en oi v voy. an- 
goisse) . 

f Ollle, de l'espagnol olla (es- 
pece de potage). 

Oftuft*e, du L. ungere (oindre) 
par la contraction reguliere (voy. 
p. lxxxt) de ung(e)re en ung're, 
d'ou tm're par la reduction de gr 
a r (voy. occuetZWr) qui donne 
oindre par le changement : 1* de 
nr en ndr (voy. absoudre) ; 2° de 
u en oi (voy. angoisse). 

Oi**g 9 du L. unyuem (oing) par 
le changement de u en oi (voy. 
angoisse). 

Ofat*«du L. unrtum (oint) par 



la reduction de ci a f et le chan- 
gement de u en oi (voy. affe'U). 

Otoemt, anciennement oisel, 
en provencal aucel, du L. aucelius* 
(proprement petit oiseau; sur rex- 
tension du sens, voy. p. xxxii; 
aucelius est une forme mascu- 
line d'auceUa, qui est au premier 
Steele de l'Empire dans Apicius; 
aucella est une contraction d'avi- 
cella, comme nauta de navita, 
naufragium de navifragium, etc. . .) 

Aucelius donne oisel par Je chan- 
gement : 1" de au en oi (voy. 
aboyer); 2* de c en * (voy. amitie). 
Oisel devient oiseau par l'adoucis- 
sement de el en eau (voy. agneau). 

— D. de l'ancienne forme oisel: 
oiseleur, oiselier; oisellon (aujour- 
d'hui oisillon par le changement 
de e en i, voy. accomplir). 

Ofretcac, en provencal ocios, 
en espagnol ocioso, du L. otiosus 
(oiseuz) par le changement regu- 
lier de otiosus en ociosus (voy. 
agencer). 

Ociosus devient oiseux par la 
transformation : 1° deosus en evx 
(voy. amoureux); 2° de c ens 
(voy. amitO) ; 3* de o en oi par 
Pattraction de Vi (voy. chanoine). 

Oisif, derive d'un radical oise* 
qui repond au L. otium (oisivete) 
par le changement : 1° de ti en s 
(voy. agencer); 2°de oen oi (voy, 
angoisse). — D. oisivete'. 

OffilloM, voy. otseau. 

Oison, voy. oie. 

Oleaglneux, du L. oleagino- 
sus* (derive de oleagina, propre- 
ment olivier) . 

Olfaetlf, derive de olfacius 
(odorat). 

Oligarchic, du grec oXtyapxta 
(gouvernement d'un petit nombre). 

— D. oligarchique. 

f ollnde, mot d'origine histo - 
rique (voy. p. lxiv) de la villa 
d'Olinde (dans le Bresil) . 



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ON 



380 



OND 



Olive, du L. oliva (olive et Oli- 
vier). — D. olivdtre, olirier, oli- 
vaire. 

Olographe, voy. holographs 

Olympe, du L. olympus (m. s.). 
— D. olympien. 

Oly mplade, du L. olympiadem 
(m. s.). 

Olymplque, du L. olympicus 
(ro. s.). 

Ombelle, du L. umoella (para- 
sol). 

Omblllc, du L. umbilicus (me- 
me sens). — D. ombilical. 

Ombrage,du L. umbraticum* 
(ombrage) par le changement : 
t* de u en o (voy. annoncer); 
2° de aticum en age (voy. dge). — 
D. ombrager; ombrageux (cheval 
qui a peur en voyant son ombre). 

1. Ombre, du L. umbra (om- 
bre) par le changement de u en o 
(voy. annoncer). 

2. Om6*e (poisson), origine 
inconnue. 

f Ombrelle, de Pitalien om- 
breZla (ombrelle). 

Omt6t a et- 9 du L. umbrare (om- 
brer) par le changement de u en o 
(voy. annoncer). 

Om6r*etfac, du L. wmbro*tts 
(ombreux) par le changement: 
t° de osus en eux (voy. amouret*a?); 
2° de tt en o (voy. annoncer). 

Omelette, origine inconnue. 

Ontcttvc, du L. omittere (omet- 
tre) ; sur le changement de mittere 
en metlre, voy. admettre. 

Omission, du L. omissionem 
(m. s.). 

Omnibus, du L. omnibus (pour 
lous). 

Omnipotence, du L. omnipo- 
tentia (toute puissance) . 

Omniscience, du L. omnis 
(tout) et scientia (science). 

Omoplate, du grec wjxouXdxr) 
(omoplate). 

Oh, anciennement om, horn: 



« Cc sat* horn bien que.... » dit la 
Chanson de Roland (e'est-a-di ; 
<f On sait bien cela, que.... »). 

Horn est le L. /wmo (qui a deja 
le sens de on dans la latinite de la 
decadence • « Ut inter tabula* ad- 
spicere homo non posset.... » dans 
Gregoire de Tours. 

Homo devient successivement 
horn, puis om par la chute de h 
initial (voy. atelier), on par le 
changement de m en n (voy. c/ian- 

Onagre, du L. onagrus (ona- 

gre). 

Otte, en italien unque, du L. 
unquam (quelquefois) par le chan- 
gement : !• de u en o (voy. an- 
noncer); 2° de gu en c (voy. car). 

1. Ottee (poids), du L. uncia 
(once) par le changement : 1° de 
U en o (voy. annoncer) ; 2° de eia 
en ce (voy. a^enccr). 

2. f Once (jaguar), mot d'ori- 
gine orientale (persan yowl, 
once). 

Onctal, du L. unciaJw (haut 
d'un pouce) . 

Oncle, en provencal avoncle, 
du L. avunculus (oncle) par la 
contraction reguliere(voy. p. lxxxi) 
de avunculus en amnc'lus ; per- 
dant v medial {voy. a'ieul) a(v)tm- 
clus donne aunclus d'ou oncle par 
le changement de at* en o (voy. 
alouette) . 

Onctlon, du L. unctionem 
(m. s.) . Sur u devenu o, voy. an- 
noncer. 

Onctueux, du L. onctuosus* 
(derive de unctus poll). — D.onc- 
tuosite". 

Oiufe, du L. unda (onde). Sur 
u devenu o, voy. annoncer. — D. 
onde", onde'e, ondin y ondine, on- 
doyer (denve de onde, com me lar- 
moyer de larme, guerroyer de guer- 
le, edtoyer de c te> nettoyerdene^ 
coudoyer de coude.) 



yGoogk 



OPE 



381 



OPT 



On<foye»> voy. onde. — D. 
ondoyanty ondoiement. 

Ondule , du L. undulatus 
(m. s.) . — D. ondulation, ondula- 
toire. 

Onduler, du L. undulare* (m. 
s.). — D. onduleux. 

Onerenx, du L. onerosus 
(m. s.). 

Ottjyfe, du L. ungula (ongle) 
par la contraction reguliere (voy . 
p. lxxxi) de ung(Q)la en ung'la, 
d'ou ongle par le changement de 
u en o (voy. annoncer). — D. on- 
gUe, ongletj ongle". 

Onguent, du L. unguentum 
(parfum). 

Onguieule, derive de ungui- 
culus (petit ongle). 

Ongule, duL.ungulatus (m.s.). 

Onomatopee , du grec ovofia- 
Toiro.ia (m. s.). 

Ontologle, du grec 6v,5vto; 
(etre) et Xoyo? (traite). — D. onto- 
logique. 

Onyx, du grec 6wg (espece d'a- 
gate). 

On*e, du L. undecim (onze) 
par la contraction reguliere (voy. 

S. lxxxi) de tmd(6)cim en und'cim 
'ou onze par le changement: t°de 
dc en c (voy. adjuger) et de c en % 
(voy. amitie) ; 2° de « en o (voy. 
annoncer). — D. onzi&me. 

Oollthe, du grec <I>6v (oeufj 
et >(6o? (pierre). 

Opaelte, du L. opacitatem 
(m. s.). 

Opale , du L. opaJus (m. s.). 

Opaque } du L. opacus (opa- 
que). 

f opera, de l'italien opera 
(opera). 

Opei*ateur, du L. operatorem 
(qui opere). 

Operation , du L. operationem 
(travail). 

operenle, du L. operculum 
(couvercle). 



Operer, du L. operari (opd- 
rer). 

Ophldelde, du grec 6?i; (ser- 
pent) et xXet;(clef), propr. serpent 
a clefs. 

Ophldlen, du grec 691c (ser- 
pent). 

Ophthalmie, du grec 6?6otXtua 
(inflammation des yeux). — D. 
ophthalmique. 

Oplaee, deriv6 de opium (voy. 
ce mot). 

Oplat, derive de fiuiov (sue). 

Opller, du L. oppilare (obs- 
truer). — D. de'sopiler. 

Opinio, du L. opimus (meme 
sens). 

Oplner, du L. opinari (opi- 
ner, juger). — D. opinant, opi- 
nidtre (qui est obstinement attache 
a ce qu'il a opinti), 

Oplniatre, voy. opiner, — D. 
opinidtrer, opiniatrete'. 

opinion, du L. opinionem 
(m. s.). 

Opium, du L. opium (m. s. 
dansPline). 

opportun, du L. opportunus 
(m. s.). 

Opportunity, du L. opportu- 
nitatem (m. s.). 

Oppose* , voy. poser. — D. 
opposant. 

' Opposite 9 du L. oppositus (ce 
qu'on met devant). 

Opposition, duL. oppositio- 
nem (m. s.). 

Oppre*Mer, voy. presser. — 
D. oppressif. 

Oppresseur, du L. oppressor 
(oppresseur). 

Oppression, du L. oppression 
nem (m. s ). 

•pprimer, du L. opprimere 
(opprimer). 

opprobre, du L. opprobrium 
(m. a.). 

Optatif,duL. op tativus (m. s). 

opter, du L. optare (choisir). 



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OR A. 



382 



ORD 



OptfBlsMe, deriv6 de opti- 
mum (tres-bon). — D. optimiste. 

Optlan, du L. optionem (m. s.). 

Optlque , du grec dimxd; (qui 
a rapport a la vision). — D. opti- 
cien. 

Opulence, du L. opulentia 
(m. s.) . 

opulent , du L. opulentut 
(m. s.). 

Opuoeule, du L. opusculum 
(m. s.). 

1. Of (substantif), du L. aurum 
(or) qui etait deja orum dans le 
latin populaire ; comme nous I'at- 
testeFestus : « aurum, quod rustici 
orum dicebant. » Suf au devenu o, 
?oy. alouette). 

2. ©f, anciennement ore (pro- 
prement a oette heure, presente- 
ment), du L. hora (heure) , par la 
chute de h initial (voy. atelier). — 
D. desormais, dorenavant, encore, 
lors, alors (voy. ces mots). 

Oracle , du L. oraclum (oracle 
dans Virgile , forme contractee de 
oraculum). 

Orage, en provencal auratge, 
du L. auraticum* (orage, derive 
de aura, vent, brise) par le chan- 
gement: 1° de au en o (voyez 
alouette); 2* de aticum en age 
(voy. dge). — D. orageux. 

Ofafeotf, du L. orationem 
(priere, oraison- dans Tertullien). 
Sur, ationem devenu aison, voyez 
fenaison. 

Oral, du L. oralis (m. s.). — D. 
oralement. 

f Orange, en espagnol na- 
ranja, mot d'origine orientale; de 
l'arabe n&ranj, orange; le motfran- 
cais qui devrait etre narange a pris 
la forme orange par suite d'une 
confusion avec le mot or; le latin 
appelait l'orange pomme d'or 
{aureum malum) ; le francais a 
voulu retrouver or dans le mot 
nouveau qu'il adoptait. — D. oran- 



ger f orangerie, ordngeat, oran- 
geade, orange. 

f Orang-outang, mot d'ori- 
gine malaise. 

Orateur , du L. oratorem (ora- 
teur). 

1. Oratolre (subst.),du L. ora- 
torium (m. s.). — D. orator ien. 

2. Oratolre (adj.), du L. orato- 
rius (m. s.). 

t Oratorie , de l'italien orato- 
rio (m. s.). 

Orbe, du L. orbis (voute ce- 
leste). 

Orbleulalre , du L. orbicula- 
ris (m. s.). 

Orblte, duL. orbita (revolution, 
orbite). — D. orbitaire. 

Oreanete, origine inconnue. 

Orehestre, du grec opxifa- 
rpa (partie du theatre oule choeur 
faisait ses evolutions). 

Orehl*, du grec fipvic (plante 
bulbeuse). — D. orchidee. 

Ordalle, du L. ordalium *, 
mot de la basse latinite qui est 
d'origine germanique et repond a 
l'anglosaion orddl jugement de 
Dieu). 

Ordinaire, du L. ordinarius 
(m. s.). 

Ordinal , du L. ordinalis (m6- 
me sens). 

Ordination , du L. ordinatio- 
nem (nomination). 

Ordonnaneer, voy. ordonner. 
— D. ordonnancement. , 

Ordonnateur, du L. ordina-\ 
tor (m. s.). Sur t devenu o, voy. 
ordonner. \ 

Ordonner , du L. ordxnart ' 
(ordonner) par le cnangement : 
1° de t en o (voy. frotter) ; 2 # de 
n en nn (voy. an). — D. disordon- 
ner % ordhnnance. 

Of«ffe, du L. ordinem (ordre) 
par la contraction reguliere (voyez 
p. lxxxi) de ord(l)nem en ord'nem 
d'ou ordre par le cnangement de n 



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ORF 



383 



ORI 



en r (toy. coffre). — D. de'sordre, 
sous-ordre. 

Ofdtcfe, derive" de l'ancien 
adjectif ord (sale) qui etait encore 
employe par quelques ecrivains au 
dix-huitieme siecte. Ord est le L. 
horridus (repoussant, d'ou le sens 
de sale) par la contraction regu- 
liere (voy. p. lxxxi) de horr{l)dus 
en horfdus d'ou ord par la chute 
de h initial (voy. atelier). — D. 
ordurier. 

Orw (lisiere d'un bois), du L. 
orata* (bord, lisiere, derive deora 
bord). Sur ata devenu 4e, voy. am- 
poule. 

Ofelffe, du L. auricula (de- 
rive de auris oreille) qui etait 
deja oricula dansle latin populaire 
(comme Tatteste Festus ; — sur ce 
changement de au en o, voyez 
alouette) Oric(&)la regulierement 
contracts enortc7a (voy. p. lxxxi) 
donne om'W«par lechangement de 
tela en eille (voy. abeille), — D. 
oreillon, oreillette, oreiller, oreil- 
lard f orillon. 

•remas, du L. oremus (prions, 
de or are prier). 

Of fe»f e, du L. aurifabrum 
(orfevre, proprement ouvrier qui 
travaille Tor) par la contraction de 
aur[i)fabrum en aur'fabrum d'ou 
orfivre par le changement: 1° de 
au en o (voy. alouette) ; 2° de a en 
e (voy. acheter) ; 3° de ben v (voyez 
avant). — D.orfevrerie, orfe'vre. 

Ot*/tHile 9 du L. ossifraga (or- 
fraie, dans Lucrece) par la contrac- 
tion reguliere (voy. accoirUer) de 
oss(\)fraga en os'fraga. Osfra(g)a 
perdant le g meaial (voy. allier) 
donne orfraie par le changement: 
1° de a en at (voy. aigle) ; 2° de s 
en r que Ton retrouve dans Mar- 
seille de Iffassiliaetdans varlet qui 
est une transformation de vaslet 
(voy. valet). . 

Of fro< 9 du L. aurum phry- 



gium* (broderie d'or, orfroi. Ovide 
appelle phrygiae vestes des etoffe? 
brocheesd'or). Pour le changement 
de aurvm en or, voy. ce mot. 
Phry(g)ium a donne" froi par lq 
chute du ^ medial (voy. o/Zter) et 
par le changement: 1* dephr en 
fr (voy. coffre)', 2°de t enoi (voyez 
ootre). 

Of jyatufi, origine inconnue. 

•rgane, du L. organum (or- 
gane). — D. organiser, organisme, 
organique. 

Organiser, voy. or gone. — D. 
organisation, organisateur, d&sor- 
ganiser, rtorganiser. 

Organlste, voy. orgue. 

Organsln, origine inconnue. 
— D. organsiner t organsinage. 

Of «ye, en provencal ordt, du L. 
hordeum (orge)par le changement 
regulier (voy. o&r^er) de ftor- 
d(eu)men /iord(iu)i» d'ou hordium 
par la consonnification de iu en ;u 
(voy. abriger). Hordjum donne 
or^e: 1° par la chute de h initial 
(voy. atelier) ; 2* par la reduction 
de dj a <j (voy. aore'ger). — D. or- 
geat (originairement decoction 
d'orgebien qu'il n'entre aujour- 
d'hui dans cette boisson qu'une 
emulsion d'amande) , orgelet. 
. Orgie, du grec ipyia (f&e de 
Bacchus). 

Of gue, en italien drgano. du 
L. organum (orgue hydrauhque 
dans Suetone ; orgue , instrument 
a vent dans saint Augustin et Gas- 
siodore) par la chute des deux syl- 
labes atones (voy. p. lxxxi) , — D. 
organiste (derive de organum or- 
gue). 

Of meet I, en italien orgoglio. 
mot aborigine germanique (orgel 
orgueilleux). — D. orgueilleux. 

Orient, du L. Orientem (point 
du ciel oil le soleil se leve sur l'ho- 
rizon). — D. orienter, oriental, 
orientaliste. 



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ORN 



38fc 



ORT 



Orlenter, voy. orient. — D. 
orientation, d&sorienter. 

Orlflee,du L. orificium (m. s.). 

Orlflamme, du L. auriflamma 
(flamme d'or, etendard) : sur au de- 
venu o, voy. alouette. 

Origan, du L. origanum (m. s.). 

Orlglnalre, du L. originarius 
(ni. s.). 

Original , du L. originalis 
(m. s.). — D. originality. 

Orl«lne,du L. originem (m. s.). 
— - D. originel. 

f Orlgnal, anciennement ori- 
onac (orcnoc, elan du Canada), du 
basque orenac cerf ; nom que les 
Basques emigres au Canada don- 
nerent a l'elan de l'Amerique du 
Nord. 

Ofipemc, proprement feuille 
de laiton, du L. auri pellem (dans 
la basse latinite : proprement feuille 
d'or). Sur au devenu o, voyez 
alouette; sur el devenu eau, voyez 
agneau. 

Of le bordure, du L. orula (di- 
minutif de ora bord) par la con- 
traction reguliere (voy. p. lxxxi) 
de or(u)fa en of la. 

Of me, en provencal olm, en 
italien olmo, du L. ulmus (orme) 
par le changement: 1° de u en o 
(voy. armoncer) ; 2° de I en r 
(voy. apdtre). — D. ormeau (an- 
ciennement ormel; sur el devenu 
eau } voy, agneau), ormaie, or- 
roote. ormille. 

Ot*tte, du L. orntw (frene). 

Ornemen t, du L. ornamentum 
(ornement). — D. ornemaniste, 
{ornementiste). 

Orner, du L. ornare (orner) . 

Of*tf{et*e, dans le patois de la 
Picardie ordteVe, du L. orbitaria * 
(derive de orbita orniere). Orb(L)- 
taria se contractant regulierement 
(voy. accointer) en orb'taria donne 
ordi&re par le changement : 1° de 
bt en d (voy. accouder) ; 2° de 



aria en iere (voy. dm'er). Ordtire 
s'est posterieurement altere en or- 
niere. 

Ornlthogale, du grec opvi- 
GoYaXov (m. s. propr. lait d'oi- 



Ornlthologle, du grec 6pvic, 
6pvi6o; oiseau) et Xoyo; (traite). 
— D. ornithologiste s ornithologue. 

Opottjye, corruption de orange 
(voy. orange). 

Ot*poilleicf' 9 qui recherche 
les failles (paillettes d'or). Pour 
Petymologie, voy. or et paiUe. 

Ot*pfrefit», anciennement or- 
phenin, a l'origine orphanin f du 
L. orphaninus (derive de orpha- 
nus orphelin) par le changement : 
1° de a en e (voy. acheter) ; 2° de 
n en I (voy. aller). 

Orpiment (sulfure jaune d'ar- 
senic employe en peinlure) du 
L. auri pigmentum (couleur pour 
peindre en or). Sur au devenu o, 
voy. alouette; sur gm devenu ro, 
voy. p. ci. 

Orsellle, origine inconnue. 

Ot**eif, anciennement arteil, 
en provencal arteil, en italien 
ortiglio f du L. articulus (articula- 
tion, et aussi doigt). kniculus a 
donne arteil par le changement de 
iculus en eil (voy. abeiUe); sur 
le changement d'arteil en orteil, 
voy. taon. 

Orthodoxe, du grec 6p8o5o^o; 
(qui a des opinions droites). — D. 
orthodoxie. 

Orthogonal, du grec opdofw- 
voc (qui est a angles droits). 

•rthographe,dugrec opdoypa- 
91a fecriture juste). — D. ortho- 
graptiier, orthographique. 

Orthographle, du grec opdo- 
ypa<p(a (coupe perpendiculaire d'un 
batiment). 

Orthopedle, du grec 6p86c 
(droit) et naiSeta (education). — 
D. orthopidique. 



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OSS 



385 



OTE 



OWie, en espagnol ortiga, en 
italien ortica du L. urlica (ortie) 
par le changement : 1° de u ea o 
(voy. annoncer); 2° de tea en ie 
(voy. ami). 

•rtlve, du L. ortivus (qui se 
leve). 

j- Ortolan, venu du provencal 
ortolan (en italien ortotano), 'du 
L. fiorfuiantw (propr. de jardin, 
les ortolans nichant d'ordinaire 
■dans les haies des jardins). 

■j- Orvietan, de l'italien orvie- 
tano (derive de Orqiete nom d'un 
charlatan d'Orvieto qui apporta 
cet electuaire en France, en 1647). 

Oryctographle, du grec 6pux- 
x6? (fossile) et ypeupeiv (decrire). 

Oryetologle, du grec dpuxxo; 
(fossile) et X6yo« (traite). 

©«, duL.os (os). — D. dtsosser, 
osselet (diminutifde ossel, petit os). 

Oscillation, du L. oscillatio- 
nem (action de balancer). 

Oselller, du L. oscillate (m. s.). 
— D. oscillatoire. 

Oseiffe, du L. oxalia (derive 
de oxalis, oseille) par le change- 
ment : 1° de x en * (voy. ajouter); 
2° de li en il (voy. aU); 3° dea 
en e (voy. acheter). 

0«ev, en provencal ausar, en 
italien ausare, du L.'ausare* (de- 
rive de ausum, supin de audere 
oser ; sur la formation des verbes 
frequentatifs, voy. p. xxxn). 

Ausare a donne oser par le chan- 
gement de au en o (voy. alouette). 

Osefofe, voy. osier. 

Ostet* , derive du grec oTcro; 
Rosier). 

Osmazdme,* du grec dffjiij 
(odeur) et Cwpi6; (bouillon). 

Ossefe*, voy. os. 

Ojwemetft*, pluriel de owe- 
menf * qui est le L. ossamentum * 
(deriv6 de ossa, os) 

Osseuac, du L. ossuosus (m. s.), 
par la reduction de wo a o ' 



sus, voy. p. xc d'ou osseux par le 
changement de osus en eux (voy. 
amoureuof). 

•Miner, du L. ossificate* (m. 
s. derive de os). — D. ossification. 

Ossualre, du L. ottuarium 
(urne scpulcrale). 

Ostensible, du L. orfenstbtltf * 
(derive de ostensum, supin de o*- 
tendere, montrer). 

ostensoir, du L. o« tensor turn* 
(derive* de ostensum, supin de. os* 
lendere, montrer). 

Ostentation, du L. ostentatio- 
nem (m. s.). 

Osteologle, du grec baxtoXo- 
-yia (etude des os). 

Os trace, du grec oarpdxeo; 
(qui est de la nature de l'hultre). 

Ostraclsme, du grec 6<rrf>axto- 
|io; (m. s.). 

Otage , anciennement ostage, 
en provencal ostatge, du L. obsi- 
daticum* (derive de obsidatus , 
action d'etre donne* en otage et 
aussi gage). — Obs{L)daticum con- 
tracts suivant la regie (voy. ac- 
cointer) en ob'sdaticum donne par 
le retour insolite de d a t (voy. 
p. xcvra) la forme obstaticum qui 
est au sens d'otage, dans les textes 
latins du moyen age : « Et de hoc 
dederunt centum Saracenos de 
melioribus obstaticos in potestate 
Januensium, » dit un tezte du 
onzieme siecle. Bs se reduisant 
a s(comme on l'a vu au mot sujet) x 
obstaticum devient ostaticum qui 
est dans une charte de 1070 : 
« Raymundus.:. et Arnaldus.... 
miserunt de in ostaticum. » 

Ostaticum a donne ostage par 
le changement de aticum en age 
(voy. dge); puis otage par la chute 
de s (voy. abime). 

Otalgle, de ou;, <ot6? (oreille) 
et aX-yo; (douleur). 

Otet* , anciennement oster. du 
L. haustare (frequentatif de hau* 
22 



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OUR 



386 



OUR 



rire, vider, retirer, d'ou le sens 
(Tdter; on trouve dans Festus le 
compose exhaustare pour dter : 
« exnaustant = efferunt. » 

Haustare a donne oster par la 
chute de h initial (voy. atelier) et 
par le changement de au en o 
(voy. alouette). Sur otfer devenu 
6ter, voy. abiroe. 

Ottomane , mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv) ; derive de 
Otteman (sofa a la turque). 

Ou (conjonction), en italien o, 
du L. aut (ou) par la chute du t 
(voy. abbe" et atpu) et par le chan- 
gement de au en o puis en ou 
(voy. alouette). 

Otf (adverbe), anciennement 
u, en italien owe, du L. ubi (ou) ; 
par la chute du 6 (voy. taon) ubi 
se reduit a Tancien francais u qui 
devient ou par le changement de 
u en ou (voy. accouder). 

Ouaiiie , proprement brebt*s 
(encore avec ce sens dans Mme de 
Sevigne), puis dans le langaee 
symbolique Chretien : brebis du 
pasteur, fideles. — Ouaille, ancien- 
nement oueille, a Torigine oeille, 
en provencal ovelha, du L. ovi- 
cula (brebis); par la chute du v 
medial o[v)icula (voy. aieut) , le 
mot latin donne Tancien francais 
oeille par le changement de ic'ula 
en exile {yoy.abeiUe),oueille par le 
changement de o en ou (voy. af- 
fouage). 

Ouate , origine inconnue. — 
D. ouater. 

. Om6IIc, ancien francais oubUe, 
du L. oblata *• (au moyen age ga- 
teau que Ton offre, hostie; derive 
de obtatus offert : oblate au sens 
de gateau et d'hostie est frequent 
dans les textes de la moyenne la- 
tinite : *utde oblatis quae offerun- 
tur a populo et consecrationi su- 
persunt, > dit une lettre d'Einc- 
mar (8&2). 



Oblata changeant o en ou (voy. 
affouage) , et ata en e'e (voy am- 
poule) donne Tancien francais ou- 
oUe qui est devenu posterieure- 
ment oublie. *- D. oubitcur. 

Ott 6ftef , du L. oblitare * (ou- 
blier, derive de oblitus participe 
de obhvisci oublier). 

Obli{t)are a donne oublier par 
la chute du Tmedial (voy. abbaye) 
et par le changement de o en v ou 
(voy. affouage) . — D. ouMt (sub- 
stantif verbal); oublieux, oubliette. 

Otterf, ancien francais west, 
mot d'origine germanique (alle- 
mand west ouest). 

Out , anciennement otl, du L. 
/ioc t'tfud (e'est cela). Le latin hoc 
avait donne dans notre ancienne 
langue la forme o (par la chute : 
1° de h initial, voy. atelier; 2° de 
c final, voy. ami); au treizieme 
siecle n* dire ni o ni non 6tait l'e- 
quivalent de notre locution mo- 
derne ne dire ni out ni non. De 
m£me que hoc devint o, le compose" 
hoc illud (e'est cela mfeme) devint 
oil par la chute du c m&iial ho(c) 
illud (voy. affoudge) et par la 
disparition de h initial (voy. ate- 
lier) ; ce oil (hoc illud) avait pour 
corrcspondant nennil (non illud) ; 
de meme que nennil perdant I, 
devint nenni en francais moderne, 
— oil devint oi d'ou out par le 
changement de o en ou (voyez af- 
fouage). 

Ottte, voy. oui'r. — D. outer. 

Owtr , anciennement oir, en 
italien udire, du L. audire (en- 
tendre) par la chute du d medial 
au(d)ire (voy. accabter) et par le 
changement de au en o dans l'an- 
cien francais, puis de o en ou 
dans le frangais moderne (voyez 
alouette). — D. outc, (substantif 
participial). 

t Ouragan, au dix-septieme 
siecle houragan , primitivement 



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OUT 



387 



OVA 



terme de marine, venu de l'espa- 
gnol huracan (ouragan), terme 
originaire des Antilles. 

Otft*«f if , du L. or dirt (ourdir, 
dans Pliue) par le changement de 
o en ou (voy. affouage). — D. 
ourdissage , ourdisseur, ourdis- 
soir. 

Ottflef, duL. ovulate (border, 
derive de orula* y bord, voy. orle). 
Or{ii)lare regulierement contract^ 
en oflart (voy. accointer) donne 
ourler par le changement de o en 
ou (voy. affouage). — D. outlet. 

Om i*«, du L. ursus (ours) par le 
changement de u en ou (voy. ac- 
couder). — D. our*c (L. ursa); 
ourson. 

OtttotHfe, anciennement ous- 
tarde, en provencal austarde, du 
L. avistarda (outarde dans Pline) 
par la contraction (voy. autruche) 
de av(i)starda en av' star da, puis 
austarda; austarda a donne ou«- 
torde par le changement de au en 
ou (voy. alouette) , outarde par la 
chute de e (voy. abime). — D. ou- 
tardeau. 

Om *if, anciennement oustil, a 
l'origine ustil, du L. usitellum* 
(tout instrument dont se servent 
les artisans, derive de usitare, se 
servir) par la contraction reguliere 
(voy .• accointer) de u$(i)tellum en 
ustellum, d'ou oustei* par le chan- 
gement de u en ou (voy. accou- 
der), puis oustil par le meme chan- 
gement qui a transform^ oisellon 
en oisilton (voy. ce mot). — D. 
outiller, outillage. 

Owtrage, voy. outrer. — D. 
outrager, outrageux, outrageant. 

Om *t* <tttce, voy. outrer. 

1. Oulre (subst), du L. utrem 
(outre) par le changement de u en 
ou (voy. accouder). 

2. Otftfe, anciennement oJfre, 
en provencal ottra, du L. ultra 
(au dela) par le changement de u 



en o (voy. anwoneer) d'ou oltre, 
puis outre par le changement de 
ol en ou (voy. agneau). — D. ou- 
trer, outre-passer. 

OtfOectfittott*, voy. outre et 
cutder. — D. outrecuidance. 

Owtrer, voy. outre 2.— -D. ou* 
trande (a); outrage. 

Ottvet* <wrc, voy. ourrtr. 

Otfwape, voy, ouwer. — D. 
ouvragfer. 

Ouvrer, anciennement ovrer, 
du latin operari (fabriquer, ou- 
vrer), par la contraction rSguliere 
de opQtyrari en op'rari f d'ou o- 
vrer, par le changement de p en 
v (voy. orritjer); puis ouvrer, par 
le changement de o en ou (voy. 
affouage). — D. ouvrable, ouvrage, 
ouvroir, ouvrie. 

Owvreut*) voy. out?rtr. 

Ottr»»ie»> aociennement o- 
vrier, en provencal obrter, du L. 
operartus (ouvrier). par la con- 
traction reguliere de op($)rariu$ 
en op'rarius, d'ou ovrier, par le 
changement de p en v (voy. orrt- 
ver) et par celui de arius en ier 
(voy. dnter) ; puis ouvrier, par le 
changement de o en ou (voy. af- 
fouage). 

Ottwif, anciennement ovrir 
et aun'r, en espagnol abrtr, en ita- 
lien aprire f du L. aperire (ouvrir), 
par la contraction reguliere de o- 
p(6)nre en ap'rire, d'ou l'ancien 
francais avrir, par le changement 
de p'en v (voy. arrwer); owir a 
donne ovrir, par le changement 
insolite de a en o (voy. taon) ; o- 
vrir s'est post6rieurement trans- 
form6 en ouvrir par le change- 
ment de o en ou (voy. affouage) . 
— D. ouvert (du L. apertus; sur p 
devenu vvoy. arritrar); ouverture f 
ouvrant, ouvreur. 

Ovalre, d6riv6 du L. ovum 
(ceuf). 

ovale, du L. ovalis (m. s.). 



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PAG 



388 



PAI 



•▼atton, duL. orationem (m&- 
me sens dans Festus). 

©▼e, deriv6 de ovum (oeuf). — 
D. ovoide. 

•Tlpare, du L. oviparus (ovi- 
pare). 

•valde, voy. ot«. 

•xall%ue, da grec 6(aXtc (o- 
seille) . — D. oxalate. 

•xycrat, du grec oguxparov 
(eau melee de vinaigre). 

•xyde, mot crie par Lavoi- 
sier en 1787 , du grec 6£v; (acide). 
— D. oxyder. 

Oxyder, voy. oxyde. — D, osy- 
<#, oxydation, oxyaable. 



•xygene, gaz decouvert en 
1774 par Priestley, et nomme oary- 
g&ne par Lavoisier, en 1778 ; du 
grec 6&3; (acide) et fevoc (nais* 
sance). — D. oxyginer. 

•xygener, voy. oxygene. — D, 
oxygine, oxygenation. 

•xymefl, du grec 6gufte>i (me- 
lange de miel et de vinaigre). 

Oyatt*, du L. audientem (en- 
tendant, voy. outr);— au(d) ttntem 
a donng oyant, par la chute du d 
medial (voy. accabler) et par le 
changement : 1° de ou en o (voy. 
a\ouette)\ fc« de. m en an (voy. a- 
manae). 



_ c, anciennement posta- 
ge, du L~pascuaticum* (paturage, 
dans les textes du moyen age; d£- 
riv6 de pascuum, paturage) par la 
reduction de pascuaticum a pasca- 
ticum (voy. p. xc) d'ou pascage 
par le changement de aticum en 
age (voy. dge) ; pacage par la chute 
de * (voy. abime) . 

t Pacha, du turc vncha (gou- 
verneur). — D. poc/iaitfe. 

Pachyderme, du grec icayj3; 
(epais) et fiepjia (peau). 

paclflcateur, du L. pacifica- 
tor (m. s.). , , 

pacification, du L. pacifica- 
tionrm (m. s.). 

pacifies, du L. pacificare (m6- 
me sens). 

Pacifiqoe,du L. pacificus (mS- 
me sens). 

t*acottlle 9 voy. paquet. 

pact*, du L. pactum (pacte). 
— D. pactiser* 



Paganlsme, du L. pagranw- 
mu** (derive" de paganus paien). 

1. Page, du L. paginem (page) 
par la chute des deux dernieres 
voyelles atones (voy. p. lxxxi) . 

2. Page (masculin) . Origine in- 
connue. 

Paglner, du L. paginate* (de- 
rive de pagina , page). 

f Pagne, de l'espagnol pano 
(6toffe). 

■f pagode, mot d'origine orien- 
tate (persan butkhoda % maison des 
idoles). 

Patett, en prOvencal pagan, 
en italien pagano, du L. paganu* 
(paien, gentil, dans Tertullien et 
'fans saint Jerdme) par la chute du 
g medial pa(g)anus (voy. aUier) 
et par le changement de anus en 
en (voy. ancien) ; sur 1'intercala- 
tion d'un t (voy. p. lxxxix). 

1. PaiUamme (feminin), voy, 
paille % — D. paillasson* 



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PAL 



389 



PAL 



2. Paillasse (masculin, voy. 
paille. 

pafffe, du L. palea (paille) 
par le changement regulier (voy. 
abre'ger) de pal(ea) en pal(ia), d'ou 
poflfe par le changement de U en 
i7 (voy. ai7). — D. empailler, d4- 
pailler , paillasse (ferainin; d'oil 
paillasse substantif masculin, pro- 
prementbateleur habille d'une toile 
a paillasse, a tnatelas) ; paillette, 
pailUm ; paillet. 

Pain, du L. partem (pain) par 
le changement de a en ai (voy. 
aigle). — D. paner. 

1. f»aif (adjectif), en espagnol 
par, du L. par (6gal) par le chan- 
gement de a en ai (voy. aigle).— 
D. patre (deux choses de m6me 
espece , qui vont ensemble) . 

2. Pair (substantif) de pair 1. 
(Les pairs etantles principaux vas- 
saux d'un seigneur , ayant des 
droits egaux et pairs). — D. pat- 
resse, pairie. 

Paisible, voy. paix. 

Paissat^ du L. pastionem (pa- 
turage) par le changement de stio 
en sso (voy. agencer et angoisse). 
Sur a devenu at, voy. aigle. 

Paitre, anciennement paistre, 
du L. poster e* (de>iv6 de pasci 
paitre; sur cet allongement en re, 
voy. naltre). Pour le changement 
de ascere en aitre, voy. naltre. 

Paix, anciennement pais, du 
L. pacem (paix) par le changement 
de a en ai (voy. aiate) et de c en 
*, puis en x, voy. amttiV. — D. 
patsible, apaiscr. 

pal, du L. palus (pal, poteau). 
— D. empaler. 

f Paladin, de l'italien pala- 
dino (paladin). 

1. Palais, duL.palatium (pa- 
lais) par le changement de pala- 
tium en palaeium (voy. agencer) 
d'ou palate par le changement : 
!• de a en ai par l'attraction de i 



(voy. atgfte); 2° de c en s (voy. 
amxtii). 

2. Palais (en termes d'anato- 
mie, du L. palatum (palais) , atum 
devenant rSguherement i (voy. 
ampoule*), la forme du mot fran- 
cais devrait 6tre paU; palais pro- 
vient d'une confusion avec pa- 
lais 1. 

t Palan, au seixieme siecle 
palanc, de l'italien palanco (rou- 
leau pour ameher les fardeaux).— 
D. palaneon. 

f Palanquin, mot d'origine 
hindoue (pah, palangka, litiere). 

Palatal, denv6 du L. palatum 
(palais). 

Palatln , du L. palatinus (offi- 
cier du palais). 

Palatine, mot d'origine histo 
rique (voy. p. lxiv); allusion a la 
princesse Palatine, belle-soeur ds 
Louis XIV qui mit a la mode cette 
forme de fourrure en 1676. 

pale, du L. pala (pelle). — D. 
paleron, paUe, palette, valet. 

Pale, du L. paUidus (pale), 
par la chute des deux dernieres 
voyelles atones (voy. p. lxxxi). — 
D. pdlir,pdlot. ^ 

Palefre—iei*) voy. palefroi. 

Palefroi, en provencai polo- 
frei, du L. paraveredus (cheval de 
poste, dans Cassiodore et dans le 
Code Theodosien); paraveredus 
s'est contracts suivant la regie 
(voy. accointer) en parav'redus, 
que Ton trouve dans les textes ca- 
rol in giens : « Aut paravreda dare 
nolunt...,* lit-on dans un Capi- 
tulaire de Charlemagne.— Para- 
vredus devient, par le change- 
ment de v en f (voy. bceuf) para* 
fredus qui est dans les Lois Bar- 
bares: « Parafredos donent.. , » 
dit la Lex Bajuwariorum , I, 5. 
— Parafredus x changeant r en I 

Sar dissimilation (voy. p. lxxvi), 
onne pala fredus, que l'on trouve 



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PAL 



390 



PAN 



dans un texte latin de la fin du 
dixieme siecle. Palafredus devient 
palefroi par la chute du d (voy. 
alouette) et par le changement: 
1° de e en oi (voy. accroire); 2° de 
a en e (voy. acheter). — D. pale- 
frenier (qui est pour palefredter, 
comme orni&re pour ordi&re; voy. 
ce mot). 

Paleographle, du grec ica- 
>ato? (ancien) et ypdqpeiv (ecrire). 

Paleontologle, du grec rca- 
Xaioc (ancien), 6vxa (etres) et X6- 
■pc (traite). 

Pafenott, voy. pate. 

palettre, du L. palestra (m. 
s.). — D. paiestrique. 

Pole*, voy. pate. — D. paleter. 

f paletot, anciennement pa/e- 
loc, mot d'origine germanique 
(boliandais, paltsrook, robe de gros 
drap). — D. paletoquet. 

Palette, voy. pafte. 

Paletuvler, origine inconnue. 

f»afet«f , du L. paWorcm (p£- 
leur) ; sur orem devenu eur , voyez 
accueillir. 

Palief , anciennement paUlier, 
derive de patZte (a cause du paii- 
lafson place" sur le palier). 

pallmpseste , du grec itot- 
XCji+^ktco; (regratte). 

Pallngenesle , du grec na- 
AtYyevco-Ca (renaissance). 

Patlnodle, du grec TcotXivcuSCa 
(retractation). 

f»«II#,du L. palicium* (suite 
de pieux formant cldture : dans les 
textes du moyen Age; derive de 
palus pieu). Sur c devenu s, voyez 
amitie. — D. palisser. 

f PaUaaade, de l'italien pa- 
lizzata (palissade), 

Pallsaandre, origine incon- 
nue. 

Palladium), du L. palladium 
m. s.). 

Palller, du L. palliare (m. s.). 
— D. palliation, palliatif. 



pallium) du L. pallium (man- 
tea u). 

1. Palme, du L.poZma(palme, 
branche de palmier). — D. pal- 
metto, palmier, palmiste, palmite. 

2. Palme, du L. palmus (me- 
sure de longueur, pahne). 

f*altttette, voy. palme 1. 

Pafmtet*, du L. palmariuf 
(proprementde palmier). Surartito 
devenu ier, voy. dnier. 

Palmipede, du L.palmipedem 
(m. s.). 

Palombe, du L. palumba (pi- 
geon ramier) . 

f*af otmtet*, origine inconnue. 

Palpable, du L. palpabilis 
(m. s. dans saint Jerdme). 

Pal per, du L. palpare (m. s.). 
— D. palpe (substantif verbal). 

Palpi ter , du L. palpitare 
(m. sj: — D. palpitant, palpitation. 

Pawner , anciennement pas- 
mer, vieil espagnol espasmar, en 
italien spasmare, du L. spasmare 
(derive de spasma spasme) par Pa- 

{)herese insolite de s initial et par 
a chute de s (voyez dbXme). — D. 
pdmoison. 

-j- Pamphlet, de l'anglais pam- 
phlet (pamphlet). — D. pamphlt- 
taire. 

Pampre . du L. pampinus 
(pampre) par la contraction regu- 
liere (voy. p. lxxxi) de pampfflnus 
en pamp'nus, d'ou pampre par le 
changement den en r (voy. coffre). 

Pan, du L. pannus (etoffe). 
Sur nn deveuu n; voy. an. 

Panaeee, du L. panacea (pa- 
nacee). 

f Panache, d e l'italien pennac- 
chio (panache). — D. panacher, 
panachure, empanacher. 

f Panade, de l'italien panata 
(panade). 

Pattader (se), origine incon- 
nue). 

Panage y anciennement poi- 



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PAN 



391 



PAN 



nage, du L. pastinaticum* (droit 
de pat u re, deriv6 de pastionem 
paisson; voy. ce mot). Pas[VL)na- 
ticum regulierement contracts 
(voy. accointer) en pas'naticum 
aonne pasnage par le changement 
de aticum en age (voy. Age) ; pa- 
nage par la chute de s (voyez 
abtme). 

Panais, du L. panacem (pa- 
nais) par le changement de a en at 
(voy. aigle) et par celui <j e c ens 
(voy. amxtti). 

panaris, du L. panaritium 
(m. s. dans Apulee), 

panearte, du L. du moyen 
age pancharta (compose du grec 
ttocv tout,et eharta papier). 

Pancreas, du grec ^dyxpea; 
(m. s.). — D. pancrlatique. 

Pandour, mot d'origitfe histo- 
rique (voy. p. lxiv) : nom donn6 
a des troupes irreguberes de la 
Hongrie. 

Panegyrlqae, du grec 7iavy]- 
yvpoco; (sous-entendu Xoyo?, dis- 
cours public fait a la louange de 
quelqu'un). 

Panegyrlste, du grec izavy\y\)- 
piffTYic (celui qui fait un panegy- 
rique) . 

Potte**, voy. pain. — D. pane". 

Pctttetiet*, derive de Tancien 
verbe paneter qui est forme sur le 
mot pain. — D. paneliere, pane- 
terie. 

Panlenle, du L. panicula (m. 
s.) . — D. panicuU. 

Panicr , du L. panarium (cor- 
beilleapain, dans Suetone); sur 
arium devenu ier y voy. dnier. — 
D. panerie. 

Panlfler, du L. panificare* (de 
partem pain) . — D. panificatioh . 

Pantque, du grec rcavtxov 
(sous-entendu Seifia, terreur pa- 
nique). 

I. Panwe (peluche), du L. 
panna * peluche, dans les textes 



latins du moyen Age ; panna est 
une transformation de venna (plu- 
me); pour le passage au sens de 
plume a celui de peluche, cf. U 
moyen haut allemand federe qui 
signifiait a la fois plume et pelu- 
che; sur e devenu a, voy. amen- 
der. 

2. Panne (graisse), origine 
inconnue. 

3. Panne, (terme de marine) : 
guipon de panne , morceau d'e- 
toffe) derive de pan (voy. ce mot). 

4. Panne (piece de hois) , ori- 
gine inconnue. 

Panneau, proprement petit 
pan (voy. pan) . On trouve pan- 
neau au sens de pan d'6toffe dans 
plusieurs textes francais du moyen 
age. 

Panneton, origine inconnue. 

Pattottceatc, voy. pennon. 

Panorama, du grec T-.av (tout) 
et 8pa(xa (vue). 

Panne, du L. panticem (ven- 
tre) par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi) de pantfi)cem en 
pant'cem d'ou pause par la reduc- 
tion de tc a c (voy. adjuger), et le 
changement de c en s (voy. ami- 
tie 1 . — D. pansu. 

Pansev, anciennement penser, 
(soigner, veiller sur) en espagnoi 
pensar, du L. pensare (se soucier 
de, examiner, veiller sur, d'ou le 
sens de soigner). — D. pansage, 
pansement. 

f pantalon, de l'italien pan* 
talon (m. s.). 

Panteler, voy. pantoiSt — D. 
pantelant. 

Pantheiame, du grec nac 
(tout) et 6eoc (dieu). 

Pantheon, du grec rcdvOeov 
(temple consacrea tousles dieux). 

panthere, du L. panthera 
(m. s.). 

Pantihre, du L. panthera 
(forme feminine de pantherum &- 



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PAP 



392 



PAR 



let). Stir e devenu ie, voy. ar- 
Here. 

Pan tin, origine inconnue. 

Pantograph**, du grec itav 
(tout) et Ypa<peiv (decrire, desbincr) . 

f*an*oi«, panteler , de>ives 
d'uij radical pant qui est d'origine 
celtique (Kymr. pant oppression) . 

pantometre, du grec nav 
(tout) et (jLETpov (mesure). 

Pantomime, du L. pantomi- 
mus (m. s.). 

f pantoufle, venu de l'italien 
pantofola (pantoufle). 

Paott, en espagnol pavon, du 
L. pavonem (paon), qui est deja 
paonem au septieme siecle dans 
les Gloses de Gassel. Sur la chute 
du v medial, voy. aieul. — D. 
paonne, paonneau 

Papa, onomalopee (L. poppa 
pere) . 

Papautc, du L. pappalitatem 
(derive de poppa pape) par la 
contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de pappal(i)tatem en pap- 
paVtdtem .d'ou papaute* par le 
changement : 1° de pp enp (voy. 
chape); 2° de al en au (voy. 
agneau); 3° de atem en 4 (voy. 
abbe). 

Pape, duL. poppa (pere, titre 
donne aux evSques par les pre- 
miers Chretiens;. Sur le change- 
ment de pp en p, voy. chape. — 
D. papal, papisme, papiste. 

f Papegal (papegaut), en es- 
pagnol papagayo, mot d'origine 
Clientele (arabe balbaga, perro- 
ipiet). 

Papetard, origine inconnue. 

Paper aM*e, voy. papier. — 
D* paperasser, paperassier. 

Papetier, voy. papier. — D. 
papeterxe. 

Papier, du L. papyrius * (de 
papyrus, papier). — D. papetier 
(mot tres-irregulierement forme) , 
paperatse. 



Papllle, du L. papilla (m. s.). 
— D. papillaire. 

paplllon, du L. papilionem 
(m. s.). — D . papiUonner, papH- 
lote, 

Paplllote, voy. papillon, — 
D. papilloter, papillotage. 

Papyrus , du L. papyrus (m6- 
me sens). — D. papyrace". 

Pdque, anciennement pasque, 
en provencal pasca, du L. pascha 
(paque) par le changement de ch 
en c (voy. p. xcix) et par la chute 
de s (voy. abime) . 

f Paauebot, de Tanglais pac- 
ket-boat (vaisseau qui porte les de- 
pfiches). 

Paquerette , anciennement 
pasquerette, deriv6 de l'ancien fran- 
cais pasquier ipaturage), fleur qui 
crolt dans les pr6s. Pasquier est 
un deriv6 de pascuum (paturage). 

Sur le changement de pasque- 
rette en pdquerette, voy. au mot 
abime. 

Paquet ^ anciennement pac- 
quet, derive (ainsi que pacotille) 
a'un radical commun pac qui est 
le L. paccus * (paquet, dans une 
charte du mo yen age: *Non tamen 
licebit praefatis mercatoribus.... 
pannos suos scindere.... nee atiter 
nisi per paccum vel integrum pan- 
num.... vmdere. » — Paccus est 
d'origine celtique et correspond au 
gaelique pac, paquet). — D. pa- 
queter, empaqueter. 

\. Par, du L. per (par); sur le 
changement de e en a, voy. amen- 
der, — voy. aussi parachever. 

2. Par (de), a rorigine de part 
dans les textes francais du onzieme 
etdu douzieme siecle, en italien da 
parte, en espagnol de parte, du 
L. de parte (de la part) ; de par le 
roi qui est au douzieme siecle de 
part le roi (dans saint Thomas le 
martyr) signifie proprement de la 
part du roi. 



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PAR 



393 



PAR 



1. Parabole fmathematique), 
du grec 7rapa6oXyj (parabole). — D. 
parabolique. 

2. Parabole (allegoric), du L. 
parabola (comparaison). — D. pa- 
rabolique. 

Paraehever, compose" de 
cchever (voy. ce mot) et de par. 
Par qui est le L. per (voy. par) se 
retrouve dans les composes la- 
tins par/att (per/fecfus) , parvenir 
(perverare), parww(per medio) , etc. , 
et dans les composes francais par- 
furoer, pardonn«r. 

Les Latins employaient la parti - 
cule per a marquer le plus haut 
degre d'intensite : perhorridus , 
pergratus, p^r gracilis ^ etc.... De 
meme en francais pwachever, par- 
faire, etc.... Cette particule par 
etait separable dans notre ancienne 
langue : le vieux francais parsage 
(ties-sage) se scindait par une 
tmese en deux parties : « tant par 
est sage, » disait-on au douzieme 
siecle pour « tant il est y&Tsage. » 
Un debris de cette construction 
persiste dans la locution par trop : 
nous disons encore : c'est par trop 
fort.... » phrase qui correspond a : 
« Jest trop par fort. » 

Parachute, voy. parer, d, 
et chute. 

f Parade , originairement ter- 
me d'equitation, de l'espagnol pa- 
rada (figure de carrousel, arreH 
brusque du cheval). — D. parader. 

Paradlgme 9 du grec wapd- 
5siY(W6 (exemple). 

paradls , du L. paradisus (pa- 
radis). 

Paradoxe, du grec TcapdSo^o; 
(contraire a Popinion commune). 
— D. paradoxal. 

Parafe, du L. paragraphias 
(dans Isidore de Seville, marque 
ay ant la forme d'un gamma pour 
distinguer les diflerentes matieres 
d'un livre). — Paragr{&)phus se 



contractant r6gulierement (voy. 
P.lxxx:; enparapr'p/iusdonne pa- 
rarfe* par la reduction de or a r 
(voy. accueillir) et par le cbange- 
ment de pa en f (voy. coffre); pa- 
rarfe* est devenu parafe par dissi- 
milation (voy. p. lxxvi); 

1 . Parage (rivage de la mer), 
origine inconnue.. 

2. Parage (extraction) du L. 
paraticum* (deriv6 de par, egal, 
pair) ; sur aticum devenu age, voyez 
dge. 

Paragoge, du grec rcapotYwyq 
(allongement, addition). — D. pa- 
ragogique. 

Paragraphed du grec icapd- 
W*<pfl (section, u. vision). 

| paraguanU , de l'espagnol 
paraguante (m. s. proprement 
pour avoir des gant ). 

Parattre, aDck'nnement pa- 
raistre, du L. paresare (forme du 
latin populaire, pour p irere parat- 
tre). Pour le changemen. v de escere 
en aitre voy. apparaiti \ — D. 
comparattre. 

Parallaxe, en grec TOpaXXafo 
(changement). — D. parallacti- 
que. 

Parallele, du grec TtapdXXriXoc 
(parallele) . — D. paralUtisme. 

parallelogramme, du grec 
TiapaXXiriXoYpawov (m. s.). 

paraloglsme, du grec ratpa- 
Xoyia{i6i; (faux raisonnement). 

Paralysie, du grec icapdXuotc 
(meme sens). 

Paralytique, du grec napa- 
Xuttxo; (m. s.). 

| Parangon, de l'espagnol pa- 
ragon (parangon). — D. paran- 
gonner. 

f Parapet, de Pitalien para- 
petto (parapet). 

paraphernal, du grec xd na- 
pdqpspva (Tcapd a cdte, et ©gpvrj 
dot). 

paraphrase, du grecnapdqppa- 



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PAR 



394 



PAR 



ate (developpement). — D. para- 
phraser, paraphraseur. 

Paraphraser , voy. para- 
phrase, 

f*arapluie , voy. aux mots 
parer^ d, et pluie. 

Paraselene, du grec wocpd (au- 
pres de) et <reXY)vY) (lune). 

parasite 9 du L. parasitus 
(m. s.). 

f Parasol, de l'italien parasole 
(parasol). 

f>atHB*omtet*»«e , voy. aux 
mots parer,d, et tonnerre. 

faravent, voy. aux mots po- 
rer, d etvent. 

Pore, du L. parens*, pare dans 
les Lois Barbares* « Qui gregem 
equarum in parjo furatus fue- 
rit....»j dit la LetzBajuwariorum. 
Parous signifiaM proprement un 
espace clos ou i'on conserve des 
ammaux, une reserve, vient du 
L. parcere, rjserver). — D. par- 
quer, par quit, par cage. 

Parcel ie, du L. particella* 
(diminutif de partem partie) par 
la contra jtion reguliere (voy. ac- 
cointer) de part{i}celle en partf- 
cella d'ou parcella par la reduction 
de tc he (voy. adjuger). — D. par- 
cellatre. 

Pawee que, voy. par, ce, et que. 

Pavcfremitt, a l'origine par- 
camin, en provencal pergamen, 
du L. pergamena (parchemin dans 
saint Jerdme) ; qui est dej'aperga- 
mina dans Isidore de Seville. (Sur 
ce changeraent de e en i, voy. ac- 
complir). — Pergamina (ou mieux 
pergaminum) a donne parchemin 
par le changement: 1° de e en a 
(voy. amender) ; 2° de g en c (d'eu 
l'ancien francais parcamin qui est 
devenu parefcemin par le change- 
ment de ca en cfte (voy. acharnar). 
— D. parcheminier , parchemine- 
rie, parchemin4. 

Parelmonle* du Lpommo- 



nia (epargne). — D. parcimo- 
nieux. 

Pai^oumr, du L. perctirrcrc 
( parcourir) ; pour le detail des 
changements de lettres, voy. par 
et courir. 

Parcours, du L. percursus * 
(compose de per et de cursus, 
cours). Pour le detail des chan- 
gements de lettres, voy. par et 
cours. 

Parilonner, du L. perdona- 
re* (pardonner, dans les textes 
carolingiens : « Et pro illius gra- 
tia totum perdono quod contra me 
misfecerunt...,» ht-on dans les 
Capitulaires de Charles le Chauve, 
26. Pour le sens -du mot per dans 
perdonare, voy. parachever). 

Pour le detail des changements 
de lettres, voy. par et donner. — 
D. pardon (substantif verbal), par- 
donnable. 

Paneil, du L. pariculus* (pa- 
reil, deriv6 de par, semblable. 
Pariculus est dans les plus anciens 
textes latins du moyen age : « Hoc 
sunt pariculas cosas..., » dit la 
Lex Salica). 

Paxiculus a donne pared par le 
changement de iculus^neil (voy. 
abeille). — D. appareuler, appa- 
reily de'pareiller. 

Pavement, voy. ptrer/ 

Parenchyme 9 du giBC icapey- 
Xupia (m. s.)- 

Patent, du L. par extern (m. 
s.). — D. parentage, partnti. 

Parenthfese, du gre % , rcapev- 
6e<ri<; (intercalation). 

I»ai»et», du L. par are (prepa- 
rer, appreter, disposer; au sens de 
detourner un coup; parer vient 
aussi de parare, se disposer a evi- 
ter un coup).— D. parement, pa* 
rure> parade, riparer. 

Pafesse, anciennement pare- 
ce, a Forigine perece, en espagnol 
pereza, du L. pigritia (par esse), 



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PAR 



395 



PAR 



par le changement : 1° de itia en 
ece, puis esse (voy. agencer) ; 2° de 
gr en r (voy. accueillir) ; 3° de i 
en e (perece), puis en a (voy. a- 
mender). — D. paresser, pares- 
seux. 

Par fair e, voy. /aire et par- 
achever. — D. parfait. 

Par fait , voy. par f aire. 

ParMer, voy. par et /iter. — 
D. parfilage. 

Parfois, voy. par et /bw. 

Parfondre, voy. parachever 
et fondre. 

Parfuwner^ voy. /umer et 
parachever. — D. parfum (subst. 
verbal), parfumeur. 

Parhelle, du grec wapYJXio; 
<m. s.). 

f Par la, mot d'originehindoue. 

Parler, du L. partare (balan- 
cer un compte, d'ou le sens de 
mettre en gage des sommes de va- 
leur egale). — D. part (subst. ver- 
bal), parieur. 

parteta Ire , du L. parietaria 
(m. s. dans Apulee). 

Parietal, du L. parietalis (de 
mur). 

Parlte, du L. paritatem 
(m. s.). 

1. Por|Mrc, du L. perjurium 
(m. s.). Sur c devenu a voy. par. 

2. Par jure (adj.), du L. per- 
jurus (m. s.). Sur e devenu a voy. 
par. 

Parjurer 9 du L. perjurare 
(m. s.). Pour le changement de 
lettres, voy. par et jurer. 

Parler, ancien francais paro- 
ler, du L. parabolare* (parler, 
proprement, raconter; parabolare 
a le sens de parler, dans les textes 
carolingiens : « Nostri seniores, 
sicut audistis, parabolaverunt si- 
mul y et consideraverunt cum com- 
munibus iUorum fidelibus...,* 
dit un Capitulaire de Charles le 
Chauve). 



Parab(6)lare re^ulierement con- 
tracts (voy. accomter) en para- 
b'lare est devenu paraulare * , 
par le changement de bl en vl, 
puis ul (voy. aurone). Paraulare 
a donne l'ancien francais paroler 
par le changement de au en o 
(voy. alouette) ; enfin par{o)ler 
s'est contracte en parkier (voy. ac- 
cointer). — D. parieur \ parlement, . 
parlementer, parlementaire , par^ 
lage, parler (substant.), parte- 
rie, parieur, parloir, pourparler, 
reparler. 

Partni, du L. permedium (par 
le milieu de). Pour le detail des 
changements de lettres, voy. par 
et mi. 

parnasse, du L. Parnassus 
(m. s.). 

Parodle, du grec irapcpSCa 
(meme sens). — D. parodier, pa- 
rodtste. 

Parol, du L. parietem (paroi), 
par la chute du t (voy. aigu) et 
le changement de i en oi (voyez 
boire). 

Paroisme , du L. parcecia 
(diocese dans saint Augustin, pa- 
roisse dans Sidoine Apollinaire). 
Parcecia se reduisant reguliere- 
ment a parecia (voy. p. lxxxvi) 
devient paroisse par le change- 
ment: 1° de e en oi (voy. accroire); 
2° de ci en ss (voy. agencer). — 
D. paroissien, paroissial. 

Parole, en provencal par aula, 
du L. parabola (parole, propre- 
ment recit ; parabola est au sens 
de parole dans les textes carlovin- 
giens : « tfon dicam illas parabolas, 
quas vos dixeritis ad me, et man- 
daveritis mihi } utcelem eas....» dit 
un texte du dixieme siecle). 

Parab(6)la regulierement con- 
tracte (voy. p. lxxxi) en parab J la 
donne paraula* par le change- 
ment de bl en vl puis en ul (voyea 
pour les details au mot aurone). 



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PAR 



395 



PAR 



Paraula* donne paroU par le 
change men t de au en o (voyez 
alouette). 

paronyme, dtt grec itaptovu* 
iu>:(m. s.). 

Parotide, du grec napum; 
(m. s.). 

paroxysme, du grec itapci>gv<r- 
(i6c (irritation). 

Parpaing, origine inconnue. 

parque, du L. parca (Parque). 

Parqwer , voy. pare. 

Parquet, voy. pare. — D. 
parqueter, parqueteur, parquete- 
rie. parquetage, 

Parrain, anciennement par- 
rein (encore au dix-septieme sie- 
cle) en espagnol padrino, en ita- 
lien patrino, du L. patrinus* 
(parrain, dans les textes carlovin- 
giens : « Sanctissimus vir patri- 
nus videlicet seu spiritualis pater 
noster.... » dit une Charte de 752. 
Patrinus derive de pater, pere). 

Patrinus a donne parrain par 
le changement : 1° de tr en rr, 
voy. arridre; 2° de tn en ein (d'ou 
l'ancien fran^ais parrein) puis de 
ein en ain (voy. ceinture) . 

1. Parricide, du L. parricida 
(parricide, meurtrier). 

2. Parricide, du L. parrici- 
dium (parricide, meurtre). 

Parsewner , voy. semer. 

1. I*of t, du L. partem (partie). 

2. Part, du JL partus (enfan- 
tement). 

Partage, deriv6 de partir 
(au sens du L. partiri, partager). 
— D. partager, partageable, par- 
tageant. 

Partant, du L. pertantum 
(litter, pour autant). Pour les chan- 
gements de lettres, voy. par et 
tant. — D. partance. 

f Partenalre, de Fanglais part- 
ner (partenaire). 

Parterre^ voy. par et terre. 

Parti (adj.) dans les expres- 



sions fatii d'or et de gueule; 
aigle nor att chef parti (a deux 
tetes) ; — parti est fe participe de 
l'ancien frangais partir (diviser, 
voy. partir) reste avec ce sens 
dans la locution avoir maille d 
partir (propr. avoir un sou a par- 
tager avec quelqu'un). 

Parti, substantif participial de 
partir (au sens de diviser, voy. 
ce mot). Parti signifie propre- 
ment division. 

Partlalre, du L. partiariiAS 
(colon partiaire). 

partial, du L. partialis * (de- 
rive" de partem , partie). — D. 
partiality, impartial. 

Participe, du L. participium 
(m. s.). 

Partlclper, du L. participate 
(m. s.). — D. participant, parti- 
cipation. 

Partlcnlarlaer, derive du L. 
particuiaris (particulier). 

Particularity, du L. particu- 
lar itatem (m. s.). 

partlcule, du L. particula 
(petite partie). 

Particulier, du L. particuia- 
ris (m. s ). 

Partie, voy. partir. 

part I el, du L. partialis * (dep- 
rive de partem* partie). 

Partir, au sens de diviser, 
de partager est le L. partiri (di- 
viser, partager). — D. dipartir, 
rdpartir, partie (substantif parti- 
cipial, proprement division t por- 
tion); parti (substantif participial 
signifiant la part que Ton prend, 
d'ou le sens de resolution, d'opi- 
nion). 

Au moyen age se partir d"un 
lieu voulait dire : se separer d'un 
lieu, s'en eloigner ; d'ou le sens 
de quitter un lieu, donne" au mot 
partir. (Le compose* se de'parlir 
d'un lieu, voyager, donna le sub- 
I siantif participial dipart) . 



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PAS 



397 



PAS 



t Partisan, de l'italien par* 
tigiano (partisan). 

Parti tir, du L. partitivus* 
(derive de partitum supin de par- 
tin, partager). 

Partition, du L. partitionem 
(partage). 

Partout, voy. par et tout. 

JPattc t*e. voy. porer. 

JPat*vettif, du L. pervenire 
(m. s.) : pour le changement de 
lettres, voy. par. — D. parvenu. 

Purvis , propr. place devant le 
porche d'une eglise; parvis, an- 
ciennement parevw, a forigine pa- 
reis et parais , vient du L. para- 
disus (qui a le sens de parvis dans 
la langue ecclesiastique du moyen 
age : « Hie atrium beati Petri, 
quod paradisus dicitur, estque 
ante ecclesiam, magnis marmori- 
bus struxit. » ail Anastase le Bi 
bliothecaire ; a la fin du huitieme 
siecle Paul Diacre, contemporain 
de Charlemagne, donne le mfime 
sens au mot paradisus (livre V, 
chap xxxi) : > Ecclesiae locum qui 
paradisus dicitur.... ») 

Para(d)isus par la chute du d 
medial (voy. accabler) donne l'an- 
cien francais parais, qui devient 
posterieurement partis par l'adou- 
cissement de a ene (voy. acheter). 
Pareis subit ^intercalation d'un v 
euphonique (voy. ssrve'e) qui ame- 
ne la suppression de Phiatus pare- 
v-i*; d'ou,par lachutedee, par{e)- 
vis (voy. accointer) la forme defi- 
nitivepan?is. 

1. Pas (subst.) , du L. passus 
(pas). Sur ss devenu s, voy. ais. 

2. Pas (negation) ; e'est le m6- 
me mot que pas 1 , employe d'a- 
bord d'une maniere sensible, e'est- 
a-dire place dans une comparaison 
ou il avait une valeur propre (Je 
ne marche pas, etc....). 

Pascal, du L. pascalis (qui 
pait). 



Paslgraahle. du grec ««c 
(tout) et Ypaoeiv (decrire). 

f Pasquln, de l'italien pat' 
quino (m. s.) . 

f Pasquinade, de l'italien 
pasquinata (pasquinade). 

Passable, voy. passer. 

f Passade,de l'italien passata 



Passage, voy. passer. — D. 
passager. 

Passavant, voy.- passer et 
avant. 

Passement, voy. passer. — 
D.passementer, passementier, pas- 
sementerie. 

Passe-port, voy. passer et 
port. 

Passer, du L. passare*, de- 
rive de possum supin de pandere, 
ouvrir, ecarter, fendre; pandere 
viam est dans Tite live pour ou- 
vrir un chemin. Sur la formation 
des verbes frequentatifs, voy. 
p. xxxm). — D. pas (substantif 
verbal) reste dans quelques locu- 
tions telles que pas de vis , pas de 
porte, pas de Calais; passe, pas- 
sable, passe", passant, passage, 
passeur, passoire, passer elle, pas- 
sement, passe-passe, passation, 
compasser, depasser, outrepasser, 
repasser , surpasser, trespasser. 

Passerea**, du L. passerellus 
(diminutif de passer, passereau). 
Suvellus devenu eau, voy. agneau. 

passible, du L. passibilis 
(passible). — D. passibilite', iro- 
passible. 

Passir, du L. passivus (passif). 

passion, du L. passionem 
(passion). — D. passionner. 

f Pastel, de l'italien pastello 
(pastel). 

f Pasteoue, du portugais pa- 
teca (pasteque). 

Pasteur, du E. pastor em (pas* 
teur) ; sur o devenu eu, voy, og* 
cueillir. 

23 



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PAT 



398 



PAT 



f Pastiche, de lltalien pos- 
tieeio (pastiche). 

Pastille, du L. pastiUa (forme 
feminine de pastMus, pastille). 

Pastoral, du L. pastoraUs 
(m. s.). — D. pastorale (adjectif 
pris substantivement). 

JPos*otc*>eatt, anciennement 
pastourel, duL. pastorellus* (di- 
minutif de pastor, pdtre) par le 
changement: 1° de o en ou (voy. 
affouage); 2° de ellus en eau (voy. 
agneau). — D. de l'ancienne forme 
pastourel :pastourelle (poesie pas- 
torale). 

| Patache, a l'origine petit vais- 
seau (dans Montaigne et dans les 
Memoires de Sully); du sens de 
yaisseau est venu celui de voiture, 
de meme que Ton a appele condo- 
les certaines voitures pubuques. 
Patache vient de l'espagnol pata- 
che (m. s.). 

t Patate, de l'espagnol patata 
(m. s.). 

Pataud • proprement : jeune 
chien qui a de grosses pattes (voy. 
patte. 

Patauger, voy. patte. 

JPate, anciennement paste, Am 
L. pasta (pate, dans MarcellusEm- 
pincus). Sur la chute de *, voy. 
abime. — D. p&td, pdtie, pdteux, 
pdton, empdter. 

Patella, mot d'origine histo- 
rique (voy. p. lxiv), nom d'un 

Sersonnage celebre d'une comedie 
u quinzieme siecle. — D. pateli- 
ner, patelinage, patelineur. 

Patelle, du L. patella (m. s.). 

Patene, du L. patena (plat). 

JPateitdt**e, .anciennement pa- 
tenostre, a l'origine paternostre, 
du L. pater noster (Notre Pere, d6- 
but de l'oraison dominicale). Pour 
les changements de lettres, voy. 
n&tre. 

patent, du L. patenter* (m. s.) 
— D. patent*. 



Patere, du L. patera (m. s.). 

Paterae, du L. paternus (pa- 
te rael). 

Paterael, du L. paternalis* 
(derive de paternus, paternel). 

Pateralte, du L. paterntiatem 
(m. s.). 

Pathetlaue, du glee waOrjttxo; 
(qui emeut). 

Pathologic, du grec irdOoc (ma- 
ladie) et Xoyoc (trait6, 6tude). — 
D. pathologiaue. 

Pathos, du grec icdOoc (souf- 
f ranee, d'oii le sens de passion)." 

Patlhalatre, derive du L. po- 
tibulum (gibet). 

1. Patience, du L. paHerUia 
(m. s.). Sur cia devenu ce, voy. 
agencer). 

2. patience (plante), corrup- 
tion du basallemand Patich (m. s.j. 

Patient, du L. patientem (m. 
s.). — D. patienter, impatient. 

Part**, voy. patte. — D. pott- 
ner, patineur. 

Patlne, origine inconnue. 

Patlr, du L. patiri* (derive" de 
pati t souffrir, comme moriri de 
moW: voy. mourir). 

M*atis, anciennement pastis, du 
L. pasticium (patis dans les textes 
latins du moyen age ; pasticium 
derive de pastum supin de pascere 
paitre). — Pasticium donne pastis 
par le changement de c en s (voy. 
amUie) ; pdtis par la chute de * 
(voy. abime). 

f patUsler, au seizieme siecle 
pastissier, venu de l'italien pas- 
ticciere (patissier). — D. pdlxsser, 
pdtisserie. 

Patol«, origine inconnue* 

Patraque, origine inconnue. 

Pdtre, anciennement pastre, 
du L. pastor (patre) par la con- 
traction reguliere (voy. p. lxxxi) 
dejpa**(d> en past'r, d'ou pastre, 
puis pdtre par. la chute de * (voy, 
abime . 



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PAU 



399 



PAY 



i Patrlarehe. du grec naxpiap- 

'f X*i; ( chef de ramille). — D. pa- 
triarcaly patriarcat. 

* patrtee , du L. patricius (pa- 
trice). — D. patrictat, patricien. 

* Patrle, du L. patria (patrie). 
patrtmolne, du L. patrimo- 

P nium (m. s.). 

patriate, du grec watpCaynic 
5 (proprement compatriote). — D. 
\' patriotique, patnotisme. 

Patron, du L. patronus (m. 
t . s.) . — D. patronage, patronal, pa- 
v . tronner, patronat. 
t f Patroullle, alteration de pa- 

touille qui est la forme du seizieme 
i siecle ; patouiUe vient de l'italien 
l pattuglia (patrouille). 

Vutte, origine ineonnue. — D. 
i pataud (proprement jeune chien 
i qui a de grosses pattes), patauger, 
\ patin. 

i*a<tt*e. anciennement pas- 
t ture, du L. pastura (pature). — D. 
pdlurer, pdturage, pdturon (de- 
rive de Tancien franc,ais pdture, 
i corde pour attacher les bfites qui 
( paissent; d'ou le sens de paturon, 
. partie de la jambe du cheval ou 
! s'attache la pature). 

jpatfttfott , voy. pdture. 
\ 1. JPattme, ancienn. palme % 

i du II. palma (paume de la main). 
Sur le changement de at en au, 
voy. agneau. — D. paume (jeu) 
parcequ'on lancait la balle avec la 
paume de la main. 

2. I*a«tme (jeu), voy. paume 1. 
— D. paumier. 

JPaupiefe, du L. paVpebra 
(paupiere) par le changement : 1 ° 
de br en r (voy. bow**); 2° de e en 
t'e (voy. arriere)\ 3° de ai en au 
(voy. agneau). 

Pause , du L. paiwa (pause). 

JPat«vt*e, en provencal paubre,. 

en italien povero, du L. pauperus 

(forme archalque de pauper, pau- 

vre) par la contraction reguliere 



(voy. p. lxzxi) de paup(&)ru$ en 
paup > rus, d'ou pauvre par le chan- 
gement dep en v (voy. arriver). 

— D. pauvresse, appauvrir, pau- 
vret, pauvrette. 

f*atrot*ete% du L. paupertatem 
(pauvrete) par le changement: 
1° de atem en 4 (voy. o6W); 2° de 
p en t> (voy. arriver)', 3° par la 
transposition de r (voy. dpre^ et 
p. lxxvi). — D. pave' (substantif 
participial.) 

t Pavane, danse grave impor- 
ted d'Espagne au seizieme siecle ; 
pavane vient de l'espagnol pavana 
(pa vane). — D. pavaner. 

f*ave, voy. paver, 

fewer, du L. pavare* {pour 
pavire, paver). 

Pavilion, en espagnol pabel- 
lon, du L. papilionem (tente, pa- 
vilion, dans Pline, Tertullien et 
Vegece) parle changement: 1° de 
p en v (voy. avant); 2° de li en il 
(voy. ceil). 

f Pavois, origins ineonnue, de 
Pitalien pavese (bouclier, pavois). 

— D. pavoiser (originairement 
mettre des pavois , des ecus armo- 
ries, d'ou posteneurement le sens 
de mettre des drapeaux). 

M*avot , anciennement pool , 
poo*, du L. papaver (par la chute 
irr^guliere de r final, d'ou pa (p)ave 
qui donne poo * par la disparition 
insolite du p medial, et le chan- 
gement de av en au (voy. aurone) t 
puis de au en o (voy. alouette), 
comme dans clavus qui adenine 
l'ancien francais clo (d'oii clou). 
Pao ecrit posteneurement paot, 
devient tres-regulierement pa-v-ot 
par Pinter g lation d'un v eupho- 
nique (voyez corvte). 

JPawety en provencal pagar, 
en italien pagare 7 du L. pacare 
(proprement apaiser , satisfaire, 
d'oii le sens de payer) ; on trouve 
pacare, pour payer dans plusieurs 



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PEA 



400 



PfiC 



textes latins dumoyenage : « Et si 
non pacavef int, non tenentur plus 
commodate. ...» lit-on dans les Leges 
Burgorum (Ordonnances d'Ecosse) 
et dans un autre endroit du meme 
recueil : < Pacabit mercatori a quo 
prxdicta mercimonia emit, secun- 
dum forum prius statutum....* 
Pour la chute du c medial pa(c)o- 
re, voy. affbuage ; pour le change- 
ment de a en at, voy. aigle. — D. 
paye (substantif verbal); pavement, 
payeur, payable, imp ay able. 

Pays, en italien paese, du L. 
pagensis* (dans la locution ager 
pagensis denve de pagus canton; 
proprement territoire d'un can- 
ton. Sur l'extension du sens, voy. 
p. xxvi). 

Pa{g)ensis se r^duisant regu- 
lierement (voy. aini) a pa[g)esis 
donne pais (puis pays) par la 
chute du g medial (voy. allier) 
et le changement de e en i (voy. 
accomplir). — D. paysan, pay- 
sage; dtpayser. 

Paysage, voy. pays. — D. 
paysagiste. 

Peage, droit de passage, en 
provencal pezatge, en italien pe- 
daggio, du L. pedaticum * (peage 
dans les textes latins du moyen 
age : «/npedatico quod per aquam 
accipitur, duae partes erunt meae, 
terttam monachorum.... » dit une 
Charte de 1164. Pedaticum derive 
Aepedem, pied). 

Pe{d)aticum a donne peage par 
ie changement de aticum en age 
(voy. dge) et la chute du d me- 
dial (voy. accabler). — D. peatfer. 

Peau, anciennement pel, du 
L. pellem (peau) par le change- 
ment de el en eau (voy. agneau). 
— D. de l'ancienne forme pel: 
peler (6ter la peau d'un fruit). 

Peaussier, en provencal pe- 
licier, en italien pelliciere, du L. 
petttctariu** (peaussier, derive 



de l'adjectif pellieius, de peau, qui 
est dans le Digeste). 

Pell{1)ciarius se contracte re- 
gulierement (voy. accointer) en 
peWciarius d'ou peaussier par le 
changement : 1° de el en eau (voy. 
aaneau); 2° de ci en «« (voy. 
agencer); 3° de artu* en ier (voy. 
(Inter). — D. peausserie. 

f Pee (dans la locution hareng 
pec), mot venu du neerlandais 
pekel (sale). 
PeeeaMe, du L. peecabtto(m.s.) . 

f veeeadllle, de l'italien pec- 
cadiglio (peccadille). 

1. Peche, voy. pe'cher. 

2. Peehe ( fruit ) , ancienne- 
ment pesche, en italien persica, 
du L. persicum (peche dans Pline 
et Columelle) par la contraction 
reguliere (voy. p.Lxxxi) de persi- 
cum en persxum d'ou pesche par 
le changement : 1° de rs en s 
(voy. dos); 2° de c en cfc (voy. 
acharner); pour le changement 
de pesche en p&Jte voy. aMme. 
— D. packer. 

Pecher, du L. peccare (pe- 
cher) par le changement de cc en* 
ch (voy. oc/iaroer et acheter). — 
D. pe'c/uf (subst. participial, L. 
peccatum). 

1 . JPecAet* (subst.), voy. pSche 2. 

Pecher, ancienn. pescher, en 
espagnol pescar, du L. piscare 
(pecher) par le changement de t 
en e (voy. admettre) ; par celui de 
co en c/ie (voy. acharner); et par la 
chute de s (voy. aWme). — D. pf- 
c/*e (subst. verbal). 

Pechevesse, en provencal per- 
cairitx, en italien peccatrxce, da 
L. peccatricem (pecheresse dans 
saint Jerdme) par le changement: 
1° de cca en cfte (voy. acharner et 
acheter) ; 2° de *r en r (voy. «r- 
ri^re) ; 3° de i en e (voy. admettre) ; 
4° de c en ss (voy. amitU). 

JPeefcew, ancienn. ptchevir 



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PED 



401 



PEI 



it Porigine ptchtor, en espagnol 
peccador, en italien peccatore, du 
L. peccatorem (pecneur) par le 
changement: 1° de cca en che 
(voy. acheter et acharner); 2° de 
atorem en eur. (Pour le detail des 
changements de lettres, voy. em- 
per eur). 

Pccheur, ancienn. pescheur. 
a Porigine peschtor, en espagnol 
pescador, en italien pescatore, du 
L.~ piscatorem (pecneur) par le 
changement : 1° de t en e (voy. ad- 
mettre); 2° de c en ch (voy. achar- 
tier); 3° de atorem en eur. (Pour 
le detail de cette transformation, 
voy. au mot empereur). — D. pi- 
cker ie. 

f Peeore, venu au seizieme 
siecle de Pitalien pecora (peeore). 

Pectoral, du L. pectoralis 
(m. s.). 

Peeulat, du L. peculatus 
(m. s.). 

Peeule, du L. peculium (m. s.). 

Pecune , du L. pecunia (m. s.j. 
— D. pfcuniaire. 

Pedagogic, du grec irouSa- 
Ywyia (art du pedagogue, voy. ce 
moi). — D. pedagogique. 

pedagogue, du L. paedagogus 
(qui conduit lesenfantsa Pecole). 

Pedale, du L. pedalis (derive 
de pedem, pied). 

+ Pedant, de Pitalien pedante 
(pedant). — D. ptdantisme, pe'dan- 
ter, pmantiser. 

f Pedanterle, de Pitalien pe- 
danteria (m. s.). 

f Pedanteaque, de Pitalien 
pedantesco (m. s.). 

Pedeatre, du L. pedestris 
(m. s.). 

Pedleulalre, du L. pedicula- 
rius (de pediculus, pou). 

Pedlcule, du L. pediculus 
(diminutif de pedem, pied). — D. 
pidicuU. 

Pedicure? compost fbrg£ a 



Paide des deux mots eura (soin) et 
pedis (du pied). 

pedoneuie , du L. pedunculus 
(diminutif de pedem, pied). — D. 
pidoncuU. 

I*eigne, en espagnol peine, en 
italien pettine, duL.peettnem (pei- 
gne), par. la contraction reguhere 
(voy. p. lxxxi) de pect(t)nem en 
pecrnem, d'ou petne* par le chan- 
gement ordinaire du groupe ct en it 
(voy. au mot attrait). Peine* s'est 
transform^ posterieurement en pet-. 
gne par le changement de n en gn 
(voy. au mot cligner). 

Feigner, en espagnol peinar, 
en italien pettinare, du L. pecti- 
nate (peigner) par la contraction 
reguliere (voy. aceointer) de pec- 
t(i)nare en pect'nare, d'ou peiner* 
par le changement de ct en it puis 
en t (voy. attrait); peiner* devient 
posterieurement peigner par le 
changement de n en gn (voy. di- 
nner). 

— D. peignoir, peigneur f pei- 
gnier, peignure. 

JPeitt <f t*e, du L. pingere (pein- 
dre) Pour les details du change- 
ment de ingere en eindre, voyez 
ceindre. 

Peine, du L. poena (peine), 
par la reduction de.ce a e (voyez 
p. lxxxvi) puis par le changement 
de e en ei (voy. frein). — D. pet- 
ner, pinible. 

JPeintfe, du L. pt'ctor (pein- 
tre) devenu pinctor * dans le latin 
rustique par 1" intercalation d'un n 
(sous Pin flu en ce du participe pine* 
tus). Sur cette addition de n voyez 
concombre. 

Pinct{6)r reguTieTemen* conv 
tract6 (voy. p. lxxxj) en pincVr, 
donne peintre par le changement 
de ct en t (voy, fl/fe'W) et par ce- 
lui de i en e (vdy, admettre) qu! 
devient ei sous rinfluence du ct 
cjuj termine Je mot (voy# affiU), 



yGoosIe 



PEL 



402 



PEN 



feiattftine, du L. pictura 
(peinture) devenu pinctura (voyez 
{peintre). Pour le changement de 
pinct.... en petnt.... voy. peintre. 

Pelage, couleur du poil, du L. 
pilaticum * (derive de pilus poil). 
Pilaticum donner pelage par le 
changement: 1° de aticum en age 
(voy. dge) ; 2° de t en e (voy. ad- 
mettre). 

. JPefe-mefe , ancienn. pesle 
mesle (proprement roe7er, remuer 
# avec une pelle). Pour Petymologie 
voy. petle et m&ler. 

1. JPelet* (6ter le poil), du L. 
pilare (epiler), par le changement 
de i en e <voy. admettre). — D. 
pelade. 

2. I*elcf (6ter la peau) , voyez 
peau. — D. pelure. 

Pelerin , en provencal peZe- 
grin, en i: alien peaeflfrtno, en es- 
pagnol peregrino, du L. peregri- 
nus * (pelerin dans les textes la- 
tins du moyen age ; proprement 
voyageur ; pour le changement 
de sens, voy. p. xxn). 

Peregrinus rSduisant gr a r 
(voy. accueillir), donne pilerin 
pour p&rerin par dissimilation 
(voy. p. lxxvi, et au mot autel, 
pour le changement de r en I). Ce 
qui confirme. cette origine c'est 

3ue sanctus Peregrinus (eveque 
'Auxerre, mort en 304) est devenu 
en francais saint Pelerin. — D. 
pelerinage ; pdlerine (manteau de 
pelerin). 

JPelet* iate, voy. pdlerin. 

Pelican , du L. pellicanus 
(m. s.). 

Pelisse, anciennement pelice, 
en italien pellicia, du L. pellicia, 
(qui est fait de fourrure; par le 
changement de cia en ce puis sse 
(voy. agencer). 

Pelle. en italien pala, du L. 
pala (pelle) par le changement de 
aene (yoy, wheter), — D. peh 



Ue, pelleted (de l'ancien verbe 
pelleter remuer avec la pelle); pel- 

Pelletier , derive de l'ancien 
francais pel (peau) : sur l'origine 
de pel, voy. peau. — D. pelleterie. 

Pelllenle 9 du L. pellicula 
(m. s.). 

Pelote, anciennement pUote, 
en italien pillotta, derive du L. 
ptto (pelote dans Pline) par un di- 
minutif pilotta (la forme piloteltus 
est au septieme siecle dans Isidore 
de Seville). Sur le changement de 
t en e, voy. admettre.— D. peloter, 
peloton (de fil), pelotonner. 

Pelotonncr, voy. pelote. — 
D. peloton (au sens de groupe de 
personnes, ramassees, reunies pe- 
lotonnees en forme de masse com- 
pacte). 

f Pelonse. mot venu du pro- 
vencal pelos (fourre, dru, epais, 
d'ou le sens de pelouse, de gazon 
court et epais). Pelos est le L. p»« 
losus (velu). 

Pelt*, en provencal pelut 9 en 
espagnol pdudo, du L. pUutus* 
(derive de pilum poil). Sur utus 
devenu w, voy. aigu; surt devenu 
e, voy. admettre. 

Pelfche, en italien peZuccto, 
du L. piluccius* (derive de pilum 
poil). Sur t devenu e, voy. admet- 
tre. — D. pelucher,4plucher (voyez 
ce mot). 

JPefttfe, voy. peler 2. 

penal, du L. pamalis (m. s.). 
— D. penality. 

Penates, du L. penates (m. s.). 

JPeataucf, voy. peine. 

Pencher, du L, pendtcare* 
(deriv6 de pendere etre suspendu) 
par la contraction r^guliere (voyez 
accointer) de pend(i)care en pen- 
d'care, d'ou pencher par la reduc- 
tion de dc a c (voy. adjuger) et le 
changement de ca en che (voyez 
acharner). — D. penchant. 



y Google 



p6n 



403 



PfiP 



Pendant (subst.), voy. pen- 
dre. — D. pendant (preposit.) 
« pendant l'affaire (pendente re). » 

PendeMoque, voy. pendre et 
loque. 

Pendre , du L. pendere (pen- 
dre) par la contraction reguliere 
(voy. p. lzxzi) de pend(i)re en 
pend're. — D. pente (substantif 
participial fort, voy. absoute) pen- 
dant, pendentif, pendeloque, pen- 
diller, pendable , pendant, pendai- 
son. 

Pendule, duL. pendulus* (qui 
est suspendu). — D. pendule (hor- 
loge ; proprement horloge a pen- 
dule). 

JPene, anciennement p esne,k 
l'origine pesle, duL. pessulum (ver- 
rou dans Plaute). — Pess(u)lum se 
contracte regulierement (voy. p. 
lxxxi) en pes'lum d'ou pesle forme 
employee par Villon ;pesle devient 
pesne par le changement de I en n 
(voy. quenouUle) ; pesne se reduit 
a pene par la chute de * (voyez 
abtme). 

penetrable, du L. penetra- 
bilis (m. s.). — D. pene'trabilite', 
impenetrable, 

penetration, du L. penetra- 
tionem (m. s.). 

penetrer, du L. penetrate 
fm. s.). — D. pdne'trant, pene'tra- 
tif, penitrd. 

Penible, voy. peine, 

f penlche, de l'anglais pin- 
nace (peniche). 

penlellle, derive de peniciU- 
lum (pinceau). 

penlnsnle, du L. peninsula 
(m. s.). t 

penitence , du L. pomitentia 
(repentir). Sur tia devenu ce, voy. 
agencer. — D. penitencier, pe"ni- 
tencerie, impenitence. 

Penitent, du L. pcenitentem 
(qui se repent). — D. penitentiaire, 
tmpenitent. 



Pene, du L. penna (plume). 
— D. pennage. 

Pennon 9 proprement plume 
qui garnit la baguette d'une fle- 
che, derive de penna (plume). 

penomnre, du L. psene (pre* 
que) et umbra (ombre). 

Penoer, du L. pensare (peser, 
examiner) . — D. penseur, pensile 
(substantif participial), pensif. 

Pension, du L. pensionem 
(pavement, loyer). — D. pension- 
naire, pensionnat, pensionner. 

Peninm, du L. pensum (ta- 
che). 

Pentacorde, du grec irevrdt« 
XopSo; (lyre a cinq cordes). 

Pentagon*, du grec icevr£« 
Y»vo; (qui a cinq angles). 

Pentametre, du grec mvrd- 
(ASTpoc (s.-ent. <rtCxo«, vers com- 
pose de cinq pieds). 

Pentandrle, du grec icevre 
(cinq) et avyjp (male). 

Pentapole, du grec irevcd- 
icoXtc (territoire compreoant cinq 
villes). 

Pentatenqne, du grec rcevrd- 
xeuxoc (s.-ent. (iieXo;, ouvrage en 
cinqlivres). 

Pente, voy. pendre. 

Penteedte, du grec itevm- 
xo<mfi (s.-ent. jjpipa, le cinquan- 
tieme jour) . 

pennltleme,du L.'penuUimu* 
(m. s.). 

penurle, du L. penuria (di- 
sette). 

fpeotte, de Pitalien peotta 
(meme sens). 

JPepie, en provencal pepida, 



en italien pipita, en portugais pe- 
vide, du L. pituita (pepie dans 
Columelle et dans Pline) par la 



consonnification de u (voy. jamr 
vier) , d'ou pitvita qui se recluit a 
pivita par le changement de tv en 
t? (voy. p. xcvm) : pivi{t)a donne 
pipie par la chute du t medial 



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- PER 



404 



PfiR 



(voy. aigu), et par le retour inso- 
Ute de v a p (voy. p. en). 

JPejpitt, origine inconnue. — 
D. p&pintire, pepinieriste. 

peplum , du L. peplum (m. ».). 

JPefcafe, origine inconnue. 
"•- D. percdline. 

Pereepteur, du L. percepto- 
rem (celui qui recueille). 

perceptible, du L. percepti- 
bUis *, derive de perceptum, supin 
de percipere (percevoir). — D. 
percepftbtlitl. 

Perception, du L. perceptio- 
ns (action de recueillir). 

JPereet», origine inconnue. — 
D. perc& (subst. participial), perce 
(suDst. verbal), per cement, perce- 
bois, perce-ieuille, perce-neige, 
perce-oreille, percoir, transpercer. 

JPercevoit*, du L. percipere 
(percevoir). Pour le changement 
de lettres, voy. apercewrir. 

1. JPe»«cne, du L. pertiea 
(perche) par la contraction regu- 
liere (voy. p. lxxxi) de pert(i)ca 
en perVca, d'ou pefca (voy. odjfw- 
flfer), puis perche (voy. ac/iarner). 
— D. percher, perckoir. 

2. JPefelbe, du L. perca (per- 
che, poisson). Sur ca aevenu che, 
voy. acharner et acheter. 

Perelu*, du L. perclusus (em- 
peche) 

PercuMton, dtt L. percussio- 
nem (m. s.). 

Perdition 9 dtt L. perditionem 
(perdition dans saint Jerome). 

JPer«f**e, du L. perdere (per- 
dre) par la contraction reguhere 
(voy« p. lxih) de perd(&)re en 
perd're. — D. peraable, perte 
(subst. participial fort; voy. ab- 
soute) 

JPotHf t4ae, du L. perdicem 
v perdrix) par le changement de c 
en x (voy amiltV), et par 1 'addi- 
tion de r (voy, cbanvre. — D. per* 
dreau. 



JPe**e, du L. patrem (perej par 
le changement: 1° de a en e (voy. 
acheter); 2° de tr en r (voy. ar- 
ri&re). — D. compare. 

peregrination, du L. pere- 
grinationem (m. s.). 

peremption, du L. peremp- 
tionem (m. s.). 

peremptolre, du L. peremp- 
torius (peremptoire). 

Perfectible, du L. perfecti- 
bilis, deriv6 de perfectus (achev6). 

Perfection, du L. perfection 
nem (m. s.) . — D. perfectionner. 

Perflde, du L. perfidus 
(m. s.). 

Perfldle, du L. perfidia 
(m. s.). 

Perforer, du L. perforare (m. 
s.). — D. perforation. 

per Ian the, du grec wepiov&TK 
(qui fleurit tout autour). 

Perlcarde, du grec itepixdp- 
Siov (m. s.). 

Perlcarpe, du L. pericarpwn 
(m. s). 

Perlcllter, du L. periclitari 
(pencliter). 

Perleeleno, du grec wtpioi- 
xoc (m. s). 

Perigee, du grec icfpCysiov 
(m. s.). 

perlhelle, du grec icepC (au- 
tour) et^Xio?(soleil). 

JPeVif, du L. periculum (p<- 
ril). Sur iculum aevenu tl, voy. 
abeille. 

JPeVif ferae, du L. periculosus 
(m. s.}, par la contraction regu- 
liere (voy. accointer) de pertcfii)- 
losut en perie'losus, d'ou perils 
leux, parle changement : 1* de cl 
en it (voy. abeille) ; 2° de osut en 
eux (voy. amoureux). 

perlmer, du L. perimere (pe- 
rimer). 

perlmetre, du grec irtpCfu- 
Tpo; (s.-ent. Ypa|xpiTJ , contour, cir» 
conference), 



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PER 



405 



PER 



PerUde, du L. periodus 
(m.s.). 

perlsdique, du L. periodicus 
(m. s.).— D. piriodicite'. 

Perloate, du grec rcepCooxeov 
(m. s.). 

Perlpatetlelen, du grec icepi- 
icatriTixo; (m. s.). — D. peripate- 
tisme. 

Perlpetle, du grec Tcepme- 
teta (d6nofiment imprevu). 

Peripherie, du grec icep»9e- 
peta (circonference). 

Perlphrase, du grec ircpi- 
©pa<xt; (circonlocution).— D. peri- 
phraser. 

Perlple, du grec icepin).oo; 
(navigation autour d'une mer). 

Perlpneumonle , du grec m- 
piicveu(j,ovia (inflammation du pou- 
mon). 

Perlptere, du grec nepims- 
pov (m. s.). 

JPet*if, du L. perire (m. s.). — 
D. perissant, ptrissable. 

PerUelens, du grec rapi- 
oxtot (m. s.). 

Peristyle, du grec TcepfonAov 
(m. s.). 

Perltolne, du grec rapito- 
veio; (s.-ent. Optrjv, m. s.). 

J*eWe, en portugais perola, 
du L. pirula (deriv6 de pirum, 
poire, a cause de la forme de cer- 
taines perles), par le changement 
de sten e (-voy admettre), d'ou pe- 
rute (o^ui est au septieme siecle 
dans Isidore de Seville). Per(\i)la, 
regulierement contracte (voy. p. 
lxxxi) en per'la, donne la forme 
perte. — D. perler, verte. 

Permanent, au L. perma- 
nentem (qui persiste).— D. per- 
manence. 

Permeable, du L. permeabi- 

lis (qui peut 6tre traverse).— D. 

perme'abiliU, impermeable. 

,. Permettre, du L. permittere 

(permettre). Pour le cnangement 



de miUere en mettre, voy. admet- 
tre. — D. permit (subst. partici- 
pial). 

Permission, du L. permission 
nem (m. s.) 

Permutation, du L. permu- 
tationem (permutation). 

Permuter, du L. permutare 
(permuter). — D. per mutant. 

Pernleleux, du L. perniciosus 
(m. s.). Sur osus devenu eux, voy 
amoureux. 

Perone, du grec wepovij 
(m. s.). 

PeroraUon, du L. per or alio - 
nem (m. s.). Pour les change- 
ments de lettres, voy. oraison. 

Perorer, du L. perorare 
(m. s.). 

Perpendleulalre, du L. per- 
pendicularis (m. s.). — D. perpen* 
diculariU. 

Perpetrer, du L. perpetrare 
(m. s.). 

Perpetuer, du L. perpetuare 
(perpetuer). — D. perpetuation, 
perpetuel. 

Perpetulte, du L. perpetuita- 
tem (perpetuity). 

Perplexe, du L. perplexus 
(embarrasse). 

Perplexlte, dxih.perplexitatem 
(ambiguity). 

Perquisition, du L. perquisi- 
tionem (recherche). 

fetfott, voy. pierre. 

f Perroquet, de l'italien pm'O- 
chetto (perroquet). — D. perruche. 

tPerruehe, voy. perroquet. 
Perruque, de ritalien par- 
yuca (perruque). — D. perruquier, 
perruquUre. 

Perse, mot d'origine histori- 
que (voy. p. lxiv) : etoffe originai- 
rement fabriquee en Perse, 

persecutor, du L. persecutari 
(poursuivre sans re 1 acne). — D. 
perstcutant, perse'cuteur , perse- 
cution* 



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PER 



406 



PET 



PerseVerer, du L. perseverare 
(m. s.). — D. perse've'rant, perse- 
verance. 

Perslealre, du L. persicaria * 
(derive de persica, p6cne, voy. ce 
mot). 

Perslenne (proprement per- 
sane) , mot d'origine histonque 
(voy. p. lxiv) : contrevent dont la 
mode est venue de Perse en Occi- 
dent. Au dix-septieme siecle, on 
disait persien pour persan. 

Perstfler, voy. siffler et para- 
chever pour Padjonction de per. — 
D. persiflage, persifleur. 

f*et**if , du L. petroselinum (per- 
sil), Paccent grec (neTpoexeXivov) 
ayant supplante dans ce mot (voy. 
p. cvii) Paccent latin (petroselir 
num). 

Petr(o)s4linum se contractant 
regulierement (voy. accointer) en 
petfselinwm donne persil par la 
chute des deux dernieres voyelles 
atones (voy. p. lxxxi), et par le 
changemeot : 1° de tr en r (voy. 
arriire) ; 2°de e en t (voy. accom- 
plir). — D. persillade, persille'. 

Perslque, du L. persicus (de 
Perse). 

perslster, duL. persistere (m. 
s.). — to. persistant, persistence. 

Personne, du L. persona (per- 
sonne). — D. personnage, person- 
nifier, personnification. 

Personnel, du L. personalis 
(m. s). — D. personnalite, person- 
naliser. 

Perspeettf , du L. perspectivus* 
(d6riv6 de perspectus, vu a tra- 
cers.) — D. perspective. 

Perspleace, du L. perspica- 
cem (m. s.). — D. perspicaciti. 

Perspicuity, du L. perspicui- 
tatem (transparence) . 

Persuader, du L. persuadere 
(m. s.). 

Persuasion, du L. persuasiO' 
nem (m. s.). — D. persuasif. 



JPerte, voy. perdre et absoute. 

Pertinent, du L. pertinentem 
(relatif a). — to. pertinence. 

JPeftwis, du L. pertusus (perc6, 
troue, d'ou le sens de trou). Sur t* 
devenu ui, voy. buis. 

f Pertulsane, de l'italien por- 
tigiana (pertulsane). 

Perturbateur, du L. pertur- 
bator (m. s.). 

Perturbation, du L. perturba- 
tionem (m. s.). 

Pervenche, du L. pervinca 
(pervenche) par le changement: 
1° de in en en (voy. admettre); 
2° de ca en che (voy. acharner et 
acheter). 

Perrers, du L. perversus (m. s.). 

Perversion, du L. perversio* 
nem (m.s.). 

perverslte, du L. pervertUa- 
tem (m. s.). 

Pervertlr, du L. pervertere (m. 
s.). Sur e devenu t, voy. accom- 
plir. 

Pesaiit, voy. peser. — D. pe- 
santeur. 

JPeset* . du L. pensare (peser) 
par la reduction de ns a s (voy. 
aini).— -to. peste (substantif parti- 
cipial); peseur, peson; pese-ti- 
queur ; p&e-lait, etc. 

Pesslmlste, derive du L. pw- 
simus (tres-mauvais). 

Peste, du L. pestis (peste). — 
D. pester. 

Pestlfere, du L. pestifer (em- 
peste) . — D. pestifiri. 

Pestilence, du L. pestilentia 
(peste). 

Pestilent, du t. yestilentem 
(empestS). — P. pestilentiel. 

Pet, du L. peditus (m. s.). Par 
la contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de ped(f)tus en ped'tus, dt 
s'est r6duit a t, comme dans perte 
(perdta pour perdita), voy. o6- 
soute).— to. ptier, pe'tard, pttaud, 
pttaudiere, pttiller- 



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PEU 



407 



PHfi 



Petale, du grec nixakw 
(feuille). 

Pe'*at*cf , voy. pet. — D. p&tar- 
dtire. 

JPetff let*, voy. pet. — D. petit- 
lant, petillement 

petiole, du L. petiolus (pe- 
tiole). — D. pttioU. 

Petit, ongine inconnue. — D. 
petitement, petitesse, petiot; ape- 
tisser, rapetuser. 

Petition, du Jj. petitionem 
(petition). — D. pe'titionner, ptoi- 
ttonnaire. 

JPe*<m, voy. pied. 

Petanele, du L. . pectuneulus 
(peigne, coquillage). 

Petree, du L. petraeus (m. 8.)* 

Petrel 9 origine inconnue. 

Petrlfler, du L. petrificare* 
(m. 3.) (derive de petra, pierre). 
— D. petrification. 

JPett*itt, anciennement pes- 
trw. du L. pufrmttm (petrin), 
par le changement de i en e. (voy. 
admettre) et par la chute de s (voy. 
oMnw). 

JPett*if, anciennement pestrir, 
du L. pirturire * (petrir, deriv6 de 
jristura, action de moudre le grain 
pour faire le pain).— Pist[H)rirese 
contractant (voy. aider) en pist'- 
rire donne pestrir par le change- 
ment de t en e (voy. admettre); 
pe'trir par la chute de * (voy. a- 
oime). — D. petrissage. 

petrole, huile minerale, pro- 
prement huile de pierre, du L. pe- 
tra (pierre) et oleum (huile). 

petulanee, du L. petulantia 
(petulance). 

petulant, du L. petulantem 
(petulant). 

JPew, en provencal pauc, en 
italien poco, du L. paucus (peu), 
par la chute du c (voy. aim) et 
par le changement de au en o 
(voy. oiouetfe). puis de o en eu 
(voy. accueillir). 



JPewnf a<fe, voy. peupler. 

JPetcnfe, du L. popult** (peu- 
ple) par la contraction resuliere 
(voy. p. lxxxi) de pop(u)(ui en 
poplus, d'ou peuple par le chan- 
gement de o en eu (voy. occuetf- 
ftr). — D. peupler, peuplade, de*- 
peupler, repeupler. 

PeupUiew. derive de l'ancien 
francais peupte (peuplier). Peuple 
est le L. popufu* (peuplier) par la 
contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de pop(ti)lus en pop'lus 
d'ou peuple par le changement de 
o en eu (voy. aecuettttr). 

JPettt*, anciennement peur, 
plus anciennement peor, a Fori- 
ine poor, en espagnol pavor, du 
i. peworem (peur) par la chute du 



£ 



t? medial j>o(v)orem (voy. ateut) 
d'ou Pancien francais poor qui de- 
vient peor par Padoucissement de 
a (voy. acheter); puis peur par le 
changement de o en u (voy. cu- 
ree); sur le changement de peur 
enjpeur voy. p. xc. — D. peureux. 

Peut-etre, voy. ^(reetpouvotr. 

Phaeton , du L. phaeton 
(Phaeton , le soleil). 

phalange, du L. phalangem 
(m. s.). 

pharlalen, derive" de phari- 
saeus (pharisien dans Tertullien) . 

Pharmaeeutlque, du grec 
©apfxaxtuxixo; (medicinal). 

pharmaele, du grec ?acp(Mt- 
xe.Ca (action de medicamenter). — 
D. pharmacien. 

Pharmaeopee, du grec fap- 
(AaxoTcotta (composition des reme- 
des). 

Pharynx, du grec <p*pvtf (go- 
sier). 

phase, du grec 9*<nc (action 
de briller). 

Phebus, du L. phoebus (phe- 
bus, Apollon). 

phenleoptere, du grec foivt- 
xnnteoo; (flamant). 



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PHY 



408 



PIC 



Phenlx, du grec foCvtg (m. s.). 

Ph^nom^ne, du grec 90UV0- 
pevov (ce qui apparatt). 

Philanthrope, du grec 9iXdv- 
Opuitoc (m. s.). — D. philanthro- 
pies philanthropique. 

Phllharmonlque, du grec 91- 
>oc (ami) et &pp<ma (harmonic) 

phllhellene, du grec 9iXeX>yjv 
(qui aime lesGrecs). 

Phlllpplque, du grec ^iXwrot- 
xo; [Xoyo;], discours relatif a Phi- 
lippe; discours de Demosthene 
contre Philippe de Mac6doine. 

Phllologle, du grec (piXoXoyCa 
(amour des lettres). — D. philolo- 
gue, philologique. 

Phllomathlque,du grec 91X0- 
aaOVjc (qui aime le savoir). 

Philosophic, du grec 91X0*0- 
yi* (amour de la sagesse). — D. 
phmsophe. philosopher, philoso- 
phique, philosophisme , philoso- 
phal. 

Phlloteehnlque , derive du 
grec 9iX6ttxvo; (qui aime les arts). 

Philtre, du grec 9iXtpov (m. s). 

Phlehetomle, du grec 9XE60- 
toiaC* (saignee). — D.phUbotome, 
phlibotomiser. 

Phonlqne, derive du grec 
fwvifj (voix). 

Phoque, du grec fuxi) (veau 
marin). 

Phosphore, du grec 90x196- 
po; (qui porte la lumiere) — D. 
phosphate, phosphor eux t phospho- 
rique, phosphorescent, phospho- 
rescence. 

Phrase, du grec 90**15 (locu- 
tion). — D. phraser, phrasier. 

Phraaeelogle, au grec 9paaeo- 
Xoyta (recueil de locutions) . 

Phthlsle, du grec 981*15 (con- 
somption). — D. vhthisique. 

Phylaetere, du grec 9uXaxTyj- 
piov (talisman). 

Physlognonionle , du grec 
fuotoYXDttovCa (art de connattre 



le caractere par ^inspection des 
traits du visage). — D. physiogno- 
monique. 

Physloloale, du grec 9^*10- 
Xoyia (6tude de la nature). — D. 
physiologique, physiologiste. 

Physlonomle, du grec 9^10- 
yv{o(ita pour 9uatOYva>|iovia (voy. 
physiognomonie). — D. physio- 
nomiste. 

Physique, du grec ouotoq, s.- 
ent. t^yvtj (etude des choses na- 
turelles). — D. physicien. 

Phytellthe, du grec out6v 
(plante) et XCOoc (pierre). 

Phytologle, du grec 9utov 
(plante) et Xoyo; (traite). 

Plaeulalre, au L. piacularis 
(expiatoire). 

Piaffer, origine inconoue. — 
D. piaffeur. 

PiaiMer, onomatopee (voy. 
p. lxv). — D. piaillerie t piailleur. 

Planlste, voy. piano 

f Piano, de ritalien piano 
(douz). Au sens d* instrument de 
musique a clavier, piano est une 
abreviation'de l'ancien nom piano- 
forte (parce qu'on peut a volonte 
renforcer ou adoucir le son de cet 
instrument). — D. pianiste. 

f Piastre, de ritalien piastra 
(piastre). 

JPimvfef, onomatopee (voy. 

p. LXV). 

Pie (oiseau) du L. picus (pic). 
— D. pic-vert (puis pivert ; en ita- 
lien picoverde). 

2. I»tc (instrument pointu), 
mot d'origine celtique (gael. pic 
pointe). — D. picot. 

3. Pie (de montagne) propre- 
ment pointe: voy.jptc 2. 

f Pleoree , de respagnol pico- 
rea (picoree , maraude). — D. pt- 
corer, picoreur. 

JPicotet*, voy. piquet. — D. 
picotin, picotement, pxcoterit. 

JPieofisa, voy. pihoter. 



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PIE 



409 



PIP 



1 . Pie (adjectif) , du L. jria 
jrieuse). 

2. JPIe (substantif), du L. pica 
[pie dans Pline) par la chute du c 
medial j>i(c)a (voy. ami). — D. 
zheval-pie, pigeon-pie, piette, 

JPiece, du L. petium (piece de 
terre dans un texte de Pannee 768. 
L'origine de petium est inconnue. 
Petium a donne piece par le 
changement : 1° de e en ie (voyez 
arriere) ; 2° de tium en ce (voyez 
ckgencer). — D. ddpecer, rapie'cer. 
JPietf, du L. pedem (pied), 
par le changement de e en ie (voy. 
ameYe). — D. contre-pied , pied- 
d terre; pie'ter. 

f p>fede«t*l, de l'italien piede- 
stallo (petit socle). 

t Pledouehe, de l'italien pte- 
duccto (m. s.) 

Piepe , en italien piedica, du 
L. pedica (piege) par la contrac- 
tion reguliere (voy. j>. lxxxi) de 
ped(\)ca en ped'ca d'ou pttge y par 
le changement 1° de dc en </ (voy. 
adjw^er); 2° de e en ie (voyez ar- 

Pie*grieche , voy. griiche. 

Pie-mere, 

Piert*e 9 en provencal petra, 
en Catalan pedra, en italien pietra, 
du L. peJra (pierre) par le chan- 
gement : 1° de *r en rr (voy. ar- 
riere) \ 2° de e en ie (voy. arriere). 
— D. pierrer, pierrerie, pierrier, 
empierrer ; perron ; perriere , 
perre* 

Pierre***; , du L. petrosus 
fpierreux) par le changement : 
!• de osus en eu» (voyez amou- 
reux); 2° de petr.,.. en pierr.... 
(voy. pierre pour le detail du 
changement de lettres) . 

1. Pierrot, proprement paysan 
(diminutif de Pierre) ; puis bate- 
leur habille comme un pierrot. 

2. Pierrot, moineau franc : 
jnerrot est un diminutif de Pierre; 



sur celt© application dun nom 
d'homme aun oiseau, voy. au mot 
jacasser. 

Plete, du pietatem (piete). Sur 
atem devenu e*, voy. abb4. — D. 
pUtiste. 

Pieter, voy. pied. 

Pictiner, derive de l'ancien 
francais pittin, diminutif de pied. 
— D. pittinement. 

Picton, du L. peditonem * 
(derive de pediiare aller a pied, 
dans les teztes latins du sixieme 
siecle). 

Ped(I)*owem regulierement con- 
tracts, voy. . accotnter en ped'to- 
nem donne pitton par le change- 
ment de e en ie (voy. arriere) et 
par la reduction de dt a t que Ton 
retrouve dans perfe de perd'fa 
(perdita), vente de vend'ta (ven- 
dita) , rente de rend'ta ( ren- 
dita *). 

Pietre, du L.pedestris (propre- 
ment qui va a pied , d'ou le sens 
d'humble, de pauvre , puis de 
mesquin). 

Pe(d)es*m perdant le d m6dial 
(voy. accabler) donne pietre par le 
changement ae e en i (voy. ac- 
complir) et par la chute de s (voy. 
abime). — D. pietrement; pietre- 
rie. 

Piette , voy. pie. 

JPiett. aociennement pel, en 
provencal pal , en italien palo, du 
L. palus (pieu) par le changement 
de a en e (voy. acheler), d'ou la 
forme pel qui donne pie I par la 
diphthongaison de e en ie (voyez 
arriere) ; piel devient pieu par Va- 
doucissement de t en u (voyez 
agneau). 

JPieuoc, anciennement pieus, a 
rorigine pius, du L. ptus (pieux), 
par le changement: 1° de u en eu 
(voy. beugler)\ 2° de s ens (voyez 
deux). — D. pieuse, pieu&ement. 

Piffre, proprement gros, qui a 



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P1M 



410 



PIO 



de grosses joues ; c'est le meme 
mot que le franc,ais du seizieme 
siecle pifre, (joueur de flflte, d'ou 
te sens de gros, qui a les ioues en- 
flees gonflees comme celles d'un 
joueur de flute) . Pifre Qoueur de 
flflte vientde I'italien pifero (fifre). 

— D. s'empiffrer. 

Pigeon, du L. pipionem (pi- 
geon) par la consonnification re- 
guliere (voy. abriger) de to en jo, 
d'ou pipjonem qui donne jngeon 
par la reduction de pj a j et le 
changement de j en ge (voy. abri- 
ger) . — D. pigeonnier, pigeon- 
neau. 

f plgnon, de I'italien pignone 
(pignon) . 

j- pllasftre, de I'italien pilastro 
(pilastre) . 

f Pllnu, mot d'origine orien- 
tale (turc pilau pilau) 

1. Pile, du L. pua (colonne). 

— D. emmler, pilier, pilot (d'ou 
pilotiSfPuoter). 

2. Pile, mortier, du L. pila 
(mortier a piler). — D. pilon. 

3. Pile (ou face) , origine in- 
connue. 

JPifet*, dnL. pilar e (piler). — 
D. piloir, pileur. 

JPillef , voy. pile 1. 

t PlUer, mot venu au seizieme 
siecle (comme beaucoup d'autres 
termes d'origine militaire) de l'i- 
talien pigliare (prendre). — D. 
pillage, pillard, piUerie, 

Piion, voy. piler. 

Pitoni 9 origine inconnue. 

f Pllote, de I'italien pilota (pi- 
lote) — D . piloter, pilotage, pilotin. 

PilotU, voy. pile 1. 

Pilule, du L. pUuld (pilule). 

Pimbeche, origine inconnue. 

Pitnent, aumoyenageboisson 
tres-epicee et aromatisee, d'ou le 
sens posterieur d'epice et en parti- 
culier de poivre. Piment (au sens 
deboisson aromatisee) est le L. 



pigmentum (sue des plantes, dro- 
gue dans Coelius Aurelianus). Sur 
la reduction de gm a m, voy. p. a. 

Pimpant, origine inconnue. 

f Plmprenelle, au seizieme 
siecle pimpenelle , de I'italien ptov 
pinelUi (punprenelle). 

Pin, du L. pinus (pin). 

f Plnacle. venu au seizieme 
siecle de I'italien pinacolo (pina- 
cle). 

f Pln«sse 9 de I'italien pinaecia 
(pinasse). 

Pineeuu, anciennement pin- 
eel, du L. penicillum (pinceau) par 
la contraction reguliere (voy. ac- 
cointer) de penicillum en pen'cil- 
lum d'ou pincel par le change- 
ment : 1° de e en i (voy. accom- 
pli?); 2° de t en e (voy, admet- 
tre) ; sur le changement de pincel 
en pinceau, voy. agneau. — D. de 
l'ancienne forme pincel: pincelier. 

Pincer, en vlnitien pizzare, 
mot d'origine germanique (neer- 
landais pitsen, pincer); pour I'in- 
tercalation de n (picer*, puis pin- 
cer) voy. concombre. — D. pince 
(substantif verbal); pincie (sub- 
stantif participial) ; pincon. 

Pincette, diminutif de pince 
(voy. pincer). 

t Plngouln , de l'anglais pin- 
guin (pingouin). 

Pinnule, du L. pinnula (pro- 
prement petite aile). 

Pinion, anciennement pin- 
con, diminutif d'un radical pine 
qui est d'origine celtique (kymri 
pine, pinson). 

| Plntade, de l'espagnol ptn- 
tada (pintade). 

Pint e j mot d'origine germa- 
nique (anglais pint, allemand pin- 
te, m. s.). 

Pioehe, d6riv6 dearie (instru- 
ment pointu, voy. put I) par le 
suffixe oche, d'ou pi[c)oche, qui a 
donn6 pioehe par la chute du c 



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PIQ 



411 



PIT 



Sdial (voy. affouage). — D. pio- 
er. "'! 

Pfcm, proprement soldat, fan- 
sin (d'ou le sens de petite piece 
jeu des echecs, les figures e*tant 
ses pour les chefs du ieu). 
Hon, que le dii-septieme siecle 
ploie encore au sens de fantas- 
, est en espagnol peon, en ita- 
q pedone et derive du L. pede- 
n* (pi6ton, dans les textes la- 
s de la decadence, d'ou le sens 
fantassin). Pe{d)onem a donne" 
m par la chute du d medial 
y. accaUer) et par le change- 
nt de e en % (voy. accomplir).— 
monner, pionnier. 
PiottMtaf 9 voy. pion. 
Pijie, proprement chalumeau, 
s tuvau (dou le sens de mesure 
liquide, puis de, tonneau). Au 
s originaire de tuyau, de chalu- 
au, de musette (qui est celui du 
t pipe dans nos plus anciens 
tes francais, sens qui a persiste 
s le derive" pipeau), pipe est le 
stantif verbal du verbe piper 
fler; piper est le L. pipare, 
er). — D. pipeau (cnalu- 
iu). 

Hpeaw, voy. ptpe. 
*ipev, proprement siffler, 
i contrefaire le cri des oiseaux 
r les attirer; d'ou le sens de 
iper, puis de voler: pour l'e- 
ologie, voy. au mot pipe. — 
npee (substantif participial); 
mr, piperie. 

Plque-nlqae, venu de l'an- 
ipick^nick (m. s.). 
iqtter, derive" de pic 1 (voy. 
not). — D. pique (substantif 
al), piquant, piquier, piquet- 
liqueur, piqure: picoter fr6- 
itatif de piquer (comme trem- 
or de trembler); piquet (d'ou 
3ns de troupe dont les che- 
sont reunis au meme pi- 



Piquet (jeu de cartes), origine 
inconnue. 

Pirate, du L. pirata (m. s.J\ 
— D. piratery piraterie. 

IHfeJdu L. pejor (pire), par 
la contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi de pej(6)r en pefr, d'ou 
pire, pax Passim ilation de j (voy. 
aider) et par le changement de e 
en * (voy accomplir et aider). — 
D. empxrer. 

f Pirogue, de Tespagnol ptro- 
ga (pirogue). 

Pirouette, origine inconnue. 
— D. pirouetter. 

k J»l#, du L. pejus (pis) par la 
contraction reguliere (voy. p. 
uaaa) de pej(u)s en pefs d'ou pis 

Far le changement de e en i et 
assimilation du ; (voy. accomplir 
et aider). 

2. M*im (substantif). Pour Pe- 
tymologie de ce mot, voy. p. xxn 
etxxin. 

Piscine, du L. piscina (m. s.)» 

Pise % substantif participial de 
piser qui est le L. pisare (piler). 

Pwer, origine inconnue. — 
D. pissoir, pissoter, pissotUre, pis- 
senlit. 

Plstaehe , du L. pistacium 
(pistache). — D. piftachier. 

Piste, du L. pistus (battu, 
fr&ye, tracl). 

Pistil, d\xL. pistillus (pilon). 

Pistole, mot dont l'origine est 
inconnue. 

f Pistolet, derive" de l'italien 
pistola (pistolet). 

Piston, du L. pistonem* (derive 
de pistare fouler, presser). 

J»»*«mee, au sens Dropre desi- 
gn e la portion que recoitun moine, 
a chacun de ses repas. II est encore 
employe aujourdhui avec cette 
signification dans le langage mo- 
nastique. 

Pitance, qui est en italien pie- 
tanza > vient du L. pietantia repas 



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PIT 



412 



PL A 



de moine, dans les textes latins du 
moyen age : 

« Nos frater Johannes Abbas. . 
pietantiae modus et ordo sic con- 
scripti.... observentur ...In primis 
videlicet quod pietantiarius qui 
pro tempore fuerit.... ttnebitur mi- 
nistrare » dit une Charte du trei- 
zieme siecle. 

Watts dans son glossaire sur 
Mathieu Paris: « Pietantiam alii 
scribunt ; nam dapes suas ad pie- 
tatem ducebant. » Pietantia derive 
de metatem, et d6signe le produit 
de la charite, de la pi6t6 des fide- 
les. Onappelaitde mem eau moyen 
ftge, misericordia (piti6, compas- 
sion) certains repas monastiques : 
on lit dans Mathieu Paris: « Vt de- 
testabiles ingurgitationes miseri- 
cordiarum in quibus profecto non 
erat misericordia y jyrohiberentur. » 

Pietantia a donnepitanee comme 
pietatem a donne* pitie"; pour le 
changement de cia en ce voyez 
agencer. 

Piteuoe^ en proven§al pitos, 
en espagnol piadoso, en italien 
pietoso, du L. pietosus* (miseri- 
cordieux, qui est le sens originaire 
du mot francais, puis dignede pi- 
tie . Pietosus , d6riv6 de pietas, est 
dans plusieurs textes latins du 
moyen Age: 

« Et certi nunquam visum fuit 
in aliqua civitate tarn enorme nee 
pietosum infortunium... » dit un 
texte dutreizieme sidcle. 

Pietosus a donne pit eux par le 
changement de osus en eux (voyez 
amoureux) et par la reduction de 
ie a i qu'on retrouve dans pttanoe 
de ptctantia, ptVte de pietatem. 

Pitie, en espagnol piedad, en 
italien pietd, du L. pietatem (qui 
est au sens de piti6 dans Su6tone). 
Pour la reduction de ptetatem k 
ptti6, voy. au mot piteux; pour le 
changement de osus en eux voy. 



amoureux.— D pttoyer*, d'oil pi- 
toyable, apitoyer. 

J»if ott, origine inconnue. 

Pitoyable, voy. pitte*. — D. 
impitoyable. 

f plttoresque, de l'italien pii- 
toresco (pittoresque). 

Pltulte, du L. pituita (pituite). 
— D pituitaire, pituiteux. 

Pivert, voy. pic 2. 

J*it>oitte, anciennement pioine f 
du L. paeonia (pivoine) par la re- 
duction de ae en e (voy. p. xci) 
d'ou peonia qui donne pioine 
1° par le changement de e en t 
(voy. accomplir); 2° par Pattrac- 
tion de i, qui transforme o en o» 
(voy. chanoine). Pi-oine devient 
pi-Y-oine par l'intercalation d'un v 
euphonique (voy. corv4e). 

Pivot, origine inconnue. — D. 
pivnter. 

Placage, voy. plaquer. 

Placard^ voy. plaquer, — D. 
placarder. 

Place, du L. platea (place) 
par le changement regulier (voy. 
abriger) de plat(ea) en plat(ia); 
d'ou place par le changement de 
tia en ce (voy. aaencer). — D. pla- 
cer (mettre en place), placement t 
placier, placet. 

Placet*, voy. place. — D. em- 
placer * (d'ou emplacement et rero- 
pJacer). 

Placet, du L. placet (il plait). 

Plactde, du L. ptoctdus (m. 
s.). — D. placidite" 

Plafond, propr. fond plat 
pour retymologie, voy. plat et 
fond. — D. plafonner } plafonnage, 
plafonneur. 

Plage, du L. plaga (etendue 
de terre). 

Plaglalre, du L. plagiarius 
(plagiaire dans Martial). 

Plaglat, du L. plagiatus* (de- 
rive de plagium, plagiat). 

Plaid, originairement i 



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PLA 



413. 



PLA 



ies feodales dans lesquelles se 
jeaientlesproces; puis audience 
in tribunal, d'ou le sens poste- 
ur de plaidoyer. Plaid au sens 
ssemblee jundique est le L. via- 
%m * (assemblee juridique dans 
textes carlovingiens ; plaeitum 
le mot final des edits de con- 
ation des plaids : quia tale 
nostrum plaeitum 
Hacffltum regulierement con- 
jte (voy. p. lxxxi) en plac'tum 
me l'ancien francais plait par 
hangement de ct'en it (voy. at- 
it) ; pour le changement de plait 
plaid, voy. p. xevni. — D. 
ider (d'ou l'ancien verbe plai- 
er, venu de plaider, comme 
iboyer de flamber [toumoyer 
ourner, etc.... Plaidoyer a dis- 
1 comme verbe de la langue 
lerne, mais il a persiste comme 
litif employe substantivement : 
s disons un plaidoyer , comme 
5 disons un diner, un dijeu- 
etc... 
'falcfetct*, derive de plaider, 

plaid. 

'faicfoirie, voy. plaidoyer. 
laldoyer, voy. plaider. — 
laidoirxe (pour platdoierie). 
laic , du L. ptaga (plaie) par 
lute du g meaial (voy. allier) 
amene le changement de a en 
oy. aigle). 

fain, du L. planus (plat, 
inegalites, uni). Sur le chan- 
3nt de anus en am, voy. an- 

— D. plaine % plain-chant, 
i-pied. 

latndre* du L. plangere 
idre) par la contraction regu- 
(yoy. p. lxxxi) de plang(&)re 
nang're, d'ou planWe (voy. 
:v). PlarCre donne plaindre 
e changement : 1° de nr en 
voy. absoudre) ; 2° de a en ai 

aigle). — D. plainte (sub- 
f participial fort; L. plancta; 



pour le changement de ancta en 
ainte, voy. affiti). 

J»faitte, voy. pfam 

J»faitt*e, voy. plaindre. — D. 
plaintif. 

J»f aire, du L. placere (plaire) 
par le deplacement de Paccent la- 
tin (placere pour plac&re ; voy. ac- 
courir). Plac{G)re regulierement 
contract^ en plac're (voy. p. lxxxi) 
a donne plaire par le changement 
de cr en r (voy. b&nir), change- 
ment qui produit l'affaiblissement 
de a en ax (voy. aigle). — D.pZai- 
sant, plaisance. 

J»f afranf, voy. plaire. — D. 
plaisanter, plaisanterie. 

Plaisir, infinitif (employe sub- 
stantivement) de l'ancien verbe 
francais plaisir (plaire). Plaisir 
est le L. placere (plaire) par le 
changement : 1° de a en ai (voy. 
aigle); 2° de c en s (voy. amitit) \ 
3° de e en i (voy. accomplir). 

Plan (adjeclif), du L. planus 
(m. s.). — D. plan (substantif), 
aplanir, planer. 

Planche, du L. planca (plan- 
che) par le changement de ca en 
che (voy. acharner et acheter). — 
D. plancher, planchtier, plan- 
chette. 

Platte, du L. pJatanu* (pla- 
tane). PJdf(a)nus regulierement 
contracteenpJat'nws (voy. p. lxxxi) . 
est devenu plane par la reduction 
de tn latin a n qui se retrouve dans 
rene(refna), aurone (abrofnum). 
On retrouve une reduction analogue 
pour tm , dans rime (rhytfima). 

1. Planer (en parlant des oi- 
seaux), voy. plan. 

2. Plotter , aplanir, du L. pta- 
nare (aplanir). — D. plane (subst. 
verbal; outil d'acier qui sert a 
aplanir le bois), planeur, pla- 
nure. 

Planete , du L. planeta (m. s.). 
— D. planetaire, 



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PEA 



4U 



PLE 



/Planisphere, voy. plan et 
tphere. 

Plantain* du L. plantaginem 
(plantain) par la contraction regu- 
lars (voy. p. lxxh) de jyUmtagty- 
nem en plantag'nem, d'ou plantain 
par la reduction degnan (voy. 
<wsener) t et par le changement de 
a en at (voy. aigle). 
- Plantation, du L. planlotto- 
nem (m. s.). 

Plante, du L. planta (m. s.). 

f>f atttef , du L. plantare (plan- 
ter). — D. plant (substantif ver- 
bal), plantage, planteur, planton, 
plantar d, plancon, plantoir, <M- 
planter, transplanter, replanter, 
tmplanter. 

ffattftcfewac, derive de Tan- 
cien fran^ais plenture (abondance) 
qui represents un L. fictif pleni- 
turn d6riv6 de plenus (plein) 
par la contraction reguliere (voy. 
accointer) de vlen(f)tura en plen'- 
tura ; sur en aevenu an, voy. an- 
douille. 

Plaque, mot d'origine germa- 
nique (tlamand placke. lame de 
bois). — D. plaquer, plaque , pto- 
quette, plaqueur, plaeage, pla- 
card. 

Plaatlqae, du grec *>a<mx6c 
(de «Xdff<retv former). 

f. plastron, de l'italien pias- 
trone (plastron). — D. plastronner. 

Plat (adj.), mot d'origine ger- 
manique (allemand platt plat). — 
D. plat (substantif); platee, apla- 
tir; platitude; plat-bord, plate- 
forme; plate-bande; plafond (pour 
plat-fond). 

Platane, du L. platanus (pla- 
tan e). — D plataniste. 

Plateaw , anciennement pla- 
tel (sur el devenu eau, voyez 
aaneau); platel est un derive de 
plat (voy. ce mot). 

1. Platine (piece plate), voy, 
plat. 



2. f Wntine (metal), de I'espa- 
gnol platino (platine). 

JPIatfe, anciennement piastre, 
du L. plastrum (platre dans les 
teztes ae la basse latinite. Plas- 
trum est le mfime mot que em- 
plastrum par apherese de em). 
Pour le changement de piastre en 
pldtre, voy. aWroe. — D. pUUras % 
pldtrer, repldtrer, pldtriere, pW- 
trage, pldtreux , pldtr ier. 

Plausible, du h. plausibilis 
(qui est digne d'etre approuve). 

plebe, du L. plebem (meme 
sens). — D. pUbtien (de piebeia- 
nus* extension de plebeius pl6- 
beien). 

plebiscite, du L. plebiscitum 
(m. s.). 

Pleiades, groupe de sept 
etoiles, du grec *Xei*8tc (d'ou le 
sens de reunion de sept donne au 
mot pleutde). En realite, le groupe 
des pl6iades ne comprend que six 
6toiles. 

Pleige, origine inconnue. — 
D. pletoer. 

Plein, du L. plenus (plein). 

Pleitler, du L. plenarius * 
fderive de plenus plein). Sur arius 
aevenu ier, voy. anier. 

Plenlpotentlalre , dSrive' de 
plenus (plein) et potentia (puis- 
sance). 

Plenitude, du L. plenitudo 
(derive de plenus plein). 

Pleenasme, du grec TtXeovaer- 
(i6c (surabondance). 

Plethore, du grec icXqfc&pvi 
(plenitude). — D. plethorique. 

fpfettrer, du L. plorare 
(pleurer) par le changement de o 
en eu (voy. occuetMir). — D. 
pleur (substantif verbal) ; pleu- 
rard ; pleureux ; pleurnicher, 
pleurnieheur, 

Pleuresle, derive de itXcupt- 
ti; (s, ent, v6<roc douleur de 
cAte). 



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PLO 



415 



PNE 



jRle&lfe, mot dont l'origine 
est inconnue. 

JPIe^iroir, du L. pluere (pleu- 
voir) p^r le changement : 1° de u 
en eu (toy. beugler) ; 2° de ere en 
0%r (voff. accroire) ; pour le chan- 
gement" de £re en ere (voyez ac- 
courir), 

PZct* e otr devient vleu~v : oir par 
rintercalation reguliere * (voyez 
eorve'e) d'un t? euphonique ; les La- 
tins disaient de meme plu-v-ia 
non plu-ta. 

Pl&vre, du grec rcXevpov (c6t6) • 
sur le changement de u en v, voy. 
Janvier. 

ffie, anciennement pfoie, cor- 
ruption de piai* forme de la vieille 
langue; plais est le L. platessa 
(plie dans Ausone). Pla(t)essa per- 
dant le tmeclial (voy. abbaye) 
donne plafc par le changement de 
e en t (voy. accotnptir). 

Pliers du L. plieare (plier) 

Er la chute du c medial (voy. af- 
wge). — D. pli (substantif ver- 
1) ; plieur, pliable, pliant, plioir, 
pliage, replier, deptter. 

Pllnthe, du L. plinthus (plin- 
th e dans Vitruve). 

Plisser, du L. plictiare* de- 
rive de plieare; voy. p. xxxiu). 
Pour le changement de ct en t 
(voy. a/fete) ,pour celui de Ha en 
we, voy. agencer. — D. plissure, 
plissement. 

f>foc 9 origineinconnue. 

I*l©m6,du L.plumfrum (plomb) . 
Sur u devenu o, voy. annoncer. — 
D. plomber, plombage, plombier, 
plomberie, ptombeur 2 aplomb, 

PlombWglne, du L. plumba- 
ginem (mine de plomb, plomba- 
gine). 

f^lottmf, du L. plumbicare* 
(derive" ae plumbum; plumfiicare 
signifie proprement: tomber a 
plomb). Plumb® care r6guliere- 
ment contracts (voy. accointer) en 



plumVeare donne plonger par la 
reduction de be a c (voy. sujet) et 
par le changement : I* de c en g 
(voy. adjuger) ; 2° de u en o (voyez 
annoncer). — D. phngeon, plon- 
geur y replonger. 

ffoyer, du L. plieare (ployer) 
par la chute du e medial pli{c)are 
(voy. affouage) et par le change- 
ment de i en oi (voy. boire). — D. 
deployer, reployer. 

fftccfce, contraction de pelu- 
che (voy. ce mot). 

J*lwie, du L. pJut>t*a (pluie) par 
la chute du v medial plu(v)ia 
(voy. atewi). 

Mtcme, du L. pJuma (m. s.). 
— D. plumer, plumage, plumeau, 
plume t, plumasser, plumassier, 
plumasseau y plumasserie,plumeux % 
remplumer, plumetis (dont plu- 
mitxf est la corruption). 

Flupart, voy. plus el part. 

Plnrallte, du L. pluralitatem 
(m. s.). 

JPItcrfef, anciennement piurei, 
du L. pluralis (m. s.), par le chan- 
gement de a en c (voy. acheter) 
puis de c en tc (voy. arrikre). 

JPIu#, du L. plus (m. s.). 

JPIt«*ieMf#, du L. piwriorw* 
(deriv6 de ptera, m. s.). Pour le 
changement de r en s, voy. arro- 
ser; pour celui de o en eu, voy. ac- 
eueillir. 

JPItUof, anciennement pZust6t, 
voy . pJws et Jo*. 

pluvial, du L. wtowaJw (m. s.), 

ffuvie**, deriv^ du L. pluvta 
(pluie), cet oiseau arrivant dans 
nos pays aux approches de la sai- 
sondes pluies. 

fPftcvleuac, du L. pluviosus 
(m. s.) . Sur osus devenu eux, voyez 
amoureux. 

pluTtdae, duL. pluviosus (plu- 
vieux). 

Pnenmatlque (adj.), du grec 
TcvEvpiaTtxo; (qui est relatif a Pair, 



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POfi 



416 



POI 



proprement qui a rapport au souf- 

pneumonte 9 du grecTtveupiovta 
(inflammation du poumon). — D. 
pneumonique. 

Pnyx, du grec irvug (place d'A- 
thenes). 

M*oche, mot d'origine germa- 
nique (anglo-saxon pocca, poche). 
Sur le changement de cc en ch, 
voy. acketer. — D. empocher, po- 
cher, pochade, pochette, pocheter. 

Podagra, du L. podagra (po- 
dagre) . 

t Podeatat, de l'italien po- 
destd. 

1. J»oefe, du L. petalum* (la- 
me d'or qui couvrait la t£te du 

Fape, d'ou le sens de voile, que 
on tient sur la tete des raariSs 
pendant la benediction nuptiale) ; 
le sens de dais est posterieur. — 
Pe(t)alum perdant le % medial 
(voy. abbaye) doone po&le, par le 
changement: 1° de e en oi, puis 
en oe (voy. accroire) ; 2° de a en e 
(voy. acheter). 

2. J*oete (fourneau qui sert a 
chauffer une chambre), ancienne- 
ment poesle, a l'origine poisle, du 
L. pensile (propr. suspendu. On 
trouve dans Pline batneae pen- 
sites, au sens dechambres de bains 
suspendues, construites sur des 
voutes et chauffees par-dessous; 
d'ou le sens d'6tuve donne au mot 
pensile). — Pens(l)le, se contrac- 
iant regulierement (voy. p. lxxxi) 
en penile, reduit ns a s (voy. 
dine), d'ou pesle, qui donne poisle, 
par le changement de e en pi 
(voy. accroire). Poisle , ecrit aussi 
poesle j donne poile par la 
chute de s (voy. abime). — D. 
poilier. 

3. foefe (ustensile de cuisine), 
anciennement paelle et poe^ t en 
itahen padella du L. patella 
(plat)/«-fa(Qetfa par la chute 



reguliere du f medial (voy. o6- 
baye), donne l'ancien francais 
poite, d'ou po&le, par le change- 
ment de a en o (voy. toon). — D. 
poilon. 

Po?me, du L. poema (m. s.). 

Poesle 9 du L. poesis (poesie). 

Poe'te, du L. poeta (m. s.). — 
D. poitereau , poitesse , pottiser. 

Poetlque, du L. poeftciu 
(m. s.). 

Poids 9 anciennement pois, 
du L. peruum (poids) par la re- 
duction ordinaire de ns a s (voy. 
aider), d'ou pesum, qui donne 
pots , par le changement de e en 
oi (voy. accroire). Au seizieme 
siecle, les latinistes, qui tiraient 
poids de pondus, ajouterent un 
d au mot francais pour l'assi- 
miler plus completement a ce 
qu'ils croyaient 6tre son origi- 
nal latin. 

Poignant j voy. poindre. 

Poignatvij voy. poing. — D, 
poignarder. 

Poignee, voy. poing. 

Poignei, voy. poing. 

J»o*f, du h.pilus (poil), par 
le changement de t en oi (voy. 
boire). — D. poilu. 

1. J*oittcon, du L. puncft'onem 
(proprement action de percer, puis 
instrument qui sert a percer), par 
le changement : 1° de unct en oin 
(voy. affiti) ; 2° de (ionem en gon 
(voy. ogf«nccr). — D. poinconner. 

2. J*oittpon(tonneau), origine 
inconnue. 

Poindre, du L. pungere (pi- 
quer, poindre). Pour le change- 
ment de ungere en oindre, voyez 
oindre. — D. pototiant, point* (du 
L. puncta; substantif participial 
fort; pour le changement de lettres, 
voy. affiti). 

Poing, du L. pugnus (poing), 
par le changement : I* de gn en ng 
(voy. e'tang), ?° de ft en oi (voyez 



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POI 



417 



POL 



sgoisse). — D. poignte, poignet, 

ipoigner. 

Point, du L. punctum (point) ; 

ur le changement de unct en 

%t voy. oint. — D. pointer, ap- 

inier (d'ou appoint substantif 

rbal); adsappointer. 

Potato, voy. poindre. — D. 

tnfti. 

Pointer, voy. pot'rU. — D. 

intage, pointement, pointeur. 

h Polntlllcr, derive de }>otn- 

!e mot venu au seizieme siecle 

l'itaiien vuntialio (pointille). 
D. pointUU (substantif partici- 
il), hointilleux, pointillerie. 
Potato, voy. point e. 
Potato***, du L. punctura 
•inture). Sur unct devenu oint, 
f. oint. 

Potae, du L. pirum (poire) ; 
ir le changement de i en ot, 
\ boire. — D. poirier , potre\ 
Potaeatc, voy. porreau. 
Poifoe, deriv6 du L. porrus 
ireau ; potrc* designait ancien- 
nent un bouillon de poireaux). 
' o devenu ot, voy. cnanoine. 
Poi» , du L. pwwm (pois) par le 
ngement det en ot (voy. boire). 
m oi*on 9 du L.potionem (breu- 
e empoisonne* dans Ciceron). 

le changement de o en ot, 
. chanoine; sur tton^m devenu 
, voy. agencer. — D. empoison- 
, empotsonneur. 
PoiMatnf, voy. pot*. 
»oi««e**, voy. pots. 
»oi##ott , au dixieme siecle 
Hon, en italien pescxone t du L. 
;tonem (derive de piscts pois- 
) par le changement : t°de i 
>t (voy. boire) ; 2° de sc en «« 
f. cresson); 3° de cionem en 
i (voy. agencer). — D. potsson- 
% pomonnme, pomonneurc, 
tsonnaille, empoissonner. 
•oitraii, du L. pectoraculum* 
ive de perforate region de la 



poitrine). — P«c«(6}ractiZttm con- 
tracts suivantla regie (voy. accoin- 
ter) en pecf'racuiumdonnepottratZ 
par le changement : 1° de aculum 
en ail (voy. abetlle); 2* de ect en 
ot* (voy. attrait). 

fPoifftae, du L. pcctortna* 
(derive de pectoris poitrine) par la 
contraction rlguliere (voy. accoin- 
ter) de pect{6)rina en pecVrina 
d oil poitrine par le changement de 
ect en oit (voy. atfratf). — D. pot- 
trinaire. * 

J»oivr>e, en Provencal pebre t 
du L. piperem (poivre) par la con- 



traction reguliere (voy. p. lxxxi) 
de ptp(6)rcm en ptpVcm d'oii poi- 
vre par le changement : 1° de t en 



ot (voy. 6otrc) ; 2° de p en v par 
Tinterm6diaire de b (voy. arriver). 

— D. poivrade (du provencal pc« 
vrada) ; poivrer, poivrier, pot- 
vriere. 

J»ota, du L. picem (poix) par 
le changement: 1* de t en ot 
(voy. ootre) ; 2* de c en * (voyez 
amitif). — D. poisser, pois sard, 
empoisser, empois, empeser. 

Pole, du L. polus (pdle). — D. 
polaire, polarite", polariser, pola- 
risation. 

Polemlque, du grec iroXe|ux6c 
(de combat). 

1 . Police, du L. polilia (gou- 
veraement, administration, organi- 
sation politique) ; sur eta devenu 
ce, voy. agencer. — D. policer. 

2. f Police (d'assurance), de 
Titalien polixza (contrat). 

f Pollchlnelle, venu de Tita- 
lien polecenella i forme napolitaine 
de pulcinella polichinelle). 

Poltt*, du L. polire (polir). — 
D. poliment, poli.polisseur, po- 
lissoir y polissure, aepolir, repolir. 

PoliMOM, origine inconnue. 

— D. polissonner, polissonnerie. 
f potltease, de Titalien puW- 

te%%a (politesse). 



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POM 



418 



PON 



Politique (adjectif), du L. po- 
liticus (politique). — D. politique 
(substantif) ; politiquer, impohti- 
que. 

Pollen, du L. pollen (farine). 

f Poltron.de ritalien pollrone 
(poltron). — D. poUronnerxe. 

Pelyadelphle, du grec icoXu; 
(beaucoup) et &8eX96; (frere). 

Polytdre, du grec rcoXueSpo; 
(qui a plusieurs bases). 
. Polygamic, du grec icoXvyapla 
(m. s.). — D. poly game. 

Polyglotte, en grec rcoXtiyXcoT- 
toc (m. s.). 

Polygene, du grec TtoXuywvo; 
(a plusieurs angles). 

Polygraphe, du grec itoXv- 
Ypaqpoc (qui ecrit sur beaucoup de 
sujets). 

Polyndme, dugrecuoXu; (plu- 
sieurs) et vourij (part). 

Polype, au L. polypus (m. s.). 
— D. polypier, poiypeux. 

Polypetale, du grec hoau; 
(plusieurs) et TcexaXov (feuille, p£- 
tale). 

Polyayllabe , du grec tcoXu- 
avXXaSo? (qui est de plusieurs syl- 



Polytechnlojne, du grec no- 
Xvtexvtic (verse" dans beaucoup 
d'arts). 

Polythelame, du grec noXu; 
(plusieurs) et 6*6? (Dieu). — D. 
polyfltiiste. 

f Pommade, de ritalien po- 
mata (pommade). — n.pommaaer. 

J»omme, du L. pomum (fruit. 
Pour la specialisation du sens, 
voy. p. xxm). — D. pommier, 
pommeler, pommelle, pommeau, 
pommette, pommer. 

J»ommfet*,voy. pomme.— D. 
pommeraie. 

1. Pomps , du L. pompa 
(pompe). — D. pompeux, pompon 
(qui signifiait jusqu'a la fin dudix- 
huitieme siecle, toute espece d'or- 



nement ajoute a la toilette des 
femmes). 

2. M*ontpe (machine pour ele- 
ver l'eau), ongine inconnue. — D. 
pompier, pomper. 

Pompon, voy. pompe. — D. 
pomponner. 

Ponce, en italien pumice, du 
L. pumicem (pierre ponce) par la 
contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de pum(\)cem en pum'cem, 
d'ou ponce, par le changement: 
1° de u eno (voy. annoncer) ; 2 # de 
m en n (voy. changer). — D.pon- 
cer, poncis, poncif. 

1. Potteeaot (petit pont), du L.* 
ponticeUus* (diminutif de pontem 
pont) par la contraction reguliere 
(voy. accointer) de pont{i)cellum 
en ponfcellum, d'oii poncel par la 
reduction de tc a c (voy. p. xcvn). 
Pour le changement de poncel en 
ponceau, voy, agneau. 

2. PonceaN, rouge vif, du L. 
punicellus (deriv6 de puniceus 
rouge vif) -par la contraction regu- 
liere (voy. accointer) de pun{\)ceU 
lus en pun'cellus d'ou poncel par 
le changement dew en o (voy. an- 
noncer), ponceau par celui de el 
en eau (voy. agneau), 

+ Ponelre, de l'espagnol pan' 
dare (citronnier). 

ponctlon, du L. punctionem 
(action de piquer). 

Ponetuel, du L. punctuahs* 
(derive de punctum point; propre- 
ment qui fait a point nomme ce 
qu'il doit). — D. ponclualite'. 

ponetuer, derive de punctum 
(point). — D. ponctuation. 

ponderatlon, du L. pondewh 
tionem (m. s.). 

Ponderer, du L. ponderare 
(m. s.). — D. ponderable. 

J*ott€ft*e, du L. ponere (pro- 
prement deposer. Ponere ova pour 
pondre est dans Pline. Pour la res- 
triction du sens, voy, p« xxn). 



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POR 



419 



POR 



Pon(6)rer6gulierement contract^ 
(voy. p. lxxxi) enpon'rea donne 
pondre par le chaDgement de nr en 
ndr (voy. absoudre). — D. ponte 
(substantif participial fort, voyez 
absoute); pondeuse. 

Pon^ du L. pontem (pont). — 
D. ponte, pontet. 

1. f Ponte (terme de jeu) , de 
l'espagnol punto (point, as). 

2. Po»te (action de pondre) 
?oy. pondre. 

pontlfe, du L. pontifex (pon- 
tife). 

Pontifical, du L. ponft/ieaiif 
(m.s.). 

Pontlficat, du L. pontt/icafitf 
(m. s.). 
Pott*-fet>i«, voy. Ims. 
PotUott, duL. pontonem (bac, 
ponton, bateau de transport). — 
D. pontonnier, pontonage. 
.PottttMeaw, origine inconnue. 
f populace, de l'italien popu- 
tazzo (populace). — D. populacier. 
Populalre, du L. popularis 
(m. s.), — D. tmpopulatre, popu- 
lariser. 

popular lie, du L. popularita- 
tem(m. s.). 

Popularlser, derive de popu- 
laire (voy. ce mot). 

population , du L. populatio- 
nem (m. s.). 

Popaleux, du L. populosus 
(m. s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 
JPovc, da L. porcus (pore). 
+ porcelalne, de l'italien pot- 
eellana (porcelaine, coquillage). 

JPo»»c-ep<c, anciennementporc- 
espiCy compose de pore (voyez ce 
mot) et de espic qui est le L. spi- 
cus (piquant: on trouve spicatus 
pour garni de piquants dans Mi- 
nucius Felix). Pour le changement 
despicus en espic, voy- espe'rer ; 
pour celui de espic en epic, voyez 
abime. 



PoneAe, du L. porticus (pro- 

Srexnent portique ; puis porchfi. 
'eglise dans les textes merovin* 
giens: « Sed Leudastes.... infra, 
sanctum porticum deprehensusest.* 
dit Gregoire de Tours, 5, 49.) 

Por*(I)cii* s'est regulierement 
contracte (voy.p. lxxxi) en porfcus, 
d'ou porche par le changement de 
tc en c (voy. p. xcvn), puis de c 
en cfo (voy. acnarner) 

M*ovcher , du L. porcartttf 
(porcker) par le changement de 
c en eft (voy. acharner) , et par ce- 
lui de a en c (voy. acheter). 

Pore, du L. porus (pore, con- 
duit, passage). — D. poreux; po- 
rosite. 

Porphyre, du L. porphyrites 
(porphyre). — D. porphy riser. 

Poweaw, anc. francos por- 
rel, du L. porretfitf * (diminutif 
de porrus porreau). Sur le chan- 
gement de el en eau, voy. agneau. 
— D. Une autre forme ae porreau 
est poireau ; sur le changement 
de o en oi, voy. chanoine. 

1. Por *, du L. porta* (port). 

2. .Pot*, voy. porter. 
PoWaf I , du L. portaculum * 

(derive de porta porte) par le 
changement de aculum en ail (voy. 
afoeiMe). 

Portatlf, du L. portativus * 
(derive de portatum supin de por^ 
tare porter). 

Porte, du L. porta (porte). — 
D. porti&re. 

Portefoto) voyez porter et 
faix. 

Porte/feuifle , voy. porter et 
feuille. 

Porter, du L. portare (porter). 
— D. port (substantif verbal) : por- 
t& (substantif participial); por- 
tage; portable; porteur. 

Portier, du L. porlemu* (por- 
tier) par le changement de anus 
en ter (voy. dnter). — D. portiere. 



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POS 



420 



POS 



Fortieth (rideau), voy. porte. 

Portion, du L. porttonem 
(m. s.). 

Portloneule,du Uportiuncula 
(m. s.). 

Portlque, du L. porticus (poli- 
tique). 

Portraits, dessiner, faire 
1 'image t le portrait d'une per - 
sonne a l'aide du dessin, du L. 
protrahere (dessiner, dans les tex- 
tes latins du moyen age : « Prop- 
ter quasdam picturas devotas de 
passione Salvatoris in illam tabu- 
lam protractas.... » lit-on dans un 
document de la fin du douzieme 
siecle. 

Protrahere a donne protraire * 
par le changement de trahere en 
traire (voy. traire) ; vrotraire est 
devenu portraire par la m6tathese 
de r (voy. p. lxxvi). — D. por- 
trait (subst. participial). 

Portrait , voy. portraire. — 
D. portraiture f portraUiste. 

f portulan , de l'italien por- 
tolano (catalogue des ports). 

Pose, substantif verbal de po- 
ser; voy. ce mot. 

JPo#er«, en provencal pausar, 
du L. pausar e (derive* de pausus 
participe de ponere poser ; pour la 
formation des verbes fr£quentatifs, 
voy. p. xxxin). 

Pausare a donne poser par le 
cbangement de au en o (voyez 
alouette). — D. pose (substantif 
verbal) ; poseur ; posage ; post ; 
apposer; composer; deposer,; dis- 
poser; iraposer; interposer; juxta- 
poser; opposer ; preposer ; proposer ; 
reposer ; superposer ; iupposer ; 
transposer. 

Posltlf, du L.posilivus (positif). 

Position, du L. positionem 



(position). 
Posseder , 



du L. possidere 



(posseder). Sur t devenu e, voyez 
admettre. 



, duL. possessorem 
(possesseur). ' 

Possesslf, du L. possessions 
(m. s.). 

Possession, duL. possessionem 
(m. s.). 

Possessolre, du L. possesso- 
rius (m. s.). 

Possibility, du L. possibilita- 
tem (m. s.). 

Possible, du L. possibilis (pos- 
sible). 

Postdater, compost de dater 
(voy.ce mot)etdu L. post (apres). 

1. J*o#rfe (substantif feminin) 
proprement station, relais de che- 
vaux, depdt de chevaux , du L. po- 
stal* (proprement mis en depot ; 
pour la restriction du sens, voy. p. 
xxni). Pos$)ta a donne poste par 
la chute reguliere (voy. p. lxxxi) 
de l'avant-derniere voyelle atone. 
— D. postal. 

2. i Poste (substantif mascu- 
lin) venu au seizieme siecle de Fi- 
talien posto (poste). — D. poster. 

Poster, voy. poste 2. — D. 
aposter. 

Posterlenr, du l>. posterior 
(m. s.). — D. postiriorite. 

Posterlte, du L. posteritatem 
(m. s.). 

Postface. mofcforg6a l'aide da 
radical face (de preface) et du L. 
post (apres). 

posthume, du L. posthumus 
(m. s.).. 

f Postlcbo, dt Htalien postic- 
cio (postiche). 

f Postilion* mot venu au sei- 
zieme siecle de I'italienpostty Won* 
(postilion). 

Post-serlptum , du L. JWfl- 
scriptum (£crit apres). 

Postnlatlon, du L. postulatio* 
nem (requeue). 

Pestuler, du L. postulate (de- 
mander). — D. postulant. 

Pwture, du L. positura (p08r 



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POT 



421 



POU 



tare) par la contraction reguliere 
(voy. accoirUer) de pos(L)tura en 

Pot, du L potus (pot, au si- 
xieme siecle dans Fortunat Vifa 
S. Badegund. 19: « Missorium, 
cochleares, cultellos, cannas, po- 
tum et calices. > 

D. potter, potage, potie, poti- 
che, empoter. 

potable, du L. potdbilis (m. 
s.). Sur abilis devenu able t voyez 
affable. 

Potage, voy. pot. — D. pota- 
ger, potagere. 

f potosse, de Tallemand pot- 
tasche (potasse). — D. potassium. 
Pote, origine inconnue. — D. 
poteU. 

Poteau, anciennement pos- 
teau, a rorigine postel, du L. pos- 
tellus* (diminutifde postern poteau 
dans Virgile). Postet a donne pos- 
teau par le changement de el en 
eau (voy. agneau) ; poteau par la 
shute de s (voy. abime). — D. de 
'ancienne forme potel: potelet. 
Potele, voy. pote. 
Potence (proprementbfiquille; 
> sens de gibet est posterieur) ; po- 
nce au sens de bequille vient du 
, potentia* (bequille: « Per sex 
inoM non poterat ire sine duabus 
tenth's.... » dit un texte latin du 
>yen &ge. Potentia est le m6me 
>t que le latin classique potentia 
ssance, pouvoir, force, d'oule 
s d'appui). Sur le changement 
eta en ce, voy. agencer. 
otentat. du L. potentatus* 
verainete dans la basse latinite $ 
v6 du L. potentem puissant). 
otentlel, du L. potentialis 

*')' * 

*tew+m 9 voy. potter. 

**&****& (galerie souterraine) , 

anement posterne, kVorigin? 

'le, en itatien postierla, du L. 

uli* fealerie derobee dans 



Ammien Marcellin, ouverture se- 
crete dans les textes latins du 
moyen age: « Quantalibet urbs 
sublimitatemurorumet ctausarum 
portarum firmUaUmuniatur, pos- 
ter ulae unius, quamvis parvis* 
simae, proditione vastabitur.... » 
dit Cassien lib. 5. De institutions 
Ccenob. Chap. 11). 

Poster \Q) la se contra ctant rlgu- 
lierement (voy. p. lxxxi) en pat- 
tella a donne Pancien francais 
posterle qui est devenu posterne 
parle changement de I en n (voyez 
quenouiUe). Posterne a donne po- 
terne par la chute de s (voyez 
abime). 

Potiche, derive de pot (voyez 
ce mot). 

Porter, voy. pot. — D. pote- 
rie. 

1. Port* (cuivre), origine in- 
connue. 

2. Port* (commerages), origine 
inconnue. 

Potion, duL. potionem (m. s.). 

JPotffott, origine inconnue. 

Pou, anciennement poutl, a 
Torigine ptouil, en provencai pe- 
xolh, en italien pidocchio, du L. 

Seducuius (pou, forme secondaire 
epediculus). 

Peduc{u)lus, r^gulierement con- 
tracts (voy. p. lxxxi) en pedue'lus, 
donne l'ancien francais pe'ouil par 
le changement du suffixe ucitwen 
ouil (voy. abeille) et par la chute 
du d medial pe{d)uclus (voy. ac- 
caWer); ptfoutY se contracte pos- 
terieurement (voy. p. xc) en pouil 
qui se r£duit a pou (voy. abeille), 
comrae les anciennes formes fran- 
chises verrouil et genouil se sont 
r&luites a verrou et a genou dans 
lalangue moderne. — 5. de l'an- 
cienne forme pout J: pouillerie t 
pouiller, pouiUes. 

JPowocre, ecrit aussi pouagre 
(a Torigine : goutteux) du L. poda- 
24 



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POU 



422 



POU 



grum (goutteux) par la chute du d 
medial po{d)agrum (voy. accabler), 
et par le chapgement de o en ou 
(voy. affouage)* 

JPowce.anciennementpolce, en 
italien pollice , du L. pollieem 
(pouce) par la contraction regu- 
liere (voy. p. lxxxi) de poll{i)cem 
en poWcem d'ou l'ancien francais 
polce qui est devenu pouce par le 
changement posterieur de ol en 
ou (voy. agneau). — D.poucettes, 
poucier. 

t Poude sole (etoffe), de l'an- 
glais paduasoy (etoffe de soie). 

f Poudlngue, de l'anglaispud- 
ding (m. s.). 

PomcI f c, anciennemeDt polare, 
a l'origine puldre , du L. putoerem 
(poudre) par la contraction regu- 
liere (voy.. p. lxxxi) de puZtHe'Jrem 
en puJv'rem qui se reduit a pMi'- 
rem (voy. p. xcv) ; pul'rem donne 
l'ancien francais puldre par !e 
changement de Ir en Idr (voy. ab- 
soudre); puWre devientpolarepar 
le changement de u eno (voy. an- 
noncer) ; poudre par celui de oi 
en ou (voy. aprteau). — D.pou- 
drtere, poudreux , poudrer, pou- 
drier. saupoudrer. 

JPou/*, onomatopee (voy. p 
lxv). — D. pouffer. 

J»oti If let*, voy. pou. 

J»otflf fe*, voy. pou. 

J»o««*f feuac, en provencal pe- 
%olhos, en italien pidocchioso, du 
L. peducufosus* (derive depeducu- 
Zus, voy. pou J. Peduc(U)lost^ con- 
tracts suivant la regie (voy. accoin- 
ter) en peduc'losus a donne l'an- 
cien francais ptouilleux* par la 
chute du d medial pe(d)uctosus 
(voy. accabler) et par le change- 
ment: 1° de ucl en ouU (voyez 
pou); 2° de osus en curr (voyez 
amoureux ; pour la contraction 
posterieurede ptouiUeux enpouit-^ 
leux, voy. p. xc. 



JVmtoif let* , de potiiattte (deri- 
ve lui-meme de poule: voy. ce mot). 

Poulain , du L. pullamis * 
(poulain dans les textes latins du 
raoyen age : « Exvensae pro cus- 
todxa pullanorum aomini regis.... » 
lit-on dans un compte du treizie- 
me siecle. 

Pullanus est un deriv6 depullus 
(poulain dans Virgile). 

PuUanus a donne poulain par 
le changement : 1° de u en ou 
(voy. accouder) ; 2° de anus en ain 
(voy. ancien). — D. pouliner, 
poulinieWe. 

poulalne (Soulier a la), ongine 
inconnue. 

Pottle, du L. pulla (poule 
dans saint Augustin : « Apud no* 
pullae appeUantur gallinae cuju* 
libet aetatis. >) Surle changement 
de u en ou t voy. accouder. — D. 
voularde, voulet, poulette, pou- 
laille, poutailler. 

M*ouliche, derive" d'un radical 
voul.... qui est le L. puUus (pou- 
lain). 

JVmfle, proprement machine 
pour tirer, mot d'origine germa- 
nique (anglo-saxon puUian tirer : 
pour le changement de u en on, 
voy. accouder). 

M*ouKot (menthe), diminutii 
d'un radical poulie qui est en ita- 
lien poleggio et qui correspond ai 
L.pulegtum (pouliotj. Pulegiumi 
donne poulie par la chute duj 
(voy. allier) et par le changement: 
1° de u en ou (voy. au mot ac- 
couder) : 2° de e en t (voy. au mot 
accomplir). 

M*oulpe, du L. polypus fpo- 
lype) par la contraction reguliere 
p. lxxxi) de pol(y)pus en poVput 
d'ou poulpe par le changement de 
o en ou (voy. affbuage). 
- J»owl#, du L. putatf (pouts 
dans Pline) parle changement de 
u en ou (voy. accouder). 



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POU 



423 



POU 



Potftnmt, anciennement pol- 
non, a l'origine vulmon dans la 
Chanson de Roland, — du L. pul- 
nonem (poumon) par le change- 
nent de u en o (voy. annvncer) 
I'ou polmon qui devient poumon 
ar radoucissement de ol en ou 
voy. agneau). — D. s'tfpouroon- 
er. 

Poupe , du L. pumro (poupe) 
ar le changement de u en ow 
roy. accouder). 

Poupee , du L. pupata * de- 
ve de pupa poupee, dans Var- 
>n) . Pour le changement de u en 
t voy. accouder, et pour celui de 
a en e"e voy. ampoule". 
Poupony poupin^ pou- 
nf«f, diminutifs d'un radical 
mmun poup.... qui est le L. 
ipa (petite fille). Pour le chan- 
ment de u en ou voyez ac- 
uder. 

Pout* , anciennement por, au 
uvieme siecle pro dans les Ser- 
mts de Strasbourg, du L. pro 
)ur) par la transposition de r 
Dy. p. lxxvi et dpretS) d'ou la 
me por, qui devient pour par le 
ingement de o en ou (voyez af- 
^a#e. 

Pour (comme le L. pro dans 
>gredi, propuo/nare, procurrere 
....) sert de pr6fixe en francais 
is pourchasser , pourparler, 
trlecher, pourpris, poursuivre, 
wvoir, pourtour, etc.... 
^ottrboirc , voyez pour et 
re. 

*ourceai* , ancienn. pourcel 
origine porcel, du L. porceMus 
ireeau) par le changement*. 
le o en ou (voy. affouage) ; 
le elZus en eJ puis en eau (voy. 

*oz€t^chasser , compose de 

r et chasser (voyez ces deux 

s). 

'oM**/fe**cfi*«, fendre de haut 



en bas, compose de fendre (voyez 
ce mot), et de pour qui repr&ente 
littiralement le L. pro (voy. pour) 
mais qui pour le sens correspond 
au L. per (a travers). II y a ev 
confusion entre ces deux mots. — 
D. pourfendeur. 

PouriSchev, voy. pour et U- 
cher. 

Pourparler, infinitif pris 
substantivement de l'ancien verbe 
pourparler (compose depouret de 
parler, voy. ces mots). 

Pourpier, a Forigine pour- 
pied 7 du L. pullipedem (proprement 

Sied de poulet, qui est aussi le nom 
e cette plante). 

Pull{\)pedem contracts (voyez 
accointer) en pulVpedem a donne" 
poulpied * par le changement : 
1° de pedem en pied (voy. pied) ; 
V de u en ou (voy. accouder). 

Pouhpied * est devenu pourpied 
par le changement de I en r (voy. 
apdtre) . 

Pauvpoint, en provencal 
perpoing, en espagnol perpunte, 
substaniif participial de l'ancien 
vert)e pourpoindre (piquer, bro- 
der). 

Pourpoindre est uri compose de 
poindre (voy. poindre) et de pour 
qui represente, pour la lettre, le 
L. pro (voy. pour), et pour le 
sens le L. per (a travers) : il y 
aura eu confusion entre ces deux 
formes. 

Pourpre , anciennement por- 
pre, en italien corpora, du L. pur- 
pura (pourpre) par la contraction 
reguliere (voy. p. lxxxi) de pur- 
pura en purpura d'ou l'ancien 
francais porpre, par le changement 
de u en o (voy. annoncer), puis 
pourpre par celui de o en ou (voy. 
affouage). — D. pourpre 1 , empour- 
prer. 

Pourpris (habitation , en- 
ceinte), substantir participial (voy. 



y Google 



POU 



424 



POU 



absoute), de l'ancien verbe pour- 
prendre. 

Pourprendre (prendre dans son 
entier, dans son pourtour), est un 
compose de prendre (voy. ce mot) 
et de pour qui represente pour la 
forme le L. pro (voy. pour) et pour 
le sens le L. per (parmi, a tra- 
vers) : il y aura eu confusion entre 
ccs deux formes : le provencal dit 
correctement perprendre. 
, Pourguoi, voy. pour et quoi, 

fotcwif, ancienn. porrir } a 
rongine purrir, en espagnol po- 
drtr, du L. putrere (pourrir) par 
le changement : 1° de u en o (voy. 
annoncer), puis en ou (voy. af- 
fouage) ; 2* de tr en dr puis en rr 
qui se reduit a r (voy. arriire). — 
D. pourriture, pourrissage, pour- 
rissoir. 

M*ourrissage, voy. pourrir. 

PoursuUe, voy. au mot pour- 
suivre. 

i»ottf «uivfe, anciennement 
porsuivre, a l'origine porsivre, du 
L. prosequere (pour prosequi, 
poursuivre; on sait qu'en francais 
tous les deponents latins ont *ete 
.remplaces par des actifs). 

Pro*e(que)r« par la consonnifi- 
cation de u en v (voy. Janvier) 
donne proseqyere qui devient pro- 
severe par la reduction de qv a t> 
(comme dans axfva qui est devenu 
eve ; voy. au mot eau). 

Prosevere n'est point une forme 
supposee; on trouve ce mot dans 
les Formul Andegav. (d. Mabil- 
lon) : « Quia habeo quid apud acta 
prosevere debiam. * 

Pro8ev(e)re se contractant (voy. 
p. lxxxi) en prosevere donne l'an- 
cien francais porsivre (qui est 
dans Villehardouin) par le change- 
ment: 1° de pro en vor (voy. au 
mot pour) ; 2° de sevre en sivre; 
sur e devenu t, voy. accomplir. 
L'ancien francais porsivre a donne 



poursuivre par le changement de 
por en pour (voy. pour) et par la 
diphthongaison de t en tit. — D. 
poursuite (substantif participial 
fort, voy. absoute). 

fotfrfattf, avant de signifier 
malgre" cela , ce mot signifiait pour 
tout cela j pour tant; voy. pour 
Petymologie au mot pour et fan*. 

J»ott ftotfff , voyez pour et 
tour. 

JPottrvot, voy. pouruotr. 

f*owt*t>oit« 9 en provencal pro- 
vwrtr, en italien prowidere f du L. 
protJtdcrc (pourvoir) par le chan- 
gement: 1* de pro en pour (voyez 
pour) ; 2° de videre en twrir (voyez 
voir). — D. pourvoyeur, pourvu, 
depourvu, pourvoi. 

Pouvvoyeuv, voy. pourvoir. 
— D. pourvoirie. 

f*oMt*vtc gtte, compose^ de 
pourvu (voy. pourvoir) et de que 
(voy. ce mot). 

1. Pouife (botanique), voy. 
pousser. 

2. **©tf*#e (medec. vetennaire), ' 
voy. pousser. — D. poussif. 

3. JPou«»c (poussiere en termes 
de commerce) : pousse qui est an- 
ciennement poke, en provencal 
pols (poussiere), vient du L. pulvis 
(poussiere) par la contraction regu- 
liere (voy. p lxxxi) de puXv(L)s en 
pulv's d'ou puis par la reduction 
de vs a * (voy. p. era, et p. xcv). 
Puis* donne l'ancien francais 
polce par le changement : 1° de * 

»en e (voy. cercuetl) ; 2° de u en o 
(voy. annoncer). — Polce est de- 
venu pousse par le changement: 
1° de ol en ou (voy. agneau);2* 
de c en «x (voy. agencer). — D. 
poussier, poussiere. 

i*otM«ev, ancienn. pober, du 
L. pubare (pousser) par le chan- 
gement de u en o (voy. an- 
noncer). d'ou l'ancien francais po/- 
ser qui devientppuwrpar le Chan* 



yGoogk 



POU 



425 



PRA 



gement de ol en ou (voy. agneau) . 
— D pousse (action de pousser ; 
substantif verbal); pousse (toux 
des chevaux; substantif verbal de 
pousser au sens de tousser, sens 
que possede aussi le latin pulsare) ; 
pousse" e (substantif participial); re- 
pousser. 

J»otcMief, voy. pousse 3. — 
D. poussiere. 

Poussiere^ voy. poussier. 

J»otM«if, voy. pousse 2. 

JPowMtn, anciennement pou- 
cin, plus anciennement polcxn, a 
Porigine pulcin, du L. pullieenus 
(poussin). Pullieenus reguliere- 
ment contracts (voy. accointer) en 
pulVcenus a donne puldn par le 
changement de e en t (voy. accom- 
plir). Pulcin est devenu successi- 
vement polcin par le changement 
de tt en o (voy. annoncer); poucin 
par celui de ofen ou (voy. agneau) ; 
poussin par celui de c en ss (voy. 
agencer). — D.poussiniere. 

J»otftfe. Ce mot qui sign i fie 
proprement jument (« P<? (ot^^s 
parts les poutres hennissantes » 
dit encore Ronsard au seizieme 
siecle) , a design^ plus tard une 
piece de bois qui sert a soutenir 
les solives d'un plancher; par une 
application de cette metaphore 
assez fr£quente qui consiste a don- 
ner auz pieces de bois qui sou- 
tiennenty le nom d'animaux qui 
supportent des fardeaux: e'est 

Sour la mtae raison que chevalet 
erive de chevat, et que le latin 
equuleus (piece de bois) derive de 
equula (jument). 

Poutre (au sens de jument) est 
dans notre ancienne langue pol- 
tre, en italien poledro (poulain), et 
vient du L. pulletrum* (poulain 
dans les Lois Barbares : « Si quis 
pulletrum anniculum vel binum 
furaverit. > lit-on dans la Lex 
Salica, tit. 40. Pulletrum est un 



derive" du latin classique pullus, 
poulain). 

Pull(e)trum contracts en pulV- 
trum (voy. p. lxxxi) donne poltre 
par le changement de u en o (voy. 
annoncer); poltre devient poutre 
par Padoucissement de ol en ou 
(voy. agneau). — D. poutrelle. 

JPcmrotr, anciennement po- 
voir, plus anciennement pooir, a 
Porigine podir, enespagnolpoder, 
en italien potere, du L. potere * 
(pouvoir dans les actes merovin- 
giens et dans les Lois Barbares ; 
pour la formation de potere, voy. 
au mot Hre). Potere par le chan- 
gement regulier de t en d (voy, 
aider et aigu) donne la forme po- 
dere que Ton trouve dans les tex* 
tes de Pepoque merovingienne : 
« Idio ipsa aucturetate mano pro- 
pria non podebat subscribere » dit 
une charte du roi Clotaire III (an- 
nee 657). 

Podere (qui est reste dans Pes- 

{>agnol poder, pouvoir) donne par 
e changement de e en i (voy. ac- 
complir) la forme podir qui est la 
plus ancienne forme francaise de 
ce mot : « In quant Deus savir et 
podir me dunat.... » lit-on dans les 
Serments de 842. Perdant regu- 
lierement le d medial (voy. acca- 
bier), po(d)tr donne Pancien fran- 
caispooir, par le changement det 
en oi (voy. boire). Par Tintercala- 
tion d'un v euphonique destinS a 
supprimer Phiatus (voy. corvie) 
po-oir devient posterieurement 
po-v-oir qui ?e transforme en pou- 
voir par le changement de o en ou 
(voy. affouage). — D. pouvoir 
(substantif). 

. Pragm*t!que, du L. pragma* 
ticus (pragmatique dans le Code 
Theodosien qui donne pragmatica 
sanctio). 

f»f«{t*ie 9 anciennement prae- 
rie, en provengal pradaria, en 



y Google 



PR6 



426 



PRfi 



ilalien prateria, du L. prataria* 
(prairie dans les textes carlovm- 
giens : c De prataria in insula at- 
pennos duos.... » dit uneGharte de 
832. Prataria derive de pratum 
pre). 

Pra{i)aria, perdant le t medial 
(voy. abbaye) et changeant a en 
e (voy. acheter) donne l'ancien 
francais praerie qui s'est post6- 
rieurement transforme en prairie. 
— D. prairial. 

Praline, mot d'oririne histo- 
rique(voy. p. lxtv); du nom du 
marechal de Praslin (dont le 
cuisinier inventa ce bonbon au 
dix-septieme siecle). — D. praliner. 

f Frame, de l'anglais prame 
(prame). 

Pratique (adj.). du L. practi- 
cus (actif, agissant dans Fulgence) . 
Sur c% devenu t, voy. affttt. — D. 
pratique (subst.) , pratiquer, pra- 
ticable, praticien. 

M*ve, anciennement pred, en 
provenc&l prat, en italien prato , 
du L. pratum (pre) par le change- 
ment de atum en e(voy. ampoule"). 

Prealable, pour prfallable; 
compose de pri (qui est le L. prae 
devant) et allable derive de aller 
(voy. ce mot). 

Pr^ambule, du L. praeambu- 
lus (qui precede) . 

Piwim, anciennement prael, 
en proven§al pradel, en italien 
prateUoduL. pratellum* (diminu- 
tif de pratum pre ; pour le detail 
du changement de sens, voyez 
p. xxraj. 

Pra(t)eUum par la chute regu- 
liere du t medial (voy. abbaye) 
donne l'ancien francais prael; 
adoucissant el en aw (voy. agneau), 
prael donne praau * qui s'est im- 
mediatement adouci en priau par 
dissimilation des voyelles (voyez 
p. lxxvi). Sur cetadoucissement de 
en 4 f voy. acheter* 



Prebende, du L. praebenda* 
(revenu ecclesiastique dans les 
textes du moyen age; praebenda 
est un derive de praebere fournir). 
— D. pr4bend4, vr6bendier. 

Preealre , au L. precarius 
(m. s.). 

Precaution, du L. praecau- 
tionem (m. s.). — D. precaution 
ner. 

Precedent, du L. praeceden- 
tem (qui precede) . — D. pre'ctdent 
(subst). 

Preeeder, du L. praecedere 
(preeeder) . 

precepte, du L. praeceptum 
(m. s.). 

Precepteur, du L. praeceptor 
(professeur). — D. prtceptoral, pri- 
ceptorat. 

PreeeiMlon, du L. praecessio- 
nem, derive de praeeessum (supin 
de praecedere prec6der). 
. Vwechevy en italien predicart, 
du L. praedicare (prtoher) par la 
contraction reguliere (voy. accoin- 
ter) de praed(L)care en praed'care 
d'oii pr&cher par la reduction de 
dca c (voy. adjuger) et par le 
changement : 1° de c en ch (voyez 
acharner) ; 2° de ae en e (voy. o. 
lxxxvi. — D. prSche (subst. verbal), 
prtcheur. 

Precleux,du L. prettostif (pre- 
cieux). — D. priciosxte, precieuse. 

Precipice, du L. praecipitium 
(abime) ; sur ti devenu ce, voyez 
agencer. 

Precipitation, du L. praecipe 
tationem (m. s.). 

Preclplter, du L. praecipitart 
(m. s. ). — D. pre"cipUant,pricipiU 
(subst. participial). 

Preclput, du h. praecipuum 
(preciput). 

precis, du L. praecisus (con- 
cis). — D pr Reiser, pre'cis (subst.). 

precision, du L. praecisionem 
(m. s.). 



y Google 



PRfi 



427 



PRE 



Preelte,du L. prae (devant) 
citi (voy. titer). 

precoce, du L. prxcocem (m. 
}.— D. prkocitd. 
preconlaer, du L. prxconi- 
re (m. s. dans les auteurs latins 
la decadence). — D. pre'conisa- 
m. 

precur«eur, du L. precursor 
i. s.). 

predeceMeur, du L. praede- 
nor (m. s.) 

predestination, du L. prae- 
stinationem (m. s.). 
predestlner, du L. praedes- 
are (predestiner). 
predicant, du L. praedican- 
n (qiii prfeche). 

predlcateur, du L. praedica- 
(predicateur). 
predication, du L. praedica- 
nem (predication) . 
prediction, du L. praedictio- 
n (prediction). 

predilection, compose de di- 
[ion (qui est le L. dilectionem, 
s.) et tie pre" (qui est le L. prae 
avant) . 

predlre, du L. praedicere (pre- 
2) : sur dicer e devenu dire, 
. dire. 

•redlspoaer, de disposer (voy . 
not) etdu L. prae (avant). — 
pre 1 disposition. 

•redomlner, de dominer voy. 
not) et du L. prae (avant). — 
ore" dominance. 

Preeminence, du L. praeemi- 
tia (m. s.). Sur tia devenu ce, 
. agencer. 

Preeminent, du L. praeemi- 
tern (m. s.). 

reetabllr, de ttablir (voyez 
lot) et du L. prae (avant). 
reexlstence , de existence 
-. ce mot) et du L. prae (avant). 
reexlater, de exister (voyez 
lot) et du L.prae (avant). 
r£fece, du L. praefatio (pre- 



face). Sur fib devenu ce, voyez 
agencer. 

Prefecture, du L. praefeetura 
(administration, commandement) . 

Preferer, du L. praeferre (pre- 
ferer). — D. preferable, prife- 
rence. 

Prefet, du L. praefectus (pre- 
fet). Sur ct = f, voy. affiU. 

prefix, du L. praefixus (place 
devant, et aussi fixe d'avance). — 
D. pre" fixe. 

Prejudice, du L. praejudicium 
(prejudice). — D. prtjudiciable. 

Prejndlclel, du L. praejudi- 
cialis (m.s.): 

Prejuge, voy. prtfuger. 

Prejuger, de juger (voy. ce 
mot) et du L. prae (avant). — D. 
prdjuge" (substantif participial). 

Prelasiser (se), voy. ptilat. 

Prelat, du L. praelatus (qui est 
en avant, qui commande, oVou le 
sens de dignitaire, dans le latin ec- 
ciesiastique) . — D. prilature. 

Prelatlon, du L. praelationem 
(preference). 

Prelever, de lever (voy. ce 
mot) et du L. prae (avant). — D. 
preldvement. 

Prellmlnalre , du L. prae 
(avant) et de liminaris (initial). 

Preluder, du L. praeludere 
Cm. s.). — D. prtlude (subst. ver- 

Premature, du L. praematu- 
ratus* derive de praematurus (pre- 
coce). — D. prematurity. 

Premeditation, du L. prae- 
meditationem (prevision). 

Premedlter, du L. praemedi- 
tari (m. s.). 

p»remlceo,duL. primit i ae (pre- 
mices). Sur tiae devenu ce, voyez 
agencer. 

fVemiet*, du L. primarius 
(premier) jparle changement: l°de 
arius en %er (voy. dnier); 2° de % 
ene (voy. admettre). 



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PRg 



428 



PRfi 



Pr^mliiei, du L. praemissa 
(proposition placee devaot) . 

Pr^mnnlr, du L. praemunire 
(premunir). 

Pnetta&fe, voy. prendre. — 
D. imprendble. 

PWttrffe, en italienprendere, 
du L. prendere (prendre dans Vir- 
gile) par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi) de prend(&)re en 
prendre. — D. apprendre, com- 
prendre, reprendre, surprendre, 
eprendre, entreprendre, mepren- 
dre, preneur, prenable. 

Prenom, du L.» praenomen 
(m. s.). 

Prenotlon, du L. praenotionem 
(m. s.). 

Preoccupation, duL. praeoc- 
cupaiionem (occupation preala- 
hle). 

Preoceuper, du L. praeoccu- 
pare (m. s.). 

Preoplner, de opiner (voy. ce 
mot) et du L. prae (avant). 

Preparation, du L. pracpa- 
rationem (m. s.). 

Preparatolre, du L. praepa- 
ratorius (m. s.). 

Preparer, du L. praeparare 
(m. s.). — D. preparattf. 

Preponderant, du L. prepon- 
derantem (m. s.). — D. prepon- 
derance. 

Proposer, de poser (voy. ce 
mot) et du L. prae (devant). 

Preposltlf,du L.praepositivus 
(m. s.). 

Preposition, du L. praepo- 
sitionem (preposition). 

Prerogative, du L. praeroga- 
tiva (privilege). 

J»fes, en italien presso, du L. 
prestut (propiement serre contre, 
j qui avoisine, d'ou le sens de joi- 
gnant et de pris). — D. apres; 
presque. 

Presage, du L. praesagium 
(presage), — D. prtiager. 



Presbyte, du grec Kpscftfrntc 
(m. s.). 

Presfeytere, du grec icpea6v- 
xipiov (habitation du pretre). — D. 
presbyteral, presbyterien. 

Prescience, du h.praescientia 
(m. s.). 6ur tia devenu ce, voyez 
agencer. 

Prcscrlptlfele, deriv6de pres- 
cription (voy. ce mot). — D. im- 
prescriptible. 

Prescription, du L. praes- 
criptionem (prescription). 

Preserlre , du L. praescribere 
(prescrire) ; sur scrxbere devenu 
scrire, voy. ecrire. 

Preteaatee 9 du L. praesiden- 
tia* (droit d'avoir la premiere 
place ; derive depraesidere avoir la 
preseance dans Suetone). Praesi- 
(d)entia a donne prise"ance par la 
chute du d medial (voy. accabler) 
et par le changement: 1° de ae en 
e (voy. p. lxxxvi) ; 2° de t en e 
(voy. adrnettre) ; 3° de en en on 
(voy. amender) ; 4° de tia en ce 
(voy. agencer). 

Presettce, du L. praesentia 
(presence). Sur tia devenu ce, 
voy. agencer. 

1. Pmen< (adj.), du L. prae- 
sentem (present). — D presenter, 
present (subst.). 

2. J»*e*eitt (subst.), voy. pre- 
senter. 

PfevetUe**, voy. present 1. — 
D. present (subst. verbal) , pre^ffi- 
fotton, presentateur , preventable, 
presentiment, reprisenter. 

Preserver, du L. praexertHire 
(m s.). — D. pre*en?aJeur, prrf- 
servatif. 

president, du L. praenderaem 
(qui preside). — D. prlfidenee, 
prntaWiei. 

presider, du L. praesidere 
(presider). 

+ presides, de Pespagnol pre- 
, sidios (gamisons). 



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pr£ 



429 



PRfc 



Presldtel, du L. praesidialis 
(de gouverneur de province). 

presomptlf, du L. praesump- 
tivus (m. s.). 

presomptlon, du L. prae- 
sumptionem (m. s.). 

presomptueux, du L. prae- 
sumptuosus (m. s.). Sur osus de- 
venu eux, voy. amoureux. 
Pfesgtce, voy. pres et que. 
Pfesgtc'tfe, voy. presque et 
tie. 

Pi«iic, voy. presser. — D. 
prewier. 

Pressentlr, du L. praes entire 
(m. s.). — D. pressentiment. 

Preifer, du L. pressare (pres- 
ser). — D. press* (substantif ver- 
bal) ; pressis. 

preMlon 9 du L. presiionem 
pression) . 

PrfMoir , du L. yressoriwm 
(presse). Sur la transposition de i, 
yoy. cnanotne. 

pressare, du L. pressura (ac- 
tion de presser) . — D. pressurer. 

pressure!*, voy. pressure. — 
D. pressurage , pressures. 

Prestance , du L. praestantia 
(superiorite). 

prestation , du L. praestatio- 
nem (action d'acquitter). 

f Preste , de l'italien presto 
(preste) 

f prestesse, de l'italien pres-' 
ie%a (prestesse). 

prestige, du L. praestigia 
(charme). 

prestlgleux , du L. praesti- 
ffiosus (m. s.). Sur osus devenu 
eux, voy. amoureux. 

f presto, de l'italien presto 
(preste, rapide). 

presitolet, origine inconnue. 
Presnmer^ du L. praesumere 
(presumer). — D. presumable. 

pre*>upposer , de supposfr 
(voyez ce mot) et du U prae 
(avaxit). 



Presupposition , de supposi- 
tion (voy. ce mot) et du L. prae 
(avant). 

t Presure, de l'italien presura 
(presure). 

1. Bret (adj.), anciennement 
prest, en italien presto, du L. 
praestus (pr6t, dans plusieurs in- 
scriptions de TEmpire. Praestus 
est frequent avec ce sens dans les 
LoisBarbares: « Quando cumpeti- 
tore causam finire sit praestus.... » 
dit la loi des Wisigoths ix, 2). 

Praestus a donne prest par le 
changement de ae en e (voyez 
p. lxxxvi); prest est devenu prit 
par la chute de s (voy. aMme). 

2. *Ve< (subst.), voy. prefer. 
Pretantalne, origine incon- 
nue. 

Pretendre, du L. praetendere 
(pretendre) ; sur le changement de 
tendere en tendre , voy. tendre. — 
D. prttendant, prttendu. 

Pretentious, voyez preten- 
tion. 

Pretention, du L. praetentio* 
nem* (deriv6 de praetentum supin 
de praetendere pretendre). — D. 
pre'tentieux, 

Pfetfet*, anciennement prester 
du L. praestare (proprement four- 
nir ; ce mot a deja le sens de pr§- 
ter dans leCode Theodosien: « cum 
nisi peculiariter ut jpecuniam 
praestet, a domino fuerxt postula- 
tes. »)— Praestare a donn6 prester 
par le changement de ae en e 
(voy. p. lxxxvi) ; prater par la 
chute de s (voy. abime). — D. 
pre*teur y prU (subst. verbal). 

Preterit, du L. praeteritum 
(m. s.). 

pretention, du L. praeterU 
tionem (m. s.), 

Preteur, du L. praetor (mfime 
sens). 

Pretexte, du L. praetextus 
(pretexte). -r D T pre"texter. 



y Google 



PR6 



430 



PRI 



pretlntaftlle, origine incon- 
nue. 

Pretolre, du L. praetorium 
(pretoire). Sur le changement de 
o en ot, voy. chanoine. 
' Pretorlen, du L. praetorianus 

(m. S.). 

Prctrc, anciennem. prestre, 
du L. presbyter (prfitre dans Pru- 
dence et dans saint Jerdme). Pres- 
bfflter regulierement contracts 
(voy. p. lxxxi) en presVter, puis 
en premier (voy. p. xcv), donne 

Srestre par la chute du dernier e 
tin (voy. p. lxxxi) : prestre est 
devenu pritre par la chute de s 
(voy. ablme). — D. prStresse, pre*- 
trise, pritraille. 

picture, du L. praetura (me- 
me sens). 

Pretive, en italien proua, 
en Catalan proba, du L. proba 
(derive de probare prouver). 
Proba a donne* preuve par le 
changement: '1° de b en « (voyez 
avanf) ; 2° de o en eu (voy. ac- 
cueitftr). 

Pfetue, anciennement preus, 
a Porigine pro*, en italien pro, 
mot dont letymologie est incon- 
nue — D. de l'ancienne forme 
pro *vroesse w (aujourd'hui prouesse 
par le changement de o en ou; 
voy. affouage). 

Prevololr, du L. praevalere 
(m. s.). Sur le changement de va- 
lere en valoir y voy. valoir. 

Prevorleateur, du L. praeva- 
ricator (m. s.). 

Prevarication, du L. praeva- 
ricationem{m. s.). 

prevorlquer, du L. praevari- 
cari (m. s.). 

Pr^venftni, voy. prSvenir. — 
D. provenance. 

Prevenir, du L. praevenire 
(prevenir). — D. prevenant. 

Preventlf, voy. prevention. 

Prevention, du L. praeventio- 



nem (derive de praeventum supin 
de praevenire prevenir). 

Prevenu, substantif participial 
de prtvenir (voy. ce mot). 

Prevision, de vision (voy. ce 
mot) et du L. prae (avant). 

prevolr, du L. praevidere 
(m. s.). Pour le changement de 
videre en voir, voy. au mot voir. 
— D. prtvoyant, prfooyance. 

Pfevo*, anoiennement prevost 
(proprement: pr6pose du roi),duL. 
praepositus (prepos6). Praepos($- 
tus, regulierement contracts (voy. 
p. lxxxi) en praepos'tus a donne 
privost par le changement : 1° de 
de ae en e (voy. p. lxxxvj) ; 2* de 
p en v (voy. arrxver) ; privost est 
devenu prevdt par la chute de s 
(voy. abtme). — D. prevdtal , pri* 
v6U. 

Pfevoycm* , voy. privoir. — 
D. pre'voyance. 

JPfie-Dieu, voyez dim et 
prier. 

Pviev , du L. preeare (prier) 
par la chute du c medial (voyez 
affbuage) et par le changement de 
e en t (voy. accomplir). 

J»Hjene 9 ^n provencal pre- 
guiera, en Catalan pregaria, du L. 
vrecaria* (priere dans les textes 
latins du moyen &£e ; precarta 
d6riv6 de preeare prier). Fre(c)a- 
rta a donne priere par la chute 
du c medial (voy. affouage) et par 
le changement : 1° de e en t (voy. 
accomplir) ; %• de a en e (voyex 
acheter). 

J»fiettf , du L. prtorem (le 
premier) par le changement de o 
en eu (voy. accueiuir) . — D. 
prieure", prieure. 

prlmolre, du L. primarius 
(premier). 

prlmnt , du L. primatem (qui 
est au premier rang). — D. prima* 
tial, primatie. 

J»fiittatt*e% du L. primaiit*r 



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PRI 



431 



PRI 



tern* (dem6 de primus premier). 
Pour le changement de alitatem 
en aute", voy. communaute'. 

1. Prime (adj.), du L. primus 
(premier). — D. prime-abord, 

2. Prime (liturgie) , du L. 
prima [hora] (la premiere heure). 

3. f Prime (a'assurance) , de 
Fanglais premium (prime). 

4. Prime (joaillerie), ancienne- 
ment prisme , du L . prisma 
(prisme). Pour la chute de s, voy. 
abime. 

Primer, voy. prime. 1. — D. 
primage. 

J»ftme-«OM* , voyez saut et 
prime. 1. — D. prime-sauiier. 

Prlmenr, voy. prime. 1. 

Prlmevere, du L. primum ver 
(fleur, dans Martial). 

Prlmlcler , du L. primicerius 
(m. s.). 

Prlmltlf, du L.primitivus (pn- 
^mitif). 

Prlmo, du L. primo (ablatif de 
primus premier). 

f Primogeniture, de l'italien 
primogenitura (m.s.). 

Primordial, du L. primordia- 
lis (m. s.). 

J»»*iMce, en italien principe 
du L. principem (prince) par la 
chute dies deux dernieres syllabes 
atones (voy. p. lxxxi) . — D. prin- 
cesse, princier. 

Prlnceps, du L. princeps (pre- 
mier). 

Principal, du L. principalis 
(principal). 

Princlpaute, du L. principa- 
litatem (dignite de prince, puis 
terre qui donne le titre de prince). 
Sur le changement de alitatem en 
autf> voy. communautd. 

Principe, du L. principium 
(m. s.). 

JPt*i**amet*, voy. printemps. 

JPrfittfemp*, du L. primum 
temnus* (la premiere saison de Tan- . 



neejranneecommencantaP&'aues). 
Prtmum tempus contracts en 
primUempus a donne printemps 
par le changement de m en n (voy. 
changer). — D. printanier. • 

Priori (a), du L. a (de) et 
priori (qui est avant). 

Priori te, du L. prioritatem * 
(derive de prior qui est avant). 

Pfi«, du L. prensus (pris, 
dans Horace). Prensus reduisant 
regulierement (voy. aini) ns k s, 
donne presus qui devient pris par 
le changement de e en t (voy. ac- 
complir). — D. prise (substantif 
participial), d'ou priser. 

1. Priset* (aspirer du tabac 
en poudre), voy. pris. — D. prir 
seur. 

2. Pt^«et» (apprecier), du L# 
pretiare (priser, estimer, dans 
Cassiodore. Le mot est frequent 
dans les Lois Barbares : « St quit 
alicui caballum involaverit et 
pretiet eum dominus ejus cum Sa- 
cramento usque ad 6. solidos.... » 
dit \<±Lex Alamannorum, 71). 

Pretiare a donne priser par le 
changement: 1° de e en t (voyez 
accomplir) ; 2° de tiare en set 
(voy. agencer). — D. commissaire- 
priseur ; prise" e ; mtpriser. 

Prisme, du grec icpiqjia (m. 
s). — D. prismatique. 

Prison, du L. prensionem 
(action de saisir, d'emprisonner, 
d'ou le sens de prison, par le pas- 
sage du sens abstrait au sens con*, 
cret). Prensionem f reduisant regu- 
lierement ns a s (voy. atni) donne 
vresionem qui devient prison par 
le changement : 1° de e en t (voy. 
accomplir); V de sio en so (voy. 
agencer). — D. prisonnier. 

Prlvatlf, du L. privativus 
(m. s.). . . 

privation, du L. prtvationem 
(m. s.). 

Pfivatttfe ancienn. privalte, 



y Google 



PRO 



432 



PRO 



du L. privalitatem * (de privalis> 
deriv£ de privus % prive). Pour le 
changement de alitatem en auU, 
voy. communauU % 

J»t*foe', du L. prtoafuj (parti- 
culier). 

Prlwr , du L. prfoare (pri- 
ver). — D. prive'. 

privilege, du L. privUegium 
(m. 8.). — D. priviUgier , prttri- 

J>t*fcr, anciennement pru, du 
L. pretium (prix) par le change- 
ment : 1° de e en * (?oy. accom- 
plir) ; 2° de tfu en s puis en a? 
(voy. agencer). 

probability, du L. probabUi- 
tatem (m. s.). 

Probable, du L. probabilis 
(m. s.). 

Probant, du L. probantem 
(qui prouve). 

probation, du L. probatio- 
ner* (epreuve). 

Probattoue, du L. probaticus 
(m. s.). 

probe, du L. probus (probe). 

Probtte, du L. probitatem 
fl>robite). 

Problematlque , du grec upo- 

Probleme, du grec npo&Tiua 
(question proposee). 

Probooctde, du L. probosci- 
dem (museau). 

proceder, du L. procedere 
(proceder). — D. proce'dd (subst. 
participial), procedure. 

Procedure, voy. proctder. 

proees, proprement marche, 
developpement, du L. processus 
(marche).— D. processif. 

ProeeMlon, du L. processio- 
nem (sortie solennelle). — D. pro- 
cessionnal. 

Preeeo- verbal, voy. proc&s 
et verbal. 

PVocJtoiit, voy. proche.. 

JVoeJbe, duL. propius (comp. 



de prope t proche), par le change- 
ment regulier (voy. abriaer) de 
piu en che. — D. proeham, ap- 
procher, rapprocher, reprocher. 

PreebrenlMue, du grec icpo- 
xpovoc (anterieur). 

Proclamation, du L. procta- 
mationem (cris). 

Prodamer, du L. proclamare 
(m. s.). 

Preeonaul, du L. proconsuk 
(proconsul). 

Prooonoulalre, du L. pro- 
consularis (m. s.). 

Proconoulat , du L. proconsu- 
latus (m. s.). 

procreation, du L. procrea- 
tionem (m. s.). 

procreer, du L. procreate 
(m. s.). 

Proeurateur, du L. procu- 
rator (fonde de pouvoirs). 

Procuration, du L. procura- 
tionem (commission). 

procurer, du L. procuran 
(soigner). 

>, du L. procuratoren 



(proeurateur) : pour le changement 
de atorem en eur, voy. empereur. 

Prodlgallte, du L. prodigali- 
totem (m. s.). 

prodlge, du L. prodigium 
(m. s.). 

Prodigious, du L. prodigie- 
sus (m. s.). 

Prodlgue, du L. prodigut 
(m. s.) . — D. prodiguer. 

Prodrome, du grec irp63po|io< 
(qui court devant, precurseur). 

Producteur, du L. productor 
(derive de proauctum supin de 
producer e y produire). 

Produellff, du L. productivus* 
(derive de productum, supin de 
producere, produire). 

Production, du L. production 
nem (derive de productum, supin 
de producere , produire). 

Produire, du L. producere 



y Google 



PRO 



433 



PRO 



(produire). Pour le changement de 

% aucere en duire, voy. conduire. 

t Produit, du L. productus (pro- 

duit). Pour le changement de ct 

t . en it, voy. attrait. 

Proemlnent, du L. proemi- 
nentem (m. s.). — D. proemi- 
i nence. 

profonateur, du L. profana- 
i tor (m. s.). 

Profanation, du L. profana- 
tionem (m. s.). 

Profane, du L. prof anus 
(m. s.). 

Pro toner, du L. profanare 
(profaner). 

proferer, du L. proferre 
(m. s.). 

Profes 9 professe 9 du L. pro- 
fessus (qui a fait profession). — D. 
professer. 
Professer, voy. profis. 
Professeur, du L. professor 
(professeur) . 

profession, du L. professio- 
ns (profession). 

Professo (ex), du L. ex (de) 
et professus (declare^ expose). 

professoral 9 du L. professo- 
rates* (derive de professor, pro- 
fesseur). 

Professo rot, du L professo- 
ratus * (derive de professor, pro- 
fesseur) 

t Profit , de Pitalien profjilo 
(profil). — D. profiler. 

Profit, du L. profectus (profit 
dans Ovide) par le changement re- 
gulier (voy. attrait) de ect en it. 
— D. propter, profitable. 

Profond, du L. profundus 
(m. s.). — D. profondeur, appro- 
fondir. 

Profusement, d6riv6 de pro- 
fits qui estle L. profusus (repandu 
abondamment) . 

Profusion , du L. profusionem 
(profusion) . 

Progentture , du L. progeni- 



tura * (deriv6 de progenitum, su- 
pin de progignere, engendrer). 

Programme, du grec rcpo- 
TpapLjxa (e/5rit par lequel on an- 
nonce d'avance;. 

progres, du L. progressus 
(progres) . — D. progresser, pro- 
gressif. 

progression) du L. progres- 
sionem (m. s.). 

Prohtber, du L. prohibere 
(repousser, defendre). 

Prohlbltlf, du L. prohibits 
vus * (derive de prohibitum, supin 
de prohibere, prohiber) . 

Prohibition , du L. prohibit 
tionem (m. s.).. 

I>foie, en italien preda, du I. 
praeda (proie) par la chute du d 
m6dial prae(a)a (voy. alouette) et 
par le changement successif de a* 
en c (voy. p. lxxxvi), puis de e en 
ox (voy. accroire). 

Projectile, du L. projectilis* 
(deriv6 deprojectum, supin depro- 
jicere, jeter en avant) . 

Projection, du L. projection 
nem (jet en avant). 

Projecture , du L projectura 
(m. s.). 

Pro jet 9 du L. projectus fee que 
Pon met en avant, ce que Pon pro- 
pose) . — D. projeter. 

Projcter, voy. projet. 

prolegomenes , du grec tat 
wpoXeyou-eva (preambule). 

Proteose , du grec upoX^i^ 
(anticipation). 

proletalre, du L. proletarius 
(m. s.). 

Prollflque, du L. prolific^ 
(m. s.). 

Prollxe, du L. prolixus (pro- 
lixe). 

Prollxlte, du L. prolixitatem 
(prolixite). 

prologue, du grec irpo>OYO; 
(discours prehminaire). 

Prolonged du L. prolongate 



yGoogk 



PRO 



434 



PRC 



(m. s.). — D. prolonge fsubst. 
verbal), prolongation, prolonge- 
ment. 

Promeatef , du Ljprominare 
(mener dans Apulee). Sur le chan- 
gement de t en 0, voy. admettre. 
— D. promenade, promeneur, pro- 
menoir. ' 

Promeife, du L. promissa 
(chose promise) par le changement 
de i en e (voy. admettre). 

Promettrc, en italien pro- 
mettere, du L. promittere (pro- 
mettre), par le changement de 
mittere en mettre (voy. admettre). 

PromUcul te , du L. promis- 
cuitatem* (derive de promiscuus, 
commun). 

Promlmlon, du L. promissio- 
nem (promesse). 

Promontotro, du L. promon- 
torium (m. s.). 

Promoteur, du L. promoter* 
(derive" de promotum, supin de 
promovere, promouvoir). 

Promotion, du L. promotio- 
nem (no. s.). 

Promouvoir, du L. promovere 
Jra. s.). Pour le changement de 
novere en mouvoir, voy. mouvoir. 
^D. promt*. 

Prompt, du L. promptus 
(prompt). 

Promptitude, du L. prompti- 
tudo* (m. s.). 

promulgation, du L. promul- 
gatiknem (m. s). 

Promulguer, du L. promtd- 
gare (m. s.). 

J»rcme,du L. praeconium (pu- 
blication, annonce) ; par le chan- 
gement de ae en e (voy. p. lxxxvi), 
d'ou preconium qui donne prdne 
par la chute du c medial pr«(c)o- 
nium et par la contraction de pre- 
one en prdne (voy. p. xc). — D. 
prdner, prdneur. 

~ > du L. pronomen <m. 



Pronominal, <fc L> prononr" 
noiis (m. s.). 

Prononeer, du L. pronuntiare 
(m. s.), par le changement de nun- 
tiare en noncer (voy. annoncer.) 

Prononctetlon, du L. pro- 
nuntiationem (m. s.). 

Pronostle, du grec^poYvowrn- 
x6v (indice de ce qui doit arrive^, 

— D. pronostiquer. 
Pronootlquer, voy. pronostic 

— D. pronostiqueur. 
Propagoude, mot d'origine 

historique (voy. p. lxiv) ; allusion 
au College de la Propagande, a 
Rome, congregation institute pour 
la propagation de la foi. 

Propagoteur, du L. propaga- 
tor (m. s.). 

Propagation, du L. propaga- 
tionem (extension). 

Propagor, du L. propagare 
(propager). 

Propenslon, du L. propensio- 
nem (m. s.). 

Prophete, du L. propheta (m. 
s.). 

Propheteaoe, du L. prophe- 
tissa (m. s.). Sur t devenu e, voy. 
admettre. 

Prophetle, du L. prophetia 
(m. s.). 

Prophetlque, du L. propheti- 
cus (m. s.). 

Prophetloer, du L. propheti- 
sare (predire, dans saint Jerome). 

Proplce, du L. propitius (pro- 
pice). Sur tiu devenu ce, voy. 
agencer). 

propolU, du L. propoUs (re- 
sine). 

Proportion, du L. proporttO' 
nem (m. s.). — D. proportionner, 
disproportion. 

Proportlonnollte, du L. pro* 
portionalitatem (m. s.). 

Proportlonnel, du L. propor- 
tionalis (m. s.) 

Pt^po« > duL.pfopositttm(cho' 



y Google 



PRO 



435 



PRO 



se propose, dessein, resolution). 
f Pour le changement de ositum en 
, os, voy. dispos. 

■ Proposer, voyez ci-dessus au 
', mot poser. 

proposition, du L. proposi- 
tionem (proposition). 
| Propre, du L. proprius (m . s. ) . 
— D. impropre, approprier, pro- 
pret, propretL 

propreteur, du L. propraetor 
(m. s.). 

Proprletalre, du L. proprieta- 
rius (proprietaire, dans Ulpien). 

Proprlete, du L. prqprietatem 
(m. s.) 

Propylees , du grec icpoitu - 
Xaio; (vestibule). 

• Prorata, du L. pro (pour) et 
rata [parte] (la part fix6e, deter- 
mine) . 

Prorogation, du L. proroga- 
tionem (m. s.). 

Proroger, du L. prorogare 
(m. s.). 

ProsaYuue, du L. prosaicus 
(kc rit en prose). — D. prosaisme. 
Prosateur, voy. prose. 
Proscrlpteur, du L. proscrip- 
tor (m. s.). 

Proscription, du L. proscrip- 
tionem (proscription) . 

Proserire, du L. proscribere 
(proscrire), par le changement de 
there en ire (voy. tcrire). 

Proscrlt, au L. proscriptus 
(proscrit) par. le changement de 
iptus en it (voy. 4crit). 

prose, du L. prosa (m. s.). — 
D. prosateur. 

Prosecteur, du L. prosector 
(celui qui coupe). 

Proselyte, du L. proselytus 
(m. s. dans saint Jerdme). — D. 
prosily tisme. 

Prosodle, du grec itpoacp&ot 
(chant). — D. prosodique. 

Proaopopee, du grec rcpoato- 
noiroita (personnification). 



Prospectus, du L. prospectus 
(vue). 

Prosperer, du L. prosperate 
(reussir). 

Prosperlte, du L. prosperita- 
tern (m. s.) 

Prosterner (se) , du L. pro- 
sternere (se prosterner). — D.pro? 
sternation, prosternement 

prostituer, du L. prostituere 
(m. s.). 

Prostitution, du L. prostitu- 
tionem (m. s.). 

Prostration, du L, prostrar 
tionem (abattement). 

Prote, du grec TtpcSio; (le pre- 
mier). 

protecteur, du L. protector 
(protecteur). — D. protectorat. 

Protection, du L. protectiotiem 
(m. s.). 

protee, du L. proteus (m. s.). 

Proteger, du L. protegere. 

Protestation, du L. protesta- 
tionem (protestation) 

Protester, du L. protestari 
(protester). — D. protestant (nom 
donne aux Lutheriens qui protes- 
terent, en 1529, a la diete de Spire, 
contre un edit de la diete de Worms) ', 
protestantisme. ■ 

protet, pour protest (sur la 
chute de s, voy. abime) . Protit est 
le substantif verbal de protester 
(voy. ce mot). 

Protoeole, du grec itpwToxoX- 
Xov (la premiere feuillc du livre, 
propr. le premier feuillet colle). 

Protonotalre, du grec Trpaixo; 
(le premier) et du L. notarius 
(scribe). - 

Prototype, du grec icowtotu- 
rco<; (qui est le premier moaele). 

Protoxyde, du grec np&xoc (le 
premier) et 6{|u; (acide). 

Protuberance, du L. protu- 
berantia* (de protuberantem part 
de protuberare, dtre proemi- 
nent). 



yGoogk 



PRO 



436 



PSA 



Protuteur, du L protvtor (m&- 
me sens). 

Prou (beaucoup) en italien pro, 
du L. probe (bien) par la chute du 
b medial (voy. aboyer) et par le 
changement de o en ou (voy. af- 
fouage). 

f Prone, au seizieme siecle 
proe, mot assez recent dans la lan- 
gue et qui vient de Pespagnol 
proa (proue). Pour le changement 
de proe en proue, voy. au mot 
affbuage. 

Protfecte, voy. preux. 

Pfott vef 9 du L. probare (prou- 
ver) par le changement : 1* de o en 
ou (voy. affouage); 2° de b en v (voy. 
avant). — D. iprouver, re'prouver. 

Provetufe, du L. praebenda 
(ce que Ton doit fournir, d'ou le 
sens de provision). Praebenda a 
donne provende par le change- 
ment : 1° de b en v (voy. avant) \ 
2° de ae en c (voy. p. lxxxvi) > puis 
de e en o (voy. rogwon) . 

Provenlr, du L. provenire (pro- 
venir) — D.provenant, provenance. 

Proverbe, du L. proverbium 
(m. s.). 

Proverbial, du L. proverbialis 
(m. s.). 

Providence, du L.providenlia 
(providence). Sur tia devenu ce, 
voy. agencer. 

J»f ovigwie* , voy. pnwtn. — 
D. provignement. 

J*fovtn, anciennement pro~ 
vatn, en provengal probatna , en 
italien proppagine, du L. propa- 
ginem (provin, rejetoo de vigne). 
PropagiXjnem regulierement con- 
tracts (voy. p. lxxxi) en propatfnem 
donne provain par le changement: 
1° de p en v (voy. arriver); 2° de 
gn en n (voy. ossrffier) ; 3° de a en 
at (voy. aigle), — D, provi(/ner, 
provignement. 

province 9 du L. provmcia 
(province). 



Provincial, du L. provincial* 
(provincial) . 

provloeur, du L. provisor (ce- 
lui qui pourvoit a) . 

Provision, du L. provisionem 
(m. s.J. — D. provUianner, ap- 
provistonner. 

Provloolre, du L.provisorius* 
(rendu par provision). 

Provocateur, du L. provocar 
tor (provocateur). 

Provocation, du L. provoca- 
tionem (m. s.). 

Provoquer, du L. provocart 
(provoquer). 

Proxlmlte, du L. proximito- 
tern (m. s.). 

Pwi «fe, du L. prudens (circon; 
spect). — D. prutfhomme, prude- 
rie, prud'hommie. 

Prudence , du L. prudeniia 
(pr6voyance). 

Prudent, du L. prudentm 
(prudent). 

Pr>MMe 9 du L. prunum (pru- 
ne). — D. prtmter, pruneau, (de 
l'ancien francais prunel, diminuaf ' 
de prune; sur el devenu eau, voy. 
agneau)y prunellier, pruneUe (d'ou 
le sens de pupille de 1 oeil,assimil£e 
a une petite prune noire). 

1. f»ttmefle, voy. prune. — 
D. pruneUier. 

2. Pttmetle (de Toeil), voy. 
prune. 

Prurlglneux, du L. prurigo 
nosus (m. s.). 

Prurlt, du L. pruritus (m. s.). 

Pruoalane (acide), ainsi nom- 
ine parce qu'il fut eitrait d'aboid 
du bleu de Prusse. 

Pry tanee, du grec rcpvrav«io* 
(m. s.). 

Poalmlste, du L. psalmist* 
(m. s. dans S Jerdme). 

Poalmodle, du L. psaUmodU 
(m. s ).— D. psalmodier. 

Paalterlon, du L. psalter** 
(m. s.)# 



y Google 



PUD 



437 



PUI 



Psau me, du L. psalmus (psau- 
me) par le changement de a£ en 
au (voy. agneau). Le son initial ps 
6tantetranger a notre langue, Fan- 
cien francais disait correctement 
saume pour psaume, sautier pour 
p*aMtter. (Pour la reduction de ps 
a s, voy. p. en.) 

P*autier, anciennement sau- 
tier, du L. psalterium (psautier) 
par le changementde al en au (voy. 
agneau) et par celui de e en ie 
(voy. arriere). Pour Implication 
de l'ancienne forme sautier, voy. 
psaume. 

Pseudonyme, du grec ^u5o>- 
vufjLo; (qui porte un fauxnom). 

Psyche, du grec <]/vx*i (Psyche, 
propr. ame). — D. psyche" (glace). 
Psychologic, du grec 4> u X*i 
(ame) et Xoyo; (traite). — D. psy- 
chologique, psychologiste, psycho- 
logy. 
Pttantfewt*, voy. puer. 
Pubere, du L« puber (meme 
sens.) 

Puberte, du L, pubertatem 
(m. s.). 

Public, du L. piib?tcu*(m s.). 
— D . pwbWctsf 6 . publicity 

Pabllcaln, du L. publicanus 
(publicain) . 

Publication, du L. publicatio- 
nem (m. s.). 

Publldste, voy. public. 
Publlclte, voy public. 
Pub Her, du L. publicare (pu- 
blier) par la chute du c medial 
(voy. affouage). 

J*wce, anciennement pulce, en 
italien pulce, du L. pulicem (puce) 
par la contraction reguliere (voy 

§. lxxxi) de pul(L)cem en puVcem, 
'ou l'ancien francais pulce. — D. 
puceron, ipucer. 

Podear. du L. pudor (pudeur). 
— D. impudeur. 

Pudlbond, du L, pttdibundus 
(pud i bond). 



Pudlclte, du L. pudicitatem 
(m. s.). 

Pudlqae, duL.pudtcus(m.s.). 

Pttet* , ancien francais puir, en 
provencal pudir, en italien pudtre, 
du L. putere (puer), par la chute du 
t medial pu(t)ere et par le change- 
men t de e en i (voy. accomplir) . 
— D. puant, puanteur; empuanter. 

Puerll, du L. puerilis (m. s.). 

Puerlllte, du L. puerilitatem 
(m. s.). 

Pugll*t, du L #- pugilatus 
(m. s.)^. 

^ Pwine (qui est ne apres), an- 
ciennement puisnty du L. postna- 
tus* (pulne. — « Est consuetudo in 
quibusdam partibus, quod postna- 
tus praefertur primogenito », dit 
un texte du moyen age; postnatus 
est un compose de natus ne, et de 
post apres). —Pour le changement 
de post-natus en vuis-nt, voy. 
puis et ne*; pour le changement ue 
puisne en puind, voy.. aMme. 

Pud, du L. post (puis) , par la 
chute du t (voy. ndtre), et par le 
changement de o en tu (voy. cin- 
der). — D. puisque ; depuis. 

J*tt i*e»*, voy. puits — D. puisa- 
tier ; epuiser. 

Puisque, voy. puis et que. 

Ptfi#«attce, voy. puissant. 

P«ci#«ati*, du L. possentem* 
(participe barbare de posse pou- 
voir). Sur le changement de o en 
ui, voy. cuider. — D. puissance, 
imptiissanf. 

f>«ci*#, anciennement puis, du 
L. puteus (puits) par le change^ 
ment regulier (voy. abr4ger) do 
puf(eu)s en put(ixx)s 7 d'ou puis par 
le changement de u en ui (voy. 
buis) et par celui de ti en s (voy. 
agencer). De cette ancienne forme 
puiSy sont venus jmiser, ptmard. 
L'orthographe putts est l'oeuvredes 
pedants du seizieme siecle qui in- 
tertalerent un t dans puis ; ils 



yGoogk 



PUR 



438 



PUS 



croyaient rapprocher ainsFle mot 
francais de sod original latin, sans 
se douter que Ys de puis repre- 
presentait deja le ti latin. 

Pulluler, du L. pullulate (pul- 
luler). 

Pulmonalre, du L, pulmona- 
rius (pujmonique). 

Pulpe, du L. pulpa (pulpe). 

Pulpeux, du L. pulposus 
(charnu). 

Pulsation, du L. puUationem 
(choc). 

f pulverln, de tttalien polve- 
rino (pulvenn). 

Pulveriser, du L. pulverisare 
(pulveriser). — D. pulvtrisation. 

Pulverulent, du L. pulveru- 
lentus (poudreux). 

J>Mnai#,en provencal putnais, 
derive de Tancien francais put (fe- 
tide) , par un suffixe nats (pour 
inais, qui est le L. inaceus. L'an- 
cien francais put est le latin puti- 
dus (fetide, puant). Pour la chute 
des aeux dernieres syllabes atones 
(voy. p. lixxi).— D. punaise (pro- 
prement insecte puant). 

Ptfnaite, voy. punais. 

f Punch , de l'anglais punch 
(punch). 

Puntque, du L. punicus (m. sA 

Punlr, du L. punire (punirj. 
— D. punissable, punisseur. 

Punltlon, du L. punitionem 
(m. s.). 

Puptllalre, du L. pupillaris 
(m. s.). 

Pupllle, duL. pupitta (pupille). 

IHt pi*t«e, du L. pulpitum (pu- 
pitre). Par la transposition ae I 
(voy. sangloter) pulpitum donne 
pupitlum <rou pupitre par le chan- 
gement de I en r (voy. ap6tre) . 

Pur, du L. purus (pur) . — D. 
puriste, purisme. 

Puree, anciennement peurie, 
a l'origine pevrte, du L. piperata* 
(proprement mets au poivre) par 



la contraction reguliere (voy. oc- 
coirUer) de pip(&)rata en pijfrata 
d'ou pevrie par le changement : 
1 # de p en « (voy. arrtt>er) ; 2° de 
afa en ie (voy. ampouil). Pew^« 
a donne peuree par la vocalisation 
du v (voy. aurone); peuree s'est re- 
duit posterieurement a pure'e par 
le changement de eu en u (voy. 
curie) que Ton retrouve dans bu t 
mu, mure, mutin, bluet, etc., qui 
etaient anciennement beu, meu, 
meure, meutin, bleuet, etc. 

Purete, du L. puritatem (pn- 
ret6). Sur t devenu e, voy. admet- 
tre. 

Purgatlf , du L. purgatim 
(m. s.). 

Purgation, duL. purgattonm 
(m. s.). 

Purgatolre, du L. purgatorw 
(purgatif). 

Parser, du L. purgare (pur- 

fer). — D. purge (substantif ver- 
al); espurjfer. 

Purification, du L. purified' 
tionem (m. s.). 

Purifier , du L. purificare 
(m. s.). 

Purisme, voy. pur. 

Puriste, voy. pur. 

f purttaln, de l'anglais pun- 
ton (m. s.). — D. puritanisme. 

Purpurln, du L. purpurin** 
(de pourpre). 

Purulence, du L. purulent* 
(pus). 

Purulent, du L. purulent** 
(m. s.). 

Pus, du L. pus (m. s.). 

Puslllanlme, du L. pusffla* 
nimis (m. s.t. 

Puslllantmlte, du L. pusHla- 
nimitatem (m. s.) . 

pustule, du L. pustula (pus- 
tule). 

Pustuleux, du L. pustulosis 
(m. s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 



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QUA 



439 



QUA 



Putattf, du L. putativus (sup 
pos6). 

J»tt tfoto, proprement Hte puan- 
te; putois est un d6riv6 de Pancien 
francais put (puant), qui vient lui- 
m£medu L. putidus (puant, fetide) 
par la chute des deux dernieres 
voyelles atones (voy. p. lxxxi). 

Putrefaction, du L. putrefae- 
tionem (m. s.). 

Patrefler, du L. putrificare * 
(derive de putris, pourri). 

Putrtde, du L putridus (pour- 
ri). — D. putriditt. 

Pygmee, du grec itvypLatoc 
(haut d'une coudee). 

Pylftne, du grec mAwv (por- 
tail). 

Pylore, du grec m>>u>p6c (m. 
s., proprement portier). — D. pylo- 
rique. 

Pyramtde, du L. pyramidem 
(m. s.). — D. pyramidal, pyra- I 
mider. 



Pyrlaue, denve" du grec 7c0p 
(feu). 

pyrlte, du grecmipCrnc (qui est 
de Ja nature du feu).— h.pyriteux. 

Pyroltgneux,du grec wup (feu) 
et de ligneux (voy. ce mot). 

Pyrometre, du grec icvp (feu) 
et (uxpov (mesure). 

Pyrotechnic, du grec itvp 
(feu) et xi/vri (art).— D. pyrotech- 
nique. 

Pyrrhtque, du grec iwf $i%n 
(danse militaire). 

Pyrrhontsme, pyrrhonlen, 
mots d'origine historique (voy. p. 
lxiv) ; de Pyrrhon, nom d\m plii- 
losophe grec. 

pythaa;ortelen,dem6du grec 
iwOayopixoc (disciple de Pytha- 
gore). 

Pythle, du grec iruOCa (pr6- 
tresse d'Apollon a Delphes). 

Py thonloae, du grec iruOc&vuroa 
(prophetesse 



Q 



Quadragenalre, du L. qua- 

dragenarius (m. s.). 

Quadrageslme, du L. qua- 
drafesima (s. ent. dies, le qua- 
rantieme jour). 

Quadrangle , du L. quadran- 
gulus (m. s.). — D. quadrangu- 
laire. 

Quadrature, du L. quadratura 
(m. s.). 

Quadrl.... prefixe qui est le L. 
quadri.... (quatre). 

Quadrlge, du L. quadrigae 
(m. s.). 

Quadrllatere, du L. quadri- 
IcUerus (m. s.). 



f Quadrille, de l'italien qua- 
drxglia (quadrille). 

Quadrumane, du L. quadru- 
rrianus (m. s.). 

Quadrupede, du L. quadra- 
pedus (m. s.). 

Quadruple, du L. quadru- 
ple (m. s.). — D. quadrupler. 

^ttai, mot d'origine celtique 
(breton toe, quai). 

f Quaker, de l'anglais quaker 
(trembleur). 

Quallflcatlf , du L. qualifica< 
tivus * (deriv6 de qualificare; voy. 
qualifier). 

Qualification, du L. qualifi- 



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QUA 



440 



QUE 



cationem * (deriv6 de qualificare ; 
voy. qualifier). 

Qualifier, du L. qualificare * 
(m. s., derive de qualis, tel). 

Qualite, du L. qualitatem 
}m. s.). 

Quand , du L. quando (quand). 

1. Quant (adj.), duL. quantus 
(cOmbien de). — D. quantieme. 

2. Quant (adv.) , du L. quan- 
tum (m. s.). 

QtcaMtlfeme, voy. quant. 

Quantlte, du L. quantitatem 
(m. s.). . 

Quarante^ du L. quadraginta 
(quarante) par le changement : 
1° de dr en r (voy. arriere); 2° de 
aginta en ante (voy. cinquante). 
— D. quarantaine, quarantieme. 

Quarderonner, derive de 
quart de rond (voy. quart, de et 
rond). 

Quart (adj.), du L. quartus 
(quatrieme). — D. quart (subst.), 
quartaut, quartaine. 

Quartern*, voy. quart. 

Quarte, du L. quarta (m. s.). 

QMa**tiet«, du L. quartarius 
(quart du sextarius) par le chan- 
gement de arms en ter (voy. 
dnier). — D. quarter on). 

Quartier-wnaitre , propre- 
ment roaffre du quartier (voy. 
mattre et quartier.) 

f Quarto, de 1'allemand quar* 
(quartz). — D. quartzeux. 

Quasi, du L. quasi (comme 
si). 

Quaternalre, du L. quater- 
narius (m. s.). 

Quaterne, du L. quaternus 
(de quatre).' — D. quaternaire. 

Quatarze, en italien quat- 
tordici, du L. quatuordecim (qua- 
torze) par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi) de quatuord(fy- 
cim en quatuord'cim, d'ou qua- 
torze par le changement: 1* de 
quatuor. . en quator.... (voy. au 



mot quatre) ; 2° de dc en * (voy. 
amitte* et adjuger). — D. quator- 
zieme. 

Quatre, du L. quatuor (qua- 
tre) par le changement regulier de 
uo en o (voy. p. xc). d'ou la forme 
quatuor (on trouve deja color dans 
une inscription de PEmpire). 

Quat{o)r donne quatre par la 
chute de la derniere voyelle (voy. 
p. lxxxi). — D. quatrieme, qua- 
train. 

Quatuor, du L. quatuor (m. s.). 

1. Que (pronom), du L. quern 
(m. s.). 

2. Que (conjonct.), du L. quod 
(que). Sur la chute du d, voyez 
alouette. 

Queij du L. qualis (quel) par 
le changement de alis en el (voy. 
annuel). — D. quelque. 

Queiconque, du L. quale- 
eunque (quelconque). Pour le 
changement de quale en quel, 
voy. quel; pour celui de eunque 
en conque, voy. annoncer. 

Queique, voy. quel et que. 
— D. quelqu'un, quelquefois. 

Quennander, origine incon- 
nue. — D. que'mandeur. 

Quenotte (dent), diminutif de 
l'ancien francais quenne (dent, qui 
est d'origine germanique (island. 
kenna, mac hoi re). 

Quenou life , en italien co- 
nocchia, du L. colucula (diminutif 
de colus, quenouille) . Par le chan- 
gement de I en n (voy. marne), 
colucula dohne la forme conucula 
que Ton rencontre dans les textes 
carlovingiens : « Si ingenua Ri- 
puaria servum ripuarium seevtu 
fuerit, et parentes ejus hoc con- 
tradicere voluerint, offeratur ei a 
rege spatha et conucula. Quod sx 
spatham acceperit, servum interf*- 
ciat; si autem conuculam. in ser 
vitio perseveret.... » dit la Loi de? 
Ripuaires, 59, 18. 



y Google 



QUE 



441 



QUI 



Conue(ii)la se contracte r6gulie- 
rement (voy . p. lzxji) en conuc'la, 
d'ou quenouille par le changement : 
1° de o en ue (voy. accueillir) : 2° 
de U6to en out7ie (voy. abet/te); 
3° de c initial en q (voy. queue). 

QucreitC) du L. querela 
(plainte, accusation, reproche). 
— D. quereller, querelleur. 
■ Quert*) du L. quaerere (que- 
'rir, chercher) par le changement 
de quaerere en quaerere (voy. ac- 
count*) , d'ou querir par le chan- 
gement de e en t (voy. accom- 
plir). — D. qufoe, anciennement 
queste (du L. quaesita, substantif 
participial fort, voy. absoute) pour 
la chute de i, voy. p. lxxxi; pour 
celle de s, voy. abtme. 

Queateur, du L. quaestorem 
(m. s.). 

Question, du L. quaestionem 
(m. s.). — 1>« questionner, ques- 
tionnaire, questionneur. 

Questure, du L. quaestura 
(m. s.) . 

Quiete, voy. qutfrtr. — D. gut- 
ter, qutieur, qutteuse. 

1. Quetie,duL. cauda (queue). 
. — (J est ici devenu a;, commedans 
guenouille (colucla*), qrueux (co- 
tem) , pa^fuerette (pascua*) , man- 

2uer (mancare*) , gueux (coquus) , 
outigue (apotheca). — Sur la 
chute du d medial cau(d)a, voy. 
alouette. — Quant au changement 
de au en ue, ou en eu (qui est le 
mfime son, voy. accueiUxr) , il se 

• retrouve dans : pcu (paucum) , £u 

. (4ucum). 

I 2. Qtieite (futaille), origine 
inconnue. 

1. Qtcewoc (pierre a aiguiser), 
en italien cote, au L. cotem (pierre 
& aiguiser) par la chute du t (voy. 

kaigu) et par le chaogement : 1° de 
ic enq (voy. queue)', 2° de o en eu 
/(voy. accueitftr). 

2. Qttewac (cuisinier), en ita- 



lien cuoco, du L. coquus (cuisinier); 
coquus reduisant uu a u (voy. 
p. xc), donne cocus qui est deja 
dans les auteurs latins ; cocus de- 
vient queux par le changement : 
1° de o en eu (voy. accueillir); 
2o de c initial en 4 (voy. queue); 
3o de c final en s puis en x (voy. 
amitie'). 

^tii. du L. qui (m. s.). 

^MJeoMOMe, du L. quicumque 
(m. s.), par le changement : 1° de 
menn (voy. changer) ; 2° de u en 
(voy. annoncer). 

Quldam, du L. qutdam (un 
certain). 

Quiet; du L quietus (paisible). 
— D. quiitisme, quietiste. 

Quietude, du L. quietudo 
(m. s.). 

1. f Quille , de l'espagnol 
quilla (quille). — D. quillage. 

2. tytcille (jeu), mot d'origine 
germanique(ancien haut allemand 
Kegil quille) par la contraction de 
Kegil en Keg'l et par l'assimila- 
tion de gl en il (voy. cailler). 

Quitta, voy. quinquina. — 
D. quinine, 

Qttittatt «f , origine inconnue. 

Qttittcaiife (a l'origine toute 
espece d'objets et d'ustensiles de 
fer); ce mot qui est anciennement 
clincaille* et aussi cliquaille 
dans Marot, derive de cliquer 
(voy. ce mot) , et signifie propre- 
ment ce qui r&onne. Cliquaille a 
donn6 clinquaille par nasalisation 
(voy. concombre), quincaUle par 
la dissimilation de cl en c (voy. 
able). — D. quincaiUier, quincaxl 
lerie. 

Qulneonee, du L. quincuni 
ce (m. s.). 

Qulne, du L quini (cinq). 

Quinine, voy. quina. 

Qulnola, origine inconnue. 

Qulnquagenalre, du L. quin- 
quageharius (m. s.). 



yGoogk 



QUI 



442 



QUO 



Qulnquennal, du L. quin- 
quennalis (m. s.). 

Qulnquet, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv). 

f Quinquina, anciennement 
quinaquina, mot d'origine ame- 
ricaine (pe>uvien kinakina quin- 
.quina) , Une abreviation de quin- 
'quina est quina (voy. ce mot). 

Quint (cinquieme), du L. 
quintus (cinquieme.) 

Quintaine, du L. quintana 
(petite place, d'ou le sens de ter- 
rain reserve" pour un exercice 
militaire, puis a'exercice militaire). 
Sur a devenu ai, voy. aigle. 

f Quinte (musique), de l'ita- 
lien quinta (cinquieme). 

Quinte (de toux) , du L. quinta 
(cinquieme : propr. tousser jus- 
qu'a cinq fois). — D. quinteux. 

Quintessence, anciennement 
quinte essence, du L. quinta es- 
sentia (proprement cinquieme es- 
sence, cinquieme substance, su- 
perieure aux quatre elements). 
— D. quintessencier. 

Quinteux, voy. quinte. 

Quintuple, du L. quintuplex 
(m. s.). — D. quintuplet. 

Quinze, en italien quindici, 
du L. quindecim (quinze) par la 
contraction reguliere (voy. p. lxxxi) 
de quind(&)cim, en quina cim, d'ou 
quinze par la reduction de dc a c 
(voy. adjuger) et par le change- 
ment de c en* (voy. amitie). — 
D. quinzain, quinzaine, quin- 
%Ume. 

Qulproquo, au seizieme sie- 
cle qui pro quod, du L. qui pro 
quod (litteralement prendre un 
quid pour un quod). 

'Quittance, en italien qui- 
tanza, du L. quietantia* (quit- 
tance : « Qua praefatae earner ae.... 
solvere quomodo libet obligati 
eranty generalem quietantiam fece- 
rit decernens eos ad iUorum solu- 



tionem non teneri.... » dit un texte 
du moyen age. Quietantia derive 
de quietus au sens de quitte, voy. 
quitte). — D. qutttancer. 

Quietantia a donne quittance 
comme pietantia a donne pitance: 
pour le detail du changement de 
lettres, voy. vitance. 

Quitte, au L. quietus (trail- 
quille, qui n'est point inquiete, et 
par extension qui a paye* sa dette, 
qui s'est acquitted, qui est quitte: 
quietus est deja au sens de quitte 
dans plusieurs textes carlovin- 
giens : « Et si de una judiciaria 
fuerit ad dies III, antequam eat 
ad exercitum sit quietus.... » lit- 
on dans la Lex Longobardorum, 
2, U). 

Pour le changement de ie en t 
voy. pitii. — D. quitter (qui si- 
gnifie proprement : tenir quitte, 

Suis ceder, exempter, d'ou le sens 
e renoncer, d'abandonner, de 
laisserj. — D. acquitter* 

Quitter, voy. quitte. 

Qui-vlve, voy. aux mots qui 
et vivre. 

Quoi, du L. quid (quoi) par It 
chute du d (voy. alouette) et par 
le changement de i en oi (voy. 
boire). r- D. quoique. 

Quollbet, propos trivial, ori- 
ginairement theses scolastiquesqui 
n'etaient proposees que pour exer- 
cer l'esprit des 6tudiants (d'ou 
le sens de theses pour rt're, op- 
pose a celui de theses defini- 
tives), du L. quod libet (ce qui 
plait). 

Quote-part, compose de part. 
du L. quota (combien, en quel 
nombre). 

Quotldlen, du L. quotidian** 
(m.s.). 

Quotient, du L. quottens (com- 
bien de fois). 

Quotlte, derive du L. quotus 
(en quel nombre). 



y Google 



RAG 



443 



RAG 



R 



Rabacher, origine inconnue. 

— D. rabdchage, rabdcheur.. 
Rabuim, voy. rabaisser, 
Rabaimmcf , voy. re.... et a- 

baisser. — D.rabai* (subst. verbal). 

Rabat, voy. rabattre. 

Rabatire, voy. re.... et abat- 
tre. — D. rabat (subst. verbal); 
rabat-joie ; rabattement. 

t Rabbin, mot d'origine he- 
braique (rabbt, docteur). — D. 
rabbmiaue. 

1. Ruble (de lievre), origine 
inconnue. 

2. Ruble (fourgon de boulan- 
ger), anciennement roable, du L. 
rutabulum (fourgon de boulanger, 
dans Festus) par la contraction re- 
guliere (voy. p. lxxxi) de ruta6(u> 
lum en ruiab'lum, d'ou roable par 
la chute du t medial ru(t)ablum 
(voy. abbaye) et le changement de 
u en o (voy. annoncer). 

Rabot, voy. raboter 

Raboter (proprement heurter, 
sens de ce mot dans notre an- 
cienne langue, qui a persiste dans 
le mot rabottux] ; raboter est une 
autre forme de rabouter : pour 
l'etymologie, voy. re.... et bouter. 

— D. robot (subst. verbal); rabo- 
teux. 

Rabongrir, origine incon- 
nue. 

Rabrotter, origine inconnue. 

Jtocailfe, diminutif d'un radi- 
cal rac* qui est d'origine germani- 
que (anglais rack, chien; racaille 
est un mot forme* comme canaille 
qui derive indirectement du L. ca- 
nto, chien). 



Raceommoder , voy. re.... 
et accommoder. — D. raccommo- 
deur, raccommodement. 

RaccorHer, voy. re.... et ac- 
corder. — D. raecord (subst. ver- 
bal); raceor dement. 

Raeeoureir^ voy. re.... et 
accourcir. — D. raccourci (subst. 
participial). 

jRaccotttfnet*, voy. re.... et 
accoutrer. 

Raeeaw ftcmet*, voy. re..., et 
aecoutumer. 

Raccrocher, voy. re.... et 
aecrocher. — D. raccroc (subst. 
verbal) . 

f Race, de Titalien rajwa (ra- 
ce). 

Ruclto*, voy. racheter. 

Racheter, anciennement ra- 
ehater: voy. re. . . . et acheter. — 
D. r achat (subst. verbal). 

Rachltlque, derive du grec 
fdvic (colonne vertebrate). — D. 
rachitisme. 

Racine, en provencal racina 9 
du L. radicina* (deriv6 de rodt- 
cem racine) par la contraction re- 
guliere (voy. accointer) de radi- 
cina en rad'cina, d'ou racine par 
la reduction de dc a c (voy. ao/tfr- 
^er). — D. diraciner, enraciner; 
racinal, raciner. 

Ruder, anciennement rascter, 
en Catalan rasctar, en italien rew- 
chiare, du L. rost'cutore* (deriv6 
de rasicare*, frequentatif de ra- 
dere, racier). Rasfacare contract^ 
reRulierement en ras'care (voy. ac- 
cointer) a donne le denve vascu- 
lare ; vasculare perdant u suivant 



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RAD 



kkk 



RAG 



la regie (voy. accointer) donne 
r as' dare } d'ou rascler qui se trans- 



forme (voy. abtme) en racier. — 

D racleur, 

dure. 



D racleur, racloir, racloire, ro- 



ftocofet* , prendre par le col 
voy. co/). — D. rocofeur, raco- 



ftecottfef, de re.... et deacon- 
fer* (compose de a et de conter; 
voy. ces mots). — D. raconteur. 

ftocotitif ,de re.. .. et de ooor- 
ntr* (compose de a et de corne ; 
voy. ces mots). — D. racornisse- 
ment. 

Racquitier (se), voy. re.... et 
acquitter. 

■f Rade, de l'italien rada (rade) . 
— D. rader. 

Aadeatc, anciennement radei, 
(sur e/ devenu cau, voy. agmau), 
du L. rad«Wu«* (radeau dans les 
teites dumoyen age: radellus est 
une transformation de ratellus * ; 
pour le changement de f en d, voy. 
aider. flatewus* est un diminutif 
de ratis, bateau) . 

under, du L. radere (raser). — 
D. radeur. 

Radial, du L. radialis (derive 
de radius, rayon). 

Radiant, du L. radiantem (qui 
rayonne). 

Radiation, du L. radiationem 
(m. s.). 

Radical, du L. radicalis* (de- 
rive de radicem, racine). 

Radlcant, du L. radicantem 
(qui prend racine). 

Radleule, du L. radicula (m. 

s.). 

Radle, du L. radiatus (radie). 
Sur atus devenu e\ voy. ampoule 1 . 

Radler (subst.), origine in- 
connue. 

Radleux, du If. radiosus (m. 
s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

f R»4U, du provengal raditz 



(radis). Baditx est le L. radicem 
(raifort). 

Radios, du L. radius (m. s. 
dans Celse). 

Radoter, anciennement redo- 
ter, compose de re. . . . et du radi- 
cal doter*, qui est d'origine ger- 
manique (anglais dote, flamand 
doten, radoter). — D. radoteur, 
radotage, radoter ie. 

Radouh, voy. radouber. 

Aacfotffret*, anciennement re- 
douber, compose de re.... et du 
theme douber* qui est, comme 
beaucoup d'autres termes de ma- 
rine, d'origine germanique fanglo- 
sazon dubban , frapper , battre, 
marteler, d'ou le sens d'appreier, 
puis de reparer). — D. radoub 
(subst. verbal). 

Radott df , voy. re. . . . et admh 
cir. — D. radoucissement. 

Rafale, origine inconnue. 

Retffermir, voy. re.... et af- 
fermir. — D. raflermissement. 

Jla/Jittef, voy. re.... et affr 
ner. — D. raffinage, raffinemerd, 
raffinerie, raffineur. 

Aa/fofet*, voy. re.... et affo- 
ler. 

An/let*, mot d'origine germa- 
nique (danois rafle, enlever). — 
D. rafle (subst. verbal). 

Rafraichiw) de re.... et afrai- 
chir * (compose de a et de [rati; 
voy. ces mots). — D. rafratchis- 
sant, rafratchissement. 

Ragaitiardir, de re.... et de 
agaillardir (compost de a et de 
gaillard; voy. ces mots). 



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RAI 



kkb 



RAI 



sr* (compose de a et de goUter: 
ay. ces mots). — D. ragoit (sub- 
;antif verbal) , ragoHtant, 
Ragvandir, voy. re..., et 
f/randtr. 

Ragree**) voy. re.... et agre'er. 
| RaYa, du turc rata (propre- 
lent troupeau, puis chien de 
ir6tien),nominjurieux donne" par 
s musulmans aux chr6tiens qui 
ibitent la Turquie. 
Aaicfe, anciennement roide, 
x L. rigidus (raide) par la con- 
action reguliere (voy. p. lxxxi) 
j riafydus en rig'dus (contrac- 
m deja effectuee dans le latin 
>pulaire, puisqu'on trouve rigdus 
ins V Appendix ad Probum). Rig- 
ts donne roide par la reduction 
$ gd a d (voy. amande) et par le 
langement de i en oi (voy. botre). 
ride est devenu ratde par le chan- 
imentde oi en ai (voy. accroire). 
D. ratdtr, raideur. 
Jfairfeitt*, voy. ratde. 

1. ftale (ligne), du L. radia* 
>rme feminine de radius, rayon) 
r la chute du d medial ra(d)ta 
>y. alouette). 

2. Rule (sillon), anciennement 
ie, en pro venial rega, du L. 
/a* (sillon dans les textes du 
>yen &ge : « JVec unam rigam de 
ra, ntc ullum habebat manci- 
im proprium.. . » lit on dans 

texte du onzieme siecle* et 
ns un autre document latin d'une 
Dque un peu anterieure : « Cce- 

terram fodere, et in modum 
ci rigam facere. » Riga est le 
)stantif verbal de rigare, ar- 
er) Ri{g)a a donn6 roie par la 
ite du g medial (voy. aftter); 
s rate par le changement de oi 
ai (voy. accroire), 
!. Rttie (poisson), du L. raia 
ie). 

Flai/bv*, ancien. raisfbrt, mot 
opose de Tadjectif fort (voyez 



ce mot) et de l'ancien fran- 
cais rat, raw, qui est le L. radicem 
fraifort, dans Horace). ilad(i)cem a 
d«nne rats par la contraction re- 
guliere (voy. p. lxxxi) de radpf)-; 
cem en rad'cem et par le change- 
ment : 1° de dc en c (voy. aaju- 
ger); 2° de c en s (voy. amiti€). 

f Ball, de Tanglais rati (rail). 
— D . derailler. 

ftoillet*, du L. radiculare * 
(derive de radere f raser; Palle- 
mand scherzen, railler, derive de 
meme de scheren, raser). Radi- 
c(u)Jare contract6 regulierement 
(voy. accointer) en radic'lare donne 
railler par la chute du d medial 
ra(d)tcwre (voy. accabler) et par 
le changement de cl en il (voy. 
abeille. — D. raillerie, railleur. 

Raine, en italien rana, du 
L. rana (grenouille) par le chan- 
gement de a en at (voy. aigle). — 
D. rainette. 

1. Rainette (grenouille), voy. 
rat'ne. 

2. Rainette ( pomme ), voy. 
reine. 

ftoimtf e, origine inconnue. 

f Ralponce, de 1'espagnol rai- 
ponce (raiponce) . 

RaUj du L. radius (rayon, on 
dit encore les rais d'une roue, du 
soleil). Pour le changement de 
adtu en at, voy. alouette et bate. 
Pour la persistance de s, voy. 
Grammaire historique de la Ian- 
gue francaise t p. 153. — D. du 
cas regime rat est venu le derive 
rayon et le compose* ewrayer 

Raisin, en provencal rasim , 
en espagnol racimo , en italien 
racemOf du L. racemus (raisin) 
parle changement : 1° de a en at 
(voy. ataie) ; 2° de c en s (voy. 
amiti€); 3° de e en t (voy. accom- 
plir) ; 4° de m en n (voy. chan- 
ger), — D. raisin^. 

RaUon, du L. rationem (rai- 



yGoogk 



RAM 



446 



RAM 



son) ; stir ationem devenu aison, 
voy. fenaison. — D. raisonner. 

Raisonnabte, du L. ratjo- 
nab tiu(raisonnable) par le change- 
meat : 1° deration,... en ration.... 
(voy. ration), 2° de abilti en 
able (voy. pour cette transforma- 
tion au mot affable). — D. derai- 
sonnable. 

Rafrotattet*, voy. ration. — 
D. raisonne', raisonnement , rai~ 
sonneur, de"raisonner. 

Rajetttait*, voy. ;eune. — D. 
rajeuntisement. 

Rajusier, voy. ajuster. — D. 
rajustement. 

1. Rale (oiseau), voy. au mot 
rdter. 

2. Rale, voy. rdler. 
Ralen rfiV, voy. lent. — D. 

ralenttisement. 

Rafet*, origine inconnue. — 
D. rdle (substantif verbal) -. rdle 
(oiseau ainsi nomine" a cause de 
son cri). 

Ralittgwe, motd'origine ger- 
manique (allemand raaleik, ralin- 
gue). Sur Pintercalation de n, 
voy. concombre. — D. ralinguer. 

Rattier, voy. allier. — D. 
raUiement. 

Rattonger, voy. allonger. — 
D. rallonge (subst. verbal), raJ- 
longement. 

Ralltcmet*, voy. au mot aKu- 
wer 

f Ramadan, de l'arabe* rama- 
dffn (meme sens). 

1. Rantage, en provencal ra- 
matge, du L. ramattcum (derive 
de ramus, branche) , par le chan- 
gement de aticum en age (voy. 
dge). Ramage signifie encore bran- 
chages en terme de venerie; et 
Ton appelle 6toffe a ramage une 
etoffe sur laquelle sont representes 
des feuillages et des fleurs. 

2. Ramage , anciennement 
chant ramage, chant des oiseaux 



dans le feuillage, dans le ramage. 
Pour l'origine de ramage, voy. ra- 
mage \. 

Ran*aigrir, voy. amaigrir. 

Runtas, voy. ramasser. 

jRamoifer, voy. amasser. — 
D. rama* (subst. verbal) , ramassi, 
ramasseur, ramassis. 

■tambour, anciennement ram- 
bor, a Torigine rambure, mot d'o- 
rigine historique (voy. p. lxtv) ; 
de Rambure village voisin d'Amiens. 

1. ftante (branchage), du L. 
rama (forme feminine de ramwi 
branche). — D. romcr, ratnter 
(pigeon sauvage qui niche sur les 
rames, sur les branches), rameux. 
families y ramure, ramon (balai 
de petites branches). 

2. f name (aviron), mot venu 
du provencal rem qui est le L. re- 
mits (rame). Jal (Arche'ologie nau- 
tique) dit que le mot rame est 
venu en francais par les marins de 
la Provence et du Languedoc — 
D. ramer, rameur. 

3. f Rame(de papier), ancien- 
nement rayme, en espagnol resma* 
en italien risma, mot d'origine 
orientals (arabe rixma ballot de 
papier , rame ; sur t devenu at, 
puis a, voy. balance; sur la chute 
de «, voy. abime). 

Rameatc, anciennement ra- 
mel 9 du L. ramellus* (diminutif de 
ramus branche). Pour le change- 
ment de eUus en el puis en eau, 
voy. agneau. 

Rawnee, en espagnol ramada, 
du L. ramata* (derive de ramus 
branche). 

Rumetufet* , voy. re.... et 
amender. 

Rumettet*, voy. re.... et oi»^ 
ner. 

RameMtfevoit* (ressouvenir) , 
compose de re.... et de Pancien 
francais amentevoir (se rappeler). 
Amentevoir f aussi amenfaeotr (en 



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RAN 



447 



RAP 



talien a menie aver) est un com- 
ose des trois mots . a ment avoir 
%d mentem habere, avoir a l'es- 
rit, se souvenir). Pour P&ymolo- 
ie, voy. d et avoir. 
Rame* , voy. rame 2. — D. 
ameur. 

JRamiet*, voy. rame 1. — D. 
amereau. 

Bamlfler, da L. ramificare* 
ieriv6 de ramus branche et du 
iiffixe verbal.... ficare). — D. ra- 
tification. 

Ilctmilfe*, voy. rame. 
Aamoifit*, voy. moite. 
JRamoIIit*, voy. amolXir, — D. 
%molli$sant. 

flamott, balai fait de petites 
ranches, fait de rames (voyez 
ime 1). — D. ramoner (nettoyer 
vec un ramon, a l'aide d'un ra- 
\on y d'un petit balai fait de bran- 
ties : dans notre ancienne langue, 
imoner signifie balayer en ge- 
6ral ; ce mot, dans la langue mo- 
srne, s'est restreint au sens de 
ilayer une cheminie. (Sur ces 
jstrictions de sens , voy . p . 
an). 

Aamottef 9 voy. ramon. — D. 
imonage, ramoneur. 
Aatttpe, voy. ramper. 
Hamper (signifie ancienne- 
ent grimper en s'accrochant) , 
i provencal rapar; mot d'origine 
irmanique (bas aliemand rapen 
iccrocher, d/oule sens posteneur 
\ grimper). Sur Intercalation de 
, voy. lambruche. — D. rampe 
ubst. verbal : le sens de grimper, 
monter, propre a l'ancien fran- 
is ramper f est encore visible dans 
mot, ainsi que dans le terme 
blason lion rampant qui desi- 
e un lion debout). — D. rawi- 
ng rampement. 
ftamtffe, voy. rame 1. 
fiance, du L. rancidus (ranee) 
r la chute reguliere (voy. p. 



lxxxi) des deux dernieres voyelles 
atones. — D. raneir. 

Rancher, de>iv6 de ranehe 
(cheville de bo is). Ranehe est le 
L. ramieem (pieu, baton) par la 
contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de ramQ)cem en ram'cem , 
d'ou ranehe par le changement : 
1* de m en n (voy. changer) ; 2° de 
e en eh (voy. acharner). 

Raneldlte, du L. raneidita- 
tem (m. s.). 

JRancit* , voy. ranee. — D. 
rancissure. 

Bancon^ anciennement raen~ 
con, en provencal reemsosj en ita- 
lien redenxione, du L. redemptio~ 
nem (rancon) par la chute regu- 
liere du a medial (voy. accabler) 
d'ou re-emptionem qui devient ra- 
encon par le changement: 1° de e 
en a (voy. amender) ; 2° de m en n 
(voy. changer) , 3° de pt en t 
(voy. catrae) ; 4° de tionem en gon 
hoj.agencer). Pour la contraction 
aeraengonen rancon , voy. p. xc. 

— D. rangonner, rangonneur, ran- 
connement. 

Rancune, alteration de ran- 
cure, qui est le L. du moyen age 
rancura * (rancune : derive" du 
meme theme que le L. classique 
rancor rancune dans saint Jerdme). 

— D. rancunier. 

Rang, anciennement reng, 
mot d'origine germanique (ancien 
haut aliemand hring, cercle, ran- 
gee circulaire). Sur le change- 
ment de in en en puis an, voyez 
andouille. — D. ranger, range'e 
(subst. participial), deranger, ar- 
ranger. 

Ranlmer, voy. animer. 

t Bans, mot d'origine Suisse 
(aliemand Suisse rant, mfimesens). 
Sur ce mot, voy. p. u. 

Rapace, duL. rapacem(m. s.). 

Rapadte, du L. rapacitatem 
(m. s.). 



yGoogk 



RAR 



m 



RAT 



Rapatelle, origine inconnue. 

Ha pa trier, compost de re, a, 
etpatrie. — D. rapatriage, rapa- 
trtemerU. 

1. Rape, voy. rdper. 

2. f Rape (grappe de raisin) de 
rallemand rappe (grappe). — D. 
rdp4 (boisson) . 

Rapep, aaciennement rasper, 
mot d'origine germanique (ancien 
haut allemand raspoii raper). — 
D. rdpe (subst. verbal). 

Rapetimser. voy. petit. 

Rapfde, du L. rapxdus (m. s.) . 

Rapldlte, du L. rapiditatein 
(m. s.). 

Rapiecer , voy. piece. — D. 
rapiiceter, rapiecetage, 

Rapiecetage, voy. rapie'cer. 

Rapiere, origine inconnue.. 

Rapine, a u L. rapina (vol, lar- 
cin). — D. rapiner. m 

RappareiUer, voy. re.... et 
appareiller. 

Rappuvier, de re.... et de 
apparier (voy. ce mot). 

Rappet, voy. rappeler. 

Rappeter, voy. re. . . . et ap- 
f eler. — D. rappet (substantif ver- 

Rappovt, voy. rapporter. 

Rapporter, voy. re.... et ap- 
porter. — D. rapport (subst. ver- 
bal) , rapportable, rapporteur, 

Rapprendre 9 voy. re. . . . et 
apprendre. 

fteppfoefcet*, voy. re.... et 
approcher. — D. rapprochement. 

uapsode. du grec £<w|;u>66c 
(qui coud ensemble des pieces de- 
tachers). — D. rapsodie. 

Rapt, du L. rapftis (enleve- 
ment). 

Rapwr c, voy. rdper. 

Raqttette, origine inconnue. 

Rare, du L. rarus (m. s.). — 
D rarement. 

Rarefier, du L. rareficare * 
(compose de rarus rare, et du suffi- 



xe verbal.... ficare qui donne fier 
par la chute reguliere du c me- 
dial, voy. affouage).—D.rare'fiant. 

Rarete, du L. raritatem (rare- 
te). Sur t devenu e, voy. admettre. 

■tartMlme, du L. rarissimus 
(le plus rare). 

1 . Rcm, du L. rasus (tondu de 
pres). — D. raser, rasibus. 

2. f Ra » (de maree), mot assez 
recent dans la langue, ou il a ete 
introduit par les marins; il vient 
du bas breton rax (courant tres- 
violent, ras, remous). 

Ramade, voy. raser. 

Rate* , voy. ras. — D. rasant, 
rasement, rasoir, rasade. 

Rasmasier, compose de re.... 
et de l'ancien verbe francais asso~ 
sier (satisfaire). Assasier repr6- 
sentele L. adsatiare* (compose 
de ad et de satiare, rassassier). 
Sur ds devenu ss, voy. assez; sur 
ti devenu s, voy. agencer. — D. 
ras*asiant, rassassiement. 

RamsembtcV) voy. re.... et 
assembler — D. rassemblement. 

Rasmeoir, voy. re.. .. et asseoir. 

Wtamaerener, compose de re.... 
et de assMner* (d6rive de se- 
rein, voy. ce mot). 

Rossis, voy. re.... et asm. 

Rassoter, compose de re....et 
de assoter* (voy. sot). 

Rasswrer, voy. re.... et as- 
surer. — D. rassurant. 

Rat) mot d'origine germanique 
(ancien haut allemand rofo, rat). 
— D. rate, ratter, rattire, raton, 
rater (on disait autrefois pren- 
dre un rat, avoir un caprice ; « ce 
pistolet a pris un rat » se ren- 
contre dans certains teztes du 
xvin* siecle). 

Ratafia , origine inconnue. 

Ratatiner (me), origine in- 
connue. 

Rate j mot d'origine germani- 
que (neerlandais rate, proprement 



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RAV 



449 



RAV 



fre de miel, d'ou le sens de 
'. par Passim ilation du tissu eel- 
ire de la rate a un rayon de 
1). — D. r alette, rateleux. 
tateaw, anciennemeot ratel, 
)rigiae rastel, du L. rastellum 
eau dans Suetone), d'ou rastel, 
i ratel par la chute de * (voy. 
ne), rdteau par le changement 
;/ en eau (voy. agneau), — D. 
'ancienne forme ratel : rdteler, 
Ue (subst. participial), rdte- 
*, rdtelier. 
later, voy. rat. 
tatlflcatlon, du L ratifka- 
em* (m. s.). 

latlfler, du L. ratificare * (d6- 
de ratum, confirme). 
totine, origins inconnue. — 
"otiner. 
latlon, du L. rationem (me- 

latlonal, du L. rationale 
ional dans Saint J6r6me). 
latlonnel, du L. rationalis 
s.) 

\aiimsei; voy. rature. — D. 
ssage, ratissoire, ratissure. 
tetott, voy. rat. 
'attacher^ voy. attacker. 
tatteindve, voy. atteindre. 
\attv*pew 9 voy. attraper. 
\ature, d£riv6 de l'ancien 
•e francais rater (effacer, grat- 
dont l'origine est inconnue. 
mfime verbe rater a donn6 un 
e derive* ratisser. — D. ra- 
r. 

aaelte, du L. raucitatem 
s.). 

aaqae, du L. raucus (m. s.) 
ttvage, voy. ratnr. — D. ra- 
r, ravageur. 

avtfilev*, abaisser, faire des- 
ire, compose de re.... et de 
:ien verbe francais avaler (des- 
ire) : pour l'etymologie, voy. 
. — D. ravalement. 
at>ott rfef(raccommoder, pro- 



prement renforcer, fortifier), com- 
pose de re.... et d'un theme avau- 
der* qui est le L. odtaitdare * 
(compose du L. classique validare, 
fbrtiner, retablir). — Adval(\)darc 
r6gulierement contra cte (voy. ac- 
cointer) en advaVdare donne avau- 
der* par le changement: 1° de dv 
en v (voy. aval) ; 2° de al en au 
(voy. agneau). — D. ravaudage, 
ravaudeur, ravauderie. 

Rave, en espagnol raba, en 
italien rapa, du L. rapa (rave) par 
le changement de p en v (voy. ar- 
'river). — D. ratner, raviere. 

f Ravelin, venu au seizieme 
siecle de l'italien rivellino (ra- 
velin). 

Raviaotea*, corruption de l'an- 
cien verbe francais ravigorer (re- 
mettre en vigueur; derive du L. 
vigorem, vigueur). — D. ravigote 
(subst. verbal). 

HaviUv, voy. re.... etatriltr. 

Ravttt , voy. ravine. 

Ravine (proprement torrent 
qui se prScipite avec imp6tuosite 
(run lieu eleve) , en provencal ra- 
bina, du L. rapina (action "d'arra- 
coer, d'enlever, d'ou le sens de 
torrent impetueux qui creuse un 
lit profond. Rapina a donne ra- 
vine par le changement de p en v 
(voy. arriver). — D. ravin (tor- 
rent creuse par une ravine). 

Ravit* , en italien rapire, du L. 
rapere (ravir) par le changement 
de rapere en rapire (voy. accou- 
rir) Rapere donne rattr par le 
changement: 1° de p en v (voy. 
arriver) ; 2°de e en t (voy. accom- 
plir). — D. ravissant, ravissement, 
ravisseur, ravage (derive de rortr, 
comme remplage, de remplir). 

Havisew (#e), voy. re. .. e'« 
aviser. 

RavUaillea*, compose 1 de re., 
et avitailler. — D . ravitaillemen 

Ravtvet*, voy. re.... et aviver. 



yGoogk 



RfiA 



450 



REB 



Ra v o i r, voy. aux mots re.... et 
avoir. 

ftayet*, en provencal ratar, en 
espagnol radiar, en'italien ra- 
diate, du L. radiare (rayer) par la 
chute du d medial ra\d)iare (voy. 
aceabler). — D. rayure. 

Rayon. 9 voy. rat*. — D. rayon- 
ner. 

ftayottttet*, Toy. rayon. — D. 
rayonnan*, rayonne', rayonne- 
ment. 

He..., pr6fixe, du L. re... (pre- 
fiie qui marque reduplication, re- 
tour, renouvellement, reciprocite, 
retrogradation, augmentation). De- 
vant les mots qui commencent par 
une voyelle, re perd ordinairement 
e (r-attacher, r-endormir, etc.... 
pour re-attacher, re-endormtr, etc.) 
Devant s. re s'assimile en res.... 
(ressembler, ressusciter pour re- 
semblery resusciter, etc....) 

Reaetlf, du L. reacttvws* (de 
re-agere; voy. re*aatr). 

Reaction, voy. re\... et action. 

Reaggraver, voy. re".... et oo- 
graver. 

Reaglr. du L. r eager e (m. s.). 
Pour les cnangements de lettres, 
voy. agir. 

jReaJotft*ttet*, voyez ri..„ et 
ajourner. — D. riajournement. 

f Real, de V espagnol real (m. 
s., proprement royal). 

f Realgar, de l'espagnol re- 
;aZyar (realgar). 

Reallser, derive du L. realis* 
(reel). — D. realisation, rfalisme, 
rtaliste. 

' Reallte, du L. realitatem * 
(derive du L. reaUs*, r£el). 

Reapparltlon, voy. re*.... et 
apparition 

Reanpefep, voy. re.... et ap- 
pear. — D. reappel (substantif 
verbal). 

Reanpofer, voy. re.... et op- 
poser. — D. reapportion. 



Reaaslfner, voy. re.... et «*- 
signer. — D. r^wst^natton. 

Reattelef, voy. re.... et at- 
teler. 

Rebaisser , voyez re.... et 
batwer. 

R«fcaiufef, voyez re.... et 
bander. 

Rebaptlser, du L. rebaptixare 
(m. s. dans saint Augustin et saint 
Jerdme). 

RcbarbaHf, de>iv6 de re- 
barbe * (compost de re.... et de 
barbe ; voy. ce mot). 

Re6a*if , voy. re.... et bdltr. 

Re6atff»e,voy. re.... et baftre. 
— D. rebattu. 

f Rebec, de I'italien rtbeea, 
(rebec). 

Rebelle , du L. rebeUis (meme 
sens). 

Rebeller (se), du L. rcbellare 
(m. s.). 

Rebellion, du L. rebellionem 
(m. s.). 

Refcettiv , voyez re. . . . et 
bentr. 

Rebequer (se), voyez re.... et 
bee. 

Rcbtanchir, voyez re.... et 
blanchir. 

Rebondir , voyez re.... et 
bondt'r. — D. rebondi, rebondisse- 
ment. 

Reborder, voyez re.... et bor- 
der. — D. rebord (substantif ver- 
bal). 

Rebouchcr, voy. re.... et boit- 
cfter. 

RebouitUr, voy. re.... et 
bouiUir. 

Rebouwm (subst.) , proprement 
contre-poil d'une Stoffe, du L. re- 
burrus (heriss6 dans les textes 
latins de la decadence * on lit dans 
les Gloses d'Isidore : « reburrus = 
hispidus »). 

Reburr(\i)s, regulierement con- 
tracte (voy. p. lxxxi) en rebuff's, a 



y Google 



REG 



451 



RtC 



[onn£ rebours par io changement 
le u en ou (voy. accouder). — » D. 
e&ours (adj.). 

fte6otcteM0» 9 derive de rebou- 
?r, voy. re... et bouter. 

Reboutomtew* voy. re.... et 
outonncr* 

Rebw&dev, voyez re.... et 
rider. 

ftcfapoefcet*, voy. re... et &ro- 
ber. 

fle&vocf c«* 9 voyez re.... et 
roder. 

Rebrousoev* 9 anciennement 
Grosser (pour l'etymologie, voy. 
1 mot brosse) . Pour le changement 
3 rebrosser en rebrowwer, yoyez 
fouage. 

i Rebmffad®, derive de l'italien 
wbuffo (rebuflfade). 
Rebus 9 anciennement ribus 
f Picardie ; mot d'origine bisto- 
jue (voy. p. lxiv) : les clercs ba- 
chiens de Picardie composaient 
aque annee, une piece satirique 
iine sur les affaires du temps {de 
bus quae geruntur). 
Rebwter 9 voy. re... et buter* 

D. rebut (substantif verbal), re- 
tant. 

Recacheier, voy. re.... et ca- 
eter. 

Recalcitrant^ du L. recalci- 
mtem (m. s.). 

Recalcltrer, du L. recalcitra/re 
. s.). 

Recapttuler, du L. recapitu- 
-e rm. s. dans Tertullien). — - D. 
apitulation. 

Recattfcf, voyez re.... et 
"der. 

Rccomcs* , voyez re et 

ser. 

aecedcr 9 du L. recedere (re- 
rner). 

Becelcr* voy. re.... et celer.— 
reciU, recileur, rec&lement. 
fteeenaer, du L. recensere (re- 
iser). — D. recensement. 



RecenC, duL. weenies (m. jO. 

— D. recemment. * 

Recepctt*, voy. re.... ot cep. — . 
D. recede (substantif participial), 
recepage. 

Rec6pis«e 9 du L. receptee 
(avoir recu). 

Receptacle, du L. receptacu- 
lum (m. s.). 

Reception* du L. receptionem 
(m. s.). 

ftecefcfev e voy. re.... et cer- 
cier. 

Rccette, en provencai recepta. 
en atalien ricetta, du L. recepta * 
(ce que Ton recoit : recette dans 
les textes latins du moyen age, 
comme dans ce passage d'une 
chartedu treizieme siecle : « ...com- 
potum et rationem legitimam de 
receptis et misiis ob hoc factis se- 
mel in anno redder e teneantur...*} 
Recepta a donne recette par io 
changement de pt en tt (voyez 
caisse). 

fteeevoif , du L. recipere (re- 
cevoir). Pour le changement de 
cipere en cevoir, voy. apercevoir. 
— D. recevable, receveur. 

ReccB, du L. recessus (action de 
se retirer). 

Rechange, substantif verbal 
de rechanger * (voy. changer). 

Rechapper 5 voyez re.... et 
fohapper. 

Recharger, voyez re... e ei 
charger. — D, rechargement. 

Rechasme* 9 voyez re... et 
chasser. 

Rechaud, substantif verbal de 
r&chauder* compose de re.... et 
de tchauder, voy. c/iawd). 

Rechattffer, voy. re.... et 
e'ehaufter. —D.re'chauffement,re'- 
chauffoir. 

Rcchattmocr 9 voy. re.. . , et 
chausser. 

Rechc, apre au goAt, rude au 
toucher puis r6tif, indocile, an- 



yGoogk 



REG 



452 



REG 



ciennement resche de Tallemand 
resche (rude, cassant). Sur la 
chute de s, voy. abtme. — D. 
rtchin, rechigner. 

Recherchev, voy. re.... et 
chercher. — D. recherche (subst. 
verbal), recherche". 

Rechigner, voy. recto. 

Rechoir, voy. re. . . . et c/iotr. 
— D. rechute (voy. re.... et chute). 

Rechwte, voy. rechoir. 

Recldlve, du L. recidivus (qui 
retombe). — D recidiver. 

f »eelf ? du portugais rect'/e (re- 
cif). 

Recipe, du L. recipe (recois). 

Reclplendalre, du L. reci- 
piendum^ (m. s.). 

Recipient, du L. recipientem 
(qui recoit). 

Reciprocity, du L. reciproci- 
tatem (m. s.). 

Reclproqne, du L reciprocus 
(m. s.). 

Reclt, voy. re'citer. 

Recltateur, du L. recitator 
(lecteur) . 

Recitation, du L. recitationem 
(lecture). 

Reciter, du L. recitare (reci- 
ter). — D. rfoitatif, rtcitant, re"- 
cit (subst. verbal). 

Reclamation, du L. reclama- 
tionem (m. s.). 

Reclaimer, du L. reclamare 
(protester). — D. reclame (subst. 
verbal). 

fteclottet*, voy. re.... etclower. 

Hectare, du L. recludere (en- 
fermer). Pour le chantrement de 
cludere en dure, voy. exclure. 

Rectus, du L. reclusus (en- 
ferme). — D. reclusion. 

Recognev, voy. re.... et co- 
rner. 

Recognltlf, du L. recogniti- 
vus* derive de recognitus (re- 
connu) . 

Jteeoijfe**, voy. re... eicoiffer. 



Recoitt, voy. re.... et coin. 

Recoler, du L. recolere (passer 
en revue). — D. rtcolement. 

Reeoi let* , voy. re.... et colter. 

Recollet, du L. recollectus (re' 
cueilli, qui medite). Sur la reduc- 
tion de ct a *, voy. affe"ti. 

f Recolte, de l'italien raccolta 
(recolte). — D. rtcolter. 

ftecomnuiaufev*, voy. re.... 
et commander — D. recomman- 
dable, recommandation. 

Recommence**, voy. re. ... 
et commencer. 

Recompenser, voy. me.... et 
compenser. — D. recompense 
(subst. verbal). 

Recomposef*, Toy. re.... et 
composer. — D. recomposition. 

Recomptev*, voy. re.... et 
compter. 

Reconclllateur, du L. recon- 
eiliator (m. s.). 

Reconciliation, du L. recon- 
ciliationem (m. s.). 

Reconclller, du L. reconci- 
Hare (m. s.).—D. rtconciliaUe, 
irre'conciliable. 

Recotttftcipe, voy. re.... et 
condutre. 

Reeon/bt**ev>, voy. re.... et 
conforter. — D. re'confort (subst. 
verbal), re'confortation. 

Recotma«*t*e, voy. re.. . et 
connattre. — D. reconnotssdole, 
reconnaissant , reconnaissance. 

Recotagtt eVit* , voy. re.... et 
congueVir. 

Reconstltutlon , voy. re.... 
et coTwfitotfion. 

Reconstruction, voy. re.... et 
construction. 

Reconstrulre, voy. re.... et 
cpnstruire. 
' Recopler, voy. re.... et copier. 

Recogtctlfet*, voy. re.... et 
coquille. — D. recogui/Jement. 

Recorder (se souvenir de), du 
L. recordari (se ressouvenir). — 



y Google 



REC 



453 



r£c 



D. recors (anciennement records, 
qui se ressouvient, d'oii le sens de 
temoin qui est celui du mot recors 
dans notre ancienne langue judi- 
ciaire; recors a pris posterieure- 
ment le sens d'assistant, puis d'a- 
gest arme). 

Recors, voy. recorder. 

Retoucher, voy. re.... et cou~ 
cher. 

Jfecotufre, voy. re.... et cou- 
dre. 

Recoup***, voy. re.... et cou- 
per. — D. recoupe (subst. verbal), 

«COttpC«C. 

Recouvbev , voy. re.... et 
eourbe. 

Recommit* , du L. recurrere 
(m. s.). Pour le detail des change- 
ments de lettres voy. cLCcourir. — 
D. recours (voy. cours). 

Reeouvnep, en espagnol re- 
cobrar, en italien recuperare, du 
L. recuperare (recouvrer) par la 
contraction reguliere (voy. accoin- 
ter) de recuperare en recuperare 
d'oh recouvrer par lechangement: 
1° de u en ou (voy. accouder); 
2° de p en v (voy. arriver). — D 
recouvrdble, recouvrance, recou- 
vrement. 

AecoMVfff ,voy. re.... et cow- 
t?rir. 

Jlec**acfce*< , voy. re.... et cra- 
cker. 

Recreer, du L. recreare (r6- 
jouir). — D. re'cre'ation, rtcrtatif. 
Recreer, voy. re.... et creer. 
JIec#*ejii»>, voy. re.... et cre*- 
pir. 
Btecwier, voy. re.... et eerier. 
B^crlminer, du L. re (re) et 
% .riminari (accuser). — D. ricri- 
nination, ricriminatoire. 
MtecwHwe, voy. re.... et 4crire. 
Jtee#*©**^e, voy. re.... et croi- 
re. — D. ree'rue. 

ttecwqueviUev, origins in- 
onnue. 



Rect**, participe de l'ancien 
francais recroire, du L. recredere 
se* (se confier, au vainqueur , s'a- 
bandonner a sa merci,d'ou le sens 
de s'avouer vaincu, de s'avouer fai- 
ble, incapable, impuissant). Pour 
le detail du cnangementde lettres, 
voy. accroire. 

Recttfe, voy; recroUre. — D. 
recruter (de i'ancienne forme mas- 
culine recrut). 

Recruter, voy. recrue. — D. 
recruteur, recrutement. 

Recta, du L. recta (en droite 
ligne). 

Rectangle, du L. rectiangulus* 
(rectangle dans un texte du sep- 
tieme siecle) . — D. rectangulaire. 

Recteur, du L. rector (celui 
qui regit). — D. rectoral, rectoraL 

Rectifier, du L. rectificare 
(m. s.). — D. rectification. 

Rectlllgne. du L. rectilineus 
(m. s.). Pour le cbangement de 
lettres, voy. ligne. 

Rectitude, du L. rectitudo 
(droiture). 

Recto, du L. recto (feuille qui 
est a droite). ' 

Rectum, du L. rectum (propr. 
droit). 

Bcfti, subst. participial faible 
de recevoir (voy. ce mot). 

Rectceilltr*, du L. recolligere 
(recueillir) . Pour le detail des chan- 
gemeats de lettres, voy. accueillir. 
— D. recueil (subst. verbal), re- 
cueillement. 

Recuit«e, voy. re.... etewtre. 

Recwfef, voy. cut. — D. recul 
(subst. verbal), recuUe (subst. 
participial) ; reculade, reculement, 
recuM, d reculons. 

Recuperet*, du L. recuperare 
(m. s.). 

Recttrer , voy. re.... et tcurer, 

Recusable, du L. recusabilis 
(m. s.). Pour le changement de 
abilis en able, voy. affable. 



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r£d 



454 



Rgg 



Recusation, du U recusation 
nem (m. s.). 

Recuser, du L. redusare (re- 
cuser). 

Renacteur, du L. redactor* 
(deriv6 de redactum, supin de re- 
digere, voy. rtdiger. 

Dedactlon, du L. redactio- 
nem* (derive de redactum supin 
de redigere; voy. re'diger). 

Redatz* au dix-septieme siecle 
redenet redent f proprement ou- 
vragc a dents: l'ancienne ortho- 
graphc redent met cette origine 
iiors de doute; pour le change- 
ment posterieur de reden en re- 
dan, voy. andouiUe. Pour l'ety- 
mologie dc redentf voy. re.... et 
dent. 

Redarguer, du L. redarguere 
(m. s.). 

Reddltlon. du L. redditionem 
(action de rendre). 

Redefaire* voy. re. et d&- 
faire. 

Zlecfemaittfef, voy. re.... et 
demander. 

Redempteur, du L. redemp- 
tor (redempteur dans saint Je- 
rdme) . 

Redemption, du L. redemp- 
tionem (redemption dans Pru- 
dence) 

flecfe«cettaVe, voy. re.... et 
descendre. 

Rederabie, voy. redevoir. 

Redevance, voy. redevoir. 

flecfevettlv*, voy. re.... et de- 
venir, 

necfeooiv, voy. re.... et de- 
voir. — D. redevabhy redevance. 

Redhibition, du L. redhibi- 
tionem (m. s.). 

Oedhlbltolrc, du L. redhibi- 
torius (m. s.). 

Rcdlger, du L. redigere (ras- 
sembler, reunir) 

Redlmer, du L. redimere (ra- 
cheter). * 



f Redln* ote, de l'anglais rt- 
dtn^f cool (habit pour monter a che- 
val). 

Redire, voy. re.... et dire. — 
D. redtte (subst. participial). 

JRe«f»*e, voy. redire. 

Redondance, du L. redun- 
ddntia (redondance). Sur tia de- 
venu ce, voy. agencer. Sur tt de- 
venu o, voy. annoncer. 

Redonder, du L. redundare 
(deborder). 

Aerfottttet*, voy. re.... et don- 
ner. 

ftecfofef, voy. re.... et dorer. 

Redouble* ^ voy. re.... ct 
doublet. — D. redouolement. 

f Redonte, venu au seizieme 
siecle de Fitalien ridotto (redoute). 

ftafotcfef, voy. re.... et dou- 
ter. — D. redoutdble. 

SerfneMer, voy. re.... et dres- 
ser. — D. redressement, redres- 
seur. 

Reductlble, du L. reductibi- 
lis* (derive de reductus, voy. re*- 
duire).. 

Reducttf, du L. reductivus*, 
deriv6 de reductus (ramen6). 

Redaction, du L. reductio- 
nem (action de ramener). 

Redwire, du L. reducere (re- 
duire) par le changement de du- 
cere en duire (voy. conduire). — 
D. riduit (subst. participial). 

Redupllcatlf, du L. redupli- 
cativus* deriv6 de reduplicatus 
(double). 

Reduplication, deriv6 de re* 
duplicatus (double). • 

Reedlflcatlon, voy. re.... et 
idification. *• 

Reedlfler. voy. re.... et Mi- 
ter. 

Reel, du L. realis* (derive* de 
rem, chose). — D. rieUement. 

Reelection, voy. re.... et ejec- 
tion. 

Reettfe, voy. re.... et eltre. 



y Google 



RtfF 



455 



REP 



Reexportation, voy. re... et 
asportation 
Beeiportor, voy. re... . et e«- 

Refaire, voy. re... et fat're. 

— D. re fait (subst. participial). 
Refaucher, voy. re.... et /au- 

cher. 
Refection, du L* refectionem 

(reparation). 
Refectolre, du L ecclesiasti- 

que refectorium* (proprement lieu 

ou Ton se refait, ou Ton se res- 

taure). 
Jte/feiufre, voy. re.... et fen- 

dre. — D. re fend (subst. verbal). 
Refere, voy. rifirer. 
Referendalre, du L. referen- 
dartus (m. s.). 

Referer, du L. referre (rap- 
porter). — D. re/ere* (subst. par- 
ticipial). 

Aefet^itef, voy. re.... et fer- 
mer. 

Ae/ewef , voy . re.... et/errer. 

Rcfiechiw^en itslien riflettere, 
la L. reflectere (reflechir) par le 
thangement : 1° de et euch (voy. 
\lUcher) ; 2° de e en t (voy. ac- 
omplir). — D. rtfMchi, re'fle'ehis- 
zment , irre'fle'ehi. 
Beflectenr, du L. reflectorem 
a. s.). 

R.efleter, au quatorzieme si eel e 
fleeter, du L. reflectere (refle- 
ir). Sur rejecter devenu refleter, 
y. affe'tS. 

D. re/te* (subst. verbal). 
Re/lem*lr, voy. re.... et /Zeu- 

K^flexloii, du L. reflexionem 
tiqn de retourner). 
leflaer, duL. refluere(m. s.). 
leflai, voy. re.... et /Zurr. 
te/bn<lf« 9 voy. re.... et /bn- 
— D. re f ante (subst. partici- 
, voy- absoute). 
efornuitear, du L. reforma- 
m. s*}. 



Reformation, du L. reforma- 
tionem (reforme). 
Reformer, du L. reformare 

} reformer). — D. rtformable, r4- 
orme (subst. verbal). 
Reformer, voy. re. . . . et former. 
fle/btclef , voy. re. . . . et fouler. 

— D. refoulement, refouloir, 
Refractalre, du. L. refracta- 

rius( indocile). 

Refractor, du L. refractare* 
(derive de refractum, brise). 

Refract If, du L. refractivus 
(m. s.). 

Refraction, du L. refractio- 
nem (m. s.) 

Refrain, substantif verbal de 
l'ancien francos refraindre (bri- 
ser; le refrain brisant la chanson 
a des intervalles egauz) . Refrain- 
dre est le L. refrangere (briser a 
pi usieurs reprises). Pour le chan- 
gement de angere en aindre, voy. 
absoudre et ceindre. 

Refrangible, du L. refrangi- 
bilis* (m. s., derive de refrangere, 
briser). — D. refrangibilite'. 

fle/t*aj»f»et*, voy. re.... et 
frapper. 

Refrener, du L. refrenare 
(m. s.). 

Refrigerant, du L. refrige- 
rantem (qui refroidit). 

Refrigeration, du L. refrige~ 
rationem (rafraichissement). 

Refrlngent, du L. refringen- 
tem (qui se brise). 

Refrogiter* compose de re.... 
et d'un theme frogner dont Tori- 
gine est inconnue. — D. renfro" 
gner (qui est ie meme mot que 
refrogner; sur ^intercalation de 
n, voy. concombre). 

If e/*fo»«f If , voy . re... et froid. 

— D. refroidissement. 
Refuge, du L. refugium (m. s.). 

— D. se re*fugier. 

Refugler (se), voy. refuge. — 
D. refugU (subst. participial). 



y Google 



RfiG 



456 



REG 



Refuser, du L. refutiare* 
(derive de refutare repousser, d'ou 
le seas de refuser). Pour le chan- 
gement de ti en s } voy. agencer. 

— D. refus (subst. verbal). 
Refutation, du L. refutatio- 
ns (m. s.). 

Refuter, du L. refutare (m. s.). 

Regagnew; voy. re... et ga- 

gner. — D. regain (subst. verbal). 

1. Regain (desante), voy. re- 
gagner. 

2. Regain, compose de re... 
et de l'ancien francais gain . a l'o- 
rigine gain et wain (herbe qui 
pousse dans les pres fauches) , en 
italien guaime, mot d'origine ger- 
manique (d'un type weidima* de- 
rive de l'ancien haut allemand 
weida* herbe, pature, et du suf- 
fixe roman ime). Wei(d) ime per- 
dant le d medial (voy accabler) , 
donne gain, ga-in par le change- 
ment : 1° de wei en ga (voy. ga- 
gner); 2» de ime en. in (voy. at- 
tain). 

Regal, voy. rigaler. 
Regale, du L. regalis (royal). 

— D. rtgalien. 

f Regaler, de l'espagnol rega- 
lar (m. s.), — D. rigal (subst. 
verbal), rdgalant, r&galade, rega- 
lement. 

'* Reguwdev, voy. re... et gar- 
der. — D, regard (subst. verbal) , 
regardant. 

Regamiv, voy. re. . . etgarnir. 

t Regate, du venitien regatta 
(courses de gondoles). 

Regeneratenr, du L. regene- 
rator* (m. s.). 

Regeneration, du L. regene- 
rationem (m. s.). 

Regenerer, du L. regenerate 
(m. s.). m 

Regent, du L. regentem (qui 
gouverae). — D.rtgence, reenter. 

Regicide, derive de regem roi ; 
pour la finale cide, voy. parricide. 



Regie, voy. rtgir. 

Regimbev, origine inconnue. 

Regime, du L. regimen (con* 
duite). 

Regiment, du L. regimentum 
(commandement , direction) . — D. 
re'gimentaire. 

Region, du L. regionem (re-* 
gion) 

Regit; du L. regere (regir, di* 
riger) par le change me ntde e en t 
(voy. accomplir). — D. regie 
(subst. participial) ; rtgisseur. 

Regisseur, voy. rigir 

RegUtve, voy. regttre. — D. 
enregistrer. 

Regitve, aussi registre, du L. 
registrum* (regltre dans Papias : 
« Registrum liber qui rerum ges- 
tarum memoriam continet... » 
Registrum ou regestrum est une 
alteration de regestum journal, 
derive de regestus transcrit). 

Registrum a donne registre puis 
regttre par la chute de s (voy. 
abime). 

Regie, du L. regruto (m. s.), 
par la chute reguliere de til (voy. 

p. LXXXl). 

Reglement, voy. re'gler. — 
D. reglementer, rtglementaire. 

Regie**, du L. regulare (re- 
gler, diriger) par la contraction 
reguliere (voy. accointer) de re- 
g(u)lare en regular e. — D. rigle- 
ment y rtglet, rtglette, rigleur; 
diregU. 

f RegluMe, de l'espagnol rega- 
lia (reglisse). 

Regne, du L. regnum (regno 
dans Horace). 

Regner, du L. regnare (m. s.). 

Regnieole, du L. regnicola 
(m. s.). 

Regonflew 9 voy. re.... et gon- 
fler. — D. regonflement. 

Regorgev, voy. re.... et gor- 
ge. — D. regorgement. 

Regrutter, voy. re.... et 



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r£i 



457 



REL 



gratter. — D. regrat (subst. ver- 
bal), regrattier, regratterie. 

Regretter, anciennement re- 
greter (avec le sens de plaindre) ; 
compost de re.... et du theme {pe- 
ter* qui est d'origine gennanique 
(gothique gretan plaindre). — D. 
regret (substantif verbal), regret- 
table. 

RegularUer , deriv6 de regu- 
laris (voy. rigulier). — D. re'gula- 
risation. 

Regularity, du L. regularita- 
tem * (meme sens, derive de regu- 
laris). 

Regulateur, du L. regulator* 
(m. s., derive de regulare). 

Reguller, du L. regularis (qui 
suit une regie). 

Rehablllter, voy. re.... et ha- 
biliier.— D. rehabilitation. 

Rehabltner, voy. re.... etha- 
bituer. 

Rehausser, voyez re.... et 
hausser. — D. rehaussement. 

Relmporter, voyez re.... et 
importer. 

Relmposer, voy. re.... et tro- 
poser. 

Relmposltlon , voy. re.... et 
imposition. 

Relmpresslon 9 voy. re.... et 
impression. 

Belmprlmer , voy. re.... et 
imprimer. 

Jteitt, du L. ren (rein) par le 
changement de e en ei (voy. frein) . 
— D. ereinter (voy. p. xci). 

Jteitte , anciennement rewe , 
du L. regina (reine) par la chute 
du d medial re(g)tna (voy. acca- 
bler) . — D . reinette. 
WlcitwUe, voy. retne. 
Relnstaller , voy. re.... et in- 
staller. — D. reinstallation. 

Reintegration 9 du L. reinte- 
gratinnem (retablissement). 

Relntegrer, du L. reintegrare 
(r6tablir). 



Reiteration, du L. reiteratio- 
nem (repetition). 

Relterer, du L* reiterare (mft- 
me sens). 

t Retire, mot venu au seizieme 
siecle de rallemand reiter (cava- 
lier). 

RejailUr, voy. re.... et jaiUir. 

— D. rejaiUissement. 
JRejeter* , du L. rejectare (mfi- 

me sens), par lerchangement de ct 
en I (voy. affiti). — D. rejet (sub- 
stantif verbal), rejetable, rejeton. 

Rejoindre , voy. re.... et 
joindre. 

Rejointoyer 9 voy. re.... et 
joint. 

Rejotter, voyez re.... et 
jouer. 

Rejottiv, voy. re.... etjotu'r. 

— D. reyowissattf , rtfouissance. 
Relacher>, du L. relaxare 

(m. s.). Pour les changements de 
lettres voy. Idcher. — D. reldche 
(subst. verbal), reidc/iant, reldche- 
meni. 

RelaU, voy. relayer. 

JtelaBtcet* , voyez re.... et 
Zoncer. 

Relaps, du L. refapws (qui 
est retombe). 

Relavgir , voyez re.... et 
dlargir. 

Relater, du L. relatare * (de- 
rive de relatum rapporte, supin de 
re/erre). 

Relatlf, du L. reZa*tin*s (mfime 
sens). 

Relation, du L. relationem 
(relation). 

Relaver , voyez re.... et 
taver. 

Relaxation, du L. relaxation 
nem (61argissement). 

Relaxer, du L. relaxare (meme 



Relayer, compose de re.... et 
de l'ancien verbe layer, cesser, 
dis"outinuer, s'arreter, relacher. 
26 



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REL 



458 



REM 



Layer est un mot d'originegerma 
nique (gothique latan laisser). Ce 
mot a donne naissance a ua type 
de la basse latinite lalare* qui est 
devenu layer. — comme dxlatare 
est devenu delayer, — par la chute 
du t medial la(t)are (voy. abbaye), 
d'ou layer par le changement de 
a en ai (voy. aigle). — D. relax 
(substantif verbal de relay er, s'ar- 
reter; proprement arrest, repos). 
Quant au mot relais (dans Tex- 
pression « lais et relais de mer ») , 
il derive du verbe relaisser dont il 
e3t le substantif verbal (voy. lais- 
ser). 

Releguer , du L. relegare 
(m. s.). — D. riltgation. 

Relent , du L. redolentem 
(qui sent mauvais) par la contrac- 
tion reguliere (voy. accointer) de 
red(6)lentem en red'lentem, d'ou 
relent par la reduction de dl kl 
(voy atlumer). 

Relever, du L. relevare (rele- 
ver). — D. relief (substantif ver- 
bal), qui est relevium dans plu- 
sieurs teztes latins du moyen age 
*Et ibi omnes bar ones concesserunl 
sibt relevium...? » lit-on dans un 
document du onzieme siecle). Re- 
levium a tres-regulierement donne 
relief par le changement : 1° de e 
en ie (voy. arriere) ; 2° de v en f 
(voyez bceuf), relevailles, releve- 
ment, releve" (substantif partici- 
pial), relevie (subst. particip. fe- 
minin), releveur. 

1. Relief, (distinction, eclat), 
voy. relever* 

2. Relief (saillie dee objets), . 
foy. relever. — D. bas-relief (ou- 
vrage de sculpture en saillie sur 
on fonduni ; proprement relief bas, 
e'est-ra-dire peu saillant, par oppo- 
sition a ronde bosse). 

3. Reliefs (de table); ce qu'on 
releve de la table, ce qu'on rem- 
poru. Voy. relever. 



Relies, du L. religare (atta~ 
cher). Pour le changement de let- 
tres, voy. Iter, — D. relieur, re- 
liure , reliage. 

Bellgleux, du L. reUgiosus 
(m. s.). 

Religion, du L. religionem 
(m. s.). — D. religionnaire, co~ 
religionnaire. 

Rellqualre, voy. relique. 

Rellquat, du L. reltquatum 
(reliquatde compte). — D. reU- 
quataire. 

Relique, du L. reliquiae (res- 
ter). — D. reliquaire. 

Relive, voy. re.... et lire. 

Relouer, voy. re.... et Umer. 

Relwl*«e. du L. relucere (re- 
luire). Pour le detail des change- 
ments de lettres, voy. luire. — D. 
reluisant. 

Remattle**, voy. re.... et roo- 
mer. — D. remaniement . 

Remawiew, voy. re ... et ma- 
rier. 

Remafgttef, voy. re.... et 
marquer. — D. remarque (substan- 
tif verbal) ; remarquable, 

Remballe*) voy. re.... et 
emballer. 

Rembarqtier, voy. re.... et 
embarquer. — D. rembarquemenU 

Rembari*er, compose de re... 
etde embarrer* (voy. oarrer). 

Rem6lay et«, compost de re. . . . 
et de emblayer. Eroblayer est Top- 
pose de delayer (voy. ce mot). — 
D. remfc/at (substantif verbal) 

Rem6o»tef , voy. re.... et 
embotter. — D. remboitement 

Rem6otff*t*et*, voy. bourre. 

— D. rembourrement, 
Rem6oMt*«et* , conjl>os6 de 

re et de embourser. Embourser est 
Poppos6 de de'bourser (voy. bourse). 

— D. remboursement, remboursa- 
ble. 

Rembwunir 9 voy. brim. — 
D. rembrunissemeru. 



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REM 



459 



REM 



Bem&de, du L. remedium 
(m. &). 

Remedier, du L. remediate 
(gu6rir). 
Remeler, voy. re..., et m&ler. 
Remembrance (souvenir), 
derive de l'ancien verbe frangais 
seremembrer (se souvenir), qui est 
le L. rememorare* (se souvenir). 
Remem(6)rare* r6gulierement con- 
tracts (voy. accointer) en remem'- 
raredonne ranem&rerpar le chan- 
gement de mr en mbr (voy. absou- 
dre). 

Rememorer, du L. rememo- 
rari (se souvenir), — D. remdmo- 
ratif. 

Rentevcier, voy. merei. — 
D. remerciment. 

Mtemeitre, du L. remittere 
(remettre). Pour les changements 
de Jettres, voy. meitre. — D. re- 
mise (subst. particip ial) . 

Remettbler , voy. re.... et 
meubler. 

Reminiscence, du L. reminis- 
-entia (m. s.). Sur tia devenu ce, 
r oy. agencer. 

Mtemise^ voy. remettre. — D. 
emiser. 

Reml00lble 9 du L. remissibilis 
a. s.). 

■remission, du L.remissionem 
ardon) . 

Remfltent, du L. remittentem 
ui se relache). 

Remmener , voy. re.... et 
7ne?^er. 

F?«£mo«cI«*«ie 9 voy, remoudre; 
Vamott^er, voy„ re.*., et 
►U^r. — D. remonte (substantif 
?aJ>, reTnon-togfe. 
X&m.€>*+tw+ev , voy. re.... et 
>trer. — D. remontrant, re- 

emortt, du L. remora (re- 
t, poisson), 

&+**.€**•& »•«* du L. remordere 
s.>. Pour les changements de 



lettres, voy. mordre. — D. re- 
mords (substantif verbal), 

Aetttot* d «, voy. remordre. 

Jtemot^gtte, anciennement re- 
moigwe, du L. remulcum (cable 
pour remorquer) par le change* 
ment: 1° de u en o (voy. arawm- 
cer) ; 2° de J en r (voy. apdtre). — 
D. remorquer, remorqueur. 

Aemoudre , voy. re.... et 
moudre. - D. remous (ancienne- 
ment remols, substantif verbal de 
remoldre forme primitive de re- 
moudre; pour le changement de ol 
en ou, voy. agneau) ; remottZade. 

Remote fettt*, voy. imoudre. 

Remote*, voy. rdmoudre, 

Rempaiffet* , voy. paille. 

Rentparer (se), se fortifier en 
prevision d'une attaque, compose 
des deux mots re... et emparer. — 
D. remparf (anciennement rempar 
qui est une forme plus correcte, 
rempar etant le substantif verbal 
de remparer). 

Rempot* f , voy. remparer. 

Rempfcecer, voy. re.... etem- 
placer. — D. remplacant, rempla- 
cement. 

Rempfage, d6riv6 de rempitr 
(voy. ce mot) comme ravage de 
ravir 

Jtett»plif 9 voy. re.... et em- 
pitr — D. remplissage. 

Rempfoyet* , voy. re.... et 
employer. — D. remploi (subst. 
vernal). 

Retttplutttef, voy. plume, 

RempoeJtet* , voy. re.... et 
empower. 

Aempor^er , voy. re.... et 
emporter. 

Aempoler, voy. po<. — D. 
rempotage. 

Remtte-menage , voy. ma- 
nage et remwer. 

Remttet* , voy. re.... et miter. 
— D. remwon^, remuage f remue- 
ment, remue-mdnage* 



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REN 



460 



REN 



Remnneratevr , du L. reww- 
nerator (m. s.) 

Remuneration , du L. remu- 
nerationem (m. s.) 

Remuneratolre, d6riv6de ri- 
munirer (voy. ce mot). 

Bemanerer, du L. remune- 
rate (recompense!-) 

Renacler, anciennement re- 
naquer. a 1'origine renasquer, mot 
dont l'etymologie est inconnue. 
\Renaitre, du L. renascere* 
(renattre). Pour le detail deschan- 
gements de lettres, voy. naitre. 
— D. renaissant (d'ou renais- 
sance) 

Renal, du L. renalis (meme 
sens) 

Renard, anciennement re- 
gnard, mot d'origine historique 
(voy. p. lxiv). On a vu au mot gou- 
piUon) que notre ancienne langue 
designait cet animal par le mot 
goupil, forme qui fut supplantee 
par celle de Regnard. (Maistre Re- 
gnard est le surnom du goupil 
dans le Roman de Renard } celebre 
composition satirique qui jouit du- 
rant le moyen age, d'une popula- 
rity sans egale). Maitre Regnard 
signifie proprement Maitre Ruse" 
{Regnard est un mot d'origine 
germanique : all. reginhart, rus6, 
cruel). 

Pour le changement de regnard 
en renard, voy. assener. — Voyez 
pour le detail du Changement de 
sens, au mot baudet. — O. re- 
narde, renardeau, renaidiere. 

Aencaifier, voy. re... et en- 
caisser. — D. rencaissage. 

JtettefceVit*, voy. re... et en- 
cherir. — D. reneheri (sub- 
stantif participial), rencherisse- 
ment. 

Rencherissement , voy. au 
mot rencherir. 

Rencontrer, compose 1 de re. . . 
et de l'ancien verbe encontrer 



(voy. encontre), — D. rencontre 
(sutst. verbal) 

Rendez-von*, voy. iendre et 
vous. 

Rendormir , voy. re..., et 
endormir. 

Rcndonbler, voy. doublet. 

Rendre, en italien rendere, 
du L. rendere * (rendre, dans les 
textes carlovingiens ; rendere est 
une forme nasal isee de reddere ; 
pour Intercalation de n, voy. con- 
combre). — D. rente (L. rendita * 
rente dans les textes latins du 
moyen age: substantif participial 
fort de rendere; voy. absoute) ; 
rendant. rendement. 

Aeitdtf fcif 9 voy. re.... et en- 
durcir. 

Rene, en italien redina, du L. 
retina * (substantif de retinere re- 
tenir ; proprement courroie qui 
sert a arrfiter, a retenir). 

Ret(i)na contracte (voy. p. txxxi) 
en refna donne rene par la re- 
duction de tn a n (voy. plane). 

t Renegat, de ritalien rtnne- 
gato (renegat). 

Renfermer , voy. re.... et 
enfermer. 

Ren flew, voy. re..., et enfler. 
— D. renflement. 

Ren f oncer, voy. re et en- 

foncer. — D. renfoncement. 
. Ren forcer , voy. force. — D. 
renfort (subst. verbal), renforce- 
ment. 

Rengager, voy. re.... et en- 
gager. — D. r engagement. 

Rengainer, voy. re.... et en- 
flfatner. 

Rengorger (se) voy. re.... et 
enporper. 

AeM^t^aiMet* , voy. re.... et 
enoramer. 

Renier, voy. re.... et titer. — 
D. rentable , renieur, rente- 
men*. 

Renifler, compose de re.... et 



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REN 



461 



r£p 



ae l'anciea verbe nifler, qui est 
d'originegermanique (b. allemand 
nif nez). 

f Renne, du suedois ren 
(renne). 

f)enomm«f, voy. re..., et 
«ommer. — D. renom (substantif 
verbal), renomme'e (substantif par- 
ticipial), renomme'. 
. Renoncer. du L. renuntiare 
(m. s.). Pour le changement de 
...UMnft'are en noncer, voyez on- 
noncer. — D. renonce (subs, ver- 
ba]), renoncement, 
Benonclatlon , du L. renun- 

ttationem (renonciation) , par le 

changement de u en o (voy. an- 

noncer) et par celui de ti en ci 

(voy. agencer). 
Renoncule, du L. ranunculus 

[renoncule dans Pline). 
Jfettouee, voy. renouer. 
Jtettouet*, voy. re... et nouer. 

-D. renoue'e (subst. participial), 

?noueur, renouement. 
Jtettcroveatf, voy. re... et 

ouveau. 

Jtettotfvele**, du L. renovd- 

re (m. s. dans Columelle) . — D. 

nouvellement. 

RenoTation, du L. renovatio- 

m (renouvellement). 

Ife*t«efgp»e«*, voy. re... et 

signer. — D. renseignement. 

!fet»*e, voy. rendre. — D. ren- 

, rente, rentier. 

te»»*oiIe»* 9 voy. toile. — D. 

oilage. 

te*»***<9*»*e, voy. tratre. — 

ran/rattare, rentrayeur. 

«*t *»•«»*, voy. re., et enfrer. 

X rew^ranf, rentre'e (subst. 

cipial). 

9*a«m*««** 9 compost de re... 
rancien Terbe enverser re- 

er , q ui d6r j ve de ent?er$ (voy. 

3t.). — D. rename", rent?er- 

^ ; renverse (subst. verbal). 

«ivoyer, voy. re... et en- 



wwer. — D. renvoi (substantif ver- 
bal). 

Reordlnatlon, voy. re... et 
ordination. 

Reordonner, voy. re... et or- 
donner. 

Reorganise!*, voy. re... et or- 
ganiser. — D. reorganisation. 

Reonverture, voy. re... et ou- 
verture. 

Repaire, a i'origine demeure 
en general. (Sur la restriction de 
sens imposee a ce mot par la 
langue moderne, voy. p. xxiii.) 
Repaire est le substantif verbal de 
l'ancien verbe repairer (se retirer 
dans sa demeure, retourner chez 
soi). Repairer est le L. repatriare 
(retourner cbez soi, dans Isidore 
ae Seville). Rtpatriare a donne 
repairer par l'attraction de i qui 
amene le cbangement de a en ai 
(voy. aigle), — et par la reduc- 
tion de tr a r (voy. arriere) . 

Rcpaitre, voy. re... et patlre. 

— D. repi*. (Paitre avait aussi 
dans notre ancienne langue, le 
participe pu qui a persiste dans le 
langage ae la fauconnerie : « un 
faucon qui a pu. »). 

Repattdre, voy. re... etepan- 
dre. 

Reparable, du L. repardbilis 
(reparable) . 

Jtepat«a»#ne 9 voy. re... et 
parattre. 

Reparatenr, du L. reparator 
(m. s.). 

Reparation, du L. repara- 
tionem (retablissement). 

Reparer, du L. reparare (re- 
parer). 

Reparler, voy. re. . et parler. 

Repartir, voy. re... et partir. 

— D. repartie (subst. participial). 
Jtepaftflf, voy. parttr (au 

sens de diviser, de partager, de 
rdpartir). — D. repartiteur,. re- 
partition. 



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RfiP 



463 



R6P 



* Repas, du L. reparfus* (repas, 
dans les teites merovingiens : 
« Nullum ibidem praesumant 
exercere dominatum, non ad 
mensionaticos aut repastos exi- 
gendo... » dit une formule da sep- 
tieme siecle. Repastus est un 
compose intensitif da L. pastus 
nourriture). 

Repastus a donn6 repas par la 
reduction de si final a s qui se re- 
trouve dans : puis (port), no* 

Snorter), dispos (disposes) repay 
repo*'*us ) , appa* ( appartus ) , 
requi* (requis'tus), exquis (ex- 
quis'lum), propo* (propos'fum). 

Reposier, voy. re... et passer. 
— D. repassage, repasseuse. 
: Jtepavet*, voy. re... et paver. 
! Repeehew, voy. re... et pa- 
cker. 

Repeindre, voy. re... et 
peindre. — D. repeint (subst. par- 
ticipial). 

Repenaer, voy. re... et penser. 
\ Repentance, voy. repentir. 
' Jtepenrft* , compose de re... et 
de Pancien verbe francais pentir 
(se repentir). Ce vieux mot repre- 
sented L. pcenitere (se repentir) 
par le changement de ce en e (voy. 

8. lxxxvii) d'ou penitere gui 
onne pentir par la contraction 
reguliere (voy. accointer) de pe- 
n^jtere en pen'tere et par le chan- 
gement de e en i (voy. accom- 
pltr). — D. repentir (subst.), 
repentant (d'ou repentance). 

Repcrcev, voy. re... et percer. 

RepercaMlon, du L. reper- 
cussionem (repercussion). 

Repercuter, du L. repercu- 
tere (frapper). 

Reperdre, voy. re... et per- 
dre. 

Repere , substantif verbal du 
L. reperire (trouver) 

Repertoire, du L. repertotium 
(inventaire). 



Repeter, du L. repetere (rlp6~ 
ter). — D. re'pe'tailler. 

Repetlteur, du L. repetitof 
(derive de repetere repeter). 

Repetition, du L. repetitionem 
(repetition). 

Repewpler, voy. re.... etpeu- 
pler. — D. repeuplement. 

Repity anciennement respit, 
en italien rispetto, du L. respectus 
(consideration, reflexion, egard, 
a'ou le sens d'indulgence, puis de 
delai, sens que le latin respectus 

fjossedait deja dans les textes car- 
ovingiens: « Et si comes infra 
supradictarum noctium numerum 
mallum suum nonhabuerit, ipsum 
spatium usque ad mallum eomi- 
tis extendatur, et deinde detur ex 
spatium ad respectum ad septem 
nodes, » lit-on dans un Capitulaire 
de 819). 

Respectus a donne respit par le 
changement de ect en it (voy. at- 
trait) t repit par la chute de s (voyez 
abtme). 

Replace*^ voy. re.... et pla- 
cer 

Replantew 9 voy. re.... et 
planter. 

itepfatft*et*, voy. re.... etpM- 
tre. — D. repldtrage. 

Replet, du L. repletus (plein). 
»— D. riplition. 

RepUev, voy. re.... et plier. 
— D. repli (subst. verbal). 

RepUquer, du L. replicare 
(dire). — D. riplique (substantif 
verbal). 

Replonger* voy. re.... et 
plonger. 

Repollr, voy. re.... et polir. 

Repottdre, anciennement res- 
pond™, duL. respondere (repon- 
dre) par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi) de respondere 
en responoVre, d'ou repondre par 
la chute de s (voy. abtme). — D. 
repondant; re'pons, anciennement 



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REP 



463 



REQ 



respons (subst. participial fort du 
L..responsus f surla chute de s. 
voy. dbime) ; riponse feminin de 
ripons (L. responsa) ; ripondant. 

JRepotts, voy. repondre. 

Repottse, voy. repondre. 

Reporter, du L. reportare (re- 
porter). — D, report (substantif 
verbal). 

Reposer^ voy. re.... et poser. 
— D. repos (subst. verbal), repo- 
soir, repose". 

Repousse**, voy. re... . et pons- 
ser. — D. repoussant, repoussoir, 
repoussement. 

Reprehensible, du L. repre- 
hensibilis (m. s.). 

Reprehension, du L. repre- 
hensionem (blame). 

Reprendve , voy. re.... et 
prendre. 

f Represallle, de Pitalien rt- 
presaglia (repr6saille) . 

Representatlf, du L. reprae- 
sentativus* derive de repraesenta- 
tus (present^). 

Representation, du L. re- 
praesentationem (representation). 

Representor, du L. reprae- 
sentare (exprimer). — D. reprfoen- 
tant. 

Represslf, du L, repressive*, 
derive de repressus {retenu). 

Repression, du L. repression 
nem* (m. s.). 

Reprlmande, du L. repri- 
menda (chose blamable,puis action 
de blamer) — D. nfprimander. 

Reprlmer, du L. reprimere 
(reprimer). — D. reprimaole. 

Repris, voy. re ... . et pris . 

ReprUe, voy. re.... etprae. 

Reprobateur, du L, reproba- 
for(m. s.). 

Reprobation, du L. reproba- 
tionem(m. s.). 

Reprocher, en proven gal re- 
propchar, du L. repropiare* (de- 
rive de prope* proche, comme le 



latin ob-jicere qui signifle a la fois 
ptecer devant, et reproc/ier; — 
comme l'allemand vor-rucken qui 
veut dire s'approcher et repro- 
c/ier). Beproptare, c'est rappro* 
cher, mettre devant les yeux, op- 
poser, reprocher. 

Repropiare a donn6 reprocher 
par le changement r6gulier (voyea 
abre'ger) de pia en che. — D.. re- 
proche (substantif verbal) ; repro- 
chabie, irre'prochable. 

Reprodueteur, voy. re.... et 
producteun 

Reproductible, voy. re.... et 
producible. — 1>. reproducibility . 

Reproduction, voy. re.... et 
production. 

Reproduire, voy. re.... et 
produire. 

Repvow>er, voy. re.... et 
prouver. 

Reprouver, du L. reprefcare 
(reprouver). Pour le detail des 
changements de lettres , voy. prou- 
ver. — D. reprouve" (subst. parti- 
cipial). 

Reps, origine inconnue. 

Reptile, duL. reptilis (m. s.), 

Republlque , anciennement 
respublique du L. respubUca (m, 
s.). Sur la chute de s, voy. abime. 
— D. rtpublicainyripubltcanisme. 

Repudiation, du L. repudia- 
tionem (rejet). 

Repudler, du L. repudiare 
(repudier). 

Repugner, du L. repugna/re 
(repugner). — D. repugnant (d'ou 
repugnance). 

Repulsir, du L. repulsims* 
derive de repulsus (repousse^. 

Repulsion, du L. repulsionem 
(m. s.). 

Reputation, du L. reputatto- 
nem (consideration). 

Reputer, du L. reputare (im- 
puter) . 

Miequerir, du L. requirere 



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r£s 



464 



r£s 



riuerir) par le changement: 1° 
t en e (voy. admettre) ; 2° de e 
en « (yoy. aceomplir). — D . r equity 
du L. requistluf (m. s.)» contracte 
regulierement (voy. p. lxxxi) en 
requisUus d'ou regut* par la reduc- 
tion de st a * (voy. repas). 

Requete, anciennement re- 
quester en italien richiesta, du L. 
requisite (pronrement chose re- 
quire, demanaee, d'oii le sens de 
requete ; on lit dans une Charte 
latine du durieme siecle: «requis- 
tam feeerurU » pour faire une re- 
quite). 

Requis(i)ta regulierement con- 
tracte (voy. p. hxm) en requisite, 
donne requeste par le changement 
dei en e (voy. admettre), requite 
par celui de * (voy. abime). 

Requiem, du L. requiem (re- 
pos). 

Rejoin, origine inconnue. 

Requinquer, origine incon- 
nue. 

Aegwto, voy. requerir. 

Beqnliiltlon, du L. requisitio- 
nem (m. s.). 

Requloltolre, duL. requisito- 
rium* (derive de requirere). 

Reminder, du L. rescindere 
(m. s.). 

Reoelolon, du L. rescisionem 
(m. s.). 

AefeoMMe, voy, eseousse. 

Beflcrlptton, du L. rescriptio- 
nem (m. s.). 

Reoerlt, du L. rescriptum (re- 
ponse). Sur la reduction deptkt, 
voy. 4crit. 

Jtepefnt, anciennement risel 
en italien reticeUo, du L. reticel- 
lum* (reseau, diminutif de rete, 
filet). 

Ret(t)cellum regulierement con- 
tract^ (voy. accointer) en ret'cellum 
donne HseX par la reduction de tc 
a c (voy. odjtip^r), et par le chan- 
gement de c en s (voy. amitie) ; 



sur le changement de rdiei en rtf- 
*eau, voy. agneau. 

B^ieia, du L. reseda (m. s.)." 

Reserve** , du L. reservare 
(m. s.). — D. roerve (subst. ver- 
bal), reservoir, r&servi. 

Resident, du L. residentem 
(m. s.). — D. residence. 

Keslder, du L. residere (m. s.). 

Beoldu, duL. residuum (meme 
sens). 

R^olgaotton, du L. resigna- 
tionem* (derive de reriynatux, 
voy. rengner). 

Keslgner , du L. resignare 
(renoncer a) . — D. rtsignant. 

ReeUler, du L. resilire (se de- 
dire) . — D. r&iJteroenl, rettftd- 
Iton. 

Rvalue, du L. reit'na (m. s.). 

Kealneux, du L. rehnositt 
(m. s.). 

ReelptMcnce, du L. resipis- 
centia (m. s.). 

Reoloteitce, voy. risisler. 

neoloter, du L. resirtere (re- 
sister). — D. renstant, resistance. 

Keoolu, du L. rexoZtdu* (voyez 
rtsoudre). Sur ulta devenu u, 
voy. atgru. — - D. trre>o2u. 

Resoluble, du L. moJubiiu 
(m. s.). 

Resolution, duL. re*oluftbn*m 
(m. s. dans Ulpien). — D. trrrfio- 
mfton. 

nooohitotre, du L. resolutorius 
(qui sert a resoudre). 

ReaolTant, du L. resolventem 
(qui resoud). 

Reoonnraoe, du L. resonan- 
tia (m. s ) 

Bewmiier, du L. resofiore 
(m. s.). Sur n devenu nn, voyez 
ennemt. — Du rtsonnant, re'son- 
nement. 

Resorption , du L. resorption 
nem* (derive de resorbere f ren- 
foncer). 

JlooottoVe, du L. refofoerv 



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RES 



465 



r£s 



(r6soudre). Pour le changement 
ae ...solvere en ...soudre, voy. ab- 
soudre. — D. re" sous (de risoudre, 
comme absous, d'absoudre) ; l'A- 
'c&demie emploie encore ce mot 
dans la locution « brouillard rt- 
sous en pluie. ■ 

Respect, du L. respectus 
(consideration). — D. respecter, 
respectable. 

Respeetlf , du L. respectivus * 
derive de respectus (point de 
vue). 

Re*pectueux,du L. respectuo- 
sus* derive de respectus (respect). 
— D. irrespectueux. 

Respiration, du L. respiratio- 
nem (m. s.). 

Resplrer, du L. respirare 
(m. s.). — D. respirdble, respira- 
toire. % 

Resplendlr, du L. resplendere 
(m. s.). — ; D. resplendissant, res- 
plendissement. 

Responsable , du L. respon- 
sabilis* (d6riv6 de responta re- 
ponse). 

Ressac, origine inconnue. 

Ressaisir, voyez re.... et 
taisir. 

fiessosset*, voyez re.... et 
tower. 

Jte#«atf*ef 9 voyez re... et hau- 
ler. — D. ressaut (substantif ver- 
bal). 

Resscntbter, voyez re.... et 
sembler. — D. ressemblan* (d'ou 
ressemblance). 

Ressemelev, voy. re.... et *e- 
melte. — - D. ressemelage. 

Bessemer, voy. re... etsemer. 

Ressentiment , voyez res- 
fentt'r. 

Jtessettfit* , voy. re.... et *en- 
# r . — d. ressentiment. 

Hesse****** voy. re.... et sen- 
tit. D. ressentiment. 

Remsewer, voy. re... et *er- 
rer. — D. renerremew. 



Jiessot* f , voy. ressortir. 

Ressortir , voy. re.... et #or- 
fr'r. — D. ressort (substantif ver- 
bal ; proprtment ce qui ressort, 
ce qui rebondit). 

Ressovrt* (a), anciennement 
resortir, du L. resortiri (qui a 
pris dans la latinite du moyen 
age, le sens de ressortir). — D. 
ressort (judiciaire) ; ressortissant. 

Aessotttfet*, voyez re.... et 
souder. 

Rcssouw*ce 9 voy. source. 

Aessotwettit* (se), voy. re.... 
et soi*i?entr. — D. ressouvenir 
(subst. verbal). 

Jtessttet*, voy. re.... et suer. 
— D. ressuage. 

Ressusclter, du L. resuscitate 
(ressusciter) . 

Resswye**) voy. re.... et es- 
suyer. 

Restanratlon , du L. restau- 
rationem (renouvellement). 

Restaurer, du L. restaur are 
(m. s.). — D. restaurant, restau- 
rateur. 

ftesfef , du L. restore (s'arrfi- 
ter). — D. restant (substantia par- 
ticipial), reste (substantif verbal). 

Restltuer, du L. restituere 
(restituer). — D. restituable. 

Restitution, du L. restitutio* 
nem (restitution). 

Restfeindve, du L. restrin- 
gere (resserrer) ; pour le change- 
meat de ...stringere en ...strein* 
dre, voy. astreindre. 

Restrletlf, du L. restrictive* 
(derive de restrictus, voy. restrein* 
dre). 

Restriction, du L. restriction 
nem (m. s ). 

Restrlngent, du L. restrin- 
gentem (qui resserre). 

Resnlter, du L. resultare (re- 
jaillir). — D. risultat, resultante. 

Resnmer, du L; resumere. — 
D. resume' (substantif participial). 



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RfiT 



466 



RET 



1 Resurrection, du L. resurree- 

tionem (m. s.). 

Retabllr, voy. e*taW»r. — D. 
re'tablissement. 

Retaitter, voy. re.... et toif- 
Jer. — D. retaille (substantif ver- 
bal). 

Retaper , voy. re.... et toper. 

Retard, voy. retarder. 

Retarder 9 du L. retardate 
(m. s.). — D. retard (subst. ver- 
bal) ; retardataire, retardation. 

Reteindre , voyez re.... et 
teindre. 

Betotuffe , voyez re.... et 
tendre. 

Reten.lv . du L. retinere (rete- 
nir) par le cnangement 1° de t en 
e (voy. admettre) ; 2° de e en t 
fvoy. occompltr). — D. retenue 
(su&st. participial). 

Retention , du L. retentionem 
(action de retenir). — D. retention- 
noire. 

i Retemtlr, compost de re.... 
et de Pancien verbe francais tentir 

Sresonner), qui est le L. tinnitire* 
pour tinnitare resonner). 

Tinn(l)tire regulierement con- 
tracts (voy. accointer) en tin- 
n'tire a donne" le vieux francais 
tentir, par le changement regu- 
lier de in en en (voy. admet- 
tre). — D. retentissant, retentisse- 
ment.i 

Retewue^ voy. retenir, 

Retlalre, du L. retiarius (me- 
me sens). 

Reticence , du L. retieentia 
(reticence). 

Reticule, du L. reticulum 
(r£seau). — D. rettcutotre, rtti- 
cuU. 

Retif, anciennement restif 
(proprement cheval qui refuse d'a- 
vancer, qui teste sur place). Res- 
tifj en italien restio, reprSsente le 
L. restivus * (derive ae restore 
(rester. Pour la chute de $ (voyez 



abtme; pour le changement de t 
en f, voy. bceuf. 

Retlne,du L. retina* derto 
de rete filet, reseau ; re'tine signi- 
fie proprement membrane reticu- 
lee ; comme Fallemand Netz-haut 
(r6tine), veut dire litteralement 
membrane en forme de reseau, de 
filet. 

Retire*, voy. re. .. . et tirer. — 
D. retire", retirement. 

Retownber, voy. re.... et torn- 
her. — D. retombee (subst. parti- 
cipial). 

Retondre, du L. retundere 
(emousser). 

Retardre , voyez re et 

tordre. 

Retorquer, du L. retorquere 
(r6torquer). 

Retort, du L. retortus' (retors 
dans Martial). Sur la persistans 
de s, voy. Grammaire hisiorique 
de la langue frangaise, p. 153. 

Retorte, du L. retorta (prop, 
retourne ; vase de forme contour- 
nee). 

Retoucher, voy. re.... ettou- 
cher. — D. retouche (substantif 
verbal). 

Redowtr, voy. tour. 

Retoumer , voyez re.... et 
tourner. — D. retourne (substantif 
verbal). 

Retrace*) voyez' re.... et 
tracer. 

Retractation, du L. retracto- 
tt'onem (retractation). 

Retractor, du L. retractare 
(retractor) . 

Retractile, derive de retractus 
(raccourci, retire). 

Retraction, du L. retractio- 
nem (raccouicissement). 

Retruire i du L. retrahere 
( retire r). Pour le changement de.... 
trahere en.... fratre, voy. traire. 
— D. retrat* (du L. retractus, re- 
tire ; sur ct devenu if, voy. aitrait); 



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RfiU 



467 



RfiV 



retraite (action de se retirer, du 
L. retracta proprement retiree; 
sur ct devenu it, voy. attrait) . 

Retraii, voy. retrain. 

Retraite, voy. retraire. — D. 
retraite'. 

Reiranche**, voy. re.... et 
trancher. — D. retranchement. 

Retravaille**, voy. re.... et 
travailler. 

Retired*, voy. re.... et tHcir. 

— D. ritre'cissement. 
Retretnper , voy. re.... et 

tremper. 

Retrlbuer, du L. retribuere 
(restituer) . 

Retribution, du L. retribu- 
tionem (m. s.). 

Retroaetlf, du L. retro, (en 
arriere) et de actif (voy. ce mot). 

— D. retroactivity. 
Retroaction, compost de ac- 
tion (voy. ce mot) et du L. retro 
(en arriere). 

Retroeeder, du L. retrocedere 
(m. s.). — D. retrocession. 

Retroif radatlon, du L. retro- 
gradationem (m. s.). 

Retrograde, duL. retrogradis 
(m. s.). 

Retrograder, du L. retrogra- 
4are (m. s.). 

Retrousse** , voy. re.... et 
trousser. — D. retroussement, re- 
tr ous sis. 

Retrouver , voy. re.. • et 
*rot*t?er. 

Ret*, du L. retis (rets). Sur la 
persistance de s, voy. Grammaire 
Historique de la langue frangaise, 
p. 153. 

Reunion, voy. re.... et union. 

Reunlr, voy. re.... et unir. 

R&umsiv , compose de re".... 
(voy. ce mot) et de l'aucien verbe 
frangais ussir, qui est le L. eatre 
(sortir). Exire changeant * en ss 
(voy. aisselle), e en i (voy. accom- 
pWr),donne l'ancien frangais issir 



qui devient ussir par le change- 
ment de i en u (voy. fumier) 
Voy. aussi au mot jumeau. 

f ReuMlte,delltalien riuscita 
(reussite). 

Aevaloit*, voy. re.... et t?a- 
loir. 

Revanche, voy. revancher. 

Revanche**, compose de re.... 
et du L. vindicare (se venger, 
prendre sa revanche) par la con- 
traction rSguliere (voy. accointer) 
de vind(i)care en vind'care et par 
le changement: 1° de de en c 
(voy. adiuger); 2° de c en ch 
(voy. acharner); 3° de in en en 
puis en an (voy. dtmanc/ie). — D. 
revanche (substantif verbal). 

Revas*er, voy. reve. — D. r£- 
vasseur, rivasserie. 

Reve, origine inconnue. — D. 
river, r&vasser. 

f Revenue, anciennement re- 
vesche, de Fitalien revescio (revfi- 
che). 

Reveille**, voy. re.... et evetJ- 
ler, — D. re" veil (substantif verbal), 
rtveillon. 

Revelateur, du L. revelator 
(m.s.). 

Revelation, du L. revelation 
nem (m. s.). 

Reveler, duL. revelare (de- 
voiler) . 

Revenant, voy. revenir. 

Revendeur , voy. re.... et 
vendeur. 

Revendlcatlon, duL. re.... et 
vindicationem (reclamation). , 

Revendlquer, du L. re.... et 
vindicare (reclamer). I 

AevettdVe, voy. re..» et ven- 
dre. 

Revenir, voy. re.... etventr. 
— D. revenu (substantif partici- 
pial masc); revenue (substantif 
Darticipial feminin); revient. 

Reve**, voy.re*t?e. — D. riveur^ 
reverie. 



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RfiV 



468 



RHU 



Reverbere, voy. reverbdrer. 

Reverberer, du L. reverberate 
reftechir). — D. re'verbere (subst. 
^verbal) , rirerbiration, 

Revewdiw, voy. re... et t?er- 
dir. 

Reverence, du L. reverentia 
(reverence). — D. reverencielle , 
rMrencieux. 

Reverend, du L. reverendus 
(venerable). — D. rMrendissime . 

Reverer, duL. revereri (r6v6- 
rer). 

Rcvers, du L. reversus (re- 
tourne). 

Reverter, voy. re.... et ver- 
ser. — D. reversementy reversible. 

f Rcvcrsl, de l'italien roves- 
cino (m. s.). 

Reversible, voy. reverser. 

Reversion, duL. reversionem 
(retour). 

flevetfemeittf, voy. revfoir. 

Aevetft*, voy. re.... et v&tir. 

— D. ret^emettf. 

Revirer, voy. re.... et utrer. 

— D. revtremen*. 

Reviser, du L. revisere (reve- 
nir voir). — D. rMseur. 

Revision, du L. revmonem 
(m. s.). 

Revlvlfler, duL. revivificare 
(m s.). 

Bevfofe, du L. revivere (m. 
s.). Pour le changement de lettres, 
voy. vivre. 

Revocable, du L. revocabilis 
(qu'on peut rappeler). 

Revocation, du L. revocalio- 
nem (rappel). 

Revocatoire, du L. revocalo- 
rius (m. s.). 

Jtevolt*, du L. revidere (re- 
voir( Pour le changement de let- 
tres voy. au mot uot'r. — D. revue 
jsubstantif participial). 

t Revolt*, de l'italien rivoUa 
(revolution). — D. rtvoUer, revolr- 
iant. 



Revolu, du L. revolutus (m.s.). 
Sur utus devenu u, voy. aigu. ' 

Revolution, du L. revolution 
nem (revolution), — D. rivolu- 
tionnaire. 

Revomlr, du L. revomere (m. s.) 

Revoouer , du L. revocare 
(rappeler). 

Jtetrtee, voy. revoir. 

Revulsir, voy. revulsion. 

Revulsion, du L. revulsionem 
^action d'arracher). — D. rSvulsif. 

Rex, du L. rasus (ras) ; rex si- 
gnifie proprement au ras de , a fleur 
de (dans les locutions .* rez pied; 
rex terre ; rex de chaussie designe 
la partie de la maison qui est de 
niveau avec la route, la chaussee). 
Pour le changement de rasus en 
rex, voy. nex. 

Miex-de-ch mMssee , voy. rex. 

Rhabiller, voy. re.... et ha- 
bt'Mer.— D. rhabillage. 

Rheteur, du L. rhetor (m. s.). 

Rhetorlque, du L. rhetoric* 
(m. s.). — D. rhe'toricien. 

Rhinoceros, du L. rhinoceros 
(m. s.). 

Rhododendron, du L. rhodo- 
dendron (laurier-rose). 

Rhombe, du L. rhombus (lo- 
sange). 

Rhombolde, du L. rhomboi- 
des (m. s.). — D. rhomboidal. 

Rhubarbe. du L. rheubar- 
barum (rhubarbe dans Isidore). 
Rheubdrb{a)rum perdant r6gulie- 
rement l'avant derniere voyelle 
atone (voy. p. lzxxi) devient 
rheubarVrum qui donne rhubarbe 
par dissimilation (voy. p. lxxvi): 
pour le changement de eu en u 
voyez au mot purte. 

t Rhum, de l'anglais rum 
(rhum). 

Rhumatlsme, du L. rheuma- 
tismus (m. s. dans Piine),— D. rhu- 
matismal. 

Aatfme, du L. r heuma (ca- 



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RID 



d69 



RIM 



tarrhe). Sur eu devenu u voy. pu- 
ree. 

Bhythme, du L. rhythmus 
(m. s.). 

Bhythmlque, du L. rhythmi- 
cus (m. s.). 

Riant, du L. ridentem (riant) 
par la chute du d medial rt(d)en- 
tem (voy. cwcabfer) et par le chan- 
gement de en en an (voy. p. 
lxxxv). 

Rlbambelle, mot dont Fori- 
gine est inconnue. 

Ribote, mot dont l'origine est 
inconnue. 

— D. riboter, riboteur. 
Aicaner, origine inconnue. 

— D. ricanerie, ricaneur, rica- 
nement. 

Richard, toy. riche. 

Riche, mot a'origine germa- 
nique (allemand reich, anglais 
rich, riche). — D. richesse, ri- 
chard. richement, enrichir. 

Richesse, voy. riche. 

Rldn, du L. ricinus (ricin). 

Rlcocher, mot dont l'origine 
est inconnue.— D. ricochet (subst. 
verbal) . 

Ride, voyez ci-dessous au mot 
rider. 

Rideate, anci en nement ridel 
(sur el devenu eau, voy. agneau); 
ridel est undiminutif de ride (voyez 
rider) et signifie proprement ttoffe 
plissie. 

Ridelle, mot dont Porigine 
est inconnue. 

Rider, mot <T origine germa- 
nique (moyen haut allemand rf- 
den plisser). — D. ride (subst. 
verbal). 

1. Ridicule (subst.), du L. ri- 
diculum (plaisanterie). 

2. Ridicule (petit sac), du L. 
reticulum (petit sac dans Horace) . 

3. Ridicule (adjectif), du L. 
ridiculus (ridiculej. — D. ridicu- 
User, ridiculiU. 



Aiett, du L. rem (chose) par le 
changement : 1° de e en ie (voy. 
arriere) ; 2° de m en n (voy. chan- 
cer). Rien etait substantif dans 
l'ancien francais et gardait le sens 
originaire de chose : la riens (res) 
que j'ai vue est fort belle. Une 
tres-belle riens (res). — Joint k 
une negation, il signifie nihil v 
comme ne ...personne signifie 
nemo : Je ne fais rien. — Cet em- 
ploi de Hen est tres-judicieux, et 
il ne perdit son sens naturel de 
chose, pour prendre celui de nihil 
(comme dans la locution : < on 
m'a donne cela pour rien ») , que 
par l'habitude que Ton avait de 
construire ce substantif avec ne 
pour former une expression nega- 
tive. C'est aussi par Thistoire du 
mot rien que s'explique ce pas- 
sage de Moliere dans leguel rien 
est a la fois negatif et positif : 

Dans le siecle ou nous sommts 
On ne donne rien pour rien, 

(Ecole dee Femmesy II, 2.) 

Rieter, voy. rire. 

Rlglde, du L. rigidus (m. s.). 

Rlgldlte, du L. rigiditatem 
(m. s.). 

Rlgoden, onomatopee (voy. 
p. lxv). 

f Rlgole, de Pitalien rigoro 
(filet d'eau, ruisseau). 

Rlgorlsme, derive du L. rigor 
(rigueur). — D. rigoriste. 

Rlgeureux, du L. rigorosus 
(rigide). Sur o devenu ou, voy. 
affbuage; sur osus devenu eux, 
voy. amoureux. 

Rlgueur, du L. rigorem (ri- 
gueur). Sur o devenu eu, voy. 
amoureux. 

RiwnaiUe* , voy. rimer. — D. 
rimailleur. 

Rime, du L. rhythmus (rhyth- 
me, n ombre; rhythmus designe, 
au moyen age , la versification 
27 



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RIP 



470 



RIV 



baste, non sur la longueur des 
syllabes comme dans la m&rique 
classique, — mais bien sur le 
nombre des syllabes, mode de 
versification qui est celui des lan- 
gues Romanes; a ces vers ainsi 
formes, s'adjoignit ce que nous 
appelons aujourd'hiri rime, c'est- 
a-aire rhomophonie de deux syl- 
labes accentuees a la fin des vers; 
et rhythmut qui designait a Fori- 
gine un mode de versification, se 
restreignit a marquer Tune des 
conditions de ce systemepoetique). 
Rhythmus ou plutdt rhythma a 
donne rime par la chute de h 
(voy. p. cu), et la reduction de 
|m a m (voy. plane). — D. rimer. 

Jtfme**, voy. rime. — D. ri- 
meur, rimailler. 

At itceau, anciennement rain- 
ceau (avec le sens de rameau, de 
feuillage, dans les textes du moyen 
age), du L. ramiceUus* (diminutif 
de ramus feuillage). Ram{f)ceUus 
contracts (voy. accointer) en rami- 
ceUus a donne raincel par le chan- 
gement : 1° de-men n (voy. chan- 
ger) ; 2° de a en ai (voy. aigle). 
Raxncel est devenu rainceau par 
l'adoucissement de el en eau (voy. 
agneau) . 

ftttacet* , anciennement rinser, 
reinser (mot d'origine germanique 
(ancien scandinave hreinsa net- 
toy er, d'ou le sens de rincer). 
Sur s devenu c, voy. cercueil. — 
D. ringure. 

Rioter, origine inconnue.— 
D. rioteur. 

Rlpallle, origine inconnue. 

Riper, gratter, de l'allemand 
rippen (forme populaire de riben 
qui correspond a Pancien haut 
allemand riban gratter. f rotter). 
— D. ripe (subst. verbal). 

Rlpopee, origine inconnue. 

t Riposte, de l'italien ripoita 
(riposte). — D. riposter. 



Hire, du L. ridere (rire) par 
la • contraction reguliere (voy. 
p. lxxh) de rid{G)re en rid're d'ou 
rire par la reduction de dr a r 
(voy. arriere). — D. rieur, risible. 

Bis, du L. risus (ris). — D. 
risie. 

Him (de veau), corruption de 
rides de veau. 

Risee, voy. ris. 

Risible, du L. risibUis (derive 
de ridere, voy. rire). 

f Risque, de l'espagool risco 
(propr. ecueil; d'ou le sens de 
peril, de danger, puis de risque). 

— D. risquer. 

Ai**ofef, diminutif d'un theme 
risser* (griller , rfitir). qui est d'o- 
rigine germanique (danois riste 
rfltir) : sur st devenu ss. voy. 
angoisse. — D. rissole (subst 
verbal). 

Rlt, du L. ritus (coutume). 

f RUournelle, de Pitalien 
rUornello (refrain). 

Rltuel, du L. ritualis [liber] 
(livre qui traite des rites) . 

Ill«€tge,du L. ripaticum* (ri- 
vage, derive de ripa rive : « Ripa- 
ticum quoddam... vendidit super 
fluvium ad faciendum molendi- 
num. » dit un texte carlovingien). 
Ripaticum changeant p succes- 
sivement en b puis en v (voy. ar- 
river) devient ribatioum (qui est 
dans une charte de 891),rtt?atfctm 
(dans un texte de 897) a'od. rivage 
par le changement de aticum en 
age (voy. Age). ' 

Rival, du L. rivalis (rival.) 

— D. rivaliser. 

Rlvallte, du L. rivalitatem 
(m. s.). 

Rive, en provencal riba. en 
italien ripa, du L. ripa (rive). 
Pour le changement de p en v, 
voy. arriver. 

Iltfoet*, mot d'origine germani- 
que(danoisrtve, proprement apla- 



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ROB 



471 



ROC 



tir ce qui est preeminent, d'ou ri- 
ver).— D. rivet, rivure } rivoir. 
Riverain, voy. rivx&r e. 
Riviere, en espagnol ribera, 
du L. riparia* (riviere dans les 
textes du moyen age : « Nee villae, 
nee homo distringatur facere pon- 
tes ad riparias.... » dit un texte 
du douzieme siecle. Riparia de- 
rive de ripa rive, que le latin du 
moyen age a employe au sens de 
riviere). Riparia a donne* rivieWe 
par le changement : 1° de aria en 
iere (voy. dnier) ; 2° de p en v 
(voy. arriver). — D. riverain. 

t Rlxdale, de l'allemand Jtet- 
chsthaler (m. s.). 
Rlxe, du L. rim (m. s.). 
f Rlc, de 1'italien riso (riz). — 
D. rizi&re. 

f 1. Rob (termede jeu), del'an- 
glais rubber (rob). 

f 2. Rob (pharmacie) mot d'o- 
rigfine orientale (arabe robb sue 
depur6 de fruits cuits). 

Robe. On trouve dans les tex- 
tes latins depuis le sixieme siecle, 
un verbe raubare signifiant voler, 
depouiller, piller: « (Siquisinvia 
alteram adsalierit et eum rauba- 
verit.... » dit la lea; Saliea Pact.), 
verbe qui estd'originegermaoique 
(allemand rauben voler, depouiller) 
et qui a donne en francais par le 
changement de au en o (voyez 
alouette) l'arffcien verbe rober (vo- 
ler) dont nous avons conserve le 
compose" derober. 

Le verbe raubare (depouiller) 
produisit un substantif verbal rauba 
(produit du pillage, depouilles, 
d'ou post6rieurement le sens de 
vehement) : « Quidquid super eum 
cum rauba vel arma tultt, omnia 
sicut furtiva componat.... » lit-on 
dans la. Lex Alemann, tit. 49. 
Rauba, du sens general de vehe- 
ment, s'est specialise au sens de 
robe proprement dite : « Apparatu 



raubarum Perocarum.... deposito, 
vilem habitum sumsit.. .. » disent 
les Acta S. Yvonis. Rauba a donne 
en provencal rauba , en francais 
robe par le changement regulier de 
au en o (voy. alouette), 

L'italien roba a mieux conserve 
la plenitude de sens du L. rauba 
(butin); et il possede le triple sens 
de robe, de marchandises et de 
biens. — D. robin (hommederobe). 

Robinet, diminutif de Robin, 
mot d'origine historique (voy. p. 
lxiv). On sait que dans la mytho- 
logie du moyen age (voy. baudet) 
le mouton a pour surnom Robin; 
les premiers robinets ayant et6 
faits en forme de t6te de mouton, 
ils furent designed par le surnom 
de Panimal. 

Roblnier, mot d'origine histo- 
rique (voy. p. lxiv); du nom de 
Jean Robin jardinier d'Henri IV, 
qui le premier, recut d'Amfrique 
en l'annee 1601, les graines de 
cette plante. 

Robuste, du L. rohustus (m . s.) . 

Roc, du L. rupicus (d6riv6 de 
rupes roche) par la contraction 
(voy. p. lxxxi) de rup[i)cus en 
rupcus d'ou roc par le change- 
ment : 1° de u en o (voy. annon- 
cer) • 2° de pc en c (voy. p. en.) — 
D rocaitte, rocailleux. 

Roche, du L. rupea* (derive 
de rupes roche). Bup(ea) r^gulie- 
rement transforme (voy. abre'ger) 
en rup(ia), consonnine ia en ja 
(voy. p. xc) d'ou rupja qui donne 
roche par le changement : 1° de u 
en o (voy. annoncer) - 9 2* de pja 
en che (voy. abre'ger). — D. ro- 
chef t rocheux. 

Rochet, diminutif d'un theme 
roc* (rochet derive de roc, comme 
cochet de coq, comme sachet de 
sac): Roc est le L. roccus*, robe 
de dessus dans les textes carlo- 
vingiens: « Roccus martrinus et 



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ROG 



472 



ROM 



utrinus.... • dit un Capitmlaire de 
Charlemagne a 1'annee 808. On lit 
dans la chronique du Moine de 
saint Gall (2, 27] : « Carolus habe- 
bat pellicium herbycinum, non 
muUum amplioris pretii, quam 
eratroccus tile S. Martini, etc.... » 
Roccus est d'origine germanique 
et correspond a i'allemand rock 
(robe). 

t i*4der, mot venu du proven- 
cal rodar (rdder); le provencal 
rodar correspond a Htalien ro- 
tare, et vient duL. rotare (tourner 
autour, d'ou le sens de rdder). 

f lfc*4«iii«nt, de l'italien ro- 
domonte (m. s.). — D. rodomon- 
tade. 

B«faiUn, du L. rogationem 
(m. s.). 

B«g*t*lre, du L. rogafortus 
(m. s. derive de rogare demander). 

B«gaton, mot^dont l'origine 
est inconnue. 

Rogue, anciennement roigne, 
du L. robiginem (rouille, d'ou le 
sens de gale) par la contraction 
r£guliere (voy. p. lzzh) de root- 
gQ)nem en robigrnem d'ou ro-igne 
par la chute du b medial ro(b)t- 
gnem (voy. aboyer). — D.rogneux. 

Rogue*, anciennement roo- 
gner (qui a le sens de: couper les 
cheveux en rond, dans les textes 
du douzieme siecle) ; roogner. qui 
est en provencal redonhar, vient 
de l'ancien francais roond (forme 
primitive de rond; voy. rond). 

Roond a donne roonner*, comme 
plafond a donne plafonner. Roon- 
ner est devenu roogner par le 
changement de n en gn (voy. cli- 
gner). Roogner a donne rogner par 
la contraction de oo en o (voyez 
rond). — D. rogneur,rognure. 

Ao^nom, du L. renionem* (di- 
minutif derm, rein). — Sur nio 
devenu owo, voy. cigogne; pour le 
changement de e latin en o, cf. 



olilant (elephantem), poele (peta- 
lum), vdtre (vester). On trouve 
deja votter pour vester dans les 
inscriptions de TEmpire. — D. ro- 
pnonner. 

B«gue, mot d'origine germa- 
nique (nordique hrdkr arrogant). 

Jtoi, dui. re^ero (roi). Pourle 
changement de.... epem en.... ot, 
voy. lot. — D. roitelet (diminutif 
de l'ancien francais roietel roite- 
let; roietel est un derive de roiet* 
compose lui-meme de rot et da 
suffixe diminutif et. Pour le pas- 
sage du sens de rot a celui de roir 
telet, vov. p. xxv). 

llofcfe, roideur, voy. roide, 
raideur. — D. roidiUon, roidxt. 

Roidir, voy. rotde. 

Roitetet, voy. rot. 

ftofe, proprement rouleau de 

f>apier, en provencal rotle, en ita- 
ien rotolo, du L. rotuUus (rouleau) 
par la contraction reguliere (voyet 

§. lxxh) de rot(u)Zu« en rotfw 
'ou rdle par 1'assimilation de tl 
en U puis en 2 (voy. bouleau). — 
D. enrdler; contrdle (voy. ce mot); 
ro7er, ro7et. 

Hot et, voy. rdZc. 

jRomoin, du L. romanusm. 
s.). Sur anu* devenu atn, voyes 
ancien. — D. romaine. 

Roman. La locution latin© 
«1tngua romana » designait sous 
les Carlovingiens, la langue fran- 
caise naissante, le latin rustique 
par opposition a « Ungua Uuina > 
qui designait le latin classique. 

On lit dans la Vie de saint Adal- 
hard, abb6 de Corbie (750), qu*il 
precnait en langue vulgaire « avec 
une abondance pleine de douceur, » 
(Quern si vulgo audlsses,dulciflous 
emanabat) et son biographe ei- 

Srime plus nettement encore cetia 
istinction du latin langue sa- 
vante, et du ronton ou langue da 
peuple, lorsqu'il ajoute: « Saint 



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ROM 



473 



RON 



Adalhard parlait-il en langue vul- 
gaire, c'est-a-dire en langue ro- 
mane, on eAt dit qu'il ne savait 
que celle-la; s'ii parlait en langue 
allemande, ilbrillait encore plus; 
enfin, quand il employait la langue 
latine, il s'exprimait avec plus 
d'elegance encore que dans les au- 
. tres. (Qui si vulgari, id est ro- 
mana lingua, loqueretur, omnium 
aliarum putaretur inscius ; si veto 
teutonica, enitebat perfectius; si 
latina, in nulla omnino absolu- 
tius. » Acta Sanctorum, Januar. 
1,416). 

De cette forme romana, vient 
l'adverbe romanice* (dans la locu- 
tion: « romanice loqui ») . 

Roman(i)ce se contractant regu- 
lierement (voy. p. lxxxi) en ro- 
mance donne a la fois au cas su- 
jet romance et au cas regime 
romant. (Voyez Grammaire his- 
torique de la langue francaise, 
p. 150). 

Romance et romant signifiaient 
proprement la langue vulgaire par 
opposition au latin; ces mots furent 
appliques aux compositions en 
langue vulgaire et vinrent bient6t 
a designer des genres litteraires. 
Romant est devenu postSrieure- 
ment roman (d'ou romanesque): 
de la forme nominative romance 
(au sens de roman) est venu ro~ 
mancier (proprement celui qui 
composait en langue vulgaire) . 

Romance et roman qui signi- 
fiaient proprement toute compo- 
sition en langue vulgaire, ont 
subsiste parallelement dans notre 
langue en prenant deux sens diffe - 
rents. 

Romance, voy. ci-dessus, au 
mot roman. 

Romancier, voy. ci-dessus, 
au mot roman. 

Rotttcme#«ft«e,voy. ci-dessus ; 
au mot roman 



j- Romantlque, venu de l'an- 
glais romantic (romanesaue) a la 
fin du dix-huitieme siecle. — D. 
romantisme. 

AomoriN, du L. rosmari- 
nus (romarin) par la chute de s 
(voy. abime). 

Aomtpt* e, duL. rumpere (rom- 
pre) par la contraction r6guliere 
(voy. p. lxxxi) de rumpifyre en 
rumpWe d'ou rompre par le chan- 
gement de u en o (voy. ci-dessus 
au mot annoncer). — D. rompu, 
rompement. 

Ronee, du L. rumicem (pro- 

Erement dard, d'ou le sensd'ar- 
uste epineux). Rumicem a donne 
ronce par le changement de.... 
umicem en. . .. once, pour lequel je 
renvoiele lecteur au mot ponce ou 
ce changement a et6 etudig. 

Rond, anciennement roond, 
en italien rotondo, du L. rotundus 
(rond). Ro(X)undus perdant le t 
medial (voy. abbaye) et changeant 
u en o (voy. annoncer) donne Tan- 
cien francais roond , qui s'est con- 
tracts posterieurement (voy. p. 
xci) en rond. — D. ronde t ron- 
deau, rondelle f rondelet, ronda- 
che, rondin, rondeur, arrondir, 

Rondache , voy. rond, 

ftomfe, voy. rond. 

ftotufeatc, voy. rond. , 

Rondelet , voy. rond. 

RondeUe, voy. rond. 

ftotufettf , voy. rond. 

Rondin, voy. rond. — D, ron* 
diner. 

Rond-point, voy. rond 
point. 

Ron flew*, mot dont Porigine 
est inconnue. — D. ronflant, ron- 
fleur, ronflement. 

Rongew*, en provencal romiar. 
en espagnol rumiar, du L. rumi- 
gare (proprement ruminer dans 
Apulee ; ce sens de ruminer exis- 
lait aussi dans Tancien francais, 



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nos 



474 



ROS 



ou ronger a le double sens de ru- 
mmer et de ronger ; le sens de ru- 
miner a persists dans la locution 
de venerie : « le cerf fait le ronge,» 
il rumine). 

RumQ)gare regulierement con- 
tra^ (voy. aeeointer) en rum J - 
gare, donne ronger par le change- 
ment de m en * (voy. changer). 
— D. rongeur. 

Rongeur, voy. ronger. 

Roquefort, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lhv) ; fromaee 
fabrique" a Roquefort, village au 
departement de l'Aveyron. 

Roquet, mot d'origine histori- 
que (voy. j>. lhv) , proprement 
chien de St Roch; allusion a la 
legende qui represents saint Roch 
accompagne de son chieh saint 
Roquet. 

f Roquette, de l'italien rue- 
chetta (chou). 

Rorifere, derive du latin ro- 
rifer (qui repand la rosee). 

Rosace, mot deriv6 du L. ro~ 
saceus (fait en forme de rose). 

Botae^e, du L. rosacea (de 
rose). 

RoMUre, du L. rosarius (de 
rose), proprement guirlande de ro- 
ses (voy. chapelet) dont on cou- 
ronnait la vierge Marie au moyen 
Age ; puis par assimilation guir- 
lande servant a la priere etfaite de 
grains enfites. 

f Rosat, venu au seizieme 
siecle de l'italien rosato (couleur 
de rose). 

f Ro»blf,de l'anglais roastbeef 
(boeuf rdti). 

Rose, du L. rosa (rose). — D. 
rose (adjectif); ros4, rosidre, ro- 
sette. 

Rome (adjectif) , voyez au mot 
rose (substantif). 

Rose, voy. rose. 

Rosea**, anciennement rosel 
(sur el detenu eau, voy. qgneau) ; i 



rosel (en provencal rauxel) est le 
diminutif d'un theme ros qui est 
d'origine germanique (gothique 
raus roseau). Le gothique raus a 
donu£ le provencal raus (roseau), 
le francais ros (par le change- 
ment regulier de au en o ; voyez 
alouette). 

Rosee, substantif participial 
feminin (voyez au mot absoute) 
d'un ancien verbe roser*, qui est 
le L. rorare (tomber en rosee), — 
Rorare est devenu roter, comme 
adrorare est devenu arroser. -* 
Pour la substitution de $ a r, 
voyez V Introduction de ce livre 
(page xcvn, ligne 22). 

Rosette , voyez ci-dessus au 
mot rose. 

Rosier, du L. rosarium (prop, 
plant de roses). Pour le change- 
ment de arium en ter, voy. dnier. 
— D. roseraie. 

f Reese, de l'allemand rou 
(cheval). 

Rosse» 9 anciennement Teis- 
sier, mot dont l'origine est incon- 
nue. • 

Rossignol, anciennement los- 
signol, enitalien rossignuolo, du L. 
lusciniolus * (forme masculine de 
lusciniola rossignol dans Plaute). 
Lusciniolus donne l'ancien fran- 
cais lossignol par le changement : 
1° de u en o (voy. annoncer) ; 2» 
de sc en ss (voy. cresson); 3* de ni 
en gn (voy. cigogne). Lossignol 
changeant I en r (voy. apitre) 
s'est transforms en rossignol par 
dissimilation (voy. p.Lxxvi). — D. 
rossignoler 

Rosslnante , mot d'origine 
historique (voy. p. lhv) ; del'es- 
pagnol roctnante, nom du cheval 
de Don Quichotte. 

Rossolls, dn L. ros solis (prop, 
rosee du soleil). 

Rostrate, du L. rostraUs (m6- 
me sens). 



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ROT 



475 



ROU 



Boetre*, da L. rostra (tribune 

aux harangues). 

Ad*, voy. rdtir. 

Rot, en italien rutto, du L. 
ructus (m. s.), par lejcbangcment: 
1° de u en o (voy. annoncer) : 
2° de ct en t (voyez affeU). 

Rotateur, du L. rotator (mSme 
sens). 

Rotation , du L. rotationem 
(m. s.). 

f Rote, de l'italien rota (rote). 

Roter, ilu L. ructare (m. s.), 
par le changement: 1° de u en o, 
(voy. annoncer) ; 2* de ct en * 
(voy. a/p&O- 

Rotln, origine inconnue. 

Rottw, anciennement rostir, 
mot d'origine germanique (ancien 
haut allemand rostjan rdtir). Pour 
la chute de s voy. abime. — D. 
rdt (substantif vernal) , r6ti> rdtie, 
rdtisserie, rdtisseur, ritissoire. 

Rotisseur, voy. rdtir. 

f Rotonde, de r italien rotonda 
(rotonde). 

Rotendlte, du t.rotunditatem 
(rondeur). 

Rotate, du L. rotula (pro)), pe- 
tite roue). 

Jto*tft*e, du L. ruptura t prop, 
action de rompre, de briser la 
terre, de deTricher d'ou le sens de 
champ defriche* que possede ce 
mot dans la latinite du moyen 
age: « decimas et primitias de 
novis rupturiis, quae factae sunt 
in alodio S. Felicis » dit une 
charte du onzieme siecle. Du sens 
de champ deTriche, ce mot passe a 
celui de terre de vilain soumise a 
une redevance, de terre, d'heri- 
tage qui n'est point noble. Ruptura 
a donne roture par le change- 
ment: 1° de pt en t (voy. ache- 
ter); 2° de u en o (voyez an- 
noncer). 

Rotu t*»ef, proprement paysan 
qui possede une roture (voy. ce 



mot), du L. ruptararius* (qui 
cultive une ruptura; voy. roture). 

On lit dans une charte du on- 
zieme siecle: « Concedimus quo- 
que eidem decern sextarias terrae, 
si a rupturariis dono vel emptione 
illas acquisierint.... » 

Rupturarius a donn6 roturier 
par le changement : 1* de arius 
en ier (voy. dnier) ; 2» de pt en t 
(voy. acheter); 3° de u en o (voyez 
annoncer) . 

Rouage, voy. roue. 

f Ron an, anciennement roan^ 
de l'italien roano (rouan). 

Rouanne, origine inconnue. 
— D. rouanner, rouannptte. 

f Rouble, mot russe. 

Roucoutew , onomatopee (voy. 
p. lxv). — D. roucoulement. 

ftotce, du L. rota (roue), par le 
chute du t m6dial ro(t)a (voy. aigu) 
et par le changement de o en ou 
(voy. affouage). — I), rouer, 
rouage, rouet. 

Hone, voy. rouer. 

ftouelle, du L. roteUa (petite 
roue) par la chute rSguliere du t 
m6dial ro{t)ella (voy. abbaye) et 
par le changement de o en ou (voy. 
alouette). 

Rouennerte , mot d'origine 
historique (voy. p. lxiv) ; etoffes 
fabriqu6es originairem. a Rouen. 

ftottet*, voy. roue. — D. roui ; 
rouerie. 

ftouet* fe, voy. rouer* 

ftatfet, voy. roue. 

Rouge , anc. roge, en italien 
robbio, du L. rubeus (rouge dans 
Isidore de Seville). flub(eu)s se 
transformant r6g. r voy. abriger) en 
rub (hi) s, consonnine »u en ju (voy. 
abreger) d'ou rubjus qui donne 
l'ancien francais roflfc, par la re- 
duction de b/a / (voy. sujet) et par 
le changement de u en o (voyez 
annoncer). Roge est posterieure- 
ment devenu rouge par le change- 



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ROU 



476 



ROU 



ment de o en ou (voy. affouage). — 
D. rougedtre, rougeaud, rougeole, 
rouget, rongeur, rougir. 

Rouille. anciennement roille. 
en provencal roilh, du L. rubigula* 
(diminutif de rubigo rouille). 

Rubig(Q)la regulierement con- 
tracts (voy. p. lxxxi) en rufb)ig'la 
donne ro-ille par la chute du b 
medial (voy. aboyer) et par le 
changement : 1° de u en o (voyez 
annoncer) ; 2° de fli en il (voyez 
caitter). % 

RoiUe est devenu rouille par le 
changement de o en ot* (voyez af- 
fouage). — D. rouUler, rouiUure, 
tttrouiller, enrouiller. 

Aouir, mot d'origine germa- 
nique (boll, roten, rouir). Pour la 
chute du t medial, voyez abbaye ; 
pour le changement de o en ou, 
voy. affouage. — D. rouittage, 
rouissoir. 

Roulade, voy. rouler. 

Roulage, voy. rouler. 

Rouleau, du L. rotufeMum* 
(diminutif de rotulus rouleau). 
Rot{vL)lellum regulierement con- 
tracts (voy. accointer) en rot'lel- 
lum, donne rouleau par l'assimi- 
lation de tl en U (voy. bouleau) et 
par le changement: 1° de ol en on 
(voy. affouage); 2° de eWum en el 
puis en eat* (voy. agneau). 

Router , ancieonement roWer, 
en provencal rotlar, en italien ro- 
totore, du L. rofuJare* (rouler, 
dans les textes du moyen age : ro- 
tulare derive de rotulus). Rot(H)- 
Jarer6gulierementcontracte' (voyez 
accointer) en roflare . donne l'an- 
cien francais roller par 1 'assimila- 
tion de tl en 11 (voy. bouleau) ; 
roWcr devient rouler par l'adoucis- 
sement de oJ en ou (voy. agneau). 
— D. roulage, roulade, roulier, 
roulis, roulement, rouleur, rou- 
leuse, roulette, rouloir, derouler, 
enrouler. 



Rmi He*, voy. rouler. 

Roulis, voy. rouler. 

Roupie, origine inconnue. 

AoMMetir, voy. roux. 

Ikm«*ii», derive de l'ancien 
francais rous , ro* (roussin) qui est 
d'origine germanique (moyen al- 
lemand ro* cheval). Pour le chan- 
gement de rot en rout (voy. af- 

ftotcMit*, voy. roux. — D. 
routsi (subst. participial). 

f Rout, de l'anglais rout (as- 
semblee). 

Route, anciennement rote, du 
L. rupta* [via] chemin pratique a 
travers. Rupta a le sens de route 
dans les textes latins du moyen 
age : « De quibus cimaliis forestae 
de Gadabone, nee rum de rupiis 
ejusdem forestae.... • dit un texte 
du douzieme siecle. Nous disons 
de meme: aUer sur les brisees de 
quelqu'un). 

Rupta a donne rote par le chan- 
gement : l°de pt en t (voy. ache* 
ter) ; 2° de u en o (voy. annoncer). 
Rote a donne route par le change- 
ment de o en ou (voy. affouage). 
— D. routier, routine (action de 
suivre la route tracee). 

Routier, voy. route. 

Routine, voy. route. — D. 
routinier. 

Rourleux, deVive* de rouffe 
(gale). Pour le rapport de f a v, 
voy. achever. Rouffe est un mot 
d'origine germanique (holland. 
rofe, gale, croute). 

Rouvre, ancien francais rovre, 
en provencal robre, du L. robur 
(rouvre) par la contraction regu- 
liere (voy. p. lxxxi) de rob{a)r en 
robW d'oCl rovre par le change- 
ment de ben u (voy. avant), rouvre 
par le changement de o en ou 
(voy. affouage). 

Rouvrir^ voy. re.... et ou- 
vrir. 



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RUB 



477 



RUG 



jRotca?, en provengal ros, en 
italien rosso, du L. russus (rouge) 
par le changement de u en ou 
(voy. accouder) et par celui de ss 
en 8 (voy. ais) d'ou I'ancien fran- 

r's rous qui est devenu roux par 
changement de s en x (voyez 
deux). — D. de l'ancienne forme 
rout : rousse, roussdtre, rousseau, 
rousselet, rousseur, roussette, rous- 
sir. 

Royal, du L. regalis (royal). 
Pour le changement de ....egtlis 
en ....oyal, voy. loyal. — D. 
royale, royaHsme,royaliste, roya- 
lement. 

Aoycrome, ancienn. royalme, 
en pro venial reialme, en espagnol 
reatme, du L. regalimen* (derive 
de regalis). 

Regal(i)men contracte (voy. p. 
lxxxi) en regaVmen donne Tan- 
cien francais royalme par le chan- 
gement de regal. r . en royal.... 
(voy. royal). Royalme devient 
royaume par l'adoucissementde al 
en au (voy. agneau). 

Aoyat«<e,anciennement roial- 
U, du L. regalitatem * ( derive 
de regalis royal) par la contrac- 
tion reguliere (voy. accointer) 
de regal(l) tatem en regaVtatem 
d'ou royalU par le changement : 
1° de regal.... en royaJ.... (voy. 
royai); 2° de atem en 4 (voy. 

Aw, ancien francais rut. du L. 
rivus (ruisseau) ou plutdt de rius 
qui &ait la forme populaire de 
rivus, puisque Y Appendix ad 
Probum blame cette prononcia- 
tion, et dit : « rivus non rius ». 
Pour la chute du v medial , voy. 
au mot aieul. 

Rwfrcm, origine inconnue. — 
D. rubanerie, rubanier. 

Rab^fler, du L. rubefUare* 
(rougir, deriv6 de rubeus; voyez 
rouge) — D. rubtfiant. 



Rablacee, du L. ' rubiacea* 
(derive de rubeus rouge). 

Rubicund, du L. rubicundus 
(m. s.). 

f Bubli, mot venu de l'espa- 
gnol rubi (rubis). 

Rubrlque, du L. rubriea (ru- 
brique) . 

Atccfce, anciennement rusche, 
en Provencal rusca, mot d'origine 
celtique (fcreton rusken ruche). 
Pour le changement de c en ch f 
voy. acbarner\ pour la chute de 
s, voy. abime. — D. ruclier, ru- 
Me. 

Rude, du L. rudis (brut). — 
D. rudesse, rudoyer. 

Rudiment, du L. rudimentum 
(m.s.). 

fted oyety voy. rude. 

1. Rue (plante), en espagnol 
ruda, en italien ruta, du L.mta 
(rue) par la chute du t medial 
ru(t)a (voy. aigu). 

2. Hue, dans I'ancien italien 
rugra, du L.ruga, proprementsillon, 
puis chemin, rue dans les textes 
latins du moyen age. On lit dans 
une Charte de 1111: « Quorum 
rex operta expertus, ecclesiam, 
rugam, plateam et mensuras con- 
cessit. » Et dans un document de 
1165: « Usque ad locum qui va- 
catur Tudella, in ruga ejusdem 
S. Germani. » 

Jte(g)a a donne rue par la chute 
du a medial (voy. allier). — D. 
ruelle. 

ftttelle, voy. rue. — D. rueller. 

Rner, duL. mere (m. s.). — D. 
made, rueur. 

Ruglr, du L. rugire (m. s.). — 
D. rugissant, rugissement. 

Rugoslte, du L. rugositatem 
ffroncement). Pour le changement 
de atem en 4, voy. abbd, 

Rugueiix, du L. rugosus (rid6) . 
Sur oMus devenu eux, voy. amou 
reux. 



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SAB 



478 



SAB 



Rulae, duL. ruina (mine). — 
D. miner, ruineux. 

Rulnure, mot dont l'origine 
est inconnue? 

Awf«#e<ro, anciennement ruis- 
sel (sur el devenu eau. voyez 
agneau), du L. rivxeellu* (dimi- 
nutif de rivus ruisseau). Riv^cei- 
lus regulierement contracts (voyez 
accointer) en riv'cellus a donne 
missel par e changement de v en 
u (voyez ci-dessus au mot au- 
rone) , et par celui de c latin en 
ss (voyez au mot amitii). — D. de 
l'ancienne forme ruissel : ruisse- 
ler, ruisselet. 

Hwimtieiant, voyez ruisseler. 

Ruissetet, voyez ci-dessus au 
mot ruisseau. 

fttfi««efef , voy. ruisseau. — 
D. ruisselant. 

f Bomb, de ' Panglais rhumb 
(rumb). 

ttumenr, du L. rumor (ru- 
meur). 

Humlnatlan, du L. rumina- 
tionem (m. s.). 

Rumlner, du L. ruminare 
m. s.). — D. ruminant. 



m du L. ruptura (m. s.). 

Rural, du L. ruralis (m. s.). 

AtMe«* 9 anciennement reuser 
(a l'origine terme de chasse servant 
a designer les detours que fait is 
gibier pour echapper aux chiens 
et leur faire perdre la piste. Pour 
1 'extension posterieure du sens, 
voy. p. xxn). 

Reuser, en provencal reusar. 
vient du L. recusare (refuser) 

Sar la chute du c medial re(c)usare 
'ou reuser qui devient successive- 
ment reuser (voy. p. xc), ruser 
par la reduction de eu a u (voyez 
puree). — D. ruse (subst. verbal), 
ru*e\ 

Atc#*aM<f, voy. rusfre. 

Rustlclte, du L. rutftcttofem 
(m. s.). 

Bustlque, du L. rutticu* (m. s.). 

Rwistre, anciennement ruste % 
du L. rusticus {rustre). Rusticus 
perdant ses deux dernieres voyel- 
les atones (voy. p. lxxii) donne 
l'ancien francais ruste qui devient 
posteneurement rustre par l'addi- 
tion der (voy. chanvre). — D. de 
l'ancienne forme ruste: rustaud. 



So,du L. sam (sa, dans Ennius). 
Sam est une forme archaique de 
suam; pour le rapport de sam a 
suam, voy. p. xc. Pour la chute 
de m, voy. ja. 

sabbat, du L. sabbatum (sab- 
bat). — D. sabbatique. 

Sabbatique, voy. sabbat. 

Sabine, du L. saoina (sabine. 
plante). 

1. Sofrle, du L. xo&uZum (sa- 



ble) . Pour la contraction de o&(u> 
lum en able, voy. aMe. — D. sa- 
bler, sablier, sabliere. 

2. f sable (blason), couleur 
noire, dans l'ancien francais mar- 
tre zibeline dont la fourrure est 
noire pendant l'hiver; sable est un 
mot d'oricine slave (polonais sobal, 
martre zibeline). 

Sable*, voy. sable. — D. en- 
sabler 



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SAG 



479 



SAG 



Sabieux, du L. sabulosus (sa- 
blonneux)par la contraction regu- 
liere (voy. accointer) de sab(iX)losus 
en sab'losus, d'ou sableux par le 
changement de osws en eurc (voyez 
amour eus). 

1. SabUhre, yoy. saWe. 

2. Sabtihre (instrument de 
charpentier) , mot dont l'origine 
est mconnue. 

Sablon, du L. sabulonem 
(gros sable) par la contraction re- 
guliere (voy. accointer) de sao(ii)- 
lonem en sab'Umem. — D. sablon- 
ner, sablonneux, sablonnier, so 
blonnidre. 

Sabo**d, mot dont l'origine est 
inconnue. 

Sabot, mot dont l'origine est 
inconnue. — D. saboter, sabotier, 
saboti&re. 

Saboute*) mot dont l'origine 
est inconnue. 

f sabre, de l'allemand sabel 
(sabre) par la contraction de sa- 
o(e)J en sab'l, d'ou sabre par le 
passage de I a r (voy. apdtre). — 
D. sabrer, sabreur. 

•f Sabretache^ de l'allemand 
sdbeltasche (litteralementpochedu 
sabre). 

1. Sae, du L. saccus (sac). Sur 
la reduction de cc a c. voy. bee. 
— D. sacMe, sachet, (comme co- 
chet, de coq). 

2. Sac (pillage), substantif ver- 
bal de Pancien verbe francais sac- 
quer {sac vient de sacquer, com- 
me trac de traquer). — L'origine 
de sacquer est inconnue. 

t Baceade, venu au seizieme 
siecle de l'italien staccato (d6riv6 
de staccare detacher). 

f Saccager, de l'italien sac- 
cheggiare (saccager). — D. sac- 
cage (substantif verbal) ; saccage- 
merti. 

Sacerdaee, du L. sacerdotium 
(sacerdoce). 



Sacerdotal, du L. sacerdotalis 
(m. s.). 

f Sacoche, de l'italien saccocia 
(sacoche). 

aacramentel, du L. sacra- 
mentalis* (derive de sacramentum 
serment). 

•acre, du L. sacrum (ceremo- 
nie religieuse). 

aacre, du L. sacratus (sacre). 
Sur atus devenu 4, voy. ampoule'. 
— D: consacre'. 

Sacrement, du L. sacramen- 
tum (sacrement dans Tertullien). 

Sacrer. du L. sacrare (consai 
crerj. — D. consacrer. 

gacrlflcateur, du L. sacriftca- 
tor (m. s.). — D. sacrificature. 

sacrifice, du L. sacrificium 
(m. s.). 

•acrlfler,duL. sacrificare (sa- 
crifier). 

1. aacrllege feubst.), du L. 
sacrilegium (m. s.). 

2. sacrilege (adj.), duL. sacri- 
Ugus (m. s.). 

f Sacrf pant, de l'italien Sacri- 
pante (rodomont dans YOrlando 
furioso). 

Sacrlstaln, du L. sacristanus* 
(derive de sacrista*, qui est charg6 
de la garde des objets du culte, des 
objets sacris (d6ja dans un texte 
du huitieme siecle) sacrista est un 
derive de sacrum sacre). 

Sacrl«tle, du L. ecclesiastique 
sacristia* (derive de sacrista, voyez 
sacristain). 

t Safran, de l'italien xafferano 
(safran) . — - D. safraner. 

1. Safre, origine mconnue. 

2. Safwe (oxydede cobalt), cou 
leur bleue, origine inconnue. 

sagace, du L. sagacem (sagace). 

Sagaclte, du L. sagacitatem 
(sagacite). Sur atem devenu 6, 
voy. abbi. 

Sage, en espagnol sabio, duL. 
sapius (sage, dans Petrone qui 



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SAI 



480 



SAL 



donne le compose ne-sapius in- 
sense). Sapius devenant successi- 
vement sabius* (voy. arrwer, -d'ou 
Pespagnol sabio sage), savius 
(voy. avanf), donne sage par la 
consounification (voy. abrtqer) de 
iu en ju d'ou Awjfus qui devient 
sage par la reduction de vj a 9 
(voy. alUger). — D. sag esse. 

sagette,duL. «a</itta (fleche). 
Suridevenu e, voy. admettre. 

•afflttalre, du L. Sagittarius 
(m. s.) . 

j- ftag ou, mot d'origine indienne 
venu par l'anglais sago (sagou). 

sagoufn, mat dont Porigine 
est inconnue. 

Saie, du L. saga* (de sagum 
sayon). Pour la chute dug medial, 
voy. aUier. — D. sayon. 

Soigne*, du L. sanguinare* 
(saigner dans les Lois Barbares: 
« De ictu nobUis.... livoret tumor 
si -sanguined.. . » lit-on dans la 
Lex Saxonum. — D. saignant, 
jotflmee (substantif participial), sax- 
gnement, saigneur, saigneux. 

SaiUant, voy. saillir. 

Sainte, voy. saillir. 

SaifKf,duL. satire (s'elancer, 
sortir, rebondir). Pourle change- 
ment de ali en aiU, voy. ail. — 
D. saiUie (subst. participial) ; sail- 
lantj assaillir f tressaiUtr. 

1. Sain (subst.), en italien 
saime, en provencal sain, sagin, 
du L. sagimen* (graisse, sain, dans 
les textes du moyen age : « Qui lar- 
dum prius aliquantulum cum ole- 
ribus coctum, et sagimen faciunt, > 
dit un document du douzieme sie- 
cle. Sa{g)imen a donne sain par 
la chute du g medial (voy. aUier) 
et par le change ment detmenen in 
(voy. airain). — D. sain-doux (au- 
jourd'hui saindoux.) 

2. Sain (adj.). du L. sanus 
(sain). Sur le changement de anus 
en atn, voy. ancien.—J). satn-foin. 



SaindowuK, voy. sain 1. 

Sainfoin, voy. sain 2 et foin. 

Saint, du L. sanctus (saint). 
Pour le changement de anct.... 
en aint , voy. affeU. 

Saintete^ du L. sanctitatem 
(m. s.). Sur le changement de i 
en e, voy. admettre; sur anct der. 
aint, voy. affile*; sur a*e?» devenu 
e" t voy. ao&e\ 

Sai«{<», voy. saisir. 

Sairiv, en italien sagire*, du 
L. metre (s'approprier, dans les 
textes du moyen Age : « .4 limn* 
rem ad proprietatem sacire.... » 
dit une formule merovingienne. 
Sacire est unmot d'origine gerraa- 
nique et repond a l'ancien haut 
allemand sazian placer, etablir, 
d'ou le sens d'occuper, de prendre 
en possession puis de saisir). 

Soctre a donne saisir par le chan- 
gement de a en ai (voy. aigle) et 
par celui de c en * (voy. amtiiA . 
— D. saisie (subst. participial), 
saitine, saisissable, saisissant, 
saisissement. 

SaUismabte, voy. saisir. — 
D. insaisissable. 

Saisany en espagnol saxon, 
du L. sationem (proprement se- 
mailles, puis temps des semailles: 
« Vere fabis sati.... » dit Virgile; 
d'ou le sens de p6riode dSfinie de 
l'annee pendant laquelle il con- 
vient de planter, de semer). 

Pourle changement de ....alto- 
nem en ....aison, voy. fenaison. 

1. f Balade, de l'italien salata 
(salade ; on dit plutdt aujourd'hui 
in-salata). — D. saladier. 

2. f Salade (casque) , de Pita- 
lien celata (casque, salade). 

Salafre, du L. salarium (sa- 
laire) . — D. saXarier. 

Saiaison, du L. salationem* 
(de>iv6 de sal sel). Sur ationem 
devenu aison, voy. fenaison. 

\ aalamalee, locution apportee 



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SAL 



481 



SAN 



\ 



s voyageurs (arabe 

;verence). 

*e, du L. salaman- 

Pline). 

oy. salaire. — D. 



Porigine germani- 

ut allemand solo, 

sens de malpropre, 

D. salett, salir, sa- 

, saligaud. 

Salop, mot apporte d f Orient 
4 ,Ar les voyageurs. 

saler, du L. salare* (m. s.d6r. 
de'sal, sel). — D. salant, sa- 
leur, saliere, saloir, salure, sale- 
ron, salage. 

Saictc, voy. sale. 

satin, du L. salinus (salin). 

Saline, du L. salmae (salines). 

Sallf, voy. sale, — D. salis- 
santy salissure. 

Sallvalre , du L. salivarius 
(m. s.). 

Salivation, du L. salivattonem 
(m. s.). 

Sallve , du L. saliva. — D. sa- 
lixer. 

Suite) ancien francais sale, en 
italien sala, du L. sala* (demeure, 
sejour, dans les textes merovin- 
giens: vSiquis, super aliquem, 
focum in nocte miserit, ut domum 
ejus incendat aut salam suam.... » 
dit ia te Alamann, tit. 5. Sala 
est un mot d'origine germanique 
et repond a l'ancien haut allemand 
sal, maison, demeure). — D. sa- 
lon. 

Salmlgondla , origine incon- 
nue. 

salmi*, mot dont Porigine est 
inconnue. 

Suloperie, derive du primi- 
tif salope, dont l'6tymologie est 
inconnue. 

Salpdtre, du L. sal petrae 
(sel de roche). — D. salpStrer , 
salp4trier y salpttrtire. 



f salaeparellle, de l'italien 
salsapariglia (m. s.). 

f Salslfle, corruption de l'ita- 
lien sassefrica (salsifis). 

naltatlon, du L. saltationem 
(danse). 

•j- saltlmbanque, de l'italien 
saltimbanco (saltimbanque). 

salubre, duL. saluber (m. s.). 

salnbrlte, du L. salubritatem 
(m. s.). 

Softce**, en espagnol saludar, 
en italien salutare, du L. salutare 
(saluer) par la chute du t medial 
(voy. abbaye). 

Saint, du L. salutem (m. s.). 

Salntalre, du L. salutaris 
(m. s.). 

salutation, duL. salutationem 
(m.s.). 

t salve, de l'italien salva (salve). 

SatnedU du L. sabbati dies 
(proprement jour du sabbat); le 
mot devrait 6tre regulierementsa- 
bedi non samedi ; mais Pexistence 
de la forme latine archaique du- 
benus a c6te de dominus ne per- 
met pas de douter de Pexactitude 
de cette origine ; d'aiHeurs l'italien 
dit sdbato, le valaque sembete, et 
le provencal, renversant les termes, 
emploie aissapte (dies sabb'ti*). 

Sanctlflcatlon, du L. sanctifi- 
cationem (m. s.). 

Sanctlfier, du L. sanctificare 
(m. s.). — D. sanctifvcint. 

Sanction, du L. sanctionem 
(action de sanctionner). — D. sane- 
tionner. 

Sanctnalre, duL. sanctuarium 
(m. s.). 

sandale, du L. sandalium (san- 
dale). 

Sandaraque, duL. sandaraca 
(realgar dans Pline). 

Sang* du L. sanguis (sang). 

Sanglant. du L. sanguilentus 
(sanguinolent, dans Scribonius 
Largus) par la contraction (voy. p. 



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SAN 



482 



SAN 



lxxxi) de tang{ai)lertius en tang'- 
lentus, d'ou sanglant par le chan- 
gement de en en an (voy. diman- 
chv\. — D. ensanglanter. 

Sangte, anciennement sengle, 
et angle, en italien cinghia, du 
L.. cingula (sangle, dans Ovide) 
par la contraction r6guliere (voyez 
p. lxxxi) de cing{iS)la en cing'la 
d'ou ccngle par le changement de 
in en en (voy. p. lxxxv), sengle 
par celui de c «n * (voy. amitie') , 
san^Ie par celui de en en an (yoyez 
p. lxxxv). — D. sangler, san- 
glade. 

SangMier, ancien francaissen- 
glier, a Torigine pore senglier, du 
L. singularis porcus (proprement 
cochon solitaire, pore sauvage ; 
on sait que nous appelons encore 
aujourd'nui solitaire le sanglier 
age de cinq ans, parce qu'il vit 
seul) ; on trouve de meme en grec 
I'adjectif (jl6vio<; (solitaire) au sens 
de sanglier. 

Senglier n'est a l'origine dans 
Texpression pore senglier qu'un 
simple adjectif signifiant solitaire; 
plus tard l ; epithete a elimine 
le substantif, et sanglier a per- 
sists avec le sens du L. aper. 
D'ailleurs Tadjectif singularis est 
deja pris substantivement avec 
cette signification dans les textes 
latins du moyen age : « Ecce tm- 
manissimus singularis de sylva 
egressus.... dit la Vita S. Odditis. 
lib. 2. 

Sing(H)laris regulierement con- 
tracts (voy. accqinter) en singularis 
a donne Tancien francais senglier 
par le changement: 1° de oris en 
ier (voy. dnier) ; 2° de in en en 
(voy. p. lxxxv) qui estdevenupos- 
teneurement an (voy. dimanche 
et p. lxxxv). 

Sangloter, du L. singultare 
(sangloter) par le changement de 
u en o (voy. annoncer) et par la 



mGtathese de sangofter en sanglo- 
ter; cp. pour cette transposition de 
I, la forme pupitre (voy. ce mot). 
Pour le changement de singultare 
en sangloter, voy. p. lxxxv. — D. 
sang lot (subst. verbal). 

Sang****, du L. sanguisuga 
(sangsue)par la contraction (voyez 
p. lxxxi) de$ana(ui)suaa en sang 1 - 
su{g)a d'ou sangsue par la chute 
du g medial (voy. oilier). 

Bangui d, du L. sanguineus (de 
sang). — D. sanguine. 

ftangulnalre, du L. sanguina- 
rius (sanguinaire). 

Sangulnolent, du L. sangui' 
nolentus (sanguinolent). 

sanle, du L. saniem (m. s.). — 
D. sanieux, 

f ganltaf re, mot venu de Fan- 
glais sanitary (sanitaire). 

San*, anciennement sens, du 
L. sine* (sans). Pour le changement 
de in en an, voy. p. lxxxv. Pour 
l'addition de s, voy. Grammaire 
Historique dela langue francaise, 
p. xxi. — Dans la locution sens 
dessus dessous, sens n'est point 
originaire, e'est une corruption or- 
thographique de e'en : le moyen 
age ne disait point sens dessus 
dessous mais e'en dessus dessous, 
e'est-a-dire cela qui est en dessus 
(mis) dessous. Pour l'Stymologie, 
voy. aux mots ce, en , dessus y des- 
sous. 

SatMomte*, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv) ; diminutif 
de Sanson (forme vulgaire de Sam- 
son; pour le changement de m en 
n, voy. changer). On saitcombien 
de fois les oiseaux ont ete designes 
par des noms propres d'homme ; 
nous appelons encore un moineau 
pierrot (diminutif de Pierre) ; un 
perroquet J aequo t (diminutif de 
Jacques), etc. 

Sanie, du L. sanitatem (sant6) 
par la contraction reguliere (voyez 



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SAR 



483 



SAR 



accointer) desantytatemensanHa- 
tern; sur atem devenu 4, voyez 
abU 

f SantaUne, diminutif de 
santal, bois d'origine malaisienne 
(malais tondana). 

Sattve (seneve), du L. stnapt 
(senev6, sanve) ; Paccent grec (ai- 
vDict) ayant supplante dans ce mot 
(toy. p. cm) Paccent latin (sindpi), 
— le mot se contracta (voy. p. 
uccn) en sin'pi d'ou rancien 
francais senve parle changement: 
1° de p en v (voy. omt>er); 2° de 
in en en (Toy. p. lxxtv) qui de- 
vient posterieurement an (voy. p. 
lxxxv), d'ou la forme sanve. 

f aapajoa, mot d'orifeine ame- 



ricaine (voy. p. Lxn). 

Sapm, du L. sappa (pioche, 
hoyau dans Isidore de Seville) . Sur 
la reduction de pp ap, voy. chape. 

— D. taper, sapeur. 
Sapeuw, voy. sape. 
gaphlr, du L taphirus (m. s.). 

— D. saphirine. 

gaplde, du L. sapidus (qui a 
de la savour). — D. tnsoptde. 

ftaplenee, duL. sapientia (ha- 
bilete). Sur iia devenu ce, voyez 

Capiat, du L. sappinus (arbre). 
Sur la reduction de pp a p, voyez 
chape. — D. sapiniere. 

Oapanalre, du L. «oponortus* 
derive de«aponcm (savon). 

f Sarabande, de l'espagnol 
garabanda (sarabande). 

f Sarbaeane, de l'italien sar- 
bacane (sarbacane). 

•areasme, du L. sarcasmus 
(m. s. dans Quintilien). — D. sar- 
castique. 

mmremmtiqae, du grec oapxac- 
tix6< (m. s.). 

Sarcefle, anciennement scr- 
ceZJe, a l'ongine eercele, du L. 
querquedula (sarcelle) parle chan- 
gement de qu en c (voy. car) d'ou 



cerceduia*. Cereed(ii)la reguliere- 
ment contracts (voy. p. lzzxi) en 
cercecCla donne cercelle parle chan- 
gement de dl en U (voy. aUumer), 
■puis tereeUe par celui de c en * 
Voy. amttil); pour le changement 
le serceUe en *arcc#e, voy. amen- 
dcr. 

Safelet*, du L. «arcular* (m. 
s.). Par la chute reguliere de U 
(voy. accointer), sarc(tt) lare donne 
sare'lare. — D. sarckigre, sarcleur, 
sarcloir, sarclure. 

Sarcolagle,du grec <xdp| (chair) 
et X6yo; (traite). 

Oarcophage, du grec oopxo- 
ferfoc (tombeau dans Juvenal). . 

SatHfifte. du L. tordtna (sar- 
dine dansColumelle). Pour laper- 
sistance de Paccent grec (aapttvri), 
voy. p. cvn. 

SatHfoitse. du L. sardonyx 
(sardoine) par le changement de o 
en ox (voy. chanoine). 

aardonlque, du grec oapSd- 
vtoc [yiXwc] (rire convulsif provo- 
que, a ce que les Grecs croyaient, 
par une herbe de Sardaigne). 

f garlgue 9 du bresilien cart- 
gueia, mot d'origine americaine 
(bresilien carigueia sarigue). 

Sarmett*, du L. sarmentum 
(m. s.). 

•armenteux, du L. saimen 
tosus (m. s.), sur osus devenu 
eux y voy. amour eux. 

aarrasln (bl6), bl£ originaire 
d'Afrique, d'ou la denomination de 
sarrosm. 

Sor f atf , origine inconnue. 

Saff*6e**e, diminutif de Car- 
rie*. (Sur les diminutifs en ette, 
voy. ablette.) Sarrie* en provencal 
sadreia, en italien santoreggia 
vient du L. satureia (sarriette, 
plante odoriferante). Sot(u)ma, 
regulierement contracte (voy. ac- 
cointer) en safreia, donne *orrte 
par le changement : 1° de tr en 



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SAT 



484 



SAU 



rr (voy. arriere); 2* de e en t 
(voy. accomplir). 

Sus (tissu de crin, qui sert a 
lamiser), ancien francais saas, a 
l'origine seas, en espagnol sedasa, 
en napolitain setaccio, du L. seta- 
ceum derive de 5C(a (crin). 

Setac{e\i)m devenant reguliere- 
mcnt (voy. abr tiger) setae (iu)ro 
que Ton trouve dans un glossaire 
atin du moyen age : « Setacius 
instrumentum purgandi farinam, 
Setaciare farinam purgare... »), 
ce mot est devenu sedacium par 
le changement regulier (voy. aider 
et aigu) de t latin en d. Sedacium 
est au neuvieme siecle dans les 
Gloses de Schlestadt. Se{d)acium 
perdant regulierement le d medial 
(voy. accabler) et changeant le c 
en s (voy. ag&ncer) donne l'ancien 
francais sias, qui devient poste- 
rieurement saas contracte plus 
tard en sas (sur le changement de 
ea en aa puis en a, voy. dge.). — 
D. sasser, ressasser, 

+ sassafras, du portugais sas- 
safraz (espece de laurier). 

Sassc (pelle), origine inconnue. 

Sasser, v. sas. — D. resasser. 

Satan, du L. satan (Satan dans 
Tertullien). — D. satanique. 

Satellite, du L. satellitem 
(m. s.). 

Satlete, du L. satietatem (m. s.) . 

Satin,, du L. bar bare setinus* 
(derive de seta.soie). Sure devenu 
a, voy. amender. — D. satiner, 
satinage. 

Satire, du L. satira (satire). 

satlrlque, du L. satiricus 
(satirique) . 

Satisfaction, du L. satisfac- 
tionem (satisfaction). 

satlsfalre, du L. satis facer e 
(satisfaire). Pour le changement 
de facere en faire, voy. faire. 

Satlsfalsant, partic. pres. de 
satis faire. 



satrape, duL. satrapa (m. s). 

Satraple, du L. satrapta 
(m. s.). 

Saturation, du L. saturaHo- 
nem (m. s.). 

Saturer, du L. saturare (satu- 
rer). 

Saturnales, du L. saturnalia 
(fetes en Thonneur de Satume). 

Saturne, du L. satwmus (Sa- 
tume). 

Satyre, du L. satyrus (Satyre). 

Satyrlque, du L. satyricus 
(m. s.). 

Sottce, en itahen salsa, du L. 
salsa* sauce, assaisonnement de 
sel et d'epices dans les textes du 
moyen age : « Salvia, serpillum, 
piper , allia, sal, petrosillum. 
His bona fit salsa, vel sit senten- 

tia falsa » dit un vieux poeme 

latin. Salsa est i'adjectif classique 
salsa (saiee) a cause du sel qui 
forme avec les epices la base de 
rassaisonnement. 

Salsa a donne sauce : 1* par 
1'adoucissement de al en au (voy. 
agneau); 2° par le changement 
de s en c (voy. cercueU). — D. 
saucer, sauciere. 

Savicisse,£n italien salciccia 
du L. salsitia * saucisse, dans les 
textes du moyen age. Salsitia de- 
rive de salsus (sale proprement 
boyau sale : « Salsa intestina 
hirci > lit-on dans Acron Tun des 
scoliastes d'Horace). 

Salsitia, qui est dans plusieurs 
glossaires tres-anc, donne par le 
changement de s en c (voyez cer- 
cueU) la forme salcitia: « Lucanica, 
genus cibi, ut dicunt salcitia.... - 
dit un auteur du moyen age. 

Salcitia donne saucisse par le 
changement: 1° de al en au (voy. 
agneau) ; 2° de tia en sse (voyez 
agencer) . — D. saucisson. 

Sate/*, du L. salvus (sauf, sauve, 
preserve) parle changement: 1* de 



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SAU 



485 



SAU 



alen au (voy. agneau); 2° de v en 
/(voy. bceuf). — D. sau^-conduit, 
sauvegsiv&e (voy. garde). 

Sattge, en i tali en salvia, du L. 
salvia (sauge) par le changement: 
1° de al en au (voy. agneau) ; 2° 
de ma en ge (voy. abrtger). 

Sawgrenu, d'un theme saJ- 
prenu *, compose de sal (sel et de 
grenu (prop, au gros sel-, au sel 
grenu, c'est-a-dire gros comme un 
grain de bl6) ; voy. aux mots sel 
et grenu. 

Sa»cfe, motd'origine germani- 
que (ancien haut allemand sola * 
contraction de salaha saule). Sur 
a devenu au, voy. gaule. 

SaMvndtwe (qui a le gout d'eau 
de mer), anciennement saumastre t 
en italien salmastro, du L. saU 
mastrum * (derive de sal sel). 
Pour la chute de s> voy. abtme ; 
pour le changement de al en au, 
voy. agneau. 

Saw tttott, en italien salamone, 
du L. salmonem (saumon) par le 
changement de al en au (voyez 
agneau). — D. $attmon4, saumo- 
mau. 

S<romtct*e, en espagnol sai- 
muera, compose du L. sal (sel) et 
de muria (saumure). Sal-muria 
a donne* saumure par le change- 
ment de al en au (voy. agneau). * 

SaMftef, du L. salinare (de- 
rive de salinum) par la contrac- 
tion reguliere (voy. accointer) de 
saZ(i)nare en sal'nare d'ou sauner 
par la reduction d j al en au, voy. 
agneau. — D. saunage. 

SaMttiet*, du L. salinarius 
(prop, de sel) par la contraction 
reguliere (voy. accointer) de sa- 
l($narius en saVnarius (Toil sau- 
nter par le changement : 1° de al 
en au, voy. agneau ; 2° de anus 
en ier, voy. dnter).— D. sauniere, 
saunerie. 

Sawpiquet, substantif de l'an- 



cien verbe saupiquer, en espa- 
gnol salpicar, compose: 1° de sau 
qui est le L. sal (sel; pour le chan- 
gement de al en au, voy. agneau) ; 
2° de piquer (voy. ce mot). 

Satfpotfdf ei* , litteralement 
poudrer de sel. 

Sau-poudrer est un compose" : 
1° de sau qui est le L. sal (sel ; 
pour le changement de al en au, 
voy. agneau) ; 2° de poudrer (v. ce 
mot). 

Sattf , proprement dessech6 
(hareng saur, etc..) ; saur est 
un mot d'origine germanique et 
represente le neerlandais soor 
(desseche) . — D. saurer, sauret. 

Saurlen, du grec cravpo; (16- 
zard). 

Saussaie, du L. salicetum * 
(saussaie) par la contraction regu- 
liere (voy. accointer) de sal{\)ce- 
turn en saVcetum, d'ou saussaie par 
la chute du t medial (voy. aigu) et 
par le changement : 1° de al en 
au (voyez agneau) ; 2° de c en 
ss (voy. amxtU); 3° de e en oi 
puis en ai (voyez au mot ac- 
croire). 

Saut) du L. saltus (saut) par le 
changement de al en au (voyez 
agneau). 

Satctef, en italien saUare, du 
L. saUare fsauter) par le change- 
ment de al en au (voy. apneau) . 
— D. saute 1 (subst. participial) sau- 
teur, sautoir, sautiller ; ressauter ; 
sauterelle. 

Satttenef fe, voy. au mot sau- 
ter. 

SautiUer, voy. sauter. — D. 
sautillant, sautillement. 

Sauvage , ancien francais sal- 
vage, en provencal salvatge, du L. 
silvaticus (sauvage, dans Pline) 
par la transformation de i en a 
(voy. balance) d'ou saZvad'cus qui 
est au septieme siecle dans les tex- 
tes merovingiens ; on lit dans la 



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SAV 



486 



SGA 



Lex Bajuwarior. tit. 20, § 6 : « De 

his quidem avibus, quae de salva- 
ticis per documenta humana do- 
mesticantur industria... » Les 
Glosesde Reichenau, qui remon- 
tent au huitieme siecle, donnent : 
« Aper salvaticus porcus.... » 

Salvations a donne" salvage par 
le changement de aticus en age 
(voy. dge) , sauvage par le change- 
ment de al en au (voy. agneau). 
— D. sauvagerie, sauvageon, sau- 
vagin, sauvagine. 

Sauvegarde , voy. sawf et 

Sate vet* , en italien salvare 
du L. salvare (sauver) par le 
changement de al en au (voyez 
agneau). — D. sauveter (d'ou sau- 
vetage.) 

Sauvetage, voy . sauver. 

SaMi)e<e»», voy. sauver. 

Sauvewr , en portugais salvo- 
dor, en italien sajvadore, du L. 
saivaforem (sauveur) par le chan- 
gement: 1° de atorem en eur (voy. 
empereur) ; 2° de al en au (voy. 
agneau). 

f Savane, de l'espagnol savana 
(savane). 

Savant, partic. pres. de sovoir 
(voy. ce mot). — D. savantasse. 

f Savate, de l'italien ciabatta, 
ciavatta (savate). — D. savatier ; 
savater ; saveterie. 

Savetfff, en espagnol sabor , 
en italien sapore } du L. saporem 
(saveur) par le changement: 1° de 
p en v (voy. arriver) ; 2° de o en 
eu (voy. accueillir). — D. savou- 
rer, savoureux. 

Savoir, en espagnol saber, en 
italien sapere, du L. sapere (sa- 
voir) par le changement (voy. 
accourir) de sap&re en sapere. 

Sapere donne saptre (qui est 
dans les textes carlo vingiens) par 
le changement de e en i (voy. ac- 
complir); sapire devlent savtre 



par le chang. de p en v (voy. arri- 
ve) ; hi subst. savirum est dans 
un Capitulaire de Charles le Chauve 
a 1'annee 851 : Ego ill: Karolo 
Hludowici et Judith filio, ab ista 
die inante fide Lis ero secundum 
meum savirum.... 

Savire a donne savoir par le 
changement de i en oi (voy. oot're). 
— Le subjonctif sapiam a donne* 
sache par le changement de pia 
en che (voy. abriger); le part. 
pr£s. sapientem (qui sait) a donne 
sachant par le changement de en 
en an (voy. amender) et par celui 
de pi en che (voy. abre'ger). — D. 
savoir (subst. verbal), savoir- 
faire, savoir-vivre • savant (voyez 
ce mot). 

Savon, du L. saponem (savon) 
par le changement de p en v (voy. 
arriver). — D. savonner, savon* 
nette. 

Savonner, voy. savon. — D. 
savonnage, savonnerie,savonniery 
savonneux. 

Savotcfer, voy. saveur. — D. 
savourement. 

Savott ferae, voy. au mot sa- 
veur. 

Saxatile, du L. saxatilis (qui 
se tient dans les pierres). 

Saxifrage, du L. saxifraga 
(m. s.). 

Sayon, voy. sate. 

■£ Sbire, de l'italien sbirro 
(sbire). 

Seabteuse, du L. scabiosa (de"- 
riv6 de scabies, gale; prop, qui 
gu6rit la gale, ace que Ton croyait) . 
Sur osa devenu euse f voy. amou- 
reux. 

Seabteux, du L. sedbiosus 
(galeux). Sur o'sus devenu eux, 
voy. amoureux. 

Seabreax, du L. sedbrosut 
(grossier). 

Scalene, du grec axaXr^ (ine- 
gal). 



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scfe 



487 



SCI 



scalpel, da &. *ca^»eZZtim (scal- 
pel). 

f Scalper, de Panglais to scalp 
(scalper). 

acammonee, du L. scammo- 
nea(m. s.). 

Scandale, du L. scandalum 
(scandale). 

Scandallser, du L. scandali- 
£ore(scandaliser, dans Tertul lien). 

Scantier, du L. scandere (scan- 
der). 

seapaandre, du grec (xxaqpri 
(bateau) et iv/jp, ov8p6c (homme). 

scapalalre ( vehement qui 
couvre les epaules), du L. scapu- 
laris * (scapulaire dans la basse 
latinite, derive descapulus ,epaule). 

Scarabee, du L. scarabaeus 
(escarbot). 

Scare, du L. scarus (scare, 
poisson). 

Scarification, du L. scarijica- 
tionem (m. s.). 

Scarifier, du L. scarificare 
(m. s.). 

f Scarlatlne, de l'italien scar- 
lattina (proprement, e'carlate; nom 
donne en 1553 par Inferassias, me- 
decin de Naples qui signala le 
premier cette maladie. 

Seeatc, anciennement seel, en 
italien sigillo, du L. sigillum 
(sceau). Si (g) Mum perdant le g 
medial (voy. oilier) et changeant 
i en e (voy. admettre) donna Pan- 
cien francais siel, qui est devenu 
seel, par l'addition posterieure d'un 
e, aou sceau par le changement 
de el en eat* (voy. agweatt). — 
D. de Tancienne forme seel : set- 
ter. 

Scelerat, du L. sceleratus (m. 
s.). — D. sceUratesse. 

Sccttcr, voy. sceau. — D., 
scelU (subst. participial), scelle- 
ment, scelleur; desceller. 

Scene, du L. scena (scene, 
theatre). 



Secnlone, 6\iL.scenicus(m. s.) 

Sceptlqne, du L. scepticus (m. 
s. dans Quintilien). — D. septi- 
cisme. 

Sceptre, duL. sceptrum (m. s.). 

f Schanraqne, voy. chabra- 
que. 

Schako, voy. shako. 
Schall, voy. chdle. 
Schelllng, de Panglais shil- 
lmg y schelling). 

Scalomatlqne, du L. schis- 
maticus (m. s. dans saint Augus- 
tin). 

Schlame, du L. schisma (m. s.). 

Schlste, du L. schistos (m. s. 
dans Pline) . — D. schisteux. 

f schlague , de l'allemand 
schlag (coup) . 

Sclatlqne, corruption du L. 
ischiadicus (sci&tique, dans Pline). 

Sde, voy. scier. 

Sclemment (en italien scien- 
temente ) est pour scientment * 
(voy. abondamment). Scientment* 
est un compose de scient qui est 
le L. scientem (sachant) et de.... 
ment (voy. abonder) . 

Science, du Lscientia (science). 
Sur tia devenu ce, voy. agencer, 
?— D. scientifique. 

Scier, ancien francais sier 7 en 
italien segare, du L. secare (scier). 
Se(c)are, par la chute du c medial 
(voy. affouage) etpar le changement 
de e en i (voy. accomplir) , donne 
Pancien frangais sier d'ou scier 
par l'addition posterieure d'un c, 
— D. scie (subst. verbal), sciage t 
scierie, scieur, sciure. 

scllle, du L. scilla (oignon ma- 
rin). 

Sclnder, du L. scindere (fendre) . 

Scintillation, du L. scintilla- 
Honem (m. s.). 

Scln tiller, du L. scintillare 
(briller). 

Scion est un deriv6 de scier; 
pour PStymologie, voy. scier. 



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SCU 



488 



SEC 



Sclsslle/du L. scUsilis (qui se 
partage en lames). 

Scission , da h.scissionem (di- 
vision). — D. scissionnaire. 

Sclerotlque, derive du grec 
cixXTipo; (dur). 

•colalre, du L. scholaris (d'e- 
cole). 

Scolastlque (subst.), du L. 
scholastica (declamation dans S6- 
neque). 

Scolastlque ( adj. ), du L. 
scholasticus (d'ecole). 

Scollaste, du grec oxoXiootyic 
(annotateur). 

Scolle, au grec trxoXiov (note). 

Scolopendre, du L. scolopen- 
dra(m. s. dans Pline). 

Scombre , du L. scombrum 
(scombre, maquereau). 

f Scorbut (au dix-septieme sie- 
cle scurbut) mot d'origine hollan- 
daise (neerl. scheurbuk, scorbut). 
— D. scorbutique. 

Scorle, du L. scoria (m. s. 
dans Pline). — D. scorijier. 

■corplon, du L. scorpionem 
(m. s.). 

f Scorsonere, de l'italien scor- 
toner a (scorsonere). 

Scribe, du L. scriba (ecrivain 
public). 

Scrofules, du L. scrofulae (m. 
s.). — D. scrofuieux, scrofulaire. 

Scrupule , du L. scrupulus 
(scrupule). 

Scrupuleux, du L. scrupulo- 
sus (scrupuleux). 

Scrutateur, du L. scrutator 
(m. s.). 

Scrnter, du L. scrutari (m.s.). 

Scrutln, du L. scrutinium (ac- 
tion de scruter). 

Sculptor, du L. sculptare* 
(denve* de sculptus, sculpte. Sur 
la formation des frequentatifs , 
voy. p. xxxn). 

Sculpteur, du L. sculptor 
(m. S,). 



Sculpture , du L. sculpturq 
(m. s.). 

Se, du L. se (sott. 

Secmce, voy. si ant. 

Seem*, du L. sedentem (qui est 
assis); d'ou le sens poste>ieur de 
resident : « la cotnr royale slant 
a Paris »).Se[d)entem donne stout 
par la chute du d medial (voy. 
accabler) et par le changement de 
en en an (voy. amande). — D. siant 
(subst.); stance (action de seoir). 

Sean, anciennement siel, en 
milanais sidell, du L. sitellum* 
(forme masculine de sitella, vase, 
aans Ciceron). Si(t)ellum perdant 
le t m6dial (voy. abbaye) et chan- 
geant i en e (voy. admettre) , donne 
seel qui devient posterieurement 
seau par le changement de el en 
eau (voy. agneau). 

Sebace, du L. sebaeeus (de 
suif). 

Senile, origine inconnua. 

See, du L. siccus (sec) par le 
changement de i en e (voy. ad- 
mettre) et la reduction de cc a c 
(voy. bee); tfche represente le L. 
sicca (seche) par le changement 
de t en e (voy. admettre) et de cc 
en ch (voy. acheter). — D. siche- 
resse. 

Secable, du L. secabilis (m. s.). 

Secante, du L. secantem (qui 
coupe). 

Secfce (substant), en i tali en 
sepia f du L. septa (seiche); ^>our 
le changement de pia en che y 
voy. abriger. 

Seenev, du L. siccare (secher) 
par le changement ; 1° de t en e 
(voy. admettre); 2° de cc en ch 
(voy. acheter). — D. se'ehoir. 

Sec heretic . voy. sec. 

Second, du L. secundum (m. 8.), 
par le changement de u en o 
(voy. annoncer). — D. seconde. 

Secondalre, du L. secunda- 
rius (m. s.). 



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SEC 



489 



SEI 



Secondalrement, voy. aii mot 
secondaire. 

Seconder, du L. secondare 
(m. s.). 

Secotcet*, du L. succutare* 
(forme secondaire de succutere, 
secouer). 

Succu{X)are* a donn6 secouer 
par la chute du t medial (voy. 
abbaye) et par le changement : 
1° de u en e (voy. chapeler); 2° de 
ueo ou (voy. accouder). — D. 
secouemerti. 

Seeotcfit*, du L. suecurrere 
( secourir ) par le changement : 
1° de u en e (voy. chapeler); 2° de 
currereen. courir (voy. accourir). 
— D. secours <L. succursus * de 
suecurrere); pour le changement 
de u en e, voy. chapeler; pour 
celui de ...cursus en ...cours, voy. 
course. — D. secourable. 

Secours, voy. secourir. 

Secotc#*e, du L. succuwa * 
(subst. participial; action de se- 
couer; deriv6 de succussus part, 
de succutere, secouer). Sur le 
changement de su en se, voy. se- 
couer ; sur celui de u en ou, voy. 
accouder. 

1. Secret (adj.), du L. secretus 
(secret). 

2. Secret (subst.), du L. se- 
cretum (secret). — D. secretaire. 

Secretaire, voy. secret. — D. 
secretariat, secritaxrerie. 

Secreter, du L. secretare* 
(de>iv6 de secretus, partic. de se- 
cernere, s6parer). Sur la formation 
des frequentatifs, voy. p. xxxii. — 
D. se'ere'teury sierdtoire. 

Secretion, du L. secretionem 
(dissolution). 

Sectatenr, du L. sectator (sec- 
tateur). 

Secte, du L. secta (secte). — 
D. sectaire. 

Secteur, du L. sector (celui 
qui coupe). 



Section, du L. sectionem (cou- 
pure). 

seculalre, du L. saecularxs 
(seculaire). 

Secularlaer, de>iv6 de saecu- 
larxs (au sens de mondain, donne a 
ce mot par la langue ecclesiastic 
que ; voy. siculier). — D. secula- 
risation. 

Seculier, du L. saecularis (de- 
rive desaeculumsiu sens de monde , 
sens donne a ce mot par le christia- 
nisme). Sur aris devenu ier, voyez 
dnier. 

Securlte, du L. securitatem 
(security). 

Sedatlf, du L. sedativus* de- 
rive de sedatus (apais6, calm 6). 

Sedentalre, du L. sedentarius 
(m. S.); 

Sediment, du L. sedimentum 
(m. s.). 

Sedltleux , du L. seditiosus 
(m. s.). 

sedition, du L. seditionem 
(m. s.). 

Sedncteur, du L. seductor 
(m. s.). 

Seduction, du L. seductionem 
(m. s.). 

Secftcife, du L. seducer e (se- 
duire dans Tertullien), Pour le 
changement de ....ducere en 
....dirire, voy. conduire. — D. s4- 
duisant. 

Sedui*an4 9 voy. siduire. 

Segment, du L. segmentum 
(m. s.). 

Segregation, du L. segregatio- 
nem (separation). 

Seiche i voy. siche. Pour le 
changement dee en et, voy. frein. 

Selde, mot d'origine historique 
(voy. p. lxiii, note 1). 

Seigte, en provencal seguel } en 
italien segale, du L. secale (seigle 
daDs Pline). Par un defacement 
insolite de r accent latin (voy. p. 
cv), secale est devenu sectile dans 



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SEI 



490 



Stij 



le latin rustique ; secale, changeant 
regulierement c en g (voy. adju- 
ger), donne segale qui est au hui- 
tieme siecle dans unCapitulaire de 
Charlemagne. 

Segale, par le changement de e 
en t (voy. accomplir), donne st- 
gale qui est dansuntexte de 794, 
« De modio sigali denarii 3. » 

St£(a)le perdant a penultieme 
(voy. p. lxxh), se contracte en 
stg'te, d'ou seigle par le change- 
ment de i en et (voy. ceinture). 

Seigneur, en espagnel senor, 
du L. seniorem (proprement vieil- 
lard, d'ou le sens de dominus, de 
maitre, de seigneur, dans les tes- 
tes latins du moyen age: « Etman- 
dat vobis nosier senior, quia si 
aUquis de vobis talis est, cui suus 
senioratus non placet, et Mi si- 
mulat, ut ad ahum seniorem me- 
lius.... » dit un Capitulaire de 
Charles le Chauve. 

Seniorem a donne seigneur par 
le changement : 1° de e en et (voyez 
frein); 2° de ni en gn (voy. cigo- 
gne) ; 3° de o en eu (voy. accueil- 

Le nominatif senior, reguliere- 
ment contracts (voy. p. rxxxi) en 
sertr, a. donne, par le changement 
de nr en ndr (voy. absoudre), la 
forme sendre qui est au neutieme 
siecle : « Carlos meos sendra » 
c'est-a-dire : « Karolus meus se- 
nior » dans les Serments de 842. 
Be memo que prensus a donne" 
successivement prins puis pris, 
sendre a du passer par les formes 
successives sindre*, sidre* sire* 
Pour le changement de sendre en 
sindre* voy. accomplir; pour celui 
de sindre* en st'dre* voy. p. xcvn; 
pour la reduction de sidre a sire, 
voy. arriSre. — D. m</neurte, 
mflneurtoi. 

SefgMettfie, derive de sei- 
gneur (voy. ce mot). 



SeitMe, en italien secchia, du L. 
sittiZa (seau) par la contraction re- 
guMere (voy. p. lxxh) de fi*(u)Ja 
en sit'la, d'ou sicla par une muta- 
tion euphonique qui se retrouve 
dans le latin vecms de veflus* 
(voy. vieux). Sicla n'est point une 
forme supposee; ce mot est au 
sens de settle dim les teites carlo- 
vingiens : « Servi Ecclesiae tributa 
legitima reddant xv siclas de cer~ 
visa,.., » dit la Lex Alamannorum 
tit. 22. Pour le changement de 
*(icla) en x(eille), voy. abeiile. 

Seit*, du L. sinus (sein) par le 
changement de i en et (voy. frein). 

Seine, anciennement seine, en 
italien sagenna, du L. sagena 
(seine, filet, dans Ulpien). Par le 
changement de e ent (voy. accom- 
plir) sagena devient sagina : « Bar' 
cae ....grandesque saginae.... » 
ditun textedu moyen age. Sa{g)ina 

Serdant le a medial (voy. ctfiter) 
onne Tancfen francais se-ine par 
l'adoucissement de a en e (voyex 
acheter) ; *etne devient posterieu- 
rement mne (voy. p. xc) comme 
rexne est devenu retne. 

Seing, en italien seono, du L. 
signum (marque, sceau) par le 
changement : l°de gn enng (voyex 
elana); 2° de * en et (voy. cein- 
ture). 

Seise, du L. sedecim (seize). 
Pour le changement de ....edecim 
en ....eve, voy. treixe. — D. 
seiiikme. 

Setfow, voy. <e)'ottfner. 

Sejomtmer, ancien francais 
sojourner, en jprovencal sojomar, 
en italien «ooj/tornore, du L. sub- 
diurnare* (compost de diwrnare 
Tester longtemps). Par la chute du 
b (voy, accouaer) et par le chan- 
gement : 1 • de diurnare en joumer 
(voy. jour) ; 2° de u en o (voy. a*- 
noncer), suMturnare donne so- 
journer, d'ou sojourner par IV 



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SEM 



491 



SEM 



doucissement de o en e (voy. je). 
— D. sejour (substantif verbal). 

Set, du L. sal (m. s.), par le 
changement de a en e (voy. ache- 
.ter). 

Selenlte, du L. selenites (se- 
lenite, sorte de pierre). — D. si- 
Uniteux. 

Selenographle, du grec as- 
Xiqvyj (lune) et ypd^etv (decrire). — 
D. sttinographique. 

Selle 9 du L. seWa (siege, et 

aussi selle de cheval dans le Code 

Theodosien). — D. sellette, seller. 

Setter, voy. selle. — D. selle- 

rie, sellier, desseller. 

Sellette, voyez, pour l'6ty- 
mologie, au mot seUe. 

Selon, anciennement selonc, 
solonc* sulunc, sullunc, du L. sub- 
longum* proprement le long de, 
aupres de, sens qui €tait celui de 
la preposition selon enancien fran- 
cais : < passer selon une tour.... » 
dit un texte francais du .douzieme 
siecle. 

SubUmgum assimilant bl en 11 
donne Pancien francais sulloncqui 
devient solonc par ie changement 
de u en o (voy. annoncer), d'ou 
selonc par l'afiaiblissement de o en 
e (voy. je). 

SemaMles, en pro venial se- 
menalhaj du L, seminalia (terres 
ensemencees) par la contraction 
reguliere (voy. accointer) de se- 
m(i)nalia en sem'nalia d*ou se- 
mailles par le changement : 1° de 
mn. en m (voy. allumer) ; 2° de 
alia en aille (voy. ail). 

Semainc, au treizieme siecle 
sepmaine dans le Roman de la 
Rose, en provencal setmana, en 
italien sethmana, du L. septimana 
{semaine dans le Code Theodosien) 
par la contraction reguliere (voyez 
accointer) de sep{tl)mana en sep'- 
mana d'ou semaine par la reduc- 
tion de pm.4 m (voy. caisse) etpar 



le changement de ana en aine 
(voy. ancien). 

Semaphore, forge a Faide du 
grec oyi\lol (signe) et <popoc ( qui 
porte). 

Semblable, voy. sembler. 

Sewnblant, voy. sembler. 

Sembler, du t. stmuJare qui 
a pris le sens de sembler dans les 
textes carlovingiens : « lit ille 
possit res de sua ecclesia ordi- 
nare, et illi liceat, sicut ei simu- 
laverit, disponere.... » lit-on dans 
une lettre d'Hincmar de 874. 
Pour le changement de simulare 
en sembler voy. assembler. — D. 
semblant (subst. participial) , sem- 
blable } ressembler, dissemblable f 
dissemblance. 

Semelle, origine inconnue. — 
D. ressemeler. 

Sentence, du L. sementia * (se- 
mence, au huitieme siecle, dans 
les Capitulaires de Charlemagne; 
sementia deriv6 de sementis se- 
mence). — Sur le changement de 
tia en ce, voy. agencer. — D. en- 
semencer. 

Semer, en provencal semnar, 
en italien seminar e, du L. semi- 
nare (semer) par la contraction re- 
guliere (voy. accointer) de sem(i)~ 
nare en sem'nare d'ou semer par 
la reduction de mn a m (voy. aZ- 
Jwmer). — D. semeur, semis, se- 
moir ', par semer . 

aemestre, du L. semestris (de 
six mois). — D. semestriel, se- 
mestrier. 

Semi, du L. semi (demi) . 

Semillant, mot d'origine eel- 
ticrue ; se'millant est le deriv6 d'un 
theme sem* qui est le kymri sim 7 
remuant, semillant, 16ger. Sur e 
devenu t, voy . accomplir . 

geminalre, du L. semtnarium 
ft>6piniere) . — D. siminariste . 

Semis, voyez ci-dessus au mot 
semer. 



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s£n 



£92 



SEN 



Semottee, voy. semondre. — 
D. semoncer. 

Semoauffe, du L. rabmonere 
(avertir dans Tertullien, semondre 
dans les textes latins du moyen 
age) . Submonere , assimilant bm 
en mm (voy. ;u;et) , devient sum- 
monere comme submoveo estdeve- 
nu summoveo. Summonere , chan- 
geant successive merit u en o puis 
en e (voy. secouer) , donne semon- 
dre par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi) de summon(&)re en 
summon're, d'ou semondre par le 
changement de nr en ndr (voyez 
absoudre). — D. semonce pour 
semonse (sur * devenu c, voyez 
sauce) ; semonse est la forme fe- 
minine de l'ancien francais se- 
mons, du L. summonitus (parti- 
cipe de summonere) .Summon(Vjtus, 
regulierement contracte (voy. p. 
lxxxi) en summon'tus, a donne *e- 
mons par le changement de u en o 
puis en e (voy. secouer). 

f semoule, de l'italien semola 
v 'semoule). 

Semptternel, du L. sempiter- 
nalis* derive de sempiternus (qui 
dure toujours). 

Senat, du L. senatus (m. s.). 

Senateur, du L. senator (m. 
s.). — D. senatorial. 

Senatus-consulte, du L. se- 
nator consiiftwm (decret du senat). 

f senaa, mot d'origine hollan- 
dais, comme beaucoup de termes 
de marine (hollandais snaauw ba- 
timent a 2 mats). 

f sene, mot d'origine orientale 
comme beaucoup d'autres noms 
de produits pharmaceutique (arabe* 
sana sen6). 

Senechat, anciennement se- 
neschal, en provencal senescal, en 
italien siniscalco, clu L. merovin- 
gien seniscalcus (surveillant, iij- 
tendant); « Si alicujus seniscalcus, 
qui servus est, et dominus eju^ 



III vassos infra domum habet, 
occisus fuerit.... > dit la Lex Ala- 
mannorum 79 , 3. Seniscalcus est 
d'origine germanique et repond a 
un theme siniscaU* (proprement 
le plus ag6 des serviteurs, d'ou le 
sens d'intendant, de majordome). 

Seniscalcus a donne senechal 
par le changement de ....iscalcus 
en — echal, pour l'etude duquel 
je renvoie le lecteur au mot mari- 
chal. — D. senichaussie (venu de 
sMchaly comme mare'chausse'e de 
mare'chal; pour le detail de cette 
derivation, voyez au mot mari- 
chausste). 

Seneefcattssee, voyez au mot 
se'ne'chal. 

Settecow, du L. senecionem 
(senecon dans Pline) par le chan- 
gement de cio en go (voy. agen- 
cer). 

Sekes**e, du L. sinistrum 
(gauche) par le changement de t 
en e (voy. admettre). 

Sctcvcy en italien senapa, du 
L. sinapi (seneve) par le change- 
ment : 1° de i en e (voy. admet- 
tre) ; 2° de a en e (voy. acheter) ; 
3° de p en v (voy. arriver). 

Senile, du L. senilis (de vieil- 
laid). 

Sentte, voy. seine. 

Setts, du L. sensus (sens). — 
D. sensitif, sensitive. 

Sensation, du L. sensationem* 
(derive de sensare* , voyez au mot 
sense). 

Sense, du L. sensatus (sens£, 
dans Firmicus). Sur atus devenu 
<*, voy. ampoule". — D. sense'ment. 

Senslnlllte, du L. sensibilita- 
tem derive* de sensibilis : voy. 
sensible. 

Sensible, du L. sensibUis 
(sensible). — D. sensiblerie. 

Sensltlf) voy. sens. — D. sen- 
sitive. 

*en»ltjve, voy. sensitif. 



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s£p 



493 



SER 



Sensuallte, du L. sensuctiita- 
tem (sensualite). 

Sensuel, du L. sensualis (rela- 
tif auxsens). 

Sente (sentier), en, espagnol 
senda, du L. semtta (sente) par 
la contraction reguliere (voy. 

§. lxxxi) de sem$)ta en sem'ta 
'oil sente par le changement de 
m en n (voy. changer). 

sentence, du L. sententia 
(sentence). Sur tia devenu ce voy. 
agencer. 

Sentencteux, du L. senten- 
tiosus (m. s.). Sur osus devenu 
eux, voy. amour eux, 

Setttetct*, voy. sentir. 

Sentier, en espagnol sendero, 
en provencal semdier, du L. semt- 
farnts (derive de semita sentier) 
par la contraction reguliere (voy. 
accointer) desemtytarius en sem'- 
tarius, d'ou. sentier par le chan- 
gement : 1° de m en n (voy. chan- 
ger); 2° de arius en ier (voy. 
dnt'er). 

Sentiment, voy. sentir. — 
D. sentimental, 

Sentlne, du L. sentina (m. s.). 

+ Sentlnelle, de l'italien senti- 
nella (sentinelle) . 

Senrtr, du L. sentire (m. s.). 

— D. sentiment, ressentir, sen- 
teur. 

Seoif, ancien frangais seder, 
en italien seder e, du L. seder e 
(etre assis), par la chute du d me- 
dial se(d)ere (voy. asseoir) et par 
le changement de e en ot (voy. 
accroire). 

Separable, du L. separafriJis 
(m. ».). 

Separation, du L. separation 
nem (m. s.). 

Separer, du L. separare (m. s.). 

— D. se'parement. 

f Sepia, venu au seizieme sie- 
cle, de l'italien septa (Sepia propr. 
seiche) 



Sep*, du L. septem (sept). — 
D septidme. 

Septante, du L. septuaginta 
fsoixante-dix), par la r6ductior 
de ua a a (voy. p. xc) et par I 
changement de aginta en anTu 
(voy. ctnguante). 

Septemnre, du L. September 
(m. s.). 

Septenalre, du L. septena- 
rius (m. s.). 

Septentrlou, du L. septen- , 
trionem (m. s.). 

Septentrional, du L. septen- 
trionalis (m. s.). 

Septfeme, voy. sept. 

Septuagenalre, du L. septua- 
penarius (septuagenaire). 

Septuageslme. du L. septua- 
gesimus (soixante-aixienie). 

Septuple, du L. septupius 
(m. s.). 

Sepulcral, du L. sepulcralis 
(m. s.). 

Sepulcre, du L. sepulcrum 
(m. s.). 

Sepulture, du L. sepultura 
(m. s.). 

Sequelle, du L. sequela (suite, 
sequelle). 

Sequestration, du ►-.- se^ues- 
trationem (m. s.). 

Sequeatre, du L. sequester 
(depositaire). 

Seauefttrer, du L. sequestrare 
(m. s.). — D. siquestre (action de 
sequestrer; subst. verbal). 

t sequin, venu de l'italien 
zecchino (sequin). 

t Serall, mot apporte de Tur : 
quie par les voyageurs (turc sera\ 
palais) . 

Seraphln, sur ce mot, voy. 
p. lx. — D. se*raphique. 

Serein, du L. serenus (serein). 
— D. serein (substantif). 

Serein (vapeur du soir), du L. 
serenus (de>. de serum, soir). Pour 
le changement dee en ei 9 voy. frein. 
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SER 



494 



SER 



f Serenade, de l'italien sere- 
nata (serenade). 

t s^renfoglme, de l'italien 
serenissimo (s6renissime). 

Serenlte, du L. serenitatem 
(m. s.). 

Sereux, du L. setwws (m. s.) 
par le changement de osus en cims 
(voy. amoureux). 

Set*/*, du L. sert?us (serf) par le 
changement de v en f (voy. beet*/). 
9 — D. serfage. 

ScrfoueUe, derive de ser- 
/biur, voy. ce mot. 

Set*f°tfif, origine inconnue. 
— D. serfouissage, serfouette. 

Serge, en provencal serga y du 
L. senca (etoffe de soie : « Vesti- 
mentorum sunt omnia lanea, li- 
neaque vel serica vel bomba- 
cina.... » dit Ulpien. Dig. 1. 23.) 

5er(i)ca, se contractant regulie- 
rement (voy. p. lzxxi) en sefca, 
donne ser^e par ie changement 
de c en g (voy. adjuger), — D. ser- 
grerte, serger, sergier. 

Sergent (ancien francais ser- 
jent) , au moyen age ce mot a le 
sens de serviteur : les sergenls du 
Roi, les sergents de Vtiv&que sont 
proprement les serviteurs du Roi , 
de IBvdque. Au treizieme siecle le 
Roman de la Rose appelle les 
amants « sergens d' amour » (c- 
a-d. serviteurs du dieu Amour). On 
trouve dan's plusieurs textes de 
notre ancienne langue « sergent 
de Dieu » pour * serviteur de 
Dieu. » — Sergent vient du L. 
servientem (serviteur) par la con- 
sonnification de i enj (voy. abr4- 
ger), d'ou servjentem qui ser6duit 
It serjentem par la chute reguliere 
du V (voy. alteger). D'ailleurs on 
trouve serviens dans les textes la- 
tins du moyen age au sens de ser- 
gent ce qui confirme I'origine in- 
diquee : « De castrorum excubiis 
summe sollicitus, militibus xx, 



servientibus li.... » dit tin docu- 
ment du ctouzieme siecle (1191). 

Serfte, du L. seriem (serie). 

Serleux, du L. seriosus* (deri- 
ve de serius, m. s.). 

Serin, du L. citrinus (qui est 
de couleur de citron, dans Pline, 
d'ou le sens de serin, d'oiseau 
jaune, couleur de citron). 

Citrinus a donn6 serin par le 
changement : 1° de c en * (voy. 
amitii); 2° de t en e (voy. admet- 
tre); 3° de tr en r (voy. arrtere). 
— D. seriner, serinette. 

Seringa t, corruption de sy- 
ringa qui derive du L. syrinx (ro- 
seau). 

Serlngne, du L. syringa (se- 
ringue dans Vegece). — D. serin- 
guer. 

Serment, ancien francais satr- 
ment, a Forigine sairementj en 
provencal sagramen, en itaiien 
Sacramento , du L. sacramentum 
(serment) par le changement : 
t° de cr en ir (voy. b&nir); 2° de a 
en e (voy. acheter), d'ou Pancien 
francais sairement qui devient pos- 
terieurement sair'ment par la chute 
de e (voy. aider); sairment se 
transforme en serment par la 
transcription de ai en e (voy. p. 
Lxxxni). — D. sermentt, asser- 
menter. 

•ermon, du L. sermonem (en» 
tretien). — D. sermonner, ser- 
monneur, sermonnaire. 

seroslte, du L. serositatem* 
(derive de serosus; voy. au mot 
sereux) . 

Serpe, substantif verbal de- 
rive du L. sarpere (tailler, emon- 
der ; la serpe est proprement Pin* 
strument qui sert a emonder). 
Sur a devenu e voy. acheter. — 
D. serpette. 

Serpent, du L. serpentem (m. 
s.). — D. serpenteau, serpent**, 
serpentine, serpentcr. 



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SER 



495 



SEU 



Serpenialre, du L. serpenta- 

ria (serpentaire, plante). 

SerpenHn, voy. serpent. 

Serpentine, voy. serpent. 

•erpllllere, origme inconnue. 

fltet»p©Ie#,diminutif d'un theme 
serpol*, qui correspond i l'espa- 
gnol serpol (serpolet) et qui de- 
rive du L. serpuUum (serpolet) 
par le changement de u ea o (voy. 
annoncer). 

Serre, voy. serrer. 

Server, en italien serrare. du 
L. serare, fermer a clef, dans 
Priscien, - d'ou le sens de mettre 
sous clef, sens qui est celui du 
verbe francais dans la locution 
serrer les grains, serrer son ar- 
gent, serrer des hordes et dans le 
derivS serrure, ce qui sert a ser- 
rer). Le L. serare devenu serrare* 
dans les textes latins du moyen 
age, prend le sens d'enchainer, 
d'ou posterieurement le sens de 
lier fortement, de presser, de ser- 
rer. On lit dans la Chron. Saxon. 
publ. dans Mabillon (t. 4, Ann. 
p. 431) : Fratricidas autem et par- 
rieidas.... siveper manumet ven- 
trem serratos de regno eiiciant ... 
— D. serre (subst. verbal), serres, 
serrement, serre', serre-fAe, serre- 
papiers, serre-t&e; enserrer, res- 
serrer, desserrer. 

Sewwre, voy. serrer, — D. 
serrurier, serrurerie. 

Sertir, du L. sertire* (derive" de 
sertum, couronne. — D. sertis- 
sure. 

»^rnm, du L. serum (m. s.). 

Sewage, voy. serf. 

Servant, voy. servir. 

Servante, voy. servir. 

Serviabte, voy. servir. 

Service, du L. servitium (ser- 
vitude). Sur Hum devenu ce, voy. 
agencer 

Serviette, voyez, pour Pety- 
mologie, au mot servir. 



Servile, du L. serxdUs (servile). 

— D. servility. 
servility voy. servile. 
Servir, du JL. servire (servir). 

— D. servant, servante, serviable, 
serviette. 

Serrlteur, du L. servitor (ser- 
viteur dans quelques Inscriptions). 

Servitude, du L. servitude* (m» 
s. dans Festus). 

Ses, en espagnol sos, du L. sos 
(ses, dans Ennius. Pour le rapport 
de cette forme archaique sos a la 
forme classique suos, voy. p. xc. 

Pour le changement de sos eft 
ses, voy. je. 

Sesame , du L. sesamum (se- 
same). 

Sessile, du L. sessilis (sessile , 
dans Pline). 

Session, du L. sessionem (ses- 
sion). 

Sesterce, du L. sestertius (m. 
s.). Sur tius devenu ce voy. agen- 
cer. 

Setier, anciennement sestier r 
en italien sestiere, du L. sex- 
tarius ( setier ) par le change- 
ment : 1° de anus en ier (voy. 
dnier); 2° de x en s (voy. amitie) 
d'ou Tancienne forme sestier de- 
venu setier par la chute de s (voy. 
abime). 

f Seton, de Pitalien setone (s6- 
ton). 

Sewii, en provencal sol, du L. 
soleum* (forme secondaire de so- 
lea, seuil, dans Festus) : sol{e\i)m, 
regulierement transforme ( voy. 
abrdaer) en sol[iu)m, donne seuil 
par le changement de o en eu 
(voy. accuetllir) et par la trans- 
position de i (voy. p. xcvi). 

Sent, du L. solus (seul) par le 
changement de o en eu (voy. ac- 
cuetllir) . — D. settlement, seulet; 
esseuli. 

Sentewnent, voy. pour l'ety- 
mologie au mot seul. 



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SI 



496 



SIF 



Se*re, en provencal saba, en 
italien sapa, du L. *opa (jus) par 
le changement : 1° dep en v (voy. 
arriver); 2° de a en c (voy. octe- 
ter). 

Severe, mot venu du L. seve- 
rus (severe). 

Severlte, du L. severitatem 
(m. s.). 

Sevtee, du L. saevUiae (vio- 
lence), par le changement de tia 
en cc (voy. agencer). 

Sevlr, du L. saevire (sevir). 

Sert-ef , proprement separer un 
enfant de sa nourrice, du L. sepa- 
rate {separer) par la contraction 
reguliere (voy. accointer) de sepa- 
rate en sepWare r d'ousevrerparle 
changement de p en v par Pinter- 
m6diaire de b (voy. arriver) . Sevrer 
signifiait separer dans notre an- 
cienne langue. et ce n'est que tar- 
divement qu'il se restreignit (voy. 
p. xxiii) au sens special de separer 
un enfant de sa nourrice. 

Separo a donn£ store, comme 
le nom propre L. Separis a donne 
Sevre (nom de deux rivieres de 
France, la Sevre Nantaise, et la 
Sevre Niortaise). — D. sevrage, 
sevreuse. 

Sexagenatre , du L. sexage- 
narius (sexagenaire) . 

sexagesime, du L. sexagesi- 
mals (soixantieme). 

Sexe, du L. sexus (m. s.). 

Sextant, du L. sextantem (le 
sixieme d'un tout). 

Sexte, du L. sextus (sixieme). 

Sextuple , du L. sextuplus * 
(m. s.). — D. sextupler. 

flexuel , du L. sexualis (du 
sexe). 

f Shako, mot d'orig. hongroise 
(voy. p. lix). 

1. Si (conj.) , du L. si (si). — D. 
sinon. 

2. Si (adverbe), du L. sic (au- 
tant, tant, tellement), Sur la chute 



du c ? voyez ami. — D. ainsi, 
ausst. 

Slbylle, du L. Sibylla (meme 
sens). 

albyllln, du L. sibyllinus (m6- 
me sens). 

Slealre, du L. sicarius (meme 
sens). 

Stceatlf, du L. siccativus (me- 
me sens). 

Slecite, du L. siccitatem (m&me 



Side, mot venu du L. stilus 
(side, — monnaie d'argent des 
Hebreux). 

Slderal, du L. sideralis (qui 
concerne les astres). 

Steele, du L. saeclum (siecle) 
par la reduction de ae a e (voyez 

S. lxxxvi) , d'ou seclum (qui est 
eja dans les auteurs classiques) ; 
seclum a donne siicle par la diph- 
thongaison de e en ie (voyez ar- 
ri&re). 

Siege, voyez ci-dessous au mot 
siiger. 

Sieger^ du L. sediare* (venu 
de tedium * deriv6 lui-m&ne de 
sedes si6ge}. Sed(ia)re, consonni- 
fiant regwierement ia en ia (voy. 
abrdger), donne sedjare d'ou sta- 
ger par la reduction de dj a § 
(voy. ajouter et abriger) et par le 
changement de e en ie (voyez ar- 
riere). — D. sie"ge (substantif ver- 
bal). 

Siett, anciennement sen, forme 
adoucie de son (voy. son). Sur 
l'adoucissement de son en **n, 
voy./e; sur la diphthongaison de 
set* en sten, voy. arriere. — Pour 
ie changement de sens, voy. num. 

f sieste , mot venu de I'espa- 
gnol siesta. 

Sietcf, corruption de seigneur 
(voy. cemot). 

Si flier, du L. sifUare (siffler 
dans Nonius ; sifUare est certaine- 
ment une forme du L. populaire 



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SIL 



497 



SIM 



car on lit dans P Appendix ad pro- 
bum ; Sibilus, non sifUus. » ). 

Sif(i)lare regulierement con- 
tracts (voy. accointer) en siflare 
a donne stffler. — D. sifflant, sif- 
flable, sifflement, sifflet, siffleur. 

Siffiet, voy. siflet. 

Signal, du L. signale * (signal 
dans les textes latins du moyen 
age: signale derive de signum). 

— D. signaler, signalement. 
Slgnatalre, voy. signer. 
Signature, du L. signatura 

(m. s. dans Setuone). 
Slgne, du L. ftgmum (signe). 

— D. signet. 

Signer, du L. signare (sceller, 
ratifierj. — D. signataire. 

Slgnllleatif , du L. significati- 
vus (m. s.). 

Signification, du L. signified- 
tionem (signification) . 

glgnlfier, du L. significare 
(signifier). Sur la chute du c, voy. 
aftouage. 

Silence, du L. silentium (me 1 - 
me sens). Sur tium devenu ce, voy. 
agencer. 

SUencleux, du L. silentiosus 
(m. s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

Silex, du L. silex (silex, cail- 
lou). 

Silhouette, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv). Allusion a 
de Silhouette, contrdleur general 
des tinances sous Louis XV, qui 
mourut en 1767. Les portraits a la 
silhouette furent ainsi nommes, 
par la seule raison qu'ils etaient a 
la mode pendant rannee que de 
Silhouette passa au ministere. 

SUlce, du L. silicem (caillou). 
— D. siliceux. 

SUIque, du L. siliqua (silique, 
cosse).— D. siliqueux. 

Slllage, voy. siller. 

Siller (fendre la mer), mot 
d'ongine germanique (scandinave 



sila, sillonner). — D. sillon, sil- 
lage. 

sillet, mot dont Forigine est 
inconnue). 

SiUon , voy. siUer. — D. sil- 
lonner. 

Sifforotef, pour Tetymoldgie 
voyez au mot siller. 

f silo, de l'espagnol silo (mfime 
sens). 

Sllure, du L. silurus (silure, 
poisson). 

SIItcs, du L. silva (silves, re- 
cueil, melanges, varietes dans 
Stace et Quintilien). 

Sintagree, corruption de Pan- 
cienne formule si m'agrie (ainsi 
m'agree) d'ou le sens du mot si- 
magre'e y prevenance affectee, ob- 
sequiosit6. Pour l'etyniologie, voy. 
aux mots si f et agre'er. 

fsimarre, de l'italien zimarra 
(simarre). 

Slmllalre, du L. similaris* 
(m. s. derive de similis. sembla- 
ble). 

Similitude, du L. similitudo 
(m. s.). 

Slmllor, mot forge a Taide du 
L. simili (semblable) et du mot or. 

slmonlaque; pour l'etymolo- 
gie, voyez au mot simonie. 

Slmonle, du L. ecclesiastique 
simonia * derive du nom de Simon 
le magicien. — D. simoniaque. 

Simple, duL. simplex (simple). 
— D. simplesse, simplifier (L. 
simplificare *); simplification (L. 
simplificationem *). 

Simplicity, du L. simpUcita- 
tem (simplicity). 

Simplification, voy. au mot 
simple. 

Slmpllfler, voyez au mot sim- 
ple. 

Slmulacre, du L. simulacrum 
(simulacre). 

Simulation, du L. simula- 
tionem (m. s.). 



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SIR 



498 



SOC 



Sluraler, da L. simulate (con- 
trefaire, affecter). 

Slmultane, du L . simultaneus * 
(m. s. dans leg textes latins du 
moyen age). — D. simultaneity. 

Slnaplsme, du L. *inapt*mus 
(m.'s. dans Caeiius Aurelianus). 

Sincere, du L. *tnceru« (sin- 
cere). 

sineertte, du U sinceritatem 
(sinc£rite). 

Sinciput, du L. sinciput (la 
moitie anteneure de la tfite). 

Slneeure, du L. sine cura 
(prop, sans travail; qui ne donne 
point de souci). 

Singe, du I. simius (singe) 
par la consonnification reguliere 
( voy. abriaer ) de stm(iu)$ en 
«tmyuj« d'ou singe par le cnange- 
ment ae m en n (voy. changer) et 
par celui de j en g (voy. ajouter). 
— D. singer, singerte. 

Slngularlaer, derive de sin- 
gularis (singulier). 

Slngularlte, du L. singulari- 
tatem (derive de singularis ; voy. 
singulier). 

singulier, du L. singularis 
(singulier). Sur arts devenu ter, 
voy. dnier. — D. singulUrement. 

Stnlotre, du L. sinister (fu- 
neste, sinistre) . 

Sinon, voy. si et non. 

Slnue, du L, sinuatus (courbg) 
par le cnangement de atus en e 
(voy. ampoule}. 

Stnueux, au L. sinuosus (si- 
nueux). Sur osus devenu eux, 
voy. amoureux. 

Slnuoolte, duL. sinuositatem * 
derive de sinuosus; voyez au mot 
sinueux). 

sinus, du L. sinus (courbure, 
sinuosite). 

siphon, du L. siphonem (con- 
duit d'eau, tuyau dans Seneque). 

Sire, voy. seigneur. 

Sftr^ne, 4k L. siren (sirene). 



f Stroco, venu de l'italien sci- 
rocco (vent du S. E.). 

f Strop, venu de Fitalien si- 
roppo (sirop). — D. sirupeux. 

Sfrofef, origine inconnue. 

Sirupeux, voy. sirop. 

Sis, du L. situs (situeY sis). 
Pour , la persistence de s latin, 
voy. Grammatre historique de la 
langue frangaise, p. 162. — D. 
sise. 

autre, du L. sistrum (sistre, 
instrument de musique). 

Slsyntbre, du L. sisymbrium 
(sisymbre, cresson). 

f Site, venu au seizieme siecle 
de Titalien sito (site). — D. situer, 
situation, situe". 

Sitot, voy. si et tdt. 

Situation, voy. site, 

Situer, voy. site. 

Six, du L. sex (six) par le chan- 
gement de e eni (voy. accomplir). 

— D. sixain , sixieme. 
Sixain, voy. sic. 
Sfcrieme, voy. Stiff. 

Slxte, du L. sextos (sixieme) 
par le cbangement de e en i (voy. 
accompWr). 

t Sloop, venu de F anglais 
sloop (corvette). 

Sobre, du L. sobrius (m. s.). 

sobrlete, du L. sobrietatem 
(sobriety). - 

So6ffgttet, origins inconnue. 

Soc, du L: soccus (prop. Soulier, 
d'ou le sens de soc a cause de la 
pointe recourbee de la charrue : on 
trouve soccus au sens de soc de 
charrue, dans Alexandre Necham : 
«Supponatur dentile* vel dentate, 
cui soccus vel vomis, infigatur....» 

— Sur le cnangement de cc en c, 
voyez ci-dessus au mot bee. 

Soelablllte* du L. sociabUita' 
tern * (derive de sociabilis : voy. 
sociable). 

Sociable, du L. sociabilis (so- 
ciable). 



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SOI 



499 



SOL 



Modal, da L. socialis (m. s.). 

soctetalre, voy. socie'te'. 

soetete, duL. societatem (so- 
• ciet6). — D. socie'taire. 

+ socle, venu de Titalien %oc- 
colo (socle). 

Socque, du L. soccus (sou Her). 

sodium, metal alcalin, ex^rait 
de la sonde pour la premiere fois 
en 1807, par Humphrey Davy. 

Soeuf, du L. soror (soeur) par 
la chute de la derniere syllabe 
atone (voy. p. lxxxi) , d'ou somr 
par le changement de o en opu 
(voy. accueillir). — D. sceurette. 

f Sofa, mot apporte" d'Orient 
par les voyageurs (arabe, coffah, 
lit de repos). 

f sofflte, venu de Titalien 
soffito (plafond orn6 de rosaces). 

Soi, du L. sibi (soi). — Pour 
le changement de % en ot, voy. 
boire. Pour la chute du b, voy. 
taon. 

Soi-dfamt, voy. soi et disant. 

Soie, en espagnol seda, en ita- 
Jien seta, du L seta (soie) par la 
chute du^ medial (voy. aigu) et 
par le changement de e en oi (voy. 
accroire) . — D. soierie, soyeux. 

Soif, en provencal set, en ita- 
lien sete, du L. sitim (soif) par 
le changement . 1° de i en oi (voy. 
boire) ; 2° de t en /"(vo|. fief). 

Soigne**, voy. *otn. — D. soi- 
gneux. 

Soitt, origlne inconnue. — D. 
soigner. 

Soi**, en provencal ser, du L. 
serum (soir, dans Su6tone) par le 
changement de e en oi (voy. ac- 
croire). — D. sotWe. 

Soi*, subjonctif du verbe Hre. 
Soil represente le L. sit (soit). 
Pour le changement de i en oi, 
voy. boire. 

Soiacatttoitte, Voy. soixante. 

StHacante^ du L. sexaginta 
(soixante) par le changement : 



1° de e en of (voy. accroire) ; 2° de 
...aginta en ante (voy. cinquante). 
— D. soixantidme, soixantaine. 

Sofatantihtne, voyez au mot 
soixante. 

1. Sol, (monnaie) en italien 
foZdo, du L. solidus (monnaie 
d'or, dans Ulpien) par la chute 
des deux dernieres voyelies atones 
(voy. p. lxxxi), comme dans net 
ie m'ridus, pale de pallidas, etc.... 

2. Sol, du L. solum (sol, terre). 

solacler, du L. Solatiare* (de- 
rive de solatium consolation). Sur 
ti devenu ci, voy. ageneer. 

golatre, du L. solarius (so- 
laire). 

Bolanee, du L. solanea (qui 
recherche le soleil). 

Solanum, du L. solanum (sola- 
num, plante). 

f Soldat, venu de Titalien sol- 
dato (soldat). 

f Soldateeque. venu de Tita- 
lien soldatesca (solaatesque). 

f Soldo, venu de Titalien soldo 
(solde). 

f Solder, venu de Titalien sol- 
dare (solder). 

1. Sole (agriculture), du L. 
sola* (forme feminine de solum; 
voy. sol). — D. assoler, assole- 
ment. 

2. Sole (poisson), du L. solea 
(sole, dans Pline). 

Soleclsme, du L. soloecismus 
(solecisme) . 

Soleil, du L. soUculus* (de- 
rive de sol soleil. Pour T6tude du 
sens, voy. p. xxxn). Pourle chan- 
gement de iculus en eil, voy. 
abeille. 

solen, du L. solen (solen, co- 
quillage) . 

Solennel, du L. solennalis * 
(deriv6 de solemnis solennel). — 
D. solenniser, solennisation. 

solenuellement, voy. solen- 
nel. 



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SOL 



500 



SOM 



Seleaalte, du L. solennitatem 
(m. s.) . 

f solfege, venu de Titalien sol- 
feggio (m. s.). 

f selfer, derive de Titalien 
*ot/a (gam me) . 

Solldalre, voy. solide. — D. 
solidarity. 

Solidarity, voy. solidaire. 

Bolide, duL. solidus (solide). 
— D. solidaire; solidifor. 

Solldlfier, voy. solide. 

Solldlte, du L. soliditatem 
(m. s.). 

Sollloqne, du L. soliloquium 
(monologue) . 

Sollpede, du L. solum (seul) 
et pedem (pied). 

solitaire, du L. solitaries* 
(derive de solus seul) • 

Solitude, du L. solitudo (so- 
litude). 

Sofire, anciennement solieve, 
substantif verbal de sublevare 
(soutenir, supporter, d'ou le sens 
de solive proprement support, sou- 
tien, etai). Subleva* a donne* so- 
lieve par le changement : 1° de 
bl en I (voy. semondre); 2° de u 
en o (voy. annoneer) ; 3° de e en ie 
(voy. arri&re) puis en t. — D. so- 
tiveau. 

Solicitation, du L. sollicita- 
tionem (m. s.) . 

Solllclter, du L. sollicitare 
(solliciter). — V.solUciteur. 

Solllcltude, du L. sollicitudo 
(m. s.). 

f solo, venu de Titalien solo 
(m. s.). — D. soliste. 

solstice* du L. solstitium (m. 
s.). Sur Hum devenu ce, voy. 
agencer. 

Solottelal, du L. solstitialis 
(m. s.). 

SolublU te, du L. solubilitatem* 
(derive de solubilis soluble) . 

Soluble* du L. solubilis (so- 
luble). 



Solution, du L. solutionem 

(solution) . 

Solvability du L. solvabili- 
tatem (derive de solvabilis; voy. . 
solvable) . 

Solvable, du L. solvabilis* (d6- 
riv6 de solvere payer). Sur abiUs 
devenu able, voy. affable. 

f sombre, venu de Tespagnol 
sombra (qUi signifie proprement 
ombre). — Du primitif sombre est 
derive le verbe assombrir, d'ou 

So mtr e r , proprement faire 
disparaltre, cacher, dissimuler 
dans Tombre, du L. subumbrare * 
(plonger dans Tombre) par lachute 
qu b meclial (voy. taon) , par le 
cbangement de u en o (voy. an- 
noneer), d'ou so-ombrer qui de- 
vient posterieurement sombrer 
(voy. p. xcn). 

Sommalre, du L. summarium 
(sommaire dans Seneque) . 

Sommatlon, voy. au mot xom- 
roer. 

1. Somme (sommeil) du L. 
somnus (sommeil) par le change- 
ment de mn en mm (voy. aUu- 
mer). 

2. Somme (total), du L. 
summa (somme) par le cbange- 
ment de u en o (voyez au mot an- 
noneer). 

3. iSomme (charge, fardeaa), 
en italien salma, du L. salma* 
(charge, corruption de sagma bit, 
et aussi charge que Tanimal ports 
sur son bat : « sagmm, quae cor- 
rupte dicitur salma.... » dit Isi- 
dore de Seville.) Salma changeant 
regulierement al en au (voy. 
agneau) donne sauma que Ton 
trouve dans un teite latin du on- 
zieme siecle. — Sauma donne 
somme par le changement de a* 
en o (voy. alouette). — D. son- 
mier (au sens de cheval de som- 
me, puis de matelas qui supporte) ; 
assommer (proprement ecraser sous 



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som 



501 



SON 



le poids d'une somme, d'un far 
deau). 

Sommeil, du L. somniculus i 
(sommeil; derive de somnus : pour 
Pextension du sens, voy. p.xxxn : 
somniculosus est dans Martial et 
prouve Pexistence de somniculus*, 
comme la forme periculosus prouve 
periculum). Sur le changementde 
iculus eneilj voy. abeilXe; sur mn 
devenu mm, voy. allumer. — D. 
sommeiller. | 

Sommeil let*. Pour l'gtymolo- 
gie, voyez au mot sommeil. 

Sommefief, a Torigine offi- 
cier de bouche , celui qui est 
charge de l'approvisionnement c du 
L. saumalerius * (derive de saw- 
ma* charge fardeau, provision; 
voy. somme 3.). Saumalerius est 
dans un texte de 1285. 

Saumalarius a donne somme- 
lier par le changement: 1° de au 
en o (voy. alouette); 2° de a en e 
(voy. acheter. — D. sommeMme. 

Sommef f et*ie , voy. sotnme- 
Wer. 

Sommet*, propreraent resumer 
ce que Ton vient de dire, du latin 
summare* (derive de summa, som- 
maire, resume, abreg6). Pour le 
changement de w en o , voyez au 
mot annoncer. — D. sommation. 

Sommet, diminutif de l'an- 
cien francais som qui est le L. 
summum (sommet) par le change- 
ment de u en o (voy. annoncer). 

Sommiev, voy. somme 3. 

Somrnlt^, du L. summitatem 
(m. s.). Sur u devenu o, voy. an- 
noncer. 

somnambnle, mot forge a 
I'aide du L. somnus (sommeil) et 
ambukvre (promener) . — D. som- 
nambulisms 

iomnlfere, du L. somnifer 
(m. s.). 

Somnolence, du L. somnolen* 
tia (m. s.) . 



Somnolent, du L. somnolentus 
(m. s.). 

Somptiudre, du L. sumptua- 
rius (somptuaire). 

somntueux, du L. sumptuosus 
(somptueux). 

Somptuotlte, du L. sumptuo- 
sUatem (m. s.). 

1. Son (pronom possessif), du 
L. sum, som (dans Ennius, pour 
suum; pour le rapport de sum a 
suum, voy. p. xc). 

Sum a donn6 son par le chan- 
gement : 1° de u en o (voy. an- 
noncer) ; 2° de m en n (voy. chan- 
ger). 

2. Son (poussiere des cereales), 
en espagnol soma, duL. summum 
(propr. le dessus de la farine, d'ou 
le sens de son, cette poussiere ve- 
nant tou jours a la surface pendant 
l'operation de la mouture). Sur le 
changement de u en o, voy. an- 
noncer; sur celui de m en n voy. 
changer. 

3. son, du L. sonus (son, 
bruit). 

f sonate, venu de l'italien 
sonata (sonate). 

Sondage, voy. sonder. 

Sonde, voy. sonder. 

Sond er, proprement aller sous 
l'eau, du L. subundare (derive de 
unda eau). — Su(b)undare a 
donne sonder par la chute du b 
m6dial (voy. toon) et par le chan- 
gement de u en o (voy. annoncer) 
d'ou sonder par la contraction de 
oo en o (comme dans rond de 
roond, Louis de Loois, etc....). 
— D. sonde (subst. vernal), son- 
dage, sondeur. 

Sotufetfff , voy. sonder. 

Songe, duL. somnium (songe) 
par la consonnification de iu en 
ju (voy. abrtger) d'ou somnjum 
qui a donne songe par la reduction 
de mn a n (voy. colonne et chan- 
ger), et par le changement de j en 



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SOR 



502 



SOU 



g (yoy. ajouter et aUeger). — D. 
ganger , songeur. 

Sonmaitier* voy. tanner. — 
D. jonnatlfe (subst. verbal). 

SmuMi*, du L. sonar e (sonner). 
Sur le changement de n en nn, 
voy. ennemi. — D. sonnant, 
sonnerie, sonnette, sonneur, son- 
nailler (comme criailler de crier). 

t sonnet, de l'italien sonnetto 
(sonnet). 

Soitttette, voy. sonnet. 

senore, du L. fonorus (m. s.). 

senorlte, du L. lonoritotem 
(m. s.). 

senha, voy. sofa. 

senbuune, du L. sophisma 
(m. b.). 

Monhlrte, du L. sophista 
(m. s.). 

Senhlatlqne, du L. sophisti- 
eus (m. s.). — D. sophistiquer. 

Sopbtottquer, voy. sophisti- 
que. — D. *op/tts%uei*r, sophis- 
tication. 

soperlfere, du L. soporifer 
(m. s.). 

Soperlllqne, du L. *oport- 
/ieus*. 

f soprano, de l'italien so- 
prano (haute-contre). 

sorbe, du L. loroitm (sorbe, 
fruit). — D. lorbter. 

f sorbet, venu de l'italien sor- 
oetto (sorbet). — D. sorbe'tiere. 

Soreetterie 9 voy. sorcier. 

Sorcier, du L. sortiarius* 
(diseur de bonne aventure, derive 
de sortiare* dire des sorts; sor- 
Hare* vient de sortem sort, oracle, 
pr6diction). Sortiarius, sortiaria* 
se trouvent au sens de sorcier et 
de sorcidre dans les textes carlo- 
vingiens ; « Et quia audivimus, 
quod malefici homines et sortia- 
riae, per plura loca in nostro 
regno insurgunt....* lit-on dans 
les Capitulaires de Charles le 
Ghauve t. 39, $ 7. Et Hincmar 



De divortio Lotharii: * Alii potu, 
alii autem cibo a sortiariis demen- 
tati, alii vero tantum carrmmbus 
a strygio fascinati... » 

Sortiarius changea H en et 
(voy. agencer),arius en ter (voy. 
inter). — D. ensorceler (venu de 
l'ancien francais ensorcerer, par 
le changement de r en i yoy. 
auteC). Pour le rapport de ensor- 
cerer a sorcier, voy. p. xcv. 

sordlde, du mot L. sordidus 
(m. s.). 

sorlte, du L. sorites (m. s.). 

Soratette, diminutif d'un ra- 
dical sorn qui est d 'origine eel ti que 
(Kymri. swrn bagatelle, sornette). 

Sort, du L. sortem (sort). 

Sortabte, voy. sorte. 

f sorte, venu de l'italien sorta? 
(sorte). — D. assortir, sor table. 

Sortie, voy. sortir. 

Sortilege, du L. sortilegium* 
(deriv6 de sortilegus, devin). 

Sortir, du L. sortiri (propre- 
ment partager, puis sortir ; comme 
partiri qui signifie a la fois partir 
et partager. — D. sortant, sortie 
(subst. participial). 

Sot, origine inconnne. — D. 
sotie, sottise. 

Sottise. voy. sot. 

Sow, adoucissement de Pan- 
cienne forme sol (voy. sol 1) 
comme dans mou de mol y fou de 
fol, coude col, etc.... Pour le chan- 
gement de I en u, voyez agneau. 

f SonbaMement, pour «w#- 
bassement, mot forg6 au seizieme 
siecle a i'aide de sous (voy. ce mot) 
et de bassement qui est Htalien 
bassamento (soubassement). 

f sonbr oa a n t, venu au seizie- 
me siecle de l'espagnol sobresalto 
m. s.). 

soabrette, origine inconnue. 

Sottcfce, origine inconnue. — • 
D. soucneteur,souchetage. 

sonebet, origine inconnue. 



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sou 



503 



SOU 



1. Souci (plante), ancienne- 
meDt solcie, du L. solsequium 
(tournesol, dans Apulee ; souci 
dans les textes carlovingiens). 

Solse{q)uium donne l'ancien 
francais solcie par la chute du q 
(voy! affouage) et par le change- 
ment : 1° de e en t (voy. accom- 
plir) ; 2° de * en c (voy. cercueil). 
Solcie a donne souci par le chan- 
gement de ol en ou (voy. agneau). 

2. Sowteij voy. soucier. — D. 
soucieux. 

Soucier , enprovencal moderne 
soucidd, du L. sollicitare (inquie- 
ter, tourmenter) par la contrac- 
tion (voy. aider) de soll(i)citare 
en soWct(t)are d'ou solder par la 
chute du t (voy. ao&aye) : solder 
devient soucier par le changement 
de ol en (ft* (voy. agneau). — D. 
souci (substantif verbal). 

Sowcietiac, voy. souci. 

SoMcott j>e, p. sous-coupe, pro- 
prement ce qui se met sous la 
cotipe. 

Sotufoftt, en provencal sob- 
tan, du L. subitanus* (autre forme 
de subitaneus soudain, dans Co- 
lumelle). Sub$)tanus reguliere- 
ment contracts (voy. accointer) en 
sub'tanus donne soudain par le 
changement: 1° de bt en d (voyez 
accouder) ; 2° de anus en ain (voyez 
ancien) ; 3° de u en o puis en ou 
(yoy- accowder). — D. soudaine 
merit, aCvAainete". 

^otfflan, ?ncien francais sol- 
dan, du L. sojourns, qui est la 
forme latinisee du mot omental sul- 
tan (voyez ce mot; voye* ^ussi 
page lu). Ce mot date, cheznous, 
de Tepoque des croisades. On lit 
dans une chronique de la premiere 
croisade : « Sicut principes vestri, 
vel imperator&i dicuntur , vel Re- 
ges : sic apud illos qui prceemi- 
nent, Soldani, quasi soli domi- 
nantes vocantur. » Pour le chan- 



gement de soldan en soudan, voy. 
agneau. 

f Soudard, mot venu au sei- 
zieme siecle, de la langue italien- 
ne, — comme beaucoup d'autres 
expressions militaires. Soudard est 
Pitalien soldardo* (derive de sol- 
dare* soudoyer). 

Soude, en italien soda^ du L. 
solida (soude) par la contraction 
rSguliere (voy. p. Lxxxi)de sol{l)da 
en soVda d'ou soude par le chan- 
gement de ol en ou (voy. agneau)* 

Sawder, en italien soldare , du 
L. solidare (propreinent ressouder 
une fracture, dansPline : sur levers 
de Juvenal : « quassatum et rupto 
poscentem sulphur a vitro.... » un 
scoliaste remarque: « Quia hoc 
solent vitrum solidare, id est malr 
thare. » On lit dans Geoffroy de 
Venddme, Opusc. 7 DeArca Foede- 
ris: t jEs etiam in tabernacula 
cum auro et argento solidamus. ...» 

SoJ,{i)dare regulierement con- 
tracts (voy. accointer) en sol'- 
dare, donne souder par le change- 
ment deot en ou (voy. agneau).— 
D. soudure. 

Soudoyer, s'assurer a prix 
d'argent le concours de quelau un, 
duL. soldicare * (deriveae soldum^ 
somme d'argent dans Martial) . 

SoZdicare changeant ....icare en 
....oyer (voy. ployer), donne sol- 
doyer* d'ou soudoyer par le chan- 
gement de ol enow (voy. agneau). 

Soudre (resoudre), du L. sol- 
vere (resoudre). Pour le detail des 
changementsdelettres, voy. absou- 
dre. 

Sou/fter, du L. sufflare (souf- 
fler) par le changement de u en ou 
(voy. accouder). — D. souffle 
(sutst verbal), soufflet, soufflerie, 
souffleur. soufflure. 

Soufflet, voy. souffler. — D. 
souffleter. 

Souflleter, voy. soufflet, 



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sou 



504 



SOU 



SowlTfaMce, voy. souffrir. 

Sowjfvetetiac , anciennement 
souflraiteux (en provencal sofrai- 
tos, sofrachos) derive* de l'ancien 
francais souflraite (denument, 
manque, d'ou le sens de souf- 
france). Souflraite est le L. suf- 
fracta* (deriv6 du participe L.suf- 
fr actus brise, rompu). Suflracta a 
donn6 souflraite par le change- 
ment : 1° de u en ou (voy. accou- 
der) ; 2° de ct en tf (voy. attrait). 
Pour le changement de souffrat- 
teux en souffreteux, voy. accroire. 

Souffrir , du L. sufferrere* 
(souffrir, forme secondaire de suf- 
ferre; pour le detail de cette deri- 
vation, voy. au mot Store) . Suffl&y 
rereregulierement contract6(voyez 
accointer) en suffrere donne souf- 
frir par le changement: t° de u 
en ou (voy. accouder); 2° de e en 
* (voy. accomplir) . — D. souflre- 
douleur, souffrant (d'ou souf- 
f ranee). 

Sottfre, anciennement solfre, 
du L. sulfur (soufre) par la con- 
traction reguliere (voy. p. lxxxi) 
de sulf[u)r ensulfr d'ou solfre par 
le changementde u en o (voy. an- 
noncer); soufre par le changement 
de 61 en ou (voy. agneau). — D. 
soufrer. 

SouhaU, voy. souhaiter. 

SouhaUer, compose du pre- 
fixe sou*) et de l'ancien verbe fran- 
cais batter, prendre a gre, desi- 
rer ; hatter est un mot d'origine 
germanique (derive" du scandinave 
neit, voeu, souhait). — D. souhait 
^substantif verbal); souhaitable. 

Souffle, voy. souiller. 

Sowiffef, au L. suculare* se 
vautrer comme un pore, derive de 
sueulus goret dans le Code Justi- 
nien. De meme en provengal sul- 
har (souiller) derive de sulha 
(pore). Suc(H)lare r6gulierement 
contracte (voy. accointer) en suc'- 



lare donne souiller par le change- 
ment: 1° de cl en il (voy. abeille) ; 
2° de u eu ou [voy. accouder). — 
D. souil, souille (subst. verbaux) ; 
souillon, souillure. 
' Som! , ancien francais saoul, en 

Srovencal sadol, en italien satollo, 
u L. satullus (soul, rassasie, dans 
Varron). Sa(X)ullus perdant son I 
medial (voy. abbaye) change u en 
ou (voy. accouder) d'ou l'ancien 
francais saoul. — D. souler. 

Sotcfaget*, en espagnol *oit- 
t?iar, du L. suolevtare (derive de 
subtevare soulager). 5u6tet?iarea 
donne soulager par le change- 
ment: 1° de u en ou (voy. accou- 
der) ; 2° de bl en J (voy. sujet); 
3° ae e en a (voy. amender); 4 # de 
ttdre en ger (voy. alUger). — D. 
soulagement. 

Sotfla*, en provencal solatt, 
du L. solatium (consolation) par 
le changement: 1° de o en ou 
(voy. affouaae) ; 2° de tt en s 
(voy. ooencerj. 

$ott fevetttetttf, voy. soulever. 

Sowfeve**, du L. suolevare 
(soulever) par le changement: 
1° de u en ou (voy. accouder) ; 
2° de bl en 2 (voy. sujet). — 6. 
sou^vemen*. 

Soutier 9 du L. roZortum* (de- 
rive du L. classique solea, tan- 
dale ; ontrouve dans Plaute soiea- 
rius pour cordonnier, faiseur de 
sandal es) . Solarium a donn£ Sou- 
lier par le changement: l°de oen 
ou (voyez au mot aflouage ; 2° de 
arium enter (voyez au mot dnitr). 

Sowiigne*; voyez aux mots 
sous et ligne. 

Sottfoir, (avoir coutume), du 
L. solere (avoir coutume) par le 
changement: 1° de o en ou (voyez 
aflouage) ; 2° de e en oi (voy. ac- 
croire). 

Sow fte,du L. solutum Tun solde 
dans leDigeste, substantii partici- 



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sou 



505 



SOU 



pial de solvere payer). Sol(u)tus 
contracts (voy. aider) en soVtus 
donne soulte par le changement 
de o en ou (voy. affouage). 

Sa<«mettt*e, du L. submittere 
(soumcttre) par le changement: 
1° de sub en sou (voy. soulever) ; 
2° de mittere en mettre (voy. ad- 
mettre). 

Sowwnis, du L. submissus 
(soumis) par le changement de 
sub en sou (voy. soumetlre) . 

Sottmf««ioM 9 du L. submis- 
stonem (soumission) par le chan- 
gement: 1° de sub en sou (voyez 
soumetlre). — D. soumissionner , 
soumissionnaire. 
Sottpape, origineinconnue. 
Sou jȣom^ ancienr.ement sou- 
vegon, a Tongine souspecon, par 
le changement: 1° de u en ou 
(voy. accouder); 2° de ien e (voyez 
admettre) ; 3° de cio en go (voyez 
agencer). — Souspecon devient 
soupegon par la chute de s (voyez 
aWroe) ; et plus tard soupgon par 
la chute de e (voy. aider)*. — D. 
soupconner. 

Sottppottttef, voy. soupcon. 
— D. soupconneux. 

Soupe, mot d'origine germani- 
que (allemand Suppe soupe). Pour 
le changement de u en o voyez 
annoncer. — D. souper, soupihe . 
Sottpente, substantif partici- 
pial d*un theme verbal soupendre, 
comme pente vient de pcndre, et 
ditente de de'tendre. Pour les de- 
tails, voy. au mot absoute. Le 
theme soupendre* repond au L. 
suspendere (suspend re) par le 
changement: l°de wen ou (voyez 
accouder) ; 2° de pendere en pen- 
dre (voy. pendre) ; 3° par la cnute 
de s (voy. abime). 

Souper, voy. soupe. — D. 
souper (subst), soupe" , s-oupeur. 
Sotcpe«et*, voy. sous et peser. 
Sotcpleve, voy. soupe. 



Soupir, voy. *o«ptrer. 

SoMpir all,anciennement sous- 
pimti, du L. suspiraculum* (de- 
rive de suspirare, comme la forme 
classique spiraculum sou pi rail, 
derive de spirare). Suspiraculum 
a donne soupirait par le change- 
ment : 1° de aculum en ail (voyez 
abeille) ; 2° de u en ou (voy. ac- 
couder) ;3° par la chute de s (voyez 
abime). 

Sotcpifet* , anciennementsous- 
pirer, du L. suspirare (soupirer) 
par le changement de u en ou 
(voy. accouder) et par la chute de 
s (voy. abime). — D. soupir (subst, 
verbal), soupirant. 

Sottpfe, du L. supplex* (qui 
plie) par le changement de u en ou 
(voy. accouder). — D. souplesse, 
assouplir. 

$ottpfe««e, voy. soupfe. 

Soifgttettiffe, origme incon- 
nue. 

Sottfce, voy. sowrdre. — D. 
sourcier. 

Sottfcif, en provencal sobre- 
ctWi, en italien sopracciglio , du L. 
supercilium (sourcil) par la con- 
traction (voy. aider) de sup(e)rct- 
lium en sup'rcilium d'ou sourct'J 
par le changement : 1° deu en ou 
(voy. accouder) ; 2° de pr en r 
(voy. sur). — D. sourciller. 

Sotffciffe**, voy. sourcil. — 
D. sourcilleux. 

Sotfinf, du L. ntrdus (sourd) 
par le changement de u en ou 
(voy. accouder). — D. sourdaud, 
sourdine, assourdir, abasourdir. 

SoM**cfi»te, voy. sourd. 

Sou»Hft«e 9 du L. surgere (sour- 
dre ? jaillif) par la contraction re- 
guhere (voy. p. lxxxi) de surg{S)re 
en surg*re, d'ou sourdre par l'in- 
tercalation d'un d (voy. absoudre) 
et par le changement de u en ou 
(voy. accouder). — D. source, ce 
qui jaillit, substantif participial de 

29 



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sou 



506 



SOU 



sourdre (voy. absoute) ; source, an- 
ciennement sorce, al'origine sorse, 
represente non le L. surrecta, mais 
un type sursa (que Ton trouve au 
sens.de source dans plusieurs tex- 
tes latins du onzieme siecle). Sur 
le cbangement de * en c, voyez 
cercueil; sur celui de u en o puis 
en on,- voy. accoudet. — ■ D. res- 
source. 

Sotonve, jdu L. subridere 
(sourire) par le changement : 1° de 
sub en sow (voy. soulever) ; 2° de 
ridere en rire (voy. rire). — D. 
sourire (subst. verbal), souris du 
L. swbmus; sur le cbangement de 
sub en sou, voy. soulever. 

1 . SoMrif , voy. sourire. 

2. Sourw, en provencal soritz, 
du L. soricem (souris) par le cban- 
gement : 1° de o en ou (voy. af- 
fouage) ; 2° de c en s (voy. ami- 
tie'). Pour le depiacement de Pac- 
cent latin (soricem pour soricem) , 
voy. p. cv) . — D. sourxceau, sou- 
ridere. 

SoMttftofr, ongine inconnue. 
— D. sournoiserie. 

Sous, anciennement sos, en 
provencal sotz, en itahen sotto, en 
valaque* subt, du L. suotus (sous) 
par l'assimilation de bt en t (voyez 
sujetj et par la cbute reguliere du 
dernier u (voy. p. lxxxi), ri'ou 
suVs qui devient sos par la reduc- 
tion de ts a s (voy. p. c) et par le 
cbangement de u en o (voy. an- 
noncer) , Pour le passage de Pan- 
cien francais sos au francais mo- 
derne sous, voy. affouag'e. — D. 
dessous, soupeser, soucoupe, sous- 
pied, soutirer. 

souscrlptlon, voy. au mot 
souscrire . 

Sott*cfife ? du L. suscribere 
(souscrire a, signer) par le cban- 
gement : 1° de sub en sou (voyez 
soulever)^ 2° de ....scribere en 
•„.scrire (voy. ecrire). — D. sous- J 



cripteur (L. subscriptor) ; sous' 
cription (L. subscriptionem). 

So*M-ettteiuff*e 9 voy. sous et 
entendre. —> D. sous-entendu, 
sous-entente. 

Sous-pied, voy. aux mots *ot« 
et pied. 

Soussigtte, voy. sous et st- 
gner. 

Soustraetlon, voy. au mot 
sousfraire. 

Sou*tt*aifte, compose de sous 
(voy. ce mot) et de tr.aire (voyez 
traire). — D. soustraction (mot 
forme du L. subtractionem, action 
de se retirer ; subtractionem chan- 
geant sub en sou , comme on Pa vu 
au mot soulever j aurait du donner 
soufroctton; mais ici la forme du 
mot a ete influenced par le prefixe 
du verbe soustraire. 

f soutane, venu de Pitalien 
sottana (soutane). Sur o detenu 
ou, voy. affouage. — D. souto- 
nelle. 

Softaneiie. Voyez , pour l'e- 
tymologie, au mot soutane. 

Sowte, dans Rabelais soutte, 
venu de Pitalien sotto (dessous, 
magasin a fond de cale). 

Som fettafcfe, voy. aumot sou- 
venir. 

SotctettemetU, voy. soutenir. 

£ott teitit*, anciennement sous- 
tenir, du L. sustinere (soutenir) 
par le cbangement: 1° de u enou 
(voy. accouder); 2° de ...Ainere en 
....tenir (voy. appartenir) ; d ? ou 
Pancien francais soustenir devenu 
soutenir par la cbute de s (voyez 
abime) . — D. sttutien (substantif 
verbal) ; soutenable, sout&nement, 
soutenant (subst. participial) ; sou- 
tenu. 

Sowtewain, du L. subterra- 
neus (souterraiD) par le cbange- 
ment: 1°* de sub.... en sou.... 
(voy. soulever); 2° de aneus en 
ain (voy. ancien). 



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SPA 



507 



SPfi 



SomHeu^voy. soutenir. 
Somtiw er , voy. sous et tirer. 

— D. soutirage. 
Souvettcmce, voyez au mot 

souvenir. 

Souvenir (se), du L. subvenire 
(proprement venir a, se presenter 
a l'esprit) par le changement de 
sub,... en sou.... (voy. soulever). 

— D. souvena/rCty souvenance, 
souvenir (verbe pris substantive- 
ment. 

Sottvett*, en italien sovente, 
du L. subinde (souvent,dansPline, 
X. 34 : « Conjugii fidem non vio- 
lant communemque servant do- 
mum. Nisi cxlebs aut vidua ni- 
dum non relinquit : et imperiosos 
mares, subinde etiam iniquos fe- 
runt. » 

Subinde a donn6 souvent par le 
changement : 1° deu en ou (voy. 
accouder) ; 2° de ben v (voy. avant); 
3° de inde en ent (voy. en) . 

Souveraiu , anciennement 
soverain, en italien sovrano, du 
L. swperanus (le chef, celui qui 
est au-dessus , super). — Supera- 
nus ,didonn& souverain, par le chan- 
gement : 1° de u en ou (voy. accou- 
der) ; 2° de p en v (voy. omrcr) ; 3° 
de anus en atn. (Voy. ancien), — 
D. souverainement , souverainete'. 
Souverainemeui, voy. «>u- 
verain. 

Souverainete^ voyez ci-des- 
sus au mot souverain. 
Soyewac, voy. soie. 
spacleux , du L. spatiosus 
(m. s.). Sur. ti devenu ci, voy. a#m- 
«cr; sur o*tw devenu cure, voy. 
amour eux. 

f spadassln, venu au seizieme 
siecle de Pitalien spadaccino (spa- 
dassin). 

|- Spalme, subst. verbal de 
spalmer (qui vient de 1'italienspaJ- 
mare, goudrpnner un bateau, le 
spalmer), 



t Spalt, de l'allemand *patt 
(spalt). 

sparadrap, origine inconnue. 

spare, du L £parus (spare, 
breme). 

Sparte, du L. spartum (sorte 
de jonc). — D. sparterie. 

Sparterle, voy. sparte. 

Spaime, du L. spasma (spasme). 

Spasmodlque, du grec <nca<r- 
|mo8*k (convulsif). 

t spath, venu de l'allemand 
spath (m. s.) 

spathe, du L. spatha (spathe 
du palmier). 

spatnle, du L. spatula (spa- 
tule dans Celse). 

special, du L. specialis (meme 
sens) 

spedallte, du L. specialita- 
tem (m. s. dans Isidore de Se- 
ville). 

specleux, du L. speciosus (spe- 
cieux). 

specification, voy. specifier. 

Specifier, du L. specificare* 
(dans les textes latins du moyen 
age, compose de species espece et 
du theme ficare). — D. specifique 
(specificus) specification. 

specifique, voy. specifier. 

Specimen, du L. specimen 
(echantillon). 

spectacle, du L. spectaculum 
spectacle (deja spectaclum dans le 
latin classique). 

Spectatenr, du L. specta- 
tor (m. s.). 

spectre, du L. spectrum (vi- 
sion). 

speculalre, du L. specularius 
(celui qui travaille les pierres spe- 
culaires). 

speculateur, duL. speculator 
(observateur). 

Speculatlf, du L. Speculativus 
(m. s.). 

Speculation, du L. specula* 
tionem (contemplation). 



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SPO 



508 



STA 



speeuler, du L. speculari (ob- 
server). 

f spencer, venu recemment 
de Panglais spencer (m. s.) 

sphere, du L. sphxra (mfime 
sens). 

spherlqne, du L. sphaericus 
(circulate). — D. sphertcite'. 

SpheroYde, du L. sphaeroides 
dans Vitruve). 

spherometre, du grec ayoupd 
(sphere) et \Uxpov (me«ure). 

sphinx, du L. sphinx (m. s.)- 

splc, voy. aspic 1 . 

splellege, du L. spicilegium 
(glanage) . 

spinal, du L. spinalis (deV&p'me 
dorsale). 

splrale, voy. spire, 

spire, du L. spira (enroule- 
ment). — D. spiral, spirale. 

SplrltualUer , deriv6 du L. 
spiritualis (spirituel). — D. spi- 
ritualisatwn, spiritualism*, spiri- 
tualist e. 

Splrttnallsme, voy. spiritua- 
lise . 

Splrltnallste, voy. spirituali- 
ser. 

splrltuallte, du L spirituali- 
tatem (m. s.). 

spirituel, du L spiritualis 
(spirituel). 

f splrltueux, a l'origine terme 
commercial venu de l'anglais spi- 
rituous (m. s.) 

Splanchnologies grec crcXa- 
YXva (entrailles) et Xoyo; (traite). 

f spleen, mot venu audix-hui- 
tieme siecle de l'angiais spleen 
(melancolie, humeur noire). 

Splendenr, du L. splendor 
(eclat). 

Splendlde, du L. splendidus 
(brillant). 

spollatenr, du L. spoliator 
(m. s.). 

spoliation, du L. spoliatio- 
nem (m. s.). 



Spoiler, du L. spoliare (de- 
pouiller). 

SpondaYque, du L. spondaicus 
(m. s.). 

Spondee, du L. spondaeus 
(m. s.). 

Spondyle, du L. spondyhu 
(vertebre). 

Spongleax, du L. spongiosus 
(m. s.). 

Sponglte , du L. spongiies 
fspongite, sorte de pierre po- 
reuse). 

spontane, du L. spontaneus 
(m. s.). — D. spontaneiU, spon- 
tane'ment, 

spontanelte, voyez au mot 
spontani, 

Sporadlqne, du grec roopoftt- 
xo; (disperse). 

Sportule,du L. sportula (spor- 
tule, petit pamer). 

Sqnale, du L. squalus (chien 
de mer. 

Sonammeux, du L. squamo- 
sus (couvert d'ecailles). 

Sqnelette, du grec <nteXet6; 
(desseche). 

Sqnlrrhe, du grec oxCpf oc (tu- 
meur dure). — D. squirrheux. 

stablllte, du L. stabilitatem 
(m. s.). 

stable, du L. stabilis (ferme). 
Sur le changemeflt de aoilis en 
able voy. affable, 

stade, du grec <rr<x8iov (stade). 

stare, obligation de residence 
venu du L. stare (resider) par le 
derive staticum* (domicile, resi- 
dence) qui est dans les actes des 
temps merovmgiens, d'ou stage p^r 
lechangement de aticum en age 
(voy. au mot dge). — D. sta- 
giaire, 

stagnant, du L. stagnanten 
(qui sejourne). 

Stagnation, du L. stagnatio- 
nem* derive destagnare (6tre sta- 
gnant). 



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STA 



509 



STI 



Stalactite, du grec oraXaxifc 
/m. s.). 

Stalagmite, du grec cxaXa^- 
(1,6; (filtration). 

stalle, mot venu du latin ec- 
clesiastique stallum (si&ge desmoi- 
nesa 1'eglise): « Solito morevenit 
in chorum et ecce invenit spiritum 
immundum in stallo suo } simitan- 
tern fratri qui juxta se manebat 
in choro.... » dit un document du 
treizieme siecle. Stallum est un 
mot d'origine germanique et re- 
pond a Tancien haut alJemand 
stdl (siege). — De stallum a et6 
forme au moyen age installare 
(proprement mettre dans la stall e , 
installer). Installer un juge c'est 
proprement 1'asseoir dans son siege 
judiciaire . 

f stance, de Pitalien stanza 
(strophe) . 

Staphylln , du grec atayvki- 
vo? (m. s.). 

fstathouder, du hollandais 
slathouder (proprement lieute- 
nant). — D. stathouderat. 

statlce, du L. statice (s tat ice, 
plante). 

station, du L. stationem (sta- 
tion). — D. stationner. 

statlonnalre, du L. stationa- 
rius (m. s.). 

stationner, voy. station. — 
D. stationnement. 

Statlqne, du grec otoitixiq s.- 
ent. iitiavri\Lri (partie de la meca- 
nique qui traite de l'equilibre des 
corps;. 

statlstlque,d'un type grec <rca- 
TtaxixVi forge par les savants a 
Taide du verbe crcattSetv (etablir). 

1 . Statualre, (subst. masc.) du 
L. statuarius (m. s.). 

2. statualre (suds, fern.), du 
U statuaria (m. s.). 

statue, du L. statua (m. s.) . 
statuer, du L. statuere (arrft- 
ter). 



statu quo (in) , locution latine : 
dans l'etat oil sont actuellement 
les choses. 

stature, du L. statura (m. s.). 

statu t, du L. statutum (m. s.). 

Steatite, du L. steatites (stea- 
tite, pierre). 

steganographle, du grec ore- 
Yavoypa9ta(artd'ecrireen chiffres). 
D. sttganographique. 

stellalre, du L. stellaris (d'e- 
toile). 

stelllonat, du L. stellionatus 
(m.s.). 

Steuographe, du grec ypayta 
(j'ecris) et <rrev6; (etroit, d'ou le 
sensd'abregS). — D. stenographic 

Stentor, mot d'origine histo- 
rique, allusion a Stentor f person- 
nagedel'/liaded'Homere, c&ebre 
par la force et l'eclat de sa voix. 

t steppe, du russe steppe, 
(plaine vaste et sterile). 

stere, dugreo axcpeo; (solide). 

Stereometrle , du grec <rce- 
peo; (solide) et ixlxpov (mesure). ^ 

Stereotomle, du grec otepeo; 
(solide) etto(jLia (coupe). 

Stereotype, du grec crtepto; 
(solide) etxuiro; (fype,empreinte). 
— D. st&re'otypiej st&re'otyper 1 sU- 
re'otypage. 

sterile, du L. sterilis (m&me 
sens). 

sterlllte, du L. sterilitatem 
(m. s.). 

Sternum, du L. sternum (m. 
s. grec (ixepvov). 

sternutatolre , derive du L. 
sternutare ( eternuer frequem - 
ment). 

stethoscope , du grec axvj6o; 
(poitrine) et erxowliv (examiner). 

stlble, du L. stibiatus * derive 
de stibium (antimoine). 

stigma te , du L. stigmatis (m. 
s.). — D. stigmatiser. 

stlgmatlncr, voyez au mot 
stigmate. 



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STR 



510 



SU 



on, du L. stillationem 
(action de tomber goutte a gouttej. 

stimulant, du L. stimulantem 
(qui excite). 

stl muler, du L. rttmutore (sti- 
muler, exciter). 

stipe, du L. rttpes (souche, 
arbre). 

stlpendlalre, du L. stipendia- 
rius (qui est a la soide de q. q.). 

stl|i endler , du L. stipendiari 
(servir, etre a lasolde). 

stipulation, du L. stipulatio- 
nem (m. s.). 

stipule, du L. stipula (chaume, 
paille). - 1 D. stipuU (botanique). 

stlpuler , du L. stipulari (me- 
me sens). 

stoVclen, Toy. stoique, 

stoYclsme, voy. stoique. 

stoique, du L. stoicus (m. s.). 
— D. sto'icisme. stoicien. 

stomaeal, derive du L. stoma- 
chus (estomac). 

stomachlque, derive du L. 
stomachus (estomac). 

storax, du L. storax (storax, 
resine odoriferante). 

store , du L. storea (natte de 
joncs) . 

strablsme , du grec <rcpa6i<r- 
(xoc (action de loucher). 

strangulation , du L. stran- 

• gulationem 6tranglement) . 

stras, mot d'origine historique 
(voy. p. lxiv) ; du nom de Strass 
(quiinventa cette composition). 

stratageme, du L. stratagema 
(m. s.). 

strategle, du L. strategia (m. 
s.). — D. straUgiste, stratigique. 

• Stratege, du L. slrategus (ge- 
'neral d'armee, dans PlauteJ. 

, stratlfler, du L. stratifieare *, 
, derive de strata (couche).— D. stra- 
tiftd, stratification. 

strlbord, voyez ci-dessous au 
mot tribord. 
Strict, du L. strictus (serre). 



strle, du L. striates (strie, can- 
nele). Sur atus devenu 6, voyez 
ampouU. 

strle, du L. stria (strie, canne- 
lure). — D. striures. 

strophe, du L. stropha (stro- 
phe). 

structure, du L. struciura 
(structure). 

f stue, venu de l'italien stucco 
(stuc). 

studleux, du L. studiosus (sto- 
dieux). Sur osus devenu eux 9 voy. 
amoureux. 

stupefaction, du L. stupefac- 
tionem *, d6nve de stupefactus 
(voy. stupe'fait). 

stupeialt , da L. stupefactus 
(stupefie), par le changement de 
ct en it j voy. attrait. 

stupeflant, voy. stupe'fier. 

Stupefler , du L. stupefieri 
(etre rempli d'admiration , dans 
Properce). — D. stupeflant. 

stupeur, du L. stupor (stu- 
peur). 

Stuplde , du L. stupidus (stu- 
pid e, sot) 

stupldlte, du L. stupiditatem 
(m. s.). 

Style, du L. stylus (style, poin- 
con pour ecrire, et aussi style, ma- 
niere d'ecrire). — D. styler. 

f stylet , de l'italien stiletto 
(stylet). 

stylobate, du L. stylobates 
(m. s. dans Vitruve). 

Su , substantif participial de sa- 
voir. Le participesu, anciennement 
seu, en provencal sabut, en italien 
saputo, vient du L. saputus (Pour 
les participes en utus, voy. au 
mot boire). 

Saputus devenant sabutus (voy. 
abeille) perd le b medial sa[b)utus 
(voy. aboyer) ; par l'adoucissement 
de a en e (voy. acheter) et par la 
reduction de utus a u (voy. axgu), 
le mot latin donne l'ancien fran- 



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SUB 



511 



SUB 



cais seu posterieurement contracts 
en su (voy. jumeau). 

Suaire, en italien sudario, du 
L. sudarium (suaire) par la chute 
du d medial su(d)arium (voy. ac~ 
cabler). 

Suave , du L. suavis (doux, 
agreable, bon). 

suavlte, du L. suavitatem 
(douceur, cnarme). 

Subalterne, du L. subalier- 
nus * (compose de sub sous , el de 
alternus de>iv6 de alter autre) . 

Subdlvlsei* , du L subdivi- 
sare * (frequentatif de subdividere; 
' voy. diviser). 

Subdivision, du L. subdivi- 
sionem (m. s. dans saint Jerdme). 
Subir, du L. subire (endurer, 
subir) . 

Sublt, duL. subitus (subit). 
sublto, du L. subito (soudaine- 
ment). 

Subjonetlf, du L. subjunctivus 
(not. s.). 

subjuguer, du L. subjugate 
(m. s.). 
sublimation, voy. sublimer. 
Sublime, du l. sublimis (eleve 
sublime) . 

Sublimer , du L. sublimate 
(Clever au plushaut degr6; d'ou le 
sens de sublimer donne a ce mot 
par les alchimjstes) . — D. sublime" 
(substantif participial), sublima- 
tion. 

subllmlte, du L. sublimitatem 
(sublimite). 

Sobmerger, du L. submergere 
(m. s.). 

Submersion, du L. submersio- 
nem (m. s.). 

subordination , du L. subor- 
dinationem (soumission, sujetion 
dans Cassiodore). — D. insubordi- 
nation. 

Subordonuer, compose de sub 
(sous) et de ordonner (voy. ce 
mot). 



Subornation , du L. 'suborna- 
tionem(m. s.). 

suborner, du L. subornare 
(suborner, corrompre). — D. su- 
borneur. 

f Subreeargue, venu de Pes- 
pagnol sobrecarga (subreeargue) , 
termede marine). 

Subreptlce , du L. subrepti- 
cius (clandestin). 

Subreption . du L. subreptio- 
nem (subreption). 

Subrogation , du L. subroga- 
tionem (m. s.). 

Subroger, du L. subrogate 
(m. s.). 

Subsequent, du L. subsequen- 
tern (qui suit immediatement). 

Subside , du L. subsidium (se- 
cours, ressource). 

Subsldlalre, du L.subsidiarius 
(m. s.). 

Subslstanee, du L. subisten- 
tia (existence, vie, dans Cassio- 
diore). 

Subslster, du L. subsistere 
(subsister, etre valable, dans le 
code Theod.). 

Substance, du L. substantia 
(m. s.). Sur Ha devenu ce, voyez 
agencer, 

Substantlel, du L. substantia* 
lis (m. s.). 

Subltantlf, du L substantia 
vus (m. s. dans Priscien) . 

substltuer, du L. substituere 
(substituer dansle Digeste). 

Substltut, du L. substitutus 
(substitut) . 

substitution ? du L. substitu- 
tionem (substitution, dans le Di- 
geste). 

Substruction, du L. substruc- 
tionem (m. s.). 

Subterfuge, du L. subterfu~ 
gium * , derive du verbe subterfu- 
gere (s'esquiver). 

subtil , du L. subtiUs (m. s.). 
— D. subtiliser. 



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sue 



512 



SUI 



Subtlllser , voy. subtil. — D. 
subtilisation. 
Subtlllte, du-L. subtilitatem 

(subtilite). 

subvenlr, du L. sub venire 
(secourir). 

Subvention, duL. subventio- 
nem * (de subvenire secourir). — 
D. subventionner. 

Subvernir, du L. subversivus * 
derive de subversus (renverse, 
abattu). 

Subversion, du L. subversio- 
nem (renversement). 

sne, du L. succus (sue, lait). 

Succeder, du L. succedere 
(succeder). 

Succes, du L. successus (suc- 
ces, reussite). 

Suceesseur, du L. successor 
(successeur\ 

Successlble, du L. successibi- 
lis * derive de successum (de suc- 
cedere succeder. — D. successi- 
biliiL 

Succeasir, du L. successivus 
(m.s.). 

succession, du L. successio- 
nem (m.s.). 

Succln, du L.succinum (ambre 
jaune). 

Succinct, du L. succinctus (suc- 
cint) . 

succlon , du L. suctionem * 
(action de sucer; derive de suctus 
participe de suqere sucer). 

Succomber, du L. succumbere 
(m. s). 

Succulent, du L. succulentus 
(plein de sue). 

Succursale,du L. succursalis* 
(derive de succursus* secours, 
aide). 

Stt cet«, en italien succiare, du 
L. suctiare * (sucer), fr6quentatif 
forme a l'aide de suctus participe 
de sugere (sucer). Sur la formation 
des verbes frequentatifs, voy. p. 
xxxu. Suctiare reduisant ct a t 



(voy. affiter) donne sucer par le 
changement de tiare en cer (voy. 
agencer). — D. sucement, suceur, 
sucoir, sugoter. 

Stceow, du L. suctionem * (ac- 
tion de sucer). Pour le change- 
ment de ciionem en gon, cp. legon 
de lectionem. 

Stt ct*e, du L. saccharum (su- 
cre) par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi) de sacc(£)rum en 
sace'rum devenu sucre par le chan- 
gement tres-rare de a en u (voy. 
chalumeau). — D. sucrer. 

Sttcref , voy. sucre. — D. su» 
crerie f sucrier. sucrin. 

Stttl , mot d'origine germanique 
(anglo-saxon sudh, sud). 

Sttet*, du L. sudare (suer) par 
la chute reguliere du d medial 
su[d)are (voy. accabler) — D. 
suCe (subst. participial), suette. 

Sueur, du L. sudorem (sueurj 
par la chute reguliere du d medial 
*w(d) or em (voy. accabler. 

Sit/Jive, du L. sufficere (suf- 
fire). Pour le changement de ficere 
en /ire, voy. con/ire. — D. sufji- 
sant, suffisance. 

muffisance, voy suf/ire. 

Suffocation, du L. suffocatto- 
nem (m. s.). 

suffoquer, du L. sufjfocare 
(m. s.). — D. suffocant. 

suffragan t, du L suffragan- 
tern (qui vote pour) . 

suffrage, du L. suffragium 
(m. s.). 

Suggerer, du L. suggerere 
(suggerer). 

Suggestion, du L. suggestion 
nem (instigation). 

suicide, mot forge a l'aide du 
pronom latin sui (de soi-meme) 
et de la finale cide (homicide, 
fratricide, parricide) qui corres- 
pond au latin cidivm (ftomtcidium, 
pam'cidium, etc.), et qui derive 
de cadere (perir). — - D. suicider. 



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SUL 



513 



SUP 



Swie, origine inconnue. 
Suif, du L. sevum (suif . dans 
Pline). Sur v devenu f, voy. baii/". 

— E latin est ici devenu ui, com - 
me dans suivre. — D. suiffer, 
suiver. 

Swift*, voy. sutnter. 

Sttintef, verbe qui derive 
d'une forme originaire suiter d'o- 
Tigine germanique (anglais sweat, 
norois sueitan, suer, suinter). 
Pour Intercalation de w, voy. 
concombre. — D. suint (subst. 
verbal], suintement. 

Suite, voy. suivre. 

1. Stttvant, voy. *uiwe — D. 
suivante. 

2. S«tivan# (prepos.), voy. 
suivre. 

Suiver; voy. Sttif. 

Swivre, voy. poursuivre. — D. 
suite (subst. participial fort, voy. 
absoute): suivant (subs.) ; suivant 
(prepos.) 
• Sujet, du L. subjectus (sujet). 

— Sur ct devenu t, voy. affiU. Bj 
a perdu b, comme dans goujon 
(gob/onem*), chancer (camb/are*), 
Dijon (Dib/onem *) , longe (lum- 
b;a*) , ra^e (rabjes*), routje (rub- 
jus *) Gette aisparition du 6 a lou- 

1'ours lieu dans une consonne dou- 
>le, quand cette lettre occupe la 
premiere place : ainsi bm, bt, bl, 
bs, be, bv se reduisent en francais 
a m, I, I, s, c, v : soumis (sub- 
missum), soumettre (submittere) , 
semondre (submonere), — doufe 
(dub'tum) . douter (duo'fare), pr6- 
tre (presb'ter) *, — souJager (sub- 
Zeviare), — otage (obsidaticum; 
anc. ostage),— plonker* (plumb'ca- 
•re), — souvenir (subrenire). — D. 
assujettir. 

sujetlon, du L. subjectionem 
(soumission). Pour le changement 
ae lettres, voy. sujet. 

Sulfate, voy. sulfurique. 

Sulfite, voy. sulfurique. 



Snlfure, du L. sulfureus (de 
sou f re). — D s sulfur 4. 

Sulfureux, du L. sulfurosus 
(m. s. dansVitruve). 

Sulfurique, derive du L. sul- 
fur fsoufre), dont on a egalement 
tire les derives sulfate, sulfite, etc. 

f sultan, mot d'origine orien- 
tate (voy. p. lxi) , du turc sultan 
(empereur). 

super.... prefixe qui est la pre- 
position latine super (au-dessusde, 
sur) et qui martjue exces, accrois- 
sement , ou position supeneure. 

Superbe, du L. superbus (su- 
perbe). 

f Supereherle, venu au sei- 
zieme siecle de 1'italien soperchie- 
ria (tromperie). 

Superfetatlon, du L. super* 
fetationem* (subst. du verbe su- 
per fetare concevoir de nouveau). 

Superflele, du L superficies 
(surface). 

Superflelel, du L. super ficia- 
lis (superficiel dansTertullien). 

Superfln, voy. super.... et fin. 

Superflu, du L. superfluus 
(superflu) . 

Superfluity, du L. superflui- 
tatem (m. s.) . 

Superleur, du L. superior 
(m. s.). 

superiority, du L. superiori- 
tatem* (m. s., derive de superior 
supeneur) . 

Superlatlf, du L. superlativus 
(m. s.). 

Superpower, voy. super.... et 
poser. 

Superposition, du L. super- 
positionem* (m. s.). 

Superstitious,, du L. supers- 
titiosus (m. s.). 

Superstition, du L. supersti- 
tionem (m. s.). 

supln, du L. supinum{m. s.). 

supplanter, du L. supplan- 
tare (m. s.). 



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SUP 



514 



SUR 



Snppleer , du L. suppler e 
(m. s.) . — D. suppliant. 

Supplement, du L. supple- 
mentum (m. s.). — D. supplemen- 
taire. 

Suppletlf, du L. suppletivus 
(m. s.). 

Supplication, du L. supplica- 
tionem (action de supplier). - 

Suppllee, du L. supplicium (m. 
s.). — H- supplicier, suppHcie". 

Supplier, du L. supplicate 
(m. s.). Pour le changement de 
....plicare en ....pUer, voy. pft«r. 
— D. suppliant. 

f Suppllque, venu de l'italien 
supplied (requfite). 

Support, voy. supporter. 

Supporter, au L. supportare 
(m.s.). — D. support (suhst. ver- 
bal), supportable, insupportable. 

Suppooer, du L. suppausare* 
(de sub et de pausare, voy. po- 
ser). — D. suppose" y supposable. 

Supposition, du L. supposi- 
tionem, m. s.). 

Suppot, anciennement sup- 
post j &\xL.suppositus (subordonne, 

2ui obeit a q. q. un), d'oii le sens 
u mot francais. (Un suppdt de 
Satan est proprement celui que 
Satan emploie, auquel Satan con fie 
une mission) . 

Suppostfjtus, perdant reguliere- 
ment 11 (voy. p. lxxxi). donne 
suppostus (forme qui est aeja dans 
Virgile), d'ou Tancien francais 
suppost. Sur la chute posterieure 
de s, voy. abtme. 

Suppression, du L. suppres- 
sionem (m. s.) . 

Supprlmer, du L. supprimere 
(m. s.) 

Suppuratlf, du L. suppurati- 
va* (m. s.) 

Suppuration, du L. suppura- 
tionem (m. s.). 

Supparer, du L. suppurare 
(m. s.). 



Snpputatl o n , da L. supputa- 
tionem (m. s.) . 

Suppnter, du L. supputare 
(m s.). 

SunrenuUle, voy. supreme. 

Supreme, du L. supremus (m. 
s.) . — D. suprematie. 

1. Stir (adj.), mot d'origine ger- 
manique (ancien hautallemandriir 
acide, aigre, sur). — D. suret, su- 
reUe. 

2. Sur (preposition), du L. 
super (sur). Sup(e)r, regulierement 
contracts en sup'r (voy. p. lxxxi), 
donne sur par la reduction de pr 
a r que Ton retrouve dans sourcil 
(supVcilium*) , survenir (supYve- 
nire*) survivre (supYvivere*) etc ... 
— Le latin employait dans la com- 
position, super comme profile 
marquant l'addition, l'elevation : 
supervenire, supervivere, etc..., 
d'ou *t*rvenir, survivre. Le fran- 
cais, a son tour, emploie le pre- 
nxe sur ades formations nouvelles 
(imager, turmonter, *urcrott, 
suranne, etc.).... : 

Sur, anciennement seur y a l'o- 
rigine seur, en provencal segur, 
en espagnol seguro, du L.securus 
(sur) par la chute reguliere du c 
(voy. affbuage), et par la contrac- 
tion posterieure de eu en eu (voy. 
p. xci), puis de eu en u (voy. ju- 
meau. 

Surabonaanee , voy. sur 2 
et abondance. 

Surabonder, voy. sur 2 et 
abonder. — D. surdbondant. 

SuiruigU) voy. sur 2 et aigu. 

Surajoute* , voy. sur 2 et 
ajouter. 

StffcntMef, propr. avoir plus 
d'un an de date* compose de sur 
(voy. sur 2) et du verte anner dep- 
rive de an (voy. ce mot). — D. 
suranni. 

Suvbaiaie 9 voyez sur 2 et 
baisser. — D* surfyuisscment. 



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SUR 



515 



SUR 



Surcharge, voy. sur charger. 

Surcharge* i voy. sur 2 et 
charger. — D. surcharge (subst. 
verbal) . 

Swrerot^ voy. surcroitre. 

S it y croStfe, voyez sur 2 et 
crottre. — D. surcrott (subst. ver- 
bal). 

Surdettt, voy. sur 2 etden*. 

Surdity, du L. surdikUem 
(m. s.). 

Surdorer, voy. sur 2 et do- 
rer. 

Siirco¥ ? anciennement bu- 
reau, a Tongine seurel, seuerel*. 

— Le latin sdbucus (sureau) per- 
dant le b medial (voy. abcyer) 
donna Tespagnol sauco, le proven- 
gal saiic, et aussi fancien francais 
seu (sureau) par le changement 
de ucus en u (voy. ami) et Tadou- 
cissement de a en e (voy. acheter). 

— Vers la fin du mo^en age, on 
remplaca le simple seu par son di- 
minutifseuerer compost du radi- 
cal seu et du suffixe erel qui est le 
latin arellus (sur I'adoucissement 
de a en e voy. acheter). El de^e- 
nant eau (voy. agneau), Tancien 
francais seuere J *,contracte eupho- 
niquement en seurel f puis en seu- 
rel (voy. p. xci), donna la vieille 
forme seureau. 

On voit que seuereau a et6 forme 
de l'ancien francais seu, comme 
po^ereau de poete, comme mdte- 
reau de mat. Mais si le francais n'a 
garde que le derive^ et a perdu le 
primitif seu, nos patois l'ont con- 
serve ; en Picardie et en Bourgo- 
gne on dit encore un seyu pour un 
sureau; en Languedoc, on dit sa- 
huc (qui est exactement sdbucus) . 

Pour le changement de seureau 
en sureau, voy. jumeau. 

Surenchire 9 voy. sur 2 en- 
ehere. 

Surencherir, voy. sur 2 et 
eneMrir. 



Surety voy. sur 1. 

Surete, anciennement surete", 
en provencal segurtat, du L. secu- 
ritatem (surete"). Pour le change- 
ment de secur... en sur... voy. stir. 
Pour «elui de i en e, voy. admet- 
tre; p«ur celui deatem en i, voy. 

Sarexcltatlon, voy. sur 2 et 
excitation. 

Surface, du L. superfacies 
(pour superficies surface). Sur le 
changement de super en sur, 
voy. sur 2. 

Surfairc,voy, sur 2 etfaire. 

Surfaix, voy. sur 2 et faix. 

Surgcon^ce qui pousse,ce qui 
surgit du pied de Farbre. 

sur ^Ir, du L. surgere (surgir) : 
*sur edevenui, voy. accomplir. 

Surhauster^ voy. sur 2 et 
hausser. — D. surhaussemerU. 

fi*urhumAln,voy. sur 2 et Jiu- 
main. 

Surlntendance, voy. sur 2 
et intendance. • 

Snrlntendant, voy. sur 2 et 
intendant. 

Sur jet, voy. surjeter. 

Surgeter 9 voy. sur 2 et /eter. 

— D. surget (subst. verbal). 
Surieudenusin^ voy. sur 2 

et lendemain. 

Surionge, voy. sur 2 et 
lontje. 

Surwnener voy. sur 2 et me- 
ner. 

Suwnonter, voy. sur et tnon- 
Jer. — D. surmontable, insur- 
montable. 

Surmoui, voy. sur 2 et motto. 

Sitfmtfle*, voy. sur 2 et mu- 
let. 

Suruager^ voy. sur 2 et na- 
ger. 

Surnaturel, voy. sur 2 et na- 
turel. 

Surnown, voy. sur 2 et nom. 

— D. surnommer. 



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SUR 



516 



sus 



yoy. surnom. 

Suruumeralre, compose de 
sur (voy. sur 2) et du L. numera- 
rius (comptable). — D. surnume- 
rariat. , 

Surpasser, Yoy. sur 2 et 
passer. 

Swpff*, ancien francais sur- 
pelis, en provenjal sobrepelitz, en 
espagnol sobrepeliz du L. super 
peilicium, surplis. dans les textes 
latins du moyen age : « Archiepi- 
tcopus sacerdotali superpellicio m- 
ductus... » ditun chroniqueur du 
treizieme siecle. Super pellicium 
compose de peUicium fourrure 
(dans le Digeste) et de super (sur, 
par-dessus), signifie proprement 
pelisse , vetement que Ton met^ 

Sar-dessus. SuperpeUicium a 
onn6 l'ancien frangais surpelts 
par le changement : 1° de super.., 
en sur... (voy. sur 2); 2° de ci en 
s (voy. agencer). Pour la contrac- 
tion de l'ancien francais surpelis, 
eu surplis, voy. accointer. 

Surplownber, etre hors de 
J'apJomb, voy. sur 2 et aplomb 

— D. surplomb (subst. verbal). 
SMrpftf*, voy sur 2 et plus. 
Surprendre , voy sur 2 et 

prendre (proprement prendre, au- 
dela de toute expression). — D 
surpris, surprise, surprenant. 

Surprise, voy. surprendre 

Sursaut, voy. sur 2 et sauJ. 

Sur*eoir, du L. supersedere 
(surseoir). Pour le changement de 
lettres, voy. sur 2 et seotr. — D. 
sunis (subst. participial : surseoir 
donne sum's comme asseoir donne 
assts). 

Sttrif*, voy. surseoir. 

Surtaxe, voy. sur 2 et taxe. 

— D. surtaxer. 

1. Suftotft (substantif), en 
espagnol sobrelodo, du L. super- 
totus * surtout (dans les textes du 
moyen age), vetement que Ton 



met par-dessus tous les autres) : 
« Mas quidem vestes, Quae vulgo 
supertoti vocantur... » lit-on dans 
les Statuta Ordinis S. Benedicti, 
ann. 1226, cap. 16. 

Pour le changement de superUh 
tus en surtout, voy. sur 2 et tout. 

2. Surtout (adverbe), voy. 
sur 2 et tout. 

- Surveillance, voy. surveil- 
ler. 

Surveillant, voy. surveiller. 

Surveille , voy. sur 2 et 
veille. 

Surveiller , voy. sur 2 et 
veiller. — D. surt?et7tont, surteif- 
iance. 

SurveNJr, du L. supervenire 
(survenir). Pour le changement de 
super . . en sur voy. sur 2. 

Survie* voy. sur et vie. 

Survivance, voy. surtnvre. 

St«t*t?iraM(, voy. survivre. 

Survlvre, du L. supervivere 
(survivre)' par le changement . 
1° de super... en sur... (voy. 
sur 2); 2* de vivere en tnvre (voy. 
vxvre). — D. surtntxm*, surot- 
vance. 

Su», du L. su^um (en haut, 
dans Tertulhen et saint Augustin. 

— D. dessus, en sus f susdit. 
Su«ceptlble, du L. suscepti- 

bilis* (de susceptus part, de sus- 
cipere eprouver) . — D. susceptibi- 
lity (L. susceptibihtatem *) 

susclter , du L. suscitare 
(m.s.). 

Suecrlptton, du L. subscrtptto- 
nem (inscription) 

Susdit, voy. sus et dit. 

Suspect, du L. suspectus 
(m. s.). 

Suspectcr, du L. suspectare 
(m. s.). 

Suspend re, <*u L suspenders 
(m. s.) . Pour la chute de Vavant- 
dernier e latin, voy. pendre. — D. 
suspens (L. suspensus, suspendu); 



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SYM 



517 



SYZ 



en suspens (in suspenso) ; suspen- 
soir (L. suspensonum*). 

Suspension, du L. suspensw- 
nem(m. s.). 

Suspensolr, \oy. suspens, 

suspicion , du L. suspicwnem 
(soupcon) . 

sustenter, du L. sustentare 
(soutenir) 

Suture, du L sutura (cou- 
ture). 

f svelte, venu au seizieme sie- 
cle de 1'italien svelto (elance, agile, 
svelte). 

Syconiore , du L. sycomorus 
(m. s. dans saint Jerdme). 

Sycophante,du L. sycophant a 
(m. s.).. 

Syllabalre, voy. syllabe. 

Syllabe, du L. syllaba (m. s.). 
— D. syllabaire, syllabique. 

Syllepse, du L. syllepsis (m. 
s. dans Donat). 

sylloglsme, du L. syllogismus 
(m. s.dans Seueque), 

Sylloglstlque, du L. syllogis- 
tic us (m. s. dans Quintilien). 

Symbole, du grec <ri(x6oXov 
(signe, marque distinctive). — D. 
symbolique, symboliser. 

Symetrle, du L. symetria (m. 
s. dans Vitruve). — D. syme'trique, 
syme'triser. 

Sym|tathle, du grec cnju.ua- 
6eta (m. s.). — D. sympathique, 
sympathiseur. 

Sympathiser, voy. sympathie. 

Symphonle, du L. symphonia 
(m. s.). — D. symphoniste. 



Symptdme , d u grec aufiictwiia 
(accident qui accompagne une ma- 
ladie). 

Synagogue , du L. synagoga 
(m. s. dansTertuliien). 

Synallagniatlque,du grec av- 
vaXXayfJiaTixo; (qui concerne les 
contrats) . 

Syncbronlsme , du grec <j\>y- 
ypovifffjio; (coexistence). 
* Syncope, du grec cvyxonr, 
(m. s). 

Syndic , du L. syndicus (de- 
ngue d'une ville). — D. syndical, 
syndicat. 

Synecdoche, du grec cvvex- 
SoyYJ (m. s. proprement compre- 
hension)* 

Synerese, du grec (jvvatpe- 
(Ttc (contraction). 

Synode, du grec auvoSo; (reu- 
nion. — D. synodal. 

Synonyme, du grec <n>vwvu- 
pio<; (m. s. — D. synonymie 3 syno- 
nymique. 

Synopttque, du grec cruvow- 
Ttxo: (in. s.). 

Syntaxe, du grec awrafo (m. 
s. proprement disposition, arran- 
gement) — D. syntaxique. 

Synthese , du grec avvOeai; 
(m. s. propr. composition). 

Synthetlque, du grec avvOe- 
tixo? (m. s.). 

Systeme, du grec cv<rrr,na 
(assemblage, reunion). — D. sys- 
Umatique. 

»y*y*ie, du grec w^ofi* ( con ' 
jonction^ 



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TAG 



518 



TAI 



To, du L. tarn * pour tuam par 
la reduction de ua a a (voy. au 
mot sa et p. xc). Pour la chute 
de m, voy. ja. 

fTabac, de Pespagnol tobaco 
(tabac). — D. tabagie, tabatiire 
(pour tabaquOre ; sur ce mot, 
voy. p. xci, note 1). 

Tabellton, du L. tabellionem 
(notaire dans le Code Theodosien). 
— D. tabellionnage. 

Tabernacle, du L. tabemacu- 
lum (m. s.). Sur la chute de u, 
voy. p. lxxxi. 

Tabla, mot dont Vorigine est 
inconnue. 

Tablature, voy. table. 

Table j du L. tabula (table). 
Pour la chute de I'm, voy. p. lxxxi 
et au mot able. — D. attabler ; 
entailer (entablement) ; tablter 
(v&tement que Ton porta a table] ; 
tablette. 

Tableau, du L. tabuleUum * 
(diminutif de tabula tableau). Par 
la chute reguliere de U (voy. ac- 
cointer) , tab(iX)lellum reduit a 
tab'lellum donne tablet puis ta- 
bleau par le changement de el en 
eau (voy. agneau). 

Tabletier, voy. tablette. 

Tablette. voy. table. — E. 
tabletier, tabletterie. 

Tablter, voy. table. 

Tabouret 7 voy. tambour. 

Tache, ongineainconnue. — 
0. tocher. w 

Tache , anciennement tasche 
(ouvrage impost), en provencal 
tasca. du L. du moyen age tasca 
(impot fonder). 



Tasca est la transposition de 
tacsa (taxa) substantif verbal de 
taxare (taxer, imposer).Pour la 
transposition de taxa (tacsa) en 
tasca, voy. Idche; pour le chan- 
gement 1° de tasca en tasche, voy. 
acharner et acheter; 2°de tasche ea 
tdche, voy. abtme. — D. tdcher 
(prendre a tache). 

Tocher, voy. tache. -D. ta- 
cheter, entacher. 

Tdcher, voy. tdche. 

Tachygraphe, du grec tovu- 
YP«?o; (qui ecrit vite). — D. tacky- 
graphie. 

Taclte, du L. tacitus (m. s.). 

Taclturne, du L. taciturnus 
(m. s.). — D. tacUurniU. 

Tact, du L. tactus (action de 
toucher). 

Tactile, du L. tactiUs (m. s.). 

Tactlque, du grec xaxxtXTJ 
(tcyvyi ; art de ranger des troupes 
en nataille). — D. tacticien. 

-\ Taffeta*, mot d'origine orien- 
tate, comme celui de plusieurs 
autres etoffes (mousseUne, ga- 
ze, etc., voy. p. lxi); taffetas 
vient du persan tafteh (m. s.). 

Taie, anciennement tote, enve- 
loppe d'oreiller, du L. theca (gat- 
ne, enveloppe) par la chute du c 
(voy. amie) et par le changement 
de e en ot puis en ai (voy. ac- 
croire); theca a donne toie puis 
tote, — comme creta a donne croie 
puis crate. 

Du sens d' enveloppe, taie est pas- 
se a celui de pellicule qui recouvre 
en partie Toeil, qui Tenveloppe. 

f Talllade, venu au sememe 



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TA1 



519 



TAM 



siecle de l'italien tagliata (taillade, 
coupure). — D. taillader. 

Tailfatuftof , voy. tailler. — 
D. taillanderie. 

Toillc, voy. tailler. 

Taiflef, en italien tagliare, 
du L. taleare * (couper; le compose 
intertaleare est dans Nonius Mar- 
cellus avec le sens de : couper un 
surgeon). Taleare devient regu- 
lierement (voy. abrtger) taliare 
qui est dans les plus anciens tes- 
tes latins du moyen ajje : « Siquis 
nemus alicujus sine hcentia com- 
burat vel taliet.... » dit une loi 
anglo-saxonne. 

Pour le changement de taliare 
en tailler voy. au mot ail. — D. 
taille isubst. verbal); taiUeur, 
taillis; tailloir; taillant (tran- 
chant d'epee , et aussi instrument 
tranchant, d'ou taiUandier); df- 
taiUer. entailler. 

Taitt 



m voy. tailler. 

Taillis, voy. tailler. 

Toilloif, voy. tailler. 

Tain, (amalgame d'etain et de 
mercure) , corruption du mot Stain 
(voy. cemot). 

Taire, du L. tacere (taire ).Ac 
centue en tdcere par le latin vul- 
gaire (voy. accourir), ce mot se 
contracts regulieremen: (voy. p. 
lxxxi) en tac're d'oii taire par le 
changement de cr en ir (voy. be"- 
nir). Taire vient de tacere, comme 
traire de tracere, comme plaire de 
plaeere. 

Taimson, en italien tasso, en 
provencal tais. Taisson est le de- 
rive de Tancien francais tais* (tais- 
son). Tais represente le L. du 
moyen age taxus (taisson) qui 
vient de l'ancien haut allemand 
thats* (taisson). Pour le change- 
ment de taxus en tais, voy. aux 
mots ajouter et aigle.— D. Le trou 
du taisson s'appekit taissonitre, 
ou par adoucissement taisseniere, 



taiss'ni&re, d'ou la forme taisnitore 
qui du sens special de trou du 
taisson, prit le sens general de 
toute espece de repaire de bfite 
sauvage; cette forme taisnidre est 
devenue tani&re dans le francais 
moderne; sur la chute de #, voy. 
abime; sur l'extension de sens, 
voy. p. xxn. 

f Tale, mot d'origine orientale 
(voy. p. lx) ; du persan taleq 
(m. s.). 

1 . Talent (poids), du L. to- 
lentum (m. s.) . 

2. Tale**, du L. talentum 

Swroprement tresor, richesse, puis, 
on de la nature, genie.) 

Tallon, du L. talionem (m.s.), 

f Talisman, venu de l'italien 
talismano (m. s.). 

Talle, du L. thallus (tiged'une 
plante). — D. taller. 

Talochcj mot dont Torigine 
est inconnue. 

Talott, venu du L. talus (talon 
dans Celse) par un deriv£ talo- 
nem* qui existe au septieme siecle 
dans les Gloses de Cassel : talonem 
a 6te forme de talum, comme men- 
tonem* (yoy. menton) de mentum. 
— D. talonner. 

Tains, proprement le pied du 
rempart, puis pente que Ton donne 
au rempart d'une ville, du L. talus 
(pied). — D. taluter. 

t Tamarln, venu de l'italien 
tamarindo (m. s.) . — D. tamariner. 

Tamarlft, du L. tamarix (ta- 
maris). 

j- Tambanr, mot d'origine 
orientale, introduit vers le douzie- 
me siecle , etqui vient du persan 
tambUr (instrument de musique) . 
L'ancien francais avait une forme 
non nasahsee labour, qui a dis- 
paru, en nous laissant son deriv6 
tabouret (proprement petit siege 
en forme de tambour). — D. torn- 
bourin, tambouriner. 



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TAN 



520 



TAQ 



Tamis, mot d'origine germa- 
nique; d6riv6 du neerlandais terns 
(lamis). — D. tamiser. 

Tampon, voy. taper. — D. 
tamponner. 

Tan, origine inconnue. — D. 
tanner \ tanneur, tannerie, tanin. 

Taneer 9 anciennemeat tencer, 
du L. tentiare w (que Ton retrouve 
dans le latin du moyen Age con 
tentiare disputer, frequentatif de 
contendere disputer). 

Surle changement de tentiare 
en tencer f voy. agencer; sur celui 
de tencer en tancer, voy. diman- 
che. 

Tanehe, ancienriement tenche 9 
du L. tinea (tenche). Sur le chan- 
gement de ca en che, voy. achar- 
ner et acheter; sur celui de Hn 
en ten puis en tan, voy. p. lxxxv. 

Tamffr <§we, compose de 
tondw et de que. Tandis est forme 
de tan (du L. tarn; pour le chan- 
gement de m en n, voy. changer), 
et de dw (voy. ;adw). 

Tangage, voy. tanguer. 

Tangenee, du L. tengentia* 
(denv6 de tangentem : voy. ton- 
gente). 

Tangente, du L. tangentem 
(qui touche). 

Tangible, du L. tangibilis 
(m. s.). . . . 

Tanguer, ongme inconnue. 
— D. tangage. 

Taniere* voy. taisson. 

Tanin, voy. ton. 

Tanner, voy. ton. — D. tan- 
nage, tanneur, tannerie. 

Tant, du L. tantum (m. s.). — 
D. tantet, tantieme, tantdt. 

Tante, anciennement ante, en 
provencal amda, en lombard 
ami da, du L. amita (tante) . .Am $)ta 
perdant regulierement if (voy. p. 
lxxxi) se contracte en am'ta d'oii 
1'ancien francais ante par le chan- 
gement de m en n (voy. changer). 



Ante a le sens de tante dans 
notre ancienne langue et ce n'est 
guere qu'a la fin du treizieme sie- 
cle que le mot tonteapparaltd'une 
maniere, frequente. sans qu'on 
puisse, jusqu'a present, rendre 
compte de cette bizarre formation. 

Tantdt, e'est-a-dire tellement 
tdt, si tot, tant tdt : compose de 
tant et de tdt (voy. ces mots). 

Ioom, du L. tabanus (taon), 
par la chute du & medial ta(b)anus 
(voy. aboyer), et par le change- 
ment de a en o que Ton retrouve 
dans : fantdme (phantasma), hole 
(phiala), noel (natalis), orleil 
(articlus*), poele (patella), fouet 
(/agus). 

Tapage, derive de taper, 
comme assemblage d'assembler.— 
D. tapageur. 

Tape, voy. taper. 

Taper, origine inconnue. — 
D. tape (subst. verbal), tapage. 

Tapinoim {en), voy. tapir. 

f Tapioca, mot d'origine ame- 
ricaine (voy. p. lxii). 

Tapir (se) origine inconnue. 
— D. tapiner, en tapinois. 

Tapis, du L. tapete (tapis). 
Pour le changement de e en t, 
voy. accomplir. — D. tapisser, 
tapissier, tapisser ie. 

Tapon, proprement bouchon, 
puis toute chose bouchon nee et 
mise en tas. Tapon est le diminu- 
tif de 1'ancien francais tape (bou- 
chon) qui est d'origine gertnani- 
que (anglo-saxon tape bouchon). 
Une forme nasalisee de tapon est 
tampon. — Sur l'addition de m, 
voy. au mot lambruche. — D. 
taponner. 

Tapvter, frequentatif de tof>er, 
comme cfo'onoter de cligner, pico- 
ter de piquer, crachoter de cra- 
cker, trembloterde trembler, ete.... 

f Taqnln, mot venu au sei- 
zieme siecle de respagnol tacaiio 



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TAR 



521 



TA'J 



(taquin). — D. taquiner, taqui- 
nerie. 

Tat*a6M#tef 9 origine incon- 
nue. 

Tat*atuf, derive d'un verbe 
hypoth6tique tarer* qui corres- 
pond a un verbe latin tarare * , 
que Ton retrouve dans le derive 
taratrum (voy. taritre). — D. ta- 
rauder. 

Tarrf, du L. tardus (m. s.). — 
D larder [attarder , retarder); 
tardif (tardivement). 

f Tare, venu au seizieme sie- 
cle de l'italien tara (tare, dechet). 
— D. tarer. 

f Taren telle, venu de l'italien 
tarentella (m. s.). 

f Taren tule, anciennement 
tarentole dans Menage, venu de 
ritalien larentola (m. s.). 

Targe (bouclier),motd'origine 
germanique* (ancien scandinave 
targa bouclier). — D. target, tar- 
gette (petite plaque, ayant la forme 
d'une petite targe, d'un petit bou- 
clier) ; se targuer (se couvrir, de 
auelque chose comme d'une targe, 
'un bouclier). 

Tariere, en provencal taraire, 
du L. taratrum (tariere*, dans Isi- 
dore de Seville; un texte du 
moyen age dit : * Terebrum, ins- 
trumentum perforandi quod dici- 

tur aliter taratrum Pour le 

changement : 1° de a en ie, voy. 
dnier; 2° de tr en r , voy. arrtere. 

f Tarlf, venu de l'italien ta- 
riffa (tarif). — D tarifer. 

Tarir, mot d'origine germani- 
que (ancien baut allemand tharr- 
fan mettre a sec). — D. tarissable, 
tarissement, intarissable. 

j- Tarot, venu au seizieme sie- 
cle de Titalien taroccho (tarot). — 
D. tarote. 

Tffroiijte, origine inconnue. 

Tarse, du grec xdpoo; (plan I c 
du pied). 



f Tartan, venu de Pecossais 
tartan (vStement des Ecossais). 

f Tartane, venu de Titalien 
tartana (m. s.). 

Tarte, origine inconnue. — 
D. tartine, tartelette. 

Tartre, derive du latin des al- 
chimistes, tartarum motdontl'ori- 
gine est inconnue. — D. tartrate, 
tartrique. 

Tartufe, mot d'origine histo- 
rique (vcy. p. lxiv) ; allusion au 
principal personnage de la come- 
die de Moliere intitulee Tartu/e. 
— I). tartuferie. 

T«», mot d'origine germanique 
(neerlandais las proprement tasde 
ble, puis tas en general). — D. 
tasser (entasser), tassement. 

f Tasse, venu de l'italien taxxa 
(tasse). 

Tcrsseatf , anciennement tassel. 
du L. taxellus (forme secondaire 
de taxiilus tasseau). 

Pour le changement de x en ss, 
voy. aisselle; pour celui de ellus 
en el puis en eau, voy. agneau. 

Ta»»ewneni 9 voy. tas. 

Tf«*«et* 9 voy. tas. 

Tater, ancien francais taster , 
en itahen tastare, du L. taxitare* 
(frequentatit de laxare toucher a 
plusieurs reprises, tater). 

Tax[l)tare, regulierement con- 
tract6 (voy. accointer) en tatftare, 
donne taster par le changement 
de x ens (voy. ajouter), tdterp&T 
la chute de 4 (voy. dblme). — D. 
tdtonner (a tatons), tatillon (tatil- 
lonner). 

Ta tanner, voy. tater. — D. 
tdtonnement. 

f Tatouer, venu de l'anglais 
tattoo (tatouer). — D. latouage. 

Tnudi*, derive de l'ancien 
verbe francais taudir (couvrir). 
Taudir derive de l'ancien francais 
taude (toile). Taude qui a du Itre 
origmairement tolde est un mot 



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TEI 



522 



TfiM 



d'origine germanique (flamand 
telde tente, pavilion). Pour le 
changement de at en au, voy. 
agneau. 

Taupe, du L. talpa (taupe) 
par le changement de al en an 
(voy. agneau) . — D. taupter, taw- 
ptere, taupin, taupinUre. 

Taupinierc, voy. taupe. 

Taweatt, au L. taureUus* 
diminutif de taunts (taureau). 
Pour le changement de el en eau, 
voy. agneau. 

Tautologle, du grec tomtoXo- 
yCa (repetition d'une mfime idee 
en differents termes). 

Tcrooc, subst. verbal du vieux 
verbe tamer (evaluer dans Pals- 
grave) qui est le L. taxare (m. s.). 

Tavelet*, tacheter, comme les 
couleurs d'un echiquier ; taveler 
derive de l'ancien francais tavelle, 

?ui represente a son tour le L. to- 
ella* (forme secondaire detabula, 
echiquier). Pour le changement de 
b en v, voy. avant, — D. tavelure 
venu au seizieme siecle. 

Tavet*tte, du L. taberna (ca- 
baret) par le changement de b en 
v (voy. avant), — D. tavemier. 

Taxer, du L. taxare (taxerdans 
Suetone). — D. taxe (subst. ver- 
bal), taxateur, taxation: 

Te, du L. te (toi). 

Technique, du grec xexvixo; 
(de t^xvyj art). 

Technologic, du grec XoyCa 
(traite) etrexvYj (art). . 

Te Denm : debut du cantique: 
« Te Deum laudamus » (Seigneur, 
nous te louons....). 

T^gament, du L. tegumentum 
(m. s.). 

Teigne, du L. tinea (teigne) 
par le changement 1° de t en ei 
(voy. ceinture) ; 2° de nea en gne 
(voy. ciaoyne) — D. teigneux, teir 
gnasse. 

Teiffe, autre forme de tttte; 



pour le changement de t enet',voy. 
ceinture. — D. teiller. 

Teitufpe, du L. tingere ftein- 

dre). Pour le changement ae 

ingere en ....eindre, voy. ceindre. 
— D. teint (subst. participial: 
feint represente le L. tinctus; pour 
le changement de ....inct en 
....etnf, voy. ceinture). Le participe 
feminin a aussi donne le substantif 
participial teinte.) 

Teint, voy. teindre. 

Teittte, voy. teindre, — D. 
teinter. 

TeiMtofe, du L. ftncJura 
(temture). Pour le changement de 
....tnciura en ....etnture, voy. 
ceinture. — D. teinlurter, fetntu- 
rerte. 

Tel, du L. toft* (tel).... Pour le 
changement de aZw en ei, voy. 
annuel. — D. tettement. 

Telegraphe, mot. forge" a l'aide 
des deux mots grecs, rpa<poc; (qui 
ecrit) et xrjXe (loin). — D. UUgrar 
phte, ttltgraphique. 

Telescope, du grec xv\\t<n6- 
ico; (qui observe de loin). 

Temeralre, du L. temerarius 
(m. s.). 

Temerlte, du L, temeritatem 
(m. s.). 

Temoifner, voy. teVrtotn. — 
D. temoignage. 

Temoin, du L. testimonium, 
temoignage, dans le latin classi- 
que, temoin dans le latin carlovin- 
gien : « De mancipiis quae ven- 
duntur f ut in praesentia episcopi 
vel comitis sit, aut ante bene nota 
testimonia.... » ditun Capitulaire 
de 779. 

Testimonium , rggulierement 
contracte (voy. accointer) en tes- 
t'monium, puis en tes'montum par 
la reduction de tm a m (voy. plane) 
donne Umoin par la chute de P* 
(voy. aWrra) et par le change- 
l ment de o en ot (voy. chanoine). 



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TEN 



523 



TEN 



.— D . 'temoigner, deme* de Umoin 
comme toigner de soin, comme 
Eloigner de loin, etc.... 

Te#ii]»e, anciennement temple, 
duL. tempora (tempe). Temp(6)ra, 
regulifcrement comrade (voy. p. 
lxxxi) eis temp'ra, donne l'ancien 
francais temple par le change- 
ment de r en i (voy. autel). Tern- 
pie s'est rgduit a tempe dans le 
franc,ais moderne, comme l'ancien 
francais angle de angHus (ange- 
lus) s'est r6duita anoe. 

Temperament, du L. tempe- 
ramentum (m. s.). 

Temperant? voy. tempirer. — 
D. temperance. 

Temperature, duL. tempera- 
tura (m. s. dans Varron). 

Temperer, du L. tempera/re 
(m. s.). — D. temper^. 

Tempdte, du L. tempestatem 
(m. s.). Sur la chute de s, voy. 
abime. — D. tempter, temp&teux. 

Temple, du L. templum (m. 
s.) . — D. templier. 

Temporalre, du L. tempora- 
rius (m. s.). 

Temporal, du L. temporalis 
(m. s.). 

Temporel, du L. temporalis 
(perissable, cfui ne dure qu'un 
temps, puis seculier). 

Pour le changement de alts en 
el, voy. annuel. 

Temporizer, derive de tempusj 
temporis (temps), proprement ga- 
gner du temps. — D. temporisa- 
tion, temporisatewr. 

Temp*, du L. tempi** (temps). 
Sur la chute de u, voy. p. lxxxi. 
Sur la persistence de *, voy. ma 
Grammaire historique de la Ian- 
guefrancaise , p. 162. 

Testable, voy. tenir. 

Tenaee, du L. tenacem (m.s.). 

Tenaclte, du L. tenaeitatem 
(m. s.). 

TeWmtlle, du L. tenaeula (ins- 



trument pour tenir ; la forme 
classique est tenaculum). Pour le 
changement de acuta enaille, voy. 
abeilte. — D. tenailler. 

Tenancies, voy. tenant. 

Tenant, voy. tenir. — D. te- 
nance* d'ou tenancier. 

Tendance , voyez ci-dessous 
au mot tendre. 

f Tender, de l'anglais tender 
(m. s.). 

Tet»a7m,voy. tendre. 

1. Tendre (adjectif), du L. 
tenerum (tendre) par la contrac- 
tion rSguliere (voy. p. lxxxi) de 
ten(V)rum en ten'rum, d'ou tendre 
par le changement de nr en ndr 
(voy. absouare). — D. tendresse, 
tendrete", tendron, attendrir. 

2. Tendre (verbe), duL. ten- 
dere (tendre), par la contraction 
reguliere (voy. p. lxxxi) de ten* 
d(6]re en tendre. — D. tendant 
d'ou tendance; tendon (une meta- 
phore analogue se retrouve dans 
rallemand Tehne tendon, qui de- 
rive du verbe tehnen tendre vers). 

Tenebres, du L. tenebrae 
(m. s.). 

Tenebrenx, du L. tenebrosus 
(m. s.) . Sur osus devenu eux , voy. 
amoureux. 

Tenenr, du L. tenorem (m. s. 
dans le Digeste). Sur o devenu eu, 
voy. accueillir. 

Tenia, du grec xaivt'a (tenia, 
proprement bandelette). 

Tent**, du L. lenere (tenir) qui 
est deja tenire dans un texte du 
quatrieme siecle : sur ce change- 
ment de e en i, voy. accomplir. — 
D. tenable, tenant, tenue (subst. 
participial), tenon. 

t Tenor, venu de Pitalien te~ 
nore (m. s.j. 

Tension, du L. tensionem 
(m.s.). 

Tentaeule, du L. tentacula * 
(derive de tentare toucher). 



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TER 



524 



TES 



Tentatlon, du L. tentationem 
(m.s.). 

TentatWe, du L. terUativa * 
(derive de lentatus, ce que Ton a 



Tettte, du L. du moyen age 
tenta (tentejproprement toile ten- 
due ; c'est un substantif participial 
tir6 de tentus tendu). 

Tenter, du L. tentare (m. s.). 
— D. tentateur (L. tentajor). 

Tettlure, du L. tentura * (de- 
riv6 de fenfus tendu). 

Tenu, du L. (enut'5 (m. s.). 

Tewtte,voy. tmtr. 

Tenulte, du L. tenuitatem 
(m. s.). 

Tercet, du L. tertiare (tercer 
dans Columelle) par le change- 
mentde ...Mare en ....cer (voy. 
oy«nccr. 

Tercet, couplet de trois vers : 
derive du L. tertius (troisieme) avec 
le suffixe diminutife*(voy. ablette). 
Pour le changement de tin en ce, 
voy. agencer. 

Terebenthlne, derive" de tM- 
binthe qui est le L. terebinthus 
(m. s ). 

Terglveraer, du L. tergiver- 
sare(m. s.). — D. tergiversation, 
tergiversateur. 

Terme, du L. terminus (terme, 
fin) par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi) de term(\)nus en 
teririnus, d'ou terme par la reduc- 
tion de mn a m (voy. aWumer. — 
D. atermoyer. 

Termlnalson, du L. termina- 
tionem (m.s.) par le changement 
de ....ationem en ... aison (voy. 
fenaison) . 

Terminer, du L. terminare 
(m. s.). — D- terminable , tn/er- 
minable. 

Ternalre, du L. ternarius 
(m.s.). 

1. Terne, du L. ternus (triple). 

2. Terne (adject.) , mot d*on- 



gine germanique (ancien haut al- 
! em and tarni, voile, puis terne). 
— D. ternir, ternissure. 

Terratii, en italien terreno, 
du L. terrenum (terrain dans Co- 
lumelle). Pour le changement de 
e en ei, puis en ai, voy. frein et 
accrotre. 

Terraque, compose de terra 
(terre) et de aqua (eau) . 

f Terrasge, venu de I'italien 
terracia (terrasse) . — D. terrasse- 
menty terrassier, terrasser. 

Terraaser, voy. terrasse, 

Terre, du L. terra (terre). — 
D. terre-plein; terreau; terrer 
[enterrer , deterrer) ; terrien; ter- 
rine; terrir (atterrir); terrier. 

Terrestre, du L. terrestris 
(m. s.). 

Terreur, du L. terror em (m. s.). 

Terrewx, du L. terrosus (m. 
s.). Sur osus devenu eux, voy. 
amoureux. 

Terrible, du L. terribilis 
(m. s.). 

Terriett, voy. terre. 

Terrier , voy. terre. 

Territte, voy. terre* 

Terrir, voy. terre. 

Terrltolre, du L. terrttortttm 
(m.s.). 

Territorial, du L. terrUondlu 
(m. s.). 

Tet*noif, du L. territorium 
territoire (considere par rapport a 
Tagriculture). 

Terri{i)orium y perdant le t me- 
dial (voy. abbaye), se contracte 
en une forme terreoir* qui n'a 
point persiste, et qui s'est reduite 
a terroir. 

Tertre, origine inconnue. 

Te», du L. tuos (tes) par la re- 
duction de tuos a tos (voy. p. xcet 
au mot ses) et par le changement 
demos en mes (pour o devenu e, 
voy. ;'e) . 

Tcwon, du L. testonem* fdi- 



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TEX 



525 



THU 



minutif de testum argile, puis vase 
d'argile) . Pour le changement de 
«t en $s, voy. angoisse. 
. Test, du L. festu (couvercle). 

— D. testace 1 (L. testaceus). 
Testament, du L. te&fcunentum 

(m. s.). — D. fetfamentatre). 

Testateur, du L. totator 
(m. s.). 

Tester, du L. testare (m. s). 

Testimonial, du L. testimo 
nialis (m. s.) . 

Testott, voy. Ute. 

Tet, anciennement test, du L. 
testum (argile, puis fragment de 
poterie). Sur la chute de s, voy. 
abime. 

Tetanoe, du grec Titeevo; 
(m. s.). 

Tetond, voy. tite. 

Tete, anciennement teste, duL. 
testa (crane, dans ces vers d'Au- 
sone : « Abjecta in triviis inhu- 
man glabra jacebat Testa homi- 
nw, nudum jamcutecalvitium....* 
Voy.aussip. xxiv. 

Pour la chute posterieure de s, 
voy. dbime. L'ancienne formeteste 
a persiste dans le deriv6 teston 
(monnaie qui representait la teste 
du roi). — D. Utu, tttard, entity 
Utifre. 

Teter, voy. tette.. 

Tetftt, voy. tette. 

Tetiate, voy. tette. 

Teton, voy. tette. 

Tetraeorde, du grec xetpa- 
XOp8o; (m. s.). 

Tetraedre du grec ilxtape; 
(quatre) etISpa (base). 

Tetraaane. au grec TeTpaya>- 
vo< (quadrangulaire) . 

Tetrarehle, du grec firpap- 
xCa (m. s.). 

Tette. mot d'origine germani- 
que (anglosaxon tite mammelle) . 

— D. teter, tetin, tetine, teton. 
Texte, du L. textus (m. s.). — 

D. textuel. 



Textile, du L. textilis (m. s.). 

Texture, du L. textura (m. s.) . 

Thaumaturge, du grec 6au- 
HatoupYo^ (qui fait des miracles) . 

f The, mot d'origine chinoise 
(Chinois U the> — D. thetere. 

Theatre, du L. theatrum (m. 
s.). — D. thtdtral. 

Thelsme, denv6 du grec Geoc 
(Dieu). 

Theme, du grec Oe'(ia (sujet, 
matiere, proposition). 

Tbeoeratle, du grec Osoxpot- 
tU (proprement gouvernement de 
Dieu). 

Theodleee , mot forge par 
Leibnitz, a l'aide des deux mots 
grecs : 0e6;(Dieu) et Sixyi (justice). 

Theegonle, du grec Geoyovia 
(generation des Dieux) . 

Theologle, du grec Oeo>oyia 
(science de Dieu). — D. theologi- 
que, theologie, thtologal. 

Theereme, du grec 0eu>py)|ia 
(m. s.). 

Theorle, du grec Ocwpia (spe- 
culation). 

Theorlque, du grec Oewptxo; 
(m. s.). — D. tJdoricien. 

Th^rapeutlaae, du grec Oepa- 
ireuTixo; (qui a rapport a la gueri- 
son des maladies). 

Thertaque, du L. theriaca 
(m. s.). 

Thermei , du L. thermae 
(bain?). — D. thermal, thermidor. 

Thermometre, du grec 6ep- 
[xo; (chaud) et (ifrpov (mesure). 

Thesaurlser, du L. thesauri" 
zare (m. s.). 

These, du L. thesis (these dans 
Ciceron). 

TAott, du L. ihunnus (thon) 
par le changement de u en o(voy. 
annoncer). 

Thorax, du grec Ocopog (m. s.). 
— D. thoracique. 

Thnrlteralre, deriv^ du L. 
thurifer (porteur d'eucens). 



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TIE 



526 



TIN 



Tbya^ mot vena da L. fny- 
mum (thym). 

Tbyrae, du L. thyrsus Cm. s ). 

Tlare, du L. tiara (coiffure des 
Perses) • 

Tibia, du L. tibia (tibia). 

Tie, onomatopee (voy. p. lxv) . 

Tferfe, du L. tepidus (tiede) 
par la contraction rSguIiere (voy. 

S. lxxxi) de tep(l)dux en tep'dus 
'ou tteoe par la reduction de pda 
d(voy. Atdeux) et parle chaage- 
ment de e en ie (voy. amere). — 
D. titdeur, tie'dir, attie'dir. 

Tien, anciennement ten, forme 
adoucie de ton (voy. Ion). Sur Pa- 
doucissement de ton en (en, voy. 
je; sur la diphthongaison de ten 
en lien, voy. arritore. On trouve ie 
ton pour U tien dans plusieurs 
textes du onzieme siecle; ce qui 
confirme Forigine indiquee. Pour 
r&ymologie, voy. ton. 

T*efee,du L. fertta (troisieme). 
Pour le changement ; 1° de e en 
te, voy. arriere; 2° de tia en ce, 
voy. agencer. 

Tieireefe*, diminutif de Pan- 
cien francaisf tercot (autour male). 
Tiercol est le L. terftotos* (au- 
tour) dans les textes latins du 
moyen age : « Tertiolis et minori- 
bus inter falcones dart debet 'pro 
pastu sufficient minor quantttas 
carnium.... » dit VArs venandi de 
Frederic II. (TerttoJu* derive de 
tertius troisieme, l'autour male 
etant d'un tiers plus petit que la 
femelle) 

Tertiolus a donne tiercol par 
le changement : 1° de een te(voy. 
orrtere); 2° de ti en c (voy. ayen- 
*er). 

Ttoreet*, du L. tertiare (tier- 
cer) . Pour le changement : 1° de 
e en te, voy. arri&re; 2° de ttore 
en cer, voy. agencer. — D. tter- 
peroent. 

Tie**) du I^ferttut (troisieme) 



par le changement : 1* de e en tt 
(voy. arriere) ; 2° de ft en * (voy. 
agencer). — D. tiers etat, tiers 
parti, tiers-point. 

Tige, du L. tibia (tuyau, puis 
tige). Tibia a donne tige par le 
changement de oto en bja, puis 
;e, changement etudie au mot 
oor^er. 

TIa;re,duL. tigris (tigre). — 
D. fi^re*. 

**«■•«, voy. ttflrre. 

t Tilbury > mot venu de l'an- 
glais tilbury (m. s.). 

Til foe, mot d'origine germa- 
nique comme la plupart des ter- 
mes de marine (ancien scandinave 
thilia parquet, d'ou le sens poste- 
rieur de pont d'un navire). 

Villa, du L. tilia (tilleol, et 
ecorce de tilleul). Pour le change- 
ment de tt en tit, voy. at I. 

Tilfewl, du L. ftttotu** (de- 
rive de tttia tilleul) pax le change- 
ment : 1° de li en U (voy. aU) ; 
2° de olus en eul (voy. aieuJ). 

f Tlmbale, venu au seizieme 
siecle de l'italien timballo (tim- 
bale). — D. timbalier. 

Timfrne (cloche), du L. tym- 
panum (tambour) par la contrac- 
tion reguliere (voy. p. lxxxi) de 
tympanum en tymp'num, d'ou 
timbre par le changement : 1° de 
n en r (voy. diacre) ; 2° de p en 6 
(voy. abeiUe). — D. ttmorer. 

Tlmlae, du L. timiaus (m. 8.). 
— P. intimider. 

Tlmlaite, du L. ftmtdttofem 
(m. s.). 

Timott, du L. temonem (ti- 
mon) par le changement de e en t 
(voy. accompUr. — D. ftmonter. 

f imotUer, voy. ftmon. 

Tlmore, du L. timoratus (ti- 
more, dans la Vulgate). Sur atus 
devenu e*, voy. ampouU. 

Tinctorial, derive du L. fmc- 
tortus (tinctorial) . 



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TIS 



5<27 



TOI 



Titte, du L. Una (vase). — D. 
tinette 

Tintamavwe, origine incon- 
nue. 

Tittfef, du L. ttmittare (fr6- 
quentatif de tinnire tinter). Pour 
la contraction reguliere de tinn(t) 
tare en tin'tare, voy. accointer.— 
D. tintement, tintouin. 

Tiqttc, mot d'origine germa- 
nique (anglais tike, insects). 
T*t», voy. titer. 
VivaiII«f 9 voy. titer. — D. 
tirailleur .- 

T<t»ef . mot d'origine germani- 
que (neerlandais tfren, tirailler). 
— D. tir (subst. verbal masc.); 
tire (subst. verbal feminin : a tire 
d'aile, a tire larigot), tire"; tirade; 
tireur; tirage; tiret; tiroir; — at- 
tirer, ditirer, e'tirer, retirer, sou- 
titer, — tirailler. 

Tisane, du L. ptisana (tisane 
d'orge). Pour la reduction de pt a 
t, vov. p. cm. 

TfeoM, du L. titionem (tison) 
par le changement de ti en * (voy. 
agencer. — D. tisonner. 

Tisser, du L. texere (tisser). 
Pour le changement : 1° de e en i; 
voy. accompUt; 2° de s en ss, 
voy. aisselle. — D. tissage. 

Tis&emnd) anciennement tis- 
setanc, a l'origine tisserenc. Cette 
forme tisserenc est composee de 
Tancien francais tissier (tisserand) 
et du suffixe enc qui est d'origine 
germanique (inc). De meme que 
tisserand est pour tisserenc, Fla- 
mand est pour FlamenCj et c?iam- 
fceMan eteit a Torigine, chamber- 
len, chamberlenc. 

Tistievy represente en L. texa- 
rius* (d6riv6 de texere, tisser. 

Tisstf, voy. tttfre. — D. tis- 
*ure. 

Timtre, du L. teaere (tisser) 
par la contraction reguliere (voy. 
p. lxxxi) de tex($)re en texVe. 



Tex're changeant x en * (voy. 
ajoutet) donne te*Yed'ou tistre par 
le changement de e en t (voy. ac- 
complir) et par celui de sr en rtr 
(voy. ancitte). — D. tisiu' (subst. 
verbal) . 
TitUlaOon, voy. titillet. 
Tltlller, du L. titillare (cha- 
touiller). — D. titillation. 

TUre, du L. titulus (titre) par 
la contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de tit(U)lus en tit'lus : d'ou 
titre par le changement de I en r 
(voy. apdlre). — D. tt^rcr; atti- 
trer. 

Titre, voy. titre. 
TUt»ef, voy. titre. 
Tituber, du L. titubate (meme 
sens). 

Tltulalre, du L. titularU 
(m. s.). 

f Toast, mot venu de Panglais 
toast (toast). — D. tostet. 

Tocsin (son d'une cloche d'a- 
larme), au dix-septieme siecle to- 
quesin (dans Menage) compose des 
deux mots toque (action de f rap- 
per; voy. toquer), et sin (cloche) . 
Sin estle L. signum (proprement 
signal) qui a le sens de cloche 
dans les textes merovingiens : 
« Qui dum per plateam prseteri- 
ret y signum ad matutinas motum 
est : erat enim dies dominica.... » 
dit .Gregoire de Tours (3,16) . 

Signum a donne sin par la re- 
duction de gnhm (voy. a&cointer). 
On appelait saintiers les^fondeurs 
de cloches; et ce mfime mot se re- 
trouve dans un proverbe qui avait 
cours encore au dix-septieme sie- 
cle : * Le bruit est si grand qu'on 
n*oirait pas les sins sonner. » Ce 
qui connrme cette etymologie, 
c'est que le provencal dit toca-senh 
pour tocsin, et qaesenh represente 
le L. signum. 
Tope, du L. toga (m. s.) . 
Toi, du L. tibt. Pour cette for- 



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TOL 



528 



TON 



matiOD, voy. ma Grammaire his- 
tortque de la langue francaise, 
p. 173. Sur le changement de t en 
ot, voy. boire. — D.iutoyer. 

Toile, du L. tela (toile). 6ur e 
devenu ot, voy. accroire. — D. toi- 
lier; loilerie ; entailer {rentoiler); 
toilette (proprement petite ser- 
viette de toile). 

Toitette, voy. toile. 

Toise, proprement mesure ob- 
tenue eo 6 tend ant les bras. En 
italien tesa. du L. tenia, toise dans 
les textes du moyen age : • Habet 
namqueipsa domusin longitudine 
tensas XL.... > dit un document du 
onzieme siecle. {Tenia est un subst. 
participial de tensus etendu). 

Reduisant regulierement ns a 
(voy. ainfi, tensa devient tesa qui 
donne toise par le changement de 
e en ot (voy. accroire). — D. 
toiser. 

ToUer, voy, toise. 

Tofeott, du L. tonsionem (ac- 
tion de tondre, puis ce qui est 
I'objet de la tonte). Tonsionem se 
reduisant regulierement a tosionem 
(voy. atnf), donne toison par la 
transposition de % (voy. chanoine). 

Tot*, du L. tectum (toit) par le 
changement de ect en oit (voy. 
attrait et accroire). — D. toiture. 

Toiture, voy. foit. 

Tole,anciennement taule (pla- 
que de fer battu) . Taule vient du L. 
tabula (plaque, lame dans certains 
textes de la latinitede la decadence) . 
Tab[vL)la regulierement contracte 
(voy. p. lxxxj) en taVla donne 
taule par le changement (etudte au 
mot aurone) de bl en vl, puis en 
ul. Quant au changement de Tan- 
cien francais taule en tdle, voy. 
aurone et* alouette. 

Tolerance, voy. toUrer. 

Tolerer, du L. tolerare (m. s.). 
— D. tolerant {tolerance), tolerable 
(intolerable). 



t Toaurte, mot venu de l'espa- 
gnol tomate (tomate). 
Tomfee, du L. fumoa (m« s.). 

— D. Jombal. 

T«mb«aa, du L. tumbeUus* 
d iminutif de tumba tombe). Sur 
ellus, devenu el puis eau , voy. 
agneau. 

ToMtoet*. anciennement Jum- 
per, mot aborigine germanique 
(ancien scandinave tumba, tomber, 
choir). Sur le changement de u en 
o, voy. annoncer. — D. tombee 
( subst. participial ) ; tomoereau 
(charrette que Ton fait tomber pour 
decharger les materiaux). 

Tom6e*»eaM, voy. tomber. 

Tome, du L. fomus (m. s.). — 
D. tomer, tomaison. 

1. Ton, (subst.) du L. tonus 
(ton, accent). — D. tont^rue, tona- 
lity. 

2. Tom, du L. fuum (ton) par 
la contraction reguliere (voy. p. xc) 
de tuum en turn. 

Turn devient ton par le change- 
ment : 1* de u en o (voy. annon- 
cer) ; 2° de m en n (voy. changer). 

TottoVe,du L. tonaere (tondre) 
qui 6tait deja devenu tondere dans 
le latin vulgaire, puisqu'on trouve 
(au sixieme siecle) tondent pour 
tondebunt dans un fragment de 
Yltala. 

Pour la contraction reguliere de 
fond(e)reen toncTre, voy. p. lxxxi. 

— D. tonte (subst. participial fort, 
voy. absoute); tondeur; tondai- 
son. 

Tonlquc, voy. ton. 

Tonne, origine inconnue. — 
D. de ce mot sont venus les deux 
derives tonnel* et tonnelle ; ce der- 
nier apersisteen francais moderne ; 
le premier est devenu tonneau 
(Sur el devenu eau, \oy. agneau). 

TotMteliof, tonneler; ton- 
nage. 

Tonn«au, voy. tonne. 



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TOR 



529 



TOR 



ToMNeler, voy. tonne. 

TottMef iet«, voy. lonne. — D. 
tonnellerie. 

ToMtteffe, voy. tonne. 

Tonne**, du L. tonare (tanner) . 
Sur le changement de n en nn voy. 
ennemt. 

Tottttet*t*e> en provencal to- 
nedre , du L. fcmtfru (tonnerre) par 
le changement : 1° de n en nn 
(voy. ennemi) : 2° de t en e (voy. 
admettre) : 3 a de tr en rr (voy. ar- 
riere). 

Tonsure, du L. tonsura (ac- 
tion de tondre). 

Tom to, voy. tondre. 

f Tontine, venu en 1653 de 
l'italien tontina (tontine). 

Topase, du L. topazus (m. s.). 

f fojiet*, venu de l'italien top- 
pare (toper). 

Toplque, du grec toicixd; (lo- 
cal). 

Toplques, du grec towixti (tex- 
vm) trait! sur les fieux communs. 

Topographle, du grec totto- 
YpaqpCa (description d'un lieu). 

f Toque, venu de l'italien tocca 
(toque). — D. toquet. 

Toque*, Mot dorigine germa- 
nique d'une forme originaire toe- 
care* , qui correspond a i'ancien 
haut allemand zuchdn, arracher, 
f rapper). — D. toe (subst. verbal); 
tocsin (voy, ce mot). • 

Torche, voy. torcher. 

Torcher, nettoyer a l'aide 
d'un bouchon de paille, ou d'un 
faisceau de cboses lordues en- 
semble, — du L. tortiare* (deriv6 
de tortus tordu, tortille, enlace). 
Pour le changement de tia en 
cer, voy. aaencer. — D. torche 
(subst. verbal : propr. bouchon de 
paille ; dans ce sens, torche a donne 
le derive torchon t ce qui sert a 
nettoyer, a torcher) ; torchis. 

Torchis, voy. torcher. 

Torchon, voy. torcher. 



Tordre 9 d\x L. torquere (tordre) 
par la contraction reguliere (voy. 
p. lxxxi) de toro;(ue)re en torq f re, 
qui se reduit a torWe par le chan- 
gement de qr enr (voy. oenir); 
pour le changement de tofre en 
(or(d)ff par intercalation d'un d 
euphonique, voy. p. xcvn. — IX 
tordage, tordeur. 

Tore, du L. torus (tore dans 
Vitruve). 

f Toreador, de l'espagnol to- 
reador (m. s.). 

Torpeur, du L. torporem (m. s). 

Torpllle, derive du L. iorpere 
(engourdir). 

Torrefaetlon , du L. torref ac- 
tionem * (m. s.). 

Torrefler, du L. torreficare ' 
(griller). 

Torrent, du L. torrentem (tor- 
rent). — D. torrentuew , } torren- 
tiel. 

TorrMe, du L. torridus (m. s.) 

Tot**, du L. tortus (tordu). 
Pour la chute de u, voy. p. lxxxi. 
Pour la persistance de s, voy. 
Grammaire historique de lalangue 
francaise y p. 163. — D. torsade. 

Torsade, voy. tors. 

f Torse, venu au seizieme 
siecle, de l'italien torso (torse). 

Torsion, du L. torsionem (m. 
s.). 

Tort, du L. tortus tort, dom- 
mage, dans les teites carl ovingiens. 
(C'est le L. tortus, tordu, d'ou le sens 
de torsion, de lesion, de dom- 
mage, enfin d'in jus lice)- On lit 
dans les Capitulaires de Charles 
le Chauve : ■ Sicinjustitiamtstam 
exsolvant, sicut illi, qui in suo mt- 
nisterio tortum faciunt.... » 

Tortleolls, compose des deux 
mots latins tortum eollum (cou 
tordu). 

Toftfffet*, du L. torticulare* 
(derive de tortus tordu, torn 116). 
Pour le changemepf dc.icula en 
30 



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TOU 



530 



TOU 



....ttte..., voy. abeille. — D. tor- 
HUe, tortiUement, entortiUer. 

IWte, du L. tortucus* (deriv6 
de tortus tordu) par le change- 
ment de ucus en u (voy. ami). La 
forme tortue des pied de la testudo 
avait fait noramer celle-ci dans le 
latin rustique torfuca (l'animal au 
pieds tortus). 

Ce latin tortuea a donn6 en es- 
pagnol tortuga (tortue), en fran- 
$ais tortue par le changement de 
uca en ue (voy. ami). 

Tortueux, du L. tortuosus (m. 
s.). Sur osus deyenu eu%, voy. 
amoureux. 

Torture, du L. tortuta (m. s.) 
— D. torturer. 

Tooter, voy. toast. 

T©<, anciennement tost, du L. 
tof-ct'to (composition de cito, vite, 
tdt). Totctyto se contractant regu- 
lierement (voy. p. lxxxi) en totc'to 
se r&Iuit a toc'to par le change- 
ment de tc en c (voy. adjuger). 
TocHo a donne tost par le change- 
ment de e en « que Ton retrouve 
dans amistti (amitid) de amic'ta- 
tem (voy. pour les details au mot 
amitid). Pour le changement de 
tost en tdt, voy. abtroe. — D. 
plutdt (voy. pZus). 

Total, du L. totalis * (derive de 
totus tout) . — D. totalite. 

Tow oil f e, anciennement toail- 
le, en italien tovaglia, du L. du 
moyen age toacula (touaille) :* Ad 
saccos autem faciendos drappos 
albos 2. de quibus fieri possunt 
staminea 10. toaculae 2.... » lit-on 
dans la Chronicon Fontanellense. 

(Toacula est un mot d'origine 
germanique, et correspond au 
moyen haut allemand twehele, 
touaille). 

Toacula a donn£ touaille par le 
changement : 1° de acuta en aille 
(voy. abeille); 2° de o en ou (voy. 
affouage). 



Towe&e**, origine inconnue. 

— D. touche (subst. verbal) ; tou- 
cher (infinitif pris substantiv.) ; at- 
toucher , retoucher. 

Tomct, mot d'origine germa- 
nique comme la plupart des termes 
de marine (anglais tow. touer). — 
D. toue (subst. verbal); touage; 
toue'e (subst. participial). 

Touffe ? ancien francais to/fe, 
mot d'origine germanique (bas 
allemand topp touffe). Pour le 
changement de p en f. voy, chef. 
Pour le changement de o en ou, 
voy. affouage. — D. tow/ft*. 

TWjotct**, propr. toi« les 
/ours : voy. tout et ;oMr. 

TWpet, diminutif de l'ancien 
frangais toups (touffe de cheveox, 
toupet). Toupe est un mot d'ori- 
gine germanique (bas allemand 
topp, touffe de cheveux). Pour le 
changement de o en ou, voy. af- 
fouage. 

Toupie, anciennement fopte, 
mot d'origine germanique (anglais 
top toupie). Pour le changement 
de o en ou, voy. affouage, 

1. Tout* (subst. masculin), 
voy. tourner. — D. touret, tou- 
riere. 

2. Tout* (subst. feminin), da 
L. turrim (tour) par le ohange- 
ment de u en ou (voy. accouder) 

— D. tourelte. 

1. Tourfcc (mineralogie), mot 
d'origine germanique (allemand 
tor/" tourbe). Pour le changement 
de o en ou, voy. affouage, — D. 
tourbeux, tourbtere, 

2. Tourbe, du L. turba (co- 
hue, foule, tourbe) par le change- 
ment regulier de o en ou (voy. at* 
couder). 

fW**6iIIott, diminutif d*un 
primitif towrbt'Me " qui correspond 
a un L. turbicula derive da latin 
classique turbo (tourbillon). Quant 
au changement de turbicula en 



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TOU 



531 



TRA 



tourbille, voy. abeille pour celui 
de ...icula en ....ille, — et voy. 
accorder pour celui de u en ou. 
— D. -tourbillonner. . 

Tottftf, du L. turdus (m6me 
sens). Pour le changemeni de,u en 
ou, voy. accouder. — D. tourdelle. 

Tom felle, voy. tour 2. — D. 
tourillon. 

Tottfetf, voy. tour 1. 

Totffie»*e, voy. tour 1. 

Tour illott, voy. tourelle. 

Tott tttaett*. du L. tormenfnm 
(tourment) par le changement de 
o en ou (voy. affouage). — D. tour- 
mentor (dont le sunst. verbal est 
tourmente). 

Tourniente, voy. tourment. 

Towtttet% en italien tornare, 
du L. tornare (tourner) par le 
changement de o en ou (voy. ef- 
fouage). — D. four substantif ver- 
bal masculin dont les composes 
sont entour (entourer, & Ventour, 
alentours), autour; lourne (subst. 
verbal feminin); tourne'e (subst. 
participial) ; tournant; tournure; 
tourneur ; contourner ; detourner; 
retoumer; pourtourner* ; atour- 
ner* (qui ne subsistent que dans 
les substantifs verbaux pourtour, 
atour). 

Tottf tte#oI, compose" de tour- 
ner(voy. ce mot) et de sol qui est 
le L. sol (soleil). 

Tourniquet, voy. tournoyer. 

Totftttol, voy. tournoyer. 

Touwnoiementj voy. tour- 
noyer. 

Tou»*ito{#, monnaie frappee a 
Tours, du L. Turonensis (de Tours) 
par la contraction rSguhere (voy. 
accointer) de tur{6)nensis en tur'- 
nensis, d'ou turnesis par la reduc- 
tion de ns k s (voy. afn^) ; Jurn^~- 
sis donne tournois par le change- 
ment : 1° de u en ou (voy. accou- 
der; 2° de e en oi (voy. accrotre). 

Tote i*ttoyei* 9 du L. torntcare* 



(derive" de tornare tourner). Tour* 
noyer vient de torntcare comme 
ployer vient de plicare. Pour le 
detail du changement de ....icare 
en ....oyer } voy. ployer. Pour celui 
de o en ou, voy. affouage. — D. 
towrwot (subst. verbal; tournoi 
vient de tournoyer, comme emploi 
de employer) ; fcwrnotemen*. De 
torntcare est aussi venu le derive 
fourraguef. 

Tottffe, patisserie, du L. du 
moyenage torta (gateau, deriv6 
du L. torta, roulee, frisee): 
« Torta unde tortula diminuti- 
vum, genus cibi est vet pants, 
quod vulgo dicitur ita.... » dit un 
texte du onzieme siecle. 

Pour le changement de torta en 
tourte, voy. affouage. — D. tour- 
tiere; tourteau. 

Tour^eau, voy. tourte. 

Tourte reau , anciennement 
tourterel, du L. turterellus* dimi- 
nutif de furJur (tourterelle) par le 
changement : 1° de u en ou (voy. 
accouder) : 2° de u en e (voy. cha- 
peler). — D. tourterelle. 

Toussaint, voy. tows et saint, 

Toussev, voy. tows. 

Tout, du L. totus (tout par le 
changement de o en ou (voy. af- 
fouage). — D. tout d coup f tout d 
fait, toutefois. 

Toutefois, voy. tout et fois. 

Tottac, du L. tussis (toux) par 
le changement 1° de u en ou (voy. 
accouder); 2° de ss en » (voy. 
dcurr). — D. tousser. 

Toxlque, du grec to&xoc (poi- 
son ; proprement poison qui sert a 
empoisonner les fleches). — D. toxi- 
cologie (compose de toxique et de 
Xoyo? trait6). 

TraC) voy. traquer 

Tracauttcr^ voy. traquer. — ■ 
D. fracas (subst, verbal); tracas- 
sier; tracasserie.' 

Trace, voy. tracer 



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TRA 



532 



TRA 



i* 9 en italien tracciare, 
du L. tractiare* (tracer, derive de 
tr actus, participe de trahere, tirer 
des iignes, d'ou le sens de tracer). 
Pour le changement de ct en t, 
voy. affeU; pour celui de ....tiare 
en ....cer, voy. agencer. — D. 
trace (subst. verbal) ; tract (subst 
participial); tracement. 

Traehee, du L. trachia (tra- 
ch6e-artere dans Macrobe) . 

Traction, du L. tr actionem 
(m.s.). 

Tradition, du L. traditionem 
(m. s.).. 

Tradueteur, du L. traducto- 
rem (m. s.). 

Traduction, du L. traductio- 
ns (m. s.). 

Tratftcire, du L. traducere 
(trad u ire). Pour le changement de 
....ducere en ....duire, voy. con- 
duire. — D. traduisible. 

f Traflc* venu de l'italien traf- 
fico (m. s.). 

f Trafiquer, venu de l'italien 
trafficare (m. s.). 

Tragedle, du L. tragoedia (m. 
8.). — D. tragidien. 

Traglque, du L. tragicus (m. 
s.). 

Ti*aMf, a l'origine tratr, en ita- 
lien tradtre; du L. tradere (trahir) 
par le changement de ...adere en 
....ahir qui a deja ete etudie ci- 
dessus, au mot envahir. — D. tra- 
hison (du L. traditionem trahison; 
pour le changement de ti en s, 
voy. agencer). 

Train, voy. fratre. 

Tratftet*, voy. train. — D. 
tratne (subst. verbal), trains 
(subst. participial) ; traineau ; trai- 
nage; tratnard; traineur; en- 
tratner. 

Tra!fe ? proprement tirer; telle 
est la signification originaire du 
mot traire, qui , du sens general 
de tirer qu'il possedait dans l'an- 



cien francais, s'est restreint tar- 
divement au sens special de tirer 
Le lait,de mgme que muer est venu 
du sens general de changer, au 
sens special de changer deplumes. 
Pour ces* restrictions du sens, voy. 
p. xxm Trahere a donne" traire 
comme du'trahere a donne dw- 
traire, comme eztrahere a donne 
estraire. 

Trahere s'est change de bonne 
heure en tragtre (on trouve sub- 
tragendo pour subtrahendo dans 
destextes mgrovingiens). 

Trag{&)re regulierement con- 
tracte (voy. p. lxxxi) en trag're 
donne traire parle changement de 
gr en r (voy. accuetllir) et par 
celui de a en ai (voy. aigle). — 
— D. trait (subst. participial mas- 
culin); traite (subst. participial 
feminin; traite signifie propre- 
ment tir6e et conserve ici son sens 
originaire ; une traite est propre- 
ment une lettre de change tirie 
sur quelqu'un). Du verbe tragere 
(tirer) est venu le deriv6 .tragi" 
men * (action de tirer, de marcher, 
marche, d'ou le sens de train). 
Tragimen a donne" train, comme 
sagimen a donne sain : pour le 
detail du changement de ....agi- 
men en ....ain, voy. sain. Ce qui 
confirme cette origine, c'est que 
l'ancien francais disait train, et 
que l'espagnol dit tragin pour 
train . 

Trait, du L. tractus (m. s.) . 
Pour le changement de lettres, 
voy. attrait. 

Traite, voy. traire. 

Traite, du L. tractates (ou- 
vrage, traite) par le changement: 
1° de ....atus en ...J (voy am- 
pouU) ; 2° de cf en it (voy. attrait). 

Traite*; du L. tractare (trai- 
ter) par le changement de ct en it 
(voy. attrait). — D. traileur % trai- 
tement, traitable. 



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TRA 



533 



TRA 



Tt*m*t*e, anciennement trai- 
tre, du L. traditor (traitre) par la 
chute reguliere de o (voy. p.. lxxxi) 
d'ou tiradit'r qui, perdant le d me- 
dial (ra(d)it'r (voy. accabler) , donne 
i'ancien Irancais tra-itre. Pour le 
changement *de traitre en traitre, 
voy. p. xc. — D. traitreusement, 
traitresse. ■ 

Trajeetolre, du L. trajectoria* 
(qui traverse) . 

Trajet, du L. trajectus (trajet). 
Pour le changement de ct en t, 
voy. affite". 

Ttniiftail, anciennement tre"- 
mail f du L. tremaculum trSmail, 
filet daus la Loi Salique, 29, 32 : 
« St quis.... tremaculum aut ver- 
tevolum de flumine furaverit.... » 
Pour le changement de e en a, 
voy. amender; pour celui de 
....aculum en otl, voy. abeille. 

Tremaculum , signifie propre- 
ment a trois mailles, et est com- 
pose de tres (trois) et de maculum 
(maille) . 

Trame, du L. trama (trame). 
— D. tramer. 

| Tramontane, venu de l'ita- 
lien tramontana (etoile du pdle 
arctique). 

Tranche*, origine inconnue. 
— D. tranche (subst. verbal) ; tran- 
chant; tranche'e (subst. partici- 
pial) ; tranchet; tranchoir; retran- 
cher. 

Tranqullle, du L. tranquillus 
(m. s.). — D. tranquilliser. 

Tranqullllte, du L. tranquil- 
litatem (m. s.) . 

Transaction, du L, transac- 
tionem (m. s.) . 

Transborder, compose du L 
trans (au dela), et de border (voy. 
ce mot). — D. transbordement ; 
transbordable. 

Transcendant, du L. trans- 
cendentem (qui franchit). — D. 
transcendance. 



Transcription, du L. trans- 
criptionem (m. s.). 

Transerlre, du L. transcri- 
bers (m. s.) . Pour le changement 
de ....scribere en ....scrtre, voy. 
icrire. 

Tfanse, voy. transir. 

Transferer, du L. transferre 
(transferer). 

Transfer*, du L. transfertus 
(participe barbare de transferre , 
transferer). 

Transfignrer, du L. transfi- 
gurare (m. s.). — D. trans figura- 
tion. 

Transformer, du L. transfor- 
mare (m. s.). — D. transforma- 
tion. 

Transfuse, du L transfuga 
(m. s.). 

Transfnser, du L. transfu- 
sare *frequentatif de transfunaere 
(transvaser) . — D transfusion . 

Transgresser, du L. trans- 
gressare * (frequentatif de trans- 
gredij transgresser). — D. trans- 
gresseur, transgression. 

Translger, du L. transigere 
(m. s.). 

Transir, du L. transire* (mou- 
rir dans les textes latins du moyen 
age; compose de trans au dela, et 
de ire aller). Du sens de mourir 
est venu celui d'etre glace de froid, 
de douleur, etc. — D. transe 
(subst. verbal), franst, transisse- 
ments. 

Transit, du L. transitus (pas- 
sage). 

Transltif, du L. transitivus 
(m. s.). 

Transition, duL. transitionem 
(m. s.). 

Transltolre, du L. transito- 
rius (m. s.). 

Translator, du L. translatare* 
(m. s., derive de translatus). 

Translation, du L. transla- 
tion em (m< s.). 



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TRA 



534 



TRA 



e, du L. transmit- 
ters (transmettre). Pour le chan- 
gement de mittere en mettre t voy. 
admettre. — D. transmis, trans- 
missible. 

Transmission, du L. trans- 
missionem (m. s.J. 

Transmner,duL. transmutare 
(metamorphoser). Pour le change- 
ment de ....mutare en ....muer, 
voy. muer. — D. transmuable. 

Transmutation, du L. trans- 
mutationem (m. s.) . 

Transparent, du L. transpa- 
rentem * (qui paralt a travers). — 
D. transparence. 

Transpereer, compose du L. 
trans (a travers) et de percer (voy. 
ce mot). 

Transplrer, du L. trans (a 
travers) et spirare (s'exhaler). — 
D. transpiration. 

Transplanter, du L. trans- 
plantare (m. s.). — D. transplan- 
tation. 

Transporter, du L. transpor- 
tare (m. s.). — D. transport (subst. 
verbal) ; transportable. 

Transposer, compose du L. 
trans (au dela) et de poser (voy. 
ce mot) . — D. transposition. 

Transsubstantler , compose 
du L, trans (au dela) > et de subs- 
tantia™* (derive de substantia 
substance). — D. transsubstantia- 
tion. 

Transvaser, compost du L. 
trans (au del&) et de vase (voy. ce 
mot). 

Transverse, duL. transversus 
(m. s.). — D. transversa^ trans- 
versalement. 

Trapeze, du grec xpaws^a (ta- 
ble, surface plane etcarree). 

Tvappc (proprement piege), 
du L. du moyen atge trappa (piege 
dans la Lex Salica 7, 9 : « Si quis 
turturem de trappa furaverit. » 
Trappa est un mot d'origine ger- 



manique eomme la plupart des 
termes de chasse (ancien haut al- 
lemand trapo, trape, piege, tre- 
buchet). — D. attraper (propre- 
ment prendre dans le piege, dans 
la trappe. Sur ce mot, voy. p. 

XXII). 

Tfajm, origins inconnue. 

Traquenatui, voy. traquer. 

Traqttcr, entourer un bois 
d'une enceinte de plus en plus 
resserree pour saisir les animaux 
(d'ou le sensnosterieur de traquer 
serrer de pres). Traquer signifie 
proprement tendre, tirer un filet 
autour d'un bois pour saisir le gi- 
bier, et est un mot d'origine ger- 
manique (neerlandais tre&en tirer. 
6tendre). — D. trac (subst. verbal 
masculin); traque (subst. verbal 
femin.) : traqueur; traquet; tra- 
quenard; tracasser. 

1. Travail^ en italien travar 
glio y en espagnol trabajo, en pro- 
vencal trabalh, proprement en- 
semble de pout res destine acontenir 
les chevaux vicieux. Travail re- 
presente, dans ce sens le L. fro- 
oaculum * (deriv6 de trabem pou- 
tre) par le cbangement rogulier 
l°de 6 en v (voy. avantU 2° de 
aculum en ail (voy. abeille). 

Du sens de machine qui sert de 
prison, de contrainte, ce mot a 
pris le sens de contrainte, puis d« 
tourment, d'efflbrt, de peine, d'ou 
le verbe travailler (se tourmen- 
ter, se donner de la peine pour at- 
teindre un but, s'efforcer). 

2. Tfarall, action de travaU- 
ler (voy. travaiUer). 

Wavaillei*, voy. travail 1. 
— D. travail action de travailler 
(subst. verbal). 

Tfavee, du L. trabata* (de- 
rive de trabem poutre) par lech an 
gement regulier : 1* de b en 9 
(voy. avant); 2° de ataenie (voy. 
ampouU. 



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TRtf 



535 



TR6 



0, du L. traversus (m. 
s.). — D. traverser, tr aver sin. 

Tra»ei»#er, voy. travers. — 
D. traverse (subst. verbal) ; tra- 
verse (subst. participial). 

Tfavefrift, voy. trat?er«. 

f Traveatlr, venu au seizieme 
siecle de l'itaiien travestire (tra- 
vestir). — D. travestissemenU 

Tre...,*nfe«... (en italien tra..., 
Pros...), prefixe qui vient du L. 
trans (au dela, par-dessus). Trans 
reduisant regulierement ns a s 
(voy. atnti) donne tras qui devient 
tr& par le changement de a en e 
(voy. acheter)-. ainsi trans-salire 
donne tmsaillir; transpassare* , 
transbuccare*, transfilare *, trans- 
tellum * ont donne dans notre an- 
cienne langue trespasser, tres- 
passer, tresbucher, tresfiler, tres- 
teau, qui se sont reduits a tri- 
passer, trelmcher, trailer, tre"teau 
en francais moderne par la chute 
reguliere de s devant une consonne 
(voy. abime). 

Trebwcher, anciennement 
tresbucher, correspond a un type 
latin Pransbuccare* , compose de 
trans par-dessous (pour le change- 
ment de tram en tres, voy. tr4...) 
et de buccare" deriv6 de buccus* 
(type qu'on retrouve dans l'ancien 
francais buc tronc humain , torse, 
et qui est Fanglo-saxon buc tronc, 
torse). Tribucher est done propre- 
ment renverser le torse, tomber a 
la renverse; ce qui confirm e cette 
etymologie, e'est que l'itaiien trans- 
bustare (renverser) est compose de 
meme du prefixe latin trans , et du 
mot busto (tronc du corps humain). 

Pour le changement de transbuc- 
eare en tresbucher, voy. acheter 
pour le passage de cc au ch. Sur 
tresbucher devenu trelmcher, voy. 
abtme. — D. tribuchet* 

7W|Uef, anciennement tres- 
fUer, du L. transfilare derive* de 



fXum fil; prppr. faire passer du fil 
par la filiere). Sur trans.... devenu 
tres.. .. puis tre*..., voy. aumottre*.... 
— D. trifXeur, trifuerie. 

Trefle, du L. trifolium (trefle) 
par ledeplacementdel'accent latin 
(voy. p. cv) et par la contraction 
trif[o)lium en trif Hum) d'ou trefle 
par le changement de i en e (voy. 
admettre) . 

TVeif fe du L. trichila (ber- 
ceaude treille, tonnelie dans Go- 
lumelle, et dans le Copa). Trich(t) 
la regulierement contract^ (voy. 
p. lxxxxi) en tricWta, reduit ch kc 
(voy. p. xcix), d'ou tricla qui donne 
treille par le changement de ....icla 
en ....eille (voy. abeiUe). — D. 
treillage, treillis* 

TreitUs, voy. treille. 

Tweize, du L. tredecim (treize) 
par la contraction reguliere (voy. 
p. lxxxi) de tred{e)cim en tred*cim 
d'ou treixe par la reduction de dc 
a e (voy. adjuger) et par le chan- 
gement : 1° de een ex (voy. frein) ; 
2° de c en % (voy. amitiej. 

Trema, du grec TpYJ{/.a (trou). 

Wemole, en italien tremula, 
du L. tremula, proprement qui 
tremble , par la contraction regu- 
liere (voy. p. lxxxi) 4e trem(u) la 
en trem'la, d'ou tremble pr le 
changement de mJ en row (voy. 
absoudre). 

Tfem6tef, en italien tremo- 
lare, du L. tremulare* (trembler, » 
derive de tremulus tremblant : « Ni- 
mio frigore horribiliter cum fletu 
acstridore dentium tremulantes... 
dit Flodoard,iii, 3). 

Trem(\i)lare, regulieremeat con- 
tracts (voy. accointer) en trem'lare, 
donne trembler par le changement 
de mi en mbl (voy. absoudre). — 
D. trembloter, trembleur, tremble- 
ment. 

Tfemie, corruption de l'an- 
cien francais tremuie, compose de 



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TRfi 



536 



TR6 



tre qui est le L. tres trois) et de 
mute qui represents le L. modi a 
(boisseaux) , proprement auged'une 
capacite de trois boisseaux. Pour 
le changementde mo(d)ia en muie 
toy. aux mots alouette et cuider. 

fWmiefe, origine inconnue. 
• Tnemotiifer Tse), remuer, 
s'agiter avec vivacite, du L. trans- 
motiare* s'agiter avec frequence 
(derive de transmotus, participe 
de transmovere). Transmotiare a 
donne trimousser par le change- 
raent: 1° de trans en tri (voy. 
tri. . .); 2° de o en ou (voy. affouage); 
3° de ttarc en wer (voy. agencer). 

Trcmpc, voy. tremper. 

Tremne** , du L. temperare 
(tremper un metal, et aussi me- 
1 anger, d'ou le sens de tremper : 
on trouve dans Gregoire de Tours 
« vinum temperatum » pour du 
vin trempid'eau). 

Temp{$)rare regulierement con- 
tracts (voy. accointer) en tempWare 
donne Pancien francais temprer 
qui est devenu posteneur. tremper 
par transposition (voy. dpreti) . — 
D.trempe (subst. verbal) ; ditrem- 
per. 

f Tremplln, venu au seizieme 
siecle de 1'italien trampellino 
(tremplin). 

IWttte, en espagnol treinta, 
du L. triginta (trente)par la chute 
reguliere du 9 medial (voy allier). 
Pour le changement de t en e, voy. 
admettre. — D. trenti&me, tren- 
taine. 

f Trepan, venu de 1'italien 
trepano (trepan). — D tripaner. 

Trqioffei*, dans Fancien fran- 
trespasser, en italien trapassare, 
du L. transpassare (proprement 
passer au deli, quitter la vie, mou- 
rir; c'est a peu pres la traduction 
decette image populaire: faire le 
taut). Pourle changement regulier 
de trans... en tret... puis en tri..., J 



voy. au mot tri.... — D. trepas 
(subst. verbal). 

Trepidation, du L. trepida- 
tionem (tremblement). 

Tre>ie«f , du L. tripedem (tri- 
pled). Pour le changementde tri 
en tri, voy. admettre; pour celui 
de vedem en pied, voy. au mot 
pied. 

Trcpigttew, derive" de Pan- 
cien francais treper (trepigner). 
comme (^)oraligner derive degrat- 
ter. Treper est un mot d'ongine 
germanique (norland, trippen m. 
s.). — D. tripignement. 

Tre*, du L. trans (par-dessus, 
au dela de ; d'oii le sens posterieur 
de tres). Reduisant regulierement 
ns k s (voy. aini) trans devient 
tras qui a donne tres par le chan- 
gement de a en e (voy. acheter). 

Tne»©i», en italien tesoro, duL. 
thesaurus (tresor). Par le change- 
ment de th en t et par celui de 
au en (voy. alouette), thesaurus 
devient tesor d'ou la forme fran- 
chise par Tintercalation d'un r 
r (voy. chancre). — D. trtsorier, 
trisorerie. 

Tresmaiiiir, du L. fratitto- 
itre* (sauter, s'agiter fortement). 
Pour le changement : 1° de trans 
en tres, voy. tri.... 2° de tattreen 
saillir, voy. MtUtr. — D. tressait- 
lement. 

Trewer, a l'origine treeer, en 
italien trecciare, du L. tricciare * 
(derive de frtccta* forme poste- 
rieure de trichea, qui vient du 
grec xptxa, tripartite, qui est di- 
vise" en trois, d'ou le sens de tresse). 
Pour le changement de tricciare 
en treeer puis en tresser, voy. au 
mot agencer; pour le changement 
de t en e. voy. admettre. — D. 
tresse (subst. verbal). 

Tf*efeatc , anciennement (ret- 
teau, a l'origine tres let. du L 
transteUum* (derive de fraftt*n*m, 



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TRI 



537 



TRI 



banc, poutre puis treteau). Trans- 
tettum reduisant regulierement 
trans,... a tres.... (voy au mot 
tr£....) donnerancien francais tres- 
teL d ou posterieurement tre'teau 
par la chute de * (voy. abime) et 
par le changement de el en eau 
(voy. agneau). 

Tt* etc<I,en italien torcolo, du L. 
torculum (machine a presser, ce 
qui est aussi le sens du mot treuil 
a l'origine de notre langue ; l'aii- 
cien 'rancais designe par treuil un 
pressoir]. 

Torc(n)lum regulierement con- 
tracte (voy. p. lxxxi) en torc'lum, 
transpose r (voy. dprete), d'ou tro- 
clum qui donne treuil par le chan- 
gement : 1° de o en eu (voy. ac- 
cueiUir); 2° de cl en il (voy. 

T#«e»e, a l'origine trive (secu- 
rite, paix, d'ou le sens de suspen- 
sion d'hostilite, de treve) : trive est 
un mot d'origine germanique (go- 
thique triggua securite). Triggua 
consonnifiant uenv (comme dans 
Janvier dejanuarius, voy. cemot) 
devient trigva d'ou l'ancien fran- 
cais trive par la reduction de gv 
a 17. 

Pour le changement de trive en 
trtve, voy. admettre. 

Triangle, du L. triangulum 
(triangle) . Pour la chute de Tavant- 
dernier u, voy. angle. 

Trlangulalre, du L. triangu- 
laris (m. s.). 

Trlangulatlon, du L. trian- 
gulationem* (denve de triangulus 
triangle). 

Trlbu, du L. tribus (tribu). 

Tribulation, du L. tribulatio- 
nem (m. s.) 

Trlbun, duL .tribunus (m. s.). 
— D. tribunat (derive du L. tribu- 
nals, mfime sens). 

Tribunal, du L. tribunal (sie- 
ge desjuges). 



| Tribune, de Pitalien tribuna 
(tribune). 

Trlbut,du L. tributum (m. s.). 

Tributalre, du L. tributarius 
(m. s.). 

Trichcr* ancien francais tre- 
cher, mot a'orieine germanique 
(moyen haut allemand trechen, 
lancer un trait, d'ou le sens de 
jouer un tour, ae tromper, de tri- 
cher). Pour le changement de tre- 
cher en trtcher, voy. accomplir. — 
D. tricheur, tricherie. 

Trlcolore, du L. tri-color (a 
trois couleurs). 

Tricoter, origine inconnue. — 
D. tricot (subst. verbal), tricoteur, 
tricoteuse, tricotage. 

Trictrac, jeu que Ton appe- 
lait anciennement tictac ; tictac est 
une onomatopee tir6e du bruit que 
font les des quand ils retombent 
(voy. p. lxv). 

Trlennal, du L. triennalis* 
(derive de triennis f de trois ans). 

Trier, en italien tritare (broyer 
et examiner de pres). du L tri- 
tare denve de tritus partic. de te- 
rere broyer : le sensactuel est venu 
de la locution: granum terere y 
battre le ble pour separer le grain 
de la paille , pour trier le grain 
d'ou la signification de trier; l'ita- 
lien tritare qui a conserve a la fois 
les deux sens de broyer et de trier, 
confirme cette etymologie. 

Pour le changement de tri{t)are 
en trier par la chute du t meaial, 
voy. abbaye. — D. triage. 

Trlgonometrle, du grec Tpt- 
YO)vov(triangle)etixeTpov (mesure). 

f Trllle, de Pitalien trillo (t rille) . 

TrUnbaler, origine incon- 
nue. 

Tritner, origine inconnue. 

Trlmestre, du L. trimestris 
(rn. s.). — D. trimestriel. 

IV* tuple, origine inconnue, — 
D. tringler, tringlette. 



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TRO 



538 



TRO 



Trlnfte, du L. trinitatem (m. 
s.). — D« trinitaire. 

f Trlnquer, inot d'origine al- 
lemande (voy. p. lvii); trinquer 
vient de l'allemand trinken (boire) . 

j- Trio , mot venu de l'italien 
trio (trio). 

Triolet, derive" du L. tres 
(trois). 

Trlomphal, du L. triumphalis 
(m. s.). 

Trlompnateur, du L. trium- 
phator(m. s.). 

Trlomphe, du L. triumphus 
(m. s.). — D. triompher. 

Tripe, origine inconnue. — 
D. tripaille, tripette, tripier, tri- 
pitore. 

Triple, du L. triplus (triple) . 

— D. tripier. 

Tripoter, mot dont l'origine 
est inconnue. — D. iripot (subst. 
verbal) : tripotage y tripoter. 

Trique, mot dont l'origine est 
inconnue. 

Trireme, du L. triremis (tri- 
reme) . 

Triste, duL. tristis (m. s.). — 
D. attrister. 

Tristesse, du L. tristitia (tris- 
tesse) par lecbangement de itiaen 
esse (voy. agencer). 

Trlture, du L. triturare (m. 
s.). — D. trituration. 

Trivial, du L. trivialis (m. s.). 

— D. triviality . 

Tr oe, voy. troguer. 

Trogne, origine inconnue. 

TrooNon, origine inconnue. 

Trots, du L. tres (trois) par le 
changement de e en oi (voy. ac- 
croire). — D. troisieme. 

Troler, mot d'origine germa- 
nique (allemand trollen , trdler , 
trotter). 

Tnom6e, du L. turbo (tour- 
billon, templte) par la transposi- 
tion de r (voy. dpretty- et l'inter- 
calation de m (voy. lambruche). 



f Tromblon, derive deFitalien 
tromba (arme a feu). 

f Trombone, de l'italien trom- 
bone (m6me sens). 

Twompej origine inconnue. — 
D. tromper (proprement jouer de 
la trompe; allusion aux charlatans 
et aux vendeurs d'orvietan qui at- 
tiraient le public a son de trompe, 
pour le duper ; d'ou le sens de du- 
per) ; trompette. 

T romper, voy. trompe. — D. 
trompeur, tromperie y dttromper. 

Trompette, voy. trompe. — 
D. trompeter. 

Tronc, du L. truncus (tronc) t 
par le changement de u en o (voy. 
annoncer). — D. tronche (forme 
feminine de tronc; d'ou le dimi- 
nutif tronchet)-, troncon. 

Troncon, voy. tronc. — D. 
tronconner. 

Frotie, duL. thronus (m. s.). 

— D. troner, detrdner. 
Tronquer, du L. truncate 

(m.s.). 

Tt* op, origine mconnue . — D. 
par trop (voy. par). 

Trope, du L. tropus (trope). 

Trophee, du L. tropaeum 
(trophee). 

Troplque, du L. tropicus (m. 
s.). — D. tropical. 

f Troquer,de Tespagnol trocar 
(troquer). — D. troc (subst. verbal). 

Trotter (voy. a VAppendice). 

— D. trot (subst verbal), trotteur, 
trottoir. 

Frou, voy. trouer. 

-{-Troubadour, venu du pro- 
vencal trobador (pofite, derive du 
verbe trobar trouver; inventer; 
pour P6tymologie de trobar, voy. 
au mot trouver). 

Trouble (adj.), du L. turbulus* 
(qui est en desordre), par la con- 
traction (voy. p. lxxxi) de tur&(u> 
lus enturblus, d'ou trouble par la 
transposition de r (voy. dprete). 



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TRO 



539 



TRU 



Tt*ot«6Ief, du L. turbulare* 
(troubler, deriv6 de turbula trou- 
ble dans Ammien Marcellin) . Tur- 
b[H)lare, regulierement contracts 
(voy. accointer) en turb'lare, donne 
troubler par la transposition de r 
(voy. dpreti) et par le changement 
de u en ou (voy. accouder). — D. 
trouble (subst. verbal) ; trouble'. 

Tnotcet*. Le latin barbare trait-. 
0mj (trou) que Pon trouve dans la 
Loi des Ripuaires (tit. 43 : « Si 
qui* in clausura aliena traugum 
ad transeundum fecerik... »), et 
dont Porigineestinconnue, adonn6 
le provencal trauc, le francais trou 
par la cbute du g (voy. allier) et 
par le changement de au . en ou 
(voy. alouette). De trou est venu le 
verbe trouer (d'ou troupe). 

Troupe, derive du latin bar- 
bare troppus (troupe d'animaux, 
troupeau) : « Si entm in troppo 
de jumentis Mam ductricem ati- 
quis involaverit.... » dit la Lex 
Alamannorum 7, 9. L'origine de 
troppus est inconnue. 

Troupe vient de troppus (ou 
mieux de la forme feminine troppa) 
par le changement de o en ou 
(voy. affouage). — D. troupeau; 
troupier; attrouper. 

Troupeau, voy. troupe. 

Troupier, voy. troupe. 

Trowwc, voy. trousser. — D. 
trousseau ; ditrousser (proprement 
eniever la trousse); trousseguin. 

TnotfMeau, voy. trousse. 

Trousser; anciennement tros- 
ser, a l'origine torser (mettre en 
faisceau, en paquet), du L. tor- 
tiare* (lier ensemble, derive de 
tortus participe de torquere tor- 
dre) . tortiare par le changement 
de tiare en ser (voy. agencer) 
donne torser, qui devient trosser 
par la transposition de IV (voy. 
dpreti) . Pour le changement pos- 
terieur detrosser en trousser, voy. 



affouage. — D. trousse ensemble 
de choses pliees, troussies; faisceau 
de choses liees ensemble ; trousse 
est un substantif verbal): troussis; 
retrousser. 

Trouver, anciennement tro- 
uer , torver dans un texte du on- 
zieme siecle, en provencal tro- 
bar, du L. turbare (remuer, cher- 
cher, fouiller, d'ou posterieure- 
ment le sens de trouver). Par le 
changement : 1° de b en v (voy. 
avant) ; 2° de u en o (voy. annon- 
cer) , turbare donne Pancien fran- 
cais torver, qui devient trover , 
par la transposition de r (voy. 
dpreti); pour le changement poste- 
neurde trover en trouver, voy. 
affouage. 

Ce qui confirme cette etymolo-* 
gie, c'est que l'ancien portugais 
trovar signifie a la fois trouver et 
remuer comme le L. turbare. De 
meme que turbare a donne trou- 
ver, conturbare a donne controu- 
ver. — D. trouvaille; trouveur. 

Tt*otivet*e (poete, proprement 
celui qui trouve , qui invente). 
Trouvere correspondrait a une 
forme de la basse latinite trova- 
tor*, qui, perdant regulierement 
la derniere voyelle (voy. p. lxxxi), 
devient trovatr d'ou trovere par 
le changement : 1° de aene (voy„ 
acheter; 2° de tr en r (voy. ar- 
riere) , puis trouvere par celui de 
o en ou (voy. affouage). 

Tine ami, du L. du moyen age 
trutannus (vagabond). « Praecipi- 
mus ut semper pauper es magis 
indigentes (et minime trutannii) ad 
ipsam eleemosynam admittantur.-* 
(dit un texte de 1340). 

Trutannus est un mot d'origine 
celtique (kymri tru miserable). 
Pour la chute du t medial trutan- 
nus ? Voy. abbaye. — D. truanr 
dene. 

t Truehement, ou mieux tru- 



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TUE 



540 



TUR 



cheman, de l'espagnol trucheman 
(interprete). 

IVtieffe, diminutif d'un type 
true* qui est le L. trua (especede 
cuillere). 

Trtflfe, origine inconnue. — 
D. truffier, truffer. 

Tfttie, en italien troja, du L. 
troja (truie dans le latin vulgaire ; 
on sait que les Romains designaient 
sous le nom de cochon troyen 
(porcus trojanus) un cochon roti, 
dans le ventre duquel on avait 
place des oise^ux et d'autres ani- 
maux (par allusion au cheval de 
Troie, dans le ventre duquel 6tait 
renferm6 Ulysse et ses compa- 
gnons). — Par assimilation, on 
nomma la truie troja. Un ecrivain 
latin de i'empire , Messala Corvi- 
nus, nous apprend que, de son 
temps, le peuple de Rome appelait 
la truie troja ( «Troia namque vulr 
go latine scrofadict*ur....»). On lit 
dans un texte juridique : « Troias 
omnes meas do, lego.... » 

Troia a donne truie par le chan- 
gement de o en u (voy. cuider) . 
Pour le rapport de j a t, voy. 
aider. 

Tttfite, du L. tructa (truite, 
dans Pline) par le changement de 
ctenit (voy. attrait). 

TfiimeoN, origine inconnue. 

Tu, du L. tu (toi).— D. tutoyer 
(voy. toi). 

Tube, du L. tubus (tube). — D. 
tubuleux , tubulure. 

Tuber cole, du L. tuber culum 
(m. s.). — D. tuberculeux. 

Tubereufte, du L. tuberosa 
(bosselee). 

Twer, mot assez recent (avec 
ce sens) dans notrelangue; l'an- 
cien francais ne disait point tuer, 
mais occire (de occidere) : dans 
notre ancienne langue tuer aVaitle 
sens d'etouffer, comme le proven- 
cal tudar, l'ancien italien tutare. \ 



Tuer vient du L. tutari (proteger, 
recouvrir pour proteger, puis 
etouffer; tuer le feu, par exemple, 
etait a Torigine le couvrir de cen- 
dres pour le maintenir; d'ou le 
sens d'etouffer, qui s'est plus ge- 
neralise dans l'acception tuer). 

Perdant le I medial (voy. ab- 
baye) , tu{t)ari donne tuer, comme 
commu(t) are donne commuer, com- 
me remu(t)are, sternu(t)are, salu- 
(t)are, mu(t)are donnent remuer t 
e'ternuer, saluer, muer. — D. tue~ 
rte, tueur. 

Tuf, du L. tophus (tuf) par le 
changement : 1° de ph en f (voy. 
coflre); !2« de o en m (voy. curie). 

Tulle, du L. tegula (tuile) par 
le contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de teg{U)la en teg' la, d'ou 
tuile par le changement : 1° de gl 
en il (voy. caiUer); 2° de e en u (voy. 
jumeau). — D. tuilier. tuilerie. 

fTullae, venu de respagnoltu- 
lipa (tulipe). — D. tulipier. 

Tulle, mot d'origine hislorique 
(voy. p. lxjv); le tulle est un tissu 
originairement fabrique a TuUe, 
comme la valencienne est une 
dentelle fabriquee a Valenciennes. 

Tumefaction, du L. tumefac- 
tionem* (derive de tumefactus 
gonflg). 

Tumefler, du L • tumeficare * 
(gonfler). 

Tumeur,duL. tumor em(m.s). 

Tumulalre, du L. tumularis " 
(derive de. tumulus tombeau). 

Tumulte, du L. tumultus 
(m. s.). 

Tumultueux, du L. tumul- 
tuosus (m. s). 

Tunlque, du L. tunica (m. s.). 

f Tunnel, de l'anglais tunnel 
(m. s.). 

f Turban, venu de Pitalien tur- 
bante (turban). 

Turbot, derive (a l'aidedu suf- 
fice diminutif ot) d'un type primi- 



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UMB 



541 



UNI 



tif turbe* qui est le L. turbo (pro- 

Frement toupie, puis tucbot par 
assimilation de la forme du tur- 
bot a celle d'une toupie). Ce qui 
confirme cette origine, c est que le 
grec £6(i.6oc signifie a la fois tou- 
pie et turbot. 

Turbulent, du L. turbulentus 
(m. s.). — D. turbulence. 

f nurf, mot venu de Panglais 
turf (gazon). 

Tuigeacent, du L. turgescen- 
tem (qui se gonfle). — D. tumes- 
cence, 

Turlupln, mot d'origine histo- 
rique (toy. p. lxiv); allusion a 
Turlupiii, acteur du temps de 
Louis XIII. — D. turlupiner, tur- 
lupinade. 

Turpitude, du L. turpitudo 
(m. s.). 

Tutelalre, du L. tutelaris 
(m. s.). 

Tu telle, mot venu du L. tutela 
(m. s.). 



Tuteur, du L. tutor (m. s.). 

Tuloyer , voy. tuettoi. — D. 
tutoiement. 

Tutrlee, du L. tutricem (m. s.). 

Tuyau, anciennement tuyel, 
du L. tubetlus (diminutif de tubus 
tuyau) par la chute du b medial 
tu[b)ellus (voy. dboyer) ; pour le 
changement de tuyel en tuyau, 
voy. agneau. 

Tympan, da L. tympanum 
(tambour). — D. tympaniser, tym- 
panite. 

Type, du L. typut (figure, ima- 
ge). — D. typique. 

TyphoVde, du grecrucwoYic (de- 
rive de TO90;: voy. typhus). 

Typhus, du grec T\><po? (va- 
pour). 

Typographic, du grec tutco; 
(empreinte) et ypaqpw (j'ecris). — 
D. typographique. 

Tyran, du L. tyrannus (maltre 
absolu). — D. tyrannie, tyran- 
niser. 



U 



Ublqulete, du L. ubique (pa> 
tout). 

ublqulte, du L. ubique (par- 
tout). 

Ulcere, du L. ukerus (m. s.). 
D. ulce'rer, ulceration, 

Ulterleur, du L. ulterior 
(m. s.). 

Ultimatum, du L. ultimatum* 

Sarticipe de uUimare* (de ultimus 
ernier). 

f ultramontaln, venu del'ita- 
lien oltramontano (d'au dela des 
Alpes). 
I/m6Ie, du L. umbra (umble 



dans Ovide) par le changement de 
r en I (voy. autel). 

I/tt, du L. unuc (un). — D. 
unieme. 

Unanlme, du L. unanimu* 
(m.s.). — D. unanimUe". 

Unlforme, du L. uniformis (m. 
s.). — D. uniformite'. 

Union, du L. unionem (m. s.). 

Unique, du L. unicus (m. s.). 

Unlr, du L. unire (m. s.). — 
D. destmir, reunir. 

Unlsson, du L. uni-sonus * 
(accord dans un seul son) . 

Unite, du L. unitatem (m. s.). 
31 



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VAC 



542 



VAC 



Unlvera, du L. universum 
(univers dans Ciceron). 

Unlversallte, du L. universa- 
Utatem (m. 8.). 

Untver»el, du L. universalis 
(m. s.). 

Unlverslte, du L. universtta- 
tem (college, corporation, commu- 
naut£. dans Marcianus au sixieme 
siecle). — D. universitaire. 

Ur*ne»eene, du L. uranosco- 
pus (poisson, dans Pline). 

Uretere, du grec oOpTjnqp 
(m.s.). 

Uretre, du grec oOpyjdpa. 

Urgent, du L. urgentem (pres- 
jant). — D. urgence. 

Urine, du L. urina (m. s.). 

Urlqne, derive ainsi qu'urate 
t ur&, du grec oOpov (urine). 

lime, du L. urna (urne). 

Urtlealre, du L. urtica (ortie). 

MJ*, du L. usus (usage). 

WJmev, du L. usare* (derivS de 
usus partic. de uti user. Pour la 
formation des verbes frequentatifs, 
voy. p. xxxn). — D. usage, usance. 
Un deriv6 de usare* est usinare* 
(avoir Pusage de.... dans plusieurs 



teites du moyen Age), d'ou le sub- 
stantif <verbal usina, qui signifie 
1' usage des eaux, dans un texte du 
onzieme siecle : d'ou le sens pos- 
terieur d'etablissement industriel 
qui marche a Paide de Peau, et 
enfin d'usine. 

MJ*ine 9 voy. user. 

Uslte, part, du verbetmter, qui 
est le L. usitari (se servir frequem- 
ment de). 

Us tensile, du L. utensilia (us- 
tensiles dans Varron et Tite-Live). 

Ustlon , du L. ustionem (action 
de bruler). 

Uauel, du L. usualis (m. s.). 

Uaufrult, du L. ususfructus 
(usufruit). 

Uaure, du L. usura (m. s.). — 
D. usurier, usuraire. 

Usurper, du L. usurpare (m. 
s.). — D. usurpateur, usurpation. 

Uterln, du L. uterinus (m. s.). 

Utile, du L. utilis (m. s.). — 
D. utility utilizer, utilitaire. 

utople, plan de gouvernement 
d'un pays imaginaire, du grec ow- 
to7co; (prop, non-lieu, pays ima- 
ginaire). — D. utopiste- 



Vacant, du L. vacantem (qui 
est vide) — D. vacance. 

Vacavmc, mot d'origine ger- 
manique (n&rlandais wacharmer, 
malheur a toi.) Vacarme etait au 
moyen age une exclamation, d'ou 
le sens posteneur de bruit, de ta- 
page. 

vacation, du L. vacationem 
(m.s.). 

vaedn,du L. vacctnus (de va- 



che). — D. vacctner (d'ou ie sxinst 
verbal vaccine). 

Vache, du L. vacca (vache) 
par le cbangement de cc en ch 
(voy. acheter). — D. vacher, var 
cherie. 

Vaelllant, voy. vaciUer. 

Vaclller, du L. vacillate (m. 
s.). — D. vacillement, vacillation. 

vaeulte, du L. vacuitatem 
(m. s.). 



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VAI 



543 



VAN 



Vade-mecum, du L. vade 
mecum (viens avec moi). 

vagabond, du L. vagabundus 
(m. sj. — D. vagabonder, vaga- 
bondage. 

Vaglr, du L. vagire (m s.). — 
D. vagissemeni. 

f vagon, de l'anglais wagon 
(m. s.). 

Vague (substantif) , mot d'on- 
gine germanique (ancien haut al- 
lemand wdc, vague). 

vague (adjectif), du L. vagus 
(errant). 

f vaguemestre. mot introduit 
au seizieme siecle dans la langue 
francaise par les reitres; c'est l'al- 
lemand Wagenmeister (maitre 
des equipages de l'armee. En 1 650 
Menage dennissait le vaguemestre 
« un offkier qui a le soin de (aire 
charger et atteler les bagages 
tfune arme'e.... • 

vaguer, mot venu du L. vaga- 
ri (ft. s.). " 

VaiUance, du L. valentia 
(courage) par le changement : 
1° de tia en ce (voy. agencer)-, 
2° de en en an (voy. an&ouille). 

VaiUant, du 1. valentem (ro- 
buste, vigoureux). 

Vain, du L. vanus (vain) par 
le changement de anus en ain 
(voy. ancien). 

Vainewe, du L. vincere (vain- 
cre) par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi) de vine (e) re en 
vine're. — D. vainqueur. 
k, Vaiv^ du L. varius (bigarr6, 

tachete). Pour Pattraction de t, 
voy. aigle. — D. vairon. 

Vaisseau, anciennement vais- 
sel, en italien vascello, du L. vas- 
cellum (denve de vas, vase , vais- 
seau). Vascellum a donne vaissel 
par le changement : 1° de a en at 
(voy. aigle); 2° de sc en ss (voy. 
cresson). Pour le changement de 
l'ancien frangais vaissel en vais- 



seau, voy. agneau. La forme fe- 
minine de vaissel est vaisselh. 

Vaisselle, voy. vaisseau. 

Val, du L. vallis (vallon). — 
D. valke } vallon; aval (avaler). 
Val, changeant I en u (voy agneau) 
s'est reduit a vau, dans a vau Veau, 
vaudeville, etc. 

Valable, voy. valoir. 

Valet , anciennement vaslet*, 
du L. du moyen age vassalettus* 
(diminutif de vassalis vassal ; 4 
voy. vassal). Le vaslet signifiaita 
1'origine un ecuyer, un jeune 
homme qui servait sous un sei- 
gneur, d oil le sens posterieur de 
serviteur. Vass{a)lettus perdant 
Va atone (voy. accointer) donne 
vas'letlus d'ou vaslet quiest-devenu 
posterieurement valet par la chute 
de s (voy. abime). — D. valeter, 
valetage, valetaille. 

Valetudlnalre, du L. valctu- 
dinanus (maladif). 

Valeur, du L. valorem (m. s.). 

— D. valeureux. 

vallde, du L. validus (m. s.). 

— D. invalide; vaUdite"; valider. 
f valise, de l'italien vahgia 

(valise). — D. d&valiser* 

Vallee, voy. val. 

Vallon, voy. val. 

Valoir, du L. valere (valoir) 
par le changement de e en oi 
(voy. accroire).—T>. value (subst. 
participial) ; valable. 

f valser, venu recemment de 
Pallemand walten (valser). — 
D. valse (subst. verbal). 

Value, voy. valoir. 

valve, du L. valva * (m. s.). 
— - D. valvule. 

Van, du L. vannus (van). — 
D. vanner; vanne; vanneau; van- 
nier; vanneur; vannerie. 

Vandale, mot d'origine his- 
torique (voy. p. lxiv) ? nom d'une 
peuplade germanique qui mit Rome 
au pillage en 455.— D. vandalism. 



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VAS 



544 



VAU 



f vaallle, de l'espagnol vat- 
nula (vanille). — D vanUHer. 
vanlte, du L. vanitatem (m. s.). 

— D. vaniteux. 

FattMi?, voy. van. 

Coulter, voy. van. 

FanHiei*, voy. van, 

Fcmfail. voy. t?en*. 

fanfarcf, voy. vanter. 

Vantew, du L. vanitare van- 
ter : « Vanitas est taUacia; vani- 
tantes autem vel falsi vel fallentes 
vel utrique intelliguntur....* dit 
saint Augustin (De quant, animee, 
23). Van (T) tore, perdant reguliere- 
ment Vi atone (voy. accointer), se 
contracte en van'tare. — D. van- 
tard, vanterie. 

vapeur,du L. vaporem (m. s.). 

— D. vapor eux, vaporiser. 

\ aquer , du L. vacare (etre li- 
bre, vaguer). 

Varangue, mot d'origine ger- 
manique, comme la plupart des 
termes de marine (suedois vrdn- 
ger m. s.). 

Varech, mot d'origine germa- 
nique (anglo-saxon vrdc> ce que 
la mer jette sur le rivage). 

Farenite, du L. du moyen- 
age warenna (voy. pour les details 
au mot garenne), 

variable, du L variabilis (m. 
s.). — D. variabilUi. 

varlee, du L. varicem (m. s.|. 

Varler, du L. variare (m. s.). 

— D. variation, variante. 
varlete, du L. varietatem (m. 

s.h 

variola, du L. variola * (deri?e 
de varius tactaetS). 

Varlct, anciennement vaslet 
(pour Tetymologie, voy. au mot 
valet). Pour le passage de vaslet a 
variety voy. orfraie. 

Vavlopc, origine inconnue. 

1. Vote (mascul.), du L. va- 
sum (vase, dans Plaute). 

2. Ia*e (feminin), mot d'ori- 



gine germanique (anglo-saxon vase 
bourne, vase). — D. vaseux. 

vaalatas, origine inconnue. 

Vassal, du L. du moyen age 
vassalis (vassal), derive lui-meme 
du L. vastus* (serviteur : ■ Si ali- 
cujus seniscaleusj qui servus est f 
et dominus ejus hi vassos infra 
domum habet t occisus fuerit....* 
dit la Lex Alamannorum (79,3). 

Vassus est un mot d'origine cel- 
tique (kymrique gwas serviteur). 
— D. vasselagey vassaliti, 

Vaste, du L. vastus (m. s.). 

Vaudeville, proprement chan- 
son de circonstance sur un air 
connu. Vaudeville est un mot 
d'origine historique (voy. p. lxiv). 

Vaudeville est une alteration de 
vaudevire (sur r devenu 1, voyez 
autel). Menage disait au dix-sep- 
tieme siecle : « Vaudeville, sorts 
de chansons. Par corruption au 
lieu de Vaudevire. Cest axnsiqu'on 
appeloit anciennement cm chan- 
sons, parce qu'ellesfyrent tnven- 
ties par Olivier Basselin t qui 4toit 
un foullon de Vire en Norman- 
die, et qu'elles furtnt premiere- 
ment chanties au Vau de Vire, qui 
est le nom d'un lieu proche de la 
ville de Vire.... * 

Vau-Veau (a), c'est-a-dire aval 
Veau (en suivant le fil de l'eau). 
Voy. pour les details aux mots valy 
et aval. 

Vauviem, pour vaut-rien, 
comme fainiant pour faitnSant. 
Voyez pour l'etymologie aux mots 
rien et valoir. 

Vautouvy du L. vuUurius 
(vautour dans Lucrece). Changeant 
u en o (voy. annoncer), vulturitu 
est deja volturius dans un texts 
merovingien. Volturius devient 
vautour par le cnangement : l*de 
pi en au (voy. agneau); 2* de it 
en ou (voy. accouder). 

Vautrcr (se rouler), ancien- * 



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VfiL 



545 



VEN 



nement voutrer, a l'origine vol- 
trer dans Marie de France , en ita- 
lien voltolare; du L. vollulare * 
(derive de vol'tus contraction de 
volutus roule). Volt(tylare, secon- 
tractant regulierement (voy. ac- 
winter) en volt'lare, donne voltrer 
par le changement de I en r (voy. 
apdtre). Changeant ol en ou puis 
en aw (voy. agneau), voltrer de- 
vient voutrer puis vautrer, — com- 
jne voltartws * est devenu vautour. 

Feat*, anciennement wfeJ, en 
provencal uedei, du L. vitellus 
(veau, dans Plaute) par la chute 
du J medial vi(t)eMu* (voy. ab- 
frat/e), d'ou r&j par le changement 
de t latin en e (voy. admettre), 
veau par le changement de el en 
eau (voy. agneau). — D. ve7er (de 
Tancienne forme vdel). 

vecteur, du L. vectorem (qui 
porte). 

f Vedette, venu au seizierae 
sieclede ritafien vedetta (vedette). 

Vegetal, du L. vegetalis * (de- 
rive de vegetus qui pousse). 

Vegetation, du L. vegetatio- 
nem (action de pousser, de gran- 
dir). 

Vehement, du L. vehemerUem 
(m. s.). — D. vitemence. 

Vehlcule, du L. vehiculum 
(m. s.). 

Vettier, du L. vigilare (veil- 
ler) par la contraction reguliere 
(voy. accointer) de vig (I) lare en 
vig'lare, d'ou veiller par le chan- 
gement : 1° de gl en xl (voy. cail- 
ler) ; 2° de t en e (voy. admettre, 
— D. veille (substaniif verbal) ; 
veille'e (subst. participial) • veitleur, 
veilkuse; tveiller (rfoeiller); sur- 
veiller. 

Veiite, du L. vena (veine) par 
le changement de e en ei (voy 
frein). — D. veiner, veineux; ve- 
nelle (pour veinelle), voy. ce mot. 

r«le»*, voy. watt. 



Vetiit (peau de veau), du L. 
vitulinus (de veau) par la contrac- 
tion reguliere (voy. accointer) de 
ri't(u)f mus en vifiinus, d'ou «e'- 
a'n par l'assimilation de tl en i 
(voy. bouleau) et par le change- 
ment de i en e (voy. admettre). 

velleltc, derive du L. velle 
(vouloir). 

veloee, du L. velocem (rapide) . 

— D. velocite. 
velocipede, du L velocem 

(rapide) et pedem (pied). 

Vetours, anciennement velous 
(encore au dix-septieme siecle : 
Menage rapporte que de son temps 
on disait concurremment v clous et 
velours)-, du L. villosus (propre- 
ment velu, herissS. couvert de 
poils, d'ou le sens a etoffe a poils 
courts et serr6s, de velours). Vil- 
losus, changeant o en ou (voy; af- 
fouage), i en e (voy. admettre), 
donne Tancienne forme velous, 
devenue posterieurement velours 
par Intercalation de r (voy. 
fronde). 

t veloute, parti c. de velou- 
ter * qui est l'italien vellutare (ve- 
louter). 

Venaison, du L. venationem 
(chasse, puis produit de la chasse), 
Pour le changement de ....ationem 
en aison, voy. fenaison. 

venal, du L venalis (m. s.). 

— D. ve'nalite'. 
Vendanger, du L. vinde- 

miare (vendanger). Consonnifiant 
ia en ja (voy. abre'ger) , vinde- 
miare, devenu vindemjare, donne 
vendanger par le changement : 
1° de in en en (voy. admettre) ; 
2° de m en n (voy. changer) et de 
en en an (voy. andouille). — D. 
vendange (substantif verbal); ven- 
dangeur. 

%'endemlalre, derive du L. 
vindemia (vendange). 

Vendre, du L. vender e (ven- 



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VEN 



546 



VER 



dre) par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi) de vendifyre en 
en ventre. — D. vente (subst. par- 
ticipial fort ; voy. dbsoute) ; reven- 
dre; vendeur, vendable. 

Vendvedl) ancien francais 
venredi, en italien venerdi, en 
provencal di-venres, — du L. Ve- 
neris iies (jour de Venus, ven- 
dredi dans les Inscriptions). Ve- 
neris-dies ou vener'dies perdant 
suivant la regie (voy. accointer) 
son e* atone, devient verCrdies qui 
donne vendredi par le changement 
de nr en ndr (voy. absoudre). Ve- 
neris-dies donne vendre-di, comme 
Portus-Veneris a donne Port~Ven- 
dres. 

Veneile, voy . veine. 

veneneux, du L. tJenenosti* 
(m. s.) par le changement de osus 
en eux (voy. amoureux) . 

Viettef , du L. venari (chasser). 

— D. veneur, venerie. 
venerer, du L. venerari (m. 

s.). — D. vtnerable, vindration. 

Venenie, voy. vener. 

Venefte, mot dont l'origine est 
inconnue. 

renetir, voy. uener. 

fettpef, du L. vindicate (ven- 
ger) par la contraction reguliere 
(voy. accointer) de tnndflQcare en 
vind'care; pour le changement de 
...dcareen ....ger, voy. adjuger; 
pour celui de * en e, voy. admettre. 

— D. cenflffur, vengeance. 
tealel, mot venu du L. venta- 

it* (m. s.) . 

IVitimetcac, voy. ttentn. 

Venitt, du L. venenum (poison) 
par le changement de e en t (voy. 
accomplir). — D. venimeux, enve- 
nimer (au lieu de venineux, en- 
venineux, envenincr, par dissimi- 
lation; voy. p. lxxvi). 

fenlf. du L. venire (m. s.). — 
D. venue (subst. participial). 

Vent K du L. ventus (m. s.). — 



D. venter, venteux; tventer; cm- 
trevent, paravent; vantail (ecrit 
anciennement ventatl). 

Vente, voy. vendre. 

ventllateur, du L. ventilator 
(voy. ventilation). 

Ventilation, du L. ventilatio- 
nem (exposition a Fair). 

Ventller (terme de droit) , du 
L. ventilare (expose r, publier). 

Ventfae, du L. ventosus (ven- 
teux; le mois des vents). 

leitlouie, du L. venio^a ven- 
touse au sixieme siecle dans Theo- 
doras Priscianus; « m&fae in sea- 
pulis, sive cruribus , ventosae, 
procederUibus , erumpentibusque 
vesicis, decursa sanie multi Ube- 
rabantur.. . » dit Gregoire de Tours 
(Hist. V, 6). Et Isidore de S6ville : 
« quae ? a Latinis, a similitudine 
cucurbitae, a suspirio ventosa, vo~ 
catur.,.. » 

Pour le changement de ventosa 
en ventouse, voy. aftouage. 

Ventre, du L. ventrem (ven- 
tre). — D. ventre'e; ventriere 
(sous-ventrt^re) ; ventru; eventrer. 

Ventrteule, du L. ventrtcutes 
(m. s.). 

irentriloque. du L. ventrilo- 
quus (qui parle du ventre). 

Venue, voy. venir. 

Vepwe (proprement soir, puis 
office du soir) , anciennement vet- 
pre, duL. vesper (soir). Pour It 
chute de s, voy. aMme. 

Ve* 9 du L. t?ermu (ver) par la 
reduction de rm a r (voy. aubour). 

— D. vereuv. 

veraelte, du L. veracitatm 
(m. s.). 
Verbal, du L. verbalis (m. s.). 

— D. verbalement : proces-verbal 
(d'ou verbaliser). 

verbe, du L. verbum (m. s.). 
D. verbiage. 

verbenx, du L. verbosus (m. 
s.). Pour le changement de osus 



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v£r 



547 



VER 



en eux, voy. amowreux. — D. ver- 
bosity (L. verbositatem). 

Verd, du L. viridis (verd) par 
la contraction reguliere (voy. p. 
lxxxi) de vir{t)dis en vifdis, d'ou 
yerd par le changement de i en e 
(voy. admettre). — D. verddtre, 
verdir, verdet, verdelet, verdier; 
verdure; verdoyer. 

f Verdict, venu recemment de 
Panglais verdict (declaration). 

Verdure, voy. verd. — D. 
verdurier. 

Vereux. voy. ver. 

Verge, du L. virga (verge) par 
le changement de i en e (voy. ad- 
mettre). — D. verge 1 ; vergeure; 
vergette (vergeter). 

Verger, du L. virid<iarium 
(verger, dans le Digeste , et dans 
les Inscriptions). Vir(S)diarium, 
consonnifiant ia en/a (voy. fibre"- . 
ger) et supprimant Yt atone (voy. ac~ 
cointer) 1 aevient vir'djarium d'ou 
verger par le changement : 1° de 
i en e (voy. admettre) ; 2° de a en 
c voy. acheter) ; 3° de a)' en g (voy. 
a; outer). 

fer glam, proprement glace qui' 
est transparente comme du verre ; 
ver-glas est un compos6 de verre 
et de glace (voy, ces mots). 

Vergogne^honte, du L. ve- 
recundxa (honte) par la contrac- 
tion (voy. aider) ae ver(e)cundia 
en ver*cundia t d'ou uercunma* 
par Tassimilation denden nn. Ver- 
cunnia donne vergogne par le 
changement : 1° de c en a (voy. 
adjuger) ; 2° de u en o (voy. aw- 
noncer) ; 3° de nia en gne (voy. 
ct*0O0ne). 

t vergtne, venu du provencal 
vergua (vergue, qui est le L. virga 
(baton). — D. enverguer. 

Vericle, du L. vitriculus (de- 
rive detriJrttwiverre). Yitric{il)lus, 
perdant regulierement it (voy. p. 
lxxxi) , se oontracte en vitric'lus 



d'ou viricle par le changement : 
1» de i en c (voy. admettre); 2° de 
*r en r (voy. arridre. 

Verldlque, du L. vert'dicus 
(veridique). — D. ve'ridiciU. 

verifier, du L. verificare * (m. 
s.).— D. vilification, v&rificateur. 

VeWtt, origine inconnue. 

Veritable, voy. t?en#. 

VeVite, du L. veritatem (m. 
s.). Pour le changement de atero 
en e\ voy. abbe*. — D. veritable. 

Ver jut , pour t?er* jus; voy. 
aux mots jus etvert.— D. verjuU. 

Verle, du L . virgula (baguette, 
verge) par la contraction reguliere 
(voy. p. lxxxi de virg{ii)la en 
virq'la. R6duisant gl a i (voy. 
cauter), vtrgrki donne t>erZe par le 
changement de i en e (voy. ad- 
mettre). 

1 Vermeil (adi.) , du L. ver- 
miculus (ecarlate dans saint Je- 
rdme) par le changement de 
....iculus en ....eil, voy. dbeille. 
D. vermilion. 

2. Verwneii (subst.), argente- 
rie doree au mercure; proprement 
vernis compose* de gomme et de 
cinabre broyesavec de l'essence de 
terebenthine; pour P6tymologie. 
voy. vermeil 1. 

f vermlcelle. de l'italien ver- 
micelli (vermicelie). 

VerwniUon. voy. vermeil 1. 

Vermine, arrive du L. vermis 
(ver). 

Vemnisseuu, dans l'ancien 
fran§ais vermicel, du L. vermi- 
cellus* (derive de vermis ver; pro- 
prement petit ver). Pour le chan- 
gement : 1° de c en ss 9 voy. ami- 
tie"; 2° de elites en el puis en eau, 
voy. agneau. 

Vermou Itt , ce qui est recluif 
en poudre, ce qui est moulu pai 
les vers; pour l'etymologie, voy. 
aux mots moudre et ver. — D . 
t?ermowture. 



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VER 



548 



VER 



versa!, du L. vernalis{m. s.). 

Verne* mot d'origine celtique 
(kymrique gwern tune, verne, 
pour coed gwern). 

Vernir, du L. vitrinire* (ren- 
drc brillant comme du verre ; w- 
trinire * derive, par vitrinus *, de 
vttrum verre). 

Fttr(I)mre se contractant regu- 
lierement (voy. accointer) en t?t- 
tr'mre, donne vernir par le chan- 
gement : 1° de tr en r (voy. 
arrive) ; 2° de i en c (voy. ad~ 
mettre). — D. t?erni* {vernisser) ; 
tftrntaur*. 

reVofe (petite), ancien fran- 
cais variole. du L. variola * (va- 
riole : pour i'etymologie, voy. va- 
riole). Variola a donne 1'ancien 
francais par la transposition de t 
(voy. aigle); vairote est devenu 
veWole, comme 1'ancien francais 
alatgre, aissieu, est devenu poste- 
rieurement allgre. e*sieu. 

Verrut, derive de 1'ancien fran- 
cais ver (pore) qui est le L. verres 
fverrat). 

Ventre, du L. vitrum (verre) 
par le changement : 1° de tr enrr 
(voy. arrtire) ; 2° de t en e (voy. 
admeUre). — D. verrier y verrUre, 
verroterie. 

Verrou, kl'origine verrouil, 
du L. veruculum (petite piece de 
fer allongee, petite broche, verrou 
dans les glossaires du moyen age). 
Le suffixe uculum donnant ouil 
(voy. abeille), veruculum donna 
1'ancien francais verrouil qui s'est 
posterieurement reduit a verrou, 
comme les anciennes formes ge- 
nouil et vouil se sont reduces a 
genou eta pou dans le francais 
moderne ; mais de meme que la 
vieille forme genouil a persiste 
dans ogenoui&r. Tancien fran- 
cais verroui subsiste dans le verbe 
verrouiller. 

b, du L. verruca (ver 



rue) par le changement de uca en 
tte(voy. ami). 

1. Ver* (proposition), du L. 
versus (tourne). — D. devers en> 
vers. 

2. Verm (substantif) , du L. ver- 
sus (vers). — D. verset, versifica- 
tion (L. versifi cation em) ; versifi- 
cateur (L. versificator) ; versifier. 

versatile, du L. versatilis (m. 
s.). — D. versatility 

Vermont, voy. verser. 

Vermer, du L. versare (ren- 
verser, inchner, d'ou le sens pos- 
terieur de verser. — D. verse 
fsubst. verbal; d'ou la locution d 
verse et le substantif averse); ver- 
seau; versement; versant. 

Veriloa, du L. versionen* 
(action de tourner). 

VeroO} du L. verso (sous-en- 
tendu /oho, proprementau feuillet 
tourne). 

Vert, voy. verd. Pour le chan- 
gement de verd en vert, voy. dont. 

Verteare, du L. vertebra (m. 
s.). — D. vertclfre'; vertibral. 

vertical, du L. vertical™ * (de- 
rive de verticem sommet). 

Vertlge, du L. vertigo (m. s. 
dans Tite-Live). — D. vertiginous 
(L. vertiginosus). 

Vert**, du L. virtutem (vertu) 
par le changement de utem en u 
(voy. atflfu) et par celui de t en e 
(voy. admettre. 

wertuemae, en provencal ver- 
tudos, du L. trirtufcwu** (derive de 
virtutem vertu). Ftrtu(t)o«u# per- 
dant le t medial (voy. aboyer) 
donne t?er(ueux par le change- 
ment : 1° de t en e (voy. admet- 
tre) ; 2° de osus eneux (voy. amou- 
reux). 

verve. Ce mot qui est d£ja 
dans Ruteboeuf vient du L terra 
(proprement tete de better sculp- 
tee, puis sculpture defantaisie, en- 
fin caprice et fantaisiede l'artiste). 



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VtT 



549 



VIA 



Verveinejdu. L. verbena (ver- 
veine) par le changement : 1° de 
b en v (voy. avantf; 2° de e en ei 
(voy. /rein). 

rewetfac, du L. vertebolum* 
(filet, dans les textes merovingiens* 
« Si quis vertebolum de flumine 
furaverit.... » dit la Loi Salique 
(27,14). Vertebolum derive de 
t?erte&ra). 

Vert(e)bolum regulierement con- 
tracts (voy. accointer) en verVbo- 
lum donne t>ert?eux par le change- 
men t : l°de tbenb (voy. plane); 
2° de b en v (voy. avant) ; 3° de 
ol en eu (voy. agneau) . 

Vemee^ anciennement vesse', du 
L. vicia (vesce) parle cbangement: 
1° de i en e (voy. admettre) ; 2° de 
eta ensse (voy, a</encer). — D. 
vesceron. 

vesleatolre, derive du L. «e- 
. «tca (ampoule). 

Veolcule, du L. vesicula 
(m. s.). 

VeMto, du L. vesica (vessie) . 
Pour la chute du c, voy. ami; 
pourle changement de s en ss, 
voy. dessiner. 

ve»te,4uL. vertts (vehement). 
Pour la reduction de sens, voy. 
p. xxin. 

Vettlalre, du L. vestiarium 
(garde-robe). 

Vestibule, du L. vestibulum 
(m. s.). 

ve*tla;e,duL. vestigium(tr&ce). 

Vetement) ancien francais 
vestement, du L. vestimentum (ve- 
tement) par le changement de t en 
e (voy. admettre) et par la chute 
de * (voy. abime). 

veteran, du L. veteranus (m. 
s.). — D. vtlerance. 

Veterlnalre, du L. veterina- 
rius (medecin vetennaire dans Co- 
lumelle). 

f vetllle,motvenu du piemon- 
tais vetilia (vetille). 



Vetiv, anciennement vestir, 
du L. vestire (velir) par la chute 
posterieure de s (voy. abime). — 
D. vtoure, d6v€tir, revitir. 

Veto, du L. veto (je defends). 

fetfttre, voy. vitir. 

Vetaste, du L. vetustatem 
(m.*.). 

Vewf, du L. twiuus (veuf) par 
la reduction ordinaire de uu a u 
(voy. p. xc),d'ou vidua qui devient 
veuf par le changement : 1° de t 
latin en eu (voy. affubler); 2° de 
en /(voy. fief). 

weuvage, voy. veuve. 

Veuve^ du L. tridua (veuve, 
par la consonnification de u (voy. 
jantrier) d'ou tnctoa qui donne 
veuve par le changement : 1° de 
t en eu (voy. veuf) ; 2° de dv en t? 
(voy. aval. ~ D. veuvage. 

Vexation, voy. vexer. 

Vexatolre, voy. vexer. 

Vexer, du L. t?ea;are (m. s.).— 
D. vexation y vexatoire. 

Vlablllte, voy. viable. 

Viable. Pourfetymologie, voy, 
au mot vie. — D. vtabilite. 

vladac, mot forge a i'aide du 
L. via (route) et du mot ductus 
conduite). 

Viager, du L. vitaticarius * 
(qui est a vie) ; vitaticarius, r6- 
gulierement contracte (voy. ac- 
cointer) en vi(t)atcarius , donne 
viager par le changement : 1° de 
tc en g (voy. adjuger); 2° de a en 
e (voy. acheter) ; 3° par la chute du 
t meaial (voy. abbaye). 

Viande, en italien vivanda; 
viande ne s'est restreint que tar- 
divement au sens de chair qu'il 
possede aujourd'hui; dans notre 
ancienne langue viande designatt 
aussi bien une nourriture vegetale 
qu'une nourriture animate; Rabe- 
lais nous apprend (iv. 54) que « les 
poires sont viande tres-salubre. ...» 
On dit encore en termesde vene*** 



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VIC 



550 



VIE 



viander pour pattre, et viandis 
pour pature. Viande signifie a l'o- 
rigine toute espece de nourriture, 
et vient (comme l'italien vivanda) 
du L. vivanda* (aliment, subsis- 
tance, ce qui est necessaire a la 
vie : « (It nullus audeat in nocte 
negotiari, excepto vivanda et fo- 
dro, quod iteragentibus necessaria 
sint.... » dit un Capitulaire de 
Charlemagne a l'annee 803. Vi- 
vanda derive de vivenda (propre- 
ment les choses necessaires a la 
vie) . Pour le changement de vi- 
venda en vivanda, voy. amender. 

— Pour celui de v%{v)anda en 
viande, voy. aieul. 

vlatlque, du L. viaticum (pro- 
visions de voyage). 
Vlbrer, du L. vibrate (m. s.) . 

— D. vibration. 

Vlealre. du L. vicarius (rem- 
placant, substitut). — D. vicariat. 

1. Vice* du L. vitium (vice). 
Sur Hum devenu ce voy* ci-dessus 
au mot agencer. 

2. vice (preposition), duL. vice 
(a la place de). — D. vice~amiral, 
vice-roi , vice-president , etc. . . . 
Changeant le c final en s (voy. 
amitte*) vice est devenu en francais 
vis...., d'ou vi-comte (vice-coini- 
tem), vi-dame (vice-dominus), qui 
etaient dans notre ancienne langue 
vis-comte, vis-dame. Pour le chan- 
gement posteneur de vis.... en 
vi...., voy. abtme. 

vleter, du L. vitiare (m. s.). 

Vldeux, du L. vitiosus(m. s.). 

vicinal, du L. vicinalis (derive 
de vicinus voisin). 

vicissitude, du L. vicissitudo 
(m. s.). 

Vtcomte, du L. vice-comitem 
(vice-comte) : « Comes praecipiat 
suo vice cotniti, suisque centena- 
riis.,.. » lit-on dans un texte du 
huitieme siecle). Pour le change- 
ment : de vice en vi, voy. vice 2 ; 



pour celui de comitem en comte, 
voy. comte.— D. vicomti. 

vlctlme, duL. victima (m.s.). 

Vlctolre, du L. victoria (m. s.) . 

— D. victorieux (L. victoriosus). 
Ffcteme, du L. vice-dominus 

(qui agit a la place du seigneur ou 
de l'eveque : « Ut Episcopi, abba- 
tes, atque abbatissae advocates 
atque vicedominos, centenarios- 
gue legem scientes et mansuetos 
habeant.... » dit un Capitulaire de 
Charlemagne (802). Pour le chan- 
gement de vice entri, voy. vice%\ 
pour celui de dominus en dame, 
voy. dame. 

Vidange, voy. tJider. — D, 
vidangeur. 

Vide, du L. viduus (vide). — 
D.vider,vidanae; e'vider; demder. 

vldulte, du L. viduikUem 
(m. s.). 

ric, du L. vita (vie) par la 
chute du t medial (voy. oooaye). 

— D. viable. 

V?el, en italien vecchio, du L. 
«ecZic# (vieux; veclus etait une 
forme populaire pour tortus, t?elu- 
/us, puisque V Appendix ad Probum 
dit t t?etuJtt$ ; now veclus »). Fe- 
clum a donne vieil par le change- 
ment : 1° de e en ie (voy. amere); 
2° de cl en U (voy. aoetUe). Le 
nominatif veclus donna dans notre 
ancienne langue viels qui, adoucis- 
sant I Gnu (voy. agneau), devient 
vieus, -puis vieux par le change- 
ment de s en * (voy. detiat). — D. 
vieillesse, vieiUerte; vieiUard, 
vieillot, vieillir. 

Welle, du L. m'tefta* (forme 
secondaire de vitula vielle dans 
les textes du moyen age : ■ Cym- 
bala praeclara, concors sytnvho- 
nia, dulcis Fistula, somniferae 
cytharae, vitulaeqrue jocosae... » 
dit un poSte du onzieme siecle. 
Vitula derive de vitulari se re- 
jouir). 



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YIL 



551 



VIN 



Vi{t)ella a donne vieUe par la 
chute du t medial (voy. abbaye). 
— D. vieUer. 

Vierge, venudu L. virgo (vier- 
ge). 

Fiewac, Voy. vied. 

Vif, du L. vivus (vivant. vif), 
par le changement de v en / (voy. 



Vigilance, voy. vigilant. 

vigilant, du L. vigUantem 
qui veille). — D. vigilance. 

Vlgile (veille), du L. vtgtfto 
(veille). 

Vigne, du L. t?mea (vigne) 
pour le changement de nea en ma 
puis en gne, voy. cigogne. — D. 

Vignette, proprement petite 
vigne; les premieres vignettes, 
encadrement ou bordure, repre- 
sentaient des pampres, et des rai- 
sins. 

Vignoble, du L. vini-opulens 
(terroir abondant en vin) par la 
contractionreguliere(voy. p.LXXxi) 
de viniopfa)lens en vimop'Uns, 
d'oii vignoble par le changement : 
1° de n% en gn (voy. cigogne) ; 2° de 
p en b (voy. abetwe). 

f vigogne, de l'espagnol vi- 
cuna (vigogne). 

vlguenr, du L. vigorem (m. 
s.). — D. vigour eux. 

Vignie*, du L. vkarius (lieu- 
tenant) par le changement : 1° de 
c en a (voy. adjuger) ; 2° de anus 
en ter (voy. cVnier. — D. viguerie. 

Vil, du L. vilis (m. s.). — D. 
flwt7tr. 

1. Vilain (substantif), du L. 
triManus* (habitant d'une ferme, 
d'une m6tairie, d6riv6 du L. villa, 
metairie); du sens de paysan, est 
venu celui de grossier, de vil, de 
bas , d'ou posterieurement l'adjec- 
tif vilain. Pour le changement de 
anus en ain, voy. ancien. — D. 
villaneUe, poesie pastorale. 



2* Vilain (adjectif), voy. vi- 
lain 1. — D. wienie. 

Vilebweqnin, dans Fancien 
francais virebrequin, compose de 
virer (tournez, voy. ce mot) et de 
brequin transposition de berquin * 
qui est un mot d'origine germani- 
que (neerlandais boreken foret). 
Pour la transposition de berquin * 
en brequin r voy. dvrete". — Pour 
le changement de 1 ancien francais 
vire-breguinen vilebrequin^ amene 
par la dissimilation, voy. p. lxxxi 
et au mot autel. 

Wienie, voy. vilain 2. 

vlllpender, du L. vilipendere 
(mepriser). 

f villa, venu de l'italien villa 
(maison de campagne). 

Village, du L. viUaticum* ', 
assemblage de plusieurs fermes ou 
metairies, denv6 du L. villa ferme ; 
t Juraverunt Bichardus sacerdos 
et tota villatica.... » dituntexte du 
moyen age : Acta Sanctorum, 
Juin. IV, 574 : villatica designe 
plutot ici la reunion de tous les 
habitants d'une meme ferme. 

Pour le changement de villati- 
cum en village, voy. dge. — D.triJ- 
lageois. 

' Ville, du L. villa (voy. sur ce 
mot, p. xxii, 1. 12). 

f vllteglature, venu de l'ita- 
lien villeggiatura (sejour a la 
campagne, plaisir de la campagne). 

Vinutire (degat cause par force 
majeure), du L. vis major (force 
majeure). Pour le changement : 
1* de vis en vi, voy. abime; 2° de 
major en maire, voy. maire. 

Vin, du L. vinum (m. s.). — 
D. vineux ; vinte ; vin aigre. 

Vinaigwe, voy. vin et aigre. 
— D. vinaigrette y vinaigrier. 

Vindas, mot d'origine germa- 
manique, comme la plupart des 
termes de marine (ancien b' 
allemand windan enrouler). 



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VIR 



552 



VIS 



Vlndleatlf , du L. vindications* 
(derive de vindieare vender). 

Vlndlete, du L. vindicta (cha- 
timent). 

Vingt, du L. viginti (vingt) 
par la chute du g medial (voy. 
aUier). — D. vingtieme, vingtaine. 

viol, voy. violer. 

Vlolaee, voy. violet. 

t viole, venu de l'italien {viola) 
(viole). 

violent, du L. violentus (m. 
s.). — D. violence (L. violentia); 
vtolenter. 

violer, du L. violare (m. s.). 
— D.viol (subst. verbal); viola- 
tion, violateur. 

Violet, couleur de la violette ; 
derive du L. viola (violette) qui a 
donne un primitif viole * d'ou vio- 
let, no\aci f violwr. 

Violette, voy. violet. 

Violier, voy. violet. 

t vlolon, de l'italien violone 
(violon). — D. violoniste. 

t vlolencelle, de l'italien vio- 
loncello (violoncelle). 

Viotrne, du L. viburnum 
(viorne) par la chute du b medial 
vi(b)urnum (voy. aboyer) et par le 
changement de u en o (voy. an- 
noncer). 

vlpere, du L. vipera (m, s.). 

virago* du L. virago (m. s.). 

Vivelai, voyez, pour l'etymo- 
logie, au mot virer. 

VWe* (proprement tourner, 
decrire un cercle), derive de Fan- 
cien francais vire (cercle, anneau) 
qui est le L. viria (anneau dans 
Pline). Ce mot vire disparu de la 
langue moderne, y a laisse le de- 
rive virole (petite vire, petit cercle 
de metel). — D. virement {revi- 
rement); virole; viron* dans a-vi- 
ron (ce <jui sert a tourner, a virer), 
et en-viron (ce qui est autour); 
virelai x compost aetot (voy. laity 
fit H e virer y proprement mm, chant, J 



qui vire t qui tourne en rond, ron- 
deau. 

virginal, du L. virginalis 
(m. s.) 

vlrglnlte, du L. vvrginitatem 
(m. s.) 

vlrgule, du L. virgula (trait 
d'ecriture, ligne, accent). 

VlrH, du L. virilis (m. s.). — 
D. viriliti. 

Virole, voy. virer. 

Vlrtuel, derive* du L. virtus 
(puissance) . 

f virtuose, venu de l'italien 
virtuoso (virtuose). 

virulent, du L. virulentus 
(empoisonne). — D. virulence. 

Vim, dans l'ancien francaistro 
de pressoir (d'ou le sens de vis en 
general) , du L. vitis (vrille de la 
vigne, en forme de spirale, puis 
,par assimilation vis et escalier 
tournant) . Vitis est au sens de vis 
dans ce passage des Acta Sancto- 
rum (mai, II, 62) : « Ar casque 
pr medietas pr&dicti argentarii cla- 
vis et vitibus ferreis fortiter simul 
affixerunt et cooper ierunt... », — 
au sens de vis de pressoir danscet 
autre passage du meme recueil 
(juin, II, 738) : « Cujus lingua erat 
modicum prominens extra guttur 
et brevissima, ad modum vitis tor- 
cularis retorta... », — au sens 
d' escalier tournant, dans cette 
chronique du quatorzieme siecle : 
« Per claustrum ecclesiam introi- 
vit, et in vitem quae ad defenden- 
dum in eadem ecclesia est, ascen- 
dit, et ostium post se clausit... » 
Ce qui continue cette etymologie, 
e'est que l'italien vite conserve le 
double sens de vigne et de vis. — 
D. visser. 

visa, du L. visa (sous-ent. est : 
le document a ete vu). — D. viser. 

Visage, voy. vis-a-vis. — D. 
divisager, envxsager. 

Vim-h-vU, locution composee 



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VIV 



553 



VOI 



du vieux substantif francais vis 
(visage) qui est le L. visus (propre- 
ment aspect, puis visage dans la 
latinite au moyen age : « Habebat 
autem visum valde tumefactum ac 
inflatum Ua quod oculis humanis 
nimis horribxlis apparebat. ...» 
litron dans les Acta Sanctorum 
(mat, IV 337); vis-d-vis signifie lit- 
teralement faced face. — D. De 
vis sont derives visage, visibre. 

vlacere, du L. viscera (visce- 
res). — D. visceral. 

1. Wiser, du L. visare* (derive 
de visus, partic. de videre y voir. 
Sur la formation des verbes fre- 
quentatifs, voy. p. xxxii). — D. 
visie (subst. participial). 

2. Vloer, voy. visa. 
visible, du L. visibilis (m. s.). 

— D. visibilite'. 
VUieve, voy. vis-drvis. 
Vision, du L. visionem (m. 

s.). — D.. visionnaire. 
Visiter, du L. visitare (m. s.). 

— D. visite (subst. verbal) , visi- 
teur, visitation. 

Vltqueux, du L. viscosus 
(gluant). Pour le changement de 
osus en euv, voy. *amoureux. '— 
D. viscosiU. 

Visscr, voy. vis. — D. ddvis- 
ser. 

Vlouel, du L. visualis* (derive 
de visus t vue). 

vital, du L. vitalis (m. s.) — 
D. . vitaHser, vitality (L. vitalita- 
tem). 

VUe, mot que Ton trouve des 
le treizieme siecle dans lestextes 
francais. L'origine devite estin- 
connue. — D. Vitesse. 

vltre, du L. vitrum (verre).— 
D. vitrage, vitrer, vitrier, vitrine, 
vitreuXj vitrijier. 

f vitriol, venu de l'italien vi- 
triuolo (vitriol). 

vivace, du L. vivacem (m. s.). 

— D. vivaciU (I. viyacitatem). 



t Vlvandter, venuau seizieme 
siecle de l'italien vivandiere (vi- 
vandier). — D. vivandiere. 

Vlyat, du L. vivat (qu'il vive). 

Viview, du L. vivarium (wiet 
dans Juvenal). Pour le change- 
merit de arium en ier, voy. dnier. 

vlvlfler, du L. vivificare (m . s.) . 

vlvlpare, du L. viviparus (m. 
s. dans Apulee). 

Vivre, du L. vivere (vivre) par 
^par la contraction reguhere (voy. 
p. lxxxi) de viv(8)re en viv're. — 
D. vivre (subst.) , vivoter y revivre, 
survivre. 

fvlzlr, mot turc (voy.p.Lx).— 
D. vixirat. 

vocabulalre, du L. vocabula- 
rium* (derive de vocabulum nom). 

vocal, du L. vocalis (m. s.). — 
D. vocaliser. 

voealloer, voy. vocal. — D. vo- 
calise (subst. verbal), vocalisation. 

Voclferer, du L. vociferari 
(m. s.). — D. vocifiration. 

Vcet* , du L. votum (voeu) par 
la chute du t (voy. aigu), et par 
le changement de o en au (voy. 
accueiuir). 

f Voguer, venu au seizieme 
siecle de l'italien vogare (Hotter;. 

— D. vogue (subst. verbal). 
Void, pour vois-ci; voy. voir 

et id. 

I'oie, du L. via (voie) par le 
changement de i en oi (voy. boire), 

— D. Du latin viare est venu le 
verbe voyer, que l'on retrouve dans 
d^voyer, convoyer , envoyer, four- 
voyer (voy. ces mots). 

roila, pour vois-ld; voy. Id et 
voir. 

1 . Voile (mascul.) , du L. ve- 
lum (voile) , dont le pluriel vela a 
donne le subst. feminm voile. Pour 
le changement de e en oi, voy. 
accroire. — D. voiler du L. velare, 
mfime sens), voilette, dfooiler 
Voy. ce mot) . 



a 

It 



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VOL 



554 



VOL 



2. Voll* (ffiminin); Yoy.wtfcl. 
— D. wtiwre, veilier, votlerie. 

Voir, anciennement vioir, du 
L. indere (voir) par la chute du d 
medial vi(d)ere (voy. accaofer) , et 
par le changement : 1* de t en e 
(voy. admettre); 2 a dec en ot (voy. 
accroire). Pour la contraction pos- 
terieure de vioir en wtr, voy. 
p. xc. 

roire, du L. vere" (vraiment, 
voire) par le changement de e en 
ot (voyv occrotr*). 

rot nfo, voy. au mot voyer. 

Voisin, du L. tfctnuf (yoisin) 
par le changement : l 9 de * en oi 
(voy. boire) ; 2° de c en * (voy. ami- 
lify — d. voisiner, voisinage, 
avoisiner, avoisinant. 

Voiiure, du L. vectura (voi- 
ture, transport) par le changement 
de ect en ott (voy. cUtrait). — D. 
Dotfurer, uotturter. 

f voltarln, de l'rtalien vettu- 
rino(w. s.). 

Votac, du L. vocem (voiz) par 
le changement : 1° de oen ot (voy. 
chanoine); 2° de c enx (voy.amt- 
tid). 

1. Vol, voy. voler 1. 

2. Vol, voy. t?ofer 2. 
Votage, du L. t7o2atteum (vo- 

lage dans Ciceion) par le change- 
ment de aticum en age (voy. d#£). 

l^of ail fe^ nom collectif des oi- 
seaux de basse-cour, du L. volatir 
lia (pluriel de volatilis, qui vole; 
Columelle emploie Texpression vo- 
latile pecus pour basse-cour, vo- 
laille). Volat(l)lia contracts (voy. 
p. lxxxi) en vomlia donne volaiue 
par ^assimilation de tl en I (voy. 
oouleau) et par le changement de 
li en il (voy. ail). 

volatile, du L. volatilis (qui 

vole). — D. volatiliser, volatility. 

velcan, de l'italien volcano 

(volcan). — D. volcanique, volca- 



F5ote,voy. voler 1. 

1. Voler j du L. wfare (semou- 
voir en Tair, voler). — D. vol 
(subst. verbal masculin), vole (subst. 
verbal feminin) , voUe (subst. par- 
ticipial), volant, volibre, volet (\ai\e 
d'une len&re). 

2. Voler (derober), du L. vo- 
lare*, forme abstraite du compost 
involare (voler. derober, dans 
Caton et dans Petrone). — D. vot 
(subst. verbal) , voleur, volerie. 

Volet, voy. voler 1. 

volition, du L. volitionerrC 
(mot tire par les scolastiques du L. 
volere*; voy. vouloir). 

Volontc, du L. voluntatm 
(m. s.) par le changement : 1* de 
u en o (voy. annoncer) ; — 2° de 
crtcm en i (vOy. ooW). 

velentalre, du L. voluntarius 
(m. s.). 

Volottrfe**, du L. voluntary 
(volontairement). Sur art devenu 
tcr, voy. dnter. 

f volte, venu de l'italien volta 
(tour, volte). — D. volter (d'ou 
volte-fact, proprement : tourne- 
face). 

f voltlger, venu de l'italien 
votteggiare (voltiger).— D. voUige 
(subst. verbal), volttgeur. 

volublllo, du L. volubilu (qui 
s'enroule en spirale). 

Velublltte, du L. volubility 
tern (m. s.)> 

1. volume, du L. volumenQl- 
vre, volume), 

2. volume, du L. volutnen 



(tour, circonference,puis ampleur, 
etendue, grosseur). — D. volumi- 
neux (L. voluminosus). 

volupte, du L. voluptatem 
(m. s.). 

Voluptueux, du L. volvptuo- 
sus (m. s.). Pour le changement de 
osus en eux, voy. amoureux. 

Volute, du L. voluta (m. s. 
dans Vitruve). 



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vofl 



555 



VRI 



Vomlqne, du L. vomica (poi- 
son). 

Vomit* , du L. vomere (m. s.) 
par le changement de e en % (voy. 
accomplir). — D. vomissement, 
vomitif. 

vorace, du L. voracem (m. s.). 

— D. voracity (L. voracitatem). 
vote, du L, votum (souhait, de- 
sir).— D. voter. 

votlf, du L. votivus (m. s.). 

Votwe^ anciennemeot vostre, 
du L. uotfrwm (vdtre, forme ar- 
chaique devestrum, daDs Enniifc). 
Ppur le changement de vostre en 
vbtr e. voy. abime. 

Vottet*, du L. i?otare (vouer, 
derive de votus, parti cipe de vo- 
vere, vouer, sur la formation des 
verbes frequentatifs, voy. p.xxxu). 
Vo(t)are donne vouer par la chute 
du t (voy. abbaye) et par le chan- 
gement de o en ou (voy. affouage). 

— D. avouer. 

Voutoir, en italien volere, du 
L. volere* (vouloir, dans les textes 
m6rovingiens, derive de voile, qui 
est pour velle, vouloir. Sur cet 
allongement en re, voy. au mot 
itre). Volere donne vouloir par le 
changement : 1° de o en ou, voy. 
affouage; 2* de * en oi (voy. ac- 
croire). 

Fow, du L. t?o$ (vous). 

VottMoi**, derive d'un type 
vousser (comme tailloir de tailler. 
Vousser est le L. voiwttare* (cour- 
ber, vouter, derive de volutus, 
roule, courbe). Vol{u)tiare* , con- 
tracts (voy. aider) en voVtiare, 
donne uou**er par le changement : 
1° de ol en ou (voy. agneau); 2° de 
fiare en sser (voy. agencer). De 
ce meme verbe vousser est aussi 
venu le denve voussure. 

Vowuntre, voy. voussoir. 

Votkie, ancien francais volte, 
du L. voluta* (youte, dans le latin 
du moyen age; derive de volutus. 



courb6, voute). Vol(u)ta, contracts 
(voy. aider) en voVta, donne l'an- 
cien francais volte, d'ou voute, par 
le changement de ol en ou (voy. 
aptieau). — D, router. 

Voyage, en espagnol vtape. 
en italien viaggio, en provencal 
viatge, du L. m'aficum, litterale- 
ment provisions de voyage, puis 
voyage dans Fortunat : « Deducit 
dulcem per amara viatica natam.it 
Et une charte de 1299 dit : « Pro 
viatico quod fecimusin Sicilia....* 
Viaticum donne voyage par le 
changement: 1° de via... en voy... 
(voy. au mot voie) ; 2° de aticum 
en age (voy. dge). — D. voyager, 
voyageur. 

VoyeIfe,du L. vocaiis (voyelle) 
par la chute du c m6diai ira(c)ait* 
(voy. affouage), et par le change- 
ment : 1 de a en e (voy. annuel 
et acfteter); 2° deoenoi (voy. cha- 
noine). 

Voyevi du L. viarius (relatif 
aux routes) : pour le changement 
de via.,., en voye.... voy. au mot 
voie. — D. agent-voyer , voirie 
(contraction de l'ancien francais 
t?oterie). 

Vrat, ancien francais verai, du 
L. veracum* (veridique), par le 
changement de a en at (voy.atgZe) 
etpar la chute du c (voy. ami). — 
D. vraiment, vraisemblable . 

ft*a%mettt, voy. t?rat. 

lVai«em6fa6Ie, voy. urai et 
semblable. 

Vraisembiance, voy. waiet 
sembJer. 

IVitte, du L, t?ericuto* (deriv6 
de vericum, broche : « Trta ve- 
rica.... » lit-on dans un inventaire 
de Pannee 1218. Vericum est un 
diminutif de veru). Vericula. chan- 
geant icula en tile (voy. aoeiMe), 
donne verille*, qui s'est posterieu- 
rement contracts en vrilte, comme 
l'ancien francais verai s'est con 



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556 



TOL 



tracts en vrai. Sur cette chute de 
c, voy. briller. 

Vtt, substantif participial de 
voir (voy. ce mot). Vu t qui est 
dans l'ancien francais veu, a l'ori- 
gine vtdut, en italien veduto, vient 
duL vidutus* (participe barbare 



de videre : pour I'etude de ces par- 
ticipes en utus, voy. au mot boire). 
Vi{d)utus, perdant le d medial 
(voy. accabler), donne l'ancien 
francais veu par le changement 
1* de utus en u (voy. at^u); 2° de 
iene (voy. admettre). Veuse con- 
tracte posterieurementenoeu(voy. 



p. xc), d'ou la forme vu par le 
changement de eu en u (voy. ji*- 
tneau). 

V**e* substantif participial f6- 
minin de voir; pour l'etymologie, 
voy. au mot vu. 

vulgalre, du L. vulgaris (m. 
s.). — D. vulgariser, vulgarity. 

Vulgate, du L. vulaata * (pro- 
prement version accreditee y ri- 
pandue. 

Vulnerable, du L. vulnerdbi- 
lis (m. s.). 

-irnlneralre , du L. vulnera- 
riu8 (m. s.) 



W X Y Z 



Waaaa, voy. txigron. 
f waist 9 de l'anglais whist 
(m. s.). 

Xeraale, du grec fripaota (se- 



Xeropaaale, du grec fripoqpa- 
yCa (usage d'aliments sees). 

Xylograpale, du grec £vXo- 
Ypoupew (j'ecris sur du bois). 



F, ancien francais t, a l'origine 
to, en italien tot' du L. ibi (la: 
dans le latin merovingien t'5t prend 
le sens Villi, ittis : • Ipsum mo- 
nasterium expoliatum, et omnes 
cartae, quas de supra dicto loco 
ibi delegaverunt, ablalae..., » lit- 
on dans unDiplomede Clotairelll, 
a l'annee 664. Et dans une charte 
de 883 : « Tradimus ibi terram ; 
,...dono ibi decimas.... » ) Parle 
changement regulier de b en v 



(voy. aoanf), ibi donne l'ancien 
francais to : « In nulla aiudha 
contra Lodhuwig nun li iv cr....» 
disent les Serments de 842 (e'est- 
a-dire en latin du temps : « innuh 
lam adjutam contra Ludovicum 
non illx ibi ero. •) Perdant lev final 
(voy. aieul), iv devient i. 

f Yacht, de l'anglais yacht 
(m. s.). 

f Yatagau, mot d'origine tor- 
que signifiant coutelas 

Yhble, voy. hiible. 

Teuse, originairement ielce* 
en italien eke, du L. ilicem (yeuse) 
par la contraction reguliere (voy. 
p. Lxxxi)de il$)cemeniVcem r d'ob 
eke * par le changement de i en e 
(voy. admettre); eke* devient 
ielce par le changement de e en ie 
(voy. arriere); ieuse par le chan- 
gement : 1° de c en s (voy. ami- 
tit) ; 2° de el en eu (voy. agneau) . 

Fetuc, voy. cetl. 

Yale, origine inconnue. 



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ZES 



557 



ZOO 



f Yueea, mot d'origine ameri- 
caine (voy. p. lxii) . 



Jznln, de Pitalien xaino (che- 
noir). 

f zefcre, mot d'origine africaine 
(voy. p. lxi). 

zele, du L. xelus (ardeur, Emu- 
lation, zele). — D. xele*. 

f Zenith, venu, par l'italien 
xenit, de Parabe semt (m. s.). 

zephyr, du L. zephirus {m. s.). 

fzere, venu, par l'italien zero, 
de l'arabe cifrun (m. s.). 

Ee*t du L. schistus (separ6, 
divise\ crou lesensdecloison mem- 
brane use qui divise Pinterieur d'u- 
ne noix). Schistus a donne *est, 
comme scfcedula a donne cedule. 
Pour le changement de i en e, voy. 
admettre. 



f Zlbellne, de Pitalien zibel- 
lino (m. s.). 

Zigzag* onomatopee (voy. p. 
lxv), imitee de Pallemand xick- 
Xack (zigzag). 

f zinc, de Pallemand xink 
(zinc). 

zlsanle, mot venu du L. xixania 
(ivraie). 

Zodlaque, du L. zodiacus (m. 
s. dans Aulu-Gelle). — D. zodia- 
cal. 

zone, du L. zona (ceinture, 
cercle). 

Zoellthe,du grec Cwov (ani- 
mal) et X160; (pierre). 

zoolegle, du grec (dov (ani- 
mal) et >6yo; (trait6). — D. zoolo- 
gique. 

Zoophyte, du grec Cido^vtov 
(qui tient le milieu entre la plante 
et Panimal). 



APPENDICE 



P. Xlii, note 1 : II faut distinguer pour les composes grecs le cas oil ces 
composes existent deja en grec («? urcoxpdTtia) de celui oil les composes ont ete" 
forges par le francais {pholo-graphie. typo-graphtc); dans ce dernier cas, il 
etait necessaire d'etudier chacun des elements qui composent ce* mots nou- 
veaux, inconnus aux Grecs ; dans le premier cas, au contraire, c*eut etc" faire 
Phistoire de la langue grecque que de decomposer ces mots classiques et leurs 
Elements. Quant a la nombreuse clause de mot 8 grecs iniroduits en latin (alle- 
qoria, philosophia, caryatides, enthymema, etc.), ces mots n'etant venus au 
francais que par Pintermediaire des Romains, sont pour nous des mots latins. 
Un grand nombre d'accentg grecs sont tombes pendant i'ope ration du clichage, 
sans parler des fautes d' impression (voy. hyene, hygiene ,• surtout pour les 
accents, voy. cosmogonie, etc....), inseparables <Fun si lourd travail. — 
P. xliv. La distinction des mots populaires et des mots savants n'est point 
toujours facile a eiablir. J'ai place* dans la categorie des mote savants un tres- 
grand nombre de mots composes de deux parties, l'une populaire, l'auire sa- 
vante; soit que Pon ait accole un pre* fixe savant a un theme populaire, comme 
dans oojoindre, admettre, arfjuger, wfordonner, profit, wroduire, aujoindre, 
dt«courir, mclinaison, unpayable (qui devraientMreodjoind re, omettre, ajuger, 
fouvordonner, powrflt, pourduire, aYjoindre. dtfcourir, enclinaison, unpayable), 
soit au contraire que I'm ait snude au theme populaire une finale savante, 
comme dans : enluminer, (ermele, nourritoro (qui devraient etre enlumer, 
fertf, nourrwe). On trouve parmi ces mots de ventebles monstres ptailologiques 
tela que prrf-alable, ou in-surmon table. —P. xlvi, note 3, 1. 33 : nous ren- 



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558 APPENDIGE. 



▼oyons ceux de nos lecteurs qui voudraient euidier cette hisioire, a l'utile 
Manuel dee ractnes grecques et latxnes de M. Bailly. — P. lvii, note 1, suppri- 
mer < Lea contes d'Hoffmann ont enrichi la langue du mot vampire*.—}*, lxvii : 
on devra ne point faire usage de cette liste, ainsi que des listes inserees, 
p. xxv-lxv, saus lea avoir contidlees par la verification des mots correspon- 
ds nts dans le Dictionnaire £tyniologique ; cette comparaisoD est necessaire, 
ridentiflcation d'un grand nombre de mots ayant ete modified depuis que cette 
Introduction a eie imprim6e. —P. lxx: II etait n&essaire pour dresser ces 
listes, de prendre une decision sur bien des points encore flottants ou indecis; 
d'autre part, je devais, dans un livre d'exposuion, m'interdire tout© discussion, 
et ne point donner les raisons qui m'obligent a repousser une etymologic j us- 
que-la generaleoient adoptee : ainsi pour le rapport du mot tante a rancien 
rrancais ante, il est impossible d'adopter sur ce point l'opinion de Diex, a sa- 
voir que Ton a dit ma-t-ante, comme on dit vcnla-t-U pour eviter l'tiiatus de 
ma-ante. On n'a jamais dit ma-ante mais m'ante, et si I'on accepie ce t in- 
tercalaire, pourquoi n'a-t-on pas dit alors ma-t'Omour t ma-t-amie pour m'a~ 
mow, m'amiei M. Littre, de son cote, a donn6 de ce mot une explication difficile 
a admettre : 1 ancien francais oisant m'ante, tante, s'ante, M.Li tire croit que 
t*ante s'est sonde en tante : pourquoi le cboix de cette seconde person ne et 
pourquoi pas manic ou mule? — P. lxxxvii : sur adevenu t : suppr. au mot 
aimant les deux exemples : bondir (bombitare), reteetir (retinnitare). — 
P. lxxxyiii, 1. 7, et aussi par celui de eu (voy. jumeau). — Id., 1. 27, signalons 
aussi I'insertion de Vy : boyau (botellus), delayer (dilatare) croyance (creden- 
tial etc... — P. xc, 1. 24 : on trouve en latin ossanum a cdte de ossuarium.— 
P. xcvm, 1. 1 : t est ajoute dans loriof, pavol, comme d, dans bomard, hasard. 

— Id., 1. 8 : st final donne s (voy. repas). — P. 1, 1. 3 : malgre" tous les soins 
apportes a 1' impression de ce livre, bien des fames se sont glissees qui ont une 
importance particuliere pour la distinction des trois classes de mots : ainsi au 
lieu de « atour, contre, contourner, de par, muser, etc... », lisez « atour, 
contre, contourner, de par, mu$er;»*a lieu au contrail e, de« adjudication, ar~ 
chitecte >etc...,lisez: « adjudication, architects. * Au lieutje : « ariette r media- 
nocne, ambassade > lisez : « t ariette, — f mediRnocbe,- .t ambassade; » au 
lieu de < f alentir, f alpaga, > lisez « alentir, alpaga,* Je ne dois point oublier 
de rappeler ici tout ce que ce diction nain '" "" * • - - 
Wehe mort sans avoir vu l'achevemeni 

raent collabore.— P. 3, 1. 48, « accentueec 
mez c atre. asser. »— P. 5, 1. 28, « male-a 
1. 10, « irreguliere », lisez « r^guliere. »- 
decima. > 1. 26, « lire legere, » 1 32, « d1 
« privois privensis. »— P. 22, v acheter : 
quee accaptavi... » dit une chartedu douzi 
hum quo in curia affibulatue erit. .. > lit- 

— P. SO, col. 2, supprimez les lignes 16, i 
« Presbyteris advoivi et c*ris Dei adgen 
col 2, vogage, lisez voyage, heurtr lise 
• dtner, decoenare, > col. 2, les 1. 34, 35. 
lisez « Romans. » — P. 36, col. 2, 1. 18. « 
des oelles sur le dos de Yaigrette, qui soi 
dues bien cberes es basefaus de Turquie. 
nage d'apres Belon. — P. 37, v° aiguille 
capitis in domo mariti... > dit le Code 
« qui non erant adiurnati... > disent lesC 
\°Amande: * amygdala non amiddola.. 
laire de Vtllis : « Volumus quod habeat 
rios... » — P. 46, col. 2, 1. 4 : AmietSde 
deaene puis en \6 que Ton retrouve dai 
uiiite (inimicitatem). —P. 51, col. l, suppi 



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APPENDICE. 559 



1. 4. Ancitre est un des rares nominatifs restes en francais*, toy. ma Gram- 
matre histonque, p. 155. — P. 52, col. 1,1. 5, suppr. « tertre, terraetorus. > — 
P. 53, col. 1, 1. 19, avant atone, lisez, soit de i e. — P. 57 ▼* apostille : plu- 
sieurs traites * Postillae in psalterium ou Posttllae 

morales. — isez stdlus.— P. 59, v° avpuyer; c Ap- 

podiantcs gU aoae de Mangis; et la Pniltppide de 

Guil. le Brett is ad moenia miles appodxat. > — p. 

60, col. 1.1.' rogation ; col. 2, 1. 1 : araigne a per- 

sists dans mi 2, t, lisez c; col. 2, v° ardent, suppr. 

de, — P. 6*2, I. 5 *voy » c voy. boire ». — P. 62, 

col. 2, 1. 11, < 36, de, lisez dc.— P. 63. col. 2, 1. 36, 

arrerage viei d'acwr (ce qai reetifle rassertton da 

diet, a ce mot, - T jib le meme rapport qulnfirmter et in- 

firmerie, panter et paneree, etc. . . — P. 64, v° arroser, sapprimez « ponssiere 
y. fr. pourriere >. —P. 65, v* arttllerie, le * maltre des arbalestrlers > est 
aussi appele dans Joinville « maistre de Vartillerxe >; et on lit dans lememe 
auteur, < Nnl ne tiroit d'arc, d'arbaleste on d'autre arttllerie ». — P. 66, v° 
assaillir,* Qui peregrino nocnerit, vel enm adsalierit... » lit-on dans les Capi- 
tulaires de Charlemagne. — P. 68, v° assurer, « Adsecuravit in manu do mini 
regis patris sni... » ht-on dans an texte du douzieme siecle. — P. 69, colonne 
2,1. 2,nette, Uses net. — P. 69, v° atla«, ajoatez, c ou plutot parce qu'At- 
las porte le monde ».— P. 71, v° altoer, da L. atttfiare * derive de Mto tison, 
par le changement de ttareen ser (voy. agencer).— P. 76, col. l, 1. 6, « iipud 
duodecim Francos debeat coniurare » lit-on dans les formulas de Marculfe.— 
Id., ibid., 1. 18, < Ab eum. > (Lex Salica). — Id., col. 2, supprimer les 1. 1 et 
2. — Id*, ibid., I. 22, confirm^ par l'italien atocolo (aujourd'hui oocolo). — 
P. 81, t° ban. De ce mot au sens de permission, est venu celui de bandon 
(permission, licence) d'oa l'expression d bandon, en liberie'; de la le verbe 
abandonner, delaisser, — P. 8%, t» b&tard, anciennement bastard et aussi flls 
de bast; pour le detail de cette etymologic, voyez VHistoire poetique de Char- 
lemagne de M. G. Paris, p. 441.— P. 87, col. 1, 1. 1. « ilitaire », lisez « militaire. > 

— Id., ibid., 1. 8, « ancien francais W >, lisez t bee > — P. 89, « byzanthus >,k 
« byzantos. » — ■ P. 90, « biliomanie », 1. * biblioroanie. > — P. 92, v° biscayen: 
suppr. « beaucopp. » — P. 94, v° bocal. : • boscale », 1. • boccale. » — P. 95, v° 
bondir : < onzieme >, l.«seizieme.> — P. 97 : bouchon(de paille.de cabaret etc... ), 
de 1'allemand busch boachon. — P. 98, col. 2, 1. l, hsez « bolhrerk. » — P. 99, 
y° bourgeois : « Rhemenses burgenses... > dit un texte du onzieme siecle. — 
P. 99, col. 2, I. 6 : lisez burgermeister. — P. 101, v° brancard : ee mot vient de 
branc forme masculine de branche. — P. 102, 1. 3 . bracelet est le diminutif 
d'une forme bracel qui repond au L. brachile (bracelet) : « Si quis mulieri 
brachxle furaverit... » dit la Lot Salique, 29, 37. Surt devenu e, voy. admettre. 

— P. 102. col. 2, v° brelan : ce mot, qui est anciennement brelenc, vient de 
l'allemand bretling derive de brett planche, d'ou lesens de planche pour jouer 
aux d£s etenfin de jeu de des. — P. 108, col. 1, 1. 12, v« caboter : le substantif 
Cabotage > doit etre imprime en normande italique. — P. no, col. 1, 1. 18 : 
• an », lisez « a r ». — P. 112, v° camxsole « camiciula », 1. « camicinola. > 

— P. 13%, col. 1, v° chdmer : cauma au sens de forte chaleur est dans St J6- 
rdme, dans Isidore de Seville, et dans Fortunat ; col. 2, v° choquer: supprimei 
les 1. 9, 10, 11, et lire « choquer, origine inconnue. » — P. 139, col. 1, cliquer, 
autre forme de dicker. — P. 141, v» com : supprimer « v. fr. coing. » — P. 142, 
col. 2, 1. 26 : supprimer les I. 26, 27 . — P. 146. « concetti >, 1. « concetto. >— P. 
152. v° convoiterz du L. cuptdtfare, plutdt que de cupttare. — P. 157, col. 1, 

1. 24 : « codard », 1 < codardo » : col. 2, 1. 49 « cutana », 1. * cutenna ».— P. 159, ' 
col. 2, ). 49. < curaK(a)riQ8 >, lisez c cur(a)tarius. > — P. 164, col. 2, 1. 44 : pro* 
prement qui se marie en secret. — P. 168, col. 1, 1. 2 : lisez cluniacensia. — P. 
176. y°denree: « Ministri heipublicae provideant, ne illi, qui panem coctum 
au- carnem per deneratas. aut vinum per sextaria vendunt.... » lit-on dans lea 



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560 APPENDIGE. 



Capital, de Charles le Change. — P. 179, v° dessein, autre forme de dessin. — 
P. 181, col. 2, derniere ligne: aioutez * voy. affouage. » — P. I82,v° diamant; 
ce mot vient plutta de I'italien diamante. — P. 186, v° doleance : ce mot corres- 
poDd a un verbe doleter* qui represente un L. dolicare : — P. 187, v° dommage; 
ce mot, qui est damage a I'origine vient du L. dammattcum derive de ddmntim 
dommage. — P. 188, v° dos : ajoutez adosser. — P. 195, v° ecouter : surce mot, 
voy. p. cv. — P. 209, v° eneofctr : dans les mots qui prononcent \% tela que 
haut, Hurler, etc., Inspiration est due a l'infiuence des formes germani- 
ques correspoodantes (fcoch, Aeulen etc....); cette observation est due a 
M. Max MQIler qui l'a txposee en detail dans la Zettschnft far vergletchende 
Sprachforschung de Kuhn (v, 11-2% : Ueber deutsche Schatltrung romanischer 
Worte); j'avais repouss6, il y a deux ans, dans ma Grammairehistorique, la 
tbeorie de M. Miller a laquelle je me rallie compl£tement aujourd'hui. — p. 209, 
A I'etwi : voyez pour la veritable etymologic de ce mot, ci-dessous au mot 
renuter.. — P. 21 4, colonne 1, « errer, » lisez t Erreur. » — P. 321, v° lent 1 
ajoutez: * alentir. > —P. 332, machelier, du L. maxillarius.— P. 334, v° tnaxntz 
origine ineonnue. — P. 336. v° malotru : £ur utus devenu u, voy. aigu; sur a 
devenu 0, voy. dommage. — P. 34 1. Marjolaxne, origine ineonnue. — P. 3*2: 
massage origine ineonnue. — P. 364: musette, diminuiif de l'ancien francais 
«nu<ff(m.8.),subst. verbal demusare* (derive du L. musa chanson). — P. 379: 
Otson directementdu L. aucionem (derive^ de auca ; voy. ot'e) qui est au septieme 
siecle dans les Gloses de Cassel. Pour les chaogemems delettres, voy. aux mots 
alouette, aboyer et agencer. — P. 387 ; oursin, corruption de Aer(i)sson en 
her'sson. — p. 427 : Prile, anciennement prelle, al'oriffine aspr«Me,en italien 
asperelfa, du L. asperella* (diminu'if de asper, rude, a cause de larudessede 
sa tige).— P. 44o, v° que : « que conduction, vient aussi de quam dans plus... .que 
qui correspond kplue.... quam. Sur la chute de m, voy. ]d. »— P. 442 : Quintal 
derive de quint (voy. ce mot). — P. 448 : Rapet asser de reetde ape taster* 
compose de petas * lambeau piece (voy. pitce).— P. 461 : Renvter, terme de ieu, 
mettre une certaine somme par dessusl'enjeu; renvter e^t un compose de ran- 



uuo oiwrauuii uo t oao* auucuuc iui mo uc icocau. uu uud Corruption G« ■ wivivn 

francais reseuil qui repr&ente le L. retiolum (petit filet dans Apulee). — P. 466 : 
Retable pour Here-table ; voy. table et arriere. — P. 469, v° rime: Isidore de 
Seville ecrit rythmus. — P. 478: rut, a 1 origine rutt, du L. rugttus. — P. 495. 
y° see : on trouve dans Ennius sas pour suas : < virgines nam sibi qwsque domi 
Romanos babet sas.... » — P. 517 : suzerain mot forme a l'aide de sus % et de la 
finale.... cram, par imitation du mot souverain. — P. 517 : Sylphe. du L. sylphi 
(genies chez les Gaulois ; on trouve plusieurs fois ce mot dans les inscriptions), 
— P. 518, v» tac ; c*est le L. tactus (contact) que 1'on trouve au sens de conta- 

Son, de lepre dans les fragments de VI tola pnblies par les soins de Lord Asborn- 
un. — P. 537 : tribordy alteration de l'ancien francais estribord, qui est 
d'origine germanique (anglais starboard). — P. 538 : trotter, du L. tolutare* 
(trotter: on trouve deja en latin tolutarius pour trotteur dans Seneque, %re *o- 
lutim aller au trot dans Pine), par la contraction de tolutare en tlutare. <Fofc 
trotter par le changement de tl en tr, commedaris titre de titlum, chapitreae 
capitlum. — P. 544: Vegeter, du L. vegetare (au sens neutre). — P. 550: 
Victuaille, du L. viclualia vivres. — P. 551. Yigie : I'origine precise de ce 
mot qui se rattache a vigilare est ineonnue. — P. 554, v° voter l ; ajoutex : voi- 
au-vent. — P. 554 : Voleter, du h. volitare (voleter, voltiger). 

1 PIN. 



Typographic Lahore, rue de Pleurae, 9, a Paris. 



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L 



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